Interview de Baptiste Boryczka

Merci à Baptiste Boryczka pour ce portrait

Après avoir lu – et aimé ! – Korzen, le premier roman de Baptiste Boryczka durant l’été 2015, et Café Krilo, le deuxième roman ce printemps, j’ai eu l’idée d’interviewer l’auteur et il a gentiment accepté.

Bonjour Baptiste, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions !

1. Tu vis depuis bientôt 15 ans à Copenhague, au Danemark, qu’est-ce qui t’a attiré dans ce pays ?

Quelques années auparavant, en plein hiver, ma femme et moi avions passé une semaine de vacances dans le pays. Nous avions adoré l’atmosphère si particulière de Copenhague. Ce sont néanmoins des facteurs plus pragmatiques qui nous ont fait choisir le Danemark pour prendre l’air. Pour partir, ma femme devait trouver un échange Erasmus dans son domaine, alors que je devais trouver du travail de mon côté armé de mon mauvais anglais. Le Danemark a été le dénominateur commun. Nous avons donc débarqué sur les côtes de la Baltique durant la canicule de l’été 2003. Nous pensions gouter à la dolce vita danoise quelques mois, mais nous nous y sommes finalement enracinés.

2. Dans tes deux romans, tu t’inspires de la société danoise pour fictionnaliser une Scandinavie – voire une Europe – qui fait trembler ; la part de réel est-elle importante ?

Oui, le réel est bien présent dans mon travail. Les références à ma ville d’adoption sont nombreuses, mais beaucoup des situations, des psychologies et des personnages sont également bien réels. Mes écrits sont des patchworks de ce qu’ont traversé mes proches ou moi-même.

3. Tu as travaillé pour la radio, maintenant tu travailles dans la sécurité informatique et réseaux, comment es-tu arrivé à l’écriture ? Qu’est-ce qui t’a décidé à écrire le premier roman ?

J’ai toujours eu besoin d’expression artistique. Jusqu’à mon émigration, le dessin et surtout la musique me permettaient de manifester mes colères, mes tortures et mes frustrations. Durant mes premières années de vie active, je vivais à un rythme effréné. Intermittent du spectacle, je travaillais pour plusieurs radios en même temps, oubliant parfois de m’accorder des week-ends. De plus, je répétais avec mon groupe et sortais beaucoup. Je ne prenais pas le temps de souffler, de prendre de recul. En arrivant ici, je m’arrêtai de travailler pour la première fois de ma vie. Avoir du temps dans un environnement si calme comparé à l’effervescence parisienne m’a naturellement conduit à l’écriture. Prendre le temps de raconter des histoires en regardant derrière et autour de moi m’a tout de suite fasciné.

4. En rapport à Korzen, pour toi l’exil est-il un déchirement, une perte de ses racines et de ses origines, ou peut-il être positif, et comment ?

Bien sûr, l’exil offre de facto une biculture et de nombreux atouts qui vont avec. Il fait aussi basculer tout doucement dans un flou où l’on ne devient jamais un local, tout en perdant doucement l’attache à son pays d’origine. Comme j’ai de toute façon un problème d’identité que je ne règlerai jamais, cet état grisant me convient parfaitement.

En France, j’aurais voulu être un exilé, mais je n’étais qu’un descendant d’immigrés rincé jusqu’à la moelle par la machine assimilationniste française. Réaliser le fossé culturel avec mes grands-parents m’a d’abord beaucoup frustré. Dès l’adolescence et encore aujourd’hui, j’ai travaillé d’arrache-pied pour combler mes lacunes. Connaître l’histoire, les langues et la culture de mes grands-parents est devenu une obsession, mais on ne devient pas un exilé en restant chez soi.

Mon émigration a par la suite ajouté une nouvelle dimension à mon problème identitaire. Je dois maintenant à mon tour traverser l’épreuve de l’immigration. La superposition de ces deux couches d’exil a brouillé les pistes. Elle me permet aujourd’hui de continuer mon travail pour renouer avec mes origines, de m’assumer pleinement comme Français et de découvrir une société qui m’était complètement étrangère.

5. As-tu une vision aussi pessimiste de l’avenir européen que dans Café Krilo ou est-ce choisi pour faire réagir les lecteurs ?

Non, je crois en nous et je sais que les Européens ont des ressources. Comme beaucoup, je tente à ma petite échelle de réfléchir sur nos incohérences et nos défauts. Dans Café Krilo, j’ai voulu rappeler que rien n’est acquis : droits élémentaires, infrastructures et avancées sociales – nous nous devons de rester vigilants et de ne jamais cesser de se battre.

