Epsil∞n n° 8 (février 2022)

Epsil∞n n° 8 (février 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, février 2022, 4,90 €.

Ce numéro 8 est construit de la même façon que les précédents numéros, Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021) et Epsil∞n n° 7 (janvier 2022).

Parfois les scientifiques ont des idées bizarres comme le « physicien Richard Feynman au début des années 1980. […] ordinateur quantique […]. Face aux grincheux, aux sceptiques en tout genre, nous devons tenir la ligne : ni naïf, ni blasés… ouverts. » (extrait de l’édito de Muriel Valin, p. 3). C’est ça aussi la science, des idées, souvent de génie (Léonard de Vinci, Galilée…) et parfois des flops (peut-être pour un temps jusqu’à ce que d’autres scientifiques prennent le relai). Et c’est ce que j’aime dans Epsil∞n, l’ouverture d’esprit, et aussi les belles photos et l’humour.

Un numéro toujours richement illustré avec 104 scientifiques du monde entier interrogés. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) et de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques puis le cahier Pop’Sciences.

Les nouvelles avancées de la science, les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, tout cela est passionnant et fascinant, à découvrir dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » (p. 10-19) avec des infos et des photos surprenantes, le décollage du JWST (photo ci-contre), des planètes errantes, la météo modifiée en Chine, les gouffres abyssaux sous les Bahamas, la sonde Parker entrée dans la couronne solaire, le robot Ameca créé par Engineered Arts, etc.

L’enquête, « L’ordinateur quantique, le monde se prépare » (p. 20-41), vous avez entendu parler de la physique quantique et de l’ordinateur quantique ? Pas trop ?… Avec cet article, complet, vous allez tout comprendre, quantique, qubit, les balbutiements, les obstacles rencontrés et les erreurs, les sommes colossales investies, les capacités, les objectifs mais aussi les dangers (sécurité des informations et des communications). L’info qui tue… « Janvier 2021. La France lance son plan quantique. […] L’Allemagne et les États-Unis ont lancé leur plan quantique en 2018 ; la Chine dès 2011 […] . » (p. 23). Mieux vaut tard que jamais ! À retenir : années 1980 = phase exploratoire, années 1990 = phase théorique, années 2000-2010 = phase expérimentale (p. 25) et maintenant ce sont les phases d’amélioration, de développement et d’optimisation, ça avance à une vitesse incroyable et ça sera bénéfique pour plusieurs domaines (mathématiques, informatique médecine…), les spécialistes parlent même déjà de « post-quantique » !

Le dossier, « Comment nous sommes devenus gentils (p. 42-57), agressivité refoulée et gènes qui nous rendent moins impulsifs (bon, pas chez tout le monde, hein !), tout ça vu par des analyses génétiques sur des embryons et ce développement différent se répercute sur le comportement ensuite. Alors, les humains du XXIe siècle (évolution commencée il y a 300000 ans), plus compréhensifs, plus tolérants, plus bienveillants, plus sociables ? Voyons voir ça ! « L’humain, un animal domestiqué ? » (p. 48). Bon, lisez cet excellent article. De mon côté, je retiens que chez 60 % des espèces, il n’y a pas de violence létale (« lièvres, pangolins, chauve-souris et certaines baleines paraissent totalement pacifiques », p. 49) alors que les humains font partie du groupe des hominoïdés, avec les singes donc et que « les primates se caractérisent par un haut niveau de violence létale : chimpanzés, babouins, cercopithèques ou lémuriens ont une forte probabilité de mourir sous l’assaut d’un membre de leur propre espèce. » (p. 49). Alors, humain bonobo avec « un faible niveau d’agressivité impulsive » ou humain chimpanzé avec un haut niveau d’agressivité préméditée » (p. 52) ? Rendez-vous le 3 novembre pour la journée mondiale de la gentillesse !

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Le casse-tête du cannabis (dans Labyrinthe, p. 28-29), je n’en ai jamais consommé mais plusieurs personnes m’ont déjà demandé si j’en prenais pour lutter contre les douleurs. Justement, un article sur la douleur, La douleur peut naître d’une émotion (dans Contre-pied, p. 30-31), notez que ça « peut » mais… Les forêts humides résistent mal aux feux (dans Atlas, p. 32-33), c’est affreux toutes ces forêts qui brûlent avec faune et flore et qui ne peuvent pas se régénérer… Chasse, faut-il vraiment l’interdire ? (dans Analyse, p. 34-37), je tiens à le dire, je suis contre la chasse mais je comprends qu’il y a une surpopulation d’ongulés (cerfs, chevreuils, sangliers) qui détruisent les écosystèmes (arbres, prairies…), bon OK mais il faut arrêter la chasse aux oiseaux protégés ou en voie de disparition (que seule la France autorise en Europe) et aux petits mammifères qui ne sont pas des espèces nuisibles au contraire (qui sont les nuisibles ?), mais bon « dialogue de sourds »… L’ultra blanc, une nouvelle couleur (p. 58-61). Les planètes de la seconde chance (p. 62-69), « ce que les astronomes voulaient, c’était mettre la main sur une vraie planète. Entière. Intacte. Qui soit restée à la même place que celle qu’elle occupait au temps de la splendeur perdue de son étoile. » (p. 65), lumière, eau…, « Elles pourraient être habitables ! » (p. 68), passionnant. L’incroyable histoire du crapaud devenu cannibale (p. 70-73), introduit en Australie dans les années 1930, le crapaud buffle a dû évoluer pour survivre, effrayant ! La folie des micro-lanceurs (p. 74-79), finis les mastodontes, « C’est à celui qui inventera la technologie la moins chère, la plus écolo, la plus pratique pour propulser des engins dans l’espace à plus de 8km/s, la vitesse minimale pour échapper à la gravité de la Terre. » (p. 76). Forêts, le mystère de leurs pulsations (p. 80-84), chênes, hêtres, abricotiers, oliviers… dans le monde entier des spécialistes étudient les périodes « d’abondance collective [et les] années de vaches maigres » (p. 82-83), plusieurs hypothèses sont émises.

