Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval

Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval.

Les Moutons électriques, collection Les saisons de l’étrange (saison 1), juin 2018, 144 pages, 13 €, ISBN 978-2-36183-465-4.

Genres : fantastique, épouvante, classique.

Paul Féval naît le 29 septembre 1816 à Rennes. Son père, originaire de Troyes, est magistrat (conseiller à la cour royale de Rennes) et sa mère, Bretonne, est la petite-fille de Henri François Potier de La Germondaye (magistrat, consultant en Droit, auteur d’ouvrages juridiques). Enfant à l’imagination féconde et aux idées monarchistes, il s’enflamme pour les récits des Chouans lorsqu’il est à la campagne chez son oncle. Il étudie le Droit, devient avocat puis travaille dans une banque avant de se consacrer à la littérature : alors que ses premiers textes sont refusés par les éditeurs, il devient un des grands écrivains et feuilletonistes français, à l’égal de Honoré de Balzac, Alexandre Dumas ou Jules Verne. Parmi les œuvres les plus connues : Les mystères de Londres (1843), Le loup blanc (1843, adapté en feuilleton télévisé en 1977), Le bossu (1857, plusieurs fois adapté au cinéma depuis 1925), La vampire (1865, soit 32 ans avant Dracula de Bram Stoker), La ville-vampire (1875 soit encore 22 ans avant Dracula de Bram Stoker), etc. Il existe un Prix Paul Féval de littérature populaire créé en 1984 par la Société des gens de lettres.

1873. Alors que Paul Féval, célèbre écrivain et feuilletoniste français s’inquiète des plagiats des auteurs anglais sur la littérature française, Lady B., amie de Charles Dickens, invite l’écrivain dans le comté de Stafford pour rédiger un épisode inédit de la vie d’Ann Radcliffe. C’est une Anglaise qui raconte, Jebb, surnommée madame 97 à cause de son âge. « Depuis que le monde est monde, on ne vit jamais un si doux naturel que celui d’Anna. Et une gaîté ! Partout où elle entrait, il y avait dans l’air des sourires. » (p. 11). Anna doit épouser William Radcliffe en Angleterre tandis que sa cousine Cornelia de Witt (Corny) et leur ami d’enfance Edouard S. Barton (Ned) doivent se marier le même jour mais en Hollande. La nuit avant les mariages, Anna apprend par une lettre effrayante de Ned que Cornelia a été enlevée par son tuteur, le comte Tiberio, qui en a après son héritage. Le matin de son mariage, Anna prend la route avec le factotum irlandais, Grey-Jack, qui la conduit contre son gré mais la jeune femme est bien décidée à sauver Corny et Ned ! « Il n’y a pas d’obstacle qui puisse me barrer le chemin du devoir. » (p. 34).

Paul Féval n’est pas chauvin : « Il y a dans l’Anglais une suprématie. Sa présence commande le respect et impose la convenance. » (en parlant de Ned, p. 62). « Ô Cornelia ! ma fiancée ! Est-ce toi que je vois, ou n’est-ce que ton spectre bien-aimé ? » (p. 120).

Voulez-vous prendre la route avec Anna ? Angleterre, Hollande, Allemagne, Autriche, Hongrie, Serbie, Bosnie. Et combattre les premiers vampires (*) de la littérature ? Des êtres mi-démons mi-fantômes qui se ressourcent dans une cité appelée Ville-Vampire. C’est incroyable comme dans la description architecturale de la cité (ici en 1874-1875, parution en feuilleton puis en roman), j’ai reconnu les descriptions des cités imaginaires de H.P. Lovecraft qui ne naîtra que 15 ans plus tard !

(*) Pas exactement les tout premiers puisque Paul Féval avait déjà écrit Le chevalier Ténèbres en 1856 et La vampire en 1860 mais parmi les premiers vampires de la littérature.

