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Projet 52-2022 #29

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Vingt-neuvième semaine pour le Projet 52-2022 de Ma avec le thème en vrac.

Ces pierres et ces objets ont-ils été déposés en vrac ?

Ou alors est-ce de l’art en vrac ?

Je vous laisse décider et je vous souhaite un bon week-end ensoleillé (encore bonnes vacances aux juillettistes !) et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort

Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort.

Futuropolis, octobre 2015, 184 pages, 24 €, ISBN 978-2-75481-199-6. Quaderni Giapponesi vol.1 – Un viaggio nell’impero dei segni est traduit de l’italien par Laurent Lombard.

Genres : bande dessinée italienne, récit de voyage.

Igort, de son vrai nom Igor Tuveri, naît le 26 septembre 1958 à Cagliari en Sardaigne. Il est auteur de bandes dessinées, éditeur (Coconino Press de 2000 à 2017) et réalisateur. Il commence sa carrière en 1980 et publie dans des revues italiennes (Il Pinguino, Frigidaire, Linus, Alter) puis françaises (Métal Hurlant, L’Écho des Savanes). De nombreuses bandes dessinées paraissent chez Futuropolis, Albin Michel, Les Humanoïdes Associés, Casterman, Vertige Graphic… Plus d’infos sur son site officiel. Il y a plus de 10 ans, j’avais lu Les cahiers ukrainiens mais je n’avais pas relu cet auteur depuis (mais pourquoi donc ?).

Inspiré par les maîtres des estampes (Hiroshige, Hokusai, Sharaku, Utamaro), par l’ère Showa, « Showa-jidai, qui signifie littéralement ‘période de paix éclairée’. » (p. 16) et passionné de dessin, le jeune Igor rêve du Japon depuis l’adolescence et dessine des histoires inspirées par L’empire des signes de Roland Barthès, par les cartes de stratégies obliques créées par le chanteur Brian Eno, « Sur chaque carte, il y avait des suggestions abstraites » (p. 21) et par les préceptes d’Ekiken, un « médecin samouraï du XVIIe siècle » (p. 23) aussi un grand botaniste. Avec « Daniele Brolli, un ami écrivain et dessinateur de BD » (p. 22), il réalise sa première bande dessinée, Goodbye Baobab (qui se déroule au Japon).

Donc, lorsqu’Igort se rend au Japon pour la première fois au printemps 1991, ça fait plus de 10 ans qu’il en rêve. En 1994, il habite dans un joli quartier ancien de Tôkyô, Bunkyo-ku, « fait de petites constructions et peuplé de temples et de sanctuaires. » (p. 10) et il a un contrat avec Kôdansha (son manga Yuri aura un immense succès non seulement auprès des enfants mais aussi des adultes).

J’ai beaucoup aimé la façon respectueuse avec laquelle Igort raconte sa vie à Tôkyô, sa découverte des codes, son amour des jardins et des temples, sa découverte du monde du manga et du gekiga, sa rencontre avec Jirô Taniguchi (m’a émue), leurs échanges sur le monde du travail différent au Japon et en Europe et leur amitié, sa rencontre avec Masashi Tanaka (Gon, excellent manga sans texte), ses relations avec son éditeur, Tsutsumi Yasumitsu, « Avec lui, j’ai appris énormément de choses sur mon monde à moi, sur ce que je cherchais, sur ce qu’étaient les thèmes de mon travail de conteur. » (p. 44), sa passion pour le cinéma de série B (les « films de yakusas, de samouraïs ou des films érotiques appelés ‘pinku eiga’ », p. 52) en particulier ceux de Seijun Suzuki (révéré par Kitano et Tarantino), sa passion pour le monde du sumô (que j’ai vécue moi aussi), sa découverte des auteurs japonais (Natsume Sôseki, Junichiro Tanizaki, Kafu Nagai…) et de la musique underground japonaise dans les quartiers modernes (Akasaka, Roppongi…).