6. Quels sont tes écrivains et livres préférés, ceux que tu voudrais que tout le monde lise ?

Mon top 5 dans le désordre : Boris Vian, Kundera, Paul Auster, San Antonio et Kerouac.

7. Que lis-tu en ce moment ?

Je ne lis pas de roman en période d’écriture. Je peaufine en ce moment un troisième bouquin et oscille donc entre essais et bandes dessinées.

8. Quel livre t’est récemment tombé des mains ?

« Penser l’Islam » de Michel Onfray.

9. Quel est ton livre coup de cœur en ce moment ?

Côté roman, mon dernier coup de cœur a été « Le quatrième mur » de Sorj Chalandon. C’est un bouquin très fort et merveilleusement bien pensé. Plus récemment, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le dernier « arabe du futur » de Riad Sattouf.

Ce serait bien que tu partages avec les lecteurs d’autres choses :

10. Quels sont les artistes musicaux que tu aimes ?

Depuis quelques années, j’écoute beaucoup de musique alternative d’Europe de l’Est : Shantel, Dubioza kolektiv, RotFront, Hanba et Apparatschik, par exemple. Leurs textes et leurs mélodies me parlent beaucoup.

J’ai toujours aimé la musique du monde en général. Les bijoux d’Afrique du Nord que j’ai eu le privilège de découvrir en détail pendant mes années à Beur FM et le flamenco que j’ai étudié à la guitare classique ont une place particulière pour moi. D’une autre part, la musique violente et politique occupe également une place importante dans ma discothèque – qu’elle soit punk, hip-hop ou metal. Au milieu de ces deux courants aux antipodes, la musique alternative a baigné mon adolescence. J’étais un grand fan de la Mano Negra quand les poils ont commencé à apparaître sur mon menton.

11. Les artistes (peintres, dessinateurs…) ?

Malgré une culture proche de celle d’un haricot vert, j’aime beaucoup me balader dans les musées et les expos. Photographie, art moderne ou classique, c’est un vrai plaisir pour moi de découvrir les arts graphiques. La bande dessinée et le street-art sont des domaines que je comprends mieux.

J’aime beaucoup le théâtre également – surtout quand c’est décalé et drôle.

Merci à Baptiste Boryczka pour cette photo de Copenhague

12. Et parle-nous un peu de la gastronomie danoise ?

Les Danois on beaucoup de qualités mais la gastronomie traditionnelle reste peu élaborée. Ces dernières années cependant, la « nouvelle cuisine nordique » a envahi Copenhague avec pas mal de réussites.

13. Et pour finir, un nouveau roman ? Top secret ou tu peux nous donner un thème ?

J’ai toujours 4-5 projets en tête. Le prochain est un roman qui suit le parcours de deux hommes. Ils voyagent vers leurs origines en Pologne sans se croiser, mais ce retour aux sources va dans les deux cas bouleverser leur vie.

Je remercie encore Baptiste Boryczka et j’espère que cela vous aura donné envie de lire ses deux romans. D’ailleurs, Café Krilo circule en tant que livre voyageur, vous pouvez donc vous manifestez pour le recevoir et en parler (sur un blog, sur un réseau…) avant de l’envoyer à un prochain lecteur. 😉

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Interview de Jean-Marc Ceci

monsieurorigamiMon coup de cœur de l’année 2016, c’est Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci, un (premier) roman… parfait ! Si, si, je vous assure ! J’ai alors eu l’idée de contacter l’auteur pour lui demander s’il m’accorderait une interview sur le blog et… tadam, quelle joie, quel honneur ! J’espère que pour terminer l’année, ça vous fait plaisir. Nota : au début, je n’avais pas numéroté mes questions mais le document est long c’est pourquoi j’ai choisi de les numéroter et j’ai mis les réponses de Jean-Marc Ceci en couleur.

Jean-Marc Ceci, bonjour et merci d’avoir accepté de répondre à cette petite interview pour mon blog !

1. Monsieur Origami est mon roman coup de cœur 2016 (quelle finesse et quelle profondeur dans ce roman qui paraît pourtant simple !) et je sais que de nombreux blogolecteurs l’ont aussi beaucoup apprécié ; quel(s) effet(s) cela vous fait ?

Bonjour PatiVore.

Je vous remercie pour vos gentils mots.

Je suis très touché par ce qui m’arrive, j’en mesure l’importance et le côté extraordinaire.

