Le Wonderling de Mira Bartók

Le Wonderling de Mira Bartók.

Robert Laffont, collection R Jeunesse, avril 2018, 512 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-22119-339-6. The Wonderling (2017) est traduit de l’américain par Fabienne Vidallet.

Genres : littérature états-unienne, littérature jeunesse, fantastique.

Mira Bartók naît en 1959 à Cleveland dans l’Ohio (États-Unis). Elle étudie les Beaux-Arts à l’Université du Massachusetts à Amherst. Elle voyage et écrit plusieurs ouvrages pour la jeunesse sur les civilisations antiques. Lorsque sa mère meurt d’un cancer, elle écrit ses mémoires, The Memory Palace, qui est récompensé. Puis elle écrit The Wonderling (adaptation prévue au cinéma).

Le Wonderling, ou Numéro 13 car c’est l’inscription sur le médaillon qu’il porte, est un être spécial : il « ressemblait à un renard mais se tenait sur ses pattes arrière comme un enfant et il ne possédait pas de queue à proprement parler. » (p. 16). Il a 11 ans et a grandi à « l’Orphelinat de Mlle Furonkle » (p. 19), une méchante femme. Dans ce foyer vivent des enfants trouvés ou orphelins, des gamins des rues, mi-humains mi-animaux, des créatures appelés des Rampants. Malgré son unique oreille, Numéro 13 a un don : il entend tout. Par exemple, il apprend que les souris, extrêmement polies, aiment le brie et la poésie. Les Rampants ne savent rien du monde et de la vie au-delà des murs de l’horrible orphelinat et sont constamment surveillés par Mortimer Nezpris qui les méprise et les déteste.

Un jour Numéro 13 sauve un oiseau sans aile, Babiole, qui lui donne le nom d’Arthur et ils deviennent amis. Grâce à Babiole, Arthur peut s’enfuir avec l’oiseau et découvrir l’Extérieur : paysage, soleil, horizon… Après une journée de marche et une nuit passée dans un immense chêne, les deux voyageurs rencontrent Pomme-de-Pin de Blancheville. « Dissimulé quelque part dans cette puissante ville de lumière l’attendait son destin. Il espérait qu’il le trouverait… et qu’il ne lui arriverait rien de fâcheux. » (p. 185).

Des personnages hauts en couleurs, Numéro 13 et Babiole vraiment attachants en tête mais aussi Quintus le rat voleur, Peevil la petite souris chanteuse, Belisha la gardienne des corbeaux de nuit… Du merveilleux, du sordide parfois (ce qui m’a un peu fait penser à Watership Down de Richard Adams), mais toujours de l’optimisme, des aventures et des amitiés !

J’ai dévoré ce très beau roman (même si parfois terrible : maltraitance, injustice…) joliment illustré avec des petites gravures en noir et blanc. J’espère une suite !

Pour le Mois américain et les challenges Animaux du monde #3 (en particulier pour Numéro 13 le renard et Babiole l’oiseau mais pas que), Jeunesse Young Adult #9 et Littérature de l’imaginaire #8.

Brume de Stephen King

Brume de Stephen King.

Albin Michel, collection Wiz, octobre 2019, 288 pages, ISBN 978-2-22644-535-3. The Mist (1985) est traduit de l’américain par Serge Quadruppani.

Genres : littérature états-unienne, nouvelle, young adult, fantastique.

Stephen King naît le 21 septembre 1947 à Portland dans le Maine (États-Unis). Dois-je réellement le présenter ? Maître de l’horreur dans les genres fantastiques, science-fiction et policier, il est l’auteur de plus de 60 romans dont quelques-uns sous le pseudonyme de Richard Bachman et plus de 200 nouvelles !