Dans le cahier Pop’Sciences (p. 85-97), la galopade du tardigrade, les dessins des orangs-outans, les kakapos (perroquets) de l’île Stewart, le changement de couleurs des diamants, Récoltes et semailles du mathématicien Alexandre Grothendieck enfin édité (Gallimard, 2 tomes, près de 2000 pages, près de 30 €) et à mon avis pas à la portée de tout le monde !, un astroport chinois très design et élégant, un pare-soleil géant taïwanais, un dirigeable français (« 200 m de long, 50 m de diamètre », p. 93), la nouvelle moto de Nawa Technologies, une nouvelle imprimante 3D, entre autres.

Comme pour le précédent numéro, je dirais quelques pubs ‘ciblées’. Encore un très bon numéro, j’aime beaucoup ce magazine sérieux mais abordable. Je vais lire le n° 9 dès que possible (je continue de rattraper mon retard). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

La machine Ernetti de Roland Portiche

La machine Ernetti de Roland Portiche.

Albin Michel/Versilio, juin 2020, 448 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-22645-154-5.

Genres : thriller, Histoire, science-fiction.

Laurent Portiche est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques, docteur en philosophie et licencié en lettres. Dès le début des années 70, il est réalisateur de documentaires, de séries et d’émissions (scientifiques ou historiques) pour la télévision. Depuis 2017, il est aussi écrivain : Le retour des momies (Stock, 2017), Mémoire totale et Sagesse animale (Stock, 2018), Les enfants de Mathusalem et Harmonies (Stock, 2019), Les maladies rares (Buchet-Chastel, 2021) et la série Ernetti chez Albin Michel/Versilio, La machine Ernetti (2020), Ernetti et l’énigme de Jérusalem (2021), Ernetti et le voyage interdit (2022).

« Avant-propos. Aussi incroyable que cela paraisse, ce roman est basé sur une histoire vraie. Elle s’est déroulée à Rome, au Vatican. Un homme, un prêtre, aurait construit entre 1956 et 1965, en pleine guerre froide, une machine à voir dans le temps. Il s’appelait Peregrino Ernetti. Avec son « chronoviseur », le père Ernetti aurait rapporté toutes sortes d’images du passé, récent ou très lointain. Depuis, cette machine aurait été démontée sur ordre du pape Paul VI, puis dissimulée dans l’obscurité discrète d’une cave du Vatican. Pour quelle raison ? On l’ignore. À partir de là commence une histoire livrée aux seules limites de mon imagination. R.P. » (p. 9).

Mars 1938, région de Messine, nord-est de la Sicile. Ettore Majorana, 32 ans, « l’un des plus grands physiciens du vingtième siècle » (p. 11) fuit une idée « inspirée par le Diable » (p. 11).

Mars 1954. Le jeune père capucin Pellegrino Ernetti est au chevet du padre Pio. Le père Leonardo, envoyé du Pape, « un psychologue reconnu et un membre éminent de l’Académie pontificale des sciences » (p. 13), lui parle d’hypnose et de médecine psychosomatique. Il cherche un jeune assistant comme Ernetti qui a étudié l’histoire et la physique y compris la physique quantique.

Mars 1954, Vatican. Le pape Pie XII, considéré comme « un pape ‘dur’ et très conservateur » (p. 19) a arrêté l’expérience des prêtres ouvriers, « la plupart étaient rentrés dans le rang. Mais pas tous. » (p. 18). Des prêtres français manifestent pour les prêtres ouvriers, pour que l’Église soit au côté du peuple et s’engage dans une certaine libération comme le mariage des prêtres.

1955, dans le domaine de Leonardo. Le vieil homme né en 1881 fait écouter à Pellegrino une bande magnétique qu’il a enregistrée en janvier 1955. Or, ce qui est enregistré est une dispute entre son père et lui lorsqu’il avait 10 ou 11 ans, soit en 1891 ou 1892. Comment a-t-il pu « enregistrer un événement du passé » (p. 23) ?

1955, Rio, Brésil. L’évêque Montini, bras droit du pape Pie XII, doit rencontrer Alberto Pindare de Carvalho, surnommé l’Évêque Rouge, qui vit dans la plus grande favela de Rio, Rocinha, et qui appelle à une révolution sociale pour lutter contre l’asservissement des peuples par le capitalisme. Il veut créer un schisme et fonder l’Église des Pauvres avec des théologiens des pays voisins. Or l’Église catholique se bat contre le communisme et préfère éviter tout basculement politique au sein de l’Église et tout schisme que « le Saint-Siège [craint] autant que le Diable » (p. 29).

Dans ce roman, la religion rejoint donc la science, la politique et le social, la modernité donc et c’est ce qui fait sa force. Serait-ce une « réconciliation entre la science et la foi » (p. 23) ou une folie qui conduira la Chrétienté à sa perte ?

C’est pour éviter cette folie que le pape Pie XII convoque Leonardo et Pellegrino au Vatican en cet automne 1955. Le physicien Ettore Majorana que tout le monde croyait suicidé en 1938 vient de mourir dans un monastère de Calabre et Pie XII a reçu une lettre qui parle de ses travaux sur la physique quantique et les microparticules en particulier les neutrinos (qui étaient considérés comme des particules hypothétiques à l’époque). Montini, Leonardo et Pellegrino sont tenus au secret absolu et partent pour la Calabre pour récupérer « ses travaux mathématiques. Le reste, trois cents pages de calculs, […] conservé dans une caisse, dans sa cellule de Santo Stefano del Bosco. » (p. 35) puis les étudier dans le bunker des caves secrètes du Vatican.

En plus, les premiers manuscrits de la mer Morte ont été retrouvés en 1947 en Israël et des prêtres dominicains sont en train de les étudier (que vont-ils découvrir ?). Le père Hubert de Meaux, qui supervise tout ça en Galilée, envoie une de ses étudiantes, Natacha Yadin-Drori, Juive Ukrainienne, rodée au combat (entraînement de Tsahal, krav maga), récupérer le manuscrit de Dayoub volé après sa découverte, avec Thomas un archéologue français. De Meaux est lui aussi convoqué par le pape Pie XII, inquiet par toutes ces découvertes : vont-elles sauver la Chrétienté ou la mettre en danger ?

