Mes coups de… /12-2017

Un petit billet « Mes coups de… » en ce dimanche mi-ensoleillé mi-pluvieux.

Coup de blues

Les Anciens partent les uns après les autres… Cette semaine, c’est Danielle Darrieux, née le 1er mai 1917 à Bordeaux qui est morte le 17 octobre 2017 dans l’Eure à l’âge de 100 ans. Très belle actrice qui a joué dans plus de 100 films en 85 ans de carrière avec de grands réalisateurs et de grands acteurs, et qui a chanté aussi.

Coup de gueule

Qui connaît la Papeterie de Docelles dans les Vosges ? C’est non seulement la plus vieille papeterie d’Europe mais aussi la plus vieille usine de France : ouverte en 1478 ! Elle a fermé ses portes en 2014 car personne n’a repris… Les machines dont certaines anciennes – qui devaient être vendues aux enchères mardi – ont été sabotées afin que la concurrence n’utilise pas leur technologie. C’est du patrimoine historique qui disparaît…

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Projet 52-2017 #42

Voici ma quarante-deuxième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est ancien.

Ancien… Vieux ? Je trouve ce thème un peu difficile… Et puis, je me dis que c’est l’occasion de vous montrer cette collection de neuf affiches que j’ai vues aux Quais du polar en avril : souvent, je prends des photos de ce genre mais je ne prends pas le temps de les traiter pour le blog et c’est dommage car je voudrais les partager avec vous. Donc voici une fresque avec neuf couvertures pour les 90 ans du Masque, la première collection de romans policiers en France (le projet d’Albert Pigasse est né en 1925 mais s’est concrétisé en 1927). Une vidéo ici.

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

Marathon de l’épouvante

Dans le cadre du Challenge de l’épouvante, Marjorie organise un Marathon de l’épouvante qui se déroule sur deux semaines (possibilité de participer à une semaine au choix ou aux deux semaines) : semaine 1 : du vendredi 20 octobre au mardi 31 octobre et semaine 2 : du vendredi 27 octobre au dimanche 5 novembre. Je pense que je vais participer aux deux semaines dans la catégorie minimum « Sorcières et sortilèges » soit 500 pages par semaine plus un défi obligatoire.

Infos (catégories, défis…), logos, inscription chez Marjorie et sur le groupe FB.

Mes lectures pour ce marathon

Semaine 1 : du vendredi 20 octobre au mardi 31 octobre – …

Semaine 2 : du vendredi 27 octobre au dimanche 5 novembre – …

Toxique de Samanta Schweblin

Toxique de Samanta Schweblin.

Gallimard, collection Du monde entier, avril 2017, 128 pages, 14 €, ISBN 978-2-07-019781-1. Distancia de rescate (2014) est traduit de l’espagnol par Aurore Touya.

Genres : littérature argentine, premier roman.

Samanta Schweblin naît en 1978 en Argentine. Elle est nouvelliste (Des oiseaux plein la bouche, Seuil, 2013) et Toxique est son premier roman. Elle vit actuellement à Berlin, en Allemagne.

Dans la campagne argentine, près d’un lac, Amanda a loué une maison de vacances avec sa fillette, Nina, et son mari doit les rejoindre plus tard. Amanda fait la connaissance de Carla qui vit là avec son mari, Omar, éleveur de chevaux, et leur fils de neuf ans, David. « Si je te raconte – dit-elle –, tu ne voudras plus qu’il joue avec Nina. » (p. 16). David était un amour jusqu’à ses trois ans, puis il est tombé malade… Carla n’en dit guère plus à Amanda mais un dialogue s’installe entre Amanda et David. Carla est-elle folle ? Nina est-elle en danger ? « En quoi es-tu si différent aujourd’hui du David d’il y a six ans ? Qu’as-tu fait de si terrible pour que ta mère te rejette désormais ? » (p. 38-39). « David n’a rien fait ! – et voilà que je crie, voilà que je suis celle qui semble folle. C’est toi qui nous fais peur, à nous tous, avec ton délire de… » (p. 50).

Quel est le danger ? David ? Carla ? Le lieu en lui-même ? La vieille sorcière de la maison verte ? Autre chose dans l’eau ou dans l’air ? En tout cas, Amanda et Nina, tout comme David il y a six ans, ont bien été contaminées par quelque chose de toxique. Et Amanda n’a pas pu respecter la distance de secours (la distancia de rescate) pour préserver sa fille… Quelle claque ce roman ! Court, d’une grande intensité, presque fiévreux, qui amène son lecteur au bord de la terreur ou de la folie (ou des deux !). Mais, à travers ce roman, Samanta Schweblin dénonce évidemment l’énorme pollution qui empoisonne les terres, l’eau et les êtres vivants (humains et animaux) à cause de tous les produits chimiques de l’agriculture intensive (ici des champs de soja qui sont pourtant si beaux, si verdoyants…).

