L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen

L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même d’Élise Fontenaille et Sandrine Thommen.

Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, octobre 2018, 30 pages, 13 €, ISBN 978-2-07509-538-9.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, album illustré.

Élise Fontenaille naît le 10 août 1960 (tiens, j’avais noté 1962 précédemment) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Elle étudie la sociologie et l’ethnologie à Bordeaux puis à Toulouse. Elle devient journaliste à Paris puis vit pendant 2 ans à Vancouver au Canada en tant qu’attachée de presse au consulat de France. Elle écrit ensuite plusieurs romans (plutôt jeunesse), reçoit plusieurs prix littéraires et travaille aussi pour des magazines d’actualités. J’ai déjà lu cette autrice avec, entre autres, L’été à Pékin.

Sandrine Thommen, née dans les Cévennes, étudie à l’École Estienne à Paris puis à l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg. Elle est illustratrice, vit à Paris et s’intéresse au Japon. Elle a plusieurs fois exposé ses œuvres (en France et au Japon). La suivre sur son Instagram et voir ses illustrations sur son site officiel et sur Etsy.com.

Résumé de l’éditeur (site et 4e de couv’) : « Il était une fois un chat extraordinaire, et ce chat, c’est moi ! Je vivais à Mossoul chez ma maîtresse, Samarkand, et je ronronnais à longueur de journée : le chat le plus heureux du monde ! Mais un jour, les hommes en noir ont envahi la ville. Nous nous sommes enfuis, nous avons traversé des frontières et moi, pour la première fois, j’ai vu la neige et la mer. Oui mais voilà : je me suis perdu ! Et bien croyez-moi ou pas : c’est très loin tout au nord que j’ai retrouvé ma famille. De l’Irak à la Norvège, ça en fait un bout de chemin, mais c’est ce qui s’est vraiment passé ! Et moi je suis toujours le chat le plus heureux du monde ! »

Habibi (un chat angora blanc) vit avec ses humaines (la mère, Samarkand, et ses quatre filles, Zora, Lamia, Fatima et Zineb) dans une magnifique maison « un vrai palais pour un chat » (p. 7) avec un magnifique jardin et de beaux arbres, le « paradis des chats » (p. 7). Parfois de jolies minettes passent et il leur offre « des criquets, bien croquants sous la dent » (p. 7). Vous imaginez donc très bien que Habibi (qui signifie ‘mon chéri’) est effectivement le plus heureux des chats !

Mais lorsque des hommes en noir arrivent en ville et interdisent aux filles d’aller à l’école (un comble, Sarmarkand était tout de même institutrice !), entre autres choses, la mère (veuve depuis 3 ans) décide de partir en pleine nuit avec ses filles, sans prévenir personne et sans rien emmener que Habibi bien sûr. Avant de partir, Samarkand caresse les arbres du jardin en pleurant, Habibi aussi, « c’est la première fois que je quittais ma maison et mon jardin : mon royaume. » (p. 8). J’ai ressenti toute la tristesse de cette situation.

Heureusement tout ce petit monde est en voiture grâce à Mushin, chauffeur et ami de la famille, et peut traverser l’Irak (une petite partie) et la Turquie sans encombres (ce qui n’est pas toujours le cas). Le groupe arrive bien sur l’île de Lesbos (Grèce) mais Habibi sort de son panier, il aimerait bien une petite souris, c’est un poisson qu’il ramène mais sa famille n’est plus là : elles sont parties grâce à une association humanitaire en demandant bien à Hannah (une des membres) de chercher Habibi et d’en prendre soin.

Sur le port, Habibi est rejeté par les autres chats, il est un étranger, il ne va pas voler leurs poissons quand même ! Il se réfugie dans la forêt… Lorsque Hannah retrouve Habibi, c’est trop tard, sa famille est déjà partie, alors elle le garde un mois (cure de sardines !) puis le confie « à son ami Thomas, un jeune médecin qui rentrait en Allemagne » (p. 21) à Berlin. Heureusement Samarkand avait déposé un message sur le site de l’association humanitaire. Direction Bergen, en Norvège, sous la neige, de nouvelles aventures pour Habibi !

