Image

Projet 52-2020 #35

Trente-cinquième semaine pour le Projet 52-2020 de Ma avec le thème héros. J’aurais pu penser cinéma ou littérature, j’ai pensé bandes dessinées. Il me reste peu de bandes dessinées, beaucoup étant restées chez mon ancien compagnon. Mais voici quelques héros et héroïnes : Lucky Luke, Le Surfer d’Argent, Papoose (Indien moins connu que Yakari peut-être), Les femmes en blanc (clin d’œil aux infirmières, précieuses) et Vasco. J’aurais pu en mettre deux ou trois autres mais il n’y aurait pas eu assez de place. Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer à ce projet photographique, allez voir Ma ! Et en bonus, je vous mets la vidéo de « On veut des héros, des héroïnes… » de Kent (sous la photo).

Le violoniste de Mechtild Borrmann

Le violoniste de Mechtild Borrmann.

Le Masque (JC Lattès), août 2014, 148 pages, 19 €, ISBN 978-2-70244-027-8 mais je l’ai lu en poche : Le livre de poche, collection Policier, janvier 2016, 312 pages, 7,70 €, ISBN 978-2-253-09289-6. Der Geiger (2012) est traduit de l’allemand par Sylvie Roussel.

Genres : littérature allemande, Histoire, roman policier.

Mechtild Borrmann naît en 1960 à Cologne (c’est-à-dire Köln) en Allemagne (à l’époque, de l’Ouest). De par ses études, thérapeute par la danse et le théâtre, elle se lance en littérature en 2006 avec un roman policier, Rompre le silence (Wenn das Herz im Kopf schlägt) qui reçoit un prix (le Deutscher Krimi Preis). Suivront ensuite : Morgen ist der Tag nach gestern (2007), Mitten in der Stadt (2009), Wer das Schweigen bricht (2011), Der Geiger (2012) soit Le violoniste (Le Masque, 2014), Die andere Hälfte der Hoffnung (2014) soit L’envers de l’espoir (Le Masque, 2016) et Trümmerkind (2016) soit Sous les décombres (Le Masque, 2019). Plus d’infos sur son site, http://www.mechtild-borrmann.de/, en allemand, natürlich !

Mai 1948, Moscou, Union Soviétique. Ilia Vassilievitch Grenko est ovationné par le public du Conservatoire Tchaïkovski. Lorsqu’il quitte la scène, il veut protéger son violon, un Stradivarius qui est dans sa famille depuis 1862. « Son arrière-arrière-grand-père, le violoniste Stanislas Sergueïevitch Grenko, l’avait reçu en cadeau du tsar Alexandre II, qui l’avait rapporté d’un voyage en Italie. Jusqu’à la révolution, on s’était transmis cette histoire avec fierté. » (p. 12). Mais il est arrêté… « Qu’est-ce que tu crains, Ilia Vassilievitch Grenko ? Si tout ça n’est qu’un malentendu, tu seras rentré chez toi avec ton violon, d’ici une heure ou deux. » (p. 14). Mais Grenko ne rentra jamais chez lui et son violon disparut… « Mon violon ! Où est mon violon ? » (p. 82). Pire, son épouse, Galina (célèbre actrice de théâtre) et leur deux fils, Pavel (3 ans) et Ossip (1 an) sont également déportés…

Juillet 2008, Cologne, Allemagne. Sacha Grenko est le petit-fils d’Ilia, il est Russe, né au Kazakhstan. Ses parents ont pu émigrer en Allemagne avec lui et sa jeune sœur, Viktoria (Vika). Sacha se souvient que « Les adieux à babouchka Galina, oncle Pavel et tante Alia avaient été déchirants, mais l’excitation pour le nouveau pays l’emportait sur la tristesse. » (p. 26). Le père de Sacha, c’est Ossip (qui n’avait qu’un an lorsque son père a disparu pour toujours). Malheureusement, peu de temps après leur arrivée en Allemagne, Ossip et son épouse meurent dans un accident de voiture. Sacha et Vika sont séparés : lui est mis dans un foyer et elle est adoptée. Dix-huit ans après, lorsqu’il retrouve sa sœur, pianiste dans un hôtel à Munich, elle est abattue sous ses yeux sans qu’il ait pu lui parler ! Elle ne lui laissé qu’un mot dans une enveloppe avec une clé de consigne de la Gare Centrale.