Je suis en train de vivre la consécration d’une intention que j’ai depuis mon adolescence. J’y ai pensé en secret chaque jour et chaque nuit pendant plus de vingt ans. Je ne l’avais jamais révélée jusqu’à l’envoi de mon manuscrit. Monsieur Origami est le premier que j’envoie à un éditeur : j’ai estimé que le temps était venu.

2. Vous reliez dans ce roman plusieurs choses qui me touchent : un Japonais (j’ai vécu au Japon et c’est un pays qui me fascine), la Toscane (j’adore l’Italie, c’est pour moi le pays du romantisme), la chatte Ima (j’adore les chats) et le temps (source perpétuelle d’interrogation). Voici mes questions :

2-a. J’ai trouvé que vous connaissiez bien le Japon et ses traditions (washi, origami, thé, arts martiaux…) ; avez-vous été au Japon ou avez-vous écrit ce roman « à l’aveugle », au feeling ?

Ma passion pour le Japon remonte à mon enfance. Je ne peux pas expliquer pourquoi. C’est en moi. J’ai toujours été fasciné par la construction de la mentalité, de son for intérieur, la recherche de la sagesse, la spiritualité silencieuse qui entoure les gestes du quotidien. J’ai toujours voulu chercher à cultiver cet état d’esprit en moi.

Adolescent, j’ai pratiqué les arts martiaux avec un homme extraordinaire qui a beaucoup compté pour moi. J’ai eu beaucoup de chance de le rencontrer. Je peux dire que pas un jour ne se passe sans que je ne pense à lui encore aujourd’hui. La pratique du karaté, puis de l’aïkido, m’a nourri et est restée en moi.

Les phrases m’ont en partie été inspirées de l’efficacité des gestes courts et précis des arts martiaux.

2-b. Vous avez la double nationalité, italienne et belge : quelle(s) relation(s) avez-vous avec votre patrie d’origine ?

Je suis fier d’être belge et je suis fier d’être italien. Il y a en moi un peu des deux cultures. J’ai encore de la famille en Italie avec qui je garde contact.

Je suis issu de l’immigration. Mes grands-pères ont émigré en Belgique et ont travaillé dans les mines. Je ne les ai malheureusement pas connus. La Belgique est le pays d’accueil de toute ma famille et m’a offert la nationalité belge lorsque j’étais adolescent. Ma double nationalité reflète à la fois mes origines et mon présent.

2-c. Aimez-vous les chats ? En avez-vous ? Si oui, vous ont-ils inspiré pour le travail de réflexion et d’écriture ?

Le chat – et les félins en général – est l’animal auquel je me suis toujours identifié. Adolescent, j’ai été scout et j’y ai reçu le totem de Lionceau. On ne choisit pas son totem, je l’ai donc reçu avec joie.

La présence de la chatte Ima était nécessaire dans l’histoire. Je la voulais discrète, mais présente, comme le sont les chats. Je suis d’autant plus content d’avoir ajouté ce personnage qu’il est l’évocation personnelle de ma propre chatte, l’animal de compagnie de mon enfance. Je l’aimais beaucoup.

Dans le roman, la chatte apparaît pour équilibrer l’histoire. Elle s’approche des êtres auprès desquels elle entend obtenir quelque chose, elle s’en éloigne lorsqu’elle est repue des êtres, elle vit en paix, elle rappelle Kurogiku au calme. C’est sans doute le seul personnage qui a tout compris : il se fait dorloter et il dort – et lorsqu’il dort, il ronronne. C’est à peu près tout.

2-d. Quant au temps (quel beau projet de le déplier !), avez-vous cette notion plus cyclique que linéaire qu’ont les Bouddhistes ?

Je vois le temps comme l’espace. Ni le temps ni l’espace ne sont linéaires. Ils occupent tout. Mais nous, humains, ne pouvons faire les choses qu’en séquences, nous sommes ainsi faits. Nous nous déplaçons sur une ligne : même si nous savons que l’espace est infini, nous ne pouvons en occuper qu’un seul point à la fois. Il en va de même du temps, je pense. Il est déjà parti, il n’est pas encore advenu, et tout cela en même temps. Mais nous, humains, ne pouvons nous positionner qu’en un seul point à la fois qui s’appelle le présent. Nous sommes en ce lieu, mais nous savons qu’il existe d’autres lieux où nous ne sommes pas. Je dirais également que nous sommes en ce moment, mais nous savons qu’il existe d’autres moments où nous ne sommes pas. Mais ils sont là.

