Le patient de Timothé Le Boucher

Le patient de Timothé Le Boucher.

Glénat, collection 1000 feuilles, avril 2019, 296 pages, 25 €, ISBN 978-2-34402-807-0.

Genres : bande dessinée française, thriller.

J’avais beaucoup aimé Ces jours qui disparaissent (l’histoire, le thème, le dessin, l’ambiance) et j’avais noté cet auteur illustrateur pour lire sa bande dessinée suivante. Je remets ce que j’avais écrit sur Timothé Le Boucher : né le 25 octobre 1988, il est scénariste, dessinateur et coloriste de bande dessinée. Il étudie à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême. Il vit actuellement à Strasbourg. Du même auteur : Skins party (Manolosanctis, février 2011), Vivre dessous (Manolosanctis, août 2011), Les vestiaires (La Boîte à bulles, mai 2014) et Ces jours qui disparaissent (Glénat, septembre 2017). Plus d’infos sur son blog.

Une petite ville. La nuit. Une jeune femme ensanglantée erre, un couteau à la main. Elle est arrêtée par la police. « C’est la petite Grimaud. – Celle qui est débile ? » (p. 7). Chez Laura Grimaud, rue des Corneilles, tout le monde est mort, poignardé, les parents, les petits frères et sœur, le cousin… Oh, le frère, Pierre, 15 ans, est encore en vie ! Il est le seul survivant du « massacre de la rue des Corneilles ». Six ans après, à l’hôpital, il sort du coma ! Il est très fatigué, souffre d’une « tétraparésie de réanimation » (p. 20), « ses progrès en rééducation sont faibles » (p. 20), il se réveille la nuit en hurlant car il a « quelques souvenirs de la nuit du drame » (p. 20) et voit un être d’ombre sur lui. Il est suivi par la doctoresse Babette Cotteau (qui est épuisée à cause de ses longues journées et du nombre de patients qu’elle doit traiter) et il va être suivi par une psychologue, Anna Kieffer. Pierre communique de plus en plus. « Heureusement je lisais beaucoup… C’était en quelque sorte ma délivrance. Ça m’a éveillé. » (p. 77). Pierre pense que sa sœur aînée était innocente, qu’il y avait un homme en noir ce soir-là, le même homme qui le hante mais, sous hypnose, la mémoire peut jouer des tours…

Le patient est tout aussi beau au niveau du graphisme (beaux dessins épurés, beaucoup de choses dans les regards, les apparences, les non-dits) et bien mené que Ces jours qui disparaissent mais il traite un thème différent : Pierre Grimaud est-il le patient que l’on pense ? A-t-il vraiment envie de se souvenir de cette soirée d’enfer ? En plus le lecteur découvre le monde hospitalier de façon réaliste, un monde à part avec ses patients et ses membres du personnel qui ont pourtant leur propre vie. Cette excellente bande dessinée est un thriller psychologique captivant : tout y est troublant, les personnages (en particulier Pierre, bien sûr, mais pas que), l’ambiance, et jusqu’à la fin bien flippante : ce jeune auteur se révèle machiavélique !

Pour La BD de la semaine, le challenge BD 2019-2020 et Polar et thriller 2019-2020. Plus de BD de la semaine chez Noukette (lien à venir).

L’île du Diable de Nicolas Beuglet

L’île du Diable de Nicolas Beuglet.

XO, collection Thriller, septembre 2019, 320 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-37448-134-0.

Genres : littérature française, roman policier.

Nicolas Beuglet… Je remets ce que j’ai écrit pour Le cri et Complot. Il vit dans la région parisienne. Il a travaillé pour la télévision. Il est maintenant écrivain. Son premier roman, Le premier crâne, est paru en avril 2011 chez Michel Lafon mais sous le pseudonyme de Nicolas Sker et j’ai très envie de le lire mais il n’est pas facile à trouver et il n’existe pas en poche… Peu d’infos sur cet auteur apparemment discret mais il a une page FB pour ses livres.

