En coup de vent… 137

Bonjour, cette semaine, je suis en vacances, une petite semaine seulement mais je compte bien en profiter ! Repos, lectures, concert et expo.

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Mardi 20 juillet, direction le CPA (Centre du Patrimoine Arménien, j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog) pour un concert de Fazaz. Ce duo, c’est Léo Fabre-Cartier (lotar, bendir, chant) [il est à droite sur les photos] et Guillaume Storchi (percussions, chœurs) [il est à gauche sur les photos]. Le lotar, c’est un instrument originaire du Maroc, à trois cordes, de la famille de l’oud (qui lui a quatre cordes), il est utilisé dans la musique amazigh des Berbères du Maroc. Le bendir est un instrument à percussion (un tambour) utilisé dans la musique berbère.

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Plus d’infos sur le site de Léo Fabre-Cartier avec plusieurs vidéos et sur le site de Guillaume Storchi. J’ai beaucoup aimé ces deux musiciens habités par leur musique ; les chansons sont dramatiques avec un rythme lancinant qui monte en intensité, c’est poignant et nouveau pour moi qui n’écoute que quelques chanteuses qui chantent en arabe.

Je vous mets un extrait vidéo ci-dessous en espérant que vous apprécierez et je vous souhaite une bonne fin de semaine 🙂

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Projet 52-2021 #27

Vingt-septième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème sur l’herbe. J’aurais pu vous proposer un pique-nique sur l’herbe mais je préfère vous montrer ces beaux moutons qui sont d’ailleurs en plein pique-nique. Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

PS : ce billet est prêt depuis quelques jours mais hier soir un concert a eu lieu sur l’herbe et je veux partager cette photo supplémentaire (sous la photo des moutons) et quelques infos. Le duo Mathis, c’est Patrick et Jonathan Mathis, le père et le fils, qui revisitent l’orgue de Barbarie de façon expérimentale. Plus d’infos sur Patrick Mathis, sur Jonathan Mathis et une vidéo.

L’insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang

L’insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang.

Fleuve, collection Outre Fleuve, mai 2018, 368 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-26511-786-0. Gudu Shenchu (2016) est traduit du chinois par Michel Vallet. Je l’ai lu en poche : Pocket, collection Science-fiction, mai 2019, 384 pages, 8,20 €, ISBN 978-2-26629-267-2.

Genres : littérature chinoise, science-fiction, nouvelles.

Hao JINGFANG naît le 27 juillet 1984 à Tianjin (nord-est de la Chine). Elle étudie la physique à l’université Tsinghua de Beijing puis l’économie et la gestion. Elle est autrice de science-fiction (romans, nouvelles) et d’un essai sur la culture. L’insondable profondeur de la solitude est son premier livre traduit en français et la nouvelle Pékin Origami 北京折叠, 2015) reçoit le Prix Hugo en 2016 (premier auteur chinois à recevoir ce prix). Vous comprenez le chinois ? Vous pouvez alors suivre son activité sur son blog officiel.

J’ai lu ce recueil de nouvelles fin novembre 2020 et ma note de lecture attend depuis… Pourquoi ? Parce qu’il y a 11 nouvelles – dont certaines en plusieurs parties – et que je m’étais mise en tête de parler de toutes les nouvelles ! J’imagine bien le billet de 4 ou 5 pages alors je vais faire plus court (j’ai pris trop de notes en fait).

Dans une introduction, Hao Jingfang explique que les nouvelles ont été écrites entre 2010 et 2016 et que celle de Pékin Origami a été conçue « comme la première partie d’un roman » (p. 5) mais le projet n’est pas encore finalisé.

Pékin Origami (en 5 parties) – Lao Dao, 43 ans, célibataire, employé au centre de traitement des ordures, vit à Pékin. La ville est divisée en trois espaces qui vivent en alternance grâce à un basculement genre pliage (d’où origami). Lao Daol vit dans le troisième espace (celui où habitent les plus pauvres) mais il est investi d’une mission. « Je n’ai pas le temps de m’expliquer. Je dois me rendre dans le premier espace. Dites-moi comment. » (p. 10). Cette nouvelle parle de la surpopulation et de l’aliénation selon le statut social.

