Edgar Allan Poe et nouvelle traduction de ses nouvelles

Voici un article un peu particulier pour La bonne nouvelle du lundi, Cette année, je (re)lis des classiques #2, Contes et légendes (pour les contes) et Littérature de l’imaginaire #7.

Je voudrais vous parler d’Edgar Allan Poe, célèbre auteur de nouvelles, poèmes et contes, et vous présenter le premier tome des Nouvelles intégrales d’Edgar Allan Poe ; ce tome 1 correspond aux premières nouvelles écrites et publiées entre 1831 et 1839 ; elles sont moins connues du lecteur français.

Edgar Allan Poe (1900, Bettmann Archive)

Edgar Allan Poe naît le 19 janvier 1809 à Boston (Massachusetts, États-Unis) dans la famille Poe, une famille de comédiens (mère anglaise, père américain). Mais, lorsque ses parents meurent, il est recueilli par les Allan (d’origine écossaise) à Richmond (Virginie), d’où le double nom Allan Poe. Il étudie à la nouvelle Université de Virginie (fondée par Thomas Jefferson, troisième Président des États-Unis). Il fait un voyage en Angleterre et en Écosse puis s’installe à Baltimore (Maryland) et commence à écrire dans un journal. Il part ensuite pour Philadelphie (Pennsylvanie) où la majorité de ses œuvres sont publiées et enfin à New York où il devient propriétaire du Broadway Journal.

Il est tout à la fois romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, dramaturge et même éditeur. Il fait partie du mouvement romantique et écrit plutôt dans les genres policier, fantastique voire macabre, et parfois de la satire. Il est considéré comme l’inventeur américain du genre policier et compte dans les précurseurs de la science-fiction et du fantastique. Il est en tout cas reconnu comme un des plus grands auteurs américains du XIXe siècle.

En 1827, il publie son premier recueil, Tamerlan et autres poèmes. En 1838, paraît son premier roman, Les aventures d’Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket), mais c’est un échec… Suivent des articles de journaux, des critiques littéraires, des poèmes, des contes, des nouvelles, des autobiographies pastiches, etc. Un premier prix littéraire en octobre 1833 lui apporte la notoriété. En 1839, il publie son premer recueil d’histoires sous le titre Contes du Grotesque et de l’Arabesque. C’est surtout ses contes, ses nouvelles et ses poèmes qui sont connus et appréciés mais il laisse aussi deux romans : Les aventures d’Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, 1837-1838) et Le journal de Julius Rodman (The Journal of Julius Rodman, 1840, inachevé malheureusement) ainsi que plusieurs essais et une pièce de théâtre : Politian (1835-1836, inachevée également).

Il meurt le 7 octobre 1849 à Baltimore et la cause de sa mort n’est pas exactement déterminée (tuberculose héritée de son père, maladie cardiaque, problème cérébral… ?). Il est enterré au cimetière presbytérien de Baltimore et, en 1913, une pierre tombale est rajoutée avec une épitaphe tirée du poème Le corbeau (The Raven, 1845) : « Quoth the Raven, « Nevermore. » » (ce qui signifie Le corbeau dit : « Jamais plus ! »).

Poe influence de nombreux auteurs américains comme William Faulkner, H.P. Lovecraft, Herman Melville, James Russell Lowell, Flannery O’Connor, Nathanael West, Walt Whitman. Il est aussi apprécié par des auteurs français comme Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Baudelaire (qui traduit ses nouvelles), Stéphane Mallarmé (qui traduit ses poèmes) et Jules Verne (qui lui consacre un article élogieux sur les Histoires extraordinaires). Il est aussi reconnu en Grande-Bretagne (Oscar Wilde, par exemple, s’en inspire pour son roman Le Portrait de Dorian Gray et ses contes), en Russie (Vladimir Nabokov fait plusieurs références à Poe dans son célèbre Lolita ; quant à Fiodor Dostoïevski, il encense ses histoires policières) et dans le monde hispanique (Jorge Luis Borges et Julio Cortázar, deux écrivains argentins, traduisent ses œuvres en espagnol). L’auteur japonais Edogawa Ranpo (1894-1965) s’est carrément inspiré du nom d’Edgar Allan Poe pour créer son pseudonyme littéraire (prononciation syllabique japonaise !).