Environ un an après les événements tragiques du Complot, Sarah Geringën sort de prison et apprend que son père, André Vassili, est mort dans la nuit. « Elle avait grandi à côté de ce père, sans jamais vraiment le connaître. Quand il travaillait encore et que sa sœur et elle étaient des petites filles, ses reportages de guerre le menaient au bout du monde. Lorsqu’il rentrait, il ne parlait que très peu et ne participait pas à la vie de famille. Depuis sa retraite, il était une présence calme et toujours distante. Un être déjà absent de son vivant. » (p. 15). Mais Sarah est sous le choc lorsqu’elle apprend qu’il a été assassiné et même torturé. Sarah n’a pas le droit d’enquêter sur cette affaire mais son supérieur, le commissaire Stefen Karlstrom, a « mis en place une configuration spéciale » (p. 20) : un jeune diplômé de 32 ans, prometteur, Adrian Koll, officiellement en charge de l’enquête ; le légiste Thobias Lovsturd (avec qui Sarah a déjà travaillé dans Le cri) ; et une petite jeune qui débute, Erika Lerstad, pour le côté scientifique. « Fais en sorte d’être discrète, et sois prudente, c’est tout ce que je te demande. Ce qu’on a fait à ton père, c’est de la haine à l’état brut. » (p. 21). Mais Sarah découvre des choses étranges… Et si « son père n’était pas celui qu’il prétendait être » ? (p. 29).

De son côté, Christopher, rejeté il y a un an par Sarah qui ne voulait pas l’obliger à l’attendre, enquête, en bon journaliste d’investigation, sur l’absence de Sarah du centre de réadaptation de Hemsedal et sur la mort du petit Matts. « Christopher, qui avait cru pouvoir démentir haut la main les insinuations du journaliste Tomas Holm et sauver Sarah de la diffamation, était aujourd’hui rongé par la peur de découvrir une indicible vérité. Mais il ne pouvait plus faire marche arrière. » (p. 84). Quant au chef de police Stefen Karlstrom, il enquête, avec une autre équipe, sur des ravisseurs qui ont enlevé une jeune femme.

Sarah Geringën et Adrian Koll doivent se rendre en Russie. « Oui, je pourrais retourner à Oslo, couvrir mes arrières, argumenta Adrian. Mais je ne veux pas être un petit inspecteur de quartier. Je veux qu’un jour on me confie les plus grosses affaires. Et on ne les donne qu’à ceux qui ont fait preuve d’audace, de ténacité et de courage. » (p. 184-185). Ils doivent retrouver l’île du Diable, sur l’Ob, ou l’île de Nazino. Qu’est-ce que le père de Sarah a à voir avec cette île inconnue ?

Dans ce troisième volume des enquêtes de Sarah Geringën, Nicolas Beuglet fait fort… et encore violent (mais en moins de pages, environ 180 pages de moins que dans Le cri et Complot, ce qui donne un récit plus condensé et dense). En découvrant la mythologie russe avec Rod, le dieu primordial, créateur de l’univers, et son épouse Rojanice : « sous le visage masculin se cache une femme… » (p. 193), le lecteur retrouve la religion et le féminisme des deux précédents tomes. Mais l’auteur parle surtout d’épigénétique, un terme que je découvre grâce à ce roman, ainsi que ses implications dans les vies de chaque être humain et, comme je sais que l’auteur s’inspire toujours de fait historiques et scientifiques réels, j’ai fait quelques recherches, même si c’est un peu compliqué pour moi (et peut-être pour vous aussi !). « L’épigénétique (du grec ancien ἐπί, épí, « au-dessus de », et de génétique) est la discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible (lors des divisions cellulaires) et adaptative l’expression des gènes sans en changer la séquence nucléotidique (ADN). ‘Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être.’ » (source : Wikipédia).

Encore un très bon thriller mais, attention, « les fantômes hantent l’île du Diable pour l’éternité » (p. 206) pour les challenges 1 % Rentrée littéraire 2019 et Polar et thriller 2019-2020. J’ai lu ce thriller d’épouvante pendant le Rat-a-week de l’épouvante – du 13 au 20 octobre 2019 mais je n’ai pas pu publier cette note de lecture avant le 20 octobre.

Complot de Nicolas Beuglet

Complot de Nicolas Beuglet.

XO, collection Thriller, mai 2018, 496 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-981-2.

Genres : littérature française, roman policier.

Nicolas Beuglet… Je remets ce que j’ai écrit pour Le cri. Il vit dans la région parisienne. Il a travaillé pour la télévision. Il est maintenant écrivain. Son premier roman, Le premier crâne, est paru en avril 2011 chez Michel Lafon mais sous le pseudonyme de Nicolas Sker et j’ai très envie de le lire mais il n’est pas facile à trouver et il n’existe pas en poche… Peu d’infos sur cet auteur apparemment discret mais il a une page FB pour ses livres.

