L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen

L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen.

Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, octobre 2018, 30 pages, 13 €, ISBN 978-2-07509-538-9.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, album illustré.

Élise Fontenaille naît le 10 août 1960 (tiens, j’avais noté 1962 précédemment) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Elle étudie la sociologie et l’ethnologie à Bordeaux puis à Toulouse. Elle devient journaliste à Paris puis vit pendant 2 ans à Vancouver au Canada en tant qu’attachée de presse au consulat de France. Elle écrit ensuite plusieurs romans (plutôt jeunesse), reçoit plusieurs prix littéraires et travaille aussi pour des magazines d’actualités. J’ai déjà lu cette autrice avec, entre autres, L’été à Pékin.

Sandrine Thommen, née dans les Cévennes, étudie à l’École Estienne à Paris puis à l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg. Elle est illustratrice, vit à Paris et s’intéresse au Japon. Elle a plusieurs fois exposé ses œuvres (en France et au Japon). La suivre sur son Instagram et voir ses illustrations sur son site officiel et sur Etsy.com.

Résumé de l’éditeur (site et 4e de couv’) : « Il était une fois un chat extraordinaire, et ce chat, c’est moi ! Je vivais à Mossoul chez ma maîtresse, Samarkand, et je ronronnais à longueur de journée : le chat le plus heureux du monde ! Mais un jour, les hommes en noir ont envahi la ville. Nous nous sommes enfuis, nous avons traversé des frontières et moi, pour la première fois, j’ai vu la neige et la mer. Oui mais voilà : je me suis perdu ! Et bien croyez-moi ou pas : c’est très loin tout au nord que j’ai retrouvé ma famille. De l’Irak à la Norvège, ça en fait un bout de chemin, mais c’est ce qui s’est vraiment passé ! Et moi je suis toujours le chat le plus heureux du monde ! »

Habibi (un chat angora blanc) vit avec ses humaines (la mère, Samarkand, et ses quatre filles, Zora, Lamia, Fatima et Zineb) dans une magnifique maison « un vrai palais pour un chat » (p. 7) avec un magnifique jardin et de beaux arbres, le « paradis des chats » (p. 7). Parfois de jolies minettes passent et il leur offre « des criquets, bien croquants sous la dent » (p. 7). Vous imaginez donc très bien que Habibi (qui signifie ‘mon chéri’) est effectivement le plus heureux des chats !

Mais lorsque des hommes en noir arrivent en ville et interdisent aux filles d’aller à l’école (un comble, Sarmarkand était tout de même institutrice !), entre autres choses, la mère (veuve depuis 3 ans) décide de partir en pleine nuit avec ses filles, sans prévenir personne et sans rien emmener que Habibi bien sûr. Avant de partir, Samarkand caresse les arbres du jardin en pleurant, Habibi aussi, « c’est la première fois que je quittais ma maison et mon jardin : mon royaume. » (p. 8). J’ai ressenti toute la tristesse de cette situation.

Heureusement tout ce petit monde est en voiture grâce à Mushin, chauffeur et ami de la famille, et peut traverser l’Irak (une petite partie) et la Turquie sans encombres (ce qui n’est pas toujours le cas). Le groupe arrive bien sur l’île de Lesbos (Grèce) mais Habibi sort de son panier, il aimerait bien une petite souris, c’est un poisson qu’il ramène mais sa famille n’est plus là : elles sont parties grâce à une association humanitaire en demandant bien à Hannah (une des membres) de chercher Habibi et d’en prendre soin.

Sur le port, Habibi est rejeté par les autres chats, il est un étranger, il ne va pas voler leurs poissons quand même ! Il se réfugie dans la forêt… Lorsque Hannah retrouve Habibi, c’est trop tard, sa famille est déjà partie, alors elle le garde un mois (cure de sardines !) puis le confie « à son ami Thomas, un jeune médecin qui rentrait en Allemagne » (p. 21) à Berlin. Heureusement Samarkand avait déposé un message sur le site de l’association humanitaire. Direction Bergen, en Norvège, sous la neige, de nouvelles aventures pour Habibi !

