Vingt-quatre heures dans l’incroyable bibliothèque de M. Lemoncello de Chris Grabenstein

Vingt-quatre heures dans l’incroyable bibliothèque de M. Lemoncello de Chris Grabenstein.

Milan, décembre 2017, 320 pages, 13,90 €, ISBN 978-2-7459-8402-9. Escape from Mr. Lemoncello’s Library (2013) est traduit de l’américain par Anath Riveline.

Genres : littérature états-unienne, littérature jeunesse, fantastique.

Chris Grabenstein naît le 2 septembre 1955 à Buffalo (État de New York, États-Unis). Il est écrivain (romans policier, romans jeunesse, nouvelles) et scénariste. Ses livres sur son site officiel, http://chrisgrabenstein.com/.

Alexandriaville, Ohio. Dans la famille Kevner, il y a les parents et trois fils : Mike, 17 ans, Curtis, 15 ans, et Kevin, 12 ans, tous passionnés par les jeux de société, les casses-têtes, les chasses au trésor et les jeux vidéo créés par Lemoncello’s Imagination Factory de monsieur Luigi L. Lemoncello. Lorsque la nouvelle bibliothèque d’Alexandriaville est inaugurée, 12 collégiens de 12 ans ayant rédigé les meilleurs rédactions sont choisis pour célébrer l’inauguration et passer la nuit dans la bibliothèque. « […] la professeur Yanina Zinchenko, nouvelle conservatrice en chef de la bibliothèque, assure que « les usagers seront très surpris » de ce qu’ils découvriront à l’intérieur » (p. 23). Mais après une soirée et une nuit de rêve, « Kevin prit conscience qu’ils étaient bel et bien enfermés dans la bibliothèque. » (p. 87). Il va falloir continuer à lire, jouer et résoudre des énigmes pour trouver la sortie ! Avec comme symbole, « les mots éternels du Dr Seuss » : « Plus tu liras, plus tu sauras. Plus tu sauras, plus d’endroits tu visiteras. (p. 63). Bien sûr, les références littéraires sont nombreuses mais pas que : sont développés aussi les thèmes du jeu, de l’amitié, du travail d’équipe entre autres.

J’ai eu envie de lire ce roman – dont je n’avais jamais entendu parler – lorsque j’ai appris qu’il avait reçu le Prix Enfantaisie (10-12 ans) au Salon du livre de Genève le week-end dernier (peut-être pourrais-je y aller une année…). Cette lecture m’a enchantée ! De l’aventure, du suspense, un peu d’humour, un livre du même genre que Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl (plusieurs clins d’œil), mais ici, tout est fait pour que les parents et les enfants comprennent que la bibliothèque est « le lieu idéal pour apprendre, explorer et grandir » (p. 92). Et j’apprends qu’il y a un deuxième tome : Une semaine dans l’incroyable bibliothèque de M. Lemoncello (Milan, août 2018) et j’espère que la médiathèque l’a acheté ! Et un film ! (quelqu’un l’a vu ?).

Une lecture dans les challenges Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.

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Pati fait son cinéma #2

Cette nouvelle rubrique, Pati fait son cinéma #1, vous a plu et ça m’a fait bien plaisir. C’est que c’est plus difficile pour moi de parler de films que de livres, question d’habitude je pense. Dans ce deuxième billet de Pati fait son cinéma, voici les films d’octobre, deux au cinéma et deux en DVD.

Au cinéma

La prophétie de l’horloge (The House with a Clock in Its Walls) est un film fantastique américain réalisé par Eli Roth ; il dure 1 h 46. Ce superbe film est adapté du roman La pendule d’Halloween de John Bellairs (1938-1991). John Bellairs est un écrivain américain pour la jeunesse mais son grand roman (adulte), The Face in the Frost, considéré comme un chef-d’œuvre de la fantasy, n’est pas traduit en français. Le topo : Lewis, orphelin, est recueilli par son oncle, Jonathan Barnavelt, un magicien qui vit avec une sorcière, Florence Zimmerman, dans une étrange maison (je dirais un manoir !) que tout le monde pense hantée. Voulant apprendre la magie, le jeune Lewis réveille par hasard les morts… Jack Black (Jonathan), Cate Blanchett (Florence), Owen Vaccaro (Lewis) et Kyle MacLachlan (Isaac Izard) sont très bons et j’ai passé un excellent moment au cinéma avec ce film un peu horreur mais tout public.

