Epsil∞n n° 4 (octobre 2021)

Epsil∞n n° 4 (octobre 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, octobre 2021, 4,90 €.

Ce numéro 4 est construit de la même façon que les précédents numéros, Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021) et Epsil∞n n° 3 (septembre 2021). Il est richement illustré et 97 scientifiques y ont été interrogés par les journalistes. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

Les nouvelles avancées de la science, les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, tout cela est passionnant et fascinant, à découvrir dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » (p. 10-19).

L’enquête, « Espionnage climatique, la traque aux émissions clandestines est lancée » (p. 20-27). Espionner, c’est mal mais ici c’est scientifique et pour la bonne cause ! Les États envoient leurs données sur les émissions de gaz à effet de serre mais il y a des erreurs, des approximations, des omissions… Bref de la tricherie involontaire ou… volontaire ! Alors… « Les pionniers de la surveillance climatique démontrent qu’il est aujourd’hui possible de détecter de plus en plus d’excès, de fuites ou d’émissions jusqu’ici cachées. La fin de l’opacité. » (p. 21). « Un vieil adage de la guerre froide […] commence […] à refaire surface : ‘Faites confiance mais vérifiez’. » (p. 22). Vous voulez découvrir les vilains petits canards ? Tous les continents sont touchés et « un réseau de surveillance globale se met en place » (p. 24) qui pourra « livrer un bilan quotidien des émissions de chaque installation » (p. 25) et « les informations obtenues seront gratuites et accessibles à tous, ça va changer la donne » (p. 27) et c’est tant mieux car il y a urgence !

Le dossier, « Rencontre avec les intraterrestres » (p. 42-55). Les intraterrestres ? « Des organismes hors normes » qui vivent « dans les profondeurs de la Terre, au fond des mines d’or ou dans les abîmes du plancher océanique » « qui constituent d’immenses écosystèmes, résistent à des conditions dantesques, s’abreuvent de radioactivité et vivent jusqu’à 100 millions d’années » (p. 43). Découvrez ces archées, bactéries, champignons, vers, virus et autres intraterrestres inconnus jusqu’à il y a peu car « le monde intraterrestre rivalise de richesse et de complexité avec l’environnement de surface. » (p. 49). C’est incroyable qu’il y ait encore tant de choses à découvrir sur la Terre et « Notre rencontre avec les intraterrestres ne fait que commencer. » (p. 54). Suivre tout ça sur le portail du monde intraterrestre avec la Terre en 3D ou en 2D Portal Gplates Biosphère, le site du navire scientifique de forage The Joides Resolution, la chaîne YouTube réunissant des chercheurs dans le monde Deep Carbon et le fil Twitter de Deep Biosphere (le tout est en anglais).

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Contre-pied « L’obésité n’est pas forcément une maladie » (p. 30-31). Labyrinthe « Le casse-tête du glyphosate » (p. 32-33). Analyse « Population mondiale – La bombe démographique est-elle désamorcée ? » (p. 34-37). « Magnétisme, le maître caché de l’univers » (p. 58-65) avec de magnifiques photos. « L’éternel retour de l’effet Mozart » (p. 66-69), attention, il y a des morceaux de musique classique qui sont bénéfiques (« limiter l’épilepsie, booster le Q.I., soigner Parkinson… » p. 66) et d’autres non ! (ci-dessous le 1er mouvement de la sonate K448 pour deux pianos, écoutez et… alors ?). « On sait cultiver le métal ! » (p. 70-73), récolter du paladium, de l’or, du nickel, du manganèse, de l’aluminium, du thalium, du cobalt, du cadmium, du zinc, etc. par les plantes, incroyable mais « L’agriculture minière est née. » (p. 71). « Île de Pâques, le mythe s’effondre » (p. 74-79), non les Rapanuis n’ont pas tout détruit sur l’île sur laquelle ils vivaient et « Au fil des études scientifiques, le récit de l’effondrement… s’effondre. » (p. 77). « Et la lumière devint matière » (p. 80-84), « C’est tellement inimaginable, qu’on croirait de la magie… Il aura fallu plus de cent ans aux physiciens pour vérifier enfin à l’échelle des particules la géniale intuition d’Einstein, son fameux E=mc². Quand deux photons se percutent, ils se métamorphosent en matière ! » (p. 81), si vous n’avez jamais compris ce que signifiait E=mc², lisez cet article !

Dans le cahier Pop’Sciences (p. 85-97), toujours des infos scientifiques mais plus fun, les ours qui chassent, Eagle le module d’Apollo 11 en orbite autour de la Lune, le rapetissement des humains, les décimales du nombre Pi, les anémones de mer qui mangent des fourmis, la série Fondation d’Isaac Asimov adaptée en série télévisée (bande annonce ci-dessous), les 30 ans de la Fête de la Science et quelques autres infos étonnantes.

Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce 4e numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 5. Il est possible de consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 3 (septembre 2021)

Epsil∞n n° 3 (septembre 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, septembre 2021, 4,90 €.

