Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher.

Glénat, collection 1000 feuilles, septembre 2017, 192 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-34401-332-8.

Genres : bande dessinée, fantastique, science-fiction.

Timothé Le Boucher, né le 25 octobre 1988, est scénariste, dessinateur et coloriste de bande dessinée français. Il étudie à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême. Il vit actuellement à Strasbourg. Du même auteur : Skins party (Manolosanctis, février 2011), Vivre dessous (Manolosanctis, août 2011) et Les vestiaires (La Boîte à bulles, mai 2014). Plus d’infos sur son blog.

Lubin Maréchal, 20 ans, est acrobate. Lors d’un spectacle, un support casse et il chute en se cognant la tête. Tout semble normal… « Lubin… Ta tête ? Ça va, je sens presque plus rien… J’ai juste perdu un paquet de neurones… » (p. 8). Mais ça ne va pas bien… Léandre, son meilleur ami, magicien dans la troupe, et Gabrielle, sa petite amie, se rendent bien compte de changements. En fait, Lubin ne vit qu’un jour sur deux, durant la journée de « carence », il ne dort pas, un autre Lubin, identique physiquement mais différent au niveau du caractère, du comportement, et de plus amnésique, vit à sa place. Trouble de la personnalité ? Trouble dissociatif de l’identité ? Au début, les deux jeunes hommes décident de communiquer, de s’apprivoiser en fait, et de s’organiser ; Lubin « original » vit les jours bleus et Lubin « second » vit les jours jaunes. Mais il y a des dérapages… « Tu te fous de ma gueule ! Le jour de mon anniversaire, je me retrouve à poil à côté d’une meuf que je ne connais pas. Putain, merde ! Tu savais très bien que Gabrielle venait me chercher tôt pour partir. » (p. 65). C’est que l’autre Lubin a une autre petite amie, Tamara, caporal dans l’armée de terre. « Lubin, ne t’en fais pas. Ça va rentrer dans l’ordre. Je sais pas… J’ai l’impression de disparaître… » (p. 111). Comment Lubin va-t-il vivre, survivre, avec tous ces jours qui disparaissent ?

Bon sang, quelle bande dessinée ! D’acrobate de métier, Lubin se retrouve acrobate de sa propre vie, tel un équilibriste toujours sur le fil, sur le qui-vive, à ne pas savoir ce que l’autre Lubin fait pendant une journée, puis des journées, puis de plus en plus longtemps. Une allégorie sur le temps qui passe, sur la dualité, sur ce qu’on fait de notre vie. L’histoire, essentiellement dramatique, est un peu fantastique et passe à la science-fiction au fur et à mesure des années qui défilent (au bout d’un moment, on est dans le futur) ; les personnages (amis et famille de Lubin) sont vraiment réussis, ils ont chacun leur place ; c’est incroyable d’originalité et de maîtrise tant dans le scénario que dans le dessin ; autant dire que j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, la première que je lis de l’auteur mais je l’avais repérée à sa parution (pour la petite anecdote, en octobre 2017, avec mon ami Lee Rony, nous sommes passés devant Glénat à Grenoble et l’auteur était en dédicace dans la librairie avec Ces jours qui disparaissent mais nous allions ailleurs, lien ici).

Ces jours qui disparaissent a reçu le Prix des libraires de bande dessinée (Canal BD, 2017), le Prix de la meilleure bande dessinée de science-fiction (Utopiales, 2018) et a été sélectionné pour le Grand Prix de la critique 2018 et pour la Sélection officielle 2018 (Festival d’Angoulême 2018). Une adaptation cinématographique est annoncée par Jonathan Barré pour le printemps 2019.

Une excellente lecture pour La BD de la semaine que je mets dans les challenges BD et Littérature de l’imaginaire #7.

Les autres BD de la semaine chez Moka Milla.

