Animal de Sandrine Collette

Animal de Sandrine Collette.

Denoël, collection Sueurs froides, mars 2019, 288 pages, 19 €, ISBN 978-2-20714-974-4.

Genres : littérature française, roman noir, thriller.

Sandrine Collette naît en 1970 à Paris. Elle étudie la littérature, la philosophie (master) puis la science politique (doctorat) et devient professeur universitaire et consultante. Elle s’installe dans le Morvan avec des chevaux et écrit son premier roman, Des nœuds d’acier, publié en 2013 par Denoël qui relance la collection Sueurs froides (1972-1998). Viennent ensuite chez Denoël, Un vent de cendres (2014), Six fourmis blanches (2015), Il reste la poussière (2016), Les larmes noires sur la terre (2017), Juste après la vague (2018), Animal (2019) puis chez JC Lattès, Et toujours les forêts (2020), Ces orages-là (2021) et On était des loups (2022) soit un roman par an (et plusieurs prix littéraires). Plus d’infos sur sa page Facebook.

Mara, la trentaine (« elle aurait été incapable de donner son année de naissance » p. 10), est veuve et survit seule « Mais manger était devenu compliqué. » (p. 13). La nuit elle sort vérifier ses pièges pour avoir à manger mais elle doit faire très attention car les tigres de plus en plus nombreux – ils sont protégés et se reproduisent – font de même. Une nuit donc, en allant vérifier ses pièges, Mara voit un petit garçon attaché à un arbre, elle le libère et l’emmène dans sa cabane. La nuit suivante, c’est une fillette et elle fait de même. Mais elle sait qu’elle n’aurait pas dû… « Deux enfants sauvages. » (p. 15) de 4 ou 5 ans et elle sait qu’elle ne doit pas rester là avec eux qu’elle a appelé Nun et Nin. De mon côté, je ne sais pas si ce sont des enfants abandonnés par leurs parents qui avaient trop de bouches à nourrir ou si ces enfants sont des sacrifices faits aux tigres pour qu’ils ne s’approchent pas du village mais je verrai bien car cette introduction me plaît beaucoup !

Mara quitte donc la cabane avec les deux enfants mais, lorsqu’ils arrivent en ville, ils voient que c’est un bidonville aux « constructions précaires » (p. 17) et aux odeurs atroces, « la merde et l’humidité mélangées » (p. 17)… Ils s’installent dans une maison inoccupée, « C’était petit, sale et sombre. Mais dans ces neuf mètres carrés on logeait en général six à huit personnes, alors elle s’était tue. » (p. 18). Eh bien, je connais des personnes qui ont été enchantées de leur voyage au Népal mais, apparemment, elles n’ont pas vu ça… la misère, la violence… ou alors elles ne sont pas allées à Pokhara !

Vingt ans plus tard, un groupe d’Européens est dans le Kamtchatka pour une chasse à l’ours. Lior, une Française, son mari, Hadrien, un couple d’amis, comme eux sportifs et chasseurs, Annabelle et Gauvain, ainsi qu’Oscar un Suédois, Jonas et Vlad le vieux guide. C’est de Lior qu’on va parler, « […] la chasse, elle l’avait dans le sang depuis toujours » (p. 36), « quand elle chassait, elle était vivante » (p. 37). Je me dis, à ce moment de la lecture, que Lior, c’est Nin, je verrai si j’ai raison mais c’est logique et je sais que Lior ne va pas me plaire. Quant à Hadrien, « il n’aimait pas la chasse, et il n’aimait pas les chasseurs » (p. 38) et même s’il pense souvent à la folie, à la sauvagerie de son épouse, il est fasciné par Lior depuis leur rencontre cinq ans auparavant et il lui suffit que Lior l’aime pour qu’il la suive.

Je déplore fortement cette idée que se racontent les chasseurs sur leurs proies, « tous, ils ont leur chance » (p. 46), non, devant leurs fusils, les animaux n’ont aucune chance et ils se mentent à eux-mêmes, ils mentent aux autres et ils le savent très bien ! D’ailleurs, plus loin, « Ils parlent du maintien des effectifs, de l’équilibre des espèces. Vivent dans un monde de mensonges qu’ils se servent à eux-mêmes : ils sont là pour le sang et rien d’autre, pour ce geste que nulle part ils n’ont plus le droit de commettre entre eux, et dont ils rêvent tout éveillés – armer, viser, tuer. » (p. 56), voilà des mots sensés mais mon passage préféré est « et si l’ours était réellement plus intelligent qu’eux ? » (p. 76).

La chasse ne se déroulera pas comme prévu… et c’est ce qui fait tout le sel de ce roman inquiétant et violent ! J’ai aimé que les chapitres alternent entre Hadrien et l’ours, être dans la tête d’Hadrien qui poursuit Lior et être dans la tête de l’ours poursuivi par Lior. « Comment se débarrasser du petit être qui ne se laisse pas perdre. » (p. 137). Animal est un roman mi-humain mi-animal, un roman intense, dense et passionnant. Après avoir apprécié On était des loups (2022), je suis ravie de découvrir un autre roman de Sandrine Collette et je peux vous dire qu’il y aura d’autres titres !

Pour ABC illimité (lettre S pour prénom), Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 8, un livre qui se passe à la montagne), Challenge lecture 2023 (catégorie 4, un roman dont le titre est un seul mot), Petit Bac 2023 (catégorie Animal avec… Animal), Polar et thriller 2022-2023 (pas vraiment d’enquête mais un roman noir et thriller) et Un genre par mois (en février, du rire aux larmes, drame).

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Epsil∞n n° 17 (novembre 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022), Epsil∞n n° 9 (mars 2022), Epsil∞n n° 10 (avril 2022), Epsil∞n n° 11 (mai 2022), Epsil∞n n° 12 (juin 2022), Epsil∞n n° 13 (juillet 2022), Epsil∞n n° 14 (août 2022), Epsil∞n n° 15 (septembre 2022) et Epsil∞n n° 16 (octobre 2022).

