Shi – 1 de Zidrou et Homs

Shi – 1 : au commencement était la colère de Zidrou et Homs.

Dargaud, janvier 2017, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-50506-441-1.

Genres : bande dessinée, aventure.

Zidrou est le pseudonyme de Benoît Drousie, né le 12 avril 1962 à Anderlecht, scénariste de bande dessinée belge. Mais il vit en Andalousie et travaille avec des dessinateurs espagnols.

José Homs, né le 15 mai 1975, a étudié à Barcelone et a tenté sa chance dans le comics aux États-Unis avant de revenir en Espagne où il est dessinateur de bande dessinée et coloriste.

De nos jours. Lionel Barrington, PdG d’une entreprise qui fabrique des mines antipersonnel « intelligentes », est tenu non-responsable de la mort d’innocents. De retour chez lui, fier d’avoir gagné le procès, il voit avec horreur son fils et son épouse enceinte exploser sur une mine enterrée dans son jardin. Londres, mai 1851, première Exposition universelle, Crystal Palace. Miss Jennifer Winterfield, jeune noble passionnée de photographie, se lie avec Kita, une jeune Japonaise dont le bébé est mort. « Deux femmes qu’allait unir une haine implacable envers l’establishment britannique… » (p. 55).

Une bande dessinée différente de ce que fait Zidrou habituellement, ça m’a intriguée, et puis les dessins et les couleurs de Homs m’ont énormément plu et le thème m’a bien intéressée. Enfin, les deux thèmes, celui contemporain avec le danger des mines, même si « intelligentes », et celui des deux femmes que tout oppose et qui vont se dresser contre l’empire britannique. Un premier tome réussi, ample, riche, d’une grande beauté et qui m’a fait forte impression. Le plus difficile est d’attendre la parution du deuxième tome…

La bande dessinée est enrichie d’un beau cahier graphique avec des illustrations et des propositions de couvertures.

Une lecture pour La BD de la semaine et les challenges A year in England, BD et Un max de BD en 2018.

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L’heure des fous de Nicolas Lebel

L’heure des fous de Nicolas Lebel.

Marabooks poche, juillet 2016 (parution en broché en 2013), 345 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-501-09459-7.

Genre : roman policier.

Nicolas Lebel, Parisien, linguiste, traducteur, professeur et auteur de romans policiers. L’heure des fous est son premier roman et donc la première enquête du capitaine Mehrlicht. Du même auteur : Le jour des morts (2014), Sans pitié ni remords (2015) et De cauchemar et de feu (2017). Plus d’infos sur sa page FB.

Septembre. Commissariat du XIIe arrondissement de Paris. Le capitaine Daniel Mehrlicht est le plus ancien du commissariat. Il accueille le lieutenant stagiaire François Ménard. Dans l’équipe, le lieutenant Mickael Dossantos, grand sportif, spécialiste des arts martiaux et des articles de lois, et le lieutenant Sophie Latour, envoyée pour surveiller qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public durant les flashmobs. Mais finis le sudoku et les plaisanteries : un cadavre de SDF a été retrouvé à la gare de Lyon. Le commissaire Matiblout est clair : « Vous me réglez ça rapidement. Identité, appel à la famille, questions aux clochards du coin. Rapide et propre, qu’on y passe pas Noël. Je compte sur vous, capitaine, pour me boucler ça vite fait. » (p. 24). L’enquête les mène dans la Jungle, un campement illégal dans le bois de Vincennes avec des sans-abri, des étrangers, un chef qui se fait appeler le Gouverneur et un Shaman aux pouvoirs particuliers. Mais le SDF suriné n’en est pas un… C’est Marc Crémieux, un célèbre journaliste freelance plusieurs fois récompensé. L’enquête se révèle plus longue et plus compliquée que prévu… « Mais vous, policiers, où serez-vous quand sonnera l’heure des fous ? » (p. 124).

