Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu

Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu.

Dupuis Vega, septembre 2021, 178 pages, 8 €, ISBN 978-2-37950-144-9. Hosekisho no shinjin 1 (Kadokawa Shoten, 2019) est traduit du japonais par Yuki Kakiichi et Nathalie B.

Genres : manga, shônen.

Marimuu まりむぅ est scénariste et dessinatrice. Secrets of Magical Stones est son premier manga. Plus d’infos sur son twitter et sur son pixiv.

Une fillette trouve « la toute première pierre précieuse de [sa] vie ». Sa vocation est née.

Des années après, Mana quitte son village pour la ville de Lithos, la Ville Lumière, au sud du pays, car elle entre au Ministère des Pierres Précieuses. Elle voyage avec son animal, Kururu. Elle est ravie mais elle cumule les gaffes… Elle perd sa broche, elle arrive en retard le premier jour, elle oublie Kururu… Maladroite, « Distraite et étourdie… ça promet pour sa formation. »

Sa camarade de chambre est Ray de la célèbre famille noble Orven. Les deux ont 15 ans et pas du tout le même comportement.

Bon, eh bien, ce n’est pas gagné, Mana se plante souvent… Mais « Je ne veux pas les décevoir ! Je vais devenir… une excellente chasseuse pour partager avec eux les pierres et leur énergie ! ».

En fin de volume, des explications pour comprendre le fonctionnement du Ministère, des talarias (bottines pour chasser les pierres), de la gemectricité (énergie des pierres), et j’ai vérifié : ces pierres, fluorite, fluorine, rhodochrosite, existent vraiment.

Même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, je vais lire la suite puisque cette série est jolie, dynamique, amusante et surtout complète en 3 tomes seulement. Tome 2 paru en novembre 2021 et tome 3 en février 2022 (comme d’hab, à voir avec la bibliothèque).

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Shiny Summer Challenge (menu 1 – Été ensoleillé, sous-menu 3 Au pays du soleil levant = culture japonaise).

Tête de mule d’Øyvind Torseter

Tête de mule d’Øyvind Torseter.

La joie de lire, collection Albums, septembre 2016, 120 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-88908-334-3. Mulegutten (2015) est traduit du norvégien par Aude Pasquier.

Genres : bande dessinée norvégienne, conte.

Øyvind Torseter naît le 2 octobre 1972 à Oslo (Norvège). Il étudie l’illustration au Merkantilt Institutt (1991–1992) et au Skolen for Grafisk Design (1992–1994) à Oslo puis au Kent Institute of Art & Design en Angleterre (1995–1998). Il est auteur et illustrateur (pour les adultes et pour la jeunesse). Plusieurs de ses titres sont parus en français chez La joie de lire, Cambourakis, Didier Jeunesse ou au Rouergue et il a reçu de nombreux prix littéraires en Europe.

J’ai lu Factomule – Grand thriller politique international et je me suis rendu compte que c’était le 3e tome de la série alors il me faut lire les deux précédents tomes. Voici donc Tête de mule qui est en fait le premier à être paru et qui est une adaptation du conte Les sept corbeaux des frères Grimm.

Un roi a sept fils dont il ne veut pas se séparer mais les jeunes hommes ont bien sûr soif d’aventure. Le roi accepte que six partent à l’aventure et trouvent chacun une princesse à épouser mais il garde près de lui le petit dernier, Tête de mule, et charge les aînés de lui trouver une princesse lorsqu’ils reviendront. Malheureusement, non seulement les frères mariés à six belles princesses oublient de ramener une jeune femme pour leur frère mais ils sont tous changés en pierre par un troll.

Quelques années passent et le roi, désespéré, accepte que Tête de mule retrouve ses frères. Il lui donne le dernier cheval, un vieux canasson pas ravi de partir mais qui a un bon contact avec son cavalier et se montre brave dans cette aventure dangereuse.

Sur le chemin, Tête de mule trouve un saxophone dans un ruisseau, « ça pourrait être utile » (p. 9), croise un éléphant dont la trompe est coincée dans une souche d’arbre, « Merci pour ton aide. Si tu rencontres des obstacles en chemin, pense à moi. Je pourrai t’aider. » (p. 14), rencontre un loup affamé qui veut manger son cheval, « C’est du poulet, ça, ou quoi ? Vous allez où au fait ? » (p. 21) et arrive dans la montagne du troll où il voit ses frères et leurs épouses changés en pierre.

Il pénètre dans l’antre du troll et après un périple (digne d’un jeu vidéo, ah ah ah), il découvre une jeune femme, « Ne vous inquiétez pas, pétulante princesse. Je vais vous libérer du troll. – Oui, oui, vous n’êtes pas le premier à essayer. Aucun n’en est sorti vivant. Jamais personne ne réussira à se débarrasser du troll qui habite ici. » (p. 36).

