Pati fait son cinéma #4

Billets précédents de Pati fait son cinéma : #1, #2 et #3.

Après la parution de Pati fait son cinéma #3 – spécial Queen, je n’ai pas pris le temps de faire un autre billet pour les autres films vus en novembre donc voici un billet qui regroupe les films vus en novembre et décembre 2018.

Au cinéma

En novembre

Bohemian Rhapsody ❤ sur Pati fait son cinéma #3 – spécial Queen.

Les crimes de Grindelwald (Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald) est le deuxième volet des Animaux fantastiques (2016), tous deux réalisés par David Yates d’après J.K. Rowling. C’est un film fantastique anglo-américain qui dure 134 minutes. On retrouve Norbert Dragonneau et ses créatures, les personnages du premier opus et on découvre de nouveaux personnages. C’est très beau, les images, les créatures, l’ambiance de la fin des années 20, mais lors des combats, c’est un peu rapide et donc confus. Le troisième opus dans deux ans ?

En décembre

Casse-Noisette et les quatre royaumes (The Nutcracker and the Four Realms) est un film américain réalisé par Lasse Hallström et Joe Johnston. C’est un film fantastique qui dure 99 minutes et qui est adapté du conte germanique Casse-Noisette et le roi des souris (Nußknacker und Mausekönig, Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, 1816) et du ballet féérique russe Щелкунчик (Chtchelkountchik) sur une composition du compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovski. Londres, difficile de fêter Noël alors que Clara Stahlbaum (l’héroïne), sa sœur et son frère viennent de perdre leur mère. Mais la fête organisée chez son parrain, Drosselmeyer, est… magique ! Les images sont superbes, la musique de Tchaïkovski aussi et Misty Copeland (première danseuse à l’American Ballet Theatre) et Sergei Polunin (danseur ukrainien, ancien danseur au Royal Ballet de Londres) sont magnifiques.

L’exorcisme de Hannah Grace (The Possession of Hannah Grace) est un film américain réalisé par Diederik van Rooijen (réalisateur et scénariste néerlandais). C’est un film fantastique horreur qui dure 85 minutes. Megan Reed a perdu son poste de policière à Boston et démarre un travail de nuit à la morgue de l’hôpital mais, dès la première nuit, elle réceptionne le corps de Hannah Grace, jeune fille possédée par un démon et décédée… trois mois plus tôt ! Stana Katic (célèbre pour le rôle du lieutenant Kate Beckett dans la série Castle, 2009-2016) dans le rôle de Lisa, amie de Megan Reed et infirmière à l’hôpital de Boston. Un huis-clos effrayant dans une morgue grise, sombre et froide, moderne dans sa réalisation, quoique un peu long au début (pas besoin d’ouvrir cinq ou six fois le tiroir de la morgue, le spectateur a compris ! Mais l’actrice visiblement pas…).

Oscar et le monde des chats (Cats and Peachtopia) est un film chinois réalisé par Gary Wang. C’est un film d’animation qui dure 97 minutes. Leon, joli chaton, est devenu un bon gros chat d’appartement. Il ne sait pas quoi dire à son fils, le chaton Oscar, qui ne comprend pas pourquoi sa maman a disparu. Il lui raconte qu’elle est à Catstopia, un endroit magnifique où vivent les chats. Ni une ni deux, Oscar s’enfuit pour aller sur la montagne de l’autre côté du fleuve mais le danger rôde… Une aventure incroyable, drôle, triste, effrayante parfois pour tous les amoureux des chats. C’est le dernier film que j’ai vu au cinéma en 2018 😉

Overlord est un film américain réalisé par Julius Avery (qui dure 110 minutes). C’est un film de guerre différent car il a un côté fantastique horreur : un bon mélange, original de ce qu’on voit habituellement. L’action se déroule pendant le débarquement de Normandie mais les soldats américains parachutés près d’un village vont, après de lourdes pertes, découvrir une base dans laquelle les nazis font des expériences secrètes. Le film a en fait été tourné à Londres et les acteurs, en particulier Bokeem Woodbine, sont vraiment bons. La bande annonce en VO m’a scotchée et j’ai absolument voulu voir ce film !

