Le Bureau des affaires occultes d’Éric Fouassier

Le Bureau des affaires occultes d’Éric Fouassier.

Albin Michel, mai 2021, 368 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-22646-074-5.

Genres : littérature française, roman policier historique.

Éric Fouassier naît le 9 octobre 1963 à Saint Maur des Fossés (au sud de Paris). Il est docteur en droit et en pharmacie, professeur universitaire (histoire de la santé), membre du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens puis de l’Académie nationale de pharmacie et secrétaire du Grand Prix littéraire de l’Académie nationale de pharmacie. Il écrit depuis l’adolescence, des romans, des nouvelles (parfois sous le pseudonyme d’Yves Magne) et reçoit plusieurs prix littéraires. Le Bureau des affaires occultes, première enquête de l’inspecteur Valentin Verne, reçoit les prix Maison de la presse, Griffe noire du meilleur polar historique de l’année, Lire sous les étoiles, Osny & Clyde en 2021. La suite dans le tome 2, Le Bureau des affaires occultes – Le fantôme du Vicaire. Plus d’infos sur son site officiel.

Paris, été 1830. Alors que les Parisiens font la fête, un garçon d’une douzaine d’années tente d’échapper au Vicaire. Il se réfugie dans une tente mais celle-ci est remplie de miroirs et il se retrouve « prisonnier du labyrinthe de glaces » (p. 16).

Paris, automne 1830. Louis-Philippe est sur le trône, « l’enthousiasme révolutionnaire [est] retombé » (p. 17) et les Parisiens retrouvent « leur existence médiocre » (p. 18), leurs difficiles conditions de travail et leur pauvreté… Mais beaucoup de riches ont tiré leur épingle du jeu et ont fait fortune, comme l’industriel Charles-Marie Dauvergne qui veut marier son fils unique, Lucien, 25 ans, à Juliette, une jeune fille de bonne famille et bien dotée, qui finalement plaît au jeune homme. Mais madame Dauvergne retrouve son fils hébété devant un miroir et il se jette du cinquième étage.

Valentin Verne, 23 ans, orphelin, (à noter qu’il a étudié le droit et la pharmacie comme l’auteur), est « inspecteur au deuxième bureau de la première division de la préfecture de police. Le service des mœurs. » (p. 25) depuis un an. Il vit au « 21 de la rue du Cherche-Midi [dans] un vaste appartement au troisième étage. » (p. 33). Il est subitement détaché à la brigade de Sûreté (fondée par Vidocq) qui cherche à « faire œuvre de bonne police avec des gens parfaitement intègres » (p. 37).

« Valentin ne s’attendait pas le moins du monde à la tournure que prenait l’entrevue. La perspective d’être muté, même pour un temps limité, ne l’enchantait guère. Aux Mœurs, il avait tout loisir de traquer le Vicaire et n’était pas certain de pouvoir bénéficier de la même liberté à l’avenir. Cependant, si la décision de le changer de service était déjà prise, il ne servait à rien de manifester sa contrariété. Mieux valait donner l’impression d’accepter la situation de bonne grâce. » (p. 38). Et c’est sur le suicide étrange de Lucien Dauvergne qu’il doit enquêter.

D’ailleurs, après s’être mis en danger auprès des membres du Renouveau jacobin dont faisait partie le jeune Dauvergne, Valentin est sauvé in extremis par Évariste Galois (qu’il a rencontré la veille) puis apprend le suicide d’un autre jeune homme, Michel Tirancourt qui a déclaré avant de mourir « Ce sont les miroirs qui m’ont obligé. » (p. 126). Avec son supérieur, le commissaire Flanchard, chef à la Sûreté, les choses sont claires, « Si je vous suis bien, monsieur le préfet, il serait souhaitable que l’enquête de l’inspecteur Verne conclue officiellement que ces deux suicides sont bien… des suicides. Mais que si par extraordinaire il s’agissait d’autre chose, nous y mettions le holà. En toute discrétion, cela va de soi. » (p. 127).

Les détails historiques, politiques, médicaux présents dans ce roman ne sont pas là pour faire beaux, ils font bien sûr avancer le récit et donnent de l’épaisseur aux personnages et à l’enquête. D’ailleurs Paris, à cette époque, n’est pas une belle ville, tout n’est que puanteur et cloaque… J’ai bien aimé que Valentin prenne la relève de son défunt père, Hyacinthe Verne, pour débusquer le Vicaire et retrouver Damien, un orphelin enlevé et enfermé quelque part dans une des planques du Vicaire. Valentin Verne est comme un nouveau policier, plus moderne, avec des connaissances et une acuité que les autres policiers n’ont pas, les prémices de la police scientifique.

Il y a aussi une belle galerie de personnages, à commencer par Valentin Verne bien sûr, mais aussi quelques femmes qui commencent à s’émanciper comme Félicienne Dauvergne, la jeune sœur du suicidé, et surtout Aglaé Marceau, une comédienne de 22 ans qui ne laisse pas le jeune policier indifférent. Et puis, il y a Damien, cet enfant de 8 ans qui fait tout pour survivre à la violence et aux dépravations du Vicaire.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 5, un livre d’horreur avec le Vicaire), Challenge littéraire 2022 (catégorie 43, un livre dont le titre est le titre d’une série), Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Bureau qui est un meuble transportable), Polar et thriller 2021-2022.

La machine Ernetti de Roland Portiche

La machine Ernetti de Roland Portiche.

Albin Michel/Versilio, juin 2020, 448 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-22645-154-5.

Genres : thriller, Histoire, science-fiction.

