Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Cever

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Cever d’après le roman de Luis Sepúlveda.

Caurette, octobre 2021, 96 pages, 17,95 €, ISBN 979-10-96315-95-6.

Genre : bande dessinée franco-suisse, adaptation d’un roman chilien.

Cever est un Franco-Suisse né en 1959 à Bruxelles en Belgique. Biologiste, il partage sa vie entre la science et la bande dessinée. Il a aussi beaucoup voyagé. « En juin 2018, ma fille, Swann, avait laissé traîner un livre dont le titre m’a interpellé : L’Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler. Au lieu de lui demander de le ranger, je l’ai lu… En moins d’une heure… Et la magie a opéré… J’ai « vu » ce livre en BD. » (introduction, p. 2). Cever a pu contacter Luis Sepúlveda pour lui montrer ses premiers croquis et l’auteur lui a donné l’autorisation pour la BD.

Un grand chat noir, Zorbas, vit avec une agréable famille à Hambourg dans le quartier Sankt Pauli. Lorsque les parents et leur fils partent en vacances pour deux mois, le matou est content, seul maître de l’appartement à se prélasser, à prendre l’air sur le balcon et à accéder aux toits pour retrouver ses copains, « Sûr, je ne vais pas m’ennuyer… » (p. 7).

Au même moment, en Mer du Nord, près de phare de Roter Sand, un groupe de mouettes s’envole et plonge pour manger des poissons mais un chalutier déverse du pétrole dans la mer et Kengah se retrouve engluée… Elle arrive à se nettoyer plus ou moins en s’arrachant quelques plumes et à voler péniblement jusqu’au port de Hambourg avant de s’écraser sur le balcon où Zorbas profite du soleil. Kengah dit à Zorbas qu’avant de mourir, elle va pondre un œuf et elle lui fait promettre de ne pas manger l’œuf, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin et… de lui apprendre à voler ! Zorbas pense qu’elle délire et promet puis part chercher de l’aide (les mimiques sur son visage sont super bien faites, extrait ci-contre).

Mais quand Zorbas revient avec les conseillers qu’il a consultés, Colonello, Secrétario et Jesaistout (qui sait tout grâce à ses encyclopédies), la mouette est malheureusement morte mais il y a un bel œuf blanc et bleu. Or « une promesse faite par un chat du port engage tous les chats du port. » (p. 34). Après avoir enterré la mouette dans un parc avec ses amis, Zorbas prend soin de l’œuf alors que les autres chats se renseignent sur comment élever un oisillon et lui apprendre à voler. Vingt jours après, le poussin naît. « Maman ! » (p. 45) crie-t-il devant Zorbas éberlué qui doit trouver de quoi nourrir le petit affamé, le protéger du voisin qui vient vérifier si tout va bien et lui remplir sa gamelle et contre les chats des toits qui veulent le manger. Zorbas décide alors de l’emmener au Bazar de Harry où vit Jesaistout.

Heureusement, Zorbas réussit à négocier avec les rats et Capitano, le chat qui a fait le tour du monde arrive pour les aider. Comme il leur dit que c’est une petite femelle, les chats décident de l’appeler Afortunada, « Nous te saluons Afortunada, la fortunée, amie des chats ! » (p. 65). Mais un mois après, les chats ne savent toujours pas comment lui apprendre à voler…

Page 59, il y a un petit message émouvant en bas de page, « 16 avril 2020, au revoir, monsieur Sepúlveda. ». J’aime beaucoup les pages 72 et 73 dans lesquelles Zorbas rassure Afortunada et lui explique pourquoi elle est différente des chats et que ceux-ci l’aiment comme elle est. En tout cas, toute la BD (qui a reçu 8 prix) est magnifique avec ses dessins en noir et blanc et plusieurs thèmes sont abordés, écologie et pollution, amitié et engagement, acceptation de la différence… Si vous voulez en savoir plus sur le roman et sur Luis Sepúlveda, vous pouvez cliquer sur le lien en haut du billet.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et le challenge BD 2022 mais aussi pour Les adaptations littéraires, Littérature de l’imaginaire #10 (des chats, des oiseaux et un singe qui parlent, c’est bien du fantastique), Petit Bac 2022 (catégorie Verbe pour Voler), Les textes courts, Tour du monde en 80 livres (Suisse et Chili) et Un genre par mois (en octobre, c’est fantastique ou horreur).

Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg

Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg.

Akileos, octobre 2018, 320 pages, 29 €, ISBN 978-2-35574-353-5. Stand Still Stay Silent, Book 1 (2013, réédition 2015) est traduit de l’anglais par Diane Ranville.

Genres : bande dessinée suédo-finlandaise, comics, science-fiction, fantasy.

Minna Sundberg naît le 9 janvier 1990 en Suède mais vit en Finlande entre 1997 et 2013 avant de retourner en Suède. Elle étudie le graphisme à Helsinki et réalise sa première bande dessinée, A Redtail’s Dream (600 pages), un conte inspiré de la mythologie finlandaise, paru chez Akileos sous le titre Un rêve de renard en 2019. Plus d’infos sur le site officiel de SSSS (il y a 4 tomes) et sur son site officiel.

Année 0, jour 0. En plus de pluies diluviennes sur la Norvège, le gouvernement annonce que la maladie de la Rouille arrive (l’Islande a déjà fermé ses frontières). À Dalsnes, un village encore plus isolé depuis que la route s’est effondrée, Aksel demande à Gunnar (qui part en bateau) de ramener de la ville sa grand-mère qui vit seule (avec un chat).

Année 0, jour 3. Les pays ferment les trafics aériens et maritimes. « Si cela nous permet de retarder l’arrivée de la contagion sur notre sol, même pendant quelques semaines, nous pourrons peut-être développer un remède d’ici-là. Ou au moins, nous aurons mis en place un plan pour gérer la prise en charge des malades alors même que presque tout le pays sera cloué au lit. » (p. 22).

Dingue, Minna Sundberg a écrit et dessiné cette histoire en 2013 mais ça ressemble bigrement à la crise du covid !

Année 0, jour 5… jour 40. Tout s’accélère, évolution de la maladie, des contaminations, des morts, plus aucun contact avec l’extérieur.

« Année 90. Islande. Reykjavík, capitale du monde connu. Population : 41750. Taux d’immunité : 11 %. » (p. 60). Une équipe est constituée par « le conseil nordique de l’Histoire et de la Redécouverte […] pour une mission de recherche en direction du monde silencieux. » (p. 63). Siv et Torbjörn Västerstöm (Suédois, 35 et 38 ans, universitaires), Taru Hollola (Finlandaise, 41 ans, stratège dans l’armée) et Trond Andersen (Norvégien, 67 ans, général à la retraite) vont partir en Suède.