3. En lisant Monsieur Origami, j’ai ressenti des similitudes avec les écrits de Cédric Villani en particulier dans le style (épuré) et le choix des mots (précis) comme si, malgré toute la poésie de ce roman (qui ressemble à un haïku géant !), vous l’aviez rédigé en scientifique, de façon mathématique : était-ce calculé ? (sans jeu de mot !).

Dans ce ton « mathématique » ou « scientifique », comme vous dites, j’y vois le ton coupé et sec d’un geste d’art martial, comme je le disais plus haut. Dans un coup, une position, un kata, il y a une esthétique compatible à leur efficacité, qui leur est nécessaire même.

Ce ton n’était pas calculé car, à partir du jour où j’ai eu l’idée de ce roman, il m’a fallu deux ans avant de le trouver. J’avais en tête la relation difficile et emplie de non-dits entre les deux personnages – Kurogiku et Casparo – mais je ne trouvais pas le ton qui traduisait ce que je ressentais de l’intérieur. Alors j’ai mis cette histoire de côté tout en la surveillant du coin de l’œil. Un jour, deux ans plus tard, j’ai senti le ton qui me semblait devoir être utilisé. À ce moment, j’ai écrit très vite, dans un sentiment d’urgence, de peur de perdre la petite musique. J’ai essayé de mettre sur papier les mots comme les notes de musique du ton que je voulais donner à l’ensemble.

J’ai coupé avec une paire de ciseaux dans la tête tous les mots qui faisaient trop de bruit. J’ai essayé de faire paraître les émotions qui traversent les personnages et les vérités de l’histoire au moyen de la combinaison des éléments factuels. Je voulais laisser le lecteur induire et reconstruire lui-même ce qui était en train de se passer.

4. À une personne qui me disait « Je n’ai pas le temps de lire », j’ai répondu « Lis-le et tu verras que tu auras le temps de prendre le temps ! » et effectivement, elle a lu Monsieur Origami et l’a énormément apprécié. Que représente pour vous le temps ? Le « manque » de temps ? Pensez-vous qu’il prend trop de place dans nos vies ?

Je reprends les similitudes entre le temps et l’espace.

De quoi est-on disposé à se débarrasser par manque de place chez soi ? Quel sacrifice est-on prêt à faire si ce sacrifice sert à la création d’un espace nécessaire à une réalisation qui nous tient plus à cœur encore ?

J’utilise ce même état d’esprit pour le temps. Plus que « prendre » le temps, je pense qu’il est question de « reprendre » le temps à ce qui nous le vole, ou prendre « son » temps.

Il pleut, il neige, il fait froid, cela n’arrête pas le coureur à pied ou cycliste. Car ce qu’ils font n’est pas courir ou pédaler. Courir ou pédaler n’est que le moyen d’atteindre un objectif. Ils le font pour une raison (se détendre, oublier, se dépasser, se prouver). Les conditions ne sont jamais idéales. La vraie question pour moi est la suivante : le temps étant ce qu’il est, comment est- ce que je décide de m’y adapter et d’avancer, malgré tout.

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Source : Facebook de Jean-Marc Ceci

5. En parlant de temps, vous êtes un jeune auteur proche de la quarantaine : écrire vous est-il venu comme ça « sur le tard » ou écrivez-vous pour vous depuis plus longtemps ?

J’écrivais pour moi depuis longtemps, caché. Comme une activité interdite ou inavouable, mais surtout parce que le résultat était médiocre, et ne méritait rien d’autre que de rester caché. Il m’était donc inutile d’en parler. Je savais qu’un jour il me faudrait bien sortir de cette sorte d’impasse qui consistait à cacher ce qui, dans la vie, me tenait à cœur. Cela a pris du temps pour que je me décide à m’ouvrir et assumer les conséquences, qu’elles soient heureuses ou douloureuses. Entre-temps j’ai vécu d’autres expériences qui m’ont nourri aussi. C’est ainsi. Monsieur Origami est le premier que j’envoie à un éditeur : j’ai estimé que j’étais enfin prêt, que le temps était venu. Alors je l’ai envoyé. Cela faisait 10 ans que je savais la personne à qui je voulais l’envoyer : Guy Goffette. Je ne le connaissais pas du tout, mais sa plume me touche au plus profond. C’est à lui que j’ai envoyé mon manuscrit. Aujourd’hui il est mon éditeur, et j’en éprouve une grande fierté. C’est une chance extraordinaire.

6. Après la lecture de Monsieur Origami, un ami a dit qu’il le pensait trop bien écrit, trop scientifique, que ça frisait l’imposture (sic) ; que voudriez-vous lui répondre ?