Laurent Portiche est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques, docteur en philosophie et licencié en lettres. Dès le début des années 70, il est réalisateur de documentaires, de séries et d’émissions (scientifiques ou historiques) pour la télévision. Depuis 2017, il est aussi écrivain : Le retour des momies (Stock, 2017), Mémoire totale et Sagesse animale (Stock, 2018), Les enfants de Mathusalem et Harmonies (Stock, 2019), Les maladies rares (Buchet-Chastel, 2021) et la série Ernetti chez Albin Michel/Versilio, La machine Ernetti (2020), Ernetti et l’énigme de Jérusalem (2021), Ernetti et le voyage interdit (2022).

« Avant-propos. Aussi incroyable que cela paraisse, ce roman est basé sur une histoire vraie. Elle s’est déroulée à Rome, au Vatican. Un homme, un prêtre, aurait construit entre 1956 et 1965, en pleine guerre froide, une machine à voir dans le temps. Il s’appelait Peregrino Ernetti. Avec son « chronoviseur », le père Ernetti aurait rapporté toutes sortes d’images du passé, récent ou très lointain. Depuis, cette machine aurait été démontée sur ordre du pape Paul VI, puis dissimulée dans l’obscurité discrète d’une cave du Vatican. Pour quelle raison ? On l’ignore. À partir de là commence une histoire livrée aux seules limites de mon imagination. R.P. » (p. 9).

Mars 1938, région de Messine, nord-est de la Sicile. Ettore Majorana, 32 ans, « l’un des plus grands physiciens du vingtième siècle » (p. 11) fuit une idée « inspirée par le Diable » (p. 11).

Mars 1954. Le jeune père capucin Pellegrino Ernetti est au chevet du padre Pio. Le père Leonardo, envoyé du Pape, « un psychologue reconnu et un membre éminent de l’Académie pontificale des sciences » (p. 13), lui parle d’hypnose et de médecine psychosomatique. Il cherche un jeune assistant comme Ernetti qui a étudié l’histoire et la physique y compris la physique quantique.

Mars 1954, Vatican. Le pape Pie XII, considéré comme « un pape ‘dur’ et très conservateur » (p. 19) a arrêté l’expérience des prêtres ouvriers, « la plupart étaient rentrés dans le rang. Mais pas tous. » (p. 18). Des prêtres français manifestent pour les prêtres ouvriers, pour que l’Église soit au côté du peuple et s’engage dans une certaine libération comme le mariage des prêtres.

1955, dans le domaine de Leonardo. Le vieil homme né en 1881 fait écouter à Pellegrino une bande magnétique qu’il a enregistrée en janvier 1955. Or, ce qui est enregistré est une dispute entre son père et lui lorsqu’il avait 10 ou 11 ans, soit en 1891 ou 1892. Comment a-t-il pu « enregistrer un événement du passé » (p. 23) ?

1955, Rio, Brésil. L’évêque Montini, bras droit du pape Pie XII, doit rencontrer Alberto Pindare de Carvalho, surnommé l’Évêque Rouge, qui vit dans la plus grande favela de Rio, Rocinha, et qui appelle à une révolution sociale pour lutter contre l’asservissement des peuples par le capitalisme. Il veut créer un schisme et fonder l’Église des Pauvres avec des théologiens des pays voisins. Or l’Église catholique se bat contre le communisme et préfère éviter tout basculement politique au sein de l’Église et tout schisme que « le Saint-Siège [craint] autant que le Diable » (p. 29).

Dans ce roman, la religion rejoint donc la science, la politique et le social, la modernité donc et c’est ce qui fait sa force. Serait-ce une « réconciliation entre la science et la foi » (p. 23) ou une folie qui conduira la Chrétienté à sa perte ?

C’est pour éviter cette folie que le pape Pie XII convoque Leonardo et Pellegrino au Vatican en cet automne 1955. Le physicien Ettore Majorana que tout le monde croyait suicidé en 1938 vient de mourir dans un monastère de Calabre et Pie XII a reçu une lettre qui parle de ses travaux sur la physique quantique et les microparticules en particulier les neutrinos (qui étaient considérés comme des particules hypothétiques à l’époque). Montini, Leonardo et Pellegrino sont tenus au secret absolu et partent pour la Calabre pour récupérer « ses travaux mathématiques. Le reste, trois cents pages de calculs, […] conservé dans une caisse, dans sa cellule de Santo Stefano del Bosco. » (p. 35) puis les étudier dans le bunker des caves secrètes du Vatican.

En plus, les premiers manuscrits de la mer Morte ont été retrouvés en 1947 en Israël et des prêtres dominicains sont en train de les étudier (que vont-ils découvrir ?). Le père Hubert de Meaux, qui supervise tout ça en Galilée, envoie une de ses étudiantes, Natacha Yadin-Drori, Juive Ukrainienne, rodée au combat (entraînement de Tsahal, krav maga), récupérer le manuscrit de Dayoub volé après sa découverte, avec Thomas un archéologue français. De Meaux est lui aussi convoqué par le pape Pie XII, inquiet par toutes ces découvertes : vont-elles sauver la Chrétienté ou la mettre en danger ?

Natacha découvre dans le manuscrit récupéré quelque chose d’extraordinaire, des paroles prononcées par Jésus étaient déjà écrites par les Esséniens plus de cent ans avant sa naissance ! De leur côté, Leonardo et Pellegrino avancent dans l’étude des calculs de Majorana. « Cette histoire est vraiment abracadabrante. Avec ses équations mystérieuses, son savant un peu fou, une machine, un écran, on se croirait dans un roman de Jules Verne ! Le père Ernetti resta un moment silencieux. – Non, mon père, pas Jules Verne. Le père Leonardo le fixa surpris. – Pas Jules Verne, mais Herbert George Wells, l’auteur de La machine à explorer le temps. Ils se regardèrent interdits. Ils venaient de comprendre à quoi servait la machine de Majorana. […] – Non pas « voyager », pas se déplacer physiquement dans le temps, comme dans le roman de H.G. Wells, mais voir dans le temps. » (p. 66).

