Pumpkin Autumn Challenge avec Guimause

Repéré chez Marjorie hier, comment ne pas craquer pour ce Pumpkin Autumn Challenge créé par Guimause du blog Le terrier de Guimause que j’avais l’impression de ne pas connaître mais qu’en fait j’avais déjà visité deux ou trois fois depuis son apparition en février de cette année mais sans l’enregistrer dans mon reader de WP (ce qui est maintenant fait comme ça je ne raterai plus de billets !).

Alors, ce challenge peut sembler un peu compliqué… J’ai lu (chez Marjorie) et relu (chez Guimause) les règles et je les ai même écoutées dans la vidéo de Guimause (dans laquelle elle donne aussi ses projets de lecture pour ce challenge et donc des idées de lectures pour les autres participants).

En fait, c’est facile, il suffit simplement de… suivre ! Le challenge dure du 1er septembre au 30 novembre 2017. Guimause a créé 3 menus avec 2 catégories chacun et on peut choisir un ou deux ou trois menus et donc lire deux ou quatre ou six livres (ou plus !) dans l’ordre qu’on veut. Un livre peut rentrer dans deux catégories de deux menus différents mais je vais éviter ça si possible (autant y aller à fond !).

Infos, logos (*) et inscription chez Guimause (à noter que c’est son premier challenge et que l’idée est super bien développée !). (*) C’est moi qui ai ajouté le texte vert sur la photo d’automne choisie par Guimause (ci-dessus) et j’ai utilisé le même vert que dans son logo des menus (ci-dessous).

Menu 1 – L’automne frissonnant

Hurlons dans les bois : lire un livre angoisse, horreur ou thriller. J’ai lu Les liens du sang d’Errol Henrot (premier roman français, sur le monde des abattoirs, visions d’horreur…).

La crypte des morts-vivants : lire un livre avec zombie, monstre, créature ou cas de possession. J’ai lu…

Menu 2 – L’automne douceur de vivre

Creepy, Spooky, Halloween : lire un livre conte sombre et fantastique pour de petits frissons. J’ai lu Toxique de Samanta Schweblin (premier roman argentin, un conte moderne, fantastique, sombre qui mène le lecteur au bord de l’angoisse et de la folie).

« Fall » in love : lire un livre romance et autres sucreries. J’ai lu…

Menu 3 – L’automne enchanteur

Légendes d’ici et d’ailleurs : lire un livre d’une légende celte, asiatique, africaine pour découvrir de nouvelles cultures. J’ai lu…

Féérique citrouille, bibbidi-bobbidi-boo : lire un conte féerique ou du Nature writing. J’ai lu Fanette et Filipin avec 4 contes animaliers.

Je rajouterai mes liens ci-dessus dans les différents menus et j’espère – en trois mois – remplir les trois menus donc présenter six livres (puisque l’objectif est de lire au moins un livre pour chaque catégorie). Je vais aussi demander à rejoindre le groupe FB pour suivre l’actualité du challenge et des participants.

Et vous, il vous plaît ce challenge d’automne ?

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Challenge Polar et thriller 2017-2018

Nouvelle édition (la 3e) pour le challenge Polar et thriller de Sharon : l’objectif est toujours de lire du policier (polar, thriller, tous les genres) du 8 juillet 2017 au 8 juillet 2018. Infos, logos et inscription chez Sharon. Et je rajoute le lien vers la page de récapitulatif.

Voici les catégories :

de 1 à 5 livres lus : Imogène

de 6 à 15 lus : Montalbano

de 16 à 25 livres lus : Miss Marple

de 26 à 50 livres lus : Erlendur

de 51 à 75 livres lus : commissaire Maigret

de 76 à 100 livres lus : Walt Longmire

plus de 100 livres lus : Sherlock Holmes

Les précédentes années, j’ai honoré les catégories Imogène puis Montalbano alors j’espère honorer la catégorie Miss Marple cette fois 🙂

Mes lectures pour ce challenge

1. Psychiko de Paul Nirvanas (Grèce)

2. Le moine et le singe-roi d’Olivier Barde-Cabuçon (France)

3. Le secret d’Igor Koliazine de Romain Slocombe (France)

4. Code 93 d’Olivier Norek (France)

Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri

Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri.

Robert Laffont, collection La bête noire, octobre 2015, 668 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-221-14674-3. Uccidi il padre (2014) est traduit de l’italien par Delphine Gachet.

Genres : littérature italienne, roman policier.

Sandrone Dazieri naît le 4 novembre 1964 à Crémone (Lombardie, Italie). Il est auteur (romans policiers, nouvelles, essai, scénarios…) et journaliste.