Bridgton, Maine occidental. Grosse vague de chaleur en ce mois de juillet puis, dans la nuit du 19, « épouvantables orages » (p. 7). David et Stephanie Drayton vivent dans une maison à côté du Long Lake avec Billy, leur fils de 5 ans. Ils se réfugient à la cave mais les dégâts sont importants… « La porte de verre coulissante avait tenu bon mais à la place de la baie vitrée il y avait un trou aux bords déchiquetés, garni du feuillage d’un bouleau. C’était la cime du vieil arbre qui flanquait l’accès extérieur du sous-sol d’aussi loin que je me souvienne. […] J’aimais cet arbre. Vétéran endurci de bien des hivers, il était le seul arbre, du côté où la maison donne sur le lac, que ma propre tronçonneuse eut épargné. » (p. 18). Après le cyclone qui a détruit arbres, maisons et pontons, une étrange brume blanche, épaisse, s’installe peu à peu. Lorsque la route est dégagée, Dave se rend au supermarché avec Billy et leur voisin, Breton Norton, un avocat avec lequel il ne s’entend pas très bien, mais en cas de catastrophe, c’est mieux de s’entraider. Alors que la brume arrive au centre-ville, ils sont coincés dans le supermarché (à partir de ce moment, ça devient un huis-clos) avec d’autres clients soit incrédules soit affolés. « Si on attendait encore un peu que le brouillard se dissipe et qu’on puisse voir… » (p. 87). Mais l’angoisse s’installe au fur et à mesure que la brume s’épaissit avec les cris qui en parviennent et les disparitions. « Mesdames et messieurs, il apparaît que nous sommes confrontés à un problème d’une certaine ampleur. » (p. 140).

Je n’en dis pas plus, vous voyez sur la couverture les tentacules et les ventouses mais s’il n’y avait que ça ! Les créatures immondes ont-elles été crées par le projet militaire Pointe-de-Flèche ou arrivent-elles tout droit de l’enfer ? Erreur humaine ou catastrophe naturelle ?

Comme ça faisait longtemps (peut-être une trentaine d’années !) que je n’avais pas lu du Stephen King, j’avais oublié toutes ses descriptions pour présenter les lieux et les personnages mais ça plante l’atmosphère et ça leur donne une épaisseur (sans jeu de mot avec la brume !). Dans cette nouvelle, il traite plutôt des relations parents-enfant (père-fils), des thèmes écologiques et du comportement des gens (par exemple la malveillance et le fanatisme religieux de madame Carmody qui, en plus, fait des adeptes !) en cas de danger imminent.

En fin de volume, dans Notes, l’auteur explique qu’il a écrit Brume à l’été 1976 « pour une anthologie de nouveaux récits » (p. 279) ; le titre original était The Mist et le recueil paru en 1985, Skeleton Crew, remporte le prix Locus du meilleur recueil de nouvelles. La nouvelle Brume dans ce recueil fait 150 pages et elle est plus longue que les autres.

Parfait pour le Mois américain et les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8, Maki Project (bien que considérée comme un peu longue, Brume est bien une nouvelle) et S4F3 #6.

J’apprends qu’un film réalisé par Frank Darabont est sorti en 2007. L’avez-vous vu ?

L’edda poétique

L’edda poétique, textes présentés et traduits par Régis Boyer.

Fayard, janvier 1992, 686 pages, 34,50 €, ISBN 978-2-21302-725-8.

Genres : littérature scandinave, poésie, classique, fantastique.

Régis Boyer naît le 25 juin 1932 à Reims. Il étudie le français, la philosophie et l’anglais (licences), les lettres modernes (agrégation) et les lettres (doctorat). Il devient enseignant universitaire de français (Pologne, Islande, Suède). Puis professeur de langues, de littératures et de civilisation scandinaves à la Sorbonne et directeur de l’Institut d’études scandinaves de la Sorbonne. Il est linguiste, auteur, traducteur et membre du comité scientifique de la revue Nordiques (créée en 2003). Il meurt le 16 juin 2017 à Saint Maur des Fossés.

Ces textes plutôt islandais mais aussi norvégiens sont traduits du norrois. Le vieux norrois (ou vieil islandais) « correspond aux premières attestations écrites d’une langue scandinave médiévale » (source Wikipédia). Le vieux norrois « désigne la langue du Danemark, de la Norvège et de la Suède ainsi que des colonies scandinaves comme l’Islande pendant l’âge des Vikings (vers 750-1050), le haut Moyen-Âge et le Moyen-Âge central (vers 1050-1350) » (source Wikipédia).

Les Vikings de Norvège font des excursions en Islande, Angleterre et Suède. Les Vikings, c’est « rapts, pillages, tueries, batailles, abordages, beuveries » (p. 68) mais c’est aussi des sagas et de la poésie (edda).

