Epsil∞n n° 2 (août 2021)

Epsil∞n n° 2 (août 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, août 2021, 4,90 €.

Après avoir dévoré Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), j’avais hâte de lire ce n° 2. il est construit de la même façon, richement illustré et plus de 80 scientifiques y ont été interrogé par les journalistes. Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

L’enquête « Reforestation : la grande illusion » (p. 20-27) ne me surprend pas parce que j’ai déjà lu un article qui disait que reboiser, c’est bien mais encore faut-il reboiser au bon endroit et avec les bonnes espèces d’arbres. « Un enfer vert pavé de bonnes intentions. » (p. 26).

Le dossier « Trou noir : enfin à l’intérieur » (p. 40-57) explique les études de deux équipes de chercheurs. Trous de ver, autres dimensions, espace-temps, des portes spatio-temporelles… « l’inconnu absolu ! » (p. 46). Un dossier passionnant avec les dernières pages sur le trou noir, « un héros de SF » (p. 52).

Le labyrinthe du plastique ne fait que deux pages (p. 28-29) mais est complet et instructif (de mon côté, j’ai depuis des années beaucoup réduit le plastique, plus de bouteilles d’eau en plastique, le moins d’emballages possibles…). L’estimation mondiale de la population d’oiseaux (p. 38), waow ! La première cellule humaine, bulles de son ou bulles acoustiques, l’ARN, les glaciers de l’Antarctique, etc. L’article le plus surprenant, « Trypillia, la civilisation oubliée » en Ukraine (p. 74-79), une civilisation unique au néolithique ! Quant au cahier Pop’Sciences, il est plein de petits détails scientifiques mais qui ont leur importance.

Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce deuxième numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 3 et j’ai même déjà acheté le n° 4.

Je remets la vidéo :

Epsil∞n n° 1 (juillet 2021)

Epsil∞n n° 1 (juillet 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, juillet 2021, 4,90 €.

Epsil∞n (prononcer epsilone) est une lettre grecque particulièrement utilisée en mathématiques et ∞ est le symbole de l’infini (lire l’éditorial d’Hervé Poirier, rédacteur en chef, p. 3).

Epsil∞n, sous-titré « nouveau magazine d’actualité scientifique » est une précieuse revue en cette période de troubles non seulement médicaux mais aussi sociologiques, économiques, politiques et surtout écologiques.

Douze journalistes de la rédaction de Science & Vie démissionnent (mars 2021) et créent Epsil∞n avec une campagne Ulule (mai-juin 2021). Un magazine français mais qui interroge des scientifiques du monde entier, un magazine scientifique parfait pour le XXIe siècle (mise en page, photographies, illustrations, ligne éditoriale), pour « décrypter le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ».

Vous allez me dire que je suis plus littéraire (et vous aurez sûrement raison) mais la science m’a toujours intéressée (observation de la faune, de la flore, des nuages…) et, même si je n’étais pas vraiment douée en maths (j’ai cependant eu parfois de bons résultats), j’aimais la physique, la chimie, la biologie (j’ai peut-être manqué une vocation !). J’ai arrêté de lire Science & Vie il y a des années parce que j’avais l’impression que ce magazine était devenu trop compliqué pour moi mais j’ai compensé avec Futura Sciences (en ligne) et avec Sciences et Avenir (en ligne et magazine papier à la bibliothèque).

En fait, la science m’émeut comme par exemple les prénoms des dauphins (p. 13), la larve de rascasse « bébé monstre » (p. 18-19), le fait que « la majorité des espèces reste encore à découvrir » (p. 32-33), Mars (p. 38), Jupiter (p. 58-65), l’adolescence chez les animaux (p. 70-75)…

Deux gros articles. L’enquête « Comment la Chine va manipuler la météo » (p. 20-29) mais depuis les années 40, de nombres scientifiques (américains, européens, russes, australiens, saoudiens…) étudient l’ensemencement des nuages. Le dossier « Arbres – Voici le secret de leur triomphe » (p. 42-56), un arbre c’est « un peuple » (p. 48), une « métapopulation » (p. 50).

Un article qui me plaît beaucoup, le contre-pied « Il n’y a pas d’addiction aux écrans » (p. 30-31), eh oui ! On lit tous les jours, on écoute de la musique ou la radio tous les jours, on écrit tous les jours, et même on cuisine tous les jours, on travaille tous les jours, etc., est-on pour le coup addict ? Non, eh bien pour les écrans, c’est pareil ! Attention, depuis 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a tout de même « intégré le trouble addictif aux jeux vidéo dans sa classification des maladies » (p. 30).

Pandémie de coronavirus oblige (depuis bientôt deux ans), le « Covid-19 – Pourra-t-on s’en débarrasser un jour ? » (p. 34-37), une analyse sérieuse bien loin des fake news qui circulent.