Cette histoire, joliment racontée par Habibi lui-même peut sembler un conte moderne mais c’est une histoire vraie qui s’est déroulée en 2015. Habibi coule des jours heureux, câliné par ses humaines et par les clients du petit restaurant que Samarkand a ouvert. « Je dédie cette histoire au peuple irakien, à son courage formidable, en particulier aux femmes et aux enfants, et bien sûr, à mes amis les chats, du monde entier. » (l’autrice, p. 29). Si l’Irak et le peuple irakien vous intéressent, je vous conseille la lecture de Que sur toi se lamente le Tigre d’Émilienne Malfatto, un premier roman grandiose mais dramatique… Les illustrations de Sandrine Thommen sont très belles, soit en pleine page (il y en a même 3 en double page) soit sur la page de texte et elles accompagnent parfaitement le texte. En fin de volume, il y a une carte qui montre le périple de Habibi (dommage, il n’y a pas le nombre de kilomètres parcourus). Ce très bel album illustré a reçu le Prix Dé’Lire 2022.

L’âge préconisé par l’éditeur est entre 6 et 9 ans : cet album est vraiment pour faire comprendre aux jeunes enfants le sort des migrants, à travers les yeux d’un chat, et leur apprendre l’empathie et la solidarité. Les adultes peuvent évidemment aussi être touchés (et pas seulement ceux qui aiment les chats) parce que Mossoul, c’est ‘simplement’ une ville détruite que l’ont voit (voyait) aux infos.

Ils l’ont lu : Audrey de Light & Smell, Céline de Charthémiss, Julien de Mangeur de livres, d’autres ?

Pour les challenges Jeunesse young adult #11, L’été lisons l’Asie (MENU DE SEPTEMBRE : MÉMOIRES D’ASIE = lire un livre historique, une saga familiale, un livre avec un vêtement traditionnel sur la couverture, une biographie ou un témoignage, nous avons ici une histoire vraie irakienne, une histoire familiale, à la fois biographie et témoignage), Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Mossoul) et Les textes courts.

Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James

Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James.

J’ai lu, novembre 2021, 320 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-29035-842-9. Murder Past Due (2010) est traduit de l’américain par Guillaume Le Pennec.

Genres : littérature états-unienne, roman policier, cozy mystery.

Miranda James est en fait Dean James, originaire du Mississippi, ancien bibliothécaire qui utilise aussi les pseudonymes Jimmie Ruth Evans et Honor Hartman pour écrire des fictions. Deux autres tomes de Le chat du bibliothécaire sont pour l’instant traduits en français, Inventaire fatal (novembre 2021) et Théâtre macabre (avril 2022). La série, Cat in the Stacks Mystery, compte 14 tomes aux États-Unis, le 15e est annoncé pour 2023.

Athena, Mississippi. Charlie Harris, bientôt la cinquantaine, vit avec Diesel un maine coon de deux ans qu’il a récupéré chaton sur le parking de la bibliothèque municipale où il travaille. Veuf depuis trois ans, il vit dans une jolie maison héritée de sa tante Dottie et dans l’héritage, il y avait Azalea Berry la gouvernante. Pour rendre service, il prête des chambres à des étudiants mais Justin, en partant ce matin, a laissé la cuisine en pagaille, ce qui n’est pas dans ses habitudes…

Mais l’événement exceptionnel pour la petite ville d’Athena, c’est l’arrivée de Godfrey Priest, enfant du pays, devenu un riche et célèbre auteur de romans policiers (plutôt violents). Julia Peterson, son ancienne petite amie au lycée, devenue Julia Wardlaw après avoir épousé le pasteur Ezra Wardlaw, est la mère de Justin. Mais quand le passé ressurgit… avec en plus un secret…

C’est que Godfrey Priest était un sacré enfoiré et… « Le retour de ce dernier à Athena ravivait beaucoup trop de mauvais souvenirs et j’avais le désagréable pressentiment que de nouveaux événements déplaisants se produiraient tant qu’il resterait dans les parages. » (p. 69).

