Challenge Jeunesse Young Adult #7

Déjà la 7e édition du Challenge Jeunesse Young Adult avec Muti (j’ai vu l’info chez Sharon hier) ! Il se déroule du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018. Infos, logo (j’aime beaucoup ce nouveau logo) et inscription (jusqu’au 31 décembre 2017) chez Muti.

Voici les catégories (je pense honorer la 1, peut-être la 2) :

1. Aux frontières du rêve => au moins 10 ouvrages

2. Badine avec les royaumes de l’enfance => au moins 20 ouvrages

3. À pieds joints dans la marelle => au moins 35 ouvrages

4. À su garder son cœur de mioche => au moins 50 ouvrages

5. Peter Pan dans l’âme => au moins 65 ouvrages

6. Au pays des mille et un livres => au moins 80 ouvrages

7. Vit dans un conte de fées => 100 et plus (pour les livrovores)

Mes lectures pour ce challenge

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Fanette et Filipin

Après avoir lu un article sur ce magazine Fanette et Filipin que je ne connais pas du tout, j’ai eu envie de le découvrir, au moins lire quelques infos supplémentaires, voir quelques extraits, feuilleter quelques pages. J’ai eu le plaisir de télécharger intégralement un ancien numéro, le n° 3 Hiver (2013-2014).

Les histoires / contes – Dans « Un frais matin d’hiver », graines pour les oiseaux, bataille de boules de neige entre Filipin et Queue blanche le lapin, et un magnifique lever de soleil sur la colline. Dans « Le petit cochon rose », le Prince de la forêt pense qu’il faudrait habiller les animaux pour qu’ils n’aient pas froid. Dans « Un oiseau reconnaissant », un pauvre jeune homme soigne une grue blessée puis reçoit une jolie jeune fille perdue dans la forêt. Dans « Le chamois solitaire », un malheureux chamois, seul rescapé d’une attaque de chasseurs, erre désespérément et trouve un nouveau troupeau qui l’accueille.

Les rubriques – Dans « Ma forêt en liberté », c’est l’histoire de « Museaufin et le hérisson », un renard affamé car tout est recouvert de neige et qui rencontre un hérisson. « La vie des animaux » parle de l’hibernation. « Enfants de la Terre », pour découvrir les enfants des autres pays, raconte « La petite danseuse de Bharata natyam » en Inde. Et une petite rubrique papeterie et parutions de livres des éditions Belle émeraude.

Les jeux – Différences, animaux cachés, un plateau de jeu à fabriquer « Le blaireau et la renarde », les dessins de forme (des dessins géométriques), des petits lutins à construire en feutrine, une séance de peinture pour une « promenade dans le monde magique de la couleur ».

Il y a même une jolie poésie, « Petits flocons brillants », des recettes (et j’ai bien envie de cuisiner ce Curry de lentilles) et « Le coin des parents » avec une intéressante « Promenade au royaume des contes ».

Fanette est une fillette très attachée à la Nature, aux animaux, aux saisons ; son meilleur ami est Filipin, un lutin des bois habillé de vert. Dans chaque numéro (52 pages), des histoires, des contes du monde entier, des animaux selon la saison, des rubriques pour « imaginer et s’émerveiller ».

Les dessins sont peints avec des couleurs pastels, je trouve que c’est poétique et reposant, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Il y a un petit côté désuet qui me plaît bien mais qui déplaira peut-être à d’autres adultes.

Le magazine, basé dans un petit village de Savoie (Villard-sur-Doron), existe depuis janvier 2013. Il est préconisé pour les 3-10 ans et il y a beaucoup de textes donc bien sûr les plus jeunes liront avec des grands. En fait, les histoires et les rubriques sont répertoriées par couleur : bleu-vert à partir de 3 ans, mauve à partir de 6 ans, violet à partir de 7 ans, vert kaki à partir de 9 ans, ainsi le magazine suit l’enfant (et inversement) pour des années !

Fanette et Filipin se veut un magazine pour la jeunesse, un magazine « qui enchante l’imaginaire », alternatif, naturel, sans publicité et son seul défaut est qu’il coûte un peu cher : 12 € le numéro (mais par trimestre).

Sur la page FB du magazine, vous trouvez en plus des illustrations, des photos, un calendrier mensuel, des vidéos…

Une charmante revue à découvrir si vous avez des enfants ou des petits-enfants curieux qui aiment les belles histoires, les contes, les jeux et les animaux !