L’article le plus drôle, « Crise d’ado – Les animaux aussi » (p. 70-75) avec des illustrations amusantes et des sous-titres tout aussi amusants, « Ados chimpanzés, ils sortent en bande », « Ados chiens, ils n’écoutent plus rien », « Ados souris, elles abusent de l’alcool », « Ados éléphants, ils deviennent irascibles et obsédés » et « Ados vaches, elles changent de personnalité », une étude pourtant sérieuse et époustouflante. Qui a un animal de compagnie a bien dû se rendre compte du changement de comportement durant son adolescence.

L’article le plus surprenant, « Cancer, les bactéries pourraient le soigner » (p. 80-84) avec « sept bactéries mobilisées » pour « soigner le mal par le mal », ce qui fait froid dans le dos (comme quoi la science peut faire peur parfois).

Mon article préféré, pour moi qui aime bien avoir la tête dans les nuages et donc qui apprécie l’astronomie, « Face aux colères de Jupiter, première plongée dans la plus furieuse des planètes » (p. 58-65) avec des photos magnifiques envoyées par la sonde Juno (prises en haute définition avec sa Junocam) ! Il y a aussi un billet court sur Mars (p. 38).

Dans ce numéro, près de 90 scientifiques interrogés, du monde entier et je dirais que tous les domaines scientifiques (ou presque) sont présents, les sciences fondamentales (sciences formelles, sciences naturelles, sciences sociales) et les sciences appliquées (entre autres médecine, génétique, éducation, social…), il y en a ainsi pour tous les goûts, et ce premier numéro (vendu à un prix très raisonnable de 4,90 €) est divertissant (il faut, bien sûr, et pas seulement le cahier Pop’Science, p. 85-97) mais surtout instructif, parfaitement documenté et illustré (j’ai tout lu et je n’ai vu aucune faute d’orthographe ou de grammaire, très bon point !), sans être compliqué (j’ai tout compris même dans des domaines que je connais beaucoup moins !). Donc j’ai très envie de lire le deuxième numéro paru en août (mais après une lecture littéraire).

Vous aussi, vous souhaitez une agréable lecture, enrichissante, à petit prix ? Lisez ce premier numéro d’Epsil∞n !

L’anomalie de Hervé Le Tellier

L’anomalie de Hervé Le Tellier.

Gallimard, collection Blanche, août 2020, 336 pages, 20 €, ISBN 978-2-07289-509-8.

Genres : littérature française, science-fiction.

Hervé Le Tellier naît le 21 avril 1957 à Paris. Il étudie les mathématiques puis le journalisme et la linguistique. Il est auteur (romans, nouvelle, théâtre, poésie), journaliste et éditeur. Il est membre de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) depuis 1992 et en est le président depuis 2019. De nombreux titres sont parus depuis 1990 mais je n’avais jamais lu cet auteur. L’anomalie reçoit le Goncourt 2020 mais j’avais très envie de lire ce roman avant la réception de ce prix.

Ce roman est en collection Blanche, sûrement pour toucher un large lectorat mais c’est bien de la science-fiction publiée en littérature générale.

Paris. Blake connaît la mort depuis l’enfance, un chien écrasé par sa mère, la chasse avec son oncle, « Il est déjà méticuleux, prudent, imaginatif, à l’extrême. Il a vu tellement de films. » (p. 16) et il devient tueur professionnel.

Victor Miesel est écrivain mais « malgré un prix littéraire très parisien » (p. 25), il ne rencontre pas le succès alors, pour vivre, il fait des traductions, mais il écrit un dernier roman, L’Anomalie.

Paris. Lucie Bogaert est monteuse de cinéma et travaille pour plusieurs réalisateurs. Elle a un fils, Louis, et son ancien amant architecte lui offre L’Anomalie lors de leur séparation.

New York. David apprend qu’il a une « tumeur […] sur la queue du pancréas, à l’opposé de l’intestin grêle […] une tumeur maligne. Cancéreuse. » (p. 43).

Voici les premiers personnages de ce roman, il y en a quelques autres (une avocate, un chanteur nigérian par exemple). Ils ne se connaissent pas, ils se sont peut-être aperçus. Leur point commun ? Ils étaient sur « le vol AF006 Paris-New York » (p. 49) le 10 mars 2021 lorsque le Boeing 787 a été confronté à un immense cumulonimbus, à une tempête de grêle et de fortes agitations. Chaque chapitre est consacré a un personnage et, pour chacun, l’auteur a bien ciblé les choses importantes de leur vie et de leur caractère en peu de pages.

Dans la publication de L’Anomalie de Victor Miesel, très vite publié par les éditions de l’Oranger après le décès de l’auteur, je vois une critique du monde de l’édition, une « évidence nécrophile : la critique, le public vont adorer cette histoire de livre remis juste avant le grand saut. » (p. 82).

