La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko

La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko.

Albin Michel, mars 2009, 416 pages, 22,20 €, ISBN 978-2-22619-085-7. печтчера (Pechtchera, 2003) est traduit du russe par Antonina Roubichou-Stretz.

Genres : littérature ukrainienne, roman, fantastique.

Marina et Sergueï Diatchenko (Марина та Сергій Дяченки) sont un couple ukrainien (Kiev) mais ils vivent en Californie. Leurs romans (science-fiction, fantastique, fantasy) paraissent en ukrainien et en russe. Ils disent que les univers qu’ils créent sont du « M-realism » (du magic realism ?). Ils sont actifs depuis 1994 et de nombreuses œuvres sont parues (romans, novellas et nouvelles).

« Avertissement. Les habitants de cette ville si semblable aux nôtres vivent dans deux dimensions. Le jour, ils mènent une vie ordinaire, mais sans cruauté ni agression ; la nuit, dans leurs rêves, ils entrent dans le monde de la Caverne, et chacun d’eux s’y transforme en animal – prédateur ou proie, fort ou faible… Peut-on laisser sortir le fauve humain de l’obscure caverne ? Et surtout le faut-il ? Le monde de la Caverne est un monde fabuleux ! Un monde sans meurtre, sans violence, sans peur, un monde où point n’est besoin de fermer sa porte à clé le soir. Mais voilà… en s’endormant, nul ne sait s’il se réveillera le lendemain. » (p. 7).

Pavla Nimroberts vit avec sa sœur aînée Stefana, mariée à Vlaï et le couple a un fils, Mitika (5 ans). Elle est assistante de monsieur Myrel, surnommé Rossard, pour les émissions culturelles à la télévision. Elle va être en retard car elle vient de se réveiller et, dans son rêve, elle était une daine qui a échappé à un stark en se délaissant de sa toison mais normalement « les starks ne ratent jamais leur proie. Toute daine ne peut voir le stark qu’une seule fois dans sa vie. » (p. 10). Bizarrement le stark poursuit la daine dans les rêves suivants, comme s’il s’acharnait sur elle, ce qui est normalement impossible. « Une daine ne doit pas échapper trois nuits de suite au même stark. C’est-à-dire que, bien sûr, elle peut lui échapper trois fois… tout comme il n’est pas exclu que des graines tombées d’un sachet sur le sol y dessinent les contours de la statue de l’Inspiration. Aucune loi physique ne s’oppose à ce phénomène. Sauf que ça n’arrive jamais ! » (p. 35). Dans la Caverne, il y a des daines qui se nourrissent de mousse et des pocks qui se nourrissent de larves (proies), des bouxons, des scrolls et des starks (prédateurs) qui se nourrissent des précédents.

Et puis tout s’enchaîne pour Pavla. Apeurée, elle appelle un numéro confidentiel pour expliquer ce qui lui est arrivé et, peu après, Dod Darnets, journaliste de l’émission Les questions interdites, la contacte, puis, lorsqu’elle rencontre le réalisateur Raman Kovitch pour son travail, elle sait que c’est lui le prédateur, et il comprend que c’est elle la daine, « il avait manqué son but – lui qui ne le manquait jamais ! » (p. 58). C’est impossible ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Est-ce même déjà arrivé ? Est-ce dangereux pour Pavla ? Kovitch peut-il être dangereux pour elle dans le monde humain ? Elle trouve de l’aide auprès de Tritan Todine du Magistère de la connaissance, expert du Centre de réhabilitation psychologique. Pavla serait-elle le cobaye d’une expérience scientifique ou sociologique ?

Mais vous, préféreriez-vous un monde comme celui-ci ? Un monde humain (aseptisé) dans lequel il n’y aurait pas de violence, pas de crimes ? Mais, en contrepartie, avec un monde nocturne, la Caverne, dans lequel les prédateurs mangent les proies (qui évidemment ne se réveillent pas au matin) mais les prédateurs le font sans violence, sans animosité, parce que c’est naturel (animal, pas humain) ? Ou préféreriez-vous un autre monde ? « un monde sans Caverne… Le monde sans Caverne, c’est la Caverne en plein jour. La Caverne maintenant et toujours. » (p. 239).

