L’été de la sorcière de Nashiki Kaho

L’été de la sorcière de Nashiki Kaho.

Philippe Picquier, mars 2021, 168 pages, 18 €, ISBN 978-2-8097-1522-4. 西の魔女が死んだ Nishi no majo ga shinda (2017) est traduit du japonais par Déborah Pierret-Watanabe.

Genres : littérature japonaise, premier roman.

NASHIKI Kaho naît en 1959 à Kagoshima (île de Kyûshû, Japon). Elle commence à écrire L’été de la sorcière en 1994, c’est son premier roman (immense succès, trois prix littéraires et une adaptation cinématographique en 2008). Son deuxième roman, Les mensonges de la mer, est paru en 2017 chez Philippe Picquier.

Mai est au collège depuis un mois mais elle a des crises d’asthme et dit à sa mère « Je n’irai plus à l’école. Là-bas, ce n’est rien qu’un lieu de souffrances pour moi. » (p. 8). Phobie scolaire ? Sa mère (moitié Japonaise moitié Anglaise) décide d’envoyer Mai à la campagne chez sa grand-mère (une Anglaise ayant épousé un Japonais). « Je suis très heureuse de l’accueillir. J’ai toujours été extrêmement reconnaissante d’avoir une petite-fille comme elle. » (p. 14).

C’est durant cet été que Mai découvre que sa grand-mère est une sorcière, la Sorcière de l’Ouest, que sa grand-mère avant elle aussi et qu’elle a sauvé son fiancé à distance. « Ça veut dire que… dans notre famille… ? – Très bonne déduction […]. Mais arrêtons-nous là pour ce soir. Il doit être tard. » (p. 38).

Au fil des jours, Mai va se métamorphoser, apprendre les animaux, les plantes, prendre confiance en elle. Mais sa grand-mère la met en garde. « Voir ou entendre quelque chose quand tu ne le souhaites pas, c’est dangereux et très désagréable, et c’est indigne d’une sorcière accomplie. » (p. 64).

« Écoute-moi bien. Voici une des leçons les plus importantes de ton apprentissage. Une sorcière doit accorder de l’importance à son intuition. Cependant, elle ne doit en aucun cas lui laisser prendre le dessus. Sinon, celle-ci risque de devenir une illusion puissante, une chimère, qui finira par prendre le contrôle et la dominer. Enferme cette intuition quelque part dans ton esprit. Viendra le moment où tu découvriras si cette intuition était vraie. Ce sera l’expérience qui t’apprendra à reconnaître si ce que tu ressens est une véritable intuition ou non. » (p. 91).

J’ai été émue par ce délicat roman en particulier par la belle relation entre Mai et sa grand-mère et par l’histoire du chien Blacky. Si la grand-mère est vraiment sorcière, c’est une sorcière bienfaisante, pleine d’amour et de sagesse. J’ai eu l’impression d’être chez cette grand-mère, de sentir les odeurs de son jardin, de m’imprégner de son bon sens et de sa bienveillance. Finalement les deux mois que Mai passe chez sa grand-mère sont sûrement les plus importants de sa vie. Que pensez-vous de la couverture ? Je la trouve superbe !

Une très belle lecture, apaisante, magnifique, que je mets dans Challenge Cottagecore (catégorie 3, jardin, secret de famille, campagne), Challenge de l’été #2 (Japon), Challenge lecture 2021 (catégorie 50, un livre qui met en scène une sorcière) et Petit Bac 2021 (catégorie météo pour été).

La librairie de tous les possibles de Shinsuke Yoshitake

La librairie de tous les possibles de Shinsuke Yoshitake.

Milan, septembre 2018, 104 pages, 13,90 €, ISBN 978-2-4080-0625-9. Arukashira Shoten (2017) est traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

Genres : littérature japonaise, bande dessinée, album illustré.

Shinsuke Yoshitake ヨシタケシンスケ naît en 1973 à Chigasaki (préfecture de Kanagawa) au Japon. Il étudie les arts plastiques à l’Université de Tsukuba. Il est auteur et illustrateur mais aussi graphiste et sculpteur. Plus d’infos sur son site officiel (pour l’instant en pause).

La librairie de tous les possibles a dans ses rayons tous les livres que les clients demandent. Des livres rares, des livres sur les livres, des livres multiples, etc. J’aimerais fréquenter une telle librairie !

Découvrez l’arbre des écrivains, les albums surprises ! Et puis vous apprendrez des choses intéressantes sur les métiers liés aux livres : libraires, bibliothécaires, éleveurs de chiens bouquinistes ou simplement sur les livres et les lecteurs.