Pie XII n’a « jamais aimé la science, et encore moins la physique moderne » (p. 67) qui se mêle de ce qui ne la regarde pas… La Création a déjà été mise à mal « avec l’explosion de l’atome primitif des astronomes. Et maintenant, le voyage dans le temps ! » (p. 67). Mais il a une idée derrière la tête, « Si la machine fonctionne, nous aimerions pouvoir l’utiliser pour remonter, disons… de deux mille ans. […] Jusqu’à l’époque où a vécu et prêché notre Seigneur Jésus-Christ. […] Ce serait un grand moment dans l’histoire de la chrétienté, peut-être le plus grand […]. Nous montrerions au monde entier le visage authentique du Christ. » (p. 68).

Le lecteur est plongé dans un grand thriller, époques différentes, pays différents (principalement Italie, Israël et Brésil), personnages différents dont la personnalité et les caractéristiques se mettent en place peu à peu (mais rapidement quand même), chapitres courts (véritable page-turner) avec une grande érudition aussi bien historique que scientifique (les fers de lance de l’auteur). J’aime bien lire ce genre de romans (disons thrillers ésotériques) de temps en temps, en espérant qu’il n’y ait pas d’anachronismes et de choses trop tirées par les cheveux (je veux dire stupides et incompréhensibles qui mènent le lecteur en bateau). Ce qui n’est pas le cas ici, il y a une base historique et véridique (cette machine existerait, ça reste au conditionnel, lire l’avant-propos au début de ma note de lecture) mais l’histoire est passionnante et je ne vous en dis pas plus sinon je devrai arrêter trop souvent ma lecture pour noter des extraits !

Mais il y a de très bons passages, par exemple quand Natacha découvre avec Thomas le site de Qumrân où vivaient les Esseniens avec des rites précis avant l’arrivée de Jésus Christ, ou quand Natacha rencontre Pellegrino Ernetti pour travailler avec lui, ou quand Karol Wojtyla fait son apparition (dans le roman), avant de devenir le futur pape Jean-Paul II. Et aussi, à cette époque où les scientifiques parlent de physique quantique et de la théorie des mondes multiples (ou parallèles), imaginez ce que peut montrer une machine qui utilise des microparticules encore peu connues. Bref, ce premier tome m’a convaincue et je veux lire la suite, Ernetti et l’énigme de Jérusalem (2021) et Ernetti et le voyage interdit (2022).

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 15, un roman de plus de 400 pages, 2e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 31, un roman dont l’action a lieu dans une capitale européenne, ici Rome et le Vatican), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Machine), Polar et thriller 2021-2022 et Une semaine en Italie (avec un peu de retard). Et le nouveau Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 Été ensoleillé, option 1 Mort sur le Nil = policier et thriller).

Factomule d’Øyvind Torseter

Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter.

La joie de lire, janvier 2021, 136 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-88908-528-6. Mulegutten (2018) est traduit du norvégien par Aude Pasquier.

Genres : bande dessinée norvégienne, thriller.

Øyvind Torseter naît le 2 octobre 1972 à Oslo (Norvège). Il étudie l’illustration au Merkantilt Institutt (1991–1992) et au Skolen for Grafisk Design (1992–1994) à Oslo puis au Kent Institute of Art & Design en Angleterre (1995–1998). Il est auteur et illustrateur (pour les adultes et pour la jeunesse). Plusieurs de ses titres sont parus en français chez La joie de lire, Cambourakis, Didier Jeunesse ou au Rouergue et il a reçu de nombreux prix littéraires en Europe. Factomule était dans la sélection pour le Fauve Polar SNCF Angoulême 2022.

Le narrateur est factotum du Président. Le Président est un homme très occupé et personne n’a l’autorisation de porter sa valise.

Le factotum s’occupe de presque tout… réparer la chaise de bureau du Président, recoller sa semelle de chaussure, réparer les canalisations dans le palais et la télévision… « Le travail de factotum était exigeant. » (p. 15).

Jusqu’au jour où « une puissance étrangère menace le pays ! » (p. 19) car son dirigeant veut « la valise de première importance du Président » (p. 20). Le Président qui a une entière confiance en son factotum lui montre alors le contenu de la valise et lui dit qu’il pourrait la porter si nécessaire. Mais le palais n’a pas seulement des fuites d’eau, il a aussi des oreilles indiscrètes et le factotum se fait tout voler (son portefeuille, ses clés, son appartement, son travail) par un homme qui lui ressemble, ne serait-ce le sourire carnassier. La police ne fait rien contre le sosie malhonnête et le factotum doit se débrouiller seul… Enfin, pas vraiment seul, « Par pur désespoir, j’ai décidé de demander de l’aide à un professionnel. » (p. 45). Le professionnel, c’est mademoiselle Cadmium, nouvellement installée comme détective.

Les deux vont enquêter sur l’escroc qui s’est installé dans l’appartement – et dans la vie – du gentil factotum, le surveiller, le prendre en filature, mais comment vont-ils faire pour le prendre en flagrant délit et récupérer la valise du Président ?

Factomule, c’est parce que le factotum s’appelle Tête de Mule (4e de couverture) ! Je connaissais un peu Torseter puisque j’avais lu Pourquoi les chiens ont la truffe humide de Kenneth Steven et Øyvind Torseter en 2020 mais je ne connaissais pas Tête de Mule, son personnage récurrent, dont le premier opus paraît en 2011.