Epsil∞n n° 17 (novembre 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, novembre 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours passionnant et parfaitement illustré avec 89 scientifiques du monde entier interrogés.

Au sommaire, Club Epsil∞n (courriers des lecteurs), les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets abordés de façon courte), En images (la mouche zombie, la femme de Penang…), Contre-pied (« Le rire naît de la peur »), Labyrinthe (« Le casse-tête de la pornographie »), Analyse (les passkeys pour se passer des mots de passe), C’est dans l’air (la guerre dans les abysses, la polémique des 19°…), Big data (les microbes les plus dangereux dans le monde). Pas d’Atlas ce mois-ci.

L’enquête, « Le casse-tête de la combinaison spatiale » (p. 22-29). La combinaison spatiale sera-t-elle prête pour le retour sur la Lune en 2025 ? La NASA a sous-traité sa fabrication. Vous saurez tout en lisant cette enquête !

Le dossier, « Méga phénomènes climatiques, ce qui nous attend » (p. 42-57). Le réchauffement climatique et ses catastrophes ne sont pas des mythes… Vortex stratosphérique (fumées des méga-feux, couche d’ozone transpercée « renforçant les vents autour de l’Antarctique de l’ordre de 40 km/h et détruisant 20 % de l’ozone » p. 45), canicule humide (35° de température humide « empêchent toute évacuation de la chaleur d’un organisme humain, et conduisent en moins de six heures à une mort certaine même pour les plus vaillants d’entre nous. » p. 47, humains mais aussi tous les animaux à sang chaud) , méga-ouragan (de catégorie 5, vent jusqu’a 350 km/h, « énorme machine thermodynamique » p. 49 dont l’énergie « peut dépasser celle de 2000 bombes thermonucléaires » p. 48), fleuve atmosphérique (déluge atmosphérique, pluies torrentielles…), sécheresse éclair (« soudain, plus aucune trace d’eau » p. 53), « depuis cet été, tous les modèles sont dépassés » (p. 54-55). « Quand une partie de la Terre devient peu à peu inhabitable… » (p. 47). Suivre World Weather Attribution, les bulletins de Climate Copernicus Europe et World Meteorological Organization – United in Science (plus abordable que les rapport du GIEC selon Epsil∞n mais en anglais).

Puis diverses rubriques : Bonne nouvelle « Vieillir ça a du bon » (cerveau qui se réorganise, amygdale plus sensible, neurones plus efficaces… « Résultat : les vieux sont plus empathiques, créatifs, avisés. En un mot, plus sages » p. 59), Jupiter « À l’intérieur de la géante » grâce à la sonde Juno (très belle imagerie), Data « 8 milliards d’humains ! » (et des projections mondiales entre 2022 et 2100), Hoazin « L’oiseau définitivement inclassable » (« Il rumine comme une vache. Il nage comme un poisson. Il marche comme un quadrupède. Il a gardé des griffes de dinosaure. » p. 77), Kafka « Le cauchemar de la seconde de trop » (une réforme au temps universel !).

Et à la fin, le cahier Pop’Sciences qui apporte humour et originalité tout en restant scientifique : les oiseaux les plus colorés sont les colibris, les crapauds anglais grimpent aux arbres, Beta… Civilisations volume II de Jens Harder (j’avais adoré le 1er tome de cette BD, Alpha… Directions, parue en 2009, à relire !), des éoliennes marines norvégiennes de 2 m de haut qui « basculent sous l’effet du vent » (p. 90), des séquoias immeubles d’habitation en Inde, de la nouvelle technologie incroyable, entre autres.

Je le répète, Epsil∞n est un excellent magazine, toujours sérieux, abondamment illustré, abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences (et qui apporte des rectificatifs en cas d’erreurs). Il ne me reste à lire que les numéros 18 de décembre 2022 et 19 de janvier 2023 (sans compter les 4 hors-série). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 16 (octobre 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022), Epsil∞n n° 9 (mars 2022), Epsil∞n n° 10 (avril 2022), Epsil∞n n° 11 (mai 2022), Epsil∞n n° 12 (juin 2022), Epsil∞n n° 13 (juillet 2022), Epsil∞n n° 14 (août 2022) et Epsil∞n n° 15 (septembre 2022).

Epsil∞n n° 16 (octobre 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, octobre 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours passionnant et parfaitement illustré avec 91 scientifiques du monde entier interrogés. Dans l’édito, Hervé Poirier, le rédacteur en chef, s’interroge avec la rédaction de la revue : quel est le bon moment pour traiter un sujet scientifique ? « Ni trop tôt, ni trop tard » (p. 3).

Au sommaire, Club Epsil∞n (courriers des lecteurs), les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets abordés de façon courte, euh les dents humaines sont des écailles de poissons qui ont évolué « à l’intérieur de la bouche, sous forme de dents », p. 11, brrr…), En images (toujours des photographies superbes, le frai des coraux, l’apprentissage de la chasse chez les élanions à queue blanche, le canyon de Mars, entre autres), Labyrinthe (le casse-tête du changement d’heure), Atlas (les sols agricoles dans le monde), Analyse (énergie, la France va-t-elle éviter le black-out ?, n’oublions pas que la France est un pays tempéré mais, au moment où je lis ce magazine, les vagues de froide de janvier-février ne sont pas encore là…), C’est dans l’air (Quand les tribus disparaissent, quel drame, quelle tristesse…), Big data (Chaque organe a ses cellules immunitaires). Pas de Contre-pied dans ce numéro.

