La voie du tablier (tomes 5 à 7) de Kôsuke Oono

La voie du tablier de Kôsuke Oono.

Kana, collection Big Kana, prépublication dans Kurage Bunch, publications chez Shinchôsha (10 tomes, série en cours). 極主夫道 Gokushufudô (2018-en cours) est traduit du japonais par Rodolphe Gicquel.

Genres : manga, seinen, furyô, humour.

Kôsuke Oono おおの こうすけ (en hiragana) ou オオノ・コウスケ (en katakana) naît un 31 décembre dans la préfecture de Shiga (île de Honshû). Il étudie le manga à l’université Seika de Kyoto. Il commence sa carrière en 2016 avec Legend of music et Papa’s cooking, puis en 2017 arrivent Zombies, Night Town, Kaidanko et Le Père Noël arrive. Il aime les animaux et vit avec un shiba inu. Plus d’infos sur son site officiel, sur son compte twitter.

La voie du tablier (tomes 1 à 4) de Kôsuke Oono.

Tome 5Kana, janvier 2021, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50508-894-3.

On retrouve Tatsu l’Immortel, une légende chez les yakuzas, qui s’est rangé pour devenir homme au foyer. Son épouse, qui part en voyage d’affaire, lui propose d’en profiter pour se détendre. Se détendre ? Grand nettoyage, « Haa ! J’adore cette odeur de citrus ! » (p. 6), lessive, cuisine… ! Heureusement Masa lui rend visite et ils en profitent pour s’amuser (jeux vidéo, jenga, lancement de canettes…). Puis en allant faire les commissions, il rencontre un ancien yakuza du clan Hirako (anéanti) reconverti en rappeur, c’est donc au micro qu’ils vont s’affronter à la grande surprise des passants et du boucher voisin. Et d’autres gags comme la foire d’empoigne au restaurant buffet à volonté, la fondue chez les parents de Miku, les étrennes, la foire aux alcools locaux, attention aux abus ! « Vous ne croyez pas que vous avez assez bu ? » (Miku ivre, p. 116).

En fin de volume, trois chapitres bonus dont New Wave Music avec Beef, l’album de MC Yak (Tatsu en fait) et La promenade de Gin (le chat) qui, rencontrant un corbeau, souhaite voler.

Tome 6Kana, juillet 2021, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50508-895-0.

Tatsu est invité à rejoindre le conseil d’administration qui réunit les présidentes de huit associations de femmes au foyer du quartier, il s’appelle « le conseil des Huit Dragons » (p. 20), ça fait vraiment yakuza ! Allez, venez faire la connaissance de Yokoo la viking, Kobayashi l’alchimiste, Arai la pro du golf, Tsutsumishita les bons tuyaux, Terada la nettoyeuse, Kitagawa la maîtresse des fleurs, Chôno la samaritaine et la présidente du conseil, Fukuda la duchesse, je confirme, ça fait gang ! Mais ça ne va pas être de tout repos pour qu’il devienne Tatsu l’organisateur des tables. Parmi les autres gags, Tatsu et Miku doivent garder Kotetsu, le chiba inu d’un ami, mais durant la promenade, Tatsu et Kotetsu rencontrent Élisabeth, la chienne du yakuza Kunimi (chienne que Gin, le chat, a déjà rencontrée).

En fin de volume, trois nouveaux chapitres bonus dont un souvenir (malheureux) de Gin.

Tome 7Kana, novembre 2021, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50511-278-5.

Tatsu est toujours homme au foyer (sa fierté) mais il travaille à mi-temps au Dedama Café, un bar à chats, dans lequel entre madame Torii, veuve d’un yakuza (que le lecteur a déjà rencontrée dans les volumes précédents). Il récupère aussi l’argent pour le comité du quartier (certaines familles pensent que c’est un racketteur et ont très peur). Dans ce tome, des animaux, de la bonne bouffe et une bonne santé ! Ah, et quelques haïkus avec le club de beau-papa aussi, euh… « La mer du Japon j’ai vu couler dans ses flots un très gros baril. » (p. 114) et « Fraîches nuits d’automne rien ne vaut une baston dans l’obscurité. » (p. 115), c’est du costaud, pas vrai, et il y en a d’autres.

En fin de volume, trois chapitres bonus dont deux au camping en solo et un avec Gin et l’otaku du quartier (que le lecteur a déjà rencontré ici là).

Dommage que je n’aie pas le tome 8… Et qu’il ne soit pas disponible dans les bibliothèques où j’emprunte…

Je remets ce que j’ai déjà dit sur le billet pour les tomes 1 à 4. La voie du tablier est un manga seinen (adultes) de genre « furyô », ce genre est apparu dans les années 60 avec des histoires de délinquants, de yakusas, de gangs (comme les gangs de motards dans Akira), dans les mangas et dans les films japonais. Sauf qu’ici, c’est une comédie donc c’est drôle ; ce sont des tranches de vie au quotidien mais il n’y a pas de temps mort, il y a même de l’action, et ce même lorsque Tatsu fait les commissions (il est imbattable sur les promotions) et lorsqu’il assiste aux réunions du comité de quartier. J’ai aimé le côté décalé (l’homme à la maison, la femme qui travaille, mais il n’y a pas que ça) et les relations ambivalentes avec les gens : certaines personnes, adultes ou enfants, ont quand même un peu peur de lui (quoique les vieilles dames du quartier l’apprécient beaucoup) car, même repenti et homme au foyer, il garde une voix forte, des références aux yakuzas, un regard et une allure de tueur (heureusement il porte souvent des lunettes sombres). C’est rythmé et les personnages (humains et animaux) sont bien dessinés et attachants. C’est à découvrir et, si vous vous lassez un peu des gags (pourtant tous différents), attendez un peu avant de lire le(s) tome(s) suivant(s).