Je mets cette lecture dans le Pumpkin Autumn Challenge pour le Menu 3 – L’automne enchanteur dans la rubrique Féérique citrouille, bibbidi-bobbidi-boo : lire un conte féerique ou du Nature writing. Et on a ici plusieurs contes avec des animaux et la Nature 😉

Oz de Maxime Chattam

Oz (Autre-Monde, 5) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2012, 416 pages, 20 €, ISBN 978-2-22624-433-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Super ! Dans ce tome 5 – le deuxième du deuxième cycle – nos héros, Matt, Tobias, Ambre et un millier de Pans, les chiens, le Testament de roche apporté par le roi Balthazar, le Cœur de la Terre (assimilé par Ambre) et le Vaisseau-vie des Kloropanphylles partent pour l’Europe.

« Au final, le plus difficile était de ne pas savoir ce qui les attendait en Europe. Ils ignoraient s’ils partaient pour mener une guerre, une longue exploration, ou pour entamer des relations diplomatiques avec un nouveau peuple. Personne ne savait même si la Tempête avait frappé là-bas, s’il y avait des survivants […] » (p. 36).

Direction la France ! Puis l’Angleterre. Mais avant il faut traverser l’océan… Et faire face à ses dangers. Des raptors, des flotogrouillants… et les habitants de l’Europe, les Ozdults, encore plus dangereux que ne l’étaient les Cyniks…

« Ici, cela semblait relever seulement de la haine. Profonde et terrifiante. Le désir de destruction. » (p. 216).

C’est une très bonne idée de redécouvrir le « vieux-continent » !

« La Tempête a engendré bien des curiosités et des atrocités. Tous ces changements ont été si brutaux que beaucoup de choses ne sont pas… équilibrées. Ce sont les ratés de la Tempête, les anomalies. » (p. 339).

Dans chaque tome, le lecteur prend plaisir à retrouver ses personnages préférés, à en découvrir de nouveaux, ainsi que de nouveaux lieux, de nouvelles créatures, mais il y a dans Oz plus d’action, des trahisons, des pertes (humains et chiens), et tout ça tient le lecteur en haleine, je dirais même en apnée, c’est mon tome préféré pour l’instant, il est plus abouti, plus sombre, plus terrifiant encore ! Il m’en reste deux à lire : Neverland (tome 6, 2013) et Genèse (tome 7, 2016), j’ai hâte !

Pour les challenges Jeunesse & young adult et Littérature de l’imaginaire.

Les notes de lectures des autres tomes : L’Alliance des Trois de Maxime Chattam (Autre-Monde 1)Malronce de Maxime Chattam (Autre-Monde 2)Le Cœur de la Terre de Maxime Chattam (Autre-Monde 3)Entropia de Maxime Chattam (Autre-Monde 4).

Entropia de Maxime Chattam

Entropia (Autre-Monde, 4) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2011, 400 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22622-992-2.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Les Pans ont installés plusieurs postes avancés autour du village d’Eden. « La principale occupation aux Postes Avancés consistait en de courtes expéditions à caractère scientifique, botaniques ou minéralogiques, ainsi qu’en recensement de nouvelles espèces animales. » (p. 9). Mais que se passe-t-il tout au nord des anciens États-Unis et au Canada ? Aucun Pan ne le sait car aucun n’est jamais allé aussi haut. « Je pense qu’il est nécessaire de poursuivre l’exploration du monde, les Longs Marcheurs ont bien assez à faire à circuler de village en village et colporter les informations et les centraliser ici, je me porte volontaire pour monter une équipe et aller à l’ouest ou au nord, voir ce qu’il y a au-delà des zones connues. » (p. 29).

L’action se déroule trois mois après l’alliance signée avec les Cyniks renommés les Maturs avec Balthazar à leur tête, et tous se préparent à fêter Noël ou du moins le premier anniversaire après la tempête. « Soudain toutes les voix se turent en même temps, puis entonnèrent ensemble un chant religieux qui ne dura que quelques secondes. « (p. 186). Mais il y a toujours des ennemis tapis dans l’ombre (des corbeaux espions, des tourmenteurs…) et ce mystérieux mur de brouillard électrique qui arrive du nord… Matt, Tobias, Ambre et leurs amis devront découvrir ce qu’est ce nouveau phénomène très dangereux, Entropia. « Entropia ne véhiculait aucune harmonie, rien que le chaos. Le désordre, la confusion. L’horreur. La mort. » (p. 347).

