Fanette et Filipin

Après avoir lu un article sur ce magazine Fanette et Filipin que je ne connais pas du tout, j’ai eu envie de le découvrir, au moins lire quelques infos supplémentaires, voir quelques extraits, feuilleter quelques pages. J’ai eu le plaisir de télécharger intégralement un ancien numéro, le n° 3 Hiver (2013-2014).

Les histoires / contes – Dans « Un frais matin d’hiver », graines pour les oiseaux, bataille de boules de neige entre Filipin et Queue blanche le lapin, et un magnifique lever de soleil sur la colline. Dans « Le petit cochon rose », le Prince de la forêt pense qu’il faudrait habiller les animaux pour qu’ils n’aient pas froid. Dans « Un oiseau reconnaissant », un pauvre jeune homme soigne une grue blessée puis reçoit une jolie jeune fille perdue dans la forêt. Dans « Le chamois solitaire », un malheureux chamois, seul rescapé d’une attaque de chasseurs, erre désespérément et trouve un nouveau troupeau qui l’accueille.

Les rubriques – Dans « Ma forêt en liberté », c’est l’histoire de « Museaufin et le hérisson », un renard affamé car tout est recouvert de neige et qui rencontre un hérisson. « La vie des animaux » parle de l’hibernation. « Enfants de la Terre », pour découvrir les enfants des autres pays, raconte « La petite danseuse de Bharata natyam » en Inde. Et une petite rubrique papeterie et parutions de livres des éditions Belle émeraude.

Les jeux – Différences, animaux cachés, un plateau de jeu à fabriquer « Le blaireau et la renarde », les dessins de forme (des dessins géométriques), des petits lutins à construire en feutrine, une séance de peinture pour une « promenade dans le monde magique de la couleur ».

Il y a même une jolie poésie, « Petits flocons brillants », des recettes (et j’ai bien envie de cuisiner ce Curry de lentilles) et « Le coin des parents » avec une intéressante « Promenade au royaume des contes ».

Fanette est une fillette très attachée à la Nature, aux animaux, aux saisons ; son meilleur ami est Filipin, un lutin des bois habillé de vert. Dans chaque numéro (52 pages), des histoires, des contes du monde entier, des animaux selon la saison, des rubriques pour « imaginer et s’émerveiller ».

Les dessins sont peints avec des couleurs pastels, je trouve que c’est poétique et reposant, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Il y a un petit côté désuet qui me plaît bien mais qui déplaira peut-être à d’autres adultes.

Le magazine, basé dans un petit village de Savoie (Villard-sur-Doron), existe depuis janvier 2013. Il est préconisé pour les 3-10 ans et il y a beaucoup de textes donc bien sûr les plus jeunes liront avec des grands. En fait, les histoires et les rubriques sont répertoriées par couleur : bleu-vert à partir de 3 ans, mauve à partir de 6 ans, violet à partir de 7 ans, vert kaki à partir de 9 ans, ainsi le magazine suit l’enfant (et inversement) pour des années !

Fanette et Filipin se veut un magazine pour la jeunesse, un magazine « qui enchante l’imaginaire », alternatif, naturel, sans publicité et son seul défaut est qu’il coûte un peu cher : 12 € le numéro (mais par trimestre).

Sur la page FB du magazine, vous trouvez en plus des illustrations, des photos, un calendrier mensuel, des vidéos…

Une charmante revue à découvrir si vous avez des enfants ou des petits-enfants curieux qui aiment les belles histoires, les contes, les jeux et les animaux !

Je mets cette lecture dans le Pumpkin Autumn Challenge pour le Menu 3 – L’automne enchanteur dans la rubrique Féérique citrouille, bibbidi-bobbidi-boo : lire un conte féerique ou du Nature writing. Et on a ici plusieurs contes avec des animaux et la Nature 😉

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Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, 2016, 34 pages, 19 €, ISBN 978-2-970106-89-0.

Genres : album illustré, conte.

Henri Meunier, né en 1972 à Suresnes, vit à Londres. Étudiant en Arts plastiques puis travailleur social à Bordeaux, il est écrivain, plutôt pour la jeunesse. Du même auteur chez Notari : les albums La mer et lui, La rue qui ne se traverse pas également illustrés par Régis Lejonc.

Régis Lejonc, né en 1967 à Suresnes, a grandi à Annecy, vit et travaille à Bordeaux. Il est illustrateur pour plusieurs éditeurs. Plus d’infos sur sa page FB.