Ce manga a été adapté en drama (feuilleton) de 10 épisodes en 2020 (réalisé par Toichiro Ruto et diffusé sur Nippon Television) et en série d’animation de 10 épisodes en 2021 (réalisée par Chiaki Kon et diffusée sur Netflix). C’est pourquoi je le mets dans Les adaptations littéraires. Ci-dessous, je remets les deux vidéos, celle du trailer du manga et celle de la bande annonce de l’animé (en VF).

Des lectures que je mets aussi dans La BD de la semaine (même si toujours en pause estivale), BD 2022, Jeunesse young adult #11, L’été lisons l’Asie (menu Fil rouge = Japon, menu de juillet = Paysages d’Asie, lire un livre avec un mot évoquant la nature dans le titre, un titre ou une couverture évoquant l’un des quatre éléments, un récit initiatique ou roman d’apprentissage, ici, au lieu du gokudô, la voie extrême, le code d’honneur des yakuzas, c’est la voie du tablier, le récit initiatique d’un homme au foyer), Polar et thriller 2022-2023 (je le mets parce qu’il y a régulièrement deux policiers qui surveillent Tatsu et veulent l’arrêter), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 3 – Au pays du soleil levant = culture japonaise).

La voie du tablier (tomes 1 à 4) de Kôsuke Oono

La voie du tablier de Kôsuke Oono.

Kana, collection Big Kana, prépublication dans Kurage Bunch, publications chez Shinchôsha (10 tomes, série en cours). 極主夫道 i>Gokushufudô (2018-en cours) est traduit du japonais par Rodolphe Gicquel.

Genres : manga, seinen, furyô, humour.

Kôsuke Oono おおの こうすけ (en hiragana) ou オオノ・コウスケ (en katakana) naît un 31 décembre dans la préfecture de Shiga (île de Honshû). Il étudie le manga à l’université Seika de Kyoto. Il commence sa carrière en 2016 avec Legend of music et Papa’s cooking, puis en 2017 arrivent Zombies, Night Town, Kaidanko et Le Père Noël arrive. Il aime les animaux et vit avec un shiba inu. Plus d’infos sur son site officiel, sur son compte twitter.

Tome 1Kana, juillet 2019, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50507-669-8.

Tatsu l’Immortel, une légende chez les yakuzas, s’est rangé pour devenir homme au foyer. Il fait les commissions, prépare de bons petits plats à Miku, son épouse, une designer belle et ambitieuse, fait le ménage (quand Gin, le chat, le laisse faire), du bricolage et donne même des cours de cuisine à des jeunes femmes.

Mais, il était aniki (grand frère) de Masa, un jeune yakuza qui le cherche depuis qu’il s’est volatilisé… « Rien ne va plus depuis que tu es parti. Certains d’entre nous se sont fait coffrer. Le clan Shinzaki n’existe plus. Chacun vit sa vie de son côté » (p. 36), sauf que certains lui en veulent d’avoir détruit le clan et veulent lui faire la peau.

En fin de volume, trois chapitres bonus dont La promenade de Gin dans lequel le chat rencontre divers animaux en particulier Élisabeth Kunimi, 5 ans, la chienne du yakuza qui veut la peau de Tatsu.

Tome 2Kana, octobre 2019, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50507-670-4.

Un matin, Tatsu se rend compte que « la peau de [son] visage commence à se détendre » (p. 3). Son épouse l’envoie dans une salle de fitness où il essaie l’aérobic, le yoga et il adore ! Bon, ce n’est pas tout, mais il faut faire à manger et il fait pousser du basilic, des tomates, etc. (génial pour faire de bonnes pizzas) mais la police le surveille (il cultiverait de l’herbe sur son balcon).

Comme les gags (chaque chapitre est une histoire différente) sont diversifiés, on ne s’ennuie pas et on sourit souvent, bon je n’ai pas ri aux éclats mais il y a de bons gags et de bons jeux de mots (loterie, visite des beaux-parents, etc.).

En fin de volume, il y a de nouveau trois chapitres bonus dont La promenade de Gin, cette fois il rencontre un autre chat.

Tome 3Kana, février 2020, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50507-671-1.

Toujours drôle avec, au menu, plein de bonnes choses à manger (y compris pour les chiens), de l’acide citrique, des choses relaxantes (ça comprend le chat) mais attention, il y a un cafard dans l’appartement ! Des yakuzas qui ne sont plus au top de leur forme et des messages de paix, « Mais la violence n’engendre rien d’autre que la violence. » et « Vous ne protégerez jamais rien en ayant recours à la force. » (p. 90).

