Challenge nordique avec Marjorie

Marjorie – du blog Chroniques littéraires – a créé ce Challenge nordique en mars 2014 et il est devenu perpétuel. Mais il se perd un peu dans la blogosphère surchargée alors Marjorie lui donne un petit coup de fouet en ce début d’année pour le relancer et propose un nouveau logo (ci-contre).

Comme j’ai fait un beau score lors du Décembre nordique 2020 (10 billets), j’ai bien envie de m’inscrire à ce Challenge nordique : lectures (romans, BD, mangas, livres audios, romans graphiques…), culture, films, séries, recettes, voyages…

Infos, inscription et logo chez Marjorie + le groupe FB dont je suis en fait membre depuis janvier 2017 (c’est sûrement pour ça que je pensais déjà participer à ce challenge).

J’ai fait des petites recherches pour comprendre la différence entre nordique et scandinave… Alors Skandinavien est un mot commun aux Danois, Norvégiens et Suédois. Donc au niveau linguistique, la Scandinavie, c’est le Danemark, la Norvège et la Suède, plus les îles Féroé qui est un archipel danois. Mais, « pays nordiques » (Norden en danois, norvégien et suédois) a été créé car, géographiquement, la Finlande et l’Islande sont aussi au nord de l’Europe.

Sont donc concernés par ce challenge : le Danemark (et son archipel des îles Féroé), la Norvège, la Suède auxquels se rajoutent l’Islande, la Finlande (et sa province autonome d’Åland) ainsi que le Groënland (pour son patrimoine historique et culturel scandinave et ses relations étroites avec les pays cités plus haut, d’autant plus qu’il est rattaché au Danemark).

Mes billets pour ce challenge

1.  La gouvernante suédoise de Marie Sizun (Arléa, 2016, France) – > Suède

Diskø de Mo Malø

Diskø de Mo Malø.

La Martinière, mars 2019, 416 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-73249-026-7.

Genres : littérature française, roman policier.

Mo Malø… Je remets ce que j’avais rédigé pour Qaanaaq, le premier tome des enquêtes de Qaanaaq Adriensen : Difficile d’avoir des infos sur cet auteur (apparemment français) qui publie sous pseudonymes. Mo Malø est un de ses pseudonymes – pour son premier roman policier – et j’ai l’impression qu’il fait écho à Jo Nesbø (auteur de polars, norvégien).

Sept mois après les événements de Qaanaaq : meurtres au Groenland, Qaanaaq Adriensen s’est installé à Nuuk (sud-ouest du Groenland) avec ses jumeaux adoptés, Jens et Else, et il est devenu chef de police au Politigarden de Nuuk. « Outre son attachement pour ce lieu et ses habitants, l’envie d’élucider pour de bon le mystère de ses origines avait pesé lourd dans la balance. » (p. 31-32).

Le lecteur retrouve l’adjoint de Qaanaaq, Apputiku Kalakek dit Appu, et l’équipe du Politigarden, Søren, Pitak, Lotte, Bodil, entre autres et Mikkel, pilote du nouvel hélicoptère.

Dans la baie de Diskø, un homme a été retrouvé dans un bloc de glace ! « Comment ce type blond d’apparence solide, au regard clair et franc de Viking, avait-il pu finir sa vie prisonnier de ce linceul de glace ? » (p. 39). Le mort est Leonard Kelly, un glaciologue américain et Qaanaaq va avoir une sacrée surprise !

L’enquête avance mais Bodil, sœur d’Appu, réceptionniste au poste de police, est enlevée et une vidéo la montre dans une fosse de glace similaire à celle de Kelly : il ne lui reste que deux heures à vivre. « La logique de la banquise était brutale, mais imparable. » (p. 95).

« C’était lui, Qaanaaq Adriensen, que les criminels visaient à travers les différentes victimes. C’était à lui et personne d’autre qu’on s’en prendrait encore dans un proche avenir. » (p. 248).

Si le premier tome traitait du nationalisme inuit (par rapport à l’État danois) et était passionnant, celui-ci traite de l’écoterrorisme et le suspense est au rendez-vous, l’horreur même car les terroristes sont prêts à tout, même à détruire les icebergs qu’ils sont sensés protéger ! Mais l’enquête traîne un peu en longueur… Mais le lecteur apprend encore pas mal de choses sur le Groenland et aussi sur les icebergs et la banquise.

Qaanaaq continue de prendre beaucoup de photos avec son Blad (HasselBlad, marque d’appareils photos suédois) et les titres de chapitres sont les dates et intitulés de ses photos (alors que les titres des différentes parties sont des mots inuits correspondant aux saisons).

J’ai préféré Qaanaaq premier tome.

Une lecture que je mets dans le Petit Bac 2020 (pour la catégorie lieu avec Diskø qui est le nom d’une baie en face de la ville touristique d’Ilulissat au nord-ouest de Nuuk) et Polar et thriller 2019-2020.

Qaanaaq de Mo Malø

Qaanaaq : meurtres au Groenland de Mo Malø.

La Martinière, mai 2018, 496 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-7324-8630-7. Je l’ai lu en poche : Points Policiers (bizarre, je n’ai pas trouvé Qaanaaq au catalogue donc pas de lien…), mars 2019, 552 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-7578-7570-4.

Genres : littérature française, roman policier.

Mo Malø… Difficile d’avoir des infos sur cet auteur (apparemment français) qui publie sous pseudonymes. Mo Malø est un de ses pseudonymes – pour son premier roman policier – et j’ai l’impression qu’il fait écho à Jo Nesbø (auteur de polars, norvégien).

Janvier 1975. Nuit polaire. Une attaque d’ours blanc. Mina réussit à s’enfuir, laissant son père et sa mère pour morts. L’enfant, environ 3 ans, est adopté par une famille danoise (mère chef de la police, père célèbre auteur de romans policiers).