C’est l’hiver, janvier est froid. Aurore, la quarantaine, se prépare pour sortir. « Elle s’apprécia une dernière fois dans le miroir. ‘La plus belle, c’est moi. Et merde à Blanche Neige !’, gloussa-t-elle. » (p. 5). En partant, elle s’arrête à la boulangerie et achète une galette des rois. Aurore pense à ses enfants, aux prochaines vacances, c’est une femme heureuse. En fait, elle va rendre visite à un vieillard qui vit seul dans une chaumière perdue en pleine forêt. « […] un pavillon de chasse délabré. Le fantôme d’une superbe passée. » (p. 9). Vous serez surpris de découvrir le vieillard impotent !

C’est la troisième fois que je lis cet album ! En numérique d’abord, en papier ensuite (un bel album, grand format, superbe ambiance réaliste, feutrée, mystérieuse) et de nouveau en numérique parce que je veux en parler sur le blog. Et je remercie les éditions Notari de me l’avoir envoyé en numérique.

Les images en aquarelle sont magnifiques, elles ressemblent à des gravures, mais l’histoire de cet album illustré pour « les grands » est surprenante. Une histoire de grandeur d’âme, de pardon peut-être, de vie épanouie et équilibrée assurément, avec une référence à un célèbre conte.

Le cousin de Mahomet de Nicolas Fromaget

cousinmahometLe cousin de Mahomet de Nicolas Fromaget.

Anacharsis, septembre 2007, 240 pages, 17 €, ISBN 978-2-914777-41-4.

Genres : roman picaresque, conte oriental.

Nicolas Fromaget – les spécialistes ne sont pas sûrs de son prénom – (17..-1759) était un contemporain de Voltaire. Répertorié dans le Dictionnaire des théâtres de Paris en 1767, il a écrit pour le théâtre de l’Opéra comique. Le cousin de Mahomet (sûrement entre 1750-1759) est son dernier ouvrage, plusieurs fois réédité de façon plus ou moins confidentielle et donc plusieurs fois tombé dans l’oubli ! On sait peut de choses sur Fromaget et il n’existe qu’un seul portrait le représentant. Mais on apprend pas mal de choses dans la préface de l’éditeur et dans la postface de Jacques Domenech.

fromagetportraitÀ cause d’une punition qu’il juge injustifiée, un jeune espiègle de 16 ans – plus tard surnommé Parisien l’Écolier – quitte le collège, sa famille et Paris pour l’aventure. Ses pas le conduiront d’abord à Marseille où il rencontre un ami (Dumont) qui rejoint son oncle cuisinier à Constantinople. Il ira donc en Turquie ! On est en 1714. Tour à tour fugitif, marmiton, esclave, apprenti maçon, musicien, employé de maison…, il sera souvent châtié mais jamais châtré ! Et connaîtra charnellement de nombreuses jeunes femmes, toutes plus belles les unes que les autres, à la fois Turques et étrangères (une Géorgienne et une Espagnole entre autres). « Aimé, caressé de la patronne, traité fort humainement par le patron, j’étais le plus heureux esclave de Constantinople. Je jouissais d’une liberté presque entière. » (p. 51). Amour, bonne chère, vin, raffinement, désir et plaisir avec Kakma, Mirzala, Jonquille, Zambak, Nedoüa, etc.

un-mois-un-editeurDeux extraits

« Je l’avais guérie de la manie qu’elle avait d’être battue ; elle avait compris sans peine qu’il était plus gracieux de recevoir des caresses d’un amant que des coups. » (p. 59). Eh oui, au XVIIIe siècle (et certainement avant et après), les femmes turques trouvent normal d’être battues, c’est pour elles un gage d’amour !

« Si Ménekcké m’eut suivi en France, il eut fallu l’épouser. Elle est belle, spirituelle, caressante et extrêmement vive sur le chapitre de l’amour ; mais ce qui rend un amant heureux fait souvent un mari misérable. » (p. 209).

ChallengeClassiquesPereGoriotDes descriptions instructives et réalistes sur l’empire ottoman et la vie à Stamboul au début du XVIIIe siècle mais c’est répétitif, un peu ronflant et les notes en bas de pages sont vraiment très nombreuses… (Bon, je préfère quand même lorsqu’elles sont en bas de page plutôt que tout à la fin). De plus, il n’y a pas de chapitres donc le livre se présente en un seul bloc ! C’est rédhibitoire… Je me suis ennuyée ferme mais je parle quand même de ce livre car je devais le présenter dans le cadre de Un mois, un éditeur organisé par Sandrine du blog Yspaddaden – Tête de lecture, l’éditeur choisi pour le troisième mois étant Anacharsis (j’ai donc quelques jours de retard, c’était l’éditeur de décembre…). Je conseille ce Cousin de Mahomet aux lecteurs qui aiment le badinage, les friponneries et le libertinage. Quant à moi, je préfère relire Voltaire !

RaconteMoiAsie2Je le mets dans le challenge Classiques pour décembre car je l’ai lu fin décembre durant la Semaine à lire #1 mais comme j’ai du retard dans la publication de ma note de lecture… Et dans Raconte-moi l’Asie #2 pour la Turquie. Et dans le Défi Premier roman 2017 car, s’il a écrit pour le théâtre et l’opéra, j’ai l’impression que c’est son premier (et seul) roman.

Celui-là est mon frère de Marie Barthelet

celuilaestmonfrereJ’ai comme l’impression d’être à la bourre en cette fin d’année et d’avoir plein de billets non publiés… Il faut dire que les deux semaines de panne Internet mi-décembre [lien] n’ont pas arrangé les choses… Bon, eh bien, je publie ce que je peux, sans vous envahir, et le reste viendra en 2017 !

Celui-là est mon frère de Marie Barthelet.

Buchet-Chastel, août 2016, 167 pages, 14 €, ISBN 978-2-283-02974-9.

Genre : premier roman.

Marie Barthelet… Peu de choses sur elle ! Elle vit en Bourgogne où elle est « animatrice du patrimoine » et responsable d’un musée.

68premièresfois2016Le narrateur est l’homme qui dirige le pays. Il n’a pas été élu démocratiquement car il a hérité le pouvoir de son père mais il n’est apparemment pas un dictateur. Son frère, parti depuis plus de dix ans, est de retour. « Je voulais être heureux, simplement heureux de te revoir. Pardonner ta trahison d’il y avait plus de dix ans. » (p. 15) mais « Tu ressemblais si peu à celui que tu avais été… Tu paraissais inversé, retourné, comme un vêtement dont je découvrais la face intérieure. Ou comme un soldat dont on a rincé l’intelligence pour l’envoyer agir contre son propre pays. » (p. 16-17).

rentreelitteraire2016Il semble que l’histoire se situe dans un pays du Moyen-Orient ou du Proche-Orient car l’épouse du président se nomme Wadjat et leur fils de neuf ans s’appelle Qamar (deux prénoms arabes). Mais le lecteur ne saura ni le prénom du chef d’État, ni celui du frère, ni le nom du pays. Qu’importe, ce qui compte, c’est la relation entre les deux hommes, leur enfance, adolescence, amour, complicité, la trahison du frère (un étranger adopté alors qu’il était orphelin), son retour et son acharnement à détruire la famille et le pays qui l’ont accueilli, nourri, éduqué, élevé dans la hiérarchie sociale. Les fléaux qui s’abattent sur le pays font bien sûr penser aux plaies d’Égypte et le terme de Hilotes pour parler du « groupuscule d’agitateurs », le peuple du frère – qui apparaît comme une espèce de fils prodigue mais maléfique – ressemblent aux serfs (attention, ce ne sont pas des esclaves) de la Grèce antique mais le roman se situe plutôt à notre époque. Ainsi Antiquité et époque moderne vivent le même genre d’événements… Fraternité, amitié, amour, éducation, intelligence, respect, tout ça est balayé pour une sombre histoire de vengeance, pour le soulèvement d’un peuple, opprimé certes – ou d’un seul homme entraînant un peuple – qui veut gouverner à la place de l’autre, qui veut sa part du gâteau ! Je suis sous le choc après la lecture de ce premier roman, vraiment très bien écrit (Marie Barthelet est assurément une jeune romancière à suivre !) : oui le peuple opprimé a le droit d’avoir des droits et de vivre libre mais à quel prix ? Celui de la trahison et de la destruction de l’autre ? Celui-là est mon frère est un conte oriental – philosophique dans la lignée de Voltaire et Fromaget (cet auteur, inconnu, c’est parce que je suis en train de lire Le cousin de Mahomet !) – intemporel avec un message puissant – et dérangeant – qui pousse le lecteur à se mettre des deux côtés et à réfléchir.DefiPremierRoman2016

Je remercie Antigone qui m’a envoyé cet excellent roman dans le cadre des 68 premières fois 2016 et je le mets dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2016 et Défi Premier roman 2016.

Oh la vache ! de David Duchovny

OhLaVacheDuchovnyComme hier, je parlais de taureau, voici aujourd’hui une lecture plus… vache !

Oh la vache ! de David Duchovny.

Grasset, janvier 2016, 210 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-246-85743-3. Holy Cow (2015) est traduit de l’américain par Claro.

Genres : littérature américaine, conte animalier.

David Duchovny est né le 7 août 1960 à New York (États-Unis). Il a étudié la littérature anglaise à Princeton puis à Yale et l’art dramatique. Il est non seulement acteur (quelques publicités à ses débuts puis films et séries) mais aussi réalisateur, scénariste, producteur et même compositeur et chanteur ! Je me suis dit qu’à défaut d’aimer les célèbres séries X-Files et Californication, j’aimerais pourquoi pas son premier roman, Oh la vache !

Elsie est une vache, « née dans une petite ferme au nord de l’État de New York » (p. 13). Pendant trois ans, elle a vécu sa vie de génisse, avec sa copine Mallory, heureuse même si sa mère a disparu. Mais une nuit, en se rapprochant de la maison des humains, elle voit à la télévision – qu’elle appelle le Dieu de la Boîte – d’horribles images d’abattoirs… « Les humains doivent mériter le droit d’être traités de nouveau d’animaux. » (p. 61). Plus tard, elle voit des images de l’Inde et apprend que les vaches y sont sacrées. Et voici l’opération Inde ! Jerry, le cochon rebaptisé Shalom, veut partir avec elle pour Israël, là où on ne mange pas les porcs, et Tom le dindon en Turquie puisque ce pays porte le même nom que lui. « Partir n’est jamais facile. Même si ça craignait ici. En général, partir où que ce soit, n’est jamais facile. » (p. 101). En route pour Istanbul, Tel Aviv et Bombay ! Mais l’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

Non seulement Elsie pense et raconte son histoire mais en plus elle fait de l’humour. « Tous les animaux se parlent entre eux dans une sorte d’espéranto bestial et universel – grognement, sifflement, aboiement, couinement, le lion à l’agneau, l’oiseau au chien, l’élan au chat – sauf que, hein, bon, qui voudrait s’entretenir avec un chat ? Ces bestioles-là, plus narcissiques, tu meurs. » (p. 12). Donc Elsie n’est pas tendre ni avec les chats ni avec les humains. Ni avec son voyage finalement.

DavidDuchovnyIl y a de nombreux clins d’œil au monde de l’édition (Elsie exprime plusieurs fois des interventions de son éditrice : penser aux jeunes lecteurs, penser au cinéma, etc.), à la littérature, à la culture populaire (références musicales, cinématographiques) et bien sûr aux religions, tout ça restant très américain. « Moi ? Je veux que l’Amérique sache tout de mon périple. Je veux que vous les enfants, les adultes, la faune et la volaille, vous appreniez ce que j’ai appris – qu’il n’est pas bien d’être honni, ni bien d’être adoré. Nous ne sommes ni des dieux ni des déesses, mais nous ne sommes pas non plus des démons et des bêtes. » (p. 199).

L’auteur – végétarien – a été très inspiré par La ferme des animaux de George Orwell mais son message est ici plus social et religieux que politique et son humour un peu plus bourrin – hum, je veux dire un peu moins subtil que l’humour britannique – mais ça marche et j’ai quand même rigolé même si certaines ficelles sont bien grosses (ça sent le film d’animation à plein nez !). Un roman à lire cet été pour passer un bon moment sans se prendre la tête !

Une lecture pour Défi Premier roman 2016, Feel good, Littérature de l’imaginaire et Un genre par mois (fantasy ou aventure).

Challengesbis

Sept albums illustrés d’Olivier Philipponneau

Oiseau2becsAfficheEn prévision d’une rencontre avec Olivier Philipponneau, j’ai lu plusieurs de ses albums illustrés.

Olivier Philipponneau naît le 11 octobre 1981. Il étudie à l’ESAG (École supérieure d’arts graphiques) Penninghen à Paris et au CCA (California College of Arts) à San Francisco. Il est auteur (albums illustrés, bandes dessinées), illustrateur, graphiste et artiste (gravure sur bois).

Plus d’infos sur son blog, sur le site de l’atelier 3 œils et sur le site de la maison d’éditions associative The Hoochie Coochie (qui édite la revue de bande dessinée alternative Turkey Comix).

Oiseaux2becsL’oiseau à deux becs avec Sylvain Alzial.

MeMo, avril 2013, 32 pages, 12 €, ISBN 978-2-35289-185-7.

Un magnifique album illustré inspiré d’un conte indien traditionnel du VIe siècle. Un oiseau possède deux becs et deuxième bec va se mettre en colère car c’est toujours premier bec qui mange. Une histoire sur l’égoïsme et le partage avec des tons superbes en rouge et noir.

PerduPhilipponneauPerdu ! avec Alice Brière-Haquet.

MeMo, septembre 2011, 32 pages, 12 €, ISBN 978-2-35289-124-6.

Un album illustré comptine pour chaque jour de la semaine, inspiré du conte du Petit Poucet. Le petit personnage stylisé et rigolo retrouvera-t-il son chemin à chaque fois dans ce monde noir et vert.

123 banquise1, 2, 3 banquise avec Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary.

MeMo, janvier 2014, 32 pages, 12 €, ISBN 978-2-35289-215-1.

Un très joli album illustré aux couleurs de la banquise (blanc et bleu pâle) pour apprendre à compter avec un ours très grand et… très gourmand !

Un album différent :

PeintreDrapeauxLe peintre des drapeaux avec Alice Brière-Haquet.

Frimoüsse, octobre 2012, 26 pages, 17 €, ISBN 978-2-35241-144-4.

Le peintre des drapeaux est un artiste heureux : il peint un drapeau pour chaque pays et il y a de la couleur partout ! Mais un jour, une guerre éclate et le monde devient gris et sale… Un album illustré différent, plus sombre, qui fait réfléchir. Malheureusement, je crois que cet album est épuisé chez l’éditeur.

Les albums avec Zébulon

ZebulonBallonLe ballon de Zébulon avec Alice Brière-Haquet.

Auzou, février 2010, 30 pages, 13 €, ISBN 978-2-7338-1286-0.

Le ballon de Zébulon est tout rond, tout doux, tout rouge : c’est un peu son doudou. Mais le ballon s’envole et Zébulon le poursuit de nuit dans la forêt peuplée d’animaux inconnus de lui. Un superbe album noir et rouge pour affronter sa peur et se faire des amis. Malheureusement épuisé chez l’éditeur…

ZebulonPoussinZébulon et le poussin, avec Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary.

MeMo, octobre 2014, 40 pages, 14 €, ISBN 978-2-35289-230-4.

Un très bel album illustré cache-cache dans lequel Zébulon cherche un poussin mais les autres animaux l’envoient balader. Une histoire sur la confiance en soi et l’amitié avec de belles illustrations en jaune et noir.

ZebulonPluieZébulon et la pluie, avec Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary.

MeMo, février 2016, 36 pages, 14 €, ISBN 978-2-35289-281-6.

C’est le petit dernier, il vient de paraître ! Zébulon est tout mouillé, décidément il n’aime pas la pluie… Serait-il possible de l’arrêter ? Il questionne des animaux mais tous aiment la pluie et le crottent alors Zébulon rentre chez lui tout sale. Un très bel album illustré, bien bleu, pour comprendre l’utilité de la pluie.

Je suis désolée parce que j’avais noté un extrait pour chaque album mais je ne retrouve plus la feuille… Mais, sur le site des éditions MeMo, vous pouvez pour chaque album voir quelques pages. Les albums illustrés d’Olivier Philipponneau sont vraiment très beaux, inventifs, poétiques, drôles ! Ils ont chacun une couleur dominante. Les illustrations sont réalisées en gravure sur bois et imprimées en tons directs. Demain, samedi, je vais rencontrer Olivier Philipponneau et je veux lui demander quel animal est Zébulon !

Les infortunes de la vertu de Sade

InfortunesVertuLes infortunes de la vertu de Sade.

Écrit en 1787, 143 pages.

Genres : conte philosophique, littérature érotique.

Le Marquis de Sade (Donatien Alphonse François de Sade) naît le 2 juin 1740 à Paris. Romancier, philosophe, homme politique, athée, il est plusieurs fois emprisonné ou interné pour ses écrits qui sont mis à l’index. Tout libertin qu’il est, il se marie et a des enfants (qui ont le titre de Comte). Il meurt le 2 décembre 1814 à l’hôpital d’aliénés de Charenton à Saint Maurice dans le Val de Marne.

Vers 1775. Juliette, 15 ans, et Justine, 12 ans, filles de bonne famille élevées au couvent, se retrouvent orphelines. Juliette est avenante, curieuse et coquette. Justine est délicate, pudique et timide. Ayant été expulsées du couvent, elles se retrouvent livrées au monde, un monde qu’elles ne connaissent pas, avec leurs cent écus d’héritage chacune. « Les deux sœurs se séparèrent donc sans aucune promesse de se revoir, dès que leurs intentions se trouvaient si différentes. Juliette qui allait, prétendait-elle, devenir une grande dame, […], et de son côté Justine voudrait-elle risquer ses mœurs dans la société d’une créature perverse qui allait devenir victime de la crapule et de la débauche publique ? Chacune chercha donc des ressources et quitta le couvent dès le lendemain ainsi que cela était convenu. » (p. 5). Juliette s’engage dans la maison de Madame du Buisson et profite des hommes qu’elle rencontre pour s’enrichir puis devenir comtesse de Lorsange, jeune veuve, riche et criminelle, et enfin, madame de Corville, l’épouse d’un conseiller d’État. « C’est la créature la plus douce et qui paraît la plus honnête… » (p. 11). Justine, rejetée par la couturière qui aurait pu lui donner du travail et par le curé dont la paroisse est surchargée, n’a pas le choix… « Cette vertu dont vous faites tant étalage, ne sert à rien dans le monde, vous aurez beau en faire parade, vous ne trouverez pas un verre d’eau dessus. » (p. 14). Quand ni le travail ni la religion ne vont, que reste-t-il, ma pauvre dame ? Le sexe ! Bien qu’elle s’en protégea autant qu’elle put… Et à quel prix… « Je ne pus tenir à l’horrible idée d’avoir enfin perdu ce trésor de virginité, pour lequel j’eusse cent fois sacrifié ma vie, de me voir flétrie par ceux dont je devais attendre au contraire le plus de secours et de consolations morales. » (p. 73).

UnGenreParMoisComment connaître le respect et la vertu si on ne s’en éloigne pas ? Comment faire face aux méchants et aux pervers si on est faible ? Pourquoi lutter contre le torrent ? Après tout, « il n’y a aucun mal dont il ne naisse un bien » ! Et on peut vivre librement sans être corrompu. Voici ce que pense le libertin Marquis de Sade. Deux orphelines, deux destins différents et en fait y a-t-il une justice ? Crimes, cruauté, violence, sadisme (néologisme créé au XVIIIe siècle d’après le nom de Sade), viols, orgies, sodomie, pédophilie, etc. Rien de nouveau sous le soleil… Ni avant l’époque de Sade ni après… J’ai fait l’effort de lire ce roman (court heureusement !) considéré comme un conte philosophique pour le challenge Un genre par mois (le genre pour février est romance, chick lit, érotique) et je me suis dit que je ferais d’une pierre deux coups pour le challenge Un classique par mois mais ce n’est vraiment pas ce que j’aime lire. Je me suis ennuyée et j’ai parfois lu les paragraphes trop longs en diagonale…

ChallengeClassiquesFaustSade a torché ce texte en quinze jours, entre le 23 juin et le 8 juillet 1787 alors qu’il est emprisonné dans la Tour de la Liberté à la Bastille, et il termine finalement en faisant l’apologie de la vertu et de la foi, comprenne qui pourra. Ce texte a été republié en 1791 sous le titre Justine ou les malheurs de la vertu avec encore plus de malheurs et de scènes érotiques… Et en 1799 sous le titre La nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu, suivi de L’histoire de Juliette, sa sœur avec plus d’obscénités (Justine n’est plus la narratrice de ses malheurs et donc le récit n’est plus bridé par ses pudeurs et sa morale) et quarante gravures considérées comme obscènes (je pense que c’est le terme employé auparavant pour pornographique). J’ai donc lu le premier jet de ce roman, le plus soft des trois versions, et je ne chercherai pas à lire les deux jets suivants ! Pour ceux que ça intéresse, Les infortunes de la vertu est en lecture libre sur Wikisource, téléchargeable gratuitement sur ebooks gratuits et il existe plusieurs éditions (Flammarion, Folio, Librio…).

Le mois prochain, le genre choisi pour le challenge Un genre par mois est classique ou théâtre, ouf !