Que peut faire Sacha, qui ne connaît pas finalement l’histoire de son ancêtre ? Seul, il avait mal tourné mais, depuis 3 ans, il est spécialiste en sécurité informatique pour Jürgen Reger. Peut-être que son patron peut l’aider ?

Les chapitres alternent entre Ilia d’un côté et Galina avec les enfants d’un autre côté en 1948 (et années suivantes) et Sacha. Si une partie du Violonsite est historique, l’autre partie est construite comme un roman policier mais c’est de toute façon, dans le passé et dans le présent, dramatique.

Alors qu’Ilia Grenko, brisé, même s’il a tenu plus longtemps que d’autres, signe les aveux fantaisistes préparés à l’avance par la Komendatura et qu’il est condamné à 20 ans de goulag (camp de travail) à Vorkouta (Sibérie), on fait croire à Galina (son épouse) et à Mechenov (son mentor) qu’il a profité d’un concert à Vienne pour s’enfuir à l’Ouest avec son précieux violon. Galina et les enfants sont déportés à Karaganda (au Kazakhstan). « Elle parla aussi de son cœur mort, du vertige qui s’emparait d’elle à l’idée que sa déportation était bien la preuve qu’Ilia avait fui et l’avait abandonnée avec les enfants. » (p. 88).

De son côté, Sacha va remonter la piste avec ce que sa sœur lui a laissé à la consigne : leur album photos d’enfance, un paquet de lettres et il va découvrir qu’Ossip (leur père) avait contacté un avocat pour récupérer le violon familial. « Quinze jours avant l’accident. Sacha sentit sa gorge se nouer. » (p. 96). Munich, Bonn, Almata, Moscou… le récit se transforme en road movie dangereux pour Sacha. « Ils ont exterminé toute ma famille. Vous ne comprenez pas qu’il faut que je sache ce qui s’est passé et surtout qui est responsable ? Et puis, s’ils connaissent mon existence, qu’est-ce que je dois faire, selon vous ? Rester terré ici jusqu’à la fin de mes jours ? » (p. 120).

Le passé fait froid dans le dos (les arrestations arbitraires, les mensonges, les camps de travail soviétiques, le froid, les privations de sommeil, de soins et de nourriture, les mauvais traitements, la folie, etc.) et le présent est tout aussi dangereux car certains veulent encore en faire taire d’autres (la machine à broyer les humains fonctionne toujours) mais la vérité triomphera ! « Toutes les vérités ne sont pas encore bonnes à dire, mais l’heure viendra. » (p. 262).

C’était la première fois que je lisais cette romancière allemande et j’ai très envie de lire d’autres titres (il va y avoir la deuxième édition du challenge Les feuilles allemandes en novembre) alors avez-vous un titre à me conseiller plus particulièrement ou sont-ils tous excellents ?

Une lecture coup de poing, coup de cœur que je mets dans Challenge de l’été (Allemagne), Petit Bac 2020 (dans la catégorie Son pour violoniste), Polar et thriller 2019-2020 (et ce sera le dernier roman policier ici car la nouvelle édition du challenge commence demain) et Voisins Voisines 2020 (Allemagne).

Le trompettiste de Léon Plagnol

Le trompettiste de Léon Plagnol.

Short édition, mai 2020.

Genres : littérature française, nouvelle.

Léon Plagnol est le pseudonyme d’un jeune homme passionné de musique. Il est membre du collectif CYNIQUETAMERE (nouvelles, poèmes, jeux d’écriture…).