En fin de volume, trois chapitres bonus dans lesquels vous allez découvrir Tatsu professeur.

Tome 4Kana, août 2020, 160 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50508-454-9.

Alors que Tatsu veut acheter un beau poisson, un chat lui vole et court se cacher dans un magasin de literie puis dans une quincaillerie (il connaît bien le quartier !). Puisqu’on est avec des animaux, allons faire un tour à la Ferme de Brême ! Puis vous découvrirez « la véritable puissance des articles à 100 yens… » (p. 71). Et un petit tour à la plage ne vous fera pas de mal (de toute façon, il y a tout le temps à manger, même à la plage (pastèque, palourdes…).

En fin de volume, trois autres chapitres bonus, une balade avec Pinky (chien d’un yakuza retraité) et une autre avec Gin (chat de Tatsu et Miku).

La voie du tablier est un manga seinen (adultes) de genre « furyô », ce genre est apparu dans les années 60 avec des histoires de délinquants, de yakusas, de gangs (comme les gangs de motards dans Akira), dans les mangas et dans les films japonais. Sauf qu’ici, c’est une comédie donc c’est drôle ; ce sont des tranches de vie au quotidien mais il n’y a pas de temps mort, il y a même de l’action, et ce même lorsque Tatsu fait les commissions (il est imbattable sur les promotions) et lorsqu’il assiste aux réunions du comité de quartier. J’ai aimé le côté décalé (l’homme à la maison, la femme qui travaille, mais il n’y a pas que ça) et les relations ambivalentes avec les gens : certaines personnes, adultes ou enfants, ont quand même un peu peur de lui (quoique les vieilles dames du quartier l’apprécient beaucoup) car, même repenti et homme au foyer, il garde une voix forte, des références aux yakuzas, un regard et une allure de tueur (heureusement il porte souvent des lunettes sombres). C’est rythmé et les personnages (humains et animaux) sont bien dessinés et attachants. C’est à découvrir et, si vous vous lassez un peu des gags (pourtant tous différents), attendez un peu avant de lire le(s) tome(s) suivant(s).

Ce manga a été adapté en drama (feuilleton) de 10 épisodes en 2020 (réalisé par Toichiro Ruto et diffusé sur Nippon Television) et en série d’animation de 10 épisodes en 2021 (réalisée par Chiaki Kon et diffusée sur Netflix). C’est pourquoi je le mets dans Les adaptations littéraires. Ci-dessous, deux vidéos, celle du trailer du manga et celle de la bande annonce de l’animé (en VF).

Des lectures que je mets aussi dans La BD de la semaine (même si toujours en pause estivale), BD 2022, Challenge de l’été – Tour du monde (Japon), Jeunesse young adult #11, L’été lisons l’Asie (menu Fil rouge = Japon, menu de juillet = Paysages d’Asie, lire un livre avec un mot évoquant la nature dans le titre, un titre ou une couverture évoquant l’un des quatre éléments, un récit initiatique ou roman d’apprentissage, ici, au lieu du gokudô, la voie extrême, le code d’honneur des yakuzas, c’est la voie du tablier, le récit initiatique d’un homme au foyer), Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Tablier), Polar et thriller 2022-2023 (je le mets parce qu’il y a régulièrement deux policiers qui surveillent Tatsu et veulent l’arrêter), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 3 – Au pays du soleil levant = culture japonaise).

Sky Hawk de Jirô Taniguchi

Sky Hawk de Jirô Taniguchi.

Casterman, collection Sakka, octobre 2009, 288 pages, 12,95 €, ISBN 978-2-23-02617-9. Ten no taka (Sky Hawk) (2002) est traduit du japonais par Corinne Quentin.

Genres : manga, western.

Jirô Taniguchi… Consulter mon billet avec sa biographie et sa bibliographie.

Après la défaite de leur Daimyo (seigneur) du fief Aizu, Hikosaburô Soma (32 ans) et Manzô Shiotsu (29 ans), deux samouraïs, se sont exilés aux États-Unis (après la restauration de Meiji en 1868). Manzô étant blessé à la jambe suite à une attaque de grizzli, Hikosaburô chasse seul en ce jour de mars 1871 et il sauve une femme indienne qui vient d’accoucher d’une petite fille (qui se prénommera Sakura).

À son réveil, elle raconte qu’elle s’appelle Running Deer, qu’elle appartient à la tribu Sioux des Sans-Arcs et que six mois plus tôt elle a été achetée par un homme blanc lorsque son village a été incendié. Évidemment des hommes blancs armés viennent la récupérer mais Hikosaburô utilise le jujitsu pour les vaincre sans problème. Plus loin des Sioux du clan Oglagla observent la scène. « Face à un homme armé, tu as été le plus rapide. Comment fais-tu ? » (Crazy Horse, chef des guerriers Oglagla). C’est décidé, les deux samouraïs partent avec les guerriers Oglagla pour vivre dans leur tribu sur leur terre sacrée, les Black Hills (Wyoming), et leur enseigner le jujitsu ! Ou quand la tradition japonaise rejoint la tradition amérindienne (et il y a des similitudes, entre le bushidô et le code de l’honneur indien entre autres).

