Le rendez-vous dans trois cents ans d’Alekseï Tolstoï

Le rendez-vous dans trois cents ans d’Alekseï Tolstoï.

Ebook Wikisource, 1840, 37 pages.

Genres : littérature russe, nouvelle, fantastique, classique.

Alekseï Konstantinovitch Tolstoï (Алексей Константинович Толстой) naît le 24 août 1817 à Saint-Pétersbourg Russie). Il est romancier, nouvelliste, poète et dramaturge. Il est un cousin de Lev (Léon) Tolstoï (1828-1910). Il meurt le 28 septembre 1875 à Krasnyï-Rog.

Une belle nuit d’été, dans le jardin de la grand-mère. « Eh bien ! mes enfants, nous dit notre grand-mère, vous m’avez souvent demandé une vieille histoire de revenants… Si le cœur vous en dit, venez vous asseoir autour de moi, je vous raconterai un événement de ma jeunesse qui vous donnera de bons frissons quand vous vous trouverez tout seuls, couchés dans vos lits. » (p. 2).

En 1759, alors qu’elle est courtisée par l’homme qui est le grand-père des petits-enfants, elle est aussi courtisée par le marquis d’Urfé qui lui fait livrer des pêches en octobre pour la Sainte-Ursule. Elle le voit régulièrement et le commandeur de Bélièvre la met en garde. « Vous n’ignorez pas madame, que monsieur votre père, mon honoré ami, vous a confiée à ma garde et que je réponds de vous à Dieu comme si j’avais le bonheur de vous avoir pour fille… […] Je suppose, madame, que le marquis connaît trop bien le respect qu’il vous doit pour oser former un pareil projet. Cependant il est de mon devoir de vous avertir que ses assiduités deviennent le sujet des conversations de la cour, que je me les reproche d’autant plus que c’est moi qui ai eu le malheur de vous présenter le marquis et que si vous ne l’éloignez bientôt, je me verrai, à mon grand regret, forcé de rappeler en combat singulier. » (p. 7). Il en va de l’honneur de la jeune femme !

Cette histoire ne se passe pas en Russie mais en France, à Paris d’abord et dans les Ardennes ensuite puisque la jeune femme et le commandeur se rendent au domaine familial pour un bal costumé. Mais, suite à un violent orage, la jeune femme chute du carrosse et se retrouve avec des inconnus qui parlent en ancien français. « Une terreur impossible à rendre s’empara de moi. Je me sentis défaillir et j’appuyai ma main sur le cœur. Mes doigts rencontrèrent la petite croix que peu de temps auparavant j’avais portée à mes lèvres, et de nouveau j’entendis la voix du commandeur qui m’appelait. Je voulus fuir, mais le chevalier me serra la main avec son gantelet de fer et m’obligea de rester. » (p. 27). Le chevalier, c’est le sire Bertrand d’Haubertbois dont le fief a été confisqué en 1459 par Charles VII pour cause « d’impiété et de différents crime » (p. 32) et qui a alors déclaré « Par la mort de mon aame ! Poinct n’y a de vie future, et si peu en ai croyance, qu’en cas contraire serment fais et parfois de revenir me gaudir et me goberger en mon chastel dans trois cents ans à compter d’huy, quand mesme pour ainsi faire devroys bailler mon aame à Satan ! » (p. 33).

Nous sommes ici dans une histoire gothique ! D’ailleurs, Alexeï Tolstoï crée le vampire russe avec Oupyr (Le vampire) en 1841. Plusieurs de ses titres sont adaptés au cinéma.

J’ai malheureusement remarqué quelques fautes (ponctuation, majuscules, orthographe…).

Pour le Mois Europe de l’Est et 2021, cette année sera classique, Littérature de l’imaginaire #9, Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

Shadows House 1 de Sômatô

Shadows House 1 de Sômatô.

Glénat, juin 2020, 160 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-34404-170-3. シャドーハウス (2018) est traduit du japonais par Pierre Fernande et Akiko Indei.

Genres : manga, seinen, fantastique.

Sômatô ou So-ma-to est un duo d’auteurs : la scénariste Nori et le dessinateur Hisshi. À noter que somato- en grec signifie corps (somatologie, somato-sensoriel…) alors qu’en japonais ce mot signifie lanterne.

Les Shadows sont une famille de nobles sans visage (pour les non-anglophones, je précise que shadows signifie ombres). En fait, ils sont noirs comme des ombres et génèrent de la suie. Ils vivent dans un immense manoir avec des poupées vivantes à leur service : elles sont leurs visages et nettoient la suie.

Depuis l’enfance, Emilico est au service de Kate, la fille des Shadows. Mais elle n’est qu’une poupée alors peut-elle éprouver des choses ou avoir une conscience ?

« Les poupées vivantes de la famille Shadow ne sont pas de simples bonnes. Nous avons beaucoup de mal à exprimer nos émotions car personne ne peut lire sur nos visages. Voilà pourquoi les poupées vivantes nous servent de visages de substitution. Il est donc très important que tu soignes ton apparence, Emilico. » (p. 25-26).

Grâce à Kate, Emilico apprend à lire ; elle aime beaucoup Kate. « Je suis votre miroir, mademoiselle Kate. » (p. 79). Elle est résolument optimiste et quelque peu maladroite ! Bientôt, il est temps de nettoyer à l’extérieur et de faire la connaissance des autres poupées au service des Shadows (Mia, Lou, Rosemarie…).

Un manga gothique super bien dessiné, mystérieux et prenant. J’ai très envie de connaître la suite ! À voir si la bibliothèque a les tomes suivants car la série en est à 6 tomes (en cours) au Japon (Shûeisha, prépublication dans Shûkan Young Jump ou Weekly Young Jump). En France, le tome 2 est paru en même temps que le tome 1 en juin 2020 et le tome 3 en septembre 2020.

Pour les challenges BD, Challenge du confinement (case Manga), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #8.

 

Le vampire de John William Polidori

Le vampire de John William Polidori.

The Vampyre : a Tale (1819), entre 65 et 80 pages selon les éditions, est traduit de l’anglais par Henri Faber (Chimères, 1989) ou par Jean-Claude Aguerre (Actes Sud, Babel, 1996). Il est aussi disponible en numérique.

Genres : littérature anglaise, fantastique.

John William Polidori naît le 7 septembre 1795 à Londres d’un père italien (toscan) et d’une mère anglaise. Il étudie à l’université d’Édimbourg (Écosse) et écrit une thèse sur le somnambulisme. Jeune diplômé à 19 ans, il accompagne Lord Byron (1788-1824) à Genève (Suisse) puis voyage seul en Italie avant de rentrer en Angleterre. Il se rend compte qu’exercer la médecine n’est pas fait pour lui et se lance dans le Droit puis dans une carrière littéraire. Mais il se suicide avec du cyanure le 24 août 1821 (il a 25 ans).

Le vampire, originaire d’Orient, passe par le monde arabe et arrive comme une superstition dans l’Europe chrétienne « en subissant quelques légères variations, dans la Hongrie, en Pologne, en Autriche et en Lorraine » (introduction, p. 4).

Londres. Lord Ruthven et Aubrey, un jeune aristocrate orphelin font connaissance. Lord Ruthven est bel homme mais il a le teint sépulcral. Aubrey est riche mais naïf et laisse parler son imagination. Lord Ruthven part en voyage et Aubrey, curieux, décide de voyager avec lui « et quelques jours après, nos deux voyageurs avaient passé la mer » (p. 17). La Belgique, la France, l’Italie, mais Aubrey – grâce à une lettre de ses précepteurs – se rend compte des défauts de Lord Ruthven et part seul en Grèce où il rencontre la belle Ianthe mais Lord Ruthven n’est pas loin… Et même lorsqu’Aubrey, affolé, retourne en urgence en Angleterre, Lord Ruthven est toujours là !

Parue en 1819 dans The New Monthly Magazine, The Vampyre n’est pas la première apparition du vampire en littérature (*) mais cette nouvelle a popularisé le thème du vampire moderne qui a été adapté au théâtre et à l’opéra durant le XIXe siècle. Parti d’un brouillon de Lord Byron, John William Polidori a écrit ce texte à la Villa Diodati durant l’été 1816 qu’il passe avec Percy et Mary Shelley (qui, elle, écrit Frankenstein). Bien que très classique au niveau du style, cette nouvelle vaut le coup d’être lue pour la façon dont elle traite du vampire, une façon moderne, européenne, qui fera entrer le vampire dans son heure de gloire et débouchera sur pléthore d’œuvres littéraires (poèmes, nouvelles, romans…) puis plus tard d’œuvres cinématographiques (films, séries…). Le vampire buveur de sang, d’âme, de vie, qui fait peur et attire en même temps car il est souvent beau (malgré sa pâleur), instruit et beau-parleur, n’est-il pas finalement à classer dans les personnes négatives, néfastes, manipulatrices, véritables trous noirs qui pompent l’énergie vitale de leurs proches – voire leur argent – à éviter de toute urgence et à bannir de son entourage ?

(*) Le vampire en littérature aux XVIIIe et XIXe siècles, une sélectionDissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie ou Traité sur les apparitions d’Augustin Calmet (1746), un essai français revu et augmenté en 1751. C’est d’abord par la littérature allemande que le vampire entre en littérature avec entre autres Le vampire (Der Vampyr) de Heinrich Augustin von Ossenfelder (1748), un poème, et La fiancée de Corinthe (Die Braut von Korinth) de Goethe (1797), un poème narratif. Puis par la littérature anglaise avec entre autres Le vampire de John Stagg (1810), un poème composé de 152 vers qui se déroule en Hongrie ; Le Giaour de Lord Byron (1813), un poème ; Dracula de Bram Stoker (1897), un roman épistolaire considéré comme la quintessence du genre. Le vampire devient un représentant de la littérature romantique et de la littérature gothique allemande et anglaise avant d’atteindre la France, l’Italie et même la Russie avec La famille du Vourdalak (dans Histoires de morts-vivants) de Tolstoï (1847).

Le vampire de John William Polidori va être à nouveau publié par Les forges de Vulcain en février 2019 sous le titre Le Vampyre, dans une traduction plus récente et en édition augmentée, suivi par Le comte Ruthwen ou les vampires de Cyprien Bérard et une postface inédite de Thomas Spok. Alors, une relecture l’année prochaine, pourquoi pas ? 😉

Source : Aux forges de Vulcain

Une lecture pour La bonne nouvelle du lundi que je mets dans les challenges Cette année, je (re)lis des classiques, Challenge de l’épouvante et dans le Marathon de l’épouvante d’automne 2018Défi littéraire de Madame lit (littérature britannique en octobre) et Littérature de l’imaginaire.

Je rappelle que le mois d’octobre et le Mois de l’imaginaire avec plusieurs éditeurs (de l’imaginaire), de librairies et de bibliothèques en France mais rien près de chez moi, à part à Grenoble et à Lyon, voire même Montpellier (plus dans le Sud) mais ça ne va pas avec mes horaires de travail.

Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval

Ann Radcliffe contre les vampires (Ville-Vampire) de Paul Féval.

Les Moutons électriques, collection Les saisons de l’étrange (saison 1), juin 2018, 144 pages, 13 €, ISBN 978-2-36183-465-4.

Genres : fantastique, épouvante, classique.

Paul Féval naît le 29 septembre 1816 à Rennes. Son père, originaire de Troyes, est magistrat (conseiller à la cour royale de Rennes) et sa mère, Bretonne, est la petite-fille de Henri François Potier de La Germondaye (magistrat, consultant en Droit, auteur d’ouvrages juridiques). Enfant à l’imagination féconde et aux idées monarchistes, il s’enflamme pour les récits des Chouans lorsqu’il est à la campagne chez son oncle. Il étudie le Droit, devient avocat puis travaille dans une banque avant de se consacrer à la littérature : alors que ses premiers textes sont refusés par les éditeurs, il devient un des grands écrivains et feuilletonistes français, à l’égal de Honoré de Balzac, Alexandre Dumas ou Jules Verne. Parmi les œuvres les plus connues : Les mystères de Londres (1843), Le loup blanc (1843, adapté en feuilleton télévisé en 1977), Le bossu (1857, plusieurs fois adapté au cinéma depuis 1925), La vampire (1865, soit 32 ans avant Dracula de Bram Stoker), La ville-vampire (1875 soit encore 22 ans avant Dracula de Bram Stoker), etc. Il existe un Prix Paul Féval de littérature populaire créé en 1984 par la Société des gens de lettres.

1873. Alors que Paul Féval, célèbre écrivain et feuilletoniste français s’inquiète des plagiats des auteurs anglais sur la littérature française, Lady B., amie de Charles Dickens, invite l’écrivain dans le comté de Stafford pour rédiger un épisode inédit de la vie d’Ann Radcliffe. C’est une Anglaise qui raconte, Jebb, surnommée madame 97 à cause de son âge. « Depuis que le monde est monde, on ne vit jamais un si doux naturel que celui d’Anna. Et une gaîté ! Partout où elle entrait, il y avait dans l’air des sourires. » (p. 11). Anna doit épouser William Radcliffe en Angleterre tandis que sa cousine Cornelia de Witt (Corny) et leur ami d’enfance Edouard S. Barton (Ned) doivent se marier le même jour mais en Hollande. La nuit avant les mariages, Anna apprend par une lettre effrayante de Ned que Cornelia a été enlevée par son tuteur, le comte Tiberio, qui en a après son héritage. Le matin de son mariage, Anna prend la route avec le factotum irlandais, Grey-Jack, qui la conduit contre son gré mais la jeune femme est bien décidée à sauver Corny et Ned ! « Il n’y a pas d’obstacle qui puisse me barrer le chemin du devoir. » (p. 34).

Paul Féval n’est pas chauvin : « Il y a dans l’Anglais une suprématie. Sa présence commande le respect et impose la convenance. » (en parlant de Ned, p. 62). « Ô Cornelia ! ma fiancée ! Est-ce toi que je vois, ou n’est-ce que ton spectre bien-aimé ? » (p. 120).

Voulez-vous prendre la route avec Anna ? Angleterre, Hollande, Allemagne, Autriche, Hongrie, Serbie, Bosnie. Et combattre les premiers vampires (*) de la littérature ? Des êtres mi-démons mi-fantômes qui se ressourcent dans une cité appelée Ville-Vampire. C’est incroyable comme dans la description architecturale de la cité (ici en 1874-1875, parution en feuilleton puis en roman), j’ai reconnu les descriptions des cités imaginaires de H.P. Lovecraft qui ne naîtra que 15 ans plus tard !

(*) Pas exactement les tout premiers puisque Paul Féval avait déjà écrit Le chevalier Ténèbres en 1856 et La vampire en 1860 mais parmi les premiers vampires de la littérature.

Une petite question : était-il bien utile de rebaptiser La Ville-Vampire en Ann Radcliffe contre les vampires ? (sûrement pour attirer les lecteurs adolescents).

Dans une instructive postface de 7 pages, Adrien Party – spécialiste des vampires (rédacteur du site Vampirisme.com) – analyse l’œuvre de Paul Féval et la replace dans l’histoire de la littérature de vampires (après Vampire de Polidori en 1819, Lord Ruthwen ou les vampires de Cyprien Bérard en 1820 avec leurs adaptations au théâtre y compris celles d’Alexandre Dumas en 1851, etc.). On le voit donc, Paul Féval reste parmi les pionniers du genre avec une intensité dramatique et un humour décalé (n’oublions pas que c’est une construction littéraire en miroir puisque c’est une dame anglaise quasi centenaire qui raconte cet épisode de la vie d’Ann Radcliffe – qu’elle a bien connue – à Paul Féval). Bien sûr, ce récit peut paraître un peu vieillot (il est paru il y a 143 ans) mais j’ai passé un bon moment de lecture et je vous le conseille si vous êtes d’un naturel curieux car au XIXe siècle, les littératures d’aventure et de fantastique étaient à l’honneur. Et puis je n’avais pas lu Paul Féval depuis des décennies !

Ann Radcliffe naît Anna Ward le 9 juillet 1764 à Holborn (Londres) dans une famille anglicane de petits commerçants (ses parents tiennent une mercerie-chemiserie). Elle épouse William Radcliffe en 1788 : il est diplômé d’Oxford, étudie le Droit mais se consacre à la littérature (et devient éditeur du journal The English Chronicle ; il encourage son épouse à faire de même et elle devient une des précurseurs de la littérature gothique.

1789 : The Castles of Athlin and Dunbayne (traduit par François Soulès : Les châteaux d’Athlin et de Dunbayne, Testu, 1797) ; 1790 : A Sicilian Romance (traduit par Mme Moylin-Fleury : Julia ou les souterrains du château de Mazzini, Forget, Paris 1797) ; 1791 : The Romance of the Forest (traduit par François Soulès : La forêt ou l’abbaye de Saint-Clair, Lecointe et Pougin, Paris, 1800 ; réédition poche : Les mystères de la forêt, revu par Pierre Arnaud, Gallimard, Folio classique n° 5328, 2011) ; 1794 : The Mysteries of Udolpho traduit par Victorine de Chastenay : Les Mystères d’Udolphe, Paris, 1797) ; 1795 : A Journey Made in the Summer of 1794 (traduit par Cantwell : Voyage en Hollande, 1799) ; 1797 : The Italian, or the Confessional of the Black Penitents (traduit par A. Torelet : L’Italien ou le Confessionnal des pénitents noirs, Paris, 1797) ; 1802 : Gaston de Blondeville, publié posthume en 1826 (traduit par Defauconpret : Gaston de Blondeville, Paris, 1826). Elle influence des auteurs britanniques (Jane Austen, Walter Scott, Mary Wollstonecraft), français (Honoré de Balzac, Paul Féval) et russes (Fiodor Dostoïevski, Ivan Tourgueniev).

Une lecture pour les challenges British Mysteries #3 (bien que l’auteur soit français), Cette année, je (re)lis des classiques (1875), Challenge de l’épouvante, Challenge de l’été 2018, Challenge Chaud Cacao (la session 2 est consacrée aux auteurs francophones), Jeunesse Young Adult #7 (avec le nouveau titre…), Littérature de l’imaginaire et S4F3 #4.

Crimson Peak de Guillermo del Toro

CrimsonPeakBonjour, pas de billet pour la rubrique Mes coups de… aujourd’hui car c’est la Quinzaine de l’imaginaire et je vais vous parler d’un film. Alors, les films fantastiques ou de science-fiction étant souvent parmi mes préférés, je n’ai que l’embarras du choix ! J’ai opté pour…

Crimson Peak de Guillermo del Toro.

Un film de 120 minutes produit par Legendary Pictures et distribué par Universal Pictures. Film tourné en 2014 et sorti en salles en octobre 2015 ; sortie DVD – Blu-ray en février 2016.

Avec dans les rôles principaux : Mia Wasikowska en Edith Cushing, Jessica Chastain en Lady Lucille Sharpe, Tom Hiddleston en Sir Thomas Sharpe, Charlie Hunnam en docteur Alan McMichael, Jim Beaver en Carter Cushing et Burn Gorman en détective Holly.

Genres : fantastique, épouvante.

Guillermo del Toro naît le 9 octobre 1964 à Guadalajara dans l’État de Jalisco sur la côte ouest du Mexique. Il vit en Californie (États-Unis) avec son épouse et leurs deux filles. Réalisateur, scénariste et producteur pour le cinéma, il est aussi romancier (The strain – La lignée en 2009, The fall – La chute en 2010 et The night eternal – La nuit éternelle en 2011, une trilogie parue aux Presses de la Cité et adaptée en série télévisée par l’auteur – réalisateur).

Buffalo, État de New York, États-Unis, 1887. Edith Cushing a perdu sa mère lorsqu’elle avait dix ans à cause du choléra noir et la défunte lui est apparue une nuit pour la mettre en garde contre Crimson Peak. Edith se voit refuser un manuscrit : son écriture est trop féminine… Elle rencontre alors Sir Thomas Sharpe et sa sœur aînée Lucille et tombe amoureuse du jeune homme. Mais son père, Carter Cushing, n’aime pas le baronnet venu lui demander un prêt pour une machine d’extraction. Après la mort de son père, Edith épouse Thomas, vend l’entreprise et les biens immobiliers, et part vivre en Angleterre, au domaine d’Allerdale Hall. Heureusement, Alan McMichael, docteur et ami d’enfance d’Edith, comprend que Carter Cushing a été assassiné et part en Angleterre sauver Edith des griffes des Sharpe.

Guillermo del Toro est un excellent réalisateur : j’aime son imagination, son univers fantastique et sombre avec des couleurs chaudes et chatoyantes (jaune, orange, rouge). Si vous n’avez jamais vu L’échine du diable (2001, tourné en Espagne), Le labyrinthe de Pan (2006) ou Crimson Peak (2015) entre autres, ruez-vous sur les DVD ou Blu-ray ! Crimson Peak est un clin d’œil aux femmes romancières du XIXe siècle (à tel point qu’à la fin, j’ai pensé qu’Edith Cushing était une romancière qui avait vraiment existé !) et le manoir d’Allerdale Hall renvoie à la chute de la maison Usher (une nouvelle fantastique d’Edgar Allan Poe) ; le film est un « hommage » aux romances gothiques du XIXe siècle. Les acteurs sont très bons : Mia Wasikowska, jeune actrice australienne d’origine polonaise, est même excellente et la façon dont la lumière reflète sur sa peau (pâle) et ses longs cheveux (blonds) est extraordinaire. La musique de Fernando Velázquez, un compositeur espagnol (connu pour sa bande originale de L’orphelinat réalisé par Juan Antonio Bayona, excellent film également !), est parfaite.

QuinzaineImaginaire2016Pour conclure, je dirais que Crimson Peak est un bijou du genre fantastique gothique, classique, lyrique et envoûtant.

Un billet donc pour la Quinzaine de l’imaginaire avec Arieste.