Below Zero de C.J. Box

Below Zero de C.J. Box.

Calmann Lévy, janvier 2012, 360 pages, 25,10 €, ISBN 978-2-70214-274-5. Below Zero (2009) est traduit de l’américain par Aline Weill.

Genres : littérature états-unienne, roman policier, Nature writing.

C.J. Box – pour Charles James Box – naît le 9 novembre 1958 à Cheyenne (Wyoming, États-Unis) où il vit avec son épouse. Il étudie la communication à l’Université de Denver (Colorado) et exerce différents métiers avant de devenir journaliste puis écrivain : son garde-chasse, Joe Pickett, enquête dans 20 romans (entre 2001 et 2020) dont les 13 premiers sont à ce jour traduits en français (depuis 2003, d’abord au Seuil puis chez Calmann Lévy) mais c’est la première fois que je lis cet auteur. Il y a aussi quelques autres romans (au Seuil) et des recueils de nouvelles (non traduits en français). Plus d’infos sur son site officiel.

Marshall et Sylvia Hotle font du camping à Keystone dans le Dakota du sud. « On a troqué une vie de fermiers contre une existence dans ce Module. Et maintenant, on fait la tournée. » (p. 15). « C’est notre tournée à nous, expliqua Marshall. On va rendre visite à nos enfants dans six États différents : on part avant la neige, on se cale sur les grands marchés aux puces de Quartzsite, on va aux rassemblements de Fleetwood pour voir les tout derniers modèles et causer avec les autres propriétaires de Modules. On est un peu comme un club, les fidèles du Fleetwood. » (p. 16).

Une vie proche de la Nature me direz-vous. Pas du tout ! Leur Module est même très polluant : « Vingt-quatre à vingt-neuf litres au cent […]. » (p. 16). C’est ce qui leur coûtera la vie car Dave Stenson alias Stenko prône le Below Zero. Stenko voyage avec son fils, Robert, un écolo convaincu (voire extrémiste), et une ado de 14 ans qu’il a sauvée de la prostitution et considère comme sa fille. Cet ancien bandit de Chicago fait tout pour que l’environnement soit respecté.

Cinq jours plus tard, à Saddlestring, dans le Wyoming, les deux sœurs Pickett, Sheridan (17 ans) et Lucy (12 ans) font du cheval lorsque Jason Kiner leur apprend qu’une certaine April a appelé mais… C’est impossible, April était leur sœur (elle avait été recueillie par la famille Pickett) et a été tuée il y a six ans ; leur père était présent !

De son côté, le père en question, Joe Pickett, garde-chasse réputé, est à Baggs où il poursuit l’Archer fou, un cinglé qui tue et torture des animaux… « Les hommes qui n’ont aucun scrupule à tuer ou à martyriser les animaux pour le plaisir sont capables de tout. Ce type était comme ça ; Joe le sentait. » (p. 149).

Un passage que j’aime bien. « Alors, si tu es aussi intelligent avec tes ordinateurs, tes iPhones et toute ta technique, pourquoi ne règles-tu pas les problèmes dont tu te plains ? Tu n’as qu’une envie : rejeter la faute sur les autres – sur moi – et passer ton temps à râler. C’est ton tour maintenant, alors pourquoi ne les résous-du pas, tous ces problèmes ? » (p. 314, Stenko à Robert).

Mais c’est quoi le Below Zero ? C’est un terme utilisé par les écologistes pour calculer la compensation carbone afin que chacun ait un impact minimum sur l’environnement. Robert a en fait créé un logiciel qui calcule l’empreinte carbone de tout et de tout un chacun. Vous consommez trop, vous êtes tués, voici la vie de Stenko et Robert, qui traînent avec eux, à l’insu de son plein gré, une ado déboussolée qui… pourrait-elle être April ?

L’auteur nous emmène dans les Rocheuses et c’est magnifique, magique, mais parfois dangereux surtout quand il y a des tueurs dans le coin. Below Zero (paru en juin 2009 aux States) est le 9e tome des aventures et enquêtes de Joe Pickett mais c’est le premier que je lis. J’ai très envie de lire d’autres titres et tant pis pour la chronologie ! La Nature (et ses aléas, ses dangers), les animaux (parfois dangereux) et les personnages tiennent une grande place dans ce roman à l’intrigue sauvage, violente mais très agréable à lire et je pense que c’est aussi le cas dans les autres titres mettant en scène le garde-chasse Joe Pickett, son épouse Marybeth et leurs filles. J’ai aimé l’amitié entre Joe Pickett et Nate Romanowski, un marginal recherché par la police mais qui aime la Nature et les animaux (il vit avec un faucon). En tout cas, j’ai apprécié les thèmes abordés ici (l’écologie mais aussi la famille, l’amitié, le respect de la Nature et des animaux) et j’espère retrouver tout ce « petit » monde dans les autres romans (si vous en avez un en particulier à me conseiller ?).