Après avoir dévoré Epsil∞n n° 1 (juillet 2021) et Epsil∞n n° 2 (août 2021), j’avais hâte de lire ce n° 3. À vrai dire, je l’ai commencé puis il s’est retrouvé dans un carton avec le n° 4 (durant le déménagement)…

Il est construit de la même façon que les deux premiers numéros, richement illustré et plus de 80 scientifiques y ont été interrogés par les journalistes. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

L’enquête, « La fin du palu ? » (p. 20-27). Et si le paludisme disparaissait d’ici 2030 ? Si après le Salvador et la Chine, d’autres pays devenaient « malaria free » en Afrique, Amérique du Sud et Asie ? C’est ce que souhaite l’OMS.

Le dossier, « Espace, c’est le nouveau Far West ! » (p. 42-55) pour tout comprendre sur la « nouvelle ère de la conquête spatiale [qui] cette fois, va vraiment changer le monde. » (p. 43). Nouveaux satellites et stations en orbite, tourisme spatial qui décolle, base lunaire qui se prépare… Des progrès fulgurants mais… « un nouveau monde sans loi [puisque] un vide juridique total » (p. 52-55).

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Le casse-tête de la voiture électrique (labyrinthe, p. 28-29). Facebook ne polarise pas les groupes (contre-pied, p. 30-31). Le vertigineux secret du chou (les fractales du chou Romanesco, p. 58-61), qu’il est beau ce chou ! Votre corps à l’échelle de l’atome (cryomicroscopie, p. 62-67), découvrez le siège de la mémoire, entre autres, « La biologie est entrée dans une nouvelle dimension. » (p. 67). Oumuamua, l’objet qui rend fou (p. 74-79, cet objet cosmique surgi de nulle part viendrait-il de l’extérieur du Système solaire ? Et surtout Nuisibles, la grande réhabilitation (p. 68-73), ces « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » ESOD (p. 69), quelle est l’espèce qui cause le plus de dégâts ? Je dis ça, je dis rien…

Dans le cahier Pop’Sciences, les descendants de la famille Da Vinci, les poissons coralliens, le cerveau des vaches, la vision des nourrissons, la durée d’une journée sur Vénus, la trompe d’un éléphant, Dune, la (re)production de la banquise, etc., des infos surprenantes mais toujours scientifiques.

Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce troisième numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 4. De plus, l’équipe annonce qu’il est possible de consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Je remets la vidéo :

Celestia de Manuele Fior

Celestia de Manuele Fior.

Atrabile, Hors collection, août 2020, 272 pages, 30 €, ISBN 978-2-88923-091-4. Celestia (2019) est traduit de l’italien par Christophe Gouveia Roberto.

Genres : bande dessinée italienne, science-fiction.

Manuele Fior naît le 25 avril 1975 à Cesena en Italie. Il étudie l’architecture à Venise puis travaille à Berlin (architecture et illustrateur). Il vit aussi à Oslo puis à Paris. Il publie plusieurs histoires courtes dans des revues et se lance dans la bande dessinée au début des années 2000. Il reçoit en 2011 le Prix du meilleur album Fauve d’or à Angoulême pour Cinq mille kilomètres par seconde. Il reçoit aussi trois fois le Prix Micheluzzi délivré à Naples (prix en hommage à l’auteur italien de bandes dessinées Attilio Micheluzzi). Plus d’infos sur son site officiel.

Voici comment débute cette bande dessinée. « La grande invasion est arrivée par la mer. Elle s’est dirigée vers le nord, le long du continent. Beaucoup se sont enfuis, certains ont trouvé refuge sur une petite île dans la lagune. Une île de pierre, construite sur l’eau il y a plus de mille ans. Son nom est Celestia. » (les pages ne sont pas numérotées). Intrigant, n’est-ce pas ?

Pierrot, télépathe et poète, retrouve son père, le Dr Vivaldi, Rossella, Toni, Gianluca, Rebecca et le merle Igor dans un lieu secret de Celestia. Celestia « vue du ciel a la forme de deux mains serrées l’une dans l’autre » est une alter ego de Venise. Ils sont inquiets car Dora a disparu mais Pierrot ne souhaite pas rester avec eux et repart en donnant un présage. « Quand vient la tombée de la nuit, les vampires se serrent dans leur cape. Ils t’étranglent sur la branche du pin. Alors que l’air se fige… accroché à un mur de marbre… un poids suspendu au fil du temps. Des profondeurs une voix me supplie. Mais moi je n’entends pas la fin… qui remonte de l’eau jusque dans mes veines pour t’emmener, unique jolie chose, tendre hirondelle. Pas un souffle sur le mort ! Je reste. Je reste. Avant que le silence ne l’aide. »

La nuit, Pierrot et Dora s’enfuient de Celestia à bord d’une barque. « Le continent. – Je m’attendais à pire que ça, d’après tout ce qu’on raconte. » Ils arrivent dans un château rose, labyrinthique, où vit un homme étrange (il se dit le gardien), avec une femme et un enfant. Sur le continent, il y a des survivants malgré la grande invasion, des gens qui développent des dons spéciaux, des enfants en particulier.