Toute une nostalgie qui s’installe à la lecture de cette très belle bande dessinée richement illustrée (quelques photos anciennes) et sérieusement documentée… « Je vis le présent au Japon comme un voile léger qui laisse transparaître le passé. » (p. 113). Peut-être à découvrir, si c’est possible, Momotarô-Umi no Shinpei de Mitsuyo Seo, film d’animation, une « perle qui a saisi aux larmes Osamu Tezuka alors âgé de 16 ans » (p. 129) et Norakuro de Suihô Tagawa, manga en 10 volumes, « Même Osamu Tezuka, futur père d’Astro le petit robot, aimait cette BD joyeuse et la considérait parmi ses plus fortes influences. » (p. 131). Une photo impressionnante (p. 136-137), des enfants (9-12 ans environ) armés qui partent à la guerre… « Il y a quelque chose d’éperdument tragique et d’essentiellement japonais dans tout ça : le sourire amer caressé par un chrysanthème. » (p. 135). Je n’en ai pas parlé mais Igort a beaucoup parlé du chrysanthème, de son origine, de sa signification précédemment (p. 68-71).

D’autres expériences d’Igort m’ont émue comme la statue du chien Hachikô à la gare de Shibuya (illustration p. 139), le film d’animation Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata, « magie invisible des grandes œuvres » (p. 140), je dois dire que je suis en larmes chaque fois que je vois ce film, sa visite du musée Ghibli où il n’a pas rencontré Isao Takahata mais Hayao Miyazaki, « Miyazaki était gentil. Il parlait du ton calme de celui qui sait faire la part des choses. » (p. 142), des années plus tard, ce n’est pas Hayao Miyazaki que j’ai rencontré mais son fils Gorô Miyazaki (l’échange a été rapide mais j’en garde un extraordinaire souvenir). Igort dit « Ça a été un des après-midi les plus légers et les plus profonds de ma vie. » (p. 144), eh bien suite à ma visite du Musée Ghibli à Mitaka en juin 2003 et à ma rencontre non seulement avec Gorô Miyazaki mais aussi les personnages que j’aime, je peux dire la même chose (et j’ai pleuré en voyant le robot géant du Château dans le ciel avec le petit oiseau sur son épaule).

Oh, une petite erreur page 144, durant son échange avec Miyazaki, « Il m’a parlé de l’époque où il a travaillait au manga ‘Nausicaa’ […] », alors « où il a travaillé » ou « où il travaillait » ? Je pencherais pour la 2e réponse vu que les verbes suivants sont « qu’il y avait consacrés […] lui paraissait […]. ».

Mon passage préféré. « Kurihara-san, le grand chef de la septième division éditoriale de Kodansha, m’a dit un jour que le Japon c’était comme un écrin, et que ceux qui voulaient s’en approcher devaient avoir les clés de cet écrin pour pouvoir profiter des trésors conservés en son sein. Moi, ça fait plus de 20 ans que je l’ai approché, ce lieu de l’âme, et que je le fréquente assidûment. Ce qui n’empêche pas que son mystère se renouvelle continuellement. » (p. 149).

Ce premier tome est une très belle lecture, riche, émouvante, qui me rappelle des souvenirs non seulement de mes voyages au Japon mais aussi de mes découvertes de la culture japonaise (littérature, cinéma, animation, manga, arts, musique, thé…), le Japon me manque tellement que parfois je l’occulte pour ne pas trop souffrir de ce manque (pendant quelque temps, je ne lis pas de romans ou de mangas japonais, je ne regarde pas de films ou de séries japonais…) mais instinctivement, je ne peux m’empêcher d’y revenir, c’est vital ! C’est pourquoi, dès que possible, je lirai les deux autres tomes des Cahiers japonais d’Igort, le tome 2 : Le vagabond du manga paru en juin 2018 et le tome 3 : Moga, mobo, monstres paru en septembre 2021.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 11, une bande dessinée ou un roman graphique, 4e billet), Hanami Book Challenge (menu 2, passé, présent et futur du Japon, sous-menu 1, au temps des samouraïs, mais Tokyo capitale et L’individu dans la société sont également abordés), Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Cahiers, enfin cette catégorie est honorée !), Un mois au Japon (qui continue en mai) et Une semaine en Italie (l’auteur est Italien).