Disponibles en DVD

En novembre

Cendres () est un film français de Mélanie Pavy et Idrissa Guiro sorti en 2013 ; il dure 75 minutes. Akiko, une franco-japonaise ayant grandi en France, a choisi de vivre au Japon même si elle n’a pas encore assimilé toutes les subtilités de la langue et des traditions. Mais sa mère, Kyoko, venant de mourir, Akiko doit retourner à Paris pour vider l’appartement. Elle découvre deux carnets datant des années 60 et apprend des choses sur son père (cinéaste français) et sa mère (japonaise devenue une égérie de la Nouvelle vague). Deux destins de femmes, le thème du deuil et de la double culture, un drame intimiste pour ce beau film documentaire. Le site officiel.

Jusqu’à ce que la mort nous unisse est un film français réalisé par Delphine Lemoine ; il dure 90 minutes et il est adapté du roman éponyme de Karine Giébel (2009). Il a été diffusé directement sur France3. L’adjudante Servane Breintenbach, Alsacienne, a demandé sa mutation à Colmar mais elle se retrouve en poste à Colmars-les-Alpes ! Disparition de l’épouse de Vincent Lapaz, guide de montagne, assassinat de son meilleur ami… La jolie Ophelia Kolb, déjà vue dans la récente série On va s’aimer un peu, beaucoup…, est convaincante. Il en est de même pour Bruno Debrandt, déjà vu dans la série Caïn (2012-2018).

En décembre

C’est bon d’être un peu fou est un film français réalisé par Antoine Page. C’est un film documentaire sous forme de road movie qui dure 105 minutes. Bilal Berreni (1990-2013) alias Zoo Project, peintre urbain, et Antoine Page, réalisateur, quittent les Vosges à bord d’un camion aménagé direction Vladivostok en passant par la Suisse, l’Autriche, la Slovaquie, la Pologne, l’Ukraine, le Kazakhstan et la Russie (près de 16 000 kilomètres en 4 mois !). Dessins, papiers découpés, vidéos illustrent le voyage et les rencontres. J’ai bien aimé le côté artisanal, les peintures d’animaux sur des maisons isolées ou dans des lieux pratiquement inaccessibles et les rencontres dans les trains (le camion ayant rendu l’âme) ; la chanson dans le taxi au Kazakhstan est super ! C’est le genre de voyage que j’aurais aimé faire en étant plus jeune. Le site officiel.

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Pati fait son cinéma #2

Cette nouvelle rubrique, Pati fait son cinéma #1, vous a plu et ça m’a fait bien plaisir. C’est que c’est plus difficile pour moi de parler de films que de livres, question d’habitude je pense. Dans ce deuxième billet de Pati fait son cinéma, voici les films d’octobre, deux au cinéma et deux en DVD.

Au cinéma

La prophétie de l’horloge (The House with a Clock in Its Walls) est un film fantastique américain réalisé par Eli Roth ; il dure 1 h 46. Ce superbe film est adapté du roman La pendule d’Halloween de John Bellairs (1938-1991). John Bellairs est un écrivain américain pour la jeunesse mais son grand roman (adulte), The Face in the Frost, considéré comme un chef-d’œuvre de la fantasy, n’est pas traduit en français. Le topo : Lewis, orphelin, est recueilli par son oncle, Jonathan Barnavelt, un magicien qui vit avec une sorcière, Florence Zimmerman, dans une étrange maison (je dirais un manoir !) que tout le monde pense hantée. Voulant apprendre la magie, le jeune Lewis réveille par hasard les morts… Jack Black (Jonathan), Cate Blanchett (Florence), Owen Vaccaro (Lewis) et Kyle MacLachlan (Isaac Izard) sont très bons et j’ai passé un excellent moment au cinéma avec ce film un peu horreur mais tout public.

Halloween est un film d’horreur américain réalisé par David Gordon Green ; il dure 1 h 49. Évidemment je n’ai pas été le voir seule mais je n’ai sursauté que deux fois : la première fois parce que la musique était très forte et la deuxième fois parce que la copine a crié à côté de moi, ah ah ah ! Bon, c’est un film d’horreur slasher (sous-genre du film d’horreur dans lequel un tueur psychopathe, généralement masqué, élimine méthodiquement tout ce qui se trouve sur son chemin, souvent à l’arme blanche, c’est le cas ici) donc ça fait quand même un peu peur. Le film sort pour les 40 ans du premier film Halloween (de John Carpenter, 1978) et on retrouve Jamie Lee Curtis dans le rôle de Laurie Strode qui depuis 40 ans se prépare à affronter Michael Myers. Celui-ci, enfermé et enchaîné dans un hôpital psychiatrique profite d’un transfert pour s’échapper. Les personnages féminins sont très importants avec bien sûr Laurie Strode et aussi Judy Greer dans le rôle de Karen Strode (la fille de Laurie) et Andi Matichak dans le rôle d’Allyson (la petite-fille de Laurie). Les autres rôles (journalistes, policiers, père et amis de Laurie, voisins) sont des faire-valoir juste bons à se faire tuer. À voir si vous aimez les films de ce genre. D’ailleurs je place ces deux films dans le Défi 52 semaines 2018 puisque le thème de cette semaine est Halloween.