Un pique-nique en famille dans la vallée des Pratoni del Vivaro mais, après la sieste, Stefano Maugeri se retrouve seul ; son épouse Lucia et leur fils Luca, 6 ans et demi, ont disparu et il n’arrive pas à les joindre au téléphone. Comme il est un mari violent, il fait un coupable parfait pour le procureur ! Mais la commissaire Colomba Caselli, adjointe du commissaire Alfredo Rovere depuis 4 ans à la troisième section de la brigade mobile (communément appelée la criminelle), est appelée en urgence. Dans la police depuis 13 ans, à 32 ans, elle est en arrêt après ce qu’elle appelle « le Désastre » et fait des crises de panique… Si le corps de l’épouse est retrouvé décapité au Belvédère de la Via Sacra, l’enfant a vraiment disparu. « Si le père est innocent, l’enfant a été emmené par le meurtrier. » (p. 47). Sur les ordres de Rovere, Colomba va devoir travailler avec Dante Torre, connu comme « l’enfant au silo ». « Vous voyez commissaire, pendant onze années, les années les plus délicates dans la formation d’un être humain, j’ai vécu sans contact avec personne hormis lors des confrontations occasionnelles avec mon ravisseur. Ni livres, ni télévision, ni radio. Quand je suis sorti, le monde était pour moi incompréhensible. Les interactions sociales m’étaient totalement étrangères, comme pourrait l’être la vie d’une fourmilière pour vous. » (p. 77). Maugeri est accusé et emprisonné mais Rovere doute de sa culpabilité ; Colomba et Dante vont donc enquêter en parallèle car Torre pense que l’homme qui a enlevé Luca, ainsi que de nombreux autres enfants, est le Père, celui qui l’avait enlevé il y a 35 ans. « Quand il m’a enlevé… Quand le Père m’a enlevé, j’avais avec moi un objet que j’avais trouvé dans le pré où je jouais. C’était un sifflet de scout. […] Celui-ci, dit-il en le montrant du doigt. » (p. 103).

Tu tueras le Père est un très bon roman policier, sombre, extrêmement prenant, un véritable page turner, je l’ai d’ailleurs lu d’une traite ! C’est aussi une réflexion sur la construction de soi, la mémoire, l’imaginaire collectif, la façon dont nous réfléchissons et répondons selon notre culture, nos références et nos souvenirs : Dante Torre a dû tout rattraper après son évasion (musique, cinéma, littérature, personnages, etc.) et, comme il a une excellente mémoire, ça l’aide pour retrouver des enfants disparus. De plus, le lecteur découvre Rome, ses quartiers, ses habitants, ses environs, même si l’auteur explique que certains quartiers sont fictionnalisés. L’enquête est dense, intense, difficile à mener, aussi bien pour Colomba que pour Dante, d’autant plus que les collègues de Colomba et le procureur leur mettent des bâtons dans les roues… L’enquête avance lentement mais ce qu’il vont découvrir est bien plus grave que les actes d’un seul homme, des enlèvements, des expériences, une machination internationale (enfin occidentale plutôt). Et ça fait froid dans le dos… D’autant plus que l’auteur s’est inspiré de faits réels !

Quelques extraits

« Tu sais ce qu’ils t’enseignent tout au début, quand tu apprends à mener une enquête ? À ne pas te polariser sur une théorie. Parce que si tu es trop convaincu, tu vas voir des choses qui n’existent même pas. » (p. 209).

« Depuis quand tu n’es plus en service ? – Entre l’hôpital, la convalescence et la mise en disponibilité ? Presque neuf mois aujourd’hui. » (p. 293).

« Tu connais quelqu’un, toi, qui se donne la peine de mettre un mot de passe à une clé ? – Non, personne. – Alors, quoi que ce soit, ce doit être important. » (p. 387) [une clé USB].

Vite, avant que le mois de mai se termine, une lecture dans le Mois italien ! Et que vois-je ? Tu tueras l’ange, une deuxième enquête de Colomba Caselli et Dante Torre est parue le 18 de ce mois de mai ! Même éditeur, même collection, une prochaine lecture à coup sûr. Excellente lecture que je mets aussi dans les challenges Polars et thrillers de Sharon et Voisins Voisines pour l’Italie.

