Le Wonderling de Mira Bartók

Le Wonderling de Mira Bartók.

Robert Laffont, collection R Jeunesse, avril 2018, 512 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-22119-339-6. The Wonderling (2017) est traduit de l’américain par Fabienne Vidallet.

Genres : littérature états-unienne, littérature jeunesse, fantastique.

Mira Bartók naît en 1959 à Cleveland dans l’Ohio (États-Unis). Elle étudie les Beaux-Arts à l’Université du Massachusetts à Amherst. Elle voyage et écrit plusieurs ouvrages pour la jeunesse sur les civilisations antiques. Lorsque sa mère meurt d’un cancer, elle écrit ses mémoires, The Memory Palace, qui est récompensé. Puis elle écrit The Wonderling (adaptation prévue au cinéma).

Le Wonderling, ou Numéro 13 car c’est l’inscription sur le médaillon qu’il porte, est un être spécial : il « ressemblait à un renard mais se tenait sur ses pattes arrière comme un enfant et il ne possédait pas de queue à proprement parler. » (p. 16). Il a 11 ans et a grandi à « l’Orphelinat de Mlle Furonkle » (p. 19), une méchante femme. Dans ce foyer vivent des enfants trouvés ou orphelins, des gamins des rues, mi-humains mi-animaux, des créatures appelés des Rampants. Malgré son unique oreille, Numéro 13 a un don : il entend tout. Par exemple, il apprend que les souris, extrêmement polies, aiment le brie et la poésie. Les Rampants ne savent rien du monde et de la vie au-delà des murs de l’horrible orphelinat et sont constamment surveillés par Mortimer Nezpris qui les méprise et les déteste.

Un jour Numéro 13 sauve un oiseau sans aile, Babiole, qui lui donne le nom d’Arthur et ils deviennent amis. Grâce à Babiole, Arthur peut s’enfuir avec l’oiseau et découvrir l’Extérieur : paysage, soleil, horizon… Après une journée de marche et une nuit passée dans un immense chêne, les deux voyageurs rencontrent Pomme-de-Pin de Blancheville. « Dissimulé quelque part dans cette puissante ville de lumière l’attendait son destin. Il espérait qu’il le trouverait… et qu’il ne lui arriverait rien de fâcheux. » (p. 185).

Des personnages hauts en couleurs, Numéro 13 et Babiole vraiment attachants en tête mais aussi Quintus le rat voleur, Peevil la petite souris chanteuse, Belisha la gardienne des corbeaux de nuit… Du merveilleux, du sordide parfois (ce qui m’a un peu fait penser à Watership Down de Richard Adams), mais toujours de l’optimisme, des aventures et des amitiés !

J’ai dévoré ce très beau roman (même si parfois terrible : maltraitance, injustice…) joliment illustré avec des petites gravures en noir et blanc. J’espère une suite !

Pour le Mois américain et les challenges Animaux du monde #3 (en particulier pour Numéro 13 le renard et Babiole l’oiseau mais pas que), Jeunesse Young Adult #9 et Littérature de l’imaginaire #8.

Maou et Monsieur Poussin de Clothilde Delacroix

Maou et Monsieur Poussin de Clothilde Delacroix.

L’école des loisirs, collection Moucheron, janvier 2020, 40 pages, 6 €, ISBN 978-2-21130-455-9.

Genres : littérature française, jeunesse.

Clothilde Delacroix naît en 1977. Elle étudie les Arts plastiques. Elle est autrice et illustratrice. Plusieurs autres titres à L’école des loisirs en particulier la série Lolotte dans la collection Loulou & Cie.

Maou (une petite chatte) se réveille en pleine nuit : non seulement elle a faim mais elle entend un bruit inhabituel. « On dirait que ça vient du dehors. » (p. 8). Va-t-elle oser, malgré sa peur, ouvrir la porte ? C’est un petit poussin qui crie, Piou, Piou-Piou !

Le matin, elle part à la recherche de la famille de Monsieur Poussin. Il n’est pas à Madame Poulet… Il n’est pas à la famille Canard ou alors la famille est partie pour la migration sans lui !

Une jolie histoire d’amitié entre deux animaux que tout oppose. Agréablement illustré avec des tons pastels pour beaucoup de douceur et de tendresse.

Pour les challenges Animaux du monde #3, Jeunesse Young Adult #9 et Petit bac 2020 (pour la catégorie Animal avec Poussin).

Sherlock, Lupin & moi (tomes 1 à 3) d’Irene Adler

La série de littérature italienne Sherlock, Lupin e io met en scène Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler alors qu’ils ont entre 12 et 14 ans.

Irene Adler est le pseudonyme utilisé par deux auteurs italiens en littérature jeunesse, Alessandro Gatti (né en 1975 à Alessandria) et Pierdomenico Baccalario (né en 1974 à Acqui Terme).

Il y a, pour l’instant, 22 tomes parus en Italie (entre 2011 et 2019). Mais je vais vous présenter les trois premiers pour le Mois italien.

Sherlock, Lupin & moi, 1 – Le mystère de la dame en noir d’Irene Adler.

Albin Michel, janvier 2017, 288 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-22632-837-3. Sherlock, Lupin & io – Il trio della dama nera (2011) est traduit de l’italien par Béatrice Didiot.

Genres : littérature italienne, jeunesse, roman policier.

Irene Adler est un personnage fictif qui apparaît dans la nouvelle Un scandale en Bohême (1891) Sir Arthur Conan Doyle. Née en 1958 dans le New Jersey (États-Unis), elle a bien 12 ans en 1870, époque où débute ses souvenirs relatés dans une série de romans.

Iacopo Bruno naît en 1964 à La Spezia (Italie). Il est illustrateur.

Juillet 1870. Irene Adler, 12 ans, est en vacances avec sa mère à Saint-Malo : « ce fameux été changea toute, mais toute ma vie. » (p. 10). Elle rencontre William Sherlock Holmes (environ 13 ans) qui lui présente son ami, Arsène Lupin, 14 ans. Ils trouvent un cadavre dans une crique mais un homme encapuchonné les observe depuis le haut de la falaise. « Nous avons trouvé un cadavre sur la plage. Qui dit cadavre dit assassin, non ? » (Irene, p. 92) alors « Je propose que nous menions notre propre enquête. » (Lupin, p. 94).

Et voici donc la première enquête de Sherlock, Lupin (il n’aime pas qu’on l’appelle Arsène) et Irene ! Mais, comme ça devient trop dangereux, les deux ados veulent éloigner Irene… « Nous avons commencé cette aventure ensemble. Nous trois : Sherlock, Lupin et Irene ! Et le soir où nous avons trouvé le cadavre sur la plage, nous avons conclu un pacte. Nous avons décidé de découvrir ensemble ce qui s’était passé. C’est dangereux, nous le savions, et c’est peut-être cela qui nous plaisait. » (Irene, p. 176-177).

Si l’on ne pense pas au fait qu’Irene Adler n’apparaît que dans une nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle et qu’il y a fort peu de chance qu’elle ait connu Sherlock Holmes et Arsène Lupin à l’adolescence, et qu’eux-mêmes se soient connus également, eh bien le reste tient la route ! L’écriture est soignée, fluide, l’aventure et le danger sont au rendez-vous pour le trio de détectives en herbe, c’est donc un premier tome bien accrocheur pour donner envie de lire les tomes suivants !

Sherlock, Lupin & moi, 2 – Dernier acte à l’opéra d’Irene Adler.

Albin Michel, mai 2017, 304 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-22632-838-0. Sherlock, Lupin & io – Ultimo atto al teatro dell’opera (2012) est traduit de l’italien par Béatrice Didiot.

Genres : littérature italienne, jeunesse, roman policier.

Irene Adler et Iacopo Bruno : voir ci-dessus.

Septembre 1870. Sherlock est rentré en Angleterre, Arsène vadrouille avec le cirque de son père et Irene est de retour avec sa mère à Paris. « Je trouvais absolument incroyable d’être obligée de m’ennuyer à mourir dans notre salon, autrement dit de perdre mon temps, alors que toute une armée marchait sur la capitale. » (Irene, p. 22-23). C’est alors que le père Adler fait irruption : « Fais tes valises ! me dit Papa. Et toi aussi, ma chère ! La semaine prochaine, Ophelia Merridew montera sur scène pour la dernière fois, dans le nouvel opéra du grand Giuseppe Barzini, donné à Covent Garden ! » (p. 24). Effectivement, le spectacle est magnifique malgré la tristesse de l’histoire. Et, voici Irene à Londres où, bien sûr, elle peut revoir Sherlock ! « Comme j’étais heureuse de retrouver mon ami à l’esprit si singulier. Mais Lupin, pourquoi n’était-il pas là ? – Il va arriver, m’assura Sherlock. La vie du cirque ne permet pas toujours d’être ponctuel. » (p. 77). Mais Alfredo Santi, le secrétaire personnel de Barzini est assassiné et c’est Theophraste Lupin, le père d’Arsène, qui est accusé !

Arsène avoue à ses amis : « Mon père est un voleur, amateur de bijoux. C’est dit, confessé. Maintenant, à vous de décider, en toute liberté, si vous préférez rester ou quitter cette pièce. Je ne vous blâmerai pas si vous ne voulez plus fréquenter le fils d’un cambrioleur. Cela étant… jamais au grand jamais mon père n’assassinerait quelqu’un. C’est impensable ! » (p. 114).

Cette fois, leur enquête est bien plus personnelle (et dangereuse ?) que l’enquête estivale. Mais, alors qu’ils essaient de trouver le véritable assassin pour faire libérer le père Lupin, ils apprennent que la cantatrice, Ophelia Merridew, a disparu !

À noter : une rencontre avec Wilkie Collins.

Un deuxième tome un peu plus violent, guerre, assassinat, disparition. Et les trois jeunes sont inséparables et un peu inconscients mais prêts à tout pour découvrir la vérité.

Sherlock, Lupin & moi, 3 – L’énigme de la rose écarlate d’Irene Adler.

Albin Michel, septembre 2017, 272 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-22632-839-7. Sherlock, Lupin & io – Il mistero della rosa scarlatta (2012) est traduit de l’italien par Béatrice Didiot.

Genres : littérature italienne, jeunesse, roman policier.

Irene Adler et Iacopo Bruno : voir ci-dessus.

Décembre 1870. Toujours à Londres. Première neige. Installée à Londres avec ses parents pour échapper à la guerre entre la France et la Prusse, Irene voit Sherlock régulièrement. Quant à Arsène, « il explorait le vaste monde avec le cirque où travaillait son père » (p. 10) et envoie de temps en temps des cartes postales. Lorsqu’Irene rejoint Sherlock au Shackleton Coffee House à Carnaby Street, elle le trouve contrarié à cause d’une énigme parue dans le Times. « Problème d’échecs. Elle tenait en trois lignes composées de lettres et de chiffres telles V2 – P19 – D2, suivies de la phrase Échec et mat en trois coups. Le tout signé : Le Frère Noir. » (p. 20-21). Mais Sherlock en est persuadé, cette notation ne correspond pas du tout au jeu d’échecs !

Et, qui arrive, par surprise ? Arsène Lupin. Voici dans les trois amis réunis à nouveau pour une troisième enquête !

Sherlock et Lupin découvrent que ces codes correspondent en fait à trois zones de Londres et, dans l’une d’elle, un crime vient d’être commis : « Samuel Peccary, riche négociant en peaux, poignardé dans sa luxueuse villa au bord de la Tamise, dans le quartier de Twickenham. » (p. 46). Y aura-t-il deux autres meurtres dans les deux autres zones ? Ce qu’ils ont appris est trop important, il leur faut prévenir Scotland Yard mais les policiers se moquent d’eux… « Je ne crois pas me tromper en affirmant que notre mésaventure marqua profondément mon ami Sherlock Holmes. À dater de ce jour-là, son attitude à l’égard de Scotland Yard devint – et pour ce que je puis en juger, demeure – empreinte d’une vive méfiance et d’un mépris à peine dissimulé. » (Irene, p. 65).

Mais, s’ils pouvaient s’associer avec Charles Frederick Field, un grand policier de Scotland Yard à la retraite, devenu détective privé ?

Cette enquête monte d’un cran ; elle est encore plus périlleuse que les deux précédentes et les trois ados vont même mettre leur vie en danger !

Sherlock, Lupin & moi est une très bonne série jeunesse mais, vu le nombre total de tomes, je ne suis pas sûre de lire la suite ! Ou alors un de temps en temps si je tombe dessus à la bibliothèque.

Pour les challenges (en plus du Mois italien cité au début du billet) Jeunesse Young Adult #9, Lire en thème 2020 (livre dont le titre fait plus de trois mots), Petit Bac 2020 (catégorie Crimes et justice pour Sherlock et Lupin), Polar et thriller 2019-2020 et Voisins Voisines 2020 (Italie).

Mamie Polar – Ramdam au musée de Régis Delpeuch

Mamie Polar – Ramdam au musée de Régis Delpeuch.

Scrineo, mars 2017, 160 pages, 8,90 €, ISBN 978-2-36740-452-3. Illustré par Caroline Ayrault.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Régis Delpeuch est né le 5 février 1956. Il fut enseignant pendant 20 ans avant de se lancer dans l’écriture de romans jeunesse. Il a créé le salon du livre jeunesse Lecteurs en herbe en 2001. Du même auteur : Rififi au collège (2003), Quand Marcel et ses amis découvrirent la grotte de Lascaux (2016), la série Histoires de pirates (20 tomes), L’enfant d’Oradour (2019) et la série Mamie Polar (5 tomes), entre autres.

Mamie Jo était directrice d’école pendant plus de 25 ans, elle est à la retraite depuis 2 ans. Elle a un teckel de 8 ans, Don Quichotte, un petit-fils de 11 ans, Lucas et une petite-fille de 10 ans, Camille. Camille et Lucas sont cousins. Les samedis matins, Mamie Jo arrive tôt avec Don Quichotte car leurs parents travaillent. Mais ce matin, Lucas et Camille sont inquiets : Momo a disparu ! « Si vous me disiez d’abord qui est Momo ? – C’est notre SDF, répond Lucas. – Votre SDF ! – Oui, un clochard qui fait la manche, tout près de l’école. » (13). Momo était gardien de musée avant et il a disparu depuis 4 jours !

Duflair, 45 ans, est capitaine de police mais il n’est pas très doué pour résoudre une enquête, surtout si Mamie Jo s’en mêle.

Suite à un indice, direction le Musée des Beaux-Arts. Mais Mamie-Jo entend une conversation à travers une porte. « Oui, je l’ai déménagé ! Il y avait deux chiens qui hurlaient devant l’entrepôt : ça aurait pu attirer les curieux… Eux aussi, je m’en suis occupé… Non, il ne veut rien savoir : une vraie tête de mule !… Tu as raison, il sait trop de choses. S’il en parle à la police, on est fichus… OK. On n’a plus le choix. Je te rappelle. » (p. 61). Deux chiens parce que Don Quichotte a retrouvé Ulysse, le chien de Momo, qui l’a conduit à un entrepôt où était enfermé Momo.

Sympa, cette série, Mamie Polar : il y a même quelques jeux, énigmes pour distraire les enfants !

Bon, Mamie Jo, pour Josette, est un roman amusant, plutôt rocambolesque, mais ça dénigre quand même beaucoup la police… Est-ce bien pour les enfants ? Peut-être sont-ils capable de faire la part des choses… En tout cas, je remercie Srineo de l’avoir proposé en ligne gratuitement ; ça m’a permis de découvrir cette série et cet auteur !

Pour les challenges Animaux du monde (deux chiens importants pour l’enquête !), Jeunesse Young Adult #9, Lire en thème (en avril, découverte d’un auteur, auteur jamais lu auparavant) et Polar et thriller 2019-2020.

L’appel des loups, 2 – Le clan des Sangrenuit de Pascal Brissy et Sébastien Pelon

L’appel des loups, 2Le clan des Sangrenuit de Pascal Brissy et Sébastien Pelon.

Auzou, collection Pas à pas, janvier 2019, 64 pages, 5,95 €, ISBN 978-2-73386-274-2.

Genres : littérature française, roman jeunesse.

Pascal Brissy, né en 1969 à Lille, est un auteur jeunesse (Auzou, Hatier, Milan…). Ce premier tome de L’appel des loups est sélectionné pour le prix des Embouquineurs 2019/2020. Plus d’infos sur son site officiel, http://www.pascalbrissy.com/.

Sébastien Pelon, né à Paris et diplômé de l’École supérieure des Arts appliqués Duperré, est illustrateur jeunesse pour plusieurs éditeurs. En 2018, il publie le premier album pour lequel il est auteur et illustrateur, Mes petites roues (Père Castor Flammarion). Plus d’infos sur son site officiel, https://www.sebastienpelon.com/.

Les deux loups, amis, Traqueur et Demi-Queue, accompagnent cinq louveteaux en forêt pour leur initiation. Cendre se joint à eux. « Qui peut me dire pourquoi nous n’allons pas plus loin ? – Là-bas, me répond l’un d’eux en désignant un rang de bouleaux blancs, ce n’est plus chez nous ! – On n’a pas le droit d’y aller ! ajoute un autre, c’est le terrain des Sangrenuit ! » (p. 10-11). C’est que chaque clan de loups a son propre territoire de vie et de chasse. Mais Lune et Ébène, deux louveteaux punis, se sont enfuis !

Comme dans le premier tome, le danger peut provenir des autres animaux (loups, ours…) mais aussi du ciel comme cet immense aigle royal au cri perçant ! En lisant ce roman, les jeunes lecteurs comprennent que toute bêtise, toute incartade peut être danger et mettre en danger tout le groupe !

J’ai bien aimé Vive-Griffe, la fille de Croc-Rouge (oui, le pluriel du tome 1 s’est transformé en singulier ici).

Tome précédent : L’ombre du grizzly. Tome suivant : Le piège de feu.

Une belle lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #9 et Petit Bac 2020 (catégorie Animal pour Loup).

L’appel des loups, 1 – L’ombre du grizzly de Pascal Brissy et Sébastien Pelon

L’appel des loups, 1 – L’ombre du grizzly de Pascal Brissy et Sébastien Pelon.

Auzou, collection Pas à pas, septembre 2018, 64 pages, 5,95 €, ISBN 978-2-73386-245-2.

Genres : littérature française, roman jeunesse.

Pascal Brissy, né en 1969 à Lille, est un auteur jeunesse (Auzou, Hatier, Milan…). Ce premier tome de L’appel des loups est sélectionné pour le prix des Embouquineurs 2019/2020. Plus d’infos sur son site officiel, http://www.pascalbrissy.com/.

Sébastien Pelon, né à Paris et diplômé de l’École supérieure des Arts appliqués Duperré, est illustrateur jeunesse pour plusieurs éditeurs. En 2018, il publie le premier album pour lequel il est auteur et illustrateur, Mes petites roues (Père Castor Flammarion). Plus d’infos sur son site officiel, https://www.sebastienpelon.com/.

Une nuit, dans le clan des Hurlevents. Grisepatte, le chef, annonce que Demi-Queue a disparu pendant la chasse. Cendre, sa sœur jumelle, et Traqueur, son meilleur ami (et le narrateur), partent à sa recherche mais ils vont devoir aller plus loin que le territoire de la meute, ce qui est interdit. « Les ours et les loups ne sont pas les meilleurs amis de la forêt. » (p. 15). Mais le danger ne vient pas que des ours : le territoire est celui des loups Sangrenuit, la meute de Crocs-Rouges, et celui de Fantôme, un grand loup blanc, solitaire et cruel.

Pour les animaux, le danger est partout : les écureuils et les lapins sont des proies pour les loups mais il est dangereux de se confronter aux autres loups et aux ours… Cependant tous les membres de la meute sont importants et l’amitié est plus forte que tout !

Tomes suivants : Le clan des Sangrenuit et Le piège de feu (l’auteur dit que le tome 4 est en préparation).

Une chouette lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #9 et Petit Bac 2020 (catégorie Animal pour Grizzly).

La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati

La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati.

Gallimard, collection Folio Junior n° 490, collection Textes classiques, 1977 – 1982 – 1988 – 1997 – 2009 (précédemment publié chez Stock en 1968), 128 pages, 5,90 €, ISBN 978-2-07062-374-7. Illustrations de l’auteur (en couleur à l’origine). La famosa invasione degli orsi in Sicilia (1945) est traduit de l’italien par Hélène Pasquier.

Genres : littérature italienne, littérature jeunesse, conte.

Dino Buzzati naît le 16 octobre 1906 à San Pellegrino di Belluno dans la région de Vénétie. Il étudie le Droit à l’Université de Milan mais il est embauché comme journaliste par le Corriere della Sera. Il est aussi peintre, écrivain et critique littéraire. Il meurt d’un cancer le 28 janvier 1972 à Milan. De lui, j’ai déjà lu Le Désert des Tartares (son plus célèbre roman, paru en 1940) et Le K (un recueil de nouvelles, paru en 1966) et j’ai apprécié le côté fantastique. Avec La fameuse invasion de la Sicile par les ours, je lis un de ses contes, mais il a aussi écrit de la poésie et du théâtre donc il me reste des choses à lire !

Le roman commence par une présentation des personnages et des décors, ça fait un peu théâtral, ça m’a bien plu et puis c’est présenté avec humour.

L’ourson Tonin, fils de Léonce Roi des ours, a été enlevé par deux chasseurs. Deux ans après, les ours font face au froid et à la faim alors ils décident de descendre pour la première fois dans la plaine, là où vivent les humains. « Et les montagnes d’où nous sommes partis. Les reverrons-nous jamais, nos vieilles montagnes ? » (p. 18). Les ours ne sont pas les bienvenus et ils doivent se battre contre l’armée du Grand-Duc, un tyran. « Mais que peuvent les ours, armés de lances, de flèches, de harpons / contre des fusils, des mousquets, des couleuvrines, des canons ? » (p. 24). J’ai oublié de vous dire qu’une partie du roman est racontée sous forme de poésie ! Le Grand-Duc et le magicien De Ambrosiis se réfugient au château de Cormoran mais les ours, valeureux, emmenés par le courageux ours Babbon défient l’armée humaine. Au début, c’est un « Désastre complet » (p. 56) mais un autre ours, plutôt bricoleur, Frangipane, va faire gagner les ours. Pendant que la bataille fait rage, il y a un spectacle au Grand Théâtre Excelsior et, parmi les artistes, un ourson acrobate, rebaptisé Goliath. Oui, oui, vous avez deviné et il va s’en passer des choses ! D’ailleurs, pendant plus de dix ans, les ours vont vivre avec les humains mais leur comportement va changer ce qui déplaît au Roi Léonce.

Ce conte, joliment illustré (par l’auteur lui-même !) s’est déroulé il y a très longtemps car il n’y a plus de montagnes en Sicile, il n’y a plus d’ours non plus… Mais la magie et l’humour de Dino Buzzati font vivre cette histoire pour les petits et les grands lecteurs ! Avec la sortie du film d’animation réalisé par Lorenzo Mattotti et présenté au Festival de Cannes en mai 2019, le livre paraît à nouveau en mai 2019 (couverture ci-contre).

Une lecture plaisante que je mets dans les challenges Cette année, je (re)lis des classiques, Contes et légendes pour la piste « Des animaux à la fête », Jeunesse & Young Adult #9 et Littérature de l’imaginaire #7.

Le journal de Gurty : Parée pour l’hiver de Bertrand Santini

Le journal de Gurty : Parée pour l’hiver de Bertrand Santini.

Sarbacane, collection Pépix, novembre 2016, 176 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-84865-873-5.

Genre : littérature jeunesse.

Bertrand Santini naît à Aix en Provence et travaille d’abord comme graphiste (affiches de cinéma) puis comme scénariste (séries animées) avant de devenir auteur : plusieurs albums illustrés pour la jeunesse et des romans, Le Yark (2011), Jonas le requin mécanique (2014) et Hugo de la nuit (2016) qui ont reçu des prix littéraires.

Après avoir lu – et énormément apprécié – le premier tome de Miss Pook et les enfants de la lune, j’ai voulu lire d’autres romans de Bertrand Santini. Je me suis donc lancée dans la série Le journal de Gurty et j’ai vraiment bien ri avec le premier tome, Vacances en Provence. J’ai enfin lu le deuxième tome, Parée pour l’hiver et je lirai dès que possible les tomes suivants, Marrons à gogo (2017) et Printemps de chien (2018).

C’est l’hiver et la narratrice, Gurty, une petite chienne, est heureuse ! C’est que Gurty, comme tous les chiens, aime être heureuse ! Elle « adore être en vie, comme ça on peut se balader, faire des bises et manger des plats. Dans la vie, le plus génial, ce sont les vacances, car on peut tout le temps se balader, faire des bises et manger des plats. » (p. 7). Ça tombe bien, son humain, Gaspard est en vacances. C’est parti, Paris – Aix en Provence en train (comme pour les vacances d’été) ! Le lecteur suit donc Gurty et Gaspard entre le 4 et le 25 décembre. Gurty retrouve la maison de Provence qui sent bon, la maison de Pépé Narbier avec sa chienne, Fleur, et aussi « le pire chat du monde, Tête de Fesses, mon ennemi préféré » (p. 39) et le vilain écureuil qui fait hi hi.

J’ai bien ri avec les noms de clubs des chats (p. 77) et j’ai aussi beaucoup ri avec les œufs (p. 79) et l’omelette (p. 102-103).

Bref, on s’amuse encore beaucoup dans ce deuxième tome et tout serait parfait si ce n’est les horribles fiancées de Gaspard… Enfin surtout une, une certaine Myrtille… Gurty est alors « rayée de la carte, zappée, biffée, niée, jetée aux oubliettes, dans le trou des toilettes, remisée au placard, tirez la chasse, merci et bonsoir. » (p. 111). Vous l’aurez compris, Gurty est une chienne très intelligente qui, en plus d’écrire son journal chaque jour, a de l’humour, aime les listes et connaît pas mal de vocabulaire !

Vous avez envie d’être heureux, comme Gurty et Fleur, ce qui inclut de manger, jouer, courir, une vie de chien, quoi ! Alors lisez le Journal de Gurty ! Vous passerez un super moment. Et, en fin de volume, il y a un cahier de jeux de 14 pages !

Une lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire 2018.

Le journal de Gurty : Vacances en Provence de Bertrand Santini

Le journal de Gurty : Vacances en Provence de Bertrand Santini.

Sarbacane, collection Pépix, mai 2015, 144 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-9-84865-789-9.

Genre : littérature jeunesse.

Bertrand Santini naît à Aix en Provence et travaille d’abord comme graphiste (affiches de cinéma) puis comme scénariste (séries animées) avant de devenir auteur : plusieurs albums illustrés pour la jeunesse et des romans, Le Yark (2011), Jonas le requin mécanique (2014) et Hugo de la nuit (2016) qui ont reçu des prix littéraires.

Après avoir lu – et énormément apprécié – le premier tome de Miss Pook et les enfants de la lune, j’ai voulu lire d’autres romans de Bertrand Santini et je ne suis pas déçue ! Les autres titres du Journal de Gurty sont Parée pour l’hiver (2016), Marrons à gogo (2017) et Printemps de chien (2018) que je ne vais pas tarder à lire.

Gaspard et Gurty partent en vacances en train, à Aix en Provence. « Gaspard, c’est mon humain à moi. Je l’aime trop. Il est gentil, joueur, fidèle – et quelle propreté ! » (p. 7). J’espère que Gaspard dit la même chose de sa petite chienne, Gurty ! « Ah, ma chère maison de Provence ! J’aurais pu la reconnaître les yeux fermés. » (p. 10). Gurty va retrouver l’écureuil qui vit dans les arbres, le chat des voisins, Jean-Jacques, qu’elle a surnommé Tête de Fesses, une petite chienne pas normale mais il ne faut pas se moquer, Fleur… « Bref, tous mes copains étaient là. Même ceux que j’aimais pas. J’étais drôlement impatiente de les retrouver. » (p. 11).

Voici donc les vacances de Gurty, à la maison c’est la campagne, un peu plus loin c’est Aix, la ville, avec plein d’odeurs différentes et d’autres chiens. Il y a aussi la mer avec la plage. « J’adore la mer, mais dommage que ça mouille. Surtout les vagues. » (p. 58) et « J’aime aussi la plage, mais dommage qu’elle soit plein de sable. […] c’est sale […] ça gratte, ça colle aux poils et ça n’a pas bon goût. Mais faut reconnaître qu’on peut facilement creuser dedans et ça, au moins, c’est rigolo. » (p. 59). Et les balades en bateau. « Le bateau, c’est une invention super pour aller se promener en mer quand on n’est pas un poisson. » (p. 63).

Vous l’aurez compris, Gurty est une petite chienne curieuse et intelligente, gourmande aussi, qui n’a pas sa langue dans sa poche, mais… normal, les chiens, ça n’a pas de poche !

Ce roman dont la narratrice est Gurty est comme un journal de vacances du 1er au 42 juillet, oui vous avez bien lu, 42 juillet : les chiens ne doivent pas avoir le même calendrier que les humains… Avec ce roman joliment illustré plein d’humour et de tendresse, Bertrand Santini traite des relations entre humains et animaux, et animaux entre eux. Surtout respecter l’animal, ne pas le frapper, ne pas le traumatiser (cf. Fleur). Il parle aussi des similitudes entre les chiens et les chats (ils sont couverts de poils, ils ont une queue, ils peuvent attraper des puces, etc.) et du racisme. Mais pour finir, « Y a pas à dire, être heureux, ça fait plaisir. » (p. 92).

En fin de volume, un carnet de jeux de 15 pages dont 3 recettes, euh pas très humaines !

Une chouette lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #7 et Littérature de l’imaginaire.

La quête onirique de Vellit Boe de Kij Johnson

La quête onirique de Vellit Boe de Kij Johnson.

Le Bélial, février 2018, 200 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-84344-929-1. The Dream-Quest of Vellitt Boe (2016) est traduit de l’américain par Florence Dolisi.

Genres : littérature américaine, fantasy.

Kij Johnson naît le 20 janvier 1960 à Harlan dans l’Iowa (États-Unis). Elle est nouvelliste et romancière de fantasy et de science-fiction et a reçu plusieurs prix prestigieux (Hugo, Nebula, Theodore Sturgeon, World Fantasy). La quête onirique de Vellitt Boe a d’ailleurs reçu le World Fantasy Award 2017. Plus d’infos sur son site, http://www.kijjohnson.com/.

Vellitt Boe, 55 ans, est professeure depuis vingt ans au Collège (Université) de femmes d’Ulthar. Mais ce matin-là, branle-bas de combat : Clarie Jurat, la meilleure étudiante, s’est enfuie avec un homme à trois mois des examens ! « Une fille superbe, brillante, volontaire, charismatique, avec de grands yeux rieurs […]. » (p. 12). L’homme s’appellerait Stephan Heller et viendrait du monde de l’éveil. Mais le père de Clarie est l’un des administrateurs du Collège et il peut non seulement fermer le Collège mais aussi « bannir les femmes de l’Université. » (p. 19). Or, Vellitt était une grande voyageuse par le passé et elle a connu un habitant du monde de l’éveil, elle va donc poursuivre les amants pour ramener Clarie. « Elle déterra d’abord tout au fond de son armoire un petit sac de cuir fripé dont émanait un vague parfum de pluies d’antan et de terres lointaines. Ensuite, elle retrouva ses vieilles bottes et son bâton de marche noueux taillé dans du bois noir. » (p. 27). Bizarrement, un chaton noir la suit dans son dangereux périple, un chaton avec des « yeux verts, attentifs et brillants » (p. 45).

Le monde (irréel ? réel ?) de Vellit Boe est bien planté : il est possible de suivre son voyage sur la jolie carte en couleurs (qui se situe sur les 2e et 3e de couverture) et d’avoir une petite idée supplémentaire grâce aux belles illustrations de Nicolas Fructus (un dessinateur lyonnais né en 1970 et qui a déjà illustré des œuvres de Lovecraft). Attention aux créatures peu amicales (c’est peu de le dire !), gugs, zoogs, goules, ghasts, oiseaux shantaks, sans parler des « monstres innommés » (p. 127). Malgré ces êtres cauchemardesques, la lecture est très agréable, l’aventure est épique et le lecteur palpite avec Vellitt Boe qui retrouve d’anciennes connaissances. Si vous avez envie de quitter le monde des rêves pour découvrir le monde de l’éveil, il faudra vous rendre dans la peu connue et très éloignée cité d’Ilek-Vad et trouver un passage au péril de votre vie vers le monde de l’éveil, bref celui des humains (réel ? irréel ?).

Les lecteurs de H.P. Lovecraft reconnaîtront des noms de lieux (Ilek Vad…) et de personnages (Randolph Carter…) puisque La quête onirique de Vellitt Boe est un pendant féminin à La quête onirique de Kadath l’inconnue ou À la recherche de Kadath (The Dream-Quest of Unknown Kadath, longue nouvelle écrite en 1926-1927 mais publiée en 1943) : Kij Johnson explique ses inspirations et ses motivations dans un très instructif entretien dans lequel elle déchiffre parfaitement bien l’œuvre de Lovecraft (p. 179-191). Dans ce roman miroir, Kij Johnson s’attache à la condition des femmes, elle leur permet de réfléchir, de prendre des décisions, d’étudier, d’enseigner, de voyager (ce qui n’était pas le cas chez Lovecraft, une autre époque…) mais sans tomber dans le féminisme à tout prix. J’ai très envie de lire Un pont sur la brume, son premier titre paru en France, chez Le Bélial en 2016 : attendez-vous à le voir passer sur mon blog cet été car je sais qu’il est à la bibliothèque !

Quelques petites fautes comme « Julat » au lieu de « Jurat » p. 97 ou « surout » au lieu de « surtout » (p. 137), des fautes d’étourderie mais c’est dommage dans une jolie édition illustrée comme celle-ci. Et puis les littératures de genre reçoivent pas mal de critiques négatives alors ce serait bien que leur contenu soit irréprochable.

Ce qui m’a le plus marquée : la transformation du gug en Buick !

Et ma phrase préférée : « Personne ici ne dit aux gens ce que signifie leur existence, et ce que signifie leur monde. » (p. 168).

Une lecture pour le Challenge de l’été, le Challenge Chaud Cacao, Jeunesse Young Adult #7 (pas classé en YA mais il correspond), Littérature de l’imaginaire, Rentrée littéraire janvier 2018 et S4F3 #4.