Denise au Ventoux de Michel Jullien

Denise au Ventoux de Michel Jullien.

Verdier, collection jaune, janvier 2017, 144 pages, 16 €, ISBN 978-25-86432-907-7.

Genre : roman dramatique.

Michel Jullien naît en 1962 près de Paris. Il étudie la littérature puis enseigne à l’université au Brésil. Lorsqu’il revient en France, il travaille dans l’édition et se consacre à la montagne (l’escalade) puis à l’écriture. Quatre autres romans sont parus chez Verdier : Compagnies tactiles (2009), Au bout des comédies (2011), Esquisse d’un pendu (2013) et Yparkho (2014).

Paul, le narrateur, travaille dans une banque. Il promène Denise trois fois par jour, le matin, en soirée après son travail et avant le coucher entre vingt-trois heures et minuit. Ils sont ensemble depuis trois ans, depuis que Valentine les a abandonnés pour voyager avec un Hollandais. Mais Denise n’est pas faite pour la capitale : c’est une grande chienne de 4 ans qui pèse 43 kilos, une Bouvier bernois… recalée de l’école des chiens d’aveugle de Paris pour « couardise urbaine » (p. 47). Paul décide d’emmener Denise faire de grandes balades au Ventoux. « […] Denise derrière son virage, elle me voyait avancer avec déjà le croupion émoustillé, le trognon de la queue remuant les joies d’usage et, au bout, l’inévitable toupet balayant les cailloux. » (p. 95).

L’auteur se montre ironique quand il décrit la vie de Denise ans l’appartement étroit de Valentine, un peu moins à l’étroit chez Paul mais ce n’est pas ça qui lui conviendrait. L’écriture est déroutante, serrée, c’est avec une grande précision et un peu de poésie qu’il raconte l’histoire d’amour de Denise qui s’est carrément « entichée de Paul » (nous dit l’éditeur) mais elle se montre joyeuse malgré la promiscuité et la solitude de la journée. Du côté du lecteur, il faut s’accrocher, le roman est court mais complexe, dense, intense. Et pour décompresser, une bonne idée : un long weekend au Ventoux, des balades dans la nature, pas de voitures, pas de frayeurs pour la chienne, une escapade à deux, le grand air, le bonheur ! … ? Non, le drame : j’ai terminé ce roman en larmes… Oui Denise au Ventoux est un roman difficile à lire, à appréhender, mais c’est un beau roman, sincère… et cruel. Je suis plutôt chat mais j’aime aussi les chiens, surtout les gros chiens, je les aime assez pour ne pas faire subir à un chien l’enfermement en appartement et la solitude.

Un roman paru en janvier et lu début juin (oui, je sais, je suis en retard dans mes notes de lecture…) pour le challenge Rentrée littéraire janvier 2017.

Mes coups de… /2-2017

Très peu de « coups de… » depuis le début de l’année, par manque de temps le dimanche…

Coup de gueule

Source de la photo : Reuters sur Ouest France

Dans les Landes, toute une tribu de macaques de Java a été euthanasiée dans la semaine car ces singes auraient été porteurs d’un virus de l’herpès très contagieux pour les humains… Apparemment ce virus ne gênait personne quand ce parc animalier, la Pinède des singes, à Labenne, était ouvert au public ! Plus de cent-cinquante animaux ont donc été tués alors que ce macaque est une espèce protégée en voie de disparition… Qui a sorti ces malheureux singes de leur milieu naturel, qui les a placés là pour le simple loisir des humains, qui les a laissés se reproduire en dépit du bon sens, qui les a abandonnés lorsque le parc a fermé faute de moyens financiers en 2016 ? Les humains, dont la stupidité qui ne serait pas un virus mais qui serait vraiment super contagieux, toujours les mêmes humains, responsables et coupables !

Coup de blues

Source de la photo : RTBF

Jeudi matin, j’apprenais la mort de Chris Cornell, chanteur, batteur et guitariste, de Soundgarden puis d’Audioslave (deux groupes classées en rock grunge). Il n’avait que 52 ans… Grande tristesse… Une page musicale qui se tourne… Le grand titre de Soundgarden : Black Hole Sun (dans leur quatrième album, Superunknown, 1994), mais c’est Audioslave que je préférais alors je vous mets Cochise (leur tout premier single, dans leur premier album, Audioslave, 2002) et Be yourself (dans le deuxième album, Out of Exile, 2005).

Le renard et l’aviateur de Luca Tortolini et Anna Forlati

Le renard et l’aviateur de Luca Tortolini et Anna Forlati.