Halloween est un film d’horreur américain réalisé par David Gordon Green ; il dure 1 h 49. Évidemment je n’ai pas été le voir seule mais je n’ai sursauté que deux fois : la première fois parce que la musique était très forte et la deuxième fois parce que la copine a crié à côté de moi, ah ah ah ! Bon, c’est un film d’horreur slasher (sous-genre du film d’horreur dans lequel un tueur psychopathe, généralement masqué, élimine méthodiquement tout ce qui se trouve sur son chemin, souvent à l’arme blanche, c’est le cas ici) donc ça fait quand même un peu peur. Le film sort pour les 40 ans du premier film Halloween (de John Carpenter, 1978) et on retrouve Jamie Lee Curtis dans le rôle de Laurie Strode qui depuis 40 ans se prépare à affronter Michael Myers. Celui-ci, enfermé et enchaîné dans un hôpital psychiatrique profite d’un transfert pour s’échapper. Les personnages féminins sont très importants avec bien sûr Laurie Strode et aussi Judy Greer dans le rôle de Karen Strode (la fille de Laurie) et Andi Matichak dans le rôle d’Allyson (la petite-fille de Laurie). Les autres rôles (journalistes, policiers, père et amis de Laurie, voisins) sont des faire-valoir juste bons à se faire tuer. À voir si vous aimez les films de ce genre. D’ailleurs je place ces deux films dans le Défi 52 semaines 2018 puisque le thème de cette semaine est Halloween.

Disponibles en DVD

The Florida Project est un film américain indépendant réalisé par Sean Baker et sorti en 2017 (il dure 1 h 55). Moonee (jouée par Brooklyn Prince née en 2010), 6 ans, vit dans une chambre au Magic Castle Motel, un hôtel miteux de Kissimmee en Floride avec sa jeune mère, Halley (jouée par Bria Vinaite, une Lituanienne née en 1993). À noter la présence de Willem Defoe dans le rôle de Bobby, le propriétaire de l’hôtel. Moonee est une petite peste, qui fait les 400 coups avec deux autres enfants, et Halley, une paumée en situation de précarité, aimante mais dépassée, ne pense qu’à trouver de l’argent et à manger pour assurer leur vie. Elles habitent près du parc Walt Disney World Resort mais elles n’ont pas les moyens d’y aller, le rêve américain n’est pas pour elles. Une comédie dramatique douce amère, à la fois drôle et triste à voir si vous avez aimé Tangerine (du même réalisateur) ou Little Miss Sunshine (de Jonathan Dayton et Valerie Faris).

Lumières d’été est un film franco-japonais réalisé par Jean-Gabriel Périot et sorti en 2017 (il dure 1 h 22). Akihiro est un Japonais venu à Paris étudier le cinéma. Devenu réalisateur de films documentaires, il retourne dans son pays natal pour réaliser un film sur Hiroshima et les hibakusha (被爆者), les survivants de la bombe atomique. Dans un parc, il rencontre Michiko, une jolie jeune femme joyeuse et presque insouciante qui va l’entraîner dans la ville reconstruite. Ce film m’a émue et même remuée car j’ai revu des lieux qui m’avaient déjà profondément émue lors de leur visite. Je vous le conseille vraiment ainsi que les deux documentaires que comporte le DVD : 200 000 fantômes (Nijuman no borei 二十万の 亡霊), un court métrage expérimental de 11 minutes réalisé en 2007 et Hibakusha, le témoignage de Madame Kasaoka, un court métrage de 26 minutes réalisé en 2015.

