Bambou à l’école des singes de Lucie Papineau et Dominique Jolin

Bambou à l’école des singes de Lucie Papineau et Dominique Jolin.

Dominique et Compagnie, collection à pas de loup, novembre 2004, 32 pages, 5,95 €, ISBN 978-2-89512-435-1.

Genres : roman illustré québécois, littérature jeunesse.

Lucie Papineau naît le 26 avril 1962 à Longueuil au Québec. Elle étudie la communication à l’Université du Québec à Montréal. Elle est autrice pour la jeunesse.

Dominique Jolin naît en 1964 à Chibougamau au Québec. Elle est autrice et illustratrice.

Ce matin, c’est l’anniversaire de Jeanne et elle reçoit un cadeau : un petit humain qui s’appelle Bambou. Quel beau cadeau ! Mais Jeanne doit aller à l’école… Bambou la suit. Premier cours : les puces ! Eh oui, Jeanne, les autres élèves et le professeur sont des chimpanzés !

C’est drôle mais attention : il faudra compter les puces et les manger !

Un roman illustré amusant pour les challenges Animaux du monde #3, Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts.

Amelia Earhart, l’aviatrice qui voulait faire le tour du monde de Pascale Perrier et Isabelle Delorme

Amelia Earhart – L’aviatrice qui voulait faire le tour du monde de Pascale Perrier et Isabelle Delorme.

Oskar, collection Elles ont osé, septembre 2020, 80 pages, 9,95 €, ISBN 979-1-02140-715-2.

Genres : littérature française, jeunesse, Histoire.

Pascale Perrier naît en 1969. Après avoir étudié la linguistique (française), elle exerce comme professeur-documentaliste avant de se lancer dans l’écriture pour la jeunesse. Plus d’infos sur son site officiel.

Isabelle Delorme étudie l’Histoire et la bande dessinée, domaines dans lesquels elle est spécialisée.

Je remercie Pauline du blog Entre les pages car j’ai gagné ce livre en participant à un concours sur son blog : sa note de lecture, son billet pour le concours et le résultat du concours. J’ai été surprise et ravie d’avoir gagné : merci à Pauline et aux éditions Oskar (c’est bizarre, un éditeur qui n’a pas de site officiel…).

1937, Amelia Earhart est une des premières femmes aviatrices, à bientôt 40 ans, elle fait le tour du monde avec son copilote, Frederick Noonan, dans un bimoteur Lockheed Electra. Elle est spécialement suivie par Cathy White, une jeune journaliste, mais « Aux États-Unis, tout le monde suivait l’aventure de celle qu’on avait surnommée la petite reine de l’Amérique. Le président Roosevelt en personne lui avait prodigué ses encouragements, après l’avoir félicitée à plusieurs reprises pour ses précédents records. » (p. 6).

Malheureusement l’avion va manquer de carburant, l’Itasca, bateau de la Marine américaine, est invisible et l’île de Howland est minuscule donc difficilement visible… 2 juillet, 20 h 14, Amelia envoie son dernier message radio à l’Itasca ; 18 juillet, les recherches s’arrêtent. Le mari d’Amelia, George Putnam, est effondré. « Vous ne pouvez pas abandonner tout espoir, pas déjà ! » (p. 27). Et si elle était quelque part en mer sur un débris de l’avion ou réfugiée sur une île ?

J’ai aimé l’enfance d’Amelia, sa découverte des avions avec son père, son baptême de l’air avec Frank Hawks au-dessus de Los Angeles et sa volonté de devenir aviatrice. « Ma vie, maintenant, ce sera là-haut. » (p. 13), je trouve cette phrase particulièrement émouvante. Elle va prendre des cours de pilotage, dès janvier 1921, avec Anita ‘Neta’ Snook (il y avait donc déjà des femmes dans l’aviation, du moins aux États-Unis).