Une excellente lecture pour Animaux du monde #3 (faucon et animaux des Rocheuses) et Polar et thriller 2020-2021.

Charlock 2 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 2 – Le trafic de croquettes de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-180-4.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

New York, 1917. Dans une précédente vie, Charlock était aux États-Unis. Son ami est Claude, un pigeon qui louche « et yoyote un peu du ciboulot. » (p. 12). Soudain, des aboiements… « La bande des Pet shop Dogs ! s’exclame Charlock. » (p. 14). Les chiens poursuivent « deux membres des Chappuccini ! s’alarme Charlock en voyant deux chats de gouttière en fuite […]. » (p. 16).

Parmi les Chappuccini, Spaghetti, Pavarotti, chat fait maffia, non ? Bon, en fait, les chats et les chiens vivent depuis des années en paix (si si !) mais là, les chiens, Ed le loubard en tête, accusent les Chappuccini d’empoisonner leurs croquettes. C’est que « Celui qui a les croquettes, a le pouvoir, lâche le cocker à la frange. » (p. 26).

Les croquettes sont-elles pourries ? Empoisonnées ? Voici une enquête pour Charlock qui est prêt à rencontrer le chef des Pet shop Dogs, Mister V, dans son repaire !

Cette deuxième enquête est tout aussi échevelée et drôle que La disparition des souris. En dehors de Charlock, les personnages sont différents et le jeune lecteur peut être surpris mais il se laissera emporter par l’histoire sans problème. Les dessins qui illustrent le texte ou qui sont en pleine page ou double page comme l’ancien gymnase (p. 38-39) sont superbes (quel talent il a ce Lacombe !).

Je vous conseille vivement cette série jeunesse et j’espère que d’autres tomes paraîtront !

Une agréable lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Charlock 1 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 1 – La disparition des souris de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, septembre 2020, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08151-906-0.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

« Charlock est un chat. » (p. 7). Et un chat bleu, ce qui n’est pas banal. « Charlock est très observateur et répond toujours présent pour résoudre les enquêtes, même les plus difficiles. » (p. 8).

Paris, 1975. Charlock vit depuis deux ans avec Mamzel Marcelle. Lorsque son humaine n’est pas là, il s’ennuie un peu mais un jour, il rencontre une toute petite souris, Magali, et « ils devinrent bons amis. » (p. 23). Mais, lorsque Magali disparaît, Charlock rameute ses copains du quartier avec Choupachoups le lapin voisin. « Elle est peut-être allée chasser des oiseaux ? demande le chat Mallow. – Ou bien croquer les mollets du facteur ? ajoute Wawa le chihuahua. – Je suis sûr qu’elle admire la vue en haut d’un arbre, dit à son tour Cacahuète le cacatoès. » (p. 34-35). Mais Magali n’est nulle part et Charlock se résigne à la chercher au Royaume des souris mais dans le grenier, qu’il ne connaît pas, il fait très noir… Mais c’est là qu’il apprend que les souris disparaissent. Pourquoi ? Comment ?

La disparition des souris est le premier tome des enquêtes de Charlock (clin d’œil à Sherlock bien sûr). Déjà, le livre est très beau (format poche plus grand, 14 x 19 cm), avec de jolis rabats (soulevez-les, il y a des illustrations et du texte en-dessous) et de magnifiques illustrations en couleurs de Benjamin Lacombe dont certaines sont pleine page ou double page. Le récit de Sébastien Perez est précis et pétillant pour les enfants (dès 8 ans) et drôle ; il revisite la légende de Hamelin. Les animaux sont attachants, complémentaires et ont chacun leurs particularités ; ils enquêtent ensemble mais c’est plutôt Charlock qui réfléchit. « Élémentaire mon cher Wawa ! » (p. 48).

C’est après avoir vu un billet chez Sharon que j’ai eu envie de lire Charlock (je sais que, comme moi, elle aime les chats). Bien m’en a pris ! Et heureusement j’ai le tome 2 : Le trafic de croquettes !

Une chouette lecture pour 1 % Rentrée littéraire 2020, Animaux du monde #3, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Wily Fox mène l’enquête, 2 d’Adam Frost

Wily Fox mène l’enquête, 2 – Un parfum de mystère d’Adam Frost.

Thomas Jeunesse, octobre 2017, 128 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-35481-435-9. Investigates Fox A Whiff of Mystery (2015) est traduit de l’anglais par Paolia Appelius. Illustré par Emily Fox.

Genres : littérature anglaise, roman jeunesse, roman policier.