En plus des cases de la bande dessinée, il y a un peu comme un journal de bord avec la « carte complète représentant le monde connu élaborée par Steingrímur Þórðarson, Scalde, révisée en l’an 87 » (p. 70), les différents peuples avec leurs spécificités et leurs croyances, les Islandais, les Norvégiens, les Danois, les Suédois, les Finnois (notez que le reste du monde est devenu totalement inconnu) et des consignes comme « La première règle pour survivre en dehors des zones sécurisées. En cas de rencontre avec une bête, un troll ou un géant, ne courez pas, n’appelez pas à l’aide. Souvenez-vous simplement de rester immobile et silencieux. Peut-être qu’il partira. » (p. 74), d’où le titre Stand Still, Stay Silent (rester immobile, rester silencieux).

Eh oui, commencée comme de la science-fiction, la bande dessinée continue comme de la fantasy voire du fantastique (avec une pointe d’horreur). C’est bien joué de la part de l’autrice !

Le couple Västerstöm, Taru Hollola et Trond Andersen embarquent avec eux dans l’expédition, Tuuri Hotakainen (Finlandaise, 21 ans, de la base militaire Keuruu, Scalde et mécanicienne), à noter qu’Onni Hotakainen, son frère (27 ans, mage dans l’armée) refuse d’embarquer au dernier moment, Lalli Hotakainen (leur cousin, Finlandais également, 19 ans, mage et éclaireur dans l’armée) et un chat : il y a deux pages sur « Les félins sacrés. Les poissons, les oiseaux, les insectes et les reptiles, toutes les créatures à peine conscientes qui peuplent notre monde furent épargnées tandis que tous les représentants du règne mammifère succombaient à la maladie. Tous, sauf le chat. Peut-être était-ce le hasard, peut-être était-ce le destin, peut-être étaient-ils connectés au monde des esprits. […] » (p. 112-113). Puis, lors de l’escale en Finlande, Emil Västerstöm (Suédois, 19 ans, nettoyeur dans l’armée et neveu de Torbjörn Västerstöm) se joint à l’équipe et le voyage se poursuit en train jusqu’à Mora, capitale de la Scandinavie.

Bon, je ne vous en dis pas plus, il y a tant de choses à découvrir dans cette bande dessinée qui est un beau livre à avoir sur ses étagères. Plus d’un an et demi de travail pour l’autrice qui a utilisé différentes légendes scandinaves pour parfaire son histoire (et montrer leurs ressemblances et leurs différences selon les pays et leur langue). Et donc, c’est à la fois science-fiction, fantasy, fantastique mais ce n’est pas fouillis. Au contraire, c’est vraiment bien diversifié au niveau de l’agencement des cases, de la lecture, des pages de ‘journal’ avec des explications (des infos importantes), des couleurs (plutôt tons bleus et de l’orange lorsqu’il y a du danger, comme la couleur de la maladie, la rouille) et des paysages avec de nombreux détails. Rien que de voir les personnages principaux (qui vont dans la zone inconnue et dangereuse avec chacun leurs qualités, leurs défauts, leurs angoisses) sur la couverture fait envie et, au feuilletage, on se rend compte tout de suite que c’est riche, dense, intense, rythmé, ce qui se confirme à la lecture. Il y a même de l’humour et de la poésie. Une totale réussite et j’ai hâte de lire les tomes suivants !

Elle a lu les deux premiers tomes et les a appréciés : L’ourse bibliophile. D’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et les challenges BD 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 29, un livre dont le titre est un verbe à l’infinitif, bon les deux verbes, stand et stay, sont anglais), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Verbe pour Stand et Stay), Tour du monde en 80 livres (Finlande, l’autrice est Suédo-Finnoise mais j’ai déjà un livre pour la Suède) et Shiny Summer Challenge 2022 (menu 2 – Orage d’été, sous menu 1 – Dorothée au pays d’Oz = voyager dans le temps et les univers, les sorcières sont invitées, ici ce sont les trolls et autres dangereuses créatures post apocalyptiques). Et, bon sang, j’ai oublié le Challenge nordique !

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake.

Ma éditions (apparemment le livre n’est plus au catalogue, il n’y a plus de fictions), novembre 2011, 480 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-822-40053-4. The Dead Sea Deception (2011) est traduit de l’anglais par Véronique Gourdon.

Genres : littérature anglaise, roman policier, thriller.

Adam Blake (pseudonyme de Mike Carey, scénariste de comics DC et Marvel) naît en 1959 à Liverpool en Angleterre. Il a été professeur avant de se consacrer à l’écriture. Sa bibliographie sur son site officiel.

L’Évangile des Assassins est le premier tome de la série Leo Tillman & Heather Kennedy. Le deuxième est The Demon Code (Le Code du Démon) paru en 2012.

Peason, Arizona, États-Unis. Le shérif Webster Gayle est appelé pour le crash d’un avion. En s’écrasant, l’avion s’est coupé en deux et « La route N40 qui traversait Basset’s Farm était parsemée de corps : hommes, femmes et enfants, tous étendus sur la terre ravagée, tandis que les vêtements se déversaient de leurs valises éventrées, tordues […]. » (p. 9).

Londres, Angleterre. Heather Kennedy doit enquêter sur « un homme mort étendu au pied d’un escalier » (p. 13) datant d’il y a trois semaines mais dont la sœur n’est pas d’accord sur le fait que ça soit un accident. Elle devra « former un nouveau coéquipier, un jeune inspecteur enthousiaste qui vient juste d’entrer dans le service […] Chris Harper. » (p. 15) qui a 28 ans. Le mort était le professeur Stuart Barlow du département Histoire de l’université du Prince Régent, il avait 57 ans, était spécialisé en paléographie et dans les manuscrits de Nag Hammadi. E l’autopsie révèle que, effectivement, la mort est suspecte. En plus il avait déclaré être suivi.

Magas, Ingushetia (république d’Ingouchie, entre l’Ossétie du Nord et la Tchétchénie). Leo Tillman a perdu son épouse (Déborah) et leurs enfants (Jud, Seth et Grace). Il interroge Yanush (Kiril) Kartoyev, un trafiquant russe sur Michael Brand qu’il poursuit depuis 13 ans mais il n’obtient qu’une info importante, la dernière destination de Brand était Londres.

Lorsque Heather Kennedy va interroger Rosalind Barlow, la sœur du professeur assassiné, elle apprend que Stuart Barlow faisait voulait réécrire le codex Rotgut, « une traduction médiévale d’une version égarée de l’Évangile selon saint Jean. » (p. 74) et qu’il faisait partie des Ravellers, « une communauté sur Internet de paléographes – les gens qui travaillent sur les manuscrits anciens et les incunables. » (p. 73) et le seul nom dont elle ait entendu parler est Michael Brand qui devait rencontrer son frère à l’hôtel Pride Court à Londres. Michael Brand, oui, vous avez bien lu, Michael Brand, le point commun entre Leo Tillman et Heather Kennedy ! Et pendant ce temps, Chris Harper a découvert que deux autres scientifiques ayant assisté à la même conférence ont été également tués, Catherine Hurt et Samir Devani.

