Le Chancellor de Jules Verne

Le Chancellor : journal du passager J.-R. Kazallon de Jules Verne.

Publication en feuilleton dans Le Temps du 17 décembre 1874 au 24 janvier 1875.

Édition originale : Bibliothèque d’éducation et de récréation J. Hetzel et Cie, collection Les voyages extraordinaires couronnés par l’Académie, 1875, illustrations d’Édouard Riou.

Édition lue : Omnibus, Les romans de l’air, octobre 2001, 1344 pages, 22,50€, ISBN 978-2-25805-788-3, épuisé. Pages 809 à 962 soit 154 pages.

Il existe sûrement d’autres éditions et Le Chancellor est disponible librement sur Wikisource.

Genres : littérature française, roman d’aventure.

Jules Verne naît le 8 février 1828 à Nantes (Loire Atlantique). Il y a beaucoup à dire alors je vais faire simple. Après le baccalauréat, son père l’envoie étudier le Droit à Paris. Esprit libre, antimilitariste, espérantiste, il devient un écrivain éclectique (romans, nouvelles, autobiographies, poésie, pièces de théâtre) dans plusieurs genres en particulier aventure et science-fiction. Ses Voyages extraordinaires contiennent 62 romans et 18 nouvelles pour 40 ans de travail. Il meurt le 24 mars 1905 à Amiens (Hauts de France) et l’année 2005 fut année Jules Verne pour le centenaire de sa mort. Vous pouvez en savoir plus dans des biographies, sur Internet ou grâce à la Société Jules Verne (fondée en 1935) ou le Centre international Jules Verne (fondé en 1971).

Édouard Riou naît le 2 décembre 1833 à Saint Servan (Ille et Villaine, Bretagne). Il grandit au Havre où il étudie le dessin. Il est élève du peintre Charles-François Daubigny (1817-1878). Il devient caricaturiste, peintre et illustrateur et travaille pour plusieurs journaux et revues satiriques. Il illustre plusieurs œuvres de Jules Verne et une expo À l’aventure ! Edouard Riou, illustrateur de Jules Verne est montée à la Bibliothèque Armand Salacrou au Havre de janvier à avril 2019. Il meurt le 26 janvier 1900 à Paris.

Charleston, 27 septembre 1869. Le Chancellor, « beau trois-mâts carré de neuf cents tonneaux » (p. 811) quitte le quai avec aux commande le capitaine John-Silas Huntly, un Écossais. C’est un beau bateau, de deux ans, confortable, solide, « première cote au Veritas » (p. 811) qui effectue son troisième voyage entre Charleston (Caroline du sud, États-Unis) et Liverpool (Angleterre). La traversée de l’Atlantique dure entre vingt à vingt-cinq jours.

Le narrateur, J.-R. Kazallon, est un passager qui préfère la navigation à la voile qu’à la vapeur et qui écrit son journal au jour le jour. Ses descriptions – et donc celles de l’auteur – montrent que Jules Verne fut influencé par les travaux des physionomistes en particulier Johann Caspar Lavater (1741-1801) et De la physionomie et des mouvements d’expression de Louis Pierre Gratiolet (1815-1865) édité par Hetzel en 1865.

À bord du Chancellor, dix-huit marins, « [le] capitaine Huntly, [le] second Robert Kurtis, [le] lieutenant Walter, un bosseman, et quatorze matelots, anglais ou écossais » (p. 813) [il y a en fait aussi un Irlandais, O’Ready, p. 884], en cuisine, « le maître d’hôtel Hobbart, le cuisinier nègre Jynxtrop » (p. 813) et huit passagers, Américains, Anglais et Français, dont deux dames. Le voyage se passe bien, « L’Atlantique n’est pas très tourmenté par le vent. » (p. 816), les passagers s’entendent normalement et prennent leurs repas ensemble. Kazallon discute plus particulièrement avec monsieur Letourneur, un Français, et avec son fils André, infirme de naissance, ainsi qu’avec le second, Robert Kurtis, qui en sait beaucoup sur les autres passagers et la direction que prend le Chancellor.

D’ailleurs, il apprend à Kazallon que le navire, qui fait « bonne et rapide route » (p. 820), ne va pas plein nord en suivant le courant du Gulf Stream mais fait route à l’est en direction des Bermudes, ce qui est inhabituel pour se rendre en Angleterre. Les Bermudes seront-elles pour le Chancellor les îles paradisiaques vantées par Walter et Thomas Moore ou terriblement dangereuses comme dans la Tempête de Shakespeare ?

Mais le vent se déchaîne, le temps est de plus en plus mauvais et le bateau dérive sud-est vers l’Afrique au lieu de nord-est vers l’Angleterre… Le capitaine Huntly est-il devenu fou ? Le Chancellor est entravé par les varechs… « le Chancellor […] doit ressembler à un bosquet mouvant au milieu d’une prairie immense. » (p. 824).

Après ce passage difficile, Kazallon et Letourneur sont réveillés en pleine nuit par des bruits bizarres, ensuite le capitaine se montre taciturne, le second inquiet, les matelots semblent comploter quelque chose, les passagers se plaignent de la longueur inhabituelle du voyage… Et c’est le 19 octobre que Kazallon apprend de Kurtis que « le feu est à bord » (p. 829) et ce depuis six jours parce que les marchandises ont pris feu dans la cale… Et le feu est sûrement alimenté par une arrivée d’air que l’équipage n’a pas trouvée car refroidir le pont ne suffit pas. « Il est évident que le feu ne peut être maîtrisé et que, tôt ou tard, il éclatera avec violence. » (p. 833). Il faut se diriger le plus rapidement vers une côte et la plus proche est apparemment celle des Petites Antilles au sud-ouest.

Le Chancellor, de plus en plus chaud, continue sa route, essuie une tempête, l’équipage fait ce qu’il peut, une partie des vivres et du matériel au cas où il faudrait quitter rapidement le navire est mis à l’abri et les passagers (tous ne sont pas au courant de tout) sont réfugiés dans les endroits les moins risqués. Mais « L’homme, longtemps menacé d’un danger, finit par désirer qu’il se produise, car l’attente d’une catastrophe inévitable est plus horrible que la réalité ! » (p. 843).

Arrive ce qui devait arriver… « Quelle nuit épouvantable, et quelle plume saurait en retracer l’horreur ! […] Le Chancellor court dans les ténèbres, comme un brûlot gigantesque. Pas d’autre alternative : ou se jeter à la mer ou périr dans les flammes ! » (p. 848). J’aime bien le nom donné par André à l’îlot basaltique inconnu sur lequel s’est échoué le Chancellor, Ham-Rock, parce qu’il ressemble à un jambon ! Mais « les avaries sont beaucoup plus graves que nous le supposions, et la coupe du bâtiment est fort compromise. » (p. 867).

Il s’est déroulé 72 jours depuis le départ mais l’histoire n’est pas terminée, loin de là. « Suite du 7 décembre. – Un nouvel appareil flottant nous porte. Il ne peut couler, car les pièces de bois qui le composent surnageront, quoi qu’il arrive. Mais la mer ne le disjoindra-t-elle pas ? Ne rompra-t-elle pas les cordes qui le lient ? N’anéantira-t-elle pas enfin les naufragés qui sont entassés à sa surface ? De vingt-huit personnes que comptait le Chancellor au départ de Charleston, dix ont déjà péri. » (p. 893) et « il en est parmi nous dont les mauvais instincts seront bien difficiles à contenir ! » (p. 894). Effectivement, les survivants vivront l’horreur pendant des semaines…

Ah, je n’avais pas lu Jules Verne depuis longtemps, ça fait plaisir ! Et je suis toujours émerveillée de son imagination et de sa facilité à raconter des voyages, des périples alors qu’il ne bougeait pas de chez lui ! La tension monte peu à peu dans Le Chancellor qui commence comme un roman d’aventure maritime, vire à la catastrophe et continue comme un roman d’initiation. J’ai appris ce qu’était le picrate de potasse (je connaissais le mot picrate qui signifie mauvais vin mais ici rien à voir, bien plus explosif !).

Bien qu’inspiré par le naufrage de la Méduse (1816) [Kurtis cite l’état similaire de la Junon en 1795, avec le Chancellor, p. 882], Jules Verne ne sacrifie par les faibles par les forts (critères sociaux, physiques…) mais analyse les comportements de chacun (lâcheté, folie, stupidité, égoïsme… chez les uns, courage, dévouement, intelligence… chez les autres, le désespoir gagnant tout de même tout un chacun à un moment ou un autre) et raconte très bien la faim, la soif, la sauvagerie, le cannibalisme car certains feront « Chacun pour soi » et d’autres se serreront les coudes. « Et maintenant, dans quel état moral sommes-nous les uns et les autres ? » (p. 889).

En plus du narrateur, J.-R. Kazallon, j’ai particulièrement apprécié deux personnages. Le second, Robert Kurtis, un homme énergique, intelligent, courageux, un vrai marin, qui devient capitaine après la défection de Huntly qui a plus ou moins perdu la tête. Et surtout le jeune André Letourneur, 20 ans, orphelin (sa mère est morte en couches) et infirme de naissance à la jambe gauche (il marche avec une béquille), son père prend bien soin de lui, et lui aime aussi beaucoup son père ; le jeune homme va tomber amoureux de Miss Herbey, la jeune Anglaise demoiselle de compagnie de Mrs Kear, une Américaine dont le mari, un homme d’affaires enrichi, ne s’occupe pas… Voici ce que dit Kazallon du jeune André : « Cet aimable jeune homme est l’âme de notre petit monde. Il a un esprit original, et les aperçus nouveaux, les considérations inattendues abondent dans sa manière d’envisager les choses. Sa conversation nous distrait, nous instruit souvent. Pendant qu’André parle, sa physionomie un peu maladive s’anime. Son père semble boire ses paroles. Quelquefois, lui prenant la main, il la garde pendant des heures entières. » (p. 898), sûrement mon passage préféré.

Jules Verne voulait un récit « d’un réalisme effrayant » (ce qu’il annonce à son éditeur), c’est réussi avec ce huis-clos à bord du bateau puis en plein océan. Le Chancellor n’a d’ailleurs pas eu le même succès que les romans d’aventure se basant sur les progrès de la science et l’optimisme de l’auteur et des personnages. Pourtant le journal intime de Kazallon, semblable à un journal de bord maritime, est une idée novatrice d’autant plus que Kazallon n’utilise pas le passé simple (à la mode à cette période) mais le présent et donc le lecteur a l’impression d’y être lui aussi et comprend que les décisions doivent être prises de façon rationnelle et non guidées par l’émotion. C’est sûrement le récit le plus dramatique et le plus horrifique de Jules Verne. Quelques mots sur les illustrations en noir et blanc d’Édouard Riou, elles sont superbes et montrent bien les décors et l’évolution des personnages (bien sur eux au départ puis de plus en plus dépenaillés et hagards).

Lu pour le thème de mai (Jules Verne) de Les classiques c’est fantastique #2, je mets également cette lecture dans 2021 cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 23, un huis-clos, 2e billet), Littérature de l’imaginaire #9 et S4F3 #7.

Pour Les classiques c’est fantastique, d’autres titres de Jules Verne chez Moka, FannyLolo, Natiora, Cristie, George, Alice, MumuHéliena, L’Ourse bibliophile, Céline, ManonMadame Lit, Lili.

 

Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #7

J’ai failli oublier de m’inscrire à cette nouvelle édition ! Je ne connaissais pas ce challenge pour les trois premières éditions mais j’ai participé en 2018 (13 lectures), en 2019 (2 lectures) et en 2020 (7 lectures) et voici donc la 7 édition du Summer Short Stories of SFFF soit S4F3 #7 qui dure du 21 juin au 21 septembre 2021.

Infos, logo et inscription chez Lutin82 (Albédo) avec formulaire pour déposer les liens.

Apparemment l’objectif est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire c’est-à-dire science-fiction, fantastique, fantasy = SFFF (livres, anthologies, essais et recueils de nouvelles).

Mes lectures pour ce challenge

1. Le Chancellor : journal du passager J.-R. Kazallon de Jules Verne (Omnibus, 2001, France, 1875)

2. Maître Zacharius ou l’horloger qui avait perdu son âme de Jules Verne (Ouest France, 2000, France 1854)

3. Le silence de Don DeLillo (Actes Sud, 2021, États-Unis)

4. Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan (H2T, 2020-2021, France)

5. Quand viendra la vague d’Alice Zeniter (L’Arche, 2019, France)

6. La cité du Soleil de Tommaso Campanella (1602, Italie)

Robogenesis de Daniel H. Wilson

Robogenesis de Daniel H. Wilson.

Fleuve, collection OutreFleuve, juin 2017, 496 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-265-11614-6. Robogenesis (2014) est traduit de l’américain par Patrick Imbert. C’est cette édition que j’ai lue mais le roman n’est plus qu’en poche : Pocket, octobre 2018, 528 pages, 8,70 €, ISBN 978-2-26628-584-1.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction, post-apocalyptique.

Daniel H. Wilson naît le 6 mars 1978 à Tulsa dans l’Oklahoma (il est Cherokee). Ancien ingénieur à Microsoft et Intel, il est spécialiste de la robotique et de l’intelligence artificielle. Il est auteur d’essais scientifiques parfois humoristiques, d’articles parus dans le New York Times et le magazine Wired, de romans de science-fiction et de nouvelles. Du même auteur : Le cœur perdu des automates et Robopocalypse. Plus d’infos sur son site officiel.

L’IA Archos R-14 a été détruite mais elle s’est fragmentée et l’humanité, exsangue, va devoir encore combattre. Le narrateur, Arayt Shah, a « récupéré trois témoignages de premier ordre, issus de trois esprits différents. » (p. 15). Le roman est ainsi composé de trois parties, Lark Iron Cloud, Mathilda Perez et Cormac Wallace, trois héros que nous avons suivi dans le premier tome. Je rappelle qu’il y a des humains modifiées et des robots éveillés, les Freeborn.

Première partie. Les survivants sont « repliés dans la ville de Gray Horse […]. Il n’y aura pas de renforts. Il ne reste plus que du métal, de la neige et du sang. » (p. 18). À Anadyr, en Eurasie, Leonid et Vasily s’occupent de racks de processeurs à 60 mètres sous terre ; l’entité s’appelle Maxim, du projet Novichok, mais les machines encore branchées ont été contaminées par Archos R-14 car les IA sont « légion. Aucune n’est la même, nous ne formons pas une classe homogène. Nous coexistons selon des architectures différentes. On nous a éveillées sur des schémas alternatifs. Certaines savent ce qu’être humain signifie. D’autres chérissent la vie. D’autres encore sont étranges, au-delà de toute compréhension. Et certaines… certaines sont folles. » (p. 89-90). Vasily, qui a pu fuir, annonce à la radio et au monde que la « Vraie Guerre » (p. 136) arrive. Hank Cotton est hypnotisé par un cube noir issu d’Archos. Quant à Lark Iron Cloud, il se retrouve isolé et en danger. « Sans même y réfléchir, je prends ma décision. Je rejoindrai les Freeborn. […] Je sors de l’eau. Je me sens renaître. Un squelette d’onyx, chaque pièce à sa place. Rien de superflu. Je ne suis plus ce que j’étais avant. » (p. 155).

Deuxième partie. Mathilda Perez et son jeune frère, Nolan, sont à New York. Ils récupèrent « les restes de matériel abandonné » (p. 176) par les quads et les pluggers durant la Nouvelle Guerre. Mais, des réfugiés sont revenus dans la ville, La Tribu, sous le commandement de Felix Morales, un ancien narcotrafiquant, un fou furieux… Mathilda et Nolan fuient pour ne pas être tués mais ils sont séparés et Neuf Zéro Deux, un robot Freeborn qui a combattu avec les humains, entre en contact avec la jeune femme ; il ne veut plus être seul. « Ils me manquent. Comme c’est étrange. » (p. 216). C’est que « La limite entre l’homme et la machine est floue. » (p. 314).

Troisième partie. Cormac Wallace n’est pas reparti avec la Gray Horse Army après Ragnorak. Il « est resté à l’arrière pour tenir une sorte de journal de guerre » (p. 321) avec Cherrah qui est devenue sa compagne. Le lecteur retrouve aussi Takeo Nomura et la Freeborn Mikiko au Japon ; ils communiquent avec un shinboku marin dans la Baie de Tôkyô ; ils l’appellent Ryujin, le dieu dragon des océans. « L’ennemi cherche les éveillés. Ils mourront dans leur place forte sous la montagne. En se nourrissant de leur puissance, cet esprit vide se remplira. La chose appelée Arayt exterminera les Freeborn, puis l’humanité. » (p. 381).

De l’action, du danger, de la bravoure, de la folie même parfois, des trahisons, mais aussi des amitiés et de l’amour, tout se met en place pour les humains survivants (modifiés ou non) et les robots qui sont loyaux à l’humanité (les Freeborn). Ce deuxième tome est aussi bien construit que le premier puisque le lecteur suit à nouveau plusieurs protagonistes qui sont éloignés les uns des autres (États-Unis, Russie, Japon…) mais qui vivent plus ou moins la même chose et qui doivent s’unir pour gagner contre les dangereuses IA (Intelligences Artificielles). Mon personnage préféré dans le premier tome était Cormac Wallace surnommé Bright Boy et j’ai été ravie de le retrouver ici. Ce roman est intense, il fait froid dans le dos et questionne sur l’avenir de l’humanité et de la technologie (j’espère que nous n’en arriverons jamais là !). Alors que la couverture de Robopocalypse est rouge, celle de Robogenesis est verte, comme une lueur d’espoir ? Daniel H. Wilson maîtrise son sujet à la perfection, franchement je vous conseille cette série, et je me demande bien s’il y aura un troisième tome.

Une excellente lecture que je mets dans Littérature de l’imaginaire #9.

Solo 1 – Les survivants du chaos d’Oscar Martin

Solo 1 – Les survivants du chaos d’Oscar Martin.

Delcourt, collection Contrebande, septembre 2014, 128 pages, 16,95 €, ISBN 978-2-75604-170-4. Solo. Historias Caníbales 1 (2012) est traduit de l’espagnol par Miceal O’Grafia, Yannick Lejeune et Anaïs Zeiliger.

Genres : bande dessinée espagnole, science-fiction.

Oscar Martin naît en 1962 à Barcelone (Espagne). Il est dessinateur, scénariste et coloriste (ici avec Diana Linares) depuis 1983 : Tom et Jerry (animation), La Guilde (bandes dessinées). Plus d’infos sur son site officiel.

Sur une Terre post-apocalyptique, ravagée par les produits chimiques et les armes nucléaires vivent de gros prédateurs aux allures préhistoriques, des humains du genre mutants ou hybrides et des animaux géants. Des rats, des patauds, des chats noirs… Apparemment il y a aussi des chiens et des singes mais ils n’apparaissent pas dans ce premier tome.

C’est l’hiver, il fait très froid. « Il est difficile de survivre dans ce milieu si hostile. Les ressources sont maigres et tes frères grandissent si vite que… » (p. 11).

Solo est un rat, il est l’aîné et a tout appris avec son père mais il doit maintenant « tracer [sa] propre route » (p. 11).

L’hiver est rude, se battre et manger ou être mangé… Au printemps, Solo est enlevé et obligé de se battre dans une arène. « La mort en spectacle. Comme si devoir tuer pour se nourrir n’était pas un châtiment suffisant. » (p. 46).

La série Solo est une histoire de chair, d’os et de sang. Solo retrouvera-t-il sa liberté ? Et aussi restera-t-il en vie ? Ce premier tome est vraiment violent mais il m’a donné très envie de lire la suite. Pour l’instant la série contient 4 tomes de plus : Le cœur et le sang (2016), Le monde cannibale (2017), Legatus (2019) et Marcher sans soulever de poussière (2021). Tomes 2 et 3 empruntés à la médiathèque, tomes 4 et 5 réservés.

En fin de volume, des fiches techniques, des explications sur les différentes espèces (rats, mustélidés, humains, nocturnes, porcs, singes, chiens…) et des illustrations supplémentaires.

Une excellente bande dessinée tant au niveau de l’histoire que des dessins et des couleurs que je mets dans La BD de la semaine et les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 9, une BD de SFFF) et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Mémoires du masque (3 tomes) de Kim Jung-Han

Mémoires du masque de Kim Jung-Han.

Asuka (il n’y a plus de lien car la maison d’éditions a vécu de 2004 à 2009). La série (2004) est traduite du coréen par Chung Jin.

Genres : bande dessinée coréenne, manwha, policier, fantastique.

Kim Jeong-Han ou Kim Jung-Han (김정한) naît le 8 novembre 1970 en Corée du Sud. Il est manwhaga depuis 1993.

Tome 1, septembre 2004, 192 pages, 6,50 €, ISBN 978-2-84965-027-7. Renversée par un camion, In-Hae s’en sort avec « une lésion cérébrale infime et quelques ecchymoses » (p. 12) donc elle retourne au lycée le lendemain mais, depuis l’accident, elle fait des cauchemars et les filles dont elle rêve sont atrocement assassinées : Jung Da-Bin dans une baignoire, Sun-Young dans les couloirs du lycée… Et Kim Sang-Hyun, un lycéen, lui apprend qu’il se sent menacé et que son amie Mi-Jung a disparu. L’enquête n’avance pas d’autant plus que l’inspecteur Lee (pourtant le meilleur) est remplacé par une profileuse coréenne mais qui a vécu et étudié aux États-Unis, Lee Chae-Yeon. « Les tuer pour les tuer, ça ne colle pas… Il y a sûrement une raison. » (p. 160).

Tome 2, janvier 2005, 192 pages, 6,50 €, ISBN 978-2-84965-025-5. Sang-Hyun et In-Hae enquêtent de leur côté car elle peut voir le meurtrier. « Que je le veuille ou non, ma vie dépend de toi… Je vais te protéger quoiqu’il arrive. Alors, ne crains rien. » (p. 14). Je ne peux rien dire de plus sans vus dévoiler l’intrigue…

Tome 3, juillet 2005, 176 pages, 6,50 €, ISBN 978-2-84965-037-4. Tout s’accélère et… Rhaaa, je n’ai pas la suite, je pensais que c’était une trilogie ! J’ai trouvé la trace d’un tome 4 mais en coréen et je n’ai pas l’impression qu’il ait été traduit en français, rhaaa… !

Mémoires du masque est une très bonne série policière – tant au niveau des dessins que du scénario – avec un côté fantastique voire horreur mais je crains de ne jamais connaître la fin…

Je sais que c’est encore Un mois au Japon mais je voulais honorer le Challenge coréen #2 ! Je mets aussi dans La BD de la semaine et BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 58, un livre qui est dans votre PAL depuis longtemps, les trois y sont depuis leurs achats à leurs dates de parution), Des histoires et des bulles (catégorie 37, un manga non japonais, franga, manhua, manwha…) et Littérature de l’imaginaire #9 (pour le côté fantastique horreur). Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Citation

Le manteau de neige de Nicolas Leclerc

Le manteau de neige de Nicolas Leclerc.

Seuil, collection Thrillers, février 2020, 352 pages, 19 €, ISBN 978-2-02142-690-8.

Genres : littérature française, roman policier, fantastique.

Nicolas Leclerc naît en 1981 à Pontarlier (Doubs). Après avoir étudié l’audiovisuel et le cinéma, il travaille pour la télévision. Le manteau de neige est son premier roman. Le deuxième, La bête en cage, est paru en janvier 2021 (j’ai hâte de le lire).

Village de Vuillefer dans le Haut-Doubs (village inventé, il existe un Vuillecin près de Pontarlier mais pas de Vuillefer). C’est l’hiver et le village est sous un manteau de neige.

Dans une ferme isolée, une vieille femme catatonique depuis plus de 20 ans se lève subitement et égorge son mari devant la chienne médusée. Étienne Devillers était un agriculteur retraité. À son enterrement, Alexandre, le fils qui n’avait plus de contact avec ses parents depuis des années, Laura son épouse, et Katia, leur fille, une adolescente qui souffre d’haptophobie (je ne savais pas ce que c’était).

Jugée irresponsable, la vieille femme, Louise, va être internée et Alexandre espère disposer de la ferme comme bon lui semble. « Qu’on s’en débarrasse de cette ferme. Qu’on en finisse une bonne fois pour toute. » (p. 27). Mais Alexandre ne peut pas vendre la ferme car c’est Katia qui en hérite et elle n’a que 16 ans. Peut-être qu’à sa majorité, elle voudra la vendre…

Dans la maison, Katia a des visions. « Une crise d’angoisse ? […] Des sensations inédites qu’elle ne peut pas expliquer, qu’elle n’arrive pas à comprendre. » (p. 43). Mais elle récupère la chienne, Malaga, qui devient le seul être vivant qu’elle peut toucher.

Lucie, la sœur de Louise, qui avait recueilli Alexandre lorsqu’il avait fui de la ferme, à l’âge de 10 ans, sait sûrement des choses mais elle ne veut rien dire à Laura. « Laisse le passé là où il est. Ça n’a rien à voir avec Vuillefer. » (p. 64). Mais comment laisser le passé alors que Katia est envahie par des choses horribles ?

Ce roman parle de prison mentale, de fantômes, de poltergeist (ça faisait longtemps que je n’avais pas vu ce mot, il était très à la mode dans les années 70 et 80 au cinéma et dans la littérature !).

Les parents de Katia se décident à la faire consulter Caroline Grunwald, une spécialiste des phénomènes paranormaux. « Cette gosse, c’est un don. Il faut lui faire prendre conscience de son importance, il est hors de question de gâcher une telle aptitude. Katia a déjà plus que largement prouvé son potentiel. » (p. 137).

Katia voit en fait deux fantômes, un homme qu’elle a surnommé l’Ogre et une jeune femme rousse (qui s’appelle Camille). Elle va découvrir des « événements dissimulés par les années, oubliés ou tus, qui demeurent gravés dans la mémoire du lieu. » (p. 174) et ça va mal se finir !

Sous ce manteau de neige immaculé, l’auteur décrit le Haut-Doubs (à ne pas confondre avec le Jura, merci !), les vallées, les fermes isolées, les fruitières à comté (miam !), les tuyés (miam aussi, même si je ne mange plus que très rarement de saucisses, mais l’odeur, hum…), les gens austères avec de graves secrets de famille qui remontent à la Seconde guerre mondiale et même avant.

Comme je participe au Printemps de l’imaginaire francophone (PIF), je voudrais dire qu’il y a un renouveau d’auteurs français qui allient avec brio thriller et fantastique (voire horreur). Depuis le début de l’année, j’ai lu La princesse au visage de nuit de David Bry, La mémoire du temps de Frank Leduc, Deux gouttes d’eau de Jacques Expert et Le manteau de neige de Nicolas Leclerc, quatre auteurs que je lisais pour la première fois. Évidemment, j’ai lu des avis mitigés : ceux qui ne voulaient que du thriller ont été chamboulés par le côté fantastique et ceux qui ne voulaient que du fantastique ont été dérangés par le côté enquête. Pas de cela chez moi, j’aime les deux genres et j’aime la fusion de genres, donc aucun problème pour moi comme je le disais déjà dans ma note de lecture de La princesse au visage de nuit de David Bry. Et puis ça fait du bien d’avoir un peu peur de temps en temps, non ? Non… Eh bien, tant pis pour vous !

Je mets cette excellente lecture dans d’autres challenges : Challenge lecture 2021 (catégorie 27, un livre d’un auteur originaire de votre région de naissance, zut, il faudra que je trouve un autre roman avec une couverture rouge pour la catégorie 7 !), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Météo pour Neige) et Polar et thriller 2020-2021.

Deux gouttes d’eau de Jacques Expert

Deux gouttes d’eau de Jacques Expert.

Sonatine, janvier 2015, 336 pages, 19 €, ISBN 978-2-35584-316-7.

Genres : littérature française, roman policier.

Jacques Expert naît en 1956 à Bordeaux. Il est journaliste, producteur et directeur de programmes pour la télévision (TF1, M6, Paris Première, RTL). Deux gouttes d’eau est son troisième roman chez Sonatine après Adieu (2012) et Qui ? (2013) mais d’autres romans sont parus depuis 1989 chez d’autres éditeurs.

Après des années d’échecs et de déceptions, Sophie est enfin enceinte. C’est la première échographie à laquelle est présent Philippe Deloye, le futur papa. Et c’est une totale surprise, Sophie attend des jumeaux !

Des années plus tard, Élodie Favereau, 27 ans, est massacrée et décapitée à la hache dans son appartement de Boulogne-Billancourt. Les caméras de surveillance montrent Antoine Deloye, son compagnon. Le commissaire Étienne Brunet et le commissaire-divisionnaire Robert Laforge sont chargés de l’enquête. Mais Antoine Deloye, 28 ans, en larmes, nie toute implication. « Ce n’est pas moi […] C’est Franck […] Mon frère. Mon frère jumeau. C’est lui… Forcément… » (p. 26). Le problème, c’est que, s’ils ont deux caractères différents, les deux frères se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Et que Franck Deloye s’est présenté de lui-même au commissariat pour savoir ce que son frère avait encore fait ! « Plus tard, lorsqu’ils reparleront de cette première rencontre avec Franck Deloye, Laforge confiera à Brunet qu’à l’instant où il avait vu le frère d’Antoine, il avait compris que cette enquête en apparence si simple avait dérapé. Franck pouvait être l’assassin d’Élodie Favereau. Il ne lui accorde pas la moindre confiance. Et si Antoine disait la vérité ! La question s’impose à lui. » (p. 55).

Les chapitres concernant l’enquête alternent avec des chapitres en italique dans lesquels l’auteur présente l’enfance puis l’adolescence des jumeaux et les problèmes que leurs parents rencontrent. « […] ils se faisaient violence pour cacher leur désarroi quand ils étaient en leur présence. Ils s’ingéniaient à se comporter comme si tout allait bien. Mais quand ils se retrouvaient seuls, ils avaient des discussions interminables au cours desquelles ils tentaient maladroitement de se remonter le moral, de se dire qu’il n’y avait rien de si dramatique, finissant toujours pas conclure que la situation les minait de l’intérieur. » (p. 179-180).

Voici un roman rondement mené ! Je vous avoue que j’ai pensé Antoine innocent et Franck coupable, je ne sais trop pourquoi, peut-être que l’auteur veut emmener le lecteur à penser ça, puis à douter, à s’interroger sur la gémellité mais qui est coupable, Antoine, Franck ? C’est en lisant le roman, glaçant, intense et fascinant, que vous le découvrirez parce que Jacques Expert est véritablement un expert ! (bon, je sais, il était facile ce jeu de mots).

Un excellent roman policier (psychologique et machiavélique) pour Challenge lecture 2021 (catégorie 6, un livre dont le titre contient le nom d’une boisson pour Eau, mais j’aurais pu le mettre dans la catégorie 11, un livre dont le titre comprend un nombre), Mois du polar, Petit Bac 2021 (catégorie Aliment/Boisson pour Eau) et Polar et thriller 2020-2021.

Robopocalypse de Daniel H. Wilson

Robopocalypse de Daniel H. Wilson.

Pocket, juin 2017, 480 pages, 8,70 €, ISBN 978-2-26624-246-2. Robopocalypse (2011) est traduit de l’américain par Patrick Imbert.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction, post-apocalyptique.

Daniel H. Wilson naît le 6 mars 1978 à Tulsa dans l’Oklahoma (il est Cherokee). Ancien ingénieur à Microsoft et Intel, il est spécialiste de la robotique et de l’intelligence artificielle. Il est auteur d’essais scientifiques parfois humoristiques, d’articles parus dans le New York Times et le magazine Wired, de romans de science-fiction et de nouvelles. Du même auteur, j’ai lu et bien aimé Le cœur perdu des automates. Plus d’infos sur son site officiel.

Robots (machines) et humains sont en guerre. Bright Boy et son équipe découvrent un cube dans le puits N-16, dans la plaine de Ragnorak en Alaska. « Ce truc, c’est la boîte noire de toute la guerre, nom de Dieu. » (p. 16).

Le narrateur est Cormac « Bright Boy » Wallace mais en fait, en plus de son témoignage (les extraits sont en italique), il retranscrit ce que le cube a enregistré (c’est-à-dire absolument tout), des conversations téléphoniques, des entretiens privés et parfois classifiés top-secrets, des comptes-rendus scientifiques ou militaires, des rapports, ce qui donne un roman très diversifié, bien construit, moderne et passionnant. « Les machines nous ont attaqué sans prévenir, elles ont bouleversé notre vie quotidienne, elles sont nées de nos rêves, mais aussi de nos cauchemars. » (p. 20).

Tout commence lorsque le professeur Nicolas Wasserman crée Archos et Cormac Wallace raconte les incidents qui ont suivi les mois suivants aux États-Unis, au Japon, en Afghanistan (avec un robot militaire américain), en Angleterre jusqu’à l’Heure Zéro, au moment où les machines (robots mais aussi jouets, téléphones, véhicules et appareils connectés…) entrent en guerre. De nombreux humains sont tués mais certains échappent au massacre comme Marcus Johnson et son épouse Dawn à New York City, la sénatrice Laura Perez et ses enfants, Mathilda et Nolan. « Le monde a changé depuis un an. Notre technologie nous lâche de plus en plus. Les incidents se multiplient. Lentement, mais sûrement. Nos transports, nos communications, notre défense nationale… Plus je constate de dysfonctionnements, plus cette société me paraît creuse, prête à s’effondrer à tout moment. » (p. 157).

Lonnie Wayne Blanton, policier et indien Osage, a pu, avec sa Honda 350, se réfugier dans la réserve de Gray Horse au centre de l’Oklahoma, comme beaucoup d’Osages qui conduisent de vieilles voitures ou de vieilles motos (non connectées) ou, comme leurs ancêtres, en voyageant à cheval. « Gray Horse est rapidement devenu le bastion de la résistance humaine. » (p. 182). La résistance existe aussi au Japon, à Adachi, avec la forteresse et les robots amis de Takeo Nomura, et en Afghanistan avec Paul, soldat américain, et Jabar, jeune Afghan.

Au moment de l’Heure Zéro, Cormac « Bright Boy » Wallace est avec son frère aîné, Jack, à Boston. Jack est « soldat du feu » et « membre de la Garde nationale » (p. 221). Il a donc accès à l’armurerie de la ville et sait quoi faire en toute circonstance. Heureusement parce que Cormac a l’impression d’être « un gamin dans un costume d’Halloween de soldat, avec un fusil d’assaut chargé. » (p. 229). Pendant ce temps-là, à Londres, Lurker et Arrtrad, font ce qu’ils savent faire, hacker, ce qui « a sauvé l’humanité de l’extermination. » (p. 338).

Le Bright Boy Squad (de Cormac Wallace) et le Freeborn Squad (des robots « éveillés » qui se sont libérés de l’emprise d’Archos) s’unissent pour détruire Archos. C’est en Alaska qu’on les retrouve près de 3 ans après l’Heure Zéro. « Je ne réfléchis pas. J’agis. La suite n’a plus rien à voir avec la logique ou l’émotion. Ce n’est plus une question d’humanité, d’inhumanité, c’est une urgence, une obligation, un fait. Je crois que ce genre de choix, les choix pris dans des situations extrêmes, révèle notre moi profond, dépasse l’expérience et la réflexion. Dans une existence humaine, c’est sans doute la chose qui se rapproche le plus du destin. » (p. 407-408).

Le lecteur suit donc plusieurs personnages, tous différents mais prêts à se battre, ou tout du moins à survivre, aux États-Unis, au Japon, en Afghanistan et dans une moindre mesure en Angleterre, et ils sont tous attachants même si mon préféré est Cormac « Bright Boy » Wallace, le narrateur.

Après avoir lu R.U.R. de Karel Čapek (la première fiction avec des robots), me voici de nouveau avec des machines et des robots qui s’en prennent aux humains mais, dans Robopocalypse, ils sont plus élaborés, plus dangereux et il s’en est fallu de peu que l’humanité disparaisse ! Bien sûr, cette histoire m’a fait penser à la série Battlestar Galactica et au roman Un océan de rouille de C. Robert Cargill (dans lequel il n’y a carrément plus d’humains), Robopocalypse étant très réaliste et visuel. Je n’ai pas pu lâcher ce roman et j’ai très envie de voir le film éponyme réalisé par Michael Bay en 2020. L’auteur met en évidence les dangers de l’IA (Intelligence Artificielle) et il sait de quoi il parle en tant que scientifique (j’espère que tout cela restera de la fiction !). Les humains ont, avec d’immenses pertes, vaincu les robots mais ce n’est pas fini, il y a une suite, Robogenesis, que je pense lire tout bientôt.

Une excellente lecture que je mets dans le Challenge lecture 2021 (catégorie 47, un roman qui a été adapté en film ou en série) et Littérature de l’imaginaire #9.

James Day de Patrick Cialf

James Day de Patrick Cialf.

Ymaginères, septembre 2011, 11 pages, nouveau lien sur Nouveau Monde, téléchargement gratuit.

Genres : littérature française, nouvelle, fantastique.

Patrick Cialf est un auteur français de l’imaginaire. D’autres de ses nouvelles sont disponibles en pdf comme La dernière damathair ou La folie bleue.

Le général Leifsen, d’origine suédoise, est un soldat confédéré, un Sudiste donc. Miss Nightingale, une guérisseuse anglaise, est sa prisonnière. « Les soldats en gris se levaient de leur tranchée pour crier : « Vive le général Leifsen ! – Ils sont bien maigres, général, dit l’Anglaise. Et la plupart ont un teint maladif. Vous ne le voyez pas ? – Peu importe, Miss. Ils sont une nation de héros, les fils des soldats de Gustave-Adolphe et de Charles XII. Ils se battront, qu’ils soient bien portants ou malades ou même… Enfin, vous verrez. Les Yankees vont avoir une surprise. » (p. 4).

Dans cette nouvelle, Patrick Cialf revisite la guerre de Sécession avec des dragons-squelettes d’un côté et des morts-vivants de l’autre. Il y a aussi des Trolls et des Gobelins qui sont en fait des esclaves et vont se battre pour leur liberté. « Vous êtes fou ! Cette guerre est monstrueuse ! Comment pouvez-vous recourir à la magie de la Mort ? – Et eux, est-ce qu’ils se gênent pour bombarder nos villes et nous affamer par le blocus ? Ils n’ont que ce qu’ils méritent ! – Qui vous a donné ces sortilèges ? L’Europe avait ordonné un embargo sur toutes les techniques de nécromancie. » (p. 6).

Horreur, puanteur et mort, voilà ce que fut la guerre de Sécession avec ou sans magie, avec ou sans créatures bizarres… « Les stocks de jusquiame et de belladone s’épuisaient, et d’ici quelques heures, les souffrances des blessés deviendraient atroces. » (p. 8). Vous allez voir la capitulation du 26 avril 1865 d’un autre œil !

La nouvelle James Day est lauréate des Joutes de l’Imaginaire 2011 et du Prix Zone Franche 2012. C’est une nouvelle agréable à lire qui mêle le fantastique horrifique à un brin de science-fiction.

Si vous aimez la littérature de l’imaginaire, Ymaginères « le webzine venu d’ailleurs » (et, je dirais, qui vous emmène ailleurs) est fait pour vous !

Pour le Mois des nouvelles, le challenge Littérature de l’imaginaire #9 et le Projet Ombre 2021.

Challenge Littérature de l’imaginaire #9

Ma Lecturothèque annonce le challenge Littérature de l’imaginaire #9 pour 2021. J’aime ce challenge auquel je participe depuis des années : #4 en 2016 avec 13 lectures, #5 en 2017 avec 16 lectures, #6 en 2018 avec 45 lectures (un exploit), #7 en 2019 avec 24 lectures, #8 en 2020 avec 72 lectures (un record durant l’année spéciale).

Infos, logos et inscription (jusqu’au 1er avril 2021) chez Ma Lecturothèque + quelques infos ici + le lancement ici + la chrobox pour déposer les liens.

Le but du challenge est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique et leurs sous-genres : anticipation, dystopie, uchronie, bit-lit, horreur…

Les échelons
Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres
Échelon 2 : Plongée dans l’inconnu = au moins 30 livres
Échelon 3 : Immersion dans le vide = au moins 48 livres
Échelon 4 : Absorption dans l’étrange = au moins 60 livres
Échelon 5 : Fusion dans l’utopique = au moins 72 livres
Échelon 6 : Je lis donc je chronique = au moins 100 livres
Échelon 7 : Synchronisation avec la page = au moins 130 livres

Les catégories

Catégorie A : Ange gardien de la simplicité – Le challenge reste comme il était jusque-là, à savoir tous les supports sont acceptés et vous lisez tous les genres des lectures de l’imaginaire.

Catégorie B : Cerbère des mots – On bannit les BDs et les mangas, la place est réservée aux romans uniquement. Tous genres confondus.

Catégorie C : Dragon de la multidisciplinarité – Vous devrez choisir un genre en début de challenge entre la Fantasy et la SF. Ils ont tous deux des sous-genres, dans cette catégorie vous devrez lire un livre par sous-genre. À vous de voir ce que vous lisez pour le reste de la catégorie. Fantasy : Dark Fantasy / Heroic Fantasy / La Fantasy épique (dans laquelle je regroupe volontairement la High Fantasy et le Sword & Sorcery) / Light Fantasy / Romantic Fantasy / Science Fantasy. Science-fiction : Anticipation / Cyberpunk / Hard-Science ou Voyage dans le temps (au choix) / Space Opéra / Steampunk / Uchronie.

Catégorie D : Elfe de l’incontournable – Vous lirez ce que vous voudrez durant ce challenge dans le genre que vous voulez MAIS il vous sera obligatoire de lire 3 livres écrits par des auteurs que l’on qualifie de « classiques » de l’imaginaire. Les incontournables quoi.

Je m’inscris, comme d’habitude en Échelon 1 (même si je lis plus) et en Catégorie A.

Mes lectures pour ce challenge

1. James Day de Patrick Cialf (Ymaginères, 2011, France)

2. Rétrocession de Southeast Jones (Nouveau Monde, 2015, Belgique)

3. L’empire de sable de Kayla Olson (Robert Laffont, 2017, États-Unis)

4.  La princesse au visage de nuit de David Bry (L’homme sans nom, 2020, France)

5. Helstrid de Christian Léourier (Le Bélial, 2019, France)

6. Le Gel craquant d’Alexandre Afanassiev (Imago, Russie, collecté au XIXe siècle)

7. R.U.R. de Karel Čapek (Hachette, 1920, Tchécoslovaquie)

8. Le courtier Delaunay de Georges-Olivier Châtaureynaud (Zulma, 2010, France)

9. Inhumain de Bajram, Mangin et Rochebrune (Dupuis, 2020, France)

10. La mémoire du temps de Frank Leduc (Nouveaux auteurs, 2020, France)

11.  Robopocalypse de Daniel H. Wilson (Pocket, 2017, États-Unis)

12. Les miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino (Actes Sud, 2020, Japon)

Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres honoré 🙂

13. Gretch & Ferragus, dragons mégalos, 1 – Carboniser pour mieux régner de Joshua Wright (Robinson, 2019, Australie)

14. La hache d’or de Fang Yuan et Yang Yongqing (Éditions en langues étrangères, Chine)

15. Le manteau de neige de Nicolas Leclerc (Seuil, 2020, France)

16. La planète des chats de Bernard Werber (Albin Michel, 2020, France)

17. Le rendez-vous dans trois cents ans d’Alekseï Tolstoï (ebook, 1840, Russie)

18. La fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont (Dargaud, 2020, France)

19. Futu.re de Dmitry Glukhovsky (Le livre de poche, 2019, Russie)

20. La Peau de chagrin d’Honoré de Balzac (1830-1831, France)

21. La guerre des salamandres de Karel Čapek en théâtre (L’avant-scène théâtre, 2018, Tchécoslovaquie, 1936)

22. Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky (L’Atalante, 2010, Russie)

23. Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky (L’Atalante, 2011, Russie)

24. Les âges perdus 1 – Le fort des Landes de Jérôme Le Gris et Didier Poli (Dargaud, 2021, France)

25. Erectus de Xavier Müller (XO, 2018, France)

26. La Mort et le Météore de Joca Reiners Terron (Zulma, 2020, Brésil)

27. Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau de László Krasznahorkai (Cambourakis, 2010, Hongrie)

28. Mémoires du masque (3 tomes) de Kim Jung-Han (Asuka, 2004-2005, Corée du Sud)

29. L’insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang (Pocket, 384 pages, Chine)

30. Big Girls de Jason Howard (404 éditions, 2021, États-Unis)

Échelon 2 : Plongée dans l’inconnu = au moins 30 livres honoré 🙂

31. Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi (Ki-oon, 2019, Japon)

32. La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka (Delcourt, 2007-2008, Japon)

33. Extincta de Victor Dixen (Robert Laffont, 2019, France)

34. Erectus 2 – L’armée de Darwin de Xavier Müller (XO, 2021, France)

35. Solo 1 – Les survivants du chaos d’Oscar Martin (Delcourt, 2014, Espagne)

36. Robogenesis de Daniel H. Wilson (Fleuve, 2017, États-Unis)

37. Toto Ninja Chat et l’évasion du cobra royal de Dermot O’Leary (Gallimard, 2019, Angleterre)

38. Le Chancellor : journal du passager J.-R. Kazallon de Jules Verne (Omnibus, 2001, France)

38. Maître Zacharius ou l’horloger qui avait perdu son âme de Jules Verne (Ouest France, 2000, France)

40. Le souffle du géant de Tom Aureille (Sarbacane, 2021, France)

41. Le silence de Don DeLillo (Actes Sud, 2021, États-Unis)

42. Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan (H2T, 2020-2021, France)

43. Quand viendra la vague d’Alice Zeniter (L’Arche, 2019, France)

44. La cité du Soleil de Tommaso Campanella (1602, Italie)

45. La fleur perdue du chaman de K de Davide Morosinotto (L’école des loisirs, 2021, Italie)

+?