Ce roman étrange et passionnant, qui dénonce les expériences scientifiques (même celles pour la bonne cause), fait la part belle à la dramaturgie et au théâtre (création, évasion, moyen de réprimer la violence en la montrant telle qu’elle est). Il est aussi inspiré de légendes comme La Première Nuit de V. Skroï (œuvre fictive). « La grandeur des légendes, c’est leur absence d’équivoque. […] Les légendes sont… belles. Effrayantes, mais belles avant tout. Dans les légendes, les cygnes se transforment en jeunes filles et les rochers en éléphants. Dans les légendes, le petit garçon trouve un éclat de soleil dans une flaque d’eau. La légende dont vous parlez a une fin tragique. Skroï l’a remplacée par un dénouement heureux. Le seul dénouement heureux de son œuvre… » (p. 133). C’est cette œuvre, adaptée seulement trois fois en trois-cents ans (la Caverne étant devenue un sujet tabou chez les humains) que Raman Kovitch veut mettre en scène mais Pavla, considérée comme malade, est hospitalisée contre son gré. « Vois-tu, Pavla… Il y a des choses dont on ne peut parler. Qu’on peut seulement faire. » (p. 373).

Rien de rédhibitoire pour la lecture de ce roman mais trois fautes… Page 19, « bruit sonore », une redondance, un bruit ne peut être que sonore même si c’est un bruit sourd, par contre on peut dire nuisance sonore ou vibration sonore. Page 82, « justment ». Page 273, « […] à la cravache Et il se manifesta bientôt. », il manque le point après cravache.

Je lirai assurément d’autres titres du couple Diatchenko (que beaucoup de monde pense russe…), si vous en avez un incontournable à me conseiller.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 15, un roman de plus de 400 pages), Challenge lecture 2022 (catégorie 44, un livre dont le titre contient seulement 2 mots, 3e billet), Contes et légendes #4 (c’est un peu spécial mais ça parle de légendes), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Caverne) et Voisins Voisines 2022 (Ukraine).

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO.

Glénat, septembre 2013, 208 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-72349-192-1. D.Gray-Man ディー.グレイマン (2004, Shûeisha) est traduit du japonais par Karine Rupp-Stanko.

Genres : manga, shônen, fantastique.

Katsura HOSHINO 星野・桂 naît le 21 avril 1980 au nord d’Osaka, dans la préfecture de Shiga. Elle souhaite d’abord devenir animatrice en animation et s’installe à Tôkyô mais ça ne lui convient pas et elle se lance dans le manga avec deux one-shots, Continue et Zone, puis commence la série D.Gray-Man.

Europe, fin d’un XIXe siècle imaginaire. Moore Hesse, jeune policière, et son collègue entrent dans une église que les habitants jugent maudite car de nombreuses personnes y disparaissent depuis deux ans. Elle y découvre un chat, une nuée de chauve-souris et un jeune voyageur, Allen Walker, qui dit être arrivé le matin et que le chat a avalé quelque chose qui lui est cher. Mais son collègue est tué par un akuma (diable, démon, esprit maléfique) qui « Plus il commet de meurtres, plus il devient fort. » (p. 24).

Allen est en fait un exorciste, un ecclésiastique chasseur d’akuma ; s’il est en Angleterre, c’est à la demande de son maître, le père Cross Marian, et il doit se rendre au quartier général des exorcistes, la Congrégation de l’Ombre. Mais il rencontre un enfant, Jean ; son père est chercheur au Vatican et il connaît les akuma ; il veut devenir lui aussi chercheur pour créer une arme qui les détruira d’un coup. Mais son meilleur ami, Léo, qui vient de perdre sa mère, n’est plus lui-même… « La progression des akuma est en marche. La fin des temps approche ! » (le Comte millénaire, p. 127)

Quelle lecture ! Au début, je me suis dit, bon, encore un shônen avec des jeunes qui sauvent le monde mais c’est rondement bien mené et super bien dessiné ! Mais dans ce shônen dark fantasy, tout est réussi, les personnages, les décors, l’histoire, le passé d’Allen, la prophétie, l’Innocence. Et puis c’est plutôt rare qu’une femme dessine et écrive un shônen, en plus d’une telle qualité. Je vous le conseille ! Et j’aimerais beaucoup lire la suite mais que vois-je ? 27 tomes, série encore en cours ! Oh la la…

En tout cas, D.Gray-Man a été adapté en animation, en jeu vidéo, en roman et même en jeu de cartes. C’est pourquoi je vais le mettre dans le challenge Adaptations littéraires.

Et aussi dans La BD de la semaine, BD 2022, Contes et légendes 2022, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et bien sûr dans Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Challenge Contes et légendes 2022

J’ai failli oublier de publier mon billet pour le challenge Contes et légendes 2022, c’est la 4e édition (et ma 4e participation) et il évolue : les thèmes sont toujours là (voir ci-dessous) mais ils ne sont plus mensuels, ils peuvent être explorés toute l’année (ce qui est mieux à mon avis).

Infos, logos et inscription chez Bidib + le formulaire où déposer les liens + le récapitulatif que Bidib appelle le grimoire 2022 + la page FB + le groupe FB.