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Le jeudi, c’est musée/expo #33 – Coink, en avant la musique !

Je voulais absolument vous montrer cette expo Coink, en avant la musique ! de Lionel Le Néouanic (visible en février-mars 2022), mes photos ci-dessous.

Coink, en avant la musique ! paru au Rouergue en octobre 2017, 144 pages, 19 €, ISBN 978-2-8126-1481-1.

Genres : littérature jeunesse, album illustré, beau livre, Art.

Lionel Le Néouanic naît en 1964 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Il est auteur et illustrateur de livres jeunesse et aussi artiste (plasticien, graphiste, musicien). Il vit dans la Drôme.

J’aime sa façon d’utiliser toutes sortes de matériaux (pâte à modeler, ficelles, bois, pierre, papiers, métaux même rouillés, etc.) pour en faire de l’art, de beaux objets. Et vous ?

Plus d’infos sur son site officiel sur lequel vous pouvez découvrir ses livres publiés, sur sa page FB et vous pouvez voir plusieurs vidéos sur internet.

Coink, en avant la musique !, c’est donc un livre mais aussi des objets d’art, une expo, le thème de la musique donc je mets tout ça dans les challenges Adaptations littéraires, Jeunesse young adult #11 et Petit Bac 2022 (catégorie Art pour Musique).

Le jeudi, c’est musée/expo #30 + Défi du 20 janvier 2022

Après une première année de l’atelier d’écriture Le défi du 20 en 2021, je continue avec les nouvelles consignes et le nouveau joli logo coloré (créé par Soène) chez Passiflore, où vous pouvez consulter toutes les infos.

En janvier, l’objectif est d’écrire un texte (ou de publier une photo) sur 1 peintre. Je vais faire les deux et vous parler de Kandinsky (dont j’ai déjà parlé ici, ici, ici, ici, ici et surtout ici), c’est pourquoi je couple cet atelier d’écriture à ma rubrique « Le jeudi, c’est musée/expo ».

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Kandinsky est un peintre russe né un siècle avant moi et, comme moi, il aime les couleurs.

La première photo montre Noir-Rouge, juin 1934 (aquarelle sur papier, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris).

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La deuxième, Mouvement I, 1935 (huile sur toiles, Galerie nationale Tretiakov, Moscou), la création d’un monde… cosmique.

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La troisième, Entassement réglé, 1938 (huile et ripolin sur toile, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris).

La quatrième, Bleu de ciel, mars 1940 (huile sur toile, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris).

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J’espère que vous aimez ! Ayant abandonné l’art figuratif, Kandinsky est considéré comme le ‘père’ de l’art abstrait de l’époque moderne. Il voulait mettre du spirituel dans ses œuvres. Qu’en pensez-vous ?

Les autres billets à consulter chez Passiflore et rendez-vous le 20 février avec le thème 2 poètes (ci-dessous, le tableau des thèmes pour l’année).

La fugue de Pascal Blanchet

La fugue de Pascal Blanchet.

La Pastèque, septembre 2005, 136 pages, 21,40 €, ISBN 978-2-922585-30-8.

Genre : bande dessinée québécoise.

Pascal Blanchet naît en 1980 à Trois-Rivières au Québec. La fugue est sa première bande dessinée. Suivent Rapide-Blanc (2006), Bologne (2007) et Nocturne (2011) ainsi que deux albums illustrés, Le Noël de Marguerite (2013) et En voiture ! L’Amérique en chemin de fer (2016), tous édités par La Pastèque (excellente maison d’éditions québécoise).