Deux jours après l’accident d’avion, à Peason, des fantômes des victimes sont apparus. Par exemple, un homme était dans son salon devant la télévision avec un verre de whisky et sa veuve a même senti son parfum, un employé des travaux publics s’est présenté à son bureau et a surfé sur Internet, une femme a sorti sa voiture du garage pour aller au supermarché et faire des achats avec de l’argent qu’elle venait de retirer du distributeur, une autre femme a appelé son frère « exactement soixante et une heures après que l’avion s’était écrasé au sol. » (p. 79). La boîte noire n’a toujours pas été retrouvée alors qu’elle émet bien un signal et, en la cherchant, le shérif Webster Gayle se retrouve lui-même nez à nez avec deux fantômes, si ressemblant qu’ils sont sûrement frère et sœur.

Montmartre, Paris, France. Solomon Kuutma suit Leo Tillman à la trace et envoie ses Messagers. Parfois ils perdent sa trace mais il faut absolument que Tillman ne retrouve ni sa femme ni ses enfants. Pour quelle(s) raison(s) ?

Bon, vous imaginez bien que Leo Tillman et Heather Kennedy, tous les deux cherchant Michael Brand, vont se rencontrer ! « Kennedy était perplexe. Il n’y avait pas grand-chose dans son discours qui lui avait semblé très sensé, même si Tillman l’avait prononcé d’une voix calme et mesurée. » (p. 206). « À propos de là où nous en sommes. Vous devez comprendre que ça fait longtemps maintenant que je recherche Michael Brand. Peut-être même depuis plus longtemps que vous n’êtes inspectrice. Et pendant tout ce temps, je ne me suis jamais senti aussi près de le trouver que maintenant. Nous nous sommes rencontrés au bon moment. Ce que vous savez et ce que je sais, tout cela se complète presque à la perfection. Nous sommes en bonne position. » (p. 251).

L’Évangile des Assassins est un thriller passionnant et explosif, plutôt ésotérique mais compréhensible même par les lecteurs qui n’y connaissent rien en religion chrétienne, groupes du début du christianisme, codex et manuscrits apocryphes. Je pense qu’il y a une part de ‘vérité’ et d’historique et une part de fiction (ou alors c’est que nous ne sommes pas au courant de tout et il vaut mieux pour nos vies !). Cependant, l’évangile de Judas est maintenant connu et beaucoup d’historiens et de scientifiques expliquent qu’il n’est pas le traître que l’on croit et qu’il aurait agi sur ordre de Jésus en toute connaissance de cause (est-ce que ce sont de simples hypothèses ou ont-il des preuves pour étayer tout ça, je ne sais pas). En tout cas, tout s’accélère dans les derniers chapitres. « Tillman la regarda inanimée, et il eut un rare sursaut de conscience. Avait-il entraîné Kennedy dans sa propre folie, ou s’étaient-ils rencontrés où elle était devenue assez dingue pour qu’ils soient sur la même longueur d’onde ? » (p. 434).

En fait, ce roman m’avait été envoyé par Lystig [sa note de lecture sur L’oiseau-Lire] au printemps 2012 (je pense, en tout cas après qu’elle l’ait lu puisqu’elle proposait de l’envoyer à la fin de son billet) et, peu de temps après l’avoir commencé, je me suis rappelée que je l’avais déjà lu, ou en tout cas commencé, car je me suis souvenu de certaines choses et j’ai retrouvé un papier dans le livre avec quelques notes. Comme le disait Lystig, il y a deux héros blessés par la vie, sympathiques et attachants, de l’action, du mystère (de l’ésotérisme) avec les descendants de Judas (et même de Caïn en fait) et le lecteur voyage surtout en Angleterre et aux États-Unis avec une incursion en Russie, en France et au Mexique. Un bon thriller avec une pointe de fantastique qui se laisse bien lire mais aurais-je l’occasion de lire le tome 2 (qui se déroule trois ans après) ?

J’ai repéré deux fautes… Page 45, Start au lieu de Stuart. Page 61, « En pour ce qui était des plaisanteries ».

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 8, un livre dans ma Pàl depuis plus de 5 ans, depuis environ 10 ans même, 3e billet), British Mysteries 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 49, le livre de votre Pàl dont la date d’édition est la plus ancienne, il y a sûrement plus ancien mais celui-ci est dans ma Pàl depuis 10 ans), Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 1 – Mort sur le Nil = policier et thriller, 4e billet), Un genre par mois (en juillet, c’est policier), Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark

Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, juin 2021, 104 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-3600-082-9. The Haunting of Tram Car 015, (2019) est traduit de l’anglais par Mathilde Montier.

Genres : littérature états-unienne, fantasy, fantastique, science-fiction, roman policier.

Phenderson Djèlí Clark, de son vrai nom Dexter Gabriel, naît le 11 juin 1971 à New York (États-Unis) mais il grandit chez ses grands-parents à Trinité et Tobago. À l’âge de 8 ans, il retourne aux États-Unis. Il étudie l’Histoire. Il est historien, professeur chercheur (esclavage et émancipation dans le monde atlantique) et auteur (romancier et nouvelliste dans les genres fantasy et science-fiction). Plus d’infos sur son site officiel.

Le mystère du tramway hanté est la deuxième histoire de la série Ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La 1ère étant L’affaire étrange du djinn du Caire (2016, L’Atalante, 2021) et la 3e Maître des djinns (2021, L’Atalante, 2022).

Le Caire, Égypte, 1912. Le surintendant Bashir envoie deux jeunes agents, Hamed Nasr (28 ans) et Onsi Youssef (24 ans) du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, enquêter sur le tramway de la station Ramsès. « Une affaire tout à fait effroyable, déclara-t-il. Je crains qu’il n’y ait guère de façon édulcorée de formuler la chose… Le tramway est hanté. […] La rame 015 qui dessert la vieille ville. C’est un des modèles les plus récents sortis en 1910. Il n’est en service que depuis deux ans et nous rencontrons déjà des problèmes, que Dieu nous protège ! » (p. 12). Depuis une semaine un fantôme se contentait d’effrayer les mécaniciens et les passagers mais la veille, il a attaqué une femme dont les « vêtements […] ont été réduits en lambeaux ! » (p. 13).

Effectivement l’entité, inconnue, n’est pas commode… Devant le peu de budget du ministère, Hamed et Onsi font appel à une cheikha, Nadiyaa (bon, c’est vrai, c’est parce que ça coûte moins cher qu’un djinn). « Nous sommes venus solliciter votre aide, si vous acceptez de nous la fournir. » (Hamed, p. 44-45). Mais la cheika, qui se bat pour les droits des femmes (combat important dans le roman), refuse (le tramway n’est pas une femme qui a besoin d’aide). Cependant Onsi arrive à la convaincre mais la cérémonie du Zâr tourne mal… l’entité n’étant pas un djinn mais une créature violente, un al (ou alk) en provenance d’Arménie (mais existant aussi en Perse et en Asie centrale).