Les thèmes
1- Japon et Extrême-Orient (Asie de l’Est et du Sud-Est), billets n° 1, 2, 3, 4
2- Inde et Asie du Sud, Tibet
3- Antiquité
4- Amériques et ses peuples autochtones
5- Afriques
6- Océanie
7- la mort, billets n° 1, 2, 3, 5
8- les mers et océans
9- les anges et démons, billet n° 3
10- les plantes dans les contes et légendes

Les rendez-vous inter-challenges (avec des logos spécifiques)
Avril = contes et légendes du Japon avec Un mois au Japon, billets n° 2, 3, 4
Mai = contes classiques avec 2022 en classiques
Juillet = contes d’Inde avec Les étapes indiennes
Octobre/novembre = contes d’Halloween avec le Challenge Halloween
Décembre = contes de Noël avec Il était 10 fois Noël

Mes billets pour ce challenge

1. Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2006, Japon)

2. Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2007, Japon)

3. D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO (Glénat, 2013, Japon)

4. Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2010, Japon)

5. La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko (Albin Michel, 2009, Ukraine)

Airpussy d’Ulli Lust

Airpussy d’Ulli Lust.

L’employé du moi, novembre 2020, 40 pages, 13 €, ISBN 978-2-390040-76-7.

Genres : bande dessinée autrichienne, érotisme.

Ulli Lust, de son vrai nom Ulli Schneider, naît en 1967 à Vienne (Autriche) mais elle grandit dans un village près de la Tchéquie. Elle étudie le design et le dessin à Vienne. Elle est autrice, dessinatrice et éditrice de bandes dessinées. Elle vit et travaille à Berlin (Allemagne) et a reçu plusieurs prix littéraires. Plus d’infos sur son site officiel (anglais) et sur electrocomics (anglais et allemand).

Une jeune femme se réveille, elle est nue, elle jouit dans son bain, elle jouit en regardant par la fenêtre. Elle sort vêtue uniquement d’un manteau rouge et d’un grand chapeau. Elle jouit en pleine rue. Elle excite certains hommes, d’autres sont gênés par sa nudité, elle excite une autre femme qui promène un guépard.

Cette bande dessinée coquine et un poil provocante – au format carré – s’inspire du mythe de la déesse de la Terre qui devait faire l’amour avec un amant, au sortir de l’hiver, pour réveiller la Nature.

Allégorie ? Fantasme ? Cette quête de la sexualité et du plaisir, déjà parue en mai 2009 chez L’employé du moi, était épuisée et a été rééditée en novembre 2020.

Airpussy n’est pas dans mes lectures habituelles mais j’avais besoin d’une BD érotique pour Des histoires et des bulles (catégorie 31, une BD érotique, porno, hentaï) et je la mets également dans La BD de la semaine, Contes et légendes #3, Littérature de l’imaginaire #9 et Les textes courts.

Comme des bêtes de Violaine Bérot

Comme des bêtes de Violaine Bérot.

Buchet-Chastel, avril 2021, 160 pages, 14 €, ISBN 978-2-283-03487-3

Genres : littérature française, roman.

Violaine Bérot naît le 16 juin 1967 à Bagnères de Bigorre. Elle étudie la philosophie à Toulouse mais devient ingénieur en informatique puis professeur. Elle vit dans les montagnes des Pyrénées où elle s’occupe d’animaux et d’enfants. Du même auteur : Jehanne (Denoël, 1995), Léo et Lola (Denoël, 1997), Notre père qui êtes odieux (Baleine, 2000), Tout pour Titou (Zulma, 2000), L’ours, les raisons de la colère (Cairns, 2006), Pas moins que lui (Lunatique, 2013), Des mots jamais dits (Buchet-Chastel, 2015), Nue sous la lune (Buchet-Chastel, 2017) et Tombée des nues (Buchet-Chastel, 2018). Plus d’infos sur son blog.

« Depuis toujours / nous / les fées. / Depuis toujours / au-dessus du monde d’en bas / à observer ce qui se trame. / Nous / les fées / cachées dans la grotte / à l’aplomb de la paroi / discrètes / curieuses. / Nous / les fées / qui du monde d’en bas / aurions tant à raconter. » (p. 9-10).

Un village isolé dans la montagne.

Une institutrice se souvient avoir eu cet enfant en primaire il y a plus de vingt ans. L’enfant ne parlait pas, il grognait si quelqu’un l’approchait, il avait peur des autres et sa mère (Mariette) a refusé de le mettre dans un institut spécialisé puis il n’est jamais revenu à l’école et elle n’a pas eu de nouvelles car l’enfant (surnommé l’Ours) et sa mère habitaient isolés, éloignés du village d’Ourdouch. Mais Albert dit que l’Ours guérit ses bêtes.