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Edgar Allan Poe et nouvelle traduction de ses nouvelles

Voici un article un peu particulier pour La bonne nouvelle du lundi, Cette année, je (re)lis des classiques #2, Contes et légendes (pour les contes) et Littérature de l’imaginaire #7.

Je voudrais vous parler d’Edgar Allan Poe, célèbre auteur de nouvelles, poèmes et contes, et vous présenter le premier tome des Nouvelles intégrales d’Edgar Allan Poe ; ce tome 1 correspond aux premières nouvelles écrites et publiées entre 1831 et 1839 ; elles sont moins connues du lecteur français.

Edgar Allan Poe (1900, Bettmann Archive)

Edgar Allan Poe naît le 19 janvier 1809 à Boston (Massachusetts, États-Unis) dans la famille Poe, une famille de comédiens (mère anglaise, père américain). Mais, lorsque ses parents meurent, il est recueilli par les Allan (d’origine écossaise) à Richmond (Virginie), d’où le double nom Allan Poe. Il étudie à la nouvelle Université de Virginie (fondée par Thomas Jefferson, troisième Président des États-Unis). Il fait un voyage en Angleterre et en Écosse puis s’installe à Baltimore (Maryland) et commence à écrire dans un journal. Il part ensuite pour Philadelphie (Pennsylvanie) où la majorité de ses œuvres sont publiées et enfin à New York où il devient propriétaire du Broadway Journal.

Il est tout à la fois romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, dramaturge et même éditeur. Il fait partie du mouvement romantique et écrit plutôt dans les genres policier, fantastique voire macabre, et parfois de la satire. Il est considéré comme l’inventeur américain du genre policier et compte dans les précurseurs de la science-fiction et du fantastique. Il est en tout cas reconnu comme un des plus grands auteurs américains du XIXe siècle.

En 1827, il publie son premier recueil, Tamerlan et autres poèmes. En 1838, paraît son premier roman, Les aventures d’Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket), mais c’est un échec… Suivent des articles de journaux, des critiques littéraires, des poèmes, des contes, des nouvelles, des autobiographies pastiches, etc. Un premier prix littéraire en octobre 1833 lui apporte la notoriété. En 1839, il publie son premer recueil d’histoires sous le titre Contes du Grotesque et de l’Arabesque. C’est surtout ses contes, ses nouvelles et ses poèmes qui sont connus et appréciés mais il laisse aussi deux romans : Les aventures d’Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, 1837-1838) et Le journal de Julius Rodman (The Journal of Julius Rodman, 1840, inachevé malheureusement) ainsi que plusieurs essais et une pièce de théâtre : Politian (1835-1836, inachevée également).

Il meurt le 7 octobre 1849 à Baltimore et la cause de sa mort n’est pas exactement déterminée (tuberculose héritée de son père, maladie cardiaque, problème cérébral… ?). Il est enterré au cimetière presbytérien de Baltimore et, en 1913, une pierre tombale est rajoutée avec une épitaphe tirée du poème Le corbeau (The Raven, 1845) : « Quoth the Raven, « Nevermore. » » (ce qui signifie Le corbeau dit : « Jamais plus ! »).

Poe influence de nombreux auteurs américains comme William Faulkner, H.P. Lovecraft, Herman Melville, James Russell Lowell, Flannery O’Connor, Nathanael West, Walt Whitman. Il est aussi apprécié par des auteurs français comme Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Baudelaire (qui traduit ses nouvelles), Stéphane Mallarmé (qui traduit ses poèmes) et Jules Verne (qui lui consacre un article élogieux sur les Histoires extraordinaires). Il est aussi reconnu en Grande-Bretagne (Oscar Wilde, par exemple, s’en inspire pour son roman Le Portrait de Dorian Gray et ses contes), en Russie (Vladimir Nabokov fait plusieurs références à Poe dans son célèbre Lolita ; quant à Fiodor Dostoïevski, il encense ses histoires policières) et dans le monde hispanique (Jorge Luis Borges et Julio Cortázar, deux écrivains argentins, traduisent ses œuvres en espagnol). L’auteur japonais Edogawa Ranpo (1894-1965) s’est carrément inspiré du nom d’Edgar Allan Poe pour créer son pseudonyme littéraire (prononciation syllabique japonaise !).