1946, le jazz bat son plein, la guerre est finie, la jeunesse est heureuse. Un musicien et une jeune femme se rencontrent, se marient, ont un fils mais la vie n’est pas tendre…

La fugue est une bande dessinée atypique : il n’y a pratiquement pas de textes (quelques pancartes et panneaux) et chaque planche (pleine page) est réalisée comme une affiche. C’est magnifique !

La fugue, c’est l’histoire d’une vie, une histoire d’amour, de deuil sur fond musical, et une histoire de fin de vie. Pascal Blanchet offre un très bel hommage à ses grands-parents et à ses parents.

C’est beau, c’est inspiré, c’est un peu triste aussi, mais c’est la vie.

Elles avaient lu et apprécié cette BD : Karine, Mo, d’ailleurs c’est chez elles que je l’avais repérée et je vous la conseille vivement !

Parfaite pour Un mois au Québec organisé par Karine justement. Et aussi pour La BD de la semaine et Des histoires et des bulles (catégorie 23, une BD en rapport avec la musique).

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Projet 52-2021 #42

Quarante-deuxième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème monochrome. J’ai tout de suite pensé à un tableau qui serait d’une seule couleur mais je ne voulais pas être hors-sujet alors j’ai vérifié. Monochrome signifie bien « qui est d’une seule couleur » (du grec mono = seul et chroma = couleur). En peinture, un tableau monochrome est donc un tableau d’une seule couleur (contrairement à une œuvre polychrome qui contient plusieurs couleurs). Parfait ! Mais attention, cela ne veut pas dire que la couleur du tableau est uniforme, la couleur peut être la même mais de différents tons. Voici donc Brun de Kandinsky (avril 1934, aquarelle et encre de Chine sur papier). J’espère que ce tableau vous plaît. Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

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Projet 52-2021 #39

Trente-neuvième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème métallique. Pas mal de choses peuvent être métallique mais j’aime les œuvres d’art en métal donc je vous emmène au Japon. Cette œuvre se situe dans le quartier de Shinjuku à Tôkyô. Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Le peintre hors-la-loi de Frantz Duchazeau

Le peintre hors-la-loi de Frantz Duchazeau.

Casterman, mars 2021, 96 pages, 20 €, ISBN 978-2-20320-277-1..

Genres : bande dessinée française, Histoire.

Frantz Duchazeau, de son vrai nom Frantz Duchazeaubeneix, naît le 11 octobre 1971 à Angoulême. Il vit à Paris où il est dessinateur et scénariste de bandes dessinées et travaille aussi pour des journaux (Capsule Cosmique, Journal de Mickey, Spirou).

Le peintre hors-la-loi de Duchazeau et Drac chez Casterman (1ère planche)

Drac, de son vrai nom Pascale Wallet, naît le 1er mai 1978. Elle est coloriste et illustratrice de bandes dessinées. Fin des années 90, elle participe à la création de l’association (et du fanzine) Nekomix. Plus d’infos sur son site officiel.

Je remercie Lecteurs.com de m’avoir envoyé cette bande dessinée.

La grande Histoire. Paris, 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sous les acclamations du peuple. Enfin, pas de tout le peuple, les révolutionnaires tuant et pillant, beaucoup sont mécontents. « Ces révolutionnaires sont des assassins ! Ils affament le peuple ! » (p. 30).

La petite histoire. Contrairement à « Prieur, Desfontaines, Girardet, Fragonard » (p. 12), Lazare Bruandet dessine et peint « pour le plaisir de l’instant » (p. 12) et n’aspire pas à la postérité. Après avoir bien bu, il tue son épouse par accident, s’enfuit et se réfugie dans une abbaye. « Je n’ai pas voulu la tuer. Adieu l’ami. » (p. 19), dit-il à son ami dessinateur Jean Duplessis-Bertaux. Bruandet a un étrange physique, il est hanté par un événement de son enfance, il devient le peintre hors-la-loi. Un jour, il rencontre Hollandine qui lave le linge à la rivière ; son père est aubergiste.