Un homme se souvient aussi, il était en classe avec l’Ours. « Je me souviens qu’on avait une trouille énorme de lui. On évitait au maximum de le croiser quand on était seul. Et en même temps, il nous attirait terriblement. » (p. 21). Attraction et répulsion, fascination.

Mais un randonneur a trouvé une fillette de six ans qui jouait avec un âne. Quel lien a-t-elle avec l’Ours ? Est-elle sa fille ? Sa sœur ? S’est-il réellement occupée d’elle ? L’institutrice pense qu’il faut faire parler Mariette : « ce ne peut être que par elle que l’on connaîtra le fin mot de l’histoire. » (p. 15).

La construction de ce roman est impressionnante. Déjà, avant chaque chapitre, il y a une poésie de fées comme une chanson (extrait ci-dessus, en début de billet). Ensuite, chaque chapitre est un témoignage différent sur l’Ours, ce dont le narrateur se souvient, ce qu’il pense, et aussi, on apprend des choses dans le chapitre suivant, donc avec un autre témoin (par exemple, on apprend que l’institutrice s’appelle Mme Lafont lorsque le camarade de classe devenu adulte témoigne, ou que le couple qui a vendu la grange à Mariette s’appelle Dupuy lorsqu’Albert raconte comment l’Ours a soigné ses vaches). En fait, les gens de la vallée sont tous interrogés par les gendarmes. Les témoignages s’imbriquent les uns dans les autres, se complètent même si les avis divergent sur l’Ours et si les questions que chacun se pose sont différentes quant à la fillette.

« Ah, c’est une légende qui se raconte depuis toujours. Que les fées vivaient dans cette grotte parce qu’elle est inaccessible. Qu’elles volaient les bébés dans les villages pour les ramener là-haut. […] Non, on n’y croit pas vraiment, bien sûr. Mais n’empêche que c’est la tradition, la grotte aux fées c’est la grotte des bébés volés. » (un chasseur, p. 51-52).

« Non, j’idéalise pas. Mais c’est peut-être pas facile à comprendre pour vous qui venez de la ville. Les bêtes, les humains, le rapport vous le voyez plus trop. Tout ça c’est plus votre monde, je me doute bien. Pourtant j’idéalise pas, je vous promets. » (Albert dont l’Ours – lui le surnomme le Grand Muet – soigne les bêtes, p. 78).

« Mais non il n’a pas volé cet âne ! Je vous dis que nous l’avons racheté à son propriétaire ! Il n’a rien volé ! » (Mariette, p. 122).

Ouah, ce court roman, tellement profond et tragique, et en même temps tout en délicatesse, je n’ai jamais rien lu de tel. Une ode à la différence, au droit de vivre à la marge (sans faire de mal à quiconque bien sûr). Cette histoire dont l’intensité augmente à chaque page, à chaque interrogatoire, le tout entrecoupé par la poésie des fées, m’a bouleversée et j’espère qu’elle vous bouleversera aussi. Car le lecteur doit « écouter » tous les protagonistes (les malveillants, les neutres et les bienveillants) et tenter de se faire sa propre idée parmi les théories fumeuses voire les rumeurs nauséabondes (d’ailleurs, qui se comportent comme des bêtes ?).

Un roman coup de poing coup de cœur que je mets dans Challenge lecture 2021 (catégorie 43, un livre dont le nom de l’auteur commence par B) et Contes et légendes #3 (légendes de fées).

D’autres l’ont lu comme Héliéna, Joëlle, Mumu dans le bocage.

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan.

H2T, tome 1, juin 2020, 228 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-37777-223-0, tome 2, janvier 2021, 212 pages, 7,95 €, ISBN‎ 978-2-37777-352-7.

Genres : bande dessinée française, manga-like, fantasy.

Zelihan Banvillet naît le 20 mars 1997 à Paris mais elle grandit au Puy en Velay en Haute Loire (Auvergne) où elle étudie non seulement le dessin mais aussi la musique (chant, accordéon). Après un bac littéraire, elle choisit les Beaux Arts de Saint Étienne. Très tôt, elle découvre le manga et les films d’animation du studio Ghibli mais elle commence sa carrière de mangaka en secret (son professeur déteste le manga) sous le pseudonyme de MimiZeli sur Twitter, Instagram, Deviant Art et ManonZeli sur Facebook.

Tome 1. Ayten est une jeune orpheline recueillie par les habitants d’un village de chasseurs dans la montagne. Elle peut communiquer avec les animaux morts. Un jour, elle tombe de la falaise mais… « Toi ! Comment se fait-il… que tu sois encore en vie ?! ». Elle est bannie et se réfugie dans un temple abandonné en pleine forêt. Elle y rencontre Zêd, un garçon qui ne peut pas en sortir car des créatures appelées shagaï l’en empêchent. Pourtant ils arrivent à fuir et Ayten récupère un premier os bleu pour Zêd. La chèvre Nonos les suit dans leur périple jusqu’à un lac. Mais Zêd a menti…

Tome 2. Ayten, Zêd et Nonos continuent leur chemin, toujours poursuivis par les shagaï qui veulent arrêter « l’anomalie ». Zêd a récupéré plusieurs os bleus et les shagaï lui proposent de les rejoindre enfin mais en trahissant Ayten. Que va choisir Zêd ? « Ayten, quand on se change en shagaï… on ne peut plus revenir en arrière. » En fin de volume, des strips et des dessins bonus.

Wandering Souls, deux âmes errantes, Ayten et Zêd, est un shônen en deux tomes et cette série (presque trop courte finalement) est très réussie. Aventure, fantasy et écologie sont au rendez-vous pour les deux héros avec leur compagne de voyage, Nonos, le squelette d’une chèvre morte qui communique avec Ayten.

Les dessins sont détaillés, le rythme intense et l’histoire palpitante avec de beaux personnages, la légende des shagaï et de la vie éternelle. Ce voyage initiatique et surnaturel en montagne et en forêt est superbe.

Wandering Souls et Zelihan sont les gagnants du 5e Prix Mangavore (édition 2021). Malheureusement je n’ai pas pu assister ni au live le vendredi 11 juin (vidéo disponible ici) ni à la rencontre dédicace le samedi 12 juin à Romans sur Isère car je travaillais… Mais, chez le même éditeur, j’avais déjà lu une autre jolie série en deux tomes, Hana no Breath de Caly, et rencontré Caly.

Pendant l’été je continuerai à publier pour La BD de la semaine histoire de garder le rythme malgré la pause estivale et je mets également cette lecture dans les challenges BD, Cottagecore (catégorie 2 Retour aux sources), Contes et légendes #3, Des histoires et des bulles (catégorie 5, un shônen), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et S4F3 #7.

Le souffle du géant de Tom Aureille

Le souffle du géant de Tom Aureille.

Sarbacane, avril 2021, 160 pages, 22,50 €, ISBN 9782377316137.

Genres : bande dessinée française, fantastique.

Tom Aureille naît en 1997 à Agen. Il étudie la bande dessinée au lycée Auguste Renoir à Paris puis l’illustration. Il est parmi les vingt Jeunes Talents sélectionnés au festival d’Angoulême en 2020. Il vit à Strasbourg, travaille à temps partiel dans une librairie et Le souffle du géant est sa première bande dessinée. Il est scénariste et dessinateur. Aide à la mise en couleur de Tarek Abdel Razek.

« Les Géants demeurent dans les territoires perdus du Nord, au plus haut des montagnes. Celui qui saura trouver le chemin pourra, en tuant un de ces colosses, recueillir son souffle et le transmettre à un corps sans âme. Contre la volonté des dieux, le défunt reviendra alors au monde des vivants. Mais l’aventurier se lançant dans cette bataille contre la Mort ne pourra accomplir son dessein qu’en la possession d’un fragment de Pierre de Vie. Ces reliques dorment aujourd’hui parmi les Hommes, le souvenir de leur pouvoir s’estompant au fil des siècles. » (en exergue, p. 7).

Iris et Sophia sont orphelines. Elles ont une pierre bleue qui les aidera à faire revenir leur mère à la vie. Mais Fagus, un chasseur qui a perdu sa fille, Pauline, les suit. En plus, le chemin est long et dangereux, animaux, brigands, sorcière…

Lorsque les sœurs sont séparées, Terelle sauve Sophia et part avec elle dès qu’elle est rétablie. « La mort, c’est la vie. » (p. 83). « La mort. Très triste, mais c’est comme ça. Moi, je suis d’accord d’être en vie. Toi aussi, tu es d’accord ? – Ben… oui. – La mort : pareil. Il faut être d’accord d’être mort ou que les autres sont morts un jour. » (p. 84). Je précise que Sophia est une étrangère dans ce village et que Terelle ne maîtrise pas bien sa langue.

Durant la lecture, il y a des flashbacks et le lecteur voit Iris et Sophia quatre ans avant avec leur mère et comprend ce qui s’est passé et pourquoi les deux sœurs ont entrepris ce voyage.

Le souffle du géant est à la fois un récit d’aventure et un récit initiatique, dans le genre fantastique, basé sur une légende (dont on ne connaît pas l’origine) et qui développe le thème de la mort. D’ailleurs une question se pose : peut-on prendre une vie pour une autre ? Lisez cette belle BD, colorée, rythmée, avec deux sœurs attachantes.

Dernière BD de la semaine avant la pause estivale, je mets cette BD également dans le Challenge BD, Contes et légendes #3 (mais on ne sait pas d’où provient cette légende de géants et de retour à la vie), Des histoires et des bulles (catégorie 14, une BD jeunesse), Jeunesse young adult #10 et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Noukette.