L’enquête, « Surdité, l’épidémie silencieuse » (p. 20-26). Ce ne sont plus des suppositions ou des estimations… Une étude épidémiologique a été effectuée par l’Inserm avec des résultats d’audiogrammes et c’est vrai que c’est alarmant… « un quart de la population française présente des problèmes d’audition » (p. 22), et pas seulement chez les personnes âgées… mais aussi chez les jeunes. Que je suis contente d’avoir peu utilisé mon walkman (je ne supportais pas d’avoir quelque chose sur (et encore moins dans) les oreilles) et de ne jamais écouter la musique (ou la télévision) fort !

Le dossier, « Première plongée dans l’inconscient animal » (p. 40-53). Phases de sommeil et activités cérébrales comparables à celles des humains, rêves, cauchemars, chez les pieuvres, les oiseaux, les araignées, les singes, les lézards, fascinants ! « Mais à quoi rêvent les animaux ? » (p. 48).

Puis diverses rubriques : Système solaire (Ce qu’il y avait avant, « 5,4 g de poussière arrachés à l’astéroïde Ryugu par la sonde japonaise Hayabusa 2 », p. 55), Première (un embryoïde de 1 mm fabriqué en laboratoire… pour de futurs traitements médicaux et transplantations ? « mais nous devons d’abord penser à l’éthique » p. 64), Décryptage (Le phénomène hyperman ou hyperactif, hypersensible, hyperempathique, hyperintelligent…), Amazonie (Les civilisations oubliées, incroyable !), Stockage ADN (Nos données sont sauvées, nous sommes rassurés… ou pas !).

Et à la fin, le cahier Pop’Sciences qui apporte humour et originalité tout en restant scientifique : de l’alcool dans l’espace, la meilleure des touillettes, de la stabilité des trous noirs, les films scientifiques, The Line la ville « invisible » en Arabie, entre autres.

Je le répète, Epsil∞n est un excellent magazine, toujours sérieux, abondamment illustré, abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences (et qui apporte des rectificatifs en cas d’erreurs). J’ai presque rattrapé mon retard, il me reste à lire les numéros 17 et 18 de 2022 et j’ai acheté le n° 19 de janvier 2023 (et j’ai aussi les 4 hors séries mais eux, ce sera pour… plus tard !). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Harper et le cirque des rêves de Cerrie Burnell

Harper et le cirque des rêves de Cerrie Burnell.

Albin Michel Jeunesse, collection Mes premiers Witty, février 2017, 176 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-22639-226-8. Harper and the Circus of Dreams (2016) est traduit de l’anglais par Mickey Gaboriaud et illustré (en noir et blanc) par Laura Ellen Anderson.

Genres : littérature anglaise, jeunesse, fantastique.

Cerrie Burnell naît le 30 août 1979 à Petts Wood au sud-est de Londres (Angleterre). Elle étudie le théâtre à la Manchester Metropolitan University et elle a joué non seulement pour le théâtre mais aussi pour la télévision. Elle est actrice, chanteuse, autrice (pour la jeunesse et le théâtre) et elle a travaillé pour la chaîne pour enfants CBeebies de la BBC (en montrant son handicap, son bras droit s’arrêtant au coude). Plus d’infos sur son site officiel.

Laura Ellen Anderson naît en 1988 dans l’Essex (Angleterre) mais vit à Londres. Elle étudie l’illustration à l’University College Falmouth et en sort diplômée en 2010. Elle est autrice et illustratrice (albums, romans) depuis 2011. Elle est connue pour sa série Amelia Fang et le comics Evil Emperor Penguin. Plus d’infos sur son site officiel.

Alors que Harper est sur le toit de la résidence Haute-Tour avec son chat Minuit et qu’elle s’apprête à jouer du violoncelle, elle entend hurler Fumée, la louve de son ami Nate. « C’était une compagne sauvage, qui avait de la sagesse dans le cœur et de la pleine lune dans ses hurlements. Mais ce soir, quelque chose semblait la troubler. » (p. 9). Freddy et sa sœur Lisette les rejoignent sur le toit et tous s’envolent grâce au parapluie rouge magique (voir Harper et le parapluie rouge de Cerrie Burnell). Alors que l’équipage s’est arrêté sur un étrange nuage, « une fille vêtue d’une cape de neige » (p. 18) arrive à toute vitesse et une tempête de glace oblige Harper à reconduire tout le monde sur Haute-Tour.

Les lecteurs apprennent ce qui est arrivé à Harper durant la Tempête terrifiante cinq ans auparavant. « Bien sûr, il arrivait parfois, tard dans la nuit, que Harper se demande qui étaient ses parents, et où ils pouvaient bien se trouver. Mais, avec Minuit qui lui tenait compagnie et tous les habitants de la résidence de Haute-Tour qui veillaient sur elle, il était rare qu’elle en éprouve du chagrin. » (p. 29).

Le lendemain, alors qu’elle joue du piccolo auprès de Minuit, Harper fait la connaissance d’Étournelle, la fille aux oiseaux qui vole sur les nuages. « J’ai grandi dans un cirque, révéla Étournelle avec un sourire. Le vent nous porte à travers le monde. » (p. 37), « Je déclenche de violentes tempêtes afin que le Cirque des rêves puisse arriver en toute discrétion. » (p. 38).

Pour la première fois, Harper et ses amis, Freddy, Lisette, Nate et Fumée – suivis par Minuit – vont traverser la ville car ils veulent aller au cirque et ainsi « revenir avec plein d’histoires à raconter » (p. 49). Et, soudain, le chapiteau rouge et or apparaît flottant sur les nuages. « La petite troupe entra dans le chapiteau rouge et or. Et dans une nouvelle aventure. » (p. 62).