Pourquoi ces textes sont plutôt islandais ? « Ce qu’il importe absolument de ne jamais oublier dès que l’on aborde la mythologie nordique à travers les seuls textes islandais qui nous la révèlent […] (p. 70). J’en déduis que les anciens scandinaves (qui parlaient donc le norrois) n’écrivaient pas à part les Islandais. Mais il y a quelques eddas norvégiennes comme l’edda d’Egill, fils de Grímr, enfant précoce, poète, grand guerrier viking et magicien (runes).

Les eddas, ce sont deux manuscrits du XIIIe siècle mais les histoires racontées se déroulent entre le IXe et le XIe siècles. Le premier rédigé en 1230 est un « manuel d’initiation à la mythologie nordique destiné aux jeunes poètes » (p. 71). Edda signifierait « aïeule, et donc mère de tout savoir » (p. 71) mais il existe deux autres étymologies. Et fin du XIIIe siècle (original rédigé entre 1210 et 1240), le « Codex Regius » qui « contient les grands poèmes nordiques sacrés et héroïques » (p. 73) soit « edda poétique » ou « edda ancienne ».

Issus de la tradition orale (Ixe-Xe siècles), ces poèmes en norrois ont parfois été retranscrits au XIIIe siècle avec des erreurs, des oublis… « Il est évident qu’avant d’avoir été rédigés ces poèmes ont couru de bouche à oreille pendant des siècles, avec toutes les incompréhensions, tous les ajouts, refontes, interpolations et déformations que cela suppose. » (p. 73-74). Certains poèmes étaient récités ou chantés.

Alors les Vikings, des barbares ? Dans certains cas oui, mais leur poésie est délicate, subtile, rigoureusement construite même si je n’ai pas tout compris avec les termes techniques !

Les eddas, c’est partir à la découverte des hommes mais aussi des géants, des nains, des alfes (esprits des morts), des valkyries, etc. Fertilité, culte phallique, famille et vie quotidienne, sagesse, héroïsme, surnaturel, etc. C’est tout ça les eddas.

« Jeune, je fus jadis. / Je cheminai solitaire ; / Alors je perdis ma route ; / Riche je me sentis / Quand je rencontrai autrui : / L’homme est la joie de l’homme. » (strophe 47 p. 177 de Les dits du Très-Haut), « un des plus beaux thèmes, des plus positifs aussi, des Hávamál » (note p. 177).

Il y a quelques noms connus comme Ódinn, Thórr, Loki, Freyja (déesse)… mais sinon je dois avouer que la lecture fut difficile avec tous ces noms ! Heureusement qu’il y a des notes en bas de page ! Si les notes avaient été en fin de volume, leur lecture eut été impossible… Les Vikings furent une grande civilisation européenne antique (de langue indo-européenne) mais je dois admettre mon inculture…

« Pour revenir une fois encore sur l’idée centrale de ce livre, je retrouve ici, par excellence, ce composé qui me paraît tellement caractéristique , de réalisme (voyages en mer, expéditions vikings), de mystère (valkyries et métempsychoses) et d’art élaboré qui en est la marque. » (p. 281). Il y a la création du monde, le grand arbre Yggdrasill, les prouesses de Thórr, etc.

une des prouesses de Thórr : « Indomptable arriva / Au thing des dieux / Ayant le chaudron / Qu’avait possédé Hymir ; / Et chaque automne, / Les dieux suprêmes / Pourront bien boire / La bière chez Aegir. » (strophe 39 p. 436 in Le chant de Hymir).

Pour conclure, je voudrais parler de Ragnarök (un nom connu) : fin du monde ? Fin de ce monde ? « On peut, si on lit ragna rökr, entendre « crépuscule des puissances, des dieux » ; mais la leçon , plus fréquente, ragna rök signifie « destin des puissances », ou, mieux encore, « Consommation du Destin des Puissances » dont le sens est plus satisfaisant. » (p. 501). Donc pas de fin absolue ? « Non, et voici le plus émouvant. Cette mort ne va pas sans transfiguration, une résurrection suit cette apocalypse : « Le temps va ramener l’ordre des anciens jours. » Aux Scandinaves du monde viking, comme à tout l’héritage indo-européen, le néant était inadmissible. […]. » (p. 503).