Mais la soirée avec Priest est annulée… Il est retrouvé le crâne fracassé dans sa chambre d’hôtel avec « le téléphone de Justin gisant juste à côté du corps. » (p. 81). L’enquête est confiée au shérif par intérim Kanesha Berry (la fille d’Azalea Berry), le shérif étant en arrêt maladie, et à l’agent Bates. Évidemment Charlie Harris, Justin et sa mère Julia sont les premiers suspects de Kanesha Berry… Mais Charlie Harris décide d’enquêter aussi de son côté, ce qui est assez facile car tout le monde apprécie Diesel, la libraire, la boulangère… « j’étais ravi et reconnaissant qu’un compagnon à quatre pattes aussi exceptionnel soit apparu dans ma vie. » (p. 184-185).

Évidemment c’est le titre et la couverture qui m’ont d’abord attirée mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce cozy mystery états-unien. J’ai bien aimé le chat, les personnages et les rebondissements (même si ce n’est pas extraordinaire, ça reste classique). Je lirai sûrement les tomes suivants traduits en français.

Pour le Mois américain, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Polar et thriller 2022-2023.

Bob le chat philosophe de James Bowen

Bob le chat philosophe de James Bowen.

City éditions, septembre 2019, 160 pages, 14,50 €, ISBN 978-2-82461-550-9. Bob, Life Lessons from a Street-wise Cat (2018) est traduit de l’anglais par Marion Boclet.

Genres : littérature anglaise, témoignage.

James Bowen naît le 15 mars 1979 dans le Surrey en Angleterre mais, à l’âge de 3 ans, il déménage en Australie avec sa mère, ses parents divorçant. Après plusieurs déménagements avec sa mère, il rentre en Angleterre, à l’âge de 17 ans. Le voici SDF et drogué à Londres… Mais il rencontre Bob, ou plutôt Bob va à sa rencontre. Ce roman témoignage est précédemment paru sous un autre titre : Un chat des rues nommé Bob et il existe une préquelle : A Street Cat Named Bob, en français Le monde selon Bob (2012). Plus d’infos sur sa page FB et sur son compte twitter.

« Il était blessé quand je l’ai trouvé, au printemps 2007, et je l’ai soigné jusqu’à sa guérison. Il m’a incontestablement sauvé. Quand j’y repense, je me rends compte que ma vie était un vrai désastre avant que je ne le rencontre. Cela faisait au moins dix ans que j’étais toxicomane, et j’avais été sans abri pendant une longue période, à dormir dans la rue ou dans des foyers. C’était ma deuxième chance – ou ma neuvième vie, si vous préférez. » (extrait de l’introduction, p. 13).

Ce chat roux, Bob, va devenir célèbre : James Bowen, musicien, joue de la guitare à Covent Garden avec Bob ce qui attire les passants, publie des vidéos sur YouTube, écrit son premier livre, The Big Issue, puis un film est tourné, A Street Cat Named Bob (en français Un chat pour la vie) en 2016 et Life Lessons from a Street-wise Cat paraît en 2018. « Ce livre est un recueil de quelques-unes des expériences et de quelques-uns des aperçus que j’ai eu au cours de ces années avec Bob. J’espère qu’il vous aidera autant qu’il m’a aidé. » (extrait de l’introduction, p. 13).

Entre James et Bob, c’est une rencontre et une histoire d’amitié. « Nos relations avec nos animaux de compagnie nous offre une alternative. Nous pouvons compter sur eux. Ils ne nous mentent pas. Ils ne nous trompent pas. Ils ne nous déçoivent pas. Leur affection pour nous est inconditionnelle – je dirais même : leur amour pour nous est inconditionnel. Savoir que cette amitié est toujours là pour vous n’est pas seulement un immense réconfort ; c’est aussi une source de force. » (p. 23).