Après avoir lu le premier tome, Harper et le parapluie rouge, dans lequel j’a pu faire connaissance de Harper, ses voisins et les animaux qui vivent avec eux, j’étais ravie d’avoir emprunté en même temps ce tome 2 ! Un tome 3, Harper et la forêt de la nuit, est paru en octobre 2017 et je veux absolument le lire. Bizarrement, il y a deux autres titres parus en anglais, Harper and the Fire Star et Harper and the Sea of Secret mais pas (encore) traduits en français…

C’est vraiment un très bon roman jeunesse, joliment illustré, avec du mystère, de l’humour, de nouveaux personnages surprenants dans le monde du cirque, un monde magique, presque féerique, et poétique, et un secret dévoilé !

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio 2023 (case n° 18, un livre dont vous auriez aimé être le personnage principal, le personnage de Harper est très attirant même si j’aurais le vertige avec le parapluie !), British Mysteries 2023 (pour le côté mystère et surnaturel), Challenge lecture 2023 (catégorie 6, un livre dont l’un des personnages principaux est un chat ou un chien, le chat Minuit et Harper sont les personnages principaux), Jeunesse & young adult #12, Littérature de l’imaginaire #11, Petit Bac 2023 (catégorie Bâtiment pour Cirque), Tour du monde en 80 livres et Voisins Voisines 2023 (Angleterre).

Le dernier des siens de Sibylle Grimbert

Le dernier des siens de Sibylle Grimbert.

Anne Carrière, août 2022, 192 pages, 19 €, ISBN 978-2-3808-2257-1.

Genres : littérature française, roman.

Sibylle Grimbert naît en 1967 à Paris. Elle est autrice (premier roman, Birth Days en 2000) et éditrice (éditions Plein Jour fondées en 2013 avec le journaliste Florent Georgesco).

Allez, dernière note de lecture de l’année ! Il faut que je publie ce billet parce que Le dernier des siens est sûrement parmi mes trois plus grands coups de cœur de l’année.

Comment débute le roman ? « De loin seule la tache blanche de leur ventre se détachait sur la paroi de la falaise, surmontée d’un bec qui brillait, crochu comme celui d’un rapace, mais beaucoup plus long. Ils avançaient en balançant de droite à gauche ; on avait l’impression qu’ils prenaient leur temps, vérifiaient à chaque pas leur stabilité, et qu’à chaque pas ils rétablissaient leur corps par un roulement de bassin. Les hommes progressaient eux aussi avec difficulté, cherchant des appuis sur le sol détrempé et lourd de la petite île […]. » (p. 11).

Aïe, des hommes… Là où les humains passent, la faune et souvent la flore trépassent… Et que ça écrase les œufs, et que ça étrangle les pingouins pour les jeter en un tas… « Maintenant, il n’y avait plus un seul animal vivant sur l’île. » (p. 13). Immonde… Bande de pourritures !

Eldey (Île de Feu en islandais) est un îlot volcanique situé au sud-ouest de l’ouest de l’Islande. Les habitants de ce monolithe étaient des grands pingouins européens mais ils ont disparu… C’est maintenant une réserve naturelle protégée et inaccessible au public mais il ne reste que des fous de Bassan (j’ai déjà vu des documentaires).

Auguste (surnommé Gus), 23 ans, à bord de la chaloupe, voit dans l’eau un rescapé « dont un moignon d’aile cassée pendait sur son ventre » (p. 14) alors il le sauve. C’est que Gus est un jeune scientifique envoyé par le Musée d’Histoire naturelle de Lille, alors ramener un pingouin vivant, même blessé, c’est mieux qu’un pingouin mort.

Gus, installé aux Orcades (Orkney, un archipel au nord de l’Écosse), étudie le pingouin… enfermé dans une cage, « immobile, le bec enfoncé dans la poitrine, le corps tassé, comme calé sur ses pattes » (p. 16). C’est sûr qu’il vaut mieux observer discrètement les animaux dans leur milieu naturel ! Son objectif est de « le dessiner sous tous les angles possibles avant qu’il ne meure. » (p. 17).

Gus est en pension dans le village de Stromness, chez madame Bridge, pas contente de la présence de ce pingouin qu’elle trouve affreux et puant. De plus, les relations sont difficiles entre Gus et le pingouin enfermé, en colère, au regard accusateur, et qui se laisse dépérir (est-ce un comportement naturel qu’un scientifique puisse étudier ?)… Mais enfin Gus se rend compte de « sa beauté et sa majesté. […] Gus découvrait un animal unique, un animal comme il n’en avait jamais vu, dont il peinait à comprendre que c’était un oiseau. […] il fait ce qu’il doit faire, il fait ce que tous les siens font – ce qui lui permet de vivre. Il veut vivre. » (p. 31-32).

Buchanan, un habitant de l’île horrifié par les massacres, explique à Gus que le pingouin est en danger : « Ils essaieront de vendre jusqu’à une moitié de griffe du pingouin, un œil s’ils savent comment le conserver. Le marché est immense, les musées veulent des dépouilles pour enrichir leurs collections, les marchands veulent vendre des dépouilles aux musées, les collectionneurs trouveront de jolies et chères boîtes à tabac fabriquées dans les becs, si c’est à la mode. » (p. 34).

Gus se rend compte qu’il est responsable du pingouin, il devrait l’emmener en France pour qu’il soit à l’abri. En tout cas, il se rapproche de lui, comprend mieux ses besoins et l’appelle Prosperous. L’animal étant en danger avec les marins qui le veulent, Gus emmène Prosp aux îles Féroé (2e partie du roman). « Il regardait toujours Prosp, il dessinait Prosp, il écrivait sur Prosp. Tous les gestes de son animal étaient répertoriés, classés, archivés. Il en savait plus sur les grands pingouins que n’importe quel être humain sur terre en cette année 1836. » (p. 73). De plus, Gus s’est marié à Elinborg et elle s’occupe du pingouin avec lui. Gus se sent tellement proche de Prosp qu’il a l’impression de le comprendre et de ressentir les mêmes choses que lui. « Il le comprenait. Mieux, il était d’accord avec lui. » (p. 80).