De nouveau, l’auteur mélange les genres dans ce roman court (certains disent une novella), une enquête policière pas classique du tout puisqu’il y a de la fantasy (magie, créatures surnaturelles), de la science-fiction (femmes-machines libérées et libres de penser et de s’exprimer, dirigeables, tramways aériens, genre steampunk) et un peu de fantastique horreur (lovecraftien comme dans la 1ère histoire) avec la créature maléfique. Cet auteur a du génie ! Je ne sais pas si je l’ai déjà dit.

Fatma El-Sha’arawi, qui enquête dans L’affaire étrange du djinn du Caire ne fait pas partie de cette enquête du tramway mais on entend parler d’elle (Onsi a étudié à l’académie avec elle) et elle apparaît à un moment (on voit aussi Siti dans le restaurant nubien de sa grand-mère). Et c’est elle qui enquêtera dans le 3e tome, Maître des djinns (j’ai hâte de le lire !).

Ils l’ont lu (et apprécié !) : Aelinel, Apophis, Belette – Cannibal Lecteur, Boudicca, CélineDanaë, Jean-Yves chez Chut maman lit, Jess – Fantasy à la carte, Le nocher des livres, Lutin – Albédo, Marc – Les chroniques du chroniqueur, Ours inculte, Tachan, d’autres ?

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 39, un roman fantasy, 2e billet), Contes et légendes (créatures orientales), Littérature de l’imaginaire #10, Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 3 – Sable chaud, sous menu 3 – Un océan de bonheur = vive les vacances, bienvenue au roman qui chauffe les cœurs et muscle les joues, je dois expliquer pourquoi je mets cette lecture ici donc voyez plus bas mais attention spoiler), Un genre par mois (en juillet, c’est policier) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

Attention Spoiler pour expliquer pourquoi je mets cette lecture dans ce menu 3 du Shiny Summer Challenge. Dans le sous menu 3, il faut du grotesque, du des muscles aussi, bref… Déjà le roman est considéré comme burlesque, je confirme, il l’est. De plus, l’alk est une créature maléfique qui se transforme tantôt en fillette enjôleuse tantôt en vieille femme affreuse aux dents acérées, mais qui n’a qu’un seul objectif, voler un enfant (à naître ou nourrisson), il y a du grotesque (et je me demande bien si je n’ai pas déjà entendu parler de cette légende dans une série ou un film, plutôt états-unien). Et dernier point, totalement décalé (il y a un peu du Laurel et Hardy en eux) : les deux agents du ministère sont obligés de se déguiser en femmes enceintes, gros ventres, robes et chaussures féminines, tout ça, pour attirer la créature malfaisante et la vaincre, je ne vous dis pas, c’est trop drôle, mais c’est aussi musclé. Voilà, j’espère que ce roman convient pour ce menu et ce sous menu car avec cette dernière lecture, j’ai honoré ce challenge (et ce, avec grand plaisir).

Les tambours du dieu noir et L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark

Les tambours du dieu noir suivi de L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, avril 2021, 144 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-3600-074-4. The Black God’s Drums (2018) et A Dead Djinn in Cairo (2016) sont traduits de l’anglais par Mathilde Montier.

Phenderson Djèlí Clark, de son vrai nom Dexter Gabriel, naît le 11 juin 1971 à New York (États-Unis) mais il grandit chez ses grands-parents à Trinité et Tobago. À l’âge de 8 ans, il retourne aux États-Unis. Il étudie l’Histoire. Il est historien, professeur chercheur (esclavage et émancipation dans le monde atlantique) et auteur (romancier et nouvelliste dans les genres fantasy et science-fiction). Plus d’infos sur son site officiel.

Voici ce que nous dit l’éditeur (site et 4e de couv). « Bienvenue dans la première publication française d’un nouveau maître de l’uchronie et du surnaturel. Bienvenue dans les mondes mirifiques criants de réalisme, foisonnants de couleurs, de sons et de parfums, de Phenderson Djèlí Clark. »

Les tambours du dieu noir est un roman indépendant.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction (uchronie, steampunk).

La Nouvelle-Orléans, années 1880, bientôt ‘Maddi grá’. Une Nouvelle-Orléans indépendante et territoire neutre, avec des guildes, des dirigeables, des Écrivisses métalliques qui patrouillent dans les rues, des tempêtes noires, des Grands Murs construits par les Hollandais pour en protéger la ville et une guerre de Sécession presque avortée sur la fin.

Jacqueline (surnommée LaVrille) est la narratrice. « C’est pendant un de ces gros orages que je suis née, il y a à peu près treize ans, en 1871. » (p. 11). Son coin préféré ? Une alcôve sur un mur dans laquelle elle peut observer – sans être vue – les dirigeables et les gens qui en sortent « farandole de couleurs de peau, de vêtements, de langues » (p. 12). Son rêve ? « Je quitterai cette ville, je fendrai les nuages pour aller découvrir tout ce qu’y a à découvrir et voir tous les gens qu’y a à voir. » (p. 12). Ah, j’oubliais, Jacqueline est pickpocket ! « Comme de bien entendu, de mon alcôve, je peux aussi repérer les voyageurs qui surveillent pas d’assez près leurs portemonnaies, leurs valises et tout ce qui dépasse. Parce qu’à La Nouvelle-Orléans, les rêves, ça nourrit pas son homme. » (p. 12).

Mais soudain, tout ralentit et « une lune monstrueuse monte dans le ciel. Non, pas une lune, […] un crâne ! Un gigantesque crâne blanc emplit de nuit. » (p. 13). Jacqueline pense que c’est une vision que lui envoie la déesse Oya. Mais elle doit se cacher tout au fond de l’alcôve car des hommes arrivent (bizarre, personne ne vient jamais par ici), des Sudistes, et elle surprend leur conversation au sujet d’un scientifique haïtien, « […] les Tambours du dieu noir… T’êt’ bien que vous autres allez la gagner, c’te guerre, à la fin du compte. » (p. 16).

Jacqueline sait à qui elle va vendre l’information, à La Capitaine du dirigeable, le Détrousseur de Minuit, qui a connu sa mère, Rose, morte il y a trois ans. Si Jacqueline a en elle depuis toujours la déesse Oya (ce n’est pas comme une possession), idem pour La Capitaine (de son vrai nom Ann-Marie St. Augustine) avec la déesse Oshun et ces deux déesses sont sœurs donc La Capitaine et Jacqueline sont liées qu’elles le veuillent ou non. « Je comprends mieux pourquoi qu’elle a tant la bougeotte. À chaque tempête, à chaque épisode de vents violents, Oya est souveraine. Je l’entends rugir, en moi comme tout autour. Au milieu de toute cette eau, Oshun doit être pareille et, à force de lui résister la capitaine doit avoir l’impression de lutter contre un raz-de-marée. Dans ma tête, Oya rit. On peut fuir tant qu’on veut ses déesses afrikaines ancestrales, elles nous retrouvent toujours quand elles l’ont décidé. » (p. 64).

