Les lumières de l’Aérotrain de Ducoudray et Corgié

Les lumières de l’Aérotrain de Ducoudray et Corgié.

Grand Angle, juin 2018, 84 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-81894-515-5.

Genre : bande dessinée française.

Aurélien Ducoudray naît en 1973 à Châteauroux (Indre). Il est scénariste de bandes dessinées. Du même auteur : Championzé (2010), The Grocery (2011-2016), Amère Russie (2014-2015), Bob Morane Renaissance (2015-2016), L’anniversaire de Kim Jong-Il (2016), Les chiens de Pripyat (2017-2018), entre autres et dernièrement Rendez-vous avec X – L’ affaire Pilecki (2020). Son blog, Boula Matari, pas mis à jour depuis août 2016.

Johann Corgié étudie à l’école Pivaut (Nantes) pour devenir coloriste. Ce qu’il fait pendant 8 ans et une trentaine d’albums avant de devenir dessinateur pour le jeu vidéo. Les lumières de l’Aérotrain est sa première bande dessinée. Bravo ! Portfolio sur son site officiel.

Hervé Commereau et Romuald (Romu) Perrier sont deux ados qui vivent dans une petite ville. Ils s’ennuient et font les 400 coups. Surtout Hervé qui commence à s’intéresser aux filles et qui redouble pour la 3e fois. Romu n’ose pas lui dire qu’il passe en seconde pour ne pas lui gâcher ses vacances d’été. Lui est passionné par les trains (il connaît tous les horaires par cœur) et veut en faire son métier. Ils sont amis avec Mathilde Domenier, une jeune femme, grosse mais bien dans sa peau, caissière à l’hyper-marché. Arrive une nouvelle voisine, Lucie, grande, mince (plutôt taille 34)..

J’aime bien Romu ; deux fois, il y a quelque chose à voir et… « Ah ! J’ai pas mes lunettes ! », hi hi hi !

Cette bande dessinée est une parfaite collaboration entre le scénariste et le dessinateur ; elle est réussie tant au niveau du scénario que du dessin qui accompagne vraiment bien. Les quatre personnages principaux (ils sont sur la couverture) sont agréablement servi par le dessin et leurs caractéristiques. Il y a parfois de l’humour mais c’est plutôt une histoire douce-amère sur l’adolescence, la vie et l’ennui. Mais l’histoire se transforme en drame !

Une excellente BD pour La BD de la semaine, les challenges BD et Jeunesse Young Adult #10. Plus de BD de la semaine chez Moka.

Jamais de Duhamel

Jamais de Duhamel.

Bamboo – Grand Angle, janvier 2018, 62 pages, 15,90 €, ISBN 978-2-8189-4381-6.

Genre : bande dessinée.

Bruno Duhamel naît le 18 octobre 1975 à Mont-Saint-Aignan en Normandie. Il étudie les Arts plastiques et les Beaux-Arts (morphologie) à Paris puis la bande dessinée à l’École européenne supérieure de l’image à Angoulême. Il travaille un peu pour le jeu vidéo avant de se consacrer à la bande dessinée, d’abord avec Brrémaud (Kochka, Harlem, Butch Cassidy) ou Kris (Les brigades du temps). Plus d’infos sur son site officiel, http://www.hibbouk.com/.

Sur la D75, en Normandie, un charmant village côtier, Troumesnil, apprécié pour « sa plage, ses falaises, son grand marché aux poissons » (p. 3). Madeleine est une des habitantes : c’est une petite vieille aveugle que le maire veut obliger à s’installer à la Résidence des Hortensias « tout confort » mais Madeleine ne veut pas quitter sa maison et son gros chat, Balthazar. Son mari, Jules, a disparu en mer et elle attend toujours son retour ou du moins elle agit comme s’il était là. Mais la maison de Madeleine est sur une falaise et c’est réellement dangereux à cause de l’érosion… « Je ne quitterai JAMAIS cette maison ! » (p. 47).

« Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c’est les deux. » dit la 4e de couverture. Et elle est attachante, Madeleine, je dirais même qu’elle est mignonne mais obstinée ! Elle résiste au maire, elle résiste à la vie (elle a apparemment 95 ans), elle résiste à la falaise. Elle veut garder sa liberté, son indépendance (les animaux sont interdits à la résidence et je ne trouve pas ça normal du tout !). Elle vit au milieu de ses souvenirs, elle ne voit pas mais elle se souvient de tout et elle veut conserver ça jusqu’au bout. Les dessins sont très beaux avec leurs tons principalement bleus et verts. Le maire et son épouse, Josiane, sont réussis, très expressifs, et les habitués du bar-restaurant Le Goéland aussi, toute une galerie de personnages. Il y a de l’humour dans l’air pour parler de la façon dont on traite les personnes âgées, les personnes handicapées (doit-on décider pour elles ?) et aussi le pompier noir bien sympathique et plein de bon sens. Et puis, il y a plein de détails amusants, par exemple Madeleine dit qu’il y a canicule car il n’a pas plu depuis quelques jours mais le thermomètre affiche 16 ou 17 degrés !

L’histoire compte 54 pages et, à la fin, il y a 8 jolies pages de « making of » avec des croquis, des photos, des crayonnés et des mises en couleur.

Une belle bande dessinée, émouvante, pleine de tendresse qui me donne très envie de lire d’autres titres de Duhamel.

Pour les challenges BD, La BD de la semaine, Un max de BD en 2018Challenge de l’été 2018 et Petit Bac 2018 (rubrique Titre mot unique).