La mort d’Archimède de Karel Čapek

karelcapekLa mort d’Archimède de Karel Čapek.

Smrt Archimédova (1938) : traduction anonyme parue dans L’Europe centrale, volume 15, 1940. Disponible en ligne sur Bibliothèque russe et slave.

Genres : littérature tchécoslovaque, nouvelle.

Karel Čapek naît le 9 janvier 1890 à Malé Svatoňovice en Bohème. Il étudie à Brno puis à Berlin (philosophie) et Paris (Lettres). Il est francophile (il traduit Apollinaire et Molière), amateur de musique ethnique et de photographie. Il meurt le 25 décembre 1938 à Prague.

La véritable histoire de la mort d’Archimède à Syracuse avec le dialogue fatal entre Lucius, capitaine de la légion romaine, et Archimède, le célèbre géomètre.

Lucius : « Archimède, dit Lucius, nous savons très bien que sans les machines de guerre, Syracuse n’aurait pas tenu un mois, tandis qu’avec elles nous avons mis deux ans à la conquérir. Tes machines sont vraiment merveilleuses. Mes félicitations. »

Archimède : « […] vous avez conquis Syracuse, mais ce n’est plus la Syracuse d’avant, et elle ne le sera plus jamais. C’était une ville grande et célèbre, elle ne le sera plus jamais ! Pauvre Syracuse ! ».

Monde grec d’un côté, déjà ancien, monde romain de l’autre, conquérant. Un texte tout en philosophie et humour sur la chute de Syracuse et la mort d’Archimède comme un symbole d’un monde qui s’écroule et qui ne sera plus que dans les souvenirs.

Cette nouvelle est une excellente approche de l’œuvre de Karel Čapek, considéré comme un des plus grands écrivains tchécoslovaques de la première moitié du XXe siècle. Une œuvre dans laquelle sont salués le réalisme, l’intelligence et l’humour.

rur-capekDeux titres que je veux lire de lui :

Les robots universels de Rossum (Rossumovi univerzální roboti – R.U.R.) : théâtre, science-fiction, 1920. Le mot robot créé par son frère Josef (d’après le mot tchèque robota, signifiant travail, servage) y apparaît pour la première fois au niveau mondial. Cette nouvelle est dans le recueil Robot Erectus, une anthologie de Jean-Claude Heudin (12 nouvelles, 400 pages, mars 2012, réédition juin 2016).

ChallengeClassiquesOpheliaLa guerre des salamandres (Válka s Mloky) : conte philosophique mi politique-fiction mi science-fiction dystopie, 1936. Les salamandres sont les personnages principaux de ce roman mais leur civilisation va mal tourner. Un roman paru en France aux Éditeurs français réunis (créés par Aragon en 1949) disparus en 1994 : ce roman est-il toujours disponible en français… ?

Une lecture pour le challenge Classiques 2017.

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Projet 52-2017 #2

Voici ma deuxième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est boisson chaude.

Je me rends bien compte qu’avec le calendrier de la semaine dernière et la photo de cette semaine, je suis vraiment dans le « pratique » et j’espère faire plus artistique dans les prochaines semaines ! Donc, aujourd’hui, la nouvelle bouilloire, reçue à Noël (bien pratique de pouvoir régler la température de 5° en 5°) et une infusion détox.

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

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L’appel de Galandon et Mermoux

appelL’appel de Laurent Galandon et Dominique Mermoux.

Glénat, novembre 2016, 124 pages, 17,50 €, ISBN 978-2-344-01071-6.

Genres : bande dessinée, roman graphique.

Laurent Galandon naît le 16 mars 1970 à Issy les Moulineaux dans la région parisienne. Il étudie la photographie puis travaille pour le cinéma d’Art et essai. Il est scénariste de bandes dessinées et a reçu de nombreux prix en particulier pour sa série L’envolée sauvage. Pas mis à jour très souvent, mais son blog, http://workinprogresslg.blogspot.fr/.

Dominique Mermoux naît en 1980 en Haute-Savoie. Il étudie les Arts appliqués à Grenoble puis la communication visuelle à Besançon et enfin l’illustration en Arts décoratifs à Strasbourg. Il est dessinateur de bandes dessinées et illustrateur pour les livres jeunesse (parfois sous le pseudonyme de Dom) et a reçu plusieurs récompenses. Son blog, http://dominiquemermoux.fr/.

Cécile, une mère célibataire qui travaille de nuit à l’hôpital, est effondrée, impuissante : alors qu’elle croyait Benoît en train de faire du rafting en Ardèche, elle reçoit de Turquie une clé USB avec une vidéo ! Son fils unique est parti au Cham rejoindre ses « frères » et « défendre les opprimés ». Cécile veut comprendre, elle se souvient des dernières semaines et décide de savoir pourquoi Maud, la petite copine, a rompu il y a trois mois. « Comment ai-je pu être aussi aveugle ? » (p. 23).

rentreelitteraire2016Un enfant sans père, une mère souvent absente à cause de son travail, une injustice que l’adolescent ne supporte pas et Benoît est en colère contre sa mère, la société, la police, la terre entière ! « À partir du moment où Benoît a mis le doigt dans l’engrenage, Muhajir ne l’a plus lâché. Il ne s’est plus passé un jour sans qu’il lui adresse un lien vers une vidéo ou des documents vantant le djihad et la vie en Syrie… Ou qu’il le sollicite pour une conversation Skype ou un tchat sur Facebook. Un véritable harcèlement dont Benoît n’a pas pris la mesure et auquel il a volontairement répondu présent. » (p. 69). On le voit, la technologie moderne et les réseaux sociaux ont leur part de responsabilité ainsi que la naïveté des jeunes approchés et leur ignorance du monde dans lequel ils s’engagent… L’appel est une bande dessinée réaliste et difficile, mais vraiment bien traitée et pratiquement d’utilité publique ! À noter que ceux qui connaissent Valence reconnaîtront le centre ville, le pont Frédéric Mistral (qui relie Valence à l’Ardèche) et le Champ de Mars avec le célèbre Kiosque Peynet entre autres.

challengebd2016-2017J’ai eu la chance de rencontrer (rapidement) les auteurs fin novembre 2016 et j’ai pris quelques notes : ils ont commencé à travailler sur cette bande dessinée en novembre 2015 c’est-à-dire avant les attentats. Mermoux n’est pas à l’aise avec la couleur mais le choix du noir et blanc sépia est judicieux je trouve. Galandon dit qu’il n’y a pas de lien avec Shahidas (Grand Angle, tome 1 en 2009 et tome 2 en 2011, avec Volante au dessin) qui a été plus écrit comme un polar (mais il a eu du mal avec le quotidien en Égypte et en Palestine donc il ne souhaite plus écrire d’histoires pour lesquelles il ne maîtriserait pas le sujet). Une actrice célèbre a beaucoup aimé la bande dessinée et il y aurait une possibilité d’adaptation cinématographique.

Je mets L’appel dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2016 (hors roman) et BD.

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Dominique Mermoux (à gauche) et Laurent Galandon (à droite)

Natsume Sôseki

sosekinatsumeDans un mois, le 9 février 2017, ce sera les 150 ans de la naissance de Natsume Sôseki (et le 9 décembre 2017, ce sera les 101 ans de sa mort).

Natsume Sôseki 夏目 漱石 est un écrivain japonais né le 9 février 1867 à Edo (ancien nom de Tôkyô). Il vit durant l’ère Meiji (1868-1912) et connaît le début de l’ère Taishô (1912-1926). Il étudie la littérature chinoise, puis l’architecture, l’anglais et la littérature anglaise. Il écrit des haïkus (poèmes), des articles de journaux et, en 1888, il prend comme nom de plume Sôseki (qui est en fait son prénom). Il enseigne, écrit (des romans, des nouvelles) et voyage (en Angleterre puis en Mandchourie et en Corée). Malheureusement il est très malade et meurt le 9 décembre 1916 à Tôkyô. Mais son œuvre reste et je vous propose, en son honneur, de faire du mois de février le Mois Natsume Sôseki.

tempsbotchantaniguchiIl suffira de lire un seul livre de Natsume Sôseki pour honorer le challenge ; mais plus de lectures sont les bienvenues ! Ci-dessous, vous trouverez les titres de Natsume Sôseki (source : Wikipédia) et vous pouvez aussi lire (un ou plusieurs tomes de) la série de manga Au temps de Botchan 坊っちゃんの時代 (Botchan no jidai) de Jirô Taniguchi 谷口 ジロー qui raconte la vie de Natsume Sôseki et l’ère Meiji.

1899 : Copeaux de bois, extraits de Bokusetsu-roku, œuvre en kanbun (chinois classique littéraire).

sosekichat1905 : Je suis un chat (Wagahai wa neko de aru – 吾輩は猫である), traduit par Jean Cholley, Paris, Gallimard, 1978.

1906 : Botchan (坊っちゃん) ou Le jeune homme, traduit par Hélène Morita, Paris, Le Serpent à plumes, 1993.

1906 : Oreiller d’herbe (Kusamakura – 草枕), traduit par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Paris, Rivages, 1987.

1906 : Le 210e jour (二百十日) traduit par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Paris, Rivages, 1990.

sosekibotchan1907 : Le mineur (Kôfu – 坑夫), traduit par Hélène Morita avec Shizuko Bugnard, Paris, Le Serpent à plumes, 2000.

1907 : Rafales d’automne (Nowaki – 野分), traduit par Élisabeth Suetsugu, Paris, Philippe Picquier, 2015.

1908 : Dix rêves (夢十夜), traduit par Alain Rocher, in Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines, Paris, Gallimard, 1986.

1909 : Petits contes de printemps (Eijitsu shôhin – 永日小品), traduit par Élisabeth Suetsugu, Arles, Philippe Picquier, 1999.

sosekisanshiro1909 : Sanshirô (三四郎), traduit par Jean-Pierre Liogier, Paris, Philippe Picquier, 1990.

1909 : Et puis (Sorekara – それから), traduit par Hélène Morita avec la collaboration de Yôko Miyamoto, Paris, Le Serpent à plumes, 2004.

1910 : La porte (Mon – 門), traduit par Raymond Martinie (Paris, Éditions Rieder, 1928, prix Langlois 1928 de l’Académie française), traduction plus récente par Corinne Atlan, Arles, Philippe Picquier, 1992.

1910-1911 : Choses dont je me souviens (Omoidasukoto nado – 思い出す事など), traduit par Élisabeth Suetsugu, Arles, Philippe Picquier, 2000.

1911 : La civilisation japonaise moderne (Gendai Nihon no Kaika – 現代日本の開化), dans Cent ans de pensée au Japon – Tome 1.

1911 : Haltes en Mandchourie et en Corée, précédé de Textes londoniens, traduit par Olivier Jamet et Élisabeth Suetsugu, Paris, La Quinzaine littéraire-Louis Vuitton, 1997.

sosekiautomne1907-1912 : Une journée de début d’automne, traduit par Élisabeth Suetsugu, Arles, Philippe Picquier, 2012.

1912 : À l’équinoxe et au-delà (Higansugi made 彼岸過迄), traduit par Hélène Morita, Paris, Le Serpent à plumes, 1995.

1913 : Le voyageur (Kôjin – 行人) ou L’homme qui va, traduit par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Paris, Rivages, 1991.

1907-1914 : Conférences sur le Japon de l’ère Meiji, traduit par Olivier Jamet, Paris, Hermann, 2013.

sosekipauvrecoeur1914 : Le pauvre cœur des hommes (Kokoro – こころ), traduit par Horiguchi Daigaku et Georges Bonneau, Paris, Institut international de coopération intellectuelle, 1939.

1914 : Mon individualisme (Watashi no kojinshugi – 私の個人主義), suivi de Quelques lettres aux amis, traduit par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Paris, Rivages, 2003.

1915 : À travers la vitre (Garasudo no naka – 硝子戸の中), Paris, Rivages, 1993.

1915 : Les herbes du chemin (Michikusa – 道草), traduit par Élisabeth Suetsugu, Paris, Philippe Picquier, 1992.

1916 : Clair-obscur, inachevé (Meian – 明暗), traduit par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura, Paris, Rivages, 1989.

Alors qui en est ?

1. PatiVore avec …

2. Sharon de Des livres et Sharon avec …

3. Cat de Chroniques aiguës avec …

Challenge Classiques 2017 avec le Pr. Platypus

ChallengeClassiquesDonQuichotte

ChallengeClassiquesFaustLe challenge Classiques 2016 a plus ou moins bien fonctionné : j’ai été assidue… 4 mois et j’ai eu un sursaut en décembre ! Mais je repars pour 2017. L’objectif du challenge est toujours de lire des « œuvres littéraires dites classiques » (tous genres confondus) tous les mois (ou tous les deux mois). « Mais le challenge inclut également les BD, films et spectacles qui en sont tirés, et les expositions qui peuvent être consacrées à leur auteur. » Logos (les mêmes que l’année dernière), infos, inscription et dépôts des liens chez le Pr. Platypus.

ChallengeClassiquesOpheliaMes lectures pour ce challenge

Janvier : La mort d’Archimède de Karel Čapek (Tchécoslovaquie, 1938).

Février : …

Mars : …

ChallengeClassiquesPereGoriotAvril : …

Mai : …

Juin : …

Juillet : …

Août : …

Septembre : …ChallengeClassiquesProust

Octobre : …

Novembre : …

Décembre : …

Le cousin de Mahomet de Nicolas Fromaget

cousinmahometLe cousin de Mahomet de Nicolas Fromaget.

Anacharsis, septembre 2007, 240 pages, 17 €, ISBN 978-2-914777-41-4.

Genres : roman picaresque, conte oriental.

Nicolas Fromaget – les spécialistes ne sont pas sûrs de son prénom – (17..-1759) était un contemporain de Voltaire. Répertorié dans le Dictionnaire des théâtres de Paris en 1767, il a écrit pour le théâtre de l’Opéra comique. Le cousin de Mahomet (sûrement entre 1750-1759) est son dernier ouvrage, plusieurs fois réédité de façon plus ou moins confidentielle et donc plusieurs fois tombé dans l’oubli ! On sait peut de choses sur Fromaget et il n’existe qu’un seul portrait le représentant. Mais on apprend pas mal de choses dans la préface de l’éditeur et dans la postface de Jacques Domenech.

fromagetportraitÀ cause d’une punition qu’il juge injustifiée, un jeune espiègle de 16 ans – plus tard surnommé Parisien l’Écolier – quitte le collège, sa famille et Paris pour l’aventure. Ses pas le conduiront d’abord à Marseille où il rencontre un ami (Dumont) qui rejoint son oncle cuisinier à Constantinople. Il ira donc en Turquie ! On est en 1714. Tour à tour fugitif, marmiton, esclave, apprenti maçon, musicien, employé de maison…, il sera souvent châtié mais jamais châtré ! Et connaîtra charnellement de nombreuses jeunes femmes, toutes plus belles les unes que les autres, à la fois Turques et étrangères (une Géorgienne et une Espagnole entre autres). « Aimé, caressé de la patronne, traité fort humainement par le patron, j’étais le plus heureux esclave de Constantinople. Je jouissais d’une liberté presque entière. » (p. 51). Amour, bonne chère, vin, raffinement, désir et plaisir avec Kakma, Mirzala, Jonquille, Zambak, Nedoüa, etc.

un-mois-un-editeurDeux extraits

« Je l’avais guérie de la manie qu’elle avait d’être battue ; elle avait compris sans peine qu’il était plus gracieux de recevoir des caresses d’un amant que des coups. » (p. 59). Eh oui, au XVIIIe siècle (et certainement avant et après), les femmes turques trouvent normal d’être battues, c’est pour elles un gage d’amour !

« Si Ménekcké m’eut suivi en France, il eut fallu l’épouser. Elle est belle, spirituelle, caressante et extrêmement vive sur le chapitre de l’amour ; mais ce qui rend un amant heureux fait souvent un mari misérable. » (p. 209).

ChallengeClassiquesPereGoriotDes descriptions instructives et réalistes sur l’empire ottoman et la vie à Stamboul au début du XVIIIe siècle mais c’est répétitif, un peu ronflant et les notes en bas de pages sont vraiment très nombreuses… (Bon, je préfère quand même lorsqu’elles sont en bas de page plutôt que tout à la fin). De plus, il n’y a pas de chapitres donc le livre se présente en un seul bloc ! C’est rédhibitoire… Je me suis ennuyée ferme mais je parle quand même de ce livre car je devais le présenter dans le cadre de Un mois, un éditeur organisé par Sandrine du blog Yspaddaden – Tête de lecture, l’éditeur choisi pour le troisième mois étant Anacharsis (j’ai donc quelques jours de retard, c’était l’éditeur de décembre…). Je conseille ce Cousin de Mahomet aux lecteurs qui aiment le badinage, les friponneries et le libertinage. Quant à moi, je préfère relire Voltaire !

RaconteMoiAsie2Je le mets dans le challenge Classiques pour décembre car je l’ai lu fin décembre durant la Semaine à lire #1 mais comme j’ai du retard dans la publication de ma note de lecture… Et dans Raconte-moi l’Asie #2 pour la Turquie.

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Projet 52-2017 #1

Voici ma première participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est début d’année.

Début d’année = nouveau calendrier tout simplement.

Je vous souhaite un bon weekend et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

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