Mon passage préféré. « Les livres rangés sur les étagères d’une maison ont un seul propriétaire, mais ceux des bibliothèques débordent d’espoir. ‘Je pourrais être utile à quelqu’un.’ ‘Je vais peut-être amuser un lecteur, ou l’encourager, le consoler.’ ‘Je pourrais faire découvrir des choses aux gens, les rapprocher.’ »

Shinsuke Yoshitake aime les livres et les librairies et offre aux jeunes lecteurs (et aux plus grands) des petites histoires drôles, sensibles et originales avec de très beaux dessins tendres et poétiques.

Pour certains ce livre est un album illustré, pour d’autres une bande dessinée mais la bibliothèque où je l’ai emprunté l’a classé en roman, et en fait, il est un peu tout ça en même temps, un OLNI (Objet littéraire non identifié), et il correspond bien finalement à cette librairie de tous les possibles. En lisant ce livre, le jeune lecteur comprend qu’il lui est possible de tout lire, de tout découvrir et ça c’est merveilleux.

Je mets cette ravissante lecture dans BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie, 2e billet) et Jeunesse young adult #10.

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Projet 52-2021 #24

Vingt-quatrième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème avion(s). Vous auriez peut-être aimé un avion dans un manège ou une maquette d’avion mais je ne peux m’empêcher de vous montrer un avion de la JAL (Japan Air Lines), souvenirs souvenirs… Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Robogenesis de Daniel H. Wilson

Robogenesis de Daniel H. Wilson.

Fleuve, collection OutreFleuve, juin 2017, 496 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-265-11614-6. Robogenesis (2014) est traduit de l’américain par Patrick Imbert. C’est cette édition que j’ai lue mais le roman n’est plus qu’en poche : Pocket, octobre 2018, 528 pages, 8,70 €, ISBN 978-2-26628-584-1.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction, post-apocalyptique.

Daniel H. Wilson naît le 6 mars 1978 à Tulsa dans l’Oklahoma (il est Cherokee). Ancien ingénieur à Microsoft et Intel, il est spécialiste de la robotique et de l’intelligence artificielle. Il est auteur d’essais scientifiques parfois humoristiques, d’articles parus dans le New York Times et le magazine Wired, de romans de science-fiction et de nouvelles. Du même auteur : Le cœur perdu des automates et Robopocalypse. Plus d’infos sur son site officiel.

L’IA Archos R-14 a été détruite mais elle s’est fragmentée et l’humanité, exsangue, va devoir encore combattre. Le narrateur, Arayt Shah, a « récupéré trois témoignages de premier ordre, issus de trois esprits différents. » (p. 15). Le roman est ainsi composé de trois parties, Lark Iron Cloud, Mathilda Perez et Cormac Wallace, trois héros que nous avons suivi dans le premier tome. Je rappelle qu’il y a des humains modifiées et des robots éveillés, les Freeborn.

Première partie. Les survivants sont « repliés dans la ville de Gray Horse […]. Il n’y aura pas de renforts. Il ne reste plus que du métal, de la neige et du sang. » (p. 18). À Anadyr, en Eurasie, Leonid et Vasily s’occupent de racks de processeurs à 60 mètres sous terre ; l’entité s’appelle Maxim, du projet Novichok, mais les machines encore branchées ont été contaminées par Archos R-14 car les IA sont « légion. Aucune n’est la même, nous ne formons pas une classe homogène. Nous coexistons selon des architectures différentes. On nous a éveillées sur des schémas alternatifs. Certaines savent ce qu’être humain signifie. D’autres chérissent la vie. D’autres encore sont étranges, au-delà de toute compréhension. Et certaines… certaines sont folles. » (p. 89-90). Vasily, qui a pu fuir, annonce à la radio et au monde que la « Vraie Guerre » (p. 136) arrive. Hank Cotton est hypnotisé par un cube noir issu d’Archos. Quant à Lark Iron Cloud, il se retrouve isolé et en danger. « Sans même y réfléchir, je prends ma décision. Je rejoindrai les Freeborn. […] Je sors de l’eau. Je me sens renaître. Un squelette d’onyx, chaque pièce à sa place. Rien de superflu. Je ne suis plus ce que j’étais avant. » (p. 155).

Deuxième partie. Mathilda Perez et son jeune frère, Nolan, sont à New York. Ils récupèrent « les restes de matériel abandonné » (p. 176) par les quads et les pluggers durant la Nouvelle Guerre. Mais, des réfugiés sont revenus dans la ville, La Tribu, sous le commandement de Felix Morales, un ancien narcotrafiquant, un fou furieux… Mathilda et Nolan fuient pour ne pas être tués mais ils sont séparés et Neuf Zéro Deux, un robot Freeborn qui a combattu avec les humains, entre en contact avec la jeune femme ; il ne veut plus être seul. « Ils me manquent. Comme c’est étrange. » (p. 216). C’est que « La limite entre l’homme et la machine est floue. » (p. 314).