Il n’y a aucune raison de ne pas lire Edgar Allan Poe ! Et vous avez peut-être déjà lu une ou des nouvelles de Poe traduites en français par Charles Baudelaire (1821-1867) et publiées dans La Pléiade (1932) ou une autre édition plus récente (Gallimard, Bouquins, Pochothèque…). Vous pouvez en tout cas lire ses œuvres en ligne, en français, sur Wikisource entre autres et sur en.Wikisource pour les versions originales. Ou alors vous emparer de la nouvelle traduction dont je vous parlais ci-dessus avec :

Edgar Allan Poe – Nouvelles intégrales, tome 1 (1831-1839), nouvelle traduction de Christian Garcin & Thierry Gillybœuf, intégrale parue chez Phébus en octobre 2018 (432 pages, 27 €, ISBN 978-2-7529-1100-1) avec les œuvres présentées de façon chronologique (idéale pour comprendre l’évolution de l’auteur !) augmentée d’une préface et de notes des traducteurs, ainsi que d’illustrations originales de Sophie Potié, jeune illustratrice et graveuse (née en 1991) que vous pouvez suivre sur tumblr.

Attendez-vous à entendre parler de ces nouvelles durant l’année pour les challenges cités plus haut : La bonne nouvelle du lundi, Cette année, je (re)lis des classiques #2, Contes et légendes et Littérature de l’imaginaire #7.

Pati fait son cinéma #4

Billets précédents de Pati fait son cinéma : #1, #2 et #3.

Après la parution de Pati fait son cinéma #3 – spécial Queen, je n’ai pas pris le temps de faire un autre billet pour les autres films vus en novembre donc voici un billet qui regroupe les films vus en novembre et décembre 2018.

Au cinéma

En novembre

Bohemian Rhapsody ❤ sur Pati fait son cinéma #3 – spécial Queen.

Les crimes de Grindelwald (Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald) est le deuxième volet des Animaux fantastiques (2016), tous deux réalisés par David Yates d’après J.K. Rowling. C’est un film fantastique anglo-américain qui dure 134 minutes. On retrouve Norbert Dragonneau et ses créatures, les personnages du premier opus et on découvre de nouveaux personnages. C’est très beau, les images, les créatures, l’ambiance de la fin des années 20, mais lors des combats, c’est un peu rapide et donc confus. Le troisième opus dans deux ans ?

En décembre

Casse-Noisette et les quatre royaumes (The Nutcracker and the Four Realms) est un film américain réalisé par Lasse Hallström et Joe Johnston. C’est un film fantastique qui dure 99 minutes et qui est adapté du conte germanique Casse-Noisette et le roi des souris (Nußknacker und Mausekönig, Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, 1816) et du ballet féérique russe Щелкунчик (Chtchelkountchik) sur une composition du compositeur russe Piotr Ilitch Tchaïkovski. Londres, difficile de fêter Noël alors que Clara Stahlbaum (l’héroïne), sa sœur et son frère viennent de perdre leur mère. Mais la fête organisée chez son parrain, Drosselmeyer, est… magique ! Les images sont superbes, la musique de Tchaïkovski aussi et Misty Copeland (première danseuse à l’American Ballet Theatre) et Sergei Polunin (danseur ukrainien, ancien danseur au Royal Ballet de Londres) sont magnifiques.

