Faites-moi plaisir de Mary Gaitskill

Faites-moi plaisir de Mary Gaitskill.

L’Olivier, mars 2020, 104 pages, 13 €, ISBN 978-2-8236-1633-0. This is Pleasure (2019) est traduit de l’américain par Marguerite Capelle.

Genres : littérature états-unienne, court roman (novella).

Mary Gaitskill naît en 1954 ; elle est considérée comme une des plus grandes nouvellistes américaines.

This is Pleasure, paru dans le New York Times en 2019, est un récit à deux voix :

Margot Berland, éditrice, la meilleure amie de Quin, mariée à Todd. « […] un jour quelqu’un, je ne me souviens plus qui, m’a dit : ‘Comment peux-tu avoir envie d’être amie avec un type comme ça ?’ » (p. 26). En tant que meilleure amie, elle n’est pas réellement objective.

Quin (Quinlan M. Saunders), renvoyé de son travail (une maison d’éditions à NY) à cause de comportements inappropriés avec les femmes. Il est marié avec Carolina, une femme plus jeune que lui, et il a une fille surdouée, Lucia. « C’est vrai que j’aime bien fanfaronner et que j’aime bien taquiner. » (p. 40). En tant qu’homme accusé, il n’est pas objectif du tout, il est même à côté de la plaque et croit en son bon droit.

Je n’ai pas bien compris à quoi servait ce livre (mal écrit ou mal traduit ?)… À défendre le genre d’hommes qu’est Quin ou à l’enfoncer ? C’est que tout n’est pas blanc d’un côté et noir de l’autre. Quin est tout de même un homme aisé qui se croit supérieur et qui flirte avec toutes les femmes en pensant qu’elles en éprouvent du plaisir… Jusqu’à ce qu’une puis une autre et une autre et des centaines signent une pétition contre lui. « Elle m’a demandé ce qu’elle devait faire pour être invitée à mes fêtes, et je lui ai dit qu’elle devait flirter davantage avec moi. Je pense que ça l’a vraiment offensée. » (p. 68).

Il y a quelque chose de touchant chez Quin et je comprends que Margot soit son amie et l’apprécie, mais il y a aussi quelque chose de rebutant… En tout cas, beaucoup d’hypocrisie d’un côté comme de l’autre, je parle des femmes et des hommes, chacun tirant profit de l’autre pour son avantage sans trop se poser de questions jusqu’à ce qu’une question soit posée (en l’occurrence une pétition) et que tout le monde se rue et s’acharne.

Un roman bof pour moi – qui surfe sur la vague « metoo » – que je mets dans le Mois américain.

Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-joo

Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-joo.

NiL, janvier 2020, 216 pages, 18,50 €, ISBN 978-2-37891-061-7. Palsip yi nyeon saeng Kim Jiyeong (2016) est traduit du sud-coréen par Kyungran CHOI et Pierre Bisiou.

Genres : littérature sud-coréenne, premier roman.

Cho Nam-joo naît en 1978 en Corée du Sud. Elle est scénariste pour la télévision et Kim Jiyoung, née en 1982 est son premier roman.

Séoul, Corée du Sud. Kim Jiyoung a 35 ans ; elle est mariée depuis 3 ans à Jeong Dahyeon, 38 ans, qui travaille dans une grande entreprise de high tech et le couple a une fillette d’un an, Jeong Jiwon. Jiyoung travaillait dans une société de communication mais elle a arrêté de travailler pour s’occuper de Jiwon.

Automne 2015. Jiyoung a des comportements bizarres : elle parle comme sa mère, elle dort avec Jiwon en suçant son pouce puis elle déclare être Cha Seungyeon, une des amies du couple, décédée il y a un an… Elle parle et agit comme la morte et, surtout, elle sait des choses que seuls Daehyeon et Seugyeon savaient ! « Jeong Dahyeon s’est figé. Cela remontait à presque vingt ans. Une après-midi d’été, le soleil dardait ses rayons sur le stade qu’aucune ombre ne protégeait. Il ne se souvenait pas pourquoi il s’était trouvé là mais il avait croisé Cha Seungyeon qui, tout à trac, lui avait déclaré qu’elle l’aimait bien. Qu’elle l’aimait bien et qu’elle l’aimait tout court. Elle transpirait, bégayait, ses lèvres tremblaient. » (p. 14-15). Et il y a d’autres alertes…Que se passe-t-il ?