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka.

Delcourt, collection Akata seinen, 8,99 € chaque tome. Boku no Songoku (1952) est traduit du japonais par Tetsuya Yano et adapté par Patrick Honoré.

Genres : manga, seinen, Histoire, fantastique.

TEZUKA Osamu (手塚 治虫) naît le 3 novembre 1928 à Toyonaka (préfecture d’Ôsaka, Japon). Il étudie la médecine à l’université d’Ôsaka mais il découvre les dessins animés en particulier ceux de Walt Disney et devient mangaka, scénariste et réalisateur. Il connaît le succès avec La nouvelle île au trésor (1947). Suivront Le roi Léo (1950), Astro Boy (1952), Princesse Saphir ((1953), Phénix l’oiseau de feu (1956) et tant d’autres titres (dont la majorité sont adaptés en animation). Je ne peux pas tous les citer mais l’œuvre est colossale (de 1947 à 1988), touche à tous les genres et reçoit de nombreux prix y compris posthumes. Il meurt le 9 février 1989 à Tôkyô.

Tome 1, Delcourt, février 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-730-4.

Tout commence avec la création du monde, selon le bouddhisme, c’est-à-dire quatre continents (un à chaque point cardinal), une montagne avec le rocher « du mont des fruits et des fleurs » qui se transforme en œuf et la naissance d’un singe doré. Il mène une vie triste et solitaire jusqu’à ce qu’il devienne (à l’insu de son plein gré) le Roi des singes. « Ah, bonne vie et bonne demeure ! Que je vive longtemps et que ce bonheur dure toujours… » (p. 22). Mais trompé par son valet jaloux qui voulait devenir roi et sous l’emprise d’un sortilège, il se retrouve dans le monde éthéré des mages au Mont des esprits où il devient, Songoku, un disciple studieux. Le plus assidu même, c’est pourquoi, au bout de sept ans, il reçoit les Arcanettes du chaton (on est loin des Arcanes du tigre !). « Tu n’es pas encore prêt pour les Grandes Arcanes. Mais tu pourras déjà maîtriser soixante-douze techniques du Ciel et de la Terre ainsi que du Yin et du Yang mais retiens bien ceci, disciple : l’art du mage ne doit pas te servir à frimer. Si tu t’en sers dans un but mesquin, il te manquera toujours trois poils sur le caillou ! » (p. 39). Mais Songoku est un singe facétieux et bagarreur alors Sakyamuni « le Bouddha qui habite au paradis occidental » (p. 67) l’enferme pour cinq cents ans sous une montagne. Un jour, un bonze en route pour l’Inde passe par le Mont des cinq éléments, c’est « Sanzô Hôshi, archibonze de l’empire Tang » (p. 79) qu’attendait impatiemment Songoku et le voici libéré et en route pour d’étonnantes aventures avec une jeune dragonne qui servira de monture au bonze, un cochon gourmand (euh, goinfre serait plus approprié) et un kappa (bonze des sables). Le talent et l’humour de Tezuka (il y a des anachronismes amusants par rapport au roman dont le manga est adapté et des clins d’œil aux lecteurs) font de cette série un des chefs-d’œuvre du maître qui apparaît d’ailleurs page 109. Ma phrase préférée est « Abandonne tes désirs ! Plus tu en as et moins ce que tu désires se réalisera. » (p. 169). En fin de volume, une postface avec des informations précieuses et des clés de compréhension.

Tome 2, Delcourt, mai 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-731-1.

Songoku, Sanzô le bonze, Dragonette, Cho Hakkai le cochon et Sagojô le kappa continuent leur long voyage pour recevoir les soûtras sacrés en Inde. Mais un bateau pris par erreur (ou par la force du destin) les conduit au Japon où ils sont confrontés à un chat maléfique. « Je ne te lâcherai plus maintenant. Tu devrais savoir que le chat est un animal très obstiné ! Miaaou! » (p. 81). Ils rencontrent aussi de vilains oni (un genre de yôkai du folklore japonais) et Momotarô, clin d’œil à un enfant héros du folklore japonais. Lorsqu’ils arrivent en Chine, c’est la sécheresse et tous les bonzes sont arrêtés pour travailler. Sanzô n’y échappe pas. « Songoku, apprends que la vraie victoire, c’est de savoir pardonner à son ennemi ! » (maître Kannon-le-tout-puissant, p. 169). Et d’autres aventures trépidantes. En fin de volume, des clés de compréhension (c’est vrai que je ne connaissais pas certaines légendes).

Tome 3, Delcourt, septembre 2007, 288 pages, ISBN 978-2-75600-732-8.

« Chers lecteurs, cela fait déjà trois ans que Sanzô, l’éminent bonze de l’empire Tang, est parti pour les Indes afin d’y recevoir les soûtras sacrés du grand Bouddha… En chemin, il a sauvé Songoku, cloué sous le mont des cinq éléments, puis a accueilli Cho Hakkai, Sagojô et Dragonette comme nouveaux disciples. Grâce à leurs précieux services, il a pu ainsi se tirer sain et sauf de multiples traquenards et continuer son voyage. Mais nos amis ne sont pas au bout de leurs peines, et Bouddha seul sait les fabuleuses aventures qui les attendent encore avant d’arriver à destination… » (p. 6-7). Il faut dire que Sanzô est habitué aux arrestations et aux enlèvements ! Quant à Cho Hakkai, il risque d’être mangé à plusieurs reprises durant cette périlleuse aventure… Heureusement l’équipe arrive au complet aux portes de l’Inde. Il y a même une histoire (un rêve ?) avec Tezuka (p. 165 et suivantes). Et, en fin de volume, toujours des clés de compréhension.

Tome 4, Delcourt, janvier 2008, 288 pages, ISBN 978-2-75600-733-5.

L’Inde ! Mais nos amis doivent traverser l’Himalaya, enneigé et dangereux. Puis le fleuve Brahmapoutre. Je ne peux en dire trop, je ne veux pas divulgâcher… Mais il y a des clins d’œil à Tezuka (fleurs, cases noires…) et l’auteur profite bien de cette série pour raconter des légendes indiennes, chinoises et japonaises, ce qui réunit parfaitement ces trois grands pays touchés par le bouddhisme. Et toujours des clés de compréhension en fin de volume. À noter la Légende du Serpent blanc, issue du folklore chinois, et que j’ai évoquée récemment [ici].

Suivez les aventures du bonze Sanzô, inspirées de Pérégrination vers l’Ouest (ou Voyage vers l’Occident selon les traductions) du Chinois Wu Cheng’En (XVIe siècle) et bourrées de références. C’est dépaysant, c’est drôle, c’est effrayant, c’est enrichissant ! Tezuka s’approprie parfaitement la légende de Songoku (le titre japonais Boku no Songoku signifie en fait Mon Songoku), le Roi-Singe, et délivre une série courte (4 tomes) qui plaira assurément aussi bien aux jeunes qu’aux adultes curieux. Parce qu’à travers ces personnages que tout oppose, Tezuka aborde les valeurs humanistes que l’on aime, l’entraide, la solidarité, l’amitié avec de l’aventure, de l’action et de l’humour, du pur Tezuka en fait !

Une belle relecture (série déjà lue il y a 12-13 ans) pour Un mois au Japon (qui continue en mai) La BD de la semaine et les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 11, une adaptation littéraire, voir le paragraphe ci-dessus) mais aussi 2021, cette année sera classique (série parue au Japon en 1952 et inspirée d’un récit du XVIe siècle), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et bien sûr Les étapes indiennes #2. De plus, le tome 4 dont la couverture est rouge entre dans Lire en thème de mai (et pour le 1er thème secondaire, il y a des monstres, démons, sorcières). Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Sita Sings the Blues de Nina Paley

Sita Sings the Blues est un film d’animation de 82 minutes réalisé par Nina Paley et sorti en salles en 2008. Il reçoit le premier prix (le Cristal) au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2008. J’ai trouvé deux affiches différentes.

Nina Paley naît le 3 mai 1968 à Urbana (Illinois, États-Unis). Elle étudie l’art (elle est dessinatrice) puis voyage, Santa Cruz, San Francisco… Elle crée Nina’s Adventures (un premier comic strip) en 1988 puis Fluff (un comic strip avec un chat) en 1995. Ensuite, elle se lance dans le cinéma d’animation en 1998 et réalise Pandorama en 1999 et Fetch en 2001. En 2002, elle part à Thiruvananthapuram (ou Trivandrum) dans le Kerala (Inde) et réalise Sita Sings the Blues. Elle milite pour l’art libre et la culture libre. Plus d’infos sur son site officiel (le bandeau animé est génial) et sur le site du film.

Sita, déesse indienne et épouse dévouée, est répudiée par son mari, Rama. Nina Paley est quittée par son mari, Dave. Elle fait un parallèle entre leurs deux histoires. Le couple vit à San Francisco avec un chat, Lexi, mais Dave part travailler en Inde, seulement pour six mois mais son contrat est renouvelé un an.