J’ai bien aimé (mais je l’ai trouvé un peu trop court, bon j’en aurais voulu plus !), il y a de l’action, de l’inventivité et les deux personnages principales sont attachantes. Je le conseille surtout à ceux qui aiment le steampunk (par certains côtés, ça m’a fait penser à la trilogie Le siècle mécanique de Chérie Priest). Il a été nommé à plusieurs prix : Nebula du meilleur roman court 2018, Hugo du meilleur roman court 2019, Locus du meilleur roman court 2019 et World Fantasy du meilleur roman court 2019.

La chose un peu difficile : lire les phrases en créole (enfin, il me semble que c’est du créole)… Un exemple, « Mwen avé bien plis que dizneuf ans quonça mwen embaqué sus un dirijabl ! Ma granmanman m’auré dékalbichée si mwen avait songé à ton laj. Touça à qui tu dévré rêvé, lé gason qui sont pètèt amoureux di toi et le mayaj. » (la capitaine à Jacqueline, p. 32). Vous voyez, c’est compréhensible quand même (bravo à la traductrice !) et je vous rassure, ce n’est pas tout le temps comme ça, c’est seulement pour quelques dialogues.

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 15, un livre avec une couleur dans le titre), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Couleur pour Noir), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, on est en pleine guerre de Sécession mais… différente), Les textes courts (cette première histoire compte 90 pages) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

L’affaire étrange du djinn du Caire est la première histoire de la série Ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La 2e étant Le mystère du tramway hanté (2019, L’Atalante, 2021) et la 3e Maître des djinns (2021, L’Atalante, 2022).

Genres : littérature états-unienne, fantasy, fantastique, science-fiction, roman policier.

Azbakiyya, quartier cossu du Caire, Égypte, 1912. « Fatma El-Sha’arawi, agente spéciale du ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, examinait le cadavre vautré sur le gigantesque divan à travers des lunettes spectrales. Un djinn. Un Ancien, qui plus est – musculeux, deux fois plus grand qu’un homme, avec des doigts prolongés par des serres recourbées aussi longues que des couteaux. » (début du roman, p. 93).

Vous avez déjà vu un djinn, vous ? Moi, non… mais je ne possède pas de lunettes spectrales !

L’inspecteur Aasim Sharif de la maréchaussée locale sert d’officier de liaison avec le ministère. « Il n’avait pas mauvais fond. Il était simplement vulgaire. » (p. 93), vu son discours, tout le monde s’en sera rendu compte, et en plus il n’est pas très efficace… Bref, ce que je veux dire, c’est que, comme dans Les tambours du dieu noir avec Jacqueline et La Capitaine, l’auteur privilégie encore ici une héroïne, même si les hommes du Caire sont bien gênés devant « une Saïdi basanée sortie de sa cambrousse » (p. 94), jeune en plus (24 ans), érudite (elle a étudié à Louxor), habillée à l’occidentale (plutôt mode masculine, extravagante, costume anglais, cravate, chapeau melon noir, chaussures à bout golf, canne à pommeau d’argent et montre à gousset offerte par son père horloger) et même deux héroïnes puisque le lecteur fera la connaissance de Siti, une Nubienne, un peu plus tard.

Phenderson Djèlí Clark est un maître dans la fusion des genres ! Nous avons ici une enquête policière avec une pointe de science-fiction (créatures mécaniques et automates, steampunk donc), de la fantasy (magie et créatures d’un autre monde) et du fantastique (horreur, avec un petit côté lovecraftien). C’est que, plus de quarante ans auparavant, al-Jahiz « au moyen de pratiques mystiques et de machines, avait ouvert un passage vers le Kaf, l’outre-royaume des djinns. La raison de son geste – curiosité, malveillance ou malice – restait un mystère. Il avait disparu peu après en emportant ses incroyables inventions. » (p. 101), ouvrant la porte aux djinns, goules, sorciers, magiciennes…

« La fin des mondes est proche, intervint la femme-Jann d’une voix qui résonna comme un écho. L’heure tourne. […] Vous en avez vu beaucoup cette nuit, reprit la prêtresse. […] une paire de cornes torsadées, une faucille, une hache surmontée d’un crochet et une demi-lune entourée de lierre entortillé. » (p. 122). Une vieille prophétie djinn se réalise… « […] selon laquelle trois seront nécessaires, trois qui devront se livrer sans contrainte. » (p. 124-125). Le Bélier (le djinn) est déjà mort, le Moissonneur (l’ange) aussi, mais qui est le Bâtisseur ? Serait-ce la fin du monde ?

Avec cette histoire, l’auteur revisite le mythe de l’horloge, maîtresse du temps et de l’espace, malédiction pour les humains, « toutes les peurs, tous les cauchemars inimaginables » (p. 135). De l’action, des rebondissements, pas de fioritures, le tout dans un format court mais une totale réussite, j’ai encore mieux aimé que Les tambours du dieu noir et j’ai hâte de lire la suite, Le mystère du tramway hanté (2e tome, que j’ai) et Maître des djinns (3e tome, que malheureusement je n’ai pas mais que je vais me procurer puisqu’il est paru en février 2022).

Ils l’ont lu : Amalia, Apophis, CélineDanaë, Elwyn, Lutin d’Albédo, Ours inculte, Yuyine, d’autres ?

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 39, un roman fantasy), Contes et légendes (créatures surnaturelles), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Caire), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, ici une guerre magique, 2e lecture), Les textes courts (cette deuxième histoire compte 54 pages), Un genre par mois (en juillet, c’est policier) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

Challenge S4F3 2022

Avec l’été, voici le retour du Challenge S4F3 qui dure du 21 juin au 23 septembre 2022. J’ai participé aux éditions 4 en 2018 (13 lectures), 5 en 2019 (seulement 2 lectures), 6 en 2020 (7 lectures) et 7 en 2021 (8 lectures), avant je ne connaissais pas le blog Albédo (et donc le challenge de Lutin).

Pour ceux qui ne connaissent pas (ou peu) les littératures de l’imaginaire, je précise que S4, c’est pour Summer Short Stories of SFFF et les 3 F signifient Science Fiction, Fantasy, Fantastique (et leurs dérivés littéraires comme l’anticipation, l’horreur, etc.).

Infos sur cette 8e édition, logo et inscription chez Lutin. Il y aura un formulaire où déposer les liens – > ici.

Mais l’objectif est toujours de lire des romans, nouvelles, essais de SFFF mais de format court c’est-à-dire moins de 350 pages (et au moins 50 pages).

Mes lectures pour ce challenge

1. Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove (Bragelonne, 2021, Angleterre), 336 pages

2. Lignes de Jacques Arragon (Courtes et longues, 2016, France), 258 pages

3. Les tambours du dieu noir suivi de L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis), 144 pages

4. Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis), 104 pages

5.  Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre (Mnémos, 2020, France), 336 pages

6. Aucune femme au monde de Catherine Lucille Moore (Le passager clandestin, 2021, États-Unis), 144 pages

7. À dos de crocodile de Greg Egan (Le Bélial, 2021, Australie), 112 pages

Lutin annonce ici que le challenge continue jusqu’au 15 octobre 2022.

Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove

Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove.

Bragelonne, collection Steampunk, novembre 2021, 336 pages, 25 €, ISBN 979-10-281-1562-3. Sherlock Holmes and the Christmas Demon (2019) est traduit de l’anglais par Arnaud Demaegd.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

James Lovegrove naît le 24 décembre 1965 à Lewes (Angleterre). Diplômé d’Oxford, il est critique littéraire et son premier roman paraît en 1990. Il est auteur de littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, horreur) et de littérature jeunesse. Peu de ses romans sont traduits en français. Plus d’infos sur son site officiel.

Londres, décembre 1890. L’histoire commence sur les chapeaux de roue puisque Holmes et Watson arrêtent un voleur de perles précieuses déguisé en Père Noël. Puis ils sont abordés par Eve Allerthorpe qui vient du « château de Fellscar, dans le Yorshire de l’Est » (p. 21). Sa mère s’est suicidée il y a un an et, la veille de Noël, elle aura 21 ans et héritera de la tante Jocasta, sœur aînée de sa mère, veuve et décédée il y a des années. L’héritage de cette tante, héroïne engagée pour certains, perturbatrice pour d’autres, sera le bienvenu puisqu’à la mort de son père, elle n’héritera rien, ce sera son jeune frère Erasmus qui héritera du domaine et de la fortune familiale des Allerthorpe. Mais Eve n’héritera que si elle est « saine d’esprit » (p. 31) or elle a l’impression d’être poursuivie par un esprit démoniaque… Celui du Thurrick Noir, un pendant maléfique du Père Noël dans le Yorkshire.

Holmes et Watson sont mal accueillis et mal installés au château de Fellscar… « La perspective de passer trois jours et trois nuits de plus dans ce château glacial et inhospitalier avec cette famille glaciale et inhospitalière ne m’attirait guère. Ma réticence, cependant, fut quelque peu adoucie par le petit-déjeuner que je pris le lendemain matin. » (p. 95).

Alors que la famille vient d’arriver pour Noël, Allerthorpe veut renvoyer Holmes et Watson à Londres dès le lendemain mais, durant la nuit, un accident (un crime ?) a eu lieu. Une fille de cuisine est morte, tombée (jetée !) du troisième étage. « L’atmosphère qui régnait dans la salle à manger était un singulier mélange de nervosité et d’excitation. Pour les invités, ce Noël, avec tous ces cris d’alarme et ces digressions, s’annonçait comme un Noël unique. Certains se le rappelleraient avec un sombre frisson, d’autres avec une tendre perplexité, mais je soupçonnais qu’aucun d’entre nous ne l’oublierait. » (p. 230).

J’ai l’impression que cet opus ne fait pas partie des Dossiers de Cthulhu (puisqu’il n’y a aucune référence à Lovecraft, à part la peur que peut inspirer un être maléfique créé de toutes pièces), en tout cas, il n’y a pas écrit « Dossier de Cthulhu » sur la couverture ou la page de titre. Mais l’ambiance est plaisante (enfin avec un château et une famille désagréables comme tout), dramatique et j’avais vraiment l’impression d’être dans un des titres du canon de Sherlock Holmes qui cogite et taquine John Watson (James Lovegrove est très doué pour ça). Par contre, je vois sur le site de l’éditeur que j’ai raté un titre, Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex : les Dossiers de Cthulhu 3, paru en février 2020 (donc je verrai à la bibliothèque pour une prochaine fois). Ce Démon de Noël est donc sûrement un titre indépendant et je suis contente de l’avoir lu parce que j’ai passé un très bon moment, à défaut de passer un bon Noël en plein mois de juin 😛 et j’espère que James Lovegrove continuera d’écrire des « classiques » de Sherlock Holmes, vous voyez ce que je veux dire.

D’autres l’ont lu : À livre ouvert, Belette Cannibal Lecteur, Lauryn Books, Nathalie Z sur scifiuniverse, qui encore ?

Pour le Mois anglais, what else ? Puisque j’avais déjà lu Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu 1 et Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : les Dossiers Cthulhu 2 qui m’avaient bien emballée.

Mais aussi pour British Mysteries, Challenge de l’été – Tour du monde #3, Contes et légendes (pour la légende du Thurrick Noir, un peu le Père Fouettard anglais), Littérature de l’imaginaire #10, Polar et thriller 2021-2022, Shiny Summer Challenge (menu 2 Orage d’été, sous menu 1 Dorothée au pays d’Oz = voyager dans le temps et les univers) et Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Tête de mule d’Øyvind Torseter

Tête de mule d’Øyvind Torseter.

La joie de lire, collection Albums, septembre 2016, 120 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-88908-334-3. Mulegutten (2015) est traduit du norvégien par Aude Pasquier.

Genres : bande dessinée norvégienne, conte.

Øyvind Torseter naît le 2 octobre 1972 à Oslo (Norvège). Il étudie l’illustration au Merkantilt Institutt (1991–1992) et au Skolen for Grafisk Design (1992–1994) à Oslo puis au Kent Institute of Art & Design en Angleterre (1995–1998). Il est auteur et illustrateur (pour les adultes et pour la jeunesse). Plusieurs de ses titres sont parus en français chez La joie de lire, Cambourakis, Didier Jeunesse ou au Rouergue et il a reçu de nombreux prix littéraires en Europe.

J’ai lu Factomule – Grand thriller politique international et je me suis rendu compte que c’était le 3e tome de la série alors il me faut lire les deux précédents tomes. Voici donc Tête de mule qui est en fait le premier à être paru et qui est une adaptation du conte Les sept corbeaux des frères Grimm.

Un roi a sept fils dont il ne veut pas se séparer mais les jeunes hommes ont bien sûr soif d’aventure. Le roi accepte que six partent à l’aventure et trouvent chacun une princesse à épouser mais il garde près de lui le petit dernier, Tête de mule, et charge les aînés de lui trouver une princesse lorsqu’ils reviendront. Malheureusement, non seulement les frères mariés à six belles princesses oublient de ramener une jeune femme pour leur frère mais ils sont tous changés en pierre par un troll.