Environ un an après l’affaire 488 (dans Le cri), Christopher et son fils adoptif, Simon, ont rejoint Sarah en Norvège et ils se sont installés sur la petite île de Grimsøya qui « se traversait en moins de dix minutes à pied et n’abritait pas plus de quarante-cinq maisons disséminées à l’abri des indiscrets parmi l’abondante végétation d’épicéas et de bosquets au feuillage persistant. » (p. 10). Décembre 2018. Un hélicoptère militaire atterrit dans leur jardin, au grand désarroi de Simon, et emmène Sarah Geringën dans la ville de Vardø dans la mer de Barents. « Vardø […] La dernière ville de Norvège avant la Russie à l’est de l’Arctique au nord. Jamais elle n’aurait cru se rendre un jour dans ce port de glace perdu sur des terres abandonnées par la vie. » (p. 25). Elle est ensuite conduite sur l’île de Hornøya qui abrite une réserve ornithologique. « Tout devint clair : les Forces spéciales, l’urgence et le sceau du secret […]. Aux pieds de Sarah, assassinée, gisait Katrina Hagebak, la Première ministre norvégienne. » (p. 44). Ses trois gardes du corps ont été égorgés pour l’un, poignardés pour les deux autres ; il n’y a « aucune trace d’effraction nulle part » (p. 47) et tout a été retourné dans la maison : cambriolage ? « Il était évident que Katrina Hagebak n’était pas la femme publique que l’on croyait connaître. » (p. 79).

Mais Sarah met le Ministre de l’Intérieur en colère en refusant de croire à la piste de nationalistes russes (trop facile, trop évident) et le ministre envoie l’inspecteur Peter Gen pour la remplacer ! « […] pour la première fois, ce n’était pas le comportement du coupable qui la questionnait le plus mais celui de la victime : qu’est-ce qui avait poussé Katrina Hagebak à vouloir effacer les indices laissés par son meurtrier ? » (p. 148).

Une deuxième enquête à haut risque pour l’inspectrice Sarah Geringën qui pensait avoir un peu de calme dans sa vie, dans son couple, en s’installant à Grimsøya ! Christopher sera mêlé malgré lui à l’enquête et, encore une fois, l’auteur s’est inspiré de faits réels, ce qui donne vraiment de la consistance à ses personnages et à son histoire. Le thème du féminisme (avec une pointe de mysticisme comme dans Le cri) est abordé de façon incroyable ! « Etta la cité réveillera, Ada la science embrasera et Ludmilla tous les réunira. » (p. 341).

En bon thriller qui se respecte, le lecteur est convié au voyage, ici dans la cité antique de Byblos (devenue Dbeil) au Liban. Mais je vous laisse découvrir tout le reste en lisant ce roman, à la hauteur de Le cri, un excellent thriller sur la plus grande imposture historique et religieuse au monde ! D’ailleurs, j’ai souri lorsque l’auteur parle de Lise Meitner car j’ai récemment lu Le Prix de Cyril Gely, très bon roman sur la place de la femme dans la science.

Encore un thriller parfait pour le challenge Polar et thriller 2019-2020.

Destruction d’Ezechiel Boone

Destruction d’Ezechiel Boone.

Actes Sud, collection Exofictions, mars 2019, 368 pages, 22,80 €, ISBN 978-2-330-11871-6. Zero Day (2018) est traduit de l’américain par Jérôme Orsoni.

Genres : littérature américaine, thriller, science-fiction, horreur.

Ezekiel Boone – de son vrai nom Alexi Zentner – naît en 1950 à Kitchener (Ontario, Canada). Il étudie à l’Université Cornell à Ithaca dans l’État de New York (États-Unis). Ithaca où il vit avec son épouse et leurs deux filles. Il est romancier et nouvelliste. Voir mes notes de lectures d’Éclosion (tome 1) et d’Infestation (tome 2). Plus d’infos sur son site officiel, http://www.alexizentner.com/.

Le commandant Brian Reynard et son équipe viennent de passer près de trois ans dans l’espace pour la mission Mars Conquest mais leur navette ne peut pas atterrir à cause de la deuxième vague d’araignées et ils sont en orbite, « faisant le tour de la Terre en deux heures environ » (p. 14) lorsqu’ils voient « de grands éclats de lumière » : les explosions nucléaires pour détruire les araignées et tenter de sauver quelques humains. Lorsque leur navette atterrit au Kennedy Space Center, en Floride, « […] tout était si calme. Personne pour les accueillir. Pas de défilé. » (p. 15). Mais, une chance : « pour l’instant, la Floride semblait avoir été épargnée par les araignées. » (p. 19).

C’est avec plaisir que le lecteur retrouve les survivants des tomes 1 et 2, la vice-caporale Kim Bock, la première classe Sue Chirp et les Marines, les civils Gordo, Shotgun, Teddie la journaliste de CNN Washington. Ils décident d’aller en Virginie pour être plus proches d’une évacuation en hélicoptère direction le porte-avions USS Elsie Down où sont déjà la présidente, Stéphanie Pilgrim, et son mari, George Hitches, son assistant Manny Walchuck (chef de cabinet de la Maison Blanche), Melanie Guyer la scientifique et sa petite équipe.

Comme c’est un thriller, le lecteur fait des excursions dans d’autres États des States (par exemple avec Mike Rich et Leshaun DeMilo, les deux agents fédéraux, dans le Minnesota) et à l’étranger : au Japon, en Norvège, en Allemagne, en Pologne, en Nouvelle-Zélande, en Inde, au Pérou, aux Hébrides… où il (le lecteur) retrouve soit des scientifiques soit des gens « normaux » qui ont échappé jusque-là aux araignées. Celles-ci sont plus grosses, plus nombreuses, plus dangereuses, c’est sûrement la fin du monde, du moins la fin des humains, la destruction soit par les araignées tueuses (surnommées les Araignées de l’Enfer) soit par les armes nucléaires… Mais il y a un Prophète, Bobby Higgs et ses cinq mille survivants qui avancent dans le désert !

« Ils avaient tous peur – Melanie, Julie, Laura, Will et Mike Haaf –, mais ils étaient aussi concentrés pour résoudre l’énigme. Parfois, Melanie oubliait pourquoi elle menait ces recherches et elle se sentait grisée par la pure curiosité intellectuelle. Comment les araignées se reproduisaient-elles si vite ? Comment s’y prenaient-elles pour coordonner apparemment leurs cycles d’éclosion ? Pourquoi certaines personnes étaient-elles rongées jusqu’à l’os par les nuées d’araignées tandis que d’autres étaient indemnes ? Comment se faisait-il qu’une araignée puisse se frayer un chemin dans le corps d’une personne pour y pondre des œufs et que la blessure se referme presque instantanément derrière elle ? Et, par-dessus tout le reste, comment les humains étaient-ils censés riposter ? » (p. 64).

Après Éclosion et Infestation, j’ai dévoré le troisième et dernier tome de cette trilogie, Destruction, avec cette question en tête : qui est détruit à la fin, les araignées ou les humains ? Donc, malgré mon aversion (pour les araignées), je n’ai pas lâché ce roman en espérant que cette histoire n’arriverait jamais en vrai ! La série d’Ezechiel Boone est une fiction (ouf !) qui tient bien la route et Destruction conclut parfaitement cette trilogie horrifique, mi thriller mi science-fiction. Je verrais bien cette histoire en série ou film.

J’ai lu ce roman de la Rentrée littéraire janvier 2019 pour le Mois américain mais parfois (souvent !) les notes de lectures arrivent plus tard…

Cependant cette lecture entre dans les challenges Littérature de l’imaginaire #7 et Polar et thriller 2019-2020.

Le cri de Nicolas Beuglet

Le cri de Nicolas Beuglet.

XO, collection Thriller, septembre 2016, 496 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-820-4.

Genres : littérature française, roman policier.

Nicolas Beuglet vit dans la région parisienne. Il a travaillé pour la télévision. Il est maintenant écrivain. Son premier roman, Le premier crâne, est paru en avril 2011 chez Michel Lafon mais sous le pseudonyme de Nicolas Sker et j’ai très envie de le lire mais il n’est pas facile à trouver et il n’existe pas en poche… Peu d’infos sur cet auteur apparemment discret mais il a une page FB pour ses livres.

Après une dispute avec son mari, Sarah se retrouve dans sa voiture en pleine nuit sous la neige lorsqu’un appel d’un collègue l’envoie à l’hôpital psychiatrique de Gaustad près d’Oslo. Sarah Geringën est inspectrice de police et se rend sur place avec Thobias Lovsturd, légiste, mais ils n’ont pas très envie d’enquêter dans cet établissement : Gaustad détient « le sinistre record d’Europe de lobotomies » (p. 24). « L’hôpital semblait figé dans le passé. Tant et si bien que, sans l’écran d’ordinateur qui dépassait du meuble de l’accueil, on aurait pu se croire à la fin du XIXe siècle. » (p. 26). Un patient amnésique et inconnu de 76 ans interné pour « de récurrents troubles de la personnalité » (p. 33) se serait étranglé lui-même et serait mort d’une crise cardiaque mais il a une inscription bizarre sur le front : 488. Et, durant l’enquête, Sarah et Thobias découvrent bien d’autres choses… « – 488 était-il là hier soir – Oui, il a crié, comme tous les soirs… Son cri à lui. Un truc moche… Vraiment moche… » (p. 63). Vous comprenez le titre du roman, Le cri.