La jambe de Manzô est guérie, les cours de jujitsu commencent et les Indiens sont vraiment surpris de la rapidité et de l’efficacité de cet art martial. Mais lorsqu’ils vont à la chasse aux bisons avec les deux Japonais, c’est l’horreur, des centaines de bisons ont été tués par des chasseurs et des militaires blancs. Pour le plaisir mais aussi « pour forcer les Indiens des plaines à renoncer à leur mode de vie basé sur la chasse, et à se résigner à vivre dans les réserves gérées par le gouvernement. » et aussi parce que les Blancs prévoient de faire passer le Cheval de Fer (le train) à travers les plaines d’est en ouest.

Après de dangereux combats (contre les Blancs, contre les Crows alliés aux envahisseurs) dans lesquels ils font leurs preuves, Hikosaburô devient Sky Hawk (Faucon Céleste) et Manzô devient Winds Wolf (Loup des Vents) et sont accueillis à part entière dans le clan Oglagla.

Mais les traités comme celui de 1865 qui stipule que « Sur l’ensemble de ce territoire, les Blancs n’auront le droit ni de s’établir ni de posséder des terres. Sans autorisation des Indiens, ils n’auront pas le droit non plus de traverser ces zones. » sont systématiquement bafoués. Non seulement les Blancs traversent sans autorisation des Indiens mais en plus ils s’installent (villes, mines), ils pillent, ils brûlent, ils tuent des milliers de bisons (indispensables aux Indiens) et avancent avec le Cheval de Fer jusqu’aux plaines des Oglagla… « On a beau chasser les Blancs sans cesse, il en revient toujours. Comme des armées de sauterelles. ».

Printemps 1876, menacés par le gouvernement américain et par les militaires toujours mieux armés (carabines, fusils à répétition, canons, mitrailleuses…), les Cheyennes survivants se joignent aux Oglagla près de la rivière Rosebud puis « les diverses tribus Sioux, Brûlés, Sans-Arcs et Pieds-Noirs se rejoignent » ainsi que les Cheyennes Hunkpapas conduits par Sitting Bull et de jeunes guerriers qui ont quitté les réserves dans lesquelles ils étaient parqués, mais tous ont perdu de nombreux villages et de valeureux guerriers…

Dans la préface Jean Giraud alias Moebius dit que le western est un genre passé de mode à Hollywood (comme le péplum et le cinéma de cape et d’épée) mais qu’il survit grâce à la « ‘Bande Dessinée’, non, ça, c’est seulement le prénom, le patronyme entier est : ‘Bande Dessinée Francophone’. C’est là que les cow-boys se sont réfugiés, avec arme et bagages, et tout le reste […]. », bande dessinée francophone que Jirô Taniguchi découvre et apprécie c’est pourquoi il se lance dans la création de ce magnifique western.

Je voudrais ajouter qu’un autre manga de western existe pourtant, c’est Shumari d’Osamu Tezuka, un seinen paru entre juin 1974 et avril 1976 dans le magazine Big Comic puis en 4 tomes chez Shôgakukan (Japon) en avril 1976 et chez Tonkam (France) entre novembre 2007 et septembre 2008. Plus récemment, Billy the Kid 21 de Noburu Rokuda, inspiré bien sûr de l’histoire de Billy the Kid mort à 21 ans, seinen en 3 tomes est paru chez Green Arrow Shuppansha (Japon) en 2008 et chez Black Box (France) en 2018. Peut-être y en a-t-il quelques autres mais je ne veux pas faire ici une recension de tous les mangas westerns !

Dans la postface, Jirô Taniguchi dit que, ce western, il avait « envie de [le] dessiner depuis une bonne vingtaine d’années. » Comme beaucoup d’entre nous, il a vu enfant les westerns hollywoodiens et les ‘westerns spaghettis’ (italiens) et il a découvert la bande dessinée européenne. Il s’est basé sur l’histoire des premiers migrants japonais aux États-Unis, « en 1869, une quarantaine de Japonais du clan Aizu, ayant perdu la guerre de Boshin, avaient emprunté le bateau à vapeur China, partant de Yokohama pour se rendre à San Francisco. » Ainsi cette ‘petite’ histoire dans la Grande Histoire est bien réelle (Sakura a d’ailleurs été photographiée par un photographe japonais) et l’auteur a fait des recherches pour être au plus près de la réalité (concernant les lieux, les batailles, le mode de vie, tout ça) même s’il y met un peu de fiction.

De mon côté, j’ai été émue au plus haut point (au point que les Indiens auraient pu m’appeler Rivière de Larmes !). Les six premières planches sont en couleurs, ensuite c’est en noir et blanc (beaucoup de manga de Taniguchi se lisent dans le sens occidental, celui-ci se lit dans le sens japonais). Les dessins sont magnifiques, à la fois sobres et à la fois détaillés, et il y a de très beaux paysages, Taniguchi s’est surpassé. Fans de Taniguchi, fans de western, curieux ? C’est pour vous !

