Une phrase, un texte #3

Une-phrase-un-texte-avec-FannyVoici la troisième édition du nouvel atelier d’écriture Une phrase, un texte de Les billets de Fanny. Cette semaine, Fanny propose les premières lignes de Les corps inutiles de Delphine Bertholon :

« Elle souriait, sifflotait même, peut-être – une chanson entendue à la radio juste avant de partir, de quitter la maison, heureuse de s’en aller, comme une grande : elle avait rarement le droit de sortir le soir, c’était exceptionnel. Mais il faisait jour encore, l’air était tiède et l’école finie. »

Désolée mais la semaine a été très chargée et je travaillais samedi donc je n’ai pas eu le temps d’écrire quoi que ce soit pour cet atelier d’écriture d’autant plus que la phrase ne m’inspirait pas cette fois…

Rendez-vous dimanche prochain !

Une phrase, un texte #2

Une-phrase-un-texte-avec-FannyVoici la deuxième édition du nouvel atelier d’écriture Une phrase, un texte de Les billets de Fanny. Cette semaine, Fanny propose le début de La vallée des amazones d’Angela Morelli :

« Ses yeux pétillaient derrière les verres de ses lunettes. Je m’assis immédiatement et dissimulai ma gêne en plongeant le nez dans mon bol de céréales. »

En me réveillant, j’avais enfilé le premier vêtement que j’avais trouvé et c’était sa chemise. Porter son odeur après cette première nuit d’amour m’avait plu. Évidemment elle était un peu courte et j’avais rougi lorsqu’il m’avait regardée si intensément. Je mettais consciencieusement les cuillères de céréales au fur et à mesure dans ma bouche et je sentais son regard encore posé sur moi. Il éclata d’un grand rire et, en levant la tête vers lui, je fis tomber du lait sur la chemise. Le fou rire me prit aussi. « Il va falloir laver tout ça ! » dit-il malicieusement. Il s’approcha, me prit dans ses bras, j’eus à peine le temps de reposer le bol sur la table, me souleva sans peine et me porta jusqu’à la salle de bain. Il me déposa en riant sous la douche et, retirant la chemise maculée de lait, ouvrit l’eau sur nos deux visages qui riaient et s’embrassaient et riaient encore de plus belle.

Bof, c’est un peu cucul la praline, non ? Bon dimanche !

Une phrase, un texte #1

Une-phrase-un-texte-avec-FannyUn nouvel atelier d’écriture chez Les billets de Fanny intitulé Une phrase, un texte. Elle l’avait proposé sur les réseaux sociaux et apparemment ça a bien accroché. Chaque semaine, Fanny proposera donc une phrase d’un livre (plus ou moins connu) : il faudra écrire sa propre histoire avec cette phrase et la publier le dimanche matin à 9 heures. Je veux bien tenter !

Pour la première session, c’est le début du prologue de Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong :

« Elle se retourne, sourit, inspire avec lenteur pour souligner l’importance de l’entreprise. Se remet en position, tête inclinée. Prête à partir. Et puis non. »

À quoi bon le retenir ? À quoi bon lui courir après ? Un de perdu… dix de retrouvés comme dit le dicton ! Elle réfléchirait plus tard à son attitude… Lui pardonnera-t-elle ou pas ? En attendant, elle soupire, croque dans la tablette de chocolat et s’apprête à passer une excellente journée avec un bon roman !

Voilà, je n’avais pas trop le temps… Et en plus je suis en retard… Alors j’ai préféré écrire un petit texte en contre-pied de la Saint-Valentin. 😛 Cette histoire m’a été inspirée par l’illustration (ci-dessous) publiée par Belfond sur FB.

Saint-Valentin2016

Les Plumes d’Asphodèle – manque

PlumesAsphodèleAsphodèle est de retour et Les Plumes qui avaient tant manqué aux participants reviennent ! La collecte [lien] s’est donc organisée sur le thème du manque le lundi 19 octobre et voici les mots récoltés [lien] : frissonner, vide, humeur, plume, embellir, enfin, sommeil, drogué, impasse, poésie, torture, plénitude, trop-plein, youpi, énergie, absence, temps, dénuement, bol, idée, déchirement, bus, besoin, rationner, abandonné. Comme je suis mauvaise élève, j’ai complètement zappé le jour de parution (le samedi 24 octobre) car je n’avais rien écrit, c’est pourquoi je publie mon texte avec une semaine et un jour de retard 😛 et je précise que je n’ai lu aucun texte des participants donc je n’ai subi aucune influence. Asphodèle dit que, puisqu’il y a 25 mots, on peut en retirer 2 mais j’ai finalement tout utilisé (dans un texte de 394 mots).

