Image

Projet 52-2017 #16

Voici ma seizième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est végétal.

En fait, j’ai été nommée par Martine (sur FB) pour publier chaque jour pendant 7 jours une photo de nature. La première photo ci-dessous (fleurs roses pâles) est ma photo inédite pour le thème végétal et – pour ceux qui ne sont pas sur FB – je vous montre les photos (végétales aussi !) publiées sur FB les 5 précédents jours.

Je vous souhaite un bon weekend – que j’espère ensoleillé – et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !

Mon ciel et ma terre d’Aure Atika

Mon ciel et ma terre d’Aure Atika.

Fayard, février 2017, 208 pages, 18 €, ISBN 978-2-21368-710-0.

Genres : premier roman, roman autobiographique.

Aure Atika naît le 12 juillet 1970 au Portugal lors d’un voyage de sa mère. Après des études de Droit, elle devient actrice et réalisatrice. Mon ciel et ma terre est son premier roman.

Odette, ou Ode, c’est la maman de la narratrice. Ode c’est une enfance au Maroc, dans une famille juive avec six frères et sœurs ; Ode c’est une fillette et une adolescente garçon manqué, effrontée, impulsive, venue étudier en France à 17 ans et devenue une mère célibataire indépendante, fantasque et bohème. La jeune narratrice est donc enfant unique, elle vit à Paris avec sa mère mais elle est souvent seule et elle vit dans l’angoisse de la perdre surtout lorsqu’elle ne rentre pas de la nuit ou lorsqu’elle part en voyage en Inde. « Je discute avec moi-même. » (p. 32). Elle est fascinée par le monde dans lequel vit sa mère (bien qu’infirmière et esthéticienne) : musique, photographie, cinéma, célébrités, drogue, des weekends à Dauville, l’été à Saint-Tropez. « je savoure l’univers des grands. […] Tout le monde rit, alors je ris aussi. » (p. 56). Elle passe pas mal de temps chez sa grand-mère à la campagne, là c’est gâteaux, télévision, Dalida et matchs de catch. Et puis la lecture, toujours : « On s’entend bien, les livres et moi. » (p. 103). Plus tard, elle prendra soin de sa mère malade jusqu’au bout. « Je ne suis plus sa mère, je ne suis plus l’ado emmurée, je suis une jeune femme qui trace son chemin. » (p. 188). « Je me suis construite avec ce qu’elle m’a montré : être indépendante, ne pas avoir peur, tendre vers l’art. Par son attachement à sa liberté, son goût du voyage et de l’ailleurs, elle m’a transmis la confiance, la curiosité du monde. Un appétit pour l’aventure. » (p. 203).

Mon ciel et ma terre est une histoire touchante qui m’a émue, une ode à sa mère, à ce qu’elle lui a appris, transmis, à la liberté qu’elle lui a donnée, à l’amour qu’une mère et sa fille unique se portent. C’est raconté différemment, c’est atypique, à la fois simple et profond, et puis c’était une autre époque (années 70-80) plus libre, plus « folle » : certains pourront être choqués mais Aure Atika fait revivre tout ça avec une sensibilité et une nostalgie qui m’ont enthousiasmée.

Je remercie Catherine A. qui m’a envoyé ce beau premier roman dans le cadre des 68 premières fois 2017 et je le mets dans les challenges Défi premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017 de MicMélo.

La téméraire de Marine Westphal

La téméraire de Marine Westphal.

Stock, collection La Bleue, janvier 2017, 141 pages, 16,50 €, ISBN 978-2-234-08190-1.

Genre : premier roman.

Marine Westphal… Peu d’infos… Elle a 27 ans au moment où sort son premier roman, La téméraire, et elle est infirmière.

Sali veille sur son mari, Bartolomeo : il a fait un AVC en montagne durant son travail. « Sali brisée tel un fétu de paille, face au lit où Lo Meo faisait le mort […] » (p. 16). « Elle guettait un signe, une réponse, quelque chose qui donne raison à son espoir. Elle butait contre ses yeux clos. Sortir se laver les cheveux revenait à jeter à la fosse toutes ces heures bâtardes passées à guetter la paupière qui tressaute, le doigt qui frémit dans sa main à elle, le cil qui s’envole et échoue, minable, sur la pommette ramollie de son mari. »  (p. 17).

36 ans d’amour et deux enfants, Maïa et Gabin, maintenant grands. « […] préparation, redressement, pivot, maintien, jusqu’à l’épuisement. Car elle avait un but, un incroyable objectif qui mobilisait toutes ses pensées et ses forces : ne pas le laisser crever là, lui qui aimait tant l’impolitesse du vent et les grands espaces. […] elle ne le récupérerait jamais […] elle avait encore le droit d’essayer de faire ça pour lui : sauver sa mort, puisqu’elle ne pouvait sauver sa vie. » (p. 73).

Je ne dirai rien de plus sur ce roman car il m’a ennuyée et ne m’a pas convaincue du tout… Son style, trop direct et distant, n’a pas suscité d’empathie chez moi…

Je remercie quand même Alice de me l’avoir envoyé dans le cadre des 68 premières fois 2017 et je le mets dans les challenges Défi premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017 de MicMélo.

Mais, faites-vous votre propre idée !

Nous, les passeurs de Marie Barraud

Nous, les passeurs de Marie Barraud.

Robert Laffont, janvier 2017, 190 pages, 17 €, ISBN 978-2-221-19790-5.

Genres : premier roman, roman autobiographique.

Marie Barraud, comédienne, signe un premier roman magistral !

Le Docteur Albert Barraud travaillait à l’hôpital Saint-André à Bordeaux et était un responsable de la Résistance (l’OCM, l’organisation civile et militaire) ; il a été arrêté en avril 1944 à l’âge de 37 ans par les hommes du commissaire Poinsot et déporté le mois suivant dans le camp de Neuengamme en Allemagne. Son épouse et leurs deux enfants ne l’ont jamais revu et n’ont même jamais su ce qu’il lui était vraiment arrivé.

La maison familiale, c’est un « élégant domaine du XVIIIe siècle » (p. 13), le château des Arts à Talence. Une maison célèbre : François Mauriac s’y est marié dans les années 10 et elle est la résidence du Docteur Albert Barraud et de sa famille. Mais cette famille a traversé un drame. « […] une donnée est indispensable : la confiance en soi. Et c’est précisément ce qui me manque. Et ce depuis… depuis… eh bien depuis toujours. » (p. 22). L’auteur veut découvrir ce qu’a traversé sa famille paternelle : qu’est-il arrivé à son grand-père, comment son père et son oncle Max (l’aîné) ont-ils pu grandir sans leur père, pourquoi tous ces silences et cette colère en eux ? Moi qui ai lu, depuis l’adolescence, de nombreux livres sur la Seconde guerre mondiale, les camps, le procès de Nuremberg, des essais, des témoignages, des romans, des bandes dessinées aussi, j’ai encore appris des choses grâce à ce roman (la « brigade des matraqueurs » du commissaire Poinsot ou les bateaux bombardés par les Britanniques par exemple), mais est-ce vraiment un roman ? C’est un récit intime, un récit de la mémoire, une recherche de la vérité. Grâce aux témoignages de rares survivants, en particulier celui de Roger Joly qui avait 22 ans au moment de la déportation, Marie va apprendre le destin d’Albert Barraud, ce grand-père absent mais en fait tellement présent. Ah, l’importance des témoignages… Écrits le plus souvent, comme pour se libérer. C’est vrai que les personnes de ma famille qui avaient vécu la guerre (elles sont maintenant décédées) n’en parlaient pas et éludaient le peu de questions qui étaient posées ou répondaient avec une phrase anodine qui écourtait la conversation. « Mon grand-père vivait depuis toujours dans la mémoire de ceux qui étaient revenus de ces enfers et je ne le découvrais qu’aujourd’hui. » (p. 74). À propos de Roger Joly : « Il semblait s’être promis de ne jamais oublier. Rien. Pas le moindre détail. Au nom de tous ceux restés là-bas. » (p. 87). Là-bas, c’est le camp de Neuengamme près de Hambourg et la baie de Lübeck au bord de la mer Baltique. « Je découvrais l’origine du mal qui rongeait le cœur de notre famille. » (p. 149). L’auteur décide d’aller là-bas et son frère, Benjamin, l’accompagne. « Je pense que sans nous le dire, nous savions, mon frère et moi, que nous étions sur le point de vivre une expérience unique et absolument inattendue. » (p. 151). Nous, les passeurs, les passeurs de mots, les passeurs d’Histoire, est un roman émouvant (et le mot est faible), vibrant, un hommage non seulement au Docteur Barraud qui fut un héros pour tous ceux qu’il a soignés et sauvés mais aussi à tous les déportés, toutes les victimes de cette guerre, de ce carnage dont les plaies, plus de 70 ans après, ne sont pas refermées. Beaucoup de tendresse dans l’écriture de Marie Barraud, pour son grand-père, pour son père, pour son oncle, pour Roger Joly, pour ceux qui ont souffert, ceux qui ont dû grandir de façon bancale et qui ont dû taire leurs souffrances car d’autres avaient vécu pire. Dans les années 90, j’ai été plusieurs fois à Bordeaux, une belle ville, et je suis peut-être passée dans la rue du Docteur Albert Barraud, en tout cas je ne connaissais pas son histoire et je l’ai trouvée éprouvante mais passionnante. Âmes sensibles, ne vous abstenez pas, mais préparez la boîte de mouchoirs à portée de main.

Un magnifique roman lu dans le cadre des 68 premières fois 2017 – je remercie Catherine A. de me l’avoir envoyé – que je mets dans les challenges Défi du Premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017.

Mat, mat, mat d’Ayerdhal

Mat, mat, mat d’Ayerdhal in Scintillements, intégrale des nouvelles.

Au Diable Vauvert, novembre 2016, 708 pages, 23 €, ISBN 979-10-307-0054-1.

Genres : nouvelle, science-fiction.

Ayerdhal est né Marc Soulier le 26 janvier 1959 à Lyon. Pendant 25 ans, il a été un des principaux auteurs français de science-fiction (nouvelles et romans) – et de quelques thrillers – et a reçu de nombreux prix littéraires. Il est mort le 27 octobre 2015 à Bruxelles (Belgique). Écrivain engagé, il avait créé en octobre 2000, avec d’autres auteurs (Jean-Pierre Andrevon, Pierre Bordage, Philippe Curval, Serge Lehman, Francis Mizio et Norman Spinrad), Le Droit du serf, un groupe de réflexion pour le droit d’auteur.

Mat, mat, mat est la première nouvelle de cette intégrale et elle est inédite. « On jouait nuit et jour. La ville n’était plus qu’un échiquier. » (p. 11). Un marathon d’échecs et la finale entre les deux superchampions Alpha et Béta a lieu dans l’auditorium intergalactique. Comme il n’y a aucun temps limite de réflexion, la partie dure très longtemps, déjà plus de quatre heures. « Et pourtant la tension ne baissait pas. » (p. 12). Mais Béta n’accepte pas la défaite et s’enfuit.

Une émouvante préface de Pierre Bordage qui annonce les 37 nouvelles – écrites entre la deuxième moitié des années 80 et 2015 – dont 10 inédites, une dizaine d’interviews et une bibliographie.

Cette nouvelle, inédite donc, date de 1986, c’est la première qu’Ayerdhal ait écrite, en fait avec son frère, pour un examen d’écriture créative, sur le thème du jeu d’échecs. J’ai repéré quelques fautes comme « un millions d’effrois » (p. 16) et « Et bien » au lieu de « Eh bien » (p. 18)… mais cette histoire qui fait froid dans le dos m’a bien plu et je lirai les autres nouvelles de ce gros recueil petit à petit.

Une nouvelle pour La bonne nouvelle du lundi que je mets aussi dans les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2016, Littérature de l’imaginaire et bien sûr Printemps de l’imaginaire francophone.

Bon weekend de Pâques !

Virée à Grenoble hier pour voir Lee Rony – du blog Lire au nid – et visiter l’expo Fantin Latour : à fleur de peau au Musée de Grenoble (du 18 mars au 18 juin 2017) : des portraits, dont des autoportraits, des natures mortes en particulier de fleurs, des œuvres dites d’imagination (et des photographies de nus que collectionnait le peintre). Je vous montrerai quelques photos dans les prochains jours. Une belle expo même si j’ai préféré celle sur Kandinsky !

Aujourd’hui (et demain pareil) je me la coule douce pour ce weekend de Pâques… ensoleillé et venté. J’en profite pour bouquiner : j’ai adoré Code 93 d’Olivier Norek, acheté et dédicacé aux Quais du polar. Et je déguste les nouveaux chocolats du grand chocolatier drômois-ardéchois Pierre Chauvet, la délicieuse collection Galaxies.

Je vous souhaite un bon weekend de Pâques 🙂

Image

Projet 52-2017 #15

Voici ma quinzième participation pour le Projet 52-2017 de Ma et cette semaine, le thème choisi par Ma est jeu.

Ma a sûrement pensé jeu de société ou jeu à l’extérieur, j’ai pensé jeu de lumières !

Je vous souhaite un bon weekend de Pâques et, si vous voulez aussi participer à ce projet photographique sur l’année, allez vite voir Ma !