Une petite question : était-il bien utile de rebaptiser La Ville-Vampire en Ann Radcliffe contre les vampires ? (sûrement pour attirer les lecteurs adolescents).

Dans une instructive postface de 7 pages, Adrien Party – spécialiste des vampires (rédacteur du site Vampirisme.com) – analyse l’œuvre de Paul Féval et la replace dans l’histoire de la littérature de vampires (après Vampire de Polidori en 1819, Lord Ruthwen ou les vampires de Cyprien Bérard en 1820 avec leurs adaptations au théâtre y compris celles d’Alexandre Dumas en 1851, etc.). On le voit donc, Paul Féval reste parmi les pionniers du genre avec une intensité dramatique et un humour décalé (n’oublions pas que c’est une construction littéraire en miroir puisque c’est une dame anglaise quasi centenaire qui raconte cet épisode de la vie d’Ann Radcliffe – qu’elle a bien connue – à Paul Féval). Bien sûr, ce récit peut paraître un peu vieillot (il est paru il y a 143 ans) mais j’ai passé un bon moment de lecture et je vous le conseille si vous êtes d’un naturel curieux car au XIXe siècle, les littératures d’aventure et de fantastique étaient à l’honneur. Et puis je n’avais pas lu Paul Féval depuis des décennies !

Ann Radcliffe naît Anna Ward le 9 juillet 1764 à Holborn (Londres) dans une famille anglicane de petits commerçants (ses parents tiennent une mercerie-chemiserie). Elle épouse William Radcliffe en 1788 : il est diplômé d’Oxford, étudie le Droit mais se consacre à la littérature (et devient éditeur du journal The English Chronicle ; il encourage son épouse à faire de même et elle devient une des précurseurs de la littérature gothique.

1789 : The Castles of Athlin and Dunbayne (traduit par François Soulès : Les châteaux d’Athlin et de Dunbayne, Testu, 1797) ; 1790 : A Sicilian Romance (traduit par Mme Moylin-Fleury : Julia ou les souterrains du château de Mazzini, Forget, Paris 1797) ; 1791 : The Romance of the Forest (traduit par François Soulès : La forêt ou l’abbaye de Saint-Clair, Lecointe et Pougin, Paris, 1800 ; réédition poche : Les mystères de la forêt, revu par Pierre Arnaud, Gallimard, Folio classique n° 5328, 2011) ; 1794 : The Mysteries of Udolpho traduit par Victorine de Chastenay : Les Mystères d’Udolphe, Paris, 1797) ; 1795 : A Journey Made in the Summer of 1794 (traduit par Cantwell : Voyage en Hollande, 1799) ; 1797 : The Italian, or the Confessional of the Black Penitents (traduit par A. Torelet : L’Italien ou le Confessionnal des pénitents noirs, Paris, 1797) ; 1802 : Gaston de Blondeville, publié posthume en 1826 (traduit par Defauconpret : Gaston de Blondeville, Paris, 1826). Elle influence des auteurs britanniques (Jane Austen, Walter Scott, Mary Wollstonecraft), français (Honoré de Balzac, Paul Féval) et russes (Fiodor Dostoïevski, Ivan Tourgueniev).

Une lecture pour les challenges British Mysteries #3 (bien que l’auteur soit français), Cette année, je (re)lis des classiques (1875), Challenge de l’épouvante, Challenge de l’été 2018, Challenge Chaud Cacao (la session 2 est consacrée aux auteurs francophones), Jeunesse Young Adult #7 (avec le nouveau titre…), Littérature de l’imaginaire et S4F3 #4.

