Le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly

Le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly.

Points, juin 2017, 208 pages, 6,70 €, ISBN 978-2-7578-5980-3. Around the World in Seventy-Two Days (1890) est traduit de l’américain par Hélène Cohen.

Genres : récit de voyage, littérature américaine.

Nellie Bly (1864-1922) : je vous ai présenté cette journaliste d’investigation (une pionnière !) américaine ici et je remercie encore Noctenbule pour ce livre.

Après avoir écrit 10 jours dans un asile (Ten Days in a Mad-House, 1887), Nellie Bly a envie d’une autre aventure et, pourquoi pas, de vacances ! Elle décide de faire le tour du monde en 75 jours pour battre le record de Phileas Fogg, héros anglais littéraire de Jules Verne. Le New York World, journal pour lequel elle travaille, accepte la mission. « Pour tirer le meilleur de nos semblables ou accomplir soi-même un exploit, il faut toujours croire en la réussite de son entreprise. » (p. 16). Une seule robe (celle qu’elle porte mais elle est neuve et solide), un seul bagage (le sac qu’elle transporte avec ce qui lui est nécessaire), deux-cents livres (la monnaie en cours dans les pays gouvernés par la couronne britannique), quelques dollars (ils ne sont pas encore acceptés partout) et la voici partie pour l’aventure ! Avec bien sûr son passeport, n° 247 (peu de gens voyageaient à l’époque !), signé du secrétaire d’État. Elle embarque à bord de l’Augusta Victoria – qui la fera traverser l’Atlantique – le 14 novembre 1889 à 9 h 40. C’est pourquoi je publie cette note de lecture le 14 novembre à la même heure. 😉

C’est son premier voyage en bateau et elle a le mal de mer mais elle va, lors de son périple, s’habituer et même apprécier la vie à bord et sur le pont (sauf en cas de tempête bien sûr). « Pas une seule fois je ne doutais de succès de mon entreprise. » (p. 26). « Nous passions principalement nos journées à nous prélasser dans nos fauteuils sur le pont. Personne ne savourait le confort plus que moi. » (p. 88).

J’ai noté le voyage pour ne pas l’oublier. New York, traversée de l’océan Atlantique, Southampton et Londres (Angleterre), traversée de la Manche, Boulogne sur Mer, Amiens et Calais (France), Brindisi (Italie), Port Saïd et le Canal de Suez (Égypte), Aden (Yémen), Colombo (Ceylan devenu Sri Lanka), Penang (Malaisie), Singapour, Hong Kong (à l’époque britannique) et Canton (Chine), Yokohama, Kamakura et Tokyo (Japon), traversée de l’océan Pacifique, San Francisco, traversée en train des États-Unis d’est en ouest pour un retour à New York. Le tout en 72 jours, elle a fait mieux que prévu !

À Amiens, elle rencontre Jules Verne et son épouse qui l’ont invitée ! « Leur accueil chaleureux me fit oublier mon allure négligée. » (p. 45).

Lorsqu’elle est au Proche et Moyen Orient, j’avais l’impression d’être dans un roman d’Agatha Christie même s’il n’y avait pas de crimes ! Les descriptions des populations et des paysages sûrement.