Un de ces films vous fait envie ?

 

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson.

Stock, collection La Cosmopolite, janvier 2018, 176 pages, 18 €, ISBN 9782-23408-327-1. Another Brooklyn (2016) est traduit de l’américain par Sylvie Schneiter.

Genre : littérature américaine.

Jacqueline Woodson naît le 12 février 1963 à Columbus dans l’Ohio (États-Unis) mais elle grandit à Greenville en Caroline du Sud puis à Brooklyn (NY). Elle écrit des livres pour la jeunesse mais Un autre Brooklyn est paru comme son premier livre adulte et a été nommé pour le National Book Award for Fiction en 2016.

« Je sais désormais que la tragédie ne se vit pas sur le moment. Mais dans le souvenir. » (p. 11). August, anthropologue, revient à Brooklyn pour enterrer son père. Elle revoit son frère, 31 ans, marié, et son épouse va avoir leur premier enfant. Elle se souvient de ses amies lorsqu’elles avaient 15 ans. « Sylvia, Angela, Gigi, August. Quatre filles toujours ensemble, d’une beauté stupéfiante, dans une solitude terrifiante. Un souvenir. » (p. 24).

Été 1973. August (8 ans) et Clyde (4 ans) quittent leur Tennessee natal après la mort de leur mère et partent avec leur père à Brooklyn. « Je regardai mon frère observer le monde […]. Où que nous posions les yeux, nous voyions des gens s’efforcer de rêver leur départ. Comme s’il existait un ailleurs. Un autre Brooklyn. » (p. 78). Un Brooklyn sans soldats déglingués, sans drogués, sans dangers ? Mais le quartier devient de plus en plus dangereux et les Blancs le quittent. Et un jour, le père change de vie, il a rencontré une femme et commence à lire le Coran alors qu’avant, la famille fréquentait une église chrétienne.

Mais en fait tout n’est que souvenir…

Un autre Brooklyn est un roman d’apprentissage, c’est l’histoire des Noirs américains dans l’Amérique des années 60-70-80 et en particulier de ces quatre adolescentes qui aiment la musique et s’amuser.

Jacqueline Woodson parle du Black Power et de la Nation of Islam :

Black Power : terme créé en 1966, « divers mouvements politiques, culturels et sociaux noirs aux États-Unis, actifs principalement dans les années 1960 et les années 1970, qui luttaient contre la ségrégation raciale » (Wikipédia).

Nation of Islam : organisation politique et religieuse (nationalisme noir) créée en 1930 à Détroit.

Mais comment, dans un roman comme celui-ci, peut-on oublier de parler de Martin Luther King ? Comment peut-on oublier d’expliquer aux lecteurs néophytes que nombre de Noirs américains ont été islamisés sous prétexte que leurs ancêtres étaient musulmans (ce qui était faux dans la plupart des cas) ?

Un autre Brooklyn est un roman qui ne m’a apporté que ces questions… Je l’ai trouvé lourd, pas explicite sur certains thèmes (que s’est-il réellement passé entre les filles ?), il ne m’a pas touchée, déception donc et je ne pense pas lire un autre titre de Jacqueline Woodson. Mais il y a plein d’avis positifs sur ce roman 😉

Pour le Challenge de l’été, Mois américain et Petit Bac 2018 (catégorie Lieu).

Dreadnought de Cherie Priest

Dreadnought (Le siècle mécanique, 3) de Cherie Priest.

Eclipse, collection Steampunk, octobre 2013, 480 pages, 18,30 €, ISBN 978-2-809-43358-6. Le roman est sorti en poche au Livre de poche en septembre 2016. Dreadnought (2010) est traduit de l’américain par Claude Esmein.

Genres : littérature américaine, science-fiction, uchronie, steampunk.

