Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani.

Mangetsu, collection Shônen, mai 2022, 192 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-38281-137-5. Rooster Fighter volume 1 (2021) オンドリの戦闘機 ou ニワトリ・ファイター (Niwatori Fighter) est traduit du japonais par Alexandre Fournier.

Genres : manga, shônen, science-fiction, fantastique, horreur.

Shû Sakuratani 桜谷シュウ naît… eh bien quelque part au Japon (aucune info) et il est mangaka. Son premier manga T-Dragon (ヒーローズコミックス 10 tomes entre 2015 et 2019) n’est pas traduit en français. Plus d’infos (et plein de dessins de coqs) sur son compte twitter et son instagram.

Pour l’instant 4 tomes sont parus au Japon : en prépublication dès décembre 2020 dans Hero’s Inc.’s Comiplex (extrait) et en parution dès mai 2021, et un tome est attendu pour 2023.

« Voici l’histoire d’un simple coq … déterminé à protéger l’humanité. » (p. 8). Il y a un an, le Japon a été envahi par des kijûs, des monstres gigantesques qui détruisent tout sur leur passage et bouffent les humains… Le coq sur la couverture, c’est Rooster Fighter ou Coq de baston, « Je vais tous vous éclater ! » (p. 6) mais son vrai nom est Keiji.

Ce coq, attrapé par deux chenapans (un veut le manger, l’autre le donner à son chat), est sauvé par un petit vieux, veuf et triste, qui lui donne à manger, « Désolé, je n’ai pas mieux à t’offrir… – Du riz complet, du maïs, de la pérille… C’est un festin digne d’un roi ! » (p. 22-23) lorsque un kijû fait son apparition, détruit la maison voisine et s’apprête à avaler les chenapans et le pépé alors le valeureux coq intervient et il réussit, « Cocori-K.-O. ! » (p. 46).

Keiji sait que d’autres kijûs apparaîtront alors il essaie d’être au bon endroit au bon moment. Mais il a un défaut, il ne sait pas nager et, après l’épisode du zoo, il est coincé sur une île : j’ai beaucoup aimé sa rencontre avec la tortue millénaire, « T’es bien le premier qui ose tenir tête à Gin le borgne. » (p. 111) et il va falloir qu’il aille en mer…

Les kijûs ne sont-ils pas les monstres que la société japonaise génère ? Des jeunes délaissés par leurs proches ou martyrisés et qui ont la peur au ventre puis la haine, des gens abrutis par leur travail et qui n’ont pas de vie ou des femmes abandonnées alors ils et elles pètent un câble… Au-delà du côté shônen (manga pour garçons et adolescents) et du côté science-fiction, fantastique, horreur, le lecteur se pose des questions sur la vie et la société (avec par exemple les oiseaux exotiques au zoo et le sacrifice de papy Zena, ou le papounet yakuza qui avait un bon fond et qui a été abusé). Nous, les humains, ne sommes-nous pas des monstres en puissance ? Dans le sens ne pouvons-nous pas tous nous transformer en monstre, comme manger des êtres vivants morts (ou parfois encore vivants dans certaines gastronomie) ou prendre plaisir à voir des animaux enfermés ou faire souffrir les autres ou pire…

À noter que les kaijû 怪獣 sont des créatures étranges, mystérieuses, monstrueuses mais naturelles qu’on voit dans le kaijû eiga 怪獣映画, le cinéma japonais de monstres comme Godzilla pour ne citer que le plus connu mais ici, le mot kijû est inventé, peut-être parce que les créatures sont des humains qui se transforment et pas des créatures naturelles comme les kaijû.

Source : éditeur.

Hey, le business « dans le nettoyage. Le yakuza moderne se doit de gagner sa vie honnêtement. » (p. 153), un clin d’œil à La voie du tablier de Kôsuke Oono ? En fin de volume, il y a une histoire bonus, ah ah ah, une histoire de coq et de poulette… Bon c’est quand même un manga sérieux mais qui m’a fait rire et qui est super bien dessiné avec des détails très réalistes et fournis (ci-contre, mon image préférée). Quelle idée saugrenue et excellente de créer un coq sauveur de l’humanité ! C’est loufoque, sans aucun temps mort, et si vous n’aimez pas particulièrement la baston, ne passez pas votre chemin car dessins et messages valent vraiment le coup ! J’ai hâte de lire les tomes suivants pour en savoir plus sur Keiji, ses pouvoirs et sur ce qui l’a mené dans ce combat.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny), BD 2022 et les challenges ABC illimité (lettre S pour nom), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Rooster / Coq) et Un genre par mois (contemporain en novembre, avec justement un manga très contemporain au niveau dessin, histoire, traitement des thèmes…).