Adam Frost naît le 21 août 1972 à Epping (Angleterre). Il est auteur pour la jeunesse depuis 2005. Plus d’infos sur son site officiel.

Emily Fox, diplômée de l’Université Falmouth, est illustratrice. Plus d’infos sur son site officiel.

Après la lecture de Wily Fox mène l’enquête, 1 – Une ombre au tableau d’Adam Frost, j’ai embrayé avec le tome 2.

Wily Fox est invité à la soirée de lancement du nouveau parfum, Odorissimo, d’Adolfo Aroma, le célèbre parfumeur, un lapin italien. « Ce parfum séduira dans les terriers tous les goupils qui ont du style et les belettes qui en jettent par son attaque de sous-bois mouillé sur un cœur de marron éclaté. » (p. 4). Le détective londonien est donc à Pise. Mais Fabio furet, le chef de la sécurité d’Adolfo, n’est pas content qu’un renard vienne mettre le museau dans son travail. Mais la soirée ne se passe pas comme prévu et la formule d’un parfum unique, Utopia, créé par le père d’Adolfo, est volée…

Dans la liste d’une centaine d’invités, Albert l’assistant de Wily Fox à Londres, repère trois suspects : Bianca Blaireau, reporter à Pise, Joey La Fouine, ancien gangster reconverti dans le monde de la mode, et Wanda Rouquine, une panda rousse, propriétaire d’une chaîne de magasins mode et parfums en Chine.

Wily Fox se rend à Venise car la Princesse de Parmesan est la seule à posséder un flacon d’Utopia. « C’est « une vieille antilope de quatre-vingt-deux ans » (p. 28).

Mais Marius Molosse et Érica Écureuil de la MOTUS (Milice des Officiers de Terrain Ultra Secrète) lui mettent à nouveau des bâtons dans les roues… La MOTUS enquête sur « Trois gibiers de potence connus sous le nom de Gang des Pattes Noires » (p. 49) qui ont tenté de cambrioler des banques. Non, ils ne sont pas sur la même enquête.

Wily Fox peut partir en Chine sur les trace du « hon sêng zha » (p. 49). Direction Chengdu !

Je ne veux pas répéter ce que j’ai déjà dit pour le premier tome mais encore une belle histoire et une belle enquête pour Wily Fox ! Et des gadgets que n’aurait pas renier James Bond ! Idéal pour démarrer le roman policier pour les enfants à partir de 8 ans mais les grands y trouvent leur compte aussi.

Une lecture idéale pour Animaux du monde #3, British Mysteries #5, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2020 (catégorie crimes et justice avec mystère), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Wily Fox mène l’enquête, 1 d’Adam Frost

Wily Fox mène l’enquête, 1 – Une ombre au tableau d’Adam Frost.

Thomas Jeunesse, octobre 2017, 126 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-35481-404-5. Investigates Fox A Brush with Danger (2015) est traduit de l’anglais par Paolia Appelius. Illustré par Emily Fox.

Genres : littérature anglaise, roman jeunesse, roman policier.

Adam Frost naît le 21 août 1972 à Epping (Angleterre). Il est auteur pour la jeunesse depuis 2005. Plus d’infos sur son site officiel.

Emily Fox, diplômée de l’Université Falmouth, est illustratrice. Plus d’infos sur son site officiel.

À Londres. Wily Fox, un renard, a son agence de détective privé ; sa secrétaire est madame Mangouste ; son assistante, Albert, est une taupe qui vit en sous-sol ; ses clients sont des animaux. « Il y avait déjà une longue file d’attente à la réception : des moutons, des souris, des chouettes, des ocelots, des autruches et des tas d’autres animaux. » (p. 5). La première cliente est Nini Le Chic, une caniche française, qui possède une galerie d’art à Paris : Dimitri Vatrovitch, un ours brun galeriste en Sibérie, veut absolument récupérer un tableau qu’elle a récemment acheté ; elle a reçu des menaces. « Je veux garder le tableau, mais je veux aussi savoir pourquoi ce Dimitri tient tant à le récupérer. Il y a quelque chose de louche là-dessous. » (p. 11).

À Paris. Le tableau concerné est de petite taille et son titre est « Cloporte nerveux sous le regard d’un campagnol » (p. 16), un tableau de Khandhusky (joli clin d’œil à Khan – husky et à Kandinsky). Alors qu’Érica Écureuil, Brigadière junior de la MOTUS (Milice des Officiers de Terrain Ultra Secrète) et son supérieur, le bouledogue français, Marius Molosse, sont sur place, deux loups avec « un accent russe très prononcé » (p. 22) font irruption dans la galerie d’art et le Khandhusky disparaît !

