Mes coups de… /14-2017

Peut-être le dernier ou l’avant-dernier billet « Mes coups de… » de l’année, je ne sais pas, ça dépendra de l’actualité ces trois prochaines semaines.

Coup de gueule

24 novembre, sud-ouest de Paris, une tigresse de 200 kilos, Mevy, s’est « enfuie » de la cage du cirque où elle vivait, elle a été abattue… 😥 Soi-disant que c’était trop dangereux de la toucher avec un fusil hypodermique (elle ne se serait pas endormie assez rapidement et aurait pu être dangereuse en pleine rue même s’il n’y avait aucun passant à ce moment-là). Comment s’est-elle enfuie ? Quelqu’un a-t-il ouvert la porte de sa double cage malgré un protocole important et jusque là efficace ? Une enquête est en cours… Mais quoiqu’il en soit, moi, je dis NON aux animaux en cage dans les cirques ! Quand est-ce que la France va s’aligner sur d’autres pays qui ont pris les devants et interdire les animaux dans les cirques ?

Coup de blues

Bon, vous êtes TOUS au courant : Johnny Hallyday, LE chanteur rock français (de père belge) est mort le 6 décembre (1943-2017) et laisse la France orpheline… J’ai surtout une pensée pour sa famille et ses proches. Je voudrais vous en parler différemment car je ne suis pas fan mais je reconnais qu’il a popularisé le rock’n’roll en France dès 1960 (il était comparé à Elvis Presley, voix, look, déhanchement, prestance, service militaire en Allemagne) et j’ai entendu Johnny toute mon enfance et mon adolescence, ma mère étant fan, voire plus, des amis étant fans aussi. Je n’ai jamais été à un concert de Johnny, je n’achète pas ses albums, je n’ai même pas de best of mais je me rends compte avec tous les hommages partout que je connais pratiquement toutes ses chansons ! Et même qu’il y en a de belles ! Et qu’il avait une voix et une présence uniques, après on aime ou on n’aime pas, c’est sûr. À vrai dire, j’aime un album inconnu de Johnny, à part de ses fans inconditionnels qui possèdent tous les disques, c’est Vie, sorti en novembre 1970, un album différent, engagé, contestataire même, avec des chansons sur l’amour, la liberté, l’écologie, la politique, la paix (on est en pleine guerre du Vietnam) écrites par les écrivains Philippe Labro (1936-…) comme Essayez, C’est écrit sur les murs, Poème sur la 7e (mon titre préféré), Jésus-Christ, et Jacques Lanzmann (1927-2006) comme La pollution. Voilà, Johnny, même si je ne suis pas fan, c’est quand même une partie de mon enfance qui s’en va… Alors voici deux titres : ma chanson préférée, Poème sur la 7e (1970), et pour les fans, Non ne me dis pas adieu (1968).

Quant à Jean d’Ormesson (1925-2017), écrivain, journaliste, philosophe, un érudit facétieux, un monument de la littérature française, jeune Académicien en 1973, je n’ai jamais rien lu de lui mais la France a sûrement perdu un grand écrivain. Si vous avez un titre à me conseiller 😉

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Projet 52-2017 #47

Voici ma quarante-septième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est animal.

J’ai choisi des pies (sûrement un couple) observées le matin en attendant mon bus (pour aller au travail). Ça change des animaux habituels, chiens, chats, chevaux, etc.

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

Yuri de Raphaël Haroche

Yuri est la première nouvelle du recueil Retourner à la mer de Raphaël Haroche (Gallimard, février 2017).

Je vous parlerai plus en détail de ce recueil lorsque j’aurai lu les 13 nouvelles mais pour l’instant, je voulais simplement parler de Yuri dans La bonne nouvelle du lundi.

Raphaël… Le chanteur ? Oui, le chanteur ! Que je suis depuis ses débuts car j’aime sa voix, ses textes, ses mélodies, les ambiances de ses chansons, leur profondeur dans une simplicité confondante de tendresse et de sincérité ! Bon, je sais qu’il y en a qui n’aime pas mais peut-être aimeront-ils les nouvelles ?