Avec ce quatrième tome – le premier tome du deuxième cycle de Autre-Monde – c’est toujours un plaisir de retrouver les personnages principaux des Pans (et les autres), pas de lassitude, ça se lit toujours très bien (genre page turner) d’autant plus que le danger est encore plus grand, que les personnages mûrissent et qu’il y a de nouvelles créatures horribles ! Et de l’autre côté de la Passe des loups, où c’est normalement la paix, le Buveur d’innocence n’a pas dit son dernier mot. L’auteur a énormément d’imagination et surprend encore, c’est bien car j’ai embrayé avec le tome 5, Oz, dont je vous parle tout bientôt.

Pour les challenges Jeunesse & young adult, Littérature de l’imaginaire et Mois américain (l’auteur n’est pas américain mais le roman se déroule aux États-Unis).

Les notes de lectures des autres tomes : L’Alliance des Trois de Maxime Chattam (Autre-Monde 1),  Malronce de Maxime Chattam (Autre-Monde 2)Le Cœur de la Terre de Maxime Chattam (Autre-Monde 3).

L’éveil – stade 2 de Jean-Baptiste de Panafieu

L’éveil – stade 2 de Jean-Baptiste de Panafieu.

Gulf Stream, mars 2017, 232 pages, 17 €, ISBN 978-2-35488-457-4.

Genre : science-fiction.

Jean-Baptiste de Panafieu : voir L’éveil – stade 1.

La WOFF a enlevé Laura Goupil pour qu’elle crée un contre-virus et l’a emmenée à Bearsden dans le Maine, au nord-est des États-Unis, dans un laboratoire ultra-perfectionné et éloigné de tout. Les trois jeunes – Gabriel, Clément et Alya – et les trois animaux – Chou-K, Cabosse et Montaigne – (plus le chien Yéti en cachette) embarquent sur le cargo le Néréis qui se dirige vers New York pour retrouver Laura et la libérer. Dans les forêts du Maine, ce sont les ours, les loups, les castors, les ratons-laveurs et d’autres animaux sauvages qui se sont éveillés ! D’ailleurs les ours ont carrément créé une Compagnie des ours. « De leur vie passée, ils conservaient la mémoire de délicieux après-midi de sieste, de soirées passées à se gaver de myrtilles et de longues marches paisibles entre les arbres. Mais il leur revenait aussi les hurlements des tronçonneuses, le fracas effrayant des arbres s’abattant à terre, les aboiements des chiens et les coups de tonnerre des armes humaines. » (p. 20-21). Et dans le monde marin, ce sont les dauphins, orques, baleines… Tous sont aussi surpris que les animaux européens en prenant conscience d’eux-mêmes et du monde qui les entoure. « Que se passe-t-il ? Où suis-je ? Où sont les autres ? Qui suis-je ? Oui, c’est ça l’important ! Qui suis-je ? […] Réfléchir. Réfléchir ? Oui, c’est ça. Il se passe que je réfléchis. Je pense au lieu de farfouiller. Je pense que j’ai changé. Je sais qui je suis. » (p. 45). Grâce aux goélands qui ont traversé l’Atlantique sur l’ordre de Charles, le chef des corneilles françaises, les animaux américains éveillés apprennent qu’ils doivent protéger Lorragoupi. La protéger ou la tuer pour qu’elle ne crée pas un vaccin qui leur fera perdre leur éveil ?

Le scientifique joue parfois (souvent ?) à Dieu mais « Les virus artificiels étaient des outils puissants, mais difficiles à maîtriser. » (p. 80). Les jeunes et « leurs » animaux sont arrivés à Foxcroft, près de Bearsden, et ont contacté avec bien du mal les ours ; Yéti et le raton-laveur Kwatty, séparés du groupe, sont prisonniers de la meute de loups. Ours et loups sont tout aussi dangereux l’un que l’autre… Plus dangereux que les humains et leur folie ? Humains et animaux pourront-ils communiquer et trouver une association qui empêchera une guerre meurtrière entre toutes les espèces ?

Ce tome 2 se déroule l’année suivante. « Cela fait un an que cette histoire a commencé et j’avais envie de marquer cette date. Je pense maintenant que rien ne sera plus comme avant. Le virus ne pourra pas être arrêté et les animaux resteront éveillés. Il faudra apprendre à vivre avec. » (p. 127-128). Action et rebondissements pour ce deuxième tome plus violent avec des animaux bien plus dangereux et difficiles à convaincre que des animaux domestiques et des oiseaux urbains ! « Ils sentaient que le monde était en train de basculer, mais n’arrivaient pas à percevoir tous les enjeux des combats en cours, qui opposaient les animaux aux humains ou qui mettaient en jeu plusieurs espèces animales, sans oublier les conflits interhumains […]. » (p. 204).

