Charlock 2 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 2 – Le trafic de croquettes de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-180-4.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

New York, 1917. Dans une précédente vie, Charlock était aux États-Unis. Son ami est Claude, un pigeon qui louche « et yoyote un peu du ciboulot. » (p. 12). Soudain, des aboiements… « La bande des Pet shop Dogs ! s’exclame Charlock. » (p. 14). Les chiens poursuivent « deux membres des Chappuccini ! s’alarme Charlock en voyant deux chats de gouttière en fuite […]. » (p. 16).

Parmi les Chappuccini, Spaghetti, Pavarotti, chat fait maffia, non ? Bon, en fait, les chats et les chiens vivent depuis des années en paix (si si !) mais là, les chiens, Ed le loubard en tête, accusent les Chappuccini d’empoisonner leurs croquettes. C’est que « Celui qui a les croquettes, a le pouvoir, lâche le cocker à la frange. » (p. 26).

Les croquettes sont-elles pourries ? Empoisonnées ? Voici une enquête pour Charlock qui est prêt à rencontrer le chef des Pet shop Dogs, Mister V, dans son repaire !

Cette deuxième enquête est tout aussi échevelée et drôle que La disparition des souris. En dehors de Charlock, les personnages sont différents et le jeune lecteur peut être surpris mais il se laissera emporter par l’histoire sans problème. Les dessins qui illustrent le texte ou qui sont en pleine page ou double page comme l’ancien gymnase (p. 38-39) sont superbes (quel talent il a ce Lacombe !).

Je vous conseille vivement cette série jeunesse et j’espère que d’autres tomes paraîtront !

Une agréable lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Charlock 1 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 1 – La disparition des souris de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-906-0.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

« Charlock est un chat. » (p. 7). Et un chat bleu, ce qui n’est pas banal. « Charlock est très observateur et répond toujours présent pour résoudre les enquêtes, même les plus difficiles. » (p. 8).

Paris, 1975. Charlock vit depuis deux ans avec Mamzel Marcelle. Lorsque son humaine n’est pas là, il s’ennuie un peu mais un jour, il rencontre une toute petite souris, Magali, et « ils devinrent bons amis. » (p. 23). Mais, lorsque Magali disparaît, Charlock rameute ses copains du quartier avec Choupachoups le lapin voisin. « Elle est peut-être allée chasser des oiseaux ? demande le chat Mallow. – Ou bien croquer les mollets du facteur ? ajoute Wawa le chihuahua. – Je suis sûr qu’elle admire la vue en haut d’un arbre, dit à son tour Cacahuète le cacatoès. » (p. 34-35). Mais Magali n’est nulle part et Charlock se résigne à la chercher au Royaume des souris mais dans le grenier, qu’il ne connaît pas, il fait très noir… Mais c’est là qu’il apprend que les souris disparaissent. Pourquoi ? Comment ?

La disparition des souris est le premier tome des enquêtes de Charlock (clin d’œil à Sherlock bien sûr). Déjà, le livre est très beau (format poche plus grand, 14 x 19 cm), avec de jolis rabats (soulevez-les, il y a des illustrations et du texte en-dessous) et de magnifiques illustrations en couleurs de Benjamin Lacombe dont certaines sont pleine page ou double page. Le récit de Sébastien Perez est précis et pétillant pour les enfants (dès 8 ans) et drôle ; il revisite la légende de Hamelin. Les animaux sont attachants, complémentaires et ont chacun leurs particularités ; ils enquêtent ensemble mais c’est plutôt Charlock qui réfléchit. « Élémentaire mon cher Wawa ! » (p. 48).

C’est après avoir vu un billet chez Sharon que j’ai eu envie de lire Charlock (je sais que, comme moi, elle aime les chats). Bien m’en a pris ! Et heureusement j’ai le tome 2 : Le trafic de croquettes !

Une chouette lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Sa majesté des chats de Bernard Werber

Sa majesté des chats de Bernard Werber.

