Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi

Magus of the Library de Mitsu Izumi.

Ki-oon, collection Kizuna, 7,90 € chaque tome. 圕の大魔術師 (Toshokan no Daimajutsushi) est traduit du japonais par Géraldine Oudin.

Genres : manga, seinen, fantastique, fantasy.

Mitsu Izumi naît le 7 février 1989 à Kanagawa au Japon. Elle est mangaka depuis 2011 et travaille principalement pour Kôdansha et Shûeisha. Ses autres titres sont Ano Hana et 7th Garden. Plus d’infos sur son Twitter.

Tome 1 = Ki-oon, mars 2019, 242 pages, ISBN 979-10-327-0467-7.

« Protéger les livres… c’est tout simplement… protéger le monde ! ». Shio est différent des autres habitants du village d’Amun. Il a les yeux verts, des cheveux aux reflets dorés, des oreilles longues et pointues ce qui lui vaut le surnom Oreilles pointues. Il vit dans la montagne avec sa sœur aînée, Tifa, qui se tue à la tâche mais ils sont très pauvres. Le garçon adore lire mais le bibliothécaire le considère comme un potentiel voleur et le met dehors à chaque fois qu’il le voit… Ses rêves, rencontrer un héros qui l’emmènerait dans ses aventures comme Shagrazat le pirate ou vivre à Afshak la capitale des livres où officient les kahunas, les « spécialistes du savoir ». J’aime beaucoup son meilleur ami, Kukuo, un genre de mini lion licorne.

Ce premier tome est la promesse d’une belle aventure mais surtout une ode aux livres et à la lecture. « Un nouveau livre, c’est une porte sur l’inconnu. » et « Les récits ont parfois un grand impact sur la vie de leurs lecteurs… c’est un pouvoir extraordinaire ! ».

Tome 2 = Ki-oon, juin 2019, 256 pages, ISBN 979-10-327-0468-4.

On en apprend un peu plus sur Shio Fumis, c’est un sang mêlé, il parle parfaitement le lakota et le huron… « Quand un nouveau monde s’ouvre à toi… Ce serait dommage de s’en éloigner par ignorance. » En aidant Chaku, il emmène la fillette vers la lecture et la tolérance. Ce deuxième tome est le voyage de Shio entre Amun et Afshak. C’est un grand plaisir de voir les files d’attente devant les librairies d’Itsamunah. « Les enfants qui lisent beaucoup n’ont pas peur de la différence. » D’ailleurs, sang mêlé se prononce comme fraternité pour les kahunas.

Après ce long périple parsemé d’embûches, c’est le moment de l’examen pour devenir apprenti à la bibliothèque d’Afshak. « Les candidats doivent démontrer leur maîtrise du vocabulaire spécifique à chaque domaine. Et, dans cette première épreuve, leur capacité à traiter un volume record d’informations en un temps très limité. Pour réussir, ils doivent rester concentrés pendant trois jours. C’est à eux de choisir une stratégie pour y parvenir. »

Tome 3 = Ki-oon, octobre 2019, 304 pages, ISBN 979-10-327-0493-6.

Sur le continent Atolatonan, une guerre ethnique a eu lieu il y a moins de cent ans et les problèmes sont encore visibles entre les différents peuples. De son côté Shio continue le concours. « Rien n’est encore joué !! Renoncer maintenant… ce serait trahir toutes les personnes qui m’ont soutenu jusqu’à présent !! La solution à un problème est toujours à portée de main… ».

J’ai bien aimé la vieille toute marrante, mais c’est un tome plus épais, sombre et intense. Un huis-clos dans la bibliothèque d’Afshak, Shio et les autres candidats étant sous une forte pression. C’est que, chaque année, plus de huit cents candidats se présentent et seulement les meilleurs deviennent apprentis.

Tome 4 = Ki-oon, novembre 2020, 232 pages, ISBN 979-10-327-0660-2.