Il n’y a aucune raison de ne pas lire Edgar Allan Poe ! Et vous avez peut-être déjà lu une ou des nouvelles de Poe traduites en français par Charles Baudelaire (1821-1867) et publiées dans La Pléiade (1932) ou une autre édition plus récente (Gallimard, Bouquins, Pochothèque…). Vous pouvez en tout cas lire ses œuvres en ligne, en français, sur Wikisource entre autres et sur en.Wikisource pour les versions originales. Ou alors vous emparer de la nouvelle traduction dont je vous parlais ci-dessus avec :

Edgar Allan Poe – Nouvelles intégrales, tome 1 (1831-1839), nouvelle traduction de Christian Garcin & Thierry Gillybœuf, intégrale parue chez Phébus en octobre 2018 (432 pages, 27 €, ISBN 978-2-7529-1100-1) avec les œuvres présentées de façon chronologique (idéale pour comprendre l’évolution de l’auteur !) augmentée d’une préface et de notes des traducteurs, ainsi que d’illustrations originales de Sophie Potié, jeune illustratrice et graveuse (née en 1991) que vous pouvez suivre sur tumblr.

Attendez-vous à entendre parler de ces nouvelles durant l’année pour les challenges cités plus haut : La bonne nouvelle du lundi, Cette année, je (re)lis des classiques #2, Contes et légendes et Littérature de l’imaginaire #7.

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Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch.

Didier Jeunesse, collection Il était une (mini) fois, janvier 2014, 32 pages, 3 €, ISBN 978-2-27807-076-3.

Genres : littérature jeunesse, conte.

Muriel Bloch naît en 1954. Elle passe un DEA de Lettres modernes sur Le flou au cinéma, incertitudes narratives et perceptives dans le cinéma expérimental des années 20 aux années 60. Elle travaille avec les enfants dans le monde de la culture et de l’art. Plus de quarante livres au compteur, la plupart des contes. Plus d’infos sur son site officiel.

Cette histoire est un conte inuit du Groenland d’après Raven and the Whale (2001) de Laura Simms.

Les Inuits pensent que Grand Corbeau, tantôt oiseau, tantôt homme, a créé le monde. Un matin, alors qu’il se promène en barque sur la mer Blanche, il voit une baleine à l’intérieur de laquelle il pénètre. C’est là qu’il rencontre une jeune danseuse et qu’il en tombe amoureux. « Sois le bienvenu. Je t’aurais volontiers suivi mais je ne peux pas m’en aller, je suis l’âme et le cœur de cette baleine. Par contre, toi, tu peux t’asseoir ici et me tenir compagnie, j’en serais ravie. » (p. 14-15). Mais Grand Corbeau va-t-il se contenter de cet amour platonique ?

Un conte dramatique et triste pour comprendre que la vie ne tient qu’à un fil (ou deux !) et qu’il est bon de respecter l’autre pour son bonheur et pour le nôtre sinon le pire peut arriver.

Une lecture émouvante pour les challenges  Contes et Légendes 2019Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.

Challenge Contes et Légendes 2019 avec Bidib

En 2018, Bidib – du blog Ma petite Médiathèque – créait un mois thématique en mars, le Mois des contes et légendes, mais c’était trop lourd pour moi de réussir les « 10 pistes » en un mois donc j’ai zappé. Bidib a remis le couvert en septembre (+ bilan) et en décembre pour un spécial « contes de Noël » mais elle pensait déjà à un challenge annuel ce qui me convient mieux pour remplir les 10 pistes d’exploration (voir ci-dessous).

Infos, logos et inscription chez Bidib. Plus le groupe FB.