Nicolas, 16 ans, est un ado très timide de San Francisco ; il est lycéen à Lowell Highschool. Il ne comprend pas les relations humaines mais il a quelques amis d’enfance et son héros est son prof de musique. C’est que Mr Garett est le seul à l’avoir entendu jouer de la trompette. Pendant des heures, ils peuvent parler de jazz. « ‘Lorsque l’esthétisme et la complexité des accords de jazz se mêlent aux voix fébriles et suaves de la bossa-nova, l’extase n’est pas loin’ lançait Garett avec une once de jubilation dans la voix. »

Depuis bientôt un an, sa mère lui a offert une trompette d’occasion, une Bach Stradivarius, et Nicolas s’entraîne dans la cave insonorisée par ses soins. Vu son niveau, Mr Garett pense qu’il pourrait devenir professionnel mais… « Cela impliquerait de jouer en public bien évidemment. Une situation inconcevable pour lui. »

Une nouvelle réussie avec une fin surprenante !

Allez la lire et voter pour elle (nouvelle en finale dans la sélection du jury) si vous l’aimez aussi !

Un billet pour La bonne nouvelle du lundi.

Âme brisée d’Akira Mizubayashi

Âme brisée d’Akira Mizubayashi.

Gallimard, collection blanche, août 2019, 256 pages, 19 €, ISBN 978-2-07284-048-7.

Genres : littérature japonaise, littérature francophone.

Akira Mizubayashi naît le 5 août 1951 à Sakata (dans la préfecture de Yamagata, au nord-ouest de Sendai). Il étudie les langues et les civilisations étrangères à l’université de Tôkyô et vient se perfectionner en français à Montpellier puis à l’École normale supérieure de Paris. Depuis 1989, il enseigne le français à l’université Sophia de Tôkyô. Il est aussi écrivain, un très grand écrivain ! Du même auteur : Une langue venue d’ailleurs (Gallimard, 2011), Mélodie : chronique d’une passion (Gallimard, 2013), Petit éloge de l’errance (Gallimard, 2014), Un amour de mille ans (Gallimard, 2017) et Dans les eaux profondes – Le bain japonais (Arléa, 2018) qui sont des essais (écrits en japonais et traduits en français).

Tokyo, quartier de Shibuya. Yu Mizusawa, Japonais, veuf, professeur d’anglais et violoniste amateur, répète avec trois étudiants chinois : Yanfen Lin, la seule femme, est altiste, Kang Song est le deuxième violon et Cheng Wang est violoncelliste. Ensemble, ces amis forment un quatuor de musique classique occidentale. « Le quatuor sino-japonais, fraîchement constitué, n’avait pas de nom. Il était fondé sur le seul principe du plaisir musical partagé, au-delà de toute autre considération, oubliant tout ce qui était en dehors de la musique schubertienne, à l’écart du reste du monde, à l’écoute de lui-même et des autres. » (p. 32). Mais ce jour-là, le dimanche 6 novembre 1938, lors de la troisième répétition de Rosamunde, des soldats font brutalement irruption dans le Centre culturel : ils embarquent les quatre adultes et un des soldats écrase méchamment le violon de Yu.

Rei, 11 ans, le fils de Yu, qui lisait Dites-moi comment vous allez vivre [voir la note en bas du billet], s’est caché dans une armoire et, bien que découvert par le lieutenant Kurokami (son prénom est Kengo, on le connaîtra plus tard), celui-ci ne le dénonce pas et lui remet même le violon à l’âme brisée. Mais Yu ne reverra jamais son père… Le Japon et la Chine sont en guerre depuis un an et Yu, qui fréquente des étrangers (ce qui est pourtant normal en tant que professeur universitaire… !), est considéré comme un hikokumin, un traître de la nation.