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Le Novelliste #1 – les nouvelles anglaises

Une année de génie de George Griffith (1857-1906)

De son nom complet, George Chetwynd Griffith-Jones est un auteur anglais de science-fiction plus connu pour ses longs romans. A Genius for a Year (juin 1896) est une nouvelle publiée sous le pseudonyme de Levin Carnac dans le Pearson’s Magazine (1896-1939). Elle est traduite pour la première fois en français par Leo Dhayer et illustrée d’origine par Arthur Kemp Tebby (1865-1935). Depuis cinq ans, Sydney March travaille sur une toile les représentant lui et sa sœur, Sylvia, mais il n’est jamais satisfait… « Les personnages sont morphologiquement parfaitement corrects, mais ils ne sont pas vivants. Aucune lumière n’habite leur regard, aucun mouvement n’est susceptible d’animer leur membre. » (p. 40). De son côté, John Sturman, ami d’enfance de March, amoureux de Sylvia, aimerait être un grand écrivain pour ravir sa bien-aimée à Marcus Algar, l’auteur à la mode. Que manque-t-il à un artiste inspiré et talentueux pour être un génie ?

Visite au Black Museum (auteur anonyme)

Dynamite and Dynamiters (février 1894) est une nouvelle publiée dans The Strand Magazine n° 38 de février 1894. Elle est traduite de l’anglais par Roland Vilére et est illustrée par Jacques Camoreyt (1855-1930). Après une série d’attentats en Angleterre, New Scotland Yard a ouvert un musée dans lequel les visiteurs peuvent voir les armes et les engins avec lesquels les Dynamiteurs commettent leurs actes répréhensibles. « Dans son bureau du Home Office, les bâtons de dynamite voisinent avec les détonateurs et toutes sortes d’engins infernaux. » (p. 106). Un récit enlevé sous forme d’article de propagande dans un journal.

Plus noir que l’enfer d’Edith Nesbit (1858-1924)

The Power of Darkness (avril 1905) est une nouvelle fantastique publiée dans The Strand Magazine n° 172 d’avril 1905. Elle est traduite de l’anglais par Nellie d’Arvor et illustrée par Arthur Watts (1883-1935). Rose quitte Paris en train pour rendre visite à sa famille. Tous ses proches et ses admirateurs sont sur le quai pour lui dire au revoir. Parmi eux Edward et Vincent. « Ne sommes-nous pas tous – sans le moindre espoir – amoureux d’elle ? » (p. 120). Après le départ de Rose pour Cannes, Vincent invite son ami Edward au musée Grévin. « On se laisserait facilement aller à avoir peur en jouant à envisager l’impossible… » (p. 129). Une réflexion efficace sur la peur.

Comment écrire une nouvelle de Robert Barr (1849-1912)

How to Write a Short Story est un article publié en mars 1897 dans The Bookman. Il est traduit de l’anglais par Jean-Daniel Brèque et illustré par James Abbott McNeill Whistler (1834-1903). « Je pense qu’une nouvelle correctement construite doit permettre à l’imagination du lecteur d’assister l’auteur dans son travail. » (p. 188) et « Il me semble que le lecteur devrait user de son intelligence lorsqu’il lit une nouvelle, tout comme l’auteur est sensé le faire en l’écrivant. » (p. 189). Vaste débat, j’ai l’impression aussi qu’une nouvelle est moins facile à lire – ou du moins à appréhender – qu’un roman. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Dans Why read at all ? de Lewis Baumer (paru dans Punch of the London Charivari, décembre 1909-février-mars 1910) – traduit en À quoi bon les lire ? par Leo Dhayer, on découvre des auteurs britanniques peu connus qui seront dans les prochains numéros de Le Novelliste : (Thomas Henry) Hall Caine, Robert Smythe Hichens, William Tufnell Le Queux ; j’ai hâte !

Je recommande à nouveau Le Novelliste (dont j’ai déjà parlé ici et ici), un très beau recueil de nouvelles, ouvrage soigné, illustré et différent des publications actuelles. Que je mets dans La bonne nouvelle du lundi et dans les challenges British Mysteries 2018, Cette année, je (re)lis des classiques, Littérature de l’imaginaire.

