Poissons, écrevisses et crabes […] illustré par Samuel Fallours

Histoire naturelle des plus rares curiositez de la mer des Indes, tome 1 – Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que l’on trouve autour des isles Moluques et sur les côtes des terres australes illustré par Samuel Fallours.

Louis Renard, éditeur scientifique, 1719, 62 pages.

Genres : ouvrage scientifique anglais illustré, classique.

Cet ouvrage scientifique paru en 1719 a demandé 30 ans de travail aux commanditaires du contenu, Adrien Van der Stell (1655?-1720?) et Baltazar Coyett (1650?-1725?), au dessinateur, Samuel Fallours et à l’éditeur, Louis Renard, « agent de Sa Majesté britannique » (1648?-1746) puisqu’il était commandité par le « Sérénissime et Très-Puissant Prince George, Roi de la Grande-Bretagne, de France et d’Irlande, Duc de Bronswick-Lunebourg, Électeur du St.Empire ».

Les estampes sont des « gravures à l’eau-forte coloriées » et cet ouvrage, tombé dans le domaine public, est en ligne sur Gallica-BnF, véritable mine au trésor ! Franchement, depuis que j’ai lu Éloquence de la sardine de Bill François, je suis attirée par la vie et les représentations des créatures marines et les estampes de ce livre sont vraiment somptueuses.

Après les pages de politesse, épître au Roi, avertissement de l’éditeur, témoignages, lettres et certificats, table alphabétique des noms, le lecteur ébahi peut voir les poissons d’une très grande variété de couleurs et qui sont magnifiques.

Il y a de très beaux poissons particulièrement colorés comme le Koutoueuw, espère de Romora (n° 3), l’Anniko-Moor (n° 6), le Bezaan (n° 13), le Kamboton (n° 20), le Tandock (n° 23) dont on a l’impression qu’il est à l’envers, le Jourdin (n° 49), le Douwing Princesse (n° 59), le Besaantie (n° 76), le Douwing Admiral (n° 92), le May Coulat (n° 185), le Sofor (n° 206), entre autres.

Le Troutoen ( n° 32) avec ses pics et ses dents fait peur !

Certains sont surprenants comme les poissons tout en longueur, le Joulong-Joulong (n° 18), le Boujaya Couning (poisson n° 30), le Parring of Chnees (n° 55), le Geep Serooy (n° 56), le Cambat (n° 57), le Bouaya (n° 73), entre autres ; ou très gros, le Macolor, espèce de Kakatoe ou Poisson Perroket (n° 60), le Canjounou (n° 70), le Omma (n° 79), le Courkipas (n° 107) qui a de grosses nageoires, l’Aagie van Enchuysen (n° 119), le Jean Peti (n° 152), le Toutetou Toua (n° 188), le Jean Swangi Touwa (n° 199), entre autres.

Mais les plus surprenants sont à mon avis le Lasacker (n° 65) qui ressemble à un sous-marin rose, le Vliegnede Zee-Uyl ou Hibou-Marin (n° 205) et le Lokje-Lokje (n° 208) qui ressemble à un genre de termite ! Et le plus petit est le Zee Luys ou Pou de mer (n° 125).

Ensuite il y a quelques crabes. Et la suite dans le tome 2.

Histoire naturelle des plus rares curiositez de la mer des Indes, tome 2 – Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que l’on trouve autour des isles Moluques et sur les côtes des terres australes illustré par Samuel Fallours.

Louis Renard, éditeur scientifique à Amsterdam, 1719, 66 pages.

Ce deuxième tome est construit de la même façon que le premier (témoignages, lettres, certificats…) puis les planches de dessins.

Il y a encore de très beaux poissons, les couleurs sont superbes (principalement rouge, orange, vert, parfois bleu, jaune…).

Il y a des mastodontes comme le Parequiet (n° 9), le Jean Tomtombo (n° 24), le Macolor (n° 30), le Jean Satan (n° 35), le Maan-Viseh (n° 138), le Babara (n° 142), « un des meilleurs Poissons de toutes les Indes », le Groote-Balser (n° 142) qui a un ventre énorme, le Keyser van Japan (n° 238) qui est le « Poisson le plus délicieux et le plus beau qui soit au monde ».

D’autres sont plus petits. Et il y a bien sûr encore des poissons surprenants comme le Zee-Kat (n° 38) qui ressemble à un escargot, le Draekje (n° 52) qui ressemble à une libellule, le Bolam de la Baye (n° 90) qui est « huileux et dégoûtant » (le pauvre !) ou le Tamaota (n° 115) qui a une grande moustache et le Caffertie (n° 200) qui a un bec de perroquet !

