Le chant des baleines de Baudoin

Le chant des baleines de Baudoin.

Dupuis (plus au catalogue), collection Aire Libre, janvier 2005, 56 pages, 12,94 €, ISBN 2-8001-3676-6.

Genres : bande dessinée française.

Edmond Baudoin naît le 23 avril 1942 à Nice. Il abandonne une carrière dans la comptabilité pour se lancer dans la bande dessinée dans les années 1970 (dans des magazines tels Le canard sauvage, Circus, Pilote, L’écho des savanes) mais sa première bande dessinée, Civilisation, ne paraît qu’en 1981 chez Glénat ainsi que Les sentiers cimentés (1981), Passe le temps (1982), La peau du lézard (1983), Un flip coca (1984), Un rubis sur les lèvres (1986), Le premier voyage (1987), Le portrait (1990), Couma acò (1991), etc. chez Futuropolis puis il est édité par de petits éditeurs alternatifs. Au Festival d’Angoulême, il reçoit l’Alph-Art du meilleur album en 1992 pour Couma acò, l’Alph-Art du meilleur scénario en 1997 pour Le voyage et en 2001 pour Les quatre fleuves.

Un homme marche le long du port, observant les bateaux et réfléchissant. « Je n’ai rien appris de plus que ce que je savais quand j’ai quitté mon village. Mais je ne sais plus comment faire machine arrière. Trop de temps a passé. » (p. 7).

Des souvenirs remontent à la surface, un jeune homme sur un bateau, des femmes à Québec, à Chicago, un homme esseulé et insomniaque à Paris…

Il cherche une note, peut-être celle du chant des baleines… « Quelle musique ? Comment trouver sa note dans cette cacophonie ? Et surtout pourquoi essayer ? » (p. 9). Car que sont devenus les personnes qu’il a rencontrées ? « Que sont devenues mes amours ? Julie, Marion, Mathilde. Les ai-je fuis elles aussi ? Pour aller où ? Ici ? » (p. 29).

Il rencontre une jeune femme à la gare mais elle ne reste pas avec lui et continue son chemin en direction de la montagne. Plus il marche, plus le monde semble détruit, c’est qu’il se rappelle Beyrouth en 1987, le Michigan en 2000… Puis il rencontre un couple de vieux en haut de la montagne et ils lui offrent une soupe et la recette de la tarte aux myrtilles… Ils veulent entendre parler de la ville, « Parlez-nous de la vie. » (p. 42).

Mais lui veut aller au sommet du col de montagne, il a besoin de savoir ce qu’il y a de l’autre côté.

Après avoir voyagé dans le monde entier et avoir fait de nombreuses rencontres, cet homme, un musicien, se retrouve seul et il ne cherche pas sa voie mais sa note, désespérément. La vie est-elle faite de rencontres, d’incertitudes et de questionnements ?

Le dessin de Baudoin est spécial, charbonneux, détaillé (dessiné au pinceau si j’ai bien compris) mais le texte est plutôt poétique, intimiste voire métaphysique. En un mot, cette bande dessinée est un voyage à elle seule ! En consultant les autres titres de Baudoin, j’ai l’impression que je n’ai jamais lu cet auteur dessinateur auparavant, une lacune comblée donc et je lirai assurément d’autres titres !

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges ABC illimité (lettre E pour prénom), BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 2, une BD), Challenge lecture 2023 (catégorie 28, un livre sans happy end), Les départements français en lectures (Alpes Maritimes), Petit Bac 2023 (catégorie Animal pour Baleines) et Un genre par mois (en février, du rire aux larmes, drame).

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Où est Anne Frank ! d’Ari Folman et Lena Guberman

Où est Anne Frank ! d’Ari Folman et Lena Guberman.

Calmann Lévy, collection Graphic, octobre 2021, 160 pages, 18 €, ISBN 978-2-70218-079-2. Where is Anne Frank ? (2021) est traduit de l’anglais par Claire Desserrey.

Genres : littérature israélienne, bande dessinée, littérature jeunesse.