Au centre de la postérité – Ah Jui, 22 ans, violoniste, mariée à Chen Jun, arrive à la Royal Academy of Music à Londres. Elle veut passer un master de composition. « Ah Jiu n’était pas douée pour l’interprétation mais pour la composition. Elle en était sûre, et tous les professeurs qu’elle avait eu depuis son enfance le reconnaissaient. […] Elle aimait la composition musicale au point d’en faire son langage. » (p. 65). Mais durant sa troisième année d’études, la Terre est envahie par des « hommes d’acier », des extraterrestres venant d’une « planète lointaine ». Une nouvelle qui plaide pour la culture, plus importante que tout.

Le chant des cordes (5 parties) – Pendant le concert de la Symphonie n°2 de Mahler, Résurrection, une explosion fait fuir le public. Nous retrouvons les « hommes d’acier », ces extraterrestres qui s’en prennent à la Terre sauf « les villes anciennes [et] les lieux liés à l’art » (p. 94). Et s’il était possible de détruire la Lune, sur laquelle les extraterrestres ont établi leur base, avec la musique (oscillations, résonance…) ? Plusieurs musiciens et scientifiques se réfugient à Shangri-la. Comme la nouvelle précédente, cette nouvelle est une réflexion sur la liberté et la domination.

Le dernier des braves (3 parties) – Sijie47, poursuivi par des drones, se réfugie dans ce qu’il pense être l’entrepôt d’un supermarché mais c’est en fait un dépôt de munitions surveillé par Pannuo 32, un vieil inoffensif. Inoffensif, vraiment ? Cette nouvelle développe le clonage et la désobéissance.

Le théâtre de l’univers – Glasgow, hiver 2099. C’est l’ère du Céphalocène, « l’ère du partage des cerveaux » (p. 167). Elaine rencontre un musicien de rue ce qui devenu très rare. Elle qui déplore la disparition des rituels et des fêtes qui marquaient la civilisation est ravie. « […] qu’est-ce qui l’a poussée [l’humanité] à abandonner son agressivité pour se sociabiliser ? Les fêtes. » (p. 173). Mais A n’est pas qu’un simple chanteur de rue… Cette nouvelle met en parallèle passé et futur.

Question de vie ou de mort (2 parties) – Un Pékinois rentre tranquillement chez lui lorsqu’il est heurté par une Maserati. Il se réveille dans une ville inconnue où tout est gris. « Il ne savait toujours pas s’il était mort. » (p. 184). L’ambiance de cette histoire est particulière, elle délivre un message philosophique différent mais elle est angoissante.

Le palais Epang (13 parties + 3 épilogues) – Alors qu’Ah Da disperse les cendres de ses parents dans la mer, il s’endort sur le petit bateau et se retrouve devant une île inconnue. « [une] plage, une petite montagne et une végétation luxuriante […] une pierre dressée, presque masquée, au bord d’un bosquet. » (p. 230). Il découvre une grotte avec « des statues similaires aux soldats en terre cuite de Xi’an » (p. 232). Il ramène la statue de l’empereur Qin Shi Huang (ancienne de deux mille ans) chez lui. Celui-ci lui propose de participer au concours de reconstruction du palais d’Epang. Prenons-nous nous-mêmes des décisions ou sommes-nous influencés par ce et ceux qui nous entourent ? « Fleuves et montagnes changent, seul le pouvoir est éternel ! » (p. 278). Et si le passé était lié au présent et inversement ? C’est étrange parce que c’est ce qui est (en partie) développé dans le roman La Mort et le Météore de Joca Reiners Terron que j’ai lu récemment.