C’est vraiment bien, il y a une ambiance (comme dit l’éditeur, c’est fantasque et ça m’a beaucoup plu). Les images sont pratiquement toutes pleine page (ce qui est surprenant pour une bande dessinée) et il y a très peu de cases, ça donne un sentiment de largeur, d’ampleur, et surtout l’humour grinçant m’a bien plu.

Après avoir lu cette super bande dessinée, j’ai découvert qu’elle était le 3e tome de la série Tête de mule qui contient Tête de mule (2016), Mulysse – Tête de mule prend la mer (2018), Factomule – Grand thriller politique international (2021) et Mulosaurus (2021) donc je veux absolument lire les trois autres tomes.

Elles l’ont lue : Mo, Nathalie, Noukette, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11, Polar et thriller 2021-2022, Tour du monde en 80 livres (Norvège), Un genre par mois (en mai, c’est jeunesse) et bien sûr Challenge nordique.

Mois du polar – février 2022

Oui ! Le Mois du polar revient en février 2022 ! J’y participe depuis la création de PatiVore. L’objectif est toujours de lire du policier sous toutes les formes (classiques, contemporains, polar, thriller, romans, nouvelles, bandes dessinées, essais…). Il est « possible aussi de parler de films, de séries télévisées, et même de recettes de cuisine ».

Infos, logos (créés par Belette Cannibal Lecteur) et inscription chez Sharon.

Mes lectures policières

1. Canardo – Premières enquêtes de Sokal (Casterman, 2002, Belgique)

2. Un doux parfum de mort de Guillermo Arriaga (Libretto, 2005, Mexique)

3. Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2 – Un mariage royal d’Allison Montclair (10-18, 2021, Angleterre)

4. Jours de combat de Paco Ignacio Taibo II (Rivages, 2000, Mexique)

Challenge Les dames en noir

Repéré chez Les Pipelettes en parlent (Zina avait créé ce challenge il y a quelques années), je m’inscris au challenge Les dames en noir qui court du 10 janvier 2022 au 9 janvier 2023. Infos, logos et inscription chez Zofia.

L’objectif est, vous l’avez sûrement deviné, de lire des romans policiers (thrillers, polars, romans noirs, etc.) écrits par des femmes. Des romans donc mais sont aussi acceptés les nouvelles, les écrits sous pseudonymes masculins, les lectures en VO, les romans écrits par un couple, les bandes dessinées et les romans graphiques (du moment qu’il s’agit d’un policier). Les lectures en cours au moment de l’inscription sont acceptées ainsi que les lectures terminées dans l’année.

On peut augmenter de niveau de participation en cours de challenge mais pas régresser : Zofia change automatiquement le niveau quand on atteint le palier supérieur. Eh bien, je démarre avec le niveau 1 et je verrai si je lis plus de policiers féminins.

Les niveaux
1- Karen Maitland : de 1 à 6 livres.
2- Gillian Flynn : de 7 à 12 livres.
3- Karine Giebel : de 13 à 18 livres.
4- Fred Vargas : de 19 à 24 livres.
5- Agatha Christie : plus de 25 livres.

Les 4 défis trimestriels (facultatifs, je vais voir ce que je peux lire)

Janvier-mars : un roman policier oublié c’est-à-dire qui est dans la PàL depuis au moins 2 ans.

Avril-juin : aux frontières du réel c’est-à-dire un roman policier qui flirte avec la magie, le fantastique, la science-fiction…

Juillet-septembre : voyage, voyage c’est-à-dire un roman policier qui se passe loin (tout ou en partie, mais au moins 50 %) soit Amérique du Sud, Océanie, Afrique, Asie, partout dans le monde sauf Europe et Amérique du Nord.

Octobre-décembre : sans public c’est-à-dire lire un huis-clos.

Les 2 défis jokers (pour remplacer un ou deux des défis trimestriels pour lesquels on n’aurait pas de livres)
1- Lire un tome d’une saga.
2- Mauvais genre c’est-à-dire un roman policier écrit par un homme.

Mes lectures pour ce challenge policier féminin

1. Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2 – Un mariage royal d’Allison Montclair (10-18, 2021, Angleterre)

2. Nero & Marlowe, les chats mènent l’enquête 1 – Un cadavre dans les pattes de Leighann Dobbs (Harper Collins, 2021, États-Unis)

3. Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie de Rhys Bowen (Robert Laffont, 2020, Angleterre)

Message personnel (Opcop 1) d’Arne Dahl

Message personnel (Opcop 1) d’Arne Dahl.

Actes Sud, collection Actes noirs, octobre 2014, 464 pages, 23 €, ISBN 978-2-330-03694-2. Viskleken (2011) est traduit du suédois par Rémi Cassaigne. Parution en poche dans la collection Babel noir, n° 168, novembre 2016, 576 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-330-07049-6.

Genres : littérature suédoise, roman policier.

Arne Dahl, de son vrai nom Jan Lennart Arnald, naît le 11 janvier 1963 à Sollentuna (comté de Stockholm, Suède). Il est d’abord critique littéraire et journaliste puis devient romancier (romans policiers) et scénariste. Il travaille également à l’Académie suédoise. Ses séries : A-gruppen (11 tomes entre 1999 et 2008, les 4 premiers sont traduits en français et parus chez Seuil), Opcop (4 tomes entre 2011 et 2014, tous traduits en français et parus chez Actes Sud). D’autres romans, nouvelles et poésie sont parus sous le nom de Jan Arnald entre 1990 et 2010 mais aucun titre n’est traduit en français. Plus d’infos sur son site officiel (euh… en suédois).

