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Le jeudi, c’est musée/expo #19

Exposition Lucien et Margerin à la médiathèque La Passerelle de Bourg lès Valence du 7 au 15 janvier 2020 (dernier jour aujourd’hui donc).

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Il y a 30 ans, Margerin était invité à Valence et donc 30 ans plus tard…

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Une exposition, un concert rockabilly et une rencontre dédicace.

Les vitrines – Cliquez sur l’image !

En bonus, l’arrivée remarquée de Frank Margerin !

La rencontre avec… À gauche, Christophe, un collectionneur passionné (c’est une partie de sa collection qui est exposée). Au centre, Frank Margerin, il est drôle, il a commencé à Métal Hurlant mais il ne lisait pas spécialement de science-fiction et était ravi de créer un personnage dans un univers rock. À droite, Jacques, graveur de monnaie à la retraite, passionné de bandes dessinées.

J’avoue que je n’ai jamais lu de BD de Lucien, et vous ?

Tsugumi Project, 1 d’Ippatu

Tsugumi Project, 1 d’Ippatu.

Ki-oon, collection Seinen, juillet 2019, 192 pages, 7,90 €, ISBN 979-10-327-0472-1.

Genres : manga, science-fiction, post-apocalyptique.

Ippatu… japonais, mangaka… Son Twitter.

Il y a 260 ans, les militaires européens ont découvert que le Japon préparait une dangereuse arme biologique : Tora Tsugumi (Projet Tsugumi). Des bombes nucléaires ont alors été lancées sur le Japon pour empêcher le développement de cette arme. Or, d’anciens détenus européens peuvent racheter leur droit civique en acceptant une mission : aller récupérer cette arme dans un Tôkyô détruit et contaminé. Il est prévu qu’une équipe vienne les chercher dans un an. « Que les choses soient claires, notre pays ne peut en aucun cas se permettre de voir cette arme tomber entre des mains étrangères. Vous devez à tout prix être les premiers à la retrouver ! » (p. 17). Mais leur avion s’écrase et Léon survit au crash mais il doit survivre dans ce Japon post-apocalyptique, menotté, avec une combinaison incomplète, sans rien à boire et à manger… Attaqué par des bêtes bizarres, Léon est sauvé par une adolescente, 13 ans, humaine mais avec des pattes d’oiseaux à la place des jambes, et qui donne des ordres à Tora, 12 ans, un animal gigantesque mi-tigre mi-lion.

Les dessins des ruines sont grandioses et il y a une très belle galerie de personnages, ou plutôt de créatures ! Si Léon accepte cette mission, c’est parce qu’il a été piégé, soldat accusé injustement d’espionnage et qu’il veut retrouver son épouse, Maria, et leur enfant. Il y a donc toute une intrigue vraiment prenante dans cet univers post-apocalyptique extraordinaire.

Vous l’avez vu ci-dessus, très peu de choses sur Ippatu mais en fin de volume, un dossier Tsugumi avec une interview du mangaka. Étudiant, il était fasciné par l’invention collective de Magritte. Il ne lisait pas de mangas avant de postuler comme assistant et a découvert tout Osamu Tezuka. Puis il est devenu l’assistant de Jirô Taniguchi et a découvert, à 31 ans, la BD franco-belge. Il a d’abord écrit une histoire, Kanata no monogatori avant de dessiner Tsugumi Project qui est donc son premier manga et c’est un coup de maître ! En cours ; 3 tomes pour l’instant.

Pour les challenges BD, La BD de la semaine, Littérature de l’imaginaire #8 et Petit Bac 2020 (catégorie prénom pour Tsugumi).

La BD de la semaine 2020

Chaque année, je me dis que je veux lire plus de bandes dessinées (européennes, mangas, voire comics) et chaque année, je suis dépitée car je n’en ai pas lu tant que ça… Je dois dire aussi que – comme pour les romans – je n’ai malheureusement pas le temps de rédiger toutes mes notes de lectures pour les publier sur le blog donc il y a des œuvres (parfois très bien) qui passent à la trappe… ! Voici mes « archives » pour 2017 (5 lectures mais je n’ai participé que les 4 derniers mois), 2018 (19 lectures) et 2019 (14 lectures). J’espère apporter ma petite pierre à l’édifice mais je vais essayer de faire mieux cette année ! Le mercredi sera donc jour de bande dessinée sur le blog et ça démarre… demain ! Infos, logos et tout ça sur le groupe FB.

1. Tsugumi Project, tome 1 d’Ippatu (Ki-oon, 2019, Japon)

Dans la tête de Sherlock Holmes, 1 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan

Dans la tête de Sherlock Holmes, 1 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan.

Ankama, mai 2019 (réédition août 2019), 48 pages, 14,90 €, ISBN 979-10-335-0972-1.

Genres : bande dessinée française, policier.

Cyril Lieron, après avoir étudié les arts graphiques, devient coloriste. L’affaire du ticket scandaleux est sa première bande dessinée en tant que scénariste.

Benoit Dahan naît le 31 mai 1975 à Paris et il étudie les arts graphiques. Il est dessinateur et co-scénariste de L’affaire du ticket scandaleux. Il est aussi illustrateur (presse, jeunesse) et designer graphique. Du même auteur : Simon Radius psycho-investigateur (2017) avec Erwan Courbier. Plus d’infos sur http://www.benoitdahan.com/.

Novembre 1890 à Londres. Pendant que Sherlock Holmes, s’ennuyant à mourir, vit un trip sous cocaïne, le docteur Herbert Fowler est arrêté par la police : il court en pleine nuit dans l’East End, en chemise de nuit tachée et déchirée, et ne se rappelle pas de sa soirée. Au matin, un agent le conduit chez Holmes car il dit être un confrère du docteur Watson. Tous les indices que Sherlock repère, c’est du pain béni pour son cerveau en effervescence ! Or, le docteur Fowler avait reçu un billet pour un spectacle au théâtre. « Ah ? Euh… Ce ticket… Je me souviens l’avoir reçu comme cadeau de la part de l’administrateur du St Bartholomew’s Hospital, où j’exerce trois jours par semaine. » (page non numérotée).

Le dessin est superbe et les cases sont majoritairement construites en s’inspirant du cerveau de Sherlock Holmes : astucieux pour que le lecteur se sente réellement « dans la tête de Sherlock Holmes » ! Donc, le lecteur suit le fil rouge (de la pensée de Holmes) et ne se perd pas en route ! Le langage est soigné, digne de Sir Arthur Conan Doyle. « Je vous félicite Watson ! Vos observations, bien qu’en dépit du bon sens, m’inspirent !… » (page non numérotée). Il y a même des petits « jeux » pour éveiller l’esprit du lecteur au long de la lecture (comme un portrait ou un endroit en transparence) et, à l’instigation de Holmes, le lecteur pratique la déduction, la chimie (pour découvrir une drogue suggestive) et effectue une belle promenade dans Londres. Bref, L’affaire du ticket scandaleux est un très bel hommage à l’œuvre de Conan Doyle et à son personnage, Sherlock Holmes. Par contre l’affaire n’est pas résolue : il faudra attendre le tome 2 et j’espère qu’il arrivera vite !!!

Cette bande dessinée fascinante est dans la sélection du Festival d’Angoulême 2020 (sélection Fauve Polar SNCF 2020).

Et, de mon côté, je la mets dans La BD de la semaine et dans les challenges BD 2019-2020 et Polar et thriller 2019-2020. Je peux aussi la mettre dans Cette année, je (re)lis des classiques puisque les adaptations sont acceptées y compris en bande dessinée.

Plus de BD de la semaine (coups de cœur 2019) chez Noukette.

Haïkus de Sibérie de Jurga Vilé et Lina Itagaki

Haïkus de Sibérie de Jurga Vilé et Lina Itagaki.

Sarbacane, mars 2019, 240 pages, 22 €, ISBN 978-2-37731-205-4. Sibiro Haiku (2017) est traduit du lituanien par Mariette Vitureau.

Genres : bande dessinée lituanienne, Histoire.

Jurga Vilé naît en 1977 en Lituanie. En 1990, lorsque la Lituanie proclame son indépendance, elle a 13 ans. Elle chante dans une chorale et découvre la culture française. Elle étudie la philologie française à l’Université de Vilnius puis le cinéma et l’audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle (Paris III) avant de partir à New York. Elle vit pendant 10 ans en Andalousie (Espagne) où elle est traductrice et c’est là qu’elle écrit Haïkus de Sibérie, sa première œuvre. De retour à Vilnius, en 2018, avec ses deux enfants, elle travaille au Musée d’Art moderne, elle est traductrice pour le cinéma et elle écrit.

Lina Itagaki est une artiste lituanienne qui a étudié à Tôkyô (elle y a vécu durant 6 ans). En 2003, elle est diplômée en commerce international de l’Université Chrétienne Internationale de Mitaka (Japon) puis en 2014, elle sort diplômée en art graphique (illustration et designer) de l’Académie des Arts de Vilnius (Lituanie). Haïkus de Sibérie est son premier roman graphique. Plus d’infos sur son site officiel (en anglais) ainsi que sur sa page FB et son compte Instagram.

Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands ont envahi la Pologne et les Russes la Lituanie : beaucoup de familles considérées comme des traîtres sont déportées « dans les coins les plus reculés et les plus rudes de Russie, en lointaine Sibérie. » (comme les pages ne sont pas numérotées, je ne mettrai pas de numéro de page aux extraits). Bien sûr, beaucoup sont morts là-bas mais des enfants ont été rapatriés dans le « train des orphelins » et, dans ce train, Algis, le père de Jurga Vilé.

Ursula Miélis est muette depuis que sa petite Adèle est morte. Le 14 juin 1941, elle est déportée avec son mari, apiculteur, et leurs deux enfants : Dalia et Algis qui voyage avec son jar, Martynas. Mais la famille n’a pas pu prendre ni le chien ni le cochon, et leur cheval, Trèfle, est réquisitionné par les soldats russes (fort peu aimables). Tante Pétronelle, la sœur du père, Romas Miélis, monte dans la charrette avec un livre, un recueil de haïkus : c’est qu’elle est folle du Japon. Elle n’aurait pas dû partir mais elle est avec eux et, durant le voyage et en Sibérie, ils vont découvrir les haïkus ! À la gare, les hommes valides sont séparés des femmes et des enfants : ils vont dans des camps de travail. « Prends soin des pommes, Algis. Les pommes, c’est la Lituanie. » Le trajet est long et difficile… « Quand on est enfin arrivés, de dehors, quelqu’un a crié : Barnaul ! Terminus ! Barnaul ! ». Mais le voyage n’est pas terminé, il faut marcher, traverser l’Ob et encore marcher… « Cette dernière portion du trajet fut une torture. Il fallait porter les enfants et les vieux sur le dos. On était tous épuisés, et on pataugeait dans une boue de plus en plus profonde. Quelqu’un est tombé dedans de tout son long et n’a pas pu se relever. » Ceux que les soldats russes appellent svolochi (parasites) comprennent deux mots de russe qui reviennent tout le temps : davaï (allez) et spat (dormir). Quand ils arrivent aux baraques qui leur sont assignées, elles sont pleines de punaises, de moustiques, de lézards et de couleuvres… Et comme il n’y a rien, ils dorment à même le sol poussiéreux.

Si la première partie raconte le voyage, la deuxième partie raconte la vie au camp (tante Pétronelle a même la surprise de trouver des soldats japonais prisonniers plus loin !). Le travail, la faim, la maladie, la mort pour certains, la création d’une chorale « Les pépins de pommes » et puis les haïkus et même des origamis, voilà le quotidien. Heureusement à Vilnius (capitale de la Lituanie), des hommes, dont l’oncle Alfonsas, avocat, le frère de madame Miélis, font leur possible pour rapatrier de Sibérie les ressortissants lituaniens enlevés et déportés arbitrairement. Il faut se hâter car beaucoup y meurent… « La Sibérie est comme ça, tuante et vivifiante à la fois. »

Il y a dans ce texte et ces images parfois une pointe d’humour ou de poésie, mais Haïkus de Sibérie reste un témoignage « dur », cruel et éprouvant à lire. « Les pépins meurent en Sibérie ! Pas de pommes en Sibérie ! ». Les dessins, à mon avis, ne sont pas particulièrement beaux (quoique les personnages soient réussis et que j’aime bien la pleine page avec la scène de banquet avorté pour Noël) mais ils participent à l’ambiance de cette bande dessinée, à son charme, à son côté naïf parfois (le narrateur est un enfant de 13 ans qui ne comprend pas tout).

Haïkus de Sibérie a été lu et apprécié par Antigone, par Usva, par Art et culture de Lituanie (le blog des Cahiers lituaniens) et sûrement par d’autres !

Quant à moi, je mets Haïkus de Sibérie dans La BD de la semaine et dans le challenge BD 2019-2020. Plus de BD de la semaine chez Moka.

PS : j’ai oublié de dire que Haïkus de Sibérie est dans la sélection du Festival d’Angoulême 2020 (sélection Jeunes Adultes 2020).

Le château des animaux, 1 – Miss Bengalore de Delep et Dorison

Le château des animaux, 1 – Miss Bengalore de Delep et Dorison.

Casterman, septembre 2019, 72 pages, 15,95 €, ISBN 978-2-20314-888-8. Il existe une édition de luxe, 80 pages, 39 €, ISBN 978-2-20319-889-0 [lien éditeur].

Genres : bande dessinée française, fantastique.

Xavier Dorison naît le 8 octobre 1972 à Paris. Diplômé d’une école de commerce, il est scénariste (bandes dessinées, cinéma) et enseigne le scénario à l’école Émile Cohl à Lyon.

Félix Delep naît en 1993. Il est diplômé de l’école Émile Cohl et Miss Bengalore est sa première œuvre : magistrale ! Il est dessinateur et coloriste.

Jessica Bodard est coloriste ; elle a fait un travail phénoménal sur cet album.

France, XXe siècle, entre les deux guerres. Dans un château transformé en ferme, les humains ont disparu. Les animaux, enfin libres, se sont réjouis. Mais… La République des Animaux est en fait devenue une dictature sous les ordres du Président Silvio, un immense taureau, et de ses sbires, les chiens de la milice et le coq poteau de justice. Ainsi, la poule Adélaïde, qui a voulu conserver un de ses œufs au lieu de le transmettre, selon la loi, au Grenier central, est condamnée… « Mais… C’était le mien… » (p. 8) dit-elle avant de mourir sous les crocs des chiens… Une chatte, Miss Bengalore, veut se souvenir de ce jour « Comme du dernier jour où nous n’avons rien fait. » (p. 9). Mais Miss B élève seule ses deux chatons depuis que son mari est mort sur un échafaudage, et pire : elle a dû prendre sa place pour un travail qu’il lui est vraiment difficile… Mais l’oie Marguerite, la nounou de ses chatons, se rebelle : « Pourquoi on crèverait de faim quand vous, votre président et toute sa clique, vous vous gavez en permanence !!! » (p. 20) et c’est le carnage… Puis le président Silvio se montre dans toute sa splendeur : « Vous voyez bien par vous-mêmes, la Nature a choisi elle-même qui devait vous défendre ! Elle a rendu les chiens et les taureaux plus forts que les autres pour une seule raison : diriger. » (p. 31). Un soir, un rat saltimbanque, Azélar-Vieux-Gris, arrive à la ferme et raconte une histoire : l’histoire d’un petit homme qui ressemble à Gandhi. « Le roi est un tyran, il doit partir. » (p. 41). Le vieux rat préconise la vérité à la place de l’injustice et de son acceptation !

Dès que j’ai vu la vidéo (ci-dessous), j’ai su que Le château des animaux s’inspirait de La ferme des animaux de George Orwell (ce qui est revendiqué par l’auteur et l’éditeur). Et c’est une grande réussite que ce premier tome, les dessins sont superbes, les animaux très réussis, même les méchants, l’histoire est dense, elle fait réfléchir ; j’ai hâte de lire les trois tomes suivants : Les marguerites de l’hiver, La nuit des justes, Le sang du roi et j’espère qu’ils ne mettront pas trop longtemps à paraître.

Cette bande dessinée exceptionnelle, dans la sélection du Festival d’Angoulême 2020, est parfaite pour La BD de la semaine et le challenge BD 2019-2020, ainsi que pour le challenge Littérature de l’imaginaire #7.

Le guide SF à l’usage des lecteurs : le space opera

Le guide SF à l’usage des lecteurs, 1 : le space opera par les éditions Soleil.

Genres : bande dessinée, science-fiction.

Soleil, novembre 2019.

Un guide pour découvrir le space opera, un sous-genre de la science-fiction. Son contenu : qu’est-ce que le space opera ? Quelles sont les références cinématographiques (films, séries) et littéraires (romans) ? Et quelles sont les bandes dessinées parues chez Soleil et Delcourt à lire ?

Un livret de 6 pages, court donc, et pas exhaustif, mais qui donne quelques pistes pour découvrir le space opera. Il est consultable librement sur Calaméo.

C’est un n° 1 donc d’autres guides SF devraient suivre.

À découvrir pour lire d’autres BD de la semaine ! D’ailleurs, plus de BD de la semaine chez Noukette.