Amelia devient célèbre, elle participe à des meetings aériens, elle traverse les États-Unis avec sa mère à bord (plus de 10000 km), elle traverse même l’Atlantique (Canada-Pays de Galles). « Elle n’était que passagère et ne prit pas une part active à la traversée, mais sa présence en tant que femme dans l’avion en fit un moment historique. » (p. 18). Elle écrit son premier livre, 20 Hrs, 40 Min (20 heures 40 minutes), d’autres livres suivront.

Amelia était « Une belle femme, sportive, pétillante, une allure de garçonne avec ses cheveux courts et pourtant si féminine. De la volonté et du culot à revendre, du cœur aussi. » (p. 38). Elle s’est déjà sortie de situations désespérées alors peut-être qu’effectivement, comme le pensait George, elle a survécu quelque part puisque l’avion avait apparemment dévié de la trajectoire prévue… Les îles Marshall, Saipan occupé par les Japonais, les îles Phoenix… En tout cas, Amelia Earhart est restée dans les mémoires et le restera encore longtemps car, à notre époque, il y a encore des recherches pour savoir si l’Electra se serait écrasé sur un atoll et si Amelia et Fred auraient survécu ! Plusieurs pistes sont explorées.

Une lecture instructive et émouvante pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 38, un livre sur le thème du voyage et quel voyage !), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2021 (catégorie Voyage pour Tour du monde), Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

La peste, histoire d’une pandémie

La peste, histoire d’une pandémie. Le fil de l’Histoire raconté par Ariane et Nino.

Dupuis, collection Jeunesse, octobre 2020, 48 pages, 5,90 €, ISBN 978-2-39034-073-7.

Genres : bande dessinée française, littérature jeunesse, Histoire.

La collection Le fil de l’Histoire, c’est une vingtaine de volumes avec au scénario Fabrice Erre et au dessin Sylvain Savoia. Le site officiel : https://www.arianeetnino.com/.

Déjà lus dans la même série : Gaulois, sacrés ancêtres ! et La découverte des dinosaures, une révolution archéologique.

Alors qu’Ariane travaille devant son ordinateur, Nino essaie de l’effrayer avec une araignée. Bah, on ne vas pas avoir « peur d’une petite bête » (p. 3) ! Sauf que beaucoup de petites bêtes sont dangereuses… Et même des bestioles microscopiques qu’on ne voit même pas. C’est le cas pour la peste. En fait il y a trois pestes différentes : la bubonique, la septicémique et la pulmonaire (ça ne fait pas envie du tout !). Le mot latin pestis signifie fléau (p. 5).

Ariane et Nino remontent le fil de l’Histoire et découvrent d’autres maladies qui faisaient penser à la peste dans l’Antiquité comme le typhus ou la variole (peste antonine) et la première pandémie avérée au VIe siècle après J.C. (p. 8) qui est revenue tous les dix ans pendant deux siècles !!! Etc.

Avec la période pandémique que nous vivons depuis plus d’un an, il est justifié de faire savoir aux enfants (et pourquoi pas aux plus grands aussi) ce qu’est une pandémie, comment elle se déclare, comment elle revient à la charge… Personne n’est à l’abri, nulle part et la contagion est énorme. « La peste se répand donc comme une vague qui touche d’abord les côtes, puis les villes et enfin les campagnes. » (p. 13). Les spécialistes pensent qu’au Moyen-Âge, entre un tiers et la moitié de la population meurent en Occident et en Orient… Et la peste est devenue endémique, c’est-à-dire qu’elle est revenue régulièrement pendant des siècles. La médecine fait quelques progrès et les médecins parlent d’isolement, de quarantaine, de cordon sanitaire, de « billet de santé » pour les bateaux (tiens, tous ces mots ne sont pas nouveaux !) mais ils « ne comprennent pas cette maladie » (p. 22) et il y a des massacres d’innocents accusés à tort : les Juifs, les sorcières, certaines personnes dont les métiers les protègent comme « les chevriers, palefreniers, porteurs d’huile : leurs odeurs repoussent les puces, mais on ne le savait pas encore » (p. 25). Comme d’habitude, l’ignorance et la peur tuent des gens, les malades et les accusés…

Heureusement, en France, nous avons eu Pasteur au XIXe siècle ! Et ses élèves comme Alexandre Yersin qui part étudier la peste à Hong Kong et Paul-Louis Simond qui découvre que le bacille de la peste est transmis par les puces.

