Toto Ninja Chat et l’évasion du cobra royal de Dermot O’Leary

Toto Ninja Chat et l’évasion du cobra royal de Dermot O’Leary.

Gallimard jeunesse, collection Grand format littérature, juin 2019, 208 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-07512-155-2. Toto the Ninja Cat and the Great Snake Escape (2017) est traduit de l’anglais par Karine Chaunac.

Genres : littérature anglaise, fantastique, jeunesse.

Dermot O’Leary naît le 24 mai 1973 à Colchester dans l’Essex (Angleterre). Il est Anglo-Irlandais. Animateur (radio et télévision) depuis 1998, il s’inspire de ses deux chats (Toto et Silver) pour se lancer dans l’écriture de cette série destinée à la jeunesse, Toto Ninja Chat (4 tomes pour l’instant). Toto Ninja Chat et le grand braquage du fromage (tome 2, 2019), Toto Ninja Chat et le concert de l’enfer (tome 3, 2020) et Toto the Ninja Cat and the Mystery Jewel Thief (encore non traduit en français, 2021).

Nick East, né le 28 février 1968 dans le Yorkshire, est un illustrateur jeunesse anglais.

Toto, une minette noire, et Silver, son frère gris, vivent avec un couple à Londres depuis trois semaines. Ils dorment mais Toto entend dehors un « vacarme infernal » (p. 9.) Toto est pratiquement aveugle mais elle a suivi une formation de ninja en Italie (les deux chats arrivent des Pouilles). L’intrus qui se nourrit dans la poubelle de Papa et Mamma est Alexandre Rattinoff XXXIII, surnommé Facedechat. Il dit être un chat mais j’ai plutôt l’impression que c’est un rat… !

Facedechat propose à Toto et Silver de leur faire visiter le quartier, Camden, et leur fait prendre le « métro des animaux » (p. 42). C’est le même que celui des humains mais les animaux voyagent sur le toit. Ce que découvrent Toto et Silver est magnifique, la cathédrale Saint-Paul, la tour de Londres, le palais de Buckingham, le Shard (le plus haut building de Londres). Les deux chats se font, en une nuit, de nouveaux amis, des chauves-souris, des corbeaux, des goélands, … et même les chiens de la Reine ! Et, au 10 Downing Street, Facedechat leur présente Larry le chat (qui bizarrement ressemble lui aussi à un rat).

Mais, alors que Facedechat raccompagne Toto et Silver chez eux, les trois amis se rendent compte que Camden est « en plein chaos animalier » (p. 62). Brian, « le célèbre cobra royal du zoo de Londres, un des plus dangereux reptiles au monde » (p. 67), s’est échappé ! Au zoo, après une rencontre avec le couple de tigres, Melati et Jae Jae, fort sympthiques (si, si !), les trois amis doivent s’enfoncer dans un égout où Brian s’est rendu pour manger des rats, un égout « sale, malodorant et humide » (p. 103).

Ah, j’avais bien deviné pour Facedechat ! Mais c’est vrai qu’il ressemble quand même un peu à un chat, du moins aux yeux de son père, « Henrich Rattinoff, 835e du nom, roi de Camden, Regent’s Park, Primrose Hill et des quartiers alentours » (p. 124) qui l’a banni de Ratville…

Rats et chats s’enfoncent dans le tunnel où Brian a été repéré : « […] un serpent gigantesque. Il avait l’air féroce. Il avait l’air terrifiant. Il avait l’air… endormi. » (p. 131).

Vous voulez savoir pourquoi Brian s’est enfui du zoo et lire une belle histoire d’amitié (d’amour même) ? Lisez ce premier tome de Toto Ninja Chat ! L’aventure et le suspense sont au rendez-vous et surtout c’est drôle et très bien illustré. Je l’ai acheté pour le Mois anglais, non seulement je ne regrette pas mais en plus j’ai hâte de lire les tomes suivants ! Sharon l’a également lu et apprécié.

Je mets aussi cette excellente lecture dans A year in England, Challenge de l’été #2 (Angleterre), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Animal pour Cobra royal) et Voisins Voisines 2021 (Angleterre).

Patte de velours, œil de lynx de Maria Ernestam

Patte de velours, œil de lynx de Maria Ernestam.

Gaïa, collection Kayak, octobre 2015, 120 pages, 9 €, ISBN 978-2-84720-649-4. Poche : Babel, n° 1619, mai 2019, 112 pages, 5,70 €, 978-2-330-10331-6. Öga för öga, tass för tass (2014) est traduit du suédois par Esther Sermage.

Genres : littérature suédoise, roman.

Maria Ernestam naît le 29 novembre 1959 à Uppsala en Suède (au nord de Stockholm). Elle étudie le journalisme à l’université d’Uppsala puis la littérature anglaise et les mathématiques à l’université de Göteborg (Suède) puis les sciences politiques et les relations internationales à l’université du Kansas (États-Unis). Elle vit ensuite plus de 10 ans à Francfort-sur-le-Main (Allemagne) avant de regagner la Suède. Son premier roman, Caipirinha med Döden (non traduit en français) paraît en 2005. J’ai rencontré Maria Ernestam en novembre 2013 dans le cadre du Prix La Passerelle 2013 (photos ci-dessous), elle a parlé quelques mots en français.

Début du printemps. Dans la campagne de Scanie. Sara et Björn, des citadins, emménagent avec leur chatte Michka dans une maison isolée qu’ils veulent retaper et il y a un jardin idéal pour Sara, paysagiste. Leurs seuls voisins, Agneta et Lars, semblent très sympathiques et ont également un chat, un Norvégien gris tigré, Alexander. « Une maison sans chat, ce n’est pas une vraie maison, dit Agneta. » (p. 27).

Les relations sont de plus en plus cordiales. « Entre voisins, ils allaient sûrement pouvoir se rendre service sans exiger en retour autre chose qu’un petit moment de sociabilité de temps en temps. » (p. 30) et « Tout allait donc au mieux. Sauf entre Michka et Alexander, le chat de Lars et Agneta. » (p. 33).

Mais… Il y a toujours un « mais », n’est-ce pas ? Agneta se montre jalouse, agressive, et aussi tyrannique qu’Alexander ! « Sara s’était endormie […]. Il y eut un bruit. […] Il y avait quelqu’un en bas. Un individu s’était introduit chez elle […]. » (p. 82).

Deux extraits sur Alexander, le matou terrible !

« Il n’était pas plus grand que ses adversaires, non, mais il avait le combat dans le sang. Ses gènes portaient les traces de générations de chats sauvages qui, ayant échappé au fléau du dorlotage, s’étaient battus pour leur survie et leur nourriture. » (p. 10). « Il ne connaissait pas la peur. » (p. 11).

Petite relecture puisque j’avais déjà lu ce roman en janvier 2016 mais je n’avais pas publié de note de lecture…. Vous l’aurez compris, tout n’est pas idyllique dans la campagne suédoise et ce roman est construit comme un thriller, la tension s’installant peu à peu et grandissant rapidement, mais il y a de l’humour et parfois j’ai (sou)ri, simplement ce roman est un peu trop court, il aurait mérité quelques pages de plus ! Heureusement, il est très bien écrit donc j’ai passé un bon moment de lecture. Un cadre bucolique mais…

Je mets cette lecture dans le Challenge Cottagecore (catégorie 3, propriétés et jardins dissimulés, pour la vie à la campagne et le jardin de Sara), Challenge lecture 2021 (catégorie 30, un livre dont l’histoire se déroule dans un pays européen, 4e billet), Challenge nordique (Suède) et Voisins Voisines (Suède).

Willis from Tunis – 10 ans et toujours vivant ! de Nadia Khiari

Willis from Tunis – 10 ans et toujours vivant ! de Nadia Khiari.

Elyzad (site en cours de maintenance… voir la page FB), décembre 2020, 296 pages, 27 €, ISBN 978-9-97358-126-6.

Genre : bande dessinée tunisienne.

Nadia Khiari naît le 21 mai 1973 à Tunis (Tunisie). Elle étudie les arts plastiques à Aix en Provence (France) et devient professeur d’arts plastiques à Tunis. Elle est dessinatrice, peintre et elle crée le chat Willis from Tunis en janvier 2011.

Willis from Tunis est un matou qu’utilise Nadia Khiari pour commenter avec humour la révolution sur les réseaux sociaux. Je n’ai malheureusement pas lu ses précédents tomes auto-édités : Chroniques de la révolution (2011), Willis from Tunis 2 (2012) et Manuel du parfait dictateur (2015). Mais je pense que ce n’est pas gênant pour lire 10 ans et toujours vivant.

Donc je découvre Willis même si j’avais lu quelques articles sur lui et son autrice car ils furent largement plébiscités et récompensés. Nadia Khiari, c’est « une sorte de Louise Michel, porte parole de la société civile tunisienne… Et porte parole des femmes » (Plantu dans sa préface, p. 7). Siné dit que Nadia est « couillue » et que Willis est « anar, mal embouché, alcoolo, volontiers libidineux, révolutionnaire et n’a peur de rien non plus ! » (p. 65). Quant à Nadia Khiari, voici ce qu’elle dit : « La révolution, c’est bon mais c’est long. » (p. 9), eh oui, 10 ans après, Willis et son humour grinçant sont toujours là.

Cette bande dessinée épaisse (presque 300 pages) est un florilège des dessins parus entre le 13 janvier 2011 (le tout premier) et le 23 août 2020, et pour chaque début d’année, l’autrice publie un article qui résume la situation.

Quelques extraits.

2011. « Après l’ivresse de la révolution… La gueule de bois de la révolution… Merde… Merde… Meeeerde… » (18 novembre 2011, p. 35).

2012. « Hé patron, y a un artiste qui nous aime pas ! Faut vite le coffrer !! – Il a atteint au sacré ? – Non. – Il paye ses impôts ? – Oui. – Il picole ? – Non. – Des chèques impayés ? – Non. – Une vie sexuelle débridée ? – Non. – Il fume des pétards ? – Non. – T’es sûr que c’est un artiste ? » (30 juin 2012, p. 53).

2013. « Un cocktail molotov, c’est comme une bouteille à la mer… Mais dans ta gueule !! » (25 juin 2013, p. 81).

2014. « Que peut-on espérer en 2014 ? – Fais un vœu. – Fais pas chier. » (1er janvier 2014, p. 95).

2015. « En cas de crise, trouvez un bouc émissaire. – Les femmes sont la cause de nos problèmes, de la décadence, du chômage ! – Alors, pourquoi on en veut 4 ? » (24 décembre 2015, p. 146).

2016. « Couvre feu en famille… – Pourquoi vous m’avez fait naître dans ce monde de merde ? Hein ? – On t’a fabriqué pendant le couvre feu de janvier 2011… On y croyait encore. » (23 janvier 2016, p. 155).

2017. « Plus de la moitié des jeunes Tunisiens veulent émigrer… Et les autres… – Mais maman, donne moi mon passeport !! – Jamais ! Tu es à moi ! À moi !! » (29 mars 2017, p. 181) mais je ne résiste pas à en mettre un deuxième : « 35 % des jeunes sont au chômage… – Une solution, M. le président ? – Qu’ils vieillissent. Vite. » (5 mai 2017, p. 183).

2018. « ‘Utopie’ = mot inventé par Thomas More, en 1516, dans son livre ‘Utopia’ et signifie ’lieu qui n’est nulle part’. – Je connais, j’y vais tous les ans en vacances. » (5 octobre 2018, p. 2015).

2019. « T’as entendu les révélations sur les tentatives de coup d’État ? – Oui, c’est fou ! On aurait donc un État ?! » (4 septembre 2019, p. 241).

2020. « Aujourd’hui, je vois tout en noir… Fais-moi rire STP. – Il faut faire confiance à l’État. – Hahahahaha » (25 avril 2020, p. 275).

En fait, en lisant, je me suis dit que j’allais choisir un dessin par an mais j’étais limitée car il fallait que le texte soit compréhensible (et amusant) sans le dessin. C’est pourquoi je vous invite à découvrir vous-mêmes cette excellente bande dessinée inspirée et drôle.

Que je mets dans La BD de la semaine et les challenges BD et Des histoires et des bulles (catégorie 19, une BD de plus de 200 pages mais elle aurait pu entrer dans la catégorie 8, une femme scénariste et illustratrice et dans la catégorie 13, des animaux comme personnages). Plus de BD de la semaine chez Stéphie (lien à venir).

Le chat blanc et le moine de Jo Ellen Bogart et Sydney Smith

Le chat blanc et le moine de Jo Ellen Bogart et Sydney Smith.

Kaléidoscope, février 2017, 32 pages, 13 €, ISBN 978-2-877-67921-3. The White Cat and the Monk (2016) est traduit de l’anglais par Élisabeth Duval.

Genres : album illustré canadien, Histoire médiévale.

Jo Ellen Bogart, l’auteur, naît le 20 octobre 1945 à Houston (Texas). Elle part au Canada en 1975 et devient citoyenne canadienne ; elle vit en Ontario. Elle est autrice de littérature jeunesse.

Sydney Smith est Canadien ; il vit à Halifax (Nouvelle-Écosse). Il est illustrateur depuis 2010 et a reçu plusieurs prix.

C’est la nuit ; un chat blanc sort de la forêt et s’introduit dans un monastère ; il sait exactement où aller : la cellule d’un moine est encore éclairée. Ces cases sont sans texte. Puis, à l’arrivée du beau chat, le moine commence : « Moi, le moine qui étudie, je partage mon logis avec Pangur, mon chat blanc. » (p. 10-11).

Une belle histoire d’amitié et de complicité entre le vieux moine et le chat. « L’un l’autre, nous aimons la vie que nous menons. Notre histoire est une belle histoire. » (p. 24-25).

Ma page préférée ? La page 19 avec le dessin pleine page ressemblant à un manuscrit sur lequel on voit le moine et le chat blanc.

Au IXe siècle, en Irlande, un moine bénédictin – dont le nom est inconnu – partage sa cellule avec un chat blanc et écrit un poème intitulé Pangur Bán. Ce poème est écrit dans un carnet nommé Reichenau Primer (il a été découvert à Reichenau, au sud de l’Allemagne) et il est conservé à la bibliothèque de l’abbaye Saint-Paul du Lavantall en Carinthie, en Autriche. C’est l’histoire de ce moine et de ce chat blanc (en gaéllique, pangur signifie qui redonne du gonflant au tissu et bán signifie blanc) que Jo Ellen Bogart raconte dans ce très bel album richement illustré par Sydney Smith.

Si vous avez besoin de calme, de quiétude, cet album est fait pour vous.

Une très belle histoire inspirée d’un poème du IXe siècle donc je mets cet album illustré dans 2021, cette année sera classique mais aussi dans Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda.

Métailié, collection Suites, mai 2012, 126 pages, 7 €, ISBN 978-2-86424-878-1. Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar (1996) est traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Marie Métailié.

Genres : littérature chilienne, novella.

Luis Sepúlveda naît le 4 octobre 1949 à Ovalle (Chili) mais grandit dans le quartier ouvrier de Santiago. Il pratique le football puis se lance en littérature. Étudiant, il soutient le gouvernement de Salvador Allende et il est emprisonné sous la dictature du général Augusto Pinochet en tant qu’opposant politique. Libéré, il est exilé en Suède mais va voyager en Amérique du sud (Équateur, Pérou, Colombie et Nicaragua) avant de s’installer en Europe (Allemagne puis Espagne). Militant à la Fédération internationale des droits de l’homme et à Greenpeace, il voyage régulièrement (Amérique du Sud, Afrique) et écrit (pour les adultes et pour la jeunesse). Il meurt le 16 avril 2020 à Oviedo (Espagne).

En mai 2017, j’avais lu L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, un recueil de très bonnes nouvelles, plutôt politiques, en poche. Après avoir lu Histoire d’une baleine blanche en février pour le Mois Amérique latine, j’avais très envie de relire encore cet auteur chilien. Je profite donc du Mois espagnol et sud américain.

Hambourg, Allemagne. Zorbas est un « chat grand noir et gros » (p. 17). La famille chez qui il vit depuis cinq ans part en vacances pour deux mois (un ami viendra le nourrir et nettoyer sa litière). « Deux mois pour se prélasser dans les fauteuils, sur les lits, ou sortir sur le balcon, grimper sur les toits, aller jusqu’aux branches du vieux marronnier et descendre le long de son tronc jusqu’à la cour, où il retrouvait les chats du quartier. Il n’allait pas s’ennuyer. Pas du tout. » (p. 22).

En plongeant pour attraper un hareng, Kengah, la mouette argentée, a été touchée par « la peste noire » (p. 23), c’est-à-dire une nappe de pétrole lâchée par un pétrolier qui nettoie illégalement son réservoir et, après maints efforts, s’étant arraché les plumes qu’elle n’arrivait pas à nettoyer, arrive à voler tant bien que mal. Elle atterrit sur le balcon où Zorbas prend le soleil. « C’était mon dernier vol, croassa la mouette d’une voix presque inaudible, et elle ferma les yeux. (p. 30). Avant de mourir, Kengah fait promettre à Zorbas trois choses : de ne pas manger l’œuf, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin et de lui apprendre à voler. Zorbas promet et court chercher de l’aide mais Kengah a pondu l’œuf et a rendu l’âme.

Je dois vous dire que Sepúlveda est un géant, il m’arrache des larmes, saloperie de pétrole ! L’intensité dramatique augmente mais Sepúlveda fait de l’humour avec les chats Secrétario, Colonello et Jesaitout que Zorbas a consultés. Quand ils arrivent sur le balcon, c’est trop tard pour Kengah, mais les quatre chats découvrent « l’œuf blanc taché de bleu » (p. 51) et enterrent la mouette sous le marronnier. Le code d’honneur des chats du port dit que la promesse d’un chat est la promesse de tous les chats. Pendant vingt jours, les chats étudient et Zorbas tient chaud à l’œuf tout contre son ventre jusqu’à ce que la coquille se craquelle. « Maman ! Maman ! cria le poussin qui avait quitté son œuf. » (p. 65). Zorbas, Secrétario, Colonello et Jesaitout s’attellent à nourrir l’oisillon et, après que le chat de mar, Vent-debout ait certifié que c’était une oiselle, ils décident de l’appeler Afortunata car elle « a eu la chance, la fortune de tomber sous notre protection » (p. 84). Afortunada grandit bien mais les chats se demandent toujours comment lui apprendre à voler… « Si on suit les instructions techniques et si on respecte les lois de l’aérodynamique, on peut voler. N’oubliez pas que tout est dans l’encyclopédie, affirma Jesaitout. » (p. 100).

Aussitôt acheté, aussitôt lu et chroniqué. Quel roman magnifique, d’une grande poésie ! Il parle d’animaux, d’humains et de leur folie avec le pétrole (s’il n’y avait que ça !), d’écologie, d’amitié, d’honneur, d’entraide. Un si court roman, tellement émouvant, tendre et puissant, qui parle de tant de choses… Le courage de cette mouette, l’amour de ce chat, la persévérance de cet oisillon et l’amitié des autres chats, un pur bonheur. Ce livre est un trésor comme Histoire d’une baleine blanche, un message engagé que les humains ne doivent pas ignorer. Si je peux, je reverrai avec plaisir le film d’animation, La mouette et le chat, qui lui est Italien.

Je mets ce coup de cœur dans Challenge lecture 2021 (catégorie, 13, un livre dont le titre comprend le nom d’un animal, 3e billet), Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9, Mois espagnol et sud américain, Petit Bac 2021 (catégorie Animal pour Mouette et Chat) et Projet Ombre 2021 (novella).

La planète des chats de Bernard Werber

La planète des chats de Bernard Werber.

Albin Michel, septembre 2020, 432 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-22645-585-7.

Genres : littérature française, science-fiction.

Bernard Werber naît le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il mêle conte, philosophie, science-fiction ou genre policier dans ses romans et ses nouvelles. Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

Après Demain les chats et Sa majesté des chats, il était logique que je lise le dernier tome de cette trilogie féline.

« Nous sommes sur le grand voilier Dernier espoir, nous avons traversé l’Atlantique en trente-cinq jours éprouvants, et face à nous surgit l’immense cité humaine qu’ils nomment New York ? » (p. 13-14). Mais la ville est envahie par les rats, peut-être cent plus qu’à Paris… !

Le lecteur retrouve donc les chats (Bastet, Pythagore, Angelo, Esméralda…), les humains (Nathalie, Roman Wells…) et les autres animaux comme le perroquet Champollion, le chien Napoléon ou le cochon Badinter. « En tout, nous sommes 274 passagers sur le Dernier espoir : 144 chats, 12 humains, 65 porcs et 52 chiens, un perroquet. » (p. 15). C’est qu’il y a eu beaucoup de dégâts parmi la troupe avant de quitter la France…

Pire, beaucoup de rats américains nagent, montent sur le bateau et font un carnage… Les survivants ne sont plus que sept ! Apparemment il n’y a pas en Amérique de raticide contrairement à que qu’ils espéraient… Ces sept survivants sont sauvés par des humains rescapés habitant au sommet d’un building mais ils ne sont maintenant plus que cinq… « Je crois que je déteste l’Amérique. » (p. 66). Et Bastet, toujours narratrice, déteste aussi le chat Bukowski qui a mangé Champollion…

Bastet rêve encore de devenir reine et prophète mais les rats américains sont vraiment nombreux et dangereux. « Ne pas penser à Pythagore, ne pas penser à Champollion, ne pas penser à tous mes compagnons de voyage du Dernier espoir. Ne pas penser aux rats. » (p. 95). Mais les choses peuvent-elles s’arranger ? « Quoi qu’il vous arrive, il peut encore arriver bien pire. » (p. 143). Pas très encourageant… « Il faut que je garde mon calme. J’ai un objectif à atteindre, j’ai une intention claire. » (p. 203) et, en pensant à la présidente des États-Unis, « Elle ne fait que réclamer ma soumission parce qu’elle est un être exclusivement tourné vers le pouvoir. Mais elle n’a pas de vision sur le long terme. Elle gère le présent mais pas le futur. Elle a besoin de moi et non le contraire. » (p. 204). Parfois philosophe, parfois drôle, Baster doute mais essaie d’avoir toujours des idées pour s’en sortir.

Comme dans les deux premiers tomes, Bernard Werber développe sa fiction avec des notions scientifiques ou historiques. Deux exemples. « Entre / Ce que je pense / Ce que je veux dire / Ce que je crois dire / Ce que je dis / Ce que vous avez envie d’entendre / Ce que vous croyez entendre / Ce que vous entendez / Ce que vous avez envie de comprendre / Ce que vous croyez comprendre / Ce que vous comprenez / Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. / Mais essayons quand même. » (Edmond Wells, p. 374). « Marc Aurèle est l’unique cas d’empereur philosophe. Né en 121 après Jésus-Christ à Rome, il accéda au pouvoir suprême à quarante ans et se montra bon politicien, fin stratège, mais aussi écrivain et homme de sagesse. Sous son règne, l’Empire romain connut son apogée […]. » (p. 395) dans « Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Volume XIV ». Vous vous rappelez que Bastet a accès à cet ESRA grâce à son troisième œil implanté.

Bastet et les survivants réussiront-ils à sauver le monde des rats ? La planète des chats est, malgré l’hécatombe parmi nos amis humains et animaux, une bonne conclusion à cette histoire. Je rappelle ce que j’ai dit précédemment, ce n’est pas de la grande littérature mais il y a de beaux moments, l’auteur ainsi que Bastet se montrent enjoués, c’est parfois émouvant, et le tout est agréable à lire.

Voilà, trilogie terminée ! Je lirai peut-être un autre titre de Bernard Werber un de ces jours (avez-vous un très bon titre à me proposer ?).

Pour Animaux du monde #3 (chats, rats…), Challenge lecture 2021 (catégorie 13, un livre dont le titre comprend le nom d’un animal avec chats), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Animal avec chats) et Printemps de l’imaginaire francophone 2021.

Charlock 2 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 2 – Le trafic de croquettes de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-180-4.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

New York, 1917. Dans une précédente vie, Charlock était aux États-Unis. Son ami est Claude, un pigeon qui louche « et yoyote un peu du ciboulot. » (p. 12). Soudain, des aboiements… « La bande des Pet shop Dogs ! s’exclame Charlock. » (p. 14). Les chiens poursuivent « deux membres des Chappuccini ! s’alarme Charlock en voyant deux chats de gouttière en fuite […]. » (p. 16).

Parmi les Chappuccini, Spaghetti, Pavarotti, chat fait maffia, non ? Bon, en fait, les chats et les chiens vivent depuis des années en paix (si si !) mais là, les chiens, Ed le loubard en tête, accusent les Chappuccini d’empoisonner leurs croquettes. C’est que « Celui qui a les croquettes, a le pouvoir, lâche le cocker à la frange. » (p. 26).

Les croquettes sont-elles pourries ? Empoisonnées ? Voici une enquête pour Charlock qui est prêt à rencontrer le chef des Pet shop Dogs, Mister V, dans son repaire !

Cette deuxième enquête est tout aussi échevelée et drôle que La disparition des souris. En dehors de Charlock, les personnages sont différents et le jeune lecteur peut être surpris mais il se laissera emporter par l’histoire sans problème. Les dessins qui illustrent le texte ou qui sont en pleine page ou double page comme l’ancien gymnase (p. 38-39) sont superbes (quel talent il a ce Lacombe !).

Je vous conseille vivement cette série jeunesse et j’espère que d’autres tomes paraîtront !

Une agréable lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Charlock 1 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 1 – La disparition des souris de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-906-0.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

« Charlock est un chat. » (p. 7). Et un chat bleu, ce qui n’est pas banal. « Charlock est très observateur et répond toujours présent pour résoudre les enquêtes, même les plus difficiles. » (p. 8).

Paris, 1975. Charlock vit depuis deux ans avec Mamzel Marcelle. Lorsque son humaine n’est pas là, il s’ennuie un peu mais un jour, il rencontre une toute petite souris, Magali, et « ils devinrent bons amis. » (p. 23). Mais, lorsque Magali disparaît, Charlock rameute ses copains du quartier avec Choupachoups le lapin voisin. « Elle est peut-être allée chasser des oiseaux ? demande le chat Mallow. – Ou bien croquer les mollets du facteur ? ajoute Wawa le chihuahua. – Je suis sûr qu’elle admire la vue en haut d’un arbre, dit à son tour Cacahuète le cacatoès. » (p. 34-35). Mais Magali n’est nulle part et Charlock se résigne à la chercher au Royaume des souris mais dans le grenier, qu’il ne connaît pas, il fait très noir… Mais c’est là qu’il apprend que les souris disparaissent. Pourquoi ? Comment ?

La disparition des souris est le premier tome des enquêtes de Charlock (clin d’œil à Sherlock bien sûr). Déjà, le livre est très beau (format poche plus grand, 14 x 19 cm), avec de jolis rabats (soulevez-les, il y a des illustrations et du texte en-dessous) et de magnifiques illustrations en couleurs de Benjamin Lacombe dont certaines sont pleine page ou double page. Le récit de Sébastien Perez est précis et pétillant pour les enfants (dès 8 ans) et drôle ; il revisite la légende de Hamelin. Les animaux sont attachants, complémentaires et ont chacun leurs particularités ; ils enquêtent ensemble mais c’est plutôt Charlock qui réfléchit. « Élémentaire mon cher Wawa ! » (p. 48).

C’est après avoir vu un billet chez Sharon que j’ai eu envie de lire Charlock (je sais que, comme moi, elle aime les chats). Bien m’en a pris ! Et heureusement j’ai le tome 2 : Le trafic de croquettes !

Une chouette lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Sa majesté des chats de Bernard Werber

Sa majesté des chats de Bernard Werber.

Albin Michel, septembre 2019, 464 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-226-44483-7.

Genres : littérature française, science-fiction.

Bernard Werber naît le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il mêle conte, philosophie, science-fiction ou genre policier dans ses romans et ses nouvelles. Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

Après avoir dévoré le premier tome, Demain les chats, j’ai voulu lire la suite mais j’ai dû attendre mon tour (roman très demandé et réservé à la bibliothèque).

La narratrice est toujours Bastet ; elle a 3 ans. Elle doit raconter parce que « Tout ce qui n’est pas raconté est oublié. Et tout ce qui est oublié, c’est comme si cela n’avait jamais existé. Raconter une histoire revient à la rendre immortelle » (p. 14). Pour « les récentes aventures qui m’ont transformée de simple chatte d’appartement en conquérante visionnaire » (p. 19), voir le premier tome de la trilogie et pour le projet de « faire communiquer entre elles toutes les espèces » (p. 19), vous en saurez plus en lisant ce deuxième tome.

Bastet fait un petit résumé de l’Effondrement (attentats terroristes, guerre civile, épidémie de peste) et raconte que, depuis la bataille contre les rats, 6 mois auparavant, chats et humains (survivants) vivent « tranquilles sur l’île aux Cygnes » (p. 28). Mais les rats risquent de revenir… toujours plus nombreux, comme l’expliquent deux chats blessés. Les différentes hordes de rats se sont alliées et s’en prennent à tous les êtres vivants (humains, chats, chiens, oiseaux, bétail…). Sur les conseils de Pythagore, tous partent sur l’île de la Cité (le quartier de Notre-Dame).

Mais des dizaines de milliers de rats, conduits par Tamerlan (qui a, comme Pythagore, un troisième œil) font état de siège et le groupe des humains et des chats doit trouver rapidement une solution : ce sera par les airs et il faudra trouver des alliés par-delà les lignes de rats.

« Ce n’est pas que j’apprécie particulièrement la guerre, je ne suis pas comme mon fils qui prône la violence comme distraction, mais je sais que l’une des lois de la nature est aussi la confrontation des espèces ; les chats mangent les souris. Il arrive même que les plantes s’y mettent et que du lierre fasse la guerre à des oliviers en les étouffant avec ses longues tiges. Et puis, parfois, les chats sont en rivalités avec des chiens ou des rats. Alors, ce n’est pas de gaieté de cœur, mais il faut bien se défendre, tuer pour ne pas mourir. […] C’est Pythagore qui m’a fait prendre conscience de cette logique et je lui en suit reconnaissante. » (Bastet, p. 138-139).

C’est un plaisir de retrouver Bastet et son fils Angelo, Pythagore, le lion Hannibal, Nathalie, etc. De nouveaux personnages apparaissent au fil du roman, un taureau exceptionnel, des cochons et leur roi Arthur, Roman Wells un humain de l’université d’Orsay, Champollion un perroquet spécialiste des langues et des sons… Mais attention au carnage… Beaucoup n’y survivront pas… Par contre, il y a des moments drôles ; par exemple, connaissez-vous le « chat-kwando » et le « cri qui fige » ?

Comme dans le premier tome, l’auteur distille pas mal d’informations historiques ou scientifiques au fur et à mesure que Bastet apprend avec Pythagore et l’ESRA (l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu). Nathalie lui dit que, pour créer une civilisation, elle doit comprendre l’humour, l’amour et l’art. « Franchement, si on vous propose de pratiquer sur vous une expérience qui vous rendra plus intelligent, n’hésitez pas, acceptez, cela vaut le coup. Pour ma part je ne regrette vraiment pas. » (Bastet, p. 241). Elle est prête à tout, Bastet : «  C’est à moi qu’incombe la mission de sauver le monde et à personne d’autre, car je suis une ancienne déesse. » (p. 333).

J’ai trouvé ce deuxième tome un peu plus profond que le premier (pas seulement au niveau humain et écologique), un peu plus violent aussi (je ne sais pas si c’est lié !). Je le redis, ce n’est pas de la grande littérature mais c’est enjoué, maîtrisé, agréable à lire alors j’attends maintenant le troisième et dernier tome.

Pour les challenges Animaux du monde #3, Littérature de l’imaginaire #8 et Petit Bac 2020 (catégorie Animal avec chats).

Le vieil homme et son chat 1 de Nekomaki

Le vieil homme et son chat n’ont plus peur des chiens (1) de Nekomaki.

Casterman, septembre 2018, 176 pages, 15 €, ISBN 978-2-20315-566-4. Neko to jiichan 1 (2015) est traduit du japonais par Ryôko Sekiguchi et Wladimir Labaere.

Genres : manga, roman graphique.

Nekomaki ねこまき serait un couple de dessinateur et scénariste passionné par les chats et les chiens. Du même auteur : Mameneko adapté en série animée [site officiel en japonais]. Trois autres tomes sont parus et un cinquième tome est prévu pour cet automne (voir ci-dessous).

Japon, une petite ville côtière surnommée la ville aux chats. Daikichi, 75 ans, instituteur à la retraite, veuf depuis deux ans, vit avec son chat, Tama, 10 ans. « Bienvenue dans la ville des pépés, des mémés et des chats. » (p. 16). Tama a promis à Mémé, avant qu’elle parte, de veiller sur Daikichi.

Au fil des saisons, printemps, été, automne, hiver (très important les 4 saisons au Japon), le lecteur émerveillé suit tout simplement le quotidien de Tama, de Daikichi et de son voisin et ami d’enfance, Iwao, 75 ans, pêcheur à la retraite.

Et (re)voit aussi des souvenirs, comme par exemple en 1960, la rencontre avec Mémé grâce au chat Mika, ou en 1950, avec Iwao dont la mère cuisine des poulpes.

Iwao n’aime pas trop les chats mais, comme il continue de pêcher pour le plaisir, il a toujours du poisson et ça attire les chats. « Et après, il s’étonne que tous les matous de l’île l’adorent… » (p. 86).

Parfois Tsuyoshi, le fils unique de Daikichi, vient rendre visite à son père mais il n’aime pas le savoir seul à son âge…

Cette bande dessinée, ou roman graphique, m’a remplie de nostalgie du Japon ; c’est beau, c’est paisible, c’est tendre, c’est drôle…

Les autres tomes de Le vieil homme et son chat. Tome 2 – Se sont fait les griffes (juin 2019). Tome 3 – Se frisent les moustaches (octobre 2019). Tome 4 – Boivent du petit lait (juillet 2020). Tome 5 – Retombent toujours sur leurs pattes (à paraître en octobre 2020). Il me les faut !!!

Pour les challenges Animaux du monde #3, BD (nouveau lien à venir si le challenge continue d’août 2020 à juillet 2021), La BD de la semaine (qui est pourtant en vacances) et Challenge de l’été (Japon).