Troisième partie. Cormac Wallace n’est pas reparti avec la Gray Horse Army après Ragnorak. Il « est resté à l’arrière pour tenir une sorte de journal de guerre » (p. 321) avec Cherrah qui est devenue sa compagne. Le lecteur retrouve aussi Takeo Nomura et la Freeborn Mikiko au Japon ; ils communiquent avec un shinboku marin dans la Baie de Tôkyô ; ils l’appellent Ryujin, le dieu dragon des océans. « L’ennemi cherche les éveillés. Ils mourront dans leur place forte sous la montagne. En se nourrissant de leur puissance, cet esprit vide se remplira. La chose appelée Arayt exterminera les Freeborn, puis l’humanité. » (p. 381).

De l’action, du danger, de la bravoure, de la folie même parfois, des trahisons, mais aussi des amitiés et de l’amour, tout se met en place pour les humains survivants (modifiés ou non) et les robots qui sont loyaux à l’humanité (les Freeborn). Ce deuxième tome est aussi bien construit que le premier puisque le lecteur suit à nouveau plusieurs protagonistes qui sont éloignés les uns des autres (États-Unis, Russie, Japon…) mais qui vivent plus ou moins la même chose et qui doivent s’unir pour gagner contre les dangereuses IA (Intelligences Artificielles). Mon personnage préféré dans le premier tome était Cormac Wallace surnommé Bright Boy et j’ai été ravie de le retrouver ici. Ce roman est intense, il fait froid dans le dos et questionne sur l’avenir de l’humanité et de la technologie (j’espère que nous n’en arriverons jamais là !). Alors que la couverture de Robopocalypse est rouge, celle de Robogenesis est verte, comme une lueur d’espoir ? Daniel H. Wilson maîtrise son sujet à la perfection, franchement je vous conseille cette série, et je me demande bien s’il y aura un troisième tome.

Une excellente lecture que je mets dans Littérature de l’imaginaire #9.

En passant

Mes coups de… 8-2021

Bonsoir, deux coups de blues, un coup de gueule et un coup de cœur.

Coups de blues

Eric Carle naît le 25 juin 1929 à Syracuse en Italie (Sicile) de parents allemands. Il étudie les Beaux-Arts à Vienne (Autriche) puis travaille à Stuttgart (Allemagne) avant de partir à New York (États-Unis) en 1952. Illustrateur de livres jeunesse, il est connu depuis la fin des années 60. En France, ses albums sont publiés par Nathan ou Fleurus puis réédités chez Mijade dans les années 90. Entre autres, La chenille qui fait des trous (1972), La souris qui cherche un ami (1973), La petite coccinelle qui voulait se battre (1978), etc. Il meurt le 23 mai 2021 à Northampton (Massachusetts, États-Unis). RIP.

Benoît Sokal naît le 28 juin 1954 à Bruxelles (Belgique). Il étudie à l’Institut Saint-Luc à Bruxelles. Il est scénariste et dessinateur de bandes dessinées et travaille pour le mensuel franco-belge (À suivre). L’inspecteur Canardo créé en 1978 est orphelin… Il est aussi concepteur de jeux vidéo (L’Amerzone, la série Syberia). Il meurt le 28 mai 2021 à Reims (France). RIP.

Coup de gueule pour les éditions Charleston. Je ne connais pas Lucinda Riley mais cette autrice irlandaise née en février 1968 vient de mourir il y a quelques jours et beaucoup de blogueuses qui l’ont lue en parlent avec affection. Mais, de mon côté, je suis mécontente de son éditeur, Charleston, qui proposait fin mai de recevoir librement le premier tome de sa série, Les sept sœurs, en 6 parties (une chaque jour). Je me suis inscrite et j’ai reçu la 1ère partie puis la 3e mais pas la 2e donc j’ai envoyé un mail. Aucune réponse. Puis j’ai reçu la 5e partie mais pas la 4e donc j’ai envoyé un autre mail. Aucune réponse. Et je n’ai pas reçu la 6e partie. Donc je laisse tomber et je ne lirai pas Les sept sœurs. Ni d’autres titres de cet éditeur.

Coup de cœur pour la vidéo d’animation des Jeux olympiques de Tôkyô 2020 reportés en 2021. Cliquez sur ce lien pour le making of (4’12).