Natacha découvre dans le manuscrit récupéré quelque chose d’extraordinaire, des paroles prononcées par Jésus étaient déjà écrites par les Esséniens plus de cent ans avant sa naissance ! De leur côté, Leonardo et Pellegrino avancent dans l’étude des calculs de Majorana. « Cette histoire est vraiment abracadabrante. Avec ses équations mystérieuses, son savant un peu fou, une machine, un écran, on se croirait dans un roman de Jules Verne ! Le père Ernetti resta un moment silencieux. – Non, mon père, pas Jules Verne. Le père Leonardo le fixa surpris. – Pas Jules Verne, mais Herbert George Wells, l’auteur de La machine à explorer le temps. Ils se regardèrent interdits. Ils venaient de comprendre à quoi servait la machine de Majorana. […] – Non pas « voyager », pas se déplacer physiquement dans le temps, comme dans le roman de H.G. Wells, mais voir dans le temps. » (p. 66).

Pie XII n’a « jamais aimé la science, et encore moins la physique moderne » (p. 67) qui se mêle de ce qui ne la regarde pas… La Création a déjà été mise à mal « avec l’explosion de l’atome primitif des astronomes. Et maintenant, le voyage dans le temps ! » (p. 67). Mais il a une idée derrière la tête, « Si la machine fonctionne, nous aimerions pouvoir l’utiliser pour remonter, disons… de deux mille ans. […] Jusqu’à l’époque où a vécu et prêché notre Seigneur Jésus-Christ. […] Ce serait un grand moment dans l’histoire de la chrétienté, peut-être le plus grand […]. Nous montrerions au monde entier le visage authentique du Christ. » (p. 68).

Le lecteur est plongé dans un grand thriller, époques différentes, pays différents (principalement Italie, Israël et Brésil), personnages différents dont la personnalité et les caractéristiques se mettent en place peu à peu (mais rapidement quand même), chapitres courts (véritable page-turner) avec une grande érudition aussi bien historique que scientifique (les fers de lance de l’auteur). J’aime bien lire ce genre de romans (disons thrillers ésotériques) de temps en temps, en espérant qu’il n’y ait pas d’anachronismes et de choses trop tirées par les cheveux (je veux dire stupides et incompréhensibles qui mènent le lecteur en bateau). Ce qui n’est pas le cas ici, il y a une base historique et véridique (cette machine existerait, ça reste au conditionnel, lire l’avant-propos au début de ma note de lecture) mais l’histoire est passionnante et je ne vous en dis pas plus sinon je devrai arrêter trop souvent ma lecture pour noter des extraits !

Mais il y a de très bons passages, par exemple quand Natacha découvre avec Thomas le site de Qumrân où vivaient les Esseniens avec des rites précis avant l’arrivée de Jésus Christ, ou quand Natacha rencontre Pellegrino Ernetti pour travailler avec lui, ou quand Karol Wojtyla fait son apparition (dans le roman), avant de devenir le futur pape Jean-Paul II. Et aussi, à cette époque où les scientifiques parlent de physique quantique et de la théorie des mondes multiples (ou parallèles), imaginez ce que peut montrer une machine qui utilise des microparticules encore peu connues. Bref, ce premier tome m’a convaincue et je veux lire la suite, Ernetti et l’énigme de Jérusalem (2021) et Ernetti et le voyage interdit (2022).

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 15, un roman de plus de 400 pages, 2e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 31, un roman dont l’action a lieu dans une capitale européenne, ici Rome et le Vatican), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Machine), Polar et thriller 2021-2022 et Une semaine en Italie (avec un peu de retard). Et le nouveau Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 Été ensoleillé, option 1 Mort sur le Nil = policier et thriller).

Epsil∞n n° 7 (janvier 2022)

Epsil∞n n° 7 (janvier 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, janvier 2022, 4,90 €.

Ce numéro 7 est construit de la même façon que les précédents numéros, Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021) et Epsil∞n n° 6 (décembre 2021).

« […] on tâche de vous parler le plus clairement possible des avancées récentes de la science – appelons cela de la vulgarisation. Mais l’objectif n’est pas de vous apprendre quelque chose : c’est de vous le faire sentir. On essaie d’être conteurs, pas professeurs. » (extrait de l’édito de Mathilde Fontez, rédactrice en chef, p. 3). Voilà pourquoi j’aime ce magazine scientifique : il me raconte des histoires, des histoires scientifiques, mais j’apprends des choses aussi et je suis sûre que vous aussi !

Un numéro toujours richement illustré avec 96 scientifiques du monde entier interrogés. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) et de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques puis le cahier Pop’Sciences. Il y a des pages au tout début du magazine dont je n’ai pas encore parlé mais qui peuvent vous intéresser, le « club epsil∞n » avec le courrier des lecteurs et des rectificatifs (2 pages) et le sommaire plus l’ours (2 pages).

Les nouvelles avancées de la science, les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, tout cela est passionnant et fascinant, à découvrir dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » (p. 10-19) avec des infos et des photos surprenantes, un neutrinos détecté dans un accélérateur, le syndrome des éoliennes, les déluges antiques, une 9e planète dans le Système solaire, la sensibilité des mollusques et des crustacés, le réchauffement de l’Arctique, l’ordinateur quantique, un astéroïde lunaire, le rafraîchissement de la Niña… Et des photos extraordinaires comme celle du pou de porc (fascinant mais affreux) ou celle de la gemme jurassique.,

L’enquête, « Paracétamol, l’alerte » (p. 20-27). J’en avais bien sûr entendu parler, il ne faut pas prendre trop de paracétamol, le surdosage est mauvais pour le foie. Eh bien, j’apprends encore plus de choses dans cette enquête. Déjà, plus de 120 médicaments contiennent du paracétamol, une molécule à part (ce n’est ni un antalgique ni un anti-inflammatoire non stéroïdien). « Chez la grande majorité des gens, le paracétamol ne donne pas d’effets indésirables, c’est un médicament très sûr. Au point qu’on peut le croire totalement sûr, mais c’est une erreur. Nicolas Authier, directeur de l’Observatoire français des médicaments antalgiques. » (p. 22). Tout savoir sur le paracétamol et les hormones, le développement neurocognitif, l’immunité, la fertilité, les malformations génitales et ses alternatives (ibuprofène et opiacés).