Cherie Priest naît le 30 juillet 1975 à Tampa (Floride) mais, comme son père est militaire, elle vit dans plusieurs États. Elle habite maintenant à Seattle (État de Washington). Son premier roman (série Eden Moore) paraît en 2003 puis plusieurs séries (Le siècle mécanique, Les dossiers Cheshire Red, etc.) et romans indépendants suivent (science-fiction ou horreur). Plus d’infos sur son site officiel, The Haunt.

Premier tome : Boneshaker. Deuxième tome : Clementine.

1880. Vinita Lynch, surnommée Mercy (miséricorde), travaille à l’hôpital militaire Robertson en Virginie. Elle apprend que son époux – qu’elle n’a pas vu depuis plus de deux ans – est mort. « Phillip avait combattu pour le Kentucky, pas pour l’Union. […] En réalité, tout le monde se battait pour son foyer. » (p. 32). Le lendemain, elle reçoit un télégramme en provenance de Tacoma (État de Washington) : Jeremiah Granville Swakhammer – son père qui avait disparu quand elle avait 7 ans pour aller chercher de l’or dans l’Ouest – a eu un accident et sa présence est requise à Seattle. « Dire que pendant tout ce temps, j’ai cru qu’il était mort. » (p. 54). Malgré sa colère et la crainte que son père ne soit déjà mort à son arrivée, Mercy donne sa démission et part. « Allons, ce sera une belle aventure […]. » (p. 62).

Mercy va d’abord voyager sur un dirigeable, le Zephyr, de Richmond à Winston-Salem puis de Charlotte à Fort Chattanooga. Mais tout le monde parle d’une locomotive énorme et effrayante. « […] ils ont construit la plus grosse locomotive qu’ils aient pu imaginer et y ont installer assez de blindage et d’armement pour en faire une vraie machine de guerre. Un engin capable de se déplacer aussi facilement que n’importe quel train. » (p. 146-147).

Puis en train de Fort Chattanooga à Memphis puis en bateau sur le Mississippi. « Entre les bateaux, les quais, les entreprises et les petits commerces, Mercy parvenait de temps à autre à distinguer le fleuve. Comme tout le monde, elle avait entendu pas mal d’histoires à propos du Mississippi. Mais le voir de ses yeux, dans toute son immensité, restait un spectacle incroyable. En comparaison, tous les autres cours d’eau qu’elle avait traversés ressemblaient à de simples ruisseaux. Celui-ci – qu’elle vit encore mieux après avoir traversé la rue encombrée de chariots – paraissait infini. En se tenant aussi près du bord que lui permettait l’aménagement portuaire, elle ne pouvait distinguer l’autre rive à travers la brume matinale. » (p. 178-179).

Et enfin, à bord du train de la fameuse locomotive, Dreadnought. « Cette locomotive était là-bas, et tout le monde semblait la craindre comme le diable. (p. 191). « […] cette locomotive est redoutable parce que c’est une machine de guerre. Ensuite, elle a été conçue pour effrayer les gens. » (p. 192). Le Dreadnought transporte soi-disant des corps de militaires rapatriés dans leurs familles, entre Saint-Louis (Missouri) et Tacoma (État de Washington).

Mais le voyage n’est pas de tout repos : il est très long – près de cinq mille kilomètres – et dangereux ! Durant ce périple, Mercy va rencontrer beaucoup de personnes différentes comme un vieux couple aisé, deux prostituées, un capitaine de bateau, un journaliste, un ranger texan (Horatio Korman), Miss Theodora Clay (très curieuse), des militaires, etc. Il y a donc une belle galerie de personnages. En ce qui concerne Mercy, je dirais que son caractère se situe entre celui de Briar de Bonashaker : elle est moins réservée et plus expérimentée que Briar, et celui de Maria de Clementine : elle est moins aventureuse et risque-tout que Maria mais elle a du caractère et surtout elle peut soigner les blessés ce qui la rend plutôt sympathique au regard des autres voyageurs ce qui n’était pas évident au départ puisque Mercy est noire.

Alors qu’on était dans un huis-clos angoissant avec Boneshaker et dans un road movie aérien divertissant avec Clementine, Dreadnought est un grand voyage d’est en ouest – en passant un peu par le sud – à travers les États pas encore unis et en pleine guerre. On a plusieurs frayeurs tout au long de ce trajet et on roule à fond la caisse à bord du Dreadnought qui subit des attaques organisées. Lorsqu’on lit ce troisième tome, tout se remet en place, on comprend des choses des deux précédents tomes et on se dit qu’on va se retrouver à Seattle comme dans le premier tome, ce qui est vraiment bien mené de la part de l’auteur. Le style est très fluide, genre page turner, (le traducteur est encore différent) et j’ai passé un très bon moment de lecture. Comme dans Boneshaker, les créatures ne sont pas appelées zombies (le mot n’existait pas au XIXe siècle) mais « cadavres ambulants », « cadavres enragés » ou « attaquants aux yeux morts » cependant on saura qui elles sont, d’où elles viennent et comment elles sont devenues ces monstres.

Mon passage préféré (à propos des Sudistes) : « Ce sont des chiens qui vous ont fait ça ? Un homme qui se bat contre des chiens vaut encore moins qu’eux. Je me bats contre des hommes, Comstock. Je les combats pour la même raison qu’ils nous combattent : parce que quelqu’un leur en a donné l’ordre et que le hasard les a placés d’un côté du front et moi, de l’autre. » (capitaine MacGruder, p. 427). Union, Confédération, États indépendants (ou neutres) comme le Texas, Mexique… le principal est d’être humains, vivants et de gagner contre « ces choses » pour ne pas devenir comme elles.

Et puis cette phrase : « […] les importuns hésitent souvent à ennuyer une femme en train de lire. » (p. 444). 😉 Euh, c’était au XIXe siècle, est-ce encore vrai maintenant ?

Une chouette lecture pour les challenges Chaud Cacao, de l’épouvante, de l’été, Littérature de l’imaginaire, Vapeur et feuilles de thé et Lire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été).

Mois américain 2018

Depuis sept ans, septembre est le temps du Mois américain ! Toujours avec Titine du blog Plaisirs à cultiver. J’ai participé (avec ce blog) en 2015 (une seule lecture…) et en 2017 (deux billets) ; peut-être trois billets cette année ? 😉

Plus d’infos, logo officiel et inscription chez Titine ou sur le groupe FB + le récapitulatif et plusieurs autres très beaux logos chez Cannibal Lecteur.

Mes billets pour ce challenge

1. Dreadnought (Le siècle mécanique, 3) de Cherie Priest (Eclipse, 2013)

2. Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson (Stock, 2018)

Deux billets, comme l’année dernière ; rendez-vous en septembre prochain mais je lirai bien sûr de la littérature américaine toute l’année, d’ailleurs le Défi littéraire de Madame lit consacre le mois de novembre à la littérature américaine.

Apparences de Lydia Le Fur

Apparences de Lydia Le Fur.

Auto-édition [lien mon Best Seller], avril 2017, 12,65 €, 204 pages, ISBN 978-2-9559558-1-9.

Genres : thriller, science-fiction.

Lydia Le Fur naît à Saint Malo (patrie des Étonnants voyageurs). Elle est professeur d’anglais, elle aime les thrillers et le cinéma. Apparences est son premier roman. Plus d’infos sur son blog (avec Lune de Miel) et sa page FB.

Début décembre. Liza Devreau, jeune peintre parisienne, se rend à New York où ses toiles vont être exposées (à la galerie Arbora à Chelsea). Au moment de monter dans le taxi pour l’aéroport, un coup de feu retentit mais, après un petit moment de panique, Liza ne se rend pas compte que quelqu’un a essayé de la tuer. « En plein SoHo, elle se sentait bien, proche des galeries d’art et des musées. » (p. 15). Au bar de son hôtel, elle est abordée par un bel homme qui veut la revoir et le lendemain, elle est abordée dans la rue par un journaliste un peu détective (habillé comme Sherlck Holmes) qui la suit depuis Paris ! « Je me méfie toujours des apparences. C’est comme ça qu’on reste en vie et que l’on fait un bon journaliste ou un bon détective. » (p. 23). Et le journaliste se précipite sur elle car un coup de feu est tiré : pour la deuxième fois, quelqu’un a essayé de tuer Liza, et Thomas Rivard (puisque c’est comme ça qu’il s’appelle) a repéré l’homme armé.

Qui veut tuer Liza et pourquoi ? Mais si le tireur d’élite a raté deux fois sa cible, c’est parce qu’il ne comprend pas pourquoi son employeur veut qu’il tue cette jeune femme lumineuse et talentueuse. « Il se dit qu’elle faisait partie de ces gens qui vous attirent, qui vous arrêtent, des gens dont la beauté intérieure transparaît au dehors, que l’on ne peut s’empêcher de regarder quand ils entrent dans une pièce, des gens qui stoppent les conversations, vers qui l’on se retourne. Elle était un de ces êtres à part et il devait la tuer. » (p. 41-42).

Le lecteur en apprend un peu sur l’Art et le fonctionnement d’une galerie, sur la ville de New York et la devise de sa police : « Courtoisie, professionnalisme et respect. » (p. 49) mais le détective John Berkley n’a pas le temps de mener une enquête car Liza et Thomas filent à Oxford en Angleterre pour se mettre à l’abri et comprendre.

Lorsque Liza est enlevée, les phrases se font plus courtes, plus percutantes et j’ai trouvé que ça montrait bien l’affolement et la peur de Liza.

Je ne dévoilerai rien du pourquoi du comment et il faudra que vous lisiez ce roman mi thriller mi science-fiction pour découvrir la vérité ! Apparences est en fait une réflexion sur l’Art, sur la vie, sur la science : « Avancer avec son temps. Toujours avancer. Et même devancer. » (p. 187) et sur l’obéissance aux ordres. Cette lecture fut une belle découverte avec des surprises (par exemple, il y a des références amusantes à Sherlock Holmes et à George Clooney, l’auteur est sûrement fan !) mais j’aurais voulu en lire plus ! J’ai appris que Lydia Le Fur est en train d’écrire une suite, c’est une bonne nouvelle car elle a une « belle plume » comme on dit et j’espère qu’elle développera plus ses personnages en particulier Liza et le lieutenant Mathieu (le tireur d’élite). Voilà, pas un coup de cœur mais une chouette lecture pour une soirée.

Un passage que j’aime bien : « On ne parle plus que de ça, chez le coiffeur, chez le boucher, au bar, entre collègues. Cela permet d’oublier les malheurs de son quotidien. Les actualités, ce sont les jeux modernes. Du pain et des jeux, du pain et des infos, voilà ce que réclame le peuple et tout le monde est content. Un peu de guerre, un peu de sexe, un peu d’amour et de beaux sentiments, un peu de terroir et de région, un peu de sport de balle sur une pelouse verte et des scandales financiers te hop ! c’est fait, les gens font de beaux rêves. » (p. 79).

Et un autre : « L’humour est une grande qualité. Sans humour, la vie serait bien triste. » (p. 176).

Une petite remarque à propos du « à » majuscule, j’ai repéré quelques (quatre) « A » alors qu’un peu plus loin, il y a bien « À », c’est un petit détail mais (comme je suis chiante), la lettre majuscule reste la même lettre que la lettre minuscule et garde donc son accent (ou sa cédille) qu’elle soit écrite en minuscule (bas-de-casse) ou en majuscule (grandes capitales ou petites capitales).

Une lecture pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Titre mot unique), Polar et thriller et S4F3 #4 (le roman est à la fois thriller et à la fois SF).

Ce roman est un livre voyageur organisé par Julie du blog Ju lit les mots + lien vers sa note de lecture. Je remercie donc Julie pour cette initiative et Lydia Le Fur qui m’a envoyé directement son livre. Et je souhaite bonne lecture aux participants suivants.