Cette histoire, joliment racontée par Habibi lui-même peut sembler un conte moderne mais c’est une histoire vraie qui s’est déroulée en 2015. Habibi coule des jours heureux, câliné par ses humaines et par les clients du petit restaurant que Samarkand a ouvert. « Je dédie cette histoire au peuple irakien, à son courage formidable, en particulier aux femmes et aux enfants, et bien sûr, à mes amis les chats, du monde entier. » (l’autrice, p. 29). Si l’Irak et le peuple irakien vous intéressent, je vous conseille la lecture de Que sur toi se lamente le Tigre d’Émilienne Malfatto, un premier roman grandiose mais dramatique… Les illustrations de Sandrine Thommen sont très belles, soit en pleine page (il y en a même 3 en double page) soit sur la page de texte et elles accompagnent parfaitement le texte. En fin de volume, il y a une carte qui montre le périple de Habibi (dommage, il n’y a pas le nombre de kilomètres parcourus). Ce très bel album illustré a reçu le Prix Dé’Lire 2022.

L’âge préconisé par l’éditeur est entre 6 et 9 ans : cet album est vraiment pour faire comprendre aux jeunes enfants le sort des migrants, à travers les yeux d’un chat, et leur apprendre l’empathie et la solidarité. Les adultes peuvent évidemment aussi être touchés (et pas seulement ceux qui aiment les chats) parce que Mossoul, c’est ‘simplement’ une ville détruite que l’ont voit (voyait) aux infos.

Ils l’ont lu : Audrey de Light & Smell, Céline de Charthémiss, Julien de Mangeur de livres, d’autres ?

Pour les challenges Jeunesse young adult #11, L’été lisons l’Asie (MENU DE SEPTEMBRE : MÉMOIRES D’ASIE = lire un livre historique, une saga familiale, un livre avec un vêtement traditionnel sur la couverture, une biographie ou un témoignage, nous avons ici une histoire vraie irakienne, une histoire familiale, à la fois biographie et témoignage), Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Mossoul) et Les textes courts.

Lignes de Jacques Arragon

Lignes de Jacques Arragon.

Éditions Courtes et longues, octobre 2016, 258 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-35290-172-3.

Genres : littérature française, premier roman, littérature jeunesse, science-fiction.

Jacques Arragon… Peu d’infos… Cet ingénieur à la retraite délivre avec Lignes son premier roman qu’il a écrit pour le plaisir. Eh bien, heureusement qu’il a été publié, une incroyable réussite !

Philibert Jacquemin voulait devenir jardinier comme son père mais il a fait des études et il est devenu connecticien, c’est-à-dire qu’il a posé « des lignes. Des lignes de téléphone. Des milliers de kilomètres. Sur des poteaux, dans des tuyaux. […] un câble de fibres optiques au fond de l’océan indien entre Madagascar et l’île de la Réunion. » (p. 6). Mais, plus besoin de connectique, maintenant tout passe par les ondes et il est viré… Il a été généreusement indemnisé alors il va manger, pour la première fois de sa vie, dans un excellent restaurant et il se rend compte qu’il a toujours son passe électronique ! Que vont-ils devenir tous ces fils devenus inutiles et non biodégradables, hein ? « Il faudrait aller voir… » (p. 9). Alors, il y va, « un central pas loin, souterrain, à l’abri des bombes. Même atomiques. […] dans un immeuble avec une serrure à passe. Personne ne sait que, derrière, on entre dans un autre immeuble de seize étages souterrains pleins de fils qui se croisent dans des ordinateurs […]. » (p. 10). On y va ? « Dingue. Le système ne sert plus à rien. Rien du tout. Et il fonctionne. Parfaitement. » (p. 12).

Mais Philibert a peur d’être découvert. Alors, pendant son temps libre, il travaille au Potager du roi à Versailles sous la direction du Professeur du centre. Désherber ronces, orties… qui enveloppent les racines des arbres, comme du plastique, du polymère, du cuivre ! Et il a une discussion (je sais, c’est surréaliste) avec des oiseaux (un rouge-gorge et un corbeau) qui l’aident à se délivrer des ronces et l’éclairent sur les dangers de toute cette connectique de fils dans le monde entier.