Quais du polar 2017 à Lyon

Hier, samedi 1er avril, j’ai été à Lyon pour les Quais du polar ; il me semble que c’est la troisième fois que j’y vais et j’étais très contente malgré une petite déception : je n’ai pas rencontré de blogueurs – blogueuses mais c’est normal, je sais qu’il faut prévenir avant et dire qu’on y sera tel jour à telle heure et se donner un point de rendez-vous sauf que, même si j’avais très envie d’y aller depuis plusieurs semaines, j’ai hésité jusqu’au dernier moment, eh oui… pluie, mal de dos… Et je vais vous dire, je ne suis pas superstitieuse mais ce 1er avril a failli avoir ma peau ! Partie de Valence sous la pluie, je savais que je retrouverais la pluie à Lyon, ça ne me réjouissait pas du tout car je crains l’humidité avec mon dos… À la gare, au guichet, panne informatique, juste avant que mes billets aller-retour ne s’impriment… C’est une blague ou quoi ? Il a fallu que je passe à un autre guichet et qu’on fasse fissa car le train était déjà en gare et allait partir ! Le voyage s’est bien passé, pluie tout le long, c’est reposant, si si. Arrivée à Lyon, pluie, évidemment, j’avais prévu mon parcours mais je me suis quand même perdue dans le métro, heureusement qu’un jeune homme m’a renseignée, il y a encore des gens serviables. Au retour, j’ai pris le bus, plutôt que le métro, je veux dire pour retourner à la gare Part-Dieu, car ça permet de mieux visualiser et se repérer. Je ne vous explique pas dans quel état j’étais avec mon dos douloureux, heureusement le retour s’est bien passé, même si j’ai eu du mal à rentrer chez moi…

J’ai finalement visité deux lieux, tous les deux très beaux, bien connus des amateurs de ces Quais du polar : l’Hôtel de ville Louis Pradel et l’Hôtel de ville Place de la Comédie. J’ai vu deux chouettes expos mais je vous en parlerai une prochaine fois. J’ai rencontré beaucoup de libraires et d’auteurs, ah et un traducteur très sympa. Je suis repartie avec pas mal de photos (prises avec le Smartphone parce qu’avec la pluie je n’ai pas voulu prendre le Canon), quelques cartes postales, marques-pages (tout comme pour la Fête du livre de Bron, le collectionneur se reconnaîtra !), brochures et deux livres dédicacés : j’ai été raisonnable, n’est-ce pas ? Mais j’aurais voulu en acheter plus, vous vous en doutez bien !

Quais du polar 2017 à Lyon : beaucoup de rouge et de noir dans cette édition !

Le premier est L’énigme de Saint-Olav – Melchior l’Apothicaire, livre 1 d’Indrek Hargla, un auteur estonien que j’aurais dû rencontrer à Romans en septembre 2015 dans le cadre du Festival Est Ouest (mon billet) mais la rencontre avait été annulée… Et vous l’avez peut-être deviné : le traducteur sympa est Jean-Pascal Ollivry qui a traduit ce roman et qui servait d’interprète lors des échanges (ouf, parce que qui parle estonien ?). L’auteur est toutefois bien sympathique et j’ai hâte de découvrir son personnage, Melchior l’Apothicaire.

Le deuxième est Code 93, le premier roman d’Olivier Norek, un auteur que je n’ai encore jamais lu mais que je voudrais découvrir car j’ai vu plusieurs blagues (faux articles de journaux, etc.) sur FB (n’est-ce pas Nicolas Lebel ?) ce qui m’avait bien fait rire. L’auteur est d’ailleurs fort intéressant, tour à tour drôle et sérieux, j’espère que je vais aimer ce Code 93.

Je n’ai pas commencé à les lire dans le train du retour car je n’arrive pas à lire dans les transports en commun mais je vous en parle dès que je les aurai lus et je suivrai ces deux auteurs (c’est-à-dire je lirai leurs autres titres) si ces deux romans me plaisent.

C’est triste une ville sous la pluie…

Bibliothèque de Lyon Part-Dieu, que je visiterai une autre fois, j’étais fourbue, et je pense qu’elle doit fermer à 17 heures le samedi, non ?

Mais c’était un bon moment et j’y retournerai, c’est sûr ! Voici quelques photos d’auteurs et de la foule prises à l’Hôtel de ville Place de la Comédie, sauf la première, celle de Ian Manook prise à l’Hôtel de ville Louis Pradel.

Challenge Polars et thrillers 2016-2017 avec Sharon

Nouvelle saison pour le Challenge Polars et thrillers organisé par Sharon du 7 juillet 2016 au 7 juillet 2017.