Je donne quelques infos mais lisez cette bande dessinée très instructive dans laquelle vous apprendrez beaucoup d’autres choses. En fin de volume, il y a un cahier de quelques pages « pour en savoir plus » avec des personnages historiques, d’autres grandes pandémies dans l’Histoire (choléra, grippe espagnole, sida, ebola, coronavirus), des informations scientifiques et le fil chronologique.

Une lecture pour La BD de la semaine et pour Animaux du monde #3 (bah, pour les puces, pardi !), Challenge lecture 2021 (catégorie 4, un livre dont le narrateur est un adolescent, une adolescente dans ce cas précis), BD, Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

La hache d’or de Fang Yuan et Yang Yongqing

La hache d’or de Fang Yuan et Yang Yongqing.

Éditions en langues étrangères est une maison d’éditions chinoise, basée à Beijing, qui publie depuis 1952 des œuvres chinoises dans plus de 40 langues (dont le français) pour faire découvrir la littérature chinoise. 30 pages.

Genres : littérature chinoise, conte illustré, fantastique.

Fang Yuan est un auteur chinois.

Yang Yongqqing est un illustrateur chinois (1928-2011). Quelques œuvres sur Artnet.

Petit Suo est orphelin depuis l’âge de 5 ans. Il vit donc avec son frère aîné et son épouse.

Petit Suo a maintenant 12 ans et il travaille beaucoup : chercher l’eau, couper le bois, faire fonctionner la meule, décortiquer le riz…

Mais un jour, en passant sur une passerelle avec le bois, sa hache tombe dans la rivière dont le courant est très fort. Alors que Petit Suo est en larmes, un vieil homme le console et plonge dans la rivière pour récupérer sa hache.

Est-ce une hache en argent ? Non, répond Petit Suo. Une hache en or ? Non, répond Petit Suo. Le soir, comme Petit Suo rentre tard, il raconte son histoire et le frère aîné est bien intéressé par la hache en or !

Dans ce conte chinois, Petit Suo est le symbole de l’honnêteté avec un album joliment illustré.

Pour les challenges Contes et légendes #3, Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Objet pour la hache) et Les textes courts.

Les histoires du Petit Renaud de Léopold Chauveau

Les histoires du Petit Renaud de Léopold Chauveau.

Gallimard, NRF, janvier 1927, 96 pages, ISBN 978-2-07100-526-9. Illustrations couleurs de Pierre Bonnard. Vous pouvez lire ces 5 histoires aux éditions MeMo, en coédition avec la Bibliothèque nationale de France, octobre 2020, 100 pages, 18 €, ISBN 978-2-35289-458-2.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, contes.

Léopold Chauveau naît le 19 février 1870 à Lyon (Rhône-Alpes). Il est le fils d’Auguste Chauveau, vétérinaire, anatomiste et physiologiste (1827-1917). Il devient chirurgien mais il est aussi écrivain et artiste (sculpture sur bois, dessin). Il réalise 180 dessins à l’encre de Chine entre 1910 et 1920, intitulés La maison des monstres (voir la vidéo du Musée d’Orsay tout en bas du billet). Parmi ses titres, Derrière la bataille (1916), un récit sur le front de la première guerre mondiale, des contes pour enfants illustrés soit par lui soit par le peintre Pierre Bonnard (1867-1947) comme Histoires du Petit Renaud (1926) et des romans pour adultes comme Ramponnot (1931), Pauline Grospain (1932), Grelu (1934) parus chez Gallimard. Il meurt le 17 juin 1940 à Sérigny (Normandie).