Les pages 9 et 10 présentent le groupe Opcop d’Europol. Le noyau central est à La Haye au Pays-Bas (11 membres, parmi les meilleurs d’Europe) et une antenne locale à Stockholm en Suède (3 membres). Je ne note pas leurs noms mais je suppose que le lecteur va les retrouver à un moment ou un autre dans ce roman ou dans les tomes suivants.

Dès la première page, j’ai été surprise par la construction ! Je vous explique avec cet extrait : «  Rien n’est plus froid, pensa l’observateur […]. Rien n’est plus froid que Londres […]. Cette grisaille, pensa l’observateur […]. Cette grisaille humide […]. Et pourtant, il faisait plus froid. Pourtant […]. Un froid différent. Un vent. Un vent qui ne semblait pas venir du dehors, mais de l’intérieur. De l’intérieur de son être, des profondeurs de l’histoire, du cœur même de l’humanité. […]. » (p. 13). Vous voyez ce que je veux dire ? Je ne sais pas pour vous, mais, de mon côté, je sais que ce roman va me plaire !

L’observateur, c’est Arto Södersted, à la fois suédois et finlandais, officier supérieur de la police criminelle, membre du groupe Opcop qui signifie « Overt Police Cooperation, collaboration policière ouverte au sein d’Europol [mais] à la base, c’était l’abréviation d’Operating Cops » (p. 37).

Dans Message personnel, Europol fête ses 10 ans (le 1er juillet 2009 donc). L’agence européenne chargée de faciliter l’échange de renseignements entre les polices de l’Union européenne s’occupe de « toutes les formes de criminalité transfrontalières » (p. 32), c’est-à-dire la criminalité internationale, la pédophilie et la pédopornographie, le trafic de stupéfiants, le terrorisme, de façon semblable à « une police supranationale opérationnelle, […] la première pierre d’un FBI européen. » (p. 33) en quelque sorte.

C’est donc de ces crimes et d’autres que traite ce premier roman sur l’Opcop, capitalisme, crise financière, mafias, criminalité économique donc, mais aussi criminalité aux personnes (trafics humains, pornographie…), politique, écologie… Cependant « […] nous n’approchons pas du sommet. Où sont les gros durs ? – C’est la criminalité de notre époque, j’en ai peur, dit Paul Hjelm. Les décideurs ne sont jamais visibles. Nous nous battons contre des fantômes, des ombres. Contre quelque chose d’aussi diffus que l’air du temps. » (p. 283) et je crains qu’en dix ans, avec l’explosion d’Internet, les choses aient encore empiré…

« Soudain, la situation de la banque s’est à nouveau dégradée. Rien n’a été dit publiquement, mais je me doute que la rumeur qui court ne vient pas de nulle part. […] Pourquoi feindre d’être plus mal en point qu’en réalité ? Parce qu’on peut ainsi faire de l’argent, pardi ! […] les vingt pays les plus riches du monde se réuniront pour discuter de la crise financière et des mesures à prendre pour y remédier. Alors, quantité d’argent sera débloqué. […] Des sommes folles seront débloquées. Des milliards de dollars. Les montants les plus stupéfiants que le monde ait jamais vus changeront de propriétaire, passeront du Trésor public dans des poches privées, et personne ne protestera. Un énorme flot d’argent coulera des caisses publiques des États vers les banques d’affaires, les banques d’investissement et les banques de l’ombre du monde entier. […] à des banques négligentes et des banquiers irresponsables […]. » (p. 116). Je comprends mieux maintenant à quel « jeu » joue les banques et les financiers de tous poils et j’ai fait quelques recherches sur la banque Lehman Brothers citée dans le roman – mais pas dans cet extrait – et dont la faillite en 2008 a précipité la crise économique mondiale. Les États qui versent de l’argent public aux banques privées le font-ils pour éviter des crises économiques supplémentaires ou pour enrichir les financiers et assurer en contrepartie leurs arrières ? Nous, pauvres contribuables dépossédés de cet argent, ne le saurons sans doute jamais…

« L’époque est particulière […]. Le capitalisme aurait pu s’arrêter et songer à son image. On aurait pu se dire : ‘On a gagné, on a vraiment gagné partout sur la planète. Personne ne remet plus en doute le fait qu’une société fondée sur l’offre et la demande soit la meilleure qui soit. Si on évitait de pousser cette logique à l’extrême, on rallierait aussi à notre cause l’ensemble des populations de la planète. Il existe une face terrible du capitalisme, totalement inhumaine – on le sait et on veut éviter de la montrer. Comme ça nous entraînerons les gens avec nous.’ Au lieu de quoi, on a fait exactement l’inverse. Au lieu de quoi, le capitalisme a tout écrasé sur son passage, et il n’y survivra pas. Le monde va s’embraser, et je suis le premier à le déplorer. » (p. 274).

Ce polar/thriller entraîne le lecteur de La Haye à Londres, New York, l’Italie du Sud, Riga… pour une première enquête dangereuse et passionnante dans les arcanes bancaires et mafieuses. « C’est fou comme tout se tient… […]. Nous vivons maintenant dans un monde étrange. Personne n’échappe à l’économie mondialisée. Même quand on vit dans un petit village du Tibet. » (p. 390). Et j’ai très envie de lire les autres tomes de la série Opcop soit Prenons la place des morts (Actes Sud, 2017 et Babel noir, 2019), Jeu du loup (Actes Sud, 2019 et Babel noir, 2021), Le dernier couple qui sort (Actes Sud, 2021).

Quelques fautes. Page 30, « Un page de démarrage de moteur de recherche. ». Page 113, « chardons ardents », j’ai bien vérifié, on ne dit que « charbon(s) ardent(s) », par contre il existe un Festival les Chardons ardents en Bretagne mais qui n’a rien à voir avec le sens utilisé dans le roman ! Pages 261-262, « et c’est alors que déboule de chinois ». Page 393, « Le secret bancaire lui interdit de dire révéler lesquelles. ». C’est surprenant de la part d’Actes Sud…

J’ai lu ce premier tome pour Le Mois Nordique (décembre) et je lirai les tomes suivants. Je mets aussi cette lecture dans le Challenge nordique, Polar et thriller 2021-2022 et Voisins Voisines 2021 (Suède).

Bunker d’Andrea Maria Schenkel

Bunker d’Andrea Maria Schenkel.

Actes Sud, collection Actes noirs, septembre 2010, 112 pages, 13,70 €, ISBN 978-2-7427-9217-7. Bunker (2009) est traduit de l’allemand par Stéphanie Lux. Parution en poche chez Babel Noir, n° 238, janvier 2020, 112 pages, 6,70 €, ISBN 978-2-330-12985-9.

Genres : littérature allemande, roman noir.

Andrea Maria Schenkel naît le 21 mars 1952 à Ratisbonne en Bavière (Allemagne). Ses romans sont courts (moins de 180 pages) et percutants (elle a reçu plusieurs prix littéraires), tous publiés chez Actes Sud. Tannöd (2006) soit La ferme du crime (2008), Kalteis (2007) soit Un tueur à Munich, Josef Kalteis (2009), Bunker (2009) soit Bunker (2010), Finsterau (2012) soit Finsterau (2015), Täuscher (2013) soit Tromperie (2020) et Als die Liebe Endlich War (2016) pas (encore) traduit en français.

Monika travaille chez un concessionnaire automobile. Elle ne sait pas qu’un de ses voisins l’espionne, s’introduit chez elle (il lui vole une photo d’elle jeune avec son petit frère décédé, Joachim) puis il l’enlève et l’enferme pendant cinq jours dans le moulin dans lequel il vivait enfant. Monika pense que cet homme est Hans, le seul ami de Joachim, revenu se venger.

« La pièce est plongée dans l’obscurité, la porte du bunker fermée, je suis toujours couché devant la porte sur le sol froid, prisonnier de ce trou. » (p. 12).

« J’ouvre les yeux. Je me redresse dans le lit, regarde autour de moi. Personne. […] Rien n’a changé. […] Je n’ai aucune idée de ce que je fais ici. Qu’est-ce que ce type me veut ? […] Il faut que je sorte d’ici ! […] ça doit bien être possible ! » (p. 33).

Mais, qui de Monika ou de « Hans » enferme l’autre ? Qui est le bourreau, qui est la victime ? Qui est un monstre ? Monika pense que « Hans » est dérangé mais que pense-t-il lui ?

« Je me dis qu’elle est peut-être bien folle. […] Je n’aurais pas dû l’enfermer, certaines personnes deviennent dingues, elles n’assument pas. » (p. 71-72).

En lisant ce roman, vous découvrirez ce que Monika n’assume pas…

Andrea Maria Schenkel analyse l’obscurité et la froideur de l’esprit humain et, oui, ça fait froid dans le dos ! D’autant plus qu’elle traite ça en peu de mots (et en peu de jours aussi). Toutefois ce n’est pas un roman policier, c’est un roman noir avec un petit côté thriller puisque le suspense oppressant et l’angoisse vont en s’amplifiant jusqu’à la fin. Huis-clos presque horrifique avec le point de vue du kidnappeur, le point de vue de Monika et le passé de l’un et de l’autre qui peut expliquer (mais pas excuser) le comportement de chacun.

Par contre, ne lisez pas la quatrième de couverture ! Elle en dit trop ! Elle dévoile ce que je ne dis pas…

J’ai vraiment été emballée et je veux lire d’autres titres d’Andrea Maria Schenkel, d’ailleurs j’ai emprunté Finsterau en même temps que Bunker pour Les feuilles allemandes.

Je le mets aussi dans les challenges Polar et thriller 2021-2022 et Voisins Voisines 2021 (Allemagne).

Le jardin de Hye-young Pyun

Le jardin de Hye-young Pyun.

Rivages, collection Noir, octobre 2019, 160 pages, 21 €, ISBN 978-2-7436-4872-5. The Hole (2017) est traduit du coréen par Yeong-hee Kim et Lucie Modde.

Genres : littérature sud-coréenne, roman noir, thriller.

Hye-young Pyun 편혜영 naît en 1972 à Séoul (Corée du Sud). Elle étudie l’écriture créative et la littérature coréenne à l’université Yedae de Séoul et sa première nouvelle, Essuyer la rosée, est récompensée en 2000. D’autres nouvelles reçoivent également un prix ainsi que Le jardin (Prix Shirley Jackson en 2017). Elle est autrice (nouvelles, novellas, romans). Cendres et rouge (2010) est publié chez Philippe Picquier en 2012.

« Ogui ouvre lentement les yeux. Tout est blanchâtre autour de lui. Une lumière l’éblouit. Il ferme les yeux et les rouvre. Ça lui coût une peu. Il est rassuré, il sent qu’il est en vie. » (p. 7). En effet, Ogui est à l’hôpital, il se réveille après un long coma et ne sait pas où est son épouse. Pourtant le couple vient d’acheter une maison, il est professeur universitaire, elle est journaliste. « Comment la vie peut-elle changer du tout au tout aussi rapidement ? Comment peut-elle s’effondrer, se briser en mille morceaux et disparaître dans le néant ? » (p. 23).

Sa belle-mère lui rend visite tous les jours mais il ne peut pas communiquer sauf en clignant de l’œil pour dire oui. Après plusieurs mois de rééducation, il se sent déprimé… « Il s’est beaucoup investi dans sa rééducation, mais aucune fonction physique n’est revenue. » (p. 37).

