Le journal de Gurty : Parée pour l’hiver de Bertrand Santini

Le journal de Gurty : Parée pour l’hiver de Bertrand Santini.

Sarbacane, collection Pépix, novembre 2016, 176 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-84865-873-5.

Genre : littérature jeunesse.

Bertrand Santini naît à Aix en Provence et travaille d’abord comme graphiste (affiches de cinéma) puis comme scénariste (séries animées) avant de devenir auteur : plusieurs albums illustrés pour la jeunesse et des romans, Le Yark (2011), Jonas le requin mécanique (2014) et Hugo de la nuit (2016) qui ont reçu des prix littéraires.

Après avoir lu – et énormément apprécié – le premier tome de Miss Pook et les enfants de la lune, j’ai voulu lire d’autres romans de Bertrand Santini. Je me suis donc lancée dans la série Le journal de Gurty et j’ai vraiment bien ri avec le premier tome, Vacances en Provence. J’ai enfin lu le deuxième tome, Parée pour l’hiver et je lirai dès que possible les tomes suivants, Marrons à gogo (2017) et Printemps de chien (2018).

C’est l’hiver et la narratrice, Gurty, une petite chienne, est heureuse ! C’est que Gurty, comme tous les chiens, aime être heureuse ! Elle « adore être en vie, comme ça on peut se balader, faire des bises et manger des plats. Dans la vie, le plus génial, ce sont les vacances, car on peut tout le temps se balader, faire des bises et manger des plats. » (p. 7). Ça tombe bien, son humain, Gaspard est en vacances. C’est parti, Paris – Aix en Provence en train (comme pour les vacances d’été) ! Le lecteur suit donc Gurty et Gaspard entre le 4 et le 25 décembre. Gurty retrouve la maison de Provence qui sent bon, la maison de Pépé Narbier avec sa chienne, Fleur, et aussi « le pire chat du monde, Tête de Fesses, mon ennemi préféré » (p. 39) et le vilain écureuil qui fait hi hi.

J’ai bien ri avec les noms de clubs des chats (p. 77) et j’ai aussi beaucoup ri avec les œufs (p. 79) et l’omelette (p. 102-103).

Bref, on s’amuse encore beaucoup dans ce deuxième tome et tout serait parfait si ce n’est les horribles fiancées de Gaspard… Enfin surtout une, une certaine Myrtille… Gurty est alors « rayée de la carte, zappée, biffée, niée, jetée aux oubliettes, dans le trou des toilettes, remisée au placard, tirez la chasse, merci et bonsoir. » (p. 111). Vous l’aurez compris, Gurty est une chienne très intelligente qui, en plus d’écrire son journal chaque jour, a de l’humour, aime les listes et connaît pas mal de vocabulaire !

Vous avez envie d’être heureux, comme Gurty et Fleur, ce qui inclut de manger, jouer, courir, une vie de chien, quoi ! Alors lisez le Journal de Gurty ! Vous passerez un super moment. Et, en fin de volume, il y a un cahier de jeux de 14 pages !

Une lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire 2018.

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Le château des chiens perdus de Gudule

En hommage à Gudule (1945-2015) [mon coup de blues].

ChateauChiensPerdusLe château des chiens perdus de Gudule.

Le Livre de Poche Jeunesse [lien], collection Fantastique, octobre 2003, 92 pages, entre 1,24 € (occasion) et 4,49 € (numérique), ISBN 978-2-01322-208-2. Originellement paru aux éditions Hachette Jeunesse en 1996, ce roman a été également réédité en septembre 2010.

Genres : littérature jeunesse, fantastique.

Gudule, comme je le disais hier, est une auteur belge née le 1er août 1945, à Ixelles (commune de Bruxelles). D’abord journaliste, elle devient romancière et nouvelliste. Elle écrit, pour la jeunesse et pour les adultes, des histoires plutôt fantastiques, étranges, et traitant de nombreux thèmes (enfance, traumatismes, misère, racisme, maladie, folie…).

Comme j’ai déjà lu quelques titres de Gudule et que je voulais, pour cet hommage, en lire un autre qui soit rapide (court), j’ai choisi Le château des chiens perdus.

Mickette est mécontente : son père a une copine, Laurence. Et elle s’ennuie : pas de vacances à la mer cet été car Laurence les a invités pour un mois dans sa maison à la campagne. Un trou perdu… Mais, au petit musée du village, Mickette voit le tableau de la comtesse de Paniépiano – un monstre ? un fantôme ? – entourée de ses molosses. Le lendemain, elle se rend au château alors que le gardien du musée lui a dit de ne jamais s’en approcher. « L’endroit est si lugubre qu’en dressant l’oreille elle croirait presque entendre les chiens de la légende aboyer dans le lointain. » (p. 30). Elle rencontre un garçon dont le chien, Fripouille, a disparu… comme tous les chiens du village ! Est-ce le fantôme de la comtesse qui enlève les chiens qu’on entend aboyer la nuit ?

J’imagine très bien les jeunes lecteurs frissonner durant leur lecture ! Le récit est linéaire mais bien amené, l’histoire est simple mais intrigante avec un suspense grandissant et le lecteur a lui aussi l’envie d’entrer dans ce château hanté pour y découvrir ce qu’il s’y passe. Au-delà de cette aventure fantastique, Gudule aborde plusieurs thèmes qui pourront toucher les petits comme les grands : la relation d’une fillette qui vit seule avec son père, l’irruption d’une autre femme dans la vie d’un père célibataire (ou divorcé ou veuf), le problème des vacances loin de ses copains et de ses habitudes, la découverte de la vie à la campagne, la croyance en un monde surnaturel (ici, fantômes), la volonté de protéger les plus faibles/fragiles (ici, le petit garçon qui pleure son chien), le courage d’y aller et de faire une belle action, l’amitié/l’affection entre un enfant (ou un adulte) et son animal (ici, le chien). Gudule réussit ainsi à écrire une histoire fantastique, sociale et profondément humaine, le tout avec humour.

Il est possible de retrouver Mickette dans d’autres aventures : Aie peur et tais-toi !, La boutique maléfique, Danger camping maudit, Dans les griffes du Papagarou, L’école qui n’existait pas, Les tags attaquent ! (réédités pour la plupart en janvier 2006).

Voilà, c’était mon hommage à Gudule ; paix à son âme et une pensée pour ses proches.