On m’a appris qu’il ne faut jamais dire ‘jamais’ mais comment Tête de mule va-t-il pouvoir se débarrasser du troll ? Vous le saurez en lisant cette belle bande dessinée et n’oubliez pas le saxophone, l’éléphant, le loup et même une énorme pieuvre !

J’aime beaucoup les dessins de Torseter (il y a quelques cases mais la majorité sont en pleine page, ça fait mi album illustré mi bande dessinée), sa fantaisie, son humour et le petit côté insolite qui donne du peps au récit. C’est inventif, c’est drôle, il faut lire Tête de mule ! Même si vous ne connaissez pas le conte Les sept corbeaux des frères Grimm. Et puis cette bande dessinée est carrément un beau livre !

Lu par Noukette, Mo, Dal-eg, Boulevard de la BD, Bodoï, d’autres ?

Pour les challenges 2022 en classiques, Les adaptations littéraires, BD 2022, Contes et légendes 2022 pour l’adaptation du conte Les sept corbeaux des frères Grimm, Jeunesse young adult #11 et bien sûr Challenge nordique (Norvège).

Roudoudou blues de Marion Laurent et Arnaud Le Roux

Roudoudou blues de Marion Laurent et Arnaud Le Roux.

Futuropolis, juin 2007, 80 pages, 15,25 €, ISBN 978-2-75480-071-6.

Genres : bande dessinée française, drame.

Marion Laurent naît en 1980 à Paris. Elle étudie à l’École Supérieure des Arts et Techniques et publie trois titres chez Futuropolis avec son compagnon Arnaud Le Roux au scénario : Entre deux averses (2006), Roudoudou blues (2007) et À l’ombre des murs (2009), puis un roman graphique où elle est au scénario et au dessin, Comment naissent les araignées (Casterman, 2015). Plus d’infos sur son site officiel et sur son tumblr.

Arnaud Le Roux naît en 1976 en France et il vit en région parisienne. Il est nouvelliste (La femme en blanc, Oxymore, 2002) et scénariste de bandes dessinées.

Unter est le coloriste. Il naît en 1980 en France, s’intéresse très tôt au dessin et cofonde l’association Onapratut.

Samuel est un romancier tétraplégique. Il se rappelle son enfance dans les années 70 avec ses parents directeurs d’une troupe de comédiens itinérants. « Mon existence se déroulait au rythme des voyages, des répétitions et des séances de maquillage. À 8 ans, j’avais déjà visité Prague, Vienne et Barcelone. Les grandes villes de France m’étaient familières. » (p. 11).

Mais, en ne grandissant qu’avec des adultes, Samuel n’a pas d’ami, enfin il a un ami, c’est Roudoudou son ours en peluche qui parle. « J’aimais mon ours plus que tout et je n’envisageais pas la vie sans lui. » (p. 14).

Un jour, Manon intègre la troupe et s’installe avec sa fille de 9 ans, Estelle.

Et la vie de Samuel et Roudoudou bascule.

Une très belle surprise que cette bande dessinée ! Handicap (schizophrénie ?), solitude, jalousie… Cette histoire dramatique – dans le monde du spectacle donc des faux semblants, de l’imagination – est racontée tout en délicatesse et j’ai beaucoup aimé l’ambiance qui en découle car texte et illustrations y sont tellement complémentaires. Deux auteurs, complémentaires eux aussi, à découvrir et j’ai très envie de lire leurs deux autres titres, Entre deux averses (2006) et À l’ombre des murs (2009). Les avez-vous lus ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges BD 2022 et Les textes courts.

SuperGroom 1 – Justicier malgré lui de Vehlmann et Yoann

SuperGroom 1 – Justicier malgré lui de Vehlmann et Yoann.

Dupuis, février 2020, 88 pages, 13,95 €, ISBN 978-2-80017-472-3. Couleurs de Fabien Alquier.

Genres : bande dessinée française, jeunesse, science-fiction.

Fabien Vehlmann naît le 30 janvier 1972 à Mont de Marsan. Il étudie le commerce, effectue un service civil dans le monde du théâtre puis se lance en bande dessinée et devient scénariste. Parmi ses titres les plus connus, Le dernier atlas, et Seuls.

Yoann Chivard naît le 8 octobre 1971 à Alençon. Il dessine depuis l’enfance et étudie à l’École régionale des Beaux-Arts d’Angers (communication, arts contemporains, photographie, vidéo).

Spirou, vous connaissez bien sûr ? Mais, à bientôt 80 ans, il se rend compte qu’il est has been et décide de se transformer en super héros, SuperGroom, mais ça n’est pas une réussite… Il pense à son empreinte carbone et rêve de plus de simplicité. Il refuse un rôle dans un film, euh… pas vraiment réglo au niveau historique. « M’enfin, Spirou, ça ne te ressemble pas !? » (Fantasio, p. 22). « J’avoue que même moi, je suis scié… » (Spip, p. 22). « Eh bien ! Il faut croire que j’ai changé, Fantasio. Parce que je crois que j’en ai marre de toujours devoir sauver tout le monde ! Marre de vivre des aventures dans le monde entier, de vivre constamment à 200 à l’heure. En ce moment, j’ai envie de vivre à une échelle humaine, pas planétaire… Je n’en peux plus de cette contradiction permanente entre mes convictions écolos et mon mode de vie mondialisé, voilà ! » (Spirou, p. 22).

Spirou décide donc de prendre sa retraite mais l’éditeur n’est pas ravi du tout (son propriétaire non plus). De plus, un imposteur se déguise en SuperGroom et fait des dégradations dans Bruxelles… Heureusement le comte de Champignac est là pour aider Spirou et Spip (comment ça Spip n’a pas droit à des gadgets ?) à mener l’enquête qui doit disculper Spirou.

Une bande dessinée à la fois amusante et sérieuse, plus pour les ados et les adultes que pour les enfants parce qu’elle amène à réfléchir sur notre vie, sur notre monde. Mais l’histoire n’est pas vraiment terminée, le tome 2 de SuperGroom, La guerre olympique, est paru en septembre 2021 alors il faudra que je le lise.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11, Polar et thriller 2021-2022 et Les textes courts.

Gentlemind 2 de Díaz Canales, Valero et Lapone

Gentlemind 2 de Díaz Canales, Valero et Lapone.

Dargaud, février 2022, 72 pages, 18 €, ISBN 978-2-20508-724-6.

Genre : bande dessinée espagnole.

Juan Díaz Canales est le scénariste. Il naît en 1972 à Madrid (Espagne). Après avoir étudié l’animation, il devient scénariste et dessinateur de bandes dessinées. Du même auteur : Blacksad et Corto Maltese entre autres.

Teresa Valero est la co-scénariste. Elle naît le 23 juillet 1969 à Madrid (Espagne). Elle travaille pour le dessin d’animation (Corto Maltese, Nanook parmi les séries animées et Astérix et les Vikings, Bécassine parmi les films d’animation) puis se tourne vers le scénario de bandes dessinées. Du même auteur : Sorcelleries (3 tomes).

Antonio Lapone est le dessinateur et le coloriste. Il naît le 24 octobre 1970 à Turin (Italie). Après avoir été dessinateur pour une agence de publicité, il se lance dans la bande dessinée. Il vit en Belgique. Plus d’infos sur son blog, Lapone Art.

Lorsque j’ai lu Gentlemind 1, je ne pensais pas mettre si longtemps pour lire le tome 2… mais, voilà, c’est chose faite ! Le premier tome se déroulait entre 1939 et 1944 et le lecteur faisait la connaissance principalement d’Arch Parker (dessinateur), Navit (son amie), H.W. Powell (riche industriel, propriétaire du magazine Gentlemind), Waldo Trigo (avocat portoricain) et sa sœur Gabriela (activiste).

Brooklyn, New York, 1945, Navit devenue Gina Powell (dans le 1er tome) a hérité de Gentlemind à la mort de son époux mais ça ne plaît pas à l’équipe de rédaction (que des hommes) et Arch est quelque part en Europe (en train de se battre… ou mort…).

Gina veut absolument moderniser le vieillissant Gentlemind pour en faire un magazine moderne avec de la fiction. Mais elle ne veut pas faire comme la concurrence, Esquire qui mise sur l’érotisme et Amazing Stories qui mise sur l’imaginaire (en particulier la science-fiction et le fantastique).

Juin 1945, John Doe doit écrire une histoire de fiction pour chaque numéro mais Robert Hearn du New York Times dévoile que John Doe est en fait l’avocat Waldo Trigo, or il est Portoricain et des échauffourées ont lieu entre les Portoricains qui manifestent et la police…

Décembre 1945, Gina a réussi son coup avec « Homme de papier, la nouvelle fiction américaine, Capote, Faulkner, Steinbeck, Hemingway, Fitzgerald, Chandler, Salinger, Camus, Bradbury » (p. 12), excusez du peu ! À noter que Camus, Français né en Algérie, est assimilé à cette « nouvelle fiction américaine ».

Juin 1947, le magazine est en plein essor et publie Gus Greene, Joe Clayton, Ira B. Philips, C.C. Fuse, Carson Ravitch, Arthur McVoy, Bruce Enoch, Alexander Foxton, des noms que, je l’avoue, je connais moins que ceux cités plus haut.