L’exorcisme de Hannah Grace (The Possession of Hannah Grace) est un film américain réalisé par Diederik van Rooijen (réalisateur et scénariste néerlandais). C’est un film fantastique horreur qui dure 85 minutes. Megan Reed a perdu son poste de policière à Boston et démarre un travail de nuit à la morgue de l’hôpital mais, dès la première nuit, elle réceptionne le corps de Hannah Grace, jeune fille possédée par un démon et décédée… trois mois plus tôt ! Stana Katic (célèbre pour le rôle du lieutenant Kate Beckett dans la série Castle, 2009-2016) dans le rôle de Lisa, amie de Megan Reed et infirmière à l’hôpital de Boston. Un huis-clos effrayant dans une morgue grise, sombre et froide, moderne dans sa réalisation, quoique un peu long au début (pas besoin d’ouvrir cinq ou six fois le tiroir de la morgue, le spectateur a compris ! Mais l’actrice visiblement pas…).

Oscar et le monde des chats (Cats and Peachtopia) est un film chinois réalisé par Gary Wang. C’est un film d’animation qui dure 97 minutes. Leon, joli chaton, est devenu un bon gros chat d’appartement. Il ne sait pas quoi dire à son fils, le chaton Oscar, qui ne comprend pas pourquoi sa maman a disparu. Il lui raconte qu’elle est à Catstopia, un endroit magnifique où vivent les chats. Ni une ni deux, Oscar s’enfuit pour aller sur la montagne de l’autre côté du fleuve mais le danger rôde… Une aventure incroyable, drôle, triste, effrayante parfois pour tous les amoureux des chats. C’est le dernier film que j’ai vu au cinéma en 2018 😉

Overlord est un film américain réalisé par Julius Avery (qui dure 110 minutes). C’est un film de guerre différent car il a un côté fantastique horreur : un bon mélange, original de ce qu’on voit habituellement. L’action se déroule pendant le débarquement de Normandie mais les soldats américains parachutés près d’un village vont, après de lourdes pertes, découvrir une base dans laquelle les nazis font des expériences secrètes. Le film a en fait été tourné à Londres et les acteurs, en particulier Bokeem Woodbine, sont vraiment bons. La bande annonce en VO m’a scotchée et j’ai absolument voulu voir ce film !

Disponibles en DVD

En novembre

Cendres () est un film français de Mélanie Pavy et Idrissa Guiro sorti en 2013 ; il dure 75 minutes. Akiko, une franco-japonaise ayant grandi en France, a choisi de vivre au Japon même si elle n’a pas encore assimilé toutes les subtilités de la langue et des traditions. Mais sa mère, Kyoko, venant de mourir, Akiko doit retourner à Paris pour vider l’appartement. Elle découvre deux carnets datant des années 60 et apprend des choses sur son père (cinéaste français) et sa mère (japonaise devenue une égérie de la Nouvelle vague). Deux destins de femmes, le thème du deuil et de la double culture, un drame intimiste pour ce beau film documentaire. Le site officiel.

Jusqu’à ce que la mort nous unisse est un film français réalisé par Delphine Lemoine ; il dure 90 minutes et il est adapté du roman éponyme de Karine Giébel (2009). Il a été diffusé directement sur France3. L’adjudante Servane Breintenbach, Alsacienne, a demandé sa mutation à Colmar mais elle se retrouve en poste à Colmars-les-Alpes ! Disparition de l’épouse de Vincent Lapaz, guide de montagne, assassinat de son meilleur ami… La jolie Ophelia Kolb, déjà vue dans la récente série On va s’aimer un peu, beaucoup…, est convaincante. Il en est de même pour Bruno Debrandt, déjà vu dans la série Caïn (2012-2018).

En décembre

C’est bon d’être un peu fou est un film français réalisé par Antoine Page. C’est un film documentaire sous forme de road movie qui dure 105 minutes. Bilal Berreni (1990-2013) alias Zoo Project, peintre urbain, et Antoine Page, réalisateur, quittent les Vosges à bord d’un camion aménagé direction Vladivostok en passant par la Suisse, l’Autriche, la Slovaquie, la Pologne, l’Ukraine, le Kazakhstan et la Russie (près de 16 000 kilomètres en 4 mois !). Dessins, papiers découpés, vidéos illustrent le voyage et les rencontres. J’ai bien aimé le côté artisanal, les peintures d’animaux sur des maisons isolées ou dans des lieux pratiquement inaccessibles et les rencontres dans les trains (le camion ayant rendu l’âme) ; la chanson dans le taxi au Kazakhstan est super ! C’est le genre de voyage que j’aurais aimé faire en étant plus jeune. Le site officiel.