Le cri (Skrik) d’Edvard Munch (Norvège, 1893)

« La vie nous tuerait tous si nous n’avions pas l’oubli, madame Geringën. Cet oubli qui fait que nous ne pensons pas chaque seconde à l’absurdité de notre existence. Nous vivons sans savoir d’où nous venons et nous mourons sans savoir où nous allons. Comment vivre entre les deux ? Comment ne pas être paralysé par cette absence de sens ? » (p. 126).

Avec les résultats de leurs recherches, toujours secrètes, les scientifiques veulent (en temps voulu) « briser une fois pour toutes les résistances athéistes » (p. 441).

Dans cet excellent thriller scientifique et mystique, le lecteur voyage avec Sarah, de la Norvège aux îles de l’Ascension, en passant par la France où elle rencontre Christopher, un journaliste d’investigation français dont le frère a été assassiné. Le cri, c’est la peur, la folie, la folie des hommes et la folie des débuts de la psychiatrie, un roman inspiré de faits réels et ça fait froid dans le dos, c’est même plus qu’effrayant ! Mais je ne veux pas en dire plus, j’ai dévoré ce roman, et j’espère que vous aussi vous le dévorerez. Ont suivi Complot en mai 2018 (que j’ai dévoré aussi récemment) et L’île du Diable qui vient de paraître, en septembre 2019 (et que je veux absolument lire).

Ce très bon roman a reçu plusieurs prix : Prix du Polar des Petits Mots des Libraires 2017, Prix du Roman Populaire 2017, Prix des nouvelles voix du polar 2018 (catégorie roman français, Pocket), Prix Polar en Nivernais 2018 et c’est largement mérité !

Une lecture parfaite pour Polar et thriller 2019-2020.

Challenge Polar et thriller 2019-2020 avec Sharon

Petit retard pour mon inscription au challenge Polar et thriller 2019-2020 mais ce n’est pas grave car je n’ai pas publié de notes de lectures de romans policiers depuis fin juin donc rien de raté. Cinquième édition pour moi avec ce blog et j’espère honorer ce challenge qui dure du 10 juillet 2019 au 10 juillet 2020. Infos, logos et inscription chez Sharon.

Sharon nous dit : « Le principe du challenge ne change pas : lire des romans policiers, tous les romans policiers possibles et imaginables, que ce soit des romans, des romans noirs, des recueils de nouvelles, des thrillers, des romans policiers fantastiques, des romans historiques, des mangas, des bandes dessinées, des romans de littérature jeunesse, voire, pourquoi pas, des essais. Bref, vous l’aurez compris, tous les genres, toutes les destinations sont permis, de l’Europe à l’Australie en passant par l’Amérique du Sud. Vous pouvez aussi lire l’œuvre intégrale d’un auteur, vous concentrer sur un seul enquêteur, ne pas quitter votre pays de prédilection, peu importe, l’important est de prendre plaisir à lire. »

Voici les catégories (elles sont facultatives) :
– jusqu’à 5 livres lus : Imogène.
– de 5 à 15 livres lus : Montalbano.
– de 15 à 25 livres lus : Miss Marple.
– de 25 à 50 livres lus : Erlendur Sveinsson.
– de 50 à 75 livres lus : commissaire Jules Maigret.
– de 75 à 100 livres lus : Walt Longmire.
– plus de 100 livres lus : Sherlock Holmes.
– plus de 200 livres lus : Lucky Sherlock, pour les personnes qui lisent plus vite que leur ombre.

Mes lectures pour ce challenge

1. Qaanaaq : meurtres au Groënland de Mo Malø (Points Policiers, mars 2019, France) 🙂

2. Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar de Brian Stableford (Les Moutons électriques, mars 2019, Angleterre) 🙂

3. Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen (Robert Laffont, juin 2019, Angleterre) 🙂

4. Destruction d’Ezechiel Boone (Actes Sud, mars 2019, États-Unis) 🙂

5. Le blues du chat de Sophie Chabanel (Seuil, mars 2019, France) 🙂

Catégorie Imogène honorée 🙂 Et bonnes pioches, que des nouveautés et ils m’ont bien plu les cinq 😉

6. Le cri de Nicolas Beuglet (XO, 2016, France)

7. Complot de Nicolas Beuglet (XO, 2018, France)

8. L’île du Diable de Nicolas Beuglet (XO, 2019, France)

+ ?

