Rencontre avec Serge Chauvin, traducteur

Vendredi soir, j’ai rencontré à la médiathèque, Serge Chauvin, traducteur entre autres du roman américain Les pêcheurs de Chigozie Obioma, gagnant du Prix La Passerelle 2017.

J’ai raté une bonne heure car je travaillais… J’ai donc pris la discussion en cours et raté quelques infos…

Serge Chauvin naît le 21 juillet 1966 ; il est agrégé d’anglais, maître de conférence en littérature et cinéma américains à l’Université Paris-Nanterre, critique de cinéma et traducteur.

La bibliothécaire, Julia (à gauche) et le traducteur, Serge Chauvin (à droite)

Le dernier roman traduit est Underground Railroad de Colson Whitehead qui me fait très envie.

Avant d’être traducteur, il était lecteur, d’après ce que j’ai compris, ça consistait à lire des romans en anglais pour dire si ça valait le coup de les faire traduire et de les publier en français. Puis il est devenu traducteur, principalement pour Gallimard et plus récemment pour L’Olivier et Albin Michel.

Ses auteurs de prédilection sont Jonathan Coe, Richard Bausch, Steven Wright, Paul West, Colson Whitehead et Zadie Smith (source : Wikipédia).

Un homme cultivé, passionné et passionnant, avec qui j’ai eu un très bon contact ; dommage que j’aie manqué le début de la rencontre…

Le public, trente personnes, plus six bibliothécaires, et les livres !

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Les pêcheurs de Chigozie Obioma

Les pêcheurs de Chigozie Obioma.

L’Olivier, collection Littérature étrangère, avril 2016, 298 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-8236-0536-5. The Fishermen (2015) est traduit de l’anglais (Nigéria) par Serge Chauvin.

Genres : littérature nigériane, premier roman.

Chigozie Obioma, né en 1986, est un jeune auteur nigérian. Il étudie à Chypre puis aux États-Unis où il vit. Il est professeur de littérature africaine à l’université et signe ici son premier roman.

1996, Akure, petite ville du Nigéria. Le père, employé de banque, est muté à Yola à 1 000 km de la maison. Il laisse son épouse et leurs enfants, donne des nouvelles par téléphone et envoie de l’argent. Le narrateur, Benjamin a alors 9 ans et ses frères Ikenna, 15 ans, Boja, 14 ans, et Obembe, 11 ans. David, 3 ans, et Nkem, 1 an, restent à la maison avec leur mère et ne participent pas aux jeux des plus grands. « Qu’est-ce que ce travail qui exile un homme et l’empêche d’élever ses jeunes fils ? Même si j’avais sept mains, comment je pourrais m’occuper de ces enfants toute seule ? » (p. 12), se lamente la mère. Le père ne peut pas les emmener à Yola car ils sont de l’ethnie Igbo, chrétienne, et Yola est peuplée de Yorubas qui commettent des massacres. Délaissés, les enfants décident de devenir pêcheurs et vont au bord du Omi-Ala, le fleuve interdit. Un jour, ils rencontrent Abulu le fou qui leur lance une malédiction.

Une véritable tragédie : les superstitions prennent le dessus sur la foi religieuse, la folie s’empare d’abord de l’aîné. « Les efforts de notre mère pour guérir son fils Ikenna se heurtèrent à un mur. Car la prophétie, telle une bête furieuse, était incontrôlable et détruisait son âme avec toute la férocité de la folie, décrochant les tableaux, cassant les murs, vidant les placards, renversant les tables jusqu’à ce que tout ce qu’il connaissait, tout ce qui était lui, tout ce qu’il était devenu ne soit plus qu’un chaos. » (p. 109). La malédiction est une machine implacable, inéluctable… « L’espoir était un tétard. Cette créature qu’on capturait et qu’on rapportait dans une boîte de conserve, mais qui, même dans l’eau appropriée, ne tardait pas à mourir. » (p. 241).

Le narrateur raconte l’histoire de sa famille, près de vingt ans après les faits et le lecteur se dit que ce n’est pas possible, que ça va s’arrêter, comment tout cela est-il possible ? D’une grande richesse, avec plusieurs langages, le langage imagé de la mère dans la langue des Igbos, l’anglais qui est la langue officielle, et le parler propre aux enfants, il y a plusieurs niveaux de lecture, une densité et une profondeur incroyables. Les pêcheurs est un roman difficile (à lire en prenant son temps) mais quel tour de force et quelle réussite pour un premier roman !

Je mets cette lecture dans les challenges À la découverte de l’Afrique et Défi Premier roman 2017.

Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli

9782330035938Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli.

Actes Sud, collection Domaine français, août 2014, 236 pages, 20 €, ISBN 978-2-330-03593-8. Également en poche chez Babel (n° 1403), août 2016, 240 pages, 7,70 €, ISBN 978-2-330-06557-7.

Genre : littérature corse.

Marc Biancarelli naît le 17 octobre 1968. Il est romancier, nouvelliste, poète, dramaturge et professeur de corse. Il écrit en corse et en français.

Vénérande et son frère Charles-Marie vivent en Corse, dans une maison isolée à des heures du premier village. Mais un jour, quatre hommes ont coupé la langue de Charles, lui ont lacéré le visage, ont abattu son chien et ont volé des brebis. Depuis il ne communique plus, il ne vit plus vraiment. Vénérande décide alors de faire appel à Ange Colomba, L’Infernu, pour venger son jeune frère défiguré. « Il faut qu’ils payent, dit-elle en baissant la voix, il faut qu’on les trouve et qu’ils payent pour le mal qu’ils ont fait. » (p. 26).

Vengeance et justice se confondent dans cette Corse belle et sauvage de la fin XIXe début XXe siècle. Ce roman est d’une très grande qualité littéraire mais il se lit difficilement tant il est dense et violent ! « Nous marchions dans l’insouciance, je t’ai dit, mais nous charriions des démons de haine et de sang qui nous avaient saisis dès le berceau. » (p. 207). Orphelins de Dieu était un des six romans en lice pour le Prix La Passerelle 2015 mais je n’avais jusqu’à maintenant pas publié ma note de lecture !

Prix La Passerelle 2016, le roman gagnant !

PrixPasserelle2016En janvier, je vous avais parlé du Prix La Passerelle 2016 (4e édition) et des six romans à lire. Vendredi 27 mai au soir, le dépouillement des votes a eu lieu – sans moi pour une fois puisque j’étais en congés – mais les copines m’ont gentiment envoyé un sms pour que je sache le gagnant immédiatement et une photo pour que je voie le nombre de votes sur le tableau (photo ci-dessous).

Un petit rappel des romans puisque, finalement, je n’ai publié que deux notes de lecture (sur six) : Fable d’amour d’Antonio Moresco et Le quartier américain de Jabbour Douaihy, en fait les deux romans entre lesquels j’hésitais !

GroseillesNovembreLes groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk (Le Tripode, octobre 2014). L’activité principale des habitants de ce village médiéval est de voler les biens de la famille du baron (pensez donc, un Allemand !) à son manoir et de vider son garde-manger. Ceci avec l’aide d’êtres créés grâce à un pacte de sang (ou plutôt du jus de groseilles !) avec le diable. Des villageois cupides et stupides… Parfois, les gens mangent même du savon ou des bougies ne sachant pas ce que c’est… « C’est notre malheur à nous, Estoniens : il y a trop d’imbéciles parmi nous. Ils font honte à tout notre peuple. C’est terrible, un idiot pareil. » (page 15). Un roman estonien assurément original, plaisant à lire mais un peu trop loufoque pour moi au moment où je l’ai lu…

LaSolutionEsquimauAWLes nuits de laitue de Vanessa Barbara (Zulma, août 2015). Ada et Otto, mariés depuis 1958, forment un couple fusionnel sans enfant mais Ada est morte en mars, à l’automne. Otto se retrouve seul et n’a pas de contact avec les voisins (c’était Ada qui gérait tout) sauf avec Monsieur Taniguchi, « un centenaire taciturne, sobre et consciencieux » (page 89) mais, bien qu’il soit entré dans l’Histoire comme « le dernier survivant du célèbre bataillon des Nippons fous » sur l’île de Marinduque, il est maintenant atteint d’Alzeihmer… Or l’activité préférée d’Aníbal le facteur est de « remettre les lettres aux mauvaises personnes » pour « créer du lien social entre voisins » (page 48). Otto doit aller chez sa voisine Iolanda pour lui donner un courrier ; elle vit seule avec son neveu et ses chihuahuas. Un premier roman brésilien à découvrir mais qui ne m’a pas emballée plus que ça.

