Image

Projet 52-2021 #39

Trente-neuvième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème métallique. Pas mal de choses peuvent être métallique mais j’aime les œuvres d’art en métal donc je vous emmène au Japon. Cette œuvre se situe dans le quartier de Shinjuku à Tôkyô. Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Le peintre hors-la-loi de Frantz Duchazeau

Le peintre hors-la-loi de Frantz Duchazeau.

Casterman, mars 2021, 96 pages, 20 €, ISBN 978-2-20320-277-1..

Genres : bande dessinée française, Histoire.

Frantz Duchazeau, de son vrai nom Frantz Duchazeaubeneix, naît le 11 octobre 1971 à Angoulême. Il vit à Paris où il est dessinateur et scénariste de bandes dessinées et travaille aussi pour des journaux (Capsule Cosmique, Journal de Mickey, Spirou).

Le peintre hors-la-loi de Duchazeau et Drac chez Casterman (1ère planche)

Drac, de son vrai nom Pascale Wallet, naît le 1er mai 1978. Elle est coloriste et illustratrice de bandes dessinées. Fin des années 90, elle participe à la création de l’association (et du fanzine) Nekomix. Plus d’infos sur son site officiel.

Je remercie Lecteurs.com de m’avoir envoyé cette bande dessinée.

La grande Histoire. Paris, 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sous les acclamations du peuple. Enfin, pas de tout le peuple, les révolutionnaires tuant et pillant, beaucoup sont mécontents. « Ces révolutionnaires sont des assassins ! Ils affament le peuple ! » (p. 30).

La petite histoire. Contrairement à « Prieur, Desfontaines, Girardet, Fragonard » (p. 12), Lazare Bruandet dessine et peint « pour le plaisir de l’instant » (p. 12) et n’aspire pas à la postérité. Après avoir bien bu, il tue son épouse par accident, s’enfuit et se réfugie dans une abbaye. « Je n’ai pas voulu la tuer. Adieu l’ami. » (p. 19), dit-il à son ami dessinateur Jean Duplessis-Bertaux. Bruandet a un étrange physique, il est hanté par un événement de son enfance, il devient le peintre hors-la-loi. Un jour, il rencontre Hollandine qui lave le linge à la rivière ; son père est aubergiste.

« Ces révolutionnaires sont des assassins, des pilleurs, des violeurs, des incendiaires ! » (p. 31) et les frères de la Cour-Dieu ont été brûlés et pendus… Alors les frères de l’abbaye dans laquelle Bruandet s’est réfugié lui demande de l’aide. « Vous êtes armé. Apprenez-nous à nous servir d’une arme. Nous vous demandons protection. » (p. 40).

Et, après tous ces événements odieux, il est en colère. « Hahahaha ! La populace des faubourgs et tout ce que Paris peut fournir de coupe-jarrets sont venus conquérir le titre de héros. En pillant et dévastant le château des Tuileries… Massacrant la poignée de Suisses qui le défendaient, égorgeant sans pitié… Glup… égorgeant jusque dans les caves et les cuisines les gens de services, les hommes de peine, les marmitons, les laveuses de vaisselle, ils s’étaient réfugiés là, tout tremblants. Tous exécutés !! » (p. 67). Cette révolution fut affreuse, surtout durant la Terreur, et personne n’a pu y échapper… et, au milieu de toute cette violence, l’Art, le beau, la forêt, la Nature.

J’ai eu l’impression que les personnages étaient petits, peut-être pour montrer la grandeur des paysages et de la nature. Parce qu’en plus, le comportement de la majorité des gens est vraiment petit, très petit… Les dessins sont un peu spéciaux, anguleux, je dirais, mais j’ai aimé et je vous conseille vivement cette bande dessinée historique et artistique.

En tout cas, Lazare Bruandet n’est pas un personnage de fiction ! Il est né le 3 juillet 1755 à Paris. Il était peintre et graveur. Grâce à lui, la peinture de paysage a évolué par rapport au cadre institutionnel. Il a étudié avec le peintre de lavis Jean-Philippe Sarrazin puis avec le maître allemand Rœser qui l’inclina vers la tradition du paysage réaliste nordique. Dans la bande dessinée, on le voit vivre isolé de tout, eh bien il a effectivement vécu dans la forêt de Fontainebleau, caché dans les ruines de l’ancien prieuré Notre-Dame de Franchard. La petite histoire rejoint donc la grande Histoire. Il meurt le 26 mars 1804 à Paris.

Une chouette lecture pour La BD de la semaine que je mets aussi dans BD, Des histoires et des bulles (catégorie 15, une BD autour d’un artiste, celui-ci est peintre) et Les textes courts.

Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Quand nous nous réveillerons d’entre les morts de Henrik Ibsen

Quand nous nous réveillerons d’entre les morts de Henrik Ibsen.

Actes Sud-Papiers, janvier 2005, 80 pages, 13,20 €, ISBN 978-2-7427-5285-0. Når vi døde vågner (1899) est traduit du norvégien par Eloi Recoing.

Genres : théâtre norvégien, classique.

Henrik Ibsen naît le 20 mars 1828 à Skien (Norvège). Ruiné par ses affaires et de mauvaises spéculations, le père Ibsen devient alcoolique et la mère se réfugie dans la religion. Le jeune Henrik est apprenti en pharmacie et fait des études de médecine mais devient finalement dramaturge et directeur artistique du théâtre de Bergen puis du théâtre de Christiana (Oslo). Puis il s’intéresse au socialisme, au syndicalisme et voyage en Europe, Copenhague (Danemark), Rome (Italie), Dresde puis Munich (Allemagne) où il écrit plusieurs pièces. Il est considéré comme un auteur libéral et réaliste. Il meurt le 23 mai 1906 à Christiania (Oslo, Norvège).

Je ne comprends absolument pas le norvégien mais le titre original ouvrirait sur une « équivoque temporelle ouvrant à la fois sur le passé, le présent et le futur. » (note liminaire, p. 5).

L’acte I se déroule dans une station balnéaire avec le maître sculpteur Arnold Rubek, son épouse Maja et l’inspecteur des bains.

Matin d’été dans le nord de la Norvège, vue sur le fjord. Le couple Rubek a pris son petit-déjeuner et boit du Champagne (lui) et de l’eau de Seltz (elle) en lisant chacun son journal mais quel silence… et quel ennui ! Car, depuis que Rubek a fini son chef-d’œuvre, Le Jour de la Résurrection, il tourne comme un lion en cage, ne trouve « aucun repos nulle part » (p. 13) et est « devenu proprement un sauvage pour finir » (p. 13). Mais le hoberau Ulfheim, chasseur d’ours, leur propose de l’accompagner à la montagne plutôt que de faire du cabotage. « Non, venez plutôt avec moi dans la montagne. Là-haut, pas de présence humaine, pas de souillure humaine. » (p. 24). Rubek a un échange avec une cliente de l’hôtel qu’il a connue par le passé, Irène, qui l’appelle Arnold.

Les actes II et III se déroulent près d’un sanatorium en montagne avec les mêmes (sauf l’inspecteur des bains).

Le couple Rubek est au bord d’un lac de montagne. Maja va partir à la chasse avec le hobereau Ulfheim, son serviteur Lars (le valet de chasse) et les deux chiens. Mais, avant, elle a une discussion avec son époux. « […] tu es laid, Rubek. » (p. 38), « Peu à peu t’es venue cette méchanceté dans le regard. » (p. 39). En fait Maja fait une crise de jalousie à cause d’Irène. « Tu es bien difficile à satisfaire, Maja ! Bien difficile ! » (p. 44). Quant à Rubek, il est prêt à la séparation d’avec Maja puisqu’il a retrouvé Irène et il n’y a qu’elle qui peut lui redonner l’inspiration, du moins le pense-t-il. « Tu as la clef ! Tu es la seule à l’avoir ! (Suppliant). Aide-moi – à revenir à la vie ! » (p. 59).

Vous le voyez le tiret dans l’extrait ci-dessus ? Henrik Ibsen en utilise de nombreux pour marquer l’hésitation ou l’interruption. D’autant plus qu’Irène n’est pas sur la même longueur d’ondes que Rubek. « (impassible, comme avant). Rêves creux – inutiles – rêves morts. Notre vie commune ne connaîtra pas de résurrection. » (p. 59). Mais aussi bien Maja que Rubek devraient prendre garde à leur petit jeu car « au début, rien n’est dangereux. Mais, tout à coup, on arrive à un étranglement et alors, impossible d’avancer ou de reculer. » (p. 70).

Sous-titré : un épilogue dramatique en trois actes, Quand nous nous réveillerons d’entre les morts est la dernière pièce d’Ibsen. Rédigée en 1899, elle est publiée en 1900 et jouée au Hoftheater à Stuttgart (Allemagne) le 26 janvier 1900.

Rubek est un grand artiste reconnu dans le monde entier mais il a perdu de sa superbe depuis qu’il ne crée plus rien et Maja, sûrement plus jeune, s’ennuie avec lui… Chacun va se laisser tenter de son côté, Maja par l’aventure bien plus excitante que la prison dorée dans laquelle elle a l’impression de vivre, Rubek par le passé qui le rattrape mais lui échappe. L’auteur se reconnaît-il en Rubek ? Je ne sais pas. Je ne connais que trop peu l’œuvre de Henrik Ibsen pour l’affirmer ou l’infirmer. J’ai bien aimé (même si je n’ai pas grand-chose de plus à dire) et je lirai d’autres de ses pièces dans le futur (si vous avez un titre incontournable à me conseiller !).

Pour 2021, cette année sera classique, Challenge de l’été #2 (voyage en Norvège, dans une station balnéaire puis au bord d’un lac de fjord et en montagne), Challenge lecture 2021 (catégorie 25, une pièce de théâtre, 2e billet), Challenge nordique et Les textes courts.

Image

Lundi Soleil 2021 #6 (4)

Vous pouvez cliquer sur la photo !

Nous sommes toujours dans le sixième thème de Lundi Soleil 2021, celui de juin qui est dans la rue.

Dans la rue, il y a des statues, des œuvres artistiques. Cette structure métallique est une œuvre de Georges Meurdra dont j’ai parlé dans Le jeudi, c’est musée/expo #27 mais je n’avais pas pris cette statue en photo à ce moment-là. Lorsque vous êtes devant l’entrée de la médiathèque, elle est à l’extérieur, sur votre gauche.

Je vous souhaite une bonne semaine et un beau mois de juillet.

Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai

Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai.

Seuil, octobre 2010, 128 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-02102-293-3. Haïkus traduits du japonais par Roger Munier.

Genres : littérature japonaise, poésie, classique.

Différents auteurs très connus comme Bashô, Buson, Issa, Shiki (plusieurs haïkus de chacun) et moins connus comme Chiyo-ni, Chora, Gonsui, Hashin, Kikaku, Kitô, Koyû-ni, Kubonta, Moritake, Onitsura, Saikaku, Senkaku, Shara, Taigi, Yayû, Yûsui (un ou deux haïkus de chacun).

Que dire sur ce recueil de poésie en dehors du fait que, bien sûr, il est magnifique tant au niveau des haïkus qu’au niveau des estampes. Je vais donc parler un peu du haïku et des haijin, des estampes et de Hokusai puis donner mes quatre haïkus préférés (un par saison). Hier, j’ai publié une photo qui montre un extrait de ce recueil.

Le haïku. Le haïku 俳句 est un poème japonais court se composant obligatoirement de : 1. 17 mores (syllabes pour les Occidentaux) disposées d’une certaine façon (5/7/5), 2. un kigo (un mot de saison) et 3. un kireji (une césure). Le haïku est très codifié et s’il ne comporte pas de saison ou pas de césure, ce n’est pas un haïku, c’est un muki. Ou un senryu qui parle des faiblesses humaines de façon cynique (*). Le mot haïku est créé en 1891 par Masaoka Shiki (qui fait partie des auteurs de ce recueil). Car au XVIe siècle, les Japonais utilisaient haïkaï-renga ou renga (au moins deux strophes). Et le mot hokku désigne la première strophe d’un renga. Shiki a donc contracté haïkaï et hokku pour créer haïku. Pour conclure, le haïku parle de ce qu’a vu ou ressenti son auteur durant une saison (par exemple des cerisiers en fleurs symbolisent le printemps). (*) J’ai rencontré des gens qui disent écrire des haïkus mais qui n’y parlent que de leurs problèmes personnels et existentiels, ils ont bien du mal à comprendre que ce ne sont pas des haïkus… Ces gens regardant uniquement en eux et n’observant pas du tout la Nature et les saisons !

Les haijin. Les auteurs de haïkus sont des haijin 俳人 (ou haïkistes pour les Occidentaux). Les premiers haijin vivaient au XVIe siècle : Sôkan Yamazaki (1465-1553) dit Sôkan n’est pas présent dans ce recueil mais Arakida Moritake (1473-1549) dit Moritake y est. Les haijin les plus connus sont Bashô Matsuo (1644-1694) dit Bashô, Buson Yosa (1716-1783) dit Buson dont j’ai déjà publié 66 haiku, Issa Kobayashi (1763-1828) dit Issa et Masaoka Shiki (1867-1902) dit Shiki qui représentent les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles apportant chacun des évolutions. Quatre siècles sont donc représentés dans ce recueil. À noter que le célèbre romancier et nouvelliste Natsume Sôseki (1867-1916) dit Sôseki a écrit des haïkus après sa rencontre avec Masaoka Shiki en 1887.

Les estampes japonaises. L’ukiyo-e (浮世絵) signifiant « image du monde flottant » est une technique artistique japonaise de peinture (e) gravée sur bois créée à l’époque d’Edo (1603-1868). Sont représentés des paysages naturels (incluant les animaux) et des lieux célèbres mais aussi des personnes réelles comme des acteurs du théâtre kabuki, des lutteurs de sumô… et des femmes, des femmes belles (bijin), des courtisanes (oiran), parfois dans des scènes érotiques (« maisons vertes », Yoshiwara le quartier des plaisirs…), et aussi des créatures fantastiques comme les yôkai (fantôme, esprit, démon). Les ukiyo-e peuvent aussi être des illustrations de calendrier (egoyomi) et de cartes de vœux privées luxueuses (surimono).

Hokusai. Parmi les artistes d’estampes japonaises les plus célèbres, il y a Kitagawa Utamaro (c. 1753-1806) dit Utamaro, spécialiste des portraits (okubi-e qui signifie « image de grosse tête »), Utagawa Hiroshige (1797-1858) dit Hiroshige, spécialiste des estampes de la ville d’Edo et du Mont Fuji et Katsushika Hokusai (1760-1849) dit Hokusai et surnommé le « Vieux fou de dessin » spécialement connu pour ses vues du Mont Fuji et pour sa Grande vague de Kanagawa. Mais les estampes de ce recueil ne se limitent pas au Fuji et à la vague, elles montrent des paysages (des arbres, des fleurs, des points d’eau, des montagnes…), des animaux, des personnages (à l’intérieur ou à l’extérieur) et même des objets. Né à Edo (l’ancien nom de Tôkyô), Hokusai a vécu pratiquement toute sa vie à Asakusa (quartier que j’aime beaucoup) mais il a voyagé en particulier à Kyôto et a eu une carrière de 70 ans (durant laquelle il a régulièrement changé de nom d’artiste). Ses œuvres sont visibles dans deux musées : le Hokusai-kan à Obuse dans la préfecture de Nagano (depuis 1976) et le Sumida Hokusai Bijutsukan (Musée Sumida Hokusai) à Tôkyô (depuis 2016). À noter que sa fille cadette, Katsushika Ôi (c. 1800–c. 1866), est devenue peintre et est connue grâce à une série de manga Sarusuberi de Hinako Sugiura (3 tomes, 1983-1987) et un très beau film d’animation Sarusuberi Miss Hokusai réalisé par Keiichi Hara (2015).

Voilà, j’espère que ce billet vous a plu, vous a donné envie de lire ces haïkus et, avant de vous donner mes quatre haïkus préférés (un par saison donc, mais ils peuvent changer au gré de mes relectures et de mon humeur), je voulais vous dire que les Japonais sont fiers d’avoir quatre saisons et ont du mal à croire qu’en Europe aussi il y a quatre saisons (peut-être qu’au Japon, les saisons sont plus « marquées » qu’ici).

Printemps : Rien d’autre aujourd’hui / que d’aller dans le printemps / rien de plus (Buson).

Été : Montagnes au loin / où la chaleur du jour / s’en est allée (Onitsura).

Automne : De temps à autre / les nuages accordent une pause / à ceux qui contemplent la lune (Bashô).

Hiver : Les chiens poliment / laissent passage / dans le sentier de neige (Issa).

Pour le Mois au Japon et 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 55, un recueil de poèmes), Hanami Book Challenge pour le menu 1, Au temps des traditions, pour le sous-menu 4, fête traditionnelle, nature, écologie (chaque changement de saison est une fête au Japon et aussi bien les haïkus que les estampes font ici honneur à la Nature), Petit Bac 2021 (catégorie Météo, les saisons étant acceptées).

Image

Projet 52-2021 #14

Quatorzième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème poésie. Cette photo montre un extrait de Haïkus des quatre saisons illustrés avec des estampes de Hokusai, un beau livre que j’aime lire et relire. Je vous souhaite un bon week-end printanier et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

 

Poissons, écrevisses et crabes […] illustré par Samuel Fallours

Histoire naturelle des plus rares curiositez de la mer des Indes, tome 1 – Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que l’on trouve autour des isles Moluques et sur les côtes des terres australes illustré par Samuel Fallours.

Louis Renard, éditeur scientifique, 1719, 62 pages.

Genres : ouvrage scientifique anglais illustré, classique.

Cet ouvrage scientifique paru en 1719 a demandé 30 ans de travail aux commanditaires du contenu, Adrien Van der Stell (1655?-1720?) et Baltazar Coyett (1650?-1725?), au dessinateur, Samuel Fallours et à l’éditeur, Louis Renard, « agent de Sa Majesté britannique » (1648?-1746) puisqu’il était commandité par le « Sérénissime et Très-Puissant Prince George, Roi de la Grande-Bretagne, de France et d’Irlande, Duc de Bronswick-Lunebourg, Électeur du St.Empire ».

Les estampes sont des « gravures à l’eau-forte coloriées » et cet ouvrage, tombé dans le domaine public, est en ligne sur Gallica-BnF, véritable mine au trésor ! Franchement, depuis que j’ai lu Éloquence de la sardine de Bill François, je suis attirée par la vie et les représentations des créatures marines et les estampes de ce livre sont vraiment somptueuses.

Après les pages de politesse, épître au Roi, avertissement de l’éditeur, témoignages, lettres et certificats, table alphabétique des noms, le lecteur ébahi peut voir les poissons d’une très grande variété de couleurs et qui sont magnifiques.

Il y a de très beaux poissons particulièrement colorés comme le Koutoueuw, espère de Romora (n° 3), l’Anniko-Moor (n° 6), le Bezaan (n° 13), le Kamboton (n° 20), le Tandock (n° 23) dont on a l’impression qu’il est à l’envers, le Jourdin (n° 49), le Douwing Princesse (n° 59), le Besaantie (n° 76), le Douwing Admiral (n° 92), le May Coulat (n° 185), le Sofor (n° 206), entre autres.

Le Troutoen ( n° 32) avec ses pics et ses dents fait peur !

Certains sont surprenants comme les poissons tout en longueur, le Joulong-Joulong (n° 18), le Boujaya Couning (poisson n° 30), le Parring of Chnees (n° 55), le Geep Serooy (n° 56), le Cambat (n° 57), le Bouaya (n° 73), entre autres ; ou très gros, le Macolor, espèce de Kakatoe ou Poisson Perroket (n° 60), le Canjounou (n° 70), le Omma (n° 79), le Courkipas (n° 107) qui a de grosses nageoires, l’Aagie van Enchuysen (n° 119), le Jean Peti (n° 152), le Toutetou Toua (n° 188), le Jean Swangi Touwa (n° 199), entre autres.

Mais les plus surprenants sont à mon avis le Lasacker (n° 65) qui ressemble à un sous-marin rose, le Vliegnede Zee-Uyl ou Hibou-Marin (n° 205) et le Lokje-Lokje (n° 208) qui ressemble à un genre de termite ! Et le plus petit est le Zee Luys ou Pou de mer (n° 125).

Ensuite il y a quelques crabes. Et la suite dans le tome 2.

Histoire naturelle des plus rares curiositez de la mer des Indes, tome 2 – Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que l’on trouve autour des isles Moluques et sur les côtes des terres australes illustré par Samuel Fallours.

Louis Renard, éditeur scientifique à Amsterdam, 1719, 66 pages.

Ce deuxième tome est construit de la même façon que le premier (témoignages, lettres, certificats…) puis les planches de dessins.

Il y a encore de très beaux poissons, les couleurs sont superbes (principalement rouge, orange, vert, parfois bleu, jaune…).

Il y a des mastodontes comme le Parequiet (n° 9), le Jean Tomtombo (n° 24), le Macolor (n° 30), le Jean Satan (n° 35), le Maan-Viseh (n° 138), le Babara (n° 142), « un des meilleurs Poissons de toutes les Indes », le Groote-Balser (n° 142) qui a un ventre énorme, le Keyser van Japan (n° 238) qui est le « Poisson le plus délicieux et le plus beau qui soit au monde ».

D’autres sont plus petits. Et il y a bien sûr encore des poissons surprenants comme le Zee-Kat (n° 38) qui ressemble à un escargot, le Draekje (n° 52) qui ressemble à une libellule, le Bolam de la Baye (n° 90) qui est « huileux et dégoûtant » (le pauvre !) ou le Tamaota (n° 115) qui a une grande moustache et le Caffertie (n° 200) qui a un bec de perroquet !

Le Jean Suangi (n° 72) avec ses épines dorsales et ses dents fait plutôt peur, ainsi que l’Alforeese (n° 85).

Il y a même des poissons sans nom : un « monstre qui fut pêché au passage de Baguewal près d’Amboine en 1709 […] long de trois pieds et demi » (n° 185), un « monstre semblable à une Sirenne » (n° 240) et une « Écrevisse extraordinaire » (n° 241).

Tous ces poissons dont certains étaient « fort gras et de bon goût », raies, crabes, écrevisses « délicieuses » et même sauterelles marines étaient pêchés, consommés alors je crains que la majorité d’entre eux ait malheureusement disparu… et qu’il ne reste que ces dessins et descriptions parfois approximatives. Mais ces deux livres sont un véritable trésor de la fin du 17e et début du 18 siècle (30 ans de travail donc entre 1689 et 1719).

Deux très beaux livres d’Art à découvrir que je mets dans les challenges A year in England 2021 (because travail commandité par le roi George Ier et éditeur Sujet anglais de Sa Majesté), Animaux du monde #3, 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 13, un livre dont le titre comprend le nom d’un animal), Les étapes indiennes #2 car ces deux livres contiennent « un très-grand nombre de Poissons les plus beaux & les plus rares de la Mer des Indes », Petit Bac 2021 (catégorie Lieu pour Isles Moluques et terres australes) et Les textes courts (62 pages pour le tome 1 et 66 pages pour le tome 2).

Le jeudi, c’est musée/expo #26

Suite à la lecture des deux bandes dessinées, Général Leonardo 1 – Au service du Vatican et Général Leonardo 2 – Croisade vers la Terre Sainte d’Erik Svane et Dan Greenberg, j’ai pensé à voir (en ligne) l’exposition Léonard de Vinci (1452-1519) réalisée du 24 octobre 2019 au 24 février 2020 au Louvre pour l’anniversaire (500 ans) de sa mort.

Léonard est né le 15 avril 1452 à Vinci près de Florence. Ce que j’aime chez lui ? Sa curiosité, son amour de la Nature, son génie ! Sa chance ? Vivre dans l’Europe de la Renaissance ! Florence était une ville riche en pleine expansion et humaniste. Par rapport aux bandes dessinées (citées ci-dessus) dans lesquelles Leonardo se veut contre la guerre et partisan de la paix, il faisait en réalité connaître ses talents d’ingénieur militaire et dessinait des machines de guerre (ce qui peut-être ne l’empêchait pas d’être pour la paix).

Il s’est intéressé à presque tout ! La Nature, les sciences (mathématiques, anatomie, astronomie, géologie, physique…), les Arts (dessin, peinture, il a inventé la perspective !, architecture…), etc. et a écrit de nombreux codex (dont beaucoup ont malheureusement disparu…). Mais il est possible de consulter en ligne le Codex Atlanticus (en italien et en anglais). Un de ses plus grands fans était sûrement François 1er, roi de France, qui a déclaré : « Il n’y a jamais eu un autre homme né au monde qui en savait autant que Léonard. ».

Deux citations magnifiques de Léonard de Vinci. « J’ai l’intention de laisser un souvenir impérissable dans la mémoire des mortels. » (c’est fait !). « Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail. » (c’est parfait !).

Pour tout savoir sur Léonard de Vinci, son œuvre, sa mort en France (c’est pourquoi la Joconde, héritée par François 1er, est en France), visitez Beaux-Arts Léonard de Vinci (le cahier hors-série sur l’exposition est aussi visible sur Calaméo) et Le Louvre.

Le ballet des retardataires de Maïa Aboueleze

Le ballet des retardataires : Tokyo, tambours et tremblements de Maïa Aboueleze.

Intervalles, septembre 2019, 160 pages, 16 €, ISBN 978-02-36956-082-1.

Genres : littérature française, premier roman.

Maïa Aboueleze naît en 1981 à Alençon (Normandie). Ses passe-temps : la lecture dès l’enfance et la danse à l’adolescence. Elle étudie la danse à Caen et à Angers puis le théâtre et le taïko à Paris. Elle est « une des rares Européennes à avoir pénétré le monde ultra fermé et traditionnel du taïko au Japon, et la première à avoir séjourné dans l’école la plus secrète de Tokyo. » (source : éditeur).

La narratrice, 30 ans, part au Japon pour intégrer « la plus prestigieuse école de tambours japonais de Tokyo, Kamizawa Taïko. » (p. 8). Ce témoignage est unique avec de belles phrases telles que « Les baguettes, lourdes et larges, s’abattent sur la peau de l’instrument. Rien n’est maîtrisé, ni les vibrations ni les hurlements du bois ni les baguettes elles-mêmes qui semblent avoir leur vie propre, puis un jour elles obéissent et le bruit devient son, le son devient musique et le taïko, animal sauvage, effrayant, fascinant, fait alliance avec le joueur et laisse entendre les soubresauts de la terre. » (p. 12).

Le taïko ne m’est pas inconnu puisque j’ai assisté à un concert à Ôsaka et j’avais été très impressionnée par la taille des tambours, par leur son et par le fait que deux femmes (plus petites que les tambours) jouaient. Mais c’est vrai que je n’y connaissais pas grand-chose… Le rythme est éprouvant, les douleurs physiques et les brimades constantes…

Mais ce témoignage (c’est plus un récit autobiographique qu’un roman) ne m’a pas réellement convaincue… Pourtant que de souvenirs, Tokyo, les corbeaux, le parc Ueno, les lutteurs de sumo, le thé… et les problèmes pour communiquer en anglais (pourtant tous les Japonais apprennent l’anglais).

Et il y a quelque humour. « Donc je risque de mourir à cause d’un incendie, d’un typhon, d’un tremblement de terre, d’un tsunami ou d’une éruption volcanique. » (p. 110).

Si vous êtes curieux ou si vous voulez découvrir le monde fermé du taïko, ce petit livre est peut-être pour vous.

 Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 14.