Flashback. Enfance de Jiyoung avec Kim Eunyeong, sa sœur aînée, et leur petit frère. Les deux filles vivent des injustices car les garçons sont prioritaires et sont toujours mieux traités que les filles : les filles souvent n’étudient pas, elles vont à l’usine pour payer les études de leurs frères, plus âgés ou plus jeunes, même s’ils sont moins doués pour étudier. École primaire, collège, premières règles, lycée… « Les filles, presque inconsciemment, entassaient petit à petit au fond de leur cœur la désillusion et la peur des hommes. » (p. 73). Heureusement Jiyoung et sa sœur, nouvelle génération de filles, ont pu faire les études qui les intéressaient.

Un truc bizarre. « […] en 2001, […] Kim Jiyoung eut vingt ans […] » (p. 81) mais si elle est née en 1982, en 2001, elle n’aurait eu que 19 ans, à moins que les 9 mois de grossesse compte dans l’âge de l’enfant comme au Japon ?

J’ai dévoré ce très beau roman, féminin, féministe, universel ! Un premier roman, en plus, très réussi. Les femmes sud-coréennes (et pas que) sont victimes de sexisme, de dénigrement, de violence ; elles doivent être au service de leurs parents, de leurs frères, puis de leur patron lorsqu’elles travaillent, et enfin de leur mari et leurs enfants. Quelle vie !… Cho Nam-joo s’est inspirée de tout ce qu’elle a trouvé comme témoignages et interviews pour rédiger cette somme littéraire passionnante sur les conditions peu avantageuses des femmes. Le message est clair, fort, mais pas vindicatif, ni violent. Si j’ai bien compris, un film adapté de ce roman est sorti au cinéma en Corée du Sud en 2019, peut-être verrons-nous ce film en France ?

Bien que des lois d’égalité hommes-femmes existent, la société sud-coréenne (et bien d’autres dans le monde, c’est pourquoi je pense que ce roman est universel) dénigre toujours la femme et la condition féminine. D’ailleurs mon passage préféré est : « Tel était le dilemme : en appliquant les lois vous passiez pour une profiteuse, en renonçant vous nuisiez aux conditions de travail d’autres collègues. » (p. 164).

Une lecture coup de poing, coup de cœur pour le Challenge coréen, le Challenge de l’été (Corée du Sud) et le Petit Bac 2020 (catégorie Prénom pour Jiyoung, j’ai lu que c’est un des prénoms féminins les plus donnés en 1982).

Réflexion sur la question antisémite de Delphine Horvilleur

Réflexion sur la question antisémite de Delphine Horvilleur.

Grasset, janvier 2019, 162 pages, 16 €, ISBN 978-2-24681-552-5.

Genres : littérature française, essai littéraire.

Delphine Horvilleur naît le 8 novembre 1974 à Nancy (Lorraine). Elle est écrivain, philosophe et la première femme rabbin en France. Elle a écrit plusieurs livres dont le dernier, Comprendre le monde (Seuil, 2020).

Introduction. « Pourquoi n’aime-t-on pas les Juifs ? » (p. 13). L’antisémitisme est une xénophobie différente. Les racismes « expriment généralement une haine de l’autre pour ce qu’il n’a pas : la même couleur de peau, les mêmes coutumes, les mêmes repères culturels ou la même langue. Son ‘pas-comme-moi’ apparaît au raciste comme un ‘moins-que-moi’. » (p. 13-14). « Le Juif au contraire est souvent haï, non pour ce qu’il N’A PAS mais pour ce qu’il A. On ne l’accuse pas d’avoir moins que soi mais au contraire de posséder ce qui devrait nous revenir et qu’il a sans doute usurpé. » (p. 14).

Le peuple hébreu (ou le Juif) a toujours été accusé de tout et de son contraire. Pourquoi ? Delphine Horvilleur va analyser l’antisémitisme (mot apparu au XIXe siècle) à partir des textes anciens de la tradition hébraïque (mais pas que). L’identité hébraïque naît avec Abraham qui quitte sa terre natale pour une terre inconnue : le peuple hébreu est donc un peuple de la rupture (contrairement par exemple à Ulysse qui est d’Ithaque et qui veut y retourner ce qui représente l’identité occidentale). La Chaldée est la terre paternelle, l’Égypte est la terre maternelle et, à chaque fois, le peuple hébreu part sans se retourner. Abraham représente l’identité individuelle et le peuple hébreu l’identité collective, ou peuple d’Israël.

Toutes les accusations portées contre les Juifs au cours de l’Histoire apparaissent dans Esther 3:8 : « Il y a dans toutes les provinces de ton royaume un peuple dispersé et à part parmi les peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les peuples et n’observant point les lois du roi. Et le roi n’a pas intérêt à les laisser là. » (p. 28-29). Voici ce que dit le conseiller Haman au roi de Perse, Assuétus. Il faut dire qu’Assuétus vient d’épouser Esther et Haman hait Mardochée, le père d’Esther. Tout ça n’est donc question que de jalousie, de haine pure, de règlement de compte, de vengeance ? Tout serait parti de ça ? Eh bien, non, l’auteur remonte encore plus loin car Haman répercute simplement la haine qu’avait son père, Agag, contre Saul, le premier roi d’Israël, et la haine de son ancêtre Amalek qui avait poursuivi et tué les retardataires durant la fuite d’Égypte. Des Hébreux qui, sortis d’esclavage, s’enfuient, vulnérables, des vieillards, des femmes des enfants qui ne sont pas préparés à se battre (Deutéronome). Et voilà, depuis Amalek, il y a chez certaines personnes une haine viscérale de l’Hébreu, du Juif. « Haman est l’héritier d’une haine ancestrale et le livre d’Esther rejoue un conflit et une violence qui trouve racine ailleurs. » (p. 32).

L’auteur remonte donc encore le fil de l’Histoire et des textes anciens. Pourquoi Amalek éprouve-t-il une telle haine ? Il est le petit-fils d’Esaü, frère jumeau de Jacob, renommé Israël, Amalek est donc Hébreu lui aussi ! Mais… Timma, sa mère, est la concubine d’Elifaz, qui n’est autre que son père. Timma est donc à la fois la sœur et la mère d’Amalek, qui est né d’une relation incestueuse, c’est pourquoi il se sent diminué, inférieur, jaloux… (Genèse et Chroniques)..

J’ai pris plein d’autres notes mais je ne vous en dis pas plus pour que vous puissiez découvrir le fil de l’Histoire, le fil de cette haine, car l’auteur explore encore d’autres pistes. Toutes conduisent soit à l’adultère, soit à l’inceste, soit à la jalousie entre frères jumeaux, en tout cas, non seulement au dépit, au rejet, à la frustration, au sentiment d’humiliation voire d’exclusion, mais aussi à l’envie, la jalousie, la haine transmises de génération en génération. C’est bien triste… Et ce qui est incroyable, c’est que Esaü détestait Jacob déjà dans l’utérus de leur mère, Rebecca : « Les fils se battaient en elle. » (Genèse 25:22). Jacob est droit alors qu’Esaü est attiré par l’idolâtrie, ils étaient déjà frères ennemis avant leur naissance !

Les Hébreux seraient le peuple « élu » de Dieu, ils sont à part et ils dérangent. « Haman ne dit pas autre chose dans sa haine des Juifs. Il demande : ‘Pourquoi seraient-ils à part ?’ Tant qu’ils sont là, dit-il au roi, ‘il n’y aura pas d’égalité pour nous autres’. Autrement dit : tant qu’ils sont à part, ‘nous, on n’aura pas notre part’. » (p. 47). Encore l’envie, la jalousie, la volonté de posséder, d’avoir plus, de prendre aux autres ce qu’ils ont, leur biens, leur bonheur, leurs vie…

Lors de la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70, le peuple hébreu/juif est sous la domination de l’Empire romain qui considère « l’image du Juif comme source de contamination pour l’organisme qui l’accueille. ‘Sale Juif’, lui dit-on alors, pour bien raconter combien sa présence pollue et vulnérabilise : c’est lui qui fait entrer les germes pathogènes. » (p. 67). Moins de 1900 ans après… L’Hébreu/le Juif est depuis toujours une obsession ; comment est-il possible d’échapper à cette haine ? D’autant plus qu’antisémitisme et féminisme sont liés, eh oui, qu l’eut cru. Si ce thème est développé par Otto Weininger en 1903, un jeune homme qui ne supporte pas sa judéité et que Hitler admirait, Jean-Paul Sartre raconte dans L’enfance d’un chef, en 1939, le parcours de Lucien devenu antisémite et en quête de virilité avec la féminité soumise. Élisabeth Badinter développe également ce thème d’antisémitisme et anti-féminisme.

En tout cas (et je ne suis pas juive), je pense que le peuple hébreu / juif est « increvable » et fait toujours preuve d’une incroyable résilience et d’humour face à l’adversité, à la haine, à la persécution, bref face à la connerie et à la méchanceté humaines (ceux qui sont « bêtes et méchants »). Idéologies totalitaires et fondamentalismes religieux ont les mêmes obsessions, les mêmes haines : les Juifs et les femmes.

Je tiens à apporter une précision sur mon expérience : lorsque j’ai appris durant les cours d’Histoire sur la seconde guerre mondiale ce qui était arrivé aux Juifs, les camps, l’extermination, et quand j’ai vu des photos prises dans les camps ou à la Libération, j’ai été horrifiée et ma grand-mère m’a dit une chose : ces pays qui se sont débarrassés des Juifs, ce sont des pays qui se sont appauvris aux niveaux humains, culturels, scientifiques parce qu’ils ont fait disparaître des scientifiques, des médecins, des musiciens, des professeurs, des artistes, etc., ils ont fait disparaître une partie de leur âme, de leur histoire.

Réflexion sur la question antisémite est – que vous soyez croyants ou athées – un essai instructif, indispensable, riche en exemples historiques, littéraires et philosophiques. J’ai donné des exemples et des extraits pour que vous compreniez de quoi il parle exactement mais Delphine Horvilleur va bien plus loin et donne encore plus d’infos et d’explications.

J’ai une solution, toute simple, pour les racistes et les antisémites (et les misogynes puisque, apparemment, ce sont pratiquement les mêmes) : étudiez, ayez un bon métier qui vous plaît, gagnez l’argent dont vous avez besoin, pour fonder une famille, pour ce que vous souhaitez vivre, ne soyez pas envieux, jaloux, et vous aussi vous serez « plus » ! Vous serez plus instruits, sûrement plus intelligents, plus heureux, plus respectés et plus respectueux, qu’en pensez-vous, c’est une bonne idée, non plutôt que ressasser la haine depuis plus de 4000 ans ?

J’ai emprunté cet essai parce que j’ai entendu Delphine Horvilleur, sûrement sur Arte, mais peut-être aussi sur France 2 (elle est passée à la Grande Librairie mais je n’ai pas vu cette émission) et j’ai lu un billet qui m’a intriguée (par contre je n’ai pas noté le lien mais après recherche, c’était chez Cannibal Lecteur). Je suis satisfaite de ma lecture – faite en juin – (je mourrai moins bête) et j’espère vous avoir donné envie de lire cet essai.

3 mangas seinen parus chez Akata

Je continue de parler des mangas que j’ai pu lire durant le confinement grâce aux opérations « Reste chez toi avec un manga ». Ce sont les mangas Akata que j’ai lus le plus donc (après les shôjo) voici 3 seinen (manga pour adultes).

Ils entrent tous dans La BD de la semaine et le challenge BD. Le challenge Un mois au Japon (qui a en fait duré deux mois, avril et mai) est terminé mais j’ai bien lu ces mangas en mai (pour les deux premiers présentés) et en avril (pour le troisième).

Aime ton prochain 1 de Daisuke CHIDA.

Akata, octobre 2019, 190 pages, 6,99 €, ISBN 978-2-36974-339-5. 異常者の愛Ijosha no Ai (2017) est traduit du japonais par Ryoko Akiyama.

Genres : manga, seinen.

Daisuke CHIDA 千田大輔 est scénariste et dessinateur.

Tôkyô, une école primaire. Kazumi Ichinose aime Fumika Nimi et Saki Mido aime Kazumi qui ne l’aime pas alors la fillette tue Fumika pour être la seule dans le cœur de Kazumi.

Six ans après, Kazumi, 16 ans, est en deuxième année de lycée et Shino Yotsuya aussi. « Trop mimi, cette Yotsuya… Je me demande pourquoi elle en pince pour toi… – J’en sais rien, – T’es trop bizarre… Kazu… – S’il savait ce que j’ai vécu… » (p. 30). Shino est tombée amoureuse de Kazumi mais lui ne veut plus entendre parler d’amour car certaines amours sont toxiques. De plus il a cru apercevoir Saki Mido dans la rue…

Et si Saki Mido avait été libérée et continuait de poursuivre Kazumi de ses assiduités ? Effectivement, l’adolescente est complètement dérangée et l’histoire se transforme en horreur !

Une étrange série, classée en « WTF ?! » par l’éditeur ! Pour l’instant, en France, 3 tomes (le tome 4 est annoncé pour juin 2020) mais au Japon, la série est terminée en 6 tomes (2017-2018) et l’auteur est passé à une nouvelle série : ヒロインは絶望しました Heroine wa Zetsubô Shimashita, une comédie fantastique.

Attention, violence et scènes de torture !

En proie au silence 1 d’Akane TORIKAI.

Akata, janvier 2020, 192 pages, 8,05 €, ISBN 978-2-36974-768-4. Sensei no shiroi uso 先生の白い嘘 (2014, Kôdansha) est traduit du japonais par Gaëlle Ruel.

Genres : manga, seinen.

Akane Torikai 鳥飼 茜 naît en 1981 dans la préfecture d’Ôsaka. Elle débute sa carrière de mangaka en 2004 avec des histoires courtes publiées dans des magazines et lance sa première série en 2010. Ses mangas féministes parlent de la condition des femmes, de viol, de misogynie, et parfois ils choquent, ils dérangent. Plus d’infos sur son compte Twitter et son compte Instagram.

Misuzu Hara, 24 ans, professeur de japonais au lycée Sakuragaoka, pense qu’elle est toujours « dans le groupe des gens qui se font bouffer ». Même sa meilleure amie, Minako, lui fait des remarques, sur son look, sur son célibat. En tout cas, Minako va se marier avec son petit ami, Hayafuji, qui a une liaison avec Misuzu, enfin une liaison, façon de parler… En interrogeant un élève de 16 ans, Nizuma, au sujet d’une rumeur, ce qu’elle a vécu lui revient en mémoire. « Une femme n’est jamais du bon côté de la balance. ».

Akata vient de publier le premier tome de cette série féministe en ce début d’année et la série est terminée au Japon en 8 tomes. Pourquoi pas, si la médiathèque les achète. En tout cas, les lycéens japonais ont bien changé ! Ou alors c’est moi qui ai vieilli…

World War Demons 1 d’Urû OKABE

Akata, collection WTF ?!, septembre 2017, 224 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-36974-191-0. 世界鬼 Sekai Oni (2012), originellement paru chez Shôgakukan, est traduit du japonais par Chiharu Chûjo.

Genres : manga, seinen.

Urû OKABE 岡部閏 est un jeune mangaka qui dessine depuis l’enfance. Ce premier tome de World War Demons est son premier manga. Plus d’infos sur son compte Twitter.

Azuma Shinonome, orpheline, a été recueillie par son oncle et sa tante. Mais leur plus jeune fils, Kazuya, appelle sa cousine « Azuma la mocheté » et la frappe régulièrement. L’aîné a tué son oiseau, « Bébé Moineau », car il faisait trop de bruits et l’empêchait d’étudier. Quant à l’oncle, sans commentaire… Ou alors Azuma a des hallucinations ? Le psychiatre qu’elle consulte lui dit qu’elle est atteinte du « syndrome d’Alice de l’autre côté du miroir ».

C’est alors qu’elle se retrouve avec d’autres adolescents et un ancien militaire, tous atteints de la même maladie, de l’autre côté du miroir et le démon de Cheshire leur annonce qu’ils doivent « abattre les six démons de l’univers » puis il les attaque férocement !

Ils découvrent qu’ils peuvent matérialiser des armes mais ils sont assujettis au temps, ils perdent de l’énergie vitale et, ce n’est pas un jeu : s’ils meurent dans ce monde, ils mourront vraiment.

Ce manga, inspiré par L’école emportée de Kazuo Umezu (que j’avais adoré), montre un monde parallèle où tout n’est que violence. Mais n’est-ce pas déjà le cas, pour eux, dans le monde réel ? La série est terminée en 11 tomes (le dernier tome est paru en septembre 2019 en France). Pourquoi pas, si j’ai l’occasion d’emprunter les tomes suivants car je suis très intriguée par cette série !

Ce dernier manga entre aussi dans le challenge Littérature de l’imaginaire #8.

Trois seinen, résolument adultes dans les thèmes et les traitements, mais dans trois genres différents, un fait de société horrible, un féministe et un fantastique horreur.

Plus de BD de la semaine chez Moka.