En ce qui concerne le Challenge de l’été et S4F3 #4, j’ai « fractionné » la lecture – ou plutôt les billets – car certaines choses entrent dans des challenges et pas d’autres (par exemple ces nouvelles britanniques entrent dans British Mysteries et dans les classiques mais pas De cuivre et d’ambre de Dominique Warfa publié précédemment), j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur (les deux billets étant tout de même conséquents).

Challenge Chaud Cacao 2018

Le challenge Chaud Cacao ? … Acte 1 : j’ai vu passer Chaud Cacao sur un blog et je me demandais ce qu’était ce challenge au nom si bizarre. Acte 2 : Audrey a répondu sans le savoir à ma question avec son billet d’inscription à ce challenge. Acte 3 : je m’inscris aussi !

Je ne connaissais pas l’organisatrice de ce challenge, Patatras, une booktubeuse. Chaud Cacao – qui n’a en fait rien à voir avec le chocolat chaud ! – dure du 23 juin au 22 septembre 2018 et concerne les romans de science-fiction, de fantasy et de fantastique, en particulier les finalistes du PLIB (alors le PLIB, c’est le Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubers) mais pas que.

Plus d’infos sur la vidéo ci-dessous (chaîne YouTube de Patatras) et sur le groupe FB (que je vais demander à rejoindre).

Mes lectures pour les 3 sessions (chacune dure d’un mois)

Session 1 du 23 juin au 22 juillet : c’est pas la taille qui compte = lire le plus de petits romans possible (moins de 300 pages) avec Séoul zone interdite de JUNG Myeong-seop (Decrescenzo, 2018, Corée du Sud) et La quête onirique de Vellit Boe de Kij Johnson (Le Bélial, 2018, États-Unis) et Nous d’Evgueni Zamiatine (Actes Sud, 2017, Russie).

Session 2 du 23 juillet au 22 août : cocorico = lire le plus d’auteurs francophones avec La chute de la Maison aux Flèches d’Argent d’Aliette de Bodard (Fleuve, 2017, France) et Terminus radieux d’Antoine Volodine (Seuil, 2014, France) et Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval (Les Moutons électriques, 2018, France) et Sovok de Cédric Ferrand (Les Moutons électriques, 2015, France).

Session 3 du 23 août au 22 septembre : la suite dans le prochain épisode = lire le plus possible de suites et de fins de sagas (les tomes 1 ne comptent pas) avec …

Je me réjouirais si ce challenge et le S4F3 #4 pouvaient vous donner envie de lire de la littérature de l’imaginaire cet été 🙂

Challenge Summer Short Stories of SFFF #4

Vu chez Tigger Lilly, le Summer Short Stories of SFFF que je ne connaissais pas ou alors j’avais zappé… Ce challenge estival est géré par Lutin du blog Albédo, univers imaginaires (il me semble avoir déjà aperçu ce blog) et il en est à sa quatrième saison. En fait, ce challenge était entre 2015 et 2017 sur Les lectures de Xapur. Le surnom de ce challenge est S4F3 pour Summer Short Stories Science (= 4 S) et Fiction Fantasy Fantastique (= 3 F) donc en 2018, c’est le S4F3 #4 et il se déroule durant l’été, du 21 juin au 23 septembre.

L’objectif est de lire des livres de tous les genres de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique (SFFF), horreur, etc., de moins de 350 pages : romans, recueils de nouvelles et anthologies (ne sont pas pris en compte les nouvelles à l’unité, les novellas de moins de 80 pages, les revues et magazines, les comics et bandes dessinées). Plus d’infos, logo et inscription sur Albédo ici et pour déposer les liens ici.

J’ai très envie de participer !

