Challenge Jeunesse – Young adult #6

L’année dernière, je me suis inscrite au Challenge Jeunesse – Young adult #5 de Muti et je suis ravie de l’avoir honoré même si je suis restée dans la plus petite catégorie. Je me réinscris donc cette année pour le Challenge Jeunesse – Young adult #6. Il se déroule de la même façon, avec les mêmes catégories, du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017. Peut-être que je ferai mieux mais je préfère encore une fois m’inscrire dans la catégorie 1, Aux frontières du rêve, pour laquelle il faut lire au moins 10 livres. Et j’aime bien le nouveau logo, il fait printanier, de quoi passer la fin de l’automne et l’hiver calmement avec de chouettes lectures. 🙂

Mes lectures pour ce challenge

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Mon chat en vrac d’Archie Kimpton

MonChatEnVracMon chat en vrac d’Archie Kimpton.

Albin Michel Jeunesse, collection Witty, avril 2015, 326 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-226-31528-1. Jumblecat (2014) est traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec. Roman illustré par Kate Hindley.

Genres : littérature anglaise, littérature jeunesse, fantastique.

Archie Kimpton, diplômé de l’Université de Manchester en 1991, est l’auteur. Il vit dans le sud de Londres avec son épouse, leurs enfants et leur chat Doonican. Jumblecat est son premier roman.

Kate Hindley, diplômée de l’École d’Art de Falmouth en 2008, est l’illustratrice. Elle vit à Birmingham près d’une usine de chocolat (en fait, je ne sais pas si c’est une bonne chose pour qui aime le chocolat…). Elle a travaillé comme designer et se consacre maintenant à l’illustration de livres jeunesse. Ses illustrations sur son site officiel et sa page FB.

JumblecatDans la famille Chausson, Billy se sent de trop… Sa sœur jumelle, Mindy, est tellement différente de lui… Philippa, leur mère, déteste les animaux et en particulier les chats. Christopher, leur père, est livreur de lait. Dès qu’il le peut, Billy se réfugie au mont Tourneboule. « C’était son endroit préféré au monde. Nulle part ailleurs il ne se sentait plus heureux que dans les bois qui entouraient le mont Tourneboule (lequel n’était, en réalité, qu’une colline). » (p. 19). Ce jour-là, Billy sauve un chat… qui est tout en vrac et découvre que ce chat parle ! Mais il ne peut pas le garder chez lui alors il le laisse chez madame Mandiddy, la voisine de 94 ans. L’enfant et la vieille dame décident d’appeler l’animal Chat-en-Vrac et de le présenter à la « Foire mondiale des créatures curieuses et des animaux étranges » organisée par le colonel Charles Beauvrille. « Voici le vainqueur ! proclama-t-il. » (p. 112). Mais la famille Chausson voit tout ça d’un autre œil et le colonel veut absolument acheter le matou… « Tiens bon, Chat-en-Vrac, on arrive ! » (p. 175).

MoisAnglais2016-1Pauvre Billy ! Sa sœur et sa mère sont… hystériques et détestables ! Quant au colonel, il ne vaut pas mieux… Heureusement, son père et madame Mandiddy sont vraiment gentils… mais impuissants… quoique ! Et puis, il y a Chat-en-Vrac, un chat gourmand, capricieux et orgueilleux mais tellement original et génial : il chante « merveilleusement bien » lorsqu’il dort. Et c’est justement ça qui va le mettre en danger… Mon chat en vrac est un premier roman farfelu, foisonnant, drôle et enlevé, plein de rebondissements et d’aventure. Non seulement le lecteur ne s’ennuie pas une seconde mais en plus il rit – tout en réfléchissant (la famille, le mal-être, la vieillesse, la façon de traiter les animaux) – et il rit beaucoup ! Et si c’était plutôt le monde qui était en vrac ?

UnGenreParMoisDes mêmes auteurs : Comment devenir intelligent en mangeant du porridge paru chez le même éditeur et dans la même collection (d’ailleurs excellente collection) en avril 2016. Dès qu’il est disponible à la bibliothèque, je l’emprunte !

