La BD d’auteur américaine en 80 albums

La BD d’auteur américaine en 80 albums.

HS 79 des Inrockuptibles, janvier 2018, 100 pages, 8,90 €.

Genres : bande dessinée, comics.

Les auteurs et leurs albums sont classés de cette façon : les précurseurs, les agitateurs, les architectes, la relève.

Les précurseurs : George Herrima (Krazy Kat, 1913-1944), Winsor McCay (Little Nemo, dès 1905) et six autres auteurs. J’avoue que je connais un peu mais je ne suis pas fan de toutes ces couleurs criardes…

Les agitateurs : Harvey Kurtzman, Will Eisner et douze autres auteurs, dont la majorité des œuvres sont en noir et blanc mais je n’adhère pas… Sauf Robert Crumb que j’aime bien mais pas tout et Art Spiegelman dont j’apprécie énormément les œuvres (Maus).

Les architectes : Chris Ware, Joe Sacco, Scott McCloud et dix-huit autres auteurs, et mes chouchous : Jeff Smith (Bone) et Stan Sakai (Usagi Yojimbo).
« Toutes les histoires finissent par être profondément personnelles » Daniel Clowes (p. 46).

La relève : Adrian Tomine et Jason Shiga (Bookhunter) que j’apprécie (ils sont tous deux d’origine japonaise) et 21 autres auteurs.

Un numéro intéressant (j’ai des lacunes en bande dessinée américaine…) avec un beau panorama d’auteurs américains et des œuvres à découvrir (différentes des comics avec super-héros) dans chacune des catégories.

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L’Enfant et le Maudit, 1 de Nagabe

L’Enfant et le Maudit (tome 1) de Nagabe.

Komikku, mars 2017, 196 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-37287-197-6. Totsukuni no shôjo とつくにの少女, pré-publié dans Comic Blade en 2015 et paru chez MAG Garden Corporation en 2016, est traduit du japonais par Fédoua Lamodière.

Genres : manga, shônen, fantastique, dark fantasy.

Nagabe ながべ naît un 1er août ; il est mangaka (dessinateur et scénariste) depuis 2013 ; il vit et travaille à Tokyo. Plus d’infos sur son tumblr, sur pixiv.net et sur son compte TW.

Sheeva, une fillette, vit avec le Professeur dans une maison en forêt avec une jolie clairière. Un peu plus loin, il y a le village d’Oléa, abandonné, mais ils y trouvent de quoi se nourrir. Sheeva n’a pas le droit de toucher le Professeur ou de sortir seule sans sa permission à cause d’une malédiction. Elle espère que sa tante va bientôt venir la chercher et un jour, elle aperçoit une silhouette. Est-ce quelqu’un qui vient de l’extérieur ?

Il y a deux mondes : l’Intérieur habité par les humains et l’Extérieur habité par de monstrueuses créatures. « Pour protéger la population de l’intérieur… Nous devons supprimer toute menace potentielle ! Pas de pitié pour les êtres de l’extérieur. » (p. 114). Et une légende avec deux dieux : celui de la Lumière et celui des Ténèbres.

La fillette est toute blanche et de blanc vêtue (symbole de pureté ?) ; le Professeur est tout noir, de noir vêtu, il a un long bec et une tête de bouc (symbole de la malédiction ?).

Ce manga fantastique est un conte noir, mystérieux, intriguant qui parle de la dualité dans une incroyable ambiance tout en finesse et en poésie. C’est une réflexion sur l’humanité et la figure de l’étranger. Le contraste entre le noir et le blanc est intense, superbe et les dessins sont expressifs et d’une grande beauté.

J’ai hâte de lire les tomes suivants pour en savoir plus ! Pour l’instant, au Japon, il y a 4 tomes de parus et la série est en cours.

À noter que le sous-titre, Siúil a Rún, (qui se traduit par Va mon amour) est une chanson traditionnelle irlandaise du XIXe siècle, interprétée entre autres par le groupe Clannad en 1976 (vidéo ci-dessous, 3e titre à 4’26) et, plus récemment par Cécile Corbel (2012) et Nolwenn Leroy (2012).