Disponibles en DVD

The Florida Project est un film américain indépendant réalisé par Sean Baker et sorti en 2017 (il dure 1 h 55). Moonee (jouée par Brooklyn Prince née en 2010), 6 ans, vit dans une chambre au Magic Castle Motel, un hôtel miteux de Kissimmee en Floride avec sa jeune mère, Halley (jouée par Bria Vinaite, une Lituanienne née en 1993). À noter la présence de Willem Defoe dans le rôle de Bobby, le propriétaire de l’hôtel. Moonee est une petite peste, qui fait les 400 coups avec deux autres enfants, et Halley, une paumée en situation de précarité, aimante mais dépassée, ne pense qu’à trouver de l’argent et à manger pour assurer leur vie. Elles habitent près du parc Walt Disney World Resort mais elles n’ont pas les moyens d’y aller, le rêve américain n’est pas pour elles. Une comédie dramatique douce amère, à la fois drôle et triste à voir si vous avez aimé Tangerine (du même réalisateur) ou Little Miss Sunshine (de Jonathan Dayton et Valerie Faris).

Lumières d’été est un film franco-japonais réalisé par Jean-Gabriel Périot et sorti en 2017 (il dure 1 h 22). Akihiro est un Japonais venu à Paris étudier le cinéma. Devenu réalisateur de films documentaires, il retourne dans son pays natal pour réaliser un film sur Hiroshima et les hibakusha (被爆者), les survivants de la bombe atomique. Dans un parc, il rencontre Michiko, une jolie jeune femme joyeuse et presque insouciante qui va l’entraîner dans la ville reconstruite. Ce film m’a émue et même remuée car j’ai revu des lieux qui m’avaient déjà profondément émue lors de leur visite. Je vous le conseille vraiment ainsi que les deux documentaires que comporte le DVD : 200 000 fantômes (Nijuman no borei 二十万の 亡霊), un court métrage expérimental de 11 minutes réalisé en 2007 et Hibakusha, le témoignage de Madame Kasaoka, un court métrage de 26 minutes réalisé en 2015.

Un de ces films vous fait envie ?

 

Le jeudi, c’est musée #6

Vers Glas © Ontwerp / Design: Gijs Kuijper

Vers Glas © Ontwerp / Design: Gijs Kuijper

Bert Haanstra (1916-1997) est un photographe, réalisateur et documentariste néerlandais multi-récompensé. Glas (Verre), son film documentaire réalisé en 1958, reçoit l’Oscar du meilleur court métrage documentaire en 1959. Le contraste entre la verrerie artisanale et l’industrielle est extraordinairement bien montré. Les deux méthodes sont accompagnées d’une excellente musique du pianiste de jazz néerlandais Pim Jacobs (1934-1996). À voir absolument 🙂

Le film est sur le compte de Aeon Video sur Vimeo en HD mais le voici sur YT :

La Corée du Sud, le pays aux multiples miracles

Originaire de Beyrouth, une ville divisée comme le sont la Corée du Sud et la Corée du Nord, le réalisateur, Jacques Debs, dit que la Corée l’a toujours intrigué et fasciné. Il a réalisé une série de cinq documentaires, La Corée du Sud, le pays aux multiples miracles, diffusés la semaine dernière sur Arte.

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Source : Arte et Les films d’ici

Documentaire n° 1 : Séoul, c’est tout un roman (diffusé lundi 2)

La Corée du Sud – pays sept fois plus petit que la France – est entrée dans la modernité économique entre 1960 et 1980, sous deux dictatures militaires, ce qui est beaucoup plus rapide que nulle part ailleurs (l’Europe en 300 ans et le Japon en 100 ans). Le réalisateur nous emmène dans Séoul, la capitale aux 20 millions d’habitants soit la moitié de la population du pays, avec ses artistes (photographes, musiciens…), ses intellectuels (écrivains, séminaristes…) et ses immeubles vertigineux. Puis sur le 38e parallèle, à la frontière entre le Sud et le Nord.