L’envol de Cérès (3 parties) – Sur Cérès, les enfants de l’école primaire Anya attendent le bibliothécaire, Monsieur Ronning, avec impatience. Celui-ci arrive de Mars à bord d’un vaisseau. De l’importance de la lecture (même si les livres sont dématérialisés) et de l’imagination. Mais « les sentiments n’ont pas leur place dans le déroulement de l’histoire humaine. » (p. 317) parce que Mars a besoin de l’eau de Cérès… de toute l’eau de Cérès. Cette nouvelle entre dans le Challenge de la planète Mars car les humains vivent sur Terre (où c’est apparemment le chaos), sur Cérès et sur Mars (qui est une des 3 parties de la nouvelle). D’ailleurs, voici un extrait. « Vu à haute altitude, l’hémisphère Nord de Mars semble constitué d’une vaste mer azur aux vagues magnifiques qui s’étend sur des milliers de kilomètres. À mesure que l’on se rapproche du sol, cette vaste mer se fragmente en d’innombrables parcelles, lacs de tailles diverses entrecroisés de fleuves. […] Ce sont des toits, les toits des villes. Les toits de Mars sont recouverts d’immenses panneaux solaires de silicium. » (p. 303-304).

La clinique dans la montagne – Han Zhi s’est perdu dans le parc qui est maintenant fermé. Son épouse, Andun, va s’inquiéter d’autant plus qu’il devait acheter deux biberons pour leur bébé, Xiao Peng. Han Zhi a 32 ans, il est maître de conférences à l’université mais son beau-père aimerait qu’il gagne plus d’argent. Ce n’était pas une dispute mais « Han Zhi était sorti de la maison et avait pris un bus direct pour la banlieue. » (p. 331). Ses pas le conduisent en fait à la clinique de la montagne où vit son ami, Lu Xing. Et ça va changer sa vie ! En bien ou en mal, ça…

La chambre des malades – Qi Na et Han Jie travaillent dans un hôpital. « Dis-moi, quel sens y a-t-il à continuer à vivre quand on en arrive là ? » (p. 367). Exaspéré par son ami, Ah Paul, qui ne lui donne pas de nouvelles et passe son temps à surfer sur les réseaux sociaux, Qi Na décide d’essayer les électrodes des malades… Les dangers du repli sur soi et des réseaux sociaux trop présents dans les vies humaines.

Le procrastinateur – Ah Chou doit rendre un projet de recherche le lendemain matin mais il n’arrive pas à le rédiger… Ses camarades de chambre ne peuvent pas l’aider mais « Ah Yan sourit jusqu’aux oreilles : Je t’avais bien dit de t’y mettre plus tôt, et que les articles étaient long à résumer. » (p. 376) et « Ah Dan rampa hors du lit : […] C’est encore quand je m’y mets au dernier moment que le résultat est le meilleur […] . » (p. 377). Syndrome chinois, travailler, toujours, et toujours plus ?

Un bon recueil de nouvelles de science-fiction par une jeune Chinoise (déjà la science-fiction a été interdite en Chine pendant longtemps donc la science-fiction chinoise débute mais le fait que l’autrice soit une femme, récompensée en plus, est rare). Ci-dessus, j’ai écrit bon et pas excellent parce que je pense que les nouvelles sont de qualité inégale, premièrement j’aurais aimé m’attacher plus aux personnages et deuxièmement, avec plusieurs parties, certaines nouvelles sont trop longues… (ou la traduction pas très bonne…). Toutefois, pour découvrir les problèmes de la société chinoise, et de l’humanité en général (parce que c’est l’humain qui est toujours mis en avant), c’est un bon recueil de nouvelles qui amène le lecteur à réfléchir non seulement sur le présent mais aussi sur le futur parce que vraiment beaucoup de thèmes sont abordés (il y en a ainsi pour tous les goûts).

Un recueil que je mets dans Challenge de la planète Mars (pour la nouvelle L’envol de Cérès), Challenge lecture 2021 (catégorie 19, un recueil de nouvelles, 2e billet), Littérature de l’imaginaire #9, Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

Mes coups de… 6-2021

Bonjour, je sais qu’il y en a parmi vous qui aimez cette rubrique. Alors quelques coups de blues…

ÔTSUKA Yasuo (大塚 康生), né le 11 juillet 1931 à Tsuwano, était chef animateur, character designer (concepteur de personnages) et réalisateur de cinéma d’animation japonais. Il est mort le 14 mars 2021 à Tôkyô. RIP. J’ai tellement aimé Le serpent blanc (1958), Horus prince du soleil (Isao Takahata, 1968) et Le chat botté (1969) du studio Toei, ainsi que la série animée Lupin III (1971-1972) et bien sûr toutes les animations du studio Ghibli sur lesquelles il a travaillé, Panda Kopanda (1972), Conan le fils du futur (1978), Edgar de la Cambriole et Le Château de Cagliostro (1978), Kié la petite peste (1981), vous comprenez pourquoi je parle de lui.

Nguyễn Huy Thiệp, né le 29 avril 1950 à Hanoï, était un écrivain vietnamien. Il est mort le 20 mars 2021 à Hanoï. RIP. J’ai l’impression d’avoir lu Un général à la retraite et Le cœur du tigre, deux recueils de nouvelles parus aux éditions de l’Aube (respectivement en 1990 et en 1995), en tout cas je veux (re)lire cet auteur (de nombreuses nouvelles, deux pièces de théâtre et un roman sont traduits en français).

Source : capture Daiei Studios / Télé-Loisirs

TANAKA Kunie (田中邦衛), né le 23 novembre 1932 à Toki, était un acteur japonais. Il est mort le 24 mars 2021 à Yokohama. RIP. En plus de 200 films, il a tenu de nombreux seconds rôles depuis la fin des années 50 jusqu’en 2010. Samouraï, paysan, tueur, vous l’avez peut-être vu dans Les salauds dorment en paix d’Akira Kurosawa (1960), dans Sanjurô du même Kurosawa (1962), dans Le sang du damné de Hideo Gosha (1966), dans Dodes’kaden d’Akira Kurosawa (1970) ou dans d’autres films de Keiichi Ozawa et de Jun Fukuda, entre autres.

Patrick Juvet, né le 21 août 1950 à Montreux, était un chanteur-compositeur suisse. Il est mort le 1er avril 2021 à Barcelone (Espagne). RIP. Ce n’était pas un chanteur que j’écoutais mais dans les années 70, j’ai aimé La musica (1972, j’avais 6 ans), Rappelle-toi Minette (1974), Où sont les femmes (1977), I love America (1978) et Lady Night (1979), il avait une sacrée voix mais ensuite, avec le rock, j’avoue que je ne l’ai pas suivi. (Le billet continue sous les deux vidéos).

KOBAYASHI Osamu (小林 治), né le 10 janvier 1964 à Tokyo, était un illustrateur japonais. Il est mort le 17 avril 2021. RIP. Illustrateur et aussi réalisateur, il avait travaillé sur les animés de Beck d’après les mangas de Harold Sakuishi (2004) (avec une super BO, CD ci-contre) et de Paradise Kiss d’après les mangas d’Ai Yazawa (2005), deux séries que j’aime beaucoup.

Au moment où je rédige ce billet (hier soir), j’apprends la mort d’Yves Rénier, né le 29 septembre 1942 à Berne (Suisse). Il était acteur, scénariste et réalisateur. Il est mort le 24 avril 2021 à Neuilly-sur-Seine (France). RIP. Je l’ai découvert dans Belphégor ou le fantôme du Louvre (1965, je n’étais pas née, j’ai évidemment vu cette série lors d’une rediffusion), Les globe-trotters (1966-1969, pareil, rediffusion) et bien sûr Commissaire Moulin (1976-1978). Et récemment j’ai vu (et apprécié) Je voulais juste rentrer chez moi (film qu’il a réalisé en 2017).

Deux coups de cœur quand même !

Jean-Claude Mourlevat a reçu fin mars le Prix Astrid Lindgren, ou Prix ALMA (Astrid Lindgren Memorial Award), ce qui correspond à un Prix Nobel de littérature jeunesse. Ce prix littéraire créé en 2002 récompense un auteur français pour la première fois. Ma note de lecture de l’excellent Jefferson (2018).

Thomas Pesquet, né le 27 février 1978 à Rouen, est sûrement l’astronaute préféré des Français. Hier (samedi 23 avril), il a embarqué (pour la deuxième fois) pour la Station spatiale internationale (ISS) pour un séjour de six mois (ça fait trois « pour », désolée). Il est le premier Français commandant de l’ISS. Suivez-le sur sa page FB !

Passez un bon dimanche et à bientôt !

La musique d’Édouard de Monika Filipina

La musique d’Édouard de Monika Filipina.