Après que les soldats soient tous partis, Rei sort de sa cachette avec son livre, le violon détruit de son père et se dirige vers chez lui mais il n’a pas la clé pour rentrer dans la maison. Il croise un chien qui le suit. « Rei garda longtemps dans la main la patte blanche du shiba. On voyait leurs deux ombres confondues et superposées sur la surface irrégulière de la ruelle en terre battue. » (p. 74). Heureusement, Philippe Maillard, le meilleur ami de Yu, un journaliste français, devait leur rendre visite le soir même avant d’être rapatrié en France avec son épouse, Isabelle.

Des années plus tard, Jacques Maillard est maître luthier à Mirecourt (dans les Vosges). Il rencontre Hélène, archetière, et lui raconte son histoire. « Je me suis retrouvé orphelin à Tokyo et j’ai été adopté par M. et Mme Maillard qui m’ont élevé comme si j’étais leur fils… » (p. 109-110). En 2003, Rei/Jacques va rencontrer une jeune violoniste japonaise, Midori Yamazaki, une prodige récompensée par un prix international, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas en dévoiler trop sur ce roman magnifique… à part cet extrait. « Le violon de mon père était extrêmement abîmé. […] c’était la seule chose qui me restait de mon père… Il était vraiment dans un piteux état. Un militaire barbare l’avait piétiné de tout son poids. Il était brisé… en miettes… jusqu’à l’âme. – Mon Dieu ! s’écria la violoniste. Même l’âme était brisée ! » (p. 153).

Âme brisée est un roman envoûtant et précieux car il montre non seulement les relations entre les humains et ce que l’on transmet (Yu a transmis à son unique fils le goût de la lecture, de la musique, des relations saines) mais aussi le pouvoir de la musique. Car la musique est un langage universel qui permet d’aller au-delà des relations sociales (en particulier sur les notions de supériorité et d’infériorité, par rapport à l’utilisation spécifique de la langue japonaise qui est parfois transcrite dans le roman) et elle fait partie du patrimoine de l’humanité. Écrit en français, il est également d’une grande finesse, tout en élégance, en poésie musicale (comme une mélodie, un des titres de l’auteur), et je dois dire qu’il m’a arraché des larmes tant l’histoire est émouvante, plus même bouleversante. Ce roman paru le jour de mon anniversaire (le 29 août 2019) est sûrement mon dernier coup de cœur de l’année ! J’ai très envie de lire d’autres titres de Mizubayashi, si vous en avez un à me conseiller parmi ses essais parus avant Âme brisée ?

Deux notes

Dites-moi comment vous allez vivre (君たちはどう生きるか Kimi-tachi wa dô ikiru ka) est un roman d’aventures de Genzaburô Yoshino (吉野源三郎 1899-1981) paru en 1937. « C’est un livre magnifique. En pleine période de folie fasciste et d’engouement militariste et ultranationaliste, Yoshino a eu l’audace d’écrire, à l’intention des jeunes Japonais, un livre qui prônait l’usage critique de la raison et défendait la supériorité éthique de l’amitié des égaux par rapport à la soumission rampante et aveugle à l’égard des aînés et des dominants. Je crois que mon père voulait faire de moi un jeune homme capable de garder sa lucidité en toute situation, de ne pas succomber à la folie collective et de s’insurger contre les aberration… » (p. 191). Et vous savez quoi ? Le studio Ghibli travaille sur son adaptation animée depuis 2016 et la sortie dans les salles est prévue pour 2020-2021 !

Page 188, il est question du Bateau-usine de Takiji Kobayashi, un roman « ouvrier » paru en 1929 et je vous rappelle que j’ai lu ce roman il y a 10 ans ainsi que son adaptation très réussie en manga (parue en 2016).

Un roman que je mets dans le challenge 1 % Rentrée littéraire 2019 et que je vous conseille chaleureusement !

Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar de Brian Stableford

Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar : deux enquêtes d’Auguste Dupin, investigateur de l’Étrange de Brian Stableford.