Le dossier, « Et si la Terre était unique » (p. 42-56). Bien sûr que la Terre est unique ! Je ne crois pas à une planète B, sauf dans les romans de science-fiction ! C’est pourquoi je lis avec intérêt ce gros dossier. Eh bien non, l’espace n’est pas « peuplé de milliards de planètes habitables » (p. 44) ! « Vénus, la plus parfaite jumelle de la Terre n’a jamais pu abriter la vie. […] aucun océan n’a jamais pu s’y former. Vénus n’a jamais été habitable. » (p. 46). Voilà, c’est dit, pas de Martiens, pas de Vénusiens… sauf dans les romans et les films. « La Terre est un berceau à l’équilibre subtil » (p. 51), et fragile… alors prenons en soin, nous n’en avons qu’une seule. Cependant « 4 planètes font encore rêver les astronomes » (p. 53), LHS 1140b, GJ 1132b, Proxima b et Trappist-1 e mais nous ne connaissons pas leur composition (atmosphère, eau, continents…). « […] il va être passionnant d’étudier les exoplanètes et leur atmosphère, même si elles sont très différentes de la Terre. » (François Forget, spécialiste des climats planétaires, p. 55). Pour tout savoir sur les exoplanètes, exoplanet.eu (partiellement en français) et exoplanetarchive.ipac.caltech.edu (en anglais).

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. « Le casse-tête du Bitcoin » dans Labyrinthe (p. 28-29), les cryptomonnaies ou monnaies virtuelles, je ne comprends pas leur utilité et en plus, elles polluent énormément… « Le Moyen-Âge ne croyait pas que la Terre était plate » dans Contre-pied (p. 30-31), le « platisme » est une idée moderne anglaise (2e moitié du XIXe siècle) mais on sait que « la Terre est ronde depuis 2500 ans ! » (p. 30). « Voici les terres qu’il faut protéger à tout prix » dans Atlas (p. 32-33) sans quoi les réserves de carbone seraient détruites d’ici 2050… « Sondage, influencent-ils vraiment le vote ? » dans Analyse (p. 34-37). L’arsenal spatial, le 3e genre dans la langue dans C’est dans l’air (p. 38-39). « Nous avons des couleurs préférées » dans Big data (p. 40), une étude sur 130 langues, intéressante pour moi qui aime la linguistique. Tout savoir sur les « Caresses, la découverte d’un nouveau sens » (p. 58-61), les neurones des caresses qui « ne se dégénèrent pas avec l’âge » (p. 60) et la protéine TAFA4 (qui module la douleur), surprenant. « Ils sculptent dans un grain de sable » (p. 62-69) ou « la matière à toute petite échelle » (p. 62) ou « nanosculpture » (p. 65) ou « nano-architecture » (p. 66). « Anatomie de l’effondrement » (p. 70-73), « la courbe de l’effondrement. Celui des Anciens Pueblos, un peuple d’Amérique du Nord qui, entre le VIIe et le XIIIe siècle, a subi quatre grandes crises avant de disparaître du plateau du Colorado sur lequel il vivait. Un cas d’école qui permet de déchiffrer enfin pourquoi, comment une société s’écroule. » (p. 70), alors facteur externe (le climat par exemple) ou interne ? « Baleines, elles font tourner le monde » (p. 74-77), bilan, les baleines sont importantes, il faut les protéger et il en est de même pour les éléphants qui eux « aussi façonnent totalement l’environnement » (p. 77). « GPT-3, dans la tête de l’IA la plus puissante du monde » (p. 78-84), créée par « la firme californienne OpenAI » (p. 80), hallucinant.

Dans le cahier Pop’Sciences (p. 85-96), les empereurs romains qui ont mal fini, les requins blancs voient les surfeurs comme des phoques, l’accès à l’ombre chez les vaches, la symphonie inachevée de Beethoven, les trous noirs dans une pomme, le plus vieux fantôme au monde, une serre qui dessalinise l’eau et fabrique de l’eau douce, des maisons hyperboles aux Philippines et autres infos surprenantes mais vraies.

Comme pour le précédent numéro, je dirais quelques pubs ‘ciblées’. Encore un très bon numéro, j’aime beaucoup ce magazine sérieux mais abordable. Je vais lire le n° 8 dès que possible (eh oui, je rattrape mon retard). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 6 (décembre 2021)

Epsil∞n n° 6 (décembre 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, décembre 2021, 4,90 €.

Ce numéro 6 est construit de la même façon que les précédents numéros, Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021) et Epsil∞n n° 5 (novembre 2021).

« Epsil∞n est un journal de l’imaginaire. Bien sûr, dans chaque article, on ne vous parle que du réel, tel qu’il est révélé, décrypté, transformé par les nouvelles avancées de la science et de la technologie. Mais si on choisit de parler d’un sujet, c’est parce qu’il nous émeut, nous émerveille, nous inquiète, nous surprend, bref : parce qu’il résonne avec notre imaginaire. » (début de l’édito d’Hervé Poirier, rédacteur en chef, p. 3)

Un numéro richement illustré avec 107 scientifiques du monde entier interrogés. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

Les nouvelles avancées de la science, les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, tout cela est passionnant et fascinant, à découvrir dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » (p. 10-19) avec des infos et des photos surprenantes, comme une première exoplanète détectée dans une exogalaxie, un vaccin contre le paludisme, le wifi sur la Lune, le plus vieux ADN de dinosaure, guérir du diabète, Marckalada au XIVe siècle, les cratères de Mars, les coraux intestinaux…

L’enquête, « Bio, le mur du rendement » (p. 20-27). L’agriculture bio a fêté ses 100 ans en 2020, 186 pays dans le monde la pratiquent mais elle ne représente que 1,5 % de l’agriculture mondiale… De son côté, la France prévoit 18 % des terres cultivées en bio pour 2025, c’est peu en fait… Alors pas de pesticides, OK, mais il faut du carbone, du phosphore et de l’azote pour « la croissance, la respiration et la photosynthèse des plantes » (p. 23) mais ils vont s’épuiser et manquer… alors il va falloir s’adapter et réinventer l’agriculture au niveau mondial. Tout comprendre en lisant cette enquête d’utilité publique.

Le dossier, « La guerre des abysses a commencé » (p. 42-55). Tout savoir sur la cartographie en cours, les découvertes récentes, les ressources qui suscitent évidemment « convoitises et tensions politiques » (p. 43) avec navires, sonars, drones, robots d’extraction minière… Franchement, je crains le pire pour les profondeurs et les espèces qu’elles abritent… Exploration oui, la fosse des Mariannes, Zélandia… (sans pollution si possible), exploitation et rapports de force non (voilà ce que je pense). Plus d’infos sur le blog hisutton.com et sur le site schmidtocean.org (en anglais).

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Le casse-tête du nucléaire dans Labyrinthe (p. 28-29) pour comprendre le pour et le contre du nucléaire et si l’on pouvait « s’en passer d’ici à 2050 pour devenir 100 % renouvelable » (p. 29) ? Réensauvagement dans Idées (p. 30-31) aux États-Unis, en Australie, en Russie, au Royaume-Uni, en Lettonie et même dans le Vercors (Alpes françaises). Les abeilles n’aiment pas les tropiques dans Atlas (p. 32-33) pour découvrir où vivent les abeilles dans le monde. Covid long, est-on face à une nouvelle maladie ? dans Analyse (p. 34-37) pour tout savoir sur les symptômes prolongés du covid (près de 200 !) et le syndrome post-covid. Et quelques autres infos à découvrir dans C’est dans l’air (p. 38-39), À part ça (p. 39) et Big data, où se cache la prochaine pandémie (p. 40) ça fait froid dans le dos. Modélisation de la course parfaite (p. 58-61). JWST (p. 62-67), la France est parmi les 14 pays qui participent à ce télescope spatial James Webb. La particule Axion (p. 68-71). Ils ne firent qu’un ou comment les premiers organismes sont apparus (p. 72-77). Indomptables ! Ou l’histoire secrète des domestications ratées (p. 78-), « Trop farouches ? Solitaires ? Dangereux ? […] ils ne sont pas devenus les meilleurs amis de l’homme. » (p. 79), instructifs ces rendez-vous manqués. J’ai l’impression qu’il y a plus d’articles que dans les précédents numéros.

Dans le cahier Pop’Sciences (p. 85-97), la mémoire des vieilles seiches, le goût bizarre des brocolis, un arbre unique au Pérou (le Picramniale), le vol des libellules, la queue du T. Rex, les méga-tempêtes solaires, La course des géants (un spectacle sur l’espace au théâtre), des étranges maisons (du cabinet Mask Architects) qui captent le vent, des tours qui se nourrissent de la pollution, des robots (Chunk, Dixon et Rikko) qui entretiennent les forêts, l’épouvantail qui repousse les insectes nuisibles, des valises intelligentes, le pneu increvable (Michelin), le vélo de camping… Que d’infos insolites !

Quelques pubs, je dirais ‘ciblées’. Encore un très bon numéro ! Je vais lire le n° 7 dès que possible (oui je sais, j’ai du retard). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Il est toujours possible de consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 5 (novembre 2021)

Epsil∞n n° 5 (novembre 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, novembre 2021, 4,90 €.

Ce numéro 5 est construit de la même façon que les précédents numéros, Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021) et Epsil∞n n° 4 (octobre 2021). Il est richement illustré et cette fois ce sont 99 scientifiques qui ont été interrogés par les journalistes. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

Les nouvelles avancées de la science, les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, tout cela est passionnant et fascinant, à découvrir dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » (p. 12-21) : virus Ebola, exoplanètes, mammouth, regard de robot, tomates modifiées, art pariétal, « ooïdes », carte cosmique, entre autres et de très belles photos (celle de la tique, p. 20, fait froid dans le dos).

L’enquête, « (Au-delà de la pandémie…) La nouvelle ère des pénuries » (p. 22-29). « bois, papier, plaques de plâtre, perceuses, vélos… » (p. 24) et tant d’autres matières premières, minerais et objets divers sont en pénurie depuis la pandémie, la fermeture des usines et l’augmentation des tarifs (chiffres hallucinants p. 23) et « d’autres pénuries nous guettent » (p. 24). Découvrez comment ‘l’usine mondiale’ a déraillé et pourquoi les choses ne vont pas s’arranger parce que « les réserves sont énormes, mais ne suffiront pas » (p. 27) et quelques pays ont un quasi monopole…

Le dossier, « Bienvenue dans le Métavers » (p. 44-), « un gigantesque monde virtuel parallèle […] réseau social ultime » (p. 45). Présent dans la science-fiction depuis plus de 30 ans, le mot ‘métavers’ est inventé en 1992 par Neal Stephenson (dans le roman Snow Crash). Alors, tous virtualisé, connecté, casqué dans ce monde virtuel « déjà peuplé » (p. 54) ? Comprenez tout sur le méta-univers en lisant ce dossier parce que ce n’est plus de la fiction !

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Le casse-tête du télétravail (Labyrinthe, p. 30-31). L’agriculture a été inventée pour se vêtir (Contre-pied p. 32-33). Les sols s’enfoncent de plus en plus (Atlas, p. 34-35). Jeûne, est-il bon pour la santé ? (Analyse, p. 36-39). Tourisme spatial, espèces menacées, fusion. Protéine du stress post-traumatique (p. 58-61), le mystère des animaux fluo (p. 62-69) avec d’étranges photos. Planètes étoiles, elles ne font qu’une (p. 70-75), « les astres forment une même famille » (p. 71). Et un voyage en Tasmanie pour découvrir « la première plante sociale » (p. 76-79), une fougère étonnante.

Dans le cahier Pop’Sciences (p. 85-97), des infos surprenantes sur les pupilles, les Stradivarius, les chauves-souris bavardes, la misokinésie, les étoiles dévoreuses, la forme des œufs, les coquilles de pistaches, les iguanes roses, Blake et Mortimer (oui, les héros de BD !), « une île qui repose sur des déchets » (p. 90-91), des façades potagers, le bateau volant, le vélo de Batman, entre autres.

Bref, encore un très bon numéro mais j’ai remarqué plus de pages de pubs que pour les précédents numéros. Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce 5e numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 6. Il est toujours possible de consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 4 (octobre 2021)

Epsil∞n n° 4 (octobre 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, octobre 2021, 4,90 €.

Ce numéro 4 est construit de la même façon que les précédents numéros, Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021) et Epsil∞n n° 3 (septembre 2021). Il est richement illustré et 97 scientifiques y ont été interrogés par les journalistes. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

Les nouvelles avancées de la science, les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, tout cela est passionnant et fascinant, à découvrir dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » (p. 10-19).

L’enquête, « Espionnage climatique, la traque aux émissions clandestines est lancée » (p. 20-27). Espionner, c’est mal mais ici c’est scientifique et pour la bonne cause ! Les États envoient leurs données sur les émissions de gaz à effet de serre mais il y a des erreurs, des approximations, des omissions… Bref de la tricherie involontaire ou… volontaire ! Alors… « Les pionniers de la surveillance climatique démontrent qu’il est aujourd’hui possible de détecter de plus en plus d’excès, de fuites ou d’émissions jusqu’ici cachées. La fin de l’opacité. » (p. 21). « Un vieil adage de la guerre froide […] commence […] à refaire surface : ‘Faites confiance mais vérifiez’. » (p. 22). Vous voulez découvrir les vilains petits canards ? Tous les continents sont touchés et « un réseau de surveillance globale se met en place » (p. 24) qui pourra « livrer un bilan quotidien des émissions de chaque installation » (p. 25) et « les informations obtenues seront gratuites et accessibles à tous, ça va changer la donne » (p. 27) et c’est tant mieux car il y a urgence !

Le dossier, « Rencontre avec les intraterrestres » (p. 42-55). Les intraterrestres ? « Des organismes hors normes » qui vivent « dans les profondeurs de la Terre, au fond des mines d’or ou dans les abîmes du plancher océanique » « qui constituent d’immenses écosystèmes, résistent à des conditions dantesques, s’abreuvent de radioactivité et vivent jusqu’à 100 millions d’années » (p. 43). Découvrez ces archées, bactéries, champignons, vers, virus et autres intraterrestres inconnus jusqu’à il y a peu car « le monde intraterrestre rivalise de richesse et de complexité avec l’environnement de surface. » (p. 49). C’est incroyable qu’il y ait encore tant de choses à découvrir sur la Terre et « Notre rencontre avec les intraterrestres ne fait que commencer. » (p. 54). Suivre tout ça sur le portail du monde intraterrestre avec la Terre en 3D ou en 2D Portal Gplates Biosphère, le site du navire scientifique de forage The Joides Resolution, la chaîne YouTube réunissant des chercheurs dans le monde Deep Carbon et le fil Twitter de Deep Biosphere (le tout est en anglais).

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Contre-pied « L’obésité n’est pas forcément une maladie » (p. 30-31). Labyrinthe « Le casse-tête du glyphosate » (p. 32-33). Analyse « Population mondiale – La bombe démographique est-elle désamorcée ? » (p. 34-37). « Magnétisme, le maître caché de l’univers » (p. 58-65) avec de magnifiques photos. « L’éternel retour de l’effet Mozart » (p. 66-69), attention, il y a des morceaux de musique classique qui sont bénéfiques (« limiter l’épilepsie, booster le Q.I., soigner Parkinson… » p. 66) et d’autres non ! (ci-dessous le 1er mouvement de la sonate K448 pour deux pianos, écoutez et… alors ?). « On sait cultiver le métal ! » (p. 70-73), récolter du paladium, de l’or, du nickel, du manganèse, de l’aluminium, du thalium, du cobalt, du cadmium, du zinc, etc. par les plantes, incroyable mais « L’agriculture minière est née. » (p. 71). « Île de Pâques, le mythe s’effondre » (p. 74-79), non les Rapanuis n’ont pas tout détruit sur l’île sur laquelle ils vivaient et « Au fil des études scientifiques, le récit de l’effondrement… s’effondre. » (p. 77). « Et la lumière devint matière » (p. 80-84), « C’est tellement inimaginable, qu’on croirait de la magie… Il aura fallu plus de cent ans aux physiciens pour vérifier enfin à l’échelle des particules la géniale intuition d’Einstein, son fameux E=mc². Quand deux photons se percutent, ils se métamorphosent en matière ! » (p. 81), si vous n’avez jamais compris ce que signifiait E=mc², lisez cet article !

Dans le cahier Pop’Sciences (p. 85-97), toujours des infos scientifiques mais plus fun, les ours qui chassent, Eagle le module d’Apollo 11 en orbite autour de la Lune, le rapetissement des humains, les décimales du nombre Pi, les anémones de mer qui mangent des fourmis, la série Fondation d’Isaac Asimov adaptée en série télévisée (bande annonce ci-dessous), les 30 ans de la Fête de la Science et quelques autres infos étonnantes.

Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce 4e numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 5. Il est possible de consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 3 (septembre 2021)

Epsil∞n n° 3 (septembre 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, septembre 2021, 4,90 €.

Après avoir dévoré Epsil∞n n° 1 (juillet 2021) et Epsil∞n n° 2 (août 2021), j’avais hâte de lire ce n° 3. À vrai dire, je l’ai commencé puis il s’est retrouvé dans un carton avec le n° 4 (durant le déménagement)…

Il est construit de la même façon que les deux premiers numéros, richement illustré et plus de 80 scientifiques y ont été interrogés par les journalistes. Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

L’enquête, « La fin du palu ? » (p. 20-27). Et si le paludisme disparaissait d’ici 2030 ? Si après le Salvador et la Chine, d’autres pays devenaient « malaria free » en Afrique, Amérique du Sud et Asie ? C’est ce que souhaite l’OMS.

Le dossier, « Espace, c’est le nouveau Far West ! » (p. 42-55) pour tout comprendre sur la « nouvelle ère de la conquête spatiale [qui] cette fois, va vraiment changer le monde. » (p. 43). Nouveaux satellites et stations en orbite, tourisme spatial qui décolle, base lunaire qui se prépare… Des progrès fulgurants mais… « un nouveau monde sans loi [puisque] un vide juridique total » (p. 52-55).

Autres articles intéressants pour voir les choses autrement. Le casse-tête de la voiture électrique (labyrinthe, p. 28-29). Facebook ne polarise pas les groupes (contre-pied, p. 30-31). Le vertigineux secret du chou (les fractales du chou Romanesco, p. 58-61), qu’il est beau ce chou ! Votre corps à l’échelle de l’atome (cryomicroscopie, p. 62-67), découvrez le siège de la mémoire, entre autres, « La biologie est entrée dans une nouvelle dimension. » (p. 67). Oumuamua, l’objet qui rend fou (p. 74-79, cet objet cosmique surgi de nulle part viendrait-il de l’extérieur du Système solaire ? Et surtout Nuisibles, la grande réhabilitation (p. 68-73), ces « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » ESOD (p. 69), quelle est l’espèce qui cause le plus de dégâts ? Je dis ça, je dis rien…

Dans le cahier Pop’Sciences, les descendants de la famille Da Vinci, les poissons coralliens, le cerveau des vaches, la vision des nourrissons, la durée d’une journée sur Vénus, la trompe d’un éléphant, Dune, la (re)production de la banquise, etc., des infos surprenantes mais toujours scientifiques.

Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce troisième numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 4. De plus, l’équipe annonce qu’il est possible de consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Je remets la vidéo :

Epsil∞n n° 2 (août 2021)

Epsil∞n n° 2 (août 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, août 2021, 4,90 €.

Après avoir dévoré Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), j’avais hâte de lire ce n° 2. il est construit de la même façon, richement illustré et plus de 80 scientifiques y ont été interrogés par les journalistes. Plein d’actus illustrées avant les deux gros articles (l’enquête et le dossier) puis de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques et le cahier Pop’Sciences.

L’enquête « Reforestation : la grande illusion » (p. 20-27) ne me surprend pas parce que j’ai déjà lu un article qui disait que reboiser, c’est bien mais encore faut-il reboiser au bon endroit et avec les bonnes espèces d’arbres. « Un enfer vert pavé de bonnes intentions. » (p. 26).

Le dossier « Trou noir : enfin à l’intérieur » (p. 40-57) explique les études de deux équipes de chercheurs. Trous de ver, autres dimensions, espace-temps, des portes spatio-temporelles… « l’inconnu absolu ! » (p. 46). Un dossier passionnant avec les dernières pages sur le trou noir, « un héros de SF » (p. 52).

Le labyrinthe du plastique ne fait que deux pages (p. 28-29) mais est complet et instructif (de mon côté, j’ai depuis des années beaucoup réduit le plastique, plus de bouteilles d’eau en plastique, le moins d’emballages possibles…). L’estimation mondiale de la population d’oiseaux (p. 38), waow ! La première cellule humaine, bulles de son ou bulles acoustiques, l’ARN, les glaciers de l’Antarctique, etc. L’article le plus surprenant, « Trypillia, la civilisation oubliée » en Ukraine (p. 74-79), une civilisation unique au néolithique ! Quant au cahier Pop’Sciences, il est plein de petits détails scientifiques mais qui ont leur importance.

Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez ce deuxième numéro d’Epsil∞n ! De mon côté, j’ai hâte de lire le n° 3 et j’ai même déjà acheté le n° 4.

Je remets la vidéo :

Epsil∞n n° 1 (juillet 2021)

Epsil∞n n° 1 (juillet 2021).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, juillet 2021, 4,90 €.

Epsil∞n (prononcer epsilone) est une lettre grecque particulièrement utilisée en mathématiques et ∞ est le symbole de l’infini (lire l’éditorial d’Hervé Poirier, rédacteur en chef, p. 3).

Epsil∞n, sous-titré « nouveau magazine d’actualité scientifique » est une précieuse revue en cette période de troubles non seulement médicaux mais aussi sociologiques, économiques, politiques et surtout écologiques.

Douze journalistes de la rédaction de Science & Vie démissionnent (mars 2021) et créent Epsil∞n avec une campagne Ulule (mai-juin 2021). Un magazine français mais qui interroge des scientifiques du monde entier, un magazine scientifique parfait pour le XXIe siècle (mise en page, photographies, illustrations, ligne éditoriale), pour « décrypter le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ».

Vous allez me dire que je suis plus littéraire (et vous aurez sûrement raison) mais la science m’a toujours intéressée (observation de la faune, de la flore, des nuages…) et, même si je n’étais pas vraiment douée en maths (j’ai cependant eu parfois de bons résultats), j’aimais la physique, la chimie, la biologie (j’ai peut-être manqué une vocation !). J’ai arrêté de lire Science & Vie il y a des années parce que j’avais l’impression que ce magazine était devenu trop compliqué pour moi mais j’ai compensé avec Futura Sciences (en ligne) et avec Sciences et Avenir (en ligne et magazine papier à la bibliothèque).

En fait, la science m’émeut comme par exemple les prénoms des dauphins (p. 13), la larve de rascasse « bébé monstre » (p. 18-19), le fait que « la majorité des espèces reste encore à découvrir » (p. 32-33), Mars (p. 38), Jupiter (p. 58-65), l’adolescence chez les animaux (p. 70-75)…

Deux gros articles. L’enquête « Comment la Chine va manipuler la météo » (p. 20-29) mais depuis les années 40, de nombres scientifiques (américains, européens, russes, australiens, saoudiens…) étudient l’ensemencement des nuages. Le dossier « Arbres – Voici le secret de leur triomphe » (p. 42-56), un arbre c’est « un peuple » (p. 48), une « métapopulation » (p. 50).

Un article qui me plaît beaucoup, le contre-pied « Il n’y a pas d’addiction aux écrans » (p. 30-31), eh oui ! On lit tous les jours, on écoute de la musique ou la radio tous les jours, on écrit tous les jours, et même on cuisine tous les jours, on travaille tous les jours, etc., est-on pour le coup addict ? Non, eh bien pour les écrans, c’est pareil ! Attention, depuis 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a tout de même « intégré le trouble addictif aux jeux vidéo dans sa classification des maladies » (p. 30).

Pandémie de coronavirus oblige (depuis bientôt deux ans), le « Covid-19 – Pourra-t-on s’en débarrasser un jour ? » (p. 34-37), une analyse sérieuse bien loin des fake news qui circulent.

L’article le plus drôle, « Crise d’ado – Les animaux aussi » (p. 70-75) avec des illustrations amusantes et des sous-titres tout aussi amusants, « Ados chimpanzés, ils sortent en bande », « Ados chiens, ils n’écoutent plus rien », « Ados souris, elles abusent de l’alcool », « Ados éléphants, ils deviennent irascibles et obsédés » et « Ados vaches, elles changent de personnalité », une étude pourtant sérieuse et époustouflante. Qui a un animal de compagnie a bien dû se rendre compte du changement de comportement durant son adolescence.

L’article le plus surprenant, « Cancer, les bactéries pourraient le soigner » (p. 80-84) avec « sept bactéries mobilisées » pour « soigner le mal par le mal », ce qui fait froid dans le dos (comme quoi la science peut faire peur parfois).

Mon article préféré, pour moi qui aime bien avoir la tête dans les nuages et donc qui apprécie l’astronomie, « Face aux colères de Jupiter, première plongée dans la plus furieuse des planètes » (p. 58-65) avec des photos magnifiques envoyées par la sonde Juno (prises en haute définition avec sa Junocam) ! Il y a aussi un billet court sur Mars (p. 38).

Dans ce numéro, près de 90 scientifiques interrogés, du monde entier et je dirais que tous les domaines scientifiques (ou presque) sont présents, les sciences fondamentales (sciences formelles, sciences naturelles, sciences sociales) et les sciences appliquées (entre autres médecine, génétique, éducation, social…), il y en a ainsi pour tous les goûts, et ce premier numéro (vendu à un prix très raisonnable de 4,90 €) est divertissant (il faut, bien sûr, et pas seulement le cahier Pop’Science, p. 85-97) mais surtout instructif, parfaitement documenté et illustré (j’ai tout lu et je n’ai vu aucune faute d’orthographe ou de grammaire, très bon point !), sans être compliqué (j’ai tout compris même dans des domaines que je connais beaucoup moins !). Donc j’ai très envie de lire le deuxième numéro paru en août (mais après une lecture littéraire).

Vous aussi, vous souhaitez une agréable lecture, enrichissante, à petit prix ? Lisez ce premier numéro d’Epsil∞n !

L’anomalie de Hervé Le Tellier

L’anomalie de Hervé Le Tellier.

Gallimard, collection Blanche, août 2020, 336 pages, 20 €, ISBN 978-2-07289-509-8.

Genres : littérature française, science-fiction.

Hervé Le Tellier naît le 21 avril 1957 à Paris. Il étudie les mathématiques puis le journalisme et la linguistique. Il est auteur (romans, nouvelle, théâtre, poésie), journaliste et éditeur. Il est membre de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) depuis 1992 et en est le président depuis 2019. De nombreux titres sont parus depuis 1990 mais je n’avais jamais lu cet auteur. L’anomalie reçoit le Goncourt 2020 mais j’avais très envie de lire ce roman avant la réception de ce prix.

Ce roman est en collection Blanche, sûrement pour toucher un large lectorat mais c’est bien de la science-fiction publiée en littérature générale.

Paris. Blake connaît la mort depuis l’enfance, un chien écrasé par sa mère, la chasse avec son oncle, « Il est déjà méticuleux, prudent, imaginatif, à l’extrême. Il a vu tellement de films. » (p. 16) et il devient tueur professionnel.

Victor Miesel est écrivain mais « malgré un prix littéraire très parisien » (p. 25), il ne rencontre pas le succès alors, pour vivre, il fait des traductions, mais il écrit un dernier roman, L’Anomalie.

Paris. Lucie Bogaert est monteuse de cinéma et travaille pour plusieurs réalisateurs. Elle a un fils, Louis, et son ancien amant architecte lui offre L’Anomalie lors de leur séparation.

New York. David apprend qu’il a une « tumeur […] sur la queue du pancréas, à l’opposé de l’intestin grêle […] une tumeur maligne. Cancéreuse. » (p. 43).

Voici les premiers personnages de ce roman, il y en a quelques autres (une avocate, un chanteur nigérian par exemple). Ils ne se connaissent pas, ils se sont peut-être aperçus. Leur point commun ? Ils étaient sur « le vol AF006 Paris-New York » (p. 49) le 10 mars 2021 lorsque le Boeing 787 a été confronté à un immense cumulonimbus, à une tempête de grêle et de fortes agitations. Chaque chapitre est consacré a un personnage et, pour chacun, l’auteur a bien ciblé les choses importantes de leur vie et de leur caractère en peu de pages.

Dans la publication de L’Anomalie de Victor Miesel, très vite publié par les éditions de l’Oranger après le décès de l’auteur, je vois une critique du monde de l’édition, une « évidence nécrophile : la critique, le public vont adorer cette histoire de livre remis juste avant le grand saut. » (p. 82).

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce roman, c’est tout ce qui est mis en place par les militaires, les scientifiques et les responsables de toutes les Agences à la McGuire Air Force Base de Trenton dans le New Jersey. Tous essaient de comprendre l’anomalie du 10 mars et du 24 juin. « Mais le protocole 42… On ne peut pas être confronté au protocole 42. » (le professeur Adrian Miller, probabiliste, p. 129).

J’avais regardé l’interview de l’auteur au 28’ sur Arte (lien ci-dessous), j’avais lu et entendu des choses sur ce roman mais rien ne me préparait à ce que j’ai finalement lu (j’avais quand même préservé le maximum avant de le lire) et je peux vous dire ma surprise à la lecture de ce roman extraordinaire, multi-genres, inventif.

C’est pourquoi je ne veux rien divulgâcher mais je peux vous mettre l’eau à la bouche et vous « parler de la ‘réalité’. Toute réalité est une construction, et même une reconstruction. Notre cerveau est scellé dans l’obscurité et le silence de la boîte crânienne, et il n’a accès au monde que par les capteurs que sont nos yeux, nos oreilles, notre nez, notre peau : tout ce que nous voyons, sentons, lui est transmis par des câbles électriques, nos synapses… nos cellules nerveuses. » (p. 165). Ah, vous n’y connaissez rien en sciences… pas grave, vous pouvez bien sûr lire ce roman !

Le passage qui m’a fait sourire. « Le président français parle, parle, avant – fait rare – de laisser la parole au bout de cinq minutes à son conseiller scientifique. Pour ne pas ajouter de l’excentrique à l’incompréhensible, le mathématicien a rogné son aspect de savant fou, troqué sa perturbante lavallière pourpre pour une fine écharpe de soie beige, sans se résigner à décrocher du revers de sa veste une araignée d’argent. » (p. 223-224).

Malheureusement, malgré les protocoles scientifiques et religieux, certains voient l’anomalie comme une abomination mais, comme avec la présentation des protagonistes, l’auteur vise juste, sans complaisance mais sans forcer le trait non plus et invite ses lecteurs à se positionner, à se confronter (soi-même, les autres, la société…).

Un roman que j’ai trouvé excellent, c’est la première fois que je lisais un titre de Hervé Le Tellier et j’en lirai d’autres assurément. Ah, et rien à voir avec Le silence de Don DeLillo (je me posais la question en juillet mais le thème est vraiment différent).

Pour le challenge Littérature de l’imaginaire #9. D’autres l’ont lu et l’ont apprécié ou pas, comme Alex, Alice, Antigone, Cannibal Lecteur, Chien critique, Hélène, Jostein, Krol, Maki, Pamolico, Zazy, entre autres.

Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez Hervé Le Tellier à partir de 1’30 jusqu’à 14’00.