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Projet 52-2019 #15 et #16

Billet publié avec un peu de retard, désolée… Je vous souhaite un bon week-end de Pâques et, si vous voulez participer à ce projet photographique, allez voir Ma !

Quinzième semaine (samedi dernier) pour le Projet 52-2019 de Ma avec le thème architecture. Comme je n’ai rien trouvé d’intéressant dans mes photos récentes, j’ai préféré plonger dans mes archives et voici un célèbre immeuble lyonnais avec la belle Fresque des Lyonnais (soit 30 personnalités lyonnaises sur 800 m² mais à ce moment-là, la fresque n’était pas terminée, sur la face de l’immeuble).

Seizième semaine pour le Projet 52-2019 de Ma avec le thème clair/foncé. J’aime beaucoup ce genre de reflets : ils donnent un mix de clair et de foncé.

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Le reste du monde de Jean-Christophe Chauzy

Le reste du monde est une série de bandes dessinées de Jean-Christophe Chauzy parue chez Casterman à partir de 2015.

Genres : bande dessinée, science-fiction, post-apocalyptique.

Jean-Christophe Chauzy naît le 16 mai 1963 à Toulouse. Il est auteur et dessinateur de bandes dessinées ; il enseigne aussi le design graphique. Il publie des bandes dessinées (seul ou en collaboration) depuis 1988 mais j’ai l’impression que je n’en avais jamais lu de lui avant cette série.

Tome 1 : Le reste du monde [lien Casterman], mars 2015, 122 pages, 18 €, ISBN 978-2-20308-741-5.

Tome 2 : Le monde d’après [lien Casterman], octobre 2016, 112 pages, 18 €, ISBN 978-2-20309-754-4.

Tome 3 : Les frontières [lien Casterman], octobre 2018, 112 pages, 18 €, ISBN 978-2-20314-692-1.

Pour les vacances, Marie est avec ses fils, Jules et Hugo, dans les Pyrénées. Les garçons passeront un peu de temps chez les Guérin à Cazeaux avec leur petit-fils, Théo, et leur chien, Plutarque. Marie est en colère après leur père qui ne s’est pas occupé d’eux car il a une autre femme plus jeune dans sa vie. Pendant que Jules et Hugo sont chez les Guérin, Marie monte au chalet pour tout ranger et nettoyer avant leur retour le lendemain à Paris pour la rentrée scolaire. Mais les animaux se comportent bizarrement et, soudain, un très violent orage éclate suivi d’un puissant séisme ; il n’y a plus d’électricité, plus de réseau… « Ça n’est jamais tombé si dru… Ça n’a jamais soufflé si fort… » (p. 22). Heureusement Marie retrouve ses enfants et Plutarque mais il faut fuir, c’est la fin du monde, tout est détruit et il y a de nombreux morts. Ils se réfugient dans la petite ville de Soulan mais il n’y a plus de routes et la vallée est bloquée. « Nous sommes coincés ! Coincés comme des rats dans une nasse. Des rats sans espoir, sans compassion, sans avenir. » (p. 88-89).

Les dessins ne sont pas très beaux (à mon goût) mais ils retranscrivent bien cette fin du monde : ils sont boueux et poisseux. Quant aux personnages, ils sont remplis de l’énergie du désespoir ! Marie fuit avec Jules, Hugo, Théo (qu’ils ont retrouvé) et Plutarque mais les survivants sont armés et dangereux… Est-il possible de faire confiance à quelqu’un ? Tout est détruit ! Plus de route, plus de communication, peu de nourriture… Est-il possible de survivre dans ce chaos ? De garder son humanité ? Et que reste-t-il du « reste du monde » ? Vous le saurez en lisant cette excellente série !

Par contre, je suis désappointée, j’ai cru que c’était une trilogie… Eh bien, non… Il faut maintenant attendre un quatrième tome pour connaître la fin de cette histoire palpitante et effrayante narrée plus tard par Hugo, le plus jeune fils.

Des lectures pour La BD de la semaine (il était temps car depuis le début de l’année, j’étais aux abonnés absents…), les challenges BD et Littérature de l’imaginaire.

Toutes les BD de la semaine sont chez Moka – Au milieu des livres.

Tag Révélations !

Vu chez Ma Lecturothèque, j’ai bien aimé ce tag avec des questions différentes de celles auxquelles j’ai déjà répondu ces dernières années.

1/ As-tu déjà endommagé un livre ?