Je frissonne, je manque d’énergie, je me sens vide, j’ai sommeil pourtant je dors trop, je suis drogué de médicaments et je suis rationné pour tout, pas de tabac, pas d’alcool, pas de drogues (à part ces fichus traitements bien sûr), fini les bonnes choses de la vie. Vous n’avez pas idée comme cette fièvre est une véritable torture ! Je suis abandonné à mon triste sort, dans le dénuement le plus total : seul un bol d’eau accompagne mes journées et les visites d’une affreuse infirmière, pas tendre et toujours de mauvaise humeur… Ma vie est dans une impasse et la plénitude est loin derrière moi, ah… les jours heureux, durant lesquels je passais mon temps dans la jungle à installer des trop-pleins aux réservoirs pour que l’eau soit acheminée par bus brinquebalants dans les villages qui en avaient besoin pour vivre. C’est dans cette jungle que j’ai attrapé les fièvres et je ne regrette rien mais tout en moi est déchirement, mon corps est déchirement (j’ai tellement maigri qu’il ressemble à une liane), mon âme est déchirement d’avoir dû quitter ce pays que j’aime tant pour venir mourir dans ce pays froid, bétonné, tellement sale et hideux. Ils disent « c’est pour vous soigner, monsieur » mais je sais que je Testamentn’y retournerai pas, jamais… Et si je prends la plume aujourd’hui, ne croyez pas que ça va embellir ma journée, que je vais écrire de la poésie, pas du tout, à moins que je n’écrive mon testament en alexandrins, pourquoi pas, est-ce que ça fera rire le notaire, mes héritiers ? Youpi ! Mais je déraille, la fièvre me reprend et je sais qu’ils ne riront pas, mais pour une autre raison, mon absence ne les a pas marqués, ils ne se sont jamais intéressés à moi, à mes voyages, à ma passion pour les habitants et les animaux de « ce coin perdu où il dilapide son argent » disaient-ils tous. Eh bien, ils vont s’en mordre les doigts, mon argent, je ne l’ai pas dilapidé, je l’ai utilisé pour une juste cause et ici, dans ce pays qui m’a vu naître, il ne reste rien, aucun bien, aucune monnaie sonnante et trébuchante, ils n’auront rien, rien du tout, ces empêcheurs de tourner en rond, ces vauriens, ces mécréants, ah… je souffre, ah… je pars, enfin je meurs en paix.

Euh, pas trop plombant ? Bon weekend quand même !

Les Plumes d’Asphodèle – craquer

PlumesAsphodèleLes Plumes, c’est l’atelier d’écriture d’Asphodèle, du blog Les lectures d’Asphodèle. Un atelier sous forme de jeu dans lequel il faut écrire un petit texte (700 mots maximum) avec un thème. Depuis mars, nouvelles Plumes, nouveau logo (très beau, n’est-ce pas ?) et quelques modifications dans le règlement [lien].

Cette semaine, Asphodèle nous propose le thème craquer [lien] et les mots récoltés sont [lien] : feu, chocolat, pelote, courage, croquer, branche, pleurer, folie, logiciel, admiration, couture, s’évader, play-boy (ou playboy), abeille, clope, plaisir, raquer, tunes (ou thunes), caramel, articulations, céder, raccommoder, vernis, allumette, amour, courses (dans le sens de shopping), tonnerre.

HoneybeeCe logiciel m’avait mis les nerfs en pelote, j’avais les articulations toutes raides, il fallait que je sorte, que je m’évade, sinon j’allais sombrer dans la folie. Je me ruai dans la cuisine et ouvrit en grand les portes du placard, plus de chocolat au caramel, plus de chocolat à croquer du tout d’ailleurs. Je fus sur le point de pleurer et je n’avais pas le courage d’aller aux courses. Pourtant il le fallait bien, je n’avais plus de café, plus d’allumettes et j’avais fait tomber la bouteille de vernis à ongles. Mais j’allais encore devoir raquer et je n’avais plus de tunes, comme d’habitude. Avant de sortir de la cuisine, j’entendis une abeille qui se cognait contre la vitre, j’ai de l’admiration pour ces insectes, ils sont beaux et ils font du miel, je lui ouvris pour qu’elle recouvre sa liberté et je me pris une rafale de vent en pleine tronche. Au loin retentit un coup de tonnerre, les nuages allaient céder sous peu et il pleuvrait des trombes, il fallait que je m’active avant le déluge. Je descendis les escaliers en trombe, sortis par la porte de derrière et une branche s’éclata sur mon front, ‘tain, ils l’ont toujours pas coupée ? Je vais y foutre le feu, moi, à cette saloperie de branche ! Pour me détendre, j’allumai une clope, c’était mon p’tit plaisir, je ne fumais jamais devant l’ordinateur, dans ma chambre. Je pris mon temps et, quand la cigarette fut terminée, je jetai le mégot dans le caniveau et commençai à courir. Avant de traverser la rue, je matai le play-boy sur l’affiche, beau sous toutes les coutures, pas le genre de gars à qui je risque de plaire ! De toute façon, je n’attends plus rien de l’amour, j’ai déjà donné, j’ai déjà été raccommodée plusieurs fois et… J’entrai dans le magasin en vitesse, « ‘jour », le caissier me fit un clin d’œil, l’était mignon aussi, tiens, celui-là, je répondis à son sourire et m’engouffrai dans le premier rayon.

J’espère que mon texte vous plaît ; il contient 337 mots donc je suis dans les cordes. Évidemment, je le publie en retard vu que j’ai oublié de l’écrire jeudi et que j’ai travaillé vendredi. L’image qui illustre le texte (source photo : Ken Thomas) vous donne un indice sur le mot que j’avais choisi durant la récolte. Je vous souhaite un bon weekend.