Je n’ai pas vraiment de réponse car je ne vois pas vraiment de question, mais plutôt une opinion. Je suis qui je suis et j’ai écrit ce que j’ai écrit, c’est tout ce que je peux dire.

7. J’espère que vous accepterez de partager avec mes lecteurs et moi quelques infos :

7-a. Quels écrivains appréciez-vous et conseilleriez-vous ?

J’aime Alessandro Baricco, Guy Goffette, JMG Le Clézio, Italo Calvino, Stefano Benni, Charles Dickens, Luigi Pirandello, Antoine de Saint-Exupéry, Daniel Pennac, Jacqueline Harpman, Maurice Maeterlinck, Sylvie Germain, John Steinbeck, John Kennedy Toole, Nietzsche… Je me nourris d’histoires et de styles très divers. Si j’étais nutritionniste, je dirais qu’il est bon d’avoir une alimentation littéraire variée. Je ne conseille rien d’autre que cela.

7-b. Que lisez-vous en ce moment ?

De l’inconvénient d’être né, de Cioran. Ensuite, je commence Les Luminaires, d’Eleanor Catton.

7-c. Un livre qui vous est récemment tombé des mains ?

Le dernier qui m’est vraiment tombé des mains est Guerre et Paix, je pense. C’était il y a très longtemps. Le moment était mal venu, car je l’avais emporté lors de mon voyage de noces ! Je n’avais donc pas la tête à ça. Depuis, cela ne m’arrive quasiment jamais. J’attends d’être prêt avant de lire un roman. Si j’évoque et me souviens de Guerre et Paix, c’est que le souvenir m’a marqué. Je sais que je le lirai. Cela prendra peut-être un an ou vingt.

7-d. Un artiste musical que vous appréciez ?

Chopin, Bach, Vivaldi, Mozart.

7-e. Un artiste (peinture, dessin…) que vous appréciez ?

Léonard de Vinci, Dali, Jérôme Bosch, Miro, les peintres flamands.

7-f. Vos coups de cœur 2016 ?

J’ai toujours été en retard de plusieurs années dans mes lectures, alors je répondrai à cette question dans quelques années.

Cette année, j’ai découvert et dévoré Cioran avec Syllogismes de l’amertume.

8. Autre chose que vous souhaiteriez ajouter ?

Je vous remercie pour vos questions.

À dix-huit ans, je suis tombé par hasard sur les 10 conseils d’Hemingway aux écrivains. J’aime bien les relire, de temps en temps. Les voici :

Soyez amoureux.

Crevez-vous à écrire.

Fréquentez les écrivains du « Bâtiment ».

Ne perdez pas votre temps.

Écoutez la musique.

Regardez la peinture.

Lisez sans cesse.

Ne cherchez pas à vous expliquer.

Écoutez votre bon plaisir.

Taisez-vous.

9. Et la dernière question : un deuxième roman en projet ? (j’espère que oui !).

Oui.

[Excellente nouvelle ! Mais zut ! J’aurais dû demander s’il lui était possible de donner un thème, un topo, un titre, une date de parution… Tant pis, il faudra patienter !]

Jean-Marc Ceci, encore merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et surtout merci pour ce magnifique Monsieur Origami !

Merci à vous, PatiVore. Cela m’a fait plaisir.

Quel bonheur, cette interview ! Les réponses de Jean-Marc Ceci sont simples mais argumentées. Même sa réponse à la question 6 quand on pense au conseil de Hemingway : « Ne cherchez pas à vous expliquer ». Et quand je parle de simplicité, ce n’est pas péjoratif, c’est en fait dans les sens de sans fioritures et de façon sincère et généreuse. Ses réponses m’ont enrichie, touchée, émue, j’ai vraiment hâte de lire le deuxième roman ! Mais en attendant, mon dernier conseil de l’année, c’est : lisez Monsieur Origami, ce roman est magnifique, profond, émouvant, je ne taris pas d’éloges mais je ne veux pas en faire trop et que vous vous détourniez…  Et puis, vous pouvez bien sûr aussi piocher dans la belle liste d’auteurs qu’il aime lire. Vous pouvez suivre Jean-Marc Ceci sur FB.

Sur ce, passez de bonnes fêtes de fin d’année et je vous dis à l’année prochaine, c’est-à-dire à demain !

Interview de Pascal Marmet, auteur

Tire4epinglesPascal Marmet, bonjour et merci de m’avoir envoyé et dédicacé Tiré à quatre épingles [lien vers ma note de lecture].