Gus publie des articles dans des revues sur la faune et la flore du Grand Nord et devient une référence dans le monde scientifique.

Chez certains humains, il y a enfin une prise de conscience comme Gus qui a vu les grands pingouins massacrés ou Buchanan qui a vu un troupeau de bisons se faire égorger par des trappeurs au Canada, deux extraits de sa lettre à Gus. « J’ai vu au Canada des choses merveilleuses et affreuses. » (p. 95) et « Il paraît que c’est courant. Mais je ne pensais pas que la vue de tout ce sang, la douleur et l’incompréhension de ces animaux que les hommes achevaient juste parce qu’il était en leur pouvoir de le faire m’atteindraient autant. » (p. 96).

Gus aimerait que Prosp rencontre d’autres grands pingouins et puisse se reproduire. Le frère d’Elinborg, Signar, l’embarque pour Saint-Kilda. « Prosp criait de joie, le cou dressé vers l’horizon, la mer, les embruns. » (p. 98) mais les hommes ne voient que des phoques et des macareux, cependant Prosp sait ? a senti ? et son comportement change, « Prosp se pavanait. » (p. 99).

J’ai aimé la confiance qui s’installe entre Gus (et sa famille ensuite) et Prosp (ce n’était pas gagné, ça a été tout un travail d’approche et de compréhension mutuelles), l’affection qui les unit dans leurs similitudes et leurs différences, même si, évidemment il aurait été préférable que Prosp vive parmi les siens sans massacre… Le dernier des siens est un roman touchant inspiré de faits réels, d’un côté la violence du massacre, de l’autre l’improbable et incroyable amitié entre l’humain et le pingouin. Et puis, cette prise de conscience, bien tardive… une fois qu’il est trop tard et tellement peu d’humains se sentant concernés… Ferons-nous de même à notre époque ? Ne rien voir, ne rien comprendre, ne rien faire, agir lorsqu’il sera trop tard…?

Le dernier des siens a été sélectionné dans plusieurs prix de la rentrée littéraire et a reçu en novembre le Prix 30 millions d’amis – roman (surnommé le Goncourt des animaux) délivré par la Fondation 30 millions d’amis (à noter que le Prix 30 millions d’amis – essai a été délivré à Au nom des requins de François Sarano, un livre que j’ai acheté même si je n’ai pas pu rencontrer l’auteur lors de sa venue à la médiathèque).

Je note deux titres d’Henri Gourdin (spécialiste de Jean-Jacques Audubon) que l’autrice conseille et qui me font très envie : Le grand pingouin (Actes Sud, 2008) et Du temps où les pingouins étaient nombreux… (Pommier, 2022).

Ils l’ont lu : Céline, Delphine-Olympe, Doudoumatous, Kathel, on arrête tout, Sandrine, Yvan, c’est tout ? D’autres ?

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 29, un livre sur un thème ou une cause qui vous tient à cœur, 3e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 52, un livre qui a gagné un prix littéraire), Challenge nordique (attention, l’autrice est Française mais le récit se déroule dans le Grand Nord) et ABC illimité (lettre G pour nom).

Défi du 20 décembre 2022

Après une première année de l’atelier d’écriture Le défi du 20 en 2021, je continue avec les nouvelles consignes et le nouveau joli logo coloré (créé par Soène) chez Passiflore, où vous pouvez consulter toutes les infos.

En janvier c’était 1 peintre, en février 2 poètes, en mars 3 chanteurs, en avril 4 titres de livres, en mai 5 oiseaux, en juin 6 arbres, en juillet 7 légumes, en août 8 fleurs, en septembre 9 prénoms, en octobre 10 animaux, en novembre mot de 11 lettres et en décembre, c’est 12 signes du zodiaque.

Je ne veux pas vous parler des signes du zodiaque utilisé dans le monde occidental, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons, car les repères astrologiques ont changé depuis la création (par les Hindous et les Hébreux) de ce zodiaque.

Alors ? Je vais vous parler du zodiaque asiatique, souvent appelé zodiaque chinois. Connaissez-vous les légendes ? Certaines disent que Bouddha invita les animaux à un banquet, d’autres que c’est l’Empereur qui les invita en envoyant son serviteur, mais peu importe : les deux figurent la divinité. L’Empereur voulait organiser une course et récompenser les douze premiers arrivés par un banquet divin et… leur passage à la postérité puisque chacun marquerait une année – dans leur ordre d’arrivée – ainsi il serait possible de compter l’âge par cycle de douze ans. Mais la course était difficile car il fallait traverser une rivière et bon nombre d’animaux ne savaient pas nager…

Il existe plusieurs histoires qui racontent les aventures des animaux car certains ont utilisé des subterfuges (pour ne pas dire triché). Par exemple, le rat est monté sur la tête du bœuf, avec son accord, pour traverser la rivière mais a sauté le premier devant l’Empereur, le bœuf se retrouvant deuxième. Ou le serpent glissant dans l’eau entre les pattes du cheval pour l’effrayer et grimper sur la rive avant lui pour la sixième place, le cheval arrivant septième. D’autres s’entraidèrent comme la chèvre, le singe et le coq qui arrivèrent ensemble sur un radeau. Vous pouvez lire de nombreux contes et récits asiatiques (chinois, coréens, japonais, vietnamiens…) qui narrent les aventures de ces douze animaux. Dans certains pays, la terminologie change, selon si cet animal y existe ou pas (voir ci-dessous).

1er. Rat (ou Souris) 鼠 (shŭ) associé au yang
2e. Bœuf / Buffle (ou Vache) 牛 (niú) associé au yin
3e. Tigre 虎 (hŭ) associé au yang
4e. Lapin (ou Lièvre ou Chat) 兔 (tù) associé au yin
5e. Dragon (ou Lézard) 龍 (lóng) associé au yang
6e. Serpent 蛇 (shé) associé au yin
7e. Cheval 馬 (mă) associé au yang
8e. Chèvre (ou Mouton) 羊 (yáng) associé au yin
9e. Singe 猴 (hóu) associé au yang
10e. Coq (ou Phénix) 鷄 (jī) associé au yin
11e. Chien 狗 (gŏu) associé au yang
12e. Cochon (ou porc, sanglier ou même éléphant) 猪 (zhū) associé au yin.