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Charlock 4 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 4 – Attaque chez les Chats-Mouraïs de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, octobre 2021, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08149-624-8.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

Après Charlock 1 – La disparition des souris, Charlock 2 – Le trafic de croquettes en 2020 et Charlock 3 – L’affaire du collier en 2021 (c’est bizarre, je suis sûre de l’avoir lu mais je n’ai pas publié la note de lecture, elle est peut-être au brouillon quelque part…), voici le 4e tome de Charlock et il se déroule au Japon ! « Charlock est un chat. Comme tous les autres chats, il possède plusieurs vies. Certains semblent penser qu’ils en ont neuf, mais rien n’est moins sûr. Un chat ne sait pas compter. À chacune d’elles, Charlock atterrit dans un nouvel endroit et une tout autre époque. Heureusement que les chats retombent toujours sur leurs pattes. […] Voici donc une nouvelle aventure qui commence… » (extrait du prologue, p. 7-8).

Tokyo, 2020, en soirée. Charlock est avec Nine-Chat, Kiki, Gueï, Chimie, Kitti qui vivent au ChatOuille, un bar à chats dans lequel les clients viennent « boire un thé et tripatouiller la fourrure de ceux qui y résident. » (p. 12). Ils sont intrigués par un chat qui ne bouge que la patte devant la vitrine et ne ronronne pas, ils l’appellent Muet et décident de faire quelque chose pour lui (il ne peut pas rester dans cet état !). Mais, d’abord, ils vont au marché aux poissons pour manger des sushis et des makis préparés par le chat Sumo.

En sortant, ils voient une boutique et en vitrine, le même chat que Muet, ainsi il y a d’autres chats-statues ! « Il y en a peut-être beaucoup d’autres, commence le Nine-Chat. C’est une horrible malédiction ! » (p. 25). En interrogeant les carpes du bassin voisin, les chats apprennent que « il y en a dans l’entrée de chacune des boutiques aux alentours » (p. 30) mais alors, « La situation est vraiment préoccupante. » (p. 31) ! La plus vieille carpe envoie les chats consulter Tanuki-san « Dans l’ancienne forêt, près du temple aux mille cerisiers. » (p. 32). Mais il faut traverser le cimetière gouverné par les dix M, les gardiens du lieu, les Chats-Mouraïs…

« Une terrible malédiction transforme les chats en statue quand arrive leur neuvième vie. Juste pour porter chance aux humains ! explique Gueï. » (p. 54). Charlock, le détective, et sa bande de copains chats pourront-ils faire quelque chose pour les chats statues muets ?

En lisant ce roman, les enfants (8-10 ans) découvrent des jeux de mots et apprennent pas mal de choses sur le Japon et sa culture en particulier son bestiaire : Maneki-Neko, carpes koï, tanuki Pompoko, samouraï, Kiki qui souhaiterait être le chat d’une petite sorcière pour voler avec elle sur son balai, lucioles, légende du chat blanc se prélassant qui sauva la vie d’un seigneur en lui faisant signe de la patte… L’occasion pour eux de découvrir avec leurs parents l’univers des films d’animation du studio Ghibli (entre autres) et leurs premiers mangas !

Pour les challenges Contes et légendes #4 (du Japon), Littératures de l’imaginaire #10 (pour le côté fantastique), Polar et thriller 2022-2023, Les textes courts, Un genre par mois (contemporain en novembre) ainsi que les nouveaux challenges illimités, ABC illimité (lettre P pour nom) et Les départements français en lectures (Oise).

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Lundi Soleil 2022 #octobre (5)

Vous pouvez cliquer !