Ari Folman naît le 17 décembre 1962 à Haïfa en Israël. Il est réalisateur et scénariste pour le cinéma. Il est scénariste de cette bande dessinée. Je me disais bien que je connaissais ce nom : j’avais beaucoup aimé le film d’animation Valse avec Bachir (2008) et il a aussi réalisé le film d’animation Où est Anne Frank (2021), site officiel (en anglais ou en allemand) et vidéo de la bande annonce ci-dessous.

Lena Guberman naît en Israël et commence à dessiner et à s’intéresser à l’art dès l’enfance. Elle étudie la communication visuelle à l’Académie Betzalel à Jérusalem et en sort diplômée en 2003. Elle est illustratrice (albums illustrés, pour les journaux), sculptrice et travaille avec Ari Folman sur The Congress (2013). Plus d’infos sur son site officiel et sur sa page FB.

De nos jours, la maison d’Anne Frank se visite. Un soir d’orage, Kitty, son amie imaginaire, sort du livre et devient réelle mais invisible. Elle voit les portraits… « Anne ?! Otto ?!… Edith ?… Où sont-ils tous ? Je commence à avoir peur. » (p. 9).

12 juin 1942, Anne reçoit un journal pour son 13e anniversaire. « Non seulement je n’ai jamais écrit, mais il me semble que plus tard, ni moi ni personne ne s’intéressera aux confidences d’une écolière de 13 ans. Mais, à vrai dire, cela n’a pas d’importance, j’ai envie d’écrire et bien plus encore de dire vraiment ce que j’ai sur le cœur une bonne fois pour toutes à propos d’un tas de choses. » (p. 13).

Bon, je ne raconte pas l’histoire, (presque) tout le monde la connaît et que vous la connaissiez ou non, lisez cette belle bande dessinée émouvante ! Mais je veux noter quelques extraits. « Anne, ma chérie, ta plus grande force, c’est ton imagination (son père, p. 54). « Personne n’en revient jamais. On raconte que ce sont des camps d’extermination. Ils séparent les hommes des femmes, les enfants des adultes. Ils tuent ceux qui sont trop faibles ou trop vieux. » (monsieur Dussel, p. 65). « Je me rends compte que cela ne nous mène nulle part. On aurait mieux fait de ne pas se cacher. Mieux vaut mourir que nourrir l’espoir que quelque chose de positif va se produire. Je n’en ai jamais eu peur, parce qu’au pire, je verrai l’au-delà comme dans la mythologie grecque : un paradis entouré de cinq fleuves magnifiques. » (Margot, la sœur d’Anne, 31 décembre 1944, p. 100).

Quant à Kitty, elle est invisible lorsqu’elle est dans la maison d’Anne Frank, mais si elle sort, elle devient visible aux yeux de tous et si elle s’éloigne du journal d’Anne, elle s’évapore. Elle est recherchée par la police car elle est partie avec le journal mais elle rencontre Peter (l’ami d’Anne s’appelait Peter) qui aide des réfugiés : il va l’aider et lui faire comprendre ce qui est arrivé à Anne et à sa famille.

Les dessins sont très beaux, l’histoire très fluide et j’aimerais bien voir le film d’animation. L’objectif des deux auteurs, avec ce roman graphique transposé à notre début de XXIe siècle, est « de toucher le plus grand nombre de jeunes lecteurs du monde entier. » (p. 156) et de faire comprendre qu’encore maintenant il y a des enfants et des familles qui sont touchés par la guerre et ont besoin d’aide. Une histoire profondément humaniste (et c’est bien un ! et pas un ? dans le titre).

Ils ont lu ce roman graphique (et/ou vu le film) : Bazaart de Baz’art, Calypso d’Aperto libro, Karine de Les chroniques de Koryfée, Mamzelle Potter, Raphaéla de CinéChronicle, d’autres ?