Ces 12 animaux forment donc un cycle de 12 ans qui revient à chaque fois dans l’ordre de leur arrivée mais d’autres éléments rentrent en compte comme le yin 陰 et le yang 陽 (voir ci-dessus) et surtout les 5 éléments, Métal 金 (jin), Bois 木 (mù), Eau 水 (shuĭ), Feu 火 (huŏ) et Terre 土 (tŭ) à tour de rôle ce qui donne 5 cycles de 12 ans soit un cycle de 60 ans (qui revient tous les 60 ans).

Le Nouvel an ‘chinois’ est plutôt le Nouvel an lunaire puisqu’il concerne plusieurs pays d’Asie (les pays où il existe du bouddhisme). Depuis le 1er février 2022, nous sommes dans l’année du Tigre d’Eau et ce jusqu’au 21 janvier 2023. Du 22 janvier 2023 au 9 février 2024, nous serons dans l’année du Lapin (ou Lièvre ou Chat) d’Eau mais je vous en reparlerai d’ici là.

Voilà j’espère que tout ça vous a plu et vous donnera envie de lire des histoires et des contes sur ces 12 animaux et je vous souhaite une bonne fin d’année puisque c’est le dernier atelier d’écriture de 2022. Vous pouvez consulter les billets des autres participant(e)s chez Passiflore. Et j’ai hâte de voir ce que Passiflore nous concocte pour 2023 !

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani.

Mangetsu, collection Shônen, mai 2022, 192 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-38281-137-5. Rooster Fighter volume 1 (2021) オンドリの戦闘機 ou ニワトリ・ファイター (Niwatori Fighter) est traduit du japonais par Alexandre Fournier.

Genres : manga, shônen, science-fiction, fantastique, horreur.

Shû Sakuratani 桜谷シュウ naît… eh bien quelque part au Japon (aucune info) et il est mangaka. Son premier manga T-Dragon (ヒーローズコミックス 10 tomes entre 2015 et 2019) n’est pas traduit en français. Plus d’infos (et plein de dessins de coqs) sur son compte twitter et son instagram.

Pour l’instant 4 tomes sont parus au Japon : en prépublication dès décembre 2020 dans Hero’s Inc.’s Comiplex (extrait) et en parution dès mai 2021, et un tome est attendu pour 2023.

« Voici l’histoire d’un simple coq … déterminé à protéger l’humanité. » (p. 8). Il y a un an, le Japon a été envahi par des kijûs, des monstres gigantesques qui détruisent tout sur leur passage et bouffent les humains… Le coq sur la couverture, c’est Rooster Fighter ou Coq de baston, « Je vais tous vous éclater ! » (p. 6) mais son vrai nom est Keiji.

Ce coq, attrapé par deux chenapans (un veut le manger, l’autre le donner à son chat), est sauvé par un petit vieux, veuf et triste, qui lui donne à manger, « Désolé, je n’ai pas mieux à t’offrir… – Du riz complet, du maïs, de la pérille… C’est un festin digne d’un roi ! » (p. 22-23) lorsque un kijû fait son apparition, détruit la maison voisine et s’apprête à avaler les chenapans et le pépé alors le valeureux coq intervient et il réussit, « Cocori-K.-O. ! » (p. 46).

Keiji sait que d’autres kijûs apparaîtront alors il essaie d’être au bon endroit au bon moment. Mais il a un défaut, il ne sait pas nager et, après l’épisode du zoo, il est coincé sur une île : j’ai beaucoup aimé sa rencontre avec la tortue millénaire, « T’es bien le premier qui ose tenir tête à Gin le borgne. » (p. 111) et il va falloir qu’il aille en mer…

Les kijûs ne sont-ils pas les monstres que la société japonaise génère ? Des jeunes délaissés par leurs proches ou martyrisés et qui ont la peur au ventre puis la haine, des gens abrutis par leur travail et qui n’ont pas de vie ou des femmes abandonnées alors ils et elles pètent un câble… Au-delà du côté shônen (manga pour garçons et adolescents) et du côté science-fiction, fantastique, horreur, le lecteur se pose des questions sur la vie et la société (avec par exemple les oiseaux exotiques au zoo et le sacrifice de papy Zena, ou le papounet yakuza qui avait un bon fond et qui a été abusé). Nous, les humains, ne sommes-nous pas des monstres en puissance ? Dans le sens ne pouvons-nous pas tous nous transformer en monstre, comme manger des êtres vivants morts (ou parfois encore vivants dans certaines gastronomie) ou prendre plaisir à voir des animaux enfermés ou faire souffrir les autres ou pire…

À noter que les kaijû 怪獣 sont des créatures étranges, mystérieuses, monstrueuses mais naturelles qu’on voit dans le kaijû eiga 怪獣映画, le cinéma japonais de monstres comme Godzilla pour ne citer que le plus connu mais ici, le mot kijû est inventé, peut-être parce que les créatures sont des humains qui se transforment et pas des créatures naturelles comme les kaijû.

Source : éditeur.