Les histoires du Petit Renaud sont des histoires amusantes qu’un père, écrivain, raconte à son fils, surnommé Petit Père Renaud.

Histoire du gros Escargot raconte comment un escargot avance sur une route qui ne s’arrête jamais, et comment il se presse pour ne pas se faire écraser. C’est que des escargots écrasés, il en a vu beaucoup sur la route, des petits, des gros… Mais le lendemain, le voici ramassé avec plusieurs de ses congénères par une paysanne et jeté dans un arrosoir fermé ! « Il est très gentil mon escargot. ». (p. 30). Rien ne vaut la liberté !

Histoire du petit serpent ou comment le petit serpent, pour échapper à la punition de sa mère parce qu’il avait mis son doigt dans le nez, se met à courir, perd ses pattes et doit ramper sur le ventre. Durant sa course, le petit serpent rencontre un crocodile, un hippopotame, un lion, une girafe et un éléphant qui va devenir plus malicieux et intelligent. « Il se sauva pendant si longtemps, elle le poursuivait si assidûment, qu’elle oublia pourquoi elle tenait tant à lui donner une claque. […] Il se sauvait. Il avait oublié, lui aussi, depuis bien longtemps, pourquoi il méritait une claque. » (p. 38). Une réflexion sur la punition, ses causes et ses conséquences.

Histoire du gros arbre est l’histoire d’un arbre qui est énorme car il mange depuis longtemps les enfants mais seulement un enfant seul, ou deux ou trois, pas plus. « Il n’y aurait pas eu de place pour le quatrième dans son estomac, ce quatrième-là se serait sauvé et aurait raconté pourquoi les autres ne revenaient pas. » (p. 54). Un bûcheron qui se repose contre son tronc découvre le secret de l’arbre. Heureusement parce que les villageois, pour se venger, tuent tout ce qui bouge dans la forêt (charbonniers, animaux et même les lapins… comme si les lapins pouvaient manger des enfants !).

Histoire du petit Ours est une histoire que raconte le père à Petit Renaud pour qu’il digère parce qu’il a trop mangé. Le petit Ours brun en velours, Rounichond, dort tous les soirs avec Toto. Mais une nuit, Toto se réveille et Rounichond n’est pas là… « […] il est parti se promener, il reviendra, il n’est pas perdu ! Allons ! ne pleure plus ! c’est fini ! » (p. 72) dit la maman. Rounichond revient, effectivement, six mois après et il a bien changé ! Mais attention, trop d’éducation nuit à l’éducation.

Le loup et la tortue est une fable que Petit Renaud récite à son papa. La nuit, la tortue rentre dans sa carapace pour que le loup ne la mange pas. « Et la tortue retira tant qu’elle put, sa tête et ses pattes, bien au chaud, au fond de sa maison […]. » (p. 88). Mais elle oublie de rentrer sa queue…

Histoire supplémentaire enregistrée dans cette vidéo du Musée d’Orsay. Histoire de Limace raconte comment Limace Basset, chien savant dans un cirque, et Chocolat Caniche, chien d’aveugle, se rencontrent et deviennent amis, ainsi qu’avec la grenouille Pythagore. Une jolie parabole animalière qui explique qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

Ces histoires qui ont bientôt 100 ans se lisent toujours avec plaisir parce que les enfants (et les grands) aiment toujours les histoires amusantes, les histoires d’animaux, les contes, les fables. J’imagine qu’à sa parution, avec les belles illustrations de Pierre Bonnard, ce livre était considéré comme un beau livre d’artiste pour la jeunesse. Pas de morale mais quelques petites idées subversives qui raviront assurément les lecteurs adultes.

Premier livre lu pour le nouveau challenge Les textes courts. Avec tous ces animaux, je le mets aussi dans Animaux du monde #3 ainsi que dans 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 3, un prénom dans le titre), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10 et Projet Ombre 2021.