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Projet 52-2021 #22

Vingt-deuxième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème au marché. J’ai vu ce thème un peu tard dans la semaine… Il y a un grand marché le samedi matin à Valence mais trop tard pour m’y rendre, prendre des photos et publier ce billet ce jour… Alors j’ai cherché dans mes archives et je vous propose une photo du quartier ChinaTown à Yokohama (Japon) ou 横浜中華街 Yokohama Chûkagai. Créé en 1859, il est le plus grand quartier chinois du Japon avec plus de 200 restaurants, plus de 200 petits magasins et un grand marché à ciel ouvert. J’espère que cette photo vous plaît, je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

ChinaTown à Yokohama (Japon) ou 横浜中華街 Yokohama Chûkagai

Fantômes et samouraïs d’OKAMOTO Kidô

Fantômes et samouraïs – Hanshichi mène l’enquête à Edo d’OKAMOTO Kidô.

Philippe Picquier, avril 2004, 416 pages, 21 €, ISBN 978-2-87730-715-4. Hanshichi Torimonochô 半七捕物帳 (1917-1937) est traduit du japonais par Karine Chesneau. Je l’ai lu en poche : Picquier poche, n° 298, collection L’Asie en noir, septembre 2007, 464 pages, 9,50 €, ISBN 978-2-87730-964-6.

Genres : littérature japonaise, nouvelles policières.

OKAMOTO Kidô (岡本 綺堂) est le nom de plume d’Okamoto Keiji (岡本 敬二), né le 15 octobre 1872 à Tôkyô. Son père, samouraï, travaille avec la légation britannique. Ses parents et sa sœur aînée se passionnent pour le kabuki (théâtre japonais traditionnel) et Okamoto les suit lorsqu’il est plus âgé. Entre le kabuki, les histoires de fantômes britanniques, la découverte de la poésie chinoise mais aussi de Shakespeare et de Sherlock Holmes et le voici paré pour devenir dramaturge et romancier ! Mais il rédige aussi, dès 1890, des comptes-rendus de représentations théâtrales pour le Tôkyô Nichi Nichi Shimbun et le Mainichi Shimbun (deux journaux quotidiens japonais) et devient reporter pour le Chûô Shimbun. Ses deux pièces les plus connues sont Histoire du fabricant de masques (Shuzenji monogatari 修善寺物語) et Histoire d’un plat brisé à Banchô (Banchô Sarayashiki 番町皿屋敷) et ses nouvelles policières, regroupées sous le titre L’étrange affaire de l’inspecteur Hanshichi (Hanshichi Torimonochô 半七捕物帳), sont publiées en feuilleton entre 1917 et 1937. Il meurt le 1er mars 1939 à Meguro (Tôkyô).

Le thème de mai pour Les classiques c’est fantastique #2 est voyage alors je vous emmène à Edo (ancien nom de Tôkyô) à deux périodes différentes, Edo et Meiji (explications plus bas), à savoir qu’à cette époque Edo était plutôt constituée de plusieurs villages qui sont devenus les quartiers de Tôkyô. J’espère que vous prendrez plaisir à cette visite d’Edo et de ses villages à travers ces nouvelles policières dont certaines ont plus d’un siècle. Kidô Okamoto est un des précurseurs de la littérature policière japonaise et il développe un genre spécifique, le torimonochô, littérature policière historique avec traditionnel japonais (fantômes…) et modernité (influence occidentale).

L’esprit d’Ofumi – Le narrateur entend parler de l’affaire d’Ofumi lorsqu’il a 12 ans mais ni son père ni son oncle ne veulent lui en parler parce qu’un samouraï donc « un guerrier se doit de ne pas croire aux êtres surnaturels » (p. 7). Ce n’est que deux ans plus tard qu’oncle K. (un autre oncle) lui en parle. « Ce genre de soirée convient parfaitement pour une histoire de fantômes. Tu n’es pas froussard, toi ? Je l’étais. Mais fasciné par tout ce qui fait peur, j’adorais écouter, oreilles grandes ouvertes et muscles tendus, toutes sortes de récits fantastique. » (p. 10). Toutes les nuits Omichi et sa fille de 3 ans, Oharu, voient une femme mouillée et blafarde en rêve, Ofumi, mais le mari, Obata, samouraï, refuse d’y croire. Le frère d’Omichi, Matsumura, décide d’enquêter. Oncle K., voisin des Obata, cadet oisif, 20 ans, propose son aide et c’est comme ça qu’il rencontre l’enquêteur Hanshichi. « Hanshichi était un personnage influent dans la corporation des enquêteurs. Mais pour quelqu’un exerçant ce genre de métier, il surprenait par son caractère d’un natif d’Edo, simple, ouvert et d’une rare intégrité ; jamais on n’avait entendu médire de lui ou laissé entendre qu’il se servait de son autorité d’agent du gouvernement pour se montrer dur envers les faibles. En un mot, il faisait preuve de compréhension envers tous. » (p. 26-27). « Beaucoup d’enquêtes allaient encore exciter mon imagination, car ces énigmes n’étaient qu’un jeu d’enfant pour Hanshichi qui les résolvait avec une grande facilité. Il était un peu le Sherlock Holmes de l’époque Edo. ». Cette histoire se déroule vers 1885, c’est-à-dire durant l’ère Meiji (1868-1912) qui fait entrer le Japon dans la modernité mais Hanshichi a commencé sa carrière à la fin de l’ère d’Edo (l’ère précédente, 1600-1868). Dix ans après (1895 donc, parce qu’il dit que la guerre sino-japonaise se termine), l’oncle K est mort et le narrateur, jeune journaliste, devient proche de Hanshichi à la retraite (il a plus de 70 ans). Les histoires qui suivent sont les enquêtes que Hanshichi raconte.