Hey, le business « dans le nettoyage. Le yakuza moderne se doit de gagner sa vie honnêtement. » (p. 153), un clin d’œil à La voie du tablier de Kôsuke Oono ? En fin de volume, il y a une histoire bonus, ah ah ah, une histoire de coq et de poulette… Bon c’est quand même un manga sérieux mais qui m’a fait rire et qui est super bien dessiné avec des détails très réalistes et fournis (ci-contre, mon image préférée). Quelle idée saugrenue et excellente de créer un coq sauveur de l’humanité ! C’est loufoque, sans aucun temps mort, et si vous n’aimez pas particulièrement la baston, ne passez pas votre chemin car dessins et messages valent vraiment le coup ! J’ai hâte de lire les tomes suivants pour en savoir plus sur Keiji, ses pouvoirs et sur ce qui l’a mené dans ce combat.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny), BD 2022 et les challenges ABC illimité (lettre S pour nom), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Rooster / Coq) et Un genre par mois (contemporain en novembre, avec justement un manga très contemporain au niveau dessin, histoire, traitement des thèmes…).

Moka (3 tomes) d’Anne Mahler

Après avoir lu Moka fête Noël et Moka part au ski d’Anne Mahler (2021) qui sont les tomes 4 et 5 de la série Moka, j’ai pu lire 3 autres tomes toujours distribués dans les pharmacies du réseau Pharm-Upp.

Genres : littérature française, jeunesse, albums illustrés.

Anne Mahler naît à Colmar (Alsace) et étudie les arts visuels à Strasbourg puis l’illustration à Nantes. Elle est illustratrice jeunesse pour plusieurs maisons d’éditions (Epsilon, Gründ, Les Minots, Père Fouettard, Petite Fripouille, Pour Penser, Retz…) depuis une dizaine d’années. Elle aime la nature, les animaux, le bien-être et s’intéresse à la prématurité. Plus d’infos sur son blog, qui n’est plus mis à jour depuis juin 2021 car elle préfère communiquer avec sa page FB, son compte Instagram et SoEasy sa chaîne YouTube.

Je n’ai pas trouvé la couverture.

Moka ne veut pas dormir (tome 6, mai 2022, 20 pages) – Moka doit se brosser les dents, faire une petite toilette, mettre son pyjama et se coucher mais, comme tous les soirs, elle « n’a pas envie […] mais elle n’a pas le choix si elle veut être en forme demain. » Un câlin, une histoire : papa et maman se relaient chaque soir pour lire et pour échanger le meilleur moment de la journée. Mais Moka ne veut toujours pas dormir… Papa et maman trouveront-ils une ou des solutions ? Une jolie histoire aussi bien pour les enfants que pour les parents.

Moka part dans le Jura (tome 8, août 2022, 20 pages) – Durant l’été, Moka est parti chez ses grands-parents qui habitent dans le Jura. Une maison dans la montagne, une vue magnifique, une source d’eau, des moutons dans le pré, « Moka n’a pas perdu de temps et […] joue déjà […]. » Une randonnée tous ensemble au Pic de l’Aigle pour observer la cascade et une vue panoramique au Belvédère des 4 lacs  ? Parfait mais attention de bien se protéger, du soleil, des tiques, des ampoules…

Moka a des poux (tome 9, octobre 2022, 20 pages) – La rentrée des classes s’est bien passée mais « plusieurs enfants ont passé une partie de la journée à se gratter la tête. Après vérification, certains ont bien des… poux ! » La maman de Moka va donc à la pharmacie pour traiter ça rapidement. Maman, Papa et Gino doivent être traités aussi, une lessive, le produit sur la tête et un bonnet de piscine, pas marrant mais ils vont passer une bonne soirée !

Je n’ai pas eu Moka n’a plus besoin de sa tétine (tome 7, août 2022), dommage.

Comme je le disais pour les précédents tomes que j’ai lus, ce sont des petits livres au format carré, agréablement écrits et illustrés, mais, au-delà du plaisir de la lecture et de l’amusement, leur message est toujours de prendre soin de soi et de sa famille, de passer de bons moments ensemble même en cas de problème et de profiter au mieux de la vie.

Le challenge Jeunesse young adult n’existe plus, dommage… Alors je mets ces lectures dans Les textes courts, Un genre par mois (contemporain en novembre) et dans les deux nouveaux challenges illimités, ABC illimité (lettre M pour le nom) et Les départements français en lectures (Haut Rhin, 2e billet).

Epsil∞n n° 14 (août 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022), Epsil∞n n° 9 (mars 2022), Epsil∞n n° 10 (avril 2022), et Epsil∞n n° 11 (mai 2022), Epsil∞n n° 12 (juin 2022) et Epsil∞n n° 13 (juillet 2022).

Epsil∞n n° 14 (août 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, août 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours passionnant et parfaitement illustré avec 89 scientifiques du monde entier interrogés. Et par rapport à la couverture, « Ici, pour la mort, c’est blanc, solennel, calme. Pas de bruit, pas de perturbation : une plénitude. » (extrait de l’édito, p. 3).

Au sommaire, Club Epsil∞n (courriers des lecteurs), les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets abordés), En images (pages 14-15, la première image envoyée par James Webb ! Et page 16, une superbe photo d’abeilles sauvages), Labyrinthe (les biocarburants), Contre-pied (« Non, dormir d’une traite n’est pas naturel »), Analyse (la montée des eaux), C’est dans l’air (« Quand les télescopes captent des signes d’E.T. »). Ce mois-ci, pas de rubriques Atlas et Big data, dommage…

L’enquête, « Jeux vidéo : le piège se referme » (p. 20-27). « Certains jeux sont conçus pour inciter à dépenser le plus d’argent possible à travers une intrigue et un mode injustes et manipulateurs. » (p. 22), c’est-à-dire des « motifs sombres ». Je joue à des jeux gratuits (auparavant sur ma tablette et sur FB, et depuis quelques années sur mon smartphone mais je ne paye jamais pour aller plus loin dans le jeu, par contre s’il faut regarder une pub – entre 5 et 30 secondes en général – pour avoir une partie supplémentaire ou un bonus, eh bien je regarde la pub…).