Lorsqu’Ogui retourne dans sa maison, huit mois après, elle est réaménagée, avec un lit spécial, des appareils de rééducation, une infirmière à domicile, un kiné… Sa belle-mère s’occupe de tout et paye tout. C’est un peu bizarre, non ? En tout cas, elle décide de s’occuper du jardin. « Le jardin est sens dessus dessous. Comment a-t-il pu devenir une telle jungle en huit mois ? » (p. 56). Or son épouse avait une obsession pour le jardinage et ça le dérangeait.

De son côté, Ogui qui n’a rien à faire, pense et se souvient, son enfance, sa mère morte, son père plus que distant, ses études, sa rencontre avec son épouse, ses études, son métier de professeur de géographie… mais « Sa femme lui manque. Elle lui manque terriblement. » (p. 73).

Mais revenons au jardin puisque c’est le titre. Sa belle-mère y creuse un trou énorme… Le voisinage s’interroge. Veut-elle planter un arbre ? Elle dit que c’est pour créer un étang… Oqui est inquiet. « Lui qui pensait avoir connu beaucoup d’épreuves, il pressent aujourd’hui que beaucoup d’autres l’attendent. Et que les souffrances passées ne sont rien à côté de celles à venir. » (p. 101). Et il a bien raison !

Ce roman est comparé à Misery de Stephen King. Construit comme un thriller psychologique, il fait effectivement froid dans le dos ! Le suspense s’installe peu à peu jusqu’à la chute. Mais le récit, bien loin du classique états-unien, est très coréen, très troublant, donc totalement différent c’est pourquoi il est à découvrir absolument !

Pour le Challenge coréen #2 et Polar et thriller 2021-2022.

Ils l’ont lu : Alex, Alice, Dasola, Ingannmic, Lune, Richard, entre autres.

La tour fantôme (tomes 1 à 3) de Tarô Nogizaka

La tour fantôme (tomes 1 à 3) de Tarô Nogizaka.

Glénat, 2014, 7,60, 224 pages chaque tome. Yûreito 幽麗塔 (2011) est traduit du japonais par Victoria Tomoko Okada.

Genres : manga, seinen, thriller.

Tarô Nogizaka 乃木坂太郎 naît en 1968 à Nanao (Ishikawa, Japon). Il est dessinateur et scénariste. Du même auteur : Team Medical Dragon (2002), Le 3e Gédéon (2015) et Pour le pire (2019, série en cours).

Tome 1. Glénat, mars 2014, 224 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-72349-352-9.

23 juin 1952, l’horloge de la tour ne fonctionne plus depuis plus d’un siècle mais ce jour-là, les aiguilles bougèrent et « Tatsu Fujimiya, 60 ans, fut sauvagement assassinée par sa fille adoptive, Reiko, 23 ans. ».

Kobe, 1954, Taïchi Amano n’a pas payé le loyer de sa chambre depuis des mois… Il saisit l’opportunité d’être le nouveau gardien de la tour considérée comme hantée. « C’est pour ça que tous les gardiens quittent ce lieu très rapidement. ». Mais, lorsqu’il se retrouve attaché aux aiguilles de l’horloge, Tetsuo Sawamura, le jeune homme étrange qui lui a proposé le poste, vient le sauver. Tetsuo ne veut pas que la police intervienne, il pense que la tour est « un gigantesque coffre-fort… maquillé en tour d’horloge. » et qu’il « garde jalousement… un trésor, peut-être de plusieurs milliards… ». Tetsuo propose à Taïchi de devenir son partenaire. « Ne veux-tu pas… devenir milliardaire avec moi ? ». Mais qui est réellement Tetsuo ? Pourquoi la maison où logeait Taïchi a-t-elle été incendiée ?

Les chapitres sont numérotés 1er tableau, 2e tableau, etc., ça donne un ton un peu artistique et mystérieux. Les dessins sont très beaux et l’histoire est judicieusement  intrigante.

Tome 2. Glénat, mai 2014, 224 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-72349-353-6.

La journaliste Megumi, une ancienne copine de classe dont Taïchi était amoureux, a été retrouvée nue sur l’horloge de la tour… « Pour découvrir pourquoi Megumi a été tuée… je dois travailler sur l’assassinat de la vieille dame il y a deux ans. ». Reiko Fujiyima serait-elle encore en vie ?

Taïchi et Tetsuo se rendent sur Kure une petite île au large de Hiroshima à la recherche de Shiro Honjo qui était le fiancé de Reiko mais un typhon les empêche de partir, Taïchi est enlevé par des tueurs et Tetsuo rencontre Yamashina un policier de Kobe qui les a suivis, « Les habitants de l’île ont toujours réglé leurs problèmes entre eux ! », et qui leur apprend des choses sur le procureur Marube (il n’est pas net).

Le duo, Tetsuo-Taïchi, devient un trio avec Yamashina mais ils sont pris au piège par un savant fou. Un tome trépidant, intense, plein de dangers et de zones d’ombre avec toujours de très beaux dessins.

Tome 3. Glénat, juillet 2014, 224 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-72349-938-5.

Tetsuo, Taïchi et Yamashina sont toujours confrontés au savant Tesla et à l’infirmière Q. « Taïchi, j’ai découvert que toi… Tu n’étais pas un meurtrier. C’est tout à fait personnel, ce que je dis, mais… je suis convaincu que tu n’as pas tué la journaliste. » (Yamashina). Tetsuo, Taïchi et Yamashina sont encore plus en danger ! Des rebondissements, de la densité, des dessins toujours beaux et soignés, des ambiguïtés et des révélations…

Au Japon, Yûreito paraît entre mai 2011 et octobre 2014 dans Big Comic Superior (Shôgakukan). En France, la série est complète en 9 tomes publiés chez Glénat entre mars 2014 et novembre 2015.