Le Jean Suangi (n° 72) avec ses épines dorsales et ses dents fait plutôt peur, ainsi que l’Alforeese (n° 85).

Il y a même des poissons sans nom : un « monstre qui fut pêché au passage de Baguewal près d’Amboine en 1709 […] long de trois pieds et demi » (n° 185), un « monstre semblable à une Sirenne » (n° 240) et une « Écrevisse extraordinaire » (n° 241).

Tous ces poissons dont certains étaient « fort gras et de bon goût », raies, crabes, écrevisses « délicieuses » et même sauterelles marines étaient pêchés, consommés alors je crains que la majorité d’entre eux ait malheureusement disparu… et qu’il ne reste que ces dessins et descriptions parfois approximatives. Mais ces deux livres sont un véritable trésor de la fin du 17e et début du 18 siècle (30 ans de travail donc entre 1689 et 1719).

Deux très beaux livres d’Art à découvrir que je mets dans les challenges A year in England 2021 (because travail commandité par le roi George Ier et éditeur Sujet anglais de Sa Majesté), Animaux du monde #3, 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 13, un livre dont le titre comprend le nom d’un animal), Les étapes indiennes #2 car ces deux livres contiennent « un très-grand nombre de Poissons les plus beaux & les plus rares de la Mer des Indes », Petit Bac 2021 (catégorie Lieu pour Isles Moluques et terres australes) et Les textes courts (62 pages pour le tome 1 et 66 pages pour le tome 2).

Riz Basmati et tofu au curry Madras

Très envie de cuisiner indien… avec les moyens du bord !

Riz Basmati, OK. Tofu (bio) coupé en dés grillés dans de l’huile d’olive, OK. Pignons de pin grillés avec le tofu, OK. Curry Madras (bio), OK.

C’est une préparation toute prête avec du curcuma, du paprika, du piment, du fenugrec, de la coriandre, des graines de moutarde, du cumin, du gingembre, de l’ail et du sel de mer, le tout issu de l’agriculture bio. C’est bon et nourrissant 😉

Et voici, j’avais envie de publier un billet culinaire pour Les gourmandises de Syl (mais je me suis plantée, c’est le 2e dimanche du mois…). Mais ce billet entre bien dans les challenges Des livres (et des écrans) en cuisine et Les étapes indiennes.

Le talisman de Vaikom Muhammad Basheer

Le talisman de Vaikom Muhammad Basheer.

In Le talisman, Zulma, mars 2012, 192 pages, 18 €, ISBN 978-2-84304-577-6. Nouvelles traduites du malayalam (Inde) par Dominique Vitalyos (Grand Prix de traduction de la ville d’Arles).

Genres : littérature indienne, nouvelle.

Vaikom Muhammad Basheer naît le 21 janvier 1908 à Thalayolaparambu dans le district du Kottayam (Kerala, sud-ouest de l’Inde). Militant pour l’indépendance de l’Inde, il s’engage à l’âge de 16 ans et devient journaliste mais il vit dans la clandestinité puis il est arrêté. Il commence à écrire des nouvelles puis des romans dont peu sont traduits en français et reçoit la Padma Shri (un ordre honorifique civil) en 1982. Il meurt le 5 juillet 1994 à Beypore (Kerala).

Abdul Aziz est sous le manguier lorsqu’il reçoit une mangue sur la tête. Khan est « un beau chien blanc à grandes taches brunes » (p. 9) qui raffole des mangues et qui est tombé amoureux de la chienne des voisins. « Khan et Malou, c’était une histoire d’amour hindou-musulmane. Malou-aime-Khan-Khan-aime-Malou. » (p. 9). Mais six molosses hindous s’en sont pris à Khan et lui ont mis une dérouillée, le laissant presque sur le carreau. Khan en a gardé une haine de la gente féminine, canine et humaine !

En racontant l’histoire d’un chien mâle dans une famille musulmane et d’une femelle dans une famille hindou, l’auteur met en évidence les relations amoureuses contrariées à cause de l’ordre social et de la religion. Il m’a un peu fait penser à La Fontaine qui donne la parole à des animaux en place des humains.