Malheureusement, oui, en le faisant tomber par terre, la tranche s’est un peu abîmée et je suis un tantinet maniaque avec les livres…

2/ As-tu déjà endommagé un livre emprunté ?

Non, je fais très attention que ce soit le livre de quelqu’un ou de la bibliothèque !

3/ Combien de temps prends-tu pour lire un livre ?

Cela dépend, si j’ai l’après-midi et un très bon livre, je peux le lire d’une traite ! Sinon, il peut traîner des jours voire quelques semaines (et je lis autre chose).

4/ Des livres que tu n’as pas finis ?

Quelques-uns. Je pense à Orange mécanique d’Anthony Burgess paru en 1962 et traduit en français en 1972 (le vocabulaire spécial m’a… énervée, pourtant j’ai aimé le film de Stanley Kubrick) et Voyage au bout de la nuit de Céline paru en 1932 (le style et les longueurs m’ont déconcertée).

5/ Des livres très populaires que tu n’as pas aimés ?

Les deux cités ci-dessus et Le petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry paru en 1943 : j’ai essayé plusieurs fois de le lire mais je n’ai jamais réussi à le terminer (il aurait d’ailleurs pu être dans la question ci-dessus) car je le trouve d’une mièvrerie accablante…

6/ Y a-t-il un livre que tu as honte d’avoir lu ?

Oui, j’en vois un… (dont j’ai rapatrié sur ce blog la chronique parue janvier 2013 sur mon ancien blog). C’est Petite table, sois mise ! d’Anne Serre paru en 2012. Je n’avais pas compris de quoi parlait ce roman lorsque je l’ai emprunté à la bibliothèque… Un livre odieux sur la pédophilie et l’inceste revendiqués comme normaux et agréables !

7/ Combien de livres possèdes-tu ?

Bon sang, des milliers !!! Plus de 5 000, c’est sûr ! Il y a les romans et les recueils de nouvelles et les essais (classiques et contemporains), les utilitaires (cuisine, etc.), les documents (en particulier historiques), les bandes dessinées et beaucoup de mangas !

8/ Lis-tu rapidement ou lentement ?

Comme je l’ai dit pour la question 3, cela dépend. Si le livre est super et que j’ai la journée devant moi, je le lis rapidement ! Mais si je manque de temps ou de motivation, je lis plus lentement et je laisse traîner le livre…

9/ Aimes-tu faire des lectures communes ?

Oui, j’aime bien mais je ne suis pas toujours synchronisée avec les lectures communes proposées ici et là…

10/ Est-ce que tu lis mieux dans ta tête ou à voix haute ?

Je lis toujours dans ma tête. Il peut arriver que je lise à voix haute, un haïku par exemple (mais, ne riez pas, cela dérange les chats !).

11/ Si tu ne pouvais posséder qu’un seul livre, ce serait lequel et pourquoi ?

Je ne sais pas… Peut-être un gros livre pour qu’il dure plus longtemps donc une intégrale (ou une encyclopédie). Par exemple l’intégrale de Jane Austen (que vous pouvez voir pour le Projet 52-2019 #10, étagère du bas) ou l’intégrale Oscar Wilde (au hasard, j’aurais pu faire d’autres choix !).

N’hésitez pas si vous voulez le faire vous aussi !

Kurt Cobain… 25 ans !

25 ans après la disparition de Kurt Cobain… Kurt Cobain et Nirvana (grunge, rock alternatif) me manquent toujours… Bien sûr je peux écouter leurs albums mais il est tellement dommage de ne pas avoir de nouveaux titres. Et puis, Kurt Cobain, tout en ayant marqué son époque, est intemporel, presque immortel malgré sa mort. Le site de Nirvana existe toujours : lien. Voici un de mes titres préférés, Come as you are (album Nevermind, 1991).

Il est possible de suivre Dave Grohl avec les groupes Foo Fighters (collaboration de Krist Novoselic, l’autre membre de Nirvana) et Queens Of the Stone Age (ou QOTSA) ou encore avec le projet Probot (plutôt metal).

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Projet 52-2019 #13

Treizième semaine pour le Projet 52-2019 de Ma avec le thème matin. Le matin, j’ouvre mes doubles rideaux. Je les ai changés le week-end dernier : ceux d’avant étaient gris-beiges et tout simples alors que ceux-ci sont gris-bleus et thermiques. Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez participer à ce projet photographique, allez voir Ma !

À la ligne : feuillets d’usine de Joseph Ponthus

À la ligne : feuillets d’usine de Joseph Ponthus.

