Le cousin de Mahomet de Nicolas Fromaget

cousinmahometLe cousin de Mahomet de Nicolas Fromaget.

Anacharsis, septembre 2007, 240 pages, 17 €, ISBN 978-2-914777-41-4.

Genres : roman picaresque, conte oriental.

Nicolas Fromaget – les spécialistes ne sont pas sûrs de son prénom – (17..-1759) était un contemporain de Voltaire. Répertorié dans le Dictionnaire des théâtres de Paris en 1767, il a écrit pour le théâtre de l’Opéra comique. Le cousin de Mahomet (sûrement entre 1750-1759) est son dernier ouvrage, plusieurs fois réédité de façon plus ou moins confidentielle et donc plusieurs fois tombé dans l’oubli ! On sait peut de choses sur Fromaget et il n’existe qu’un seul portrait le représentant. Mais on apprend pas mal de choses dans la préface de l’éditeur et dans la postface de Jacques Domenech.

fromagetportraitÀ cause d’une punition qu’il juge injustifiée, un jeune espiègle de 16 ans – plus tard surnommé Parisien l’Écolier – quitte le collège, sa famille et Paris pour l’aventure. Ses pas le conduiront d’abord à Marseille où il rencontre un ami (Dumont) qui rejoint son oncle cuisinier à Constantinople. Il ira donc en Turquie ! On est en 1714. Tour à tour fugitif, marmiton, esclave, apprenti maçon, musicien, employé de maison…, il sera souvent châtié mais jamais châtré ! Et connaîtra charnellement de nombreuses jeunes femmes, toutes plus belles les unes que les autres, à la fois Turques et étrangères (une Géorgienne et une Espagnole entre autres). « Aimé, caressé de la patronne, traité fort humainement par le patron, j’étais le plus heureux esclave de Constantinople. Je jouissais d’une liberté presque entière. » (p. 51). Amour, bonne chère, vin, raffinement, désir et plaisir avec Kakma, Mirzala, Jonquille, Zambak, Nedoüa, etc.

un-mois-un-editeurDeux extraits

« Je l’avais guérie de la manie qu’elle avait d’être battue ; elle avait compris sans peine qu’il était plus gracieux de recevoir des caresses d’un amant que des coups. » (p. 59). Eh oui, au XVIIIe siècle (et certainement avant et après), les femmes turques trouvent normal d’être battues, c’est pour elles un gage d’amour !

« Si Ménekcké m’eut suivi en France, il eut fallu l’épouser. Elle est belle, spirituelle, caressante et extrêmement vive sur le chapitre de l’amour ; mais ce qui rend un amant heureux fait souvent un mari misérable. » (p. 209).

ChallengeClassiquesPereGoriotDes descriptions instructives et réalistes sur l’empire ottoman et la vie à Stamboul au début du XVIIIe siècle mais c’est répétitif, un peu ronflant et les notes en bas de pages sont vraiment très nombreuses… (Bon, je préfère quand même lorsqu’elles sont en bas de page plutôt que tout à la fin). De plus, il n’y a pas de chapitres donc le livre se présente en un seul bloc ! C’est rédhibitoire… Je me suis ennuyée ferme mais je parle quand même de ce livre car je devais le présenter dans le cadre de Un mois, un éditeur organisé par Sandrine du blog Yspaddaden – Tête de lecture, l’éditeur choisi pour le troisième mois étant Anacharsis (j’ai donc quelques jours de retard, c’était l’éditeur de décembre…). Je conseille ce Cousin de Mahomet aux lecteurs qui aiment le badinage, les friponneries et le libertinage. Quant à moi, je préfère relire Voltaire !

RaconteMoiAsie2Je le mets dans le challenge Classiques pour décembre car je l’ai lu fin décembre durant la Semaine à lire #1 mais comme j’ai du retard dans la publication de ma note de lecture… Et dans Raconte-moi l’Asie #2 pour la Turquie. Et dans le Défi Premier roman 2017 car, s’il a écrit pour le théâtre et l’opéra, j’ai l’impression que c’est son premier (et seul) roman.

Celui-là est mon frère de Marie Barthelet

celuilaestmonfrereJ’ai comme l’impression d’être à la bourre en cette fin d’année et d’avoir plein de billets non publiés… Il faut dire que les deux semaines de panne Internet mi-décembre [lien] n’ont pas arrangé les choses… Bon, eh bien, je publie ce que je peux, sans vous envahir, et le reste viendra en 2017 !