Ce livre est sur mes étagères depuis 15 ans (ou plus !) et peut-être que je ne l’aurais jamais lu s’il n’y avait pas eu le challenge Les classiques c’est fantastique (poésie en août). La lecture a été difficile, laborieuse même (le livre est gros, lourd et je m’y suis prise en plusieurs fois pour le lire) mais tellement enrichissante ! C’est sûr que ça aurait été plus simple et rapide de lire un petit livre de haïkus japonais anciens ! Mais je vous conseille ces eddas, peut-être des extraits pour se rapprocher un peu de ces voisins scandinaves dont on se sait pas grand-chose à part les polars et quelques séries télévisées policières…

Je mets cette lecture dans Cette année, je (re)lis des classiques, dans le Challenge de l’été (Islande, Norvège), dans Contes et légendes #2 (légendes scandinaves) et dans Littérature de l’imaginaire #8.

Infection 1 de Tôru Oikawa

Infection 1 de Tôru Oikawa.

Delcourt-Tonkam, janvier 2018, 192 pages, 7,99 €, ISBN 978-2-7560-9902-6. インフェクション (2016, Kôdansha) est traduit du japonais par Maxime Bonnet.

Genres : manga, seinen, horreur.

Tôru OIKAWA 及川 徹 naît en 1950 dans la province d’Iwate.

Haruki Amamiya, Yuzuru Takagi, Tsuyoshi Kojima, Chika Kisaragi (surnommée Ragi, la grande sœur), Kasumi Masuda (surnommée la déléguée), Satsuki Samidare (dont Amamiya est amoureux) et leurs camarades de classe sont les personnages principaux de ce roman. Ils sont insouciants car « Le lycée c’est de la jeunesse, des activités de club… et du flirt ! ».

À cause d’une blague, Amamiya est enfermé dans la réserve, normalement avec Samidare, mais en fait avec Kirara Isonami qui est insupportable. Mais, longtemps après que ça ait sonné, ils sont toujours enfermés et ils n’entendent aucun bruit alors qu’il y a le terrain de sport… « Mais le jour suivant… personne n’est venu ouvrir la porte non plus. ».

Au bout de trois jours, lorsqu’ils trouvent enfin une sortie (une fenêtre à ras du sol), ils découvrent l’horreur dans le lycée ! Mais il y a quelques survivants qui les emmènent avec eux dans le gymnase. Il y a des morts vivants infestés de vers et qui se nourrissent de chair humaine.

« Sendai a été mise en quarantaine pour empêcher que cette épidémie inconnue se propage. ».

On est dans une histoire de zombies, classique, les vers en plus, et le ecchi (pervers, indécent, lubrique) en plus. Mais si la série en est au tome 8 en France, elle est encore en cours au Japon avec déjà… 18 tomes ! C’est vraiment trop pour moi mais je suis contente d’avoir pu lire ce premier tome, même si le genre ecchi ne m’attire pas du tout. Je conseille ce manga aux jeunes adultes qui aiment les zombies et l’érotisme.

Pour La BD de la semaine (qui est cependant encore en vacances) et les challenges BD (j’attends des infos pour la nouvelle édition) et Littérature de l’imaginaire #8.

 

Les attracteurs de Rose Street de Lucius Shepard

Les attracteurs de Rose Street de Lucius Shepard.

Le Bélial, collection Une heure lumière n° 15, août 2018, 136 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-84344-937-6. Rose Street Attractors (2011) est traduit de l’américain par Jean-Daniel Brèque.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction, fantastique.

Lucius Shepard naît le 21 août 1943 à Lynchburg en Virginie (États-Unis). Dès l’âge de 15 ans, il bourlingue (Europe, Afrique, Asie) faisant de petits boulots pour vivre et continuer son voyage pendant des années. De retour aux États-Unis, il étudie à l’université, devient architecte et repart voyager (Asie du Sud-Est, Amérique centrale). Mais dès 1984, il est connu pour ses nouvelles et ses romans de science-fiction et reçoit plusieurs prix littéraires (Astounding, Hugo, Locus, Nebula…). Il meurt le 18 mars 2014 à Portland dans l’Oregon. Du même auteur : Abimagique qui ne m’a pas convaincue…

Londres, fin du XIXe siècle, ville envahie par la pollution. Le narrateur est Samuel Prothero, 26 ans ; il a étudié la médecine et il est aliéniste à Saint Nichol. Il est ravi car il vient d’être admis au Club des Inventeurs où il rencontre Jeffrey Richmond, un inventeur de génie mais méprisé par les autres. Il découvre des choses surprenantes sur Richmond et sa sœur, Christine.

