Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig

Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig.

Métailié noir, collection Bibliothèque hispanique, janvier 2014, 240 pages, 18 €, ISBN 978-2-86424-943-6. Lo que no está escrito (2012) est traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse.

Genres : littérature espagnole, roman noir.

Rafael Reig naît le 16 septembre 1963 à Cangas de Onís dans la principauté des Asturies (Espagne). Il étudie les Lettres et la philosophie à Madrid puis à New York. Du même auteur : La position du pion (2017). Plus d’infos sur son blog, http://www.hotelkafka.com/blogs/rafael_reig/, mais, même si je ne comprends pas l’espagnol, je vois bien qu’il n’est plus mis à jour depuis 2013…

Carlos et Carmen sont divorcés depuis sept ans et Carlos voit très peu son fils, Jorge, bientôt quinze ans. Mais ce weekend, il l’emmène pour trois jours en camping à la montagne, dans le Guadarrama. Seront-ils seuls, comme Carlos l’a promis, ou Yolanda, la compagne de Carlos, sera-t-elle là ? Avant de partir, Carlos laisse à Carmen le manuscrit de son roman, Sur la femme morte. C’est que Carmen est sous-directrice commerciale dans un gros groupe d’éditions. « C’était clair : un polar de plus. Le problème avec les polars était déjà bien pire que leur manque d’originalité : il s’en vendait de moins en moins. » (p. 14). Bizarrement, le manuscrit est dédicacé à « CM in memoriam » : Carmen Maldonado ? Intriguée, Carmen commence la lecture. De son côté, Jorge est effrayé. « Plus son père décidait qu’ils allaient être heureux, plus il lui faisait peur. » (p. 24). Évidemment le weekend ne va pas se passer comme prévu…

Mais prévu par qui ? Par Carlos, Jorge, Carmen, l’auteur, le lecteur ? Carlos, en tant qu’écrivain, a imaginé le pire et l’a balancé en pâture à Carmen (violence, drogue, sexe, du roman noir populaire et vulgaire). Carmen, en lisant le manuscrit, imagine le pire, d’autant plus que l’histoire a des similitudes inquiétantes avec elle et le couple qu’elle composait avec Carlos. Jorge, adolescent peureux, effrayé par l’alcoolisme et la violence de son père, imagine le pire. Quant au lecteur, confronté aux deux histoires, celle de ce couple divorcé et de leur fils et celle du roman de Carlos, ne peut qu’imaginer le pire. Mais l’auteur, lui, a encore imaginé bien pire ! « Il a laissé son roman à Carmen et elle lui a laissé son fils. » (p. 96). Un roman contre un enfant ?

J’ai repéré le petit jeu entre la dernière phrase des chapitres du roman de Carlos, comme une définition de mots croisés, et le premier mot du chapitre suivant, une façon d’imbriquer l’une dans l’autre les deux histoires, la réalité et la fiction, la vraie vie et le processus de création littéraire.

Un roman surprenant, sombre, à la limite du sordide, angoissant où chacun se demande ce qui va arriver dans ce qui n’est pas écrit. Qui détient le pouvoir en fait ? L’auteur, les personnages, le lecteur ? Cette lecture suscite réflexion et une certaine horreur : est-ce l’auteur qui écrit des choses horribles ou est-ce le lecteur (fictif comme Carmen ou réel comme moi) qui imagine des choses horribles ? Quelle que soit la réponse, le piège se referme sur les personnages et sur les lecteurs, peut-être même aussi sur l’auteur !

Je découvre cet auteur pour le Mois espagnol et le Défi littéraire de Madame lit et je lirai assurément d’autres titres de lui ! Je mets aussi ce roman dans les challenges Polar et Thriller de Sharon et Voisins Voisines 2018 (Espagne).

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Mois espagnol #4

Pas question que je rate le Mois espagnol 2018 de Sharon car j’ai déjà participé aux trois premières éditions en 2015, 2016 et 2017 ! En plus, ce mois correspond également au Défi littéraire de Madame lit qui a choisi la littérature espagnole pour mai. Donc hola et vamos, désolée mais je n’ai pas étudié l’espagnol et mon vocabulaire est très pauvre 😛

Mon billet pour ce challenge

Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig (Métailié, 2014, roman noir)

J’aurais voulu lire plus (comme chaque année !) mais je n’ai pas eu le temps (comme chaque année !)…

Et voici les deux magnifiques logos repérés chez Cannibal Lecteur :

Mois espagnol et Mois italien

En mai, deux pays sont mis à l’honneur par deux charmantes blogueuses que je suis depuis des années.

Vu que pratiquement la moitié du mois de mai est passée…, il était temps que je publie mon billet d’inscription !

Le Mois espagnol, c’est avec Sharon du blog Des livres et Sharon : infos, logo et inscription chez Sharon + dépôt des liens. À noter que, pour cette 3e édition, l’Espagne est bien sûr à l’honneur mais aussi tout le monde hispanique (Amérique du Sud).

Le Mois italien, c’est avec Martine du blog Les lectures de Martine : infos, logo et inscription chez Martine + billet de lancement officiel avec un programme (facultatif) et d’autres logos (ci-dessous) + groupe FB. À noter que Martine, prenant le relai d’Eimelle (qui l’organisait en octobre), a préféré le mois de mai pour cette 3e édition.

Mon billet hispanique : L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines de Luis Sepúlveda (recueil de 9 nouvelles, Chili, 2015-2016).

Mes billets italiens : Le renard et l’aviateur de Luca Tortolini et Anna Forlati (très bel album illustré, 2017) et Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri (excellent roman policier, 2015).

En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

BojanglesEn attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut.

Finitude, janvier 2016, 159 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-36339-063-9.

Genre : premier roman.

Olivier Bourdeaut naît en 1982 à Nantes (Loire-Atlantique). Lorsqu’il perd son emploi d’agent immobilier, il décide de se consacrer à l’écriture. En attendant Bojangles, rédigé en Espagne, est en fait le deuxième roman qu’il écrit mais le premier à trouver éditeur.

« Ceci est mon histoire vraie, avec des mensonges à l’endroit, à l’envers, parce que la vie c’est souvent comme ça. » (p. 6). Cette phrase, en exergue au tout début du roman, m’a embrouillée, c’est sûr…

68premièresfois2016Le narrateur est l’enfant. Son récit est entrecoupé par des extraits du journal de son père qu’il a trouvé plus tard. « Je ne comprenais pas souvent mon père. Je le compris un peu plus au fil des ans, mais pas totalement. Et c’était bien ainsi. » (p. 9). Après un choc fiscal, la mère met le feu à leur appartement et se retrouve internée.

« Lorsque je racontais ce qui se passait à la maison, la maîtresse ne me croyait pas et les autres élèves non plus, alors je mentais à l’envers. Il valait mieux faire comme ça pour l’intérêt général, et surtout pour le mien. » (p. 37). On le comprend !

DefiPremierRoman2016L’enfant, tour à tour émerveillé ou inquiet, observe le comportement de ses parents car leur amour est unique, fusionnel, excentrique, jusqu’à ce que la mère sombre dans la folie. Le seul compagnon de l’enfant est un oiseau appelé Mademoiselle, une demoiselle de Numidie.

« Après l’incendie, je ne pouvais plus jouer la comédie, le feu, la fumée, les pompiers, le plastique brûlé sur les épaules de ma bien-aimée, toute cette tristesse cachée derrière son euphorie ne pouvaient plus être le fruit d’une plaisanterie. » (p. 120, extrait du carnet secret du père).

Challenge-Rentree-litteraire-janvier-2016Ce roman a reçu plusieurs prix littéraires : Grand Prix RTL-Lire, Le Roman des étudiants France Culture-Télérama, Prix roman France Télévisions, Prix Emmanuel Roblès et Prix de l’Académie de Bretagne. Et pourtant… « C’est bien écrit, drôle, mais ça n’a ni queue, ni tête. » (p. 12) : réponse des éditeurs au père qui leur envoie ses manuscrits et je pourrais presque dire la même chose de ce roman : bien écrit… plus ou moins… drôle… non, je n’ai pas ri, ni même souri… ça n’a ni queue ni tête… ça a un début et une fin et une histoire mais… bof… je suis déçue… je ne me suis pas retrouvée dans les personnages, je n’ai pas trouvé le style extraordinaire et je n’en reviens pas qu’il ait reçu tous ces prix ! Mais, justement, d’autres ont aimé et ils vous disent pourquoi : allez lire Jérôme Garcin dans BibliObs, Pierre Assouline dans La république des livres et tous les blogueurs qui en ont parlé. « Mes parents dansaient tout le temps, partout. Avec leurs amis la nuit, tous les deux le matin et l’après-midi. » (p. 15). Oui, et alors ? Je n’ai pas swingué donc, mais je vous laisse avec Mister Bojangles interprété par Nina Simone (ci-dessous).

Un livre lu dans le cadre des 68 premières fois – 2016 que je mets dans les challenges Défi Premier roman et Rentrée littéraire janvier 2016.

Taureau espagnol

JourneeColoriage6maiLa semaine dernière, je voulais participer à la Journée mondiale du coloriage le 6 mai mais je n’ai pas pu… Le vendredi était une grosse journée de travail et je travaillais aussi le samedi… Cette année, le thème était animaux fabuleux. Infos sur Journée-mondiale.com et sur Staedtler.fr.

JourneeEurope9maiHier, je me suis inscrite à la deuxième session du Mois espagnol organisé par Sharon et aujourd’hui, 9 mai, c’est la Journée de l’Europe. Infos sur Journée-mondiale.com et sur EuropeDay.europa.eu.

Alors, je regroupe tout ça (coloriage, animal, Europe, Espagne, mix perso !) et voici mon coloriage de taureau espagnol : c’est tout simple, presque enfantin mais c’est symbolique et le taureau est – comme tous les animaux – fabuleux à mes yeux ! Ce qui me permet de dire non à la corrida, non aux courses de taureaux, non à ces traditions d’un autre âge pour lesquelles des humains maltraitent des taureaux ! Et que l’Union européenne prenne des décisions une bonne fois pour toute afin qu’aucun humain n’ait le droit de maltraiter aucun animal quel qu’il soit ! Voilà, c’est dit 🙂

ColoriageTaureau

Mois espagnol #2 avec Sharon

MoisEspagnolMai2015-3Vous vous rappelez, l’année dernière, j’ai participé à un Mois espagnol ? C’était le premier événement auquel je participais puisque je venais de créer le blog la veille ! Sharon remet le couvert pour une deuxième session du Mois espagnol avec deux petits plus : le premier est l’ouverture à l’Amérique Latine et le deuxième est le partenariat avec Les gourmandises de Syl du blog Thé, lectures et macarons.

Infos, logos et inscription chez Sharon.

GourmandisesSylEspagneMes billets

1. Taureau espagnol

Mon bilan du Mois espagnol

MoisEspagnolMai2015-1Tout d’abord, je tiens à remercier Sharon, très présente et bien organisée, pour ce super Mois espagnol ! En plus, c’est le premier événement bloguesque auquel participe PatiVore !

Dernier jour du mois de mai et donc petit bilan de ce Mois espagnol – avant le Mois anglais en juin – (billet demain).

Ensuite, je tiens à dire que j’ai été ravie de participer en compagnie d’autres blogueurs intéressés par l’Espagne qui ont partagé leurs découvertes et leurs recettes de cuisine !

MoisEspagnolMai2015-2De mon côté, j’ai fait de belles découvertes :

– une musicale avec la charmante Sílvia Pérez Cruz ;

– et deux littéraires avec la poésie de Federico García Lorca et la romancière Rosa Montero.

La petite déception, c’est que je n’ai pas pu participer à tous les rendez-vous… Mais, ça, je m’en doutais dès le début… J’ai raté :

– l’auteur espagnol le 3 mai, c’était trop court et je n’avais rien sous la main ;

MoisEspagnolMai2015-3– le cinéma le 17 mai pourtant j’ai trois films espagnols que j’aime particulièrement mais je vous en parlerai une prochaine fois ;

– et le roman policier le 27 mai car je pensais que le roman de Rosa Montero était un roman policier (je voulais faire d’une pierre deux coups, romancière espagnole et roman policier, mais non…).

Pour conclure, le Mois espagnol pour moi, c’est 9 billets incluant la Journée de l’Europe sur les blogs et ce bilan. Je vous invite à consulter les liens de ces billets dans mon article de présentation.

Olé et viva España !