Le dossier, « Le monde comme on ne l’a jamais vu » (p. 38-53), « d’ici à 2025, grâce à la technologie Lidar, l’IGN va produire une cartographie 3D ultra-précise de toute la France. Chaque dune, chaque arbre, chaque monument sera modélisé […]. » (p. 38). Lidar, je ne connais pas… J’ai pu voir Montpellier, Saint-Émilion, les monts d’Ardèche, le Gard (le pont), Romans sur Isère, Marseille (des endroits que j’ai visités) effectivement comme je ne les avais jamais vus ! Le Lidar est utilisé par la France, il existe aussi l’imagerie hyperspectrale (pour la lumière renvoyée par les végétaux) et l’interférpmétrie (pour les émissions d’ondes radios. Quant au projet Icarus, il veut suivre les animaux (comptage, découverte de nouvelles populations, secret des migrations, de la reproduction) (p. 48). Tout ça est fascinant car les scientifiques découvrent des tas de choses surprenantes (sur les forêts, les volcans, etc.). Plus sur les bases de données Geobon.org et sur NeonScience.org.

Puis diverses rubriques Juste avant la mort (« L’expérience interdite » avec la publication du « premier enregistrement de l’activité neuronale d’un humain en train de mourir », p. 55), Hors normes (« Le plus grand organisme du monde fait 180 km », je vous rassure cet organisme n’est pas animal mais végétal), Voitures volantes (« Cette fois, ça y est ! », « Notre échéance est claire : 2024 et les JO de Paris », p. 68), Terra incognita (« Mission Uranus », « 13 ans de voyage pour atteindre Uranus », p. 74) et Maths (« Oui, certains problèmes sont sans doute compliqués », les maths, même si c’est compliqué, c’est passionnant !).

Et à la fin, le cahier Pop’Sciences qui apporte humour et originalité tout en restant scientifique : le froid abyssal la nuit sur la Lune, la grosse voix des phoques, des chameaux géants, les cascades de dominos, le chant du corail (en bonne santé), Nikola Tesla, un immeuble téléphérique (Thaïlande), des maisons bulles de savon (Irlande), entre autres.

Un excellent magazine, toujours sérieux, abondamment illustré, et abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences. J’ai enfin rattrapé mon retard puisqu’il ne me reste plus que le n° 15 (de septembre) et les 4 hors séries. Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 13 (juillet 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022), Epsil∞n n° 9 (mars 2022), Epsil∞n n° 10 (avril 2022), et Epsil∞n n° 11 (mai 2022) et Epsil∞n n° 12 (juin 2022).

Epsil∞n n° 13 (juillet 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, juillet 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours passionnant et joliment illustré avec 77 scientifiques du monde entier interrogés et une belle couverture futuriste, une image possible de ce que le télescope spatial James Webb (JWST) va découvrir dans le système Trappist-1. « l’exploration va commencer. Et nous vous embarquons pour vous faire vivre ce grand moment. » (extrait de l’édito, p. 5). Et pour ce numéro anniversaire (1 an), deux pages spéciales de dates importantes et des chiffres de l’année (bravo à l’équipe d’Epsil∞n !).

Au sommaire, Club Epsil∞n (courriers des lecteurs), les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets abordés), En images (extraordinaire photo de la langue d’un escargot turban p. 18-19 et superbe photo de l’un squelette de tricératops p. 20, entre autres), Labyrinthe (les OGM), Contre-pied (certains animaux sauvages vivraient mieux en milieu urbain, alors rat des champs ou rat des villes ?), Atlas (les températures extrêmes dans le monde, les chiffres et la mappemonde… ce n’est pas beau à voir !), Analyse (les voitures autonomes), C’est dans l’air (les animaux sauvages qui s’égarent). Pas de Big data ce mois-ci.

L’enquête, « Sida, le moment clé » (p. 24-31). « Un troisième cas de guérison […] » (p. 24), évidement c’est très peu mais c’est énorme pour la médecine, avec un vaccin à la clé ?

Le dossier, « L’autre Terre, l’exploration commence » (p. 44-59). « Tout le monde se prépare à vivre un moment historique. » (p. 45), je dirais même plus : historique et astronomique ! Alors, en route avec le télescope spatial James Webb qui va étudier plusieurs exoplanètes ! « JWST doit percer les secrets les mieux gardés de l’univers. Et il y a un petit coin du ciel, dans la constellation du Verseau, qui retient tout particulièrement l’attention : les planètes du système Trappist-1. » (p. 46). Pour la réalité, http://exoplanet.eu et https://exoplanetarchive.ipac.caltech.edu et pour la fiction, je me note Le Terminateur de Laurence Suhner (L’Atalante, 2017).

Puis des rubriques Crac ! (« La pensée est une cassure de l’ADN », surprenant !), Coup de foudre (« La fin du mystère », avec le LOFAR), Dessine-moi un mouton (« L’art artificiel est né », ou la création d’images avec une phrase et un algorithme – DALL-E ou Imagen – j’aime beaucoup le koala DJ et le raton laveur astronaute), Brasiliensis (« Les vraies dents de la mer », ou le requin le plus petit mais le plus dangereux au monde) et Maudit Néolithique (« Le piège de l’agriculture », passionnant, j’avais déjà lu des articles qui allaient dans ce sens mais pas à ce point).

Et à la fin, le cahier Pop’Sciences qui apporte humour et originalité tout en restant scientifique : à dos d’escargot, de la géométrie des villes, Buzz l’éclair, des tours qui fabriquent des nuages, entre autres.

Un excellent magazine, toujours sérieux, abondamment illustré, et abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences. J’ai pratiquement rattrapé mon retard puisqu’il ne me reste à lire que les n°s 14 (d’août) et 15 (de septembre) et les 3 hors séries (il faut que j’achète le 4e sur le thème des aliens). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Et, comme c’est le n° de juillet et que le magazine fêtait à ce moment-là sa 1ère année, je vous remets la vidéo anniversaire.