Taupe & Mulot (4 tomes) d’Henri Meunier et Benjamin Chaud

Taupe & Mulot d’Henri Meunier et Benjamin Chaud.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, albums illustrés.

Henri Meunier naît en 1972 à Suresnes (en Île de France). Il étudie les arts plastiques mais travaille dans le social avant de devenir auteur et illustrateur (en 2001) de livres jeunesse (publiés chez Actes Sud Junior, Grasset, Rouergue, Thierry Magnier…). Il est auteur de la série Taupe & Mulot que Benjamin Chaud illustre.

Benjamin Chaud naît le 29 janvier 1975 à Briançon dans les Hautes-Alpes. Il étudie les arts appliqués à Paris et les arts décoratifs à Strasbourg. Il est auteur et illustrateur, principalement pour la jeunesse, Les petits Marsus, l’éléphant Pomelo (avec Ramona Bádescu), la Fée Coquillette, entre autres. Plus d’infos sur son Instagram.

La tarte aux lombrics.

Hélium, 2019, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33012-255-3.

Le portemanteau – C’est l’automne et Taupe passe du temps avec sa fiancée mais Mulot, après avoir regardé les « feuilles qui valsent dans le vent » (p. 2), s’ennuie… Il va alors chez son ami, Taupe, mais le portemanteau est à l’extérieur de la maison et Taupe est grognon. Vous savez que les taupes n’y voient guère mais il y a des limites à ne pas dépasser !

La tarte aux lombrics – Taupe et Mulot participe à un concours de tarte aux lombrics. Taupe est un excellent cuisinier mais il est enrhumé et a perdu l’odorat et sa « vue est parfois hésitante » (p. 26) pour ne pas dire nulle ! Autant dire que les deux recettes seront exceptionnelles mais qui sera le gagnant ?

Bonne nuit, Hérisson ! – Le 15 décembre, c’est la fête chez Hérisson « avant son entrée en hibernation » (p. 42). Vous êtes prêts pour une soirée incontournable et pétillante durant laquelle « les heures virevoltent en musique » (p. 53) ?

Les beaux jours.

Hélium, 2019, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33012-061-0.

Les peintres du jeudi – Un beau matin d’avril, Mulot invite Taupe à peindre la nature de printemps mais Taupe ne voit pas très loin… « Ne ronchonne pas, je te décrirai la vue. Ou alors tu la dessineras comme tu l’imagines. » (p. 6). Résultats… surprenants !

La partie de pêche – C’est dimanche, Taupe et Mulot vont à la pêche. « Ce sera une journée extraordinaire, exceptionnelle ! » (p. 22). Les deux amis mangeront-ils du poisson le soir ?

Amoureux ! – Taupe est amoureux et il souhaite offrir un beau bouquet. « Ici, une marguerite, là une orchidée. Un doronic jaune. Et quelques immortelles. Un bouquet absolument grandiose ! » (p. 44). Grandiose, vraiment ?

Notre part de ciel.

Hélium, 2021, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33012-971-2.

La baignade – « Ne rien faire du tout et être heureux comme tout, c’est un art délicat. » (p. 2). Après le pique-nique, Taupe et Mulot profitent de ce bel après-midi d’été. Ils barbotent et font une sieste. Vous baigneriez-vous sans maillot ? Ah, et n’oubliez pas de prendre une photo pour immortaliser cette belle journée !

Le grand ménage – Mulot court chez Taupe avec un disque de Django Renard et du pétillant de cerise mais Taupe est en plein ménage. Le grand ménage de printemps même mais… « nous sommes en août ! » (p. 25). Alors, prêts pour le grand nettoyage ?

Le chemin du cœur – Mulot croise Taupe sur le chemin de l’étang. Taupe cherche « des cailloux pour [son] cabinet de choses ordinaires. » (p. 44). Lorsque Mulot revient de sa leçon de vélo, Taupe est toujours au même endroit à comptabiliser les cailloux et à leur donner des noms, ainsi que le lendemain et les jours suivants… Mulot est inquiet pour son ami.

Bonnet blanc et blanc bonnet.

Hélium, 2021, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33015-345-8.

La bûche – « Dès les premiers froids, Mulot vit comme une taupe : il somnole toute la journée. » (p. 2) mais Taupe arrive chez lui, tout tonitruant. Une trompette pour réveiller son ami et un livre qu’il vient d’emprunter au bibliobus, un récit d’aventures, un chef-d’œuvre ! Taupe ne voit pas assez bien pour lire et il veut que Mulot lui lise l’histoire mais il jette le livre au feu au lieu de la bûche…

Premier flocon – Il fait froid et Taupe invite Mulot à une bataille de boules de neige mais… il n’y a pas encore de neige ! « La chance sourit aux optimistes, c’est avéré. Trois noisettes pour toi s’il neige, mise Mulot. Et je relance à six noisettes ton pari à qui gobera le premier flocon. » (p. 30). Qui sera l’heureux chanceux ?

La pétanque – Avez-vous déjà joué à la pétanque avec des boules de neige ? Non ! Alors venez rejoindre Taupe, Mulot, Musaraigne, Écureuil et Hibou pour une partie endiablée, euh enneigée ! Ah, mais vous savez que Taupe ne voit pas très bien donc par souci d’équité, « tout le monde doit se bander les yeux ! » (p. 47). C’est bon ? Alors « que la partie commence » (p. 49).

Chaque volume contient trois histoires illustrées avec Taupe et Mulot, les deux amis inséparables et bienveillants l’un envers l’autre, et parfois quelques autres personnages animaliers. Les dessins sont beaux, colorés, d’une richesse incroyable et participent à l’humour subtil du texte. Les petits et les grands vont se régaler avec ces histoires pétillantes et pleines de poésie, mais c’est sûr pas avec une tarte aux lombrics !

Pour Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal avec Taupe, Mulot, Lombrics et catégorie Objet avec Bonnet) et Les textes courts.

Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle

Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle.

Sarbacane, collection Pépix, septembre 2020, 224 pages, 10,90 €, ISBN 978-2-37731-468-3.

Genres : littérature jeunesse française, roman mi-fantastique mi-fantasy.

Marie Lenne-Fouquet naît en 1984 dans les Deux-Sèvres. Elle est professeure et autrice pour la jeunesse. Plus d’infos sur son site officiel.

Marie Morelle, Parisienne ayant étudié les Beaux-Arts à Londres, est illustratrice pour la presse et pour la jeunesse. Plus d’infos sur son site officiel.

Mardy et Ozgo sont frères et viennent d’emménager dans une nouvelle maison avec leurs parents et leur sœur, Petite. Mais leur chat, Benjamin, a disparu depuis quatre jours et Mardy s’inquiète… « Maman, c’est vrai, ce qu’on lit dans les journaux ? Que tous les chats du village disparaissent, ces derniers temps ? » (p. 9).

Je ne dévoile rien sur les particularités de Mardy, Ozgo et Petite, vous les découvrirez en lisant ce roman.

Après avoir interrogé tous les voisins, dont certains ont perdu aussi leur chat, Mardy et Ozgo décident d’aller de nuit dans la forêt mais Petite étant réveillée, ils sont obligés de l’emmener avec eux. « Le petit convoi se mit en route et traversa le jardin. » (p. 39).

Mais, lors d’une pause, les deux garçons perdent le bébé, c’est-à-dire Petite. Dans la souche d’un arbre, ils découvrent « un monde […] un vrai monde » (p. 48). C’est le monde des Ploozes, des petites créatures vertes en forme de boules. D’ailleurs, il n’y a pas que Petite qui a disparu, emportée pour aller voir le roi Harold, tous les chats disparus sont là, nourris, choyés, un véritable paradis pour eux. « Non, il ne rêvait pas. Tout cela était bien réel. Et il fallait sauver Petite. » (p. 70).

Mardy et Ozgo vont-ils pouvoir récupérer leur petite sœur ? Ils vont être aidés par Le Bourlingueur. Et je ne vous en dis pas plus même si… « L’ignorance, c’est… c’est… c’est le pire des cauchemars ! » (p. 148).

En tout cas, vous ne regarderez plus les brins d’herbe, les poireaux et les framboises de la même façon après avoir lu ce roman !

Les personnages sont drôles ou inquiétants (j’ai bien aimé le bouledogue ronronnant et la nounou japonaise), l’histoire est très originale, les textes sont parfois accentués (pour que les enfants comprennent qu’un personnage crie par exemple) et les dessins bourrés de détails sont vraiment marrants.

Il y a bien quelques références (le facteur Cheval, princesse Mononoké) que certains enfants ne connaîtront pas mais ce sera l’occasion pour eux de demander ou de faire des recherches. Cependant, il y a un petit côté social et écologique que les enfants comprendront sans problème.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 14, une histoire d’enlèvement ou de disparition mais il aurait pu aller dans d’autres cases), Challenge lecture 2022 (catégorie 22, un livre dont les personnages principaux sont d’une même fratrie mais il pouvait entrer dans d’autres catégories), Jeunesse Young Adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Petit Bac 2022 (catégorie Prénom pour Mardy et Ozgo).

Challenge Jeunesse Young Adult #11

11e édition pour le Challenge Jeunesse Young Adult organisé par Muti ! Le challenge dure du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022 et l’objectif est toujours de lire de la littérature jeunesse.

Infos, très beau logo créé par Azilis et inscription chez Muti.

Les catégories
1 : Aux frontières du rêve = au moins 10 romans
2 : Badine avec les royaumes de l’enfance = au moins 20 romans
3 : À pieds joints dans la marelle = au moins 35 romans
4 : A su garder son cœur de mioche = au moins 50 romans
5 : Peter Pan dans l’âme = au moins 65 romans
6 : Au pays des mille et un livres = au moins 80 romans
7 : Vit dans un conte de fées = 100 romans et plus (pour les livrovores)

L’option BD/Mangas/Albums illustrés
1 = 5 BD/Mangas/Albums
2 = 10 BD/Mangas/Albums
3 = 15 BD/Mangas/Albums
4 = 20 BD/Mangas/Albums

Je m’inscris en catégorie 1 : Aux frontières du rêve avec l’option BD/mangas/albums (même si j’ai pris l’habitude de lire plus).

Mes lectures pour ce challenge

1. Gros de Sylvain Levey (Éditions Théâtrales, 2020, France)

2. Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle (Sarbacane, 2020, France)

3. Lune n’est lune que pour le chat de Vénus Khoury-Ghata et Sibylle Delacroix (Bruno Doucey, 2019, France)

4. Taupe & Mulot 1 – La tarte aux lombrics d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2019, France)

5. Taupe & Mulot 2 – Les beaux jours d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2019, France)

6. Taupe & Mulot 3 – Notre part de ciel d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2021, France)

7. Taupe & Mulot 4 – Bonnet blanc et blanc bonnet d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2021, France)

8. Lignes de Jacques Arragon (Courtes et longues, 2016, France)

9. …

10. …

Mes lectures BD, mangas et albums illustrés

1. Les nouvelles aventures de Lapinot, 2 – Les herbes folles de Lewis Trondheim (L’Association, 2019, France)

2. Le Club des amis 1 de Sophie Guerrive (2024, 2020, France)

3. La lionne : un portrait de Karen Blixen d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (Sarbacane, 2015, France et Danemark)

4. Terrarium 1 de Yûna Hirasawa (Glénat, 2021, Japon)

5. Moi aussi de Hector Dexet (Amaterra, 2021, France)

Option BD/albums niveau 1 honoré 🙂

6. La baleine bibliothèque de Judith Vanistendael et Zidrou (Le Lombard, 2021, Belgique)

7.  Grand Silence de Sandrine Revel et Théa Rojzman (Glénat, 2021, France)

8. Les carnets de l’Apothicaire 1 de Natsu Hyûga, Itsuki Nanao et Nekokurage (Ki-oon, 2021, Japon)

9. La bibliomule de Cordoue de Lupano et Chemineau (Dargaud, 2021, France)

10. Ours de Ben Queen et Joe Todd-Stanton (Kinaye, 2021, États-Unis/Angleterre)

Option BD/albums niveau 2 honoré 🙂

11. Kanopé 1 – Rencontre de Louise Joor (Delcourt, 2014, Belgique)

12. Kanopé 2 – Héritage de Louise Joor (Delcourt, 2019, Belgique)

13.  Celestia de Manuele Fior (Atrabile, 2020, Italie)

14. Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2006, Japon)

15. Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi (Pika, 2021, Japon)

Option BD/albums niveau 3 honoré 🙂

16. Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2007, Japon)

17. D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO (Glénat, 2013, Japon)

18. Coink, en avant la musique ! de Lionel Le Néouanic in Le jeudi, c’est musée/expo #33 (Rouergue, 2017, France)

19. Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2010, Japon)

20. Moka fête Noël d’Anne Mahler (2021, France)

Option BD/albums niveau 4 honoré 🙂

21. Moka part au ski ! d’Anne Mahler (2021, France)

22. Seizième printemps de Yunbo (Delcourt, 2022, Corée du Sud)

23. Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter (La joie de lire, 2021, Norvège)

24. Un chat dans la gorge d’Émilie Chazerand, Amandine Piu et Carole Bellanger (Benjamins Media, 2020, France/Italie)

25. SuperGroom 1 – Justicier malgré lui de Vehlmann et Yoann (Dupuis, 2020, France)

26. Tête de mule d’Øyvind Torseter (La joie de lire, 2016, Norvège)

27. Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu (Dupuis Vega, 2021, Japon)

28. Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill (Bliss, 2020, Nouvelle-Zélande)

29. Après le monde de Timothée Leman (Sarbacane, 2020, France)

30-33. La voie du tablier (tomes 1 à 4) de Kôsuke Oono (Kana, 2019-2020, Japon)

34-36. La voie du tablier (tomes 5 à 7) de Kôsuke Oono (Kana, 2021, Japon)

37. Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg (Akileos, 2018, Finlande/Suède)

38. L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen (Gallimard Jeunesse, 2018, France)

Je participe au Challenge BD depuis sa création en 2014. En fait, il est devenu perpétuel mais j’aime bien qu’un nouveau logo arrive et celui de 2022 me plaît. J’espère qu’il vous donnera envie de participer.

Infos, logo et inscription chez Marjorie du blog Chroniques littéraires + le groupe FB.

Les catégories
Agent 212 : 1 à 4 BD
Les Nombrils : 5 à 10 BD
Alter Ego : 11 à 24 BD
Pico Bogue : 25 à 50 BD
BDvore : plus de 50 BD
Super BDvore : plus de 100 BD

Mes lectures BD pour ce challenge

1. Go West Young Man de Tiburce Oger (Grand Angle, 2021, France)

2. Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan (Ankama, 2021, France)

3. Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2006, Japon)

4. Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi (Pika, 2021, Japon)

Catégorie 1 – Agent 212 honorée 🙂

5. Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2007, Japon)

6. D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO (Glénat, 2013, Japon)

7. Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai (Soleil Manga, 2021, Japon)

8. Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2010, Japon)

9. Seizième printemps de Yunbo (Delcourt, 2022, Corée du Sud)

10. Les oiseaux de Troubs (Futuropolis, 2021, France)

Catégorie 2 – Les Nombrils honorée 🙂

11. Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter (La joie de lire, 2021, Norvège)

12. Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort (Futuropolis, 2015, Italie/Japon)

13. Gentlemind 2 de Díaz Canales, Valero et Lapone (Dargaud, 2022, Espagne)

14. SuperGroom 1 – Justicier malgré lui de Vehlmann et Yoann (Dupuis, 2020, France)

15. Roudoudou blues de Marion Laurent et Arnaud Le Roux (Futuropolis, 2007, France)

16. Tête de mule d’Øyvind Torseter (La joie de lire, 2016, Norvège)

17. Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu (Dupuis Vega, 2021, Japon)

18. Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill (Bliss, 2020, Nouvelle-Zélande)

19. Après le monde de Timothée Leman (Sarbacane, 2020, France)

20. Sky Hawk de Jirô Taniguchi (Casterman, 2009, Japon)

21-24. La voie du tablier (tomes 1 à 4) de Kôsuke Oono (Kana, 2019-2020, Japon)

Catégorie 3 – Alter ego honorée 🙂

25-27. La voie du tablier (tomes 5 à 7) de Kôsuke Oono (Kana, 2021, Japon)

28. Solo 2 – Le cœur et le sang d’Oscar Martin (Delcourt, 2016, Espagne)

29. Solo 3 – Le monde cannibale d’Oscar Martin (Delcourt, 2017, Espagne)

30. Solo 4 – Legatus d’Oscar Martin (Delcourt, 2019, Espagne)

31. Solo 5 – Marcher sans soulever la poussière d’Oscar Martin (Delcourt, 2021, Espagne)

32. Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg (Akileos, 2018, Finlande/Suède)

33. Carbone & Silicium de Mathieu Bablet (Ankama, 2020, France)

34. Entre les lignes de Baptiste Beaulieu et Dominique Mermoux (Rue de Sèvres, 2021, France)

35. Les bons gros bâtards de la littérature d’Aurélien Fernandez et PoPésie (Lapin, 2020, France)

Il n’y aura pas de 12e saison car Muti n’a plus le temps de gérer ce challenge, dommage…

Ma sœur Mongsil de KWON Jung-saeng

Ma sœur Mongsil de KWON Jung-saeng.

Decrescenzo, juin 2021, 200 pages, 18 €, ISBN 978-2-367-27103-3. Mongsil eonni 몽실 언니 (1984, 1990, 2007, 2012) est traduit du coréen par PARK Mihwi et Jean-Claude de Crescenzo. Illustrations en couleurs de LEE Chul-soo.

Genres : littérature sud-coréenne, roman jeunesse, Histoire.

KWON Jung-saeng 권정생 naît le 10 septembre 1937 à Tôkyô, donc au Japon mais dans une famille coréenne qui retourne en Corée en 1946. Sa famille est très pauvre et l’adolescent doit travailler au lieu d’aller à l’école. Mais en 1967, il travaille comme gardien dans une église à Andong et publie son premier livre jeunesse en 1969, La crotte du chien (Gang-ajittong), ou Popo du chiot (Paquet, 2006). En 1971 et en 1973, il remporte des concours littéraires pour respectivement L’ombre de l’agneau, Ttallangi (Agiyang-ui geurimja, Ttallang-i) et Maman et la veste de coton (Mumyeong jeogori-wa eomma), carrière lancée avec succès. Il meurt le 17 mai 2007.

LEE Chul-soo naît en 1984, il est illustrateur. Vous pouvez voir ses œuvres sur la collection de Davidson Galleries.

Petit rappel historique. Le Japon occupa la Corée de 1910 à 1945 mais, « La Deuxième guerre mondiale terminée, le Japon défait, la Corée fut libérée du gouvernement colonial japonais. La Libération mit le pays entier en effervescence et la Corée vécut une période d’excitation, comme si elle espérait se débarrasser à coup sûr, une bonne fois pour toutes, de la tristesse accumulée en trente-cinq ans d’occupation. […] les Coréens survivants revinrent dans leur patrie. En dépit de leur espoir, ils ne découvrirent que misère et indifférence à leur sort. Rentrés les mains vides dans un pays dévasté […] en réalité, on les nommait ‘les mendiants du Japon’ […]. » (p. 11).

La famille de Mongsil, installée dans le village de Salgang, fait partie des « compatriotes rentrés au pays » (p. 11). Le père, Jeong, gagne difficilement sa vie, la mère, Milyang, mendie. Mais le petit frère, Jong-ho, meurt et, au printemps 1947, Milyang décide de fuir avec Mongsil (qui a 6 ans) dans un village de montagne, Daet-gol, et de vivre avec un autre homme. « Embarrassée, Mongsil sentit une vague d’émotions la submerger […]. » (p. 15). Mongsil a donc un beau-père, Kim, une grand-mère et vit dans une jolie maison avec de quoi manger chaque jour mais elle est triste pour son père parti loin chercher du travail…

Jeong Mongsil devient dont Kim Mongsil. Mais, en mai de l’année suivante, Milyang accouche d’un garçon prénommé Yeong-deuk qui devient le favori et Mongsil est alors négligée voire traitée comme la servante. « Mongsil éprouvait le plus souvent une peur chronique et une fatigue permanente. » (p. 22-23). D’ailleurs, après une chute (son beau-père l’a poussée), Mongsil a un problème au genou gauche et reste boiteuse… « Pourtant, elle était heureuse de pouvoir marcher de nouveau. Elle reprit les tâches ménagères. Malgré son handicap, elle passait ses journées à faire la vaisselle, à laver le linge et à s’occuper de toutes sortes de menues tâches. » (p. 29).

Et encore une année après, elle repart avec une tante qui est venue la chercher mais elle doit laisser Yeong-deuk, son petit frère qui a un an, et Soon-deok, sa meilleure amie. La tante amène Mongsil à Norusil où le père, Jeong, vit et travaille comme valet de ferme. Mongsil se fait une nouvelle amie, Nam-joo, et peut apprendre à lire et à écrire. Son père se remarie avec Bukchon mais Mongsil n’arrive pas à l’aimer. « Sa mère et Yeong-deuk lui manquaient toujours plus cruellement. » (p. 43). De plus des Coréens, des partisans communistes, descendent de la montagne et volent les habitants des villages de Norusil, Cachibawi-gol et Samgori.

Le soir, pendant que les hommes surveillent, Mongsil et Bukchon qui se sont rapprochées, vont apprendre à l’école. « Notre pays est divisé en deux. Nous devons nous poser des questions sur la stupidité de cette situation : est-ce que le Sud et le Nord se disputent avec leurs propres idées et leurs propres arguments ? Ou bien les deux parties du pays ne sont-elles pas manipulées par les idées des autres pays ? Quand on est ignorant de la réalité, on se laisse facilement duper. Si on ne veut pas le regretter par la suite, il faut d’abord enrichir ses connaissances. » (l’instituteur Choe, p. 54).

Cependant Jeong est mobilisé (la guerre entre le Sud et le Nord a commencé le 25 juin 1950, elle durera trois ans). Bukchon, fragile, accouche d’une petite fille, Nan-nam, et rend l’âme. « Cette nuit-là, les chars de combat de l’Armée populaire communiste apparurent sur la grande route récemment construite. » (p. 70). Mongsil a 9 ans et doit s’occuper de sa petite sœur mais « Mongsil faisait preuve de courage dans l’adversité et l’affrontait avec ténacité. » (p. 105).

Plusieurs fois édité en Corée du Sud, ce roman destiné à la jeunesse est toutefois éprouvant tant les épreuves traversées par Mongsil (et d’autres enfants) sont difficiles. La famille maltraitante, la pauvreté, les enfants qui travaillent, la guerre, le deuil, plusieurs thèmes sont abordés à tel point que ça peut paraître trop mais je pense que tout ça s’est passé tel quel dans de nombreuses familles…

Pour le Challenge coréen #2 bien sûr, Jeunesse young adult #10 et Petit Bac 2021 (catégorie Prénom pour Mongsil). En ce qui concerne Lire en thème : le thème de septembre est ‘une histoire qui se passe dans le milieu scolaire’ (lorsque Mongsil peut enfin aller à l’école, elle apprend à lire, à écrire et elle est même bonne élève), 1er thème secondaire = un enfant/ado sur la couverture (Mongsil), 2e thème secondaire = une histoire vraie/un témoignage (l’auteur s’est inspiré de ce qu’il a vécu enfant – ainsi que ce qu’on vécu de nombreux enfants – lorsque la famille quittait le Japon pour revenir en Corée avec en plus la guerre de Corée).

La sorcière des marais de Karine Guiton

Allez, La BD de la semaine étant toujours en pause estivale, je publie comme mercredi dernier une note de lecture d’un roman jeunesse plutôt que d’une bande dessinée.

La sorcière des marais de Karine Guiton.

Didier jeunesse, collection Mon marque-page, mai 2021, 128 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-27809-844-6. Illustrations de Grégory Elbaz.

Genres : littérature française, premier roman, jeunesse, fantastique.

Karine Guiton naît en 1973 en Vendée. Elle ne veut pas lire durant l’enfance (sa mère est l’institutrice) mais elle devient bibliothécaire et se passionne pour les contes. Elle écrit d’abord des nouvelles pour adultes puis un album illustré pour la jeunesse en 2016, Les tourterelles, illustré par Maurèen Poignonec chez La Palissade. Le chameau de la bibliothèque est paru en juillet et La sorcière des marais paru en mai est son premier roman.

Grégory Elbaz naît en 1980 en France. Il étudie les arts plastiques à l’École de l’Image d’Angoulême. Il est illustrateur mais aussi dessinateur et scénariste de bandes dessinées.

Tex, un an, est le chat « roux de la tête aux pattes » (p. 11) de Zoé mais il a disparu et la fillette est inquiète. Aurait-il rencontré une minette ? Mais « Tex n’est pas revenu. Ni le lendemain. Ni le surlendemain. Personne ne l’a vu. » (p. 13). Zoé refuse de penser que Tex est mort et de se résigner à l’avoir perdu. Margot, sa meilleure amie, lui conseille d’aller voir Mirabella « parce qu’elle est un peu sorcière. » (p. 16).

Tex a disparu depuis un mois lorsque Zoé décide d’aller dans les marais pour voir Mirabella. Bien sûr Mirabella et Germain le canard aident Zoé. Comme le montre la couverture du roman, ils partent tous les trois en barque sur le marais. « Bienvenue dans le monde de Soumazalans. » (p. 44). Et arrivent à la nuit tombée chez le géant Miramar, le cousin de Zoé. Le lendemain, Pirati, le cochon muet, se joint à eux, direction le Royaume de la Reine des chats mais ils sont attaqués par le ragondin géant. « Si Tex était vraiment là-dedans, je n’avais pas le choix. Il était peut-être en danger. Je devais le sauver. » (p. 81).

Après avoir bien ri avec Le chameau de la bibliothèque, j’ai voulu lire La sorcière des marais (paru quelques mois avant) et je ne suis pas déçue. Pourtant ce premier roman est différent : les illustrations (d’un autre illustrateur) sont moins présentes et en noir et blanc ; quant à l’histoire, elle n’est pas drôle mais un peu angoissante (pour les plus jeunes lecteurs) et triste (faire son deuil).

Lorsqu’un chat disparaît, l’humain se pose des questions, s’inquiète, espère qu’il va revenir, mais ne pas savoir ce qui est arrivé au chat bien-aimé (ou à un autre animal d’ailleurs) est vraiment déprimant. Zoé a le courage d’aller au bout des marais (le côté fantastique, magique, se développe ici) pour découvrir ce qui est arrivé à Tex.

Pour le challenge Jeunesse young adult #10 et le Petit Bac 2021 (catégorie Gros mot pour Sorcière).

Le chameau de la bibliothèque de Karine Guiton

Pour changer de la bande dessinée le mercredi, voici un roman jeunesse amusant et illustré.

Le chameau de la bibliothèque de Karine Guiton.

Didier jeunesse, collection Mon marque-page, juillet 2021, 96 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-27812-065-9. Illustrations de Laure du Faÿ.

Genres : littérature française, roman jeunesse, humour.

Karine Guiton naît en 1973 en Vendée. Elle ne veut pas lire durant l’enfance (sa mère est l’institutrice) mais elle devient bibliothécaire et se passionne pour les contes. Elle écrit d’abord des nouvelles pour adultes puis un album illustré pour la jeunesse en 2016, Les tourterelles illustré par Maurèen Poignonec chez La Palissade. La sorcière des marais, paru en mai 2021 chez Didier Jeunesse, est son premier roman et donc Le chameau de la bibliothèque son deuxième roman.

Laure Du Faÿ naît en 1979 à Tours et elle étudie les Arts décoratifs à Strasbourg. Elle est illustratrice pour la jeunesse (chez Amaterra, Bayard, Casterman, Milan, Nathan, Sarbacane, Tourbillon…).

Voici comment commence ce roman (et qui peut servir de résumé en fait). « Monsieur Mache est un chameau très distingué. Il porte un chapeau différent chaque jour et une écharpe de soie assortie. Tous les samedis, il emprunte sept livres à la bibliothèque du village. C’est le lecteur préféré de madame Floris, la girafe bibliothécaire : il est poli (même s’il a parfois mauvais caractère), cultivé et possède une mémoire d’éléphant. Mais monsieur Mache a tout de même un gros défaut : il ne rend jamais tous les documents qu’il a empruntés. Il en manque toujours un ! Chaque fois, le chameau a une bonne excuse : le livre a été volé par un pivert, brûlé dans un barbecue, écrasé par un hippopotame ou oublié dans un train fantôme… » (p. 9-10). Vous comprendrez donc pourquoi madame Floris convoque monsieur Mache dans son bureau ! Et lui retire sa carte de lecteur…

Attention, bibliothèque incroyable, fréquentée par des taupes, des zébus, des kangourous, bref des tas d’animaux, et dont certaines étagères très hautes ne peuvent être consultées que par la girafe et la famille Colibri.

Mais durant la réunion du club de lecture, les animaux s’inquiètent de ne pas voir monsieur Mache… C’est Kika, la fille de madame Floris, qui vend la mèche mais « sans lui, que deviendra le club de lecteurs ? » (p. 50). Et monsieur Mache ne peut pas vivre sans livres : « Grâce aux livres, je rêve, je m’évade. » (p. 80).

Lisez ce joli roman illustré pour savoir le fin mot de l’histoire ! Je l’avais repéré chez Sharon.

Le seul point faible… une faute… page 24, il est écrit suspens au lieu de suspense et je ne comprends pas pourquoi les auteurs et les éditeurs ne font pas la différence entre l’expression « en suspens » (dans l’indécision, dans l’incertitude) et le mot « suspense »… Bref, ça ne gâche pas la lecture mais mieux vaut corriger pour les jeunes lecteurs (sinon ils feront la faute à leur tour…).

Pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie, ici une bibliothèque, 3e billet), Jeunesse young adult #10 et Petit Bac 2021 (catégorie Gros mot pour Chameau, puisqu’on peut traiter quelqu’un de chameau = acariâtre, sans pitié).

La fleur perdue du chaman de K de Davide Morosinotto

La fleur perdue du chaman de K de Davide Morosinotto.

L’école des loisirs, collection Médium, janvier 2021, 544 pages, 18 €, ISBN 978-2-21131-130-4. Il fiore perduto dello Sciamano di K (2019) est traduit de l’italien par Marc Lesage. Illustrations de Paolo Domeniconi.

Genres : littérature italienne, roman jeunesse, aventure, fantastique.

Davide Morosinotto naît en 1980 à Camposampiero (Padoue, Italie). Il étudie les Sciences de la communication et rédige une thèse sur Philip K. Dick à l’Université Alma Mater Studiorum de Bologne (fondée au XIe siècle, cette université est considérée comme la plus ancienne université au monde encore en activité). Il est journaliste, traducteur et écrivain. Du même auteur, dans la même collection : Le célèbre catalogue Walker & Dawn (2018) et L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges (2019) que j’avais repérés et que j’ai encore plus envie de lire maintenant, et de nombreux autres titres (science-fiction, aventure, jeunesse) encore non traduits en français.

Mai 1986. Laila Raskinen a 12 ans, elle est Finlandaise mais vit à Lima au Pérou. Son père Aarni est diplomate à l’ambassade et sa mère Outi est femme au foyer. Il y a aussi monsieur Tanaka, un Japonais qui est le secrétaire de son père mais aussi le chauffeur (et un peu le garde du corps de Laila). Mais Laila ne va pas bien, elle a des problèmes aux yeux (son champ de vision est limité) alors elle est conduite à l’hôpital Santo Toribio de Lima où « ils ont le meilleur service de neurologie du Pérou » (p. 17). Mais sa maladie est grave et incurable… Le docteur De La Torre diagnostique une céroïde-lipofuscinose neuronale juvénile (CLNJ) ou maladie de Batten (je n’avais jamais entendu parler de cette maladie). « Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Ma mère n’avait pas la réponse. » (p. 101).

Les chapitres alternent entre Laila et El Rato qui vit à l’hôpital depuis sa naissance. De son vrai nom, Juan Pablo Brown Mamani, il serait le fils d’un médecin. Il connaît l’hôpital comme sa poche et emmène Laila à la bibliothèque, réservée aux médecins et aux étudiants. Et c’est par hasard que les deux adolescents découvrent le journal du docteur Robert R. Clark de Bloomington (Minnesota, États-Unis) dans lequel il est « question de la Fleur perdue du chaman de K. […] d’une rareté extraordinaire […] sur un arbuste, sans doute de la famille des bixaceae, et semblait être de couleur rouge, avec de gros pétales recouverts d’un duvet piquant […]. Les chamans de le tribu de K. utilisaient une décoction de cette plante pour guérir la folie. » (p. 116-117).

Juin 1986. Laila et El Rato s’enfuient en pleine nuit de l’hôpital pour se rendre en Amazonie sur les traces du docteur Clark. « Je me suis exclamé : – C’est parti ! Laila a souri. – Eh oui. L’avion s’est avancé sur la piste en prenant de la vitesse. Les moteurs ont rugi. Et là… le nez de l’appareil a pointé vers le haut et nous avons décollé du sol, tout droit vers le ciel, une aventure, une légende, un défi immense et une fleur qui existe peut-être, je l’espère, quelque part, là dehors, pour nous sauver la vie. » (p. 151-153). Des Andes péruviennes, direction, la Selva, l’Amazonie, « l’Enfer Vert » !