En Inde, justement, il y a fort longtemps mais les sources ne sont pas sûres, au XIVe siècle, ou au XIe siècle, euh avant J.-C., ça c’est sûr, à Ayodhia, c’était sûrement au nord, les trois narrateurs (en ombres chinoises) ne sont pas toujours d’accord (c’est qu’il existe plusieurs versions selon les époques et les régions). Rama est un gentil roi musicien et il est heureux avec son épouse, Sita. Mais le roi du Lanka (au sud) enlève Sita parce que sa sœur lui a dit qu’elle était la plus belle femme au monde. Rama fait tout pour la retrouver mais il n’a plus confiance en elle et il veut que son peuple le respecte alors il doit prendre une décision cruelle…

Bref, c’est toute la mythologie indienne qui défile (cette histoire étant inspirée du Râmâyana de Valmiki) mais il y a aussi des chansons jazz d’Annette Hanshaw (une chanteuse américaine des années 20). C’est très psychédélique, la musique et les images, c’est impressionnant ! C’est en tout cas une histoire (deux histoires !) sur l’amour, la féminité et le respect (que l’on se doit à soi-même). Nina Paley est très inspirée et douée, je regarderai d’autres films d’animation qu’elle a réalisés puisqu’ils sont disponibles librement.

Je vous présente ce film dans 2021, cette année sera classique (pour l’adaptation du classique Râmâyana), dans Contes et légendes #3 (pour les légendes et la mythologie indiennes) et bien sûr dans Les étapes indiennes #2.

La princesse au visage de nuit de David Bry

La princesse au visage de nuit de David Bry.

L’homme sans nom, collection Fantastic, octobre 2020, 280 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-918541-72-1.

Genres : littérature française, roman policier, fantastique.

David Bry naît en région parisienne mais vit dans plusieurs régions de France. Sa passion depuis l’enfance : la lecture. Il écrit sa première nouvelle à 9 ans et son premier roman à 12 ans. Son domaine de prédilection : l’imaginaire avec excursion dans le policier. Invité aux Imaginales 2019, il est leur coup de cœur et vous pouvez consulter sa bibliographie (chez plusieurs éditeurs). Du même auteur chez L’homme sans nom : Que passe l’hiver (2017).

Il y a vingt ans, Hugo Pelletier a quitté son village natal. Il y revient pour l’enterrement de ses parents morts dans un accident de la route. Il y retrouve le père Legrand, Anne Pirier qu’il a connue enfant et qui est maintenant gendarme et la mère de la jeune femme devenue alcoolique. « Puissiez-vous brûler, en enfer, murmura-t-il. » (p. 15) alors que le curé dit « Que Dieu vous pardonne, s’il le peut. » (p. 15).

Qu’ont bien pu faire les parents de Hugo ? La vieille Lisenne dit que « la princesse au visage de nuit […] s’est réveillée. » (p. 16). Et cette vieille légende semble mettre en émoi tout le village de Saint-Cyr alors que Sophie Pirier et Pierre Sitret ont disparu il y a vingt ans. « Lisenne. La sorcière. Celle qui connaît les histoires et les légendes. » (p. 122). En tout cas, les freins de la voiture du couple Pelletier ont été sabotés et les empruntes retrouvées sont celles de leur fils, Hugo ! Comment est-ce possible ? Suspecté, le jeune homme n’a pas le droit de retourner à Paris alors qu’un de ses amis proches a fait une tentative de suicide.

Anne croit Hugo innocent et elle continue toujours d’enquêter sur la disparition de sa sœur aîné, Sophie. « Tu crois que la mort de mes parents pourrait être liée à ce qu’il s’est passé il y a vingt ans ? » (p. 66). L’enquête – qui ne dure que dix jours avant le solstice d’été – va être douloureuse et faire remonter à la surface des choses bien désagréables… et bien extraordinaires ! « Ils croient que les légendes sont des contes pour enfants, l’interrompt-elle, qu’il n’y a rien de vrai dans ces histoires. Les imbéciles ! » (p. 233).

Je veux d’abord parler de l’édition qui est très soignée, ce n’est pas que le roman soit illustré mais presque : il y a des branches à chaque nouvelle partie et à chaque nouveau chapitre, c’est vraiment joli, et le lecteur a l’impression d’être, comme le village, entouré de forêt (qui est parfois terrifiante). Ensuite, au sujet du roman, j’ai aimé cette fusion des genres, policier et fantastique, il y a une ambiance un peu malsaine, une certaine noirceur, une sacrée brochette de personnages (euh… un peu biscornus) et c’est une belle réussite. C’est la première fois que je lisais David Bry et sûrement pas la dernière ! Et vous, avez-vous déjà lu cet auteur qui sait très bien lier le passé et le présent, la légende et le réel ? La princesse au visage de nuit est rythmé, dense et tragique, un véritable page turner. Hugo va apprendre qu’il est possible de survivre aux traumatismes de l’enfance.

Pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 8, lu en un week-end), Contes et légendes #3, Littérature de l’imaginaire #9, Polar et thriller 2020-2021.