Mes lectures pour ce challenge

1. Le Club Vesuvius (Une aventure de Lucifer Box, 1) de Mark Gatiss (Bragelonne, 2015, 264 pages, Bragelonne poche, 2018, 300 pages)

2. Le Novelliste #1 – De cuivre et d’ambre de Dominique Warfa1 : c’est un mook, recueil de nouvelles (Flatland, 2017, 208 pages)

3. La quête onirique de Vellit Boe de Kij Johnson (Le Bélial, 2018, 200 pages)

4. Dans la forêt de Jean Hegland (Gallmeister,  2017, 304 pages)

5. Nous d’Evgueni Zamiatine (Actes Sud, 2017, 233 pages)

6. Le Novelliste #1 – les nouvelles anglaises (Flatland, 2017, 208 pages)

7. Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval (Les Moutons électriques, 2018, 144 pages)

8. Sovok de Cédric Ferrand (Les Moutons électriques, 2015, 224 pages)

Hanada le garnement #1 de Makoto Isshiki

Hanada le garnement #1 de Makoto Isshiki.

Ki-oon, collection Kizuna, août 2017, 224 pages, 7,90 €, ISBN 979-10-327-0125-6. Hanada shônen-shi 花田少年史 (2015) est traduit du japonais par Sébastien Ludmann.

Genre : manga.

ISSHIKI Makoto 一色 まこと est mangaka depuis 1986, elle est connue en France pour Piano Forest (Piano no mori ピアノの森) adapté en film d’animation.

Ichiro Hanada, 9 ans, est un sacré garnement. Avec son copain de toujours, Sota, plus froussard, il en fait voir de toutes les couleurs à sa famille et aux habitants du village. Sa mère Hisae est une « vieille bique » qui lui crie tout le temps dessus, son père Daijirô est un « pochtron » à côté de la plaque, sa sœur aînée Tokuko et « grosse et moche » alors il l’a surnommée « la groche » et son grand-père Tokujirô est vieux (il a 78 ans). « Un pas de plus, et l’ancêtre y passe !! – Tu devrais avoir honte de traiter ton grand-père comme ça… Un jour, le ciel va finir par te punir ! » (p. 9). Aussitôt dit aussitôt fait… Alors qu’il fuit à vélo pour échapper à sa mère, le chenapan se fait renverser par une camionnette. Il en réchappe par miracle mais avec un pouvoir… Il voit des esprits qui viennent lui demander de l’aide.

Il est « amusant » de constater qu’au Japon, cette série est classée en seinen (manga pour les adultes) alors qu’en France, elle est classée en shônen et peut être lue par les plus jeunes. Au Japon, le manga a été pré-publié dans Mister Magazine entre novembre 1993 et octobre 1995 puis publié par Kôdansha en 5 tomes ; il a été adapté par le studio Madhouse en une série animée de 25 épisodes diffusés sur Nippon Television entre octobre 2002 et mars 2003, et en un film (de 123 minutes) réalisé par Nobuo Mizuda en 2006. Le site officiel de Hanada (en japonais).

Les personnages et les histoires sont traités à la fois avec humour et tendresse. La famille Hanada vit dans un village dans les années 50, un Japon dans lequel toutes les familles n’avaient pas la télévision couleur. Mais ce qui ne change pas, c’est l’irruption du fantastique dans le quotidien : Ichiro voit d’abord le fantôme de la chienne Chiro qui porte un chiot (il devient un membre de la famille, Jirô Hanada), puis le fantôme d’une jeune fille de 17 ans, Yuki, qui lui demande de contacter Seiji Aota, etc. C’est vraiment drôle, un peu coquin (non seulement avec Ichiro mais aussi avec le pépé pervers) et très turbulent ! De quoi mettre de bonne humeur.

Une lecture pour La BD de la semaine (promis, la prochaine participation sera une bande dessinée occidentale !) et les challenges BD, Un max de BD en 2018, Littérature de l’imaginaire et Raconte-moi l’Asie.

L’Enfant et le Maudit, 1 de Nagabe

L’Enfant et le Maudit (tome 1) de Nagabe.