C’est votre premier roman policier, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire un roman policier ? Lisez-vous des romans policiers ?

Oui on peut dire que c’est mon premier vrai polar bien que j’avais publié en 2012 un thriller, À la folie, chez France Empire. Je tiens cependant à en souligner la différence. Dans un polar, l’enquête est la plus importante et le lecteur se met à la place du commandant Chanel le héros de cette histoire, très parisienne, très Quai des Orfèvres puisque la plupart de l’action se déroule dans le 6e arrondissement de Paris. J’ai lu dans ma jeunesse beaucoup de romans policiers, oui. J’en lis moins car aujourd’hui ce sont souvent des traductions et il y a bien trop de sang !

Je n’ai pas (encore) lu vos autres romans mais j’ai l’impression que vous êtes très précis, pointilleux, que vous ne voulez pas laisser échapper le moindre détail, est-ce difficile, faites-vous de nombreuses recherches ou est-ce naturel dans votre processus d’écriture ?

Pour le roman du parfum et le roman du café oui une documentation énorme car ce sont des romans à thème et j’ai eu presque plus de recherches que d’écriture. Pour celui-là aussi puisque j’ai visité plusieurs fois le Musée des Arts premiers et la Gare de Lyon avec des responsables de la SNCF. Je pense que j’aime les choses bien faites, donc pour mois je trouve cela naturel. On n’écrit pas un livre en deux mois !

Je pense que vous aimez le parfum et le café (au vu de vos romans parus récemment aux éditions du Rocher) ! Aimez-vous aussi les trains ? (c’est ce qu’il m’a semblé à la lecture de Tiré à quatre épingles).

Je n’aime pas particulièrement les trains mais j’avais écrit mon premier livre dans un train entre un long, très long voyage entre Moscou et Vladivostok (10 jours et 10 nuits). En ce qui concerne le roman du parfum et le café, c’était des commandes de mes éditeurs mais j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler comme un journaliste et à rencontrer des parfumeurs, des nez ou des torréfacteurs.

Et concernant l’art africain : avez-vous déjà été en Afrique ? Aimez-vous l’art africain ? Les arts premiers ? Êtes-vous collectionneur vous-même ?

Je suis allé en Afrique souvent mais c’était plus pour écrire le roman du café. Pour Tiré à quatre épingles, j’ai trouvé l’essentiel de mes recherches à Paris dans les boutiques d’art du 6e arrondissement et au Musée des Arts premiers, Quai Branly à Paris (Musée Chirac). Par ailleurs, n’oublions pas que, au départ, c’est un ancien préfet de police sous la présidence de M. Jacques Chirac qui se fait assassiner. Hommage à notre ex-président.

Prévoyez-vous un autre roman policier ou un roman sur un tout autre thème ?

Tout dépendra du succès de Tiré à quatre épingles. J’aimerais bien créer un héros récurrent, oui. En plus Chanel, ça sonne bien comme nom… « référence au roman du parfum ».

PascalMarmetPouvez-vous répondre à un petit questionnaire de Proust pour que les lecteurs vous connaissent mieux ?

Votre principale qualité ? Je suis perfectionniste, j’aime la qualité.

Votre principal défaut ? Quelquefois je suis impatient.

Votre occupation préférée (en dehors de l’écriture) ? Lecture, piscine, tennis et la marche.

Le pays où vous aimeriez vivre ? Dans un pays nordique.

Votre couleur préférée ? Rouge.

Votre vêtement préféré ? Blouson cuir ou costume, ça dépend des moments et des soirées !

Votre animal préféré ? Chien et chat, je suis les deux.

Votre végétal (plante ou fleur) préféré ? La rose.

Votre aliment préféré ? Le bon pain, les bons poissons.

Votre écrivain préféré ? Balzac, Flaubert.

Votre genre littéraire préféré ? Polar, biographie, essai, témoignage (j’aime apprendre quelque chose quand je lis un livre).

Votre compositeur ou musicien préféré ? Chopin.

Votre peintre préféré ? Picasso, Curtis, Matisse (tardif).

Un petit mot en plus pour mes lecteurs ?

Merci de m’avoir lu. J’espère que vous allez lire le nouveau titre 2015, Tiré à quatre épingles, paru chez Michalon.

Pascal, je vous remercie d’avoir répondu à mes questions (merci pour la photo aussi) et j’espère que mes lecteurs auront envie de découvrir votre univers et de lire vos romans !