Pour La BD de la semaine (cependant en pause durant la période estivale) et BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 19, un roman de mon auteur préféré, je peux dire qu’en manga, Taniguchi est un de mes auteurs préférés), Challenge de l’été – Tour du monde 2022 (auteur japonais mais l’action se déroule aux États-Unis, l’organisatrice a demandé que si on présente un manga, on parle d’au moins 3 tomes sauf qu’ici, ce n’est pas une série, c’est un one-shot de près de 300 pages, pour moi c’est l’équivalent d’un roman, si ça pose problème, ce n’est pas grave, j’ai d’autres lectures américaines mais j’aime bien sortir des sentiers battus !), Challenge lecture 2022 (catégorie 48, un manga, 2e billet), L’été lisons l’Asie (menu Fil rouge = Japon, menu de juillet = nature, récit initiatique, roman d’apprentissage, c’est l’histoire de deux Japonais exilés fin XIXe siècle aux États-Unis, recueillis par une tribu indienne et donc qui vivent en pleine nature et avec la nature) et Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 3 – Au pays du soleil levant = culture japonaise, ou comment la culture japonaise se lie à la culture amérindienne).

Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu

Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu.

Dupuis Vega, septembre 2021, 178 pages, 8 €, ISBN 978-2-37950-144-9. Hosekisho no shinjin 1 (Kadokawa Shoten, 2019) est traduit du japonais par Yuki Kakiichi et Nathalie B.

Genres : manga, shônen.

Marimuu まりむぅ est scénariste et dessinatrice. Secrets of Magical Stones est son premier manga. Plus d’infos sur son twitter et sur son pixiv.

Une fillette trouve « la toute première pierre précieuse de [sa] vie ». Sa vocation est née.

Des années après, Mana quitte son village pour la ville de Lithos, la Ville Lumière, au sud du pays, car elle entre au Ministère des Pierres Précieuses. Elle voyage avec son animal, Kururu. Elle est ravie mais elle cumule les gaffes… Elle perd sa broche, elle arrive en retard le premier jour, elle oublie Kururu… Maladroite, « Distraite et étourdie… ça promet pour sa formation. »

Sa camarade de chambre est Ray de la célèbre famille noble Orven. Les deux ont 15 ans et pas du tout le même comportement.

Bon, eh bien, ce n’est pas gagné, Mana se plante souvent… Mais « Je ne veux pas les décevoir ! Je vais devenir… une excellente chasseuse pour partager avec eux les pierres et leur énergie ! ».

En fin de volume, des explications pour comprendre le fonctionnement du Ministère, des talarias (bottines pour chasser les pierres), de la gemectricité (énergie des pierres), et j’ai vérifié : ces pierres, fluorite, fluorine, rhodochrosite, existent vraiment.

Même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, je vais lire la suite puisque cette série est jolie, dynamique, amusante et surtout complète en 3 tomes seulement. Tome 2 paru en novembre 2021 et tome 3 en février 2022 (comme d’hab, à voir avec la bibliothèque).

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Shiny Summer Challenge (menu 1 – Été ensoleillé, sous-menu 3 Au pays du soleil levant = culture japonaise).

Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort

Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort.

Futuropolis, octobre 2015, 184 pages, 24 €, ISBN 978-2-75481-199-6. Quaderni Giapponesi vol.1 – Un viaggio nell’impero dei segni est traduit de l’italien par Laurent Lombard.

Genres : bande dessinée italienne, récit de voyage.

Igort, de son vrai nom Igor Tuveri, naît le 26 septembre 1958 à Cagliari en Sardaigne. Il est auteur de bandes dessinées, éditeur (Coconino Press de 2000 à 2017) et réalisateur. Il commence sa carrière en 1980 et publie dans des revues italiennes (Il Pinguino, Frigidaire, Linus, Alter) puis françaises (Métal Hurlant, L’Écho des Savanes). De nombreuses bandes dessinées paraissent chez Futuropolis, Albin Michel, Les Humanoïdes Associés, Casterman, Vertige Graphic… Plus d’infos sur son site officiel. Il y a plus de 10 ans, j’avais lu Les cahiers ukrainiens mais je n’avais pas relu cet auteur depuis (mais pourquoi donc ?).

Inspiré par les maîtres des estampes (Hiroshige, Hokusai, Sharaku, Utamaro), par l’ère Showa, « Showa-jidai, qui signifie littéralement ‘période de paix éclairée’. » (p. 16) et passionné de dessin, le jeune Igor rêve du Japon depuis l’adolescence et dessine des histoires inspirées par L’empire des signes de Roland Barthès, par les cartes de stratégies obliques créées par le chanteur Brian Eno, « Sur chaque carte, il y avait des suggestions abstraites » (p. 21) et par les préceptes d’Ekiken, un « médecin samouraï du XVIIe siècle » (p. 23) aussi un grand botaniste. Avec « Daniele Brolli, un ami écrivain et dessinateur de BD » (p. 22), il réalise sa première bande dessinée, Goodbye Baobab (qui se déroule au Japon).