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce roman, c’est tout ce qui est mis en place par les militaires, les scientifiques et les responsables de toutes les Agences à la McGuire Air Force Base de Trenton dans le New Jersey. Tous essaient de comprendre l’anomalie du 10 mars et du 24 juin. « Mais le protocole 42… On ne peut pas être confronté au protocole 42. » (le professeur Adrian Miller, probabiliste, p. 129).

J’avais regardé l’interview de l’auteur au 28’ sur Arte (lien ci-dessous), j’avais lu et entendu des choses sur ce roman mais rien ne me préparait à ce que j’ai finalement lu (j’avais quand même préservé le maximum avant de le lire) et je peux vous dire ma surprise à la lecture de ce roman extraordinaire, multi-genres, inventif.

C’est pourquoi je ne veux rien divulgâcher mais je peux vous mettre l’eau à la bouche et vous « parler de la ‘réalité’. Toute réalité est une construction, et même une reconstruction. Notre cerveau est scellé dans l’obscurité et le silence de la boîte crânienne, et il n’a accès au monde que par les capteurs que sont nos yeux, nos oreilles, notre nez, notre peau : tout ce que nous voyons, sentons, lui est transmis par des câbles électriques, nos synapses… nos cellules nerveuses. » (p. 165). Ah, vous n’y connaissez rien en sciences… pas grave, vous pouvez bien sûr lire ce roman !

Le passage qui m’a fait sourire. « Le président français parle, parle, avant – fait rare – de laisser la parole au bout de cinq minutes à son conseiller scientifique. Pour ne pas ajouter de l’excentrique à l’incompréhensible, le mathématicien a rogné son aspect de savant fou, troqué sa perturbante lavallière pourpre pour une fine écharpe de soie beige, sans se résigner à décrocher du revers de sa veste une araignée d’argent. » (p. 223-224).

Malheureusement, malgré les protocoles scientifiques et religieux, certains voient l’anomalie comme une abomination mais, comme avec la présentation des protagonistes, l’auteur vise juste, sans complaisance mais sans forcer le trait non plus et invite ses lecteurs à se positionner, à se confronter (soi-même, les autres, la société…).

Un roman que j’ai trouvé excellent, c’est la première fois que je lisais un titre de Hervé Le Tellier et j’en lirai d’autres assurément. Ah, et rien à voir avec Le silence de Don DeLillo (je me posais la question en juillet mais le thème est vraiment différent).

Pour le challenge Littérature de l’imaginaire #9. D’autres l’ont lu et l’ont apprécié ou pas, comme Alex, Alice, Antigone, Cannibal Lecteur, Chien critique, Hélène, Jostein, Krol, Maki, Pamolico, Zazy, entre autres.

Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez Hervé Le Tellier à partir de 1’30 jusqu’à 14’00.

Erectus de Xavier Müller

Erectus de Xavier Müller.

XO, novembre 2018, 440 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-617-0.

Genres : littérature française, thriller, science-fiction.

Xavier Müller naît le 3 octobre 1973 en France. Il est Docteur en Physique, journaliste scientifique et romancier. Il me semblait bien que cet auteur me disait quelque chose ! J’ai lu il y a bientôt 10 ans son premier roman, Dans la peau d’un autre, un thriller à la fois scientifique et science-fiction (comme Erectus).

Province de Mpumalanga, Afrique du Sud, 13 juin. Petrus-Jacobus Willems, le gardien, et sa chienne boerbel Chaka entendent l’alarme. Les scientifiques fuient et il est chargé de fermer le laboratoire. « Contentez-vous de tout fermer et barrez-vous. » (p. 14). Mais, avant de partir, le gardien vole un singe capucin et un chimpanzé mord Chaka…

Pretoria, Afrique du Sud, 10 juillet. La virologue Cathy Crabbe et son assistant, Mike Jones, analysent des cellules d’éléphanteau du Wildlife Center du Parc Kruger. L’éléphanteau est-il malade, serait-ce « une variante du virus Ebola » (p. 27) ? En tout cas l’agent pathogène provoque des métamorphoses, non seulement sur l’éléphanteau mais aussi sur Kanzi, un gibbon du laboratoire. Cathy rédige donc une déclaration de maladie inédite et donne le nom de virus Kruger.

Que je déteste les tests sur les animaux ! Ils mènent à la catastrophe… Mais j’ai bien aimé comprendre tout ce qui se met en place dans un tel cas de contamination, tout ce qui se déclenche jusqu’à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et surtout le choix des membres d’une équipe restreinte, les risques encourus comme « le risque de contamination, le risque écologique, le risque sanitaire » (p. 91).

Faut-il accepter la « règle implicitement admise : la loi de Dollo. En substance cette loi pose que l’évolution est un phénomène à sens unique. Une flèche pointée vers le futur. Pour vous donner un exemple concret, les serpents ne récupéreront jamais les pattes de leurs ancêtres lézards. Ou bien ce serait au prix de millions d’années d’adaptation à un nouvel environnement… L’idée d’une possible régression des espèces serait… comment vous dire… » (Nicolas Barenski, directeur du Museum d’histoire naturelle de Paris, p. 40) ou penser que l’éléphanteau et le gibbon aient pu être transformés par un virus « en un genre de cousin[s] de [leur] version ancestrale. » (p. 39).

En tout cas, s’il y a une scientifique qui défend la théorie de la régression, de l’évolution à contre-sens, c’est la Française Anna Meunier, trentenaire, paléontologue marginalisée par ses confrères et pourtant « Brillante, maligne, réalise. » (p. 41). Mais elle travaille sur des fouilles à Kaimana en Nouvelle-Guinée. Anna abandonne le fossile complet de l’archéoptéryx qu’elle vient de découvrir avec ses étudiants pour suivre Lucas Carvalho, biologiste de l’OMS, en Afrique du Sud.

Le responsable du Wildlife Center du Parc Kruger, Dany Abiker, présente l’éléphanteau, surnommé Quatre-Défenses par son petit-fils, Kyle, aux deux scientifiques. L’éléphanteau est devenu un gomphotherium (un de ses lointains ancêtres). Dany Abiker a construit un enclos dans lequel vivent une girafe et son girafon devenus des giraffokeryx qui « vivaient il y a trente millions d’années » (p. 76), quatre gomphotheriums adultes et un dinohippus, l’ancêtre du zèbre. « […] le virus qui avait contaminé ces animaux provoquait bien une régression évolutive semblable à celle subie par son dinosaure à plumes en Nouvelle-Guinée. Cela expliquait l’anomalie chronologique. Restait à prouver la récurrence du phénomène. Le virus avait frappé dix millions d’années auparavant et aujourd’hui. À deux reprises, donc. Au moins deux… » (p. 77). Mais « il y a un détail qui cloche. […] Le zèbre a régressé de vingt-cinq millions d’années, environ. Le gomphotherium aussi. Mon fossile de dix et les fleurs d’acacia de cent trente ! […] ces bonds paraissent aléatoires. Cela peut frapper une large palette d’espèces sur un delta de plusieurs millions d’années. […] Nous devons stopper ce virus avant qu’il n’infecte la planète. » (p. 83).

Quant aux moqueries de certains collègues scientifiques sur le « virus des cavernes » (p. 34), je me demandais s’il y avait des cavernes au Parc Kruger, eh bien la réponse est simple : « Nulle part vous ne trouverez de cavité souterraine dans la région. » (Dany Abiker, p. 113). Il faut croire que certains scientifiques malgré leur intelligence scientifique sont stupides…

Je précise que ce roman est paru en novembre 2018 soit deux ans et un trimestre avant la pandémie du coronavirus mais ce virus Kruger (de fiction ?) qui se transmet, non seulement aux animaux et aux végétaux mais aussi aux humains, nous questionne sur d’autres virus comme le sida, Ebola, la grippe aviaire et bien sûr les coronavirus découverts plus récemment. « Nous ignorons tout ou presque des mécanismes biologiques de la régression. Nous présumons juste qu’elle est causée par le réveil de gènes silencieux qui peuplent notre génome. » (p. 172).

Les personnages oscillent entre leur vie professionnelle intense (et indispensable pour l’humanité) et leur vie privée. Par exemple, Anna Meunier a un amoureux, Yann Lebel, chercheur océanographique qui va d’ailleurs se retrouver face à un pakicetus, l’ancêtre de la baleine, et Stephen Gordon, le patron de Lucas Carvalho à Genève, s’occupe de Lauryn, sa fille devenue mutique depuis que sa maman est morte. Cela les fait paraître plus humains, plus proches du lecteur.

J’ai dévoré ce roman, en deux fois, et j’ai pris moins de notes la deuxième fois mais j’ai tout de même noté deux extraits. Le premier au sujet du laboratoire Futurabio qui crée des produits à partir de la Nature donc sensés être bons et sains (et bio en plus). « […] deux hypothèses. La première partait du postulat que Futurabio avait découvert le virus dans le parc Kruger et construit un labo pour l’étudier en 2011. Leur erreur aurait alors été d’embaucher comme agent de sécurité un trafiquant d’animaux sauvages qui avait exporté le virus. La seconde hypothèse supposait que Futurabio était la source même du problème. Ses chercheurs auraient créé le Kruger, ou modifié un virus préexistant, et, intentionnellement ou non, l’auraient laissé s’échapper dans la nature. Dans les deux scénarios, leur responsabilité était engagée […]. » (p. 228-229).

Le deuxième concerne la gestion russe du virus après qu’il ait contaminé des humains. « Donc l’humanité s’apprête à vivre terrée à l’intérieur de ses frontières pendant les mois à venir, l’économie est en train de s’effondrer, et tout ce que propose l’OMS, si je vous suis bien, c’est : ‘Il nous faut plus de lits pour accueillir les malades infectés !’ Et ensuite monsieur Gordon, que ferez-vous de ces… erectus ? » (Andreï Akoulov, responsable russe au siège de l’OMS à New York, p. 266).