« Ces révolutionnaires sont des assassins, des pilleurs, des violeurs, des incendiaires ! » (p. 31) et les frères de la Cour-Dieu ont été brûlés et pendus… Alors les frères de l’abbaye dans laquelle Bruandet s’est réfugié lui demande de l’aide. « Vous êtes armé. Apprenez-nous à nous servir d’une arme. Nous vous demandons protection. » (p. 40).

Et, après tous ces événements odieux, il est en colère. « Hahahaha ! La populace des faubourgs et tout ce que Paris peut fournir de coupe-jarrets sont venus conquérir le titre de héros. En pillant et dévastant le château des Tuileries… Massacrant la poignée de Suisses qui le défendaient, égorgeant sans pitié… Glup… égorgeant jusque dans les caves et les cuisines les gens de services, les hommes de peine, les marmitons, les laveuses de vaisselle, ils s’étaient réfugiés là, tout tremblants. Tous exécutés !! » (p. 67). Cette révolution fut affreuse, surtout durant la Terreur, et personne n’a pu y échapper… et, au milieu de toute cette violence, l’Art, le beau, la forêt, la Nature.

J’ai eu l’impression que les personnages étaient petits, peut-être pour montrer la grandeur des paysages et de la nature. Parce qu’en plus, le comportement de la majorité des gens est vraiment petit, très petit… Les dessins sont un peu spéciaux, anguleux, je dirais, mais j’ai aimé et je vous conseille vivement cette bande dessinée historique et artistique.

En tout cas, Lazare Bruandet n’est pas un personnage de fiction ! Il est né le 3 juillet 1755 à Paris. Il était peintre et graveur. Grâce à lui, la peinture de paysage a évolué par rapport au cadre institutionnel. Il a étudié avec le peintre de lavis Jean-Philippe Sarrazin puis avec le maître allemand Rœser qui l’inclina vers la tradition du paysage réaliste nordique. Dans la bande dessinée, on le voit vivre isolé de tout, eh bien il a effectivement vécu dans la forêt de Fontainebleau, caché dans les ruines de l’ancien prieuré Notre-Dame de Franchard. La petite histoire rejoint donc la grande Histoire. Il meurt le 26 mars 1804 à Paris.

Une chouette lecture pour La BD de la semaine que je mets aussi dans BD, Des histoires et des bulles (catégorie 15, une BD autour d’un artiste, celui-ci est peintre) et Les textes courts.

Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Quand nous nous réveillerons d’entre les morts de Henrik Ibsen

Quand nous nous réveillerons d’entre les morts de Henrik Ibsen.

Actes Sud-Papiers, janvier 2005, 80 pages, 13,20 €, ISBN 978-2-7427-5285-0. Når vi døde vågner (1899) est traduit du norvégien par Eloi Recoing.

Genres : théâtre norvégien, classique.

Henrik Ibsen naît le 20 mars 1828 à Skien (Norvège). Ruiné par ses affaires et de mauvaises spéculations, le père Ibsen devient alcoolique et la mère se réfugie dans la religion. Le jeune Henrik est apprenti en pharmacie et fait des études de médecine mais devient finalement dramaturge et directeur artistique du théâtre de Bergen puis du théâtre de Christiana (Oslo). Puis il s’intéresse au socialisme, au syndicalisme et voyage en Europe, Copenhague (Danemark), Rome (Italie), Dresde puis Munich (Allemagne) où il écrit plusieurs pièces. Il est considéré comme un auteur libéral et réaliste. Il meurt le 23 mai 1906 à Christiania (Oslo, Norvège).

Je ne comprends absolument pas le norvégien mais le titre original ouvrirait sur une « équivoque temporelle ouvrant à la fois sur le passé, le présent et le futur. » (note liminaire, p. 5).

L’acte I se déroule dans une station balnéaire avec le maître sculpteur Arnold Rubek, son épouse Maja et l’inspecteur des bains.