Mais ce jour-là où la mangue tombe sur la tête d’Abdul Aziz, Khan n’a pas le cœur à la manger et le facteur arrive avec une lettre « de Shankara Ayyer, un vieux camarade de collège » (p. 11). Les deux amis, Abdul Aziz et Shankara Ayyer sont chauves et aspirent « ardemment à se voir repousser, de leur vivant, des cheveux sur le crâne. » (p. 11). Pourtant ils ont beau utiliser tous les produits miracles, « aucun résultat, pas l’ombre d’un duvet. » (p. 11). Puis arrive Sainul Abidin et son jeune assistant, il aurait un talisman pour empêcher Khan de mordre. « Quatre roupies quatre-vingt-quinze paisa. » (p. 15). Et miracle, il a aussi un talisman pour faire pousser les cheveux ! Mais quelle belle arnaque ! « En dépit des talismans, Khan avait mordu des femmes et ses propres cheveux ne repoussaient pas. Pourquoi ? » (p. 22). C’est avec l’humour malicieux d’un vieux sage que Vaikom Muhammad Basheer parle de la crédulité des humains.

Je continue ma découverte des auteurs indiens (ou sri-lankais) grâce à Zulma (bon plan de la part de l’éditeur d’avoir proposé des nouvelles librement pour donner envie aux lecteurs de lire le recueil complet). Ici, je me suis vraiment cru chez Abdul Aziz et son épouse Ummusalma, presque je cueillais une mangue sur l’arbre pour la manger !

Le talisman (Visappu) est une nouvelle de 24 pages parue en Inde en 1954, elle est donc un classique et entre dans le challenge 2021, cette année sera classique ainsi que dans Animaux du monde #3 (pour les chiens Khan et Malou), Les étapes indiennes #2, Mois des nouvelles et Projet Ombre 2021.

Kabuliwallah de Rabîndranâth Tagore

Kabuliwallah de Rabîndranâth Tagore.

In Kabuliwallah et autres histoires, Zulma, février 2016, 400 pages, 22 €, ISBN 978-2-84304-712-1. 22 nouvelles traduites du bengali (Inde) et présentées par Bee Formentelli. Parution en poche : Zulma, mars 2020, 336 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-84304-945-3.

Genres : littérature indienne, nouvelle.

Rabîndranâth Tagore, je reprends ce que j’avais écrit pour Amal et la lettre du Roi suivi de Chitra. De son vrai nom Rabîndranâth Thâkur dit Tagore, il naît le 6 mai 1861 à Calcutta (Bengale occidental) dans une famille d’aristocrates réformateurs. Il est le fils de Debendranâth Tagore (philosophe) et le petit-fils de Dvârkânâth Tagore (fondateur de Brâhmo Samâj avec son compatriote Rammohan Roy). Il étudie à Calcutta et à Londres : il aime la littérature anglaise et la musique occidentale. Quatorzième enfant de la famille, il voit ses frères et sœurs devenir également poètes, dramaturges, romanciers ou musiciens. Son premier recueil de poèmes écrits en bengali, Chants du soir (Sandhya Sangeet), paraît en 1882. Il se marie (à 23 ans), continue d’écrire (poésie et prose), partage les responsabilités religieuses et sociales de Brâhmo Samâj (avec son père) et voyage beaucoup dans le monde entier. L’œuvre de cet érudit, poète, philosophe, écrivain, dramaturge est traduite en français principalement par André Gide. Il décède le 7 août 1941 après avoir illuminé le monde comme un soleil (signification de son prénom).

Calcutta. Mini a 5 ans et n’arrête pas de parler, dérangeant son père qui écrit son roman. Mais elle s’est prise d’affection pour Rahamat, un kabuliwallah, un colporteur afghan qui lui offre des fruits, l’écoute et plaisante avec elle. « Je ne terminerai pas mon dix-septième chapitre aujourd’hui. » (p. 96). C’est le père de Mina le narrateur, il est écrivain. « Je donne peut-être l’impression d’être condamné à rester enfermé chez moi, mais en réalité, j’aspire en permanence à partir dans le vaste monde. » (p. 99-100).

Mais l’épouse du narrateur, la mère de Mini donc, n’aime pas particulièrement les relations de son mari et de sa fille avec cet étranger. « Il n’y a donc jamais d’enfants qui disparaissent ? Et l’esclavage ? Il n’existe pas en Afghanistan ? Est-ce que par hasard un solide Afghan ne saurait pas kidnapper un petit enfant ? Il me fallut bien avouer que ce n’était pas impossible, mais j’avais beaucoup de mal à le croire. Comme les gens sont influençables ! Voilà ce qui expliquait les craintes persistantes de ma femme. Toutefois, je ne voyais toujours pas pourquoi j’aurais dû interdire à Rahamat, qui n’avait commis aucune faute, l’accès de notre demeure. » (p. 101).