Ouah, quelle bande dessinée ! Au niveau visuel, une grande claque, à l’extérieur tout est bleu, la couverture, les bordures, bleu comme la couleur de l’eau ; à l’intérieur les cases, tout est déstructuré, les couleurs sont plutôt pastels mais parfois psychédéliques (elles sont différentes selon le lieu où sont Pierrot et Dora), les dessins (des aquarelles qui font ressentir l’humidité de Celestia) sont tout simplement magnifiques (il y a peu de textes). Les personnages sont attachants, sauf les délinquants du vieux ghetto, des gens violents, prêts à tous les mauvais coups pour… ils ne savent même pas pour quoi, le plaisir immédiat peut-être, la bêtise, la méchanceté. Bien que post-apocalyptique (tout le monde se souvient d’un pont et d’une explosion), le récit est poétique, onirique et possède un côté mystérieux. Je félicite Manuele Fior pour son talent incroyable, son imagination et sa grande sensibilité.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 36, un livre coup de cœur), Challenge lecture 2022 (catégorie 60, un livre d’un auteur italien), Des histoires et des bulles (catégorie 38, une BD avec un prénom dans le titre, 2e billet), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Prénom pour Celestia), Tour du monde en 80 livres (Italie) et Un genre par mois (en février, le genre est science-fiction).

Kanopé 2 – Héritage de Louise Joor

Kanopé 2 – Héritage de Louise Joor.

Delcourt, collection Mirages, mai 2019, 136 pages, 17,95 €, ISBN 978-2-75609-497-7.

Genres : bande dessinée belge, écologie, science-fiction.

Louise Joor naît le 18 août 1988 à Bruxelles (Belgique). Son père est libraire bandes dessinées et éditeur, sa mère est dessinatrice, elle est tombée dans le dessin et la BD toute petite ! Elle étudie l’art à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles et s’intéresse beaucoup à l’écologie. Le tome 1 de Kanopé est sa première bande dessinée (Prix Saint-Michel et Prix de la meilleure bande dessinée de science-fiction aux Utopiales 2014). Suivront ce tome 2 de Kanopé, Neska du clan du Lierre (2 tomes) et Résilience (2 tomes). Plus d’infos sur son blog.

2143. « Après des années de recherches, un remède a enfin été mis au point contre les effets des radiations sur l’être humain : les graines de M-Zemm. Leur créateur, le scientifique Pablo Alvarez, est devenu célèbre sur le réseau, mais il refuse de répondre à la question que tout le monde se pose… Où se trouve son mystérieux associé, grâce à qui tout cela a été possible ? » (p. 14).

Kanopé a mis au monde un garçon, Caï, qui a 6 ans. Jean est de retour en Amazonie et il est à sa recherche mais la forêt est différente, tout est inondé et la cabane, en ruines, a été abandonnée par Kanopé depuis longtemps. Elle vit avec Caï et des loutres et ils doivent se protéger de la société Astadel venue faire des prélèvements. D’ailleurs Caï et Jean sont enlevés… La famille sera-t-elle réunie ?

Un récit plus sombre mais une belle conclusion à l’histoire d’amour entre Kanopé et Jean dans un monde encore plus apocalyptique que dans le précédent tome. Je suis ravie d’avoir découvert cette série !

Pour La BD de la semaine, Des histoires et des bulles (catégorie 22, une BD autour de l’écologie, environnement, développement durable, 3e billet). Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Pour les autres challenges : Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 31, un enfant sur la couverture, Caï est en haut à droite et c’est exprès qu’on ne le voit pas entièrement), Challenge lecture 2022 (catégorie 3, un livre dont le personnage principal est porteur d’un handicap, c’est le cas d’un des trois personnages principaux), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie prénom pour Kanopé) et Un genre par mois (en février, c’est la science-fiction).

Kanopé 1 – Rencontre de Louise Joor

Kanopé 1 – Rencontre de Louise Joor.

Delcourt, collection Mirages, avril 2014, 128 pages, 17,95 €, ISBN 978-2-75603-676-2.

Genres : bande dessinée belge, écologie, science-fiction.

Louise Joor naît le 18 août 1988 à Bruxelles (Belgique). Son père est libraire bandes dessinées et éditeur, sa mère est dessinatrice, elle est tombée dans le dessin et la BD toute petite ! Elle étudie l’art à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles et s’intéresse beaucoup à l’écologie. Le tome 1 de Kanopé est sa première bande dessinée (Prix Saint-Michel et Prix de la meilleure bande dessinée de science-fiction aux Utopiales 2014). Suivront Neska du clan du Lierre (2 tomes), Résilience (2 tomes) et le tome 2 de Kanopé dont je parlerai demain. Plus d’infos sur son blog.

« 2137. La Terre est peuplée par 10 milliards d’êtres humains, les ressources naturelles se sont taries et les voyages dans l’espace n’ont donné aucune échappatoire. Si de nouvelles ressources ne sont pas découvertes, l’humanité toute entière est vouée à disparaître. Lentement, la végétation s’est éteinte, les animaux ont disparu et les zones encore vierges ont été avalées par les mégalopoles. Pourtant, il existe un endroit qui résiste encore à l’invasion des hommes… l’Amazonie. » (p. 7).

Ah ah, ça fait un peu « Un village peuplé d’Irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. ». Je plaisante mais c’est ce qui m’est venu à l’esprit en lisant le début de Kanopé. Je précise que les 10 milliards d’humains sont prévus pour 2050 et que la destruction de la forêt amazonienne atteint déjà presque les 20 % ce qui équivaut à une catastrophe inéluctable (réchauffement, manque d’oxygène, etc.). Mais je respecte le sujet choisi par Louise Joor et sa façon de le traiter en 2014 (même s’il s’en est passé des choses en 7 ans).