Matin d’été dans le nord de la Norvège, vue sur le fjord. Le couple Rubek a pris son petit-déjeuner et boit du Champagne (lui) et de l’eau de Seltz (elle) en lisant chacun son journal mais quel silence… et quel ennui ! Car, depuis que Rubek a fini son chef-d’œuvre, Le Jour de la Résurrection, il tourne comme un lion en cage, ne trouve « aucun repos nulle part » (p. 13) et est « devenu proprement un sauvage pour finir » (p. 13). Mais le hoberau Ulfheim, chasseur d’ours, leur propose de l’accompagner à la montagne plutôt que de faire du cabotage. « Non, venez plutôt avec moi dans la montagne. Là-haut, pas de présence humaine, pas de souillure humaine. » (p. 24). Rubek a un échange avec une cliente de l’hôtel qu’il a connue par le passé, Irène, qui l’appelle Arnold.

Les actes II et III se déroulent près d’un sanatorium en montagne avec les mêmes (sauf l’inspecteur des bains).

Le couple Rubek est au bord d’un lac de montagne. Maja va partir à la chasse avec le hobereau Ulfheim, son serviteur Lars (le valet de chasse) et les deux chiens. Mais, avant, elle a une discussion avec son époux. « […] tu es laid, Rubek. » (p. 38), « Peu à peu t’es venue cette méchanceté dans le regard. » (p. 39). En fait Maja fait une crise de jalousie à cause d’Irène. « Tu es bien difficile à satisfaire, Maja ! Bien difficile ! » (p. 44). Quant à Rubek, il est prêt à la séparation d’avec Maja puisqu’il a retrouvé Irène et il n’y a qu’elle qui peut lui redonner l’inspiration, du moins le pense-t-il. « Tu as la clef ! Tu es la seule à l’avoir ! (Suppliant). Aide-moi – à revenir à la vie ! » (p. 59).

Vous le voyez le tiret dans l’extrait ci-dessus ? Henrik Ibsen en utilise de nombreux pour marquer l’hésitation ou l’interruption. D’autant plus qu’Irène n’est pas sur la même longueur d’ondes que Rubek. « (impassible, comme avant). Rêves creux – inutiles – rêves morts. Notre vie commune ne connaîtra pas de résurrection. » (p. 59). Mais aussi bien Maja que Rubek devraient prendre garde à leur petit jeu car « au début, rien n’est dangereux. Mais, tout à coup, on arrive à un étranglement et alors, impossible d’avancer ou de reculer. » (p. 70).

Sous-titré : un épilogue dramatique en trois actes, Quand nous nous réveillerons d’entre les morts est la dernière pièce d’Ibsen. Rédigée en 1899, elle est publiée en 1900 et jouée au Hoftheater à Stuttgart (Allemagne) le 26 janvier 1900.

Rubek est un grand artiste reconnu dans le monde entier mais il a perdu de sa superbe depuis qu’il ne crée plus rien et Maja, sûrement plus jeune, s’ennuie avec lui… Chacun va se laisser tenter de son côté, Maja par l’aventure bien plus excitante que la prison dorée dans laquelle elle a l’impression de vivre, Rubek par le passé qui le rattrape mais lui échappe. L’auteur se reconnaît-il en Rubek ? Je ne sais pas. Je ne connais que trop peu l’œuvre de Henrik Ibsen pour l’affirmer ou l’infirmer. J’ai bien aimé (même si je n’ai pas grand-chose de plus à dire) et je lirai d’autres de ses pièces dans le futur (si vous avez un titre incontournable à me conseiller !).

Pour 2021, cette année sera classique, Challenge de l’été #2 (voyage en Norvège, dans une station balnéaire puis au bord d’un lac de fjord et en montagne), Challenge lecture 2021 (catégorie 25, une pièce de théâtre, 2e billet), Challenge nordique et Les textes courts.