Quelques années passent et le roi, désespéré, accepte que Tête de mule retrouve ses frères. Il lui donne le dernier cheval, un vieux canasson pas ravi de partir mais qui a un bon contact avec son cavalier et se montre brave dans cette aventure dangereuse.

Sur le chemin, Tête de mule trouve un saxophone dans un ruisseau, « ça pourrait être utile » (p. 9), croise un éléphant dont la trompe est coincée dans une souche d’arbre, « Merci pour ton aide. Si tu rencontres des obstacles en chemin, pense à moi. Je pourrai t’aider. » (p. 14), rencontre un loup affamé qui veut manger son cheval, « C’est du poulet, ça, ou quoi ? Vous allez où au fait ? » (p. 21) et arrive dans la montagne du troll où il voit ses frères et leurs épouses changés en pierre.

Il pénètre dans l’antre du troll et après un périple (digne d’un jeu vidéo, ah ah ah), il découvre une jeune femme, « Ne vous inquiétez pas, pétulante princesse. Je vais vous libérer du troll. – Oui, oui, vous n’êtes pas le premier à essayer. Aucun n’en est sorti vivant. Jamais personne ne réussira à se débarrasser du troll qui habite ici. » (p. 36).

On m’a appris qu’il ne faut jamais dire ‘jamais’ mais comment Tête de mule va-t-il pouvoir se débarrasser du troll ? Vous le saurez en lisant cette belle bande dessinée et n’oubliez pas le saxophone, l’éléphant, le loup et même une énorme pieuvre !

J’aime beaucoup les dessins de Torseter (il y a quelques cases mais la majorité sont en pleine page, ça fait mi album illustré mi bande dessinée), sa fantaisie, son humour et le petit côté insolite qui donne du peps au récit. C’est inventif, c’est drôle, il faut lire Tête de mule ! Même si vous ne connaissez pas le conte Les sept corbeaux des frères Grimm. Et puis cette bande dessinée est carrément un beau livre !

Lu par Noukette, Mo, Dal-eg, Boulevard de la BD, Bodoï, d’autres ?

Pour les challenges 2022 en classiques, Les adaptations littéraires, BD 2022, Contes et légendes 2022 pour l’adaptation du conte Les sept corbeaux des frères Grimm, Jeunesse young adult #11 et bien sûr Challenge nordique (Norvège).

L’œuf de cristal de H.G. Wells

L’œuf de cristal de H.G. Wells.

Mercure de France, 1899, 35 pages (lecture numérique). The Crystal Egg (1897) est traduit de l’anglais par Henry-D. Davray.

Genres : littérature anglaise, nouvelle, fantastique, science-fiction.

Herbert George Wells, plus connu sous son nom de plume H. G. Wells, naît le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent (Angleterre). Son père est jardinier puis commerçant (porcelaines, articles de sport) et joueur de cricket professionnel. Il découvre la lecture dès l’enfance et est placé en apprentissage (chez un marchand de tissus, ce qui ne lui plaît pas), heureusement il peut ensuite étudier les Sciences à Londres, en particulier la biologie, la physique, la géologie et la zoologie (il participe à la création de la Royal College of Science Association et en devient même le premier président en 1909). Il s’intéresse à une société meilleure, au socialisme, fréquente William Morris (dont j’ai lu La source au bout du monde) et Jerome K. Jerome, enseigne au Pays de Galles puis à Londres et rencontre Maxim Gorki en Russie. Après un livre scolaire de biologie et des articles humoristiques dans des revues, il commence à écrire de la fiction. Très connu pour ses romans et ses nouvelles de science-fiction (il est considéré comme le père de la SF contemporaine), il est aussi essayiste (œuvres politiques, sociales, historiques et de vulgarisation scientifique), dessinateur et concepteur de jeux. Il meurt le 13 août 1946 à Londres laissant une œuvre conséquente, La machine à explorer le temps (The Time Machine, 1895), L’île du docteur Moreau (The Island of Doctor Moreau, 1896), L’homme invisible (The Invisible Man, 1897), La guerre des mondes (The War of the Worlds, 1898), Quand le dormeur s’éveillera (When the Sleeper wakes, 1899), Les premiers hommes dans la Lune (The First Men in the Moon, 1901), La guerre dans les airs (The War in the Air, 1908) et tant d’autres.

Dans le quartier des Sept Cadrans, une petite boutique, C. Cave, naturaliste et marchand d’antiquités. En vitrine, des objets hétéroclites voire surprenants et « une masse de cristal façonnée en forme d’œuf et merveilleusement polie. Cet œuf, deux personnes arrêtées devant la vitrine l’examinaient : l’une, un clergyman grand et maigre ; l’autre, un jeune homme à la barbe très noire, au teint basané et de mise discrète. Le jeune homme basané parlait en gesticulant avec vivacité et semblait fort désireux de voir son compagnon acheter l’article. » (p. 2).

Monsieur Cave vend cet œuf cinq guinées mais il n’est plus en vente car un acheteur venu dans la matinée l’aurait déjà retenu. Mécontents, madame Cave, le beau-fils et la belle-fille de monsieur Cave veulent absolument vendre l’œuf et profiter de l’argent mais l’œuf a disparu et « la discussion se changea en une pénible scène » (p. 9).

Mais ne restons pas dans le mensonge, monsieur Cave a simplement confié l’œuf « à la garde de M. Jacoby Wace, aide-préparateur à St Catherine’s Hospital, Westbourne Street » (p. 10), un ami qui connaissant madame Cave a accepté de « donner asile à l’œuf » (p. 11).

Mais qu’a donc cet œuf de spécial ? Pourquoi exerce-t-il une telle fascination ?

L’œuf aurait dû être à l’abri mais Jacoby Wace reste un « jeune savant investigateur » (p. 19) et ne peut s’empêcher d’étudier l’objet et sa phosphorescence…

The Crystal Egg parut d’abord dans New Review en mai 1897 puis dans le recueil Tales of Space and Time avant d’être traduit en français en 1899, puis publié dans le pulp américain Amazing Stories en mai 1926. Dans cette nouvelle, H.G. Wells brosse un portrait dramatique de la famille Cave et traite des prémices de l’infiniment petit que l’humain ne connaît pas encore. Le lecteur est ici dans le merveilleux (britannique) de la fin du XIXe siècle, à la limite entre fantastique et science-fiction voire fantasy avec des descriptions surprenantes et imagées qui amènent à réfléchir. Un an après, l’auteur écrit La guerre des mondes et fait venir les Marsiens (nom d’époque) sur Terre.

Vous pouvez lire L’œuf de cristal dans Les chefs-d’œuvre de H.G. Wells (Omnibus SF, 2007) ou librement en numérique, par exemple sur Bibliothèque numérique romande (BNR) ou Wikisource (français) ou l’écouter en audio sur LittératureAudio.com ou même le lire en anglais sur ce Wikisource.