Albin Michel, septembre 2019, 464 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-226-44483-7.

Genres : littérature française, science-fiction.

Bernard Werber naît le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il mêle conte, philosophie, science-fiction ou genre policier dans ses romans et ses nouvelles. Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

Après avoir dévoré le premier tome, Demain les chats, j’ai voulu lire la suite mais j’ai dû attendre mon tour (roman très demandé et réservé à la bibliothèque).

La narratrice est toujours Bastet ; elle a 3 ans. Elle doit raconter parce que « Tout ce qui n’est pas raconté est oublié. Et tout ce qui est oublié, c’est comme si cela n’avait jamais existé. Raconter une histoire revient à la rendre immortelle » (p. 14). Pour « les récentes aventures qui m’ont transformée de simple chatte d’appartement en conquérante visionnaire » (p. 19), voir le premier tome de la trilogie et pour le projet de « faire communiquer entre elles toutes les espèces » (p. 19), vous en saurez plus en lisant ce deuxième tome.

Bastet fait un petit résumé de l’Effondrement (attentats terroristes, guerre civile, épidémie de peste) et raconte que, depuis la bataille contre les rats, 6 mois auparavant, chats et humains (survivants) vivent « tranquilles sur l’île aux Cygnes » (p. 28). Mais les rats risquent de revenir… toujours plus nombreux, comme l’expliquent deux chats blessés. Les différentes hordes de rats se sont alliées et s’en prennent à tous les êtres vivants (humains, chats, chiens, oiseaux, bétail…). Sur les conseils de Pythagore, tous partent sur l’île de la Cité (le quartier de Notre-Dame).

Mais des dizaines de milliers de rats, conduits par Tamerlan (qui a, comme Pythagore, un troisième œil) font état de siège et le groupe des humains et des chats doit trouver rapidement une solution : ce sera par les airs et il faudra trouver des alliés par-delà les lignes de rats.

« Ce n’est pas que j’apprécie particulièrement la guerre, je ne suis pas comme mon fils qui prône la violence comme distraction, mais je sais que l’une des lois de la nature est aussi la confrontation des espèces ; les chats mangent les souris. Il arrive même que les plantes s’y mettent et que du lierre fasse la guerre à des oliviers en les étouffant avec ses longues tiges. Et puis, parfois, les chats sont en rivalités avec des chiens ou des rats. Alors, ce n’est pas de gaieté de cœur, mais il faut bien se défendre, tuer pour ne pas mourir. […] C’est Pythagore qui m’a fait prendre conscience de cette logique et je lui en suit reconnaissante. » (Bastet, p. 138-139).

C’est un plaisir de retrouver Bastet et son fils Angelo, Pythagore, le lion Hannibal, Nathalie, etc. De nouveaux personnages apparaissent au fil du roman, un taureau exceptionnel, des cochons et leur roi Arthur, Roman Wells un humain de l’université d’Orsay, Champollion un perroquet spécialiste des langues et des sons… Mais attention au carnage… Beaucoup n’y survivront pas… Par contre, il y a des moments drôles ; par exemple, connaissez-vous le « chat-kwando » et le « cri qui fige » ?

Comme dans le premier tome, l’auteur distille pas mal d’informations historiques ou scientifiques au fur et à mesure que Bastet apprend avec Pythagore et l’ESRA (l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu). Nathalie lui dit que, pour créer une civilisation, elle doit comprendre l’humour, l’amour et l’art. « Franchement, si on vous propose de pratiquer sur vous une expérience qui vous rendra plus intelligent, n’hésitez pas, acceptez, cela vaut le coup. Pour ma part je ne regrette vraiment pas. » (Bastet, p. 241). Elle est prête à tout, Bastet : «  C’est à moi qu’incombe la mission de sauver le monde et à personne d’autre, car je suis une ancienne déesse. » (p. 333).