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters.

Delcourt, Hors collection, janvier 2018, 326 pages, 30 €, ISBN 978-2-7560-9625-4.

Genre : bande dessinée.

Serge Lehman naît le 12 juillet 1964 à à Viry-Châtillon (Essonne). Il est scénariste, critique et essayiste, spécialiste de la SFFF. Du même auteur : La guerre des sept minutes (son premier roman, Fleuve Noir, 1990), la trilogie F.A.U.S.T. (Fleuve Noir, 1996) et en bande dessinée, La brigade chimérique (six tomes) avec Fabrice Colin (L’Atalante, 2009).

Frederik Peeters naît le 14 août 1974 à Genève (Suisse). Il étudie la communication visuelle à l’ESAA Genève (École supérieure d’Arts décoratifs et d’Arts appliqués). Il est auteur (science-fiction, fantasy). Il publie depuis 1997 et il est connu pour ses séries, Lupus (2003-2006), Koma (2003-2008) et Aâma (2011-2014). Plus d’infos sur son site officiel.

Lien vers le site dédié de L’homme gribouillé avec les 4 premiers chapitres en consultation libre.

J’ai lu cette bande dessinée car je l’ai vue passer l’année dernière dans La BD de la semaine 😉 Et puis, la quatrième de couverture est alléchante : « C’est l’histoire d’une veille dame qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un oiseau fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde. »

Paris, 2015, pluie diluvienne. La mère qui fait des crises d’aphasie, c’est Betty Couvreur (elle communique en écrivant sur son téléphone), elle est maquettiste aux éditions du Saule. Sa fille, Clara, une lycéenne pas facile à vivre. Le chat des voisins (en vacances), Baël, noir, de méchante humeur même quand Betty lui donne à manger. Maud, mère de Betty et grand-mère de Clara, écrit des contes terrifiants, elle a perdu connaissance et un individu masqué (qui dit s’appeler Max) s’introduit chez elle car il veut récupérer un paquet qu’elle devait lui remettre. Jasmine, l’amie de la famille, fine cuisinière. Pierre Inferi, auteur et collectionneur, tripoteur répugnant avec ses six doigts à chaque main. Après son AVC (le deuxième), Maud est dans le coma sur un lit d’hôpital ; Clara est traumatisée à cause des menaces de Max ; Betty fait des cauchemars avec des spectres (les Traversants) et un oiseau fossile énorme ; son patron, Sébastien Saule, lui conseille de voir Inferi malgré son aversion pour lui. « Je vous avais prévenue… C’est une histoire effrayante. » (Michel Lévy, p. 119). Après sa rencontre avec le vieux Lévy, la vie de Betty s’effondre car il lui apprend des choses incroyables sur elle, sur Maud et sur le passé de leur famille.

Une bande dessinée intrigante avec un noir et blanc sombre, dense, inquiétant même. Une famille de femmes, la grand-mère, la mère, la fille, la meilleure amie. L’ambiance est chargée avec la ville de Paris ruisselante, inondée par une pluie torrentielle (des routes sont coupées, des stations de métro fermées) et un voyage secret dans le Doubs enneigé. Le lecteur devine un secret de famille bien gardé et frémit lorsque l’histoire s’oriente vers un fantastique plutôt angoissant. Les dessins très réalistes renforcent les caractères et les inquiétudes des personnages et les paysages sont superbes en particulier le Doubs enneigé et le couvent du XIIe siècle. Une œuvre originale et haletante qui montre que passé et présent sont toujours liés.

