The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô

The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô.

Akata, septembre 2022, 176 pages, 6,99 €, ISBN 978-2-38212-407-5. Suisho no hibiki vol.1 (2019) est traduit du japonais par Alexandre Goy.

Genres : manga, shôjo.

Rin Saitô 斉藤 倫 naît un 2 mai dans la préfecture d’Aichi au Japon et elle vit à Tokyo où elle est mangaka depuis 1981 (ses œuvres sont prépubliées dans le magazine Margaret et publiées chez Shûeisha). Plus d’infos sur sa page FB et sur son compte twitter.

Ce manga est « un récit fictionnel basé sur la vie de Mizuki Shikimachi, un véritable violoniste en chair et en os » qui joue depuis l’âge de 4 ans et que la mangaka a rencontré sur scène lorsqu’il avait 16 ans.

« Mon cerveau est spécial. Il a quelque chose bien à lui. Il m’a été transmis par ma mère… un don, obtenu d’une force supérieure bienveillante. Je peux changer tout ce qui existe en ce monde… grâce à la musique. Les vibrations émises par les cordes du violon résonnent dans mon âme. Je les chéris comme un trésor… avant des les laisser se répandre dans le cœur de mon audience. ».

En participant à une audition, Mizuki a reçu des membres du jury 422 points, « le plus haut score jamais atteint » par un enfant, mais rebutés par son handicap, une paralysie cérébrale, ils attribuent le prix à la candidate arrivée deuxième, une fillette de huit ans, qui a plus de chance d’avoir « une bonne condition physique » pour réussir comme grand talent de demain…

La mère de Mizuki, Keiko Shikimachi, est mécontente mais son meilleur ami, Natsuki, le soutient car, bien que malentendant, sa musique le touche au cœur. Mizuki et Natsuki se sont rencontrés un an auparavant dans une classe spécialisée, Le ciel azuré, alors que Natsuki dansait.

Mizuki a attisé la curiosité du célèbre violoniste et professeur Toshihiro Nakayoshi qui normalement ne prend plus d’élève mais qui décide de se déplacer chez lui. « M. Nakayoshi m’écoute parler… sans même chercher à m’interrompre. – Si tu tiens à toucher un maximum de personnes, le classique fera très bien l’affaire. Pourquoi m’avoir sollicité ? – Parce que… pour la première fois, je me suis dit ‘Je veux ressembler à ce violoniste !’ – Tu veux devenir comme moi ? – Oui. Je veux apprendre à faire vibrer l’air environnant avec mon corps tout entier. » Contrairement à ce que Mizuki pensait, le professeur Nakayoshi lui apprend le rythme et le tempo.

Quant à son arrivée au collège, ça ne se passe pas très bien, les élèves le surnommant « le handicapé »… mais Mizuki – qui a maintenant 11 ans – préfère ne rien dire à sa mère. Il se montre même motivé et enjoué mais tiendra-t-il le coup ?

En fin de volume, il y a une histoire genre préquelle (écrite et dessinée en 2018) sur les débuts de Mizuki, un récit documentaire intitulé The Sound of Crystal. Un beau récit qui raconte l’accouchement prématuré, le choix du prénom Mizuki « avec les caractères du cristal de roche, une pierre solide et brillante », la défection du père, Nao, en apprenant que son fils aurait un handicap, les grands-parents maternels qui s’occupent du nourrisson pendant que sa mère travaille et qui sont témoins de son don : l’oreille musicale, les premiers problèmes et l’arrivée du handicap à l’âge de 3 ans, sa mère qui s’est toujours battue pour lui : « Ça va aller… Il est encore tout à fait capable de se déplacer. Il mange bien… parle tout le temps… et rit beaucoup… Tout se passera bien. » et enfin la découverte du violon. « Mais… par la suite, de nouvelles maladies sont apparues, avec leur lot de difficultés. » C’est très beau et inspirant parce que peu de personnes – valides ou handicapées – ont l’envie et la force de se battre comme ça !

