Brillante de Stéphanie Dupays

Brillante-DupaysBrillante de Stéphanie Dupays.

Mercure de France, mars 2016, 187 pages, 17 €, ISBN 978-2-7152-4276-0.

Genre : premier roman.

Stéphanie Dupays naît le 15 avril 1978 en Gironde. Elle étudie à l’École normale supérieure et travaille comme haut-fonctionnaire aux Affaires sociales. Elle est passionnée de littérature et de cuisine : elle a publié Le goût de la cuisine, une anthologie de textes littéraires sur la gastronomie (Mercure de France, 2015) et Brillante est son premier roman.

Claire Vermont et Antonin Desmarais sont beaux, jeunes et amoureux. « Ils forment un couple assorti et complémentaire. » (p. 14). Ils gagnent bien leur vie : elle est une brillante chef de produit développement Nutrisanté chez Nutribel, une multinationale d’agro-alimentaire qui cible bien-être et santé ; lui est trader de métaux et voyage dans le monde entier. Mais, aussi bien dans leur travail que dans leur couple, il faut « Toujours tout contrôler. » (p. 11). Alors que Claire est largement félicitée pour un projet prometteur, sa chef, Corinne, lui en confie un autre (un peu casse-gueule) : Energetis pour le développement des boissons énergétiques. Claire va se retrouver piégée, évincée par une nouvelle recrue, Mathilde Beaumel, pire, placardisée et seule. Elle va se tourner vers sa sœur, Juliette, une artiste qui mène joyeusement une vie de bohème.

68premièresfois2016Lorsque j’ai reçu ce livre, en dehors du plaisir de le recevoir, j’ai craint que l’histoire de Claire et Antonin ne me plaise pas : je vis tellement loin du monde dans lequel ils gravitent ! « […] les femmes, impeccablement maquillées et manucurées, juchées sur des talons démesurés, jupe crayon, pantalon 7/8e, veste de blazer laissant apparaître une blouse de mousseline ou un chemisier en soie. » (p. 19), « Chic et sobre. » (p. 41). Et puis j’ai découvert l’écriture – brillante ! – de Stéphanie Dupays et les deux personnages auxquels je me suis attachée, surtout Claire puisque c’est elle que le lecteur suit. Claire et Antonin gèrent leur couple comme une entreprise et franchement, je les plains ! Mais l’auteur, tout en développant leur couple, en profite pour décrire de manière réaliste le terrible monde du travail, la pauvreté d’un côté et la richesse de l’autre, le management, la sociologie, le burn-out. Lorsque Claire tombe en disgrâce, qu’elle est mise en quarantaine, considérée comme une pestiférée, il est vraiment intéressant de voir comment elle réagit aussi bien dans l’entreprise qu’avec ses proches, comment elle fait face (ou pas) à tout ça. À un moment, les heures désertes et l’ennui qu’elle ressent m’ont fait penser aux Heures souterraines de Delphine de Vigan. Brillante est vraiment brillant, un coup de maître pour un premier roman et un coup de cœur pour moi !

Challenge-Rentree-litteraire-janvier-2016Mon passage préféré, à méditer sur le monde du travail… : « Chez Nutribel, le management a réussi ce tour de force : le salarié va de son plein gré au-delà de la relation contractuelle avec le groupe, le surmoi a remplacé le contremaître, la passion pour l’entreprise le pousse à s’investir avec une intensité infiniment supérieure à ce qu’il aurait fait sous la contrainte. Le salarié donne tout à l’entreprise car il s’identifie totalement à elle, se fond en elle. Il n’est pas contre l’entreprise, il est l’entreprise. » (p. 56). Car il ne faut pas oublier que le travail, c’est « De l’argent contre du temps, quel marché de dupes, le monde du travail. » (p. 92).

DefiPremierRoman2016Je remercie Natacha qui m’a envoyé ce roman et Claire qui a fait circuler son exemplaire personnel dans le cadre des 68 premières fois 2016. Une excellente lecture que je mets dans les challenges Défi premier roman 2016 et Rentrée littéraire janvier 2016.

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Mon chat en vrac d’Archie Kimpton

MonChatEnVracMon chat en vrac d’Archie Kimpton.

Albin Michel Jeunesse, collection Witty, avril 2015, 326 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-226-31528-1. Jumblecat (2014) est traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec. Roman illustré par Kate Hindley.

Genres : littérature anglaise, littérature jeunesse, fantastique.

Archie Kimpton, diplômé de l’Université de Manchester en 1991, est l’auteur. Il vit dans le sud de Londres avec son épouse, leurs enfants et leur chat Doonican. Jumblecat est son premier roman.

Kate Hindley, diplômée de l’École d’Art de Falmouth en 2008, est l’illustratrice. Elle vit à Birmingham près d’une usine de chocolat (en fait, je ne sais pas si c’est une bonne chose pour qui aime le chocolat…). Elle a travaillé comme designer et se consacre maintenant à l’illustration de livres jeunesse. Ses illustrations sur son site officiel et sa page FB.

JumblecatDans la famille Chausson, Billy se sent de trop… Sa sœur jumelle, Mindy, est tellement différente de lui… Philippa, leur mère, déteste les animaux et en particulier les chats. Christopher, leur père, est livreur de lait. Dès qu’il le peut, Billy se réfugie au mont Tourneboule. « C’était son endroit préféré au monde. Nulle part ailleurs il ne se sentait plus heureux que dans les bois qui entouraient le mont Tourneboule (lequel n’était, en réalité, qu’une colline). » (p. 19). Ce jour-là, Billy sauve un chat… qui est tout en vrac et découvre que ce chat parle ! Mais il ne peut pas le garder chez lui alors il le laisse chez madame Mandiddy, la voisine de 94 ans. L’enfant et la vieille dame décident d’appeler l’animal Chat-en-Vrac et de le présenter à la « Foire mondiale des créatures curieuses et des animaux étranges » organisée par le colonel Charles Beauvrille. « Voici le vainqueur ! proclama-t-il. » (p. 112). Mais la famille Chausson voit tout ça d’un autre œil et le colonel veut absolument acheter le matou… « Tiens bon, Chat-en-Vrac, on arrive ! » (p. 175).

MoisAnglais2016-1Pauvre Billy ! Sa sœur et sa mère sont… hystériques et détestables ! Quant au colonel, il ne vaut pas mieux… Heureusement, son père et madame Mandiddy sont vraiment gentils… mais impuissants… quoique ! Et puis, il y a Chat-en-Vrac, un chat gourmand, capricieux et orgueilleux mais tellement original et génial : il chante « merveilleusement bien » lorsqu’il dort. Et c’est justement ça qui va le mettre en danger… Mon chat en vrac est un premier roman farfelu, foisonnant, drôle et enlevé, plein de rebondissements et d’aventure. Non seulement le lecteur ne s’ennuie pas une seconde mais en plus il rit – tout en réfléchissant (la famille, le mal-être, la vieillesse, la façon de traiter les animaux) – et il rit beaucoup ! Et si c’était plutôt le monde qui était en vrac ?

UnGenreParMoisDes mêmes auteurs : Comment devenir intelligent en mangeant du porridge paru chez le même éditeur et dans la même collection (d’ailleurs excellente collection) en avril 2016. Dès qu’il est disponible à la bibliothèque, je l’emprunte !

Ce roman lu pour le Mois anglais (29 juin : littérature enfantine ou adulescente) et Un genre par mois (en juin : littérature jeunesse ou young adult) entre dans d’autres challenges : Défi premier roman, Jeunesse – young adult, Littérature de l’imaginaire, Voisins Voisines sans oublier le Feel good car il est vraiment très plaisant à lire. 😉 J’hésite à le mettre dans British mysteries… (qu’en pensez-vous ?).

Chien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant

chien-pourri-parisChien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant.

L’école des loisirs, collection Mouche, 77 pages, 8 €, ISBN 978-2-211-22078-1.

Genres : littérature jeunesse, humour.

Colas Gutman, né le 2 juin 1972 à Paris, est l’auteur. Il a étudié le théâtre et il est aussi comédien. Il commence à écrire pour la jeunesse en 2006 et crée Chien Pourri en 2013.

Marc Boutavant, né en 1970 à Dijon, est l’illustrateur. Il a étudié à l’École des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est aussi auteur de la série Mouk et coauteur avec Emmanuel Guibert de la série Ariol (toutes deux adaptées en animation).

Chien Pourri et Chaplapla en ont marre de leur poubelle, ils voudraient « voir Paris : la Tour Eiffel, la Joconde… » (p. 8).

UnGenreParMoisLe Métropolichien, les Folies ménagères, et même des rats à l’opéra (bon, des petits rats !), Mona Lisa la voyante, et Louvre-Boîte : vous connaissez ? Et vous pourrez même laisser vos malheurs à Notre Drame de Paris ! « Mais parfois, les miracles ne sont pas ceux qu’on attend. » (p. 56).

Humour et jeux de mots sont au rendez-vous dans cette balade parisienne durant laquelle un gamin de Paris va retrouver sa maman et son papa grâce à Chien Pourri et à Chaplapla.

CJYA2015-2016Les autres tomes de la série : Chien Pourri (2013), Chien Pourri à la plage (2014), Chien Pourri à l’école (2014), Chien Pourri est amoureux (2015) et Chien Pourri à la ferme (2016).

En juin, le genre retenu par Iluze pour le challenge Un genre par mois est jeunesse (ou young adult) et j’en profite pour mettre justement cette lecture dans le challenge Jeunesse – Young adult.

L’étoile de Noël de Michel Piquemal

EtoileNoelL’étoile de Noël de Michel Piquemal.

Casterman Romans [lien], collection Benjamin, novembre 2003, 35 pages, ISBN 2-203-12804-6.

Genres : littérature jeunesse, roman illustré.

Michel Piquemal naît le 17 décembre 1954 à Béziers dans l’Hérault. Après avoir étudié les Lettres et les sciences de l’éducation, il devient instituteur. Son premier roman paraît en 1988 et il se consacre depuis à l’écriture : plus de 200 histoires et de nombreux prix ! Plus d’infos sur http://www.michelpiquemal.com/.

ChristmasTime2015-2Londres, Noël 1892. Jonathan Finn, orphelin, erre « seul dans les rues de la grande ville » (p. 7). Il est triste mais il n’est pas « le seul gamin des rues loqueteux dans cette Angleterre de misère… » (p. 8). Alors qu’il pleure sur un banc, un vieux monsieur s’approche de lui. « Je suis un magicien, petit homme… et je vais te faire un cadeau comme personne n’en a jamais eu. » (p. 17). Le vieil homme lui offre alors une étoile dans le ciel : « Ce sera ta bonne étoile. Elle te portera chance. Elle t’amènera l’amitié, l’amour, la bonne fortune… Elle te réchauffera lorsque tu auras froid la nuit. Elle te guidera lorsque tu seras perdu… » (p. 18). L’enfant reçoit même un titre de propriété sur cet astéroïde 253 !

CJYA2015-2016L’étoile de Noël est un court roman en quatre chapitres agréablement illustré par Martin Matje (1962-2004). C’est une jolie histoire pleine d’espoir, d’amitié et de générosité : c’est la magie de Noël ! L’édition originale date de 1995 et apparemment le conte est devenu un album illustré en 2012.

AYIE-Aspho1Une petite lecture pour le challenge Christmas Time que je mets aussi dans le challenge Jeunesse / young adult #5 puisque c’est un roman que j’ai lu et A year in England puisque l’histoire se déroule en Angleterre à la fin du XIXe siècle.

Le divan illustré de Michel Longuet

DivanIllustreLe divan illustré de Michel Longuet.

Les Impressions Nouvelles [lien], août 2015, 208 pages, 18 €, ISBN 978-2-87449-298-3. Un extrait de 24 pages (en bas du billet).

Genres : roman autobiographique, roman illustré.

Michel Longuet naît en 1945 à Reims. Il étudie l’architecture. Il est illustrateur, auteur et réalisateur de courts métrages d’animation. Sont déjà parues des illustrations comme Chassés croisés (1972) et Adresses fantômes (2013) mais Le divan illustré est son premier roman. Plus d’infos sur http://michel.longuet.free.fr/.

Quoi de mieux que le résumé de l’auteur lui-même ? « Le samedi 29 septembre 2001, j’entre en analyse sous la houlette de Madame W. Je vous écoute, dit-elle, en me montrant son divan… De retour chez moi, je consigne chaque séance. Le Divan illustré raconte donc mon enfance, la famille et ses secrets qui, petit à petit, remontent à la surface comme des bulles du fond d’un étang. La famille est une forteresse où il se passe des choses abominables, a-bo-mi-na-bles, me dit Madame W. Au fil de nos séances, sortiront de leur placard des fantômes de la collaboration. Et peu à peu, m’apparaîtra un lien entre les secrets d’une famille sous l’occupation allemande et ce masochisme qui m’a poursuivi toute ma vie. »

Dès l’ouverture du livre, une illustration en double page, une mouche énorme (pour La mouche, un film de Kurt Neumann réalisé en 1958), ça me fait froid dans le dos… Je dois m’armer de courage pour continuer la lecture mais en fait, c’est bien plus facile de tourner la page et de passer au texte ! L’auteur raconte donc ses séances avec Madame W., séances dans lesquelles il se livre : l’enfance, la famille, les souvenirs, les « fantômes », les secrets de famille, les bonnes qui l’ont élevé, la sexualité (homosexualité pas toujours assumée), la mort de son père, le journal illustré depuis plus de vingt ans…

La bonne : « Pendant la guerre, me dit-elle, il y avait souvent des voitures allemandes qui stationnaient devant la maison. Tes parents recevaient beaucoup. » (p. 33).

La mère : « Tu étais si laid. Mais laid, tu ne peux pas imaginer… Tout rouge, plein de boutons et de pustules et couvert de poils. On aurait dit un petit singe… » (p. 85).

Le père : « Tu es un con, me dit-il, un vrai con, voilà ce que t’es. » (p. 149).

Quelle famille… ! Comment se construire ? Justement, l’auteur parle de son masochisme (son livre de chevet est Le masochiste de Theodor Reik) : comment et pourquoi a-t-il pu devenir masochiste ? « Comme je me déteste ! » (p. 116).

Après le récit de chaque séance, l’auteur dessine un petit divan mais il ne se rappelle jamais exactement comment il est, sa couleur, s’il avait une couverture, des pieds ou pas… Je lui ai trouvé plusieurs formes, parfois plutôt lit, parfois plutôt cercueil.

68-premieres-foisBien que j’aie généralement du mal avec les autobiographies, les récits de vie, etc., Le divan illustré est une bonne surprise. Le texte est assez cru (les illustrations aussi) mais pas vulgaire et l’auteur réussit un tour de force de rendre des séances de psy divertissantes pour ses lecteurs !

RentreeLitteraire2015Ma phrase préférée : « Et mes parents finirent par me hanter comme des fantômes. Des fantômes plus exigeants qu’eux de leur vivant, puisque je me forçais maintenant à faire ce qu’ils ne me demandaient plus. » (p. 188-189).

Ce roman est le quatrième lu dans le cadre de 68 premières fois et il faut lui donner une note alors je dirais… 14/20. Il entre aussi dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.

L’enfant qui parlait aux animaux de Roald Dahl

enfantparlaitanimauxL’enfant qui parlait aux animaux de Roald Dahl est illustré par Morgan.

Gallimard, Folio Junior, 1981, ISBN 2-07-033145-8.

The boy who talked with animals (1977) est traduit de l’anglais par Marie-Raymond Farré.

Genres : nouvelle, littérature jeunesse.

Roald Dahl (1916-1990) est… Gallois alors j’espère que ça va pour le Mois anglais, que je ne commets pas un impair ! Il est romancier, nouvelliste, scénariste et dramaturge en particulier pour la jeunesse. Découvrez son univers sur le site officiel http://www.roalddahl.com/ ainsi que la fondation et le musée qui fête ses dix ans.

Le narrateur en vacances à Kingston en Jamaïque se sent mal à l’aise. Est-ce parce que le chauffeur de taxi lui a parlé du vaudou et de la forêt où il ne faut jamais aller ? Mais il se passe des choses bizarres quand même : il y a deux mois, un touriste américain est mort en recevant une noix de coco sur la tête et ce soir, un pêcheur a ramené une énorme tortue pour la vendre à l’hôtelier… « Quant à moi, j’écoutais ces êtres humains parler de tuer, de manger et d’apprécier le goût d’un animal qui paraissait, même sur le dos, rempli d’une extraordinaire majesté. » (p. 16). Alors que la tortue est tirée sur la plage par toute une foule excitée, un petit garçon, David, se met à courir, crie de la libérer, serre sa tête toute ridée dans ses bras et la tortue, pourtant très dangereuse, ne lui fait aucun mal. Monsieur Edwards, le père de David, réussit à acheter la tortue pour qu’elle soit libérée mais, pendant la nuit, le garçon disparaît ! « Les gens ne peuvent pas disparaître comme ça d’un hôtel. Soit il est allé quelque part et il s’est perdu, soit on l’a kidnappé. Dans tous les cas, cela relève de la police. » (p. 27).

MoisAnglais2015-1Le lecteur ne saura jamais combien le père achète la tortue mais c’est normal, la tortue (tout comme n’importe quel autre animal) n’a pas de prix ! Le lecteur ne saura pas non plus ce que l’enfant dit à la tortue pour la calmer et lui expliquer qu’elle va être libérée. Mais le lecteur quel que soit son âge comprend bien le message de David : c’est mal de faire subir ça à la tortue (et donc aussi à d’autres animaux). Un message écolo, un message d’amour et de respect pour les animaux, avec un univers étrange, à la limite du fantastique.

Une lecture de littérature jeunesse pour le Mois anglais, avec un peu de retard car la date prévue par les organisatrices était le 8 juin mais mieux vaut tard que jamais.

Le château des chiens perdus de Gudule

En hommage à Gudule (1945-2015) [mon coup de blues].

ChateauChiensPerdusLe château des chiens perdus de Gudule.

Le Livre de Poche Jeunesse [lien], collection Fantastique, octobre 2003, 92 pages, entre 1,24 € (occasion) et 4,49 € (numérique), ISBN 978-2-01322-208-2. Originellement paru aux éditions Hachette Jeunesse en 1996, ce roman a été également réédité en septembre 2010.

Genres : littérature jeunesse, fantastique.

Gudule, comme je le disais hier, est une auteur belge née le 1er août 1945, à Ixelles (commune de Bruxelles). D’abord journaliste, elle devient romancière et nouvelliste. Elle écrit, pour la jeunesse et pour les adultes, des histoires plutôt fantastiques, étranges, et traitant de nombreux thèmes (enfance, traumatismes, misère, racisme, maladie, folie…).

Comme j’ai déjà lu quelques titres de Gudule et que je voulais, pour cet hommage, en lire un autre qui soit rapide (court), j’ai choisi Le château des chiens perdus.

Mickette est mécontente : son père a une copine, Laurence. Et elle s’ennuie : pas de vacances à la mer cet été car Laurence les a invités pour un mois dans sa maison à la campagne. Un trou perdu… Mais, au petit musée du village, Mickette voit le tableau de la comtesse de Paniépiano – un monstre ? un fantôme ? – entourée de ses molosses. Le lendemain, elle se rend au château alors que le gardien du musée lui a dit de ne jamais s’en approcher. « L’endroit est si lugubre qu’en dressant l’oreille elle croirait presque entendre les chiens de la légende aboyer dans le lointain. » (p. 30). Elle rencontre un garçon dont le chien, Fripouille, a disparu… comme tous les chiens du village ! Est-ce le fantôme de la comtesse qui enlève les chiens qu’on entend aboyer la nuit ?

J’imagine très bien les jeunes lecteurs frissonner durant leur lecture ! Le récit est linéaire mais bien amené, l’histoire est simple mais intrigante avec un suspense grandissant et le lecteur a lui aussi l’envie d’entrer dans ce château hanté pour y découvrir ce qu’il s’y passe. Au-delà de cette aventure fantastique, Gudule aborde plusieurs thèmes qui pourront toucher les petits comme les grands : la relation d’une fillette qui vit seule avec son père, l’irruption d’une autre femme dans la vie d’un père célibataire (ou divorcé ou veuf), le problème des vacances loin de ses copains et de ses habitudes, la découverte de la vie à la campagne, la croyance en un monde surnaturel (ici, fantômes), la volonté de protéger les plus faibles/fragiles (ici, le petit garçon qui pleure son chien), le courage d’y aller et de faire une belle action, l’amitié/l’affection entre un enfant (ou un adulte) et son animal (ici, le chien). Gudule réussit ainsi à écrire une histoire fantastique, sociale et profondément humaine, le tout avec humour.

Il est possible de retrouver Mickette dans d’autres aventures : Aie peur et tais-toi !, La boutique maléfique, Danger camping maudit, Dans les griffes du Papagarou, L’école qui n’existait pas, Les tags attaquent ! (réédités pour la plupart en janvier 2006).

Voilà, c’était mon hommage à Gudule ; paix à son âme et une pensée pour ses proches.