Rosa Parks, elle a dit non au racisme de Florence Lamy

Rosa Parks, elle a dit non au racisme de Florence Lamy.

Scrineo, août 2018, 128 pages, 10,90 €, ISBN 978-2-36740-626-8.

Genres : littérature française, jeunesse, Histoire.

Florence Lamy naît en 1946 à Marseille. Elle étudie les Lettres à l’université d’Aix en Provence et devient professeur de français en collège. Elle se consacre maintenant à l’écriture de romans. Du même auteur : Tourbillon noir (2019).

Montgomery, Alabama, États-Unis. Rosa Parks est mariée avec Raymond. Elle travaille depuis des années au Montgomery Fair Department Store, un « grand magasin de vêtements et d’accessoires de mode où elle est employée comme couturière-retoucheuse » (p. 8). Pourtant elle a étudié, à l’Industrial School for Girls, pour devenir institutrice mais la maladie de sa grand-mère puis de sa mère en ont décidé autrement.

Avec son ami, le juriste Fred Gray, elle se bat pour que les Noirs votent. Pour cela ils doivent non seulement s’inscrire sur les listes électorales mais aussi passer un test de lecture et d’écriture et payer une taxe ! Ce qui n’est pas à la portée de tous. « Eh oui, mais c’est bien contre toutes ces injustices qu’il faut se battre. Le vote est un droit et nous devons le faire appliquer ! » (p. 12).

Jeudi 1er décembre 1955. En sortant du travail, elle voit un attroupement : un homme noir a été tabassé à coup de batte de base-ball car il a bu de l’eau à une fontaine « White only » (Blancs seulement). Malgré l’abolition de l’esclavage le 18 décembre 1865, c’est la ségrégation dans les États du sud où « la discrimination sévit » (p. 19), le « separate but equal » (séparés mais égaux) et aussi le Ku Klux Klan (KKK). Il fait nuit, Rosa a froid, elle est fatiguée, elle a mal au dos, elle se hâte vers l’arrêt de bus mais « Ce soir elle n’a aucune envie de rester debout pendant tout le trajet. Une demi-heure sur la plate-forme arrière, c’est plus qu’elle ne peut endurer. » (p. 26). Ce soir-là, elle s’assoit dans la zone médiane, ce qui est autorisé aux personnes noires mais, après quelques arrêts, elle refuse de laisser la place à un homme blanc qui vient de monter. « Elle ne cédera pas. Allez savoir pourquoi. Rien ne le laissait prévoir. En montant dans ce bus jamais elle n’aurait imaginé pareille confrontation. Elle voulait juste faire le trajet confortablement assise. » (p. 33). L’homme blanc n’a pas besoin de quatre places assises !

Rosa est arrêtée sans ménagement et conduite en détention provisoire puis à North Ripley Street à la prison pour femmes. « Seule, privée d’eau, sans possibilité de prévenir son mari, elle se sent abandonnée. » (p. 47). Heureusement, une femme l’a reconnue dans le bus et a prévenu sa famille. Ses amis de la paroisse et de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People c’est-à-dire Association nationale pour la promotion des gens de couleur) font le nécessaire le soir-même : il faudra payer la caution de 100 dollars, il est prévu de boycotter les bus le lendemain. « Cette fois il faut frapper fort ! Crois-moi ! Ça va faire mal. On nous suivra, j’en suis sûr. La communauté noire en a plus qu’assez de ces humiliations. » (p. 58). La NAACP voit en elle le case-test tant attendu : « C’est une femme exemplaire […]. La presse blanche ne trouvera rien pour la salir. Bonne chrétienne, travailleuse, honnête et discrète. Exactement ce qu’il nous faut pour amorcer la bombe ! » (p. 59). On parle bien sûr de bombe médiatique !