Ce manga est pour tous les lecteurs, il montre les difficultés du handicap et l’incompréhension voire la méchanceté des ‘valides’ qui réagissent par du ‘validisme’. Il permet aux lecteurs de relativiser et de mieux comprendre, et ce message n’est pas de trop parce que, trop souvent, l’empathie et la sympathie sont remplacées par la moquerie. J’ai hâte de lire la suite mais, en attendant, j’ai fait quelques recherches.

Définition Wikipédia : « Le capacitisme ou validisme est une oppression pouvant prendre la forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable contre les personnes vivant un handicap (paraplégie, tétraplégie, amputation, malformation mais aussi dyspraxie, schizophrénie, troubles psychiques, autisme, trisomie, etc.). Le système de valeurs capacitiste, fortement influencé par le domaine de la médecine, place la personne valide, sans handicap, comme la norme sociale. Les personnes non conformes à cette norme doivent, ou tenter de s’y conformer, ou se trouver en une situation inférieure, moralement et matériellement, aux personnes valides. Dans ce système de valeurs et de pouvoir, le handicap est ainsi perçu comme une erreur, un manque ou un échec et non comme une conséquence des événements de la vie ou de la diversité au sein de l’humanité. La Convention relative aux droits des personnes handicapées définit l’absence d’accommodement raisonnable en faveur de personnes non valides comme une discrimination fondée sur le handicap. »

Mizuki Shikimachi 式町水晶 naît en octobre 1996 à Asahikawa sur l’île de Hokkaido mais il grandit à Kawaguchi dans la préfecture de Saitama (chez ses grands-parents maternels). Malgré son handicap, il devient un célèbre violoniste : il joue le 5 septembre 2021 à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Tôkyô 2020, reportés en 2021. Il passe plusieurs fois à la télévision et enregistre 3 albums. Plus d’infos sur son site officiel (peu de choses), son instagram, son twitter et quelques titres à écouter sur Soundcloud. Et ci-dessous deux vidéos sur King Records.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 2, une BD ou un manga), Challenge lecture 2023 (catégorie 37, le titre ne comporte pas la lettre A mais il aurait pu aller dans la catégorie 54), Jeunesse & young adult #12, Un genre par mois (en janvier, ‘bulles’, BD, manga…).

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Perfect World 1 de Rie ARUGA

Perfect World 1 de Rie ARUGA.

Akata, octobre 2016, 162 pages, 6,95 €, ISBN 978-2-36974-148-1. パーフェクトワールド (2014) est traduit du japonais par Chiharu Chujo et Nathalie Bougon.

Genres : manga, josei.

Rie ARUGA 有賀リエ naît à Omachi (préfecture de Nagano, Honshû). Sa carrière démarre en 2011 lorsqu’elle reçoit le prix Gold pour une histoire courte, Tentai Kansoku. Plus d’infos sur son compte Twitter. Ce tome 1 de Perfect World est son premier manga publié en volume et « grâce au très bon accueil des lecteurs », ce qui était prévu comme un one-shot est devenu une série (chez Kôdansha) et il a même été adapté au cinéma en 2018 (bande annonce ci-dessous).

Tôkyô. Lors d’une soirée professionnelle, Tsugumi Kawana retrouve Itsuki Ayukawa qu’elle avait connu au lycée et qui était son premier amour. « On n’a jamais été dans la même classe, ni dans le même club. Mais on aimait bien discuter tous les deux. » Elle travaille maintenant pour une entreprise de décoration d’intérieur, Cranberries. Et lui est architecte pour un cabinet d’architecture, Kodan. Mais Itsuki part tôt et Tsugumi se rend compte qu’il est en fauteuil roulant : il a eu un accident durant ses études. « Mon premier amour… est à présent handicapé. Malgré tout… mes sentiments, eux, n’ont pas changé. » Mais, comment faire, que dire ? Elle ne connaît rien au quotidien d’un handicapé… Alors qu’ils se rendent tous les deux à Nagano, pour retrouver leurs anciens amis de lycée, surgit Miki Yukimura, l’ex d’Itsuki : elle l’aurait quitté après l’accident alors qu’ils étaient ensemble depuis des années.