Le jeu en 10 pistes – « Pour remporter le titre de Grand Conteur, vous avez 1 an pour remplir les 10 pistes d’exploration. Un article ne peut compter qu’une fois, à vous de préciser pour quelle catégorie vous le soumettez. En revanche vous pouvez soumettre autant d’articles par catégorie que vous voulez. »

1. Des animaux à la fête (conte ou légende ayant comme personnages principaux un ou plusieurs animaux, exemple : le Chat-Botté) avec…

2. Contes de montagnes (l’intrigue doit se passer entièrement ou partiellement en montagne, exemple : la légende du Yéti) avec…

3. Tour de France (un conte régional, exemple : la fée Mélusine dans le Poitou) avec L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters (une grosse bande dessinée qui parle du Maugris, un genre de Golem dans le Doubs, Franche-Comté).

4. Les contes en images (peinture, sculpture, illustrations… c’est l’image qui est à l’honneur, exemple : Obsedian, une illustratrice coréenne qui met en scène des contes classiques occidentaux) avec…

5. Histoires burlesques (des contes ou des légendes particulièrement drôles, exemple : une histoire courte) avec Le renard sans le corbeau de Pascale Petit et Gérard DuBois, un recueil de fables/contes déjantés inspirés par Le corbeau et le renard de La Fontaine (mais j’aurais pu le mettre en piste 1 pour les animaux ou 5 pour les magnifiques illustrations à l’ancienne).

6. Coup de cœur (votre conte préféré de tous les temps, le coup de cœur 2019… à vous de voir) avec Edgar Allan Poe et nouvelle traduction de ses nouvelles (billet spécial).

7. Grands et petits écrans (une adaptation en film, série ou dessin animé, exemple : Blanche-Neige de Walt Disney) avec…

8. Triste fin (un conte à l’issue tragique, exemple : le petit Chaperon rouge dans la version de Perrault) avec…

9. Épiques aventures (un conte ou une légende avec un héros en quête de gloire, exemple : Thésée) avec…

10. Une histoire venue de loin (de n’importe quelle contrée au-delà des frontières européennes, exemple : les yokaï japonais) avec Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch, un conte inuit du Groenland (mais j’aurais pu le mettre en piste 1 pour les animaux ou 8 car la fin est dramatique).

Je trouve Bidib particulièrement inspirée avec ce challenge et ces pistes d’exploration ! En septembre, elle proposera un mois spécial Tour du monde des contes et légendes pour explorer les 5 continents. Elle souhaite aussi proposer un marathon, des lectures communes et des rendez-vous comme…

– du lundi 11 mars au dimanche 17 mars (jour de la Saint-Patrick) : Irlande ;

– du 1er octobre au 15 novembre, avec le challenge Halloween de Lou et Hilde : escale au pays des contes fantastiques et des créatures inquiétantes (enfers, fantômes, mort et revenants au rendez-vous) ;

– en décembre : au pays des contes de Noël avec le challenge Christmas Time de MyaRosa ;

– et toute l’année, en cuisine avec les Gourmandises de Syl pour explorer la cuisine de conte de fées.

Exaltant, n’est-ce pas ? Vous comprenez pourquoi je m’inscris !

Viens, mon beau chat de Gaia Guasti

Viens, mon beau chat de Gaia Guasti.

Thierry Magnier, collection En voiture Simone !, mai 2018, 112 pages, 7,40 €, ISBN 979-10-352-0175-3.

Genres : littérature italienne, littérature jeunesse, fantastique.

Gaia Guasti naît en 1974 à Florence (Italie). En 1974, elle arrive à Paris (avec son chat) pour apprendre le français. En 1996, elle entre à l’École supérieure des métiers de l’image et du son et devient scénariste pour le cinéma. Elle est aussi autrice pour la jeunesse. Douze autres romans sont publiés chez Thierry Magnier, plus d’autres romans chez d’autres éditeurs (Milan…). Elle partage son temps entre la France et l’Italie.

« Viens, mon beau chat, viens sur mon cœur amoureux… » (p. 5, première phrase du roman). Le chat, c’est Bouillotte, un magnifique mâle roux qui vit chez les Marilac (Roger, Carmen, Flavie et Marius). Un jour alors que Flavie avait prévu de jouer avec son meilleur ami, Armand Pierlot, la grand-tante Clarisse – qui est par ailleurs propriétaire de l’appartement familial – lui offre « un bracelet ancien, un fil d’argent finement ciselé. […] un objet extrêmement précieux. » (p. 18). Mais Bouillotte s’enfuit par la fenêtre avec le bracelet autour du cou ! Flavie, son petit frère Marius, et Armand vont le poursuivre jusqu’à une maison bien étrange.

S’il n’y a pas de traduction pour Viens, mon beau chat, c’est que Gaia Guasti écrit en français et en italien. Une première version de ce roman, alors titré La dame aux chamélias, est déjà parue aux éditions Thierry Magnier en 2012 dans la collection Le feuilleton des incos.

Viens, mon beau chat est une jolie histoire fantastique qui ressemble à un conte avec plein de chats et une sorcière, en tout cas une vieille dame différente. C’est un hommage au poème Le chat de Charles Beaudelaire (in Les fleurs du mal, 1857) que vous pourrez lire ci-dessous. La couverture est superbe (avez-vous repéré tous les chats ?). L’histoire dans la maison magique de Marguerite fait un tout petit peu peur (pour les enfants, hein !, pas pour les adultes) mais elle est pleine de sagesse et de compassion, de mystère et de fantaisie.

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
                                                                 Nagent autour de son corps brun.

Une jolie lecture pour les challenges de l’épouvante (pour les jeunes lecteurs), de l’été, Jeunesse Young Adult, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Animal), S4F3 #4, Voisins voisines (Italie) et le Défi littéraire de Madame lit (septembre est consacré à la littérature italienne).

A Christmas Tale…

Le lundi, c’est La bonne nouvelle du lundi avec Martine depuis janvier de cette année et en ce moment, c’est aussi le Challenge Christmas Time 2017 avec MyaRosa, alors je ne sais pas si cette courte histoire est une « bonne nouvelle » ou un « véritable » conte de Noël mais elle m’a rendue triste… Et, chaque année, c’est la même chose… 😥

Source apparente : https://muhimu.es/cultura-entretenimiento/cinismo/

Fanette et Filipin

Après avoir lu un article sur ce magazine Fanette et Filipin que je ne connais pas du tout, j’ai eu envie de le découvrir, au moins lire quelques infos supplémentaires, voir quelques extraits, feuilleter quelques pages. J’ai eu le plaisir de télécharger intégralement un ancien numéro, le n° 3 Hiver (2013-2014).

Les histoires / contes – Dans « Un frais matin d’hiver », graines pour les oiseaux, bataille de boules de neige entre Filipin et Queue blanche le lapin, et un magnifique lever de soleil sur la colline. Dans « Le petit cochon rose », le Prince de la forêt pense qu’il faudrait habiller les animaux pour qu’ils n’aient pas froid. Dans « Un oiseau reconnaissant », un pauvre jeune homme soigne une grue blessée puis reçoit une jolie jeune fille perdue dans la forêt. Dans « Le chamois solitaire », un malheureux chamois, seul rescapé d’une attaque de chasseurs, erre désespérément et trouve un nouveau troupeau qui l’accueille.

Les rubriques – Dans « Ma forêt en liberté », c’est l’histoire de « Museaufin et le hérisson », un renard affamé car tout est recouvert de neige et qui rencontre un hérisson. « La vie des animaux » parle de l’hibernation. « Enfants de la Terre », pour découvrir les enfants des autres pays, raconte « La petite danseuse de Bharata natyam » en Inde. Et une petite rubrique papeterie et parutions de livres des éditions Belle émeraude.

Les jeux – Différences, animaux cachés, un plateau de jeu à fabriquer « Le blaireau et la renarde », les dessins de forme (des dessins géométriques), des petits lutins à construire en feutrine, une séance de peinture pour une « promenade dans le monde magique de la couleur ».