Donc, lorsqu’Igort se rend au Japon pour la première fois au printemps 1991, ça fait plus de 10 ans qu’il en rêve. En 1994, il habite dans un joli quartier ancien de Tôkyô, Bunkyo-ku, « fait de petites constructions et peuplé de temples et de sanctuaires. » (p. 10) et il a un contrat avec Kôdansha (son manga Yuri aura un immense succès non seulement auprès des enfants mais aussi des adultes).

J’ai beaucoup aimé la façon respectueuse avec laquelle Igort raconte sa vie à Tôkyô, sa découverte des codes, son amour des jardins et des temples, sa découverte du monde du manga et du gekiga, sa rencontre avec Jirô Taniguchi (m’a émue), leurs échanges sur le monde du travail différent au Japon et en Europe et leur amitié, sa rencontre avec Masashi Tanaka (Gon, excellent manga sans texte), ses relations avec son éditeur, Tsutsumi Yasumitsu, « Avec lui, j’ai appris énormément de choses sur mon monde à moi, sur ce que je cherchais, sur ce qu’étaient les thèmes de mon travail de conteur. » (p. 44), sa passion pour le cinéma de série B (les « films de yakusas, de samouraïs ou des films érotiques appelés ‘pinku eiga’ », p. 52) en particulier ceux de Seijun Suzuki (révéré par Kitano et Tarantino), sa passion pour le monde du sumô (que j’ai vécue moi aussi), sa découverte des auteurs japonais (Natsume Sôseki, Junichiro Tanizaki, Kafu Nagai…) et de la musique underground japonaise dans les quartiers modernes (Akasaka, Roppongi…).

Toute une nostalgie qui s’installe à la lecture de cette très belle bande dessinée richement illustrée (quelques photos anciennes) et sérieusement documentée… « Je vis le présent au Japon comme un voile léger qui laisse transparaître le passé. » (p. 113). Peut-être à découvrir, si c’est possible, Momotarô-Umi no Shinpei de Mitsuyo Seo, film d’animation, une « perle qui a saisi aux larmes Osamu Tezuka alors âgé de 16 ans » (p. 129) et Norakuro de Suihô Tagawa, manga en 10 volumes, « Même Osamu Tezuka, futur père d’Astro le petit robot, aimait cette BD joyeuse et la considérait parmi ses plus fortes influences. » (p. 131). Une photo impressionnante (p. 136-137), des enfants (9-12 ans environ) armés qui partent à la guerre… « Il y a quelque chose d’éperdument tragique et d’essentiellement japonais dans tout ça : le sourire amer caressé par un chrysanthème. » (p. 135). Je n’en ai pas parlé mais Igort a beaucoup parlé du chrysanthème, de son origine, de sa signification précédemment (p. 68-71).

D’autres expériences d’Igort m’ont émue comme la statue du chien Hachikô à la gare de Shibuya (illustration p. 139), le film d’animation Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata, « magie invisible des grandes œuvres » (p. 140), je dois dire que je suis en larmes chaque fois que je vois ce film, sa visite du musée Ghibli où il n’a pas rencontré Isao Takahata mais Hayao Miyazaki, « Miyazaki était gentil. Il parlait du ton calme de celui qui sait faire la part des choses. » (p. 142), des années plus tard, ce n’est pas Hayao Miyazaki que j’ai rencontré mais son fils Gorô Miyazaki (l’échange a été rapide mais j’en garde un extraordinaire souvenir). Igort dit « Ça a été un des après-midi les plus légers et les plus profonds de ma vie. » (p. 144), eh bien suite à ma visite du Musée Ghibli à Mitaka en juin 2003 et à ma rencontre non seulement avec Gorô Miyazaki mais aussi les personnages que j’aime, je peux dire la même chose (et j’ai pleuré en voyant le robot géant du Château dans le ciel avec le petit oiseau sur son épaule).

Oh, une petite erreur page 144, durant son échange avec Miyazaki, « Il m’a parlé de l’époque où il a travaillait au manga ‘Nausicaa’ […] », alors « où il a travaillé » ou « où il travaillait » ? Je pencherais pour la 2e réponse vu que les verbes suivants sont « qu’il y avait consacrés […] lui paraissait […]. ».

Mon passage préféré. « Kurihara-san, le grand chef de la septième division éditoriale de Kodansha, m’a dit un jour que le Japon c’était comme un écrin, et que ceux qui voulaient s’en approcher devaient avoir les clés de cet écrin pour pouvoir profiter des trésors conservés en son sein. Moi, ça fait plus de 20 ans que je l’ai approché, ce lieu de l’âme, et que je le fréquente assidûment. Ce qui n’empêche pas que son mystère se renouvelle continuellement. » (p. 149).