Août 1949, Gina est blessée lorsqu’elle voit un numéro spécial d’Esquire proposant « une anthologie des plus belles pin-up d’Arch Parker ». (p. 14). Pendant ce temps-là, les Portoricains continuent de manifester pour leurs droits.

Juin 1950, Gentlemind titre « Vous les hommes êtes tous égaux. » (p. 15). Mais les manifestants portoricains ont été arrêtés par la police et Gabriela, blessée par balle, est à l’hôpital. Robert Hearn rend visite à Waldo Trigo en prison et veut lui faire dire une opinion politique. « Il n’y a pas de patrie, Hearn. Il y a des hommes qui écrasent d’autres hommes et des hommes qui se défendent, c’est tout. J’embrasserai cette cause, mais je ne ferai mienne aucune langue, aucune terre. Et la seule arme que je compte utiliser pour cela, c’est l’écriture. » (p. 19).

D’autres histoires se rajoutent à celle de Gentlemind comme celle de Jo, la nouvelle secrétaire, ou celle de Maggie Kenwood, la photographe, amie du docteur Karl Penrod Wolf, le chirurgien des stars. Et, en mars 1951, Robert Hearn qui a quitté The New York Times et Maggie Kenwood sont en Une, quant à Jo, elle est devenue rédacteur en chef.

Les ventes de Gentlemind ont augmenté de 30 %, les annonceurs publicitaires sont revenus à 60 % mais rien n’est gagné, un nouveau concurrent arrive en 1953. « Votre Esquire, votre Gentlemind… – Non, non, donnez-moi ce Playboy dont tout le monde parle. » (p. 37). Gentlemind survit grâce aux Unes avec Charlie Chaplin ou Elvis et au retour d’Arch Parker mais fin des années 60, début des années 70, d’autres magazines paraissent comme Mad, People, Rolling Stone et plus personne ne veut de Gentlemind, « une revue vieillotte » (p. 53).

Un récit riche en émotion et rebondissements qui, à travers les 30 ans de parution de Gentlemind (jusqu’en 1975), raconte la vie aux États-Unis, la vie des Américains, des ‘presque’ Américains (des réfugiés allemands, parfois d’anciens nazis sur qui retombe leur passé), des ‘pas encore’ Américains (les Portoricains qui ont continué la lutte). Le tout dirigé par une femme qui malheureusement s’endurcira et se perdra… Une très belle suite (et fin) enrichissante et bien menée.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Mois espagnol et sud-américain et Les textes courts.

Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort

Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort.

Futuropolis, octobre 2015, 184 pages, 24 €, ISBN 978-2-75481-199-6. Quaderni Giapponesi vol.1 – Un viaggio nell’impero dei segni est traduit de l’italien par Laurent Lombard.

Genres : bande dessinée italienne, récit de voyage.

Igort, de son vrai nom Igor Tuveri, naît le 26 septembre 1958 à Cagliari en Sardaigne. Il est auteur de bandes dessinées, éditeur (Coconino Press de 2000 à 2017) et réalisateur. Il commence sa carrière en 1980 et publie dans des revues italiennes (Il Pinguino, Frigidaire, Linus, Alter) puis françaises (Métal Hurlant, L’Écho des Savanes). De nombreuses bandes dessinées paraissent chez Futuropolis, Albin Michel, Les Humanoïdes Associés, Casterman, Vertige Graphic… Plus d’infos sur son site officiel. Il y a plus de 10 ans, j’avais lu Les cahiers ukrainiens mais je n’avais pas relu cet auteur depuis (mais pourquoi donc ?).

Inspiré par les maîtres des estampes (Hiroshige, Hokusai, Sharaku, Utamaro), par l’ère Showa, « Showa-jidai, qui signifie littéralement ‘période de paix éclairée’. » (p. 16) et passionné de dessin, le jeune Igor rêve du Japon depuis l’adolescence et dessine des histoires inspirées par L’empire des signes de Roland Barthès, par les cartes de stratégies obliques créées par le chanteur Brian Eno, « Sur chaque carte, il y avait des suggestions abstraites » (p. 21) et par les préceptes d’Ekiken, un « médecin samouraï du XVIIe siècle » (p. 23) aussi un grand botaniste. Avec « Daniele Brolli, un ami écrivain et dessinateur de BD » (p. 22), il réalise sa première bande dessinée, Goodbye Baobab (qui se déroule au Japon).

Donc, lorsqu’Igort se rend au Japon pour la première fois au printemps 1991, ça fait plus de 10 ans qu’il en rêve. En 1994, il habite dans un joli quartier ancien de Tôkyô, Bunkyo-ku, « fait de petites constructions et peuplé de temples et de sanctuaires. » (p. 10) et il a un contrat avec Kôdansha (son manga Yuri aura un immense succès non seulement auprès des enfants mais aussi des adultes).

