Printemps de l’imaginaire francophone

Vu sur le blog des éditions du Monde premier, le Printemps de l’Imaginaire francophone « consiste à lire des romans de science-fiction, fantasy, fantastique écrits par des auteurs francophones » du 1er mars au 1er juin 2017. D’après Zahardonia – du blog Monde Fantasy que je ne connaissais pas – l’imaginaire francophone est en péril (fermetures de plusieurs petites maisons d’éditions…). C’est la deuxième session de ce challenge puisque Zahardonia l’a créé l’année dernière. Et le logo est vraiment joli ! Ça vous intéresse aussi ? Infos, logo et inscription ici + récapitulatif avec les participants et des éditeurs.

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Zahardonia donne trois paliers :

1. Rêveur invétéré : lire au moins 1 livre.

2. Mage vagabond : lire au moins 3 livres.

3. Scientifique fou : lire au moins 6 livres.

À ces paliers, elle ajoute une contrainte optionnelle : lire au moins un livre issu du catalogue d’une petite maison d’éditions.

Je vais pour l’instant m’inscrire en Rêveur invétéré et j’ai demandé à rejoindre le groupe FB.

1. Café Krilo de Baptiste Boryczka (Lemieux, février 2017).

Palier Rêveur invétéré honoré ! Je pense en lire encore deux avant le 1er juin pour le palier Mage vagabond. 😉

2…

3…

Challenge Littérature de l’imaginaire #5 avec Amarüel

La session 4 du challenge Littérature de l’imaginaire s’est bien passée : en lisant 12 romans (et un supplémentaire), j’ai honoré la catégorie que j’avais choisie : Atterrissage dans l’irréel. Je rempile donc avec Littérature de l’imaginaire #5 ! Infos, logos et inscription chez Amarüel et les liens sont à déposer dans la Chrobox. Le challenge dure du 1er décembre 2016 au 31 décembre 2017 (soit 13 mois).

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L’objectif est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire (fantasy, science-fiction, fantastique et leurs sous-genres) sous toutes les formes (romans, anthologies de nouvelles, essais, bandes dessinées incluant comics et mangas, magazines spécialisés comme Bifrost par exemple).

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Je choisis la même catégorie : Ange gardien de la simplicité (tous genres et tous supports) et le même échelon que l’année dernière : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres, ce qui fait une moyenne d’une lecture par mois et j’espère en lire un peu plus. 😉

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Mes lectures de l’imaginaire

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+ ?

Mon chat en vrac d’Archie Kimpton

MonChatEnVracMon chat en vrac d’Archie Kimpton.

Albin Michel Jeunesse, collection Witty, avril 2015, 326 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-226-31528-1. Jumblecat (2014) est traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec. Roman illustré par Kate Hindley.

Genres : littérature anglaise, littérature jeunesse, fantastique.

Archie Kimpton, diplômé de l’Université de Manchester en 1991, est l’auteur. Il vit dans le sud de Londres avec son épouse, leurs enfants et leur chat Doonican. Jumblecat est son premier roman.

Kate Hindley, diplômée de l’École d’Art de Falmouth en 2008, est l’illustratrice. Elle vit à Birmingham près d’une usine de chocolat (en fait, je ne sais pas si c’est une bonne chose pour qui aime le chocolat…). Elle a travaillé comme designer et se consacre maintenant à l’illustration de livres jeunesse. Ses illustrations sur son site officiel et sa page FB.

JumblecatDans la famille Chausson, Billy se sent de trop… Sa sœur jumelle, Mindy, est tellement différente de lui… Philippa, leur mère, déteste les animaux et en particulier les chats. Christopher, leur père, est livreur de lait. Dès qu’il le peut, Billy se réfugie au mont Tourneboule. « C’était son endroit préféré au monde. Nulle part ailleurs il ne se sentait plus heureux que dans les bois qui entouraient le mont Tourneboule (lequel n’était, en réalité, qu’une colline). » (p. 19). Ce jour-là, Billy sauve un chat… qui est tout en vrac et découvre que ce chat parle ! Mais il ne peut pas le garder chez lui alors il le laisse chez madame Mandiddy, la voisine de 94 ans. L’enfant et la vieille dame décident d’appeler l’animal Chat-en-Vrac et de le présenter à la « Foire mondiale des créatures curieuses et des animaux étranges » organisée par le colonel Charles Beauvrille. « Voici le vainqueur ! proclama-t-il. » (p. 112). Mais la famille Chausson voit tout ça d’un autre œil et le colonel veut absolument acheter le matou… « Tiens bon, Chat-en-Vrac, on arrive ! » (p. 175).

MoisAnglais2016-1Pauvre Billy ! Sa sœur et sa mère sont… hystériques et détestables ! Quant au colonel, il ne vaut pas mieux… Heureusement, son père et madame Mandiddy sont vraiment gentils… mais impuissants… quoique ! Et puis, il y a Chat-en-Vrac, un chat gourmand, capricieux et orgueilleux mais tellement original et génial : il chante « merveilleusement bien » lorsqu’il dort. Et c’est justement ça qui va le mettre en danger… Mon chat en vrac est un premier roman farfelu, foisonnant, drôle et enlevé, plein de rebondissements et d’aventure. Non seulement le lecteur ne s’ennuie pas une seconde mais en plus il rit – tout en réfléchissant (la famille, le mal-être, la vieillesse, la façon de traiter les animaux) – et il rit beaucoup ! Et si c’était plutôt le monde qui était en vrac ?

UnGenreParMoisDes mêmes auteurs : Comment devenir intelligent en mangeant du porridge paru chez le même éditeur et dans la même collection (d’ailleurs excellente collection) en avril 2016. Dès qu’il est disponible à la bibliothèque, je l’emprunte !

Ce roman lu pour le Mois anglais (29 juin : littérature enfantine ou adulescente) et Un genre par mois (en juin : littérature jeunesse ou young adult) entre dans d’autres challenges : Défi premier roman, Jeunesse – young adult, Littérature de l’imaginaire, Voisins Voisines sans oublier le Feel good car il est vraiment très plaisant à lire. 😉 J’hésite à le mettre dans British mysteries… (qu’en pensez-vous ?).

La liste des 7 de Mark Frost

Listedes7La liste des 7 de Mark Frost.

Cherche Midi, collection Néo, juin 2014, 485 pages, 22 €, ISBN 978-2-7491-1816-1. Déjà paru chez Plon en 1995. The List of Seven (1993) est traduit de l’américain par Jean-Michel Dulac.

Genres : aventure, suspense, fantastique.

Mark Frost naît le 25 novembre 1953 à New York. Avant d’être romancier, il est scénariste et producteur pour la télévision (Twin Peaks réalisée par David Lynch) puis le cinéma (Les quatre Fantastiques et Les quatre Fantastiques et le Surfer d’argent). La liste des 7 est son premier roman (suivront Les sept messies en 1995, Le second objectif en 2008 et une série jeunesse : La prophétie du Paladin dès 2012).

Londres, Noël 1884. Arthur Conan Doyle, 26 ans, est docteur en chirurgie depuis trois ans. Lorsqu’il reçoit une demande d’aide de Lady Caroline Nicholson concernant une pratique frauduleuse des arts spirites, il se rend dans une maison inconnue mais il échappe à un traquenard grâce à l’aide d’un inconnu se faisant passer pour un professeur de Cambridge. « […] à partir de maintenant, Doyle, il n’existe plus beaucoup d’endroits où vous puissiez vous considérer réellement en sûreté. » (p. 48). Écrivain à ses heures perdues, inspiré par la Russe Helena Petrovna Blavatsky (fondatrice de la théosophie), le jeune Arthur a envoyé à plusieurs éditeurs un manuscrit intitulé La fraternité de l’ombre mais… « En croyant faire œuvre d’imagination, vous avez décrit avec une étonnante fidélité les menées perverses d’une secte de sorciers poursuivant un objectif proche de celui de vos personnages […]. » (p. 51). Son appartement est dévasté, sa voisine est tuée et l’inspecteur Charles Leboux – qu’il a connu dans la Royal Navy et qui est entré à Scotland Yard – ne peut pas l’aider… Le mystérieux John Sparks, surnommé Jack, le pourra-t-il ?

ThrillerPolar-PatiVore1Un excellent premier roman ! J’ai senti la future présence de Sherlock Holmes – et des garçons des rues – car les ingrédients sont là : l’observation, l’analyse, la logique, l’intérêt pour les abeilles, le violon, les déguisements, la dépendance à la drogue et même les Chutes de Reichenbach en Suisse ! Et puis, en plus de la fiction, la société de l’Angleterre victorienne est bien représentée : des bas-quartiers aux châteaux des aristocrates, sans oublier le spiritisme et l’occultisme très présents en cette fin de XIXe siècle. Les prémices de la police scientifique aussi : « La lutte contre le crime est à la fois un art et une science […]. » (p. 258). Il y a des clins d’œil à Trois hommes dans un bateau, roman paru en 1889, c’est-à-dire contemporain de Sherlock Holmes, à Jack l’Éventreur (meurtre d’une prostituée) et une rencontre avec Bram Stoker. En résumé, La liste des 7 est un grand roman d’aventure et d’action avec beaucoup de mystères et de suspense, une pointe de fantastique horreur (roman gothique) et pas mal d’humour !

L’auteur est Américain mais il s’approprie un auteur anglais, Arthur Conan Doyle, et il déroule son histoire dans l’Angleterre victorienne (fin du XIXe siècle) alors je place cette lecture dans A year in England et British mysteries ainsi que dans Défi premier roman, Littérature de l’imaginaire et Thriller et polar.

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Oh la vache ! de David Duchovny

OhLaVacheDuchovnyComme hier, je parlais de taureau, voici aujourd’hui une lecture plus… vache !

Oh la vache ! de David Duchovny.

Grasset, janvier 2016, 210 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-246-85743-3. Holy Cow (2015) est traduit de l’américain par Claro.

Genres : littérature américaine, conte animalier.

David Duchovny est né le 7 août 1960 à New York (États-Unis). Il a étudié la littérature anglaise à Princeton puis à Yale et l’art dramatique. Il est non seulement acteur (quelques publicités à ses débuts puis films et séries) mais aussi réalisateur, scénariste, producteur et même compositeur et chanteur ! Je me suis dit qu’à défaut d’aimer les célèbres séries X-Files et Californication, j’aimerais pourquoi pas son premier roman, Oh la vache !

Elsie est une vache, « née dans une petite ferme au nord de l’État de New York » (p. 13). Pendant trois ans, elle a vécu sa vie de génisse, avec sa copine Mallory, heureuse même si sa mère a disparu. Mais une nuit, en se rapprochant de la maison des humains, elle voit à la télévision – qu’elle appelle le Dieu de la Boîte – d’horribles images d’abattoirs… « Les humains doivent mériter le droit d’être traités de nouveau d’animaux. » (p. 61). Plus tard, elle voit des images de l’Inde et apprend que les vaches y sont sacrées. Et voici l’opération Inde ! Jerry, le cochon rebaptisé Shalom, veut partir avec elle pour Israël, là où on ne mange pas les porcs, et Tom le dindon en Turquie puisque ce pays porte le même nom que lui. « Partir n’est jamais facile. Même si ça craignait ici. En général, partir où que ce soit, n’est jamais facile. » (p. 101). En route pour Istanbul, Tel Aviv et Bombay ! Mais l’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

Non seulement Elsie pense et raconte son histoire mais en plus elle fait de l’humour. « Tous les animaux se parlent entre eux dans une sorte d’espéranto bestial et universel – grognement, sifflement, aboiement, couinement, le lion à l’agneau, l’oiseau au chien, l’élan au chat – sauf que, hein, bon, qui voudrait s’entretenir avec un chat ? Ces bestioles-là, plus narcissiques, tu meurs. » (p. 12). Donc Elsie n’est pas tendre ni avec les chats ni avec les humains. Ni avec son voyage finalement.

DavidDuchovnyIl y a de nombreux clins d’œil au monde de l’édition (Elsie exprime plusieurs fois des interventions de son éditrice : penser aux jeunes lecteurs, penser au cinéma, etc.), à la littérature, à la culture populaire (références musicales, cinématographiques) et bien sûr aux religions, tout ça restant très américain. « Moi ? Je veux que l’Amérique sache tout de mon périple. Je veux que vous les enfants, les adultes, la faune et la volaille, vous appreniez ce que j’ai appris – qu’il n’est pas bien d’être honni, ni bien d’être adoré. Nous ne sommes ni des dieux ni des déesses, mais nous ne sommes pas non plus des démons et des bêtes. » (p. 199).

L’auteur – végétarien – a été très inspiré par La ferme des animaux de George Orwell mais son message est ici plus social et religieux que politique et son humour un peu plus bourrin – hum, je veux dire un peu moins subtil que l’humour britannique – mais ça marche et j’ai quand même rigolé même si certaines ficelles sont bien grosses (ça sent le film d’animation à plein nez !). Un roman à lire cet été pour passer un bon moment sans se prendre la tête !

Une lecture pour Défi Premier roman 2016, Feel good, Littérature de l’imaginaire et Un genre par mois (fantasy ou aventure).

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Crimson Peak de Guillermo del Toro

CrimsonPeakBonjour, pas de billet pour la rubrique Mes coups de… aujourd’hui car c’est la Quinzaine de l’imaginaire et je vais vous parler d’un film. Alors, les films fantastiques ou de science-fiction étant souvent parmi mes préférés, je n’ai que l’embarras du choix ! J’ai opté pour…

Crimson Peak de Guillermo del Toro.

Un film de 120 minutes produit par Legendary Pictures et distribué par Universal Pictures. Film tourné en 2014 et sorti en salles en octobre 2015 ; sortie DVD – Blu-ray en février 2016.

Avec dans les rôles principaux : Mia Wasikowska en Edith Cushing, Jessica Chastain en Lady Lucille Sharpe, Tom Hiddleston en Sir Thomas Sharpe, Charlie Hunnam en docteur Alan McMichael, Jim Beaver en Carter Cushing et Burn Gorman en détective Holly.

Genres : fantastique, épouvante.

Guillermo del Toro naît le 9 octobre 1964 à Guadalajara dans l’État de Jalisco sur la côte ouest du Mexique. Il vit en Californie (États-Unis) avec son épouse et leurs deux filles. Réalisateur, scénariste et producteur pour le cinéma, il est aussi romancier (The strain – La lignée en 2009, The fall – La chute en 2010 et The night eternal – La nuit éternelle en 2011, une trilogie parue aux Presses de la Cité et adaptée en série télévisée par l’auteur – réalisateur).

Buffalo, État de New York, États-Unis, 1887. Edith Cushing a perdu sa mère lorsqu’elle avait dix ans à cause du choléra noir et la défunte lui est apparue une nuit pour la mettre en garde contre Crimson Peak. Edith se voit refuser un manuscrit : son écriture est trop féminine… Elle rencontre alors Sir Thomas Sharpe et sa sœur aînée Lucille et tombe amoureuse du jeune homme. Mais son père, Carter Cushing, n’aime pas le baronnet venu lui demander un prêt pour une machine d’extraction. Après la mort de son père, Edith épouse Thomas, vend l’entreprise et les biens immobiliers, et part vivre en Angleterre, au domaine d’Allerdale Hall. Heureusement, Alan McMichael, docteur et ami d’enfance d’Edith, comprend que Carter Cushing a été assassiné et part en Angleterre sauver Edith des griffes des Sharpe.

Guillermo del Toro est un excellent réalisateur : j’aime son imagination, son univers fantastique et sombre avec des couleurs chaudes et chatoyantes (jaune, orange, rouge). Si vous n’avez jamais vu L’échine du diable (2001, tourné en Espagne), Le labyrinthe de Pan (2006) ou Crimson Peak (2015) entre autres, ruez-vous sur les DVD ou Blu-ray ! Crimson Peak est un clin d’œil aux femmes romancières du XIXe siècle (à tel point qu’à la fin, j’ai pensé qu’Edith Cushing était une romancière qui avait vraiment existé !) et le manoir d’Allerdale Hall renvoie à la chute de la maison Usher (une nouvelle fantastique d’Edgar Allan Poe) ; le film est un « hommage » aux romances gothiques du XIXe siècle. Les acteurs sont très bons : Mia Wasikowska, jeune actrice australienne d’origine polonaise, est même excellente et la façon dont la lumière reflète sur sa peau (pâle) et ses longs cheveux (blonds) est extraordinaire. La musique de Fernando Velázquez, un compositeur espagnol (connu pour sa bande originale de L’orphelinat réalisé par Juan Antonio Bayona, excellent film également !), est parfaite.

QuinzaineImaginaire2016Pour conclure, je dirais que Crimson Peak est un bijou du genre fantastique gothique, classique, lyrique et envoûtant.

Un billet donc pour la Quinzaine de l’imaginaire avec Arieste.