Un très bon roman policier avec un style excellent et plein de détails utiles… ou pas. Mehrlicht a une tête de grenouille ; ses sonneries de téléphone sont des répliques de films d’Audiard qui, parfois, tombent plutôt bien ! Il y a de grosses références à Victor Hugo, à la Cour des miracles, à Napoléon III, on se balade à la Sorbonne et dans les Catacombes. C’est intriguant, terriblement d’actualité et passionnant, j’ai été happée et donc, même envie que pour Olivier Norek : je VEUX lire d’autres titres de Nicolas Lebel !

Mon passage préféré : « Mehrlicht pouffa. – Quand je vous ai vus la braquer… Toi, Mickael qui lui balance l’article du code pénal… Énorme ! François qui lui ordonne de lâcher son flingue ! Le panard ! Sophie qui sort les menottes… Je peux vous le dire : vous m’avez fait rêver ! Je croyais que j’allais chialer, je vous jure. » (p. 340).

Une lecture que je mets bien sûr dans le challenge Polar et Thriller et aussi dans le challenge Petit Bac 2018 pour la catégorie Passage du temps avec le mot « heure ».

Une histoire de tempête de Hubert Mingarelli

Une histoire de tempête de Hubert Mingarelli.

Les éditions du Sonneur, collection Ce que la vie signifie pour moi, septembre 2015, 47 pages, 8 €, ISBN 978-2-916136-89-9.

Genre : nouvelle.

Hubert Mingarelli naît le 14 janvier 1956 en Lorraine ; il vit en montagne en Isère. Il est écrivain (romans, nouvelles) et scénariste ; il a reçu plusieurs prix littéraires. J’ai eu la chance de le rencontrer et de parler avec lui, il faudrait que je retrouve les photos… En tout cas, je vous reparlerai de cet auteur qui écrit depuis la fin des années 80 mais que je n’ai découvert que récemment.

Un écrivain s’est installé dans une maison qu’on lui a prêtée dans une petite ville portuaire et, le soir, il observe les bateaux qui reviennent au port. Mais il est déçu car il n’a encore rien écrit de bien… « Écrire ailleurs que chez moi ne m’avait jamais rien valu. » (p. 10). Il décide alors de partir le lendemain et continue d’observer les bateaux au fur et à mesure que le soleil disparaît. Mais un inconnu vient s’asseoir près de lui en lui annonçant qu’il va se jeter dans l’eau et qu’il veut parler à quelqu’un avant d’agir ! Parler « de l’eau, et de tout ce que j’ai sur le cœur », dit-il (p. 16). L’écrivain fait semblant d’écouter l’homme : « Il a continué à parler. On aurait dit qu’il ne s’arrêterait jamais. » (p. 21) mais, pendant ce temps, il pense aux trois seules pages qu’il a écrites et à l’histoire qu’il veut raconter.

Mon passage préféré : « Une bonne page est un ami sincère. Il marche à côté de vous. Il vous murmure de belles choses. Non, il vous murmure des choses encore plus belles que ça. Je n’avais depuis longtemps besoin de personne d’autre que cet ami-là. Une bonne histoire est un château imprenable. Voilà pourquoi j’écrivais. Je travaillais beaucoup. » (p. 33-34).

La collection Ce que la vie signifie pour moi est le titre d’une nouvelle de Jack London (d’ailleurs éditée dans cette même collection [lien]). Et, qu’est-ce que la vie signifie ? Signifie-t-elle la même chose pour un homme et pour un écrivain ? Ce récit montre bien que non. Et qu’est-ce que la tempête ? Celle qui fait rare dehors ? Ou celle qui fait rage dans la tête de quelqu’un ? Une histoire particulière qui fait réfléchir au sens de la vie et au sens de l’écriture.

Pour La bonne nouvelle du lundi et pour le Défi 52 semaines 2018 pour le thème « bleu » (le livre est bleu et l’eau, l’océan font bien sûr penser à cette couleur).

Tristesse de la terre d’Éric Vuillard

Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody d’Éric Vuillard.

Actes Sud, collection Un endroit où aller, août 2014, 176 pages, 18 €, ISBN 978-2-330-03599-0. Existe en Babel, n° 1402, août 2016, 176 pages, 6,80 €, ISBN 978-2-330-06558-4.

Genres : récit historique, biographie.

Éric Vuillard, né le 4 mai 1968 à Lyon, écrit depuis 1999 ; il est aussi réalisateur et scénariste. Il vient de recevoir le Prix Goncourt 2017 pour L’ordre du jour que j’ai très envie de lire mais en attendant, voici Tristesse de la terre qui m’a fait apprécier son style.

Chicago, 1893, « pendant que l’Exposition universelle célébrait la révolution industrielle, Buffalo Bill exaltait la conquête. » (p. 12). Buffalo Bill, ancien ranger, devenu acteur et créateur du spectacle Wild West Show, voulait « révolutionner l’art du divertissement » (p. 17) car « […] le spectacle et les sciences de l’homme commencèrent dans les mêmes vitrines, par des curiosités recueillies sur les morts. » (p. 14). Le chef indien Sitting Bull se joint à sa troupe et c’est pour la promotion du nouveau spectacle qu’est prise la célèbre photo où Sitting Bull et Buffalo Bill se serrent la main !

C’est l’histoire d’une époque durant laquelle « le premier zozo venu pouvait fonder une ville, devenir général, homme d’affaires, gouverneur, président des États-Unis » (p. 21) ! On est à la fin du XIXe siècle, il y a de nombreux massacres d’Indiens, William Cody alias Buffalo Bill crée la ville de Cody dans le Wyoming, un de ses amis crée le premier Luna Park à Coney Island… Mais, malgré sa célébrité et sa richesse, Buffalo Bill est un homme sujet au découragement et à la déprime, il est terriblement seul et angoissé. « Le succès est un vertige. » (p. 38). Il est le créateur du divertissement de masse, du reality show. Qu’est-ce que le spectacle ? Le plaisir du spectacle ? « On ne sait pas. Et on s’en fiche. On aime le vertige, se faire peur, s’identifier, hurler, crier, rire, pleurer. […] Le spectacle tire sa puissance et sa dignité de ne rien être. » (p. 85-86). Et que reste-t-il ? Des photographies, souvent montées de toutes pièces, des noms, des souvenirs et aussi des mensonges qui sont pourtant devenus Histoire. « Que c’est étrange une photographie. La vérité y vit comme incorporée à son signe. » (p. 145).

Un récit biographique de Buffalo Bill (personnalité mythique des États-Unis) court mais d’une grande intensité avec un rétablissement de certaines vérités historiques (certains événements qu’on croit être historiques – ou qu’on a vu dans les westerns ! – sont en fait légendaires, soit inventés soit tronqués). Tristesse de la terre, qui a reçu plusieurs prix en 2014 et 2015 (Prix d’une vie par Le Parisien magazine, Prix Folies d’encre, meilleur récit de l’année par Lire magazine, Prix Joseph Kessel) est à lire absolument si vous vous intéressez à l’Histoire des États-Unis, au sort des Amérindiens, au monde du spectacle et si vous voulez savoir pourquoi il y a des bisons en Europe !

Dans un autre registre, Enna propose pour le mois de février un African American History Month Challenge qui concerne les États-Unis avec les Noirs-Américains. Je ne sais pas encore si je vais participer, il faut que je vois ce que j’ai en stock mais si ça vous intéresse, allez vous inscrire !

Mes coups de… /2-2018

Bonjour et bon dimanche.

Coup de cœur

Avez-vous participé à la Nuit de la lecture hier soir ? Moi oui, même si je ne suis pas restée toute la nuit ! La nuit de la lecture – ou nuit des bibliothèques ou nuit des médiathèques selon les lieux – se déroulait hier soir, partout en France, dans bon nombre de librairies et de bibliothèques. Près de chez moi, c’était à la médiathèque de Portes lès Valence (Drôme), de 17 heures à minuit, donc j’y suis allée après le travail. Il y avait énormément de monde, d’animations, pas seulement de la lecture, c’était très sympa mais… qu’est-ce qu’il faisait chaud ! La nuit de la lecture, c’était donc non seulement de la lecture et des livres avec des raconteurs de mots, des contes, etc., mais aussi des jeux de société, des jeux vidéo et des trucs numériques comme le vélo connecté, des concerts, de la danse, une expo (de Nina Skubich), des ateliers (pop-up, mandala, light painting…), des quiz, etc. J’ai pris quelques photos (et une vidéo mais je ne sais pas quand j’aurai le temps de la traiter).

Coups de blues

Comme souvent, fin d’année-début d’année, il y a pas mal de décès… Cette semaine, c’était l’Irlandaise Dolores O’Riordan, la chanteuse des Cranberries (un groupe que j’aimais beaucoup dans les années 90, j’ai leurs albums et j’écoute encore de temps en temps) qui est partie le 15 janvier. Elle n’avait que 46 ans et laisse trois enfants, c’est vraiment triste… R.I.P. Plus d’infos sur le site officiel de Dolores O’Riordan (inaccessible pour le moment) et sur le site officiel des Cranberries. Deux titres parmi mes préférés : No need to argue (2e album studio, 1994) et Free to decide (3e album studio, 1996) mais j’aurais pu en choisir d’autres comme Linger ou Just my imagination.

Une pensée également pour Peter Mayle (1939-2018), mort jeudi, il était l’écrivain britannique qui aimait la Provence ; et pour Paul Bocuse (1926-2018), mort hier, le monde de la gastronomie est en deuil. R.I.P.

Image

Projet 52-2018 #3

Pour cette troisième semaine du Projet 52-2018 de Ma, le thème est se réchauffer. Voici une photo toute simple ! Et si je n’avais pas déjà publié pour le Défi 52 semaines 2018 de Girl kissed by fire sur le thème un après-midi à la maison [ici], j’aurais pu encore une fois coupler les deux rendez-vous.

En fait, hi hi, je ne mets jamais les pieds sur la table (c’est la table de salon), c’est juste pour la photo ! Et en plus, je n’ai pas besoin de me réchauffer avec de grosses chaussettes et une couverture car il fait assez chaud chez moi, donc c’est aussi juste pour la photo !

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez participer à un de ces projets ou au deux, rendez visite aux blogueuses organisatrices !

La BD d’auteur américaine en 80 albums

La BD d’auteur américaine en 80 albums.

HS 79 des Inrockuptibles, janvier 2018, 100 pages, 8,90 €.

Genres : bande dessinée, comics.

Les auteurs et leurs albums sont classés de cette façon : les précurseurs, les agitateurs, les architectes, la relève.

Les précurseurs : George Herrima (Krazy Kat, 1913-1944), Winsor McCay (Little Nemo, dès 1905) et six autres auteurs. J’avoue que je connais un peu mais je ne suis pas fan de toutes ces couleurs criardes…

Les agitateurs : Harvey Kurtzman, Will Eisner et douze autres auteurs, dont la majorité des œuvres sont en noir et blanc mais je n’adhère pas… Sauf Robert Crumb que j’aime bien mais pas tout et Art Spiegelman dont j’apprécie énormément les œuvres (Maus).

Les architectes : Chris Ware, Joe Sacco, Scott McCloud et dix-huit autres auteurs, et mes chouchous : Jeff Smith (Bone) et Stan Sakai (Usagi Yojimbo).
« Toutes les histoires finissent par être profondément personnelles » Daniel Clowes (p. 46).

La relève : Adrian Tomine et Jason Shiga (Bookhunter) que j’apprécie (ils sont tous deux d’origine japonaise) et 21 autres auteurs.

Un numéro intéressant (j’ai des lacunes en bande dessinée américaine…) avec un beau panorama d’auteurs américains et des œuvres à découvrir (différentes des comics avec super-héros) dans chacune des catégories.