Les Moutons électriques, Les saisons de l’étrange #2, mars 2019, 240 pages, 16 €, ISBN 978-2-36183-550-7. The Legacy of Erich Zann (2011) et Valdemar’s Daughter (2010) sont traduits de l’anglais par Catherine Rabier.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

Brian Stableford naît le 25 juillet 1948 à Shipley (Yorkshire, Angleterre). Sociologue de la science-fiction et professeur de sociologie, il se consacre à l’écriture : romans et nouvelles plutôt de science-fiction mais aussi de fantasy et de fantastique.

Voici ce que dit l’éditeur sur Le testament d’Erich Zann : « Quinze ans après la célèbre nouvelle de Lovecraft, le violon et les compositions maudites d’Erich Zann font l’objet de toutes les convoitises. Le grand détective Charles Auguste Dupin est le seul à savoir pourquoi, et à pouvoir s’y opposer. »

Paris, faubourg Saint-Germain, XIXe siècle. Charles Auguste Dupin, Chevalier et détective (un genre de Sherlock Holmes français) rend visite à son ami américain (journaliste, alter ego d’Edgar Allan Poe à qui il envoie des histoires) lorsqu’il apprend que Bernard Clamart, célèbre notaire, a été assassiné à son cabinet, et qu’une tombe non enregistrée (bon, on devine que c’est celle d’Erich Zann) a été profanée au Père-Lachaise. Pendant ce temps, Nicolo Paganini recherche les partitions pour violon disparues de Zann mais « […] tout ce qui a un rapport avec la mémoire de Zann peut devenir redoutablement dangereux, et si nous pouvons avoir une longueur d’avance, nous devons la prendre. » (p. 22-23). Où il est question de Stradivarius perdu et d’une « oreille exceptionnelle pour la musique » (p. 37) mais sera-t-il possible de contrer le violon « dressé, ensorcelé, envoûté, possédé » (p. 122) ?

Voici ce que dit l’éditeur sur La fille de Valdemar : « Rendu fameux sous la plume d’Edgar Allan Poe, Dupin enquête également de nouveau sur Ernest Valdemar, dont le corps a disparu : le comte de Saint-Germain est-il impliqué ? Et pourquoi Balzac, à l’article de la mort, s’y intéresse-t-il ? »

Paris, faubourg Saint-Germain, XIXe siècle. Alors que Dupin se réchauffe devant la cheminée de son ami américain, madame Ewelina Hanska (la maîtresse d’Honoré de Balzac) arrive en pleine nuit pour récupérer un colis en provenance de New York. Mais le colis n’est pas là et le docteur Robert Collyer, un Anglais qui devait le déposer, a disparu. Madame Hanska craint que la Société de l’Harmonie n’ait subtilisé le colis et que son amie – et compatriote – Jana Valdemar n’ait des ennuis. Une machination machiavélique sur les thèmes du mesmérisme, du spiritualisme et d’éventuels progrès de la médecine (sommeil magnétique). « Nous vivons en des temps de trouble, Monsieur Dupin. Il y a de la révolution dans l’air, aussi bien sur le plan politique que scientifique. Mais je crains que dans les deux cas, elle ne débouche sur une catastrophe plutôt que sur une réforme rationnelle. » (p. 180).

Deux récits policiers historiques dans une belle ambiance « dix-neuviémiste » fantastique avec des références littéraires et musicales pour Erich Zann et des références littéraires et médicales (ou spirituelles) pour Valdemar. Et, dans les deux cas, nous avons « Une fiction bien ficelée et tellement plus puissante que la vérité, simplement parce qu’elle est spécialement et habilement conçue pour faire appel à l’imagination. » (p. 212). C’est que « L’esprit peut jouer d’étranges tours, si on le sollicite de la bonne façon. » (p. 229). Alors serons-nous des lecteurs curieux et ouverts d’esprit mais crédules ? Ou doués de logique et de discernement ?

Un livre de la Rentrée littéraire de janvier 2019 pour les challenges Littérature de l’imaginaire #7, Polar et thriller 2019-2020, Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #5 pour le fantastique et Voisins Voisines 2019 (Angleterre).