Il découvre la Vésistance, la Résistance végétale, et se retrouve promu « fonctionnaire international employé par l’IMRA, l’Institut mondial de la recherche agricole » (p. 63) mais les oiseaux et sa jeune guide auvergnate lui ont bien dit de se méfier de tout le monde y compris de ceux qui disent faire partie de la Vésistance car il y a des humains qui trahissent en espérant survivre lorsque le végétal aura pris possession de tout. Un genre de paniers de crabes avec de riches industriels, des scientifiques, des gouvernements…

« Nous allons devenir les maîtres du monde végétal. Le végétal est la trace que laisse l’énergie solaire sur notre planète. C’est en fait la seule forme d’énergie stockable que nous connaissions et qui soit également renouvelable. C’est aussi la seule nourriture. Sans végétaux, pas d’animaux, rien, le désert. Par contre, si on exploite les végétaux au maximum de leurs possibilités en les mettant dans des conditions idéales, on obtient d’eux des miracles de fécondité, de richesse nutritive, de résistance. C’est génial, les végétaux ! Et nous pourrons apprendre d’eux leur chimie fantastique dont nous ne connaissons encore pratiquement rien et qui nous servira à fabriquer des matières encore inconnues aujourd’hui. Des textiles, des aliments, des matériaux de construction, des parfums, je ne sais pas, moi… Toute une nouvelle industrie, de nouveaux produits. Nous serons riches, nous aurons le monde à nos pieds. Nous serons les nouveaux dieux ! » (p. 116-117). Cet extrait résume tout le propos du roman, ce beau programme semble écologique mais pas du tout respectueux ni du monde végétal ni du reste d’ailleurs. Notons bien les mots ‘maîtres’, ‘exploite’, ‘nouvelle industrie’, ‘nouveaux produits’, ‘riches’, ‘dieux’… Et plus loin, ça parle de guerre, de monopole, de pouvoir absolu… La totale ! Les humains sont mal barrés et en même temps, la planète avec la faune, la flore, l’eau, l’air…

Mais, heureusement il y a des oiseaux, des singes, des dauphins, des séquoias…

Franchement, je vais vous dire pourquoi j’ai lu ce livre. Il me fallait un livre pour le Challenge lecture 2022 (catégorie 47, un livre dont le titre sur la couverture est écrit à la verticale) et, en me baladant dans les rayons, je vois Lignes écrit à la verticale, parfait, je ne connais ni l’auteur ni la maison d’éditions mais c’est l’occasion de découvrir, n’est-ce pas ?

Et surtout d’avoir une très belle surprise car Lignes est un roman comme je n’en ai encore jamais lu ! Un premier roman en plus ! De l’ingéniosité, des questionnements et des réponses (en temps voulu), des surprises et des rebondissements, de l’humour aussi, et une fin du monde telle qu’on ne l’attendait pas dans un roman très vivant, touffu même (sans jeu de mot avec la végétation !). Philibert est un genre d’anti-héros mais pas un faire-valoir, il subit certains événements qui lui échappent mais il fait tout pour s’en sortir et pour sauver la planète et l’humanité : oui, c’est possible de sauver les deux, c’est génial, mais attention y a du boulot, il va falloir se battre (et être du bon côté) ! C’est inventif, passionnant, drôle, rocambolesque même, un roman à mettre entre toutes les mains même si l’éditeur le désigne comme un roman jeunesse (pour les ados). Un auteur à suivre !

Je le mets aussi dans Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 22, un livre jeunesse, young adult, 3e billet), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, ici c’est politique et écologique) et S4F3 2022.

Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill

Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill.

Bliss, février 2020, 72 pages, 15 €, ISBN 978-2-37578-210-1. The Tea Dragon Society (2017) est traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Célia Joseph.

Genres : bande dessinée néo-zélandaise, littérature jeunesse, fantasy.

Katie O’Neill – qui préfère qu’on l’appelle Kay – est une autrice et illustratrice néo-zélandaise. Quelques infos et bibliographie sur le site de son éditeur original, Oni Press et son site officiel. Après The Tea Dragon Society suivent The Tea Dragon Festival et The Tea Dragon Tapestry et les 3 tomes sont parus dans un beau coffret. Il y a aussi Princesse Princesse paru en mai 2020.

Greta, une gobeline, est apprentie forgeron mais elle a parfois du mal à écouter ce que sa maman lui dit sur les épées et leur fabrication… « Maman… on utilise encore des épées ? Je pensais qu’elle n’apparaissaient que dans des histoires. […] – Est-ce une manière de me dire que tu n’es pas intéressée par la ferronnerie ? » (p. 9). Mais Greta travaille assidûment pour satisfaire ses parents et elle a « noué [un] pacte avec Brick alors que [elle n’avait] que six ans. » (p. 10). Brick est une petite créature noire qui ressemble à un chat.

Un jour, en rentrant du marché, Greta découvre une étrange créature verte attaquée par deux loups noirs affamés. Elle leur donne la viande qu’elle vient d’acheter et soigne la créature. C’est un petit dragon qui appartient à Hesekiel qui « tient un magasin de thé à la sortie de la ville. » (p. 13). Elle s’appelle Jasmine et elle est une ‘dragon-thé’, elle porte des bois sur sa tête et des feuilles y poussent mais elles sont rares et il faut les cueillir progressivement pour faire un thé unique.

Hesekiel propose à Greta de revenir voir Jasmine quand elle veut et Greta rencontre Minette qui s’occupe de Camomille, un bébé dragon-thé. Mais Greta continue sa formation d’apprentie forgeron. Lorsque la fillette retourne à la maison de thé un mois après, elle rencontre Erik qui lui présente les différents dragons-thé dont il s’occupe.

Il y avait un Cercle du Dragon-Thé avant mais Hesekiel et Erik sont les deux derniers membres…

Ce Cercle du Dragon-Thé est une belle histoire de confiance et d’amitié, toute en douceur, en délicatesse, et richement illustrée (c’est presque de l’art naïf). Elle court sur les 4 saisons, printemps, été, automne, hiver, avec un épilogue. C’est tendre, c’est poétique, c’est magique. Vous l’avez sûrement deviné, l’autrice aime le thé, les petites créatures et elle veut parler du savoir-faire, des traditions, de la transmission aux jeunes générations, des choses qu’il ne faut pas oublier et qu’il faut perpétuer. Et puis, quelques mots à propos de la diversité des personnages, certains sont de couleur, certains sont LGBT, certains sont handicapés (fauteuil, amnésie) pour montrer aux jeunes (le lectorat ciblé) la tolérance et la bienveillance non seulement envers les créatures mais aussi les humains.

En fin de volume, le Cercle est réuni dans une illustration (ronde) pleine page puis une autre double page, c’est vraiment magnifique et il y a des extraits du Guide des dragons-thé au cas où on en rencontre un et où il faudrait en prendre soin (tenez-vous prêts !).

Je me note les différents dragons-thé pour ne pas les oublier et j’espère les retrouver dans les volumes suivants, Jasmin, Rooibos, Camomille, Ginseng, Earl Grey, Hibiscus, Gingembre, Peppermint. Ils mesurent entre 35 et 50 cm et pèsent entre 5 et 10 kg. Ils sont tous très mignons, surtout Hibiscus qui est tout rond (il aime beaucoup manger, lui pèse 12 kg).

Petite erreur… « Je suis heureuse que tu tu veuilles apprendre. » (p. 10, en haut à gauche).

Cette bande dessinée a reçu le Eisner Award de la meilleure bande dessinée jeunesse (9-12 ans) et le Eisner Award du meilleur webcomic en 2018 et c’est largement mérité.

Une dernière bande dessinée pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) avant la pause estivale mais je continue souvent de publier en juillet et août, que je mets aussi dans les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 22, un livre jeunesse, 2e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 55, un livre qui contient un personnage LGBTQ+), Contes et légendes (dragons et autres créatures), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Dragon), Shiny Summer Challenge (menu 3 – Sable chaud, sous menu 1 – Château de sable = romans graphiques, bandes dessinées), Les textes courts et Le tour du monde en 80 livres (Nouvelle-Zélande).

Un chat dans la gorge d’Émilie Chazerand et Amandine Piu

Un chat dans la gorge d’Émilie Chazerand, Amandine Piu et Carole Bellanger.

Benjamins Media, collection livre avec CD, avril 2020, 48 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-37515-072-6.

Genres : littérature jeunesse, album illustré franco-italien.

Émilie Chazerand naît en 1983 à Strasbourg où elle vit. Elle aime la lecture depuis l’enfance. Elle devient infirmière mais écrit des histoires. Plus d’infos sur son site officiel sur lequel elle se présente comme « Alsacienne. Malentendante. Synesthète. Maman. Outsider. Autrice. ».

Amandine Piu, dont le surnom est Piu Piu, naît en 1982 en Sardaigne (Italie). Elle étudie la communication visuelle à Lyon puis l’illustration à l’École des Arts décoratifs à Strasbourg. Plus d’infos sur son site officiel.

Carole Bellanger est comédienne. Un chat dans la gorge est sa première expérience d’interprétation d’une histoire. J’ai beaucoup aimé sa voix.

Au village, tout le monde apprécie Cécile Schneck, toujours bonjour, merci, un mot gentil pour les bébés ou les pépés. Mais, en fait c’est « une femme méchante, au cœur sec […] très hypocrite. » (p. 7). Son mari et ses deux enfants doivent supporter ses récriminations contre tout le monde mais ils n’y font plus attention. Par contre « Raymond, le chat maigrichon de la maison » (p. 15) aimerait être tranquille d’autant plus que parfois elle s’en prend à lui. Il a une idée lumineuse.

Vous allez comprendre ce que signifie ‘avoir un chat dans la gorge’ et ‘donner sa langue au chat’ !

Un CD d’une quinzaine de minutes accompagne le livre, il est intéressant à écouter car, en plus de la lecture agréable de Carole Bellanger, il y a des bruitages et de la musique (plutôt yiddish) de Malcolm Laws et Nainita Desai.

Voici donc un très joli album illustré avec une histoire amusante qui fait réfléchir.

Je le mets dans Jeunesse young adult #11, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Les textes courts 2022, Un genre par mois (en mai, c’est jeunesse, albums illustrés) et Une semaine en Italie pour Amandine Piu.

Moka par Anne Mahler

Moka fête Noël et Moka part au ski ! d’Anne Mahler.

2021, 20 pages chacun.

Genres : littérature française, jeunesse, albums illustrés.

Anne Mahler naît à Colmar (Alsace) et étudie les arts visuels à Strasbourg puis l’illustration à Nantes. Elle est illustratrice jeunesse pour plusieurs maisons d’éditions (Epsilon, Gründ, Les Minots, Père Fouettard, Petite Fripouille, Pour Penser, Retz…) depuis une dizaine d’années. Elle aime la nature, les animaux, le bien-être et s’intéresse à la prématurité. Plus d’infos sur son blog, qui n’est plus mis à jour depuis juin 2021 car elle préfère communiquer avec sa page FB, son compte Instagram et SoEasy sa chaîne YouTube.

J’ai pu lire deux albums illustrés : Moka fête Noël (tome 4) et Moka part au ski ! (tome 5) mais il existe aussi Moka rentre à l’école, Moka est en vacances, Moka est malade. Ils sont distribués par le réseau de pharmacies Pharm-UPP.

Moka fête Noël – Noël, c’est excitant, impossible de dormir ! La famille est réunie, on mange bien et il y a les cadeaux. Moka est impatiente, son grand frère Gino aussi mais il ne faut pas manger au point de se rendre malade.

Moka part au ski ! – Pour les vacances d’hiver, Moka part au ski avec ses parents et son grand frère Gino, c’est la première fois alors elle doit prendre des leçons et faire attention de bien se protéger du froid et du soleil (yeux, lèvres).

Ce sont des petits livres carrés, amusants et joliment illustrés qui montrent aux enfants qu’il faut prendre soin de soi et de sa famille. Voilà, c’est tout simple et mignon.

Pour Jeunesse young adult #11 et Les textes courts.

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Le jeudi, c’est musée/expo #33 – Coink, en avant la musique !

Je voulais absolument vous montrer cette expo Coink, en avant la musique ! de Lionel Le Néouanic (visible en février-mars 2022), mes photos ci-dessous.

Coink, en avant la musique ! paru au Rouergue en octobre 2017, 144 pages, 19 €, ISBN 978-2-8126-1481-1.

Genres : littérature jeunesse, album illustré, beau livre, Art.

Lionel Le Néouanic naît en 1964 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Il est auteur et illustrateur de livres jeunesse et aussi artiste (plasticien, graphiste, musicien). Il vit dans la Drôme.

J’aime sa façon d’utiliser toutes sortes de matériaux (pâte à modeler, ficelles, bois, pierre, papiers, métaux même rouillés, etc.) pour en faire de l’art, de beaux objets. Et vous ?

Plus d’infos sur son site officiel sur lequel vous pouvez découvrir ses livres publiés, sur sa page FB et vous pouvez voir plusieurs vidéos sur internet.

Coink, en avant la musique !, c’est donc un livre mais aussi des objets d’art, une expo, le thème de la musique donc je mets tout ça dans les challenges Adaptations littéraires, Jeunesse young adult #11 et Petit Bac 2022 (catégorie Art pour Musique).

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO.

Glénat, septembre 2013, 208 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-72349-192-1. D.Gray-Man ディー.グレイマン (2004, Shûeisha) est traduit du japonais par Karine Rupp-Stanko.

Genres : manga, shônen, fantastique.

Katsura HOSHINO 星野・桂 naît le 21 avril 1980 au nord d’Osaka, dans la préfecture de Shiga. Elle souhaite d’abord devenir animatrice en animation et s’installe à Tôkyô mais ça ne lui convient pas et elle se lance dans le manga avec deux one-shots, Continue et Zone, puis commence la série D.Gray-Man.

Europe, fin d’un XIXe siècle imaginaire. Moore Hesse, jeune policière, et son collègue entrent dans une église que les habitants jugent maudite car de nombreuses personnes y disparaissent depuis deux ans. Elle y découvre un chat, une nuée de chauve-souris et un jeune voyageur, Allen Walker, qui dit être arrivé le matin et que le chat a avalé quelque chose qui lui est cher. Mais son collègue est tué par un akuma (diable, démon, esprit maléfique) qui « Plus il commet de meurtres, plus il devient fort. » (p. 24).

Allen est en fait un exorciste, un ecclésiastique chasseur d’akuma ; s’il est en Angleterre, c’est à la demande de son maître, le père Cross Marian, et il doit se rendre au quartier général des exorcistes, la Congrégation de l’Ombre. Mais il rencontre un enfant, Jean ; son père est chercheur au Vatican et il connaît les akuma ; il veut devenir lui aussi chercheur pour créer une arme qui les détruira d’un coup. Mais son meilleur ami, Léo, qui vient de perdre sa mère, n’est plus lui-même… « La progression des akuma est en marche. La fin des temps approche ! » (le Comte millénaire, p. 127)

Quelle lecture ! Au début, je me suis dit, bon, encore un shônen avec des jeunes qui sauvent le monde mais c’est rondement bien mené et super bien dessiné ! Mais dans ce shônen dark fantasy, tout est réussi, les personnages, les décors, l’histoire, le passé d’Allen, la prophétie, l’Innocence. Et puis c’est plutôt rare qu’une femme dessine et écrive un shônen, en plus d’une telle qualité. Je vous le conseille ! Et j’aimerais beaucoup lire la suite mais que vois-je ? 27 tomes, série encore en cours ! Oh la la…

En tout cas, D.Gray-Man a été adapté en animation, en jeu vidéo, en roman et même en jeu de cartes. C’est pourquoi je vais le mettre dans le challenge Adaptations littéraires.

Et aussi dans La BD de la semaine, BD 2022, Contes et légendes 2022, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et bien sûr dans Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2007, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-915513-52-3. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la colline – Une jeune femme revient sur le lieu de son enfance, une colline où elle avait rencontré une déesse minuscule qui n’avait apparemment aucun pouvoir. « Je ne comprends toujours pas… – Moi non plus. » Mais elle n’a pas pu voir le printemps arriver avec la petite déesse car elle a déménagé avec sa mère… La déesse était-elle un rêve ?

Le cerisier électrique – « On dit qu’il existe plus de huit millions de divinités au Japon. » Mitsuki se rend au cerisier pour voir Sakura la déesse mais celle-ci est avec la déesse de la colline (de l’histoire précédente) et une autre déesse, celle des lignes électriques, fait irruption. Et celle-ci a vraiment un comportement… électrique !

Shimashima au pays des déesses – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans la 3e histoire du 1er tome. Les trois déesses (rencontrées dans les deux histoires précédentes) sont mécontentes car il a une pierre sacrée autour du cou (elle lui a été offerte par Miyako). Pourront-elles renvoyer Shimashima dans son monde (c’est-à-dire celui des humains) ?

Après avoir relu récemment le premier tome de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent, j’ai eu très envie de relire ce deuxième tome, en plus en avril il y a deux challenges japonais, Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Je lirai le tome 3 durant le mois d’avril.

Comme pour le premier tome, c’est très beau, doux (couleurs pastels), vraiment poétique, un peu énigmatique, parfois amusant, toujours tendre. Sans hésitation, pour tous les lecteurs, petits et grands. Les lecteurs retrouvent les fillettes, les chats et la pierre bleue à travers ces trois contes plein de magie et de merveilleux.

J’ai oublié de donner mon lien pour La BD de la semaine… Mais, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur).

Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki

Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, septembre 2006, 112 pages, 11,10 €, ISBN 2-915513-27-9. カミサマ – ルーシーは猫の中 Kamisama –Rûshî wa neko no naka (2006) est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture.

Lucy, dans le ventre du chat – Lucy va se promener mais doit rentrer avant l’heure du dîner. Sur le chemin, elle voit un chien qui se tient sur ses pattes arrières et qui l’appelle « Mademoiselle ! ». Il l’emmène dans un champ de fleurs comestibles où vit un chat géant qui avale la fillette.

Le chat-pluie – Une fillette déambule sous la pluie et rencontre un chat qui lui parle. Elle se trouve dans un hazama, « un endroit qui se situe entre le monde des vivants et celui des morts. C’est ici que finissent ceux dont personne ne se souvient. »

Shimashima – Shimashima, un jeune chat, rencontre Miyako. Elle a l’habitude d’apporter à manger aux chats du quartier et Shimashima vient d’arriver. « Miyako était très affectueuse avec moi. Et moi aussi, je l’aimais beaucoup. » Mais Miyako est malade.

Voici ce que dit l’éditeur : « Entre manga et conte, cet Alice qu pays des merveilles nippon regroupe plusieurs récits féeriques, drôles et émouvants à la fois. » (4e de couverture).

Kamisama est un manga différent, il est dans un format plus grand (15×21 cm), il est relié et il est tout en couleurs. Le fil directeur en plus des fillettes et des chats est la pierre bleue, semblable à une goutte de pluie, qui a des pouvoirs magiques. Manga à la fois kodomo (jeunesse) et shôjo (fille), il se situe du côté du merveilleux, du fantastique, bref il a tout du conte (mais pas du conte occidental, plutôt du folklore japonais).

Il existe deux autres tomes, Les contes de la colline (2003 au Japon, 2007 en France) et Au bout du chemin (2008 au Japon, 2010 en France) que je vous présenterai une prochaine fois.

À noter que l’auteur a retouché toutes les planches des trois tomes pour les proposer à la lecture dans le sens occidental. Une nouvelle édition de ces trois tomes est parue en novembre 2014.

Kamisama est un très beau livre pour les plus jeunes et les plus grands, pour tous ceux qui aiment la magie des dessins et des histoires.

Pour les challenges Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 48, un manga), Contes et légendes #4, Des histoires et des bulles (catégorie 4, un shôjo, avec cette 40e lecture avant le 1er avril, j’honore le niveau 4), Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.

Taupe & Mulot (4 tomes) d’Henri Meunier et Benjamin Chaud

Taupe & Mulot d’Henri Meunier et Benjamin Chaud.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, albums illustrés.

Henri Meunier naît en 1972 à Suresnes (en Île de France). Il étudie les arts plastiques mais travaille dans le social avant de devenir auteur et illustrateur (en 2001) de livres jeunesse (publiés chez Actes Sud Junior, Grasset, Rouergue, Thierry Magnier…). Il est auteur de la série Taupe & Mulot que Benjamin Chaud illustre.

Benjamin Chaud naît le 29 janvier 1975 à Briançon dans les Hautes-Alpes. Il étudie les arts appliqués à Paris et les arts décoratifs à Strasbourg. Il est auteur et illustrateur, principalement pour la jeunesse, Les petits Marsus, l’éléphant Pomelo (avec Ramona Bádescu), la Fée Coquillette, entre autres. Plus d’infos sur son Instagram.

La tarte aux lombrics.

Hélium, 2019, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33012-255-3.

Le portemanteau – C’est l’automne et Taupe passe du temps avec sa fiancée mais Mulot, après avoir regardé les « feuilles qui valsent dans le vent » (p. 2), s’ennuie… Il va alors chez son ami, Taupe, mais le portemanteau est à l’extérieur de la maison et Taupe est grognon. Vous savez que les taupes n’y voient guère mais il y a des limites à ne pas dépasser !

La tarte aux lombrics – Taupe et Mulot participe à un concours de tarte aux lombrics. Taupe est un excellent cuisinier mais il est enrhumé et a perdu l’odorat et sa « vue est parfois hésitante » (p. 26) pour ne pas dire nulle ! Autant dire que les deux recettes seront exceptionnelles mais qui sera le gagnant ?

Bonne nuit, Hérisson ! – Le 15 décembre, c’est la fête chez Hérisson « avant son entrée en hibernation » (p. 42). Vous êtes prêts pour une soirée incontournable et pétillante durant laquelle « les heures virevoltent en musique » (p. 53) ?

Les beaux jours.

Hélium, 2019, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33012-061-0.

Les peintres du jeudi – Un beau matin d’avril, Mulot invite Taupe à peindre la nature de printemps mais Taupe ne voit pas très loin… « Ne ronchonne pas, je te décrirai la vue. Ou alors tu la dessineras comme tu l’imagines. » (p. 6). Résultats… surprenants !

La partie de pêche – C’est dimanche, Taupe et Mulot vont à la pêche. « Ce sera une journée extraordinaire, exceptionnelle ! » (p. 22). Les deux amis mangeront-ils du poisson le soir ?

Amoureux ! – Taupe est amoureux et il souhaite offrir un beau bouquet. « Ici, une marguerite, là une orchidée. Un doronic jaune. Et quelques immortelles. Un bouquet absolument grandiose ! » (p. 44). Grandiose, vraiment ?

Notre part de ciel.

Hélium, 2021, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33012-971-2.

La baignade – « Ne rien faire du tout et être heureux comme tout, c’est un art délicat. » (p. 2). Après le pique-nique, Taupe et Mulot profitent de ce bel après-midi d’été. Ils barbotent et font une sieste. Vous baigneriez-vous sans maillot ? Ah, et n’oubliez pas de prendre une photo pour immortaliser cette belle journée !

Le grand ménage – Mulot court chez Taupe avec un disque de Django Renard et du pétillant de cerise mais Taupe est en plein ménage. Le grand ménage de printemps même mais… « nous sommes en août ! » (p. 25). Alors, prêts pour le grand nettoyage ?

Le chemin du cœur – Mulot croise Taupe sur le chemin de l’étang. Taupe cherche « des cailloux pour [son] cabinet de choses ordinaires. » (p. 44). Lorsque Mulot revient de sa leçon de vélo, Taupe est toujours au même endroit à comptabiliser les cailloux et à leur donner des noms, ainsi que le lendemain et les jours suivants… Mulot est inquiet pour son ami.

Bonnet blanc et blanc bonnet.

Hélium, 2021, 64 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-33015-345-8.

La bûche – « Dès les premiers froids, Mulot vit comme une taupe : il somnole toute la journée. » (p. 2) mais Taupe arrive chez lui, tout tonitruant. Une trompette pour réveiller son ami et un livre qu’il vient d’emprunter au bibliobus, un récit d’aventures, un chef-d’œuvre ! Taupe ne voit pas assez bien pour lire et il veut que Mulot lui lise l’histoire mais il jette le livre au feu au lieu de la bûche…

Premier flocon – Il fait froid et Taupe invite Mulot à une bataille de boules de neige mais… il n’y a pas encore de neige ! « La chance sourit aux optimistes, c’est avéré. Trois noisettes pour toi s’il neige, mise Mulot. Et je relance à six noisettes ton pari à qui gobera le premier flocon. » (p. 30). Qui sera l’heureux chanceux ?

La pétanque – Avez-vous déjà joué à la pétanque avec des boules de neige ? Non ! Alors venez rejoindre Taupe, Mulot, Musaraigne, Écureuil et Hibou pour une partie endiablée, euh enneigée ! Ah, mais vous savez que Taupe ne voit pas très bien donc par souci d’équité, « tout le monde doit se bander les yeux ! » (p. 47). C’est bon ? Alors « que la partie commence » (p. 49).

Chaque volume contient trois histoires illustrées avec Taupe et Mulot, les deux amis inséparables et bienveillants l’un envers l’autre, et parfois quelques autres personnages animaliers. Les dessins sont beaux, colorés, d’une richesse incroyable et participent à l’humour subtil du texte. Les petits et les grands vont se régaler avec ces histoires pétillantes et pleines de poésie, mais c’est sûr pas avec une tarte aux lombrics !

Pour Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal avec Taupe, Mulot, Lombrics et catégorie Objet avec Bonnet) et Les textes courts.