Vous me connaissez, j’ai évidemment pleuré en lisant ce livre mais il y a des passages où j’ai (sou)ri. Par exemple, dans Nous avons tous besoin de petits trésors (p. 50-51), le coup des jouets et des bouchons en plastique planqués sous le canapé, eh bien j’ai ça aussi sous mon canapé ! (mais plus de bouchons en plastique parce que je n’achète plus de bouteilles d’eau). Et dans, Choisissez vos combats (p. 68-70), Bob doit choisir entre virer la boîte de mouchoir qui l’empêche d’être en plein soleil sur le rebord de la fenêtre (facile !) ou chasser les abeilles qui butinent dans le jardin (peine perdue…). Ou, dans La pleine bobitude (p. 97), vous connaissez la zénitude et la ‘pleine conscience’, eh bien avec Bob c’est la bobitude ! Dans Amusez-vous – et souvent (p. 109-110), « Bob n’est pas différent des autres chats quand il s’agit de jouer. Il n’y a rien qu’il aime autant que de lancer l’un de ses jouets préférés à travers toute la pièce ou de bondir frénétiquement pour essayer d’attraper les rayons de soleil qui dansent sur le mur. À Noël, il est capable de se divertir pendant des heures avec un bout de papier cadeau usagé. », je connais ça, moi aussi !

Ce livre est tout simple, sans prétention, mais beau à lire, reposant, instructif (des petits moments, bons ou mauvais, joyeux ou tristes, des conseils, sans morale, sans jugement, basés simplement sur l’observation de Bob et un ressenti que tous ceux qui vivent avec ou plutôt ‘chez’ des chats perçoivent aussi). En plus, il y a de jolies illustrations en noir et blanc de Dan Williams. Bien sûr je vous le conseille (prévoyez peut-être une boîte de mouchoirs).

« Alors que j’écris ceci, Bob a maintenant environ onze ans. Peut-être plus. Étant un chat qui vit dans une maison, il y a de fortes chances qu’il vivre entre quinze et vingt ans, voire plus de vingt ans. » (p. 112). Malheureusement, environ deux ans après la parution de ce livre, en juin 2020, Bob meurt dans un accident (sûrement heurté par une voiture)… et une statue en bronze, créée par la sculptrice Tanya Russsell, lui est consacrée à Islington au nord de Londres (photo ci-dessous puis deux vidéos ci-dessous aussi).

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio n° 23, un livre qui a été adapté en film ou série, 3e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 13, un livre avec un chat sur la couverture, 2e billet), Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 1 – Brûlant d’amour = l’amour sous toutes ses formes, 3e billet, l’amour entre un humain et un chat) et Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Je modifie un peu le billet pour qu’il entre dans le challenge Les adaptations littéraires (adaptation en livre du vécu + chansons + film) : comme moi, vous pouvez écouter les chansons de James Bowen enregistrées au célèbre Abbey Road Studios de Londres et voir le film consacré à l’histoire de Bob et James Bowen avec Luke Treadaway dans le rôle de James Bowen et Bob qui joue pratiquement toutes ses scènes, le tout est évidemment très émouvant.

Nero & Marlowe, les chats mènent l’enquête 1 – Un cadavre dans les pattes de Leighann Dobbs

Nero & Marlowe, les chats mènent l’enquête 1 – Un cadavre dans les pattes de Leighann Dobbs.

Harper Collins, collection Noir, novembre 2021, 286 pages, 14,90 €, ISBN 979-10-3391-142-2. A Twist in the Tail (2019) est traduit de l’américain par Santiago Artozqui.

Genres : littérature états-unienne, roman policier, cozy mystery.

Leighann Dobbs ou Lee Ann Dobbins est une romancière états-unienne qui vit dans le New Hampshire. Elles est connue pour ses romances historiques, cozy mysteries et thrillers. Dans la même série : Nero & Marlowe, les chats mènent l’enquête 2 – Meurtre & moustaches paru en avril 2022. Plus d’infos sur son site officiel, sa page FB (avec ses chats) et son compte twitter.

Après le départ à la retraite de Millie Sullivan, Josie Waters, 46 ans, divorcée, est devenue à la fois propriétaire de l’Oyster Cove Guesthouse dans le Maine, une vieille maison de trois siècles avec vue sur l’océan Atlantique et des chats que Barbara Littlefield, l’inspectrice en bâtiment de la municipalité, n’apprécie guère au vu de l’hygiène. D’ailleurs, des miaulement attirent les deux femmes dans l’aile ouest fermée pour travaux et elles découvrent le corps de Charles Prescott, un des cinq clients de la maison d’hôtes. Les enquêteurs déjà sur place sont « Nero, le gros chat à la robe noir et blanc, […] ses yeux d’un vert intense, [et] Marlowe, au pelage écaille de tortue » (p. 12).