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, avril 2017, 44 pages, 22 €, ISBN 978-2-9701150-3-8. La volpe e l’aviatore (2017) est traduit de l’italien par Notari et Marcel Cottier.

Genres : littérature italienne, album illustré.

Luca Tortolini naît en 1980 en Italie. Il étudie les Beaux-Arts à Rome. Il vit à Macerata. Il est auteur de plusieurs albums publiés aux éditions Cambourakis, Notari et Rouergue. Plus d’infos sur sa page FB.

Anna Forlati naît en 1980 à Padoue en Italie. Elle est illustratrice. Plus d’infos sur son site (sur lequel j’ai pris l’illustration ci-dessous) et sa page FB.

J’ai reçu ce magnifique album pour le weekend de Pâques, ça m’a fait une très belle surprise et je remercie les éditions Notari !

Il fait nuit et Antoine est obligé de faire un atterrissage forcé en forêt. Un petit morceau de la carlingue blesse un renard et Antoine le soigne. « Il prit soin de moi. Il me banda la patte pendant que je faisais semblant d’être mort. »

Comme vous le voyez, le narrateur est Renard. Je trouve que ça donne une autre ampleur à l’histoire, douce, tendre.

Lorsque l’avion est réparé, Antoine repart mais il n’a pas fait attention que Renard dormait à l’intérieur. C’est une grande aventure pour Renard ! Pourra-t-il manger la poule dont il rêve ?

Les dessins sont complémentaires à l’histoire, en double page, grandioses, avec des détails d’une grande richesse (par exemple, sur la couverture, vous pouvez chercher le hibou, l’oiseau, et c’est comme ça à chaque dessin, un papillon, des baies, etc.).

L’histoire paraîtra douce aux enfants, ils se sentiront confidents de Renard devenant la mascotte de la base militaire, observant Antoine quand il écrit dans ses cahiers et menant une vie agréable malgré la nostalgie de sa forêt. Les adultes, eux, savent qui est Antoine, ce qu’il écrit dans les cahiers, et surtout ils savent qu’Antoine ne reviendra jamais de sa dernière mission… Les enfants se sentiront proches de Renard et garderont espoir au fond de leur cœur.

Ce grand album est propice à parler d’Antoine de Saint-Exupéry, de l’animal et de son milieu naturel, des relations entre l’humain et l’animal, de l’aviation aussi pourquoi pas.

Une très belle lecture que je mets bien sûr dans le Mois italien. Je vais le glisser également dans Je lis aussi des albums organisé chaque année par Sophie Hérisson.

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Projet 52-2017 #14

Voici ma quatorzième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est détail.

Ces coussinets sont à un gros matou roux qui appartient à des amis.

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

Mon chat en vrac d’Archie Kimpton

MonChatEnVracMon chat en vrac d’Archie Kimpton.

Albin Michel Jeunesse, collection Witty, avril 2015, 326 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-226-31528-1. Jumblecat (2014) est traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec. Roman illustré par Kate Hindley.

Genres : littérature anglaise, littérature jeunesse, fantastique.

Archie Kimpton, diplômé de l’Université de Manchester en 1991, est l’auteur. Il vit dans le sud de Londres avec son épouse, leurs enfants et leur chat Doonican. Jumblecat est son premier roman.

Kate Hindley, diplômée de l’École d’Art de Falmouth en 2008, est l’illustratrice. Elle vit à Birmingham près d’une usine de chocolat (en fait, je ne sais pas si c’est une bonne chose pour qui aime le chocolat…). Elle a travaillé comme designer et se consacre maintenant à l’illustration de livres jeunesse. Ses illustrations sur son site officiel et sa page FB.

JumblecatDans la famille Chausson, Billy se sent de trop… Sa sœur jumelle, Mindy, est tellement différente de lui… Philippa, leur mère, déteste les animaux et en particulier les chats. Christopher, leur père, est livreur de lait. Dès qu’il le peut, Billy se réfugie au mont Tourneboule. « C’était son endroit préféré au monde. Nulle part ailleurs il ne se sentait plus heureux que dans les bois qui entouraient le mont Tourneboule (lequel n’était, en réalité, qu’une colline). » (p. 19). Ce jour-là, Billy sauve un chat… qui est tout en vrac et découvre que ce chat parle ! Mais il ne peut pas le garder chez lui alors il le laisse chez madame Mandiddy, la voisine de 94 ans. L’enfant et la vieille dame décident d’appeler l’animal Chat-en-Vrac et de le présenter à la « Foire mondiale des créatures curieuses et des animaux étranges » organisée par le colonel Charles Beauvrille. « Voici le vainqueur ! proclama-t-il. » (p. 112). Mais la famille Chausson voit tout ça d’un autre œil et le colonel veut absolument acheter le matou… « Tiens bon, Chat-en-Vrac, on arrive ! » (p. 175).