Crackboom Livres, mars 2021, 36 pages, 11,90 €, ISBN 978-2-89802-264-7. La musica di Ettore (2020) est traduit de l’italien par Corinne Delporte.

Genres : album illustré italien, musique.

Monika Filipina naît en Pologne. Elle étudie l’illustration de littérature enfantine à l’université de Wolverhampton et à la Cambridge School of Arts (Angleterre). Elle vit et travaille à Torun en Pologne mais elle aime la jungle. Elle est autrice et illustratrice depuis le début des années 2010. Plus d’infos sur son site officiel, sa page FB et son Intagram.

« Il était une fois, dans une grande et mystérieuse forêt qu’on appelle la jungle, un éléphant et tous ses amis animaux qui avaient une passion en commun. » (p. 5). En effet, ils font tous de la musique ! Tous sauf Édouard… Pas qu’il ne soit pas mélomane mais sa trompe fait « un boucan infernal » (p. 8).

Il fait de la peine, Édouard, car il fait des efforts mais « ça ne fonctionne jamais » (p. 9)… Pourtant, un jour, qu’il est en retard pour écouter ses amis jouer, il découvre son talent.

Bravo Édouard, bravo l’orchestre ! Vous montrez qu’on a chacun un don ou un talent et une place à prendre dans le collectif. Peut-être que des enfants deviendront musiciens après la lecture de ce conte moderne, en tout cas ils auront certainement envie d’écouter de la musique !

Les dessins double page superbement colorés sont magnifiques et l’histoire est vraiment belle. Les quatre dernières pages sont consacrées à un dossier sur les animaux dans les œuvres musicales, les instruments et l’autrice. Je suis fan de ses illustrations !

À noter que les éditions Crackboom Livres sont basées au Québec (par contre je n’ai pas trouvé le livre sur leur site) et je remercie NetGalley pour la lecture en avant-première de ce très bel album illustré.

Pour les challenges Animaux du monde #3, Challenge lecture 2021 (catégorie 31, un livre ayant comme thème principal la musique, 2e billet), Contes et légendes #3 (c’est un conte moderne mais il commence par « il était une fois »), Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts.

Sita Sings the Blues de Nina Paley

Sita Sings the Blues est un film d’animation de 82 minutes réalisé par Nina Paley et sorti en salles en 2008. Il reçoit le premier prix (le Cristal) au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2008. J’ai trouvé deux affiches différentes.

Nina Paley naît le 3 mai 1968 à Urbana (Illinois, États-Unis). Elle étudie l’art (elle est dessinatrice) puis voyage, Santa Cruz, San Francisco… Elle crée Nina’s Adventures (un premier comic strip) en 1988 puis Fluff (un comic strip avec un chat) en 1995. Ensuite, elle se lance dans le cinéma d’animation en 1998 et réalise Pandorama en 1999 et Fetch en 2001. En 2002, elle part à Thiruvananthapuram (ou Trivandrum) dans le Kerala (Inde) et réalise Sita Sings the Blues. Elle milite pour l’art libre et la culture libre. Plus d’infos sur son site officiel (le bandeau animé est génial) et sur le site du film.

Sita, déesse indienne et épouse dévouée, est répudiée par son mari, Rama. Nina Paley est quittée par son mari, Dave. Elle fait un parallèle entre leurs deux histoires. Le couple vit à San Francisco avec un chat, Lexi, mais Dave part travailler en Inde, seulement pour six mois mais son contrat est renouvelé un an.

En Inde, justement, il y a fort longtemps mais les sources ne sont pas sûres, au XIVe siècle, ou au XIe siècle, euh avant J.-C., ça c’est sûr, à Ayodhia, c’était sûrement au nord, les trois narrateurs (en ombres chinoises) ne sont pas toujours d’accord (c’est qu’il existe plusieurs versions selon les époques et les régions). Rama est un gentil roi musicien et il est heureux avec son épouse, Sita. Mais le roi du Lanka (au sud) enlève Sita parce que sa sœur lui a dit qu’elle était la plus belle femme au monde. Rama fait tout pour la retrouver mais il n’a plus confiance en elle et il veut que son peuple le respecte alors il doit prendre une décision cruelle…

Bref, c’est toute la mythologie indienne qui défile (cette histoire étant inspirée du Râmâyana de Valmiki) mais il y a aussi des chansons jazz d’Annette Hanshaw (une chanteuse américaine des années 20). C’est très psychédélique, la musique et les images, c’est impressionnant ! C’est en tout cas une histoire (deux histoires !) sur l’amour, la féminité et le respect (que l’on se doit à soi-même). Nina Paley est très inspirée et douée, je regarderai d’autres films d’animation qu’elle a réalisés puisqu’ils sont disponibles librement.