Komikku, mars 2017, 196 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-37287-197-6. Totsukuni no shôjo とつくにの少女, pré-publié dans Comic Blade en 2015 et paru chez MAG Garden Corporation en 2016, est traduit du japonais par Fédoua Lamodière.

Genres : manga, shônen, fantastique, dark fantasy.

Nagabe ながべ naît un 1er août ; il est mangaka (dessinateur et scénariste) depuis 2013 ; il vit et travaille à Tokyo. Plus d’infos sur son tumblr, sur pixiv.net et sur son compte TW.

Sheeva, une fillette, vit avec le Professeur dans une maison en forêt avec une jolie clairière. Un peu plus loin, il y a le village d’Oléa, abandonné, mais ils y trouvent de quoi se nourrir. Sheeva n’a pas le droit de toucher le Professeur ou de sortir seule sans sa permission à cause d’une malédiction. Elle espère que sa tante va bientôt venir la chercher et un jour, elle aperçoit une silhouette. Est-ce quelqu’un qui vient de l’extérieur ?

Il y a deux mondes : l’Intérieur habité par les humains et l’Extérieur habité par de monstrueuses créatures. « Pour protéger la population de l’intérieur… Nous devons supprimer toute menace potentielle ! Pas de pitié pour les êtres de l’extérieur. » (p. 114). Et une légende avec deux dieux : celui de la Lumière et celui des Ténèbres.

La fillette est toute blanche et de blanc vêtue (symbole de pureté ?) ; le Professeur est tout noir, de noir vêtu, il a un long bec et une tête de bouc (symbole de la malédiction ?).

Ce manga fantastique est un conte noir, mystérieux, intriguant qui parle de la dualité dans une incroyable ambiance tout en finesse et en poésie. C’est une réflexion sur l’humanité et la figure de l’étranger. Le contraste entre le noir et le blanc est intense, superbe et les dessins sont expressifs et d’une grande beauté.

J’ai hâte de lire les tomes suivants pour en savoir plus ! Pour l’instant, au Japon, il y a 4 tomes de parus et la série est en cours.

À noter que le sous-titre, Siúil a Rún, (qui se traduit par Va mon amour) est une chanson traditionnelle irlandaise du XIXe siècle, interprétée entre autres par le groupe Clannad en 1976 (vidéo ci-dessous, 3e titre à 4’26) et, plus récemment par Cécile Corbel (2012) et Nolwenn Leroy (2012).

Une lecture pour La BD de la semaine et les deux challenges BD, Un max de BD en 2018, et Littérature de l’imaginaire et Raconte-moi l’Asie #3.

Challenge Littérature de l’imaginaire 2018

J’ai participé à ce Challenge Littérature de l’imaginaire organisé par Amarüel en 2016 et en 2017. Pour la 6e édition, c’est Ma lecturothèque qui reprend le flambeau et ce du 1er janvier au 31 décembre 2018. Infos, logos et inscription (jusqu’au 1er février 2018) chez Ma lecturothèque.

L’objectif est bien sûr de lire de la littérature de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique, tous les genres et leurs sous-genres ! Romans, nouvelles, essais, bandes dessinées, mangas, comics (super-héros ou non, tant que ça reste dans le domaine de l’imaginaire), magazines spécialisés comme Bifrost qui propose un contenu textuel (mais pas Neverland qui est plus un magazine de promotion des titres de l’éditeur Bragelonne), en format papier ou numérique.

Il existe 8 échelons (je vais être modeste et choisir le premier avec 12 livres et je verrai si je peux faire mieux !) et 5 catégories (qui sont facultatives mais la catégorie A me convient bien et pourquoi pas la catégorie E) :

Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres

Échelon 2 : Petit pas dans l’ailleurs = au moins 24 livres

Échelon 3 : Plongée dans l’inconnu = au moins 36 livres

Échelon 4 : Immersion dans le vide = au moins 48 livres

Échelon 5 : Absorption dans l’étrange = au moins 60 livres

Échelon 6 : Fusion dans l’utopique = au moins 72 livres

Échelon 7 : Je lis donc je chronique = au moins 100 livres

Échelon 8 : Synchronisation avec la page = au moins 130 livres

Catégorie A : Ange gardien de la Simplicité = Le challenge reste comme il était jusque-là, à savoir tous les supports sont acceptés et vous lisez tous les genres des lectures de l’imaginaire.