Apprenti ! « La bibliothèque centrale d’Afshak est le quartier général des livres… Un millier de kahunas et près de quatre cents kohkuas (assistants des kahunas) s’y affairent. Pendant un an, les lauréats du concours vont apprendre leur futur métier avant de devenir kahunas à part entière. « Nous n’avons qu’une seule et unique mission… Non pas en tant que dirigeants mais en temps que protecteurs… C’est de veiller sur les livres… et rien d’autre ! »

Quelle belle série ! Les dessins sont grandioses et l’histoire superbe. Je vais attendre la suite avec impatience ! Grâce à son amour de la lecture et à son travail acharné pour l’examen, Shio va pouvoir accéder à son rêve de toujours et il va découvrir l’humour, l’amitié, la solidarité et des peuples différents mais aussi un ennemi…

Au Japon, la série est pré-publiée dans le mensuel Good! Afternoon (dès novembre 2017) puis éditée en volume par Kôdansha (dès avril 2018). Le 4e tome est paru en juin 2020 et, depuis, les fans sont dans l’attente de la suite. J’avais oublié de dire que j’ai repéré cette série chez Karine qui m’a donné très envie de la lire 😉

Lu durant le Read-a-thon du challenge Un mois au Japon, je mets cette lecture également dans La BD de la semaine et les challenges BD et Des histoires et des bulles (catégorie 26, une série) mais aussi dans Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Moka.

Le petit loup de papier de Céline Person et Francesca Dafne Vignaga

Le petit loup de papier de Céline Person et Francesca Dafne Vignaga.

Circonflexe, collection Albums, octobre 2018, 32 pages, 15 €, ISBN 978-2-87833-970-3.

Genre : album illustré franco-italien.

Céline Person, née à Nantes, est l’autrice. Elle travaille pour la jeunesse (pour des revues et plusieurs maisons d’éditions).

Francesca Dafne Vignaga, Italienne, est illustratrice et peintre. Elle aime ses chiens, la cuisine et le jardinage. Plus d’infos sur son blog (en italien).

Une fillette dessine un loup sur une feuille de papier qu’elle met sur le frigo avant de partir à l’école. Mais alors que les chatons de la maison s’amusent ensemble, le loup de papier s’ennuie et décide de partir à l’aventure : il découvre le quartier, la route et sa circulation, le parc où vivent un écureuil et un hérisson. Tous trouvent le loup « très beau » et « très élancé » mais léger sur son papier. C’est vrai qu’il y a maintenant plus de vent et le loup de papier doit se mettre à l’abri.

Que voici un très bel album illustré, poétique, tendre et drôle. Ce petit loup se sent abandonné alors il part à l’aventure et attire la sympathie du lecteur, en particulier du jeune lecteur qui va découvrir que la solitude peut déboucher sur la découverte.

Pour le challenge Jeunesse Young Adult #10, le Mois italien et Les textes courts.

Le dernier loup de László Krasznahorkai

Le dernier loup de László Krasznahorkai.

Cambourakis, collection Irodalom, septembre 2019, 80 pages, 15 €, ISBN 978-2-36624-442-7. Az utols ó farkas (2009) est traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly.

Genres : littérature hongroise, roman court (novella).

László Krasznahorkai naît le 5 janvier 1954 à Gyula (sud-est de la Hongrie). Il étudie le Latin, le Droit puis la Littérature (thèse sur Sándor Márai) et commence à écrire. Il est écrivain (nouvelles, romans, essais, scénarios) et reçoit plusieurs prix littéraires. Du même auteur : Tango de Satan (Gallimard, 2000), Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau (2003), La mélancolie de la résistance (Gallimard, 2006), Guerre et guerre (Cambourakis, 2013) et Seiobo est descendue sur Terre (Cambourakis, 2018). Plus d’infos sur son site officiel (en anglais).