Ce premier tome est une très belle lecture, riche, émouvante, qui me rappelle des souvenirs non seulement de mes voyages au Japon mais aussi de mes découvertes de la culture japonaise (littérature, cinéma, animation, manga, arts, musique, thé…), le Japon me manque tellement que parfois je l’occulte pour ne pas trop souffrir de ce manque (pendant quelque temps, je ne lis pas de romans ou de mangas japonais, je ne regarde pas de films ou de séries japonais…) mais instinctivement, je ne peux m’empêcher d’y revenir, c’est vital ! C’est pourquoi, dès que possible, je lirai les deux autres tomes des Cahiers japonais d’Igort, le tome 2 : Le vagabond du manga paru en juin 2018 et le tome 3 : Moga, mobo, monstres paru en septembre 2021.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 11, une bande dessinée ou un roman graphique, 4e billet), Hanami Book Challenge (menu 2, passé, présent et futur du Japon, sous-menu 1, au temps des samouraïs, mais Tokyo capitale et L’individu dans la société sont également abordés), Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Cahiers, enfin cette catégorie est honorée !), Un mois au Japon (qui continue en mai) et Une semaine en Italie (l’auteur est Italien).

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Lundi Soleil 2022 #mai (3)

Nous sommes toujours dans le cinquième thème de Lundi Soleil 2022, celui de mai qui est une direction, l’est. Eh bien, après le soleil se lève à l’est la semaine dernière, voici le soleil se couche aussi à l’est puisque voici un coucher de soleil au Japon (Shinjuku, Tôkyô), soit bien à l’est de la France où j’habite ! Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain si je trouve une autre idée pour l’est (pas facile les thèmes des directions).

Shinjuku, Tôkyô, Japon – PatiVore

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2010, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-35592-138-4. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la neige – Aya et la déesse de la neige prennent un chocolat chaud mais elles sont dérangées par la déesse de la colline qui annonce une fleur des neige de l’autre côté de sa colline. Mais en s’approchant la fillette tombe dans une crevasse…

La déesse du malheur – Une fillette n’a vraiment pas de chance et la déesse du malheur lui vient en aide mais elle omet de lui dire que le pacte a des conséquences et un coût… « Si tu pensais pouvoir profiter de toute cette chance sans aucune contrepartie, c’est que tu es sacrément stupide, vraiment ! ».

Shimashima et Miyako – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans les 3e histoires du 1er et du 2e tomes. Pendant que Shimashima est dans le monde des déesses, Miyako attend son retour dans le monde des humains. Les déesses réussiront-elles à les réunir et à récupérer la pierre sacrée ?

Après avoir relu récemment les deux premiers tomes de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent et Kamisama 2 – Les contes de la colline, je ne pouvais que relire le 3e tome pour Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2.

Que dire de plus que pour les premiers tomes ? C’est toujours très beau, doux et poétique. Si vous aimez les contes, les chats, le merveilleux et la tendresse, lisez cette belle trilogie aux couleurs pastels.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai.

Soleil Manga, collection Seinen, décembre 2021, 144 pages, 11,95 €, ISBN 978-2-302-09518-2. Ojisama to neko vol. 2 おじさまと猫 (Square Enix, 2018) est traduit du japonais par Sophie Piauger.

Genres : manga, seinen.

Umi Sakurai 桜井海 est une mangaka japonaise mais je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos… Son premier manga, 神とよばれた吸血鬼 (Kami to yoba reta kyûketsuki), est paru de septembre 2014 à février 2017. Plus d’infos sur son Twitter et son Pixiv.

En début d’année, j’avais beaucoup aimé Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 1 d’Umi Sakurai. Je ne pouvais que lire la suite !

On retrouve dont le professeur Kanda (Fuyuki de son prénom) et l’Exotic Shorthair Fukumaru qui a un petit défaut de langage. Parfois Kanda passe un peu de temps avec son meilleur ami, Kobayashi, qui lui a un chien.

C’est vraiment amusant et tendre quand Kanda joue avec Fukumaru. « Tu m’adores, c’est ça ? – Miaaou ! Une fois de plus, il traduisait comme ça l’arrangeait. » (p. 12). Mais Fukumaru « adore les caresses ! Ça mie rappelle quand maman mie léchait ! Ça mie fait du bien… Ça mie détend… Ça mie fait chaud au cœur ! » (p. 15).

Il n’y a pas à dire, Kanda et Fukumaru sont heureux ensemble, très heureux même, mais chacun a sa faiblesse : Kanda est souvent triste lorsqu’il pense à sa défunte épouse et Fukumaru a peur de perdre son papa lorsqu’il part au travail. Heureusement les retrouvailles, les câlins et les gros dodos sont comme magiques. « Encore une journée pleine de bisous » (p. 57).

Mais, de temps en temps, Fukumaru fait des bêtises… « Ah ! Ne fais pas tes griffes sur le canapé ! Non, non ! Le canapé n’est pas ton griffoir ! Non ! Non ! J’ai dit non ! Fukumaru ! Arrête ! Fukumaru !!! Mais ? C’est moi ou plus je le gronde, plus ça l’encourage ? » (p. 71), tiens, j’ai déjà vécu ça ! J’avais lu que ‘non’ est le mot que les chats entendent le plus souvent et qu’ils font semblant de ne pas comprendre le plus.