Cependant ce n’est pas Mini qui disparaît, c’est Rahamat…

Une nouvelle parue en 1892 (15 pages) aux saveurs de l’Inde, envoûtante et triste mais délicate et profondément humaine. Elle a été adaptée au cinéma en 1957, en 1961 et en 2006 (un article de la BBC, in English of course).

Lue pour le Mois des nouvelles et le Projet Ombre 2021 qui entre également dans les challenges 2021, cette année sera classique et Les étapes indiennes #2.

Les étapes indiennes 2021

Même si je n’ai publié que 4 billets en 2020, je veux continuer avec cette deuxième édition : Les étapes indiennes 2021. L’objectif est toujours de partager sur l’Inde, des lectures (romans, BD, essais, documentaires, livres de cuisine, littérature jeunesse, albums illustrés…) mais pas que, également des recettes, des films, de la musique, etc.

Infos, (nouveaux, très beaux) logos et inscription chez Hilde + le récap + le groupe FB pour un challenge du 5 janvier 2021 au 5 janvier 2022.

Il y a des partenariats comme ‘les autrices indiennes’ (logo spécial ci-contre) avec le challenge Lire au féminin ou ‘tester et partager toutes sortes de dhal’ avec Des livres (et des écrans) en cuisine pour l’année ou ‘les gourmandises voyagent en Inde’ (logo spécial ci-dessous) avec Les Gourmandises de Syl le 2e dimanche du mois ou ‘les contes de l’Inde’ avec le challenge Contes et légendes de Bidib en juillet. Ces rendez-vous sont facultatifs mais j’aimerais y participer. Il y aura aussi des lectures communes (LC) et des étapes à honorer (ou pas, elles sont facultatives mais certaines me semblent jouables).

Les étapes
1 = épices et saveurs des cuisines indiennes avec billet n° 3 (recette)
2 = enquêtes indiennes
3 = découverte de l’Inde avec des nouvelles avec billets n° 1, 2
4 = étapes communes (billets communs et LC à organiser ensemble)
5 = découverte de l’Inde en BD
6 = jeunesse indienne
7 = films, séries, animation
8 = mythologie et contes de l’Inde
9 = récits d’expatriés, de migrants, de réfugiés
10 = sagas et romans historiques
11 = romans qui nous font voyager
12= protection de la nature, animaux
13 = récits et livres de voyages
14 = un match de cricket
15 = Halloween et Noël

Mon logo préféré

16 = pour rire
17 = pour les amatrices et amateurs de SF
18 = musique et danse

Mes billets pour ce challenge

1. Kabuliwallah de Rabîndranâth Tagore (Zulma, 2016, Inde, 1892)

2. Le talisman de Vaikom Muhammad Basheer (Zulma, 2012, Inde, 1954)

3. Riz Basmati et tofu au curry Madras (recette)

4. Histoire naturelle des plus rares curiositez de la mer des Indes, tomes 1 et 2 – Poissons, écrevisses et crabes de diverses couleurs et figures extraordinaires que l’on trouve autour des isles Moluques et sur les côtes des terres australes, illustré par Samuel Fallours (Louis Renard, 1719, Angleterre)

En passant

En coup de vent… 122 – Bon Réveillon !

Bonsoir, dernier « En coup de vent… » de l’année. Je vous souhaite un très beau Réveillon (même en petit comité), passez une bonne soirée et prenez bien soin de vous. J’ai vu cette vidéo chez une blogueuse et elle m’a bien plu alors je vous la partage. Après recherche, j’ai trouvé que Prayan Animation Studio Pvt. Ltd. est un studio d’animation dans le Kerala en Inde. Eh bien, les créateurs sont doués, c’est drôle et intelligent. J’espère que vous apprécierez. Demain les vœux, bien sûr, et après-demain (ou le jour d’après), le bilan 2020. Et puis, ensuite, arriveront plusieurs billets avec de nouveaux challenges (ou de nouvelles éditions de challenges auxquels j’ai déjà participé). PS : et merci pour vos visites, record battu aujourd’hui avec 378 visites 🙂

Les recettes du Globe-Cooker : Inde de Fred Chesneau

Les recettes du Globe-Cooker : Inde de Fred Chesneau.

Mango, janvier 2014, 50 pages, 4,95 €, ISBN 978-2-31700-806-1.

Avec de très belles photographies de Bernhard Winkelmann.

Genres : livre de recettes, beau livre.

Fred Chesneau naît le 28 février 1968 à Paris. Il étudie la gestion et le marketing puis crée une petite école de cuisine à Paris. Grand voyageur et gastronome, il apparaît dans des émissions culinaires (Les nouveaux explorateurs entre 2007 et 2014) et ouvre son restaurant en Grèce en 2017 (sur l’île de Paros) : Stou Fred (Chez Fred).

Pour le Marathon gourmand de ce week-end, j’ai décidé de lire trois livres des Recettes du Globe-Cooker que je possède depuis mars 2014 et que je n’ai finalement que feuilletés… Le premier que j’ai lu est celui sur l’Inde car j’aime la cuisine indienne (ce que j’en connais) et les épices.

Dans ce petit livre, une introduction « En Inde, on raconte qu’il existe autant de façons de cuisiner qu’il y a d’Indiens. » (p. 3), quelques explications sur la cuisson (marinage, mijotage), le dosage des épices, les calories et l’équipement nécessaire. Les principaux ingrédients pour bien cuisiner indien : curry (garam masala), cardamome, lait de coco, poivre, gingembre, curcuma, clou de girofle, badiane (ou anis étoilé) et ghee (beurre clarifié). Et les recettes : une vingtaine, salade, riz, plats, sauces, desserts.

Accras comme à Goa : avec des crevettes, pas pour moi…

Samosas : ça oui, avec des pommes de terre, des légumes et des épices, parfait !

Caviar d’aubergines du Penjab : ça aussi !

Salade du Malabar : OK pour cette « salade fraîcheur » avec des fruits et des épices mais sans les crevettes.

Parathas : pourquoi pas ? J’ai déjà mangé des naans mais pas des parathas.

Mes petits chutneys : il y en a 4 différents et l’auteur dit qu’on peut tous les faire pour nous éviter de choisir !

Papillotes de cabillaud au poivre vert : il m’arrive de manger du poisson blanc mais tellement rarement… Mais pourquoi pas ? Papillotes, ça fait envie !

Butter chicken : comme pour le cabillaud, c’est devenu rare que je mange du poulet mais la pâte au curry, je suis partante!!

Crumble Lord Mountbatten : miam, il fait envie ce crumble… avec un chutney.

Agneau biryani : euh, non, pas d’agneau pour moi.

Panier du pêcheur : et toujours pas de crevettes, non merci !

Langouste tandoori : et pas de langouste non plus ! Mais la pâte de curry, c’est encore oui !

Mon riz express à l’indienne : pour le riz, oui, oui et oui, le riz basmati étant mon riz préféré.

Glace à la pistache : oh, cette recette, il faut que je l’essaie !

Halva à la carotte : et ce dessert aussi !

Le bonus de Fred, le lassi : je ne connaissais pas ce mot ; pourquoi pas ?

Le visuel d’origine

Vous l’aurez compris, avec des recettes qui semblent faciles à réaliser et des photos superbes, ce petit livre a tout d’un grand. Et les recettes me conviennent à part celles avec crustacés (que je ne mange jamais), poissons et viandes (que je mange mais alors très rarement, genre je fais un petit effort lorsque je suis invitée).

Vous pouvez voir – sur la chaîne YT du Fin gourmet – le film sur les Indiens et la cuisine indienne à Paris parce qu’en fait, le Globe-Cooker (Fred Chesneau) participait à une émission télévisée culinaire (c’est pourquoi il y a Canal+ sur la couverture en face de Mango).

Prochaines lectures pour le Marathon gourmand de ce week-end : le Japon et la Thaïlande mais il existe d’autres titres individuels ou regroupés dans des « valises ». Valise n° 1 : Danemark, Inde, Italie, Japon, Maroc, Thaïlande. Valise n° 2 : Bali, Chine, Espagne, Grèce, Liban, Mexique.

Aussi pour les challenges Des livres et des écrans en cuisine et Les étapes indiennes.

Marathon gourmand – août 2020

Un Marathon gourmand organisé le week-end du vendredi 21 au dimanche 23 août par Bidib et par Fondant Grignotte. Dans le cadre du challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2020 que je n’ai honoré qu’une fois depuis le début de l’année…

J’ai pris une photo des trois livres de cuisine que je vais lire, un par jour. Oui, je vais les compulser et je vous dirai la (ou les deux ou trois) recette(s) que je veux vraiment réaliser. Parce que les livres de cuisine, une fois feuilletés, se retrouvent souvent sur les étagères et ne servent pas réellement. J’ai ces livres depuis 6 ans (mars 2014) et je ne les ai jamais que feuilletés, il est temps que je les lise !

Mes lectures pour ce marathon gourmand

1. Les recettes du Globe-Cooker : Inde de Fred Chesneau (Mango, 50 pages) -> lu vendredi, billet en ligne samedi midi.

2. Les recettes du Globe-Cooker : Japon de Fred Chesneau (Mango, 50 pages) -> lu samedi, billet en ligne samedi soir.

3. Les recettes du Globe-Cooker : Thaïlande de Fred Chesneau (Mango, 50 pages) -> lu dimanche billet en ligne dimanche en début de soirée.

Bilan : 3 « petits » livres mais beaux, agréables, utiles et 150 pages en tout.

Le livre de M de Peng Shepherd

Le livre de M de Peng Shepherd.

Albin Michel Imaginaire, juin 2020, 592 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-22644-293-2. The Book of M (2018) est traduit de l’américain par Anne-Sylvie Homassel.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction, premier roman.

Peng Shepherd naît à Phoenix en Arizona où elle vit mais elle a aussi vécu à Beijing, Kuala Lumpur, Londres, Los Angeles, Washington DC et New York (source : son site). Elle est diplômée du NYU MFA (écriture créative et arts). Le livre de M est son premier roman et a reçu le Prix Neukom en 2019 (bien mérité !). Son deuxième roman, The Cartographers, va paraître. Plus d’infos sur son site officiel, http://pengshepherd.com/.

Depuis deux ans, les humains perdent leur ombre puis, plus ou moins vite, perdent aussi leurs souvenirs, leur être intérieur. Beaucoup se suicident ou deviennent dangereux. Ce phénomène est appelé l’Oubli. Mais tout le monde n’est pas touché ; il y a donc des survivants avec leur ombre et des survivants sans ombre. « Pourquoi avait-il fallu que les ombres soient ce lieu du corps où gisent les souvenirs ? Pourquoi l’Oubli épargnait-il certaines personnes ? Et lorsqu’on en était affecté, pourquoi la disparition des souvenirs se produisait-elle à des délais aussi variables ? Et quand cet effacement s’accomplissait, pourquoi la terre elle-même semblait oublier, de même que les hommes ? » (Ory, p. 12).

Dans ce roman de science-fiction, pas d’explosions nucléaire ou bactériologique rendant la Terre inhabitable, pas de zombies ou d’extraterrestres envahisseurs ou de robots détruisant l’humanité. C’est un des points forts du Livre de M : un monde post-apocalyptique totalement différent des autres déjà vus (lus) auparavant. Quoique j’ai pensé, durant ma lecture, à L’aveuglement de José Saramago (écrivain portugais) qui raconte la fin du monde à cause d’une cécité fulgurante (roman paru en 1995 et adapté en un excellent film, Blindness, réalisé par Fernando Meirelles en 2008).

Un autre point fort du Livre de M, ce sont les personnages qui sont vraiment très bien créés et suivis par Peng Shepherd (j’ai vraiment eu l’impression qu’elle aimait chacun d’entre eux) : je ne suis pas restée sur ma fin au sujet des personnages, de leur passé et leur histoire alors que la majorité d’entre eux perdaient la mémoire !

D’ailleurs, revenons au résumé et aux personnages. Le lecteur suit donc quelques personnages principaux, très bien choisis et représentatifs de l’humanité : un Indien – d’Inde, pas d’Amérique – (Hemu Joshi) avec lequel tout commence et sa doctoresse indienne (Avanthikar), un Américain d’origine chinoise (Ory), une Américaine noire (Max), un couple d’homosexuels (Paul et Imanuel), un groupe d’Américains classiques (Ursula et sa bande dans leur van), une Iranienne (Naz) principalement, les chapitres alternant avec l’un ou l’autre.

