En coup de vent…/ 72 – Jean-Baptiste Andrea

Bonjour, vous rappelez-vous de Ma reine de Jean-Baptiste Andrea, un premier roman paru en août 2017 chez L’iconoclaste ? Bon, j’ai dit et redit (ici, ici et ici en bas) que je ne l’avais pas aimé mais au moins, j’en ai parlé et, si je vous en reparle, c’est que j’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur hier soir à la médiathèque La Passerelle à Bourg lès Valence (Drôme). Un auteur, Jean-Baptiste Andrea donc, d’une grande gentillesse, « intelligent et drôle » – sic une collègue sous le charme 😉 –, très abordable, naturel et j’ai été touchée par son état d’esprit et ses idées : discussions sur le roman, sa création, les personnages (Shell et Viviane), la Provence, la littérature (c’est un grand lecteur), le cinéma (il a réalisé trois films, a aussi scénarisé et aime regarder des films voire des séries), l’écologie, le bien-être animal, la mort, le bouddhisme, etc. Il a même parlé bagnoles avec un collègue (ah, les hommes…), collègue que je remercie au passage car il m’a remplacée pour que je puisse assister à la rencontre (sinon, j’aurais raté une heure sur les deux…).

Jean-Baptiste Andrea (l’auteur, à gauche) et François (le bibliothécaire, à droite)

Une fierté pour l’auteur : son roman traduit en italien, allemand, roumain, espagnol (Mexique), coréen (Corée du Sud) et chinois (j’espère que je n’en oublie pas), une belle consécration (presque) internationale !

Une bien belle rencontre qui – si elle ne me fait pas aimer plus le roman – me donne toutefois envie de le relire. Si, si ! Car, vous le savez, il est passé après Neverland de Timothée de Fombelle qui m’avait tellement émue qu’il n’y avait pas de place pour Ma reine juste après et aussi je l’ai lu très vite, pour le travail, et je ne l’ai peut-être pas apprécié à sa juste valeur, en tout cas c’est ce que je pense après avoir entendu l’auteur en parler, donc si j’ai l’occasion de le relire, je le ferai et, on ne sait jamais, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais je ne promets rien 😛 L’auteur m’a demandé ce qu’il me restait de ma lecture, un peu plus d’un an après, eh bien il me reste la colline avec la nature, la grotte, le berger avec son patou, ce qui est pas mal finalement.

Par contre, je lirai assurément le deuxième roman qui se déroulera en montagne et qui est annoncé pour septembre 2019. Patience donc…

J’espère que vous aurez l’occasion de rencontrer Jean-Baptiste Andrea, même si vous n’avez pas encore lu (ou pas aimé) son roman car c’est vraiment quelqu’un de bien 🙂

Je vous souhaite une bonne fin de semaine. Et je vous mets le lien de Martine (avec une belle photo différente de la mienne car elle était sur le côté).

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En coup de vent…/ 60 – Prix La Passerelle 2018

Je vous ai déjà parlé des précédentes éditions du Prix La Passerelle, 2013-2014-2015 (c’est regroupé car le blog n’existait pas avant mai 2015), 2016 et 2017 et je sais que certaines notes de lectures ne sont toujours pas publiées, même si j’ai aimé ces romans… et mon billet de présentation du Prix 2018. Ce prix littéraire, créé en 2013 par les bibliothécaires de la médiathèque La Passerelle à Bourg lès Valence pour ses lecteurs, a évolué : en 2017, trois bibliothécaires des médiathèques du réseau ont intégré le comité de lecture et en 2018, ce sont deux lecteurs (une lectrice et un lecteur pour être plus précise) qui ont intégré le comité de lecture. Mais, ce que vous voulez connaître, ce sont les six romans en lice et le gagnant ! Les années précédentes, lorsque le gagnant n’était pas celui pour lequel j’avais voté (ce qui a été en fait à chaque fois le cas !), je me réjouissais tout de même car c’était un bon roman qui méritait de gagner. Pour cette édition 2018, le dépouillement des bulletins a eu lieu le vendredi 8 juin en soirée et, cette année, je suis profondément déçue… Certes j’hésitais entre 4 romans (sur 6) mais le gagnant est le roman que je n’ai pas aimé du tout ! 😥 Voici les 6 romans en lice par ordre alphabétique d’auteur :

Ma reine de Jean-Baptiste Andrea (L’Iconoclaste, 2017)

Principe de suspension de Vanessa Bamberger (Liana Levi, 2017)

La fonte des glaces de Joël Baqué (P.O.L., 2017)

L’été des charognes de Simon Johannin (Allia, 2017), zut j’ai oublié de publier ma note de lecture !