Je ne suis pas surprise de voir que tout est plausible, tout est possible, et que le monde est en train de vivre ça depuis un peu plus d’un an avec un autre virus et, que la contamination soit « naturelle » ou créée par des scientifiques, qu’elle apparaisse sur un continent ou sur un autre, elle a vite fait le tour du monde pour devenir une pandémie. L’auteur met dans ce roman de la science (pour nous faire réfléchir) et de la fiction (pour nous divertir) et livre un très bon roman cauchemardesque. On sait tous maintenant qu’un virus dans la vraie vie peut être lui aussi cauchemardesque mais laissez-vous quand même tenter par Erectus !

Il existe un mini-site consacré à Erectus et un deuxième tome, Erectus – L’armée de Darwin, paru en février 2021, que je veux lire absolument.

Pour les challenges À la découverte de l’Afrique, Animaux du monde #3, Challenge lecture 2021 (catégorie 39, un livre dont le titre est dans une langue étrangère, Erectus étant du latin), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Être humain avec Erectus pour Homo Erectus), Polar et thriller 2020-2021 et Printemps de l’Imaginaire Francophone (un auteur à découvrir absolument avec Dans la peau d’un autre ou avec Erectus).

La fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont

La fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont.

Dargaud, Hors collection, septembre 2020, 192 pages, 25 €, ISBN 978-2-50508-360-3.

Genres : roman graphique français, Histoire, science, fantastique.

Pierre-Henry Gomont naît en 1978 en France. Il étudie le commerce puis la sociologie mais se lance dans la bande dessinée (dessinateur et scénariste) en autodidacte en 2011. De briques et de sang (2010, épilogue), Kirkenes (2011), Catalyse (2011), Crematorium (2012), Rouge Karma (2014), Les nuits de Saturne (2015, adaptation du roman de Marcus Malte), Pereira prétend (2016) et Malaterre (2018) pour lesquels il reçoit plusieurs prix.

18 avril 1955, Albert Einstein meurt. Thomas Stolz Harvey, anatomopathologiste à l’hôpital de Princeton, le médecin chargé de l’autopsie, décide de voler le cerveau d’Einstein pour l’étudier, comprendre son fonctionnement et peut-être connaître la gloire. L’auteur précise qu’il a « pris certaines libertés avec des faits historico-scientifiques fort bien documentés ».

Dehors, le brouhaha de centaines de journalistes. Dans la salle d’autopsie, « un silence de cathédrale ». Vite, le cerveau dans un bocal avant la conférence de presse. C’est que Einstein n’a pas fait don de son corps à la science et a demandé à être incinéré.

Stolz rapporte le cerveau chez lui mais Einstein apparaît et lui parle. « Tu veux regarder ce que j’ai dans la caboche, c’est ça ? […] Formidable ! On va faire ça ensemble, tous les deux. » En fait, Stolz pense à son amie, le Dr Marianne Ruby qui, elle, est neurologue.

Mais le FBI s’en mêle et voilà Stolz, le cerveau et le fantôme d’Einstein (visibles par tous) en cavale ! « Ce qu’on va faire, mon garçon, c’est se mettre un peu au vert. Quelques jours, pas plus. Le temps que ce petit monde se calme. » Et en effet, ils sont bien tranquilles « dans un recoin isolé du Minnesota » puis dans un asile en ruine « au fin fond du Kansas » où vit le Dr Seward, un ancien professeur de Stolz, quelque peu dérangé. « Votre cerveau. Il nous en faut un neuf. Nous allons le cloner. »

Bon, j’avoue que ne n’ai pas tout compris au niveau scientifique (en particulier sur les cellules gliales) mais je me suis régalée avec les dessins vraiment expressifs et avec ce road movie rocambolesque fictif mais inspiré de la vérité historique puisque le cerveau d’Albert Einstein a bien été volé par Stolz durant l’autopsie. L’auteur parle de science et d’éthique, un scientifique a-t-il le droit de tout faire, même d’aller à l’encontre des dernières volontés d’un humain, d’un autre scientifique (qui détestait la bêtise plus que tout, ça, ça me plaît). C’est drôle, c’est enlevé et…. j’imagine très bien tout ça en film d’animation !

Une très belle lecture pour La BD de la semaine et Challenge BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 14, un roman graphique), Littérature de l’imaginaire #9 et Printemps de l’imaginaire francophone 2021. Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Le prix de Cyril Gely

Le prix de Cyril Gely.

Albin Michel, janvier 2019, 224 pages, 17 €, ISBN 978-2-226-43710-5.

Genres : littérature française, roman scientifique.

Cyril Gely naît le 23 mars 1968 à Boulogne-Billancourt. Il étudie le commerce et la finance mais se lance dans une carrière de comédien et de metteur en scène de théâtre (Signé Dumas en 2003, Diplomatie en 2011) puis de scénariste (Chocolat en 2016). Il est auteur de romans depuis les années 90 : La traversée (Spengler, 1995), Le cercle de pierre (Anne Carrière, 1997), Poétique du combat (Krakoen, 2009), Toujours libre, la saga des Saint-Quare (Le Rocher, 2014), Fabrika (Albin Michel, 2016) et c’est un écrivain que je ne connaissais pas avant Le prix !

10 décembre 1946, Grand Hôtel de Stockholm. L’Allemand Otto Hahn, 67 ans, doit recevoir le Prix Nobel de Chimie « pour sa découverte de la fission nucléaire » (p. 18) mais « Nul ne sait ce que nous réserve le passé. » (p. 11). L’Autrichienne Lise Meitner a travaillé pendant plus de trente ans avec le scientifique au Kaiser-Wilhelm-Institut de Berlin sur la physique atomique et elle n’était pas une simple assistante alors ce Prix Nobel, elle devrait le recevoir aussi ! Mais, comme elle a dû fuir l’Allemagne en juillet 1938 et se réfugier en Suède, elle est éliminée de l’histoire scientifique… « Hahn sort de sa douche et s’observe un court instant dans le miroir. Il peut se regarder sans frémir. Ce qui s’est passé en Allemagne pendant la guerre a certes été horrible, mais il ne se sent ni coupable, ni responsable. » (p. 17). Edith, l’épouse d’Otto est dans la chambre d’à côté et elle se doute que Lise va rendre visite à son mari avant la remise du prix.

Petit clin d’œil : dans la chambre d’Otto, il y a une copie du tableau Tempête de neige en mer de William Turner. La tempête ici, elle est dans la chambre d’hôtel, elle est dans les âmes.

Huis-clos glaçant, souvenirs et règlements de comptes, chacun (Lise et Otto) campe sur ses positions. Mais « La mémoire nous joue parfois de drôles de tours […]. » (p. 58). « Au moins, dit-il en quittant la fenêtre, aucun de nos scientifiques n’a du sang sur les mains. – Aucun ? – Pas un seul. – Si avoir du sang sur les mains, c’est tuer quelqu’un, tu as sans doute raison. Si, en revanche, c’est dénoncer les gens, fabriquer des bombes ou favoriser l’eugénisme, les scientifiques dont tu parles n’ont rien à envier aux assassins. » (p. 41). C’est que les scientifiques allemands, même s’ils n’adhéraient pas aux idées du parti nazi, ont participé à l’Uranprojekt car Hitler voulait absolument la bombe, dès 1942, mais Otto poursuit : « […] qu’on luttait de toutes nos forces pour ne pas livrer la bombe. Qu’on traînait les pieds. Qu’on inventait toutes les excuses du monde pour justifier nos retards. Hitler hurlait. Hitler entrait dans des rages folles. Mais nous avons tenu bon. Et je peux t’affirmer en te regardant droit dans les yeux : nous les scientifiques allemands, n’avons pas de sang sur les mains ! » (p. 95). Otto Hahn est-il sincère ? Dit-il la vérité ou veut-il simplement se justifier, se dédouaner ? En tout cas, « Huit ans qu’elle attendait cette entrevue, qu’elle l’imaginait jour après jour. Elle avec Hahn. Elle contre Hahn. Huit ans. Et ce jour est enfin arrivé. » (p. 63). Et il n’est pas facile – sinon impossible – de simplement tourner la page, de tout oublier et de continuer à vivre comme si rien ne s’était passé ! « Tu ne mérites pas le Nobel. Ni aucun autre prix. » (p. 124). L’excuse, la piteuse excuse, d’Otto… : « Tu étais juive, Lise, lâche-t-il finalement. Je ne pouvais pas associer mon nom au tien. » (p. 175).

Voilà, tout est dit… Lise était femme et juive… Ce roman atypique (inspiré de personnages et de faits réels) et impressionnant de rigueur remet, avec Lise Meitner, la place de la femme dans le monde scientifique. J’ai l’impression que les auteurs parlent peu des femmes dans la science. Bien sûr, il y a des exceptions avec des noms très connus comme celui de Marie Curie (qui travaillait avec son mari) mais, en général, les femmes sont mises de côté et travaillent dans l’ombre d’un homme (père, frère, époux)… Alors, à l’heure où on apprend que, par exemple, de nombreuses femmes ont fait progressé l’informatique avant que les hommes ne prennent le pouvoir dans cette branche scientifique et technologique, il est bon de savoir que de nombreuses femmes étaient (sont !) douées pour les sciences, ont fait avancer les choses (parfois seules) et que la science n’est pas (du tout) une affaire d’hommes !

Un roman de la Rentrée littéraire de janvier (mais, comme je le disais hier, je n’ai pas vu de challenge pour 2019, dommage). Et il y a finalement un challenge Rentrée littéraire janvier 2019.

Apparences de Lydia Le Fur

Apparences de Lydia Le Fur.

Auto-édition [lien mon Best Seller], avril 2017, 12,65 €, 204 pages, ISBN 978-2-9559558-1-9.

Genres : thriller, science-fiction.

Lydia Le Fur naît à Saint Malo (patrie des Étonnants voyageurs). Elle est professeur d’anglais, elle aime les thrillers et le cinéma. Apparences est son premier roman. Plus d’infos sur son blog (avec Lune de Miel) et sa page FB.

Début décembre. Liza Devreau, jeune peintre parisienne, se rend à New York où ses toiles vont être exposées (à la galerie Arbora à Chelsea). Au moment de monter dans le taxi pour l’aéroport, un coup de feu retentit mais, après un petit moment de panique, Liza ne se rend pas compte que quelqu’un a essayé de la tuer. « En plein SoHo, elle se sentait bien, proche des galeries d’art et des musées. » (p. 15). Au bar de son hôtel, elle est abordée par un bel homme qui veut la revoir et le lendemain, elle est abordée dans la rue par un journaliste un peu détective (habillé comme Sherlck Holmes) qui la suit depuis Paris ! « Je me méfie toujours des apparences. C’est comme ça qu’on reste en vie et que l’on fait un bon journaliste ou un bon détective. » (p. 23). Et le journaliste se précipite sur elle car un coup de feu est tiré : pour la deuxième fois, quelqu’un a essayé de tuer Liza, et Thomas Rivard (puisque c’est comme ça qu’il s’appelle) a repéré l’homme armé.

Qui veut tuer Liza et pourquoi ? Mais si le tireur d’élite a raté deux fois sa cible, c’est parce qu’il ne comprend pas pourquoi son employeur veut qu’il tue cette jeune femme lumineuse et talentueuse. « Il se dit qu’elle faisait partie de ces gens qui vous attirent, qui vous arrêtent, des gens dont la beauté intérieure transparaît au dehors, que l’on ne peut s’empêcher de regarder quand ils entrent dans une pièce, des gens qui stoppent les conversations, vers qui l’on se retourne. Elle était un de ces êtres à part et il devait la tuer. » (p. 41-42).

Le lecteur en apprend un peu sur l’Art et le fonctionnement d’une galerie, sur la ville de New York et la devise de sa police : « Courtoisie, professionnalisme et respect. » (p. 49) mais le détective John Berkley n’a pas le temps de mener une enquête car Liza et Thomas filent à Oxford en Angleterre pour se mettre à l’abri et comprendre.

Lorsque Liza est enlevée, les phrases se font plus courtes, plus percutantes et j’ai trouvé que ça montrait bien l’affolement et la peur de Liza.

Je ne dévoilerai rien du pourquoi du comment et il faudra que vous lisiez ce roman mi thriller mi science-fiction pour découvrir la vérité ! Apparences est en fait une réflexion sur l’Art, sur la vie, sur la science : « Avancer avec son temps. Toujours avancer. Et même devancer. » (p. 187) et sur l’obéissance aux ordres. Cette lecture fut une belle découverte avec des surprises (par exemple, il y a des références amusantes à Sherlock Holmes et à George Clooney, l’auteur est sûrement fan !) mais j’aurais voulu en lire plus ! J’ai appris que Lydia Le Fur est en train d’écrire une suite, c’est une bonne nouvelle car elle a une « belle plume » comme on dit et j’espère qu’elle développera plus ses personnages en particulier Liza et le lieutenant Mathieu (le tireur d’élite). Voilà, pas un coup de cœur mais une chouette lecture pour une soirée.

Un passage que j’aime bien : « On ne parle plus que de ça, chez le coiffeur, chez le boucher, au bar, entre collègues. Cela permet d’oublier les malheurs de son quotidien. Les actualités, ce sont les jeux modernes. Du pain et des jeux, du pain et des infos, voilà ce que réclame le peuple et tout le monde est content. Un peu de guerre, un peu de sexe, un peu d’amour et de beaux sentiments, un peu de terroir et de région, un peu de sport de balle sur une pelouse verte et des scandales financiers te hop ! c’est fait, les gens font de beaux rêves. » (p. 79).

Et un autre : « L’humour est une grande qualité. Sans humour, la vie serait bien triste. » (p. 176).

Une petite remarque à propos du « à » majuscule, j’ai repéré quelques (quatre) « A » alors qu’un peu plus loin, il y a bien « À », c’est un petit détail mais (comme je suis chiante), la lettre majuscule reste la même lettre que la lettre minuscule et garde donc son accent (ou sa cédille) qu’elle soit écrite en minuscule (bas-de-casse) ou en majuscule (grandes capitales ou petites capitales).

Une lecture pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Titre mot unique), Polar et thriller et S4F3 #4 (le roman est à la fois thriller et à la fois SF).

Ce roman est un livre voyageur organisé par Julie du blog Ju lit les mots + lien vers sa note de lecture. Je remercie donc Julie pour cette initiative et Lydia Le Fur qui m’a envoyé directement son livre. Et je souhaite bonne lecture aux participants suivants.

Mes coups de… /4-2018

Stephen Hawking (NASA, 1974)

De nouveau un…

Coup de blues

Stephen Hawking 😥 8 janvier 1942 (Oxford) – 14 mars 2018 (Cambridge). Un des plus grands physiciens de la deuxième moitié du XXe siècle, malgré sa maladie. Physique quantique, cosmologie, trous noirs… avec lui, on comprenait (presque) tout !

R.I.P.

Mes coups de… /9-2017

Un petit billet « Mes coups de… » scientifique !

Coup de cœur

Ce matin, en feuilletant mon programme télé, je repère une nouvelle émission scientifique de 45 minutes, Scientastik, pour science et fantastique, présentée par Alex Goude, sur France 4. Elle était diffusée hier soir mais pas de panique : replay ! C’est extrêmement rare que je regarde la télévision le dimanche matin mais je pense qu’avec cette émission, ça peut devenir une habitude car Scientastik est un programme instructif original et innovant. 😉

Deux émissions : la première sur le tourisme spatial (rêve ou réalité ?, historique de la conquête spatiale, dans la peau d’un astronaute, projets actuels et futuristes…) ; la deuxième sur les transports du futur (automobiles volantes, voitures autonomes, avion solaire, bateau Energy Observer, prototypes, téléportation ?, énergie propre…).

D’un côté beaucoup de professionnalisme, de l’autre un brin d’humour avec des jeux de mots et même quelques extraits de chansons. Une intéressante rubrique « Bidon ou béton ». Des références à la science-fiction (cinéma, séries, littérature). Un chouette décor moderne, des pastilles avec Marion Seclin (comédienne et auteur), Bruce Benamran (vulgarisation scientifique et auteur) et Dycosh (humoriste).

Les deux prochaines émissions auront pour thème les robots et l’homme augmenté. Et j’espère que le public va adhérer et qu’il y en aura d’autres !

10 milliards de Stephen Emmott

10Milliards10 milliards de Stephen Emmott.

Fayard, octobre 2014, 208 pages, 12 €, ISBN 978-2-213-68096-5. Ten Billion (2013) est traduit de l’anglais par Sylvie Lucas.

Genres : essai, littérature anglaise.

Stephen Emmott est né le 3 juin 1960. Il a étudié les sciences et la psychologie expérimentale à Cambridge (Angleterre) puis les neurosciences computationnelles à l’Université de Stirling (Écosse). Il est professeur et auteur.

« Notre intelligence, notre inventivité et nos activités ont modifié presque chaque parcelle de notre planète. Celle-ci subit très fortement notre influence. De fait, notre intelligence, notre inventivité et nos activités sont à l’origine de tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui à l’échelle mondiale. » (p. 6).

« Comment en sommes-nous arrivés là ? » (p. 14).

Révolutions (agricoles, scientifiques, industrielles), progrès de la médecine, surpopulation, énergies fossiles ou « renouvelables », production industrielle, production outrancière, transports, pollution, climat, écosystèmes, nourriture, eau, déforestation, réchauffement climatique, probabilité de pandémies… : tout est abordé. Constat : augmentations de tout (surpopulation, productions, pollutions…) et chiffres ahurissants. Pessimisme ? Oui ! Mais à juste titre : urgence, point de non-retour !

« Toutes les données scientifiques révèlent l’inéluctable réalité : nous sommes dans le pétrin, un sale pétrin. Et tandis que notre population se rapproche des 10 milliards d’habitants, nous pénétrons en territoire inconnu. Mais, s’il est une chose prévisible, c’est que les choses vont s’aggraver encore. » (page 117).

« J’espère que je me trompe. Mais toutes les données scientifiques indiquent que j’ai raison. » (page 194).

Stephen Emmott est « responsable du département des sciences informatiques au sein de Microsoft Research et dirige à Cambridge un vaste programme de recherche scientifique interdisciplinaire en quête de nouvelles approches pour aborder certains des problèmes fondamentaux de la sphère scientifique. Il est également professeur associé de sciences informatiques à l’université d’Oxford, professeur associé d’informatique biologique à l’University College de Londres et membre honoraire du National Endowment of Science, Technology and the Arts du Royaume-Uni. ». Il n’est donc pas un alarmiste irresponsable ou en quête de couverture médiatique et son essai est à lire de toute urgence ! Même s’il est sûrement trop tard…

Une lecture dans A year in England.