Les chats « reniflaient partout dans la pièce comme des inspecteurs à fourrure en quête d’indices. Nero portait une grande attention au poteau de rampe surmonté d’un globe qui avait roulé dans un coin. Marlowe, assise à côté de lui, l’observait. » (p. 17-18). Entre le cadavre, les clients curieux, Seth Chamberlain le vieux shérif, Millie Sullivan et la mère de Josie qui débarquent, c’en est fini du calme de la maison d’hôtes… « Qu’est-ce qui serait le mieux pour mon commerce ? Que quelqu’un l’ai tué, ou qu’il soit tombé dans un escalier dangereux ? » (p. 23).

Nero et Marlowe ont évidemment repéré des indices que les humains n’ont pas encore vus, et ne parlons pas du shérif, vraiment incompétent… De plus, ils ont à l’extérieur des chats qui peuvent les aider (un peu comme les gamins des rues rendent des services à Sherlock Holmes), Poe, grand, gris et costaud, Stubbs, roux à rayures avec un petit bout de queue, Boots, noir avec des pattes blanches et de longues et épaisses moustaches, Harry, gros maine coon à la fourrure épaisse, et Juliette, grise au poil soyeux avec un losange blanc sur la tête (p. 54).

« Nero laissa dériver son regard dans la nuit noire, et un mauvais pressentiment l’envahit tout entier. – Nous devons être aux aguets, et tout particulièrement ce soir. Mon septième sens me souffle que l’assassin pourrait revenir sur les lieux du crime, et s’il le fait, nous devrons être là pour protéger notre humaine. » (p. 168).

L’enquête sur la mort de Prescott n’est pas extraordinaire mais la relation entre Josie et les chats est intéressante car ceux-ci étaient très proches de Millie et se considèrent comme propriétaires de la demeure et de Josie, qu’il va falloir former car elle est longue à la détente mais se révèle maline avec un peu d’efforts. Et puis, Mike Sullivan, le neveu de Millie qui fait des travaux dans la maison, semble apprécier Josie, non ? Et il y a quand même de la réflexion, de l’action, des rebondissements et quelques recettes !

Franchement, ce n’est pas le meilleur cozy mystery que j’aie lu, c’est tout simple, sans prise de tête, mais j’ai bien aimé les chats et leur humour alors je veux bien lire le deuxième tome, Meurtre et moustaches paru en avril 2022 (dans lequel on en saura peut-être plus sur la relation entre Josie et Mike !).

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (catégorie 20, un roman feel good), Challenge lecture 2022 (catégorie 10, un roman qui contient des recettes de cuisine), Les dames en noir, Petit Bac 2022 (catégorie Verbe pour Mènent) et Polar et thriller 2021-2022. Et le nouveau Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 Été ensoleillé, option 2 Un carré jaune sur un océan bleu = couverture ensoleillée prédominance de jaune ou bleu, il y a les deux).

Un chat dans la gorge d’Émilie Chazerand et Amandine Piu

Un chat dans la gorge d’Émilie Chazerand, Amandine Piu et Carole Bellanger.

Benjamins Media, collection livre avec CD, avril 2020, 48 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-37515-072-6.

Genres : littérature jeunesse, album illustré franco-italien.

Émilie Chazerand naît en 1983 à Strasbourg où elle vit. Elle aime la lecture depuis l’enfance. Elle devient infirmière mais écrit des histoires. Plus d’infos sur son site officiel sur lequel elle se présente comme « Alsacienne. Malentendante. Synesthète. Maman. Outsider. Autrice. ».

Amandine Piu, dont le surnom est Piu Piu, naît en 1982 en Sardaigne (Italie). Elle étudie la communication visuelle à Lyon puis l’illustration à l’École des Arts décoratifs à Strasbourg. Plus d’infos sur son site officiel.

Carole Bellanger est comédienne. Un chat dans la gorge est sa première expérience d’interprétation d’une histoire. J’ai beaucoup aimé sa voix.