Govrache avec Des murmures

Vendredi dernier, la fête de la musique n’a pas eu lieu à cause de la météo mais il a fait beau, finalement ; l’orage est arrivé tard dans la nuit… Mais serais-je allée écouter les artistes ? Je ne souhaite pas m’asseoir et rester à un seul endroit toute la soirée mais je ne peux pas non plus beaucoup marcher et encore moins rester debout… Bref, je ne vais plus à la fête de la musique mais j’écoute toujours de la musique ! Et je devrais vous en parler plus souvent… Il y a deux ans, je découvrais Gauvain Sers (qui vient d’ailleurs de sortir son deuxième album). Maintenant, je découvre Govrache qui chante en fait depuis un bout de temps (apparemment une dizaine d’années).

Govrache, c’est David Hébert, un Normand exilé à Paris ; c’est de la chanson française avec des musiques agréables et des textes ciselés, c’est aussi du slam. En décembre 2013, Le bleu de travail, un mini-album de 5 titres est sorti ; je ne le connais pas encore mais ça ne saurait tarder.

Des murmures est sorti le 15 mars de cette année ; seulement 8 titres mais des titres d’une grande beauté, des titres intenses qui remuent les tripes. Pas politiquement correct (L’ivresse), pas religieusement correct (Mon dieu à moi) mais dans l’ensemble un album beau et triste (surtout avec Le bout de la table – clip ci-dessous – et Une soupape) qui raconte la vie tout simplement.

Des cris sortira le 20 septembre ; à suivre donc. Plus d’infos sur le site officiel, https://govrache.fr/.

Kurt Cobain… 25 ans !

25 ans après la disparition de Kurt Cobain… Kurt Cobain et Nirvana (grunge, rock alternatif) me manquent toujours… Bien sûr je peux écouter leurs albums mais il est tellement dommage de ne pas avoir de nouveaux titres. Et puis, Kurt Cobain, tout en ayant marqué son époque, est intemporel, presque immortel malgré sa mort. Le site de Nirvana existe toujours : lien. Voici un de mes titres préférés, Come as you are (album Nevermind, 1991).

Il est possible de suivre Dave Grohl avec les groupes Foo Fighters (collaboration de Krist Novoselic, l’autre membre de Nirvana) et Queens Of the Stone Age (ou QOTSA) ou encore avec le projet Probot (plutôt metal).

Pati fait son cinéma #3 – spécial Queen

Billets précédents de Pati fait son cinéma : #1 et #2.

Un spécial Queen avec Bohemian Rhapsody que j’ai vu au cinéma dimanche. La copine avec qui je devais y aller samedi n’était pas bien et ne voulait pas passer plus de deux heures dans une salle de cinéma alors nous avons été simplement boire un coup et un tour en librairie. J’ai donc vu ce film hier après-midi (et si la copine veut le voir, j’y retournerai avec elle !).

Bohemian Rhapsody est un film biographique anglo-américain réalisé par Bryan Singer (réalisateur de cinéma et producteur de séries télévisées né le 17 septembre 1965 à New York). Le film dure 134 minutes et il est sorti en salles le 31 octobre 2018 soit 43 ans après le single éponyme.

Au commencement. Farrokh Bulsara naît le 5 septembre 1946 à Stone Town dans le protectorat de Zanzibar. Farrokh est envoyé chez sa grand-mère maternelle en Inde à l’âge de 7 ans et fait sa scolarité dans un pensionnat (il a d’excellents résultats dans toutes les matières y compris en musique et en sport). Ses parents, Jer et Bomi Bulsara, des Parsis zoroastriens, et sa petite sœur, Kashmira, sont chassés de Zanzibar et se réfugient en Angleterre. Farrokh les rejoint. Il commence la musique très jeune : à 12 ans, il joue du piano au lycée (St. Peter’s Boys School à Panchgani, près de Bombay) dans le groupe The Hectics avec Derrick Branche, Bruce Murray, Farang Irani et Victory Rana. Vous pouvez en savoir plus sur Farrokh Bulsara / Freddie Mercury dans les nombreuses biographies, sur le site officiel de Queen et voir les vidéos sur leur chaîne YouTube.