Le livre que je ne voulais pas écrire d’Erwan Lahrer (Quidam, 2017)

Une toile large comme le monde d’Aude Seigne (Zoé, 2017)

Le gagnant 2018 est… Ma reine, dont je n’ai pas publié la note de lecture mais elle doit traîner par là, au brouillon, alors je la rajouterai un de ces jours… ou pas !

Avez-vous lu et apprécié (ou non) un ou plusieurs de ces romans ?

De mon côté, je prépare déjà le Prix 2019 😉 Mais en bonus, voici Chaos, l’œuvre de Nassera (avec son autorisation, bien sûr).

En coup de vent… / 48

Hier matin, j’ai passé un très bon moment lors de la présentation des romans pour le Prix La Passerelle 2018 à la médiathèque La Passerelle de Bourg lès Valence (Drôme). Comme chaque année, sur une sélection d’une vingtaine de romans proposés par les bibliothécaires (cette année deux lecteurs se sont joints au comité de lecture), six sont en sélection finale pour être lus par les lecteurs et, le soir du 8 juin, le dépouillement des bulletins de votes consacrera le gagnant de cette sixième édition.

Alors les six romans sont (par ordre alphabétique d’auteurs) :

Ma reine de Jean-Baptiste Andrea (L’Iconoclaste, août 2017) : un premier roman lu pour les 68 premières fois 2017, présenté comme un conte initiatique mais qui m’a tellement déçue que je ne suis pas sûre d’en parler sur le blog… Et il a reçu le prix Fémina des lycéens 2017 et le prix du Premier roman 2017.

Principe de suspension de Vanessa Bamberger (Liana Levi, janvier 2017), un beau premier roman – lui aussi lu pour les 68 premières fois 2017 – sur la vie, le monde de l’entreprise et le besoin de reconnaissance.

La fonte des glaces de Joël Baqué (P.O.L., août 2017) que je n’ai pas particulièrement aimé mais je reconnais l’humour de l’auteur.

L’été des charognes de Simon Johannin (Allia, janvier 2017) : une claque ce premier roman ! Il faut que je publie ma note de lecture.

Le livre que je ne voulais pas écrire d’Erwan Lahrer (Quidam, août 2017) qui m’a fait découvrir un auteur sincère, drôle et qui, comme moi, aime le rock.

Une toile large comme le monde d’Aude Seigne (Zoé, août 2017) : un beau roman suisse sur Internet, tout simplement passionnant !

Et vous, les avez-vous lus ? Les avez-vous aimés ? Si vous voulez, ajoutez vos liens en commentaires 😉

Rencontre avec Serge Chauvin, traducteur

Vendredi soir, j’ai rencontré à la médiathèque, Serge Chauvin, traducteur entre autres du roman américain Les pêcheurs de Chigozie Obioma, gagnant du Prix La Passerelle 2017.

J’ai raté une bonne heure car je travaillais… J’ai donc pris la discussion en cours et raté quelques infos…

Serge Chauvin naît le 21 juillet 1966 ; il est agrégé d’anglais, maître de conférence en littérature et cinéma américains à l’Université Paris-Nanterre, critique de cinéma et traducteur.

La bibliothécaire, Julia (à gauche) et le traducteur, Serge Chauvin (à droite)

Le dernier roman traduit est Underground Railroad de Colson Whitehead qui me fait très envie.

Avant d’être traducteur, il était lecteur, d’après ce que j’ai compris, ça consistait à lire des romans en anglais pour dire si ça valait le coup de les faire traduire et de les publier en français. Puis il est devenu traducteur, principalement pour Gallimard et plus récemment pour L’Olivier et Albin Michel.

Ses auteurs de prédilection sont Jonathan Coe, Richard Bausch, Steven Wright, Paul West, Colson Whitehead et Zadie Smith (source : Wikipédia).

Un homme cultivé, passionné et passionnant, avec qui j’ai eu un très bon contact ; dommage que j’aie manqué le début de la rencontre…

Le public, trente personnes, plus six bibliothécaires, et les livres !

Les pêcheurs de Chigozie Obioma

Les pêcheurs de Chigozie Obioma.

L’Olivier, collection Littérature étrangère, avril 2016, 298 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-8236-0536-5. The Fishermen (2015) est traduit de l’anglais (Nigéria) par Serge Chauvin.

Genres : littérature nigériane, premier roman.

Chigozie Obioma, né en 1986, est un jeune auteur nigérian. Il étudie à Chypre puis aux États-Unis où il vit. Il est professeur de littérature africaine à l’université et signe ici son premier roman.

1996, Akure, petite ville du Nigéria. Le père, employé de banque, est muté à Yola à 1 000 km de la maison. Il laisse son épouse et leurs enfants, donne des nouvelles par téléphone et envoie de l’argent. Le narrateur, Benjamin a alors 9 ans et ses frères Ikenna, 15 ans, Boja, 14 ans, et Obembe, 11 ans. David, 3 ans, et Nkem, 1 an, restent à la maison avec leur mère et ne participent pas aux jeux des plus grands. « Qu’est-ce que ce travail qui exile un homme et l’empêche d’élever ses jeunes fils ? Même si j’avais sept mains, comment je pourrais m’occuper de ces enfants toute seule ? » (p. 12), se lamente la mère. Le père ne peut pas les emmener à Yola car ils sont de l’ethnie Igbo, chrétienne, et Yola est peuplée de Yorubas qui commettent des massacres. Délaissés, les enfants décident de devenir pêcheurs et vont au bord du Omi-Ala, le fleuve interdit. Un jour, ils rencontrent Abulu le fou qui leur lance une malédiction.

Une véritable tragédie : les superstitions prennent le dessus sur la foi religieuse, la folie s’empare d’abord de l’aîné. « Les efforts de notre mère pour guérir son fils Ikenna se heurtèrent à un mur. Car la prophétie, telle une bête furieuse, était incontrôlable et détruisait son âme avec toute la férocité de la folie, décrochant les tableaux, cassant les murs, vidant les placards, renversant les tables jusqu’à ce que tout ce qu’il connaissait, tout ce qui était lui, tout ce qu’il était devenu ne soit plus qu’un chaos. » (p. 109). La malédiction est une machine implacable, inéluctable… « L’espoir était un tétard. Cette créature qu’on capturait et qu’on rapportait dans une boîte de conserve, mais qui, même dans l’eau appropriée, ne tardait pas à mourir. » (p. 241).

Le narrateur raconte l’histoire de sa famille, près de vingt ans après les faits et le lecteur se dit que ce n’est pas possible, que ça va s’arrêter, comment tout cela est-il possible ? D’une grande richesse, avec plusieurs langages, le langage imagé de la mère dans la langue des Igbos, l’anglais qui est la langue officielle, et le parler propre aux enfants, il y a plusieurs niveaux de lecture, une densité et une profondeur incroyables. Les pêcheurs est un roman difficile (à lire en prenant son temps) mais quel tour de force et quelle réussite pour un premier roman !

Je mets cette lecture dans les challenges À la découverte de l’Afrique et Défi Premier roman 2017.

Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli

9782330035938Orphelins de Dieu de Marc Biancarelli.

Actes Sud, collection Domaine français, août 2014, 236 pages, 20 €, ISBN 978-2-330-03593-8. Également en poche chez Babel (n° 1403), août 2016, 240 pages, 7,70 €, ISBN 978-2-330-06557-7.

Genre : littérature corse.

Marc Biancarelli naît le 17 octobre 1968. Il est romancier, nouvelliste, poète, dramaturge et professeur de corse. Il écrit en corse et en français.

Vénérande et son frère Charles-Marie vivent en Corse, dans une maison isolée à des heures du premier village. Mais un jour, quatre hommes ont coupé la langue de Charles, lui ont lacéré le visage, ont abattu son chien et ont volé des brebis. Depuis il ne communique plus, il ne vit plus vraiment. Vénérande décide alors de faire appel à Ange Colomba, L’Infernu, pour venger son jeune frère défiguré. « Il faut qu’ils payent, dit-elle en baissant la voix, il faut qu’on les trouve et qu’ils payent pour le mal qu’ils ont fait. » (p. 26).