Donc ce qui a sauvé l’Amazonie de la folie humaine, c’est l’accident de la centrale nucléaire Manaus au Brésil il y a 119 ans (en 2018). Je vérifie, il y a une seule centrale nucléaire au Brésil, elle se nomme Angra (ou Amiral Alvaro Alberto) et elle est située à Angra dos Reis dans l’État de Rio de Janeiro. Mais revenons à l’Amazonie de fiction de Kanopé. C’est, selon le rapport de S.O.A. (Status Of Amazonia), « un espace malade et instable où les rares espèces végétales et animales ayant survécu à la catastrophe présenteraient aujourd’hui de lourdes mutations. C’est un monde impénétrable et mystérieux qui évolue suivant ses propres règles. » (p. 8-9). Et les dessins sont superbes !

Kanopé est une jeune femme rousse qui vit dans cette jungle verte et colorée dans le respect des êtres qui y vivent. Mais Jean, un hacker informatique échappant à ses poursuivants (des robots), a atterri dans sa maison dans les arbres et se l’est appropriée. Est-ce que ça va être la guerre entre eux ou vont-ils trouver un terrain d’entente ? Leurs deux mondes sont si différents même s’ils vivent sur la même planète.

Une belle bande dessinée post-apocalyptique comme je les aime avec deux chouettes personnages (que tout oppose sauf l’envie de vivre), colorée et divertissante. Bon, pas un chef-d’œuvre mais j’ai très envie de lire le tome 2, Kanopé – Héritage (qu’heureusement j’ai emprunté en même temps). Parce que le cadre est totalement dépaysant et que j’ai bien envie de savoir si Kanopé et Jean vont se revoir. Et parce que, pour une première bande dessinée, c’est tout de même une réussite et que j’ai envie de suivre Louise Joor que je ne connaissais pas jusqu’à maintenant.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 25, le titre comporte un prénom), Challenge lecture 2022 (catégorie 4, le premier volume d’une série), Des histoires et des bulles (catégorie 22, une BD autour de l’écologie, environnement, développement durable, 2e billet), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie prénom pour Kanopé), Tour du monde en 80 livres (Belgique) et Un genre par mois (en février, c’est la science-fiction).

Les confluents d’Anne-Lise Avril

Les confluents d’Anne-Lise Avril.

Julliard, août 2021, 208 pages, 18 €, ISBN 978-2-26005-478-8.

Genres : littérature française, premier roman.

Anne-Lise Avril naît en 1991 en France. Elle aime lire, écrire et étudie le commerce puis se rend à Moscou en Russie. Elle se passionne pour la culture russe, la photographie, le voyage, l’écologie (elle travaille pour la reforestation). Les confluents est son premier roman.

2040. D’un côté la planète est ravagée par la pollution et la sécheresse, d’un autre côté des îles et des pays sont submergés par les eaux. Jaya quitte son île indonésienne. « Elle se préparait à passer d’un monde à l’autre. Ou bien peut-être à entrer dans le monde, pour la première fois. » (p. 11).

Après ce prologue, le roman est construit en 4 parties : le Désert (2009), la Forêt (2011), la Nuit (2013) et l’Île (2014) avec, à chaque fois, une incursion en 2040.

2009. Aqaba, Jordanie, une auberge aux portes du désert. Liouba est née à Moscou d’une mère Russe et d’un père Français. Jeune journaliste, elle a quitté Paris pour son premier reportage pour Terre d’exil. « Elle ne savait pas exactement comment faire. Elle apprenait. Savoir trouver une histoire. Savoir la raconter. Savoir ensuite la vendre à ceux qui seraient susceptibles de la lire. Tel était le métier qu’elle avait choisi et dont elle expérimentait la réalité pour la première fois. Elle pressentait qu’il y avait quelque chose à dire, ici, sans savoir encore précisément quoi, et elle savait que pour pouvoir le dire, il lui faudrait quitter Aqaba, aller à la rencontre du désert qui l’aimantait et comprendre ce que c’était que de vivre avec lui. » (p. 17). Aydin, un bédouin, l’emmène dans son village d’At-Tuweisa dans le désert de Wadi Rum à la recherche de « Une histoire. J’aimerais raconter comment les hommes vivent avec leur écosystème, s’y adaptent et sont marqués par lui. » (p. 24). En devenant journaliste, Liouba se sent proche de sa mère, Elena Azarova, qui était journaliste, et en plantant des arbres et en étudiant les plantes et les fleurs du désert, elle se sent proche de son père, Henri Darcet, qui était botaniste. La voilà son histoire, celle de Babak Majali et des bédouins des environs qui plantent des arbres dans le désert pour les générations futures. Ah, voir le désert en fleurs après la pluie ! Alors qu’elle termine d’écrire son reportage et s’apprête à quitter la Jordanie pour retourner à Paris, Liouba rencontre Talal Sariel. Francophone (son père était Français et sa mère était Turque), il est photographe, et revient de Gaza (il travaille pour un journal allemand). Spécialiste des « mouvements de population » (p. 43), il est « fasciné par l’idée du lieu qu’on va chercher quand on s’en va. Qu’est-ce qui nous motive à partir ? On part toujours vers quelque chose. Un ailleurs qui sera peut-être meilleur, ou peut-être pire, que l’endroit qu’on a quitté. On se met en marche avec espoir. Pour moi, cet espoir, ça pourrait tout à fait être un jardin dans le désert. » (p. 44). Talal explique à Liouba pourquoi les gens lisent des histoires de l’ailleurs (p. 45), je ne peux pas tout recopier, mais c’est très beau, ça me touche (moi qui suis allée voir ailleurs, quand c’était encore possible). Et pour montrer l’ailleurs, certains choisissent l’écriture, comme Liouba, d’autres choisissent la photographie, comme Talal, ils sont ainsi complémentaires et représentent à eux deux la dimension cosmopolite d’un monde en perdition. Mais ils doivent partir chacun de leur côté. « Le voyage noue des liens. Le voyage les déchire brutalement. » (p. 51).

2040. Après le départ des habitants puis de sa sœur, Aslam est seul sur l’île, seul à planter des pousses d’arbres dans la mangrove pour que la mer ne monte pas plus, « seul, dans l’infini silence insulaire, seul face à l’horizon vide. » (p. 58). Chapitre court mais d’une grande intensité dramatique. Est-ce que ce que font les humains pour arranger les choses (que ce soit en 2009 ou en 2040) est utile ?

2011. Monrovia, Liberia, où Talal doit rejoindre Liouba pour photographier « la forêt du mont Nimba, en Guinée » (p. 63) afin de documenter le reportage de la journaliste. Un magnifique voyage avec Issa leur guide et Daouda le porteur mais chacun doit de nouveau rentrer chez lui. « Ils étaient deux voyageurs. Voués à se comprendre. Voués à ne jamais se retrouver. » (p. 93).

2040. Quelques mois après avoir quitté son île natale, Jaya « avait rejoint à Jakarta, un groupe de travail formé par les communautés côtières impactées par la montée des eaux, puis avait été conviée, en tant que témoin et émissaire de l’Indonésie, à un voyage scientifique au cœur de l’Arctique. La mission rassemblait une centaine de chercheurs, de glaciologues et d’ingénieurs, ainsi que des représentants des principaux pays concernés par le sujet. Ultime tentative de préserver les littoraux du monde, à l’aune des dernières prévisions de l’augmentation du niveau des mers. » (p. 97). Jaya arrive donc à Ilulissat au Groenland et découvre la neige, la glace et l’hiver.

2013. Liouba est avec son amie Esya Kaminsky à « Dvinsky […] l’un des derniers bastions de la forêt primaire de la région » (p. 106) protégé par un activiste russe, ancien capitaine de la marine, Irek Babaï, « devenu un semeur de troubles, un élément subversif. Un homme recherché. » (p. 107). Avec son groupe de militants, il lutte contre la déforestation illégale de la forêt boréale. Pendant ce temps, Talal est à Alep en Syrie. Ici j’ai pensé à Le promeneur d’Alep de Niroz Malek (Le Serpent à plumes, 2015).

2014. Forêt de Mazumbai, Tanzanie. « Tous les pays de la Terre semblaient être liés par un métissage éternel. » (p. 168), c’est ma phrase préférée mais tout est très beau dans ce roman (ce que vous pouvez voir avec les extraits ci-dessus).

Un magnifique roman d’amour et d’écologie qui parle de symbiose, non seulement entre les humains mais aussi (et surtout) avec la Nature, en particulier les forêts et les océans (poumons indispensables de la Terre) et qui fait voyager. Très belle écriture, très belle lecture, je vous conseille fortement ce premier roman.

Pour À la découverte de l’Afrique (une partie du roman se déroule au Liberia, en Guinée et en Tanzanie), Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 29, un livre sur un thème ou une cause qui vous tient à cœur, ici l’écologie) et Challenge lecture 2022 (catégorie 3, un premier roman) et Littérature de l’imaginaire #10.

Littérature de l’imaginaire #10

Le challenge Littérature de l’imaginaire #10 dure du 1er janvier au 31 décembre 2022. Pour cette dixième édition, arrivée de Discord (lien ci-dessous), des thèmes (tous les deux mois) et moins d’échelons (5 au lieu de 7, voir ci-dessous).

L’objectif est toujours de lire les littératures de l’imaginaire, science-fiction, fantasy, fantastique (et tous leurs sous-genres) dans des romans, nouvelles, essais, mangas, bandes dessinées, comics (super-héros ou non, tant que ça reste dans le domaine de l’imaginaire) et des magazines spécialisés comme Bifrost.

Infos, logos et inscription chez Ma Lecturothèque + dépôt des liens dans la Chrobox (bon, les deux dernières années, ça n’a pas fonctionné pour moi…) + Discord pour échanger.

Les échelons
Échelon 1 : atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres.
Échelon 2 : immersion dans le vide = au moins 36 livres.
Échelon 3 : absorption dans l’étrange = au moins 60 livres.
Échelon 4 : fusion dans l’utopique = au moins 84 livres.
Échelon 5 : synchronisation avec la page = au moins 108 livres.

Les catégories

Catégorie A : Ange gardien de la simplicité = le challenge reste comme il était jusque-là, à savoir tous les supports sont acceptés et vous lisez tous les genres des lectures de l’imaginaire.

Catégorie B : Balrog des mots = on bannit les BD et les manga, la place est réservée aux romans uniquement. Tous genres confondus.

Catégorie C : Cerbère de la Multidisciplinarité = vous devrez choisir un genre en début de challenge entre la fantasy et la SF. Ils ont tous deux des sous-genres ; dans cette catégorie vous devrez lire un livre par sous-genre. À vous de voir ce que vous lisez pour le reste de la catégorie. Voir les sous-genres de fantasy et de science-fiction sur le billet de Ma Lecturothèque.

Catégorie D : Dragons de l’incontournable = vous lirez ce que vous voudrez durant ce challenge dans le genre que vous voulez MAIS il vous sera obligatoire de lire 3 livres écrits par des auteurs que l’on qualifie de « classiques » de l’imaginaire. Les incontournables quoi. Consultez une liste d’une trentaine d’auteurs sur le billet de Ma Lecturothèque.

Les thèmes bimestriels
Janvier/février : famille choisie.
Mars/avril : écologie, renouveau, renaissance.
Mai/juin : diversité.
Juillet/août : quête, voyage, vacances.
Septembre/octobre : horreur, fantômes, monstres.
Novembre/décembre : un livre sorti au cours de l’année.

Mes lectures pour ce challenge

1. Les confluents d’Anne-Lise Avril (Julliard, 2021, France)

2. Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle (Sarbacane, 2020, France)

3. L’ex-magicien de la taverne du Minho et autres nouvelles de Murilo Rubião (L’arbre vengeur, 2021, Brésil)

4. Canardo – Premières enquêtes de Sokal (Casterman, 2002, Belgique)

5. Kanopé 1 – Rencontre de Louise Joor (Delcourt, 2014, Belgique)

6. Kanopé 2 – Héritage de Louise Joor (Delcourt, 2019, Belgique)

7. Celestia de Manuele Fior (Atrabile, 2020, Italie)

8. Taupe & Mulot 1 – La tarte aux lombrics d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2019, France)

9. Taupe & Mulot 2 – Les beaux jours d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2019, France)

10. Taupe & Mulot 3 – Notre part de ciel d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2021, France)

11. Taupe & Mulot 4 – Bonnet blanc et blanc bonnet d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2021, France)

12. Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2006, Japon)

Échelon 1 honoré 🙂

13. Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2007, Japon)

14. D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO (Glénat, 2013, Japon)

15. L’ours d’Andrew Krivak (Globe, 2021, États-Unis)

16. Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2010, Japon)

17. La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko (Albin Michel, 2009, Ukraine)

L’idiot du village de Patrick Rambaud

L’idiot du village de Patrick Rambaud.

Grasset, janvier 2005, 198 pages, 16 €, ISBN 978-2-24644-891-4.

Genres : littérature française, roman, « fantaisie romanesque ».

Patrick Rambaud naît le 21 avril 1946 à Neuilly sur Seine (Île de France). Il étudie les lettres modernes à Paris, fait son service militaire puis devient correcteur pour une maison d’édition et travaille pour le magazine Actuel. Il écrit des romans, des pastiches, des scénarios, et reçoit le Prix Goncourt en 1997 pour La bataille. Il est membre de l’Académie Goncourt depuis 2008.

Paris, 1995. Le narrateur est en terrasse, il boit une bière et lit le journal Le Monde. Mais les actualités qu’il lit date du… « vendredi 8 mai 1953, dixième année, n° 2576. Pas de panique, cela doit être un fac-similé, un supplément au numéro du jour, un cadeau pour je ne sais quel anniversaire. » (p. 10). Eh bien, non, ce journal « a une odeur fraîche, il sort de l’imprimerie » (p. 11).

Mais, ça ne s’arrête pas là, le narrateur a des hallucinations, des moments qui se déroulent dans les années 50. « Assez ! J’invente, je télescope les époques. Ma bibliothèque envahissante s’y prête. » (p. 24-25). Il est diagnostiqué en surmenage et en arrêt pour un mois.

Les vacances à Trouville et les traitements de son ami Mansart n’y font rien… « Le passé que je revis par instants, dont je ne suis jamais l’acteur principal, s’avère trop précis pour être ma création. » (p. 45).

Paris, 1953. Voilà, ça devait arriver. Le narrateur n’a pas pu rentrer chez lui, l’appartement est occupé par la famille des années 50, avec une adolescente à queue de cheval qu’il a vue en hallucination. Il n’a pas d’argent d’époque, pas de lieu où aller mais il a dans sa sacoche un Polaroïd. Et il rencontre Jambe-de-laine, blessé en Indochine, qui l’emmène Chez la Mère Paul, le restaurant où il travaille « pour un salaire minime, mais logé, mais nourri. » (p. 58). Le narrateur travaille donc avec monsieur et madame Paul, Jambe-de-laine et Louise.

Ses connaissances de l’avenir vont-elles lui être utiles ? Mais il faut faire attention… « Ce serait dangereux d’aller trop loin dans mes visions » (p. 109). Et en plus, « Savoir, quel handicap. » (p. 144). Et pourra-t-il revenir auprès de Marianne, sa compagne, en 1995 ?

Que retient-on de notre histoire et de l’Histoire ? Il y a un petit côté fantastique voire science-fiction dans ce court roman puisque le narrateur est projeté de 1995 à 1953 et se revoit enfant [c’est pourquoi je mets ce roman dans le challenge Littérature de l’imaginaire #9]. Mais l’auteur écrit un récit plutôt ciblé sur les relations entre les humains et la société des années 50 (la nourriture riche et grasse, la guerre d’Indochine, le surprenant gouvernement de Paul Laniel, l’exécution des époux Rosenberg, Berlin séparé en deux zones, les grèves…). Le narrateur (il est le seul personnage dont on ne connaît pas le prénom ou le nom) semble incollable sur les événements mais il est finalement impuissant face à leur déroulement. L’idée est originale, le sujet bien traité, plutôt avec humour et j’ai beaucoup apprécié cette première lecture de Patrick Rambaud que je relirai assurément. Avez-vous déjà lu cet auteur et avez-vous un titre à me conseiller ?

Une petite faute, page 20, « Mais 1953 », en fait c’est le mois de « mai ».

Il reste très peu de temps pour terminer le Challenge lecture 2021 de mademoiselle Farfalle mais ne sont pas encore honorées 5 catégories (sur 60). J’ai lu ce roman exprès pour la catégorie 10, un livre d’un auteur possédant les mêmes initiales que vous. J’aurais pu choisir PV pour PatiVore mais mes initiales sont en fait PR et j’avais peu de choix : selon Wikipédia, il y a Pierre Rabhi (1938-2021), Patrick Rambaud (1946-), Pauline Réage (1907-1998) mais c’est un pseudonyme, Patrick Renou (1954-) et Pierre de Ronsard (1524-1585). J’ai choisi Patrick Rambaud, écrivain français que je n’avais encore jamais lu. Mais je ne voulais pas lire un de ses romans politiques alors je me suis tournée vers L’idiot du village disponible à la bibliothèque (Le maître m’aurait bien plu, j’essaierai de le lire plus tard).

Métal Hurlant n° 1 – automne 2021

Métal Hurlant n° 1 – automne 2021.

Les Humanoïdes associés, septembre 2021, 394 pages, 19,95 €, ISBN 978-2-73164-037-3.

Genres : magazine, bande dessinée, science-fiction.

Métal Hurlant, le retour ! « Le futur, c’est déjà demain » et « La machine à rêver ». Le thème de ce premier numéro est l’anticipation proche parce que « Le futur proche, c’est quand, sans s’en rendre compte, demain est devenu maintenant. » (p. 27).

Un petit historique. Métal Hurlant, magazine de science-fiction et de bande dessinée, est créé en 1975 par Jean-Pierre Dionnet (rédacteur en chef) et Les Humanoïdes associés. Il paraît jusqu’en 1987 puis revient entre 2002 et 2004. Je n’étais pas une lectrice régulière mais j’avais pu feuilleter des numéros à la maison de la presse et en lire à la bibliothèque. C’est l’époque où j’ai découvert Moebius, Philip K. Dick, Enki Bilal, Ceppi, Jodorowsky, Schuiten et tant d’autres. C’est dingue de penser que Métal Hurlant a inspiré la création de Heavy Metal, magazine similaire aux États-Unis, en 1977. Un article à lire sur France Culture.

Extrait de l’édito de Vincent Bernière, directeur de publication, « Changeons la science-fiction et reprenons en main notre futur. Métal Hurlant revient. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » (p. 5).

Des articles traitant bien sûr de la science-fiction : futur, anticipation, fin du monde… avec de la littérature, de la bande dessinée mais aussi du cinéma, du jeu vidéo et même plus (philosophie, art…).

Des entretiens : (dans le désordre) Nicolas Minvielle et Olivier Wathelet, Éric de Broche des Combes (architecte, vous saviez qu’il y avait de la science-fiction en architecture, et pas seulement contemporaine mais dès l’Antiquité ?), Emmanuele Coccia (philosophe, avec un très bel article, Le monde est un jardin avant d’être un zoo, et j’ai bien envie de lire son essai, Métamorphoses, paru chez Rivages en 2020), William Gibson (inventeur du cyberpunk, avec Neuromancien en 1984, que je n’ai jamais lu), Patrice Van Eersel (essayiste, avec un article optimiste, Tout n’est pas perdu) et surtout Enki Bilal qui dit le sublime « Sans nous, la planète sera sublime » (p. 16) et Alain Damasio qui n’est pas « antitechnologique » mais « clairement techno-critique et techno-interrogatif » (p. 19).

Et le gros morceau (plus de 220 pages), 28 histoires courtes en bandes dessinées.

Mes trois préférées.

Premiers de cordée de Mathieu Bablet (c’est la première bande dessinée et elle met la barre haut, sans jeu de mot, vous comprendrez en la lisant !).

Les différents visages du Dr Dehlinger de Benjamin Fogel et Franck Biancarelli emmènent le lecteur dans un monde post-apocalyptique et un noir et blanc somptueux et riche en détails.

La vie quotidienne de Matt Fraction et Afif Khaled, une histoire idéale en ce mois de novembre avec la Journée internationale contre les violences faites aux femmes le 25. Bon, il faudrait que ça soit toute l’année, ou plutôt qu’il n’y ait plus de violence, eh bien justement, faites comme Jessica (épouse de l’affreux Bob), profitez de la gentille robotique ! Des tons bleus, plutôt froids donc, qui font justement froid dans le dos.

Mais toutes les 25 autres BD sont réussies voire excellentes, réalisées par des auteurs argentins, britanniques, états-uniens, français, québécois…

À noter H.O.P. d’Ugo Bienvenu, auteur et dessinateur que j’avais énormément apprécié dans Préférence système et Le blues du dentiste d’Adam Sillard qui fait partie du collectif Réalistes créé par Ugo Bienvenu.

Comme j’ai acquis et lu ce Métal Hurlant en novembre, je voulais mettre à l’honneur le Mois québécois avec deux bandes dessinées québécoises et un dessinateur allemand pour Les feuilles allemandes mais j’ai pris du retard pour publier ce billet…

Ces mains qui nourrissent de Samia Marshy et Lee Lai. Samia Marshy est la scénariste, elle vit à Tio’tia:ke, c’est-à-dire Montréal, et livre ici son premier scénario (une bonne idée bien rendue). Lee Lai est l’illustratrice, elle est d’origine australienne mais vit à Montréal (elle est connue pour Le goût de la mandarine chez Sarbacane). Même si elle ne fait pas partie de mes bandes dessinées préférées, j’ai apprécié cette histoire en noir et blanc, avec des dessins tout en finesse, et le récit qui interroge les lecteurs sur la production de ce que nous mangeons, le goût des ‘vrais’ fruits et légumes.

Ticket Tuesday de Maya Penn et Tommi Parish. Maya Penn, la scénariste, et Américaine (Atlanta) mais Tommi Parish, né(e) en Australie vit à Montréal. Si l’histoire est plutôt classique – des humains espèrent une vie paradisiaque grâce à une loterie appelée Ticket Tuesday et en attendant le gros lot consomment du VitaSun –, les dessins sont surprenants avec des personnages très colorés (jaunes, rouges…) et surtout disproportionnés.

Un futur différent de Sylvain Runberg et Ingo Römling. Si Sylvain Runberg, le scénariste est Franco-Belge, Ingo Römling, le dessinateur (également musicien), est Allemand. Dans un futur, peut-être proche du nôtre, le monde est surveillé par des drones car une maladie génétique transmise par les moustiques déforme les humains mais des anti-vaxx refusent d’être contraints. Alexia et son bébé fuient devant les milices mais… Un récit rondement mené qui fait réfléchir.

Vous aimez la bande dessinée et la science-fiction ? Métal Hurlant est fait pour vous ! Et sûrement que, comme moi, vous vous demanderez : et si la science-fiction était en fait le réel ? Vous voulez découvrir / soutenir Métal Hurlant ? « Engagez-vous, abonnez-vous qu’ils disaient ! » (p. 4 et 390).

Bon, j’ai bien remarqué quelques fautes comme le « film Distict 9 » (p. 9) ou « un maison » (p. 41) mais ça n’empêche pas d’apprécier l’énorme tour de force pour la réalisation de ce numéro et j’espère qu’il y en aura d’autres (de numéros de Métal Hurlant, pas de fautes !).

Pour La BD de la semaine, Des histoires et des bulles (catégorie 32, un livre sur l’histoire de la BD, du manga, de l’évolution du 9e art, des interviews d’artistes, ce n’est peut-être pas exactement ce qu’attend Noctenbule pour cette catégorie mais Métal Hurlant fait partie de l’histoire de la BD, de son évolution et il y a des interviews d’auteurs et dessinateurs) et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez (lien à venir).

Challenge Winter Short Stories of SFFF #1 avec Célinedanaë

Vous avez sûrement repéré sur mon blog le challenge estival Summer Short Stories of SFFF créé par Lutin du blog Albédo (j’ai participé à 4 éditions, 2018, 2019, 2020 et 2021). Eh bien Célinedanaë a pensé à un challenge du même genre mais en hiver. C’est le Winter Short Stories of SFFF et il durera 4 mois, du 1er décembre 2021 au 31 mars 2022.

L’objectif est de lire des nouvelles et des novellas (des textes courts donc) dans les genres SFFF, c’est-à-dire science-fiction, fantasy, fantastique (les littératures de l’imaginaire), en français ou dans leur langue d’origine (pour moi, ce sera en français).

Infos (bonus, récompenses, etc.), logo et inscription dans la Cave Trolls chez Célindanaë et d’autres infos sur le format court et les éditeurs.

Célinedanaë propose 4 objectifs :

Gobelin : vous participez au challenge doucement sans trop présumer, avec de 1 à 4 textes lus sur la période du challenge. C’est celui-ci que je choisis.

Troll des collines : vous aimez bien les nouvelles mais faut pas trop en demander non plus, on gravit petit à petit la pile de livres et vous vous fixez 8 textes chroniqués.

Troll des montagnes : vous aimez beaucoup l’idée de ce challenge, les nouvelles c’est top ! Alors autant s’engager pour de bon avec un objectif de 16 textes lus et chroniqués.

Troll des cavernes : avec cet objectif vous aurez le profond respect des trolls des cavernes, quand on a le choix autant y aller à fond, s’enfermer dans sa caverne bien au chaud sous un plaid, une tasse de thé aromatisé au miel et lire 24 nouvelles ou novellas sur les 4 mois du challenge.

Mes lectures pour ce challenge

1. L’ex-magicien de la taverne du Minho et autres nouvelles de Murilo Rubião (L’arbre vengeur, 2021, Brésil)