Je retrouve l’humanité de Raphaël dans cette première nouvelle, Yuri : Dans l’Aubrac, Tomek, un employé d’abattoir d’origine polonaise veut sauver un veau et l’offrir à sa fille pour ses 13 ans. « Voilà, tu seras bien ici, tu es trop joli, tu as de beaux yeux toi, tu me fais penser à quelqu’un. » (p. 17).

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à parler d’animaux et d’abattoir ? Les liens du sang d’Errol Henrot, L’été des charognes de Simon Johanin lu récemment (ma note de lecture arrive) et Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo qui est dans ma liste à lire. Il y en a sûrement d’autres. Les auteurs se sentent investis et veulent faire ouvrir les yeux sur ce monde intolérable…

Tomek n’est pas un employé violent et cruel envers les animaux, c’est rare ; il aime son épouse, leur fille, et veut aimer cet animal sans défense aux grands yeux tristes qui lui font penser à « quelqu’un ».

J’ai hâte de lire les 12 autres nouvelles de ce recueil, apparemment des tranches de vie, comme j’aime, et je vous en reparle tout bientôt ; bonne semaine 🙂

La fonte des glaces de Joël Baqué

La fonte des glaces de Joël Baqué.

P.O.L., août 2017, 288 pages, 17 €, ISBN 978-2-8180-1391-5.

Genre : roman français.

Joël Baqué naît le 23 décembre 1963 à Béziers ; il vit à Nice. Poésie (Angle plat aux éditions Hors jeu en 2002, Un rang d’écart aux éditions L’Arbre à Paroles en 2003, Start-up aux éditions Le Quartanier en 2007) et romans chez P.O.L. : Aire du mouton (2011), La salle (2015), La mer c’est rien du tout (2016).

L’auteur nous transporte en Afrique, en France et en Antarctique. Après la mort de son mari, comptable dans une bananeraie en Côte d’Ivoire, la mère retourne avec son fils, Louis, en France, à Carcassonne, et l’élève seule. Louis est un enfant calme, sensible et aimant. Bien que son père ait été écrasé par un éléphant, Louis aime et respecte les animaux. Il devient… boucher-charcutier ! Et rencontre, à Toulon, Lise, la fille de son patron, qu’il épouse mais ils n’ont pas d’enfant et personne à qui léguer la boutique. « Ils eurent ainsi de longues années d’un bonheur paisible jusqu’à ce qu’un petit point sombre repéré sur une radiographie mammaire de Lise fasse tache d’encre et assombrisse leurs vies. » (p. 42). Jeune veuf et jeune retraité, Louis déprime mais se crée « un emploi du temps et de nouvelles habitudes. » (p. 43). Un dimanche matin, après sa visite habituelle à la boulangerie-pâtisserie, Louis achète un oiseau empaillé dans une brocante. « Ce manchot empereur était certes bien conservé mais d’un usage incertain. Qui donc l’aurait acheté et pourquoi ? Difficile de se dire : un manchot empereur, ça sert toujours. Autant de questions que Louis ne se posa pas. Il s’entendit poser une question d’un tout autre ordre, comme s’il se ventriloquait lui-même. […] – Ah ! Attention, hein ! C’est pas un pingouin, c’est un manchot empereur ! Pas pareil, hein ! Pas pareil ! C’est bien mieux, un manchot empereur ! D’abord c’est plus gros et puis bientôt avec la fonte des glaces y en aura plus, vous pouvez voir ça comme un investissement ! » (p. 57-58). Cet oiseau empaillé va bouleverser la vie de Louis : une nouvelle passion, un voyage, des rencontres ! « L’irruption dans sa vie du manchot empereur avait changé les choses. » (p. 93). On retrouve donc Louis sur la banquise avec son guide Inuit, Ivaluardjuk, qui va faire une vidéo hilarante et la poster sur sa page FB.

Hum… Ce roman aurait pu me plaire : le style est relativement agréable et il y a une pointe d’humour – bon parfois c’est du gros cliché bien lourd (par exemple, avec les bibliothécaires : une fois, c’est amusant, trois fois, c’est exagéré) – et les retours en arrière ne m’ont pas dérangée mais… il y a tellement de digressions, de longueurs et de détails inutiles, que je me suis vraiment ennuyée… J’ai fait un effort pour aller au bout, à vrai dire j’ai lu une centaine de pages normalement et les presque deux-cents dernières pages en diagonale : j’ai donc rencontré Alice, visité Terre-Neuve, je suis montée à bord du Nathanaël et j’ai remorqué un iceberg, par contre je n’ai pas mangé de gâteau soviétique au beurre de je ne sais plus quoi donc je n’ai pas été malade, ni d’indigestion ou d’hallucinations ni de la lecture de ce roman, mais je suis déçue, très déçue… Alors, oui, Joël Baqué dénonce l’hystérie des réseaux sociaux et de la mise en célébrité des anonymes, oui, il crie au secours de la fonte des glaces (et du réchauffement climatique) et pour la sauvegarde de la banquise et de ses habitants, mais ça n’a pas été suffisant pour me faire apprécier ce roman trop longuet, trop laborieux. Les journalistes sont dithyrambiques à propos de cet auteur qui fut le plus jeune gendarme de France et qui se consacre désormais à la littérature : « drôle », « loufoque », « excellent », « réjouissant », « impérial » et même « précieux », bof, je ne suis pas convaincue du tout et je ne pense pas lire un autre titre de lui.

Je le mets quand même dans le challenge 1 % rentrée littéraire 2017.

Les liens du sang d’Errol Henrot

Les liens du sang d’Errol Henrot.

Le Dilettante, août 2017, 192 pages, 16,50 €, ISBN 978-2-84263-916-7.

Genre : premier roman.

Errol Henrot naît en 1982. Il grandit au milieu des animaux et découvre « à quoi servaient ces curieux bâtiments à l’entrée de la ville, d’où sortaient des cris et des odeurs épouvantables. »

« La nature jouissait d’elle-même. Mais à l’autre bout de la ville, l’abattoir n’accordait aucune place à la rêverie. […] Les cris, les odeurs, les couleurs froides et contraintes, tout, dans ce tourbillon blême, avait pour dessein l’étouffement, la répression du mouvement. » (p. 12). Après le lycée, François choisit de ne pas faire d’études scientifiques et reste chez ses parents. C’est donc tout naturellement que son père le fait entrer à l’abattoir où il travaille depuis bientôt 40 ans. « Soit il quittait le foyer, soit il obéissait aux règles et assumait la décision de son père : exercer le même métier que lui. […] Puisqu’il vivait sans durée, il ne chercha pas la confrontation. » (p. 24-25). François a toujours été triste et s’est réfugié dans les livres. C’est donc avec des animaux blessés, terrorisés, au milieu du sang chaud, des excréments, des cris que va se faire sa vie, dans une totale déshumanisation. Il va devenir tueur, comme son père. « Les ouvriers de l’abattoir assimilaient toute la cruauté, et plongeaient dans le feu. Tout était possible dans un tel microcosme. » (p. 41). Et même si des éleveurs prennent soin de leurs animaux comme Robert avec ses cochons, François a bien compris que ça n’empêche pas les bêtes de finir à l’abattoir… « François s’était fait une promesse. […] Il ne participerait plus au monde. Pas d’humiliation, pas de blessures à infliger à l’autre, pas de déceptions. » (p. 64). Mais un jour, Angelica, sa copine, fait tout un discours à table alors que le sujet est tabou chez les parents de François. « […] On croit sentir encore la bête trembler. J’ai le sentiment qu’elle n’a pas fini de mourir. […] C’est pour cela que je ne tue pas mes animaux. La chair a de la mémoire. Elle continue de murmurer longtemps après la mort. Le temps n’a pas passé. Elle se souvient d’avoir hurlé. Hurlé à la mort. » (p. 87).

Quand j’ai reçu ce livre, dans le cadre des 68 premières fois 2017 – session d’automne, je vous en ai parlé ici. Le thème, difficile pour moi qui ne mange pratiquement plus de viande depuis des années (et encore de moins en moins), me… m’interloquait et j’ai carrément mis de côté mes deux lectures du weekend pour me plonger dans ce roman. C’était peut-être aussi pour le lire rapidement et… m’en débarrasser au plus vite, je ne sais pas trop. En tout cas, j’ai un jour préféré savoir et j’ai agi dans mon alimentation en toute connaissance de cause. Mais j’ai dû faire plusieurs arrêts tant ma lecture était empêchée, mes yeux et mes nerfs étant mis à rude épreuve…

Les liens du sang, c’est l’histoire d’une famille, ouvrière, pauvre, ne sachant pas comment communiquer (François a une sœur aînée partie depuis longtemps mais qui ne se gêne pas pour lui faire la morale), vivant presque dans l’indifférence les uns des autres, sans affection, sans haine, sans heurts. François est fragile, un peu lâche (c’est lui qui le dit), rêveur, il a été dépossédé de sa vie… Mais, après la mort du père, le travail devient dégoût et horreur quotidienne pour François d’autant plus quand il est témoin de la brutalité de ses collègues, que le directeur ne veut rien (sa)voir, que le rendement est infernal et que le directeur fait augmenter la cadence… Il en est de même pour la lecture, c’est violent, insoutenable, du moins ce qui se passe dans les abattoirs est insoutenable, je n’ose dire inhumain car cette façon de (mal)traiter les animaux est tellement humaine (et quand on voit les chiffres d’abattage, c’est… immonde !). Quant au roman, lui, il est très littéraire, profond, intense, réaliste, brutal, engagé et c’est ça aussi qui fait cette violence, cette fureur, cette envie de vomir, de tout casser, de fuir ! Et puis, il emmène le lecteur vers une secousse, un déclic, une issue poétique. Vous ne regarderez plus votre morceau de viande de la même façon.

$^^^^^^^^^^^^^^^^^ : ça, c’est un message écrit par le matou, et il a raison, le petit trésor, tout ça, ce n’est que pour gagner de l’argent sur la peau d’animaux qui sont devenus esclaves…

Un auteur à suivre, avec son écriture à la fois brutale et poétique, je me demande bien quel sujet il abordera dans son deuxième roman.

Si ce thème vous intéresse, il y a L’été des charognes de Simon Johannin chez Allia (premier roman d’un tout jeune auteur) et Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo chez Gallimard (Prix Livre Inter 2017), deux romans qui sont dans ma wishlist.

Une lecture pour les challenges 1 % rentrée littéraire 2017 et Défi Premier roman 2017. Je le mets aussi dans le Pumpkin Autumn Challenge dans le Menu 1 – L’automne frissonnant dans la catégorie Hurlons dans les bois : lire un livre angoisse, horreur ou thriller car, si ce roman n’est pas un roman d’horreur dans le sens classique du terme, il entre bien pour moi dans ce thème horreur et il est bien angoissant.

L’Étal de boucherie – Pieter Aertsen (1551)

Fanette et Filipin

Après avoir lu un article sur ce magazine Fanette et Filipin que je ne connais pas du tout, j’ai eu envie de le découvrir, au moins lire quelques infos supplémentaires, voir quelques extraits, feuilleter quelques pages. J’ai eu le plaisir de télécharger intégralement un ancien numéro, le n° 3 Hiver (2013-2014).

Les histoires / contes – Dans « Un frais matin d’hiver », graines pour les oiseaux, bataille de boules de neige entre Filipin et Queue blanche le lapin, et un magnifique lever de soleil sur la colline. Dans « Le petit cochon rose », le Prince de la forêt pense qu’il faudrait habiller les animaux pour qu’ils n’aient pas froid. Dans « Un oiseau reconnaissant », un pauvre jeune homme soigne une grue blessée puis reçoit une jolie jeune fille perdue dans la forêt. Dans « Le chamois solitaire », un malheureux chamois, seul rescapé d’une attaque de chasseurs, erre désespérément et trouve un nouveau troupeau qui l’accueille.

Les rubriques – Dans « Ma forêt en liberté », c’est l’histoire de « Museaufin et le hérisson », un renard affamé car tout est recouvert de neige et qui rencontre un hérisson. « La vie des animaux » parle de l’hibernation. « Enfants de la Terre », pour découvrir les enfants des autres pays, raconte « La petite danseuse de Bharata natyam » en Inde. Et une petite rubrique papeterie et parutions de livres des éditions Belle émeraude.

Les jeux – Différences, animaux cachés, un plateau de jeu à fabriquer « Le blaireau et la renarde », les dessins de forme (des dessins géométriques), des petits lutins à construire en feutrine, une séance de peinture pour une « promenade dans le monde magique de la couleur ».

Il y a même une jolie poésie, « Petits flocons brillants », des recettes (et j’ai bien envie de cuisiner ce Curry de lentilles) et « Le coin des parents » avec une intéressante « Promenade au royaume des contes ».

Fanette est une fillette très attachée à la Nature, aux animaux, aux saisons ; son meilleur ami est Filipin, un lutin des bois habillé de vert. Dans chaque numéro (52 pages), des histoires, des contes du monde entier, des animaux selon la saison, des rubriques pour « imaginer et s’émerveiller ».

Les dessins sont peints avec des couleurs pastels, je trouve que c’est poétique et reposant, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Il y a un petit côté désuet qui me plaît bien mais qui déplaira peut-être à d’autres adultes.

Le magazine, basé dans un petit village de Savoie (Villard-sur-Doron), existe depuis janvier 2013. Il est préconisé pour les 3-10 ans et il y a beaucoup de textes donc bien sûr les plus jeunes liront avec des grands. En fait, les histoires et les rubriques sont répertoriées par couleur : bleu-vert à partir de 3 ans, mauve à partir de 6 ans, violet à partir de 7 ans, vert kaki à partir de 9 ans, ainsi le magazine suit l’enfant (et inversement) pour des années !

Fanette et Filipin se veut un magazine pour la jeunesse, un magazine « qui enchante l’imaginaire », alternatif, naturel, sans publicité et son seul défaut est qu’il coûte un peu cher : 12 € le numéro (mais par trimestre).

Sur la page FB du magazine, vous trouvez en plus des illustrations, des photos, un calendrier mensuel, des vidéos…

Une charmante revue à découvrir si vous avez des enfants ou des petits-enfants curieux qui aiment les belles histoires, les contes, les jeux et les animaux !

Je mets cette lecture dans le Pumpkin Autumn Challenge pour le Menu 3 – L’automne enchanteur dans la rubrique Féérique citrouille, bibbidi-bobbidi-boo : lire un conte féerique ou du Nature writing. Et on a ici plusieurs contes avec des animaux et la Nature 😉

L’éveil – stade 2 de Jean-Baptiste de Panafieu

L’éveil – stade 2 de Jean-Baptiste de Panafieu.

Gulf Stream, mars 2017, 232 pages, 17 €, ISBN 978-2-35488-457-4.

Genre : science-fiction.

Jean-Baptiste de Panafieu : voir L’éveil – stade 1.

La WOFF a enlevé Laura Goupil pour qu’elle crée un contre-virus et l’a emmenée à Bearsden dans le Maine, au nord-est des États-Unis, dans un laboratoire ultra-perfectionné et éloigné de tout. Les trois jeunes – Gabriel, Clément et Alya – et les trois animaux – Chou-K, Cabosse et Montaigne – (plus le chien Yéti en cachette) embarquent sur le cargo le Néréis qui se dirige vers New York pour retrouver Laura et la libérer. Dans les forêts du Maine, ce sont les ours, les loups, les castors, les ratons-laveurs et d’autres animaux sauvages qui se sont éveillés ! D’ailleurs les ours ont carrément créé une Compagnie des ours. « De leur vie passée, ils conservaient la mémoire de délicieux après-midi de sieste, de soirées passées à se gaver de myrtilles et de longues marches paisibles entre les arbres. Mais il leur revenait aussi les hurlements des tronçonneuses, le fracas effrayant des arbres s’abattant à terre, les aboiements des chiens et les coups de tonnerre des armes humaines. » (p. 20-21). Et dans le monde marin, ce sont les dauphins, orques, baleines… Tous sont aussi surpris que les animaux européens en prenant conscience d’eux-mêmes et du monde qui les entoure. « Que se passe-t-il ? Où suis-je ? Où sont les autres ? Qui suis-je ? Oui, c’est ça l’important ! Qui suis-je ? […] Réfléchir. Réfléchir ? Oui, c’est ça. Il se passe que je réfléchis. Je pense au lieu de farfouiller. Je pense que j’ai changé. Je sais qui je suis. » (p. 45). Grâce aux goélands qui ont traversé l’Atlantique sur l’ordre de Charles, le chef des corneilles françaises, les animaux américains éveillés apprennent qu’ils doivent protéger Lorragoupi. La protéger ou la tuer pour qu’elle ne crée pas un vaccin qui leur fera perdre leur éveil ?

Le scientifique joue parfois (souvent ?) à Dieu mais « Les virus artificiels étaient des outils puissants, mais difficiles à maîtriser. » (p. 80). Les jeunes et « leurs » animaux sont arrivés à Foxcroft, près de Bearsden, et ont contacté avec bien du mal les ours ; Yéti et le raton-laveur Kwatty, séparés du groupe, sont prisonniers de la meute de loups. Ours et loups sont tout aussi dangereux l’un que l’autre… Plus dangereux que les humains et leur folie ? Humains et animaux pourront-ils communiquer et trouver une association qui empêchera une guerre meurtrière entre toutes les espèces ?

Ce tome 2 se déroule l’année suivante. « Cela fait un an que cette histoire a commencé et j’avais envie de marquer cette date. Je pense maintenant que rien ne sera plus comme avant. Le virus ne pourra pas être arrêté et les animaux resteront éveillés. Il faudra apprendre à vivre avec. » (p. 127-128). Action et rebondissements pour ce deuxième tome plus violent avec des animaux bien plus dangereux et difficiles à convaincre que des animaux domestiques et des oiseaux urbains ! « Ils sentaient que le monde était en train de basculer, mais n’arrivaient pas à percevoir tous les enjeux des combats en cours, qui opposaient les animaux aux humains ou qui mettaient en jeu plusieurs espèces animales, sans oublier les conflits interhumains […]. » (p. 204).

L’auteur répertorie trois sortes d’animaux. Les animaux domestiques (chiens, chats, certains oiseaux comme le perroquet Montaigne) ou proches des humains (oiseaux, chevaux…) qui veulent des droits similaires aux humains (certains demandent même un droit de vote !), les animaux d’élevage qui ne veulent plus être maltraités et tués pour être mangés, et les animaux sauvages qui se divisent en prédateurs et en proies plus difficiles à aborder. Comment vont-ils s’entendre ? Vont-ils plonger le monde dans un chaos pire que ce que peuvent faire les humains ?

Il y a beaucoup d’émotion dans l’éveil de certains animaux (ruminants, ours, loups, dauphins…), de la poésie pour certains, de la sensibilité en tout cas, c’est vraiment très beau, comment ne pas se sentir proche de ces animaux même s’ils sont « dangereux » ? Comment ne pas avoir envie de communiquer avec eux ?

Le tome 3 est annoncé pour fin août ; j’espère que la bibliothèque l’aura rapidement ; ou alors je vais l’acheter si je ne peux pas attendre, je veux savoir, je veux connaître le dénouement ! Ah, mais que vois-je, la parution est repoussée à fin octobre, rhaaaaa !

En tout cas, une série (en trois tomes) à lire absolument si vous vous intéressez un tant soit peu aux animaux et à un futur fortement probable.

Pour les challenges Jeunesse & young adult (même remarque que pour le tome 1) et Littérature de l’imaginaire.