Je vous présente ce film dans 2021, cette année sera classique (pour l’adaptation du classique Râmâyana), dans Contes et légendes #3 (pour les légendes et la mythologie indiennes) et bien sûr dans Les étapes indiennes #2.

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Projet 52-2021 #10

Dixième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème en musique. Après le Japon samedi dernier, je vous emmène cette fois en Chine mais avant je dois vous expliquer une petite chose. J’ai emménagé fin avril 2018 et je n’ai pas pu rebrancher les fils de la chaîne Hi-Fi… Alors que j’aime tant écouter de la musique, la chaîne est restée au placard durant 2 ans et 10 mois… Heureusement que je peux écouter de la musique sur l’ordinateur, qui a un bon son car j’ai acheté des hauts-parleur Hercules. Mais, bon, la chaîne me manquait… Et il y a 3 semaines, un copain est venu m’installer l’imprimante (qui n’était pas branchée non plus) et… je lui ai parlé de la chaîne ! J’ai été super contente et donc voici la photo pour ce thème, en musique. L’album que j’écoute est Used Rose (Cǎi huā 采花) de Second Hand Rose, un groupe de rock chinois que j’aime particulièrement pour son originalité et sa folie au niveau musique et voix. Sous la photo, quelques infos sur Second Hand Rose et un titre à écouter (soyez un peu curieux !). Je vous souhaite un bon week-end printanier et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Second Hand Rose (二手玫瑰 èrshǒu méiguī) est un groupe de Beijing fondé en août 2000, qui chante en mandarin et qui sort son premier album, Second Hand Rose Band (二手玫瑰), en 2004 (cet album est rebaptisé Used Rose en 2008). La musique mélange instruments traditionnels chinois (voir ci-dessous) et musique rock (voire punk et métal) avec la voix adéquate mais le groupe est souvent classé en Mandapop (pour Mandarin popular music). Le groupe est composé de 5 excellents artistes : Liang Long (梁龙) au chant et à la guitare, Yao Lan (姚澜) à la guitare solo, Li Ziqiang (李自强) à la guitare basse, Wu Zekun (吴泽琨) aux instruments traditionnels chinois (hulusi, morin khuur, suona, tambour, voir explications ci-dessous) et Sun Quan (孙权) à la batterie, totalement complémentaires. Le groupe a sorti 6 albums mais malheureusement le dernier est sorti en 2013. C’est dingue parce que ça fait des années que je voulais parler de ce groupe ! Je ne sais pas si le site officiel est encore en ligne (je n’ai pas réussi à y accéder) mais il existe une page FB.

Les instruments traditionnels : le hulusi est une calebasse soyeuse, le morin khuur est un instrument à cordes mongol, le suona est une flûte (similaire à la chalemie médiévale) et le tambour est un tambour chinois.

Ci-dessous, vous pouvez écouter un de mes titres préférés mais tous les titres de cet album sont en ligne sur la chaîne de Second Hand Rose.

L’anniversaire de Nikolaï Pavlov

L’anniversaire de Nikolaï Pavlov.

Bibliothèque russe et slave, 28 pages. L’anniversaire (Именины 1835) est traduit du russe par Xavier Marmier (in Les perce-neige. Nouvelles du Nord, 1854).

Genres : littérature russe, nouvelle, classique.