Infestation d’Ezekiel Boone

Infestation d’Ezekiel Boone.

Actes Sud, collection Exofictions, septembre 2018, 384 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-330-10886-1. Skitter (2017) est traduit de l’américain par Jérôme Orsoni.

Genres : littérature américaine, thriller, science-fiction, horreur.

Ezekiel Boone – de son vrai nom Alexi Zentner – naît en 1950 à Kitchener (Ontario, Canada). Il étudie à l’Université Cornell à Ithaca dans l’État de New York (États-Unis). Ithaca où il vit avec son épouse et leurs deux filles. Il est romancier et nouvelliste. Infestation est la suite d’Éclosion (le premier roman écrit sous le pseudonyme d’Ezekiel Boone). Plus d’infos sur son site officiel, http://www.alexizentner.com/.

Après avoir dévoré en un jour le premier tome, Éclosion, pour le Marathon de l’épouvante – automne 2018 (catégorie Cimetières et Outre-tombe : horreur, thriller, fantôme, possession…), j’ai dévoré ce deuxième tome en un jour aussi.

Winthrop Wentworth Jr, 19 ans, après un tour du monde avec des amis, vient de passer deux semaines dans la Wind River Range dans le Wyoming, sans contact avec l’extérieur. Il n’est donc pas au courant de la catastrophe mondiale. Mais, de retour dans la civilisation, à Lander, un trou perdu de six ou sept mille habitants, il se rend compte que tout est brûlé, détruit. « Peut-être que l’apocalypse zombie avait finalement eu lieu pendant qu’il se baladait dans la nature. » (p. 10).

C’est avec plaisir que je retrouve Melanie Guyer, la biologiste spécialiste des araignées, à Washington DC ; Mike Rich et Leshaun DeMilo, les deux agents fédéraux, à Minneapolis ; Stephanie Pilgrim, la première femme présidente des États-Unis, et son assistant, Manny (ex-mari de Melanie Guyer) ; etc. (enfin je retrouve les survivants !) et que je découvre de nouveaux personnages.

Est-ce que les araignées sont toutes mortes. Est-ce que les nids ont tous été brûlés dans le monde (de rares endroits ont été épargnés) ? Y a-t-il des humains mordus et infestés et donc des milliers, des millions d’araignées qui vont naître ? « […] l’enfer à huit pattes […] une armée. Des envahisseurs. Des colons. Écumant la terre. » (p. 46). Partout dans le monde, c’est la chasse aux œufs ! Les nids, du plus petit au plus gros, sont brûlés mais est-ce possible de tous les trouver avant que les œufs n’éclosent ? Et quand ils écloront, comment seront les araignées ? Certains veulent utiliser le nucléaire comme la Chine… Mais Stephanie Pilgrim refuse. « […] si je commence à me servir de notre arsenal nucléaire, on ne pourra pas faire machine arrière. Quel en sera le prix ? » (p. 174).

L’auteur balade à nouveau ses lecteurs à travers le monde, États-Unis (plusieurs États dont Hawaii), Brésil, îles Hébrides (Écosse) avec le couple d’amoureux et le grand-père, Japon, Norvège, France, Allemagne, Inde, Pérou… « Partout où les araignées passaient, elles laissaient derrière elles une traînée de soie, comme une rumeur qui collait aux arbres et aux buissons, enveloppant les hommes, les femmes et les enfants qui se trouvaient incapables de bouger, incapables même de crier. » (p. 326).

De même que pour Éclosion, Infestation est à la fois un thriller et un roman de science-fiction post-apocalyptique horrifique. J’ai passé un super moment d’horreur avec ces deux tomes et j’attends le troisième et dernier tome avec impatience : apparemment, c’est l’apocalypse avec Zero Day paru aux États-Unis en février 2018 et peut-être en France au printemps 2019 ?

Une lecture effrayante que je mets dans le Challenge de l’épouvante, Défi littéraire de Madame lit (le mois de novembre est consacré à la littérature américaine ; né Canadien, l’auteur vit aux États-Unis et est considéré comme un auteur américain), Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Titre mot unique), Polar et thriller 2018-2019 (ce roman est bien construit comme un thriller, il y a des policiers et des agents fédéraux).