Une excellente lecture pour le challenge BD et pour La BD de la semaine que je mets aussi dans les challenges Contes et Légendes pour le Golem et le Maugris et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7.

Les autres BD de la semaine chez Noukette.

Le renard sans le corbeau de Pascale Petit et Gérard DuBois

Le renard sans le corbeau de Pascale Petit et Gérard DuBois.

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, octobre 2018, 36 pages, 15 €, ISBN 978-2-940617-27-2.

Genres : recueil de fables.

Pascale Petit naît en 1969 en France, elle vit dans les Yvelines, elle est poétesse et autrice pour la jeunesse.

Gérard DuBois naît le 13 janvier 1968 en France et il étudie les arts graphiques à l’École Estienne à Paris. Il est peintre et illustrateur. Il vit à Montréal au Québec. Plus d’infos sur son site officiel.

Je remercie les éditions Notari pour ce bel album illustré 🙂

Le corbeau échaudé par la fable du fromage avec le renard s’est fait la malle et le renard rencontre d’autres animaux. Le renard, qui rappelons-le est un beau parleur, a beau se montrer diplomate, ça se retourne toujours contre lui ! Une vache pimbêche. Un éléphant perché sur la branche à la place du corbeau. « Écoutez, dit le renard calmement : c’est un truc de ouf, vous êtes trop chelou, zarbi et disons-le : carrément relou ! » (p. 9-10). Une vieille tortue acariâtre. Une fourmi et une cigale qui ont changé le monde. « Je crois, se dit-il, que j’ai déconné. (p. 17). Un opossum perché. Un kakurlacko… Comment ça, vous ne savez pas ce qu’est un kakurlacko ? Mais lisez vite cet album ! Vous rencontrerez aussi des dodos pas si disparus que ça et un zhozhomme.

Depuis Jean de La Fontaine (1621-1695), la vie a évolué et donc les fables et les contes ont changé, pour le plus grand bonheur des lecteurs (petits et grands) mais au grand désespoir du renard. Je suis sûre que La Fontaine, homme brillant et facétieux, aurait apprécié ces nouvelles fables. Les illustrations sont à l’ancienne mais en lisant les extraits ci-dessus, vous avez dû remarquer que le langage est bien actuel, ce qui rend les rencontres de renard vraiment amusantes.

Mais finalement le renard s’ennuie sans le corbeau… (les classiques, c’est bien quand même !).

Une belle lecture pour les challenges Contes et Légendes 2019Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch.

Didier Jeunesse, collection Il était une (mini) fois, janvier 2014, 32 pages, 3 €, ISBN 978-2-27807-076-3.

Genres : littérature jeunesse, conte.

Muriel Bloch naît en 1954. Elle passe un DEA de Lettres modernes sur Le flou au cinéma, incertitudes narratives et perceptives dans le cinéma expérimental des années 20 aux années 60. Elle travaille avec les enfants dans le monde de la culture et de l’art. Plus de quarante livres au compteur, la plupart des contes. Plus d’infos sur son site officiel.

Cette histoire est un conte inuit du Groenland d’après Raven and the Whale (2001) de Laura Simms.

Les Inuits pensent que Grand Corbeau, tantôt oiseau, tantôt homme, a créé le monde. Un matin, alors qu’il se promène en barque sur la mer Blanche, il voit une baleine à l’intérieur de laquelle il pénètre. C’est là qu’il rencontre une jeune danseuse et qu’il en tombe amoureux. « Sois le bienvenu. Je t’aurais volontiers suivi mais je ne peux pas m’en aller, je suis l’âme et le cœur de cette baleine. Par contre, toi, tu peux t’asseoir ici et me tenir compagnie, j’en serais ravie. » (p. 14-15). Mais Grand Corbeau va-t-il se contenter de cet amour platonique ?

Un conte dramatique et triste pour comprendre que la vie ne tient qu’à un fil (ou deux !) et qu’il est bon de respecter l’autre pour son bonheur et pour le nôtre sinon le pire peut arriver.