Au village, tout le monde apprécie Cécile Schneck, toujours bonjour, merci, un mot gentil pour les bébés ou les pépés. Mais, en fait c’est « une femme méchante, au cœur sec […] très hypocrite. » (p. 7). Son mari et ses deux enfants doivent supporter ses récriminations contre tout le monde mais ils n’y font plus attention. Par contre « Raymond, le chat maigrichon de la maison » (p. 15) aimerait être tranquille d’autant plus que parfois elle s’en prend à lui. Il a une idée lumineuse.

Vous allez comprendre ce que signifie ‘avoir un chat dans la gorge’ et ‘donner sa langue au chat’ !

Un CD d’une quinzaine de minutes accompagne le livre, il est intéressant à écouter car, en plus de la lecture agréable de Carole Bellanger, il y a des bruitages et de la musique (plutôt yiddish) de Malcolm Laws et Nainita Desai.

Voici donc un très joli album illustré avec une histoire amusante qui fait réfléchir.

Je le mets dans Jeunesse young adult #11, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Les textes courts 2022, Un genre par mois (en mai, c’est jeunesse, albums illustrés) et Une semaine en Italie pour Amandine Piu.

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2010, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-35592-138-4. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la neige – Aya et la déesse de la neige prennent un chocolat chaud mais elles sont dérangées par la déesse de la colline qui annonce une fleur des neige de l’autre côté de sa colline. Mais en s’approchant la fillette tombe dans une crevasse…

La déesse du malheur – Une fillette n’a vraiment pas de chance et la déesse du malheur lui vient en aide mais elle omet de lui dire que le pacte a des conséquences et un coût… « Si tu pensais pouvoir profiter de toute cette chance sans aucune contrepartie, c’est que tu es sacrément stupide, vraiment ! ».

Shimashima et Miyako – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans les 3e histoires du 1er et du 2e tomes. Pendant que Shimashima est dans le monde des déesses, Miyako attend son retour dans le monde des humains. Les déesses réussiront-elles à les réunir et à récupérer la pierre sacrée ?

Après avoir relu récemment les deux premiers tomes de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent et Kamisama 2 – Les contes de la colline, je ne pouvais que relire le 3e tome pour Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2.

Que dire de plus que pour les premiers tomes ? C’est toujours très beau, doux et poétique. Si vous aimez les contes, les chats, le merveilleux et la tendresse, lisez cette belle trilogie aux couleurs pastels.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai.

Soleil Manga, collection Seinen, décembre 2021, 144 pages, 11,95 €, ISBN 978-2-302-09518-2. Ojisama to neko vol. 2 おじさまと猫 (Square Enix, 2018) est traduit du japonais par Sophie Piauger.

Genres : manga, seinen.

Umi Sakurai 桜井海 est une mangaka japonaise mais je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos… Son premier manga, 神とよばれた吸血鬼 (Kami to yoba reta kyûketsuki), est paru de septembre 2014 à février 2017. Plus d’infos sur son Twitter et son Pixiv.

En début d’année, j’avais beaucoup aimé Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 1 d’Umi Sakurai. Je ne pouvais que lire la suite !

On retrouve dont le professeur Kanda (Fuyuki de son prénom) et l’Exotic Shorthair Fukumaru qui a un petit défaut de langage. Parfois Kanda passe un peu de temps avec son meilleur ami, Kobayashi, qui lui a un chien.

C’est vraiment amusant et tendre quand Kanda joue avec Fukumaru. « Tu m’adores, c’est ça ? – Miaaou ! Une fois de plus, il traduisait comme ça l’arrangeait. » (p. 12). Mais Fukumaru « adore les caresses ! Ça mie rappelle quand maman mie léchait ! Ça mie fait du bien… Ça mie détend… Ça mie fait chaud au cœur ! » (p. 15).

Il n’y a pas à dire, Kanda et Fukumaru sont heureux ensemble, très heureux même, mais chacun a sa faiblesse : Kanda est souvent triste lorsqu’il pense à sa défunte épouse et Fukumaru a peur de perdre son papa lorsqu’il part au travail. Heureusement les retrouvailles, les câlins et les gros dodos sont comme magiques. « Encore une journée pleine de bisous » (p. 57).