J’ai été un peu longue pour cette première enquête, histoire de présenter les personnages et la période mais je vais faire plus court pour les enquêtes suivantes.

La lanterne en pierre – Hanshichi raconte comment il est entré parmi les agents du gouvernement en devenant, à 19 ans (en 1842), le subordonné de l’enquêteur Kichigorô. Après avoir été prié au temple de Kannon, Okiku, 18 ans, a disparu et Seijirô, un des commis de la boutique, s’inquiète. « […] tous ne faisaient que soupirer, le visage décomposé et lugubre, incapables d’apporter à Hanshichi la moindre suggestion concernant la cachette de la jeune fille. » (p. 49). Et le lendemain, la mère d’Okiku est tuée… Cette énigme est la première enquête de Hanshichi qui est rapidement devenu chef enquêteur.

La mort de Kanpei – En décembre 1859, une « affaire a fait beaucoup de bruit à l’époque. Et elle m’a un peu cassé la tête. » (p. 78). C’est Okume, la sœur de Hanshichi, qui lui demande d’aider sa collègue, Moji Kiyo. Lors d’un spectacle de kabuki, Kakutarô, un jeune acteur qui jouait le rôle du samouraï Hayano Kanpei, faisant seppuku, est vraiment mort. Ce qui est amusant, c’est que Hanshichi fait semblant d’être ivre pour mener cette enquête.

À l’étage de la maison de bains – « Comme jusqu’à présent je ne t’ai conté que des réussites, aujourd’hui je vais te narrer l’une des erreurs que j’ai faites. Quand j’y repense, l’histoire était franchement ridicule. » (p. 112). Printemps 1863. Kumazô, un indic de Hanshichi tient une maison de bains et il trouve bizarre que, depuis près de deux mois, deux samouraïs viennent tous les jours après avoir déposé leurs sabres à l’étage (comme le veut le règlement). Seraient-ils de faux samouraïs ?

Le professeur-monstre – Juillet 1855. Mizuki Kameju, une professeur de danse, est morte. Elle était surnommée le professeur-monstre. « Mizuki Kameju était une femme sophistiquée dans le style des citadines, qui ne faisait pas son âge malgré ses quarante-huit ans. » (p. 148). Sa fille adoptive, Kameyo, qui devait prendre la relève avait la santé fragile et elle est morte d’épuisement à l’âge de 18 ans il y a un an. Les deux morts seraient-elles liées ?

Le mystère de la cloche d’incendie – « Il va sans dire que sonner la cloche d’incendie sans motif et perturber la ville du shôgunat et de sa cour était considéré comme un crime grave. » (p. 181). Mais, en plus de la cloche qui sonne toute seule, l’agression d’une femme, un kimono d’enfant qui marche seul, les gens prennent peur, « on en vint à penser que ce n’était probablement par l’œuvre d’un humain. » (p. 187).

La dame de compagnie – Août 1863. Ochô qui sert à la boutique de thé avec sa mère a disparu mais elle n’a pas d’amoureux. Okame, sa mère, et Hanshichi craignent un enlèvement. Dix jours après, Ochô est de retour mais elle est de nouveau enlevée. « Et cette fois, elle n’est pas rentrée ? Non, répondit Okame dont le visage s’assombrit. » (p. 226).

L’étang de la Ceinture-voleuse – Cet étang n’existe plus mais « C’est à une mystérieuse légende que l’étang de la Ceinture-voleuse doit son nom. » (p. 243). Mars 1859, « une ceinture de femme a été aperçue à la surface de l’eau, ce fut la panique générale. » (p. 244). Or la ceinture appartenait à Omiyo, 18 ans, qui est morte étranglée. En même temps, Senjirô, un jeune commerçant de 24 ans a disparu… Les deux affaires seraient-elles liées ?