J’ai trouvé ce deuxième tome un peu plus profond que le premier (pas seulement au niveau humain et écologique), un peu plus violent aussi (je ne sais pas si c’est lié !). Je le redis, ce n’est pas de la grande littérature mais c’est enjoué, maîtrisé, agréable à lire alors j’attends maintenant le troisième et dernier tome.

Pour les challenges Animaux du monde #3, Littérature de l’imaginaire #8 et Petit Bac 2020 (catégorie Animal avec chats).

Le vieil homme et son chat 1 de Nekomaki

Le vieil homme et son chat n’ont plus peur des chiens (1) de Nekomaki.

Casterman, septembre 2018, 176 pages, 15 €, ISBN 978-2-20315-566-4. Neko to jiichan 1 (2015) est traduit du japonais par Ryôko Sekiguchi et Wladimir Labaere.

Genres : manga, roman graphique.

Nekomaki ねこまき serait un couple de dessinateur et scénariste passionné par les chats et les chiens. Du même auteur : Mameneko adapté en série animée [site officiel en japonais]. Trois autres tomes sont parus et un cinquième tome est prévu pour cet automne (voir ci-dessous).

Japon, une petite ville côtière surnommée la ville aux chats. Daikichi, 75 ans, instituteur à la retraite, veuf depuis deux ans, vit avec son chat, Tama, 10 ans. « Bienvenue dans la ville des pépés, des mémés et des chats. » (p. 16). Tama a promis à Mémé, avant qu’elle parte, de veiller sur Daikichi.

Au fil des saisons, printemps, été, automne, hiver (très important les 4 saisons au Japon), le lecteur émerveillé suit tout simplement le quotidien de Tama, de Daikichi et de son voisin et ami d’enfance, Iwao, 75 ans, pêcheur à la retraite.

Et (re)voit aussi des souvenirs, comme par exemple en 1960, la rencontre avec Mémé grâce au chat Mika, ou en 1950, avec Iwao dont la mère cuisine des poulpes.

Iwao n’aime pas trop les chats mais, comme il continue de pêcher pour le plaisir, il a toujours du poisson et ça attire les chats. « Et après, il s’étonne que tous les matous de l’île l’adorent… » (p. 86).

Parfois Tsuyoshi, le fils unique de Daikichi, vient rendre visite à son père mais il n’aime pas le savoir seul à son âge…

Cette bande dessinée, ou roman graphique, m’a remplie de nostalgie du Japon ; c’est beau, c’est paisible, c’est tendre, c’est drôle…

Les autres tomes de Le vieil homme et son chat. Tome 2 – Se sont fait les griffes (juin 2019). Tome 3 – Se frisent les moustaches (octobre 2019). Tome 4 – Boivent du petit lait (juillet 2020). Tome 5 – Retombent toujours sur leurs pattes (à paraître en octobre 2020). Il me les faut !!!

Pour les challenges Animaux du monde #3, BD (nouveau lien à venir si le challenge continue d’août 2020 à juillet 2021), La BD de la semaine (qui est pourtant en vacances) et Challenge de l’été (Japon).

Le chat qui n’aimait pas les croquettes d’Odrade

Le chat qui n’aimait pas les croquettes – Nuits blanches d’Odrade.

Sandawe.com, décembre 2016, 51 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-39014-173-0.

Genre : bande dessinée suisse.

Odrade, de son vrai nom Marianne Teekens, est une dessinatrice et scénariste de BD née le 13 février 1964 près de Paris, de parents hollandais mais elle est Suissesse. Elle a la chance de participer aux cours de dessins de Rosinski à Sion (Valais, Suisse). Elle se fait remarquer dès 1997 à Angoulême. Sa nouvelle BD : Le bol d’or : 80 ans de régate sur le Léman (2018). Plus d’infos sur son site officiel, http://www.odrade.ch/.

Préface de F’Murrr : « Car l’essentielle Question qui nous taraude tous, c’est : Quand est-ce qu’on mange ? Et puis : Qu’est-ce qu’on mange ? » (p. 5). J’adore !

Croquettes dans la nuit – Un chat qui n’aime pas ce que lui donne à manger son humaine, des boîtes et des croquettes donc, sort en cachette la nuit pour trouver de la vraie nourriture, de la viande crue. Il rencontre un lion, dans sa cage, qui lui n’a jamais mangé de croquettes alors il l’invite chez lui pour les goûter. « C’est délicieux ! Je se sais pas de quoi tu te plains ! » (p. 8).

Un chouette coach – Le même chat aimerait bien attraper une souris mais il n’y arrive pas alors que la chouette avec ses serres y arrive du premier coup. Il lui fait goûter ses croquettes. « Hmouais, c’est pas très bon. » (p. 10). Mais la chouette a une idée !

Voilà, ce sont les deux premières histoires. Il y en a 9 autres dans lesquelles le chat « est prêt à tout pour assouvir son appétit » mais « y a pas que la bouffe, dans la vie. » (p. 28).

Un noir et blanc somptueux (dessin au crayon blanc sur feuille noire, 2e vidéo, ci-dessous), riche en finesse et en détails.

Une très belle découverte pour La BD de la semaine, les challenges BD, Animaux du monde #3 et Challenge de l’été (avec la Suisse).

PLus de BD de la semaine chez Moka.

Le chat zen de Kwong Kuen Shan

Le chat zen de Kwong Kuen Shan.

Pocket, novembre 2011, 96 pages, 6,95 €, ISBN 978-2-26622-196-2. The Cat and the Tao (2002) est traduit de l’anglais par Alain Sainte-Marie.

Genres : littérature hongkongaise, poésie, peintures.

KWONG Kuen Shan est une Chinoise née à Hong Kong. Elle étudie l’anglais, la littérature chinoise et la peinture. Elle est peintre et calligraphe. Autres titres parus aux éditions L’Archipel : Le chat philosophe (2008) que je dois avoir quelque part dans un carton, Le chat à l’orchidée (2015), Le chat qui m’aimait (2017), Les quatre saisons du chat (2018) et Les 8 bonheurs du chat (2019). Ne sont pas parus en français : Portraits of Wales – A Chinese View (2015) et The Tao of Dogs (2016). Plus d’infos sur http://kwongkuenshan.net/.

« Je n’avais aucune connaissance des chats et je n’en avais jamais peint auparavant. » (p. 7). C’est qu’elle est allergique… Mais un jour, elle recueille Healey, le chat de voisins qui ont déménagé et qui revient plusieurs fois. Depuis, elle a eu d’autres chats et observent aussi les chats dans la rue, dans les jardins. « J’étais sous le charme absolu de leur élégance, de leur agilité, de leur endurance et, par-dessous tout, de leur indépendance et de leur force de caractère. » (p. 8).

Chaque œuvre de Kwong Kuen Shan – 40 peintures « avec un mélange de technique méticuleuse et de technique libre » (p. 8) – est associée à un texte classique de la littérature chinoise. « Les textes présentés dans ce livre sont un choix d’anciens proverbes chinois, de poèmes et de maximes des grands maîtres : Confucius, Lao Tzeu, Zhuangzi et Sun Zi. » (p. 10). Je rajoute Feng Menglong, Zuo Quining, Mencius, Gao Bogong, Bai Juyi, Zi Gong, Lu Xuoxun et Liu Xiyang pour être exhaustive. Et il y a aussi plusieurs sceaux différents qui sont répertoriés et expliqués en fin de volume.

Quel très beau livre, même en format poche ! Il est dépaysant, reposant et les peintures de Kwong Kuen Shan sont toutes superbes. Parmi mes préférées, allez 5 sur 40, c’est raisonnable : L’inexprimé qui est sur la couverture (p. 13), Une branche de magnolia (p. 29), Les deux frères (p. 47), Lotus (p. 65) et La cour (p. 81).

La peinture la plus drôle : La mangeoire à oiseaux (p. 49), devinez qui est dans la mangeoire à oiseaux !

Mon texte préféré : Grandir (anonyme, p. 72) : « L’avantage d’être tout petit : / Comme un brin d’herbe / qui lève les yeux vers les arbres, / Comme un torrent qui regarde vers l’océan, Comme une lanterne dans la chaumière / qui regarde les étoiles du ciel, / C’est que, étant tout petit, / Je peux voir ce qui est grand. »

Une belle lecture pour les challenges Animaux du monde #3, Cette année, je (re)lis des classiques #3 (textes classiques chinois) et Challenge de l’été (Hong Kong).

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Projet 52-2020 #26

Vingt-sixième semaine pour le Projet 52-2020 de Ma avec le thème caché. Cette photo est prête depuis début mai car j’avais jeté un coup d’œil aux prochains thèmes et j’étais persuadée que le 19e thème était caché ! Ce thème a été facile pour moi car mon petit matou me fait le coup pratiquement chaque jour et même deux ou trois fois par jour ; il pense qu’il est bien caché mais il y a toujours un bout de corps, une patte ou la queue qui dépassent, ah ah ah, trop marrant ! Je vous souhaite un beau week-end et, si vous voulez participer à ce projet photographique, allez voir Ma !

Demain les chats de Bernard Werber

Demain les chats de Bernard Werber.

Albin Michel, octobre 2016, 320 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-22639-205-3. Je l’ai lu en poche : Le livre de poche, janvier 2018, 352 pages, 7,30 €, ISBN 978-2-25307-370-3.

Genres : littérature française, science-fiction, anticipation.

Bernard Werber naît le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il mêle conte, philosophie, science-fiction ou genre policier dans ses romans et ses nouvelles. Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

Paris. La narratrice est Bastet, une jeune chatte de 3 ans qui désespère de communiquer avec son humaine, Nathalie… Exit la petite souris à la queue rose, exit Poséidon le poisson rouge… Peut-être que son humaine (sa servante) sera un peu plus réceptive, c’est que Bastet est persuadée que les chats sont supérieurs aux humains ! Mais il va se passer deux choses dans la vie de Bastet.

Des nouveaux voisins s’installent dans la maison d’à côté et elle fait la connaissance de Pythagore, un Siamois… connecté ! Il a un Troisième Œil sur le front et peut y brancher une clé USB. Il est très instruit.

Et son humaine ramène à la maison Félix, un Angora blanc… « Toi, tu ne me plais pas. Fiche le camp. » (p. 42).

Puisque son humaine n’y comprend rien à rien, Bastet préfère passer ses nuits avec Pythagore qui peu à peu lui apprend ce qu’il sait. « Être instruite me semble le plus grand des privilèges et je plains ceux qui vivent dans l’ignorance. » (p. 68).

Ainsi Bastet et Pythagore observent le monde des humains et Bastet, ayant été témoin d’un attentat, comprend ce qu’est le terrorisme, les agressions et la guerre…

Sûrement mon passage préféré : « […] j’ai découvert l’histoire des humains. J’ai choisi mon nom en référence à l’un d’entre eux, qui me semblait le plus intéressant et le plus sage. Pythagore. […] Pythagore était un humain d’une grande clairvoyance qui a vécu il y a deux mille cinq cents ans. Alors que la société était en crise, plongée dans la violence, la bêtise et la peur, il a changé la mentalité de ses congénères. Il les a informés de leur propre ignorance. Il leur a fait découvrir un monde au-delà de la simple perfection directe de leur sens. […] Pythagore a guidé l’humanité vers la paix et la sagesse, alors j’ai choisi son nom pour guider de la même manière mes congénères les chats. » (p. 221-222).

Après, c’est le chaos… Les humains et les chats survivants, Hannibal le lion, et peut-être d’autres espèces, pourront-ils se comprendre et s’allier pour se battre contre les rats ? « L’épidémie de peste finira forcément par s’arrêter. C’est sur la culture que va se jouer notre avenir commun. Il est venu le temps où les derniers humains sages doivent offrir leurs connaissances les plus avancées aux autres espèces animales. » (p. 336).

J’ai un mot (ou deux) à dire à Thomas… « Thomas, tu un gros connard ! » (vous comprendrez en lisant le roman), voilà, ça soulage !

Le titre, Demain les chats, un clin d’œil à Demain les chiens, un recueil de nouvelles de Clifford D. Simak (1904-1988) paru en 1952 ?

Par le passé, j’avais lu le premier tome de la trilogie Les Fourmis (son premier roman, mars 1991) et ça ne m’avait pas emballée alors je n’avais pas relu cet auteur. Mais, ici, avec les chats, l’histoire m’a attirée et il y a de beaux moments comme la rencontre avec Pythagore, la naissance des chatons de Bastet et Félix (eh oui !), l’arrivée du lion échappé du cirque… Mais ce n’est pas de la « grande littérature » et la réflexion sur le monde des humains est basique. Cependant, j’ai passé un bon moment de lecture et je veux lire la suite : le tome 2, Sa majesté des chats, est paru en septembre 2019 et je l’emprunterai à la médiathèque. Et si vous avez un excellent titre de cet auteur à me proposer, Le père de nos pères, L’arbre des possibles ?

Bon, Bernard Werber est un écrivain très connu et il n’a pas besoin de pub mais comme j’ai lu ce roman durant le Printemps de l’imaginaire francophone 2020, autant publier ma note de lecture avant le 1er juin. Cette lecture entre aussi dans les challenges Animaux du monde, Littérature de l’imaginaire #8 et Petit Bac 2020 (catégorie Animal avec chats).

Et si les chats disparaissaient du monde… de Genki Kawamura

Et si les chats disparaissaient du monde… de Genki Kawamura.

Pocket, novembre 2018, 176 pages, 6,50 €, 978-2-26628-657-2. 世界から猫が消えたなら (Sekai kara neko ga kieta nara, 2012) est traduit du japonais par Diane Durocher.

Genres : littérature japonaise, fantastique.

Genki Kawamura 川村元気 naît le 12 mars 1979 à Yokohama (Kanagawa, Japon). Il travaille dans le monde du cinéma (scénariste, producteur) et c’est son premier roman (il a d’ailleurs été adapté au cinéma en 2016, bande annonce ci-dessous).

Le narrateur, un jeune homme de 30 ans, facteur de son métier, pense qu’il n’a qu’un rhume mais il souffre tellement qu’il consulte. « Ce n’était pas un rhume. Mais un cancer du cerveau de stade 4. » (p. 10). Il accuse le coup mais il n’a plus qu’une semaine à vivre, ou un peu plus ou un peu moins… Il reçoit alors chez lui la visite du diable qui lui annonce qu’il va mourir demain mais qui lui propose une solution : « Tu dois faire disparaître une chose de cette planète. En contrepartie, il te sera accordé un jour de vie supplémentaire. » (p. 18). Le jeune homme hésite puis accepte l’échange.

Téléphones, films, montres… « Qu’est-ce qui était le plus triste ? L’idée de ma propre mort, ou celle de la disparition de choses importantes ? » (p. 90).

Les quatre premiers jours sont faits de rêves et de souvenirs. De sa mère, décédée il y a quatre ans, et des deux chats qu’ils ont eus (l’un après l’autre) : Laitue et Chou (ce dernier vit d’ailleurs avec lui depuis le décès de sa mère). Et de son père, horloger, avec qui il a coupé les ponts.

Mais le diable annonce que le vendredi, les chats disparaîtront ! « Si les chats disparaissaient du monde… Que gagnerait-on ? Que perdrait-on ? » (p. 127). Pour le jeune homme, c’est un dilemme de trop, d’autant plus qu’il aime Chou plus que tout !

Lorsque j’ai vu ce roman (en poche) à la librairie en novembre 2018, j’ai craqué : chat sur la couverture, littérature japonaise et thème qui m’a plu, ce qui faisait trois bonnes raisons d’acheter ce livre ! J’ai choisi de le lire début avril lors d’un marathon de lecture et je n’ai pas été déçue : c’est beau, c’est triste, c’est… miaou ! Et puis, il y a une réelle réflexion sur la mort, le sens de la vie et ce qu’on peut faire sans risquer de nuire. Il y a tous ces petits bonheurs, ces petits riens tout au long d’une vie que le narrateur (et le lecteur aussi) laisse passer sans se rendre compte de leur importance et puis oublie… Ce roman est donc comme un conte philosophique qui remettrait gentiment sur le droit chemin avec un peu d’humour.

Quant au narrateur (on ne saura pas son nom), il décide d’écrire une lettre au jour le jour, un peu comme un journal ou un testament, et ce n’est que vers la fin du livre que le lecteur comprend à qui il l’écrit.

Une belle lecture pour les challenges Animaux du monde, Lire en thème (en avril, auteur découverte, encore jamais lu), Littérature de l’imaginaire #8, Petit Bac 2020 (catégorie Animal pour chat) et Un mois au Japon (qui continue d’ailleurs en mai).

La griffe du chat de Sophie Chabanel

La griffe du chat de Sophie Chabanel.

Seuil, collection Cadre noir, mars 2018, 304 pages, 19 €, ISBN 978-2-02141-874-3.

Genres : littérature française, roman policier.

Sophie Chabanel a étudié à HEC Paris (1987-1990) et a d’abord travaillé en entreprise avant de se lancer dans l’écriture. Du même auteur : Le blues du chat (mars 2019). Plus d’infos sur son site pro, « Former, écrire, accompagner », http://www.sophie-chabanel.com/.

Café des Chats, Lille. Le propriétaire, Nicolas Peyrard, 38 ans, a été tué avec un Beretta, et un chat persan médaillé, Rubis, surnommé Ruru, a disparu. L’enquête est menée par la commissaire Romano et son adjoint Tellier. « Rarement vu un geste aussi propre. Haut niveau, première division, tout en haut du tableau. Ce qui est beau, c’est la cohérence : arme excellente, tir excellent, du sérieux de A à Z. » (le légiste, p. 24). Suicide ou meurtre maquillé en suicide ? C’est vrai que Peyrard était déprimé mais de là à se loger une balle dans le ventre… Il y a deux veuves, Solange Peyrard, l’épouse, co-propriétaire du Café des Chats, et Marion Caron, l’ex-épouse depuis dix ans, toutes deux soupçonnées mais « […] le crime passionnel animalier était une hypothèse plausible. » (p. 63).

Il y a plein de détails qui peuvent paraître inutiles pour l’enquête mais qui permettent de comprendre les personnages et de s’attacher à eux, en particulier les enquêteurs (Romano, Tellier…), leurs comportements, leurs façons de fonctionner… « […] le chef entra dans la pièce et regarda son jeune collègue, l’air ulcéré. Il nous descend un type et après il tourne de l’œil. Quand on supporte pas les armes à feu, on fait fleuriste. » (p. 232). Comme vous le voyez, un certain humour, gentil, pour une enquête classique, en dehors du fait qu’elle se déroule dans un bar à chats.

Un fonds historique sur Bailleul, ville de naissance de Nicolas Peyrard et de son meilleur ami, Alex Sanchez, devenu star de la télé (d’ailleurs le lecteur découvre aussi le monde du petit écran à Paris). Bailleul a été pratiquement détruite à 100 % durant la première guerre mondiale.

Après avoir lu Le blues du chat, j’ai normalement voulu lire le tome précédent, La griffe du chat et c’est un roman policier agréable à lire sauf si vous voulez du sanguinolent ! Mais si vous aimez les chats, vous serez aux anges.

Une bonne lecture pour le challenge Polar et thriller 2019-2020.