C’est avec subtilité et tendresse que Rie Aruga traite du handicap, des souffrances invisibles et des relations avec une personne handicapée. En plus, Tsugumi et Itsuki font la connaissance d’un ado, également en fauteuil, Haruto, qui lui aussi pratiquait le basket, mais il n’accepte pas du tout sa situation et refuse de revoir, depuis un an, sa petite amie. Pourtant… « Bravo !! À peine arrivé et tu marques déjà ?! Pas de doute, t’es toujours le boss !! Bravo Haruto !! T’es le meilleur !! ».

Un josei est un manga féminin, un manga pour les femmes, mais franchement les hommes peuvent très bien le lire et l’apprécier (d’autant plus qu’il parle de basket). Mais surtout du handicap et des relations ce qui concerne tout le monde ! Le problème, comme souvent, le nombre de tomes… Déjà 11 parus au Japon (10 en France) et la série est encore en cours.

Pour La BD de la semaine et les challenges BD et Jeunesse Young Adult #10. Plus de BD de la semaine chez Moka. Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 2.

3 mangas seinen parus chez Akata

Je continue de parler des mangas que j’ai pu lire durant le confinement grâce aux opérations « Reste chez toi avec un manga ». Ce sont les mangas Akata que j’ai lus le plus donc (après les shôjo) voici 3 seinen (manga pour adultes).

Ils entrent tous dans La BD de la semaine et le challenge BD. Le challenge Un mois au Japon (qui a en fait duré deux mois, avril et mai) est terminé mais j’ai bien lu ces mangas en mai (pour les deux premiers présentés) et en avril (pour le troisième).

Aime ton prochain 1 de Daisuke CHIDA.

Akata, octobre 2019, 190 pages, 6,99 €, ISBN 978-2-36974-339-5. 異常者の愛Ijosha no Ai (2017) est traduit du japonais par Ryoko Akiyama.

Genres : manga, seinen.

Daisuke CHIDA 千田大輔 est scénariste et dessinateur.

Tôkyô, une école primaire. Kazumi Ichinose aime Fumika Nimi et Saki Mido aime Kazumi qui ne l’aime pas alors la fillette tue Fumika pour être la seule dans le cœur de Kazumi.

Six ans après, Kazumi, 16 ans, est en deuxième année de lycée et Shino Yotsuya aussi. « Trop mimi, cette Yotsuya… Je me demande pourquoi elle en pince pour toi… – J’en sais rien, – T’es trop bizarre… Kazu… – S’il savait ce que j’ai vécu… » (p. 30). Shino est tombée amoureuse de Kazumi mais lui ne veut plus entendre parler d’amour car certaines amours sont toxiques. De plus il a cru apercevoir Saki Mido dans la rue…

Et si Saki Mido avait été libérée et continuait de poursuivre Kazumi de ses assiduités ? Effectivement, l’adolescente est complètement dérangée et l’histoire se transforme en horreur !

Une étrange série, classée en « WTF ?! » par l’éditeur ! Pour l’instant, en France, 3 tomes (le tome 4 est annoncé pour juin 2020) mais au Japon, la série est terminée en 6 tomes (2017-2018) et l’auteur est passé à une nouvelle série : ヒロインは絶望しました Heroine wa Zetsubô Shimashita, une comédie fantastique.

Attention, violence et scènes de torture !

En proie au silence 1 d’Akane TORIKAI.

Akata, janvier 2020, 192 pages, 8,05 €, ISBN 978-2-36974-768-4. Sensei no shiroi uso 先生の白い嘘 (2014, Kôdansha) est traduit du japonais par Gaëlle Ruel.

Genres : manga, seinen.

Akane Torikai 鳥飼 茜 naît en 1981 dans la préfecture d’Ôsaka. Elle débute sa carrière de mangaka en 2004 avec des histoires courtes publiées dans des magazines et lance sa première série en 2010. Ses mangas féministes parlent de la condition des femmes, de viol, de misogynie, et parfois ils choquent, ils dérangent. Plus d’infos sur son compte Twitter et son compte Instagram.

Misuzu Hara, 24 ans, professeur de japonais au lycée Sakuragaoka, pense qu’elle est toujours « dans le groupe des gens qui se font bouffer ». Même sa meilleure amie, Minako, lui fait des remarques, sur son look, sur son célibat. En tout cas, Minako va se marier avec son petit ami, Hayafuji, qui a une liaison avec Misuzu, enfin une liaison, façon de parler… En interrogeant un élève de 16 ans, Nizuma, au sujet d’une rumeur, ce qu’elle a vécu lui revient en mémoire. « Une femme n’est jamais du bon côté de la balance. ».

Akata vient de publier le premier tome de cette série féministe en ce début d’année et la série est terminée au Japon en 8 tomes. Pourquoi pas, si la médiathèque les achète. En tout cas, les lycéens japonais ont bien changé ! Ou alors c’est moi qui ai vieilli…

World War Demons 1 d’Urû OKABE

Akata, collection WTF ?!, septembre 2017, 224 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-36974-191-0. 世界鬼 Sekai Oni (2012), originellement paru chez Shôgakukan, est traduit du japonais par Chiharu Chûjo.

Genres : manga, seinen.

Urû OKABE 岡部閏 est un jeune mangaka qui dessine depuis l’enfance. Ce premier tome de World War Demons est son premier manga. Plus d’infos sur son compte Twitter.

Azuma Shinonome, orpheline, a été recueillie par son oncle et sa tante. Mais leur plus jeune fils, Kazuya, appelle sa cousine « Azuma la mocheté » et la frappe régulièrement. L’aîné a tué son oiseau, « Bébé Moineau », car il faisait trop de bruits et l’empêchait d’étudier. Quant à l’oncle, sans commentaire… Ou alors Azuma a des hallucinations ? Le psychiatre qu’elle consulte lui dit qu’elle est atteinte du « syndrome d’Alice de l’autre côté du miroir ».

C’est alors qu’elle se retrouve avec d’autres adolescents et un ancien militaire, tous atteints de la même maladie, de l’autre côté du miroir et le démon de Cheshire leur annonce qu’ils doivent « abattre les six démons de l’univers » puis il les attaque férocement !

Ils découvrent qu’ils peuvent matérialiser des armes mais ils sont assujettis au temps, ils perdent de l’énergie vitale et, ce n’est pas un jeu : s’ils meurent dans ce monde, ils mourront vraiment.

Ce manga, inspiré par L’école emportée de Kazuo Umezu (que j’avais adoré), montre un monde parallèle où tout n’est que violence. Mais n’est-ce pas déjà le cas, pour eux, dans le monde réel ? La série est terminée en 11 tomes (le dernier tome est paru en septembre 2019 en France). Pourquoi pas, si j’ai l’occasion d’emprunter les tomes suivants car je suis très intriguée par cette série !

Ce dernier manga entre aussi dans le challenge Littérature de l’imaginaire #8.

Trois seinen, résolument adultes dans les thèmes et les traitements, mais dans trois genres différents, un fait de société horrible, un féministe et un fantastique horreur.

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Zombie Cherry 1 de Shôko CONAMI

Zombie Cherry 1 de Shôko CONAMI.

Akata, collection Medium, juin 2016, 190 pages, 6,95 €, 978-2-36974-127-9. シカバネ☆チェリー Chikabane Cherry (2013, Akita Publishing Co, prépublication dans le mensuel shôjo Gekkan Princess) est traduit du japonais par Chiharu Chûjo.

Genres : manga, shôjo, horreur.

Shôko CONAMI こなみ詔子 naît un 24 août. Elle dessine depuis l’enfance et commence sa carrière à l’âge de 18 ans. Elle voyage beaucoup (Asie, Europe). Elle aime le fantastique et l’horreur, le cinéma et les jeux vidéo. Sa première série, Shinobi life (シノビライフ 13 tomes entre 2007 et 2012), se déroule dans le Japon médiéval. Plus d’infos sur son blog officiel et son site officiel.

Lycéenne, Miu Kyûragi n’arrive jamais à se lever le matin. Son voisin, et ami, Haru doit toujours la réveiller, il lui propose une potion qu’il a fabriquée, la Cherry Soup. « T’inquiète, je l’ai déjà testée sur des plantes, des animaux et même sur moi. Tu vas voir, ça va te changer la vie… […] La potion fait son effet… Par contre, son psychisme a encore du mal à suivre… ».

Mais Miu est amoureuse de Kei Tôno et, par un concours de circonstances, il l’invite au cinéma voir un film d’horreur japonais. Miu doit être en forme ! Elle vole la fiole de Haru et boit tout ! La séance de cinéma et le contact avec Kei, d’habitude renfermé, se passent très bien, ils ont la même passion pour l’horreur sauf les zombies.

C’est pendant leur discussion, après le film, que Miu se rend compte que son cœur ne bat plus et qu’elle n’a plus de pouls… En fait, elle était tellement excitée qu’elle s’est violemment cognée la tête contre un poteau et elle n’a pas réalisé qu’elle se levait du lit de la morgue et pas de son lit pour aller au cinéma !

« Mais cacher mes sentiments… jusqu’à la mort… Est-ce une bonne chose pour moi ?! ».

Alors d’un côté, Miu doit cacher à Kei (et à tous) sa situation, et d’un autre côté il y a confrontation entre Haru et Kei. Ah, et il y a les autres filles qui sont amoureuses de Kei qui se mettent à harceler Miu… Ce manga pourrait sembler être un shôjo classique mais un shôjo horreur, ce n’est pas banal ! J’ai bien ri avec le chapitre bonus à la fin.

Ah, c’est une série courte, seulement 3 tomes, alors je veux bien connaître la suite !

Pour La BD de la semaine et les challenges BD, Jeunesse et Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8 et bien sûr Un mois au Japon.

Trois mangas shôjo parus chez Akata

Je regroupe dans ce billet trois premiers tomes de mangas shôjo (pour filles) que j’ai lus grâce à l’opération Reste chez toi avec un manga (un manga gratuit à lire en ligne chaque jour). Cette opération est proposée par Akata mais aussi par Glénat et Pika. Bien sûr, en mettant en ligne les premiers tomes, ces éditeurs espèrent que les lecteurs achèteront les tomes suivants. Je lirai sûrement une de ces trois séries !

Les trois mangas entrent dans les challenges BD, Jeunesse et Young Adult #9 et bien sûr Un mois au Japon.

Made in heaven 1 d’Ako Shimaki.

Akata, collection WTF?!, octobre 2018, 180 pages, 6,99 €, 978-2-36974-310-7. ぼくの輪廻 Boku no rinne (Shôgakukan, 2016) est traduit du japonais par Marie-Saskia Raynal.

Genres : manga, shôjo.

Ako Shimaki 嶋木あこ naît un 16 janvier à Chiba. De la même mangaka : Dingue de toi, Sous un rayon de lune, Secret girl, Le chemin des fleurs. J’avais déjà lu Sous un rayon de lune (qui parlait déjà de réincarnation).

Atsurô Nogi, 20 ans, est un apprenti mangaka. Son histoire courte, Le disciple de Kôbô Daishi, avec un côté sexy, a eu du succès (en fait, il a dessiné une histoire qu’il a rêvée). Mais, en sortant de chez son éditeur, une jeune femme vient à lui et lui dit qu’elle connaît cette histoire car ils se sont connus dans une vie antérieure : il était le moine Eiken et elle est l’héroïne du manga. Atsurô s’enfuit ! « La trouille !! Elle est flippante, cette nana !! […] Cet incident m’avait bien plus marqué que je ne le pensais ! ». Car, maintenant, il travaille sur une série hebdomadaire et il doit garder le rythme et la même qualité. Lorsque l’éditeur lui envoie un assistant pour l’aider dans son travail, c’est Kanade Murofushi qui se présente à sa porte et elle n’est autre que la jeune femme croisée précédemment ! En plus, elle a une poitrine énorme ! « Je n’arrive plus à dessiner ?! ». Tu m’étonnes, Atsurô est en pleine confusion ! Mais c’est sans compter sur son meilleur ami, Akira Renjô.

Flashback. Dans le passé, au Moyen-Âge en fait, maître Eiken a accepté qu’une jeune femme, dame Yaï, vive en secret à l’hermitage. « Mais cette montagne est interdite aux femmes. Je ne peux pas la laisser rester trop longtemps. ». C’est que Eiken a fait vœu de chasteté et qu’il veut rester pur pour servir Bouddha.

Vous l’avez compris, ce manga, qui est un shôjo un peu spécial, traite avec humour et modernité de la réincarnation. Mais aussi d’un dilemme : doit-on rester chaste à chaque nouvelle vie lorsqu’on a fait vœu d’abstinence une fois ?

Apparemment la série est en 7 tomes (le tome 7 en France est prévu pour juillet 2020) mais je ne pense pas lire la suite, je ne sais pas trop pourquoi…

Moving forward de Nagamu Nanaji.

Akata, mars 2017, 208 pages, 6,95 €, ISBN 978-2-36974-180-5. あるいとう Aruitô (2011), d’abord paru en épisode dans Margaret puis en volume chez Shûeisha, est traduit du japonais par Miyako Slocombe.

Genres : manga, shôjo.

Nagamu NANAJI ななじ眺 naît le 19 février 1976 dans la préfecture de Hyôgo. Du même auteur : Parfait Tic (パフェちっく! série commencée en 2000) et Koibana – L’amour malgré tout (コイバナ! 恋せよ花火 Koibana! – Koiseyo Hanabi série commencée en 2008).

Kobe, quartier de Kitano-chô. La narratrice, c’est Kuko Tamada, 15 ans ; elle vit avec son père. Elle se prépare pour la fête du lycée Shû avec son amie Ibu. Elle aime bien Outa Narumiya, un étudiant en art, qui peint mais qui est insatisfait et… mystérieux. Et puis, il y a son ami d’enfance, Kiyo (Kiyomori).

Mais un jeune homme antipathique, nouvellement arrivé dans le quartier, lui reproche son comportement : elle porte un vieillard sur son dos pour l’aider à monter la pente, elle grimpe à un poteau pour prendre le chat, Shiromi, en photo pour son blog et elle tombe. « Moi… Je suis forte ! Ça t’pose un problème ? – T’es vraiment pas mignonne, toi. »

Si elle sourit tout le temps, surtout pour faire plaisir aux autres, Kuko se rend compte que quelque chose de plus profond ne va pas, que son quotidien est bouleversé. Mais, moving forward, il faut continuer d’avancer, d’aller de l’avant !

Le dessin est plus orienté vers les paysages et les détails que vers les visages (par exemple le visage d’Ibu est parfois blanc tout simplement) mais c’est un joli shôjo qui traite du deuil et de la souffrance. Par contre la série est un peu longue, 11 tomes, série terminée au Japon. La mangaka étant passée à une nouvelle série : Banale à tout prix (つうの恋子ちゃん Futsuu no Koiko-chan). Pas mal mais je ne sais pas si j’aurai le courage de lire encore 10 tomes…

Ugly Princess 1 de Natsumi AIDA.

Akata, avril 2016, 200 pages, 6,95 €, ISBN 978-2-36974-078-7. 圏外プリンセス Kengai Princess (2014, Shûeisha) est traduit du japonais par Bruno Pham.

Genres : manga, shôjo.

Natsumi AIDA あいだ夏波 naît le 31 juillet 1978 dans la préfecture de Kanagawa. Après ses études universitaires, elle commence sa carrière avec des one-shots publiés dans le mensuel Margaret puis elle crée sa première série, Switch Girl !! スイッチガール!! (25 tomes !).

Voici commence ce manga : « Les êtres humains… sont tous égaux. Tu parles d’un mensonge !! Sur la scène, aux côtés d’une majorité de gens classes et sexy… Les moches sont défavorisés. C’est bien triste, mais cette réalité est irréfutable. »

Mito Meguro, 15 ans, en dernière année de collège, est le personnage principal de ce manga. Son nom signifie « belle personne aux yeux noirs » mais elle se trouve très moche (et les autres se moquent d’elle car ils la trouvent moche aussi). Heureusement, elle a quand même des amies : Kyo Harukawa (surnommée Haru) et Sakaé Tomaru (surnommée Maru). Elles sont toutes les trois fans du jeu Princess Paradise avec le beau Seiya. Mais « Pour être honnête… j’ai plein de rancœur enfouie en moi. ». Il faut dire que les ados de son collèges sont cons et cyniques…

Mais un jour, Kunimatsu prend sa défense et l’aide ! « Il est dans ma classe mais… on ne s’est jamais parlé. Alors pourquoi… il m’aide ? »

Mito vit dans ce que ces deux copines appellent « son mode sans frontière », elle angoisse beaucoup, elle pleurniche parfois mais elle imagine aussi plein de trucs qui ne fonctionnent jamais alors elle se trouve toujours nulle et moche. En fait, elle fantasme beaucoup et elle réfléchit trop !

Un shôjo bien dessiné et amusant qui sort de l’ordinaire avec son anti-héroïne qui est toute mimi en fait. Une série en 7 tomes (c’est raisonnable) que je lirai si je les trouve à la bibliothèque (quand les bibliothèques rouvriront !).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Éclat(s) d’âme 1 de Yûki Kamatani

Éclat(s) d’âme 1 de Yûki Kamatani.

Akata, collection Large, février 2018, 180 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-36974-273-9. しまなみ誰そ彼 Shimanami tasogare (Shôgakukan, 2015) est traduit du japonais par Aurélien Estager.

Genres : manga, seinen.

Yûki Kamatani 鎌谷 悠希 naît le 22 juin 1983 à Hiroshima. Elle commence sa carrière de mangaka en 2004 avec Nabari (隠の王 Nabari no Ô), un shônen surnaturel. Plus d’infos sur son blog et sa page Pixiv.

À cause d’une vidéo sur son téléphone, Tasuku Kaname est accusé par ses copains de classe d’être homosexuel. Heureusement, les vacances d’été commencent dans deux jours. Mais lorsqu’il voit une femme sauter par une fenêtre, il court appeler à l’aide ! Il découvre alors un Salon de discussion et la jeune femme ne s’est pas suicidée, elle est l’hôte de ce Salon de discussion et elle est spéciale. « J’aurais tout simplement pu leur dire qu’ils se trompaient… Mais je voulais tellement garder mon secret… ». Le lendemain, Tasuku retourne au Salon de discussion par curiosité mais il se met en colère. « Pourquoi ?! Quelqu’un peut m’expliquer… Pourquoi je dois supporter leur air dégoûté quand ils me regardent ?! Pourquoi je devrais me faire lyncher par ces connards ?! J’ai envie de mourir mais c’est plutôt eux qui devraient crever ! ». En fait, certains membres de ce Salon font partie de la communauté LGBT et Tasuku est embauché bénévolement par Le congrès des chats, une association qui réhabilite les maisons vides.

Être soi-même, le regard des autres, s’insérer dans la société, avoir du travail, et le plus important aux yeux des parents et des proches : se marier et avoir des enfants. Mais, et le droit à la différence ? Le droit d’être simplement heureux avec qui on aime ?

Il y a encore du chemin à faire ! Mais je trouve que, depuis quelques années, les mangas traitent de sujets actuels et essaient de faire bouger les mentalités (le handicap comme dans Perfect World de Rie Aruga, l’homosexualité ici, etc.). Ce premier tome, tout en subtilité, est bien dessiné, très agréable à lire et les personnages sont attachants, surtout Monsieur Tchaïko, un vieux monsieur qui écoute « Tchaïkovsky, bien sûr ! » d’où son surnom.

L’histoire se déroule dans la petite ville d’Onomichi 尾道市, dans la préfecture de Hiroshima. Il y a une jolie vue sur la mer d’un côté et sur la montagne avec un château médiéval de l’autre côté. « Onomichi est surtout connue pour ses rues escarpées, ses temples et ses chats. » C’est vrai qu’il y a des chats disséminés dans ce manga, en particulier au Salon de discussion.

La série est terminée en 4 tomes, c’est bien, ce n’est pas trop long, ça me donne envie de lire les trois tomes suivants.

Pour La BD de la semaine et le challenge BD, Jeunesse et Young Adult #9 et bien sûr Un mois au Japon. Et j’oubliais Animaux du monde alors que j’ai signalé les chats…

Plus de BD de la semaine chez Stéphie.