ThrillerPolar2016-1

Sharon laisse les mêmes catégories que pour la précédente session et en rajoute deux (à 50 et 75 livres lus) :

– jusqu’à cinq livres lus : Imogène,

– de cinq à quinze livres lus : Montalbano,

– de quinze à vingt-cinq livres lus : Miss Marple,

– de vingt-cinq à cinquante livres lus : Erlendur,

– de cinquante à soixante-quinze livres lus : commissaire Maigret,

– de soixante-quinze à cent livres lus : Sherlock Holmes,

– plus de cent livres lus : Walt Longmire.

ThrillerPolar2016-2Elle « rappelle le principe : lire tous les romans policiers possibles, que ce soit des romans, des romans noirs, des recueils de nouvelles, des mangas, des bandes dessinées, des romans de littérature jeunesse, voire, pourquoi pas, des essais. Bref, vous l’aurez compris, tous les genres, toutes les destinations sont permis ! » et elle donne le lien du récapitulatif sur la page Challenge polar et Thriller – 2016-2017. »

Mes lectures pour ce challenge

Bon sang, en 8 mois, j’en ai bien lu une dizaine mais je n’ai rédigé aucune note de lecture…

1. Attentat contre le Saint Suaire de Laura Mancinelli (Italie)

2. Le démon de l’île solitaire d’Edogawa Ranpo (Japon)

3. Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri (Italie)

4. Le dernier songe de Lord Scriven d’Éric Senabre (France)

5. La quiche fatale (Agatha Raisin enquête) de M.C. Beaton (Angleterre)

6. Une bande dessinée : Clues, intégrale de Mara (Suisse)

Et mon billet sur les Quais du polar 2017 à Lyon 😉

J’ai honoré la catégorie Montalbano mais je ferai mieux lors de la prochaine édition 🙂

Marathon Thriller/Policier #3 avec Merry et Cookies

Ça fait longtemps que je n’ai pas participé à un marathon (5 avril) et encore plus longtemps que je n’ai pas participé au Marathon Thriller/Policier (août 2015 !) [lien]. Pourtant Merry – du blog Mes rêves éveillés – et Cookies – du blog Entre nous – l’organisent une fois par mois (en alternance avec le marathon Dystopie/SF). Ce marathon (le 3e pour moi) dure toute la semaine, du 20 au 26 juin 2016 (minuit). Liens vers le groupe FB et vers l’événement FB.

MarathonThrillerJuillet2015

Mon suivi de lecture

Note de lecture publiée ce matin : Feed de Mira Grant, mi science-fiction horreur mi enquête (Bragelonne, 2012, 450 pages).

Je suis en train de lire : Métrozone – 1 : L’équation de la vie de Simon Morden mi science-fiction mi policier (Éclipse – Panini Books, 2014, 400 pages) mais je n’ai rien pu lire d’autre cette semaine…

Enfin, le weekend, je me suis lancée dans la lecture du premier tome d’Agatha Raisin enquête – La quiche fatale de M.C. Beaton et j’adore 🙂 (Albin Michel, 2016, 324 pages).

Finalement : 450 + 400 + 324 = 1 174 pages, je trouve que c’est un bon petit marathon 😉

La nostalgie des dragons de Démosthène Kourtovik

NostalgieDragonsLa nostalgie des dragons de Démosthène Kourtovik.

Actes Sud, collection Lettres grecques, juin 2004, 400 pages, 22,40 €, ISBN 978-2-7427-4938-6. Parution en poche : Babel noir, n° 145, novembre 2015, 400 pages, 9,70 €, ISBN 978-2-330-05688-9. Η νοσταλγία των δράκων (2000) est traduit du grec par Caroline Nicolas.

Genres : littérature grecque, roman policier.

Démosthène (Dimosthénis) Kourtovik (Δημοσθένης Κούρτοβικ) est né le 15 juillet 1948 à Athènes en Grèce où il vit actuellement. Scientifique (il a étudié la biologie en Grèce et en Allemagne de l’Est puis l’évolution de la sexualité humaine au cours des âges en Pologne), professeur (il a enseigné la sexualité dans l’art en Crète), il est aussi écrivain (romans, nouvelles, essais…), traducteur (il maîtriserait une quinzaine de langues !), chroniqueur et critique littéraire (pour Eleutherotypia et Ta Nea si vous comprenez le grec).