Pour 2023 sera classique (pour l’adaptation du Journal d’Anne Frank), ABC illimité (lettre F pour nom), BD 2023, La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka), Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 2, une BD ou un manga, 3e billet), Challenge lecture 2023 (catégorie 25, un livre sur le thème de la seconde guerre mondiale), Jeunesse & young adult #12, Lire (sur) les minorités ethniques (j’ai vérifié, les Juifs ont toujours été une minorité ethnique, religieuse et persécutés…), Littérature de l’imaginaire #11 (je mets dans ce challenge parce que l’amie imaginaire prend vie, c’est donc du fantastique), Petit Bac 2023 (catégorie Prénom pour Anne), Tour du monde en 80 livres (Israël), Un genre par mois (en février, du rires au larmes, (romans feel good ou) drame).

Boubou et ses amis de Yoon-sun Park

Boubou et ses amis de Yoon-sun Park.

Biscoto, janvier 2022, 96 pages, 16 €, ISBN 978-2-37962-046-1.

Genres : bande dessinée sud-coréenne, littérature jeunesse, nouvelles.

Yoon-sun Park naît le 16 juin 1980 à Séoul en Corée du Sud. Elle étudie le design à l’université nationale de Séoul et devient illustratrice. Elle est en résidence à Angoulême en 2008 et se fait connaître des lecteurs francophones avec Sous l’eau, l’obscurité (Sarbacane, 2011). Suivent une dizaine de titres pour adultes ou pour la jeunesse qui lui rapportent des prix à Angoulême ou à Montreuil. En mars dernier, j’ai déjà lu Où est le Club des Chats que j’avais beaucoup aimé mais je n’ai pas (encore) publié ma note de lecture. Plus d’infos sur son blog.

L’anniversaire de Boubou – Boubou est le chien d’Antonin et « aujourd’hui, c’est son anniversaire ! » (p. 9). Antonin et ses amis, Zoé et Raoul, veulent préparer un gâteau pour Boubou mais « le chocolat, c’est du poison pour les chiens ! » (p. 13).

Les clés magiques – Zoé a trouvé 3 clés magiques mais Antonin et Raoul ne croient pas qu’elles soient magiques… Pas de problème, « Zoé va leur montrer ! » (p. 23). Et c’est toute une aventure… magique que vont vivre les enfants et le chien Boubou.

L’école un peu spéciale… – C’est l’heure d’aller à l’école mais Antonin traîne… et il envoie Boubou à sa place ! D’autres ont eu la même idée que lui ! Les élèves vont recevoir un cours bizarre de mathématiques et tout aussi bizarre d’anglais !

Boubou et les bonbons – Les enfants et Boubou veulent profiter de Halloween pour « sonner chez les voisins » (p. 55) et réclamer des bonbons mais un lutin vert les entraîne dans le reflet du miroir. « Hi hi. Si vous avez VRAIMENT  pas peur, venez ! » (p. 59).

Boubou dans la neige – C’est l’hiver et « Antonin a promis à Boubou : Dès qu’il neigera, on ira s’amuser dehors. Autant que tu voudras ! » (p. 73). Mais quand la première neige arrive, c’est la nuit et tout le monde dort… Comment Boubou va-t-il pouvoir profiter de la neige ?

Une belle bande dessinée atypique avec 5 histoires tendres et / ou amusantes. Les jeunes vont s’attacher à Boubou et ses amis et vivre de folles aventures. Mais les grands apprécieront aussi le style et l’humour loufoque de l’autrice.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny) et les challenges BD 2023, ABC illimité (lettre B pour titre), Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 22, cette bande dessinée est un recueil de 5 nouvelles), Challenge lecture 2023 (catégorie 39, un livre d’une autrice coréenne), Jeunesse & young adult #12, Littérature de l’imaginaire #11 et Tour du monde en 80 livres (Corée du sud).

Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi

Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi.

Glénat, collection Seinen, octobre 2021, 400 pages, 14,95 €, ISBN 978-2-34404-792-7. 人魚シリーズ (Ningyo Shirîzu, 1985) est traduit du japonais par Nesrine Mezouane.

Genres : manga, shônen/seinen, fantastique.