Catégorie B : Banshee de la Double Page = Vous choisissez de ne lire que deux genres que vous signalerez lors de votre inscription (par exemple Fantasy/SF ou SF/Fantastique ou Fantasy/Fantastique). Tous supports confondus.

Catégorie C : Cerbère des Mots = On bannit les BD et les mangas, la place est réservée aux romans uniquement. Tous genres confondus.

Catégorie D : Dragon de la Multidisciplinarité = Vous devrez choisir un genre en début de challenge entre la Fantasy et la SF. Ils ont tous deux des sous-genres, dans cette catégorie vous devrez lire un livre par sous-genre. À vous de voir ce que vous lisez pour le reste de la catégorie.

Catégorie E : Elfe de l’Incontournable = Vous lirez ce que vous voudrez durant ce challenge dans le genre que vous voulez MAIS il vous sera obligatoire de lire 3 livres écrits par des auteurs que l’on qualifie de « classiques » de l’imaginaire. Les incontournables quoi.

Mes lectures de l’imaginaire

1. Sérum de Cyril Pedrosa et Nicolas Gaignard (Delcourt, 2017, France)

2. L’Enfant et le Maudit (tome 1) de Nagabe (Komikku, 2017, Japon)

3. Green Mechanic #1 de Yami Shin (Ki-oon, 2017, Suisse)

4. Hanada le garnement #1 de Makoto Isshiki (Ki-oon, 2017, Japon)

5. Sanglant hiver de Hildur Knútsdóttir (Thierry Magnier, 2017, Islande)

6. Louise et Hetseni – Dans les plaines sauvages de Sophie Rigal-Goulard (Rageot, 2018, France)

7. La mort du temps d’Aurélie Wellenstein (Scrineo, 2017, France)

8. Quelques minutes de silence de Philippe Gauthier (L’école des loisirs, 2017, France)

9. Le Club Vesuvius (Une aventure de Lucifer Box, 1) de Mark Gatiss (Bragelonne, 2015-2018, Angleterre)

10. Incubation de Laura DiSilverio (Dreamland, 2017, États-Unis)

11. Le Novelliste #1 : De cuivre et d’ambre de Dominique Warfa (Flatland, 2017, Belgique)

12. Séoul zone interdite de JUNG Myeong-seop (Decrescenzo, 2018, Corée du Sud)

Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres : honoré 🙂

13. Street Fighting Cat #1 de SP Nakatema (Doki Doki, 2017, Japon)

14. La quête onirique de Vellit Boe de Kij Johnson (Le Bélial, 2018, États-Unis)

15. Dans la forêt de Jean Hegland (Gallmeister, 2017, États-Unis)

16. Nous d’Evgueni Zamiatine (Actes Sud, 2017, Russie)

17. Le Novelliste #1 – les nouvelles anglaises (Flatland, 2017, Angleterre)

18. La chute de la Maison aux Flèches d’Argent d’Aliette de Bodard (Fleuve, 2017, France)

19. Terminus radieux d’Antoine Volodine (Seuil, 2014, France)

20. À la poursuite de l’Atlantide (une aventure de Wilde et Chase, 1) d’Andy McDermott (Bragelonne, 2018, Angleterre)

21. Inactivité paranormale de Jonathan Carcone (ActuSF, 2017, France)

22. Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval (Les Moutons électriques, 2018, France)

23. Sovok de Cédric Ferrand (Moutons électriques, 2015, France)

+ ?

… Arriverai-je à 24 pour honorer l’échelon 2 avant le 31 décembre ?