Andromaque Koutroubas est une jeune commissaire d’une trentaine d’années. Elle voyage en train avec le professeur Ion Dragonas. Le professeur, âgé d’une soixantaine d’années, est détenu à cause d’Ibycos, la momie d’un homme, égorgé et jeté dans un marais : Ibycos serait la première victime de meurtre de l’humanité, un véritable trésor ! Découverte par le Dr. Martin Obermeyer dans les années 40, la précieuse momie traînait dans la remise du Musée de la Préhistoire où tout le monde l’avait oubliée, y compris le célèbre et controversé professeur archéologue Ion Dragonas, ce qui ne l’a pas empêchée d’être volée. « En sa qualité de conservateur du musée de la Préhistoire, il était responsable de la momie dérobée. » (p. 21). Ibycos est la momie d’un pré-Hellène dont le professeur pense qu’elle a sept ou huit mille ans alors que les momies naturelles ne datent que de 3 000 ans avant J.C. (la plus ancienne est Ötzi avec 3 300 ans avant J.C.) et les momies embaumées (comme les momies égyptiennes) remontent à 2 600 ans avant J.C. maximum. Or les Pélasges, les pré-Hellènes, ne seraient arrivés que 3 000 ans après Ibycos et ils restent « un véritable casse-tête pour la science » (p. 15) : d’où venaient-ils ? Étaient-ils des Indo-Européens ou des Sémites ? Les premiers Hellènes étaient-ils des Pélasges ?

Avec ce roman passionnant, à la fois historique, scientifique et policier, Démosthène Kourtovik conte l’Histoire de la Grèce (y compris moderne : occupation germano-italienne, junte militaire…), de l’humanité et de ses origines. Il dénonce la façon plus que désinvolte de traiter le patrimoine : manque de moyens financiers et humains, laxisme et négligence, « indifférence carabinée des autorités compétentes » (p. 26). Certains chapitres sont écrits différemment (par exemple un compte-rendu d’un débat télévisé avec un spécialiste universitaire et un autre judiciaire, ou des notes pour une nécrologie dans les journaux) et ça donne un rythme différent au roman, à l’intrigue. De plus, le lecteur voyage énormément puisque Andromaque et Ion passent par Milan, Gênes, Stuttgart, Münster, Hambourg, Copenhague, Berlin… Et apprend pas mal de choses, par exemple sur les emblèmes (héraldique) avec ici un serpent rouge et un cormoran blanc entrelacés, sur les lebettini (une espèce de secte) et sur la quipu (système de communication des Incas retrouvé sur la ceinture de la momie volée). L’auteur traite de nombreux sujets qui s’intègrent très bien dans le roman (fantômes, sectes et suicides collectifs, érotisme et Art, fétichisme, homme de Néandertal, etc.). La nostalgie des dragons est donc un roman incroyable, enrichissant et je trouve bien dommage que les autres romans de cet auteur grec de génie n’aient pas été traduits en français…

ChallengeGrece2Mon passage préféré

« De nos jours, il est souvent question d’identité. Identités nationales, ethniques, religieuses, sexuelles et j’en passe. Pourtant on ne parle jamais d’identité humaine. C’est aussi contradictoire que malheureux, car jamais auparavant la nature humaine n’était apparue sous un jour aussi ambigu et énigmatique. Nous vivons dans un monde de plus en plus ouvert, de jour en jour plus uniforme. Et malgré cela, le fanatisme et les haines collectives, loin de reculer, s’embrasent toujours plus. Les plus admirables inventions de l’esprit humain sont employées de la manière la plus absurde. Les formes rationnelles de groupes et d’attitudes vont de pair avec une renaissance de la superstition dans ses expressions les plus violentes. Et malheureusement, notre congrès coïncide avec des événements qui confirment tragiquement cette recrudescence de l’irrationnel. Pourquoi tant de gens préfèrent-ils trouver des raisons de mourir plutôt que de vivre ? […] En fin de compte, qui sommes-nous, pourquoi sommes-nous ce que nous sommes, d’où venons-nous ? […] Je ne sais pas si la vérité est libératrice, comme le croyait ma génération, mais il est temps désormais de la regarder en face. » (p. 198-199).

MoisPolar2016-logoAsphodèle1Récemment, je me suis inscrite à quelques défis, comme Une année en Grèce avec un polar au programme pour le 15 février (aujourd’hui) et Le mois du polar justement en février et puis, je tombe sur La nostalgie des dragons de Démosthène Kourtovik, un polar grec qui va me permettre de présenter autre chose que du Pétros Márkaris ! Je n’ai rien contre cet auteur (que je n’ai jamais lu) mais il semblerait être le seul auteur grec de romans policiers disponible en France puisque Antonis Samarakis (1919-2003) n’est pas traduit en français (à part La faille (Το λάθος – Tò láthos) en 1970 aux éditions Stock… épuisé). Donc, je me suis dit que la majorité des participants présenteraient un polar de Pétros Márkaris et je voulais un roman différent : je n’ai pas été déçue et je vous le conseille chaleureusement !