Documentaire n° 2 : Les îles Jeju et Wando (diffusé mardi 3)

La Corée compte 3 215 îles ! Le réalisateur nous emmène à Wando, au sud de la Corée, le bout de la terre, sur les traces des débuts de la littérature en langue coréenne (au lieu de chinoise) au XVIIe siècle, des maisons en bois et des jardins coréens traditionnels. Puis à Jeju, une île volcanique, également au sud de la Corée, indépendante pendant 1 000 ans et célèbre pour ses plongeuses et son musée du 3 avril 1948 ; malheureusement la construction d’une base navale capable d’accueillir des portes-avions défigure la côte et déloge les pêcheurs traditionnels.

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Source : Arte et Les films d’ici

Documentaire n° 3 : Les temples bouddhistes (diffusé mercredi 4)

Bien qu’une grosse partie des Coréens soient Chrétiens, « l’âme de la Corée a été façonnée depuis des siècles par le bouddhisme » (depuis 2 000 ans) et par le chamanisme « depuis la nuit des temps ». Le réalisateur et la photographe du vertigineux, Ahn Jun, nous emmènent dans des temples bouddhistes du plus récent au plus ancien qui conserve les tablettes de bois du Tripitaka Koreana (plus de 80 000 tablettes sur lesquelles sont gravés les textes sacrés bouddhistes au XIIIe siècle).

Documentaire n° 4 : Une cité médiévale (diffusé jeudi 5)

Le réalisateur nous emmène dans la cité médiévale de Hahoe avec l’écrivain Song Sok-ze, né dans cette région rurale. Il nous montre l’arbre divin, le théâtre du jeu de masques, la nature environnante (fleuve, montagnes, forêts), l’agriculture (rizières), nous fait rencontrer une famille de nobles (la famille Yoo) qui a construit la cité (lignée de 900 ans), nous fait visiter une usine de papier traditionnel (hanji) et l’école confucéenne du sanctuaire de Dosan Seowon.

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Source : Arte et Les films d’ici

Documentaire n° 5 : Un miracle économique (diffusé vendredi 6)

Direction Pusan, la 2e ville de Corée du Sud (3 millions d’habitants) et le plus grand port du pays avec sa pêche (traditionnelle et industrielle). Puis Buyeo dans le centre du pays pour la culture écologique des racines de ginseng (et de patates douces). Puis Ulsan (1 million d’habitants) pour Hyundai Motors (industrie automobile depuis 1964) et son chantier naval (le plus grand du monde) : j’apprends que Hyundai signifie « époque actuelle ». D’autres entreprises comme Samsung ou LG vivent à l’internationale et concurrencent – le plus possible dans le respect des ancêtres et de l’environnement – les entreprises européennes, américaines, chinoises et japonaises.

Instructifs et enrichissants, ces documentaires beaux et intelligents sont réellement chargés en émotion. On y croise des écrivains et des artistes, on y entend des poèmes de Moon Chung-hee et des chansons de Nah Youn-sun. J’ai aimé l’originalité, presque l’excentricité, en tout cas la sincérité, des Coréens qui se révèlent concernés non seulement par la réunification de leur pays mais aussi par la paix dans le monde. Car la guerre de Corée et la division du pays sont toujours présentes, y compris chez les nouvelles générations qui n’ont pas connu la guerre et, bizarrement, les Coréens disent qu’ils ressentent la division entre le Nord et le Sud encore plus lorsqu’ils sont à l’étranger que dans leur pays. Entendre plusieurs Coréens parler français est
admirable. Il manque un peu d’animaux (à part quelques chevaux sur Jeju et quelques oiseaux), le thé vert sur l’île de Jeju mais on voit le thé vert sauvage (le « thé du roi ») au mont Jiri, la gastronomie coréenne autre que le poisson à Busan, les sportifs… CoreeLogo2Mais si on aime la Corée, si on veut mieux la connaître, la comprendre, ces documentaires sont l’idéal ! Il vous reste quelques jours pour les voir en rediffusion ou en replay sur Arte [lien].

Un billet pour le Challenge coréen.