Clementine de Cherie Priest

Clementine (Le siècle mécanique, 2) de Cherie Priest.

Eclipse, collection Steampunk, juin 2013, 260 pages (+ 20 pages avec un extrait du tome 3), 18,30 €, ISBN 978-2-809-43166-7. Le roman est sorti en poche au Livre de poche en septembre 2016. Clementine (2010) est traduit de l’américain par Sandy Julien.

Genres : littérature américaine, science-fiction, steampunk.

Cherie Priest naît le 30 juillet 1975 à Tampa (Floride) mais, comme son père est militaire, elle vit dans plusieurs États. Elle habite maintenant à Seattle (État de Washington). Son premier roman (série Eden Moore) paraît en 2003 puis plusieurs séries (Le siècle mécanique, Les dossiers Cheshire Red, etc.) et romans indépendants suivent (science-fiction ou horreur). Plus d’infos sur son site officiel, The Haunt.

Le premier tome, Boneshaker, n’entrait pas dans le Challenge Chaud Cacao mais ce tome 2 oui.

1880. Felton Brink, un pirate de l’air, a volé le dirigeable la Corneille libre qui appartient au capitaine Croggon (Crog) Hainey depuis huit ans et l’a rebaptisé Clementine. « Croggon Hainey s’était donc lancé à sa poursuite, depuis la ville portuaire de Seattle en bordure du Pacifique jusque dans tout l’Idaho, avant de dépasser Twin Falls pour pénétrer dans le Wyoming où il avait bien failli le coincer à Rock Springs. Le fuyard avait alors obliqué au sud-sud-ouest, gagné Salt Lake City, puis mis le cap à l’est, traversé le Colorado, et ils survolaient actuellement tous les deux le Kansas. Toujours vers l’est. Hormis ce bref crochet, ils filaient droit vers l’est. » (p. 10). C’est que la guerre civile américaine fait rage depuis un peu plus de vingt ans. Pendant ce temps-là, à Chicago, Maria Isabella (Belle) Boyd, ancienne espionne confédérée, est embauchée par l’agence de détectives privés Pinkerton pour retrouver le Clementine et protéger sa cargaison soi-disant humanitaire jusqu’à Louisville dans le Kentucky. Elle a autorisation de se débarrasser de l’ancien esclave Croggon Beauregard Hainey si nécessaire. « Maria n’était encore jamais montée dans un dirigeable, mais elle n’était pas du genre à l’avouer, et régler les détails à mesure qu’ils se présentaient ne la gênait pas. » (p. 68).

L’action se déroule de la même façon que dans le premier tome, un chapitre pour un protagoniste – Crog – et un chapitre pour l’autre protagoniste – Maria – jusqu’à ce qu’ils soient réunis par le destin : j’ai beaucoup aimé ces deux personnages principaux aux caractères bien trempés. Mais, si on retrouve Crog et deux de ses hommes à bord d’un dirigeable qu’ils ont volé pour poursuivre la Corneille libre – Clementine, les autres personnages ne sont pas du tout les mêmes : exit Briar et son fils Zeke, ils sont sûrement restés dans les Faubourgs. Alors que Boneshaker était un huis-clos angoissant, Clementine est un road movie aérien divertissant avec de belles scènes de poursuites et d’action. De plus le roman fait 200 pages de moins et les caractères sont plus gros donc il se lit beaucoup plus vite ; et le style est un peu différent, plus fluide, plus dynamique, peut-être est-ce dû à une traductrice différente ? « Et je pourrais prendre goût à cette histoire de vol en dirigeable. C’est plutôt excitant au fond. » (p. 187).

Je vais y prendre goût moi aussi et embrayer avec le tome 3, Dreadnought, qui à mon avis sera encore différent.

Une chouette lecture pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Vapeur et feuilles de thé et Lire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été).