J’ai beaucoup aimé la façon respectueuse avec laquelle Igort raconte sa vie à Tôkyô, sa découverte des codes, son amour des jardins et des temples, sa découverte du monde du manga et du gekiga, sa rencontre avec Jirô Taniguchi (m’a émue), leurs échanges sur le monde du travail différent au Japon et en Europe et leur amitié, sa rencontre avec Masashi Tanaka (Gon, excellent manga sans texte), ses relations avec son éditeur, Tsutsumi Yasumitsu, « Avec lui, j’ai appris énormément de choses sur mon monde à moi, sur ce que je cherchais, sur ce qu’étaient les thèmes de mon travail de conteur. » (p. 44), sa passion pour le cinéma de série B (les « films de yakusas, de samouraïs ou des films érotiques appelés ‘pinku eiga’ », p. 52) en particulier ceux de Seijun Suzuki (révéré par Kitano et Tarantino), sa passion pour le monde du sumô (que j’ai vécue moi aussi), sa découverte des auteurs japonais (Natsume Sôseki, Junichiro Tanizaki, Kafu Nagai…) et de la musique underground japonaise dans les quartiers modernes (Akasaka, Roppongi…).

Toute une nostalgie qui s’installe à la lecture de cette très belle bande dessinée richement illustrée (quelques photos anciennes) et sérieusement documentée… « Je vis le présent au Japon comme un voile léger qui laisse transparaître le passé. » (p. 113). Peut-être à découvrir, si c’est possible, Momotarô-Umi no Shinpei de Mitsuyo Seo, film d’animation, une « perle qui a saisi aux larmes Osamu Tezuka alors âgé de 16 ans » (p. 129) et Norakuro de Suihô Tagawa, manga en 10 volumes, « Même Osamu Tezuka, futur père d’Astro le petit robot, aimait cette BD joyeuse et la considérait parmi ses plus fortes influences. » (p. 131). Une photo impressionnante (p. 136-137), des enfants (9-12 ans environ) armés qui partent à la guerre… « Il y a quelque chose d’éperdument tragique et d’essentiellement japonais dans tout ça : le sourire amer caressé par un chrysanthème. » (p. 135). Je n’en ai pas parlé mais Igort a beaucoup parlé du chrysanthème, de son origine, de sa signification précédemment (p. 68-71).

D’autres expériences d’Igort m’ont émue comme la statue du chien Hachikô à la gare de Shibuya (illustration p. 139), le film d’animation Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata, « magie invisible des grandes œuvres » (p. 140), je dois dire que je suis en larmes chaque fois que je vois ce film, sa visite du musée Ghibli où il n’a pas rencontré Isao Takahata mais Hayao Miyazaki, « Miyazaki était gentil. Il parlait du ton calme de celui qui sait faire la part des choses. » (p. 142), des années plus tard, ce n’est pas Hayao Miyazaki que j’ai rencontré mais son fils Gorô Miyazaki (l’échange a été rapide mais j’en garde un extraordinaire souvenir). Igort dit « Ça a été un des après-midi les plus légers et les plus profonds de ma vie. » (p. 144), eh bien suite à ma visite du Musée Ghibli à Mitaka en juin 2003 et à ma rencontre non seulement avec Gorô Miyazaki mais aussi les personnages que j’aime, je peux dire la même chose (et j’ai pleuré en voyant le robot géant du Château dans le ciel avec le petit oiseau sur son épaule).

Oh, une petite erreur page 144, durant son échange avec Miyazaki, « Il m’a parlé de l’époque où il a travaillait au manga ‘Nausicaa’ […] », alors « où il a travaillé » ou « où il travaillait » ? Je pencherais pour la 2e réponse vu que les verbes suivants sont « qu’il y avait consacrés […] lui paraissait […]. ».

Mon passage préféré. « Kurihara-san, le grand chef de la septième division éditoriale de Kodansha, m’a dit un jour que le Japon c’était comme un écrin, et que ceux qui voulaient s’en approcher devaient avoir les clés de cet écrin pour pouvoir profiter des trésors conservés en son sein. Moi, ça fait plus de 20 ans que je l’ai approché, ce lieu de l’âme, et que je le fréquente assidûment. Ce qui n’empêche pas que son mystère se renouvelle continuellement. » (p. 149).

Ce premier tome est une très belle lecture, riche, émouvante, qui me rappelle des souvenirs non seulement de mes voyages au Japon mais aussi de mes découvertes de la culture japonaise (littérature, cinéma, animation, manga, arts, musique, thé…), le Japon me manque tellement que parfois je l’occulte pour ne pas trop souffrir de ce manque (pendant quelque temps, je ne lis pas de romans ou de mangas japonais, je ne regarde pas de films ou de séries japonais…) mais instinctivement, je ne peux m’empêcher d’y revenir, c’est vital ! C’est pourquoi, dès que possible, je lirai les deux autres tomes des Cahiers japonais d’Igort, le tome 2 : Le vagabond du manga paru en juin 2018 et le tome 3 : Moga, mobo, monstres paru en septembre 2021.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 11, une bande dessinée ou un roman graphique, 4e billet), Hanami Book Challenge (menu 2, passé, présent et futur du Japon, sous-menu 1, au temps des samouraïs, mais Tokyo capitale et L’individu dans la société sont également abordés), Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Cahiers, enfin cette catégorie est honorée !), Un mois au Japon (qui continue en mai) et Une semaine en Italie (l’auteur est Italien).

Factomule d’Øyvind Torseter

Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter.

La joie de lire, janvier 2021, 136 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-88908-528-6. Mulegutten (2018) est traduit du norvégien par Aude Pasquier.

Genres : bande dessinée norvégienne, thriller.

Øyvind Torseter naît le 2 octobre 1972 à Oslo (Norvège). Il étudie l’illustration au Merkantilt Institutt (1991–1992) et au Skolen for Grafisk Design (1992–1994) à Oslo puis au Kent Institute of Art & Design en Angleterre (1995–1998). Il est auteur et illustrateur (pour les adultes et pour la jeunesse). Plusieurs de ses titres sont parus en français chez La joie de lire, Cambourakis, Didier Jeunesse ou au Rouergue et il a reçu de nombreux prix littéraires en Europe. Factomule était dans la sélection pour le Fauve Polar SNCF Angoulême 2022.

Le narrateur est factotum du Président. Le Président est un homme très occupé et personne n’a l’autorisation de porter sa valise.

Le factotum s’occupe de presque tout… réparer la chaise de bureau du Président, recoller sa semelle de chaussure, réparer les canalisations dans le palais et la télévision… « Le travail de factotum était exigeant. » (p. 15).

Jusqu’au jour où « une puissance étrangère menace le pays ! » (p. 19) car son dirigeant veut « la valise de première importance du Président » (p. 20). Le Président qui a une entière confiance en son factotum lui montre alors le contenu de la valise et lui dit qu’il pourrait la porter si nécessaire. Mais le palais n’a pas seulement des fuites d’eau, il a aussi des oreilles indiscrètes et le factotum se fait tout voler (son portefeuille, ses clés, son appartement, son travail) par un homme qui lui ressemble, ne serait-ce le sourire carnassier. La police ne fait rien contre le sosie malhonnête et le factotum doit se débrouiller seul… Enfin, pas vraiment seul, « Par pur désespoir, j’ai décidé de demander de l’aide à un professionnel. » (p. 45). Le professionnel, c’est mademoiselle Cadmium, nouvellement installée comme détective.

Les deux vont enquêter sur l’escroc qui s’est installé dans l’appartement – et dans la vie – du gentil factotum, le surveiller, le prendre en filature, mais comment vont-ils faire pour le prendre en flagrant délit et récupérer la valise du Président ?

Factomule, c’est parce que le factotum s’appelle Tête de Mule (4e de couverture) ! Je connaissais un peu Torseter puisque j’avais lu Pourquoi les chiens ont la truffe humide de Kenneth Steven et Øyvind Torseter en 2020 mais je ne connaissais pas Tête de Mule, son personnage récurrent, dont le premier opus paraît en 2011.

C’est vraiment bien, il y a une ambiance (comme dit l’éditeur, c’est fantasque et ça m’a beaucoup plu). Les images sont pratiquement toutes pleine page (ce qui est surprenant pour une bande dessinée) et il y a très peu de cases, ça donne un sentiment de largeur, d’ampleur, et surtout l’humour grinçant m’a bien plu.

Après avoir lu cette super bande dessinée, j’ai découvert qu’elle était le 3e tome de la série Tête de mule qui contient Tête de mule (2016), Mulysse – Tête de mule prend la mer (2018), Factomule – Grand thriller politique international (2021) et Mulosaurus (2021) donc je veux absolument lire les trois autres tomes.

Elles l’ont lue : Mo, Nathalie, Noukette, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11, Polar et thriller 2021-2022, Tour du monde en 80 livres (Norvège), Un genre par mois (en mai, c’est jeunesse) et bien sûr Challenge nordique.

Seizième printemps de Yunbo

Seizième printemps de Yunbo.

Delcourt, collection Jeunesse, avril 2022, 120 pages, 26,50 €, ISBN 978-2-41302-827-7.

Genres : manwha, bande dessinée jeunesse.

Yunbo ou YunBo, de son vrai nom Bokyung Yun, naît en 1983 à Séoul en Corée du Sud. Elle étudie l’art et la bande dessinée à l’Université nationale de Kongju. Elle vient étudier en France en 2008 et obtient un Master en bande dessinée de l’École Européenne Supérieure de l’Image d’Angoulême en 2012. Déjà paru, Je ne suis pas d’ici (Warum, 2017). Plus d’infos sur Yunbo, travaux graphiques.

Yeowoo a 5 ans, sa mère a acheté un gâteau d’anniversaire. Pendant que ses parents se disputent, elle pense bien faire, elle sort le gâteau de sa boîte mais elle l’abîme, elle veut sortir les assiettes du placard mais fait tomber la pile et les assiettes se brisent, elle met en route l’aspirateur pour nettoyer mais elle le fait griller. Ses parents divorcent et Yeowoo y repensera à chacun de ses anniversaires…

Un an a passé. Yeowoo n’a pas vu sa mère depuis son précédent anniversaire et son père a trop de travail alors il l’emmène vivre chez le grand-père paternel et la tante Yeonju au village du Renard. « Il faut que tu me comprennes. Je vais être très occupé. Je te rendrai visite dès que j’aurai un peu de temps. » (p. 7).

Yeowoo va fêter ses 7 ans mais grand-père et tante Yeonju ne savent pas vraiment s’y prendre avec une enfant… « Elle est trop petite pour bien comprendre… » (p. 20). Elle comprend très bien qu’elle est la bienvenue ni chez sa mère ni chez son père ni ici… et il faut dire qu’elle n’est pas très agréable avec son grand-père et sa tante. « Comme j’ai grandi sans mes parents, c’est normal que je sois méchante et vilaine. » (p. 27).

Paulette, une poule s’est installée dans la maison à côté de chez eux et Yeowoo s’introduit dans la serre pour manger des fruits rouges. Cependant, Paulette, rejetée par les siens car elle ne peut pas pondre et n’a pas de poussins, est venue au village du Renard pour vivre heureuse avec ses plantes. « […] c’est pour ça que je suis venue dans ce village paisible. Et je l’aime beaucoup ! » (p. 48). Paulette est la seule amie de Yeowoo même si parfois la fillette – qui a grandi – est désagréable avec elle.

En fait, Paulette et Yeowoo, toutes deux seules et différentes des autres, vont se lier peu à peu, apprendre à se comprendre l’une l’autre pour se découvrir mieux elles-mêmes. « Yeowoo, écoute-moi bien. On ne peut pas dire qui est normal ou qui est anormal. On est tous différents. Dans la vie, trouver quelque chose qu’on aime faire peut prendre du temps. Certains le trouvent rapidement, d’autres beaucoup plus tardivement… » (p. 73).

Pour les 13 ans de Yeowoo, Paulette organise un repas auquel elle invite le grand-père et la tante de l’adolescente. Elles sont amies depuis bientôt 9 ans mais c’est la première fois que Paulette les rencontre.

Chacun doit trouver sa place et ce n’est pas toujours facile, surtout si l’on se sent rejeté injustement. C’est le cas de Yeowoo, abandonnée par sa maman, puis par son papa, elle se retrouve coincée à la campagne chez un grand-père trop âgé pour s’occuper d’elle et une tante trop seule et rêvant encore au prince charmant. Son amitié avec Paulette (qui eut cru qu’une renarde et une poule puissent être amies ?) va l’aider à grandir et à aimer la vie mais ça ne se fait pas du jour au lendemain parce que Yeowoo est en colère contre les adultes mais Paulette est d’une grande bienveillance et elle croit en Yeowoo. Il se passe des années puisque l’histoire suit Yeowoo de ses 5 ans à ses 16 ans, la renarde va grandir et s’épanouir comme les fleurs que Paulette aime tant. Et les fleurs sont importantes car chaque chapitre commence avec une fleur différente et le lecteur comprend pourquoi à la lecture.

Seizième printemps est très beau tant au niveau des dessins que des couleurs, tout est précis, subtil et on sent une certaine tendresse malgré la douleur et la colère de Yeowoo. Le format paysage change par rapport à une bande dessinée classique, ça donne un côté plus poétique d’autant plus que le récit avance saison après saison. Et puis avec ces personnages animaliers, cette histoire ressemble à une fable ou un conte mais reste toujours optimiste pour que le lecteur aille de l’avant même si c’est avec regret qu’il laisse Yeowoo et Paulette.

Merci à NetGalley et Delcourt pour cette belle lecture ! Elles l’ont lue et appréciée : Marine, mrsserendipitie, Noukette, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 7, un livre sorti en 2022 et lu le mois de sa sortie, parution le 13 avril et lecture le 25 avril mais problème de lecture en numérique donc terminé le 1er mai), Challenge lecture 2022 (catégorie 44, un livre dont le titre contient seulement 2 mots, 4e billet), Jeunesse young adult #11, Petit Bac 2022 (catégorie Chiffre pour Seizième), Tour du monde en 80 livres (Corée du Sud), Un genre par mois (puisque je n’ai pas pu mettre cette lecture dans le thème d’avril, bande dessinée, je la mets dans le thème de mai, jeunesse).

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2010, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-35592-138-4. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la neige – Aya et la déesse de la neige prennent un chocolat chaud mais elles sont dérangées par la déesse de la colline qui annonce une fleur des neige de l’autre côté de sa colline. Mais en s’approchant la fillette tombe dans une crevasse…

La déesse du malheur – Une fillette n’a vraiment pas de chance et la déesse du malheur lui vient en aide mais elle omet de lui dire que le pacte a des conséquences et un coût… « Si tu pensais pouvoir profiter de toute cette chance sans aucune contrepartie, c’est que tu es sacrément stupide, vraiment ! ».

Shimashima et Miyako – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans les 3e histoires du 1er et du 2e tomes. Pendant que Shimashima est dans le monde des déesses, Miyako attend son retour dans le monde des humains. Les déesses réussiront-elles à les réunir et à récupérer la pierre sacrée ?

Après avoir relu récemment les deux premiers tomes de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent et Kamisama 2 – Les contes de la colline, je ne pouvais que relire le 3e tome pour Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2.

Que dire de plus que pour les premiers tomes ? C’est toujours très beau, doux et poétique. Si vous aimez les contes, les chats, le merveilleux et la tendresse, lisez cette belle trilogie aux couleurs pastels.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai.

Soleil Manga, collection Seinen, décembre 2021, 144 pages, 11,95 €, ISBN 978-2-302-09518-2. Ojisama to neko vol. 2 おじさまと猫 (Square Enix, 2018) est traduit du japonais par Sophie Piauger.

Genres : manga, seinen.

Umi Sakurai 桜井海 est une mangaka japonaise mais je n’ai pas trouvé beaucoup d’infos… Son premier manga, 神とよばれた吸血鬼 (Kami to yoba reta kyûketsuki), est paru de septembre 2014 à février 2017. Plus d’infos sur son Twitter et son Pixiv.

En début d’année, j’avais beaucoup aimé Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 1 d’Umi Sakurai. Je ne pouvais que lire la suite !

On retrouve dont le professeur Kanda (Fuyuki de son prénom) et l’Exotic Shorthair Fukumaru qui a un petit défaut de langage. Parfois Kanda passe un peu de temps avec son meilleur ami, Kobayashi, qui lui a un chien.

C’est vraiment amusant et tendre quand Kanda joue avec Fukumaru. « Tu m’adores, c’est ça ? – Miaaou ! Une fois de plus, il traduisait comme ça l’arrangeait. » (p. 12). Mais Fukumaru « adore les caresses ! Ça mie rappelle quand maman mie léchait ! Ça mie fait du bien… Ça mie détend… Ça mie fait chaud au cœur ! » (p. 15).

Il n’y a pas à dire, Kanda et Fukumaru sont heureux ensemble, très heureux même, mais chacun a sa faiblesse : Kanda est souvent triste lorsqu’il pense à sa défunte épouse et Fukumaru a peur de perdre son papa lorsqu’il part au travail. Heureusement les retrouvailles, les câlins et les gros dodos sont comme magiques. « Encore une journée pleine de bisous » (p. 57).

Mais, de temps en temps, Fukumaru fait des bêtises… « Ah ! Ne fais pas tes griffes sur le canapé ! Non, non ! Le canapé n’est pas ton griffoir ! Non ! Non ! J’ai dit non ! Fukumaru ! Arrête ! Fukumaru !!! Mais ? C’est moi ou plus je le gronde, plus ça l’encourage ? » (p. 71), tiens, j’ai déjà vécu ça ! J’avais lu que ‘non’ est le mot que les chats entendent le plus souvent et qu’ils font semblant de ne pas comprendre le plus.

En tout cas, ce que Fukumaru déteste toujours, c’est le ‘truc noir’, c’est-à-dire le piano. Mais le principal, c’est d’être heureux, n’est-ce pas ? « Moi, je suis vraiment très heureux. C’est peut-être toi, en fin de compte, qui prends bien soin de moi. » (Kanda, p. 130).

Et ce manga, ces petites histoires de Kanda et de Fukumaru, les petites touches de leur passé qui reviennent peu à peu, c’est un pur bonheur. Vivement la suite ! Le tome 3 est paru en mars 2022 et le tome 4 est annoncé pour juin 2022.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et BD 2022 mais aussi pour Hanami Book Challenge #2 menu 2 (passé, présent et futur du Japon) et sous-menu 3 (l’individu dans la société), Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et Un mois au Japon.