Richmond souhaite purifier l’air de Londres avec des « attracteurs » pour « réduire les cas de maladies respiratoires » (p. 21). Une belle idée mais Prothero, à son contact, va être confronté à des fantômes, des spectres… dont celui de Christine ?

« Vous êtes terrifié, mais vous voulez que nous restions, dis-je. Et vous avez un tel mépris pour notre sort que vous attendez de nous que nous partagions votre folle entreprise. Comme c’est noble ! » (p. 108).

Contrairement à Abimagique, Lucius Shepard réussit à me convaincre avec Les attracteurs de Rose Street, en mêlant histoire (Londres à la fin du XIXe siècle), aliénation mentale, science-fiction (les attracteurs) et fantastique voire horreur (les fantômes et les spectres). Une réussite donc qui me donne plutôt envie de relire cet auteur américain (si vous avez un titre à me conseiller !?).

Une lecture pour les challenges Littérature de l’imaginaire #8, Maki Project, S4F3 #6 et Petit Bac 2020 (dans la catégorie Lieu pour Rose Street, une rue à Londres).

La poupée de porcelaine de Maxence Fermine

La poupée de porcelaine de Maxence Fermine.

Michel Lafon, mai 2013, 170 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7499-1969-0.

Genres : littérature française, jeunesse, fantasy.

Maxence Fermine naît le 17 mars 1968 à Albertville (Savoie). Je l’ai découvert avec Neige et Le violon noir en 1999 aux éditions Arléa puis L’apiculteur en 2000 chez Albin Michel. Depuis, j’ai lu une grande partie de ses romans mais pas tous.

Malo passe les vacances de la Toussaint avec ses parents mais il pleut. Sa mère, maussade, ne pense qu’au shopping, et son père est accaparé par le congrès de son Club de porteurs de cravates. Depuis son retour du pays des ombres, il y a environ un an, Malo ne pense qu’à revoir Lili. « Il pensait à elle tous les jours et espérait chaque matin retrouver le passage menant à elle. » (p. 14). Heureusement pour Malo, il y a une fête foraine ! Mais il suit deux étranges nains, Duredoreille et Surdaud, qui transportent une poupée en porcelaine, et se retrouve de nouveau au pays des ombres d’Écosse dans le palais des glaces. « Pour la seconde fois de son existence, il emprunta le toboggan et perdit connaissance. » (p. 36).

Un corbeau le met en garde : « Ici, rien ne se passe comme tu t’y attends. Le temps n’existe pas, la couleur est rare, quant aux petites marchandes de rêves, elles ne courent pas les rues… Ce nouveau voyage n’est pas un rêve… La deuxième fois, on ne rêve plus. » (p. 41).

Au manoir de Darkhouse, Malo est accueilli par Sir Luke, 27e du nom, fabricant de jouets, qui ressemble à un mage noir. Malo et Louison, la poupée qui a pris vie, pourront-ils s’enfuir et retrouver Lili, la petite marchande de rêves ? « Il faut que tu sois prudent. N’oublie pas que tu te trouves au Royaume des Ombres et qu’il faut respecter certaines règles ! Ici, l’imaginaire, c’est le réel. » (p. 64).

Maxence Fermine aurait-il un petit côté Peter Pan ? Ce deuxième tome, moins enfantin, plus sombre, que le premier – La petite marchande de rêves – m’a plus accrochée et je vous parlerai cet après-midi du troisième tome, La fée des glaces, paru en novembre 2013. Mais je préfère tout de même ses romans pour adultes.

Une lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8 et S4F3 #6.

Le masque de Dimitri Semionovitch de Delapore

Le masque de Dimitri Semionovitch de Delapore.

Édition999, janvier 2015, 12 pages.

Genres : littérature française, nouvelle, fantastique.