Mais, de temps en temps, Fukumaru fait des bêtises… « Ah ! Ne fais pas tes griffes sur le canapé ! Non, non ! Le canapé n’est pas ton griffoir ! Non ! Non ! J’ai dit non ! Fukumaru ! Arrête ! Fukumaru !!! Mais ? C’est moi ou plus je le gronde, plus ça l’encourage ? » (p. 71), tiens, j’ai déjà vécu ça ! J’avais lu que ‘non’ est le mot que les chats entendent le plus souvent et qu’ils font semblant de ne pas comprendre le plus.

En tout cas, ce que Fukumaru déteste toujours, c’est le ‘truc noir’, c’est-à-dire le piano. Mais le principal, c’est d’être heureux, n’est-ce pas ? « Moi, je suis vraiment très heureux. C’est peut-être toi, en fin de compte, qui prends bien soin de moi. » (Kanda, p. 130).

Et ce manga, ces petites histoires de Kanda et de Fukumaru, les petites touches de leur passé qui reviennent peu à peu, c’est un pur bonheur. Vivement la suite ! Le tome 3 est paru en mars 2022 et le tome 4 est annoncé pour juin 2022.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et BD 2022 mais aussi pour Hanami Book Challenge #2 menu 2 (passé, présent et futur du Japon) et sous-menu 3 (l’individu dans la société), Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et Un mois au Japon.

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2007, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-915513-52-3. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la colline – Une jeune femme revient sur le lieu de son enfance, une colline où elle avait rencontré une déesse minuscule qui n’avait apparemment aucun pouvoir. « Je ne comprends toujours pas… – Moi non plus. » Mais elle n’a pas pu voir le printemps arriver avec la petite déesse car elle a déménagé avec sa mère… La déesse était-elle un rêve ?

Le cerisier électrique – « On dit qu’il existe plus de huit millions de divinités au Japon. » Mitsuki se rend au cerisier pour voir Sakura la déesse mais celle-ci est avec la déesse de la colline (de l’histoire précédente) et une autre déesse, celle des lignes électriques, fait irruption. Et celle-ci a vraiment un comportement… électrique !

Shimashima au pays des déesses – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans la 3e histoire du 1er tome. Les trois déesses (rencontrées dans les deux histoires précédentes) sont mécontentes car il a une pierre sacrée autour du cou (elle lui a été offerte par Miyako). Pourront-elles renvoyer Shimashima dans son monde (c’est-à-dire celui des humains) ?

Après avoir relu récemment le premier tome de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent, j’ai eu très envie de relire ce deuxième tome, en plus en avril il y a deux challenges japonais, Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Je lirai le tome 3 durant le mois d’avril.

Comme pour le premier tome, c’est très beau, doux (couleurs pastels), vraiment poétique, un peu énigmatique, parfois amusant, toujours tendre. Sans hésitation, pour tous les lecteurs, petits et grands. Les lecteurs retrouvent les fillettes, les chats et la pierre bleue à travers ces trois contes plein de magie et de merveilleux.

J’ai oublié de donner mon lien pour La BD de la semaine… Mais, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur).

Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi

Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi.

Pika, collection Seinen, septembre 2021, 164 pages, 4,49 €, ISBN 978-2-81166-258-5. Kanojo to kanojo no neko (彼女と彼女の猫, Kôdansha, 2016) est traduit du japonais par Claire Olivier.

Genres : manga, seinen.

SHINKAI Makoto 新海 誠 naît le 9 février 1973 à Nagano (Japon). Il est surtout connu en tant que réalisateur de films d’animations (La tour au-delà des nuages en 2004, 5 centimètres par seconde en 2007, Voyage vers Agartha en 2011, Your name en 2016 et Les enfants du temps en 2019) mais il est aussi voix de doublage (dans ses films), graphiste pour des jeux vidéo et auteur. Plus d’infos sur son site officiel et son Twitter.

YAMAGUCHI Tsubasa 山口つばさ naît un 26 juin à Tôkyô (Japon). Elle étudie les arts à l’université de Tôkyô et commence sa carrière de mangaka. Ses séries sont Kanojo to kanojo no neko (2016) et Blue period (ブルーピリオド, 2017, en cours). Plus d’infos sur son site officiel et son Twitter.