La fonte des neiges au printemps – Janvier 1865. Alors qu’il neige, Hanshichi croise Tokuju, un masseur aveugle, mais celui-ci n’aime pas travailler au pavillon du Tatsuise car, bien que non-voyant, il trouve cette maison lugubre. « Comment dire, je ne peux pas vous expliquer, murmura Tokuju en se renfrognant. » (p. 280). Une terrible histoire d’amour…

Hiroshige et la loutre – Janvier 1858. Le corps d’une fillette inconnue de 3 ou 4 ans gît sur le toit de la maison d’une riche famille à Asakusa… « Quand une affaire de cette importance se produisait dans la demeure d’un grand samouraï, elle pouvait être réglée dans la plus grande discrétion sans être rendue publique. » (p. 309). La fillette n’a sûrement pas été enlevée par un tengu qui l’aurait laissée tomber ! Hanshichi raconte une deuxième histoire, septembre 1947, une histoire de loutre.

La demeure Belles-de-jour – Novembre 1956. Chaque année, les « fils des vassaux directs du shôgun » (p. 342) qui ont 12 ou 13 ans participent à un « examen de lecture à haute voix des classiques chinois à l’académie confucianiste Gakumonjo d’Ochanomizu » (p. 342) mais le jeune Sugino Daizaburô, 13 ans, fils unique, a disparu. Aurait-il été « enlevé par les esprits divins » (p. 350) ou par un renard ?

Chats en rébellion – Un jour, l’auteur arrive chez Hanshichi et il y a un chaton. Hanshichi se rappelle d’une histoire de chats en septembre 1862. Omaki, une veille femme de 70 ans a une « passion dévorante pour les chats » (p. 376), elle en avait une vingtaine, adultes et chatons, et, même si elles les nourrissaient très bien, ils volaient dans les cuisines des voisins… Les voisins sont très en colère et se débarrassent des chats.

La fille de la déesse Benten – Mars 1854. Alors qu’il adécidé de se rendre à la fête Sanja au sanctuaire shintô d’Asakusa, Rihei, un prêteur sur gages, vient consulter Hanshichi parce que Tokujirô, 16 ans, un des apprentis de son patron est subitement mort accusant Okono, une jeune femme du quartier, de l’avoir tué. Cette Okono, bientôt 30 ans, est toujours célibataire et surnommé « Benten Musume, la fille de la déesse du Bonheur » (p. 407). Dans cette histoire, on croise Osen, l’épouse de Hanshichi.

La nuit de la fête de la montagne – Mai 1862, Hanshichi se rend à Hakone (ah que j’ai aimé ce beau site !) avec un jeune collègue, Takichi, mais un double meurtre a lieu à l’auberge. « Takichi expliqua que les deux marchands de Sunpu qui logeaient ensemble au premier étage, à l’arrière de l’auberge, avaient été assassinés et qu’on leur avait dérobé leur argent. » (p. 443). Le serviteur d’un jeune samouraï serait impliqué.

Les enquêtes sont délivrées dans le désordre, au fur et à mesure des rencontres – prévues ou fortuites – entre Hanshichi et l’auteur, et des souvenirs de Hanshichi. Hanshichi est entré dans la police lorsqu’il avait 19 ans, en 1842 (c’était l’ère d’Edo). La plus ancienne enquête qu’il raconte dans ce recueil date de 1842 et la plus récente de 1865. Mais Hanshichi et l’auteur se sont rencontrés une première fois en 1885 puis en 1895 et ensuite régulièrement soit chez le vieil homme soit à l’extérieur (durant l’ère Meiji donc). Le lecteur a ainsi un large panorama de la fin de l’ère d’Edo (1600-1868) et du début de l’ère Meiji (1868-1912), entre 1842 et 1865. Idéal pour le challenge Les classiques c’est fantastique #2, le thème de mai étant voyage.

Chaque fois qu’on pense qu’il y a du surnaturel dans une histoire, Hanshichi prouve le contraire par la logique car il a une façon de pensée similaire à celle de Sherlock Holmes. En moins poussée mais on voit bien que l’auteur a été inspiré par le personnage anglais. En tout cas, le narrateur présente souvent les histoires comme du théâtre kabuki en particulier pour les décors et les détails.

Un bon point : les notes sont en bas de page (je préfère ça que être obligée d’aller à chaque fois en fin de volume).

Un deuxième tome, Fantômes et kimonos – Hanshichi mène l’enquête à Edo, est paru chez Philippe Picquier en mai 2006 et… je l’ai aussi en poche sur mes étagères, une future lecture donc !

En plus de Les classiques c’est fantastique #2 cité plus haut, je mets cette chouette lecture dans 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 12, un livre d’un auteur japonais, 2e billet), Hanami Book Challenge (menu 1 Au temps des traditions, sous-menu 1 Pour la gloire de l’empereur), Polar et thriller 2020-2021, Projet Ombre 2021 et Les textes courts (recueil de 14 nouvelles) et bien sûr Un mois au Japon (qui a continué en mai).

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Projet 52-2021 #20

Shinjuku, Tôkyô (cliquez !)