L’éditeur nous dit : « L’écriture magnétique et obsessionnelle de Samanta Schweblin part à la recherche de ce moment où tout bascule, où les vacances virent au cauchemar, où les relations d’amour condamnent au lieu de sauver. Formidable radiographie de la peur, Toxique est un bref roman à la tension vertigineuse, qui progresse comme une enquête à plusieurs voix vers une terrible vérité. Il cache un secret qui nous effraie autant qu’il nous attire. » Que vous dire de plus ?… Lisez Toxique !

Une lecture pour le Challenge de l’épouvante, Littérature de l’imaginaire, Pumpkin Autumn Challenge (pour le Menu 2 – Creepy, Spooky, Halloween) et le Défi Premier roman.

Rencontre avec Serge Chauvin, traducteur

Vendredi soir, j’ai rencontré à la médiathèque, Serge Chauvin, traducteur entre autres du roman américain Les pêcheurs de Chigozie Obioma, gagnant du Prix La Passerelle 2017.

J’ai raté une bonne heure car je travaillais… J’ai donc pris la discussion en cours et raté quelques infos…

Serge Chauvin naît le 21 juillet 1966 ; il est agrégé d’anglais, maître de conférence en littérature et cinéma américains à l’Université Paris-Nanterre, critique de cinéma et traducteur.

La bibliothécaire, Julia (à gauche) et le traducteur, Serge Chauvin (à droite)

Le dernier roman traduit est Underground Railroad de Colson Whitehead qui me fait très envie.

Avant d’être traducteur, il était lecteur, d’après ce que j’ai compris, ça consistait à lire des romans en anglais pour dire si ça valait le coup de les faire traduire et de les publier en français. Puis il est devenu traducteur, principalement pour Gallimard et plus récemment pour L’Olivier et Albin Michel.

Ses auteurs de prédilection sont Jonathan Coe, Richard Bausch, Steven Wright, Paul West, Colson Whitehead et Zadie Smith (source : Wikipédia).

Un homme cultivé, passionné et passionnant, avec qui j’ai eu un très bon contact ; dommage que j’aie manqué le début de la rencontre…

Le public, trente personnes, plus six bibliothécaires, et les livres !

Retourner à la mer de Raphaël Haroche

Retourner à la mer de Raphaël Haroche.

Gallimard, collection Blanche, février 2017, 167 pages, 17,50 €, ISBN 978-2-07-269515-5.

Genre : nouvelles.

Raphaël Haroche, né le 7 novembre 1975 à Paris, publie ici son premier livre, un recueil de 13 nouvelles. Chanteur que j’apprécie énormément depuis 17 ans puisque je l’ai découvert dès l’automne 2000 avec son premier album, Hôtel de l’univers, (cinq ans donc avant Caravane que tout le monde cite en référence) et j’ai immédiatement accroché avec sa voix, magnifique, ses textes, inspirés, ses mélodies, élégantes, et son univers empreint d’une grande sincérité ❤

Yuri – Dans l’Aubrac, Tomek, un employé d’abattoir d’origine polonaise veut sauver un veau et l’offrir à sa fille pour ses 13 ans. Tomek n’est pas un employé violent et cruel envers les animaux, c’est rare ; il aime son épouse, leur fille, et veut aimer cet animal sans défense aux grands yeux tristes. « Voilà, tu seras bien ici, tu es trop joli, tu as de beaux yeux toi, tu me fais penser à quelqu’un. » (p. 17). J’ai déjà parlé de cette nouvelle ici lundi dernier.

L’homme des sables – Une journée dans la vie d’un Berbère, entre la salle de boxe en journée et les concerts où il est vigile la nuit, et son amour pour une strip-teaseuse abîmée par la vie. « Je n’aurais pas dû frapper si fort, il ne faudrait pas savoir ce qu’il y a à l’intérieur des choses. » (p. 25).

Le dernier des pères – Pour la première fois, un père divorcé et son fils de dix ans partent en vacances ensemble en Normandie pour une semaine. Mais le père a bu… « Un petit garçon réservé qui ne parle jamais de ses problèmes. » (p. 33).

La réserve – Un couple mange au restaurant et parle de l’avenir de leurs enfants dans une école privée internationale suisse. « J’ai peur que ce soit un ghetto pour riches qui ne pensent qu’au fric, j’ai peur qu’ils changent et qu’ils deviennent des petits cons. » (p. 53).

L’escalier – C’est l’été et Greg est en colonie mais il doit rejoindre ses parents car son frère est mort. « Il paraît que pour se souvenir d’une chose nouvelle il faut en effacer une autre plus ancienne. […] Je ne voudrais plus rien apprendre de nouveau pour ne rien oublier de mon frère. » (p. 67-68).

L’enfant qui nage – Tous les jours, un jeune adolescent est suivi entre chez lui et le collège. « Je suis trempé de sueur, je nage depuis longtemps, je ne sais pas depuis combien de temps, je suis plongé dans mes pensées. […] J’ai dû faire quelque chose de grave. » (p. 76-77).

Les orques – C’est les vacances ; le narrateur et ses amis, Sacha et Ahmed, sont au bord de la mer lorsqu’un bruit sourd s’amplifie peu à peu. Un tremblement de terre ? « Ce n’était pas le bruit d’une explosion, plutôt celui que ferait un seau qu’on viderait sur le carrelage ou d’une feuille que l’on froisserait, un bruit ordinaire […]. » (p. 82).

La plus belle fille du monde – Le narrateur est ami avec « la plus belle fille du monde » et dès qu’elle l’appelle, il lâche tout pour aller la rejoindre même s’il n’y a rien entre eux et que la belle a des idées très spéciales. « Je ne voulais jamais la contredire parce que la plus belle fille du monde était extrêmement combative et qu’un rien l’énervait. » (p. 89).

Les acacias – Depuis son accident cérébral il y a deux ans, Jean-Pierre vit dans un fauteuil roulant dans cette résidence de Saint-Denis où sa famille ne vient jamais le voir. Il se lie avec Albert, un autre résident seul. « Ils étaient là tous les deux, Jean-Pierre en exil d’un pays où il ne pourrait plus jamais retourner, Albert portant le deuil d’une famille dont il n’avait plus aucun souvenir. » (p. 99).

Quel genre d’ami ferait ça ? – Une courte réflexion sur la mort. « tu es mort […] quel genre d’ami ferait ça ? » (p. 107-108).

Rester au lit – Un homme réfléchit à sa vie, qu’il pense inutile ; malgré les heures supplémentaires, il gagne tout juste de quoi vivre ; et il resterait bien au lit avec son épouse, Sarah, mais en fait il n’arrive pas à dormir… « Je vis au-dessus de mes forces, à crédit. Je me retourne et je me demande à quoi je sers et ce pour quoi je suis fait au juste dans cet univers en expansion, si jamais je sers à quoi que ce soit. » (p. 110).

Lazare – Une journée dans la vie d’un sans abri. « Il y a des signes partout, pour celui qui veut bien voir. » (p. 134).

Retourner à la mer – Le narrateur va à Antibes avec sa mère, c’est peut-être leurs derniers moments ensemble. « Un homme de quarante ans, seul avec sa vieille maman, ce n’est pas si grave mais je ne sais pas pourquoi, j’ai honte comme un écolier. » (p. 144). Et ma phrase préférée : « Je ferme les yeux pour faire disparaître le monde. » (p. 154).

Lorsque je lis un recueil de nouvelles, j’aime bien écrire, pour chaque nouvelle, une phrase qui résume son contenu et relever un extrait représentatif de la nouvelle ou qui m’a marquée. J’espère que vous aurez envie de lire ces nouvelles pleines d’humanité, plutôt tristes mais pas désespérées ! Des petites histoires comme autant d’instants de vie, par touches de tendresse, un simple moment, une nuit blanche, une journée, une rencontre, un regard, un événement inattendu ou la routine silencieuse, l’envie de vivre, de fuir ou de mourir, la vie, l’ennui, la tristesse, la peur, la mort, tout ce qui remplit une vie.

Un excellent recueil de nouvelles (je ne saurais dire laquelle est ma préférée, elles sont toutes bien !) pour La bonne nouvelle du lundi.

Mes coups de… /11-2017

Un petit billet « Mes coups de… » en ce dimanche ensoleillé.

Coup de cœur

Après avoir découvert l’Américaine Nellie Bly (1864-1922), je découvre Clare Hollingworth, une journaliste anglaise née le 10 octobre 1911 à Knighton (Leicestershire). Morte le 10 janvier 2017 à Hong Kong, à plus de 105 ans, elle aurait pu être en coup de blues, mais non elle est en coup de cœur car je la découvre pour l’anniversaire de sa naissance ! Correspondante de guerre dès 1939, à l’âge de 28 ans, elle parle plusieurs langues et elle est la première journaliste à avoir annoncé les préparatifs de l’invasion de la Pologne par l’armée d’Hitler. Elle a travaillé en Pologne et en Roumanie (où elle a aidé pour l’obtention de visas britanniques) puis en Égypte, en Turquie, en Grèce, en Algérie, en Palestine, en Iran (elle est la première journaliste à interviewer le shah Mohammad Reza Pahlavi, 1919-1980), en France (elle suit la guerre d’Algérie), au Vietnam (elle se concentre alors sur l’Asie du Sud-Est), en Chine (elle est la première correspondante nommée en République populaire de Chine) puis s’installe à Hong Kong dans les années 80. Comme vous pouvez le constater, elle est la femme des premières fois, des scoops, elle a reçu plusieurs récompenses et a écrit ses mémoires, Front Line, en 1990 (dommage qu’elles ne soient pas traduites en français…).

Coup de blues

Un grand acteur est mort… Jean Rochefort, né le 29 avril 1930 à Paris, est parti le 9 octobre 2017. Entre 1953 et 2016, il a joué pour le théâtre, le cinéma, la télévision (environ 150 films et plus de 30 pièces !). Il a tourné avec les plus grands, réalisateurs et acteurs. Il avait d’ailleurs joué au côté de Mireille Darc dans Le grand blond avec une chaussure noire. Cartouche, les Angélique, L’horloger de Saint-Paul, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis, Tandem, et tant d’autres. Il va manquer… R.I.P.