La Table Ronde, collection Vermillon, janvier 2019, 272 pages, 18 €, ISBN 978-2-71038-966-8.

Genres : littérature française, premier roman.

Joseph Ponthus naît à Reims en 1978. Il étudie à Reims puis à Nancy (hypokhâgne, khâgne) puis travaille à Nanterre : éducateur spécialisé auprès d’adolescents en difficulté (paraît Nous, la cité, en 2012 aux éditions La Découverte). Installé à Lorient (Bretagne) après son mariage, il travaille en intérimaire et rédige son vécu professionnel qui deviendra À la ligne : feuillets d’usine.

« L’usine c’est pour les sous / Un boulot alimentaire / Comme on dit » (p. 11). Un homme, bientôt 40 ans, qui a fait des études (littérature à hypokhâgne), mais ne trouve pas de travail, se lance dans l’intérim pour avoir un salaire. « L’usine m’a eu / Je n’en parle plus qu’en disant / Mon usine » (p. 13-14). L’été, pendant trois semaines, pour les vacances, il travaille avec un groupe de handicapés dans le nord (il vit en Bretagne). « Faire la route / C’est presque aussi répétitif / Que trier les caisses les poissons les crevettes » (p. 37). Avant de retourner dans l’agroalimentaire avec les poissons panés et le tofu à égoutter puis les fruits de mer et les crustacés. « Ritournelles obsédantes / Ceux qui taffent / ceux qui cheffent / les cadences de production édictées d’en haut » (p. 90). Puis de travailler au nettoyage dans un abattoir (le sang, le gras…). « Et les collègues sont gentils […] / Et il paraît que l’abattoir paie bien […] / Et puis on s’habitue / Voilà tout » (p. 130). Embauche, débauche, embauche, débauche… « Je me dis qu’il faut avoir une sacrée foi dans la paie qui finira bien par tomber dans l’amour de l’absurde ou dans la littérature / Pour continuer » (p. 49).

Il découvre (et fait découvrir aux lecteurs) l’industrie agroalimentaire avec ses difficultés : horaires, travail de nuit et donc décalage, productivité, bruits, odeurs, précarité, « ambiance de merde (p. 43), etc. Dans ce roman atypique, largement autobiographique, il y a de nombreuses références musicales, littéraires, cinématographiques, même anciennes (par exemple Fernand Raynaud avec son célèbre 22 à Asnières entre autres) : c’est ça qui lui permet de tenir, les souvenirs, la culture.

Mon passage préféré est celui avec Pok Pok, le chiot de six mois (p. 154). Il y a même des passages émouvants dans ce récit (plutôt tragique). Par exemple, l’adieu avec les collègues (p. 167-169) et la lettre qu’il écrit à sa mère (p. 214-219). Et aussi de l’humour comme des jeux de mots, « road tripes » ou « En avant Marx » !

Bref, l’auteur vit grâce à un travail atroce, de la fatigue, des douleurs… Mais il faut « que la tête tienne bon sinon le corps lâche / Et que le corps tienne bon sinon la tête explose » (p. 184).

J’ai noté que « Le sang des bêtes est un documentaire réalisé en 1949 par Georges Franju dans les abattoirs de Vaugirard et de La Villette qui fait passer n’importe quelle vidéo de L.214 pour un épisode gentillet de La petite maison dans la prairie / Le sang des bêtes est insoutenable et c’est pour ça qu’il faut le voir […] » (p. 208). Ainsi, les gens savent ce qui se passe dans les abattoirs, comment sont maltraités les animaux depuis 70 ans… Que vous mangiez de la viande ou non, il faut lire ce livre ! « Hallucination du trop d’animaux morts / Pourquoi / Pour qui » (p. 228).

Comme vous le voyez, dans les extraits ci-dessus, il n’y a pas de ponctuation, pas de virgule, pas de point, et lorsque j’ai mis un « / » entre les groupes de mots c’est parce que l’auteur passe « à la ligne » ; cela donne un rythme particulier au récit et le lecteur est happé par les mots et l’ambiance.

À la ligne : feuillets d’usine est un « livre ouvrier » qui sort vraiment de l’ordinaire ; il a déjà reçu le Grand Prix RTL/Lire 2019 et il est sélectionné pour d’autres prix. Il le mérite amplement car c’est un livre bouleversant, énorme, un coup de cœur de ce début d’année ! Du même genre (roman dans un abattoir) : Les liens du sang d’Errol Henrot (un premier roman également) paru en août 2017.

Je mets cette lecture dans Lire en thème puisque le thème de mars est : auteur français.