Le lendemain soir, dans l’église baptiste de Dexter Avenue, un jeune pasteur officie : « Il s’appelle Martin Luther King. Toutes les femmes n’ont d’yeux que pour lui car en plus d’être un bel homme, toujours très élégant, il sait toucher leurs cœurs même si beaucoup pensent quand même qu’il est trop naïf. » (p. 69). C’est ce jour-là que « il prononce le premier grand discours qui va le rendre célèbre » (p. 70).

Rosa sera finalement jugée coupable « pour délit de trouble à l’ordre public et violations des lois locales sur la ségrégation dans les transports publics » (p. 86) mais ces lois locales sont contraires aux lois fédérales depuis plus de cent ans ! Cela va activer la rébellion et un soulèvement national.

Voilà, c’est la « petite » histoire qui fait la « grande » Histoire. Je connaissais l’histoire de Rosa Parks mais cet agréable livre est vraiment bien pour la jeunesse (le lectorat ciblé, à partir de 12 ans) car Rosa Parks – surnommée la rose dans le bus jaune – est devenue une icône : pas une starlette en mal de reconnaissance, mais une véritable icône soutenue par les Noirs mais aussi des Blancs et des Juifs dans tous les États-Unis et même à l’international car elle avait la raison et le Droit constitutionnel de son côté. Toute sa vie, elle aura été un modèle, elle aura lutté contre les préjugés et la haine raciale, elle aura défendu les Droits civiques et ainsi la liberté et la justice. Ceci malgré les injures et les menaces de mort constantes…

Les dernières pages sont des compléments historiques sur Rosa Parks : elle est « considérée aujourd’hui comme l’une des vingt personnes les plus importantes du XXe siècle » (p. 120), sur Martin Luther King et son célèbre discours I Have a Dream… toujours d’actualité.

Pour le Challenge du confinement (case Bonus pour roman historique), Jeunesse Young Adult #10 et Petit Bac 2020 (catégorie personne célèbre).

Charlock 2 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 2 – Le trafic de croquettes de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-180-4.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

New York, 1917. Dans une précédente vie, Charlock était aux États-Unis. Son ami est Claude, un pigeon qui louche « et yoyote un peu du ciboulot. » (p. 12). Soudain, des aboiements… « La bande des Pet shop Dogs ! s’exclame Charlock. » (p. 14). Les chiens poursuivent « deux membres des Chappuccini ! s’alarme Charlock en voyant deux chats de gouttière en fuite […]. » (p. 16).

Parmi les Chappuccini, Spaghetti, Pavarotti, chat fait maffia, non ? Bon, en fait, les chats et les chiens vivent depuis des années en paix (si si !) mais là, les chiens, Ed le loubard en tête, accusent les Chappuccini d’empoisonner leurs croquettes. C’est que « Celui qui a les croquettes, a le pouvoir, lâche le cocker à la frange. » (p. 26).

Les croquettes sont-elles pourries ? Empoisonnées ? Voici une enquête pour Charlock qui est prêt à rencontrer le chef des Pet shop Dogs, Mister V, dans son repaire !

Cette deuxième enquête est tout aussi échevelée et drôle que La disparition des souris. En dehors de Charlock, les personnages sont différents et le jeune lecteur peut être surpris mais il se laissera emporter par l’histoire sans problème. Les dessins qui illustrent le texte ou qui sont en pleine page ou double page comme l’ancien gymnase (p. 38-39) sont superbes (quel talent il a ce Lacombe !).

Je vous conseille vivement cette série jeunesse et j’espère que d’autres tomes paraîtront !

Une agréable lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Charlock 1 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 1 – La disparition des souris de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-906-0.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

« Charlock est un chat. » (p. 7). Et un chat bleu, ce qui n’est pas banal. « Charlock est très observateur et répond toujours présent pour résoudre les enquêtes, même les plus difficiles. » (p. 8).

