Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi

Magus of the Library de Mitsu Izumi.

Ki-oon, collection Kizuna, 7,90 € chaque tome. 圕の大魔術師 (Toshokan no Daimajutsushi) est traduit du japonais par Géraldine Oudin.

Genres : manga, seinen, fantastique, fantasy.

Mitsu Izumi naît le 7 février 1989 à Kanagawa au Japon. Elle est mangaka depuis 2011 et travaille principalement pour Kôdansha et Shûeisha. Ses autres titres sont Ano Hana et 7th Garden. Plus d’infos sur son Twitter.

Tome 1 = Ki-oon, mars 2019, 242 pages, ISBN 979-10-327-0467-7.

« Protéger les livres… c’est tout simplement… protéger le monde ! ». Shio est différent des autres habitants du village d’Amun. Il a les yeux verts, des cheveux aux reflets dorés, des oreilles longues et pointues ce qui lui vaut le surnom Oreilles pointues. Il vit dans la montagne avec sa sœur aînée, Tifa, qui se tue à la tâche mais ils sont très pauvres. Le garçon adore lire mais le bibliothécaire le considère comme un potentiel voleur et le met dehors à chaque fois qu’il le voit… Ses rêves, rencontrer un héros qui l’emmènerait dans ses aventures comme Shagrazat le pirate ou vivre à Afshak la capitale des livres où officient les kahunas, les « spécialistes du savoir ». J’aime beaucoup son meilleur ami, Kukuo, un genre de mini lion licorne.

Ce premier tome est la promesse d’une belle aventure mais surtout une ode aux livres et à la lecture. « Un nouveau livre, c’est une porte sur l’inconnu. » et « Les récits ont parfois un grand impact sur la vie de leurs lecteurs… c’est un pouvoir extraordinaire ! ».

Tome 2 = Ki-oon, juin 2019, 256 pages, ISBN 979-10-327-0468-4.

On en apprend un peu plus sur Shio Fumis, c’est un sang mêlé, il parle parfaitement le lakota et le huron… « Quand un nouveau monde s’ouvre à toi… Ce serait dommage de s’en éloigner par ignorance. » En aidant Chaku, il emmène la fillette vers la lecture et la tolérance. Ce deuxième tome est le voyage de Shio entre Amun et Afshak. C’est un grand plaisir de voir les files d’attente devant les librairies d’Itsamunah. « Les enfants qui lisent beaucoup n’ont pas peur de la différence. » D’ailleurs, sang mêlé se prononce comme fraternité pour les kahunas.

Après ce long périple parsemé d’embûches, c’est le moment de l’examen pour devenir apprenti à la bibliothèque d’Afshak. « Les candidats doivent démontrer leur maîtrise du vocabulaire spécifique à chaque domaine. Et, dans cette première épreuve, leur capacité à traiter un volume record d’informations en un temps très limité. Pour réussir, ils doivent rester concentrés pendant trois jours. C’est à eux de choisir une stratégie pour y parvenir. »

Tome 3 = Ki-oon, octobre 2019, 304 pages, ISBN 979-10-327-0493-6.

Sur le continent Atolatonan, une guerre ethnique a eu lieu il y a moins de cent ans et les problèmes sont encore visibles entre les différents peuples. De son côté Shio continue le concours. « Rien n’est encore joué !! Renoncer maintenant… ce serait trahir toutes les personnes qui m’ont soutenu jusqu’à présent !! La solution à un problème est toujours à portée de main… ».

J’ai bien aimé la vieille toute marrante, mais c’est un tome plus épais, sombre et intense. Un huis-clos dans la bibliothèque d’Afshak, Shio et les autres candidats étant sous une forte pression. C’est que, chaque année, plus de huit cents candidats se présentent et seulement les meilleurs deviennent apprentis.

Tome 4 = Ki-oon, novembre 2020, 232 pages, ISBN 979-10-327-0660-2.

Apprenti ! « La bibliothèque centrale d’Afshak est le quartier général des livres… Un millier de kahunas et près de quatre cents kohkuas (assistants des kahunas) s’y affairent. Pendant un an, les lauréats du concours vont apprendre leur futur métier avant de devenir kahunas à part entière. « Nous n’avons qu’une seule et unique mission… Non pas en tant que dirigeants mais en temps que protecteurs… C’est de veiller sur les livres… et rien d’autre ! »

Quelle belle série ! Les dessins sont grandioses et l’histoire superbe. Je vais attendre la suite avec impatience ! Grâce à son amour de la lecture et à son travail acharné pour l’examen, Shio va pouvoir accéder à son rêve de toujours et il va découvrir l’humour, l’amitié, la solidarité et des peuples différents mais aussi un ennemi…

Au Japon, la série est pré-publiée dans le mensuel Good! Afternoon (dès novembre 2017) puis éditée en volume par Kôdansha (dès avril 2018). Le 4e tome est paru en juin 2020 et, depuis, les fans sont dans l’attente de la suite. J’avais oublié de dire que j’ai repéré cette série chez Karine qui m’a donné très envie de la lire 😉

Lu durant le Read-a-thon du challenge Un mois au Japon, je mets cette lecture également dans La BD de la semaine et les challenges BD et Des histoires et des bulles (catégorie 26, une série) mais aussi dans Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Moka.

Le jeudi, c’est musée/expo #27

Bonjour, à l’heure où les musées sont fermés, ce n’est pas facile de voir des expositions à part celles qui sont en ligne. Mais, jeudi dernier, je suis enfin allée à la nouvelle médiathèque de Valence et, même si j’ai été déçue car le roman que j’avais réservé et qui devait être disponible pour moi n’était pas là, j’ai été ravie de voir enfin les lieux et l’exposition. Je vous montre quelques photos et je vous donne quelques infos. La médiathèque, c’est Latour-Maubourg tout près du centre-ville de Valence, en face de l’université. C’est un beau site. L’exposition, c’est des structures métalliques de Georges Meurdra jusqu’au 14 mars (il était temps que je la vois !). Le site de Georges Meurdra et son blog. Sous mes photos, une vidéo.

Exposition Georges Meurdra à Latourg-Maubourg

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Projet 52-2020 #21

Vingt-et-unième semaine pour le Projet 52-2020 de Ma avec le thème bibliothèque. Facile, je travaille dans une bibliothèque ! Sauf que je n’y ai pas mis les pieds depuis le 17 mars au matin et que je suis encore confinée (à titre préventif) jusqu’au 2 juin… Heureusement il y a eu un événement national, comme chaque année : la nuit de la lecture le samedi 18 janvier 2020 ! 4e édition ; que nous appelons ici la nuit des médiathèques. Je vous avais déjà montré quelques photos (8, en fait) dans mon Journal de bord 1-2020 mais en voici 4 autres (j’espère qu’elles vous plaisent et vous montrent bien comme c’était un agréable moment et pour les lecteurs et pour les bibliothécaires). Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer à ce projet photographique, allez voir Ma !

Nuit des médiathèques (samedi 18 janvier 2020)

La bibliothèque enchantée de Mohammad Rabie

La bibliothèque enchantée de Mohammad Rabie.

Actes Sud, collection Sindbad, janvier 2019, 176 pages, 19 €, ISBN 978-2-330-11795-5. Kawkab’Anbar (2010) est traduit de l’arabe (Égypte) par Stéphanie Dujols.

Genres : littérature égyptienne, littérature arabe.

Mohammad Rabie naît en 1978 au Caire (Égypte). La bibliothèque enchantée a reçu en 2011 le premier prix littéraire du Sawiris Cultural Award en Égypte. Du même auteur : Year of the Dragon (2012) et Otared (2014, nommé pour le International Prize for Arabic Fiction en 2016).

Chaher est un jeune fonctionnaire du Ministère des Biens de mainmorte (*). Son supérieur le charge de faire un rapport détaillé sur une bibliothèque oubliée de (presque) tous et pas facile à trouver sans adresse précise ! « D’habiture, moi, au bureau, je ne fais rien. Je reste assis à attendre qu’on me donne une petite tâche. Cela se produit une fois par semaine. » (p. 7). C’est que cette bibliothèque doit être démolie en prévision d’une ligne de métro…

(*) Biens de mainmorte (ou waqfs) : ce sont les donations qui deviennent immobilisées, inaliénables (extrait de la note de bas de page 9).

La bibliothèque s’étend sur 5 étages ; elle aurait été fondée il y a 70 ans, dans les années 1930, par Ibrahim Asali pour son épouse bien-aimée).

« Voici un roman, puis un essai de théologie comparative, suivi d’un ouvrage d’économie. Un assemblage incohérent de sujets hétéroclites. Aucun ordre dans les rayons. » (p. 10). « Je n’ai pas encore entamé la moindre évaluation de la bibliothèque : c’est à peine si j’en ai fait le tour. Comment vais-je décrire la bâtisse et rédiger ce rapport ? Vais-je me résigner à bâcler la besogne en deux pages dans lesquelles je recommanderai d’abandonner cet établissement, ou bien m’acquitter vaillamment d’un rapport complet et détaillé ? » (p. 34). Chaher a bien du mal à commencer son rapport, aucun catalogue, aucun inventaire, aucune cote… « Il est temps que je me mette au travail ! » (p. 47).

Les chapitres alternent entre la pensée de Chaher et la pensée de Dr Sayyid, un des lecteurs de la bibliothèque. D’ailleurs, Sayyid : « Ce jeune homme s’entoure d’un mur ! Un rempart le sépare des autres. C’est un solitaire […]. Il m’intrigue drôlement. » (p. 58) et « S’agissant de ce jeune homme, je patienterai. À ce jour, je ne me suis jamais trompé sur personne. Je ne pense pas qu’il me décevra. […] Naturellement, il n’y aura personne d’autre que moi pour le guider et l’aider à découvrir l’endroit. » (p. 59).

Un article de presse parle de la bibliothèque à la fin des années 80 mais « Depuis ce temps-là, la bibliothèque a sombré dans l’oubli et l’abandon ; jusqu’au jour où on s’est mis à parler du métro. » (p. 71) et « Depuis quelque temps, ma vie est atrocement monotone. Rien de neuf, absolument rien. Toujours la même chose, la même répétition, au point que tout me semble hideux. Seul élément perturbateur : Chaher. Un garçon tout à fait mystérieux, bien que charmant. J’ai résolu de l’interroger sur la nature de ce rapport qu’il rédige. » (p. 131).

De son côté, Chaher : « Si je découvre qu’en effet l’homme a fondé cette bibliothèque dans l’idée de servir la population, je pourrais bien recommander de la laisser telle quelle, au lieu de la détruire. » (p. 72). « Cette mission me pèse, elle m’empoisonne l’existence et me fait perdre mon temps si précieux, qui profiterait bien plus à la direction générale si je restais assis à mon bureau. » (p. 94). Ah ah, la bonne blague, vu qu’il a dit au début qu’il ne faisait rien et restait assis à attendre !!!

J’ai recopié plusieurs extraits car il y a de très belles phrases dans ce roman mais c’est une petite déception pour moi… Car ça ne décolle pas… En plus, lorsqu’une décision a déjà été prise en haut-lieu, c’est que tout est déjà plié… Toutefois, le roman est intéressant dans ces questionnements sur le livre, la traduction et l’utilité d’une bibliothèque.

Une lecture de la Rentrée littéraire janvier 2019 mais il est trop tard pour comptabiliser ma note de lecture dans le challenge pourtant j’ai lu le roman dans les temps.

La cote 400 de Sophie Divry

[Article archivé]

La cote 400 est un court roman de Sophie Divry paru aux éditions Les Allusifs en octobre 2010 (65 pages, 11 €, ISBN 978-2-923682-13-6). Réédition chez 10/18 en avril 2013.

Sophie Divry a une trentaine d’années, elle vit à Lyon, et La cote 400 est son premier roman.

C’est l’histoire d’une femme plaquée par Arthur et quelque peu névrosée. Ayant raté le concours pour être professeur, elle est bibliothécaire depuis 25 ans. Elle est responsable du secteur géographie et urbanisme dont personne ne veut.

Un matin, elle trouve dans son sous-sol un lecteur endormi. Elle décide qu’il va l’aider à ranger et surtout l’écouter pendant les deux heures à passer avant l’ouverture.

« Il ne faut jamais se faire remarquer dans une bibliothèque. […] Allez, et ne vous plaignez pas : classer, ranger, ne pas déranger, moi c’est toute ma vie. » (page 12).

Elle se met en tête de lui expliquer le classement des ouvrages élaboré par Melvil Dewey alors qu’il n’avait que 21 ans, et les modifications effectuées depuis. Par exemple, dans sa bibliothèque, la cote 400 a rejoint la cote 800 et du coup n’existe plus ! La cote 400 est donc devenue « une cote vacante » ou « cote creuse » et ça, c’est l’horreur !

La bibliothèque, les livres, c’est toute sa vie : « On n’est jamais seule quand on vit parmi les livres. » (page 18) mais « les lecteurs, ça n’apporte que du désordre. » (page 20), surtout les hommes… Ils arrachent des pages, annotent, surlignent, ce qui est bien sûr interdit.

Ensuite elle parle d’un lecteur qu’elle aime bien, Martin qui vient étudier, puis elle enchaîne sur sa vision de l’Histoire, de la Révolution, de Napoléon, du peuple qui a la possibilité de lire « s’il s’en donne la peine » (page 32), de ses angoisses, de ses problèmes avec sa hiérarchie et ses collègues, de son auteur préféré Guy de Maupassant, etc.

« Si vous fréquentez quotidiennement de mauvais livres, ça ne rend pas intelligent. » (page 39).

« Pas de pitié pour les mauvais livres. Et, dans le doute, soyons méchants. Telle est ma devise. » (page 40).

Avis sur les écrivains : « Si tous les gens étaient heureux sur terre, ils n’écriraient pas autre chose que des recettes de cuisine et des cartes postales, et il n’y aurait ni livres, ni littérature, ni bibliothèques. » (page 61).

Jusqu’où la bibliothécaire va-t-elle se laisse emporter ?

Un monologue, drôle et enlevé (j’ai bien ri alors il mérite bien d’être dans le challenge Rire et humour d’Hélène).

Et c’est un premier roman ! Bravo à Sophie Divry !