Le voyage est raconté par Nellie Bly, comme un journal de voyage, et il est enrichi par des articles que le New York World publie pour donner des nouvelles à ses lecteurs. C’est passionnant de voir comment les Occidentaux considéraient les autres populations en cette fin de XIXe siècle et aussi de voir comment vivaient ces populations, pour la plupart colonisées par les Britanniques. Malheureusement, pressée par le temps, elle ne reste pas très longtemps dans chaque escale et ne peut parfois pas se rendre compte de la vie réelle. En plus, contrairement à ce qui est annoncé (faire le tour du monde « seule »), elle est rarement seule, à part dans sa cabine de bateau ou dans sa chambre d’hôtel, je veux dire qu’elle a toujours un guide ou un ami qu’elle s’est fait sur le bateau ou un diplomate qui lui fait visiter et lui sert d’interprète (mais sinon elle voyage seule dans le sens de sans chaperon et sans accompagnateur mais elle est Américaine et pas Anglaise). Son récit m’a encore plus intéressée lorsqu’elle arrive en Extrême-Orient ! À Colombo, elle découvre les catamarans. Elle passe Noël (1889) à Canton (Chine) et le réveillon du Nouvel An (1890) à bord de l’Oceanic en route pour Yokohama (Japon). Ah, le Japon… Elle visite la ville portuaire de Yokohama, une ville que j’ai beaucoup aimée (j’y suis allée deux fois), la ville de Kamakura et la statue géante de Bouddha (que j’ai visitées aussi, plus d’un siècle après elle) et Tokyo : « La capitale dispose d’une ligne de tramway, la seule de tout l’Orient […]. » (p. 183). J’ai pris la dernière ligne de tramway à Tokyo, la Toden Arakawa, elle est pittoresque et n’est plus utilisée que par les habitants du quartier, par ailleurs très agréable, et quelques touristes (des amis japonais un peu plus âgés que moi m’ont dit qu’ils prenaient cette ligne dans les années 70’ pour aller à l’université Waseda). Le Japon est le seul pays que Nellie Bly dit quitter à regret, je la comprends. Mais son seul regret durant ce voyage, c’est de ne pas avoir eu un Kodak pour prendre des photos. Ce qui n’était pas mon cas, j’avais mes appareils photos, donc voici une de mes photos du Bouddha Géant de Kamakura. 🙂

Trois phrases que je veux garder en mémoire :

« Je réponds toujours à ceux qui critiquent mon menton, mon nez ou ma bouche, qu’on ne peut échapper aux attributs que la vie vous donne, pas plus qu’on ne peut échapper à la mort. » (p. 157).

« La littérature permet l’accès aux cieux. » (p. 168) : inscription dans la salles des Bonnes Étoiles où sont corrigées les copies des étudiants de la salle des Examens à Canton.

« Plantez deux allumettes au bout d’une pomme de terre, un champignon à l’autre extrémité, et vous obtiendrez un Japonais ! » (p. 178). Ah ah ah, c’est à cause des « jambes maigrelettes » et du « chapeau en forme de bassine » !!!

Un petit truc qui m’a dérangée : « Mongoliens » (p. 159 et 166)… Si les anglophones disent effectivement « Mongolians » (ou aussi Mongols), la traduction française n’est pas Mongoliens mais bien Mongols ! Alors, une petite erreur de traduction ?

Je mets cette belle lecture dans les challenges Classiques et Raconte-moi l’Asie (car elle passe beaucoup de temps en Asie).

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Conversations avec mon chat d’Eduardo Jáuregui

Conversations avec mon chat d’Eduardo Jáuregui.

Feryane, mai 2017, 432 pages, 22 €, ISBN 978-2-36360-424-8. Conversaciones con mi gata (2013) est traduit de l’espagnol par Vanessa Capieu.

Genre : littérature espagnole.

Eduardo Jáuregui, auteur espagnol, est un psychologue spécialiste de la psychologie positive également professeur d’université.

Sara vit dans une maison avec Joaquín et travaille depuis plus de dix ans dans une petite agence de communication, Buccaneer Design, mais rachetée récemment par un gros groupe, Nat Sciences Inc. Elle a tout pour être heureuse mais, ce matin encore, elle est prise de vertige et elle sait qu’elle n’est pas enceinte. Peu avant de partir au travail, un chat l’effraie sur le moment. « Derrière le carreau se tenait un inoffensif chat au poil court et doré, la queue étroite et l’air plutôt aristocratique. » (p. 15). Plusieurs fois le chat essaie de lui parler mais Sara court au bureau, oublie sa sacoche avec son MacBook dans le métro, arrive en retard à sa réunion très importante et perd connaissance pendant sa présentation (de mémoire et à l’ancienne, sur un tableau, puisqu’elle n’a plus son ordinateur…) de Royal Petroleum ! « Qu’avais-je fait pendant ces presque quarante ans de vie ? Avais-je de quoi me réjouir ? Ou est-ce que j’étais complètement à côté de la plaque ? Pourquoi me réveillai-je tous les matins avec la nausée ? Est-ce ma propre vie qui me donnait envie de vomir ? Qu’aurait dit de moi la journaliste jeune et utopiste que j’avais été autrefois ? Ou était passé ce couple amoureux qui avait débarqué en Angleterre avec le changement de millénaire ? Qu’avais-je envie de faire du temps qui me restait ? Devais-je changer de voie ? » (p. 53). Comme vous le voyez, Sara se pose beaucoup de questions mais elle n’est pas au bout de ses peines car c’est toute sa vie qui va être chamboulée, professionnelle, amoureuse, familiale… Heureusement Sara sera aidée par quelques amis et par Sibylle, la chatte Abyssin douée de parole et de grande sagesse qui va lui faire comprendre beaucoup de choses. « Vous avez un cerveau efficace, c’est sûr, capable des calculs et des raisonnements les plus complexes. Mais pour tout dire, la plupart d’entre vous ne savent pas l’utiliser. Et vous vous retrouvez à tourner et retourner dans votre tête ce qui a eu lieu, ce qui va se passer, ce qui aurait pu ou pourrait arriver, tout ça dans le désordre et l’angoisse. » (p. 104).

Ce roman est d’abord paru aux Presses de la Cité en 2016 mais, que voulez-vous, parfois la bibliothèque n’a le livre disponible qu’en gros caractères et, même si ça me tire un peu les yeux, ces énormes caractères, j’ai craqué sur la couverture et le thème de ce livre qui était une nouveauté ! Et j’ai découvert une jolie histoire, qui m’a encouragée dans ma vie aussi, qui (ça m’a fait sourire) développait des similitudes avec Agir et penser comme un chat de Stéphane Garnier que je venais de lire juste avant (oui, je sais, je suis dans une veine de lectures « chat » !). « Jour après jour s’éveillait peu à peu une partie de moi qui se sentait infiniment libre, puissante, sage, belle ; en un mot : féline. » (p. 368).

Mon passage préféré : « L’esprit humain est un petit singe turbulent qui essayera toujours d’échapper à ton contrôle. Ce n’est pas grave. À chaque fois que tu t’en rends compte, reviens à ta respiration. » (p. 256).

Et puis, sur les livres (les parents de Sara tenaient une librairie) : « J’ai découvert très tôt que les livres permettent de voyager, de vivre des aventures, des romances et des révolutions, de connaître des reines insolentes, des magiciens puissants, des pirates au cœur d’or et même, maintenant que j’y pense, des chats sacrément bavards. » (p. 278), j’adore !

Conversations avec mon chat est un livre qui fait réfléchir sur la vie, le sens qu’on lui donne, les relations qu’on a avec les autres, c’est un roman qui enchante et qui fait du bien, oui, même si vous n’aimez pas particulièrement les chats. C’est une histoire charmante qui réconforte, qui guide, qui aide, alors allez vite le chercher, en librairie ou en bibliothèque, vous ferez une bonne action pour vous-même !

Une excellente lecture pour les challenges Feel good, Littérature de l’imaginaire et Voisins Voisines (Espagne).

Le secret d’Igor Koliazine de Romain Slocombe

Le secret d’Igor Koliazine de Romain Slocombe.

Seuil Policiers, octobre 2015, 320 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-02122-185-5.

Genres : roman policier, Histoire, espionnage.

Romain Slocombe naît le 25 mars 1953 à Paris. Il est éclectique : auteur (romans, nouvelles, jeunesse, bandes dessinées), illustrateur, traducteur, réalisateur et photographe. Il est passionné par le Japon et sa culture alternative. Plus d’infos sur son site.

Février 1925. Londres. Zhenya Krosnova apprend à Ralph Exeter, journaliste du Daily World (un journal sympathisant de gauche), qu’elle a rencontré le capitaine Igor Koliazine, cosaque du Kouban, seul survivant à savoir où est enterré le trésor des Armées blanches de général Wrangel. « […] les activités d’espionnage et de police ne m’inspirent que du dégoût, mais l’avenir de la révolution mondiale est en jeu. » (p. 53). Mars 1925. Exeter et Koliazine s’envolent pour Constantinople : d’un côté du Bosphore, c’est Péra le quartier européen, de l’autre côté, c’est Stanbul. Accusé de la mort d’un policier français, le commandant Rousseau (Première station avant l’abattoir, 2013), Exeter est pris entre… plusieurs feux ! Son travail d’espion britannique bien malgré lui, ses amis Bolcheviques du Guépéou (GPU), ses amis Russes blancs, les Ottomans, les Germaniques et les Français !

Un passage drôle : « Je n’ai jamais visité de musée aussi mal fichu en ce qui concerne l’information du public ! protesta Exeter auprès de son guide, Polygnotos Meiggs. D’abord, tout ce qui figure sur les cartels est écrit seulement en turc… […] Quant aux magnifiques tapis accrochés aux murs de la salle précédente, j’ai demandé au gardien qui me suivait pas à pas comme s’il s’attendait à ce que j’essaye d’empocher un joyau en souvenir : ‘Et cela, c’est quoi ?’ Le gardien a dit : ‘Un tapis.’ J’ai répliqué, en essayant de garder mon calme : ‘Je vois bien que c’est un tapis. Mais quel genre de tapis ? Il m’a répondu : ‘Précieux.’ En désespoir de cause je me suis tourné vers un touriste turc qui paraissait cultivé et lui ai répété ma question. Il a répondu en souriant : ‘C’est un tapis turc.’ Exeter secoua la tête avec une mimique exaspérée. Polygnotos Meiggs ricana doucement. » (p. 143).

J’ai bien aimé : l’officier de la Sécurité d’État, Ziya Bey, est fan de romans policiers. « […] je me les fais envoyer régulièrement par une librairie de Paris » (p. 167).

Un extraordinaire roman policier, comme je n’en avais pas lu depuis longtemps, dans cette période d’entre-deux-guerres moins connue et très mouvementée ! De l’Histoire, de l’espionnage, de l’aventure, de l’action, un périple à travers l’Europe, une chasse au trésor… dangereuse !, de l’humour aussi : je ne connaissais pas la plume de Romain Slocombe mais je vais lire d’autres titres, c’est sûr, et en particulier le début des aventures de Ralph Exeter, Première station avant l’abattoir paru au Seuil en septembre 2013. L’auteur s’est bien documenté pour ce roman, un roman à l’ancienne, avec une ambiance, avec un bon verre de temps en temps, des personnages hauts en couleur et des descriptions réalistes, ça me plaît !

Pour les challenges Polar et thriller et Une lettre pour un auteur (lettre S).

A year in England – 2017-2018

Troisième année pour le challenge A year in England, du 1er août 2017 au 31 mai 2018. Logo, infos, inscription et récapitulatif chez Titine plus le groupe FB.

Mes billets anglais pour ce challenge

1. Six séries anglaises (Agatha Raisin, The Five, Hooten & the Lady, The Last Kingdom, Molly une femme au combat, Sinbad)

Clues, intégrale de Mara

Clues, intégrale de Mara.

Akileos, octobre 2016, 220 pages, 32 €, ISB 978-2-35574-285-9.

Genres : bande dessinée, policier.

Mara, de son vrai nom Margaux Kindhauser, naît le 9 juillet 1983 à Bâle en Suisse. Elle est autodidacte et elle fait tout : dessinatrice, scénariste et coloriste. Clues est sa première bande dessinée : une réussite ! Plus d’infos sur My little bazaar.

Lorsqu’elle était enfant, Emily a vu des choses qu’elle n’aurait pas dû voir sur le gang des Red Arrows. Sa mère, Mylena Emerson, l’a envoyée à New York. Devenue adulte, Emily Arderen revient à Londres pour découvrir pourquoi et comment sa mère est morte. Elle intègre le département de l’inspecteur Nathanaël Hawkins, spécialisé dans l’entomologie forensique naissante, à Scotland Yard. « Arderen, vous êtes dans un monde cruel et sans pitié. Un monde dans lequel on est mort si l’on ne frappe pas le premier. Un monde où la femme n’a pas sa place. Vous avez voulu intégrer la police, soit. Mais vous ne tarderez pas à réaliser que vous n’avez rien à y faire. Plus tôt vous en prendrez conscience, plus vite je serai débarrassé de vous. » Évidemment Emily va se montrer désobéissante, mais contre toute attente, elle sera aussi curieuse et efficace. Pourtant, le danger est plus important que ce qu’elle imaginait et elle met en danger la vie de policiers.

Dans Londres de la fin du XIXe siècle, cette histoire policière de style victorien est plus complexe qu’il n’y paraît ; elle est par ailleurs superbement illustrée. Après l’intégration d’Emily, difficile comme vous pouvez le comprendre en lisant l’extrait ci-dessus (c’était la mentalité misogyne de l’époque), la jeune femme et le lecteur vont de surprises en révélations ! Avec du rythme, du mystère, de l’action et des rebondissements. Mon tome préféré est le troisième, un flashback rédigé par Henry Feldman, le médecin légiste de Scotland Yard, ami de Nathanaël Hawkins. Le plus de cette intégrale, c’est un carnet de croquis de 26 pages en fin de volume. Le prix de 32 € peut sembler excessif mais si vous comptez les 4 tomes, ça représente 56,50 € en tout donc il y a finalement une belle économie.

Voici les 4 tomes de Clues réunis dans l’intégrale :

1. Sur les traces du passé, Akileos, juin 2008, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-35574-009-1

2. Dans l’ombre de l’ennemi, Akileos, mars 2010, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-35574-050-3

3. Cicatrices, Akileos, octobre 2012, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-35574-097-8

4. À la croisée des chemins, Akileos, octobre 2015, 56 pages, 14,50 €, ISBN 978-2-35574-224-8

Je me rappelle très bien avoir lu le premier tome à sa parution, mais le problème c’est l’attente entre les différents tomes et je n’avais jamais lu la suite… J’ai donc été ravie de découvrir cette intégrale, de pouvoir reprendre depuis le début et surtout de pouvoir lire toute l’histoire d’un coup ! Et, à la lecture, je comprends effectivement le long travail durant des années de Mara, au niveau de l’histoire, des dessins et des couleurs, bravo ! Si vous aimez la bande dessinée, l’Angleterre victorienne et les romans policiers, foncez !

Une dernière lecture pour le Mois anglais 2017 que je mets dans les challenges BD, Polars et thrillers et Un genre par mois (en juin, bande dessinée).

Du rock anglais pour la Fête de la musique 2017

Pour la Fête de la musique 2017, je partage avec vous quelques artistes anglais que j’écoute en ce moment :

Le nouvel album de Depeche Mode, un groupe de rock new wave anglais que j’aime depuis mon adolescence : le groupe originaire de Basildon (dans l’Essex) s’est formé en 1979. Spirit, leur 14e album studio, est sorti en mars 2017 et voici le premier single (et le seul pour l’instant), Where’s the Revolution ? Le site du groupe, http://www.depechemode.com/.

Autre groupe anglais que j’aime mais qui existe depuis moins longtemps que Depeche Mode, c’est alt-J, un groupe de rock alternatif originaire de Leeds (dans le Yorkshire) et formé en 2007. Dix ans cette année donc et leur 3e album, Relaxer, sorti début juin 2017. Le premier single est 3WW mais je lui préfère le deuxième single, In cold blood, pour l’ambiance de la vidéo, et le troisième, Adeline, pour la voix et la musique. Le site du groupe, http://www.altjband.com/. J’ai déjà parlé de ce groupe avec leur premier album, en 2012, An Awesome Wave.

Le nouvel album de Gorillaz, parce que j’adore Damon Albarn et tout ce qu’il fait. Un groupe « virtuel » anglais (en fait melting pot) formé en 1998 qui, après une absence, sort en avril 2017, leur 5e album, Humanz. Le premier single est Hallelujah Money (en duo avec Benjamin Clementine) en janvier 2017 puis quatre titres sont dévoilés à la BBC radio : Saturnz Barz, We’ve Got the Power, Ascension et Andromeda en mars 2017. Le site du groupe, http://www.gorillaz.com/.

Et toujours le dernier album de P.J. Harvey (son 9e album studio), The Hope Six Demolition Project, sorti en avril 2016, et ses trois singles, The Wheel, The Community of Hope et The Orange Monkey. Un album que j’attendais avec impatience, j’en avais parlé ici. Le site de l’artiste, http://pjharvey.net/.

J’avais déjà parlé de groupes anglais pour le Mois anglais 2016 mais on ne s’en lasse pas, n’est-ce pas ?

Et c’est aussi l’été qui commence, j’ai du mal avec cette saison et ces jours caniculaires… et bruyants, mais je vous souhaite un bel été 🙂

La quiche fatale (Agatha Raisin enquête) de M.C. Beaton

Agatha Raisin enquête : la quiche fatale de M.C. Beaton.

Albin Michel, juin 2016, 320 pages, 14 €, ISBN 978-2-226-31732-2. The Quiche of Death (1992) est traduit de l’anglais par Esther Ménévis.

Genres : littérature écossaise, roman policier.

M.C. Beaton naît en 1936 à Glasgow : elle est donc Écossaise ! Mais elle épouse un Anglais et le couple a un fils. M.C., c’est pour Marion Chesney. Elle écrit sous plusieurs pseudonymes dont M.C. Beaton. Ses spécialités : la romance et les mysteries.

Mrs. Agatha Raisin, après un mariage malheureux, a ouvert une agence de relations publiques à Mayfair à Londres. À maintenant 53 ans, elle prend sa retraite anticipée et réalise son rêve : une vie paisible dans un cottage des Midlands. « […] les Cotswolds représentaient à ses yeux tout ce qu’elle avait toujours désiré : la beauté, la tranquillité et la sécurité. » (p. 10). Elle devient donc propriétaire du « cottage idéal dans le village de Carsely » (p. 10). Après une enfance dans le monde ouvrier de Birmingham et une vie professionnelle bien remplie, la voici « libre. Elle pouvait se détendre » (p. 13). Par exemple, elle prend le temps de lire Agatha Christie pour la première fois de sa vie ! Afin de se faire de nouveaux amis, elle participe au concours de quiche mais Mr. Reginald Cummings-Browne est empoisonné par la quiche qu’elle a achetée à la Quicherie à Londres… « Pourquoi la quiche succulente et renommée de Mr. Economides aurait-elle, du jour au lendemain, contenue de la ciguë aquatique, alors qu’il n’avait jamais fait l’objet d’aucune plainte de sa vie ? Peut-être pouvait-elle poser quelques questions. Juste quelques petites questions. Il n’y avait pas de mal à cela. » (p. 79). Agatha Raisin ne croit pas à un accident et décide de mener l’enquête en parallèle des investigations de l’agent de police Bill Wong, mi-chinois mi-anglais. Mais, malgré le divertissement que lui procure cet événement extraordinaire dans le village, Londres et son animation lui manquent.

Un petit séjour dans la campagne anglaise verdoyante, la gastronomie anglaise (pudding, bœuf aux rognons et bien sûr quiche aux épinards !) ? Un roman so british ! Un peu lent par moment mais tout s’enchaîne bien dans ce roman drôle et délicieusement anglais. À déguster sans modération donc, tranquillement, durant un weekend ou des vacances.

Le clin d’œil aux romans policiers, mysteries et autres whodunit : « Ah ! les joies de la littérature policière. » (p. 121).

Comme j’ai lu ce roman il y a quelque temps et que je n’avais pas publié ma note de lecture, je profite de ce Mois anglais : la date du 13 juin a été retenue pour le thème de M.C. Beaton et Agatha Raisin en partenariat avec le challenge British Mysteries (est-ce que j’y participe ?… Oui !). Je mets aussi cette lecture dans Polars et thrillers de Sharon et Voisins Voisines pour l’Écosse.

Pour l’instant, il y a une trentaine d’Agatha Raisin : vingt-sept romans, trois recueils de nouvelles (en anglais) et quatre romans sont déjà traduits en français. Je ne sais pas si je lirai tout mais j’ai vraiment passé un très bon moment de lecture, j’ai souri plusieurs fois, j’en lirai d’autres, c’est sûr, d’ailleurs j’ai déjà lu la deuxième histoire, Remède de cheval, qui m’a tout aussi plu si ce n’est plus !

Il y a aussi une série télévisée, réalisée en 2016, une série de 9 épisodes de 45 minutes chacun (plus l’épisode pilote, celui de la quiche fatale, réalisé en 2014 et qui fait 90 minutes), avec dans le rôle principale l’actrice écossaise Ashley Jensen. Vidéo du trailer ci-dessous mais avant, une super vidéo dans laquelle vous allez entendre M.C. Beaton chanter et parler en français car elle partage son temps entre les Cotswolds et Paris !

https://youtu.be/_RbFVk0W9o8… Zut, je n’ai pas pu insérer la vidéo… Allez la voir sur la chaîne YT des éditions Albin Michel, elle ne dure que 1’08 😉

https://youtu.be/f4jlAieV5vE… Oh mais l’intégration de vidéos ne fonctionne pas ou quoi ?!!! Vous pouvez voir ce trailer de 0’59 sur la chaîne YT de Sky1.

Et je remets ma photo des Quais du polar le 1er avril 2017.