Le film. 1970. Londres. Farrokh vit chez ses parents, il est étudiant en graphisme, passionné par le rock’n’roll et il est bagagiste à l’aéroport de Heathrow. Un soir, dans une petite boîte de nuit, il rencontre non seulement une très belle jeune femme, Mary Austin (l’amour de sa vie qui deviendra sa compagne pendant des années), mais aussi les membres du groupe de hard-rock Smile. En fait il rencontre le guitariste Brian May (étudiant en astrophysique) et le batteur Roger Taylor (étudiant en médecine dentaire) car le chanteur bassiste, Tim Staffell, vient d’annoncer son départ. Grâce à son charisme et à son talent, Farrokh devient le chanteur du groupe et John Deacon, bassiste, les rejoint. Farrokh Bulsara devient Freddie Mercury et le groupe devient Queen. Le film suit Freddie Mercury et Queen jusqu’en juillet 1985 avec le come-back du groupe au concert Live Aid. Freddie Mercury aimait les chats et en avait plusieurs 🙂 ❤ mais comme je ne suis pas people et potins, je ne le savais pas.

Tout ceux qui ont suivi Queen pendant 20 ans (en gros entre 1971 et 1991) connaissent l’histoire du groupe et de Freddie Mercury et leurs titres, énormes, fabuleux, tellement originaux et élaborés ! Le film est grandiose (fi des avis négatifs de certains journalistes !), les acteurs sont extraordinaires, non seulement Rami Malek en tête (déjà extraordinaire dans la série Mr. Robot) mais aussi Gwilym Lee en Brian May, Ben Hardy en Roger Taylor et Joseph Mazzello en John Deacon (image ci-dessous) ainsi que les acteurs « secondaires » comme Lucy Boynton en Mary Austin ou Allen Leech en Paul Prenter (le manager) entre autres.

Freddie Mercury et Queen, c’est mon adolescence et le début de l’âge adulte. J’aimais parce que c’était rock, inventif, entraînant, original, il y avait de l’humour, de l’excentricité et beaucoup de talent. Avec ce film, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai chanté (enfin… fredonné), j’ai tapé du pied et dans mes mains (We Will Rock You), j’ai applaudi avec les autres spectateurs (je crois que tous étaient enthousiastes, certains étaient très émus – comme moi – et avaient du mal de se lever). Un film s’il me fait à la fois rire et pleurer est pour moi un film extraordinaire, exceptionnel, un chef-d’œuvre et je suis sûre que Bohemian Rhapsody va devenir un film culte. Je vous le conseille fortement surtout si vous aimez Queen, la musique rock ou si vous êtes curieux de la prestation de Rami Malek. D’ailleurs une interview de l’acteur sur 20minutes et une autre sur Cinémas Pathé Gaumont.

Depuis le 8 novembre, il est possible de voter pour sa chanson préférée de Queen sur LouderSound. J’ai voté pour Bohemian Rhapsody ❤ de l’album A Night at the Opera (1975, je n’ai que 9 ans et je ne connais pas encore Queen !). Allez voter vous aussi pour votre chanson préférée !

Mais j’ai hésité avec Who Wants to Live Forever de l’album A Kind of Magic (1986, j’ai 20 ans) : Freddie, you live forever 🙂

Et, même si tu n’es plus là physiquement, Freddie, The Show Must Go on de l’album Innuendo (février 1991, dernier album studio du groupe, considéré comme le plus abouti).

Elles chantent en arabe

Je voudrais vous présenter mes trois artistes féminines qui chantent en arabe (en anglais et / ou en français aussi) préférées (pas que je connaisse toutes les chanteuses arabes, très loin de là, mais ce sont celles que j’aime écouter). À noter qu’elles vivent les trois en France.