Ce roman lu pour le Mois anglais (29 juin : littérature enfantine ou adulescente) et Un genre par mois (en juin : littérature jeunesse ou young adult) entre dans d’autres challenges : Défi premier roman, Jeunesse – young adult, Littérature de l’imaginaire, Voisins Voisines sans oublier le Feel good car il est vraiment très plaisant à lire. 😉 J’hésite à le mettre dans British mysteries… (qu’en pensez-vous ?).

Chien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant

chien-pourri-parisChien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant.

L’école des loisirs, collection Mouche, 77 pages, 8 €, ISBN 978-2-211-22078-1.

Genres : littérature jeunesse, humour.

Colas Gutman, né le 2 juin 1972 à Paris, est l’auteur. Il a étudié le théâtre et il est aussi comédien. Il commence à écrire pour la jeunesse en 2006 et crée Chien Pourri en 2013.

Marc Boutavant, né en 1970 à Dijon, est l’illustrateur. Il a étudié à l’École des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est aussi auteur de la série Mouk et coauteur avec Emmanuel Guibert de la série Ariol (toutes deux adaptées en animation).

Chien Pourri et Chaplapla en ont marre de leur poubelle, ils voudraient « voir Paris : la Tour Eiffel, la Joconde… » (p. 8).

UnGenreParMoisLe Métropolichien, les Folies ménagères, et même des rats à l’opéra (bon, des petits rats !), Mona Lisa la voyante, et Louvre-Boîte : vous connaissez ? Et vous pourrez même laisser vos malheurs à Notre Drame de Paris ! « Mais parfois, les miracles ne sont pas ceux qu’on attend. » (p. 56).

Humour et jeux de mots sont au rendez-vous dans cette balade parisienne durant laquelle un gamin de Paris va retrouver sa maman et son papa grâce à Chien Pourri et à Chaplapla.

CJYA2015-2016Les autres tomes de la série : Chien Pourri (2013), Chien Pourri à la plage (2014), Chien Pourri à l’école (2014), Chien Pourri est amoureux (2015) et Chien Pourri à la ferme (2016).

En juin, le genre retenu par Iluze pour le challenge Un genre par mois est jeunesse (ou young adult) et j’en profite pour mettre justement cette lecture dans le challenge Jeunesse – Young adult.

4 romans de Benoît Broyart

BenoitBroyartBenoît Broyart est né en 1973 à Reims. Il a travaillé dans une librairie, a écrit des articles et des entretiens pour Le matricule des anges, a créé des textes pour des spectacles et se consacre à l’écriture (jeunesse). Il est membre de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

Plus d’infos et ses lectures sur son site et son blog ; et ses rendez-vous sur Les contes de la cabine.

ReineNuitBroyartLa reine de la nuit

Oskar, collection Court métrage, avril 2013, 80 pages, 5 €, ISBN 978-1-0214-0052-8.

« Oui, c’est vrai, la première fois que je suis allé au planétarium, j’ai cru qu’on s’était envolé pendant la séance. » (p. 5, première phrase du roman). Félix avait 4 ans. Maintenant c’est l’âge de sa petite sœur, Nadia, et il ne se gêne pas pour lui raconter tous les bobards possibles ! « Un ciel plein d’étoiles, c’est peut-être beau, mais c’est si impressionnant, l’infini. La Voie lactée, on se demande bien où ça s’arrête. C’est le problème. J’ai peur de voir se ramener un extraterrestre muni d’un aspirateur. » (p. 8). Félix a 11 ans et Mamy, son arrière-grand-mère, une veuve de 85 ans qui vit seule à la campagne, a un projet fou alors que Félix a la phobie des étoiles !

MagieNoireBroyartMagie noire

Sarbacane, mai 2011, 64 pages, 5 €, ISBN 978-2-84865-453-9.

Adrien, 14 ans, ne supporte pas la lumière. « La plupart des gens trouvent ça rassurant. Moi, la lumière me glace le sang et me paralyse. » (p. 8). Par contre « Dans le noir, je n’ai jamais peur. Je suis dans mon élément. » (p. 9). Il est amoureux de Marion, sa copine d’enfance, qui vit en face. « Nous partageons la même sensibilité, le même goût pour la folie et les précipices. Nous ne voyons pas la réalité comme tout le monde. » (p. 26). Un matin, une bonne nouvelle aux infos : « Dorénavant, nous tenterons de limiter tout gaspillage, notamment en interdisant d’allumer la nuit les enseignes des magasins et les éclairages publics des rues secondaires. » (p. 36). Adrien est fan de Moldoror et il y a des extraits des Chants de Moldoror de Lautréamont.

CavaleBroyartCavale

Oskar, collection Court métrage, mars 2012, 64 pages, 5 €, ISBN 978-2-35000-0857-8.

Paul rend visite à sa mère qui est dans une maison de santé à Reims. Vingt kilomètres en vélo ne lui font pas peur. « Les moments où elle se rappelle qui elle est, ma mère, faut s’en souvenir longtemps et s’y accrocher. » (p. 6). Mais la mère embarque son fils dans une aventure incroyable : elle vole la voiture du directeur et tous deux partent en cavale à Nice ! Pour la mère, qui était infirmière, c’est difficile de se retrouver de l’autre côté… « Il reste les belles images qu’on pourra pas m’enlever. Je me concentre pour pas les abîmer. Je les protège. » (p. 49).

SiTuSavaisBroyartSi tu savais

Oskar, collection Court métrage, mai 2012, 48 pages, 5 €, ISBN 978-2-3500-0892-9.

Un adolescent vole Corps et biens, un recueil de poésie de Robert Desnos, dans une librairie. « Je voulais écrire des poèmes qui ne seraient pas ridicules et j’avais besoin d’un modèle. » (p. 6). Tout ça, c’est à cause de la nouvelle élève, Anaïs… Le lendemain matin, en allant au lycée, il glisse un poème dans une enveloppe. « J’allais passer à l’acte aujourd’hui. Après, les dés seraient jetés. Je deviendrais un héros ou un raté. » (p. 19). « J’avais peur. Je me suis demandé comment j’avais pu être à ce point naïf. Devenir un grand poète en un soir, c’était forcément impossible. » (p. 25). Ma phrase préférée : « En lisant, j’ai compris que l’écriture avait le pouvoir de transformer les gens et que je ne redeviendrais jamais le petit tas de sable que j’avais été avant ma rencontre avec la poésie. » (p. 39).

Dans chacun de ses romans, l’auteur développe la relation entre un ado et une personne féminine de son entourage avec un petit truc en plus. Dans La reine de la nuit, c’est avec une petite sœur, une vieille dame et la folie (douce). Dans Magie noire, c’est avec une amie d’enfance, l’amour et la différence (univers gothique). Dans Cavale, c’est avec sa mère et la maladie (dépression). Dans Si tu savais, c’est avec une adolescente, l’amour contrarié et la poésie. Benoît Broyart traite toujours ses histoires avec humour et tendresse pour ses personnages. CJYA2015-2016Si on me demandait quel est le roman que je préfère parmi ces quatre que j’ai lus, je ne saurais répondre car ils sont vraiment tous réussis. Un auteur que j’ai découvert par hasard et que je conseille chaleureusement !

Je place ces 4 romans dans le challenge Jeunesse young adult.

Les trois pierres du Fâark de Stéphane Tamaillon

Ultramonde1Les trois pierres du Fâark de Stéphane Tamaillon.

Tome 1 de la série L’Ultramonde.

Seuil, mai 2015, 190 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-235-0484-2.

Genres : littérature jeunesse, aventure, steampunk.

Stéphane Tamaillon est né en 1970 à Montpellier mais il vit dans le Poitou où il est professeur et écrivain. Il a étudié les Beaux-Arts et l’Histoire. Son premier roman est paru en 2009 ; ont suivi une dizaine d’autres romans, destinés à la jeunesse, dont les séries Les enquêtes de Hector Krine et L’Ultramonde. Son genre de prédilection est la littérature de l’imaginaire : aventure, historique, policier, fantastique, science-fiction. Plus d’infos sur son blog, http://tamaillon.canalblog.com/, le site officiel étant inaccessible.

Octobre 1863, Paris. Mathilde et Louis Monet sont jumeaux ; ils ont 13 ans. Ils visitent le cabinet d’anatomie comparée du Jardin des plantes avec Bartholamé de Saint-Dié, un assistant de laboratoire qui courtise leur mère. « Le monde est cruel pour les rêveurs, elle ne le savait que trop bien. La soif d’aventures avait coûté la vie à son époux. » (p. 13). Effectivement, le père des jumeaux, un militaire, a disparu en Atlantique il y a cinq ans mais son corps n’a jamais été retrouvé. « Comment expliquer l’inexplicable ? Comment en convaincre les autres quand on peine à y croire soi-même ? De toute manière, Madame Monet n’aimait pas beaucoup les personnes à l’imaginaire trop fertile. Elle voyait cela comme une tare. Pourtant, cela n’avait pas toujours été le cas. Elle avait même follement aimé le plus grand des rêveurs. » (p. 30). Mais revenons à ce mois d’octobre 1863 car aujourd’hui à Meaux, Gaspard-Félix Tournachon, alias Nadar, va faire voler sa montgolfière, Géant, pour la Chine.

Ultramonde2Le lecteur découvre le Paris de la deuxième moitié du XIXe siècle, la vie parisienne, l’architecture métallique, et n’en déplaise à Madame Monet : le rêve et l’aventure ! Car Mathilde et Louis vont être embarqués à bord de L’Albatros, « le plus lourd que l’air » (p. 57) et découvrir sur une île de l’Atlantique « un monde inconnu et inhospitalier » (p. 147), l’Ultramonde. « Imaginez deux univers. Deux mondes proches mais totalement invisible l’un à l’autre. Comme des lignes parallèles qui jamais ne se croisent. » (p. 50). Dans ce monde, Nadar – en tant que possesseur de l’une des trois pierres du Fâark (un cristal représentant un esprit) – est un Archiviste. « Ils sont les gardiens de l’équilibre de notre univers. » (p. 117). Un univers parallèle donc, où vivent des hommes-singes, des dinosaures, des Dérailleurs, et même des personnalités de notre monde… normalement mortes comme Alexandre le Grand et son cheval Bucéphale ou Napoléon ! Ce premier tome est bien agréable à lire, dans un genre proche des histoires fantastiques et de science-fiction voire steampunk de Jules Verne ou d’Arthur Conan Doyle et la série L’Ultramonde semble vraiment prometteuse : vivement la suite ! Mais que vois-je ? Le tome 2, Les Dérailleurs, est paru le 3 mars ! Mathilde, Louis et Nadar seront à bord du Poséidon, en route pour l’Atlantide ! Parfait 🙂

Une excellente lecture pour les challenges Jeunesse young adult, Littérature de l’imaginaire et Vapeur et feuilles de thé.

Challenges

Les orphelines d’Abbey Road d’Audren

Pour ce premier billet (hors l’article de présentation) de La quinzaine de l’imaginaire avec Arieste, voici non pas un livre français mais quatre !

QuinzaineImaginaire2016

Les orphelines d’Abbey Road (4 tomes) d’Audren.

L’école des loisirs (voir les tomes ci-dessous).

Genres : littérature jeunesse, fantasy.

Audren naît le 1er septembre 1972 à Paris. Elle étudie les Lettres et les Arts plastiques. Elle vit entre les États-Unis et la France. D’abord compositrice et interprète de soul music (8 albums entre 1997 et 2015), elle est aussi romancière (36 livres jeunesse ou adultes depuis 2002). Elle se bat pour que la maladie de Lyme soit reconnue et traitée. Plus sur son FB et sur son site officiel.

OrphelinesAbbeyRoad1Tome 1 – Le Diable vert, L’école des loisirs, octobre 2012, 282 pages, 14,80 €, ISBN 978-2-211-20987-8.

Appleton, en Angleterre. Le Green Devil’s Manor sur Abbey Road est un ancien manoir transformé en orphelinat. Lady Aglaé Bartropp est la bienfaitrice. Chaque soir, à 20 heures, les filles doivent remercier Jésus et Lady Bartropp, et ne pas poser de questions car, selon les sœurs, « Dieu apportera la réponse à toutes vos questions. » (p. 10).

Dans ce premier tome, le lecteur fait connaissance avec le lieu, les orphelines et les sœurs. La narratrice est Joy, elle a 12 ans et ses parents – Tim et Sharon MacInley – ont disparu avec leur bateau près de l’île de Helm lorsqu’elle avait 6 ans. Elle tient le coup car elle espère les revoir un jour ; et puis il y a ses amies. Margarita, 13 ans, est l’aînée de l’orphelinat, elle a découvert des souterrains sous l’abbatiale. Prudence, 12 ans, est comme Margarita à l’orphelinat depuis toujours. Les filles ont décidé d’accéder à la crypte en cachette et de visiter les souterrains mais Prudence se comporte bizarrement depuis qu’elle y a été seule. « Une ombre angoissée. » (p. 85). Je ne dirais pas que ce roman est anticlérical mais les sœurs ne sont pas gentilles, elles sont même dures, elles n’ont pas dû bien comprendre ce qu’était la charité… De toute façon, les aventures que vont vivre les filles dans le monde d’Alvénir sont totalement différentes des histoires bibliques ou même des fictions qu’elles ont pu lire ! « Je lis, ma grande, je lis beaucoup. Grâce aux livres, j’ai vécu des centaines de vies d’exploratrice et d’aventurière. » (p. 73). « La loi, c’est la loi, on s’en fiche bien de qui la dicte… » (p. 170). Finalement les filles vont vivre par elle-même, elle vont devoir réfléchir, penser, se rendre compte de choses, elles vont apprendre, comprendre, grandir et mûrir.

OrphelinesAbbeyRoad2Tome 2 – Le monde d’Alvénir, L’école des loisirs, mars 2013, 300 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21347-9.

Lady Bartropp et Dawson Von Straten se sont mariés et Joy rend visite à Margarita au château de Sulham. Mais Eulalie, la sœur de Lady Bartropp est prisonnière dans le monde d’Alvénir. Les filles veulent alors y retourner et Lady Bartropp les accompagne mais elle perd la mémoire.

J’ai retrouvé avec plaisir Joy, Margarita, Prudence, Hope et les personnages des deux mondes. « Parfois on a juste besoin d’être heureux et de rire pour rien. » (p. 38). Les sœurs sont toujours aussi méchantes malgré les consignes de Lady Bartropp mais le monde d’Alvénir n’est pas tendre non plus ! Si le premier tome était celui de la découverte des deux mondes, de l’orphelinat et d’Alvénir, ce deuxième tome est plus intriguant et le lecteur fait connaissance avec de nouveaux personnages, en particulier Alonn, un Almour de 17 ans aux yeux violets. Alvénir est « un monde invraisemblable, incompréhensible. » (p. 92) et les filles devront résoudre trois épreuves : calambrer, désarmer le temps et ajouter une perle au collier sacré mais « Le Temps n’a jamais eu d’amis. Tout le monde se plaint du Temps, du temps qui passe. Vous connaissez la rengaine, n’est-ce pas ? » (p. 168). Palpitant !

OrphelinesAbbeyRoad3Tome 3 – Les lumières du passé, L’école des loisirs, octobre 2013, 302 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21444-5.

Joy et ses amies sont de retour à Abbey Road mais les orphelines et les sœurs ressemblent à des fantômes pétrifiés. « Les pensionnaires de l’orphelinat étaient assises dans l’abbatiale. Elles avaient le même regard vide et perdu. Elles semblaient ne plus nous entendre. » (p. 15). Joy, Margarita, June et Prudence doivent retourner dans le monde d’Alvénir pour découvrir ce que manigance le Diable Vert. « Il doit planifier un retour en Alvénir… Une nouvelle révolution… Je le sens. Il est rancunier. Il faut absolument l’empêcher de nuire. » (p. 58). Et ramener de chez les Mogadors l’antidote : l’elixir d’Alchiminott. Mais le monde d’Alvénir est à chaque fois différent, le présent, le passé ? « Ici, l’aventure est partout, Mauk ! Partout ! » (p. 215).

Encore un très bon tome dans lequel le lecteur retrouve avec plaisir les personnages des deux mondes et en rencontre de nouveaux. Ce tome est encore plus profond car les orphelines vont comprendre que la population réagit selon la façon dont elle est bien ou mal gouvernée, et que le passé éclaire le présent. Au fur et à mesure qu’elles mûrissent, les filles prennent de l’épaisseur et deviennent de plus en plus intéressantes.

OrphelinesAbbeyRoad4Tome 4 – L’invasion des Mogadors, L’école des loisirs, mai 2014, 292 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21616-6.

Tous ceux qui ont été contaminés sont en quarantaine à l’hôpital. Joy, Ginger, Prudence sont en famille d’accueil et Margarita avec ses domestiques. Joy repart dans le monde d’Alvénir : elle a promis de soigner Alonn de la maladie d’Almour. Mauk, seul, l’attend à l’orphelinat. « J’avais choisi malgré moi deux amours impossibles. » (p. 47). Heureusement, ses amis peuvent l’y rejoindre. « Ginger incarnait la volonté et la certitude qui nous manquaient pour transformer nos rêves en réalité. » (p. 87). Tous devront déjouer les plans du Diable Vert qui veut s’installer dans le monde des humains et régner sur le Green Devil’s Manor.

LitteratureImaginaire2016« J’avais réfléchi. Je comprenais la révolte des Mogadors. Je comprenais leurs difficultés, leurs aspirations, leur désir d’indépendance. Je savais que le gouvernement d’Alvénir n’était pas toujours juste […] Je commençais à saisir précisément ce qui motivait les uns, ce qui révoltait les autres […] » (p. 154) et « Ce voyage m’ouvrait l’esprit sur les intérêts des uns et des autres, les rouages d’un gouvernement, l’amour et ses surprises. » (p. 205). Dans la continuité des tomes précédents, les orphelines réfléchissent, pensent, comprennent qu’il est bon de connaître plusieurs points de vue, de les confronter et de les analyser pour grandir, pour faire le bon choix, pour devenir des adultes intelligents et sincères.

Les orphelines d’Abbey Road est plus qu’une série pour la jeunesse, elle ouvre l’esprit, elle permet de grandir, de voir au-delà de son petit univers.

CJYA2015-2016Je laisse le mot de la fin à Joy. « Nous avions tous pris beaucoup d’assurance au cours de nos voyages. Nous connaissions désormais la contestation, le refus, l’opposition et nous nous autorisions à répondre sans crainte aux adultes. Nous n’avions rien à perdre à exprimer nos pensées. Bien au contraire. Je regrettai de ne pas avoir eu conscience de cela plus tôt. » (p. 27).

Une excellente série pour les challenges Littérature Jeunesse Young Adult, Littérature de l’imaginaire et la Quinzaine de l’imaginaire.

L’étoile de Noël de Michel Piquemal

EtoileNoelL’étoile de Noël de Michel Piquemal.

Casterman Romans [lien], collection Benjamin, novembre 2003, 35 pages, ISBN 2-203-12804-6.

Genres : littérature jeunesse, roman illustré.

Michel Piquemal naît le 17 décembre 1954 à Béziers dans l’Hérault. Après avoir étudié les Lettres et les sciences de l’éducation, il devient instituteur. Son premier roman paraît en 1988 et il se consacre depuis à l’écriture : plus de 200 histoires et de nombreux prix ! Plus d’infos sur http://www.michelpiquemal.com/.

ChristmasTime2015-2Londres, Noël 1892. Jonathan Finn, orphelin, erre « seul dans les rues de la grande ville » (p. 7). Il est triste mais il n’est pas « le seul gamin des rues loqueteux dans cette Angleterre de misère… » (p. 8). Alors qu’il pleure sur un banc, un vieux monsieur s’approche de lui. « Je suis un magicien, petit homme… et je vais te faire un cadeau comme personne n’en a jamais eu. » (p. 17). Le vieil homme lui offre alors une étoile dans le ciel : « Ce sera ta bonne étoile. Elle te portera chance. Elle t’amènera l’amitié, l’amour, la bonne fortune… Elle te réchauffera lorsque tu auras froid la nuit. Elle te guidera lorsque tu seras perdu… » (p. 18). L’enfant reçoit même un titre de propriété sur cet astéroïde 253 !

CJYA2015-2016L’étoile de Noël est un court roman en quatre chapitres agréablement illustré par Martin Matje (1962-2004). C’est une jolie histoire pleine d’espoir, d’amitié et de générosité : c’est la magie de Noël ! L’édition originale date de 1995 et apparemment le conte est devenu un album illustré en 2012.

AYIE-Aspho1Une petite lecture pour le challenge Christmas Time que je mets aussi dans le challenge Jeunesse / young adult #5 puisque c’est un roman que j’ai lu et A year in England puisque l’histoire se déroule en Angleterre à la fin du XIXe siècle.