Nous sommes toujours dans le dixième thème de Lundi Soleil 2022, celui d’octobre qui est une couleur, le rose. Contrairement à ce que vous pouvez imaginer avec ces couvertures roses, ces mangas ne sont pas du genre shôjo (manga pour jeunes filles) mais sont bien pour adultes ! Avec Ryota du mandala de Jun Hatanaka, le jeune Ryota « Dans une ville thermale du Japon des années 70s, […] s’initie aux joies de l’adolescence en prenant des bains. Aventures sexuelles, histoires sentimentales, geishas, yakusas… », nous avons ici du gekiga (« dessins dramatiques »). Et avec Pink de Kyôko Okazaki, « Yumi, 22 ans, employée de bureau le jour, prostituée la nuit. Une situation que la jeune femme a choisie […] », nous avons du josei (manga féminin). Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain pour le thème de novembre, une direction, l’ouest (les thèmes des directions sont ceux que je trouve les plus difficiles…).

Le Japon révélé – Visions of Japan de Xavier Gros, Atsuko Koga et Chiharu Nagatani

Le Japon révélé – Visions of Japan de Xavier Gros, Atsuko Koga et Chiharu Nagatani.

International Manga Association, mai 2001, 128 pages, 10 €, ISBN 978-2-95158-920-9, édition trilingue (anglais, français et japonais).

Genres : comic strips manga, humour.

Xavier Gros, l’auteur, naît à Agen. Il travaille en Angleterre et en Écosse pendant 7 ans avant de partir au Japon pour 2 ans.

Atsuko Koga, l’illustratrice, naît à Tokyo. Elle est parfaitement bilingue et s’inspire de Sazae-san pour ce livre qui est sa première œuvre.

Chiharu Nagatani naît à Aichi-ken. Elle étudie le Droit à l’université de Tokyo puis le français en Suisse et en France. Elle travaille pour la maison d’éditions Toyo Keizai depuis des années. Pour ce livre, elle a traduit les textes en japonais, a effectué le lettrage et quelques illustrations.

Ce recueil est construit de la même façon que Cabu au Japon (Seuil, 1993). « Le Japon révélé présente de manière satirique certains aspects culturel, social et politique du Japon. […] une vision de la vie japonaise perçue à travers les yeux d’un Européen mais qui est partagée par des Japonais. […] elle ne se veut pas un pamphlet contre le Japon et ses citoyens. Ce n’est qu’une BD satirique et humoristique sur le pays du Soleil Levant. » (p. 13).

Publié l’année de ma naissance (1966), Kamikaze de Zabo « est certainement un des premiers ouvrages de bandes dessinées qui présente une vision satirique du Japon. » (p. 14). Suit Gaijin de Tim Ernst et Tommy Uematsu en 1987 puis Cabu au Japon de Cabu (Seuil, 1993) et Impressions japonaises de 9 artistes français (Denoël, 1993). Du côté japonais, c’est le yonkoma (strips en 4 cases verticales) Sazae-san de Machiko Hasegawa qui, depuis 1946, montre le quotidien d’une famille japonaise (adapté en animé dès 1969, toujours en cours sur Fuji TV avec plus de 2500 épisodes, j’en ai vu quelques-uns lorsque j’étais au Japon).

Si vous souhaitez réviser votre anglais et/ou votre japonais en souriant, ce livre est idéal pour vous et vous en apprendrez beaucoup sur les gaijin (« gens du dehors », étrangers pour les Japonais) et sur le quotidien des Japonais :

– Économie (forte) et politique (insignifiante), technologie (très forte), « Euh, excusez-moi. Vous êtes si jolie et si figée que je me demandais si vous étiez humaine ? – Bien sûr que je suis humaine. J’ai été programmée pour. » (p. 69).

– Travail (shigoto, shigoto !) et vacances (si, si, les Japonais ont des vacances, il me semble même qu’ils ont 1 ou 2 jours fériés de plus que nous dans l’année mais pas sûre qu’ils puissent toujours poser leurs congés pour le bon fonctionnement de l’entreprise…), « Vous devez travailler dur pour la compagnie, toujours travailler, encore travailler ! Ce n’est que si vous vous donnez à fond, que vous consacrez votre vie au service de la compagnie, qu’il est possible d’apprécier la vraie valeur d’un homme. Aaaarrrggghhh !!! – C’est une crise cardiaque ! – Mon dieu !!! – C’est fini – Il avait raison. Je l’apprécie beaucoup plus maintenant . » (p. 50-51).

– Société (circulation, transports en commun, sommeil, poubelles, téléphones portables, savoir-vivre = ne pas se moucher en public, « C’est sale et dégoûtant » p. 52, c’est sûr c’est mieux de renifler…).