Arrivés à Cuzco, Laila et El Rato embauchent une guide, Chaska, mais leur train explose et ils sont enlevés (sûrement par des rebelles du Sentier lumineux). L’histoire du Pérou rejoint l’aventure de Laila et El Rato qui se dévoile peu à peu (il a un Grand Rêve). « Le village de K. est niché au bord du fleuve Amazone, dans les région d’Iquitos. Et le marché de Belén est le moyen d’entrer en contact avec son chaman. » (p. 268).

Amitié, action et rebondissements, rencontres, dangers, découverte de l’Amazonie (faune, flore, populations), un peu de fantastique, Laila et El Rato iront au bout de l’aventure pour le plus grand plaisir des lecteurs ! « On avait fait un sacré chemin, ensemble. Et il nous restait encore un peu de route. » (p. 381).

Il y a plusieurs niveaux de lecture dans ce gros roman, texte classique, texte en italique, texte un peu flou (Laila voit mal sur les côtés), texte sur page noire pour la légende, et des éléments graphiques avec du texte en illustration (qui monte, qui descend, qui forme une spirale ou un dessin) comme pages 64, 69 et d’autres. Alors que Laila voit de plus en plus mal, l’auteur veut que le lecteur voit, et même ce qui ne se voit pas (l’invisible, la légende, les esprits, le chamanisme). Ce livre est donc un bel objet artistique mais aussi une belle quête et une belle amitié.

En fait, j’apprends que Le célèbre catalogue Walker & Dawn et L’éblouissante lumières des deux étoiles rouges forment avec La fleur perdue du chaman de K un triptyque même s’ils sont indépendants l’un de l’autre et se déroulent dans trois pays différents. Je veux lire les deux précédents titres !

Une chouette lecture que je mets dans Challenge Cottagecore (catégorie 4, Rêveries au bord de l’eau – Des histoires qui se déroulent au bord de la mer, d’un étang, d’un marais tout en conservant une ambiance champêtre et romantique, bon on est au bord de l’Amazonie, c’est plutôt dangereux mais El Rato étant amoureux de Laila, il y a un certain romantisme), Challenge de l’été #2 (l’auteur est Italien mais emmène ses lecteurs au Pérou et en Amazonie) et dans…

Challenge lecture 2021 (catégorie 4, un livre dont le narrateur est un adolescent, eh bien il y a ici une adolescente et un adolescent, 2e billet), Contes et légendes #3 (légendes d’Amazonie, chamanisme), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et Voisins Voisines 2021 (Italie).

Toto Ninja Chat et l’évasion du cobra royal de Dermot O’Leary

Toto Ninja Chat et l’évasion du cobra royal de Dermot O’Leary.

Gallimard jeunesse, collection Grand format littérature, juin 2019, 208 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-07512-155-2. Toto the Ninja Cat and the Great Snake Escape (2017) est traduit de l’anglais par Karine Chaunac.

Genres : littérature anglaise, fantastique, jeunesse.

Dermot O’Leary naît le 24 mai 1973 à Colchester dans l’Essex (Angleterre). Il est Anglo-Irlandais. Animateur (radio et télévision) depuis 1998, il s’inspire de ses deux chats (Toto et Silver) pour se lancer dans l’écriture de cette série destinée à la jeunesse, Toto Ninja Chat (4 tomes pour l’instant). Toto Ninja Chat et le grand braquage du fromage (tome 2, 2019), Toto Ninja Chat et le concert de l’enfer (tome 3, 2020) et Toto the Ninja Cat and the Mystery Jewel Thief (encore non traduit en français, 2021).

Nick East, né le 28 février 1968 dans le Yorkshire, est un illustrateur jeunesse anglais.

Toto, une minette noire, et Silver, son frère gris, vivent avec un couple à Londres depuis trois semaines. Ils dorment mais Toto entend dehors un « vacarme infernal » (p. 9.) Toto est pratiquement aveugle mais elle a suivi une formation de ninja en Italie (les deux chats arrivent des Pouilles). L’intrus qui se nourrit dans la poubelle de Papa et Mamma est Alexandre Rattinoff XXXIII, surnommé Facedechat. Il dit être un chat mais j’ai plutôt l’impression que c’est un rat… !

Facedechat propose à Toto et Silver de leur faire visiter le quartier, Camden, et leur fait prendre le « métro des animaux » (p. 42). C’est le même que celui des humains mais les animaux voyagent sur le toit. Ce que découvrent Toto et Silver est magnifique, la cathédrale Saint-Paul, la tour de Londres, le palais de Buckingham, le Shard (le plus haut building de Londres). Les deux chats se font, en une nuit, de nouveaux amis, des chauves-souris, des corbeaux, des goélands, … et même les chiens de la Reine ! Et, au 10 Downing Street, Facedechat leur présente Larry le chat (qui bizarrement ressemble lui aussi à un rat).

Mais, alors que Facedechat raccompagne Toto et Silver chez eux, les trois amis se rendent compte que Camden est « en plein chaos animalier » (p. 62). Brian, « le célèbre cobra royal du zoo de Londres, un des plus dangereux reptiles au monde » (p. 67), s’est échappé ! Au zoo, après une rencontre avec le couple de tigres, Melati et Jae Jae, fort sympthiques (si, si !), les trois amis doivent s’enfoncer dans un égout où Brian s’est rendu pour manger des rats, un égout « sale, malodorant et humide » (p. 103).

Ah, j’avais bien deviné pour Facedechat ! Mais c’est vrai qu’il ressemble quand même un peu à un chat, du moins aux yeux de son père, « Henrich Rattinoff, 835e du nom, roi de Camden, Regent’s Park, Primrose Hill et des quartiers alentours » (p. 124) qui l’a banni de Ratville…

Rats et chats s’enfoncent dans le tunnel où Brian a été repéré : « […] un serpent gigantesque. Il avait l’air féroce. Il avait l’air terrifiant. Il avait l’air… endormi. » (p. 131).

Vous voulez savoir pourquoi Brian s’est enfui du zoo et lire une belle histoire d’amitié (d’amour même) ? Lisez ce premier tome de Toto Ninja Chat ! L’aventure et le suspense sont au rendez-vous et surtout c’est drôle et très bien illustré. Je l’ai acheté pour le Mois anglais, non seulement je ne regrette pas mais en plus j’ai hâte de lire les tomes suivants ! Sharon l’a également lu et apprécié.

Je mets aussi cette excellente lecture dans A year in England, Challenge de l’été #2 (Angleterre), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Animal pour Cobra royal) et Voisins Voisines 2021 (Angleterre).

Bambou à l’école des singes de Lucie Papineau et Dominique Jolin

Bambou à l’école des singes de Lucie Papineau et Dominique Jolin.

Dominique et Compagnie, collection à pas de loup, novembre 2004, 32 pages, 5,95 €, ISBN 978-2-89512-435-1.

Genres : roman illustré québécois, littérature jeunesse.

Lucie Papineau naît le 26 avril 1962 à Longueuil au Québec. Elle étudie la communication à l’Université du Québec à Montréal. Elle est autrice pour la jeunesse.

Dominique Jolin naît en 1964 à Chibougamau au Québec. Elle est autrice et illustratrice.

Ce matin, c’est l’anniversaire de Jeanne et elle reçoit un cadeau : un petit humain qui s’appelle Bambou. Quel beau cadeau ! Mais Jeanne doit aller à l’école… Bambou la suit. Premier cours : les puces ! Eh oui, Jeanne, les autres élèves et le professeur sont des chimpanzés !

C’est drôle mais attention : il faudra compter les puces et les manger !

Un roman illustré amusant pour les challenges Animaux du monde #3, Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts.

Le Liseron illustré par Walter Crane et Edmund Evans

Le Liseron illustré par Walter Crane et Edmund Evans.

Hachette, collection Magasin des petits enfants, 1874, 26 pages.

Genres : littérature enfantine illustrée, conte.

Walter Crane naît le 15 août 1845 à Liverpool (Angleterre). Il étudie avec le graveur William James Linton (1859-1862) et devient peintre, illustrateur, artiste, membre du mouvement artistique des Arts & Crafts, mais aussi écrivain et socialiste (ami avec John Ruskin et William Morris, entre autres). Il meurt le 14 mars 1915 à Horsham dans le Sussex (Angleterre).

Edmund Evans naît le 23 février 1826 à Southwark à Londres (Angleterre). Peintre, illustrateur, imprimeur et graveur, il développe une technique en provenance d’Asie sur bois en couleurs et devient un incontournable au XIXe siècle. Ainsi il travaille pour des classiques de littérature d’enfance et de jeunesse. Il meurt à Ventnor sur l’île de Wight le 21 août 1905.

Village de Fière-Garde. Le père est mort à la guerre, la mère de chagrin et la fillette, Louise, est orpheline. Les gens du village prennent soin de celle qu’ils surnomment Liseron parce que « le liseron est une plante agréable à voir, courageuse, contente de vivre, qui grimpe le long des haies quand elle peut, qui rampe à terre quand il le faut, qui fleurit partout, même entre deux pavés, même en plein soleil, et qui réjouit les gens par sa jolie couleur et son parfum délicat d’amande amère. » (p. 4) et, en échange, elle garde leurs brebis.

On est après 1515 puisque le Comte de Fière-Garde, blessé à la bataille de Marignan (septembre 1515), est mort quelques années après. La Comtesse de Fière-Garde qui était en Italie pour le soigner vient de rentrer au village et, entendant Liseron chanter, elle questionne la bergère. Celle-ci répond qu’elle aimerait des souliers pour ne plus entrer pieds nus dans la maison du Seigneur le dimanche et qu’elle aimerait savoir lire pour connaître les noms de toutes les choses qu’elle ne connaît pas. « On m’a dit qu’on trouve tout dans les livres. » (p. 12).

D’abord, merci à Katell de Chatperlipopette pour l’info sur FB et à Gallica-BnF pour ce conte, Le Liseron.

Ensuite, deux infos importantes. 1. Magasin des petits enfants est une « nouvelle collection de contes avec un texte imprimé en gros caractères et de nombreuses illustrations en chromolithographie ». 2. La chromolithographie est un procédé d’impression lithographique en couleurs datant de 1837 (impression couleur par couleur, jusqu’à 16 couleurs différentes, donc j’imagine qu’il fallait un passage par couleur).

Louise, la petite bergère orpheline, devient une belle jeune femme, instruite, aimante et comme une fille pour la comtesse dont le fils unique est au service du Roi. Ah, les orphelin(e)s dans la littérature des XIXe et XXe siècles, et les bergères et les princes dans les contes, c’est du pain béni ! Si le conte est français, les deux illustrateurs, très célèbres, sont Anglais et de l’époque victorienne (1837-1901) donc voici cette lecture dans A year in England et le thème de février (époque victorienne) honoré.

Mais aussi dans 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 32, un livre dont le titre comprend le nom d’une fleur), Les classiques c’est fantastique (pour l’histoire d’amour entre la bergère et le capitaine de Fière-Garde), Contes et légendes #3, Jeunesse et Young Adult #10, Projet Ombre 2021 et Les textes courts.