Paris, 1975. Charlock vit depuis deux ans avec Mamzel Marcelle. Lorsque son humaine n’est pas là, il s’ennuie un peu mais un jour, il rencontre une toute petite souris, Magali, et « ils devinrent bons amis. » (p. 23). Mais, lorsque Magali disparaît, Charlock rameute ses copains du quartier avec Choupachoups le lapin voisin. « Elle est peut-être allée chasser des oiseaux ? demande le chat Mallow. – Ou bien croquer les mollets du facteur ? ajoute Wawa le chihuahua. – Je suis sûr qu’elle admire la vue en haut d’un arbre, dit à son tour Cacahuète le cacatoès. » (p. 34-35). Mais Magali n’est nulle part et Charlock se résigne à la chercher au Royaume des souris mais dans le grenier, qu’il ne connaît pas, il fait très noir… Mais c’est là qu’il apprend que les souris disparaissent. Pourquoi ? Comment ?

La disparition des souris est le premier tome des enquêtes de Charlock (clin d’œil à Sherlock bien sûr). Déjà, le livre est très beau (format poche plus grand, 14 x 19 cm), avec de jolis rabats (soulevez-les, il y a des illustrations et du texte en-dessous) et de magnifiques illustrations en couleurs de Benjamin Lacombe dont certaines sont pleine page ou double page. Le récit de Sébastien Perez est précis et pétillant pour les enfants (dès 8 ans) et drôle ; il revisite la légende de Hamelin. Les animaux sont attachants, complémentaires et ont chacun leurs particularités ; ils enquêtent ensemble mais c’est plutôt Charlock qui réfléchit. « Élémentaire mon cher Wawa ! » (p. 48).

C’est après avoir vu un billet chez Sharon que j’ai eu envie de lire Charlock (je sais que, comme moi, elle aime les chats). Bien m’en a pris ! Et heureusement j’ai le tome 2 : Le trafic de croquettes !

Une chouette lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Wily Fox mène l’enquête, 2 d’Adam Frost

Wily Fox mène l’enquête, 2 – Un parfum de mystère d’Adam Frost.

Thomas Jeunesse, octobre 2017, 128 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-35481-435-9. Investigates Fox A Whiff of Mystery (2015) est traduit de l’anglais par Paolia Appelius. Illustré par Emily Fox.

Genres : littérature anglaise, roman jeunesse, roman policier.

Adam Frost naît le 21 août 1972 à Epping (Angleterre). Il est auteur pour la jeunesse depuis 2005. Plus d’infos sur son site officiel.

Emily Fox, diplômée de l’Université Falmouth, est illustratrice. Plus d’infos sur son site officiel.

Après la lecture de Wily Fox mène l’enquête, 1 – Une ombre au tableau d’Adam Frost, j’ai embrayé avec le tome 2.

Wily Fox est invité à la soirée de lancement du nouveau parfum, Odorissimo, d’Adolfo Aroma, le célèbre parfumeur, un lapin italien. « Ce parfum séduira dans les terriers tous les goupils qui ont du style et les belettes qui en jettent par son attaque de sous-bois mouillé sur un cœur de marron éclaté. » (p. 4). Le détective londonien est donc à Pise. Mais Fabio furet, le chef de la sécurité d’Adolfo, n’est pas content qu’un renard vienne mettre le museau dans son travail. Mais la soirée ne se passe pas comme prévu et la formule d’un parfum unique, Utopia, créé par le père d’Adolfo, est volée…

Dans la liste d’une centaine d’invités, Albert l’assistant de Wily Fox à Londres, repère trois suspects : Bianca Blaireau, reporter à Pise, Joey La Fouine, ancien gangster reconverti dans le monde de la mode, et Wanda Rouquine, une panda rousse, propriétaire d’une chaîne de magasins mode et parfums en Chine.

Wily Fox se rend à Venise car la Princesse de Parmesan est la seule à posséder un flacon d’Utopia. « C’est « une vieille antilope de quatre-vingt-deux ans » (p. 28).