– Relations entre les gens, Japonais entre eux et avec les étrangers, « Le seul avantage des accidents de voitures à Okinawa… c’est que nous sommes sûrs que le conducteur… était Américain. » (p. 77).

– Cigarettes (évidemment pas nocives pour la santé), alcoolisme, sports (sumô, base-ball, ski, marathon), manga…

– Quelques animaux (chien, cigales, poissons… pour sushis et poulets pour brochettes ‘yakitori’).

En fin de volume, il y a 6 pages de notes (en anglais) pour mieux comprendre certains thèmes abordés dans le livre. C’est une relecture pour moi et je n’ai rien appris car je savais déjà tout ça mais je l’ai relu avec plaisir et ça reste amusant et instructif pour ceux qui veulent en savoir plus sur le Japon et les comportements principaux des Japonais.

Et pour conclure, « À Tokyo, les étrangers ne sont jamais perdus. » (p. 107), c’est vrai je ne me suis jamais perdue ni à Tokyo ni ailleurs au Japon (alors qu’à Paris ou à Lyon, entre autres…).

Pour La BD de la semaine, les challenges BD 2022 et Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Japon).

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Projet 52-2022 #40

Quarantième semaine pour le Projet 52-2022 de Ma avec le thème parc ou jardin. Je vous emmène à nouveau près de Hakone au Japon, j’avais hésité fin août avec le thème en pleine nature et puis je me suis dit que j’allais publier cette photo durant l’automne (thème de la semaine prochaine d’ailleurs). Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

PatiVore : parc en pleine nature avec vue sur Hakone, préfecture de Kanagawa, Japon

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Lundi Soleil 2022 #septembre (3)

Nous sommes toujours dans le neuvième thème de Lundi Soleil 2022, celui de septembre qui est une saison, l’automne. Vous n’en avez pas marre du Japon ? Tant mieux (parce qu’ici, malgré un peu de pluie, c’est tout sec, donc pas très joli à prendre en photo) alors je vous emmène de nouveau au Japon, cette fois-ci à Yokohama près du quartier Chinatown (le plus grand Chinatown du Japon, fondé en 1859). Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain (peut-être avec une photo de chez moi).

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Lundi Soleil 2022 #septembre (2)

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Nous sommes toujours dans le neuvième thème de Lundi Soleil 2022, celui de septembre qui est une saison, l’automne. Je vous emmène de nouveau au Japon, cette fois à Kyôto avec sa célèbre Kamogawa 鴨川 (kamo = canards et gawa = rivière). Cependant ce ne sont pas des canards que vous voyez sur une des photos mais sûrement des mouettes ou peut-être des aegithalos caudatus japonicus, c’est-à dire des mésanges blanches à longue queue (s’il y a un ornithologue dans le coin, merci de confirmer !). En tout cas, j’espère que ces photos vous plaisent. Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain.

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Lundi Soleil 2022 #septembre (1)

Voici une photo pour Lundi Soleil 2022. Le thème de septembre est une saison : l’automne. C’est Ikuta Ryokuchi 生田緑地 à Tama-ku dans la préfecture de Kanagawa (entre Tôkyô et Kawasaki) au Japon. C’est le plus grand parc naturel proche de Tôkyô et, à l’automne, il est possible d’y observer les érables, entre autres. Les bâtiments que vous voyez font partie du Musée en plein air de la maison de folklore et ils sont tous anciens, traditionnels, principalement en bois et en pierres. J’espère que ça vous plaît. Je vous souhaite une bonne semaine, un beau mois de septembre, et vous donne rendez-vous lundi prochain.

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Projet 52-2022 #34

Trente-quatrième semaine pour le Projet 52-2022 de Ma avec le thème en pleine nature. Je vous emmène à nouveau au Japon parce qu’au Japon aussi, on peut se balader en pleine nature ! Ici, c’est près de la ville de Hakone dans la préfecture de Kanagawa au sud ouest de Tôkyô (pas loin du Fuji-san). Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

PatiVore : Hakone, préfecture de Kanagawa, Japon

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Projet 52-2022 #33

Trente-troisième semaine pour le Projet 52-2022 de Ma avec le thème carte postale. Il y a une année, je me rappelle avoir pris en photo des cartes postales que j’avais reçues mais je n’en reçois plus… Alors j’ai fait ma propre carte postale avec 4 photos persos. Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !