Mois du polar (février 2023)

J’avais zappé les deux Mois qui se déroule habituellement en février : le Mois Amérique latine et le Mois du polar organisé par Sharon.

Infos, très beaux logos (créés par Belette Cannibal Lecteur) et inscription chez Sharon du 1er au 28 février (mais je pense qu’il continuera en mars).

Mes lectures policières

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Du plomb dans la tête d’Olivier Bocquet

Du plomb dans la tête d’Olivier Bocquet.

Michel Lafon, mars 2020, 378 pages, 17,95 €, ISBN 978-2-74994-051-9. Je l’ai lu en poche : Pocket, n° 18384, octobre 2022, 408 pages, 9 €, ISBN 978-2-266-32-0245. Merci à Lecteurs.com.

Genres : littérature française, roman policier.

Olivier Bocquet commence sa carrière de romancier en 2010 avec Turpitudes (avec un concours organisé par Pocket) et sa carrière de scénariste BD en 2013 avec La colère de Fantomas (3 tomes avec la dessinatrice Julie Rocheteau). Il adapte en bandes dessinées (avec la dessinatrice Léonie Bischoff) 3 tomes des romans policiers de Camilla Läckberg : La princesse des glaces (2014), Le prédicateur (2015) et Le tailleur de pierre (2018). Mais surtout il scénarise Terminus, le dernier tome de Transperceneige (avec Jean-Marc Rochette au dessin) en 2015 puis Ailefroide, altitude 3954 en 2018. Chez Dupuis, la série jeunesse Frnck voit le jour en 2017 ainsi que Triomphe de Zorglub dans la série Spirou et Fantasio en 2018.

Juin 2010. Le lieutenant William Toulouze et le commandant Serge Parrot sont appelés en pleine nuit sur une scène de crime dans une forge du bois de Fontainebleau. Enfin, c’est plus une scène de séquestration et de torture puisque l’homme est en fait vivant mais il est bien amoché et son tortionnaire lui a versé du plomb fondu dans les yeux… Au moment où cet homme entre à l’hôpital, Rachel Kuklinski en sort, elle vient de se faire avorter.

Alors que « Toulouze a autant d’humour qu’une sardine » (p. 44, MDR), le commandant Parrot en a à revendre : il met le lieutenant Toulouze en binôme avec une lieutenante stagiaire, « Elle est en fin de formation, c’est son dernier stage, après quoi a priori elle va être affectée ici. […] – Pas de problème. Vous pouvez compter sur moi. Je vais lui apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur le métier – J’en suis certain. » (p. 46). Eh bien, elle part sur les chapeaux de roues cette enquête, un lieutenant maladroit et parfois incompétent, une stagiaire inexpérimentée… Mais je sais que le roman va me plaire grâce au style efficace de l’auteur et à l’ambiance qu’il a installée dès le début.

Sur fond d’élections municipales, d’enquête non résolue de femme enceinte assassinée, avec des extraits d’articles de journaux, le journal de Rachel Kuklinski (qui n’est autre que la lieutenante stagiaire), une déclaration de disparition de personne en ce qui concerne Thomas Bourriol, l’enquête avance… Ce que l’auteur donne à lire est diversifié et très prenant.

Lorsque l’homme sort du coma, Thomas Bourriol, c’est bien lui, est interrogé par le commandant Parrot. Il est aveugle (évidemment avec le plomb fondu dans les yeux…), il a la mâchoire fracassée et attachée, le cerveau dans le même état mais il se rappelle de tout et peut parler… plus ou moins bien. « Et vous chavez le plus drôle ? Chi je le voyais en photo ou dans la rue, je le reconnaîtrais auchitôt. J’ai chon vijage imprimé dans ma mémoire. Mais je ne le verrai jamais en photo ni dans la rue. Cooo-oonnard. C-c-c-connard. Connarconnarconnarconnard. Je ne verrai plus jamais rien. » (p. 130). Syndrome de Tourette… et hypersensibilisation aux bruits… « Vouj entendez ? – Heu… non, quoi ? – Ch’est comme cha toute la journée ! Vous pouvez pas demander aux infirmières de baicher le chon ? Elles refujent de m’écouter ! Elles dijent que ch’est dans ma tête ! Connasses ! Connasses de pétasses de putes de connasses ! […] Ah, cha fait du bien quand cha ch’arrête, merci ! Non, je vous dis, je chais pas pourquoi ce type m’a torturé comme cha. À mon avis, ch’est juchte un fou, je vois pas d’autre ekchplicachion. » (p. 131). Euh… je me suis demandé pourquoi il ne disait pas « connaches » et « pétaches », peut-être que les insultes qui viennent avec le syndrome de Tourette sont gérés différemment par le cerveau ?

Comme je le disais ci-dessus, l’enquête avance, pas vite et pas toujours dans les règles (la stagiaire a pris quelques libertés) mais, finalement, elle s’entend bien avec le lieutenant Toulouze. « Ça vous est déjà arrivé d’être dans une situation comme ça ? lui demande Rachel. – Une situation comment ? – Que le chef vous demande d’arrêter une enquête en cours parce qu’elle le dérange. Toulouze ne peut retenir un petit mouvement de surprise. Rachel dit les choses sans filtre, lui-même n’avait pas osé se le formuler comme ça : l’enquête dérange le chef. C’est la seule raison de son classement. » (p. 215-216).

Ouah, c’est du costaud, énoooorme, je me suis régalée et j’ai très envie de lire Turpitudes ! L’auteur a traité avec brio plusieurs thèmes, les caméras de surveillance (sont-elles vraiment utiles ?), comment est menée une enquête difficile (voire impossible à résoudre), le syndrome de Tourette (ou le fait de ne pas pouvoir s’empêcher de dire des gros mots), la violence, la vengeance, la loi et les ordres des supérieurs (peut-on passer outre ?)… et tout ça avec de l’humour (qui est bienvenu avec toutes ces horreurs). Une très bonne surprise !

Ce roman fait partie de la sélection pour le Prix Nouvelles voix du polar 2023 (macaron en haut à gauche de la couverture), 6 romans français et 7 romans étrangers. Et Pocket fête ses 60 ans !

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 17, un livre d’un auteur français, 3e billet), Challenge lecture 2023 (catégorie 56, un roman dont le titre comporte le nom d’un métal), Polar et thriller 2022-2023 et Un genre par mois (en février, du rire aux larmes, drame).

Challenge Les dames en noir 2023

Ah, super, Zofia a lancé le challenge Les dames en noir 2023 et il court du 10 janvier 2023 au 9 janvier 2024.

Infos, logo (il n’a pas changé) et inscription chez Zofia + le forum de Livraddict pour ceux qui sont inscrits sur cette plateforme.

L’objectif est toujours de lire de la littérature policière classique et contemporaine (thrillers, polars, romans noirs, etc. en romans, bandes dessinées, etc.) écrite par des femmes (même celles qui écrivent avec un pseudonyme masculin et même les romans écrits en couple).

Les niveaux
1. Karen Maitland : de 1 à 6 livres (mon choix)
2. Gillian Flynn : de 7 à 12 livres
3. Karine Giebel : de 13 à 18 livres
4. Fred Vargas : de 19 à 24 livres
5. Agatha Christie : plus de 25 livres

Les défis : trimestriels, facultatifs, voir sur Livraddict (lien ci-dessus).

Mes lectures pour ce challenge

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+ ?

Queenie, la marraine de Harlem d’Aurélie Lévy et Elizabeth Colomba

Queenie, la marraine de Harlem d’Aurélie Lévy et Elizabeth Colomba.

Anne Carrière, août 2021, 168 pages, 24,90 €, ISBN 978-2-8433-7962-8.

Genres : bande dessinée française, roman graphique, Histoire.

Aurélie Lévy naît en 1977 à Paris mais elle part étudier au Japon, d’abord à l’Université féminine de Nagoya puis elle étudie l’histoire et le cinéma japonais à l’ICU de Tôkyô. Ensuite, elle approfondit ses études sur le cinéma à l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles) et s’installe à Los Angeles. Elle est intervieweuse, autrice et réalisatrice de documentaires. Elle crée aussi le podcast Écrire sur le site Actualitté.com.

Elizabeth Colomba naît en 1976 à Épinay sur Seine de parents martiniquais. Elle peint depuis l’enfance et étudie les Beaux-Arts à Paris puis s’installe à Los Angeles aux États-Unis. Elle est peintre et dessinatrice. Sur cette bande dessinée, elle est également coscénariste. Plus d’infos sur son site officiel.

Extrait de l’introduction Harlem Renaissance : « La liberté a un prix. / La liberté n’a pas de prix. L’Histoire est toujours une affaire de version. » (p. 5).

Pour situer Harlem, une presqu’île à l’ouest en face de la Statue de la Liberté, de l’autre côté de l’East River : Brooklyn, de l’autre côté de l’Hudson River : le New Jersey.

1933. Après deux mois au trou, Queenie (de son vrai nom Stéphanie Saint-Clair) sort de la prison de Bedford Hills. Le soir, ils sont à une soirée chez Charles Alston, un peintre. Le lecteur croise Duke Ellington au Cotton Club, Thelonius Monk pas encore célèbre, entre autres.

25 ans plus tôt en Martinique. « Sale petite négresse ! Tu ne seras jamais assez belle pour porter des robes comme les miennes ! » (p. 34)… Depuis, Queenie n’a cessé de se battre y compris de combattre sa peur… « Je suis une femme et un gangster, Bumpy… » (p. 61). « Tu vas prendre des coups ! Tu ne peux pas apprendre à ne pas prendre des coups. Tu peux apprendre à ne pas le redouter. » (p. 123).

Tout sur le crime organisé, ils étaient tous de la partie, les Juifs (Dutch Schultz par exemple), les Noirs (Bumpy Johnson par exemple), les Italiens (Lucky Luciano par exemple)… Et le pasteur Father Divine, « un des précurseurs du mouvement des droits civiques » (p. 166)… ils ont tous existé et ont eu affaire à la police.

Queenie aussi a existé et elle a de nombreux points communs avec Elizabeth Colomba, qui je pense n’a rien à voir avec la pègre (!) mais qui a voulu lui redonné vie grâce à cette très belle bande dessinée (roman graphique) avec un noir et blanc velouté et somptueux. Quant au scénario, il est formidable et sûrement très proche de la réalité de ces gangsters s’il y a presque un siècle.

Ils l’ont lu : La bibliothèque du Dolmen, Délivrer des livres (chez qui j’avais repéré cette BD fin mai), d’autres ?

Pour La BD de la semaine qui sort de sa pause (plus de BD de la semaine chez Moka), BD 2022, Les dames en noir, Petit Bac 2022 (catégorie Prénom pour Queenie), Polar et thriller 2022-2023, Tour du monde en 80 livres (Martinique) et aussi ABC illimité (lettre Q pour titre) et Les départements français en lectures (Elizabeth Colomba est d’origine martiniquaise).

La leçon du mal de Yûsuke Kishi

La leçon du mal de Yûsuke Kishi.

Belfond, août 2022, 544 pages, 24 €, ISBN 978-2-71449-461-0. 悪の教典 Aku no kyôten (2010) est traduit du japonais par Diane Durocher.

J’ai reçu ce roman par la poste alors merci à Lecteurs.com et à Belfond.

Genres : littérature japonaise, thriller.

Yûsuke Kishi 貴志 祐介 naît le 3 janvier 1959 à Ôsaka au Japon. Il étudie l’économie à l’université de Kyôto et travaille des années dans une compagnie d’assurances-vie avant de se lancer dans l’écriture de romans. Il est membre de l’Association japonaise d’auteurs de romans policiers et de la Honkaku Mystery Writers Club of Japan. Il est parmi les meilleures ventes d’auteurs japonais et plusieurs de ses œuvres ont été adaptées. Le roman Aku no kyôten a été adapté en manga seinen (adultes) entre 2012 et 2015 (9 tomes), en drama de 4 épisodes supervisés par Takashi Miike et servant d’introduction au film réalisé en 2012 par Takashi Miike (genre thriller et slasher, sous-genre du film d’horreur).

Seiji Hasumi, 32 ans, professeur d’anglais au lycée privé Shinkô Gakuin à Machida, fait des rêves bizarres… Les lycéens jouent une pièce de théâtre, il leur tire dessus car ils sont mauvais puis vole dans les airs pour retrouver sa maison. Il est réveillé à 5 heures du matin par deux gros corbeaux qu’il a surnommés « Hugin et Munin, à l’instar des corbeaux messagers du dieu Odin dans la mythologie nordique. » (p. 11).

Le matin, il fait son jogging, croise son voisin, Yamazaki (qui est aussi son propriétaire et dont le chien, Momo, l’a pris en grippe) puis prend une douche et se rend au lycée dans sa vieille voiture pour retrouver sa classe principale, la 1ère 4, avec des adolescents à problème (absentéisme, harcèlement, vols, violences…). « Ce sont des problèmes sensibles, je suis en train d’en parler avec les élèves concernés afin d’obtenir plus d’informations. » (p. 16).

Bref, Hasumi est le prof idéal, apprécié par le directeur, les professeurs et les lycéens parce qu’il écoute et sait résoudre les problèmes. Mais, Reika Katagiri, avec son intuition pointue, n’est pas dupe, elle est certaine que ce professeur cache quelque chose, comme son dernier instituteur d’école primaire… Seulement elle ne peut pas en parler, personne ne la croirait, même pas sa meilleure amie, Fûko Onodera. « Elle ne s’attirerait pas seulement des plaisanteries, mais carrément les foudres, et non seulement de son amie, mais de toute la classe (ceux du groupe de conversation anglaise en tête). Les filles en particulier étaient toutes de ferventes admiratrices de Hasumi. Au départ, elle-même avait considéré le professeur Seiji Hasumi d’un bon œil. Il était toujours de bonne humeur, débordait d’énergie et se souciait de ses élèves. Le prof parfait, en somme. Jusqu’à ce qu’il intègre l’équipe de surveillance, et se mette à régler les problèmes les uns après les autres avec une facilité déconcertante. Un doute terrible avait commencé à la tenailler. Cet homme serait-il capable de détecter les mensonges ? […] Elle avait compris que le prof possédait, comme elle, la faculté de discerner le vrai du faux. Pour autant, elle pressentait qu’ils étaient radicalement différents l’un de l’autre, même si au départ elle n’arrivait pas à l’expliquer. Elle s’était mise à cogiter sérieusement, jusqu’à ce qu’une idée particulièrement dérangeante lui vienne. Hasumi et elle n’étaient-ils pas, tout simplement, le contraire l’un de l’autre ? Les personnes capables de lire dans le cœur de leurs semblables étaient elles-mêmes à fleur de peau. Cette sensibilité leur permettait d’imaginer ce que l’autre ressentait. Hasumi était différent. Il était étranger à l’empathie. Il reconnaissait le mensonge parce qu’il était lui-même un menteur aguerri, et si son jugement ne vacillait pas, c’est qu’il voyait le monde dépourvu de la moindre compassion. » (p. 61-62).

Hasumi a tout le monde à l’œil, il tient des dossiers et des tableaux sur son ordinateur personnel qu’il met à jour à chaque nouvelle information récupérée en écoutant ou en questionnant. « Le lycée Shinkô Machida représentait pour Hasumi un vaste plateau de jeu d’échecs où chaque prof, chaque élève s’apparentait à une pièce. Il fallait sans arrêt manœuvrer pour que tout ce petit monde se déplace dans la direction souhaitée. » (p. 88).

Et je ne vous en dis pas plus pour ne pas divulgâcher mais, si vous avez lu la 4e de couv’ ou si vous avez vu le film de Takashi Miike, vous savez déjà un peu. Et sachez que quelques élèves comme Reika et Keisuke se posent des questions et enquêtent. En tout cas, un roman et un professeur machiavéliques ! Un ? Peut-être deux ! Tout une histoire et des stratagèmes qui font extrêmement froid dans le dos… Avec un style incisif extraordinaire. Si vous voulez découvrir la société japonaise et vous faire peur, je vous conseille vivement ce roman noir glaçant ! « Quelle jouissance, lorsque différentes pièces d’un puzzle s’assemblaient à la perfection ! Ces derniers temps, tout se déroulait selon ses plans. » (p. 317). Oserais-je dire quelle jouissance la lecture de ce roman ?!

Elles l’ont lu : Alex, Violette, d’autres ?

Pour ABC illimité (lettre K pour nom), Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 5, un livre d’horreur, 2e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 21, un livre reçu, 2e billet), Polar et thriller 2022-2023.

Un petit clin d’œil à La complainte de Mackie de l’Opéra de quat’sous que sifflote continuellement Hasumi.

Charlock 4 de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

Charlock 4 – Attaque chez les Chats-Mouraïs de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Flammarion Jeunesse, octobre 2021, 80 pages, 8,50 €, ISBN 978-2-08149-624-8.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Sébastien Perez naît à Beauvais. « C’était un matin d’hiver, il n’y a pas si longtemps de cela. » dit-il sur son site. Il est auteur ; il aime le fantastique et l’humour.

Benjamin Lacombe naît le 12 juillet 1982 à Paris. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Il est illustrateur (jeunesse et adulte) et auteur (jeunesse et bande dessinée).

Après Charlock 1 – La disparition des souris, Charlock 2 – Le trafic de croquettes en 2020 et Charlock 3 – L’affaire du collier en 2021 (c’est bizarre, je suis sûre de l’avoir lu mais je n’ai pas publié la note de lecture, elle est peut-être au brouillon quelque part…), voici le 4e tome de Charlock et il se déroule au Japon ! « Charlock est un chat. Comme tous les autres chats, il possède plusieurs vies. Certains semblent penser qu’ils en ont neuf, mais rien n’est moins sûr. Un chat ne sait pas compter. À chacune d’elles, Charlock atterrit dans un nouvel endroit et une tout autre époque. Heureusement que les chats retombent toujours sur leurs pattes. […] Voici donc une nouvelle aventure qui commence… » (extrait du prologue, p. 7-8).

Tokyo, 2020, en soirée. Charlock est avec Nine-Chat, Kiki, Gueï, Chimie, Kitti qui vivent au ChatOuille, un bar à chats dans lequel les clients viennent « boire un thé et tripatouiller la fourrure de ceux qui y résident. » (p. 12). Ils sont intrigués par un chat qui ne bouge que la patte devant la vitrine et ne ronronne pas, ils l’appellent Muet et décident de faire quelque chose pour lui (il ne peut pas rester dans cet état !). Mais, d’abord, ils vont au marché aux poissons pour manger des sushis et des makis préparés par le chat Sumo.

En sortant, ils voient une boutique et en vitrine, le même chat que Muet, ainsi il y a d’autres chats-statues ! « Il y en a peut-être beaucoup d’autres, commence le Nine-Chat. C’est une horrible malédiction ! » (p. 25). En interrogeant les carpes du bassin voisin, les chats apprennent que « il y en a dans l’entrée de chacune des boutiques aux alentours » (p. 30) mais alors, « La situation est vraiment préoccupante. » (p. 31) ! La plus vieille carpe envoie les chats consulter Tanuki-san « Dans l’ancienne forêt, près du temple aux mille cerisiers. » (p. 32). Mais il faut traverser le cimetière gouverné par les dix M, les gardiens du lieu, les Chats-Mouraïs…

« Une terrible malédiction transforme les chats en statue quand arrive leur neuvième vie. Juste pour porter chance aux humains ! explique Gueï. » (p. 54). Charlock, le détective, et sa bande de copains chats pourront-ils faire quelque chose pour les chats statues muets ?

En lisant ce roman, les enfants (8-10 ans) découvrent des jeux de mots et apprennent pas mal de choses sur le Japon et sa culture en particulier son bestiaire : Maneki-Neko, carpes koï, tanuki Pompoko, samouraï, Kiki qui souhaiterait être le chat d’une petite sorcière pour voler avec elle sur son balai, lucioles, légende du chat blanc se prélassant qui sauva la vie d’un seigneur en lui faisant signe de la patte… L’occasion pour eux de découvrir avec leurs parents l’univers des films d’animation du studio Ghibli (entre autres) et leurs premiers mangas !

Pour les challenges Contes et légendes #4 (du Japon), Littératures de l’imaginaire #10 (pour le côté fantastique), Polar et thriller 2022-2023, Les textes courts, Un genre par mois (contemporain en novembre) ainsi que les nouveaux challenges illimités, ABC illimité (lettre P pour nom) et Les départements français en lectures (Oise).

En passant

En coup de vent… 157

Chers visiteurs, j’espère que vous allez bien. Je vous invite à lire mon interview par Ge (de Collectif Polar) et je remercie Ge de m’avoir consacré cette interview, je me suis mise sur mon 31 puisque je suis la 31e personne interviewée.

Pour l’instant PatiVore tourne toujours au ralenti (consulter En coup de vent… 156 pour comprendre pourquoi). Pourtant j’ai quelques notes de lectures prêtes à être publiées, encore faut-il que j’en aie la force…

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Je prends un peu de temps pour vous montrer mon nouveau fauteuil de bureau commandé mi-septembre (c’est à dire avant la mort de mon chat, ça m’a fait un choc que l’ancien fauteuil, dans lequel il aimait dormir, parte…).

Je vous souhaite une bonne semaine et j’essaie de répondre à vos commentaires le plus rapidement possible et de consulter vos blogs.

Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand

Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand.

La Martinière, octobre 2019, 336 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-73249-188-2.

Genres : littérature française, roman policier historique.

Frédéric Lenormand naît le 5 septembre 1964 à Paris. Il grandit au milieu de la culture grâce à sa famille (père professeur, mère directrice d’un centre de documentation, grand-père collectionneur d’art japonais). Il est diplômé en langues (anglais, italien et russe) et étudie à l’Institut d’études politiques de Paris puis à la Sorbonne. À 24 ans, il écrit ses cinq premiers romans puis enchaîne avec les séries policières historiques comme Les nouvelles enquêtes du Juge Ti (27 tomes entre 2004-2021), Les mystères de Venise (5 tomes entre 2008-2012, sous le pseudonyme de Loredan), Voltaire mène l’enquête (13 tomes entre 2011-2020), Arsène Lupin (4 tomes entre 2018-2022), Au service secret de Marie Antoinette (7 tomes entre 2019-2022), entre autres, plus des romans, des essais, du théâtre et de la littérature jeunesse. J’ai rencontré Frédéric Lenormand aux Quais du polar (Lyon) le 30 mars 2013 et il m’a dédicacé une des Nouvelles enquêtes du Juge Ti (je ne sais plus quel titre, il faudrait que je le retrouve, il est sûrement encore dans un carton) ; je l’ai trouvé très sérieux mais ce fut agréable de discuter avec lui (photo ci-dessous). Plus d’infos sur sa page FB.

Cliquez !

Après avoir vu cette série chez Sharon, j’ai été tentée et j’ai réservé les deux premiers tomes qui étaient disponibles dans les bibliothèques, malheureusement je n’ai reçu que le tome 2, donc je lirai L’enquête du Barry, le premier tome, plus tard, tant pis…

Avril 1775, Paris. Rose Bertin est couturière, habilleuse attitrée de la reine. Léonard Autier est coiffeur et perruquier, il tient un salon avec ses deux jeunes frères, Jean-François et Pierre, il est coiffeur attitré de la reine.

Les deux ne s’entendent pas (insultes savoureuses à découvrir) mais, après avoir habillé et coiffé la maréchale de Rochambeau, ils achètent ensemble un billet de loterie pour les bonnes œuvres (la farine a augmenté, personne ne sait pourquoi, et le pain est hors de prix). À leur grande surprise, leur billet à dix sous, le n° 326, gagne « Une splendide œuvre d’art traditionnel des Amériques rapportée par nos valeureux navigateurs ! […] Elle représentait un bonhomme grimaçant, au nez crochu, coiffé d’une couronne de plumes. […] pas très haute […] très massive, compacte, et même pesante. » (p. 22-23). Bizarrement plusieurs personnes veulent leur acheter cette statuette noire, allant même jusqu’à proposer quinze livres ! Rose et Léonard s’enfuient et, lorsque Léonard fait tomber la statuette, Rose comprend : le noir n’est que de la peinture, la statuette est en or massif !

Alors qu’ils retournent chacun à leur boutique, Léonard est alpagué par des messieurs de la guilde des perruquiers-barbiers-chirurgiens de Paris (qu’est-ce que les trois métiers ont à voir entre eux ?). S’il veut conserver la mention « Maître Perruquier » sur son enseigne, il doit avoir l’approbation de la guilde et donc savoir couper un membre, recoudre une plaie, saigner un patient… « Votre ignorance est un outrage à la tradition millénaire de notre corporation ! Sans diplôme de chirurgie, point d’agrément ! » (p. 29). Gloups… Dès le lendemain, Léonard se rend au collège Saint-Côme pour suivre les cours de « Timoléon Rainssard, l’éminent spécialiste du squelette et des organes internes » (p. 31) et il va apprendre des choses bien utiles pour mener des enquêtes, « établir la cause d’un décès grâce à l’examen d’ossements, même très anciens. […] identifier les maladies, les épidémies, les maux divers […] et percer à jour, a posteriori, les manigances des assassins – notamment celles des empoisonneurs, qui sont les plus pervers. […] Voilà qui pouvait aider la police, se dit Léonard. Partant, cela pouvait manifestement aussi aider les coiffeurs aux ordres de la reine. » (p. 32).

C’est grâce à un orfèvre, collectionneur d’origine espagnole, Rubino de Bazazia, que Rose et Léonard apprennent l’histoire de la statuette en or et du fabuleux trésor perdu du pirate Henry Morgan qui reçut cinq malédictions. Comme la statuette est maudite, il refuse de l’acheter et les renvoie chez eux.

Quelques jours après, à Versailles. Ayant raconté une partie de l’histoire de Morgan à Marie-Antoinette, la reine charge Rose et Léonard de retrouver le reste du trésor ainsi elle pourra offrir du pain au peuple. On est loin du « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! », phrase que Jean-Jacques Rousseau dit être celle d’une « grande princesse » (sans la citer) dans ses Confessions (écrites en 1765 et publiées en 1782) et attribuée faussement à Marie-Antoinette. Comment les deux larrons vont-ils trouver un trésor perdu au large « de l’île de Saint-Gonâve, dans la grande baie du côté français de Saint-Domingue. » (p. 59) ? Je vous laisse le découvrir en lisant ce roman à la fois historique et divertissant, genre cozy mystery à la française. Car, de la même façon que la reine d’Angleterre ne peut quitter son palais pour enquêter, elle envoie sa secrétaire particulière, Rozie Oshodi (je parle de Sa Majesté mène l’enquête 1 – Bal tragique à Windsor de S.J. Bennett qui m’avait aussi enchantée mais il y a aussi la série Son espionne royale de Rhys Bowen ou la reine anglaise précédente envoie Georgina enquêter), ici Marie-Antoinette prisonnière du palais de Versailles et espionner par tous, a trouvé deux bons enquêteurs qui peuvent aller partout vu leurs métiers, Rose et Léonard.

C’est aussi un roman social qui se déroule entre avril et mai 1875 et qui parle de la guerre des farines, des augmentations exagérées du prix du pain, du peuple en colère qui se révolte, de Turgot qui avec son libéralisme à l’anglaise embobine le roi Louis XVI (plus préoccupé par ses serrures et ses mécanismes d’horlogerie que par le fait de gouverner mais qui aime son peuple et refuse que les soldats tirent), Turgot donc qui reste sur ses décisions au détriment des avis des autres ministres, mais la reine Marie-Antoinette œuvre en secret (avec Rose et Léonard) pour nourrir le peuple ! D’ailleurs, je pense que plusieurs lecteurs ont eu, comme moi, envie de déguster les macarons qui apparaissent sur la couverture, eh bien le roman est comme ces impertinents macarons (en période de disette), coloré et délicieux !

Quelques jeux de mots amusants avec les ossements de Blanquette de Limoux (p. 33) ou l’alcool la prunelle de Meyzieu (p. 100) et des clins d’œils aux événements qui ont secoué la France avant la pandémie (manifestations, gilets jaunes…).

Sharon qui a lu Le coiffeur frise toujours deux fois (tome 6) et L’enquête du Barry (tome 1) a bien raison, cette série est « très plaisante » et j’ai hâte de lire les autres tomes même si je dois les lire dans le désordre !

Ils l’ont lu : Bianca de Des livres, des livres, Catherine de Ballade au fil de l’eau, Froggy, Sharon (citée plus haut), d’autres ?

Pour Polar et thriller 2022-2023 et Vendredi Lecture avec le thème de septembre, polar historique (je n’ai pas compris si on devait publier le(s) billet(s) en septembre et avant le 4 octobre, date sur le logo ou uniquement le 4 octobre, tant pis…).

Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James

Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James.

J’ai lu, novembre 2021, 320 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-29035-842-9. Murder Past Due (2010) est traduit de l’américain par Guillaume Le Pennec.

Genres : littérature états-unienne, roman policier, cozy mystery.

Miranda James est en fait Dean James, originaire du Mississippi, ancien bibliothécaire qui utilise aussi les pseudonymes Jimmie Ruth Evans et Honor Hartman pour écrire des fictions. Deux autres tomes de Le chat du bibliothécaire sont pour l’instant traduits en français, Inventaire fatal (novembre 2021) et Théâtre macabre (avril 2022). La série, Cat in the Stacks Mystery, compte 14 tomes aux États-Unis, le 15e est annoncé pour 2023.

Athena, Mississippi. Charlie Harris, bientôt la cinquantaine, vit avec Diesel un maine coon de deux ans qu’il a récupéré chaton sur le parking de la bibliothèque municipale où il travaille. Veuf depuis trois ans, il vit dans une jolie maison héritée de sa tante Dottie et dans l’héritage, il y avait Azalea Berry la gouvernante. Pour rendre service, il prête des chambres à des étudiants mais Justin, en partant ce matin, a laissé la cuisine en pagaille, ce qui n’est pas dans ses habitudes…

Mais l’événement exceptionnel pour la petite ville d’Athena, c’est l’arrivée de Godfrey Priest, enfant du pays, devenu un riche et célèbre auteur de romans policiers (plutôt violents). Julia Peterson, son ancienne petite amie au lycée, devenue Julia Wardlaw après avoir épousé le pasteur Ezra Wardlaw, est la mère de Justin. Mais quand le passé ressurgit… avec en plus un secret…

C’est que Godfrey Priest était un sacré enfoiré et… « Le retour de ce dernier à Athena ravivait beaucoup trop de mauvais souvenirs et j’avais le désagréable pressentiment que de nouveaux événements déplaisants se produiraient tant qu’il resterait dans les parages. » (p. 69).

Mais la soirée avec Priest est annulée… Il est retrouvé le crâne fracassé dans sa chambre d’hôtel avec « le téléphone de Justin gisant juste à côté du corps. » (p. 81). L’enquête est confiée au shérif par intérim Kanesha Berry (la fille d’Azalea Berry), le shérif étant en arrêt maladie, et à l’agent Bates. Évidemment Charlie Harris, Justin et sa mère Julia sont les premiers suspects de Kanesha Berry… Mais Charlie Harris décide d’enquêter aussi de son côté, ce qui est assez facile car tout le monde apprécie Diesel, la libraire, la boulangère… « j’étais ravi et reconnaissant qu’un compagnon à quatre pattes aussi exceptionnel soit apparu dans ma vie. » (p. 184-185).

Évidemment c’est le titre et la couverture qui m’ont d’abord attirée mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce cozy mystery états-unien. J’ai bien aimé le chat, les personnages et les rebondissements (même si ce n’est pas extraordinaire, ça reste classique). Je lirai sûrement les tomes suivants traduits en français.

Pour le Mois américain, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Polar et thriller 2022-2023.

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake.

Ma éditions (apparemment le livre n’est plus au catalogue, il n’y a plus de fictions), novembre 2011, 480 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-822-40053-4. The Dead Sea Deception (2011) est traduit de l’anglais par Véronique Gourdon.

Genres : littérature anglaise, roman policier, thriller.

Adam Blake (pseudonyme de Mike Carey, scénariste de comics DC et Marvel) naît en 1959 à Liverpool en Angleterre. Il a été professeur avant de se consacrer à l’écriture. Sa bibliographie sur son site officiel.

L’Évangile des Assassins est le premier tome de la série Leo Tillman & Heather Kennedy. Le deuxième est The Demon Code (Le Code du Démon) paru en 2012.

Peason, Arizona, États-Unis. Le shérif Webster Gayle est appelé pour le crash d’un avion. En s’écrasant, l’avion s’est coupé en deux et « La route N40 qui traversait Basset’s Farm était parsemée de corps : hommes, femmes et enfants, tous étendus sur la terre ravagée, tandis que les vêtements se déversaient de leurs valises éventrées, tordues […]. » (p. 9).

Londres, Angleterre. Heather Kennedy doit enquêter sur « un homme mort étendu au pied d’un escalier » (p. 13) datant d’il y a trois semaines mais dont la sœur n’est pas d’accord sur le fait que ça soit un accident. Elle devra « former un nouveau coéquipier, un jeune inspecteur enthousiaste qui vient juste d’entrer dans le service […] Chris Harper. » (p. 15) qui a 28 ans. Le mort était le professeur Stuart Barlow du département Histoire de l’université du Prince Régent, il avait 57 ans, était spécialisé en paléographie et dans les manuscrits de Nag Hammadi. E l’autopsie révèle que, effectivement, la mort est suspecte. En plus il avait déclaré être suivi.

Magas, Ingushetia (république d’Ingouchie, entre l’Ossétie du Nord et la Tchétchénie). Leo Tillman a perdu son épouse (Déborah) et leurs enfants (Jud, Seth et Grace). Il interroge Yanush (Kiril) Kartoyev, un trafiquant russe sur Michael Brand qu’il poursuit depuis 13 ans mais il n’obtient qu’une info importante, la dernière destination de Brand était Londres.

Lorsque Heather Kennedy va interroger Rosalind Barlow, la sœur du professeur assassiné, elle apprend que Stuart Barlow faisait voulait réécrire le codex Rotgut, « une traduction médiévale d’une version égarée de l’Évangile selon saint Jean. » (p. 74) et qu’il faisait partie des Ravellers, « une communauté sur Internet de paléographes – les gens qui travaillent sur les manuscrits anciens et les incunables. » (p. 73) et le seul nom dont elle ait entendu parler est Michael Brand qui devait rencontrer son frère à l’hôtel Pride Court à Londres. Michael Brand, oui, vous avez bien lu, Michael Brand, le point commun entre Leo Tillman et Heather Kennedy ! Et pendant ce temps, Chris Harper a découvert que deux autres scientifiques ayant assisté à la même conférence ont été également tués, Catherine Hurt et Samir Devani.

Deux jours après l’accident d’avion, à Peason, des fantômes des victimes sont apparus. Par exemple, un homme était dans son salon devant la télévision avec un verre de whisky et sa veuve a même senti son parfum, un employé des travaux publics s’est présenté à son bureau et a surfé sur Internet, une femme a sorti sa voiture du garage pour aller au supermarché et faire des achats avec de l’argent qu’elle venait de retirer du distributeur, une autre femme a appelé son frère « exactement soixante et une heures après que l’avion s’était écrasé au sol. » (p. 79). La boîte noire n’a toujours pas été retrouvée alors qu’elle émet bien un signal et, en la cherchant, le shérif Webster Gayle se retrouve lui-même nez à nez avec deux fantômes, si ressemblant qu’ils sont sûrement frère et sœur.

Montmartre, Paris, France. Solomon Kuutma suit Leo Tillman à la trace et envoie ses Messagers. Parfois ils perdent sa trace mais il faut absolument que Tillman ne retrouve ni sa femme ni ses enfants. Pour quelle(s) raison(s) ?

Bon, vous imaginez bien que Leo Tillman et Heather Kennedy, tous les deux cherchant Michael Brand, vont se rencontrer ! « Kennedy était perplexe. Il n’y avait pas grand-chose dans son discours qui lui avait semblé très sensé, même si Tillman l’avait prononcé d’une voix calme et mesurée. » (p. 206). « À propos de là où nous en sommes. Vous devez comprendre que ça fait longtemps maintenant que je recherche Michael Brand. Peut-être même depuis plus longtemps que vous n’êtes inspectrice. Et pendant tout ce temps, je ne me suis jamais senti aussi près de le trouver que maintenant. Nous nous sommes rencontrés au bon moment. Ce que vous savez et ce que je sais, tout cela se complète presque à la perfection. Nous sommes en bonne position. » (p. 251).

L’Évangile des Assassins est un thriller passionnant et explosif, plutôt ésotérique mais compréhensible même par les lecteurs qui n’y connaissent rien en religion chrétienne, groupes du début du christianisme, codex et manuscrits apocryphes. Je pense qu’il y a une part de ‘vérité’ et d’historique et une part de fiction (ou alors c’est que nous ne sommes pas au courant de tout et il vaut mieux pour nos vies !). Cependant, l’évangile de Judas est maintenant connu et beaucoup d’historiens et de scientifiques expliquent qu’il n’est pas le traître que l’on croit et qu’il aurait agi sur ordre de Jésus en toute connaissance de cause (est-ce que ce sont de simples hypothèses ou ont-il des preuves pour étayer tout ça, je ne sais pas). En tout cas, tout s’accélère dans les derniers chapitres. « Tillman la regarda inanimée, et il eut un rare sursaut de conscience. Avait-il entraîné Kennedy dans sa propre folie, ou s’étaient-ils rencontrés où elle était devenue assez dingue pour qu’ils soient sur la même longueur d’onde ? » (p. 434).

En fait, ce roman m’avait été envoyé par Lystig [sa note de lecture sur L’oiseau-Lire] au printemps 2012 (je pense, en tout cas après qu’elle l’ait lu puisqu’elle proposait de l’envoyer à la fin de son billet) et, peu de temps après l’avoir commencé, je me suis rappelée que je l’avais déjà lu, ou en tout cas commencé, car je me suis souvenu de certaines choses et j’ai retrouvé un papier dans le livre avec quelques notes. Comme le disait Lystig, il y a deux héros blessés par la vie, sympathiques et attachants, de l’action, du mystère (de l’ésotérisme) avec les descendants de Judas (et même de Caïn en fait) et le lecteur voyage surtout en Angleterre et aux États-Unis avec une incursion en Russie, en France et au Mexique. Un bon thriller avec une pointe de fantastique qui se laisse bien lire mais aurais-je l’occasion de lire le tome 2 (qui se déroule trois ans après) ?

J’ai repéré deux fautes… Page 45, Start au lieu de Stuart. Page 61, « En pour ce qui était des plaisanteries ».

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 8, un livre dans ma Pàl depuis plus de 5 ans, depuis environ 10 ans même, 3e billet), British Mysteries 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 49, le livre de votre Pàl dont la date d’édition est la plus ancienne, il y a sûrement plus ancien mais celui-ci est dans ma Pàl depuis 10 ans), Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 1 – Mort sur le Nil = policier et thriller, 4e billet), Un genre par mois (en juillet, c’est policier), Voisins Voisines 2022 (Angleterre).