Yasmine Hamdan : la Libanaise

Elle naît en 1976 dans le sud du Liban. Elle fonde SoapKills, un groupe de trip hop à Beyrouth qui sort trois albums : Bater (1999), Cheftak (2001), Enta Fen (2005) et un best of (2015). À Paris, elle collabore avec Mirwais (Arabology, 2009), CocoRosie et compose des musiques de films avant de se lancer dans une carrière solo avec deux beaux albums à son actif : Ya Nass = 13 titres (2013) et Al Jamilat = 11 titres (2017). Ses titres sont un mélange de chanson traditionnelle et de pop folk. Son site officiel : http://yasminehamdan.com/en/ (en anglais) et plus de vidéos sur sa chaîne YT.

Emel Mathlouthi : la Tunisienne

Elle naît le 11 janvier 1982 à Tunis. Elle chante depuis 2006 mais elle est surtout connue depuis 2011. Elle joue de la guitare, écrit des textes engagés et ses chansons sont un mélange de traditionnel et de sonorités trip hop voire rock. Elle apparaît dans le film documentaire iranien, No Land’s Song d’Ayat Najafi (2014). Ses albums : Kelmti Horra (Ma parole est libre) = 10 titres (2012) et Ensen (Humain) = 11 titres (2017). Son site officiel : https://www.emelmathlouthi.com/ (en anglais) et plus de vidéos sur sa chaîne YT.

Hindi Zahra : la Marocaine

Elle naît le 20 juin 1979 à Khouribga, une ville berbère au sud de Casablanca, dans une famille de musiciens. Elle est aussi peintre, actrice et écrivain. En 2009, elle sort un EP de 4 titres, Hindi Zahra, puis deux albums : Handmade = 11 titres (2010) et Homeland = 12 titres (2015). Son univers sensible bouge au son de ses diverses influences, chanson traditionnelle, gnaoua, blues, jazz, soul, folk. Son site officiel : http://www.hindi-zahra.com/ (en français) et plus de vidéos sur sa chaîne YT.

Alors est-ce que vous aimez vous aussi ?

Concert de Gontard!

Un peu de musique aujourd’hui avec un super artiste peu connu que j’ai vu en concert samedi dernier.

Gontard!, le chanteur au masque de lapin, est un artiste valentinois que je classerais en rock (atypique, visionnaire, poétique, il a développé son propre univers) mais Wikipédia dit que son genre musical est « hybride ». Dans ses chansons il raconte la « dure » vie, le quotidien, le désœuvrement, l’intimité, la politique, l’engagement, avec des mots crus, violents même, mais justes. Il s’entoure de quatre ou cinq musiciens (guitariste, bassiste, batteur, claviériste, machiniste). Parfois les textes sont parlés-chantés (mais ce n’est pas du slam ou du hip-hop, c’est du talk-over), ça en jette, ça écorche, ça fait réfléchir.

Les albums studio : en 2012 : Bagarre Lovesongs (Sorry But Home Recording Records), un album de 30 titres que je ne connais pas. En 2016 : Repeupler (Ici D’ailleurs) et en 2018 : Tout naît/Tout s’achève dans un disque (Ici D’ailleurs).

Plusieurs EP (en particulier chez La Souterraine) et des participations à des compilations. En 2015, sélection au Printemps de Bourges.

En attendant ma petite vidéo (que je rajouterai plus tard si j’arrive à me rappeler comment fonctionne le logiciel car je ne l’ai pas utilisé depuis longtemps !), voici une série des photos que j’ai prises et en-dessous, des liens pour en savoir plus sur Gontard! et écouter des titres.

PatiVore – Photos persos – Mars 2018

https://gontard.bandcamp.com/ et https://gontard1.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/gontard

https://fr-fr.facebook.com/Gontard-422945704454726/

http://www.icidailleurs.com/

https://www.youtube.com/user/icidailleurstv/search?query=gontard