Rumiko Takahashi 高橋 留美子 naît le 10 octobre 1957 à Niigata (préfecture de Niigata, Japon). Elle commence à dessiner très jeune puis, lorsqu’elle est étudiante à Tokyo, elle fréquente Gekiga Sonjuku, l’école de manga fondée par Kazuo Koike. Elle débute sa carrière avec des recueils amateurs appelés dôjinshi (1975) puis Urusei Yatsura (1978-1987). C’est une mangaka célèbre (au style reconnaissable) et elle a reçu plusieurs prix. J’ai lu ses chefs-d’œuvre, Inu-Yasha, Ranma 1/2, Urusei Yatsura que j’ai également vus en animation, ainsi que Maison Ikkoku (Juliette, je t’aime) en animation. J’ai aussi lu ses one-shots (parus chez Tonkam), La tragédie de P (1994), Le chien de mon patron (1999) et Un bouquet de fleurs rouges (2005). Quant à Mermaid Saga, j’ai vu les OAV et la série animée mais je n’avais jamais lu le manga.

Mermaid Saga est paru au Japon en 3 tomes entre 1984 et 1994, d’abord en prépublication dans Shônen Sunday Zôkan (1984-1985) puis dans Weekly Shônen Sunday (1987-1994) avant d’être édité par Shôgakukan (dès 1985) et adapté en animation (en 1991, 1993 et 2003). Le premier tome, Mermaid Forest 人魚の森 (Ningyo no mori soit la forêt des sirènes) est le seul tome traduit en français en 1998. Le tome 2, Mermaid’s Scar 人魚の傷 (Ningyo no kizu soit la cicatrice de la sirène) et le tome 3, Mermaid Gaze 夜叉の瞳 (Yasha no hitomi soit l’œil du démon) sont enfin traduits en français. Ce premier tome intégrale contient Mermaid Forest.

Yuta a mangé de la chair de sirène et il est devenu immortel (sauf s’il a la tête tranchée) alors que tous ses amis pêcheurs sont morts dans d’atroces souffrances. Il a 20 ans… depuis 500 ans mais souffre de voir tous ceux qu’il aime vieillir et mourir. Il voudrait donc redevenir mortel. « On m’a dit que pour redevenir humain, je devais rencontrer une sirène… ».

Mana a été capturée enfant par des sirènes qui l’ont obligée à manger de la chair de sirène afin, à leur tour, de se nourrir de sa chair pour redevenir jeunes et belles…. Elle a 16 ans, est aussi immortelle, et heureusement a réussi à s’enfuir grâce à Yuta qui est arrivé dans le village isolé où elle était prisonnière, c’est sûr « les sirènes ne savent pas rire ».

Des sirènes, des monstruosités, des pirates, de l’action, de l’aventure, parfait pour un shônen (manga pour garçons) mais il y a quelques scènes violentes et érotiques alors c’est plutôt un seinen (manga pour adultes). Il y a aussi d’horribles vieilles femmes et de l’humour, « Arrête de crier, ton dentier risque de tomber ! » (p. 188), mouah ah ah, elle est bien bonne !

Ce premier tome est un très beau livre, dans un format plus grand que les mangas habituels (145 x 210 mm). Les différentes histoires peuvent être lues indépendamment (comme des nouvelles) mais il y a une certaine continuité chronologique donc mieux vaut les lire dans l’ordre même s’il y a des flashbacks aussi bien pour Yuta que pour Mana. Vous pourrez être un peu énervés par le statut de Mana (jeune fille en détresse avec un héros qui la sauve à chaque fois) mais c’est typique des années 80 (j’appelle ça le syndrome de la Princesse Peach, pour ceux qui connaissent les jeux vidéo… La Princesse Peach se laisse toujours enlever par le méchant Bowser pour que Mario vienne la sauver). Une lecture pour les fans de Rumiko Takahashi et pour ceux qui veulent découvrir la mangaka et son univers. La bibliothèque a acheté le deuxième tome donc je le lirai sûrement dans pas longtemps.

Ils l’ont lu : Aelurus, Floriane, Hervé, Tampopo, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et les challenges ABC illimité (lettre R pour prénom), BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 14, le nom d’un animal dans le titre, mermaid est l’anglais pour sirène), Challenge lecture 2023 (catégorie 28, un livre sans happy end), Contes et légendes, Jeunesse & young adult #12, Littérature de l’imaginaire #11, Petit Bac 2023 (catégorie Animal pour Mermaid = sirène), Tour du monde en 80 livres (Japon).

Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa

Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa.

Kana, collection Bik Kana, juillet 2022, 192 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50511-379-9. ダーウィン事変 (Darwin Jihen, 2020) est traduit du japonais par Frédéric Malet.

Genres : manga, seinen, science-fiction.

Shun Umezawa うめざわしゅん naît le 13 décembre 1978 à Kashiwa dans la préfecture de Chiba (Japon). Il est dessinateur, scénariste et il commence sa carrière de mangaka en 1998 avec un one-shot, Jerashi, publié dans le Weekly Young Sunday (Shôgakukan). D’autres titres sont parus avant Darwin’s incident, titre sur lequel il travaille depuis 2020 et prévu en 4 tomes. Shun Umezawa est plus connu en Espagne où ses précédents titres (Utopias, Ippiki to Kyûjûkyûhiki to, Pinkie Always rings Twice, Erehwon) sont traduits. Plus d’infos sur son site officiel.

Voici comment commence ce manga : « Le courant de la conscience s’étend des humains opprimés à tous les animaux, conduisant à de formidables réponses sur l’évolution. Charles Darwin (note griffonnée en février 1838) » (p. 2).

Institut de recherche biologique STRARD à Escondido en Californie. Des membres de l’Alliance de Libération des Animaux « attaquent » et libèrent des singes, des lapins, des chats, des chiens, des souris… et récupèrent une femelle chimpanzé en train de faire une fausse couche.

Institut de recherche sur les primates Kornberg à Saint-Louis dans le Missouri, deux mois plus tard. « Il s’agit du rapport officiel de l’Académie national des sciences. Le décryptage du séquençage de l’ADN et les dernières technologies d’analyse du génome le confirment. Ce nouveau-né… est un hybride mi-humain mi-chimpanzé. C’est un humanzee. » (p. 10-11).

Quinze ans plus tard, à Shrewsville dans le Missouri. Charlie a été adopté et élevé par Hanna et Gilbert (surnommé Bert), un couple composé d’une avocate et d’un scientifique. C’est son premier jour au lycée et… Charlie est considéré comme une bête curieuse (il est connu car il est régulièrement dans les journaux et a même rencontré le président). Mignon pour les uns (plutôt pour les filles), macaque pour d’autres voire danger (plutôt pour les garçons), Charlie n’est pas accueilli à bras ouverts par tous… « Moi, j’ai pas trop envie de m’approcher de lui… On ne sait pas ce que cet hybride pourrait nous faire. » (p. 24), sans commentaire.

Dans la cour, un chat est coincé dans un arbre et Lucy grimpe pour le récupérer mais la branche casse… Charlie est en cours, il saute par la fenêtre et rattrape à la fois le chat et Lucy. Évidemment tout le monde filme la scène. Après ça, à la cafétéria, Lucy et Charlie deviennent amis sous le regards éberlués des lycéens.

Malheureusement des membres plus violents – ou plus cinglés – de l’Alliance de Libération des Animaux organisent des attentats à New York et veulent rallier Charlie à leur cause… Charlie – bien que vivant à plus de 1500 km – est soupçonné de faire partie de ce groupe… « Dis-moi… tu penses vraiment que Charlie pourra devenir l’un des nôtres ? – Nous allons faire en sorte qu’il n’ait pas le choix. » (p. 75).

Au-delà de l’éthique (non, il n’est pas normal que les humains créent des hybrides, des chimères), ce genre d’histoires de science-fiction me plaît bien. Une fois que l’être vivant – ici Charlie – est existant, on ne va pas le tuer quand même mais il ne faut pas oublier qu’il est justement un être vivant sensible, doué de raison, de sentiments, d’émotions et pas qu’un sujet d’études ou d’expériences. Ce manga traite aussi des végans et en particulier de ceux qui commettent des attentats terroristes et tant pis pour les victimes collatérales, ça c’est affreux, on ne défend pas une cause par la violence (et je ne vis pas dans le monde des Bisounours). Quoiqu’il en soit, ce premier tome est une tuerie, je veux dire est vachement bien, enfin vous m’avez comprise, et j’ai hâte de lire la suite ! Le 2e tome est paru en octobre 2022 et le 3e est annoncé pour janvier 2023.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny) et les challenges ABC illimité (lettre U pour nom), BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio 2023 (case n° 2, une BD ou un manga), Challenge lecture 2023 (catégorie 21, un livre d’un auteur que je n’avais jamais lu), Jeunesse & young adult #12, Littérature de l’imaginaire #11, Petit Bac 2023 (catégorie Prénom pour Darwin, j’ai vérifié Darwin est un prénom provenant du vieil anglais Deorwine qui signifie « cher ami »), Un genre par mois (en janvier, c’est BD, manga…). Certains liens de challenges arrivent !

Challenge BD 2023

Mon logo préféré

Je participe au challenge BD de Marjorie – du blog Chroniques littéraires – depuis sa création en 2014. Je rempile pour le Challenge BD 2023. Toutes les infos, les nouveaux logos (Marjorie en a concocté 3) sur le groupe FB.

Mes lectures BD pour ce challenge

1. Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa (Kana, 2022, Japon)

2. Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi (Glénat, 2021, Japon)

3. The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô (Akata, 2022, Japon)

4. Boubou et ses amis de Yoon-sun Park (Biscoto, 2022, Corée du Sud)

5. Où est Anne Frank ! d’Ari Folman et Lena Guberman (Calmann Lévy, 2021, Israël)

La BD de la semaine 2023

Ma 7e année pour La BD de la semaine. Un rendez-vous hebdomadaire, le mercredi, qui consiste à publier une note de lecture d’une bande dessinée (contemporaine ou classique, franco-belge, européenne, comics, manga…). 6 billets en 2017, 19 en 2018, 14 en 2019, 47 en 2020, 43 en 2021, 47 en 2022, je tiens le rythme. Cette année, ce sera géré par Moka, Noukette et Fanny. Plus d’infos sur le groupe FB.

1. Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa (Kana, 2022, Japon)

2. Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi (Glénat, 2021, Japon)

3. The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô (Akata, 2022, Japon)

4. Boubou et ses amis de Yoon-sun Park (Biscoto, 2022, Corée du Sud)

5. Où est Anne Frank ! d’Ari Folman et Lena Guberman (Calmann Lévy, 2021, Israël)

Mon top BD 2022

La BD de la semaine est en vacances et, comme c’est le dernier mercredi de l’année, voici mon top BD 2022 (certaines BD sont parues avant mais je les ai lues en 2022 et, malheureusement, il y a quelques (excellents) titres dont je n’ai pas encore publié les notes de lectures donc ce sera pour l’année prochaine).

BD françaises

1. La bibliomule de Cordoue de Lupano et Chemineau (Dargaud)

2. Le Boiseleur, 1 – Les mains d’Illian de Hubert et Hersent (Soleil)

3. Les oiseaux de Troubs (Futuropolis)

4. Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan (Ankama)

5. La petite voleuse de la Tour Eiffel de Manini, Richez et Ratte (Grand Angle)

BD européennes

1. Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Cever d’après le roman de Luis Sepúlveda (Caurette), BD belgo-franco-suisse inspirée d’un roman chilien

2. Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort (Futuropolis), BD italienne

3. La série Solo mais mon tome préféré est Solo 4 – Legatus d’Oscar Martin (Delcourt), BD espagnole

4. Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter (La joie de lire), BD norvégienne

5. Anča & Pepík mènent l’enquête de Lucie Lomová (Dupuis), BD tchèque

BD de science-fiction

1. Carbone & Silicium de Mathieu Bablet (Ankama)

2. Après le monde de Timothée Leman (Sarbacane)

3. Celestia de Manuele Fior (Atrabile)

Romans graphiques

1. Entre les lignes de Baptiste Beaulieu et Dominique Mermoux (Rue de Sèvres)

2. L’accident de chasse de David L. Carlson et Landis Blair (Sonatine)

3. Queenie, la marraine de Harlem d’Aurélie Lévy et Elizabeth Colomba (Anne Carrière)

Mangas

1. Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 1 d’Umi Sakurai et le tome 2 (Soleil Manga)

2. Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani (Mangetsu)

3. Serii de Takehito Moriizumi (Atelier Akatombo)

4. Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi (Pika)

5. Les carnets de l’Apothicaire 1 de Natsu Hyûga, Itsuki Nanao et Nekokurage (Ki-oon)

Et en bonus, Seizième printemps de Yunbo (Delcourt), bande dessinée sud-coréenne

Comics et assimilés

1. Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg (Akileos), comics suédo-finlandais

2. Ours de Ben Queen et Joe Todd-Stanton (Kinaye), comics états-unien

3. Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill (Bliss), comics néo-zélandais

Humour

1. Ma folle vie de dessinateur ou comment faire son autoportrait en toutes circonstances de Benjamin Chaud (Hélium) + expo et rencontre avec Benjamin Chaud

2. Les bons gros bâtards de la littérature d’Aurélien Fernandez et PoPésie (Lapin)

3. La série La voie du tablier de Kôsuke Oono – tomes 1 à 4 et tomes 5 à 7 (Kana)

Quelques mots : je suis ravie de la diversité des genres, des styles, des éditeurs et des pays représentés, j’espère que plusieurs titres vous feront envie. Rendez-vous la semaine prochaine pour La BD de la semaine 2023 !

Serii de Takehito Moriizumi

Serii de Takehito Moriizumi.

Atelier Akatombo, juin 2020, 190 pages, 13 €, ISBN 978-2-37927-061-1. セリー est traduit du japonais par Dominique et Franck Sylvain.

Genres : manga, seinen, science-fiction.

Takehito Moriizumi 森泉 岳土 naît en 1975 à Tôkyô au Japon. Il travaille dans une entreprise mais se rend compte que sa passion (depuis l’enfance) est le dessin. Son premier manga, Mori no Mari (Marie de la forêt) paraît dans Monthly Comic Beam alors qu’il a 35 ans. Sa technique de dessin est similaire au lavis (encre de Chine). Les mystérieux hasards de l’hiver et autres histoires paraît en 2019 (Lézard noir) et 1984 de George Orwell/La Luciole de Haruki Murakami en juin 2021 (Atelier Akatombo). Plus d’infos sur ses comptes facebook, twitter et instagram.

Un jeune homme, Kakeru, vit avec une androïde, Serii. Depuis une catastrophe, ils sont confinés dans une maison remplie de livres. Heureusement, il y a des réserves de nourriture pour Kakeru, un générateur pour l’électricité et le chauffage. « Kakeru… La situation est telle que nous ne pouvons plus sortir d’ici… Il s’est passé beaucoup de temps depuis que nous sommes sans nouvelles de l’extérieur. Ce monde… Y a-t-il d’autres personnes en vie à part toi, Kakeru ? » (p. 18-19).

Serii fait la lecture à Kakeru, de la fiction (Ursula Le Guin, Jack London…) ou des livres scientifiques (Paul Davis…) mais subitement ses yeux ne fonctionnent plus alors c’est Kakeru qui fait la lecture. Cependant Serii demande « Kakeru, et si tu me redémarrais à zéro ? Ça permettrait de me réparer, je pense. » (p. 69) mais Kakeru refuse car Serii est une véritable mémoire depuis qu’il est enfant et la redémarrer signifierait qu’elle perde tout ce qu’elle a enregistré ! Douze ans après, Kakeru meurt et Serii se retrouve seule…

Dans cette histoire post-apocalyptique en huis-clos, il y a une certaine douceur, pas de peur, pas d’horreur, c’est plutôt intimiste et philosophique. Les dessins sont très minimalistes, parfois simplement esquissés, et il y a de moins en moins de dialogues, peut-être parce que Kakeru et Serii sont usés par cette vie d’isolement ou alors parce qu’ils n’ont pas besoin d’autre chose que la lecture. Serii est, en tout cas, un très bel objet en tant que livre (à un prix très raisonnable) et c’est justifié vu l’importance des livres et de la transmission dans ce récit. C’est que Takehito Moriizumi aime la lecture depuis l’enfance et que Serii est un vibrant hommage à la littérature qu’elle soit de fiction ou scientifique.

Serii est suivie par 2 histoires courtes, Le sang de l’après-midi (les pages sont jaunes) et Ce jour-là, avec toi : Kuching (2015), Venise (2016), Okayama (2017), trois voyages que l’auteur a faits avec son épouse, puis une postface, Celle que je ne peux oublier (2018). La littérature « C’est un endroit où l’on peut se rendre chaque jour, mais où l’on est accompagné par le sentiment que rien ne se clôturera. » (p. 184). Ces histoires sont plus dramatiques, elles parlent de la famille, des souvenirs, et auraient pu se dérouler avant Serii.

Ils l’ont lu : Anne-Laure de Chut… Maman lit, Le Chroniqueur, Fondu au noir, L’œil de Luciole, d’autres ?

Pour La BD de la semaine, BD 2022, Littérature de l’imaginaire #10, Un genre par mois (de l’amour dans l’air, ici une histoire d’amour différente) et ABC illimité (lettre T pour prénom).

 

Challenge Jeunesse & young adult #12

Après 11 éditions, Muti n’a plus eu le temps de s’occuper du challenge Jeunesse young adult qu’elle avait créé. Heureusement Froggy l’a repris fin octobre (je n’ai eu l’info que mercredi soir). Voici donc le Challenge Jeunesse & young adult #12 qui dure du 1er novembre 2022 au 31 octobre 2023.

Infos, inscription et logo chez Froggy qui a gardé les mêmes catégories et l’option BD/mangas/albums illustrés.

Les catégories
1 : Aux frontières du rêve => au moins 10 ouvrages
2 : Badine avec les royaumes de l’enfance => au moins 20 ouvrages
3 : À pieds joints dans la marelle => au moins 35 ouvrages
4 : A su garder son cœur de mioche => au moins 50 ouvrages
5 : Peter Pan dans l’âme => au moins 65 ouvrages
6 : Au pays des mille et un livres => au moins 80 ouvrages
7 : Vit dans un conte de fées => 100 et plus (pour les livrovores)

L’option BD/mangas/albums illustrés
1 : 5 BD/mangas/albums
2 : 10 BD/mangas/albums
3 : 15 BD/mangas/albums
4 : 20 BD/mangas/albums

Comme d’habitude, je m’inscris en catégorie 1, Aux frontières du rêve => au moins 10 ouvrages, mais je lis toujours plus et je prends l’option BD/mangas/albums illustrés.

Mes lectures JYA

1. Harper et le parapluie rouge de Cerrie Burnell (Albin Michel Jeunesse, 2016, Angleterre)

2. Harper et le cirque des rêves de Cerrie Burnell (Albin Michel Jeunesse, 2017, Angleterre)

3. 19 jours sans Noa d’Anne-Gaëlle Balpe (L’école des loisirs, 2022, France)

4. Charamba, hôtel pour chat – Bobine s’en mêle de Marie Pavlenko et Marie Voyelle (Flammarion Jeunesse, 2022, France)

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Mes lectures BD/mangas/albums illustrés

1. Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa (Kana, 2022, Japon)

2. Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi (Glénat, 2021, Japon)

3. The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô (Akata, 2022, Japon)

4. Boubou et ses amis de Yoon-sun Park (Biscoto, 2022, Corée du Sud)

5. Où est Anne Frank ! d’Ari Folman et Lena Guberman (Calmann Lévy, 2021, Israël)

Option 1 honorée 🙂

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