Il y a d’abord Orlando Li Zhang (Ory) et son épouse Maxine Webber (Max) de Washington : ils sont dans un hôtel en forêt dans le Great Falls National Park, au-dessus d’Arlington (Virginie), pour célébrer le mariage de leurs amis (Paul et Imanuel). Ils apprennent ce qui se déroule à Boston puis dans plusieurs États et, peu à peu, les convives partent. Deux ans après, il ne reste plus qu’Ory et Max mais celle-ci a perdu son ombre depuis 7 jours et il n’y a plus rien à manger… C’est en allant à Arlington qu’Ory rencontre un groupe de 12 personnes dont 4 ont encore leur ombre, conduit par Ursula : ils veulent aller à la Nouvelle-Orléans rejoindre Celui qui Rassemble (il a d’autres surnoms). Mais, lorsqu’il rentre à l’Elk Cliffs Resort, Max a disparu avec son petit magnétophone à cassettes sur lequel elle va s’enregistrer pour garder sa mémoire.

Premier flashback. Mahnaz (Naz) Ahmadi est une Iranienne championne de tir à l’arc. Elle a quitté Téhéran pour Boston où elle s’entraîne pour les Jeux Olympiques. Elle est avec son entraîneur et ses coéquipières lorsque les infos montrent le premier homme sans ombre : Hemu Joshi a perdu son ombre au marché aux épices de Pune en Inde. Or, Boston sera la première ville touchée aux États-Unis.

« Ce qu’on a oublié, ça ne manque pas, non ? » (Max, p. 136). Eh bien, essayez de vivre sans votre mémoire, sans le souvenir qu’il faut manger, dormir ou respirer tout simplement !

Je vais mettre ce roman dans le challenge Les étapes indiennes. Bien sûr Peng Shepherd n’est pas une autrice indienne mais une partie du roman se déroule en Inde où tout commence – ce qui apporte et peu d’exotisme – et se rapporte régulièrement à des légendes indiennes (voir ci-dessous avec Hemu et ARI). C’est que, en Inde, le « Jour sans Ombre » existe vraiment à cause de l’angle de la Terre ; c’est un jour célébré mi-mai, lorsque le soleil est au zénith mais, normalement, l’ombre revient ! « Tous les ans, juste avant midi, d’immenses foules se rendaient sur les parvis des marchés pour attendre le moment où le soleil passait si exactement au-dessus d’eux que leur ombre disparaissait pendant quelques stupéfiantes secondes. » (p. 50). Pas de magie dans cet événement : « Une explication parfaitement scientifique. » (p. 50) sauf si les ombres ne reviennent pas ! J’ai remarqué une petite erreur : un des deux frères de Hemu s’appelle Vinay et quelques lignes plus bas, Vijay… (p. 52).

Deuxième flashback. Peu avant l’Oubli, un Américain de la Nouvelle-Orléans a également perdu la mémoire mais dans un grave accident de voiture. Il est surnommé ARI pour « Amnésie Rétroactive Intégrale ». ARI et le docteur Zadeh se rendent en Inde pour rencontrer Hemu Joshi et la doctoresse Avanthikar. Peut-être pourront-il comprendre ce qu’est l’Oubli et y remédier ? Mais « Il n’y a dans aucun champ de la connaissance humaine quelque chose qui puisse l’expliquer. Psychiatrie, neurologie, physique, biologie… » (docteur Zadeh, p. 214). Hemu, bien qu’amoindri par son état, raconte pourtant à ARI des légendes indiennes (d’où le challenge Contes et légendes #2). D’abord le Rigveda, en particulier la légende de Sanjna qui est tellement aveuglée par son époux bien-aimé, Surya, le Soleil, qu’elle crée une ombre identique à elle, Chaaya, pour la remplacer !

Ensuite (c’est ma préférée), celle de Gajarajan, un éléphanteau sauvé du massacre, et de sa jeune sœur (qu’il n’a pas connue), Manikan qui peint et qui est en liaison avec Gajarajan (d’où le challenge Animaux du monde) : cela prouverait-il que la mémoire peut se transmettre d’un être à un autre même à distance mais… comment ?

En tout cas, de bête curieuse qui attire les journalistes du monde entier, Hemu devient bien malgré lui, cobaye scientifique avant de totalement perdre pieds… Typique de notre société.

Vous êtes bien plongé dans cet incroyable roman ? Alors, en route pour la Nouvelle-Orléans ! Malgré les dangers et même si vous avez oublié pourquoi vous y alliez ! « On le saura bien assez tôt. On y arrivera. » (p. 240).

