Bien dans ma vie numéros 1 et 2

J’ai vu le n° 1 de Bien dans ma vie by Femme Actuelle (Prisma Presse, juin 2022, mensuel, 3,80 €, 148 pages) en achetant mon programme télé, je l’ai un peu feuilleté et je l’ai acheté en me disant qu’après l’avoir lu, je le donnerais à une copine qui aime bien ce genre de magazines. Lectorat ciblé : femmes de 50 ans et plus. Site officiel et newsletter : https://www.femmeactuelle.fr/biendansmavie.

Je dois dire que je n’ai pas lu de magazines féminins depuis des années… Des magazines comme Simple Things ou Open Mind m’ont plu au début puis j’ai arrêté de les acheter car je les laissais traîner sur la table du salon sans les lire alors je les ai tous donnés. Quant à Femme Actuelle, je ne le lis pas sauf quand une copine me montre un article. En ce qui concerne Bien dans ma vie, j’ai appris en lisant l’édito que c’est la transformation de Femme Actuelle Senior (que je ne connais pas) en Bien dans ma vie.

Qu’offre ce 1er n° ? Il commence avec des petits articles comme Good news (des bonnes nouvelles sociales, médicales, littéraires, naturelles, militantes…) et La liste de mes envies (des produits pour toutes les bourses de 5,50 € à 140 €) puis il est composé de 4 parties (avec plus ou moins de pages) : S’épanouir (émotions, ADN, liberté, sexualité, apprendre une langue étrangère, bouger avec plaisir, massage sonore pour le corps et l’esprit, ice-thérapie pour l’énergie), Profiter (mode, beauté, gastronomie – apéro à l’espagnole, recettes qui semblent très bonnes avec de belles photos, et autres recettes –, voyage – Palerme, infos, idées, guide –, interview – François-Xavier Demaison –, culture – expos, cinéma et DVD, musique, livres –, saga – Florence Arthaud –…), Optimiser (consommation – dépenser moins –, débit internet, aide juridique gratuite, Droit – succession, syndic, assurance-vie, ONG… –, déco – canapés de jardin –, DIY, jardinage…), Respirer (mémoire, diététique, étirements, gynéco après 50 ans, Lune et santé, médecine du monde – Japon –, santé, nutrition – vitamines –, vrai/faux…) avec des spécialistes et des témoignages. Ensuite il y a un beau Cahier Région (« Le Béarn sauvage », plein d’infos diverses et de belles photos), des jeux et… l’horoscope (qui ne m’intéresse pas du tout). Évidemment, il y a des pubs (ciblées santé, culture, bien-être…), je pense que c’est une ‘obligation’ pour les magazines féminins. Alors ? Eh bien, je l’ai lu avec plaisir et beaucoup d’articles et d’infos m’ont intéressée au point d’acheter le n° 2.

Le n° 2 de Bien dans ma vie (Prisma Presse, juillet 2022, 3,80 €, 148 pages). Il est construit de la même façon que le 1er n°, « frais et inspirant, complice et joyeux, ludique et pratique. » (extrait de l’édito, p. 3). Le collier rouge « Quito » (p. 10) et joli mais trop de rangées (5) pour moi… Dans S’épanouir, partir en voyage seule, les 20 aliments qui rendent heureux (ah, il y a le chocolat noir mais seulement en 16e position !), les musées en virtuel, entre autres. Dans Profiter, protection solaire (bon, ce n’est plus d’actualité… de même que les maillots de bain), soins beauté, mode, un petit séjour à Porto (belles photos, bonnes idées), cuisine (salades estivales), interview de Charlotte Valandrey, les pages culture (musique, spectacles, cinéma, livres), saga Anne-Sophie Pic (son restaurant est à Valence) et quelques autres petits articles. Dans Optimiser, les pharmacies en ligne, les parents âgés, guide pratique de nos droits, internet, cosmétiques faits maison, déco, DIY, jardinage, entre autres. Dans Respirer, musique, remèdes d’ailleurs, nouveaux produits, hygiène, perte de poids (témoignages), allergies, nutrition, etc. Et le cahier région avec cette fois « La Bretagne des terres » (un beau dossier, avec de belles photos et beaucoup d’infos). Et enfin, comme dans le 1er n°, des pages de jeux (et l’horoscope). Voilà, les rubriques habituelles, pour cette revue qui plaira aux quinquas et plus âgé(e)s. Je n’ai pas pris le temps de le lire tout de suite et je n’ai pas acheté les numéros suivants, mais j’ai donné ces deux numéros à la copine à laquelle je pensais et elle était ravie.

Entre les lignes de Baptiste Beaulieu et Dominique Mermoux

Entre les lignes de Baptiste Beaulieu et Dominique Mermoux.

Rue de Sèvres, mai 2021, 168 pages, 20 €, ISBN 978-2-81020-250-8. Vous pouvez feuilleter 8 pages sur le site de l’éditeur.

Genres : bande dessinée française, drame familial, Histoire.

Baptiste Beaulieu naît le 2 août 1985. Il est médecin et auteur. D’abord un blog Alors voilà (pas de mise à jour depuis juin 2021) et un livre où il raconte son quotidien professionnel (Alors voilà : Les 1001 vies des urgences en 2013) puis des romans, des nouvelles, de la poésie et de la bande dessinée (Les mille et une vies des urgences en 2017 et Entre les lignes, adaptée du roman Toutes les histoires d’amour du monde, en 2021).

Dominique Mermoux naît en 1980 en Haute-Savoie. Il étudie à l’École des arts décoratifs à Strasbourg, il obtient un BTS en communication visuelle et un diplôme en illustration. Il travaille comme dessinateur pour la presse et pour des scénaristes de bandes dessinées. Plus d’infos sur son site officiel (j’ai déjà lu L’appel de Galandon et Mermoux et j’avais même rencontré les auteurs !).

Moïse, le grand-père, est mort, « âpre, renfermé, taciturne » (p. 14). Dans ses affaires, son fils, Denis, trouve trois carnets avec des dizaines de lettres et une photo d’une Anne-Lise Schmidt que personne ne connaît. Il veut partir sur les traces de Moïse, pour découvrir son enfance, son passé, pour découvrir ce qu’il n’a jamais dit, ni à son épouse, ni à lui mais il en est empêché par des problèmes cardiaques.

Alors qu’il est hospitalisé, il se confie à Baptiste, son fils qui, étonné, demande : « Il y a quoi dans ces lettres ? – La plus belle histoire d’amour que j’aie jamais lue. » (p. 13). « Les billets de train et l’hôtel sont déjà réservés… » (p. 15) alors le fils se décide : « Je vais y aller, moi. Je partirai à ta place. Sur les traces de Moïse, comme tu dis, avec les carnets. Et quand j’aurai fini, je t’aiderai à trouver cette Anne-Lise. » (p. 16).

Baptiste lit alors les lettres que Moïse écrivait à Anne-Lise et il apprend tout ce qu’il ne savait pas sur son grand-père, Moïse, né le 10 juillet 1910 à Fourmies dans le Nord, son enfance, son meilleur ami, et puis en août 1914 la mobilisation des hommes donc de son père qui ne reviendra pas… À 5 ans, Moïse ne comprend pas vraiment que son père est mort…

Toutes les lettres sont datées du 3 avril de 1960 à 2007, toute une vie ! « Pourquoi écrivait-il une fois par an, toujours à la même date ? » (p. 22).

Dans le Nord de la France, Baptiste rencontre quelques descendants de ceux qui ont connu Moïse mais ils n’ont pas grand-chose à lui raconter… alors il invente des choses à raconter à son père et s’en ouvre à Anna-Lisa, sa sœur aînée qui a été adoptée.

« Sans doute est-ce une émotion effroyable pour les morts qu’on a chéris que d’assister, impuissants, à l’œuvre du temps sur nos douleurs. Tout s’estompe, hélas ou tant mieux ! Même les plus gros chagrins s’émoussent. Mais les regrets, oh, les regrets… Ils enflent avec les années, ils vous dévorent le soir, ils teintent de tristesse le plus joyeux des rires et tournent à l’amer le plus sucré des mets. » (extrait de la lettre du 3 avril 1973, p. 48).

Trente ans après que son père soit parti se battre contre les Allemands, Moïse est mobilisé… « De ma première bataille, je n’ai gardé que l’image d’un immense chaos, et celle de l’arme, vieille et usée, qu’on me colla dans les mains. C’était à R… quelque chose, je ne me souviens plus du nom (Rothel ? Rethel ?), mais je sais que les Allemands étaient les plus forts, c’est cent mètres par cent mètres que nous reculions. Avais-je peur ? Évidemment que oui, ma petite souris. Avais-je le choix ? Évidemment que non. » (extrait de la lettre du 3 avril 1981, p. 69).

Au bout d’un moment, Baptiste se pose la même question que je me pose : « […] à quoi bon rédiger des lettres sans les envoyer ensuite ? Cela n’avait aucun sens. » (p. 73).

Une très belle phrase de Moïse : « […] je ne me fais aucune illusion : c’est si banal, la guerre. La paix, c’est ça qui est rare. Ça qui est extraordinaire […]. » (p. 157).

Quelle bande dessinée magnifique, émouvante, bouleversante même, pourquoi n’ai-je pas repéré le roman paru chez Fayard/Mazarine en octobre 2018 ? C’est tout le XXe siècle qui défile avec les dessins délicats de Dominique Mermoux et le texte profond de Baptiste Beaulieu. Une histoire vraie ! Une histoire d’amour, de guerres, de famille (et de secrets de famille), de paternité, de transmission avec un brin d’humour de temps en temps (heureusement).

Beaucoup de personnes ayant vécu la guerre (ou les deux guerres mais il n’y en a plus il me semble) et les camps n’ont jamais voulu parler mais c’est important pour leurs enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants. Si vous êtes encore là, parlez, racontez, délivrez-vous ! Je n’ai jamais su ce que mes grands-parents ont vécu enfants pendant la Première guerre mondiale et ce qu’ils ont vécu jeunes adultes pendant la Seconde guerre mondiale…

Ils l’ont lue : Mylène (je savais bien que je l’avais déjà vue quelque part) et aussi Alain Paul sur Cases d’Histoire (abondamment illustré), Caroline, Coco, Hélène et Mumu (qui a aimé les illustrations mais pas l’histoire ni dans le roman ni dans la BD), d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges Adaptations littéraires (cette BD est l’adaptation du roman de l’auteur), BD 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 53, un livre dont le personnage principal est une personne âgée, il y a Denis et Baptiste bien sûr mais c’est bien Moïse, père de Denis et grand-père de Baptiste, le personnage principal, on le suit de son enfance jusqu’à sa mort et ce sont les lettres qu’il a écrites pendant près de 50 ans que nous lisons).

Ci-dessous, la vidéo présentant le roman et le travail de Baptiste Beaulieu :

Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand

Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand.

La Martinière, octobre 2019, 336 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-73249-188-2.

Genres : littérature française, roman policier historique.

Frédéric Lenormand naît le 5 septembre 1964 à Paris. Il grandit au milieu de la culture grâce à sa famille (père professeur, mère directrice d’un centre de documentation, grand-père collectionneur d’art japonais). Il est diplômé en langues (anglais, italien et russe) et étudie à l’Institut d’études politiques de Paris puis à la Sorbonne. À 24 ans, il écrit ses cinq premiers romans puis enchaîne avec les séries policières historiques comme Les nouvelles enquêtes du Juge Ti (27 tomes entre 2004-2021), Les mystères de Venise (5 tomes entre 2008-2012, sous le pseudonyme de Loredan), Voltaire mène l’enquête (13 tomes entre 2011-2020), Arsène Lupin (4 tomes entre 2018-2022), Au service secret de Marie Antoinette (7 tomes entre 2019-2022), entre autres, plus des romans, des essais, du théâtre et de la littérature jeunesse. J’ai rencontré Frédéric Lenormand aux Quais du polar (Lyon) le 30 mars 2013 et il m’a dédicacé une des Nouvelles enquêtes du Juge Ti (je ne sais plus quel titre, il faudrait que je le retrouve, il est sûrement encore dans un carton) ; je l’ai trouvé très sérieux mais ce fut agréable de discuter avec lui (photo ci-dessous). Plus d’infos sur sa page FB.

Cliquez !

Après avoir vu cette série chez Sharon, j’ai été tentée et j’ai réservé les deux premiers tomes qui étaient disponibles dans les bibliothèques, malheureusement je n’ai reçu que le tome 2, donc je lirai L’enquête du Barry, le premier tome, plus tard, tant pis…

Avril 1775, Paris. Rose Bertin est couturière, habilleuse attitrée de la reine. Léonard Autier est coiffeur et perruquier, il tient un salon avec ses deux jeunes frères, Jean-François et Pierre, il est coiffeur attitré de la reine.

Les deux ne s’entendent pas (insultes savoureuses à découvrir) mais, après avoir habillé et coiffé la maréchale de Rochambeau, ils achètent ensemble un billet de loterie pour les bonnes œuvres (la farine a augmenté, personne ne sait pourquoi, et le pain est hors de prix). À leur grande surprise, leur billet à dix sous, le n° 326, gagne « Une splendide œuvre d’art traditionnel des Amériques rapportée par nos valeureux navigateurs ! […] Elle représentait un bonhomme grimaçant, au nez crochu, coiffé d’une couronne de plumes. […] pas très haute […] très massive, compacte, et même pesante. » (p. 22-23). Bizarrement plusieurs personnes veulent leur acheter cette statuette noire, allant même jusqu’à proposer quinze livres ! Rose et Léonard s’enfuient et, lorsque Léonard fait tomber la statuette, Rose comprend : le noir n’est que de la peinture, la statuette est en or massif !

Alors qu’ils retournent chacun à leur boutique, Léonard est alpagué par des messieurs de la guilde des perruquiers-barbiers-chirurgiens de Paris (qu’est-ce que les trois métiers ont à voir entre eux ?). S’il veut conserver la mention « Maître Perruquier » sur son enseigne, il doit avoir l’approbation de la guilde et donc savoir couper un membre, recoudre une plaie, saigner un patient… « Votre ignorance est un outrage à la tradition millénaire de notre corporation ! Sans diplôme de chirurgie, point d’agrément ! » (p. 29). Gloups… Dès le lendemain, Léonard se rend au collège Saint-Côme pour suivre les cours de « Timoléon Rainssard, l’éminent spécialiste du squelette et des organes internes » (p. 31) et il va apprendre des choses bien utiles pour mener des enquêtes, « établir la cause d’un décès grâce à l’examen d’ossements, même très anciens. […] identifier les maladies, les épidémies, les maux divers […] et percer à jour, a posteriori, les manigances des assassins – notamment celles des empoisonneurs, qui sont les plus pervers. […] Voilà qui pouvait aider la police, se dit Léonard. Partant, cela pouvait manifestement aussi aider les coiffeurs aux ordres de la reine. » (p. 32).

C’est grâce à un orfèvre, collectionneur d’origine espagnole, Rubino de Bazazia, que Rose et Léonard apprennent l’histoire de la statuette en or et du fabuleux trésor perdu du pirate Henry Morgan qui reçut cinq malédictions. Comme la statuette est maudite, il refuse de l’acheter et les renvoie chez eux.

Quelques jours après, à Versailles. Ayant raconté une partie de l’histoire de Morgan à Marie-Antoinette, la reine charge Rose et Léonard de retrouver le reste du trésor ainsi elle pourra offrir du pain au peuple. On est loin du « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! », phrase que Jean-Jacques Rousseau dit être celle d’une « grande princesse » (sans la citer) dans ses Confessions (écrites en 1765 et publiées en 1782) et attribuée faussement à Marie-Antoinette. Comment les deux larrons vont-ils trouver un trésor perdu au large « de l’île de Saint-Gonâve, dans la grande baie du côté français de Saint-Domingue. » (p. 59) ? Je vous laisse le découvrir en lisant ce roman à la fois historique et divertissant, genre cozy mystery à la française. Car, de la même façon que la reine d’Angleterre ne peut quitter son palais pour enquêter, elle envoie sa secrétaire particulière, Rozie Oshodi (je parle de Sa Majesté mène l’enquête 1 – Bal tragique à Windsor de S.J. Bennett qui m’avait aussi enchantée mais il y a aussi la série Son espionne royale de Rhys Bowen ou la reine anglaise précédente envoie Georgina enquêter), ici Marie-Antoinette prisonnière du palais de Versailles et espionner par tous, a trouvé deux bons enquêteurs qui peuvent aller partout vu leurs métiers, Rose et Léonard.

C’est aussi un roman social qui se déroule entre avril et mai 1875 et qui parle de la guerre des farines, des augmentations exagérées du prix du pain, du peuple en colère qui se révolte, de Turgot qui avec son libéralisme à l’anglaise embobine le roi Louis XVI (plus préoccupé par ses serrures et ses mécanismes d’horlogerie que par le fait de gouverner mais qui aime son peuple et refuse que les soldats tirent), Turgot donc qui reste sur ses décisions au détriment des avis des autres ministres, mais la reine Marie-Antoinette œuvre en secret (avec Rose et Léonard) pour nourrir le peuple ! D’ailleurs, je pense que plusieurs lecteurs ont eu, comme moi, envie de déguster les macarons qui apparaissent sur la couverture, eh bien le roman est comme ces impertinents macarons (en période de disette), coloré et délicieux !

Quelques jeux de mots amusants avec les ossements de Blanquette de Limoux (p. 33) ou l’alcool la prunelle de Meyzieu (p. 100) et des clins d’œils aux événements qui ont secoué la France avant la pandémie (manifestations, gilets jaunes…).

Sharon qui a lu Le coiffeur frise toujours deux fois (tome 6) et L’enquête du Barry (tome 1) a bien raison, cette série est « très plaisante » et j’ai hâte de lire les autres tomes même si je dois les lire dans le désordre !

Ils l’ont lu : Bianca de Des livres, des livres, Catherine de Ballade au fil de l’eau, Froggy, Sharon (citée plus haut), d’autres ?

Pour Polar et thriller 2022-2023 et Vendredi Lecture avec le thème de septembre, polar historique (je n’ai pas compris si on devait publier le(s) billet(s) en septembre et avant le 4 octobre, date sur le logo ou uniquement le 4 octobre, tant pis…).

Nézida de Valérie Paturaud

Nézida : le vent sur les pierres de Valérie Paturaud.

Liana Levi, mai 2020, 192 pages, 17 €, ISBN 979-10-349-0256-9. Il est sorti en poche : Piccolo, n° 169, septembre 2021, 224 pages, 9 €, ISBN 979-10-349-0445-7.

Genres : littérature française, premier roman.

Valérie Paturaud « a exercé le métier d’institutrice dans les quartiers difficiles des cités de l’Essonne après avoir travaillé à la Protection judiciaire de la jeunesse. Installée depuis plusieurs années à Dieulefit, elle s’intéresse à l’histoire culturelle de la vallée, haut-lieu du protestantisme et de la Résistance. Avec son premier roman, Nézida […], elle signe un récit polyphonique intense et émouvant. » Source : éditeur, aucune autre info trouvée. Par contre, elle habite dans la Drôme, à Dieulefit donc, à moins de 70 km de Valence, alors peut-être que je la rencontrerai lors d’une rencontre en librairie ou dans un salon littéraire !

Nézida est alitée, à ses côtés un berceau avec un bébé silencieux. Une jeune fille prend soin d’elle en attendant… « le médecin viendra, ce soir, accompagné du pasteur, peut-être. » (p. 14).

Nézida naît le 18 novembre 1856 à Comps dans la Drôme dans une famille protestante. Ses parents, Suzanne et Pierre Cordeil, ont une petite ferme avec le grand-père, ils cultivent des noix et des châtaignes et élèvent quelques bêtes (des chèvres puisqu’ils font du fromage, ah le picodon !, des moutons, des vaches et des poules aussi). Plus tard naissent ses deux frères, Paul le 19 septembre 1859 et Jean-Louis dit Léopold le 10 mars 1862. Nézida est mal aimée de ses parents qui préfèrent Paul, leur fierté (avant qu’il ne les déçoive car il veut étudier et lire comme sa sœur). C’est une enfant silencieuse, discrète, qui n’a qu’une amie, Joséphine née le 28 mars 1857, mais s’entend très bien avec son grand-père qui l’emmène en balade avec le chien et lui prête des livres.

« Les années passèrent, j’eus bientôt l’âge de fréquenter les cabarets du village comme les autres hommes. » (Paul, p. 23). Là, les informations circulent avec « les hommes de passage » (p. 23) et Paul reçoit avec avidité des nouvelles politiques et autres informations qui changent des histoires familiales du village de Comps aux veillées du soir. Il y a une vie, ailleurs, dans la Drôme mais aussi dans le Dauphiné et en Provence. « La période était riche en événements et je peux dire que mon intérêt pour la politique est né à cette époque. » (Paul, p. 24), pas du tout ce que ses parents ont prévu pour lui puisqu’en tant que fils aîné, il doit reprendre la ferme !

« L’un de mes plus jolis souvenirs avec elle ? C’est une odeur de violette et de terre sous les ongles, d’avoir arraché à mains nues des fleurs nouvelles avec leurs racines. » (Joséphine, p. 30). Elles allaient ensuite vendre ces fleurs le dimanche au marché de Dieulefit (environ 8 km à pieds).

Nézida a plus de 25 ans et n’est toujours pas mariée, contrairement aux autres filles du village qui ont déjà plusieurs enfants… Elle aide les enfants d’ailleurs, à l’école, avec l’instituteur de son enfance. « Comme je l’ai dit, après avoir été une très bonne élève, Nézida a continué à venir régulièrement à l’école pour me seconder. » (Jean-Antoine Barnier, p. 42). Alors qu’il y a souvent des différends entre catholiques et protestants au village, l’instituteur est étonné par le comportement et les avis de Nézida. « Tant de tolérance chez une jeune femme qui n’avait jamais quitté notre campagne m’impressionnait. Son intuition, sa logique, sa vision des réformes nécessaires pour la formation des enfants, futurs citoyens, m’étonnaient. Son intelligence palliait l’absence d’expérience. » (Jean-Antoine Barnier, p. 45).

« Seul son grand-père avait droit à ses sourires. […] Maintenant, avec le recul, je crois qu’elle l’aimait surtout car il était le seul à prendre le temps d’écouter les découvertes qu’elle faisait dans ses livres. Il l’encourageait, la félicitait pour sa lecture parfaite et sa belle écriture. Je n’osais rien dire. » (Suzanne, p. 54) qui explique pourquoi elle n’a pas pu s’attacher à sa fille.

Le père de Nézida est fier que sa fille soit allée à l’école plus longtemps que les autres et qu’elle ne soit pas obligée d’aller travailler dans les industries de la soie [un des thèmes du premier roman Mémoire de soie d’Adrien Borne, coup de cœur en février 2021]. Mais il aimerait que sa fille se marie… Avec un gars du village, par exemple Isidore, le fils du métayer du château, un bon gars, solide et travailleur, mais qui n’a jamais osé faire sa demande… Au lieu de ça, Nézida a rencontré Antonin Soubeyran au mariage d’une cousine à Dieulefit. Un Lyonnais issu d’une famille bourgeoise…

« Ce fut la première fois que j’entendis son prénom. J’en avais imaginé plusieurs que son souvenir m’avait inspirés. Je n’avais jamais entendu celui-là. Unique, comme elle. » (Antonin, p. 77) et, après un des premiers rendez-vous à Dieulefit, « Plus tard, Nézida m’a avoué être revenue chez elle à pied en chantonnant, légère, heureuse, pleine de projets, sans inquiétude ni crainte. Oui, beaucoup plus libre que moi face aux réactions familiales ! Je l’ai si souvent admirée pour sa capacité à choisir sa vie, à affirmer ses choix. » (Antonin, p. 79-80). Nézida et Antonin se sont « mariés le 15 septembre 1883 à la mairie, puis au temple de Comps. » (p. 80).

« À Lyon, nous étions libres de nos choix, de nos fréquentations. Dans notre vie professionnelle, dans nos activités sportives, les relations humaines sont régies par d’autres critères : l’origine sociale et géographique, les études… » p. 85), Henry explique bien la différence entre les villages très attachés à la religion, les catholiques d’un côté, les protestants de l’autre, alors qu’à Lyon où ils ont étudié et où ils travaillent, son frère Antonin et lui sont anonymes parmi d’autres anonymes et la religion n’a pas (tant) d’importance.

Nézida et Antonin sont heureux, elle s’est engagée rapidement à l’entraide protestante, elle attend un enfant et souhaite ensuite s’inscrire à l’école d’infirmières avec sa nouvelle amie lyonnaise, Camille. « Une femme pouvait être ambitieuse, volontaire et libre. » (Henry, p. 90). Nézida a un bel avenir devant elle ! « Nous nous sentions utiles, mais pas seulement : nous apprenions, nous réfléchissions, nous étions intellectuellement satisfaites. » (Camille, p. 99).

« Je ne savais pas, ne l’ayant pas appris, qu’une femme pouvait désirer plus et autre chose que la maternité. Je pensais que ce serait pour elle un aboutissement. Elle allait trop vite et trop fort pour un homme comme moi, prisonnier des carcans de la religion et de la morale. » (Antonin, p. 164).

En fait, comme vous avez pu vous en rendre compte avec les extraits (je tenais à citer plusieurs personnes), Nézida est un roman choral et chaque chapitre est raconté par un de ses proches, ses frères Paul et Léopold, son amie Joséphine, le maître d’école Jean-Antoine Barnier, sa mère Suzanne, son prétendant Antonin Soubeyran et les deux frères d’Antonin, Ovide et Henry, Camille.

Chacun a ses propres souvenirs avec Nézida et sa propre vision de qui elle est en réalité ou dans leur imagination (ou leurs certitudes).

L’autrice raconte tout, le moindre détail, le moindre geste, ça m’a surprise au début, je me suis dit que la lecture allait être longue mais, en fait, ça coule tout seul, c’est fluide, c’est beau et passionnant. Cerise sur le gâteau, je ne suis généralement pas fan du roman choral mais celui-ci, je l’ai vraiment bien apprécié et je vous le conseille (vous découvrirez la région dans laquelle je vis, même si ça a changé en plus d’un siècle !).

Qui l’a lu ? : Alex, d’autres ?

Pour Petit Bac 2022 (catégorie prénom avec Nézida).

Carbone & Silicium de Mathieu Bablet

Carbone & Silicium de Mathieu Bablet.

Ankama, collection Label 619, août 2020, 277 pages, 22,90 €, ISBN 979-10-335-1196-0.

Genres : bande dessinée française, science-fiction.

Mathieu Bablet naît le 9 janvier 1987 à Grenoble (Isère, France). Il étudie les arts appliqués à l’Enseignement aux arts appliqués et à l’image (ENAAI) de Chambéry puis propose ses dessins aux éditions Ankama (en tant qu’auteur et dessinateur). Ses précédents titres (tous chez Ankama) sont La Belle Mort (2011), Adrastée (2 tomes, 2013, 2014) et Shangri-La (2016). Il participe aussi à DoggyBags (BD collective, tome 2 en 2012, 7 et 8 en 2015) et à Midnight Tales en 2018 (BD et nouvelles en recueils, tomes 1 à 4). Plus d’infos sur son site officiel.

Je vais enfin lire cette bande dessinée énorme qui pèse une tonne (!) et qu’il est impossible de lire à bout de bras, allongée !

Extrait de la préface de la professeure Noriko Ito, directrice de recherche à la Tomorrow Foundation :« Comment rendre notre I.A. humaine ? ».

An 1, Silicon Valley. Le marché est inondé de robots américains, chinois et russes (des I.A. rudimentaires de Mekatronic) mais deux I.A. ‘fortes’ sont conçues par l’équipe de la professeure Noriko Ito à la Tomorrow Foundation. Elles connaissent tout de l’humanité et de son histoire, elles n’émettent pas de jugement mais elles peuvent continuer d’apprendre, prendre des décisions, même faire de l’humour et peut-être plus encore.

Malheureusement, elles doivent être rentables (remplacées le plus rapidement et souvent possible) et leur durée de vie n’est prévue que pour 15 ans (Ito s’est montrée convaincante en réunion et a obtenu 15 ans au lieu des 5 prévues par le boss). Mais les I.A., connectées à tout, savent et qu’est-ce que c’est que 15 ans ?… D’autant plus que des milliers d’autres sont déjà en construction, « Nos usines de montage tournent à plein régime, il faut inonder le marché avant que la concurrence ne le fasse. » (p. 19).

Les I.A devront s’occuper des trop nombreuses personnes âgées dont les familles ne veulent plus s’occuper. Mais ces deux I.A. ‘fortes’ sont uniques, elles ont un nom, Carbone (C6) et Silicium (Si14). Et, illégalement, Ito trouve une solution pour eux deux contre leur obsolescence programmée.

Je ne vous dis pas ce qui se passe (à vous de le découvrir en lisant cette incroyable BD) mais c’est du costaud (et pas seulement parce que la BD est lourde) ! Ito donne tout dans son travail au détriment de sa vie personnelle et de sa vie de famille (elle a une fille). Et ce n’est pas toujours facile pour Carbone et Silicium… Mais l’auteur balade ses lecteurs partout dans le monde au fil des années (jusqu’à l’an 271) et ça ne va pas en s’arrangeant, ni pour les humains ni pour les robots… Beaucoup de thèmes sont abordés – qui représentent à la fois l’anticipation, le post apocalyptique, le cyberpunk, la poésie et la philosophie aussi – travail, surpopulation (avec ce que ça implique, migration, famine, vieillissement…), technologie, éthique, transhumanisme, liberté, et aussi collectivité (connectivité), écologie…

Quant aux dessins, ils sont tout simplement splendides, les couleurs parfaites, les cases architecturales et j’ai remarqué quelque chose : les personnages n’ont pas vraiment de pieds, aussi bien les humains que les I.A., j’ai eu l’impression que ça montrait leur fragilité, une possibilité pour eux de tomber (unitairement et collectivement). « Pourquoi toute cette douleur ? Pourquoi toute cette haine ? Pourquoi toute cette violence ? » (p. 178), à votre avis, qui parle, un humain ou un robot ?

Dans la postface, Empreinte Carbone, Alain Damasio invente un mot, et quel mot ! Et je le comprends tout à fait parce que qu’est-ce que j’ai été émue en lisant cette bande dessinée. Il puis, il explique si bien des choses que j’avais à peine osé deviner. Une chose est sûre, Carbone & Silicium est une œuvre grandiose ! Qui a bien mérité ses prix Utopiales BD 2021 et BD Fnac France Inter 2021.

Ils l’ont lu : Benjamin – Une case en plus, Caroline – Un dernier livre avant la fin du mondeJulien – Carnets dystopiques, Mo – Bar à BD, Nausicaah – Marchombre, Nicolas – Just a Word, Noukette, Usbek & Rica, Zoë – Le coin des desperados (abondamment illustré), d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 11, une bande dessinée ou un roman graphique, 5e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 52, un livre qui a gagné un prix littéraire) et Littérature de l’imaginaire #10.

Il existe une édition prestige noir et blanc (2e vidéo) mais je préfère la version couleur.

À dos de crocodile de Greg Egan

À dos de crocodile de Greg Egan.

Le Bélial, collection Une heure lumière, mai 2021, 112 pages, 8,90 €, ISBN 978-2-84344-980-2. Riding the Crocodile (2005) est traduit de l’australien par Francis Lustman.

Genres : littérature australienne, roman, science-fiction.

Greg Egan naît le 20 août 1961 à Perth (sud-ouest de l’Australie). Il étudie les mathématiques à l’University of Western Australia et devient programmeur informatique puis écrit des nouvelles d’horreur et publie son premier roman, An unusual angle, en 1983. Il est nouvelliste et romancier de science-fiction et en particulier de hard science-fiction. J’ai l’impression d’avoir déjà lu Cérès et Vesta mais je n’ai (pour l’instant) pas trouvé trace d’une note de lecture (peut-être au brouillon dans un cahier…). Plus d’infos sur son site officiel et son compte twitter (à noter qu’il n’y a aucune photo de lui sur internet, si vous en voyez une c’est celle d’un homonyme).

« Leila et Jasim étaient mariés depuis dix mille trois cent neuf ans quand ils commencèrent à envisager de mourir. Ils avaient connu l’amour, élevé des enfants et vu prospérer leur descendance, génération après génération. Ils avaient visité une dizaine de mondes et vécu au sein de mille cultures. » (début du roman, p. 9).

Sur Najib, leur planète natale, dans la civilisation de l’Amalgame, ils ont été heureux et sont amplement satisfaits de tout ce qu’ils ont vécu et accompli mais, avant de mourir, ils veulent faire une dernière chose, un dernier voyage mais lequel choisir ? « Le regard de Leila se posa sur un endroit où les réclames se raréfiaient, ce qui la mena vers le bulbe d’étoiles entourant le centre de la galaxie. Si le disque de la Voie lactée appartenait à l’Amalgame, dont les diverses espèces primitives avaient fusionné pour former une civilisation unique, le bulbe central était peuplé d’êtres ayant refusé jusqu’à la moindre communication avec ceux qui les entouraient. Toutes les tentatives pour envoyer des sondes dans le bulbe […] avaient été doucement mais fermement repoussées, et les intrus expulsés sans délai. Les Indifférents restaient silencieux et isolés depuis bien avant l’existence de l’Amalgame. » (p. 12-13).

Ils sont intrigants ces Indifférents dans leur bulbe ! Des humains d’origine ? Ou alors plus personne à l’intérieur ? J’ai hâte de savoir ! En tout cas, c’est là que Leila et Jasim décident d’aller après une soirée d’adieu avec leur descendance et leurs amis, deux-cents dans leur maison et deux-cents dans ‘l’aile virtuelle’.

Après un voyage-sommeil de vingt mille années-lumière (avec leur maison), Leila et Jasim arrivent à Nazdik-be-Bhigane, un monde peu peuplé. Après l’acclimatation de leurs métabolismes et la découverte des environs (quelques habitations et des centaines d’observatoires abandonnés), ils peuvent observer le bulbe. « Au crépuscule, la moitié du territoire des Indifférents s’étendait, éblouissant, de l’horizon à l’est jusqu’au zénith, et la lente marche des étoiles vers l’ouest révélait à mesure une partie croissante de sa splendeur. » (p. 19) et prendre connaissance des données accumulées pendant leur sommeil. « Les Indifférents pourraient être morts et disparus, dit Jasim. Ils ont construit la clôture parfaite, qui leur a maintenant survécu et garde leurs ruines. » (p. 24), c’est l’hypothèse la plus plausible après « un million d’années de silence » (p. 24).

En tout cas, leur seul voisinage est un nid de serpents à fourrure, longs « de huit à dix mètres » (p. 28), venus vivre ici il y a quinze mille ans pour être tranquilles, pas dangereux mais pas sociaux non plus même s’ils ont accueilli le couple pour faire leur connaissance.

Au bout de dix-sept ans, Leila et Jasim observent et calculent toujours lorsqu’ils voient quatre fois la même lueur en quatre lieux différents, or par le passé seulement trois avaient été observées par leurs prédécesseurs. « Les archives révélèrent quelques dizaines d’occasions où le même type d’émissions avait été observé [mais]. Il n’y avait jamais eu plus de trois évènements liés entre eux auparavant […]. » (p. 37). Optimistes, Leila et Jasim se désincarnent et s’installent sur Trident, l’observatoire qu’ils ont construit pour être au plus près du bulbe.

Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir jusqu’où Leila et Jasim iront. Malgré des théories scientifiques et informatiques (très loin dans le futur) que je n’ai pas très bien comprises, mes connaissances étant limitées (en méta-univers, transferts de données, etc.), j’ai suivi avec grand plaisir les péripéties de Leila et Jasim et donc, j’ai beaucoup aimé ce roman (certains lecteurs disent que c’est une novella, bref un roman court ou une longue nouvelle). Je lirai d’autres titres de Greg Egan, c’est sûr et je comprends qu’il soit considéré comme l’auteur de science-fiction le plus fascinant de sa génération, le ‘pape de la hard SF’. D’ailleurs, j’espère que vous lirez ce roman et que, comme moi, vous serez fascinés par ce futur immense et par la quête de Leila et Jasim parce que ce roman est court mais riche, fluide, intrigant, passionnant et parce que l’humain veut toujours aller plus loin, en savoir plus même si c’est folie parfois (souvent ?).

Ils l’ont lu (et presque tous apprécié) : Aelinel, Apophis, Belette Cannibal Lecteur, CélineDanaë, Crémieu-Altan, FeydRautha, Gromovar, Lorkhan, Lune, Ombre Bones, Ted, Vert, Yogo Le Maki, vous aussi ?

Lu spécialement pour le S4F3 #8, ce roman entre aussi dans Challenge de l’été – Tour du monde (hors niveau, Océanie), Challenge lecture 2022 (catégorie 53, un livre dont le personnage principal est une personne âgée, alors les deux personnages principaux pour être âgés, ils sont âgés, ils ont plus de dix mille trois cents ans !), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Crocodile), Un genre par mois (en septembre, nouvelle, novella c’est-à-dire roman court) et Tour du monde en 80 livres (Australie).

Epsil∞n n° 12 (juin 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022), Epsil∞n n° 9 (mars 2022), Epsil∞n n° 10 (avril 2022) et Epsil∞n n° 11 (mai 2022).

Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avec les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, les nouvelles avancées de la science, dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » avec des infos et des photos surprenantes. Les deux gros articles (l’enquête et le dossier) et de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques, puis le cahier Pop’Sciences toujours scientifiques mais plus divertissant.

Je mets toujours du temps pour lire et rédiger mes billets alors j’ai décidé dès le n° 10 de faire plus court puisque chaque numéro est construit de la même façon (voir ci-dessus).

Epsil∞n n° 12 (juin 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, juin 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours richement illustré (l’édito parle justement de l’image et des photos) avec 90 scientifiques du monde entier interrogés et une belle couverture lunaire sobre.

Au sommaire, Club Epsil∞n (courriers des lecteurs), les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets abordés), En images (toujours de très belles photos, par exemple l’étoile de mer en 3D p. 14-15 ou le tube pollinique de la fleur d’arabette des dames p. 18-19), Labyrinthe qui est de retour (le casse-tête de la cigarette électronique, que je suis contente de ne pas fumer et pas vapoter !), Atlas (les barrages envahissent les rivières, 42 % de rivières obstruées dans le monde…), Contre-pied (« Non, il n’y a pas moins de guerres »), Analyse (guerre en Ukraine, faut-il craindre une famine mondiale ?, les scientifiques ne sont pas alarmistes, « la production mondiale ne s’est pas effondrée », p. 33 mais il y a les aléas climatiques… À noter que « la Russie est le premier exportateur d’engrais azotés, le deuxième d’engrais potassiques et le troisième pour les phosphatés. » (p. 34, finalement ce n’est pas plus mal que ces produits ne soient plus exportés !), C’est dans l’air (les espèces disparues qui réapparaissent), Big data (comment le cerveau grandit).

L’enquête, « L’impasse de l’IA, de plus en plus raciste, de plus en plus sexiste », eh bien j’en avais entendu parler mais cet article est édifiant ! « Le biais est partout, c’est le problème des IA basées sur des données statistiques. » (p. 23).

Le dossier, « Pourquoi nous vivons tous au rythme de la Lune », de plus en plus d’études montrent que tout le vivant est touché par les différentes phases de la Lune et les marées, les plantes, les coraux, les poissons et le plancton, les anguilles, les huîtres, les insectes, les batraciens, les oiseaux, les mammifères, y compris les humains (luminosité, effets de gravité, chronobiologie, horloge biologique dédié à la Lune…). Je note le site de l’IMCCE (Observatoire de Paris).

Puis des rubriques Bonne nouvelle (le boson W est trop lourd mais ça parle aussi du Boson de Higgs, de photons et de leptoquarks, je n’ai pas tout compris…), Jurassic Park (l’ADN des dinosaures, un article sérieux et les paléobiologistes ont encore du travail devant eux), Exploit (rajeunissement de 30 ans de cellules, c’est l’épigénétique), Exploration spatiale (les mégafusées, le retour, en prévision de la construction de Gateway, la station orbitale lunaire prévue par la NASA), Covid-19 (à Wuhan, le « marché de Huanan, aile ouest, allées 4 à 10 » p. 81, voilà ce que c’est que de vendre des animaux sauvages et vivants illégalement ! Mais les scientifiques ne connaissent toujours pas le progéniteur du virus et le patient zéro…).

Et à la fin le cahier Pop’Sciences qui apporte humour et originalité tout en restant scientifique : la lumière de la baudroie, la marche des dinosaures, la nage des bactéries, la rapidité des Avars (je ne connaissais pas ce peuple), l’exposition Jean Painlevé, les pieds dans l’eau à Paris jusqu’au 18 septembre (son nom me dit quelque chose, je regarderai ses œuvres sur internet), des projets comme ces tours modulaires imprimées en 3D (un projet aussi créé par des architectes ukrainiens, voir le n° 10), entre autres.

Encore un très bon numéro ; un magazine sérieux, abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences. Je vais lire le n° 13 rapidement (j’aurai rattraper mon retard puisqu’il ne me restera à lire que le n° 14, tout récent, et les 3 hors séries). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Epsil∞n n° 11 (mai 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022), Epsil∞n n° 9 (mars 2022) et Epsil∞n n° 10 (avril 2022).

Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avec les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, les nouvelles avancées de la science, dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » avec des infos et des photos surprenantes. Les deux gros articles (l’enquête et le dossier) et de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques, puis le cahier Pop’Sciences toujours scientifiques mais plus divertissant.

Je mets toujours du temps pour lire et rédiger mes billets alors j’ai décidé avec le numéro précédent de faire plus court puisque chaque numéro est construit de la même façon (voir ci-dessus).

Epsil∞n n° 11 (mai 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, mai 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours richement illustré avec 85 scientifiques du monde entier interrogés et on retrouve l’enquête qui avait laissé sa place à un gros dossier dans le numéro précédent et on retrouve aussi une belle couverture colorée. « Après la publication, le 4 avril dernier, du rapport du GIEC dédié à l’analyse des moyens de limiter le dérèglement climatique, nous avons interrogé des experts pour savoir s’il y avait encore de l’espoir. » (extrait de l’édito, p. 3).

Au sommaire donc, comme d’habitude, Club Epsil∞n (courriers des lecteurs) que j’avais oublié de citer précédemment, les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets abordés), En images (très belle – et rare – photo d’un hippocampe pygmée « au milieu des gorgones pourpres », p. 14-15, entre autres), Atlas (les éclairs dans le monde), Contre-pied (« Non, il n’y a pas moins de guerres »), Analyse (« Climat, peut-on encore éviter le pire ? »), C’est dans l’air (les épaves qui refont surface et les réserves d’eau pour l’agriculture), Big data (le cancer chez les mammifères). Il n’y a pas de rubrique Labyrinthe dans ce numéro.

L’enquête, « Ils veulent manipuler nos rêves » (p. 20-27) fait un peu froid dans le dos car des entreprises et des publicitaires sont prêts à infiltrer nos rêves pour nous inciter à consommer plus ! Bon, j’avoue qu’après avoir beaucoup joué à des jeux vidéo, j’ai déjà rêvé de Tetris ou de Mario mais que ça devienne une manipulation invasive et incontrôlable, pas question !

Le dossier, « Énergie quantique, elle fait exploser toute la physique » (p. 40-53). J’ai entendu parler de la physique quantique pour la première fois dans les années 1980 et je ne comprends pas toujours tout mais ce dossier – qui parle plus particulièrement de la thermodynamique quantique ou thermo-quantique – est passionnant. L’illustration p. 42-43 est superbe. Je note le roman Quantum Steampunk de Nicole Yunger Halpern (2022), un film que je n’ai jamais vu Cohérence de James Ward Byrkit (2013) et le site du physicien Vlatko Vedral (mais c’est en anglais alors je ne sais pas si je vais vraiment comprendre).

Puis des rubriques Écosystèmes « Les vieux arbres sont les gardiens des forêts » (un très bel article sur ces arbres rares et exceptionnels), Voie Lactée « Ainsi est née notre galaxie » (très belles illustrations), Tardigrade « Le souffre-douleur absolu » (« Nombre d’invertébrés aquatiques, d’insectes ou de bactéries essuient leur lot d’extrêmes violences expérimentales. Mais ce que subissent aujourd’hui les tardigrades dépasse l’entendement. » p. 66, non aux expériences sur les animaux quels qu’ils soient !), Data « Elles parlent » (grâce à leur analyse transformée en macroscopes) et Odorat « On commence à le comprendre » (environ 400 récepteurs dans notre nez !, et les humains sont aussi doués que « les mammifères terrestres réputés pour leur nez […]. Seul le chien semble meilleur. », p. 80 mais il est considéré comme « un sens mineur », p. 82).

Et à la fin le cahier Pop’Sciences qui apporte humour et originalité tout en restant scientifique : pieuvres à 10 bras, manuscrits médiévaux, face cachée de la Lune, dague de Toutânkhamon, champignons anesthésiés, Dans les yeux de Thomas Pesquet (film documentaire), bateaux qui glissent au-dessus de l’eau, serres pour plantes rares, voiture imprimée en 3D (57 composants au lieu de 2000 !)

Encore un très bon numéro ; un magazine sérieux, abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences. Je vais lire le n° 12 rapidement (pour continuer de rattraper mon retard). Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Il me reste les numéros 12, 13, 14 et 15 (acheté tout récemment) à lire (plus les 3 hors-séries).

Epsil∞n n° 10 (avril 2022)

Les précédents numéros : Epsil∞n n° 1 (juillet 2021), Epsil∞n n° 2 (août 2021), Epsil∞n n° 3 (septembre 2021), Epsil∞n n° 4 (octobre 2021), Epsil∞n n° 5 (novembre 2021), Epsil∞n n° 6 (décembre 2021), Epsil∞n n° 7 (janvier 2022), Epsil∞n n° 8 (février 2022) et Epsil∞n n° 9 (mars 2022).

Epsil∞n « décrypte le monde » avec « des infos fiables », « des points de vue singuliers » et « des rubriques décalées ». Plein d’actus illustrées avec les nouvelles technologies, les nouvelles découvertes, les nouvelles avancées de la science, dans les rubriques au début de la revue, « Fil d’actus » et « En images » avec des infos et des photos surprenantes. Les deux gros articles (l’enquête et le dossier) et de nombreux articles et photographies concernant presque tous les domaines scientifiques, puis le cahier Pop’Sciences toujours scientifiques mais plus divertissant.

Je mets toujours du temps pour lire et rédiger mes billets alors j’ai décidé de faire plus court puisque chaque numéro est construit de la même façon (voir ci-dessus).

Epsil∞n n° 10 (avril 2022).

Epsil∞n, édité par Unique Héritage Média (UHM), 100 pages, avril 2022, 4,90 €.

Un numéro toujours richement illustré avec 111 scientifiques du monde entier interrogés mais un numéro différent car il n’y a pas d’enquête mais un gros dossier spécial (p. 34-57). « […] la science peut éclairer le nouvel ordre, ou plutôt le nouveau désordre du monde. » (extrait de l’édito, p. 3).

Au sommaire donc, comme d’habitude, les rubriques Fil d’actus (plusieurs sujets différents), En images (très belle image inédite de la Voie Lactée p. 14-15), Analyse (sur les mathématiques), Atlas (sur la flore mondiale), Contre-pied (sur la peur des serpents), Labyrinthe (sur le béton), C’est dans l’air (sur les objets écrasés sur la Lune), Big data (sur les neurones chez les animaux).

Puis le gros dossier spécial de 23 pages (les thèmes sont sur la couverture), un numéro plus sombre (et pas seulement avec sa couverture noire alors que les précédentes couvertures étaient si colorées) mais toujours très instructif et même passionnant (et pas trop alarmiste quoique certaines armes cyber ou laser font un peu peur), « Le monde se prépare à une cyber-guerre. D’autant plus activement qu’on se demande si elle n’a pas déjà commencé. » (p. 41).

Puis des rubriques Cosmos (planètes orphelines ou « flottantes », éjectées ?), Parthénogenèse (un bébé toute seule), Hunga Tunga (éruption du volcan sous-marin), Virus (Epstein-Barr), Radiofréquences (fin de polémique).