Mais Marius Molosse et Érica Écureuil de la MOTUS (Milice des Officiers de Terrain Ultra Secrète) lui mettent à nouveau des bâtons dans les roues… La MOTUS enquête sur « Trois gibiers de potence connus sous le nom de Gang des Pattes Noires » (p. 49) qui ont tenté de cambrioler des banques. Non, ils ne sont pas sur la même enquête.

Wily Fox peut partir en Chine sur les trace du « hon sêng zha » (p. 49). Direction Chengdu !

Je ne veux pas répéter ce que j’ai déjà dit pour le premier tome mais encore une belle histoire et une belle enquête pour Wily Fox ! Et des gadgets que n’aurait pas renier James Bond ! Idéal pour démarrer le roman policier pour les enfants à partir de 8 ans mais les grands y trouvent leur compte aussi.

Une lecture idéale pour Animaux du monde #3, British Mysteries #5, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2020 (catégorie crimes et justice avec mystère), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Louis XIV, un enfant roi dans la tourmente de Béatrice Égémar

Louis XIV, un enfant roi dans la tourmente de Béatrice Égémar.

Scrineo, octobre 2018, 128 pages, 11,90 €, ISBN 978-2-36740-638-1. llustré par Adèle Silly.

Genres : littérature française, jeunesse, Histoire.

Béatrice Égémar naît en 1961 dans le Gard mais vit en Touraine. Elle étudie le Droit et travaille comme juriste avant de se lancer, en 2013, dans l’écriture de romans historiques en particulier pour la jeunesse (une trentaine) et deux romans historiques pour les adultes : Le printemps des enfants perdus et Le fard et le poison (Presses de la Cité).

Nuit glaciale. 6 janvier 1649. « Le roi de France a dix ans, et à cette heure, il dort. » (p. 7). Louis est devenu roi, à la mort de son père, il n’avait même pas cinq ans ! En attendant qu’il soit majeur (dans trois ans), sa mère, Anne d’Autriche, est régente. Mais, pour l’instant, le maréchal de Villeroy le réveille en pleine nuit… C’est qu’Anne a décidé de quitter Paris – où la colère gronde – pour le château de Saint-Germain, avec ses deux enfants, Louis donc, dix ans, et Philippe, huit ans. Louis ne doit pas avoir peur : « Il serait un grand roi, un roi courageux ! » (p. 20).

Ce roman est plein de noms connus, Mazarin, Condé, Conti, d’Orléans, Vincent de Paul… Mais les relations ne sont pas simples et les Parisiens n’aiment ni le cardinal Mazarin (Italien) qui est ministre ni Anne d’Autriche (Espagnole mais venant de la famille des Habsbourg). La révolte est appelée la Fronde ; les frondeurs sont des bourgeois qui attisent la colère du peuple et qui, au passage, en profitent pour s’enrichir.

Louis « aimerait oublier un temps toutes ces luttes, ces complots et ces palabres, et vivre avec plus de légèreté. Mais ce n’est pas son destin. » (p. 111).

Mon passage préféré : le cardinal Mazarin, parrain de Louis, demande à ce que le roi vienne pour échanger avec lui. « L’instruction est une belle chose, je ne dirai pas le contraire, mais pour un roi, ce n’est pas le plus important. […] Non, Sire ! Le plus important pour un roi, ce n’est pas d’avoir la tête farcie de… comment dit-on en français ? Théorie ! Le plus important, c’est la pratique, l’expérience ! […] Observez les gens, poursuit le cardinal, voyez ce qui les motive, ce qui les pousse ! Pourquoi ils se battent, se fâchent… Étudiez-les, découvrez quels sont leurs points faibles, leurs passions. » (p. 79).

Ce roman historique prévu pour les jeunes à partir de 12 ans est bien raconté, avec des détails importants, mais sans fioritures, et, en fin de volume, il y a un dossier pour comprendre le rôle du Parlement (différent du Parlement actuel) et d’autres faits historiques marquants d’après la Fronde.

Une lecture historique pour Jeunesse Young Adult #10 et Petit Bac 2020 (catégorie Personne célèbre avec Louis XIV).