MoisAnglais2016-1Pauvre Billy ! Sa sœur et sa mère sont… hystériques et détestables ! Quant au colonel, il ne vaut pas mieux… Heureusement, son père et madame Mandiddy sont vraiment gentils… mais impuissants… quoique ! Et puis, il y a Chat-en-Vrac, un chat gourmand, capricieux et orgueilleux mais tellement original et génial : il chante « merveilleusement bien » lorsqu’il dort. Et c’est justement ça qui va le mettre en danger… Mon chat en vrac est un premier roman farfelu, foisonnant, drôle et enlevé, plein de rebondissements et d’aventure. Non seulement le lecteur ne s’ennuie pas une seconde mais en plus il rit – tout en réfléchissant (la famille, le mal-être, la vieillesse, la façon de traiter les animaux) – et il rit beaucoup ! Et si c’était plutôt le monde qui était en vrac ?

UnGenreParMoisDes mêmes auteurs : Comment devenir intelligent en mangeant du porridge paru chez le même éditeur et dans la même collection (d’ailleurs excellente collection) en avril 2016. Dès qu’il est disponible à la bibliothèque, je l’emprunte !

Ce roman lu pour le Mois anglais (29 juin : littérature enfantine ou adulescente) et Un genre par mois (en juin : littérature jeunesse ou young adult) entre dans d’autres challenges : Défi premier roman, Jeunesse – young adult, Littérature de l’imaginaire, Voisins Voisines sans oublier le Feel good car il est vraiment très plaisant à lire. 😉 J’hésite à le mettre dans British mysteries… (qu’en pensez-vous ?).

Chien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant

chien-pourri-parisChien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant.

L’école des loisirs, collection Mouche, 77 pages, 8 €, ISBN 978-2-211-22078-1.

Genres : littérature jeunesse, humour.

Colas Gutman, né le 2 juin 1972 à Paris, est l’auteur. Il a étudié le théâtre et il est aussi comédien. Il commence à écrire pour la jeunesse en 2006 et crée Chien Pourri en 2013.

Marc Boutavant, né en 1970 à Dijon, est l’illustrateur. Il a étudié à l’École des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est aussi auteur de la série Mouk et coauteur avec Emmanuel Guibert de la série Ariol (toutes deux adaptées en animation).

Chien Pourri et Chaplapla en ont marre de leur poubelle, ils voudraient « voir Paris : la Tour Eiffel, la Joconde… » (p. 8).

UnGenreParMoisLe Métropolichien, les Folies ménagères, et même des rats à l’opéra (bon, des petits rats !), Mona Lisa la voyante, et Louvre-Boîte : vous connaissez ? Et vous pourrez même laisser vos malheurs à Notre Drame de Paris ! « Mais parfois, les miracles ne sont pas ceux qu’on attend. » (p. 56).

Humour et jeux de mots sont au rendez-vous dans cette balade parisienne durant laquelle un gamin de Paris va retrouver sa maman et son papa grâce à Chien Pourri et à Chaplapla.

CJYA2015-2016Les autres tomes de la série : Chien Pourri (2013), Chien Pourri à la plage (2014), Chien Pourri à l’école (2014), Chien Pourri est amoureux (2015) et Chien Pourri à la ferme (2016).

En juin, le genre retenu par Iluze pour le challenge Un genre par mois est jeunesse (ou young adult) et j’en profite pour mettre justement cette lecture dans le challenge Jeunesse – Young adult.

Mes coups de… /7-2016

J’aimerais bien chaque semaine publier un billet sur mes coups de… Ce sera coup de cœur, coup de gueule, coup de blues, coup de chapeau, coup de pompe, coup de théâtre ou simplement coup d’œil, histoire de marquer le coup – ou d’être dans le coup – un peu en coup de vent !

Coup de gueule

Le gorille Harambe a été abattu… Paix à son âme… Et honte à l’espèce humaine… Cet être – d’une grande force physique mais sensible et intelligent – n’a pas demandé à être sorti de son milieu naturel, a être enfermé et exploité dans un zoo de Cincinatti et à recevoir une balle en pleine tête en entendant les cris d’humains hystériques parce que des parents n’ont pas bien surveillé leur enfant… Je vous invite à lire le très beau texte de One Voice paru le 3 juin.

Harambe

Coup de cœur

(parce qu’il n’y a pas que des événements horribles dans la vie)

Édit de 18 h 20 : Novak Djokovic gagne enfin son premier Roland Garros malgré une météo catastrophique durant cette quinzaine à Paris.