VoyageOctavioLe voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy (Payot-Rivages, janvier 2015). Octavio, paysan analphabète, découvre son pays, le Venezuela. Un premier roman tout en poésie bien agréable à lire mais je n’ai pas retrouvé les deux extraits que j’avais notés… Zut ! Un jeune auteur franco-vénézuélien à suivre.

Et le roman gagnant : Le caillou de Sigolène Vinson (Le Tripode, mai 2015). Alors, j’ai eu un problème avec ce roman… La couverture me plaisait mais j’ai tellement lu de billets sur lui et j’en ai tellement entendu parler qu’il m’est tombé des mains dès les toutes premières pages… Comme l’auteur est attendue à la médiathèque à l’automne, je pense le lire à tête reposée et sans pression en août pendant les vacances estivales. Ma note de lecture.

TableauPrixPasserelle2016

Prix La Passerelle 2016

En mai l’année dernière, peu de temps après la création du blog, je vous parlais du Prix La Passerelle 2015. Eh bien, samedi dernier, le 16 janvier, les six romans sélectionnés pour le Prix La Passerelle 2016 (c’est la 4e édition) ont été présentés (lorsque les romans sont lus et sélectionnés par les bibliothécaires, ils doivent être parus entre la rentrée littéraire d’automne précédente – ici 2014 – et la rentrée littéraire d’automne en cours – ici 2015).

Le caillou de Sigolène Vinson (Française) paru aux éditions Le Tripode en mai 2015 -> ma note de lecture.

Fable d’amour d’Antonio Moresco (Italien) paru aux éditions Verdier en août 2015 –> ma note de lecture.

Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk (Estonien) paru aux éditions Le Tripode en octobre 2014.

Les nuits de laitue de Vanessa Barbara (Brésilienne) paru aux éditions Zulma en août 2015.

Le quartier américain de Jabbour Douaihy (Libanais) paru aux éditions Actes Sud et L’Orient des livres en septembre 2015 –> ma note de lecture.

Le voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy (Franco-Vénézuélien) paru aux éditions Payot-Rivages en janvier 2015.

J’ai déjà présenté sur le blog Fable d’amour et Le quartier américain. Mes autres notes de lecture viendront avant le vendredi 27 mai qui est le jour de dépouillement des votes.

Et vous, avez-vous lu un – ou plusieurs – de ces romans ?

PrixPasserelle2016

Rencontre avec Angélique Villeneuve

VILLENEUVE - Fleurs d hiver.inddVous rappelez-vous que j’ai parlé de Les fleurs d’hiver d’Angélique Villeneuve en mai 2015 ? Ce cinquième roman de l’auteur a gagné le Prix La Passerelle 2015 (3e édition du Prix). Eh bien, hier soir la rencontre entre l’auteur et les bibliothécaires et lecteurs de la médiathèque a eu lieu. Super rencontre avec une Angélique Villeneuve naturelle, simple, ouverte et vive. Angélique fait partie des auteurs qui travaillent à fond sur leurs livres, qui s’engagent, qui recherchent, qui vont au-delà de l’histoire qu’ils veulent raconter, des auteurs pas prétentieux et qui ne se prennent pas la tête comme je les aime. Depuis Les fleurs d’hiver, j’ai lu Un territoire : beau roman en huis-clos d’une femme et deux enfants devenus adultes (je vous en parlerai prochainement) et j’ai acheté Grand paradis qu’Angélique m’a gentiment dédicacé (je vous en parlerai plus tard). J’ai plutôt filmé avec mon smartphone (j’espère que les vidéos sont réussies, je vous les montrerai dès que possible) et je n’ai finalement pris que trois photos que voici ci-dessous.

AngeliqueVilleneuve1

AngeliqueVilleneuve2

En passant

En coup de vent… /5

VILLENEUVE - Fleurs d hiver.indd

Pour vous dire que le gagnant du Prix La Passerelle 2015 est Les fleurs d’hiver d’Angélique Villeneuve (ma note de lecture avec un message de l’auteur en commentaire).

Félicitations à Angélique Villeneuve pour ce Prix et j’espère qu’elle viendra à la médiathèque fêter ça avec les lecteurs qui ont plébiscité Les fleurs d’hiver.

PrixLP2015