Vingtième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème architecture. Comme l’immeuble du 17e thème a beaucoup plu, je veux vous montrer l’architecture de ce quartier de Tôkyô dans lequel j’ai habité (et passé d’extraordinaires moments), Shinjuku.

La première photo montre le siège du gouvernement métropolitain (un genre de mairie) – c’est le bâtiment à deux tours à gauche qui ressemble à une cathédrale – et l’Assemblée métropolitaine (parlement préfectoral) – c’est le bâtiment de trois tours à droite avec ses 47 étages. Les deux bâtiments ont été conçus par l’architecte Kenzô Tange (1913-2005).

Shinjuku, Tôkyô (cliquez !)

Il est possible de prendre l’ascenseur dans le bâtiment du siège du gouvernement métropolitain pour accéder à l’observatoire à 202 mètres de haut.

Et donc, sur la deuxième photo, vous pouvez voir l’Assemblée métropolitaine et malheureusement pas le Mont Fuji… (mais il m’est arrivé de le voir).

J’espère que cette architecture postmoderne vous plaît et je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka.

Delcourt, collection Akata seinen, 8,99 € chaque tome. Boku no Songoku (1952) est traduit du japonais par Tetsuya Yano et adapté par Patrick Honoré.

Genres : manga, seinen, Histoire, fantastique.

TEZUKA Osamu (手塚 治虫) naît le 3 novembre 1928 à Toyonaka (préfecture d’Ôsaka, Japon). Il étudie la médecine à l’université d’Ôsaka mais il découvre les dessins animés en particulier ceux de Walt Disney et devient mangaka, scénariste et réalisateur. Il connaît le succès avec La nouvelle île au trésor (1947). Suivront Le roi Léo (1950), Astro Boy (1952), Princesse Saphir ((1953), Phénix l’oiseau de feu (1956) et tant d’autres titres (dont la majorité sont adaptés en animation). Je ne peux pas tous les citer mais l’œuvre est colossale (de 1947 à 1988), touche à tous les genres et reçoit de nombreux prix y compris posthumes. Il meurt le 9 février 1989 à Tôkyô.

Tome 1, Delcourt, février 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-730-4.

Tout commence avec la création du monde, selon le bouddhisme, c’est-à-dire quatre continents (un à chaque point cardinal), une montagne avec le rocher « du mont des fruits et des fleurs » qui se transforme en œuf et la naissance d’un singe doré. Il mène une vie triste et solitaire jusqu’à ce qu’il devienne (à l’insu de son plein gré) le Roi des singes. « Ah, bonne vie et bonne demeure ! Que je vive longtemps et que ce bonheur dure toujours… » (p. 22). Mais trompé par son valet jaloux qui voulait devenir roi et sous l’emprise d’un sortilège, il se retrouve dans le monde éthéré des mages au Mont des esprits où il devient, Songoku, un disciple studieux. Le plus assidu même, c’est pourquoi, au bout de sept ans, il reçoit les Arcanettes du chaton (on est loin des Arcanes du tigre !). « Tu n’es pas encore prêt pour les Grandes Arcanes. Mais tu pourras déjà maîtriser soixante-douze techniques du Ciel et de la Terre ainsi que du Yin et du Yang mais retiens bien ceci, disciple : l’art du mage ne doit pas te servir à frimer. Si tu t’en sers dans un but mesquin, il te manquera toujours trois poils sur le caillou ! » (p. 39). Mais Songoku est un singe facétieux et bagarreur alors Sakyamuni « le Bouddha qui habite au paradis occidental » (p. 67) l’enferme pour cinq cents ans sous une montagne. Un jour, un bonze en route pour l’Inde passe par le Mont des cinq éléments, c’est « Sanzô Hôshi, archibonze de l’empire Tang » (p. 79) qu’attendait impatiemment Songoku et le voici libéré et en route pour d’étonnantes aventures avec une jeune dragonne qui servira de monture au bonze, un cochon gourmand (euh, goinfre serait plus approprié) et un kappa (bonze des sables). Le talent et l’humour de Tezuka (il y a des anachronismes amusants par rapport au roman dont le manga est adapté et des clins d’œil aux lecteurs) font de cette série un des chefs-d’œuvre du maître qui apparaît d’ailleurs page 109. Ma phrase préférée est « Abandonne tes désirs ! Plus tu en as et moins ce que tu désires se réalisera. » (p. 169). En fin de volume, une postface avec des informations précieuses et des clés de compréhension.

Tome 2, Delcourt, mai 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-731-1.

