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Projet 52-2019 #33

Eh bien, cette semaine, je publie mon billet en temps et en heure ! Et justement… Trente-troisième semaine pour le Projet 52-2019 de Ma avec le thème lointain. J’ai réfléchis : vais-je traiter ce thème de façon géographique ? Mais je vous ai déjà montré plusieurs fois des photos du lointain Japon ! Et si j’illustrais plutôt ce thème avec le temps, du genre dans le temps lointain… Voici donc une photo qui nous renvoie à la Première guerre mondiale, ce n’est évidemment pas très réjouissant mais ça fait partie de notre patrimoine ancien, lointain, que peut-être nous ne souhaitons pas oublier. Je vous souhaite tout de même une bonne continuation de l’été et toujours de bonnes vacances aux aoûtiens. Si vous voulez participer à ce projet photographique, allez voir Ma !

Les fleurs d’hiver d’Angélique Villeneuve

VILLENEUVE - Fleurs d hiver.inddLes fleurs d’hiver d’Angélique Villeneuve est un des six romans en lice pour le Prix La Passerelle 2015.

Éditions Phébus [lien], collection Littérature française, avril 2014, 150 pages, 15 €, ISBN 978-2-7529-0998-5.

Genre : roman.

Angélique Villeneuve est née en 1965 à Paris. Elle a vécu en Suède et en Inde avant de revenir à Paris. Du même auteur : Âge mental (2001), Grand paradis (2010), À la recherche du paon perdu (2011) et Un territoire (2012). Elle est aussi styliste culinaire et a collaboré à Qu’est-ce que j’apporte ? 30 petits délices faciles et jolis à partager (2006).

Octobre 1918, Paris, rue de la Lune. Jeanne a élevé sa fille Léonie seule pendant trois ans et demi. Depuis que Toussaint a été mobilisé en septembre 1914, Léonie est « ce qui lui reste ». Et puis, un soir, alors que Jeanne, ouvrière fleuriste, travaille sur des dahlias rouges (c’est la haute saison, celle des fleurs d’hiver), Toussaint revient. Mais il est « différent d’avant » : il est une gueule cassée. Il se tait, il se détourne, il garde constamment son bandeau sur le visage. « Elle se doutait, bien sûr, que la guerre et la blessure l’auraient changé, mais n’avait pas tenté d’imaginer quelle pouvait être l’ampleur ni même la nature de ces bouleversements. » (p. 39).

Bien sûr, Jeanne ne voulait pas que Toussaint parte. Léonie n’avait que sept mois… Mais Toussaint a été pris dans la mobilisation, il n’était plus qu’un homme parmi « Tous les hommes » puis il n’était plus que les mots qu’il écrivait dans ses lettres. Même si elle ne sait pas ce qui se passe sur le front et dans les tranchées, les souvenirs et les pensées de Jeanne montrent bien l’horreur de la guerre, le rouleau compresseur qui emmène tous les hommes même les plus jeunes et le terrain qui ne leur laisse aucune chance. Mais « Qu’est-ce que c’était, la guerre ? » (p. 25).

Premier roman d’Angélique Villeneuve que je lis (c’est son 5e). Une grande pudeur, pas de sentimentalité exaspérante, pas même de discours antimilitariste : des faits, des souvenirs, des émotions, des regards, des silences, de la douleur et un besoin d’amour immense. Toussaint est cassé, à l’extérieur mais à l’intérieur aussi. Un très beau roman donc, sombre bien sûr, mais écrit en finesse et tellement plein d’espoir et de tendresse !