Pour une fois, je vais mettre le résumé de l’éditeur. « Lorsqu’il reçoit, de la part d’une énigmatique fondation, une invitation à se rendre en Estrémadure afin d’écrire sur cette région en plein essor, l’ancien professeur de philosophie est persuadé qu’il s’agit d’une erreur. Pourquoi s’adresserait-on à lui, qui a renoncé à la pensée et à l’enseignement depuis des années ? Qui plus est pour aller dans cette région reculée d’Espagne ? C’est pourtant le récit de ce voyage (qu’il a donc effectué) et de l’enquête autour du dernier loup dans laquelle il s’est trouvé plongé, qu’il relate dans un bar berlinois… Le dernier loup est certainement la première novella où Krasznahorkai déploie une phrase unique sur un si long nombre de pages. Au-delà de l’impressionnante prouesse stylistique, cette phrase tout en circularités temporelles sert une réflexion subtile sur les liens entre l’homme et la nature, opérant dans le même temps une véritable entreprise d’envoûtement du lecteur qui se retrouve happé par ce récit, ne pouvant se extraire qu’au point final. »

Gloups, une phrase unique sur près de 80 pages ! Vais-je être happée ?

Au café Sparschwein, tenu par un barman hongrois, l’homme boit sa Sternburger et rit, ça doit être une erreur, « il repoussa la lettre » (p. 10), pourtant elle vient bien de cette Fondation à Madrid, mais il n’est plus professeur, il n’est plus « cet homme d’autrefois » (p. 11), mais il a besoin d’argent, va-t-il accepter ?, « c’est un vrai cauchemar » (p. 12), l’Estrémadure…, va-t-il s’y rendre ?, d’ailleurs c’est quoi cette région ?, c’est où ?, « l’Estrémadure est la partie aujourd’hui espagnole de l’ancienne Lusitanie, c’est une région limitrophe au Portugal, située au-dessus de l’Andalousie et en dessous de la Castille-et-Léon, et c’est de cette région que sont issus les conquistadors, ça alors ! » (p. 14-15), l’Estrémadure…, comment pourrait-il écrire ses pensées, son ressenti, lui qui ne pense plus, « penser à quoi ? puisque la pensée était finie » (p. 20), sur quoi va-t-il bien pouvoir écrire ?, sur les travailleurs saisonniers arabes de Navalmoral de la Mata, sur le dernier loup qui aurait péri « au sud du fleuve Duero en 1983 » (p. 23) ?, mais il n’a pas envie d’écrire et il n’ose pas le dire aux membres de la Fondation qui l’ont si bien accueilli et qui sont si gentils avec lui (et qui paient tous ses frais et une belle somme), pourtant le voyage est merveilleux, c’est que « l’Estrémadure possédait un charme particulier […], la nature était magnifique […], tout spécialement la dehesa, ce paysage très légèrement ondoyant planté de chênes verts » (p. 34), puis l’ancien professeur et sa traductrice ont rendez-vous avec José Miguel, un spécialiste des loups, dans un restaurant d’Albuquerque, « une petite ville-fantôme perchée au sommet d’une immense montagne en forme de cône qui se dressait au beau milieu d’une plaine » (p. 46), quant aux loups, ah !, il y a « quelque chose de merveilleux dans leur caractère » (p. 59), José Miguel va leur raconter une histoire émouvante, tragique, l’histoire non pas du dernier loup mais des derniers loups…

Alors, ai-je été happée ? Oui ! J’ai lu ce livre d’une traite, comme si j’étais au bar avec l’homme et le barman, comme si j’avais écouté cette histoire au lieu de la lire. Cet auteur hongrois est vraiment incroyable ; j’ai eu quelques questions restées sans réponses après la lecture de Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau mais ici, le genre est totalement différent, c’est impressionnant, de précision et d’émotion.

Les « liens entre l’homme et la nature » dit l’éditeur, je dirais les liens entre les humains et la pensée, entre les humains et la philosophie, entre les humains et le progrès (sensé lutter contre la misère), et oui bien sûr entre les humains et la nature, nature qu’on détruit et animaux qu’on assassine sans se poser de question et souvent en toute impunité… Ce récit est bouleversant.