Si j’ai choisi de lire une nouvelle de H.G. Wells, c’est pour honorer à la fois Les classiques c’est fantastique (en mai, tour d’Europe, avec donc ici l’Angleterre), La bonne nouvelle du lundi (ça fait longtemps !) et le nouveau challenge H.G. Wells mais cette lecture entre aussi dans 2022 en classiques, Littérature de l’imaginaire #10 et Les textes courts.

À noter que The Crystal Egg fut adapté en 1951 par Charles S. Dubin (1919-2011) pour la série télévisée américaine Tales of Tomorrow (saison 1, épisode 9, en NB, 24 minutes) donc je mets cette œuvre dans Les adaptations littéraires. Et vous pouvez visionner l’épisode ci-dessous.

La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko

La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko.

Albin Michel, mars 2009, 416 pages, 22,20 €, ISBN 978-2-22619-085-7. печтчера (Pechtchera, 2003) est traduit du russe par Antonina Roubichou-Stretz.

Genres : littérature ukrainienne, roman, fantastique.

Marina et Sergueï Diatchenko (Марина та Сергій Дяченки) sont un couple ukrainien (Kiev) mais ils vivent en Californie. Leurs romans (science-fiction, fantastique, fantasy) paraissent en ukrainien et en russe. Ils disent que les univers qu’ils créent sont du « M-realism » (du magic realism ?). Ils sont actifs depuis 1994 et de nombreuses œuvres sont parues (romans, novellas et nouvelles).

« Avertissement. Les habitants de cette ville si semblable aux nôtres vivent dans deux dimensions. Le jour, ils mènent une vie ordinaire, mais sans cruauté ni agression ; la nuit, dans leurs rêves, ils entrent dans le monde de la Caverne, et chacun d’eux s’y transforme en animal – prédateur ou proie, fort ou faible… Peut-on laisser sortir le fauve humain de l’obscure caverne ? Et surtout le faut-il ? Le monde de la Caverne est un monde fabuleux ! Un monde sans meurtre, sans violence, sans peur, un monde où point n’est besoin de fermer sa porte à clé le soir. Mais voilà… en s’endormant, nul ne sait s’il se réveillera le lendemain. » (p. 7).

Pavla Nimroberts vit avec sa sœur aînée Stefana, mariée à Vlaï et le couple a un fils, Mitika (5 ans). Elle est assistante de monsieur Myrel, surnommé Rossard, pour les émissions culturelles à la télévision. Elle va être en retard car elle vient de se réveiller et, dans son rêve, elle était une daine qui a échappé à un stark en se délaissant de sa toison mais normalement « les starks ne ratent jamais leur proie. Toute daine ne peut voir le stark qu’une seule fois dans sa vie. » (p. 10). Bizarrement le stark poursuit la daine dans les rêves suivants, comme s’il s’acharnait sur elle, ce qui est normalement impossible. « Une daine ne doit pas échapper trois nuits de suite au même stark. C’est-à-dire que, bien sûr, elle peut lui échapper trois fois… tout comme il n’est pas exclu que des graines tombées d’un sachet sur le sol y dessinent les contours de la statue de l’Inspiration. Aucune loi physique ne s’oppose à ce phénomène. Sauf que ça n’arrive jamais ! » (p. 35). Dans la Caverne, il y a des daines qui se nourrissent de mousse et des pocks qui se nourrissent de larves (proies), des bouxons, des scrolls et des starks (prédateurs) qui se nourrissent des précédents.

Et puis tout s’enchaîne pour Pavla. Apeurée, elle appelle un numéro confidentiel pour expliquer ce qui lui est arrivé et, peu après, Dod Darnets, journaliste de l’émission Les questions interdites, la contacte, puis, lorsqu’elle rencontre le réalisateur Raman Kovitch pour son travail, elle sait que c’est lui le prédateur, et il comprend que c’est elle la daine, « il avait manqué son but – lui qui ne le manquait jamais ! » (p. 58). C’est impossible ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Est-ce même déjà arrivé ? Est-ce dangereux pour Pavla ? Kovitch peut-il être dangereux pour elle dans le monde humain ? Elle trouve de l’aide auprès de Tritan Todine du Magistère de la connaissance, expert du Centre de réhabilitation psychologique. Pavla serait-elle le cobaye d’une expérience scientifique ou sociologique ?

Mais vous, préféreriez-vous un monde comme celui-ci ? Un monde humain (aseptisé) dans lequel il n’y aurait pas de violence, pas de crimes ? Mais, en contrepartie, avec un monde nocturne, la Caverne, dans lequel les prédateurs mangent les proies (qui évidemment ne se réveillent pas au matin) mais les prédateurs le font sans violence, sans animosité, parce que c’est naturel (animal, pas humain) ? Ou préféreriez-vous un autre monde ? « un monde sans Caverne… Le monde sans Caverne, c’est la Caverne en plein jour. La Caverne maintenant et toujours. » (p. 239).

Ce roman étrange et passionnant, qui dénonce les expériences scientifiques (même celles pour la bonne cause), fait la part belle à la dramaturgie et au théâtre (création, évasion, moyen de réprimer la violence en la montrant telle qu’elle est). Il est aussi inspiré de légendes comme La Première Nuit de V. Skroï (œuvre fictive). « La grandeur des légendes, c’est leur absence d’équivoque. […] Les légendes sont… belles. Effrayantes, mais belles avant tout. Dans les légendes, les cygnes se transforment en jeunes filles et les rochers en éléphants. Dans les légendes, le petit garçon trouve un éclat de soleil dans une flaque d’eau. La légende dont vous parlez a une fin tragique. Skroï l’a remplacée par un dénouement heureux. Le seul dénouement heureux de son œuvre… » (p. 133). C’est cette œuvre, adaptée seulement trois fois en trois-cents ans (la Caverne étant devenue un sujet tabou chez les humains) que Raman Kovitch veut mettre en scène mais Pavla, considérée comme malade, est hospitalisée contre son gré. « Vois-tu, Pavla… Il y a des choses dont on ne peut parler. Qu’on peut seulement faire. » (p. 373).

Rien de rédhibitoire pour la lecture de ce roman mais trois fautes… Page 19, « bruit sonore », une redondance, un bruit ne peut être que sonore même si c’est un bruit sourd, par contre on peut dire nuisance sonore ou vibration sonore. Page 82, « justment ». Page 273, « […] à la cravache Et il se manifesta bientôt. », il manque le point après cravache.

Je lirai assurément d’autres titres du couple Diatchenko (que beaucoup de monde pense russe…), si vous en avez un incontournable à me conseiller.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 15, un roman de plus de 400 pages), Challenge lecture 2022 (catégorie 44, un livre dont le titre contient seulement 2 mots, 3e billet), Contes et légendes #4 (c’est un peu spécial mais ça parle de légendes), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Caverne) et Voisins Voisines 2022 (Ukraine).