Delapore – de son vrai nom Pascal Fritsch – est Alsacien et vit dans un village près de Strasbourg. Il a étudié le Droit et l’Histoire. Il aime le rock progressif, les vieux films hollywoodiens des années 30 à 50, les jeux vidéo de guerre et les animaux. Il lit beaucoup (fantastique, horreur, bande dessinée) et écrit des nouvelles depuis 1984. Son pseudonyme est inspiré d’Albert Delapore, personnage de H.P. Lovecraft dans Les rats dans les murs (The Rats in the Walls, 1924).

Voici comment commence cette nouvelle : « Piotr Alexeiev Gortschakov mettait les dernières retouches à son uniforme, son domestique corrigeant le faux pli de son col, lorsque le majordome lui apporta le fameux colis. »

Le paquet contient un masque pour le bal du soir, en partie blanc en ivoire et en partie noir en ébène. Idéal effectivement pour le bal masqué dans le palais de Varsovie du gouverneur général Constantin Fedorovitch, il fera de l’effet mais qui lui a offert ?

Pendant que le capitaine Piotr Alexeiev Gortschakov se prépare, sa fiancée, Daria Alexandrovna Boulgakine, l’attend en soupirant… C’est qu’elle lui a promis la première danse et qu’elle est obligée de refuser toutes les invitations.

Sous couvert de danse et de conversation littéraire, la tension monte entre Piotr et Daria mais est-ce vraiment Piotr sous le masque lugubre ou l’ancien fiancé de Daria mort au combat, Dimitri Semionovitch ?

Cette nouvelle écrite en janvier 1999 est inspirée à la fois des grands auteurs russes du XIXe siècle et à la fois de la mythologie russe en particulier celle des oupires (morts-vivants, goules, vampires) et elle fait froid dans le dos car elle amène Daria au bord de la folie.

J’ai repéré deux fautes (je n’y suis pour rien si je vois les fautes !) : « Seulement le votre » (p. 9) où il manque l’accent circonflexe sur le o et « Je vous ai déjà connu plus intrépide, Daria Alexandrovna ! » (p. 10) où il manque le e à connue.

Pour La bonne nouvelle du lundi car cet auteur mérite d’être lu.

Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic de James Lovegrove

Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : les Dossiers Cthulhu, 2 de James Lovegrove.

Bragelonne, collection Steampunk, février 2019, 360 pages, 25 €, ISBN 979-10-281-0283-8. The Chtulhu Casebooks : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities (2017) est traduit de l’anglais par Arnaud Demaegd.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

James Lovegrove naît le 24 décembre 1965 à Lewes (Angleterre). Diplômé d’Oxford, il est critique littéraire et son premier roman paraît en 1990. Il est auteur de littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, horreur) et de littérature jeunesse. Peu de ses romans sont traduits en français. Plus d’infos sur son site officiel, https://www.jameslovegrove.com/.

Printemps 1895. Après avoir réglé une petite affaire (trois affreux ghasts dans le Métropolitain) avec l’aide de Gregson de Scotland Yard, Sherlock Holmes et Watson rendent visite à un nouvel arrivant à Bedlam. Le jeune homme, la vingtaine, est sûrement « Bostonien, bien né, cultivé, scientifique » (p. 43) mais il lui manque la main gauche, il est défiguré et, dans sa cellule, il écrit en r’lyehen, la Langue des Dieux Aînés.

Après Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu, 1, j’ai embrayé avec ce deuxième tome qui est encore mieux ! Dans le premier tome, Sherlock Holmes et Watson découvraient l’univers de Lovecraft, dans ce deuxième tome, ils sont encore plus impliqués.

« Holmes haussa les épaules. Il semblait vraiment ne plus se préoccuper de ce qui lui arrivait. La guerre qu’il menait le dévorait. La victoire était tout, quel qu’en soit le prix. » (p. 100).

« Des monstres qui étaient des dieux. Des dieux qui étaient des monstres. De toutes formes, chacun d’eux une horreur vivante qui paradait avec suffisance, car ils étaient les maîtres de tout ce sur quoi ils posaient les yeux. Jadis, on les avait vénérés, on leur avait adressé des sacrifices, et ils s’en étaient contentés. […] Ils étaient différents, désormais, ces Dieux Extérieurs qui, dans ces contrées, étaient connus sous le nom d’Autres Dieux. Ils avaient changé. » (p. 172-173).

La deuxième partie est le journal de Zachariah Conroy, son arrivée à l’université Miskatonic d’Arkham et sa rencontre avec Nathaniel Whateley.

Encore un excellent hommage à la fois à Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle avec le côté policier et logique, et à la fois aux créatures de H.P. Lovecraft avec le côté fantastique et même angoissant et horrifique.

D’ailleurs, ces aventures inédites offrent des éclairages incroyables sur les romans et les nouvelles dont Sherlock Holmes et John Watson sont les héros.

Dommage, je n’avais pas le tome 3 pour continuer mais je vais le lire dès que possible !

Un excellente lecture pour les challenges British Mysteries #5, Littérature de l’imaginaire #8, Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #6

16 juillet : le logo est enfin arrivé !

Sixième saison pour le Summer Short Stories of SFFF ou S4F3 en abrégé. J’ai participé en 2018 (13 lectures) et en 2019 (seulement 2 lectures) et j’espère faire mieux cette année que l’été dernier. Le challenge dure du 21 juin au 23 septembre. L’objectif est de lire de la littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy = SFFF) avec des livres, anthologies, essais et recueils de nouvelles entre 80 pages et moins de 350 pages. Nouveau : il y a 10 épreuves – appelées Déca-Star –, une par semaine, mais je ne sais pas si je vais y participer.

Infos, logo (euh… pour l’instant il y n’a pas de logo pour 2020, je le rajouterai plus tard) et inscription chez Lutin82 (Albédo) + ici pour les épreuves.

Mes lectures pour ce challenge

1. L’académie diplomatique d’Isuldain – Les ombres assassines d’Arthur Ténor (Scrineo, 2018, France)

2. Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley (Pocket, 2017, Angleterre)

3. L’ambre du Diable (Une aventure de Lucifer Box, 2) de Mark Gatiss (Bragelonne, 2016, Angleterre)

4. La poupée de porcelaine de Maxence Fermine (Michel Lafon, 2013, France)

5. La fée des glaces de Maxence Fermine (Michel Lafon, 2013, France)

6. La Méthode Sisik de Laurent Graff (Le Dilettante, 2018, France)

7. Les attracteurs de Rose Street de Lucius Shepard (Le Bélial, 2018, États-Unis)

3 mangas seinen parus chez Akata

Je continue de parler des mangas que j’ai pu lire durant le confinement grâce aux opérations « Reste chez toi avec un manga ». Ce sont les mangas Akata que j’ai lus le plus donc (après les shôjo) voici 3 seinen (manga pour adultes).

Ils entrent tous dans La BD de la semaine et le challenge BD. Le challenge Un mois au Japon (qui a en fait duré deux mois, avril et mai) est terminé mais j’ai bien lu ces mangas en mai (pour les deux premiers présentés) et en avril (pour le troisième).

Aime ton prochain 1 de Daisuke CHIDA.

Akata, octobre 2019, 190 pages, 6,99 €, ISBN 978-2-36974-339-5. 異常者の愛Ijosha no Ai (2017) est traduit du japonais par Ryoko Akiyama.

Genres : manga, seinen.

Daisuke CHIDA 千田大輔 est scénariste et dessinateur.

Tôkyô, une école primaire. Kazumi Ichinose aime Fumika Nimi et Saki Mido aime Kazumi qui ne l’aime pas alors la fillette tue Fumika pour être la seule dans le cœur de Kazumi.

Six ans après, Kazumi, 16 ans, est en deuxième année de lycée et Shino Yotsuya aussi. « Trop mimi, cette Yotsuya… Je me demande pourquoi elle en pince pour toi… – J’en sais rien, – T’es trop bizarre… Kazu… – S’il savait ce que j’ai vécu… » (p. 30). Shino est tombée amoureuse de Kazumi mais lui ne veut plus entendre parler d’amour car certaines amours sont toxiques. De plus il a cru apercevoir Saki Mido dans la rue…

Et si Saki Mido avait été libérée et continuait de poursuivre Kazumi de ses assiduités ? Effectivement, l’adolescente est complètement dérangée et l’histoire se transforme en horreur !

Une étrange série, classée en « WTF ?! » par l’éditeur ! Pour l’instant, en France, 3 tomes (le tome 4 est annoncé pour juin 2020) mais au Japon, la série est terminée en 6 tomes (2017-2018) et l’auteur est passé à une nouvelle série : ヒロインは絶望しました Heroine wa Zetsubô Shimashita, une comédie fantastique.

Attention, violence et scènes de torture !

En proie au silence 1 d’Akane TORIKAI.

Akata, janvier 2020, 192 pages, 8,05 €, ISBN 978-2-36974-768-4. Sensei no shiroi uso 先生の白い嘘 (2014, Kôdansha) est traduit du japonais par Gaëlle Ruel.

Genres : manga, seinen.

Akane Torikai 鳥飼 茜 naît en 1981 dans la préfecture d’Ôsaka. Elle débute sa carrière de mangaka en 2004 avec des histoires courtes publiées dans des magazines et lance sa première série en 2010. Ses mangas féministes parlent de la condition des femmes, de viol, de misogynie, et parfois ils choquent, ils dérangent. Plus d’infos sur son compte Twitter et son compte Instagram.

Misuzu Hara, 24 ans, professeur de japonais au lycée Sakuragaoka, pense qu’elle est toujours « dans le groupe des gens qui se font bouffer ». Même sa meilleure amie, Minako, lui fait des remarques, sur son look, sur son célibat. En tout cas, Minako va se marier avec son petit ami, Hayafuji, qui a une liaison avec Misuzu, enfin une liaison, façon de parler… En interrogeant un élève de 16 ans, Nizuma, au sujet d’une rumeur, ce qu’elle a vécu lui revient en mémoire. « Une femme n’est jamais du bon côté de la balance. ».

Akata vient de publier le premier tome de cette série féministe en ce début d’année et la série est terminée au Japon en 8 tomes. Pourquoi pas, si la médiathèque les achète. En tout cas, les lycéens japonais ont bien changé ! Ou alors c’est moi qui ai vieilli…

World War Demons 1 d’Urû OKABE

Akata, collection WTF ?!, septembre 2017, 224 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-36974-191-0. 世界鬼 Sekai Oni (2012), originellement paru chez Shôgakukan, est traduit du japonais par Chiharu Chûjo.

Genres : manga, seinen.

Urû OKABE 岡部閏 est un jeune mangaka qui dessine depuis l’enfance. Ce premier tome de World War Demons est son premier manga. Plus d’infos sur son compte Twitter.

Azuma Shinonome, orpheline, a été recueillie par son oncle et sa tante. Mais leur plus jeune fils, Kazuya, appelle sa cousine « Azuma la mocheté » et la frappe régulièrement. L’aîné a tué son oiseau, « Bébé Moineau », car il faisait trop de bruits et l’empêchait d’étudier. Quant à l’oncle, sans commentaire… Ou alors Azuma a des hallucinations ? Le psychiatre qu’elle consulte lui dit qu’elle est atteinte du « syndrome d’Alice de l’autre côté du miroir ».

C’est alors qu’elle se retrouve avec d’autres adolescents et un ancien militaire, tous atteints de la même maladie, de l’autre côté du miroir et le démon de Cheshire leur annonce qu’ils doivent « abattre les six démons de l’univers » puis il les attaque férocement !

Ils découvrent qu’ils peuvent matérialiser des armes mais ils sont assujettis au temps, ils perdent de l’énergie vitale et, ce n’est pas un jeu : s’ils meurent dans ce monde, ils mourront vraiment.

Ce manga, inspiré par L’école emportée de Kazuo Umezu (que j’avais adoré), montre un monde parallèle où tout n’est que violence. Mais n’est-ce pas déjà le cas, pour eux, dans le monde réel ? La série est terminée en 11 tomes (le dernier tome est paru en septembre 2019 en France). Pourquoi pas, si j’ai l’occasion d’emprunter les tomes suivants car je suis très intriguée par cette série !

Ce dernier manga entre aussi dans le challenge Littérature de l’imaginaire #8.

Trois seinen, résolument adultes dans les thèmes et les traitements, mais dans trois genres différents, un fait de société horrible, un féministe et un fantastique horreur.

Plus de BD de la semaine chez Moka.