En tout cas, ce que Fukumaru déteste toujours, c’est le ‘truc noir’, c’est-à-dire le piano. Mais le principal, c’est d’être heureux, n’est-ce pas ? « Moi, je suis vraiment très heureux. C’est peut-être toi, en fin de compte, qui prends bien soin de moi. » (Kanda, p. 130).

Et ce manga, ces petites histoires de Kanda et de Fukumaru, les petites touches de leur passé qui reviennent peu à peu, c’est un pur bonheur. Vivement la suite ! Le tome 3 est paru en mars 2022 et le tome 4 est annoncé pour juin 2022.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et BD 2022 mais aussi pour Hanami Book Challenge #2 menu 2 (passé, présent et futur du Japon) et sous-menu 3 (l’individu dans la société), Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et Un mois au Japon.

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO.

Glénat, septembre 2013, 208 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-72349-192-1. D.Gray-Man ディー.グレイマン (2004, Shûeisha) est traduit du japonais par Karine Rupp-Stanko.

Genres : manga, shônen, fantastique.

Katsura HOSHINO 星野・桂 naît le 21 avril 1980 au nord d’Osaka, dans la préfecture de Shiga. Elle souhaite d’abord devenir animatrice en animation et s’installe à Tôkyô mais ça ne lui convient pas et elle se lance dans le manga avec deux one-shots, Continue et Zone, puis commence la série D.Gray-Man.

Europe, fin d’un XIXe siècle imaginaire. Moore Hesse, jeune policière, et son collègue entrent dans une église que les habitants jugent maudite car de nombreuses personnes y disparaissent depuis deux ans. Elle y découvre un chat, une nuée de chauve-souris et un jeune voyageur, Allen Walker, qui dit être arrivé le matin et que le chat a avalé quelque chose qui lui est cher. Mais son collègue est tué par un akuma (diable, démon, esprit maléfique) qui « Plus il commet de meurtres, plus il devient fort. » (p. 24).

Allen est en fait un exorciste, un ecclésiastique chasseur d’akuma ; s’il est en Angleterre, c’est à la demande de son maître, le père Cross Marian, et il doit se rendre au quartier général des exorcistes, la Congrégation de l’Ombre. Mais il rencontre un enfant, Jean ; son père est chercheur au Vatican et il connaît les akuma ; il veut devenir lui aussi chercheur pour créer une arme qui les détruira d’un coup. Mais son meilleur ami, Léo, qui vient de perdre sa mère, n’est plus lui-même… « La progression des akuma est en marche. La fin des temps approche ! » (le Comte millénaire, p. 127)

Quelle lecture ! Au début, je me suis dit, bon, encore un shônen avec des jeunes qui sauvent le monde mais c’est rondement bien mené et super bien dessiné ! Mais dans ce shônen dark fantasy, tout est réussi, les personnages, les décors, l’histoire, le passé d’Allen, la prophétie, l’Innocence. Et puis c’est plutôt rare qu’une femme dessine et écrive un shônen, en plus d’une telle qualité. Je vous le conseille ! Et j’aimerais beaucoup lire la suite mais que vois-je ? 27 tomes, série encore en cours ! Oh la la…

En tout cas, D.Gray-Man a été adapté en animation, en jeu vidéo, en roman et même en jeu de cartes. C’est pourquoi je vais le mettre dans le challenge Adaptations littéraires.

Et aussi dans La BD de la semaine, BD 2022, Contes et légendes 2022, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et bien sûr dans Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2007, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-915513-52-3. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la colline – Une jeune femme revient sur le lieu de son enfance, une colline où elle avait rencontré une déesse minuscule qui n’avait apparemment aucun pouvoir. « Je ne comprends toujours pas… – Moi non plus. » Mais elle n’a pas pu voir le printemps arriver avec la petite déesse car elle a déménagé avec sa mère… La déesse était-elle un rêve ?

Le cerisier électrique – « On dit qu’il existe plus de huit millions de divinités au Japon. » Mitsuki se rend au cerisier pour voir Sakura la déesse mais celle-ci est avec la déesse de la colline (de l’histoire précédente) et une autre déesse, celle des lignes électriques, fait irruption. Et celle-ci a vraiment un comportement… électrique !

Shimashima au pays des déesses – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans la 3e histoire du 1er tome. Les trois déesses (rencontrées dans les deux histoires précédentes) sont mécontentes car il a une pierre sacrée autour du cou (elle lui a été offerte par Miyako). Pourront-elles renvoyer Shimashima dans son monde (c’est-à-dire celui des humains) ?

Après avoir relu récemment le premier tome de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent, j’ai eu très envie de relire ce deuxième tome, en plus en avril il y a deux challenges japonais, Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Je lirai le tome 3 durant le mois d’avril.

Comme pour le premier tome, c’est très beau, doux (couleurs pastels), vraiment poétique, un peu énigmatique, parfois amusant, toujours tendre. Sans hésitation, pour tous les lecteurs, petits et grands. Les lecteurs retrouvent les fillettes, les chats et la pierre bleue à travers ces trois contes plein de magie et de merveilleux.

J’ai oublié de donner mon lien pour La BD de la semaine… Mais, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur).