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Projet 52-2017 #33

Voici ma trente-troisième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est paysage.

Voici deux photos bien verdoyantes mais j’aurais pu publier aussi un paysage urbain 😉

Et j’en profite pour vous dire que ce 19 août est la Journée mondiale de la photographie : 19 août 1839, date officielle de l’invention de la photographie par Louis Daguerre, un Français 😉

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

Chez des amis près de Chabeuil (Drôme)

Col des Limouches (Vercors, Drôme)

En coup de vent… /35

Bonjour, si vous me suivez fidèlement vous savez que j’ai de nombreuses notes de lectures en retard… Je vais me rattraper pendant les vacances mais je n’ai pas non plus envie de passer tout mon temps devant l’ordinateur !

En ce moment, je lis Le moine et le singe-roi (Une enquête du commissaire aux morts étranges) d’Olivier Barde-Cabuçon (Actes Sud, mars 2017) et regardez : ma robe rouge et noire est assortie au livre !

Hier soir j’ai écouté Gilles Paris dans le 28’ d’Arte du début de l’émission jusqu’à 11:45 à (re)voir sur https://youtu.be/SxzvxXsOAXo (impossible d’intégrer la vidéo sur le billet).

Je vous souhaite un bon weekend que j’espère ensoleillé 🙂

Denise au Ventoux de Michel Jullien

Denise au Ventoux de Michel Jullien.

Verdier, collection jaune, janvier 2017, 144 pages, 16 €, ISBN 978-25-86432-907-7.

Genre : roman dramatique.

Michel Jullien naît en 1962 près de Paris. Il étudie la littérature puis enseigne à l’université au Brésil. Lorsqu’il revient en France, il travaille dans l’édition et se consacre à la montagne (l’escalade) puis à l’écriture. Quatre autres romans sont parus chez Verdier : Compagnies tactiles (2009), Au bout des comédies (2011), Esquisse d’un pendu (2013) et Yparkho (2014).

Paul, le narrateur, travaille dans une banque. Il promène Denise trois fois par jour, le matin, en soirée après son travail et avant le coucher entre vingt-trois heures et minuit. Ils sont ensemble depuis trois ans, depuis que Valentine les a abandonnés pour voyager avec un Hollandais. Mais Denise n’est pas faite pour la capitale : c’est une grande chienne de 4 ans qui pèse 43 kilos, une Bouvier bernois… recalée de l’école des chiens d’aveugle de Paris pour « couardise urbaine » (p. 47). Paul décide d’emmener Denise faire de grandes balades au Ventoux. « […] Denise derrière son virage, elle me voyait avancer avec déjà le croupion émoustillé, le trognon de la queue remuant les joies d’usage et, au bout, l’inévitable toupet balayant les cailloux. » (p. 95).

L’auteur se montre ironique quand il décrit la vie de Denise ans l’appartement étroit de Valentine, un peu moins à l’étroit chez Paul mais ce n’est pas ça qui lui conviendrait. L’écriture est déroutante, serrée, c’est avec une grande précision et un peu de poésie qu’il raconte l’histoire d’amour de Denise qui s’est carrément « entichée de Paul » (nous dit l’éditeur) mais elle se montre joyeuse malgré la promiscuité et la solitude de la journée. Du côté du lecteur, il faut s’accrocher, le roman est court mais complexe, dense, intense. Et pour décompresser, une bonne idée : un long weekend au Ventoux, des balades dans la nature, pas de voitures, pas de frayeurs pour la chienne, une escapade à deux, le grand air, le bonheur ! … ? Non, le drame : j’ai terminé ce roman en larmes… Oui Denise au Ventoux est un roman difficile à lire, à appréhender, mais c’est un beau roman, sincère… et cruel. Je suis plutôt chat mais j’aime aussi les chiens, surtout les gros chiens, je les aime assez pour ne pas faire subir à un chien l’enfermement en appartement et la solitude.

Un roman paru en janvier et lu début juin (oui, je sais, je suis en retard dans mes notes de lecture…) pour le challenge Rentrée littéraire janvier 2017.

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, 2016, 34 pages, 19 €, ISBN 978-2-970106-89-0.

Genres : album illustré, conte.

Henri Meunier, né en 1972 à Suresnes, vit à Londres. Étudiant en Arts plastiques puis travailleur social à Bordeaux, il est écrivain, plutôt pour la jeunesse. Du même auteur chez Notari : les albums La mer et lui, La rue qui ne se traverse pas également illustrés par Régis Lejonc.

Régis Lejonc, né en 1967 à Suresnes, a grandi à Annecy, vit et travaille à Bordeaux. Il est illustrateur pour plusieurs éditeurs. Plus d’infos sur sa page FB.

C’est l’hiver, janvier est froid. Aurore, la quarantaine, se prépare pour sortir. « Elle s’apprécia une dernière fois dans le miroir. ‘La plus belle, c’est moi. Et merde à Blanche Neige !’, gloussa-t-elle. » (p. 5). En partant, elle s’arrête à la boulangerie et achète une galette des rois. Aurore pense à ses enfants, aux prochaines vacances, c’est une femme heureuse. En fait, elle va rendre visite à un vieillard qui vit seul dans une chaumière perdue en pleine forêt. « […] un pavillon de chasse délabré. Le fantôme d’une superbe passée. » (p. 9). Vous serez surpris de découvrir le vieillard impotent !

C’est la troisième fois que je lis cet album ! En numérique d’abord, en papier ensuite (un bel album, grand format, superbe ambiance réaliste, feutrée, mystérieuse) et de nouveau en numérique parce que je veux en parler sur le blog. Et je remercie les éditions Notari de me l’avoir envoyé en numérique.

Les images en aquarelle sont magnifiques, elles ressemblent à des gravures, mais l’histoire de cet album illustré pour « les grands » est surprenante. Une histoire de grandeur d’âme, de pardon peut-être, de vie épanouie et équilibrée assurément, avec une référence à un célèbre conte.

Throwback Thursday livresque #44

Lorsque j’ai découvert le Throwback Thursday livresque de Bettie Rose, j’étais bien motivée mais j’ai laissé passer plusieurs thèmes…

Le thème de ce jeudi 17 août [il y a eu un bug et ce billet s’est publié le 10 au lieu du 17…] est « Le livre le plus marquant de vos lectures 2016 » et donc je ne résiste pas à l’occasion de vous reparler de mon coup de cœur 2016 : Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci et mon interview de l’auteur !

Challenge BD 4e édition – 2017-2018

Le Challenge BD 3e édition s’est bien passé même si j’aurais voulu lire plus de bandes dessinées ou du moins en chroniquer plus.

Quatrième édition donc pour le Challenge BD 2017-2018 géré par Marjorie du blog Chroniques littéraires. Infos et nouveaux logos chez Marjorie et sur le groupe FB.

Mes lectures pour ce challenge

1. La brigade chimérique de Serge Lehman et Fabrice Colin (L’Atalante, 6 tomes, 300 pages)

La brigade chimérique de Serge Lehman et Fabrice Colin

La brigade chimérique de Serge Lehman et Fabrice Colin.

L’Atalante, collection Flambant 9, 6 tomes de 11 € chacun parus entre août 2009 et octobre 2010 (tomes 1, 2, 3, 4, 5, 6) ou intégrale parue en octobre 2012 (épuisée) et en octobre 2015 (320 pages, 39 €).

Genres : bande dessinée, aventure, fantastique, science-fiction.

Serge Lehman, né le 12 juillet 1964 à Viry Châtillon, romancier, nouvelliste, scénariste, passionné de science-fiction, est un des deux auteurs. Il a reçu de nombreux Prix dont le Prix du Jury BDGest 2010.

Fabrice Colin, né le 6 juillet 1972 à Paris, romancier et nouvelliste (scénarios de jeux de rôle, fantasy, science-fiction, polar, jeunesse, bande dessinée), est le deuxième auteur. Il a aussi reçu plusieurs Prix dont le Grand Prix de l’imaginaire 2011. Plus d’infos sur son site et son blog (très peu alimenté depuis le début de l’année).

Gess – Stéphane Girard – né en 1961 à Rouen, est est un des deux coloristes.

Céline Bessonneau est la deuxième coloriste. Elle tenait un blog qu’elle n’a pas alimenté depuis mai 2013.

Septembre 1938. Irène Joliot-Curie est entrée clandestinement à Métropolis pour rencontrer des membres du groupe « Nous autres » et découvrir leur nouveau mécanoïde. Que va devenir l’Europe entre d’un côté le nazisme et ses « crânes » et de l’autre le communisme et ses « mécanoïdes » ? « Les saints et les monstres. Ils sont tous là. Tout le ban des surhommes d’Europe. » (tome 1, p. 12). George Spad, une femme habillée en homme, est chargée par les éditions Querelle d’écrire la biographie de Saint-Clair alias le Nyctalope qui a pris le contrôle de Paris cinq ans auparavant. « Je n’ai pris le contrôle de rien. J’ai sauvé Paris du chaos après la mort de Marie Curie. » (tome 1, p. 43). La fille de Marie Curie, Irène Joliot-Curie et son époux Frédéric ont repris l’Institut du Radium et continuent les expériences. George Spad rencontre Jean Séverac, un médecin militaire resté 16 ans dans le coma et soigné par Marie Curie. « Encore ces histoires de surhommes ! Voyons George, c’est ridicule ! Comment peut-on prendre au sérieux ces clowns costumés ? Qui peut croire qu’il suffit d’altérer les lois de la physique pour faire régner la justice ? » (tome 2, p. 19). Mais il ne sait pas encore, du moins il ne se rappelle plus, qu’il est lié à cette brigade chimérique par ses ancêtres !

Au fil des pages de cette série fantastique, on croise des cafards, des hommes qui ont un crâne en guise de tête, des personnalités connues ou de fiction (en vrac Harry Dickson, Dr Mabuse, André Breton, François Dutilleul alias le Passe-Muraille, Cagliostro, Django Reinhardt, le Golem…), des zeppelins et des chars qui volent. Car la brigade chimérique, ce sont toutes les légendes, les forces surnaturelles, l’imagination des écrivains de littérature populaire (les feuilletonnistes), ainsi que les idées des scientifiques y compris des aliénistes (Freud, Jung).

La brigade chimérique est une bande dessinée surprenante et surréaliste, qui se déroule dans une réalité parallèle (presque steampunk mais la vapeur est ici remplacée par le radium beaucoup plus dangereux) finalement très proche de la nôtre historiquement. Il y a deux histoires par tome et la série compte six tomes donc douze chapitres en tout dont un prologue et un épilogue. C’est une réflexion sur la guerre, en particulier les souvenirs de la Première guerre mondiale, les hommes qu’elle a engendrés et la Deuxième guerre mondiale en devenir. « La guerre peut donc être évitée ? – Pauvre idiot ! La guerre est la donnée de base de la civilisation européenne. Et tu sais pourquoi ? Parce que même pour imposer l’idée contraire, il faut faire la guerre. » (tome 3, p. 23). C’est une critique des hommes politiques qui se prennent pour des sauveurs et sont en fait des fous et des dictateurs. « J’ai négligé la politique ces derniers temps mais ça n’a pas changé depuis l’avant-guerre. Tout le monde trahit toujours tout le monde. » (tome 4, p. 18). C’est aussi un reflet des traditions anciennes et de la culture populaire. « La strate des mythes. La pensée de l’espèce. Dans la psyché d’un homme en crise, la conscience individuelle s’effondre. Les mythes prennent le pouvoir et la crise devient universelle. » (tome 3, C. G. Jung, p. 15). Et malheureusement, rien ne pourra être évité… « Maintenant c’est l’heure de la destruction. » (tome 5, p. 48) et « La guerre des surhommes embrase l’Europe. » (tome 6, p. 30).

Il y a de l’humour et de gros clins d’œil à, entre autres, Kafka (pas seulement avec les cafards), Wells, Eisenstein et même à la bande dessinée du XXe siècle, du futur donc (par exemple Robert Morane et Francis Blake se croisent).

Si vous aimez la bande dessinée, l’histoire, le fantastique, le surréalisme, je vous conseille cette belle série allégorique !

Une lecture pour le Challenge BD 2017-2018, Littérature de l’imaginaire et Un genre par mois (aventure ou fantasy).