Songoku, Sanzô le bonze, Dragonette, Cho Hakkai le cochon et Sagojô le kappa continuent leur long voyage pour recevoir les soûtras sacrés en Inde. Mais un bateau pris par erreur (ou par la force du destin) les conduit au Japon où ils sont confrontés à un chat maléfique. « Je ne te lâcherai plus maintenant. Tu devrais savoir que le chat est un animal très obstiné ! Miaaou! » (p. 81). Ils rencontrent aussi de vilains oni (un genre de yôkai du folklore japonais) et Momotarô, clin d’œil à un enfant héros du folklore japonais. Lorsqu’ils arrivent en Chine, c’est la sécheresse et tous les bonzes sont arrêtés pour travailler. Sanzô n’y échappe pas. « Songoku, apprends que la vraie victoire, c’est de savoir pardonner à son ennemi ! » (maître Kannon-le-tout-puissant, p. 169). Et d’autres aventures trépidantes. En fin de volume, des clés de compréhension (c’est vrai que je ne connaissais pas certaines légendes).

Tome 3, Delcourt, septembre 2007, 288 pages, ISBN 978-2-75600-732-8.

« Chers lecteurs, cela fait déjà trois ans que Sanzô, l’éminent bonze de l’empire Tang, est parti pour les Indes afin d’y recevoir les soûtras sacrés du grand Bouddha… En chemin, il a sauvé Songoku, cloué sous le mont des cinq éléments, puis a accueilli Cho Hakkai, Sagojô et Dragonette comme nouveaux disciples. Grâce à leurs précieux services, il a pu ainsi se tirer sain et sauf de multiples traquenards et continuer son voyage. Mais nos amis ne sont pas au bout de leurs peines, et Bouddha seul sait les fabuleuses aventures qui les attendent encore avant d’arriver à destination… » (p. 6-7). Il faut dire que Sanzô est habitué aux arrestations et aux enlèvements ! Quant à Cho Hakkai, il risque d’être mangé à plusieurs reprises durant cette périlleuse aventure… Heureusement l’équipe arrive au complet aux portes de l’Inde. Il y a même une histoire (un rêve ?) avec Tezuka (p. 165 et suivantes). Et, en fin de volume, toujours des clés de compréhension.

Tome 4, Delcourt, janvier 2008, 288 pages, ISBN 978-2-75600-733-5.

L’Inde ! Mais nos amis doivent traverser l’Himalaya, enneigé et dangereux. Puis le fleuve Brahmapoutre. Je ne peux en dire trop, je ne veux pas divulgâcher… Mais il y a des clins d’œil à Tezuka (fleurs, cases noires…) et l’auteur profite bien de cette série pour raconter des légendes indiennes, chinoises et japonaises, ce qui réunit parfaitement ces trois grands pays touchés par le bouddhisme. Et toujours des clés de compréhension en fin de volume. À noter la Légende du Serpent blanc, issue du folklore chinois, et que j’ai évoquée récemment [ici].

Suivez les aventures du bonze Sanzô, inspirées de Pérégrination vers l’Ouest (ou Voyage vers l’Occident selon les traductions) du Chinois Wu Cheng’En (XVIe siècle) et bourrées de références. C’est dépaysant, c’est drôle, c’est effrayant, c’est enrichissant ! Tezuka s’approprie parfaitement la légende de Songoku (le titre japonais Boku no Songoku signifie en fait Mon Songoku), le Roi-Singe, et délivre une série courte (4 tomes) qui plaira assurément aussi bien aux jeunes qu’aux adultes curieux. Parce qu’à travers ces personnages que tout oppose, Tezuka aborde les valeurs humanistes que l’on aime, l’entraide, la solidarité, l’amitié avec de l’aventure, de l’action et de l’humour, du pur Tezuka en fait !

Une belle relecture (série déjà lue il y a 12-13 ans) pour Un mois au Japon (qui continue en mai) La BD de la semaine et les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 11, une adaptation littéraire, voir le paragraphe ci-dessus) mais aussi 2021, cette année sera classique (série parue au Japon en 1952 et inspirée d’un récit du XVIe siècle), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et bien sûr Les étapes indiennes #2. De plus, le tome 4 dont la couverture est rouge entre dans Lire en thème de mai (et pour le 1er thème secondaire, il y a des monstres, démons, sorcières). Plus de BD de la semaine chez Noukette.

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Projet 52-2021 #19

Dix-neuvième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème les animaux de la maison. Vu le succès du petit cochon rose de lundi, je vous propose une sélection d’autres animaux de ma maison. Le renard-écureuil de Nausicaä de la Vallée du vent (à gauche), le célèbre Totoro de Mon voisin Totoro (au centre) et Jiji le chat de Kiki la petite sorcière (à droite). J’aurais pu chacun les mettre en porte-bonheur samedi dernier mais j’ai préféré les garder pour ce thème animalier (qui correspond aussi à Un mois au Japon). Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !