Principe de suspension de Vanessa Bamberger

Principe de suspension de Vanessa Bamberger.

Liana Levi, janvier 2017, 200 pages, 17,50 €, ISBN 978-2-86746-875-9.

Genre : premier roman.

Vanessa Bamberger, née en 1972, est journaliste. Vous pouvez découvrir l’auteur et son appartement sur Turbulences déco (j’aime beaucoup, surtout le côté industriel et les verrières). Principe de suspension est son premier roman.

Thomas, 40 ans, est dans une chambre de réanimation sur un lit médicalisé et une machine le fait respirer. Olivia, son épouse, est à son chevet, elle attend qu’il se réveille, s’il se réveille. « Et voilà qu’il se distend, qu’il se délite sous ses yeux… Il est en train de mourir. » (p. 12). Thomas, petit patron dans l’industrie, est fasciné par les machines, par « le vocabulaire de la machine, rouage, cisaillage, découpage, ferrage, formage, poinçonnage, quoi de plus poétique ? Et son bruit, une pompe, un souffle, un bruit de respiration, elle était vivante. » (p. 23). Cette description de la machine par Thomas est en fait la description de Thomas qu’Olivia peut faire à ce moment à l’hôpital !

L’entreprise que Thomas a rachetée – et sauvée de la faillite il y a dix ans – est Packinter : elle fabrique des inhalateurs doseurs pressurisés en plastique. C’est même un monopole et les inhalateurs sont vendus dans le monde entier mais… « Lui, qui se flattait d’avoir eu des idées révolutionnaires pour son entreprise, n’avait pas pris conscience à temps des mutations de l’industrie pharmaceutique, pression sur les prix, déremboursement de produits, expiration des brevets. Il n’avait pas compris que la progression des génériques entraînerait aussi vite une baisse de la part de marché de l’aérosol doseur du laboratoire et l’amènerait à délocaliser une partie de son activité pour s’implanter loin du Hayeux, très loin vers l’est, dans ces pays où les hommes travaillaient plus et gagnaient moins, où il y avait peu d’impôts, de syndicats et de protection sociale […]. » (p. 31). Que faire ? Innover ? Dépenser encore de l’argent ? Mettre la clé sous la porte et tout le monde au chômage ? « Il n’y avait plus la moindre fierté à travailler dans l’industrie en France, patron ou pas. Les Français n’aimaient pas leur industrie, sous-estimaient les métiers techniques, de l’ouvrier à l’ingénieur, contrairement aux Allemands et aux Italiens […]. » (p. 44).

Principe de suspension est plusieurs histoires à la fois, celle d’un couple et d’une famille, celle d’une autre famille (en tout cas pour Thomas), l’entreprise, avec son lot d’emmerdes et une grosse trahison, celle de l’industrie pharmaceutique et de cette région de l’Ouest de la France qu’on pense verdoyante et heureuse au bord de l’océan, et enfin celle d’un homme dans le coma qui a trop donné et qui n’arrive plus à respirer seul, alors qu’il fabrique depuis dix ans ce qui sauve des milliers de vie. L’auteur ne parle pas ici d’un grand patron dont l’entreprise est cotée en bourse, elle parle d’un homme normal, honnête, qui a souffert dans son enfance (je vous laisse découvrir l’histoire de sa petite sœur, Flora), fidèle à son épouse (elle est artiste peintre) et à ses employés, ancré dans sa région (alors que tous ses amis sont partis à l’étranger après leurs études), qui a changé de métier pour sauver une entreprise, qui a investi son argent personnel et son temps, qui a mis en péril sa vie de famille (le couple a deux fils, Julien, 10 ans, et Raphaël, 7 ans) et sa santé… Eh oui, des patrons sincères et exemplaires, il y en a ! Et qui, parfois, ne gagnent pas plus que leurs employés, et qui ne prennent pas de vacances ou très peu.

Les chapitres s’égrainent avec, en entête, les différentes définitions de principe et de suspension. Au lecteur de voir celle qui lui convient, en équilibre ou pas. « Elle [Olivia] admire son travail, son engagement. Sauver des emplois, des vies, sans que jamais personne le remercie… Jusqu’à y laisser sa peau… » (p. 79). Née dans une famille ouvrière, j’ai été touchée par cette histoire, plus que par celle du couple de La téméraire de Marine Westphal qui m’avait ennuyée… C’est parce qu’elle a du corps, de la matière ! « Tu veux sauver des gens, des emplois ? Tu veux être un bon patron ? T’es pas dans l’humanitaire, t’es pas assistante sociale ! Qu’est-ce que ça peut faire que tu sois un chic type si tu plantes ta boîte ? De toute façon, il n’y en a pas un seul qui est reconnaissant des efforts que tu fais. […] » (César, le contremaître, p. 170). Le style est plutôt journalistique, normal Vanessa Bamberger est journaliste ; elle a d’ailleurs fait des recherches sur l’Ouest, sur l’industrie pharmaceutique ; le roman est bien argumenté et se lit très bien, peut-être même avec passion !

Je remercie Frédérique qui m’a envoyé ce roman dans le cadre des 68 premières fois 2017. Je le mets dans les challenges Défi Premier roman et Rentrée littéraire janvier 2017.

Les pêcheurs de Chigozie Obioma

Les pêcheurs de Chigozie Obioma.

L’Olivier, collection Littérature étrangère, avril 2016, 298 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-8236-0536-5. The Fishermen (2015) est traduit de l’anglais (Nigéria) par Serge Chauvin.

Genres : littérature nigériane, premier roman.

Chigozie Obioma, né en 1986, est un jeune auteur nigérian. Il étudie à Chypre puis aux États-Unis où il vit. Il est professeur de littérature africaine à l’université et signe ici son premier roman.

1996, Akure, petite ville du Nigéria. Le père, employé de banque, est muté à Yola à 1 000 km de la maison. Il laisse son épouse et leurs enfants, donne des nouvelles par téléphone et envoie de l’argent. Le narrateur, Benjamin a alors 9 ans et ses frères Ikenna, 15 ans, Boja, 14 ans, et Obembe, 11 ans. David, 3 ans, et Nkem, 1 an, restent à la maison avec leur mère et ne participent pas aux jeux des plus grands. « Qu’est-ce que ce travail qui exile un homme et l’empêche d’élever ses jeunes fils ? Même si j’avais sept mains, comment je pourrais m’occuper de ces enfants toute seule ? » (p. 12), se lamente la mère. Le père ne peut pas les emmener à Yola car ils sont de l’ethnie Igbo, chrétienne, et Yola est peuplée de Yorubas qui commettent des massacres. Délaissés, les enfants décident de devenir pêcheurs et vont au bord du Omi-Ala, le fleuve interdit. Un jour, ils rencontrent Abulu le fou qui leur lance une malédiction.

Une véritable tragédie : les superstitions prennent le dessus sur la foi religieuse, la folie s’empare d’abord de l’aîné. « Les efforts de notre mère pour guérir son fils Ikenna se heurtèrent à un mur. Car la prophétie, telle une bête furieuse, était incontrôlable et détruisait son âme avec toute la férocité de la folie, décrochant les tableaux, cassant les murs, vidant les placards, renversant les tables jusqu’à ce que tout ce qu’il connaissait, tout ce qui était lui, tout ce qu’il était devenu ne soit plus qu’un chaos. » (p. 109). La malédiction est une machine implacable, inéluctable… « L’espoir était un tétard. Cette créature qu’on capturait et qu’on rapportait dans une boîte de conserve, mais qui, même dans l’eau appropriée, ne tardait pas à mourir. » (p. 241).

Le narrateur raconte l’histoire de sa famille, près de vingt ans après les faits et le lecteur se dit que ce n’est pas possible, que ça va s’arrêter, comment tout cela est-il possible ? D’une grande richesse, avec plusieurs langages, le langage imagé de la mère dans la langue des Igbos, l’anglais qui est la langue officielle, et le parler propre aux enfants, il y a plusieurs niveaux de lecture, une densité et une profondeur incroyables. Les pêcheurs est un roman difficile (à lire en prenant son temps) mais quel tour de force et quelle réussite pour un premier roman !

Je mets cette lecture dans les challenges À la découverte de l’Afrique et Défi Premier roman 2017.

Le gagnant du Prix La Passerelle 2017

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Ce soir, à 18 h 30, à la médiathèque La Passerelle, a eu lieu le dépouillement des bulletins de vote pour le Prix La Passerelle 2017 (5e édition) ; je vous avais parlé des six romans en lice en janvier. Bien sûr je les ai lus les six mais, pour l’instant, je n’ai publié que deux notes de lectures… Les autres chroniques viendront.

Ci-dessus le tableau des résultats (désolée, il est un peu penché !) et je suis bien déçue pour Monsieur Origami (mon coup de cœur 2016) pour lequel j’ai voté et pour Le promeneur d’Alep (un des mes coups de cœur 2015)…

Dans l’ordre :

1. Les pêcheurs de Chigozie Obioma avec 26 votes (dont 6 en ligne),

2. Le tambour des larmes de Beyrouk avec 20 votes,

3. Le garçon sauvage de Paolo Cognetti avec 19 votes (dont 4 en ligne),

4. Le promeneur d’Alep de Niroz Malek avec 18 votes (dont 6 en ligne),

C’est serré pour ces trois-là !

5. Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci avec 10 votes seulement 😦 (dont 5 en ligne),

6. Le moabi cinéma de Blick Bassy avec 6 votes (dont 1 en ligne).

En tout cas, c’est la première fois en cinq éditions que nous atteignons la centaine de votes (102 avec bizarrement 3 bulletins « blancs ») alors nous sommes vraiment contents !

Vivre près des tilleuls de l’AJAR

Vivre près des tilleuls de l’AJAR.

Flammarion, août 2016, 127 pages, 13 €, ISBN 978-2-0813-8919-9.

Genres : littérature suisse, premier roman.

L’AJAR est une Association de Jeunes Auteurs de Romandie (Suisse). C’est un collectif d’une vingtaine d’auteurs, créé en janvier 2012, dont les objectifs sont la création littéraire en groupe. Vivre près des tilleuls est le premier roman ; le nouveau projet est Rose. Plus d’infos sur le site officiel de l’AJAR.

« Lorsque Esther Montandon m’a laissé la responsabilité de ses archives, en 1997, je me suis trouvé face une masse de documents divers : cartes postales, pièces administratives, courriers, coupures de journaux… À quoi s’ajoutait le lot commun de tous les écrivains dont la recherche fait son miel : brouillons griffonnés épars, pages dactylographiées avec ou sans annotations autographes, et trois carnets de notes. Reconnaissant de cette marque de confiance, je me suis attelé à la tâche avec un enthousiasme qui n’a cessé de décroître devant l’ampleur du travail. Même si la mort de l’auteure, l’année suivante, a ravivé un temps l’intérêt du public pour ses écrits, l’œuvre est peu à peu tombée dans l’oubli. » (p. 7). « Comment donc décrire mon émotion lorsqu’un matin d’hiver 2013, en mettant de l’ordre dans les cartons qu’elle m’avait confiés, je découvre une pochette étiquetée « factures », pochette que j’ai dû manipuler vingt fois sans jamais l’ouvrir – renfermant une petite liasse manuscrite. Et tout est là, miraculeusement préservé. » (p. 13).

Esther et Jacques Montandon ont attendu plus de dix ans avant qu’un enfant arrive. Ce fut Louise, en 1956. « J’étais celle qui ne savait rien, elle était celle qui savait tout, mais nous ne parlions pas le même langage. » (p. 17). Malheureusement la petite meurt accidentellement en 1960, à 3 ans et demi… Et, personne ne le savait, Esther a tenu un journal de deuil ! Un journal dans lequel elle raconte des souvenirs, le Rwanda où elle est née, La Chaux de Fonds où elle a grandi, le désespoir, le renoncement puis la grossesse, le bonheur et enfin le chagrin et la destruction de son couple. « Le temps s’épaissit. […] L’espace, lui, se réduit. » (p. 78). « Je ne peux plus continuer à vivre près des tilleuls ensoleillés du cimetière. » (p. 80). « N’en déplaise à Jacques, ma tristesse a tous les droits. » (p. 104).

À noter que le couple a un jeune Berger de Podhale, Gratka, il n’a pas grande importance dans l’histoire (il n’est cité qu’une fois) mais comme je ne visualisais pas ce chien, j’ai cherché, très beau chien (qui a besoin de nature et d’espace, pas de vivre dans un appartement au 4e étage !).

Une remarque sur la couverture : elle est très jolie mais pourquoi avoir montré des feuilles de ginkgo et pas de tilleul ?…

Vivre près des tilleuls est un roman court, épuré, presque sec mais quel talent ! Je me suis laissée prendre au jeu et ce « journal » est émouvant car tout est vraiment bien pensé : la peur d’oublier m’a particulièrement touchée (p. 116-117). Ainsi, je me dis que oui, un auteur peut mélanger fait(s) réel(s) et fiction, oui un auteur peut (doit) raconter, créer, inventer, être libre !

J’ai reçu Vivre près des tilleuls dans le cadre des 68 premières fois 2016 (oui j’ai du retard dans la publication de ma note de lecture… mais je remercie Martine de me l’avoir envoyé) et je le mets dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2016, Défi Premier roman 2017 et Voisins Voisines 2017.

L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia

L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia.

Le Belial, février 2017, 272 pages, 20 €, ISBN 978-2-84344-913-0. The Alchemy of Stone (2008) est traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti.

Genres : littérature russo-américaine, science-fiction.

Ekaterina Sedia naît Ekaterina Holland le 9 juillet 1970 à Moscou en Russie. Elle est non seulement écrivain (romans, nouvelles) mais aussi professeur de botanique et d’écologie dans le New Jersey car elle vit aux États-Unis depuis le début des années 90. Plus d’infos sur http://www.ekaterinasedia.com/ (site et blog).

Mattie est une Automate émancipée, devenue une Alchimiste, créée par Loharri, un Mécanicien. Elle vit à Ayona, « une ville immense, sombre et secrète ». Les Gargouilles, un peuple minéral très secret, lui demandent de l’aide. « Elles trouvent leur espérance de vie trop brève et leur destin trop cruel. » (p. 16). Mattie est également embauchée par Iolanda pour des potions mais hésite à trahir son créateur. Elle va rencontrer le Fûmeur d’âmes que tout le monde craint et Sébastien, un révolutionnaire activement recherché.

Sous couvert de science-fiction, mi steampunk mi urban fantasy, ce roman aborde de nombreux thèmes importants : mécanisation, technologie et progrès, immigration, condition des femmes, rôle de chacun dans la société, mémoire du passé, mouvement révolutionnaire, terrorisme… ! Voici quelques extraits qui en témoignent :

« Tu es devenu mécanicien parce qu’élevé par une mère alchimiste. Je suis devenue alchimiste parce que créée par un mécanicien. » (p. 89).

« Ça me déplaît autant qu’à toi, Mattie, mais c’est une affaire de politique. Les gens ont peur. Ils ont besoin de victimes expiatoires. » (p. 153).

« Les femmes ressemblaient aux gargouilles : respectées en théorie, mais dissimulées à ceux qui dirigeaient la ville, elles vivaient dans l’obscurité, dans les interstices de l’existence. » (p. 158).

« Nous avons tous notre rôle à jouer. Sinon, la société ne pourrait pas fonctionner. » (p. 184).

« […] parfois, mieux valait ne rien voir, ne rien savoir. » (p. 222).

L’alchimie de la pierre est le premier roman d’Ekaterina Sedia traduit en français (merci aux éditions Le Bélial !) mais en fait le troisième roman de l’auteur. À noter, qu’en plus de la très belle illustration couleur de couverture, il y a quelques illustrations noir et blanc de Nicolas Fructus. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire L’alchimie de la pierre (qui a reçu le Prix James Tiptree Jr. en 2009). Ce roman – à la fois poétique et apocalyptique avec de très belles descriptions – montre bien tous les rouages d’une société et se révèle être d’une grande intelligence et maîtrise. Car, dans cette ville de pierre et de métal, il faut se battre pour vivre. Je veux lire d’autres titres d’Ekaterina Sedia (en plus, elle aime les chats !).

Une excellente lecture que je mets dans les challenges Littérature de l’imaginaire et Rentrée littéraire janvier 2017.

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh

Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh.

Albin Michel, février 2017, 427 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-226-32976-9.

Genre : premier roman.

Sarah Barukh… Rien trouvé pour sa biographie… Donc voici ce qu’en dit l’éditeur : « Depuis l’enfance, Sarah Barukh a toujours aimé les histoires, celles qu’on lui contait ou celles qu’elle s’inventait. Elle a longtemps travaillé dans la communication, la production audiovisuelle et éditoriale. Elle voulait juste marcher tout droit est son premier roman. ».

« J’espère qu’ils nous oublieront. – Pourquoi ? – Parce que c’est la guerre. » (p. 18). Alice a 5 ans, bientôt 6, et elle vit à la campagne. Un jour, Alice voit une chatte mettre bas et adopte le chaton abandonné, un roux qu’elle appelle Crème. À la rentrée, elle entre à l’école. Une vie de fillette normale ? Non, car on est en 1943 et Alice a été placée chez une nourrice, Jeanne, qui se fait passer pour sa grand-mère et qui est inquiète car Alice a parlé à deux soldats allemands… Juillet 1946. La guerre est finie mais Alice est triste : pourquoi sa maman ne revient pas ? Le jour où elle revient, Alice ne comprend pas, elle paraît vieille, elle est maigre et Alice doit tout abandonner (Crème, ses amis, Jeanne…) pour suivre Diane à Paris. « Plus ses amies se réjouissaient pour elle, plus elle était triste. » (p. 91). À Paris, sa joie est de devenir amie avec Joseph, le seul enfant de l’immeuble, qui veut devenir médecin et qui lui fait tout découvrir. Mais sa mère est gravement malade et Alice est envoyée par les services sociaux à New York chez son père, Paul d’Arny, marié à une riche héritière américaine, Ellen Hartfield. Elle doit de nouveau tout abandonner…

Comment se construire quand on a aucun repère, quand on ne nous explique rien, c’est dangereux, « c’est la guerre », quand on perd ceux que l’on aime, quand on doit tout abandonner (trois fois !). « Tout ce qu’elle voulait, c’était marcher tout droit, que les choses cessent d’être si compliquées… » (p. 48-49).

« La métamorphose de son oncle ne cessait de la surprendre. Depuis qu’elle l’avait défié dans la chambre, il était devenu civilisé, même sympathique. » (p. 267) : son oncle Vadim, demi-frère de Paul, était un célèbre photographe de guerre mais il a perdu la vue lors du Débarquement…

« Ne dis jamais que tu as compris si ce n’est pas le cas. Les idiots comprennent tout, les génies questionnent ! » (p. 335).

Déjà le deuxième roman sur la Deuxième guerre mondiale dans cette sélection des 68 premières fois 2017… Je me disais que ça faisait un peu beaucoup, d’autant plus que celui-ci est assez épais. Mais, de la même façon que j’ai aimé Nous, les passeurs de Marie Barraud, j’ai aimé ce roman : pour sa sincérité, sa tendresse, et l’émotion qui s’en dégage. Et puis, malgré le fait que j’ai déjà lu pas mal de livres sur cette guerre, les camps, la Shoah, etc., il y a toujours dans une nouvelle lecture, un petit quelque chose de différent, qui m’interpelle, qui m’émeut, qui m’apprend quelque chose. C’est encore le cas dans ce beau roman triste qui se lit vraiment bien !

Je remercie Sylvie de me l’avoir envoyé et je le mets dans le Défi Premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017.

Rentrée littéraire janvier 2017

Comme l’année dernière [lien], MicMélo – du blog MicMélo littéraire – propose de lire – jusqu’à mi-août – les romans de cette rentrée littéraire du début de l’année, c’est-à-dire les romans parus entre le 30 décembre 2016 et le 31 mars 2017.

Infos, logo et inscription chez MicMélo. Liens à déposer sur la page du challenge.

Et, comme l’année dernière, je publie ce billet avec du retard… Et je vais aller donner mes liens à MicMélo !

Mes lectures pour ce challenge

1. Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin (France) ❤

2. Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet (France) 😦

3. Café Krilo de Baptiste Boryczka + interview de l’auteur (France) 🙂

4. La sonate oubliée de Christiana Moreau (Belgique) 🙂

5. Presque ensemble de Marjorie Philibert (France/Israël) 😦

6. Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon (France) 😦

7. Nous, les passeurs de Marie Barraud (France) ❤

8. La téméraire de Marine Westphal (France) 😦

9. Mon ciel et ma terre d’Aure Atika (France) 🙂

10. Le démon de l’île solitaire d’Edogawa Ranpo (Japon) ❤

11. Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh (France) ❤

❤ signifie évidemment coup de cœur ; 🙂 signifie j’ai aimé et 😦 signifie j’ai été déçue.