Ce résumé et cette présentation peuvent vous paraître un peu long mais je voulais vraiment vous parler des personnages principaux et aussi de la complexité et de la richesse de ce roman de science-fiction atypique. Ory aime Max, Imanuel aime Paul, Naz aime sa sœur Rojan, ARI aime l’humanité, mais pourront-il sauver ceux qu’ils aiment ? Amour et violence se côtoient tout au long du roman avant un final ahurissant mais plausible. Et j’avais réellement l’impression d’y être ! Un premier roman innovant, rythmé, exceptionnel !

Je tiens à remercier les éditions Albin Michel Imaginaire car j’ai reçu ce livre avant sa parution [mon billet ici] et, je voudrais dire que faire paraître ce roman après le confinement et une pandémie mondiale, c’est assurément gonflé mais n’hésitez pas à investir dans Le livre de M car c’est une excellente lecture ! Science-fiction mais pas que : vous découvrirez pourquoi lors de la lecture.

En plus des challenges cités dans le billet, je mets bien sûr cette lecture dans Littérature de l’imaginaire #8.

Aucune terre n’est la sienne de Prajwal Parajuly

Aucune terre n’est la sienne de Prajwal Parajuly.

Jentayu n° 4 : Cartes et territoires. Nouvelle traduite de l’anglais (Inde) par Benoîte Dauvergne.

Genres : littérature indienne, nouvelle.

Prajwal Parajuly naît le 24 octobre 1984 à Gangtok au Sikkim (Inde). Son père est Indien et sa mère Népalaise. Son premier recueil de nouvelles, The Gurkha’s Daughter (Quercus, 2012), fut nominé pour le Prix Dylan Thomas. Son premier roman, Land where I flee (2013), considéré à sa sortie comme « le roman d’Asie du Sud le plus intelligent et le plus divertissant des dix dernières années », est traduit en français par Benoîte Dauvergne et publié sous le titre Fuir et revenir aux éditions Emmanuelle Collas début mars 2020 (l’Inde devait être l’invitée de Livre Paris, annulé…). Il a également écrit pour le New York Times et pour les journaux anglais, The Guardian et New Statesman ainsi que pour la BBC.

La nouvelle est lisible en ligne sur Jentayu ; merci !

Depuis une douzaine d’années, Anamika Chettri vit pauvrement avec ses filles (Diki, 12 ans, et Shambhavi, 10 ans) et son père malade (« probablement la tuberculose ») dans un camp de réfugiés. Le camp de Khudunabari, j’ai cherché, est situé à Sanischare (district de Koshi au Népal). Après avoir ramassé du bois, elle est prise à partie par des étudiants népalais. « Retourne dans ton foutu pays. »… « Laissez-moi tranquille, espèces de chiens galeux. »

« Anamika se sentait chez elle au camp de réfugiés de Khudunabari. Elle n’était pas du genre à regarder dans le vague et soupirer avec nostalgie en pensant au Bhoutan. Sa théorie était simple : puisque son pays (elle appelait encore le Bhoutan ainsi, même après toutes ces années) ne voulait pas d’elle, elle n’avait aucune envie d’y retourner. » C’est que les gens ont dû passer un test de citoyenneté qu’Anamika a raté et donc elle a été renvoyée dans le pays dont elle avait « des origines » alors que son père était en règle…

Le Bhoutan n’est donc plus son pays et le Népal ne veut pas d’elle non plus… Cependant, il y aurait un espoir : l’Amérique parlerait d’accepter des réfugiés.

Mais le problème d’Anamika est plus profond que tout ça… Prajwal Parajuly parle des relations entre les hommes et les femmes, du mariage, de la brutalité, du « malheur » de n’avoir que des filles. « J’ai déjà quatre filles inutiles à nourrir et habiller parce que cette randi est maudite, et maintenant, tu veux que je fasse venir la fille d’un autre dans cette maison ? Je t’ai donné un toit au moment où tu en avais le plus besoin. Je t’ai épousée alors que tout le monde critiquait ton caractère, et c’est comme ça que tu me remercies ? »… Ravi, le deuxième mari d’Anamika, est un sacré abruti, brutal, hypocrite, profiteur, une honte ambulante…

Je trouve ça super que Prajwal Parajuly, en tant qu’homme parle du malheur des femmes et des filles, de la violence qu’elles subissent, même si elles sont instruites. Bravo, monsieur Prajwal Parajuly ! J’espère lire votre roman !

Une nouvelle pour Les étapes indiennes, Lire en thème 2020 (le titre fait plus de trois mots) et La bonne nouvelle du lundi.