42 ans plus tard. Qaanaaq, capitaine à la Crim de Copenhague est envoyé à Nuuk (la capitale du Groenland) pour aider sur une enquête. « Et vous, qu’est-ce que vous venez faire ici ? insista-t-elle. – Moi… ? Il hésitait. Il y avait tant de réponses possibles, la plupart impropres ou prématurées. Puis il se lança : – Je viens coffrer un tueur en série. […] – À Nuuk ? s’exclama-t-elle. – À Nuuk. Mais vous savez ce qu’on dit : ‘Toute chose a une fin’. » (p. 18). Qaanaaq rejoint donc l’équipe de la commissaire danoise Rike Engell et travaille surtout avec l’inspecteur groenlandais, Apputiku (ou Appu) – il loge d’ailleurs chez lui –, et le légiste danois, Kris Karlsen, pour résoudre le meurtre de trois ouvriers étrangers d’une entreprise pétrolière : « un Chinois, un Canadien et un Islandais » (p. 34). Leurs morts ressemblent à des attaques d’ours blanc mais leurs serrures ont été crochetées. « Je dis bien crochetées, pas forcées ni défoncées. » (p. 38). Les locaux de la police sont sinistrés, il n’y a pas de matériel de pointe… Et pour cause : « Pour ce qu’il en savait, la délinquance de rue était quasi inexistante au Groenland. L’île, encore intégrée au Danemark sur la scène internationale, affichait en la matière de toute l’Union européenne. À part peut-être au Vatican, on n’était nulle part plus en sécurité que dans les rues de Nuuk. » (p. 62-63). Sauf que… exploitation pétrolière à outrance, travailleurs étrangers qui se comportent mal avec les filles groenlandaises, racisme, nationalisme, volonté d’indépendance.

Qaanaaq est un flic atypique, fort sympathique, passionné de photographie (les entêtes de chapitres sont d’ailleurs des noms et numéros de photos qu’il prend sur place) envoyé dans un monde qui n’est pas le sien (alors qu’il y est né). « Ce qui le touchait le plus chez Appu, c’était l’impression qu’il partageait ce déchirement, cette fracture. Lui, entre deux cultures. Apputiku, entre tradition et modernité. Entre ce ragoût de phoque immangeable et son ordinateur au top de la technologie. Chacun à leur manière, ils pratiquaient le grand écart entre deux mondes. Des univers indispensables à leur équilibre mais qu’ils savaient impossible à concilier. » (p. 115). Comment va-t-il résoudre cette enquête alors qu’il ne connaît rien des coutumes et des traditions de ce pays. « Les meurtres ritualisés, je ne t’apprends rien, ça pue forcément. C’est soit le fait de givrés, soit un écran de fumée pour te balader. Dans les deux cas, tu ne dois pas te fier à tes impressions premières. » (p. 177).

Quelques extraits que je veux garder :

« L’histoire n’a pas de nom, jeune homme. Elle n’est que la somme de ce que nous accomplissons tous. Elle appartient à tout le monde. » (p. 240).

« Qaanaaq prisonnier de Qaanaaq. Captif de cette identité qu’il subissait depuis si longtemps. Cela ne finirait donc jamais ? » (p. 343). À savoir que Qaanaaq n’est en fait pas un prénom mais le nom d’un village au nord du Groenland.

« C’était bien là tout le paradoxe de ce peuple : si jalousement attaché à ses valeurs traditionnelles ; et s’emballant comme un gamin au moindre signe de modernité. » (p 484).

Et ma phrase préférée, sur la photographie : « Derrière son immédiateté trompeuse, la photo était un monstre dévoreur de temps. » (p. 349).

Je veux bien, si j’ai l’occasion, lire Diskø, son deuxième roman policier, dans lequel Qaanaaq retourne en terre inuit.

Un bon roman policier (que j’ai lu en fait fin juin, pendant la période caniculaire, idéal pour un peu de fraîcheur) pour les challenges Contes et légendes (il y a beaucoup de légendes au Groenland et certaines sont dans ce roman) et bien sûr Polar et thriller 2019-2020.

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch.

Didier Jeunesse, collection Il était une (mini) fois, janvier 2014, 32 pages, 3 €, ISBN 978-2-27807-076-3.

Genres : littérature jeunesse, conte.

Muriel Bloch naît en 1954. Elle passe un DEA de Lettres modernes sur Le flou au cinéma, incertitudes narratives et perceptives dans le cinéma expérimental des années 20 aux années 60. Elle travaille avec les enfants dans le monde de la culture et de l’art. Plus de quarante livres au compteur, la plupart des contes. Plus d’infos sur son site officiel.

Cette histoire est un conte inuit du Groenland d’après Raven and the Whale (2001) de Laura Simms.

Les Inuits pensent que Grand Corbeau, tantôt oiseau, tantôt homme, a créé le monde. Un matin, alors qu’il se promène en barque sur la mer Blanche, il voit une baleine à l’intérieur de laquelle il pénètre. C’est là qu’il rencontre une jeune danseuse et qu’il en tombe amoureux. « Sois le bienvenu. Je t’aurais volontiers suivi mais je ne peux pas m’en aller, je suis l’âme et le cœur de cette baleine. Par contre, toi, tu peux t’asseoir ici et me tenir compagnie, j’en serais ravie. » (p. 14-15). Mais Grand Corbeau va-t-il se contenter de cet amour platonique ?

Un conte dramatique et triste pour comprendre que la vie ne tient qu’à un fil (ou deux !) et qu’il est bon de respecter l’autre pour son bonheur et pour le nôtre sinon le pire peut arriver.

Une lecture émouvante pour les challenges  Contes et Légendes 2019Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.