Il y a même une jolie poésie, « Petits flocons brillants », des recettes (et j’ai bien envie de cuisiner ce Curry de lentilles) et « Le coin des parents » avec une intéressante « Promenade au royaume des contes ».

Fanette est une fillette très attachée à la Nature, aux animaux, aux saisons ; son meilleur ami est Filipin, un lutin des bois habillé de vert. Dans chaque numéro (52 pages), des histoires, des contes du monde entier, des animaux selon la saison, des rubriques pour « imaginer et s’émerveiller ».

Les dessins sont peints avec des couleurs pastels, je trouve que c’est poétique et reposant, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Il y a un petit côté désuet qui me plaît bien mais qui déplaira peut-être à d’autres adultes.

Le magazine, basé dans un petit village de Savoie (Villard-sur-Doron), existe depuis janvier 2013. Il est préconisé pour les 3-10 ans et il y a beaucoup de textes donc bien sûr les plus jeunes liront avec des grands. En fait, les histoires et les rubriques sont répertoriées par couleur : bleu-vert à partir de 3 ans, mauve à partir de 6 ans, violet à partir de 7 ans, vert kaki à partir de 9 ans, ainsi le magazine suit l’enfant (et inversement) pour des années !

Fanette et Filipin se veut un magazine pour la jeunesse, un magazine « qui enchante l’imaginaire », alternatif, naturel, sans publicité et son seul défaut est qu’il coûte un peu cher : 12 € le numéro (mais par trimestre).

Sur la page FB du magazine, vous trouvez en plus des illustrations, des photos, un calendrier mensuel, des vidéos…

Une charmante revue à découvrir si vous avez des enfants ou des petits-enfants curieux qui aiment les belles histoires, les contes, les jeux et les animaux !

Je mets cette lecture dans le Pumpkin Autumn Challenge pour le Menu 3 – L’automne enchanteur dans la rubrique Féérique citrouille, bibbidi-bobbidi-boo : lire un conte féerique ou du Nature writing. Et on a ici plusieurs contes avec des animaux et la Nature 😉

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc.

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, 2016, 34 pages, 19 €, ISBN 978-2-970106-89-0.

Genres : album illustré, conte.

Henri Meunier, né en 1972 à Suresnes, vit à Londres. Étudiant en Arts plastiques puis travailleur social à Bordeaux, il est écrivain, plutôt pour la jeunesse. Du même auteur chez Notari : les albums La mer et lui, La rue qui ne se traverse pas également illustrés par Régis Lejonc.

Régis Lejonc, né en 1967 à Suresnes, a grandi à Annecy, vit et travaille à Bordeaux. Il est illustrateur pour plusieurs éditeurs. Plus d’infos sur sa page FB.

C’est l’hiver, janvier est froid. Aurore, la quarantaine, se prépare pour sortir. « Elle s’apprécia une dernière fois dans le miroir. ‘La plus belle, c’est moi. Et merde à Blanche Neige !’, gloussa-t-elle. » (p. 5). En partant, elle s’arrête à la boulangerie et achète une galette des rois. Aurore pense à ses enfants, aux prochaines vacances, c’est une femme heureuse. En fait, elle va rendre visite à un vieillard qui vit seul dans une chaumière perdue en pleine forêt. « […] un pavillon de chasse délabré. Le fantôme d’une superbe passée. » (p. 9). Vous serez surpris de découvrir le vieillard impotent !

C’est la troisième fois que je lis cet album ! En numérique d’abord, en papier ensuite (un bel album, grand format, superbe ambiance réaliste, feutrée, mystérieuse) et de nouveau en numérique parce que je veux en parler sur le blog. Et je remercie les éditions Notari de me l’avoir envoyé en numérique.

Les images en aquarelle sont magnifiques, elles ressemblent à des gravures, mais l’histoire de cet album illustré pour « les grands » est surprenante. Une histoire de grandeur d’âme, de pardon peut-être, de vie épanouie et équilibrée assurément, avec une référence à un célèbre conte.