Un jour de pluie, une jeune femme trouve un chat, le ramène chez elle et le nomme Chobi. Le chat est le narrateur. « Voilà comment je suis devenu son chat. » La jeune femme, Miyu, vit seule et elle est souvent triste ; Chobi ne comprend pas pourquoi mais il ressent cette tristesse. Cependant il est heureux de la retrouver tous les soirs lorsqu’elle rentre du travail. La journée, il sort parfois et passe du temps avec sa petite copine, « un chaton, du nom de Mimi. […] Elle est petite et mignonne. Et elle adore se faire dorloter. »

Mais les saisons passent, printemps, été, automne et Miyu est de plus en plus triste… « Je ressens sa détresse au bout de chacun de mes poils… ».

Un manga one-shot tout en douceur et en délicatesse, très bien dessiné, avec un côté mignon mais pas mièvre, qui parle principalement du monde du travail et de la difficulté d’être une femme seule au Japon, et aussi de l’amour entre un chat et son humaine.

Il existe un roman éponyme paru chez Charleston en octobre 2021. Un court métrage d’animation réalisé par Makoto Shinkai en 1999. Et une série animée en 4 épisodes réalisée par Kazuya Sakamoto en 2016 (site officiel) et dont la bande annonce est ci-dessous. C’est pourquoi je mets ce manga dans le challenge Les adaptations littéraires.

Et aussi dans La BD de la semaine, BD 2022, Des histoires et des bulles (catégorie 29, une adaptation d’un film, d’une série, voir explication ci-dessus) et Jeunesse young adult #11.

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki

Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, septembre 2006, 112 pages, 11,10 €, ISBN 2-915513-27-9. カミサマ – ルーシーは猫の中 Kamisama –Rûshî wa neko no naka (2006) est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture.

Lucy, dans le ventre du chat – Lucy va se promener mais doit rentrer avant l’heure du dîner. Sur le chemin, elle voit un chien qui se tient sur ses pattes arrières et qui l’appelle « Mademoiselle ! ». Il l’emmène dans un champ de fleurs comestibles où vit un chat géant qui avale la fillette.

Le chat-pluie – Une fillette déambule sous la pluie et rencontre un chat qui lui parle. Elle se trouve dans un hazama, « un endroit qui se situe entre le monde des vivants et celui des morts. C’est ici que finissent ceux dont personne ne se souvient. »

Shimashima – Shimashima, un jeune chat, rencontre Miyako. Elle a l’habitude d’apporter à manger aux chats du quartier et Shimashima vient d’arriver. « Miyako était très affectueuse avec moi. Et moi aussi, je l’aimais beaucoup. » Mais Miyako est malade.

Voici ce que dit l’éditeur : « Entre manga et conte, cet Alice qu pays des merveilles nippon regroupe plusieurs récits féeriques, drôles et émouvants à la fois. » (4e de couverture).

Kamisama est un manga différent, il est dans un format plus grand (15×21 cm), il est relié et il est tout en couleurs. Le fil directeur en plus des fillettes et des chats est la pierre bleue, semblable à une goutte de pluie, qui a des pouvoirs magiques. Manga à la fois kodomo (jeunesse) et shôjo (fille), il se situe du côté du merveilleux, du fantastique, bref il a tout du conte (mais pas du conte occidental, plutôt du folklore japonais).

Il existe deux autres tomes, Les contes de la colline (2003 au Japon, 2007 en France) et Au bout du chemin (2008 au Japon, 2010 en France) que je vous présenterai une prochaine fois.

À noter que l’auteur a retouché toutes les planches des trois tomes pour les proposer à la lecture dans le sens occidental. Une nouvelle édition de ces trois tomes est parue en novembre 2014.

Kamisama est un très beau livre pour les plus jeunes et les plus grands, pour tous ceux qui aiment la magie des dessins et des histoires.

Pour les challenges Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 48, un manga), Contes et légendes #4, Des histoires et des bulles (catégorie 4, un shôjo, avec cette 40e lecture avant le 1er avril, j’honore le niveau 4), Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.