Vengeance et justice se confondent dans cette Corse belle et sauvage de la fin XIXe début XXe siècle. Ce roman est d’une très grande qualité littéraire mais il se lit difficilement tant il est dense et violent ! « Nous marchions dans l’insouciance, je t’ai dit, mais nous charriions des démons de haine et de sang qui nous avaient saisis dès le berceau. » (p. 207). Orphelins de Dieu était un des six romans en lice pour le Prix La Passerelle 2015 mais je n’avais jusqu’à maintenant pas publié ma note de lecture !

Prix La Passerelle 2016, le roman gagnant !

PrixPasserelle2016En janvier, je vous avais parlé du Prix La Passerelle 2016 (4e édition) et des six romans à lire. Vendredi 27 mai au soir, le dépouillement des votes a eu lieu – sans moi pour une fois puisque j’étais en congés – mais les copines m’ont gentiment envoyé un sms pour que je sache le gagnant immédiatement et une photo pour que je voie le nombre de votes sur le tableau (photo ci-dessous).

Un petit rappel des romans puisque, finalement, je n’ai publié que deux notes de lecture (sur six) : Fable d’amour d’Antonio Moresco et Le quartier américain de Jabbour Douaihy, en fait les deux romans entre lesquels j’hésitais !

GroseillesNovembreLes groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk (Le Tripode, octobre 2014). L’activité principale des habitants de ce village médiéval est de voler les biens de la famille du baron (pensez donc, un Allemand !) à son manoir et de vider son garde-manger. Ceci avec l’aide d’êtres créés grâce à un pacte de sang (ou plutôt du jus de groseilles !) avec le diable. Des villageois cupides et stupides… Parfois, les gens mangent même du savon ou des bougies ne sachant pas ce que c’est… « C’est notre malheur à nous, Estoniens : il y a trop d’imbéciles parmi nous. Ils font honte à tout notre peuple. C’est terrible, un idiot pareil. » (page 15). Un roman estonien assurément original, plaisant à lire mais un peu trop loufoque pour moi au moment où je l’ai lu…

LaSolutionEsquimauAWLes nuits de laitue de Vanessa Barbara (Zulma, août 2015). Ada et Otto, mariés depuis 1958, forment un couple fusionnel sans enfant mais Ada est morte en mars, à l’automne. Otto se retrouve seul et n’a pas de contact avec les voisins (c’était Ada qui gérait tout) sauf avec Monsieur Taniguchi, « un centenaire taciturne, sobre et consciencieux » (page 89) mais, bien qu’il soit entré dans l’Histoire comme « le dernier survivant du célèbre bataillon des Nippons fous » sur l’île de Marinduque, il est maintenant atteint d’Alzeihmer… Or l’activité préférée d’Aníbal le facteur est de « remettre les lettres aux mauvaises personnes » pour « créer du lien social entre voisins » (page 48). Otto doit aller chez sa voisine Iolanda pour lui donner un courrier ; elle vit seule avec son neveu et ses chihuahuas. Un premier roman brésilien à découvrir mais qui ne m’a pas emballée plus que ça.

VoyageOctavioLe voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy (Payot-Rivages, janvier 2015). Octavio, paysan analphabète, découvre son pays, le Venezuela. Un premier roman tout en poésie bien agréable à lire mais je n’ai pas retrouvé les deux extraits que j’avais notés… Zut ! Un jeune auteur franco-vénézuélien à suivre.

Et le roman gagnant : Le caillou de Sigolène Vinson (Le Tripode, mai 2015). Alors, j’ai eu un problème avec ce roman… La couverture me plaisait mais j’ai tellement lu de billets sur lui et j’en ai tellement entendu parler qu’il m’est tombé des mains dès les toutes premières pages… Comme l’auteur est attendue à la médiathèque à l’automne, je pense le lire à tête reposée et sans pression en août pendant les vacances estivales. Ma note de lecture.

TableauPrixPasserelle2016