Ma « phrase » préférée, ou plutôt mon extrait de phrase préféré puisque le texte est une longue phrase ininterrompue : « l’amour des animaux est le seul amour qui ne déçoive jamais » (p. 60). Qui est, comme moi, d’accord avec cette phrase ?

Une très belle lecture que je mets dans Challenge Cottagecore (catégorie 2, retour aux sources, puisque l’Estrémadure est une région hors du monde, isolée, sauvage, montagneuse), Challenge lecture 2021 (catégorie 30, un livre dont l’histoire se déroule dans un pays européen, ici l’Espagne, 3e billet), Mois espagnol (l’auteur est Hongrois mais son texte se déroule dans une région espagnole peu connue), Petit Bac 2021 (catégorie Animal pour Loup), Projet Ombre 2021, Les textes courts et Voisins Voisines 2021 (Hongrie).

Image

Projet 52-2021 #18

Dix-huitième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème porte-bonheur. Alors, restons au Japon (j’honore à nouveau le challenge Un mois au Japon prolongé en mai), avec le couple impérial. Le socle est petit (12 cm de large et moins de 14 cm de haut) et les personnages aussi (environ 3 cm de large et de haut), je vous l’ai déjà dit, beaucoup de Japonais aiment ce qui est petit et donc mignon, « kawaii ». J’espère que ce porte-bonheur vous plaît et je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Les Plumes chez Émilie 2021-7

Bon, ça devient une habitude, j’ai de nouveau manqué la collecte des mots lundi sur le thème bulle. Mais, comme vous le savez, ça ne m’empêche pas de participer à cette septième édition 2021 des Plumes chez Émilie et les mots à utiliser sont : savon, Champagne, ivre, écrire, éclater, intérieur, envol, linger (ou lingère), léger (ou légère), sécurité, coincer, mousse, air, aiguille, armure.

Titre – Au lavoir

Bulles de Champagne ou bulles de savon ? That is the question ! Non, je vous rassure, je ne vais pas écrire ce texte en anglais (je n’ai pas le niveau). Le choix est difficile parce que les deux sont légères comme l’air, elles prennent leur envol et éclatent joliment mais… Bulles de Champagne veut dire que je serais rapidement ivre, moi la simple lingère et je ne serais pas en sécurité pour mon travail (je n’ai pas envie de me noyer). Bulles de savon, c’est bien gentil mais avec mon travail, c’est plutôt à la mousse que je suis habituée, frotte et frotte par tous les temps… Pas question de porter une armure, je serais vite coincée et ne pourrais pas travailler. J’aurais dû choisir l’aiguille et devenir couturière, j’aurais travaillé à l’intérieur !

J’espère que ce texte vous a plu et je vous souhaite un très bon week-end 🙂

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepúlveda.

Métailié, collection Suites, mai 2012, 126 pages, 7 €, ISBN 978-2-86424-878-1. Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar (1996) est traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Marie Métailié.

Genres : littérature chilienne, novella.

Luis Sepúlveda naît le 4 octobre 1949 à Ovalle (Chili) mais grandit dans le quartier ouvrier de Santiago. Il pratique le football puis se lance en littérature. Étudiant, il soutient le gouvernement de Salvador Allende et il est emprisonné sous la dictature du général Augusto Pinochet en tant qu’opposant politique. Libéré, il est exilé en Suède mais va voyager en Amérique du sud (Équateur, Pérou, Colombie et Nicaragua) avant de s’installer en Europe (Allemagne puis Espagne). Militant à la Fédération internationale des droits de l’homme et à Greenpeace, il voyage régulièrement (Amérique du Sud, Afrique) et écrit (pour les adultes et pour la jeunesse). Il meurt le 16 avril 2020 à Oviedo (Espagne).

En mai 2017, j’avais lu L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, un recueil de très bonnes nouvelles, plutôt politiques, en poche. Après avoir lu Histoire d’une baleine blanche en février pour le Mois Amérique latine, j’avais très envie de relire encore cet auteur chilien. Je profite donc du Mois espagnol et sud américain.

Hambourg, Allemagne. Zorbas est un « chat grand noir et gros » (p. 17). La famille chez qui il vit depuis cinq ans part en vacances pour deux mois (un ami viendra le nourrir et nettoyer sa litière). « Deux mois pour se prélasser dans les fauteuils, sur les lits, ou sortir sur le balcon, grimper sur les toits, aller jusqu’aux branches du vieux marronnier et descendre le long de son tronc jusqu’à la cour, où il retrouvait les chats du quartier. Il n’allait pas s’ennuyer. Pas du tout. » (p. 22).

En plongeant pour attraper un hareng, Kengah, la mouette argentée, a été touchée par « la peste noire » (p. 23), c’est-à-dire une nappe de pétrole lâchée par un pétrolier qui nettoie illégalement son réservoir et, après maints efforts, s’étant arraché les plumes qu’elle n’arrivait pas à nettoyer, arrive à voler tant bien que mal. Elle atterrit sur le balcon où Zorbas prend le soleil. « C’était mon dernier vol, croassa la mouette d’une voix presque inaudible, et elle ferma les yeux. (p. 30). Avant de mourir, Kengah fait promettre à Zorbas trois choses : de ne pas manger l’œuf, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin et de lui apprendre à voler. Zorbas promet et court chercher de l’aide mais Kengah a pondu l’œuf et a rendu l’âme.

Je dois vous dire que Sepúlveda est un géant, il m’arrache des larmes, saloperie de pétrole ! L’intensité dramatique augmente mais Sepúlveda fait de l’humour avec les chats Secrétario, Colonello et Jesaitout que Zorbas a consultés. Quand ils arrivent sur le balcon, c’est trop tard pour Kengah, mais les quatre chats découvrent « l’œuf blanc taché de bleu » (p. 51) et enterrent la mouette sous le marronnier. Le code d’honneur des chats du port dit que la promesse d’un chat est la promesse de tous les chats. Pendant vingt jours, les chats étudient et Zorbas tient chaud à l’œuf tout contre son ventre jusqu’à ce que la coquille se craquelle. « Maman ! Maman ! cria le poussin qui avait quitté son œuf. » (p. 65). Zorbas, Secrétario, Colonello et Jesaitout s’attellent à nourrir l’oisillon et, après que le chat de mar, Vent-debout ait certifié que c’était une oiselle, ils décident de l’appeler Afortunata car elle « a eu la chance, la fortune de tomber sous notre protection » (p. 84). Afortunada grandit bien mais les chats se demandent toujours comment lui apprendre à voler… « Si on suit les instructions techniques et si on respecte les lois de l’aérodynamique, on peut voler. N’oubliez pas que tout est dans l’encyclopédie, affirma Jesaitout. » (p. 100).

Aussitôt acheté, aussitôt lu et chroniqué. Quel roman magnifique, d’une grande poésie ! Il parle d’animaux, d’humains et de leur folie avec le pétrole (s’il n’y avait que ça !), d’écologie, d’amitié, d’honneur, d’entraide. Un si court roman, tellement émouvant, tendre et puissant, qui parle de tant de choses… Le courage de cette mouette, l’amour de ce chat, la persévérance de cet oisillon et l’amitié des autres chats, un pur bonheur. Ce livre est un trésor comme Histoire d’une baleine blanche, un message engagé que les humains ne doivent pas ignorer. Si je peux, je reverrai avec plaisir le film d’animation, La mouette et le chat, qui lui est Italien.

Je mets ce coup de cœur dans Challenge lecture 2021 (catégorie, 13, un livre dont le titre comprend le nom d’un animal, 3e billet), Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9, Mois espagnol et sud américain, Petit Bac 2021 (catégorie Animal pour Mouette et Chat) et Projet Ombre 2021 (novella).

En coup de vent… 132

Bonjour, j’espère que vous allez bien et qu’il fait beau chez vous. Je publie les résultats du petit concours organisé samedi 1er mai pour les 6 ans de PatiVore. Comme je le disais, le tout 1er commentaire a été publié par Sharon, le 5000e par Ma Lecturothèque, le 10000e par Noctenbule et le 15000e par Lydia (qui sont toutes les quatre des fidèles) et le 6e commentaire (sur le billet de samedi donc) a été déposé par Steven. C’est bien qu’il y ait un gars parmi les gagnants parce que bloguer n’est pas qu’une histoire de filles ! Bravo aux gagnants – les paquets sont partis aujourd’hui, vous les recevrez peut-être samedi (eh bien, non, on me souffle dans l’oreillette que samedi est férié) mais plutôt lundi – et merci à vous tous pour vos commentaires, que vous souhaitiez participer ou simplement souhaiter un bon blog-anniversaire, ça m’a touchée car les blogs vivent grâce aux commentaires. Je vous souhaite une bonne fin de semaine et j’espère que nous passerons encore beaucoup de temps ensemble 🙂

Big Girls de Jason Howard

Big Girls de Jason Howard.

404 éditions, collection 404 comics, avril 2021, 144 pages, 15,99 €, 979-1-03240-441-6. Lu en numérique, 295 pages (numéros 1 à 6), voir ci-contre en bas à gauche, 11,99 €, ISBN 979-1-03240-487-4. Big Girls (2020) est traduit de l’américain par Jason Howard himself et Fonografiks.

Genres : bande dessinée états-unienne, comics, science-fiction.

Jason Howard est un auteur et dessinateur de comics de Holt dans le Michigan. Du même auteur : The Astounding Wolf-Man avec Robert Kirkman au scénario (2007-2010) et Trees avec Warren Ellis au scénario (2014-2020). Pour Big Girls, il est – pour la première fois – seul au scénario et au dessin. Plus d’infos sur son site officiel.

Je remercie NetGalley et 404 éditions que je voulais découvrir.

Une erreur… Personne n’a très bien compris laquelle… Le jargon scientifique… « Mais toutes les personnes qui l’employaient sont mortes à cause de l’erreur quelle qu’ait été l’intention originelle […]. » (p. 15). Les mâles se transforment à cause d’un méga-organisme et deviennent des « mecs géants, affreux et monstrueux » (p. 53), surtout ils détruisent et ils dévorent les humains. Ils deviennent des Jacks.

Il y a un endroit où l’humanité survit, c’est la Réserve. Ember, Apex et Devon sont les Big Girls, elles sont la Barrière qui protège la Réserve. Elles aident Tannik, le marshall supérieur du Cube (le centre de commande de la Réserve) à éliminer les Jacks. Mais Ember ne supporte plus de tuer, même des monstres…

Martin Martinez cache Alan, son fils de 3 ans qui est un géant pas encore transformé en Jack mais Alan est tué par le marshall et Martin rejoint Joanna alias Gulliver dans les Terres brisées. Joanna pense que « Les Jacks ne sont pas nécessairement des tueurs sans âme. » (p. 105) et elle veut tuer les Big Girls. Pour cela, elle a toute une armée de Jacks. « L’humanité a besoin de protecteurs. Mais pas que ce soit l’une d’entre vous. » (p. 253).

Avec les flashbacks, le lecteur comprend peu à peu ce qui s’est passé et quels liens les personnages ont (ou avaient). C’est foisonnant, violent (à ne pas mettre entre toutes les mains) et c’est super bien fait. Inspiré par Godzilla, ce comics est considéré comme un kaijû stories, kaijû signifiant bête étrange ou mystérieuse en japonais (l’auteur est sûrement influencé par le kaijû eiga, le cinéma japonais avec une bête monstrueuse dont Godzilla est une des plus connues).

Apparemment Big Girls est un phénomène dans la publication de comics. Je l’ai déjà dit, j’en lis peu, j’ai un problème avec les couleurs criardes… Mais celui-ci est une réussite tant au niveau des dessins que de l’histoire. Après le « the end ? », j’espère qu’il y aura une suite ! Les dernières pages sont des dessins bonus pleine page.

Une lecture pour La BD de la semaine et les challenges BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 39, un livre dont le titre est dans une langue étrangère, 2e billet), Des histoires et des bulles (catégorie 25, un comics), Jeunesse Young Adult #10 (préconisation à partir de 16 ans) et Littérature de l’imaginaire #9.

Challenge Cottagecore de MissyCornish

Alors, je vous explique, le blog de MissyCornish – Art de lire – fête ses 12 ans et elle a créé son premier challenge, le Challenge Cottagecore, le 29 avril pour durer du 1er mai au 30 septembre 2021.

Je vous avoue que c’est la première fois que je m’inscris à un challenge en craignant de ne pas le réussir, c’est que MissyCornish a fait fort ! Mais n’est-ce pas là, finalement, un véritable challenge pour moi ?

Déjà, je ne savais pas ce qu’était le cottagecore (jamais ni entendu ni vu ce mot) mais voici ce qu’elle nous en dit : « ‘Le Cottagecore est l’art de mettre en scène une version romancée (et très idéalisée) de la vie agreste (avec le bon angle et le bon filtre)’. Pour ce qui est du domaine littéraire, c’est avant tout une sous-catégorie qui invite le lecteur à célébrer la nature dans tous ses états. L’ambiance enchanteresse et bucolique d’Anne de Green Gables donne parfaitement le ton de ce nouveau genre qui tire principalement son inspiration des ambiances champêtres du XIXe siècle. »

MissyCornish nous invite donc à « aborder la lecture avec optimisme » et nous dit que « L’objectif principal est de découvrir des lectures réconfortantes (pouvant aussi être parfois mélancoliques) afin de renouer avec les petits plaisirs de la vie. Ce challenge fait ainsi avant tout l’éloge de la nature. […] ».

Elle a créé 5 catégories :

1. The cottagecore lifestyle – Magazines, documentaires autour du jardinage, couture, cuisine, ambiances cocooning…

2. Retour aux sources – Des histoires qui se déroulent en pleine campagne, dans la forêt, (peut-être loin de la civilisation). Exemples : Loin de la foule déchaînée ou Les forestiers de Thomas Hardy, La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder, etc.

3. Les propriétés et jardins dissimulés – Secrets de familles, sagas familiales à la campagne dans un cottage ou manoir. Exemples : Le jardin secret de F. H. Burnett, Les brumes de Riverton de Kate Morton, etc.

4. Rêveries au bord de l’eau – Des histoires qui se déroulent au bord de la mer, d’un étang, d’un marais tout en conservant une ambiance champêtre et romantique. Exemples : Les dames de la côte de Nina Companeez, Le blé en herbe de Colette, Le chant des écrevisses de Delia Owens, etc.

5. Contes et légendes campagnards – Des éditions illustrées telles que les Mythes des Léprechauns (légendes irlandaises) ou les histoires pour enfants de Beatrix Potter.

Eh bien, j’ai déposé un commentaire lundi en fin d’après-midi pour dire à MissyCornish que je réfléchissais… Tu parles, j’ai rédigé mon billet de présentation dans la foulée et jamais billet de présentation n’a été aussi long ! Ce qui permet de caser les 4 logos, mouah ah ah ! Mais ce n’est pas tout, pour infos supplémentaires avec conditions de validation (ben non, je n’ai pas tout dévoilé), lectures communes (chaque fin de mois), très beaux logos et inscription, allez chez MissyCornish + le groupe FB que j’ai rejoint dès lundi soir. Comment ça, je suis incorrigible, mais non simplement optimiste, c’est bien ce que demande MissyCornish, non ?

Mes billets pour ce challenge

1. Le dernier loup de László Krasznahorkai (Cambourakis, 2019, Hongrie) pour la catégorie 2, retour aux sources, puisque l’Estrémadure est une région hors du monde, isolée, sauvage, montagneuse