Nikolai Filippovich Pavlov (Николай Филиппович Павлов) naît le 19 septembre 1803 à Moscou (Russie). Il étudie à l’université de Moscou (1822-1825) et commence sa carrière littéraire avec des pièces de théâtre. Il écrit des fables, des poèmes, des vaudevilles, des essais, des critiques littéraires, il est aussi traducteur, de l’allemand, de l’anglais et du français, il écrit pour des almanachs, des journaux. Son livre le plus connu est Tri povesti (Trois nouvelles, incluant Yatagan, L’anniversaire et La vente aux enchères, 1835) sur la justice sociale en Russie et il reçoit des éloges d’Alexandre Pouchkine, entre autres. Son épouse, Karolina Karlovna Pavlova (Кароли́на Ка́рловна Па́влова) (1807-1893) est poétesse et traductrice. Il meurt le 10 avril 1864 à Moscou. L’emplacement de sa tombe au cimetière de Pyatnitskoye ainsi que plusieurs de ses œuvres sont perdus… Ses six nouvelles, ses poèmes, ses essais et sa correspondance sélectionnés sont réédités en 1985 par Sovetskaya Rossiya Publishers.

Le narrateur a connu une famille, le père, la mère et leur enfant, tous les trois morts, comme s’ils n’avaient pas existé, mais « chaque homme est digne d’attention, chaque homme peut, par un incident de sa vie, par un sentiment, par un mot, éveiller en nous une émotion. » (p. 3). Alors le narrateur veut en raconter un peu sur N. et son épouse, car ils étaient de « très bons amis » (p. 4). Alors qu’ils ne se sont pas vus depuis des années, le narrateur revoit N. à l’opéra mais celui-ci a changé, il a reçu une balle qui le fait boiter et n’aime plus son épouse comme avant… Comme il ne veut pas parler, N. remet un manuscrit à son ami et c’est ce manuscrit que le narrateur délivre aux lecteurs.

Pressé de retrouver son épouse bien-aimée pour son anniversaire, N. rencontre dans une auberge un officier qui chante et joue fort bien de la guitare. Il l’invite à faire la route avec lui le lendemain, en pensant à son épouse. « Qu’elle sera heureuse, me disais-je, de recevoir un tel hôte elle qui est douée à un si haut degré du goût musical ! » (p. 9).

Avec un peu de vin et de Champagne, N. fait parler son nouvel ami, Pierre, né serf, enlevé à ses parents, devenu chanteur et musicien, professeur de la jeune Alexandrine, 16 ans, puis soldat.

Il y a donc trois degrés de narration : le narrateur, le manuscrit de N. et l’histoire du musicien. Ça m’a fait penser aux poupées russes. Et vous allez voir, tout est imbriqué et porte la tristesse de l’âme russe…

À défaut d’être une ode à l’amour, cette nouvelle est une ode à la musique et au chant. « La parole, c’est l’intelligence ; le chant, c’est l’âme ; les paroles sont limitées comme l’intelligence, et la puissance du chant est sans bornes comme l’âme. » (p. 20).

Lue pour le Mois Europe de l’Est, cette nouvelle entre aussi dans les challenges 2021, cette année sera classique, Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

Mes coups de… 4-2021

Bonjour, il fallait bien que de nouveaux coups de blues arrivent…

Masashige Narusawa 成沢昌茂 naît le 29 janvier 1925 à Ueda et meurt le 13 février 2021 à Tokyo. Réalisteur et scénariste, il écrit les scénarios des derniers films de Kenji Mizoguchi. Mon préféré : La rue de la honte (1956). RIP

Tonton David, de son vrai nom David Grammont, naît le 12 octobre 1967 à La Réunion et meurt le 16 février 2021 à Nancy. J’avais bien aimé son Allez leur dire (1994). RIP

Jack Whyte naît le 15 mars 1940 à Johnstone et meurt le 22 février 2021 à Kelowna (Canada). Je ne connaissais pas cet écrivain écossais mais ses romans historiques fantasy pourraient me plaire. Je regarderai si je peux trouver La trilogie des Templiers. RIP

Margaret Maron naît Margaret Elizabeth Brown le 25 août 1938 à Greensboro (Caroline du Nord) et meurt le 23 février 2021 à Raleigh (Caroline du Nord). Elle est autrice de nouvelles et de romans policiers mais elle est peu traduite en français, 4 romans seulement de la série Deborah Knott (chez J’ai Lu Policier) et je regarderai si la bibliothèque en a en rayon. RIP

Philippe Jaccottet naît le 30 juin 1925 à Moudon (Suisse) et il meurt le 24 février 2021 à Grignan (France). Cet écrivain, poète, traducteur et critique littéraire suisse vivait tout près de chez moi à Grignan dans la Drôme et je ne le connaissais pas. Quoique, il a traduit Thomas Mann alors j’ai déjà peut-être croisé son nom. RIP

Le plus gros coup de blues. Joseph Ponthus naît Baptiste Cornet le 4 septembre 1978 à Reims et meurt le 23 février 2021 à Lorient. Eh oui, il le dit dans À la ligne – feuillets d’usine qu’il est parti vivre en Bretagne. Un unique roman, coup de cœur début 2019. 42 ans, je suis sans voix… Je pense à sa famille, à ses proches. RIP

Un bon chanteur mort de Dominique A

Un bon chanteur mort de Dominique A.

La machine à cailloux, collection Carré, septembre 2008, 80 pages, 10 €, ISBN 978-2-916734-04-0.

La collection Carré « invite les musiciens à réfléchir et à écrire sur la création et son processus ».

Genres : littérature française, essai.

Dominique A… Ah, j’adore le chanteur, ses textes, ses musiques, sa voix, sa gentillesse et son humour (je l’ai rencontré une fois). Dominique Ané naît le 6 octobre 1968 à Provins (Seine et Marne). Il est auteur, compositeur et interprète. Selon Wikipédia, il est « considéré comme l’un des fondateurs de la « nouvelle scène française », au début des années 1990 ». Le livre sur son site officiel.

« Mille raisons font que j’écris des chansons. » (p. 5).

Dans ce petit livre, Dominique A parle de l’écriture, de l’excitation quand vient l’idée, de l’état d’esprit lors de l’écriture et après l’écriture, les mots, la musique, la « tension à l’intérieur de la chanson » (p. 27). Il raconte aussi des anecdotes et des souvenirs. Enfant, malgré sa timidité, il « chante à voix haute les chansons des chanteurs qu’aiment [ses] parents » (p. 10) : Jacques Brel, Georges Brassens, Léo Ferré, Jean Ferrat… « je choisis la musique mais je ne le sais pas encore » (p. 25). Il parle bien sûr de la musique qu’il écoute, de l’évolution de la musique principalement dans les années 80 durant son adolescence (pop music, rock, new wave, punk…) – ben, tiens, c’était également mon adolescence ! – mais aussi de livres et de bandes dessinées.

« Un rien suffit à faire naître une chanson : un son, un accord, une programmation mambo ou fox-trot que je n’ai pas encore utilisée. J’aime le son pauvre que ça produit, son absence de clinquant, en rapport avec le détachement de la voix, que je veux blanche et sèche, sans pathos, sans interprétation, sans effet flatteur de réverbération. » (p. 32). Voilà, c’est ça que j’aime dans la voix, dans les musiques et les chansons de Dominique A ! La simplicité, le dépouillement quasiment, l’effet brut « et ce qui en résulte peut être intense et beau » (p. 42) : tout à fait, ses textes sont très beaux, sa musique est très belle, et je ressens toujours une grande intensité, une grande émotion à l’écoute de ses chansons qu’elles soient minimalistes, romantiques, intimes (ou même morbides pour certaines) mais toujours avec une ambiance rock. D’ailleurs, je vous mets une petite sélection ci-dessous ; écoutez Dominique A !

Le pourquoi du titre ? « Andreï Siniavski, un auteur russe, a dit un jour de son compatriote Varlam Chalamov : « Il écrit comme s’il était mort » (il faut être russe pour sortir un truc pareil). » (p. 57). J’adore !

Pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 49 : un livre écrit par une célébrité), le Petit Bac 2021 (catégorie Adjectif, alors il y a le choix entre bon et mort), le Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

Le courage des oiseaux (Un disque sourd, autoproduit, 1991)

Le Twenty-Two Bar (La mémoire neuve, 1995) en duo avec Françoiz Breut (une artiste que j’aime beaucoup aussi)

Je t’ai toujours aimé (Auguri, 2001)

Le temps qui passe sans moi (La fragilité, 2018)

Et le dernier single en date, Wagons de porcelaine (Vie étrange, 2020)