Une lecture émouvante pour les challenges  Contes et Légendes 2019Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.

Challenge Littérature de l’imaginaire 2019

Septième édition pour le challenge Littérature de l’imaginaire 2019 (et quatrième édition pour moi sur ce blog). Il se déroule du 1er janvier au 31 décembre 2019 (attention, fin des inscriptions au 1er février 2019).

Premières infos et logo ici plus inscription et autres logos chez Ma Lecturothèque avec la Chrobox obligatoire pour déposer les liens.

L’objectif est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire, connue aussi sous le terme de SFFF pour Science-Fiction Fantastique Fantasy, ainsi que tous leurs sous-genres (anticipation, dystopie, horreur, etc.). Sont autorisés « des romans, des nouvelles (anthologie complète), des essais, des mangas, des bandes dessinées, des comics (super-héros ou non, tant que ça reste dans le domaine de l’imaginaire), des magazines spécialisés comme Bifrost qui propose un contenu textuel (par exemple je ne tiendrai pas compte de Neverland qui est plus un magazine de promotion des titres de l’éditeur Bragelonne) ».

Les échelons habituels

Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel – au moins 12 livres

Échelon 2 : Petit pas dans l’ailleurs – au moins 24 livres

Échelon 3 : Plongée dans l’inconnu – au moins 36 livres

Échelon 4 : Immersion dans le vide – au moins 48 livres

Échelon 5 : Absorption dans l’étrange – au moins 60 livres

Échelon 6 : Fusion dans l’utopique – au moins 72 livres

Échelon 7 : Je lis donc je chronique – au moins 100 livres

Échelon 8 : Synchronisation avec la page – au moins 130 livres

Je choisis l’Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel – au moins 12 livres pour assurer mais j’espère faire plus vu mes précédents résultats : 13 lectures en 2016 (premier échelon honoré), 16 lectures en 2017 (premier échelon honoré) et 45 lectures en 2019 (troisième échelon honoré, manque 3 lectures pour honorer le quatrième échelon…).

Les catégories

« Catégorie A : Ange gardien de la simplicité – Le challenge reste comme il était jusque-là, à savoir tous les supports sont acceptés et vous lisez tous les genres des lectures de l’imaginaire.

Catégorie B : Cerbère des mots – On bannit les BDs et les mangas, la place est réservée aux romans uniquement. Tous genres confondus.

Catégorie C : Dragon de la multidisciplinarité – Vous devrez choisir un genre en début de challenge entre la Fantasy et la SF. Ils ont tous deux des sous-genres, dans cette catégorie vous devrez lire un livre par sous-genre. À vous de voir ce que vous lisez pour le reste de la catégorie. Fantasy : Dark fantasy / Heroic fantasy / Fantasy épique (dans laquelle je regroupe volontairement la High fantasy et le Sword & Sorcery) / Light fantasy / Romantic fantasy / Science fantasy. Science-fiction : Anticipation / Cyberpunk / Hard-science ou voyage dans le temps (au choix) / Space opéra / Steampunk / Uchronie.

Catégorie D : Elfe de l’incontournable – Vous lirez ce que vous voudrez durant ce challenge dans le genre que vous voulez MAIS il vous sera obligatoire de lire 3 livres écrits par des auteurs que l’on qualifie de « classiques » de l’imaginaire. Les incontournables quoi. »

Je choisis la Catégorie A : Ange gardien de la simplicité (pour être tranquille, enfin je veux dire libre de mes lectures !) mais il est possible que j’honore la catégorie D car il existe aussi un challenge Classiques 😉

Mes lectures pour ce challenge

1. L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters (Delcourt, 2018, France)

2. The Promised Neverland, 1 de Kaiu Shirai et Posuka Demizu (Kazé, 2018, Japon)

3. Edgar Allan Poe et nouvelle traduction de ses nouvelles (billet spécial)

4.  Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher (Glénat, 2017, France)

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