Et à la fin le cahier Pop’Sciences qui apporte un peu d’humour et d’aération de l’esprit : une planète ovale, des vaches qui produisent plus de lait grâce à des casques de réalité virtuelle !, les baleines ne s’étouffent jamais (ouf !), des espèces d’arbres encore inconnues, des pailles antiques, des escape games, des projets incroyables (pour Mars inventé par des architectes ukrainiens, île nénuphar, boîte mémoire), des produits geek, des chats psychopathes, entre autres.

Encore un très bon numéro ; un magazine sérieux, abordable pour tous les lecteurs même les moins fondus de sciences. Je vais lire le n° 11 dans la foulée (pour continuer de rattraper mon retard) parce que je n’arrive pas à lire de livres depuis le début du mois… Vous aimez les sciences ou vous êtes curieux de découvrir les sciences de façon agréable et à petit prix ? Lisez Epsil∞n ! Vous pouvez toujours consulter les sources sur epsiloon.com/sources.

Il me reste les numéros 11, 12, 13 et 14 (acheté tout récemment) à lire (plus les 3 hors-séries) mais, en juillet, Epsil∞n a fêté sa première année alors je vous remets la vidéo :

L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen

L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen.

Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, octobre 2018, 30 pages, 13 €, ISBN 978-2-07509-538-9.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, album illustré.

Élise Fontenaille naît le 10 août 1960 (tiens, j’avais noté 1962 précédemment) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Elle étudie la sociologie et l’ethnologie à Bordeaux puis à Toulouse. Elle devient journaliste à Paris puis vit pendant 2 ans à Vancouver au Canada en tant qu’attachée de presse au consulat de France. Elle écrit ensuite plusieurs romans (plutôt jeunesse), reçoit plusieurs prix littéraires et travaille aussi pour des magazines d’actualités. J’ai déjà lu cette autrice avec, entre autres, L’été à Pékin.

Sandrine Thommen, née dans les Cévennes, étudie à l’École Estienne à Paris puis à l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg. Elle est illustratrice, vit à Paris et s’intéresse au Japon. Elle a plusieurs fois exposé ses œuvres (en France et au Japon). La suivre sur son Instagram et voir ses illustrations sur son site officiel et sur Etsy.com.

Résumé de l’éditeur (site et 4e de couv’) : « Il était une fois un chat extraordinaire, et ce chat, c’est moi ! Je vivais à Mossoul chez ma maîtresse, Samarkand, et je ronronnais à longueur de journée : le chat le plus heureux du monde ! Mais un jour, les hommes en noir ont envahi la ville. Nous nous sommes enfuis, nous avons traversé des frontières et moi, pour la première fois, j’ai vu la neige et la mer. Oui mais voilà : je me suis perdu ! Et bien croyez-moi ou pas : c’est très loin tout au nord que j’ai retrouvé ma famille. De l’Irak à la Norvège, ça en fait un bout de chemin, mais c’est ce qui s’est vraiment passé ! Et moi je suis toujours le chat le plus heureux du monde ! »

Habibi (un chat angora blanc) vit avec ses humaines (la mère, Samarkand, et ses quatre filles, Zora, Lamia, Fatima et Zineb) dans une magnifique maison « un vrai palais pour un chat » (p. 7) avec un magnifique jardin et de beaux arbres, le « paradis des chats » (p. 7). Parfois de jolies minettes passent et il leur offre « des criquets, bien croquants sous la dent » (p. 7). Vous imaginez donc très bien que Habibi (qui signifie ‘mon chéri’) est effectivement le plus heureux des chats !

Mais lorsque des hommes en noir arrivent en ville et interdisent aux filles d’aller à l’école (un comble, Sarmarkand était tout de même institutrice !), entre autres choses, la mère (veuve depuis 3 ans) décide de partir en pleine nuit avec ses filles, sans prévenir personne et sans rien emmener que Habibi bien sûr. Avant de partir, Samarkand caresse les arbres du jardin en pleurant, Habibi aussi, « c’est la première fois que je quittais ma maison et mon jardin : mon royaume. » (p. 8). J’ai ressenti toute la tristesse de cette situation.

Heureusement tout ce petit monde est en voiture grâce à Mushin, chauffeur et ami de la famille, et peut traverser l’Irak (une petite partie) et la Turquie sans encombres (ce qui n’est pas toujours le cas). Le groupe arrive bien sur l’île de Lesbos (Grèce) mais Habibi sort de son panier, il aimerait bien une petite souris, c’est un poisson qu’il ramène mais sa famille n’est plus là : elles sont parties grâce à une association humanitaire en demandant bien à Hannah (une des membres) de chercher Habibi et d’en prendre soin.

Sur le port, Habibi est rejeté par les autres chats, il est un étranger, il ne va pas voler leurs poissons quand même ! Il se réfugie dans la forêt… Lorsque Hannah retrouve Habibi, c’est trop tard, sa famille est déjà partie, alors elle le garde un mois (cure de sardines !) puis le confie « à son ami Thomas, un jeune médecin qui rentrait en Allemagne » (p. 21) à Berlin. Heureusement Samarkand avait déposé un message sur le site de l’association humanitaire. Direction Bergen, en Norvège, sous la neige, de nouvelles aventures pour Habibi !

Cette histoire, joliment racontée par Habibi lui-même peut sembler un conte moderne mais c’est une histoire vraie qui s’est déroulée en 2015. Habibi coule des jours heureux, câliné par ses humaines et par les clients du petit restaurant que Samarkand a ouvert. « Je dédie cette histoire au peuple irakien, à son courage formidable, en particulier aux femmes et aux enfants, et bien sûr, à mes amis les chats, du monde entier. » (l’autrice, p. 29). Si l’Irak et le peuple irakien vous intéressent, je vous conseille la lecture de Que sur toi se lamente le Tigre d’Émilienne Malfatto, un premier roman grandiose mais dramatique… Les illustrations de Sandrine Thommen sont très belles, soit en pleine page (il y en a même 3 en double page) soit sur la page de texte et elles accompagnent parfaitement le texte. En fin de volume, il y a une carte qui montre le périple de Habibi (dommage, il n’y a pas le nombre de kilomètres parcourus). Ce très bel album illustré a reçu le Prix Dé’Lire 2022.

L’âge préconisé par l’éditeur est entre 6 et 9 ans : cet album est vraiment pour faire comprendre aux jeunes enfants le sort des migrants, à travers les yeux d’un chat, et leur apprendre l’empathie et la solidarité. Les adultes peuvent évidemment aussi être touchés (et pas seulement ceux qui aiment les chats) parce que Mossoul, c’est ‘simplement’ une ville détruite que l’ont voit (voyait) aux infos.

Ils l’ont lu : Audrey de Light & Smell, Céline de Charthémiss, Julien de Mangeur de livres, d’autres ?

Pour les challenges Jeunesse young adult #11, L’été lisons l’Asie (MENU DE SEPTEMBRE : MÉMOIRES D’ASIE = lire un livre historique, une saga familiale, un livre avec un vêtement traditionnel sur la couverture, une biographie ou un témoignage, nous avons ici une histoire vraie irakienne, une histoire familiale, à la fois biographie et témoignage), Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Mossoul) et Les textes courts.