Une lecture pour La BD de la semaine et les deux challenges BD, Un max de BD en 2018, et Littérature de l’imaginaire et Raconte-moi l’Asie #3.

La BD de la semaine 2018

J’ai commencé à participer au rendez-vous, La BD de la semaine, en septembre 2017. Je consultais plusieurs blogs qui participent à cet événement hebdomadaire et le groupe FB et j’ai eu envie de participer moi aussi, surtout pour lire plus de bandes dessinées et publier plus de notes de lectures de bandes dessinées. Petit bilan en 2017 avec seulement 5 bandes dessinées et une revue spécialisée (en 4 mois). Mais je vais continuer cette année et j’espère qu’il y aura plus de liens de bandes dessinées ci-dessous !

1. Sérum de Cyril Pedrosa et Nicolas Gaignard (Delcourt, 2017)

2. L’Enfant et le Maudit (tome 1) de Nagabe (Komikku, 2017)

Challenge Un max de BD en 2018

Découvert chez Hérisson, ce challenge Un max de BD en 2018 m’a attirée par son thème et son logo. J’adore lire des BD et des mangas mais… souvent je ne prends pas assez le temps d’en lire ou j’en lis mais je ne prends pas le temps de publier mes notes de lecture sur le blog… Puisque le Challenge BD et La BD de la semaine ne sont pas suffisants pour me faire lire des BD et les chroniquer (!!!), je rajoute ce challenge et je découvre le joli blog Ce que Kobaitchi raconte. Infos, logos et inscription chez Kobaitchi.

L’objectif ? Lire des bandes dessinées, mangas, comics, manhwa, manhua, web-comics, romans graphiques, fanzines, romans-photos (pour peu qu’il y ait encore des gens qui en lisent), etc. Sans texte, en français ou dans une autre langue. Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018.

Les paliers

10 lectures : Étudiant. Bien, même les plus beaux voyages débutent par un premier pas.

20 lectures : Apprenti. Les choses sérieuses commencent. Ne lâche rien.

30 lectures : Coloriste. Bravo, ton talent commence à être reconnu.

40 lectures : Assistant. Tu peux être fier.e de toi et de ta progression.

50 lectures : Bédéiste. Wow ! Génial. Tu y es arrivé 😀

100 lectures : Raoul Cauvin. Deux BD lues dans chaque catégorie ? Tu es assurément accro !

Les bonus à débloquer

Au moins une BD venant de chaque continent.

Un ratio d’au moins 50 % d’autrices.

En faire voyager au moins 5 (son exemplaire perso ou un nouveau. En boîte à dons, bookcrossing, swap, cadeaux, etc.).

Les catégories = challenges supplémentaires (en gras, ceux que j’ai honorés)

Lire une BD : 1. Où il pleut, 2. Avec des animaux qui parlent, 3. En couleur, 4. En noir et blanc + une couleur (ou un ton de couleur), 5. Avec des personnages LGBTQ, 6. Qu’une connaissance a adorée, 7. Qui a (eu) mauvaise presse, 8. Où on ignore le genre d’un des personnages, 9. Dont le scénariste et le dessinateur sont de deux nationalités différentes, 10. Fantastique, 11. De science-fiction, 12. Explicative/documentaire, 13. Dont on possède un objet dérivé, 14. Adapté d’une autre œuvre (film, peinture, roman, etc.), 15. Qui parle de fantômes, 16. De sorcières, 17. De vampires, 18. Qu’on a reçue en cadeau, 19. Dont la couverture est majoritairement verte, 20. Empruntée à la bibliothèque, 21. Empruntée (mais pas à la bibliothèque), 22. Dans une autre langue que le français, 23. Auto-éditée, 24. Qui demande une interaction autre que la lecture (énigmes, BD dont vous êtes le héros, etc.), 25. Dévorée d’une traite, 26. Qu’on a mis plus de trois jours à finir, 27. Avec des héros enfants (- de 12 ans), 28. Sans texte, 29. Au contenu adulte, 30. Qui aborde le handicap, 31. Qu’une connaissance n’a pas aimée du tout, 32. Qu’on a achetée/empruntée après la lecture d’une critique sur un blog (et ce serait bien d’indiquer lequel), 33. Qu’on voulait lire depuis très longtemps (plus de 2 ans), 34. Sortie depuis moins d’un mois, 35. Adaptée d’un blog, 36. Éditée grâce à un crowdfunding, 37. Historique (même si des libertés ont été prises avec l’Histoire), 38. Achetée lors d’un salon, 39. Dont on a rencontré l’auteur, 40. One-shot, 41. Qui est la première BD de l’auteur, 42. Qu’on aimerait faire lire au monde entier, 43. Qui nous a fait pleurer, 44. Qui nous a déçus, 45. Qui aborde bien une cause importante à nos yeux (féminisme, antispécisme, handicap, homophobie, racisme, que sais-je d’autre…), 46. Qui a été éditée avant notre naissance (ça va être plus simple pour certains que pour d’autres), 47. Choisie au pif, 48. Sélectionnée par son libraire, 49. Le dernier tome d’une série, 50. Au contenu scientifique.

Mes lectures

1. Sérum de Cyril Pedrosa et Nicolas Gaignard (France) entre dans les catégories 3, 11, 20, 25, 32, 40, 45.

2. L’Enfant et le Maudit (tome 1) de Nagabe (Japon) entre dans les catégories 1, 6, 10, 20, 25, 27.

3.

4.

5.

6.

7.

8.

9.

10.

+ ?

Sérum de Pedrosa et Gaignard

Sérum de Cyril Pedrosa et Nicolas Gaignard.

Delcourt, Hors collection, octobre 2017, 160 pages, 18,95 €, ISBN 978-2-7560-6591-5.

Genres : bande dessinée, science-fiction.

Cyril Pedrosa naît le 22 novembre 1972 à Poitiers. Il étudie à l’École des Gobelins puis se consacre à la bande dessinée. Du même auteur : Ring Circus (4 tomes entre 1998 et 2004), Les aventures spatio-temporelles de Shaolin Moussaka (3 tomes entre 2004 et 2006), Les cœurs solitaires (2006), Trois ombres (2007), Paroles sans papiers (2007), Brigade fantôme (2 tomes entre 2007 et 2009), Premières fois (2008), Autobio (2 tomes entre 2008 et 2009), Portugal (2011), Les équinoxes (2015).

Nicolas Gaignard naît le 1er août 1973 au Mans. Il étudie les Arts graphiques et les Beaux-Arts. Il travaille à Paris dans le cinéma d’animation et Sérum est la première bande dessinée qu’il illustre.

Paris 2050. Kader est contrôleur du parc éolien pour Éolia ; il vit dans la zone de transit, porte un bracelet d’identification ; est séparé de son épouse, Heike, et voit très peu leur fille, Lucy. La Ve république a été remplacée par l’Union nationale et le le mot d’ordre du nouveau gouvernement est transparence mais, dans cette société soi-disant démocratique, plutôt totalitaire, les retraités et les handicapés travaillent, la population est rationnée et surveillée et un couvre-feu instauré. Depuis quelques semaines, le logo d’une organisation clandestine, ARV, apparaît sur des murs ou des piliers. Kader a-t-il un lien avec les membres de cette organisation ? Il y a quatre ans, il a reçu une substance, la zanédrine, et il est obligé de toujours dire la vérité ce qui n’est pas du tout facile à vivre. « Et moi je vous réponds. Je réponds aux questions de tout le monde d’ailleurs. Avec ce putain de sérum, je suis devenu tellement transparent que je n’existe même plus. » (p. 85).

Vu chez Mo en novembre dernier et bien sûr en librairie, j’avais très envie de lire cette bande dessinée et j’ai bien fait ! Cette dystopie (*) cynique et déprimante fait froid dans le dos et le lecteur se demande horrifié si un tel régime pourrait s’installer dans notre pays dans si peu de temps… Politiques qui mentent, corruption, pollution, contrôle médical accru, surveillance, censure, rationnement, etc. Pour certaines choses, on y est déjà et pour d’autres on y est presque, il suffit de pas grand chose… Comme le dit l’éditeur, le trait de Nicolas Gaignard est élégant, d’une élégance sobre, froide, terne dit Mo, qui sied merveilleusement bien au sombre scénario de Cyril Pedrosa qui m’a bien surprise car j’avais lu Trois ombres qui est totalement différent. Si vous aimez les histoires d’anticipation ou si vous êtes simplement curieux, je vous conseille cette bande dessinée qui fait réfléchir à un possible avenir pas très avenant mais plausible.

(*) Dystopie : récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. […] L’impact que ces romans ont eu sur la science-fiction a souvent amené à qualifier de dystopie toute œuvre d’anticipation sociale décrivant un avenir sombre. (source Wikipédia)

Pour La BD de la semaine, les challenges BD, Littérature de l’imaginaire et Petit Bac 2018 (titre mot unique).

Les Arts dessinés #1

Pour le dernier mercredi de l’année, je ne vais pas parler d’une bande dessinée mais de la nouvelle revue, Les Arts dessinés #1 – ou ici – (160 pages, décembre 2017-février 2018, trimestriel, 12 €).

Les Arts dessinés, c’est plus qu’une belle revue : c’est un projet – mené par Frédéric Bosser (dBD, L’Immanquable), c’est une aventure avec de nombreux contributeurs – ici – et c’est de l’Art dans tout ce qui implique le dessin et l’illustration.

« Dessinateurs de presse, illustrateurs, auteurs de bande dessinée, peintres, décorateurs, architectes, designers, graphistes, couturiers, concepteurs de jeux vidéo, directeurs artistiques… tous ceux et celles qui contribuent ou ont contribué, par le crayon ou le pinceau à éclairer notre regard trouveront leur place dans Les Arts dessinés. » (extrait de l’édito, p. 2).

Et donc, c’est une belle revue !

Mode (Musée Yves Saint-Laurent), illustrations, figurines, bandes dessinées, beaux livres, expos (Picasso, Degas, Dada Africa, Franco Mattichio…), art brut, gravures, sculptures, livres numériques, couleurs…, il y a forcément ce que vous aimez !

Pour les amateurs de bandes dessinés, Sempé, Will, Romain Duris (je ne savais pas qu’il dessinait mais c’est un peu spécial), Jacques de Loustal, Jamie Hewlett (illustrateur de Gorillaz, couverture de ce n° 1), Lorenzo Mattoti, Emmanuel Pierre et Pierre Le Tan, Anna Sommer, Micaël, Jean-François Martin, Blexbolex, etc., quelques illustrateurs jeunesse aussi et Frédéric Pajak que j’ai envie de découvrir : « Les rédacteurs en chef sont très souvent incultes. Ils ignorent tout du dessin. Ils en ont peur. » (p. 74).

Il y a quelques pages de pubs mais elles sont en rapport avec l’illustration, la bande dessinée, le monde de l’Art.

Un seul petit défaut : tout ça reste bien occidental… Ça manque d’artistes d’Asie voire d’Afrique et d’Océanie.

À suivre… Le numéro 2 est annoncé pour mars 2018.

La BD de la semaine 2017

Longtemps, j’ai suivi La BD de la semaine sans participer, et puis je me suis dit que vu le nombre peu élevé (niveau catastrophique) de bandes dessinées sur le blog, le fait de participer à cet événement hebdomadaire allait me motiver. Bien m’en a pris ! Voici mes liens pour ces derniers mois 2017 (mes goûts sont diversifiés en bande dessinée donc vous trouverez un peu de tout, des classiques, des récentes, des franco-belges, des auteurs d’autres nationalités, un peu de comics, des mangas, chez des éditeurs différents, et de tous les genres, aventure, fantastique, humour, roman graphique, etc.) et le lien vers le groupe FB que j’ai rejoint fin août.

1. Conduite interdite de Chloé Wary (Steinkis, 2017)

2. Astérix chez les Pictes de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (Les éditions Albert René, 2013)

3. Au pays des mollahs de Hamid-Reza Vassaf (Même pas mal, 2011)

4. Madame, l’année du chat de Nancy Peña (La boîte à bulles, 2015)

5. Le journal des chats de Junji Itô (Delcourt / Tonkam, 2015)

En plus : Les Arts dessinés #1 (2017).