Wily Fox se déplace avec une Vespa spéciale : elle roule bien sûr mais elle peut voler et servir de sous-marin ce qui sauvera la vie du détective. Le lecteur lit d’ailleurs un vrai thriller puisque, après Paris, Wily Fox se rend (en Vespa aérienne) à Moscou. Et il résout les affaires plus vite que la lumière !

Si le personnage principal d’Adam Frost est un renard, c’est parce que son livre préféré durant l’enfance était Fantastique Maître Renard de Roal Dahl. Wily Fox mène l’enquête, c’est de jolies illustrations, de l’humour, de l’action, du suspense, des gadgets dignes de James Bond et un peu de charme !

Les enfants vont adorer et les grands y prendront plaisir aussi.

Lien vers le tome 2, Wily Fox mène l’enquête, 2 – Un parfum de mystère.

Une lecture idéale pour Animaux du monde #3, British Mysteries #5, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2020 (catégorie objet pour tableau), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

L’énigme de Saint-Olav d’Indrek Hargla

L’énigme de Saint-Olav (Melchior l’Apothicaire, 1) d’Indrek Hargla.

Gaïa, collection Gaïa Polar, février 2013, 336 pages, 22 €, ISBN 978-2-84720-288-5. Je l’ai lu en poche : Babel noir, n° 109, mars 2014, 432 pages, 9,70 €, ISBN 978-2-330-03063-6. Apteeker Melchior ja Oleviste Mõistatus (2010) est traduit de l’estonien par Jean-Pascal Ollivry.

Genres : littérature estonienne, roman policier et historique.

Indrek Hargla naît le 12 juillet 1970 à Tallinn (Estonie). Il étudie de Droit à l’université de Tartu puis travaille pour des missions diplomatiques. Passionné par les romans policiers et l’histoire médiévale, il ne pouvait qu’écrire des romans policiers médiévaux ! Il est l’auteur de nouvelles et de romans dans les genres policier mais aussi fantastique et science-fiction.

Petit point historique (un avant-propos très instructif). Tallinn, Estonie, XIVe siècle, 1398 pour être plus précise. L’Ordre des Chevaliers teutoniques « reconquière Gotland » (p. 9) et chasse les Viladiens (des brigands violents) de l’île de Visby. En 1409, au tout début du XVe siècle, l’Ordre vend l’île de Visby à la reine du Danemark. Tallinn est composée de deux parties : Toompea, la ville haute, où vit l’Ordre des Chevaliers teutoniques et la ville basse où vit la population, en particulier des artisans et des marchands.

Nuit du 15 mai 1409, à Toompea. Henning von Clingenstain, né à Warendorf (Allemagne), haut responsable de l’Ordre à Gotland, plein comme une outre (ça fait 5 jours et 5 nuits qu’il se goinfre et qu’il boit) est tué, décapité et retrouvé avec une ancienne pièce dans la bouche.

Le lendemain matin, dans la ville basse. Melchior Wakenstede, né à Lübeck (Allemagne), 31 ans, l’apothicaire de Tallinn, ouvre sa boutique « avec joie et satisfaction » (p. 19). Son épouse, Ketterlyn, « descendante des peuples qui avaient vécu ici depuis l’aube des temps » (p. 20), revient du marché avec l’affreuse nouvelle.

C’est la panique à l’Hôtel de ville… « Cet important chevalier qui venait d’être assassiné ne venait-il pas de Gotland, et Gotland n’était-elle pas en conflit perpétuel avec les villes dont Tallinn s’efforçait de conserver l’amitié ? » (p. 33). Ah, les affaires politiques et la diplomatie…

Le bailli Wentzel Dorn qui doit enquêter demande l’aide de son ami Melchior l’Apothicaire avec qui il a déjà résolu des enquêtes. « À trois reprises, déjà, Melchior avait apporté son aide au Conseil pour démasquer un meurtrier, et la dernière fois, l’été passé, quand il avait deviné qui avait étranglé cet hérétique flamand, Dorn et lui avaient découvert qu’ils prenaient plaisir au temps passé ensemble à discuter des affaires du monde et à boire de la bière. C’était sans doute ce que l’on appelait l’amitié. » (p. 52).

Donc, « D’après la loi, Toompea doit réclamer le meurtrier à la ville et après… après… le tribunal du Conseil… Qui le tribunal du Conseil doit-il mettre aux fers et traîner ici ? – Mon cher bailli, c’est à vous de trouver qui est l’assassin de Clingenstain, et après cela vous me direz son nom et je le réclamerai au Conseil. C’est on ne peut plus simple. » (p. 84-85).

Un roman policier médiéval estonien ? À tester par curiosité évidemment ! D’autant plus que L’énigme de Saint-Olav est considéré comme le premier roman policier estonien traduit en français. En dehors du contexte historique passionnant (et qui m’est totalement inconnu donc j’apprends pas mal de choses), il y a une belle galerie de personnages comme Melchior évidemment mais aussi le maître-orfèvre, Burckhart Casendorpe, qui a vendu une chaîne en or au chevalier la veille (chaîne qui a d’ailleurs disparu) ou le prieur des Dominicains, Baltazar Eckell, qui lui a confessé le chevalier ou le Commandeur de Toompea, Ruprecht von Spanheim, issu de la noblesse allemande pauvre. « […] l’homme était resté simple et gardait vis-à-vis des affaires de la ville une approche bienveillante et compréhensive. » (p. 78).

Vous remarquerez que beaucoup de gens importants qui vivent à Tallinn sont en fait Allemands et sont parfois mariés à une Estonienne comme Melchior. Et ce sont de bons vivants car le meurtre n’empêche pas le soir, la Fête de la bière, la coutume de smeckeldach à la Guilde des Têtes-Noires avec les frères Dominicains ! « Hé, vous, ne dites pas de mal de nos saints frères ! Un couvent pauvre serait une calamité pour tous ceux qui devraient l’aider à survivre : seigneur, marchands, évêque, paysans ! Personne n’a besoin d’un pareil monastère ! » (p. 156). Les habitants ne perdent pas le nord tant au niveau politique qu’économique ! Par certains côtés, ce roman m’a fait penser aux romans anglais de Frère Cadfael d’Ellis Peters.

Deux jours après le meurtre de Henning von Clingenstain, c’est Caspar Gallenreutter, né lui aussi à Warendorf, bâtisseur chargé d’agrandir l’église de Saint-Olav (d’où le titre) qui est tué… Puis c’est au tour du frère Wungaldus qui brasse la si bonne bière chez les Dominicains de mourir « dans d’atroces souffrances » (p. 243). « Un meurtrier se trouve toujours une justification, dit Melchior. Il se persuade qu’il devait agir comme il l’a fait, que c’était la seule issue. » (p. 416).

Les tomes suivants sont : Le spectre de la Rue du Puits (2015), Le glaive du bourreau (2016), L’étrangleur de Pirita (2017), La chronique de Tallinn (2020) et à paraître, Le démon de Gotland. Melchior l’Apothicaire semble être une excellente série, dépaysante, enrichissante (j’ai vraiment eu l’impression d’y être !), et j’ai très envie de lire ces autres titres.

La petite histoire personnelle

Je devais rencontrer Indrek Hargla en septembre 2015 lors de la 25e édition du Festival Est Ouest mais la rencontre a été annulée… J’en ai parlé dans En coup de vent… /12. Un an et demi après, j’ai rencontré Indrek Hargla aux Quais du polar 2017 à Lyon et j’étais ravie d’acheter ce premier tome et de le faire dédicacer. Je vous remets la photo publiée à l’époque : Indrek Hargla est baraqué comme un bûcheron canadien mais a une voix douce et ne parle pas un mot de français donc il y avait Jean-Pascal Ollivry (traducteur du roman) qui faisait l’interprète.

En bonus pour le Challenge de l’été – dernier jour – (Estonie) et les challenges Petit Bac 2020 (pour la catégorie Crimes et justice avec énigme, j’aurais pu mettre dans la catégorie Prénom pour Melchior mais il y a déjà pas mal de billets dans cette catégorie), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Estonie).

Clara et la Pénombre de José Carlos Somoza

Clara et la Pénombre de José Carlos Somoza.

Actes Sud, collection Lettres hispaniques, septembre 2003, 646 pages, 23,40 €, ISBN 978-2-7427-4452-7. Clara y la Penumbra (2001) est traduit de l’espagnol par Marianne Millon. Je l’ai lu en poche : Babel noir, mars 2019, 656 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-330-11875-4.

Genres : littérature espagnole, roman policier, science-fiction.

José Carlos Somoza naît le 13 novembre 1959 à La Havane mais il ne passe que quelques mois à Cuba car sa famille s’exile (pour des raisons politiques) en Espagne en 1960. Il est donc Espagnol et vit à Madrid. Il étudie la médecine et la psychiatrie ; il est diplômé de psychiatrie et de psychanalyse (je comprends mieux l’étendue du roman !) ; il exerce quelques années puis se consacre à l’écriture. Du même auteur : La caverne des idées (2000-2002), Daphné disparue (2000-2008), La dame n° 13 (2003-2005), La théorie des cordes (2006-2007), La clé de l’abîme (2007-2009), L’appât (2010-2011), Tétraméron. Les contes de Soledad (2012-2015) et Le mystère Croatoan (2015-2018), tous chez Actes Sud. Son dernier roman, L’origine du mal (2018) n’est pas encore paru en français. Plus d’infos sur http://josecarlossomoza.com/ (en espagnol).

L’histoire se déroule en 2006. Lorsque le roman est paru (en 2001 en Espagne et en 2003 en France), le roman parlait donc du futur, un futur proche, et ce roman est, même encore maintenant, de la science-fiction.

2006, Vienne (Autriche). Anneck Hollek, 14 ans, est une des vingt jeunes femmes qui sont des œuvres d’art peintes pour une exposition. « Elle était Défloration, l’une des pièces maîtresses de Bruno Van Tysch, depuis deux ans […]. » (p. 17) Défloration est l’une des vingt « fleurs » de l’expo Blumen mais Annek est retrouvée morte dans la forêt, le corps peint en rouge. Le Hollandais Lothar Bosch et l’Anglaise April Wood de la sécurité de la Fondation Van Tysch vont enquêter avec leur équipe. L’auteur et le lecteur ne suivent pas l’enquête de « Félix Braun, détective de la section des homicides du département des recherches criminelles de la police autrichienne » (p. 51). C’est que l’enquête de Braun se porte sur le côté humain alors que l’enquête de l’équipe de sécurité se porte sur l’œuvre ! « C’était une jeune fille de quatorze ans, mon Dieu. On l’a découpée avec… avec une sorte de scie électrique… et elle était vivante… – Ce n’était pas une jeune fille de quatorze ans, Lothar, précisa Benoît. C’était un tableau dont la valeur était estimée à plus de cinquante millions de dollars comme prix initial. » (p. 88).

2006, Madrid (Espagne). Clara Reyes, 24 ans, est aussi une œuvre d’art, peinte par Alex Bassan, elle est La jeune fille à son miroir, exposée dans une galerie madrilène. Elle rêve de travailler pour Bruno Van Tysch et va, pour sa plus grande joie, être conviée à Amsterdam pour être Suzanne au bain, une des treize œuvres de la nouvelle exposition de Van Tysch qui aura lieu en juillet pour le 400e anniversaire de la naissance de Rembrandt (15 juillet 1606), peintre de la lumière et de l’obscurité, maître du clair-obscur et des contrastes. Cette exposition perdra-t-elle aussi une ou des « œuvres » ? « Attaquera ? N’attaquera pas ? » (p. 476).

Ces corps humains, enfants, adolescents, jeunes adultes, nus, peints de partout y compris tous les orifices sont de l’Art hyperdramatique ou Art HD. Et ces corps ne sont plus considérés comme des humains mais comme du « matériel artistique ». Les professionnels de l’Art hyperdramatique ne parlent donc pas de personnes torturées et tuées mais d’œuvres d’art détruites… Évidemment c’est choquant – surtout lorsqu’il s’agit d’enfants et d’adolescents – et l’auteur montre bien les dérives et déviances possibles du monde de l’art.

« L’art est une priorité absolue. Vous m’excuserez si je ne sais pas mieux m’exprimer, mais je suis convaincu que l’art est prioritaire pour l’Europe. » (p. 321).

« Rien de ce qui nous entoure, rien de tout ce que nous savons ou ignorons, n’est complètement inconnu ni complètement connu.Les extrêmes sont des inventions faciles. C’est comme pour la lumière. L’obscurité totale n’existe pas, pas même pour un aveugle, vous ne saviez pas ? L’obscurité est peuplée de choses : formes, odeurs, pensées… Et observez la lumière de cet après-midi d’été. Diriez-vous qu’elle est pure ? Regardez-la bien. Je ne parle pas que des ombres. Regardez entre les fentes de la lumière. Vous voyez les petits grumeaux de ténèbres ? La lumière est brodée sur une toile très obscure mais c’est difficile à voir. Il faut mûrir. Quand nous mûrissons, nous comprenons enfin que la vérité est un point intermédiaire. C’est comme si nos yeux s’accoutumaient à la vie. Nous comprenons que le jour et la nuit, et peut-être la vie et la mort, ne sont que des degrés d’un même clair-obscur. Nous découvrons que la vérité, la seule qui mérite ce nom, est la pénombre. » (Van Tysch à Clara, p. 421-422).

Ce roman est… terrible ! Qui sait si ce genre d’art insoutenable ne sera pas réalisé un jour ? Après tout, pour faire de l’art et pour gagner de la notoriété et de l’argent aussi, certains sont prêts à tout ! Le personnage de Clara est intéressant, elle pense bien faire, elle croit qu’en tant qu’œuvre elle sera immortelle… Mais il y a une différence entre être modèle pour un peintre (sur toile) et être une œuvre peinte et immobile pendant dix heures par jour. En plus, je n’ai pas l’impression que ces œuvres de corps peints soient belles (elles sont même plutôt monstrueuses), car tout ça n’est que gloire et argent, non ? Je suis d’accord pour dire que les génies ont un petit grain de folie et que c’est bien mais là, c’est plus qu’un petit grain… En tout cas, la lecture de ce roman à la fois SF et policier, est difficile, éprouvante, mais passionnante !

Pour le Challenge de l’été (Espagne), Littérature de l’imaginaire #8 (pour le côté SF, anticipation), Petit Bac 2020 (pour la catégorie Prénom avec Clara), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Espagne).

Un quai dans la brume de Louisa Treyborac

Un quai dans la brume de Louisa Treyborac.

E-book auto-édité, 2020, 22 pages.

Genre : nouvelle policière.

Louisa Treyborac, très peu d’infos… Elle travaille dans une école maternelle et serait autrice jeunesse mais je n’ai trouvé qu’un roman, Terra cevenola, paru chez Le Lys Bleu (maison d’éditions à compte d’auteur) en mars 2019.

Paris sous la brume, hiver. Jeanne Morel, profileuse de Toulouse est appelée à Paris par le commissaire Antoine Malverne et le commissaire divisionnaire Jean-Marc de Broglie. Elle a résolu des enquêtes difficiles comme un tueur en série de chômeuses ou un « sériel pédophile » alors ils ont besoin de son aide pour résoudre l’enquête sur les « SDF bastonnés et repêchés du Canal Saint Martin » : un couple tabasse un SDF et le jette à l’eau puis un sauveur vient le sortir de l’eau. Une histoire bizarre résolue grâce à un piège tendu par les policiers et grâce aux caméras de surveillance et à infrarouges puisque le thème à traiter pour les Quais du polar 2020 était « Quand Big Data se fait enquêteur, ou comment les données peuvent aider à résoudre les enquêtes ».

Mais bof… Sous-titré « une enquête improbable », je résume le tout en « une nouvelle improbable » avec une chute que le lecteur avait déjà compris mais qui n’explique pas tout… Qui sont ces mystérieux sauveurs ? Il ne suffit pas d’avoir une (bonne ?) idée, encore faut-il la développer adroitement et aller au bout de son idée ! En plus Antoine Malverne devient Alexandre Malverne (p. 11), pas sérieux…

Une nouvelle policière pour La bonne nouvelle du lundi mais j’espère qu’il y avait mieux dans cette édition 2020… et je l’efface sans remords de ma liseuse !

Le cambrioleur en maraude de Lawrence Block

Le cambrioleur en maraude de Lawrence Block.

Seuil, collection Policiers, mai 2005, 322 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-02066-390-8. The Burglar on the Prowl (2004) est traduit de l’américain par Étienne Menanteau. Parution en poche chez Points en juin 2006.

Genres : littérature états-unienne, roman policier.

Lawrence Block naît le 24 juin 1938 à Buffalo (New York, États-Unis). Il est auteur de romans policiers et de romans d’espionnage sous son nom et sous plusieurs pseudonymes. Du même auteur : série Evan Tanner (8 tomes entre 1966 et 1998), série Chip Harrison (2 tomes entre 1974 et 1975), série Matt Scudder (18 romans entre 1976 et 2011), série Bernie Rhodenbarr (11 romans entre 1977 et 2013), série Keller (5 tomes entre 1998 et 2013 ainsi que des nouvelles) et plusieurs autres romans dont certains adaptés au cinéma. Plus d’infos sur son site officiel, http://lawrenceblock.com/.

Bernie Rhodenbarr est propriétaire d’une librairie avec son chat Raffles, près de Broadway et il est également cambrioleur. « Dans le cambriolage, tu sais… Il n’y a pas de ponction fiscale et très peu de paperasserie… » (p. 21). Ah ah ah, dès le début du roman, j’aime le personnage et le ton !

Son meilleur ami, Marty Gilmartin, lui demande de cambrioler l’appartement du riche Crandall Rountree Mapes qui lui a volé sa petite amie, Marisol, une actrice de théâtre. Bernie s’en ouvre à sa meilleure amie, Carolyn Kaiser, lesbienne, qui propose de l’aider. J’aime la galerie de personnages et le chat !

En attendant le soir prévu du cambriolage, Bernie part en repérage. « En maraude. Voilà qui sonne bien, hein ? Ça vous a tout à la fois un côté menaçant et excitant, délicieusement attirant dans le genre malsain. » (p. 54). Sauf qu’il rentre dans l’appartement de Barbara Creeley qui rentre chez elle ivre et droguée avec un inconnu qui va la violer… Bernie se glisse sous le lit et le lendemain, il est arrêté car il a été vu sur les caméras de surveillance dans le quartier où il y a eu un cambriolage et un triple meurtre… Alors, cambrioleur, oui, mais assassin, non !

Bernie va devoir s’associer avec le policier, Ray Kirschmann, après avoir été cambriolé chez lui et qu’un client ait été abattu en sortant de sa librairie.

Dès les premières pages, les personnages, le ton, l’humour, les descriptions du quartier de Manhattan, j’adore ! J’ai l’impression que je n’avais jamais lu Lawrence Block, grave lacune ! C’est que Le cambrioleur en maraude est le 10e tome (sur 11) de la série Bernie Rhodenbarr. C’est le renouveau du rocambolesque ! Et je veux lire d’autres titres !!!

Une chouette lecture pour les challenges Animaux du monde pour le chat Raffles, le Challenge de l’été (États-Unis) et Polar et thriller 2020-2021.

Quand tu liras ces mots de Giles Blunt

Quand tu liras ces mots de Giles Blunt.

Le Masque (JC Lattès), octobre 2008, 432 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-70243-332-4. The Fields of Grief, ou By the Time You Read This (2006) est traduit de l’anglais (Canada) par Oristelle Bonis.

Genres : littérature canadienne, roman policier.

Giles Blunt naît le 2 février 1952 à Windsor en Ontario (Canada). Il étudie la littérature anglaise à l’université de l’Ontario. Il vit une vingtaine d’années à New York puis s’installe à Toronto. Il est auteur de romans policiers (depuis 1989) et scénariste. Plus d’infos sur son site officiel, https://www.gilesblunt.com/.

Automne, Algonquin Bay. L’inspecteur John Cardinal vit avec son épouse, Catherine, dans une jolie petite maison. Ils sont mariés depuis bientôt 30 ans et ils s’aiment mais Catherine est dépressive. Elle va mieux depuis un an, elle prend son traitement, elle enseigne de nouveau la photographie à l’université et elle a prévu une expo de ses photos. « Lorsqu’elle allait bien, en effet, Catherine Cardinal avait une personnalité solaire, rayonnante, le terme ‘maniaco-dépression’ – le diagnostic de ‘trouble bipolaire’ et, pire encore, de ‘psychose’ – évoquait à Delorme l’image de gens brisés, hagards, alors que Catherine irradiait au contraire la douceur, l’intelligence et une profonde sagesse. » (p. 23). Mais ce soir-là, Cardinal est appelé au Gateway et la femme morte au pied de cet immeuble neuf est Catherine… Suicide ? Meurtre ? Tout le monde conclut au suicide, d’autant plus qu’elle a laissé un feuillet sur lequel est écrit de sa main « John chéri, Quand tu liras ces mots […] et s’il y avait eu un moyen de faire autrement… » (p. 34). Mais le jour de la crémation, Cardinal et leur fille Kelly reçoivent une carte : « Quel effet ça fait, connard ? Bien malin qui pourrait dire comment ça va finir. » (p. 58). Et si Catherine ne s’était pas suicidée ? Cardinal, qui est au repos va enquêter de façon discrète ; il contacte sa collègue Lise Delorme – qui a été mise entre temps sur une affaire de pédophilie et de pornographie enfantine – et Tommy Hunn, un ancien collègue qui travaille au « service d’analyse des documents de l’institut de criminologie de l’Ontario » (p. 73). Quant au Dr Frederick Bell, le psychiatre qui suivait Catherine, il joue à un jeu dangereux : pourquoi un taux de suicide plus élevé, et ce depuis toujours, chez ses patients ?

La série avec le personnage de John Cardinal à Algonquin Bay voit le jour en 2000. Quand tu liras ces mots est le 4e tome, après Forty Words for Sorrow (2000) = Quarante mots pour la neige (Le Masque, 2003, Pocket, 2005), The Delicate Storm (2002) = Sous un ciel de tempête (Le Masque, 2004, Pocket, 2006) et Blackfly Season (2005) = Surgie de nulle part (Le Masque, 2007, Pocket, 2009) que je n’ai pas lus mais ça n’a pas gêné la compréhension des personnages et de ce roman haletant. Heureusement que Cardinal n’a pas cru au suicide est a enquêté ! J’ai été sous tension (sûrement comme Cardinal) tout le temps, l’enquête (non officielle) est trépidante et passionnante. Quant à l’enquête de Lise Delorme, sur la pédophilie et pornographie enfantine, elle est vraiment glauque… Le plus important dans cette histoire, ce sont les personnages, leur chagrin et les relations qu’ils ont entre eux ; l’auteur aime ses personnages et ça se ressent bien. Je lirai assurément d’autres titres, si je les trouve, et tant pis s’ils sont parus avant, comme ça j’aurai le plaisir de retrouver Catherine alors qu’elle est morte.

Une excellente lecture polar pour le Challenge de l’été (Canada) et pour Polar et thriller 2020-2021.