C’est un manga pour adultes (seinen) dans les genres thriller, fantastique voire horreur (avec de temps en temps une pointe d’érotisme). Tarô Nogizaka adapte en fait le roman Yûrei-tô d’Edogawa Ranpo (1894-1965) qui s’était inspiré du roman Une femme dans le gris (A Woman in Grey, 1898) d’Alice Muriel Williamson (1858-1933). Comme je l’ai déjà dit, c’est une lecture intense et j’ai hâte de lire les 6 tomes suivants (ouf, c’est une série courte mais ma bibliothèque ne les a pas alors je devrai les emprunter ailleurs).

Pour La BD de la semaine (cependant toujours en pause estivale) et les challenges BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 12, un livre d’un auteur japonais, 4e billet), Des histoires et des bulles (catégorie 6, un seinen), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Lieu pour Tour) et Polar et thriller 2021-2022.

Challenge polar et thriller 2021-2022 avec Sharon

Ah, je l’aime bien ce challenge et, chaque année, je veux lire plus de romans policiers (chose faite pour les deux dernières éditions).

Tiens, j’ai envie de faire un petit historique de ce challenge : Cynthia a créé le ‘Challenge Thriller’ en 2011 et j’y ai participé avec mon ancien blog. Liliba l’a repris en 2012 sous le nom ‘Challenge thrillers et polars’ et, en ce qui concerne ces trois éditions (2012-2013, 2013-2014, 2014-2015), j’y ai également participé avec mon ancien blog. Ces deux blogueuses me manquent…

En 2015, c’est Sharon qui l’a repris sous le nom ‘Challenge polar et thriller’ et j’ai participé à toutes les éditions (qui vont de juillet en juillet), 2015-2016 (5 lectures), 2016-2017 (6 lectures plus un billet Quais du polar), 2017-2018 (13 lectures), 2018-2019 (9 lectures), 2019-2020 (33 lectures, record explosé grâce au confinement, autant de romans policiers lus durant cette édition que durant les 4 précédentes !) et 2020-2021 (33 lectures, idem).

Septième édition donc pour ce Challenge polar et thriller 2021-2022 avec Sharon, du 12 juillet 2021 au 11 juillet 2022. Infos, logos (créés par Belette Cannibal Lecteur) et inscription chez Sharon.

Mon logo préféré

Aucune restriction nous dit Sharon, toutes les destinations et tous les genres : romans policiers, romans noirs, thrillers, espionnage, romans policiers historiques, romans policiers fantastiques, nouvelles, bandes dessinées, mangas, romans policiers jeunesse, essais, biographies, mémoires, etc. et les nouvelles options, séries télévisées et cinéma, continuent.

Les catégories (facultatives) n’ont pas changé :
– jusqu’à 5 livres lus = Imogène
– de 6 à 15 livres lus = Montalbano
– de 16 à 25 livres lus = Miss Marple
– de 26 à 50 livres lus = Erlendur Sveinsson
– de 51 à 75 livres lus = commissaire Jules Maigret
– de 76 à 100 livres lus = Walt Longmire
– plus de 100 livres lus = Sherlock Holmes
– plus de 200 livres lus = Lucky Sherlock ou Belette Sharon 😉

Mes lectures pour ce challenge

Sur 2021

1. Le cri de l’oiseau de pluie de Nadeem Aslam (Seuil, 2015, Pakistan)

2. Le Murder Club du jeudi de Richard Osman (JC Lattès, 2021, Angleterre)

3. La tour fantôme (tomes 1 à 3) de Tarô Nogizaka (Glénat, 2014, Japon)

4. Bunker d’Andrea Maria Schenkel (Actes Sud noirs, 2010, Allemagne)

5. Finsterau d’Andrea Maria Schenkel (Actes Sud noirs, 2015, Allemagne)

Catégorie Imogène honorée 🙂

6. Message personnel (Opcop 1) d’Arne Dahl (Actes Sud, 2014, Suède)

Sur 2022

7.  L’accident de chasse de David L. Carlson et Landis Blair (Sonatine, 2020, États-Unis)

8. La vengeance du carnivore d’Upamanyu Chatterjee (Robert Laffont, 2020, Inde)

9. Canardo – Premières enquêtes de Sokal (Casterman, 2002, Belgique)

10. Un doux parfum de mort de Guillermo Arriaga (Libretto, 2005, Mexique)

11. Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2 – Un mariage royal d’Allison Montclair (10-18, 2021, Angleterre)

12. Jours de combat de Paco Ignacio Taibo II (Rivages, 2000, Mexique)

13. Un assassin à New York de Jinpachi Môri et Jirô Taniguchi (Pika, 2021, Japon)

14. Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan (Ankama, 2021, France)

15. Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter (La joie de lire, 2021, Norvège)

Catégorie Montalbano honorée 🙂

16.  La machine Ernetti de Roland Portiche (Albin Michel, 2020, France)

17. Nero & Marlowe, les chats mènent l’enquête 1 – Un cadavre dans les pattes de Leighann Dobbs (Harper Collins, 2021, États-Unis)

18. SuperGroom 1 – Justicier malgré lui de Vehlmann et Yoann (Dupuis, 2020, France)

19.  Le Bureau des affaires occultes d’Éric Fouassier (Albin Michel, 2021, France)

20. Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie de Rhys Bowen (Robert Laffont, 2020, Angleterre)

21. Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove (Bragelonne, 2021, Angleterre)

22.

23.

24.

25.

Catégorie Miss Marple honorée