Celui-là est mon frère de Marie Barthelet.

Buchet-Chastel, août 2016, 167 pages, 14 €, ISBN 978-2-283-02974-9.

Genre : premier roman.

Marie Barthelet… Peu de choses sur elle ! Elle vit en Bourgogne où elle est « animatrice du patrimoine » et responsable d’un musée.

68premièresfois2016Le narrateur est l’homme qui dirige le pays. Il n’a pas été élu démocratiquement car il a hérité le pouvoir de son père mais il n’est apparemment pas un dictateur. Son frère, parti depuis plus de dix ans, est de retour. « Je voulais être heureux, simplement heureux de te revoir. Pardonner ta trahison d’il y avait plus de dix ans. » (p. 15) mais « Tu ressemblais si peu à celui que tu avais été… Tu paraissais inversé, retourné, comme un vêtement dont je découvrais la face intérieure. Ou comme un soldat dont on a rincé l’intelligence pour l’envoyer agir contre son propre pays. » (p. 16-17).

rentreelitteraire2016Il semble que l’histoire se situe dans un pays du Moyen-Orient ou du Proche-Orient car l’épouse du président se nomme Wadjat et leur fils de neuf ans s’appelle Qamar (deux prénoms arabes). Mais le lecteur ne saura ni le prénom du chef d’État, ni celui du frère, ni le nom du pays. Qu’importe, ce qui compte, c’est la relation entre les deux hommes, leur enfance, adolescence, amour, complicité, la trahison du frère (un étranger adopté alors qu’il était orphelin), son retour et son acharnement à détruire la famille et le pays qui l’ont accueilli, nourri, éduqué, élevé dans la hiérarchie sociale. Les fléaux qui s’abattent sur le pays font bien sûr penser aux plaies d’Égypte et le terme de Hilotes pour parler du « groupuscule d’agitateurs », le peuple du frère – qui apparaît comme une espèce de fils prodigue mais maléfique – ressemblent aux serfs (attention, ce ne sont pas des esclaves) de la Grèce antique mais le roman se situe plutôt à notre époque. Ainsi Antiquité et époque moderne vivent le même genre d’événements… Fraternité, amitié, amour, éducation, intelligence, respect, tout ça est balayé pour une sombre histoire de vengeance, pour le soulèvement d’un peuple, opprimé certes – ou d’un seul homme entraînant un peuple – qui veut gouverner à la place de l’autre, qui veut sa part du gâteau ! Je suis sous le choc après la lecture de ce premier roman, vraiment très bien écrit (Marie Barthelet est assurément une jeune romancière à suivre !) : oui le peuple opprimé a le droit d’avoir des droits et de vivre libre mais à quel prix ? Celui de la trahison et de la destruction de l’autre ? Celui-là est mon frère est un conte oriental – philosophique dans la lignée de Voltaire et Fromaget (cet auteur, inconnu, c’est parce que je suis en train de lire Le cousin de Mahomet !) – intemporel avec un message puissant – et dérangeant – qui pousse le lecteur à se mettre des deux côtés et à réfléchir.DefiPremierRoman2016

Je remercie Antigone qui m’a envoyé cet excellent roman dans le cadre des 68 premières fois 2016 et je le mets dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2016 et Défi Premier roman 2016.

Oh la vache ! de David Duchovny

OhLaVacheDuchovnyComme hier, je parlais de taureau, voici aujourd’hui une lecture plus… vache !

Oh la vache ! de David Duchovny.

Grasset, janvier 2016, 210 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-246-85743-3. Holy Cow (2015) est traduit de l’américain par Claro.

Genres : littérature américaine, conte animalier.

David Duchovny est né le 7 août 1960 à New York (États-Unis). Il a étudié la littérature anglaise à Princeton puis à Yale et l’art dramatique. Il est non seulement acteur (quelques publicités à ses débuts puis films et séries) mais aussi réalisateur, scénariste, producteur et même compositeur et chanteur ! Je me suis dit qu’à défaut d’aimer les célèbres séries X-Files et Californication, j’aimerais pourquoi pas son premier roman, Oh la vache !

Elsie est une vache, « née dans une petite ferme au nord de l’État de New York » (p. 13). Pendant trois ans, elle a vécu sa vie de génisse, avec sa copine Mallory, heureuse même si sa mère a disparu. Mais une nuit, en se rapprochant de la maison des humains, elle voit à la télévision – qu’elle appelle le Dieu de la Boîte – d’horribles images d’abattoirs… « Les humains doivent mériter le droit d’être traités de nouveau d’animaux. » (p. 61). Plus tard, elle voit des images de l’Inde et apprend que les vaches y sont sacrées. Et voici l’opération Inde ! Jerry, le cochon rebaptisé Shalom, veut partir avec elle pour Israël, là où on ne mange pas les porcs, et Tom le dindon en Turquie puisque ce pays porte le même nom que lui. « Partir n’est jamais facile. Même si ça craignait ici. En général, partir où que ce soit, n’est jamais facile. » (p. 101). En route pour Istanbul, Tel Aviv et Bombay ! Mais l’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

Non seulement Elsie pense et raconte son histoire mais en plus elle fait de l’humour. « Tous les animaux se parlent entre eux dans une sorte d’espéranto bestial et universel – grognement, sifflement, aboiement, couinement, le lion à l’agneau, l’oiseau au chien, l’élan au chat – sauf que, hein, bon, qui voudrait s’entretenir avec un chat ? Ces bestioles-là, plus narcissiques, tu meurs. » (p. 12). Donc Elsie n’est pas tendre ni avec les chats ni avec les humains. Ni avec son voyage finalement.

DavidDuchovnyIl y a de nombreux clins d’œil au monde de l’édition (Elsie exprime plusieurs fois des interventions de son éditrice : penser aux jeunes lecteurs, penser au cinéma, etc.), à la littérature, à la culture populaire (références musicales, cinématographiques) et bien sûr aux religions, tout ça restant très américain. « Moi ? Je veux que l’Amérique sache tout de mon périple. Je veux que vous les enfants, les adultes, la faune et la volaille, vous appreniez ce que j’ai appris – qu’il n’est pas bien d’être honni, ni bien d’être adoré. Nous ne sommes ni des dieux ni des déesses, mais nous ne sommes pas non plus des démons et des bêtes. » (p. 199).

L’auteur – végétarien – a été très inspiré par La ferme des animaux de George Orwell mais son message est ici plus social et religieux que politique et son humour un peu plus bourrin – hum, je veux dire un peu moins subtil que l’humour britannique – mais ça marche et j’ai quand même rigolé même si certaines ficelles sont bien grosses (ça sent le film d’animation à plein nez !). Un roman à lire cet été pour passer un bon moment sans se prendre la tête !

Une lecture pour Défi Premier roman 2016, Feel good, Littérature de l’imaginaire et Un genre par mois (fantasy ou aventure).

Challengesbis

Sept albums illustrés d’Olivier Philipponneau

Oiseau2becsAfficheEn prévision d’une rencontre avec Olivier Philipponneau, j’ai lu plusieurs de ses albums illustrés.

Olivier Philipponneau naît le 11 octobre 1981. Il étudie à l’ESAG (École supérieure d’arts graphiques) Penninghen à Paris et au CCA (California College of Arts) à San Francisco. Il est auteur (albums illustrés, bandes dessinées), illustrateur, graphiste et artiste (gravure sur bois).

Plus d’infos sur son blog, sur le site de l’atelier 3 œils et sur le site de la maison d’éditions associative The Hoochie Coochie (qui édite la revue de bande dessinée alternative Turkey Comix).

Oiseaux2becsL’oiseau à deux becs avec Sylvain Alzial.

MeMo, avril 2013, 32 pages, 12 €, ISBN 978-2-35289-185-7.

Un magnifique album illustré inspiré d’un conte indien traditionnel du VIe siècle. Un oiseau possède deux becs et deuxième bec va se mettre en colère car c’est toujours premier bec qui mange. Une histoire sur l’égoïsme et le partage avec des tons superbes en rouge et noir.

PerduPhilipponneauPerdu ! avec Alice Brière-Haquet.

MeMo, septembre 2011, 32 pages, 12 €, ISBN 978-2-35289-124-6.

Un album illustré comptine pour chaque jour de la semaine, inspiré du conte du Petit Poucet. Le petit personnage stylisé et rigolo retrouvera-t-il son chemin à chaque fois dans ce monde noir et vert.

123 banquise1, 2, 3 banquise avec Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary.

MeMo, janvier 2014, 32 pages, 12 €, ISBN 978-2-35289-215-1.

Un très joli album illustré aux couleurs de la banquise (blanc et bleu pâle) pour apprendre à compter avec un ours très grand et… très gourmand !

Un album différent :

PeintreDrapeauxLe peintre des drapeaux avec Alice Brière-Haquet.

Frimoüsse, octobre 2012, 26 pages, 17 €, ISBN 978-2-35241-144-4.

Le peintre des drapeaux est un artiste heureux : il peint un drapeau pour chaque pays et il y a de la couleur partout ! Mais un jour, une guerre éclate et le monde devient gris et sale… Un album illustré différent, plus sombre, qui fait réfléchir. Malheureusement, je crois que cet album est épuisé chez l’éditeur.

Les albums avec Zébulon

ZebulonBallonLe ballon de Zébulon avec Alice Brière-Haquet.

Auzou, février 2010, 30 pages, 13 €, ISBN 978-2-7338-1286-0.

Le ballon de Zébulon est tout rond, tout doux, tout rouge : c’est un peu son doudou. Mais le ballon s’envole et Zébulon le poursuit de nuit dans la forêt peuplée d’animaux inconnus de lui. Un superbe album noir et rouge pour affronter sa peur et se faire des amis. Malheureusement épuisé chez l’éditeur…

ZebulonPoussinZébulon et le poussin, avec Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary.

MeMo, octobre 2014, 40 pages, 14 €, ISBN 978-2-35289-230-4.

Un très bel album illustré cache-cache dans lequel Zébulon cherche un poussin mais les autres animaux l’envoient balader. Une histoire sur la confiance en soi et l’amitié avec de belles illustrations en jaune et noir.

ZebulonPluieZébulon et la pluie, avec Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary.

MeMo, février 2016, 36 pages, 14 €, ISBN 978-2-35289-281-6.

C’est le petit dernier, il vient de paraître ! Zébulon est tout mouillé, décidément il n’aime pas la pluie… Serait-il possible de l’arrêter ? Il questionne des animaux mais tous aiment la pluie et le crottent alors Zébulon rentre chez lui tout sale. Un très bel album illustré, bien bleu, pour comprendre l’utilité de la pluie.

Je suis désolée parce que j’avais noté un extrait pour chaque album mais je ne retrouve plus la feuille… Mais, sur le site des éditions MeMo, vous pouvez pour chaque album voir quelques pages. Les albums illustrés d’Olivier Philipponneau sont vraiment très beaux, inventifs, poétiques, drôles ! Ils ont chacun une couleur dominante. Les illustrations sont réalisées en gravure sur bois et imprimées en tons directs. Demain, samedi, je vais rencontrer Olivier Philipponneau et je veux lui demander quel animal est Zébulon !

Les infortunes de la vertu de Sade

InfortunesVertuLes infortunes de la vertu de Sade.

Écrit en 1787, 143 pages.

Genres : conte philosophique, littérature érotique.

Le Marquis de Sade (Donatien Alphonse François de Sade) naît le 2 juin 1740 à Paris. Romancier, philosophe, homme politique, athée, il est plusieurs fois emprisonné ou interné pour ses écrits qui sont mis à l’index. Tout libertin qu’il est, il se marie et a des enfants (qui ont le titre de Comte). Il meurt le 2 décembre 1814 à l’hôpital d’aliénés de Charenton à Saint Maurice dans le Val de Marne.

Vers 1775. Juliette, 15 ans, et Justine, 12 ans, filles de bonne famille élevées au couvent, se retrouvent orphelines. Juliette est avenante, curieuse et coquette. Justine est délicate, pudique et timide. Ayant été expulsées du couvent, elles se retrouvent livrées au monde, un monde qu’elles ne connaissent pas, avec leurs cent écus d’héritage chacune. « Les deux sœurs se séparèrent donc sans aucune promesse de se revoir, dès que leurs intentions se trouvaient si différentes. Juliette qui allait, prétendait-elle, devenir une grande dame, […], et de son côté Justine voudrait-elle risquer ses mœurs dans la société d’une créature perverse qui allait devenir victime de la crapule et de la débauche publique ? Chacune chercha donc des ressources et quitta le couvent dès le lendemain ainsi que cela était convenu. » (p. 5). Juliette s’engage dans la maison de Madame du Buisson et profite des hommes qu’elle rencontre pour s’enrichir puis devenir comtesse de Lorsange, jeune veuve, riche et criminelle, et enfin, madame de Corville, l’épouse d’un conseiller d’État. « C’est la créature la plus douce et qui paraît la plus honnête… » (p. 11). Justine, rejetée par la couturière qui aurait pu lui donner du travail et par le curé dont la paroisse est surchargée, n’a pas le choix… « Cette vertu dont vous faites tant étalage, ne sert à rien dans le monde, vous aurez beau en faire parade, vous ne trouverez pas un verre d’eau dessus. » (p. 14). Quand ni le travail ni la religion ne vont, que reste-t-il, ma pauvre dame ? Le sexe ! Bien qu’elle s’en protégea autant qu’elle put… Et à quel prix… « Je ne pus tenir à l’horrible idée d’avoir enfin perdu ce trésor de virginité, pour lequel j’eusse cent fois sacrifié ma vie, de me voir flétrie par ceux dont je devais attendre au contraire le plus de secours et de consolations morales. » (p. 73).

UnGenreParMoisComment connaître le respect et la vertu si on ne s’en éloigne pas ? Comment faire face aux méchants et aux pervers si on est faible ? Pourquoi lutter contre le torrent ? Après tout, « il n’y a aucun mal dont il ne naisse un bien » ! Et on peut vivre librement sans être corrompu. Voici ce que pense le libertin Marquis de Sade. Deux orphelines, deux destins différents et en fait y a-t-il une justice ? Crimes, cruauté, violence, sadisme (néologisme créé au XVIIIe siècle d’après le nom de Sade), viols, orgies, sodomie, pédophilie, etc. Rien de nouveau sous le soleil… Ni avant l’époque de Sade ni après… J’ai fait l’effort de lire ce roman (court heureusement !) considéré comme un conte philosophique pour le challenge Un genre par mois (le genre pour février est romance, chick lit, érotique) et je me suis dit que je ferais d’une pierre deux coups pour le challenge Un classique par mois mais ce n’est vraiment pas ce que j’aime lire. Je me suis ennuyée et j’ai parfois lu les paragraphes trop longs en diagonale…

ChallengeClassiquesFaustSade a torché ce texte en quinze jours, entre le 23 juin et le 8 juillet 1787 alors qu’il est emprisonné dans la Tour de la Liberté à la Bastille, et il termine finalement en faisant l’apologie de la vertu et de la foi, comprenne qui pourra. Ce texte a été republié en 1791 sous le titre Justine ou les malheurs de la vertu avec encore plus de malheurs et de scènes érotiques… Et en 1799 sous le titre La nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu, suivi de L’histoire de Juliette, sa sœur avec plus d’obscénités (Justine n’est plus la narratrice de ses malheurs et donc le récit n’est plus bridé par ses pudeurs et sa morale) et quarante gravures considérées comme obscènes (je pense que c’est le terme employé auparavant pour pornographique). J’ai donc lu le premier jet de ce roman, le plus soft des trois versions, et je ne chercherai pas à lire les deux jets suivants ! Pour ceux que ça intéresse, Les infortunes de la vertu est en lecture libre sur Wikisource, téléchargeable gratuitement sur ebooks gratuits et il existe plusieurs éditions (Flammarion, Folio, Librio…).

Le mois prochain, le genre choisi pour le challenge Un genre par mois est classique ou théâtre, ouf !

L’étoile de Noël de Michel Piquemal

EtoileNoelL’étoile de Noël de Michel Piquemal.

Casterman Romans [lien], collection Benjamin, novembre 2003, 35 pages, ISBN 2-203-12804-6.

Genres : littérature jeunesse, roman illustré.

Michel Piquemal naît le 17 décembre 1954 à Béziers dans l’Hérault. Après avoir étudié les Lettres et les sciences de l’éducation, il devient instituteur. Son premier roman paraît en 1988 et il se consacre depuis à l’écriture : plus de 200 histoires et de nombreux prix ! Plus d’infos sur http://www.michelpiquemal.com/.

ChristmasTime2015-2Londres, Noël 1892. Jonathan Finn, orphelin, erre « seul dans les rues de la grande ville » (p. 7). Il est triste mais il n’est pas « le seul gamin des rues loqueteux dans cette Angleterre de misère… » (p. 8). Alors qu’il pleure sur un banc, un vieux monsieur s’approche de lui. « Je suis un magicien, petit homme… et je vais te faire un cadeau comme personne n’en a jamais eu. » (p. 17). Le vieil homme lui offre alors une étoile dans le ciel : « Ce sera ta bonne étoile. Elle te portera chance. Elle t’amènera l’amitié, l’amour, la bonne fortune… Elle te réchauffera lorsque tu auras froid la nuit. Elle te guidera lorsque tu seras perdu… » (p. 18). L’enfant reçoit même un titre de propriété sur cet astéroïde 253 !

CJYA2015-2016L’étoile de Noël est un court roman en quatre chapitres agréablement illustré par Martin Matje (1962-2004). C’est une jolie histoire pleine d’espoir, d’amitié et de générosité : c’est la magie de Noël ! L’édition originale date de 1995 et apparemment le conte est devenu un album illustré en 2012.

AYIE-Aspho1Une petite lecture pour le challenge Christmas Time que je mets aussi dans le challenge Jeunesse / young adult #5 puisque c’est un roman que j’ai lu et A year in England puisque l’histoire se déroule en Angleterre à la fin du XIXe siècle.

La malédiction Grimm de Polly Shulman

La malédiction Grimm de Polly Shulman.

Bayard jeunesse [lien1, lien2], collection Millézime, février 2014, 510 pages, 15,90 €, ISBN 978-2-7470-3678-8. The Grimm Legacy (2010-2012) est traduit de l’américain par Karine Suhard-Guié.

Genres : fantastique, littérature jeunesse.

Polly Shulman est la fille d’Alix Kates Shulman, romancière et féministe de Cleveland. Elle est diplômée en mathématiques de l’Université de Yale et vit à New York avec son époux. Elle écrit pour des journaux, a travaillé à la bibliothèque de New York (département des documents rares) et La malédiction Grimm est le premier tome de la série The Grimm Legacy. Plus d’infos sur le site officiel de Polly Shulman [lien].

New York sous la neige. Elizabeth Rew est nouvelle au Lycée Fisher et elle arrive en retard car elle a aidé une sans-abri. Le professeur d’histoire, M. Mauskopf, donne un devoir à faire sur l’histoire européenne et Elizabeth choisit le thème des frères Grimm. « Les contes de fées ne relèvent peut-être pas de l’Histoire, mais, comme je l’appris au cours des heures que je passai à la bibliothèque pendant les vacances de Noël, Wilhelm et Jacob Grimm s’y intéressaient beaucoup. Et leurs contes sont en réalité des récits populaires qu’ils collectèrent auprès de leurs domestiques ou de leurs amis, d’aristocrates comme de filles d’aubergistes. « p. 11). Grâce à ce même prof, Elizabeth obtient un emploi au Dépôt d’Objets Empruntables de la Ville de New York, une sorte de bibliothèque dirigée par le professeur Lee Rust. Le bâtiment est immense et labyrinthique. Elle y travaille avec Marc Merritt, un lycéen un peu plus âgé qu’elle, sportif, beau et populaire ; avec Anjali Rao dont la famille est issue de la noblesse indienne et Aaron Rosendorn qui s’occupe du Legs Wells (les objets de science-fiction).

Elizabeth est orpheline et son père est remarié à Cathy qui a deux filles, Veronica et Hannah. Celles-ci ne sont pas gentilles avec Elizabeth. Tiens, ça me rappelle un conte ! Ce roman d’aventures mâtiné de conte justement mais aussi de magie, de fantastique et de science-fiction m’a fait penser aux récentes séries américaines Warehouse 13 (Entrepôt 13) et The Librarians (Flynn Carson et les nouveaux aventuriers). On entre rapidement dans le vif du sujet et le rythme est trépidant quoique enfantin ce qui en fait une lecture agréable pour les jeunes lecteurs. Mais les adultes peuvent aussi y trouver leur compte en se replongeant dans la magie des contes. Je l’ai lu d’une traite et j’ai trouvé que l’idée était originale pour faire revivre les contes et les objets magiques. LettreAuteurD’ailleurs, chaque chapitre a en entête, un objet illustré avec son nom et sa cote pour le retrouver en rayon : le lecteur a un peu l’impression d’être dans la bibliothèque d’objets.
À la fin du volume, une dizaine de contes sont présentés (avec plein d’indices sur la couverture !).
Une belle surprise donc et très envie de lire L’expédition H.G. Wells.

MoisAmericainJ’ai choisi cette romancière dont le nom commence par la lettre S pour la 22e édition (la première participation pour moi) de Une lettre pour un auteur avec Cookies. Et cette lecture entre dans le Mois américain avec Titine.