L’auteur répertorie trois sortes d’animaux. Les animaux domestiques (chiens, chats, certains oiseaux comme le perroquet Montaigne) ou proches des humains (oiseaux, chevaux…) qui veulent des droits similaires aux humains (certains demandent même un droit de vote !), les animaux d’élevage qui ne veulent plus être maltraités et tués pour être mangés, et les animaux sauvages qui se divisent en prédateurs et en proies plus difficiles à aborder. Comment vont-ils s’entendre ? Vont-ils plonger le monde dans un chaos pire que ce que peuvent faire les humains ?

Il y a beaucoup d’émotion dans l’éveil de certains animaux (ruminants, ours, loups, dauphins…), de la poésie pour certains, de la sensibilité en tout cas, c’est vraiment très beau, comment ne pas se sentir proche de ces animaux même s’ils sont « dangereux » ? Comment ne pas avoir envie de communiquer avec eux ?

Le tome 3 est annoncé pour fin août ; j’espère que la bibliothèque l’aura rapidement ; ou alors je vais l’acheter si je ne peux pas attendre, je veux savoir, je veux connaître le dénouement ! Ah, mais que vois-je, la parution est repoussée à fin octobre, rhaaaaa !

En tout cas, une série (en trois tomes) à lire absolument si vous vous intéressez un tant soit peu aux animaux et à un futur fortement probable.

Pour les challenges Jeunesse & young adult (même remarque que pour le tome 1) et Littérature de l’imaginaire.

L’éveil – stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu

L’éveil – stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu.

Gulf Stream, septembre 2016, 272 pages, 17 €, ISBN 978-2-35488-441-3.

Genre : science-fiction.

Jean-Baptiste de Panafieu naît le 11 juin 1955. Il est agrégé en sciences naturelles, en génétique, biologiste, docteur en océanologie biologique, auteur et documentariste. Plus d’infos sur son site, http://www.jbdepanafieu.fr/.

Mars. Laboratoire Biokitech. Laura Goupil mène des expériences d’ingénierie neurogénétique sur des souris. Son objectif : trouver un remède à Alzheimer et à d’autres affections du cerveau humain. « Laura commençait à espérer que son virus puisse être un jour réellement utile. Mais pour les gens, par pour les souris ! » (p. 39-40). Profitant d’un coup de téléphone, la souris A27, dont la conscience s’est éveillée, s’enfuit. Tout à coup, le petit animal est dans un monde « inondé de lumière […] une pièce comme elle n’en avait jamais vue, d’une taille inimaginable. Un vaste sol vert s’étendait devant ses yeux. Le plafond bleu était immensément lointain. » (p. 11). Mais elle n’en profite pas longtemps car elle est attaquée par un chat qui lui aussi se retrouve éveillé, gisant dans l’herbe elle est mangée par une corneille, un rat et une chienne qui eux aussi se retrouvent éveillés. Ensuite, c’est l’effet boule de neige, la corneille s’accouple et pond des œufs, le rat mord un perroquet et se bat avec ses congénères, etc. Peu à peu, tous les animaux s’éveillent.

Le lecteur suit plus en détail quatre humains et trois animaux. Laura, la scientifique, vit avec son jeune frère, Gabriel, un lycéen et leur chat, Chou-K. Les meilleurs amis de Gabriel sont Clément, chez qui vit la chienne qui a mangé les restes de la souris A27, Cabosse, et Alya chez qui trouve refuge le perroquet gris du Gabon, Coco qui s’est lui-même rebaptisé Montaigne. Plus tard, viendra se rajouter un autre chien, Yéti, amoureux de Cabosse.

Le monde est petit, dit-on, mais l’épizootie va grandir pendant six mois, d’abord dans toute la France puis en Europe et dans le monde grâce aux personnes qui voyagent avec leur animal et aux nombreux moyens de transport. « Le virus s’étendait ainsi autour de la première colonie, comme un arbre qui pousse ses radicelles dans toutes les directions à la recherche d’eau et de sels minéraux. » (p. 71). Mais il ne touche que les animaux à sang chaud, mammifères, oiseaux, pas « les escargots, les vers et les insectes » (p. 77) : je pense que là, l’histoire aurait été un peu trop compliquée !

Malheureusement la plus grosse industrie alimentaire du monde, la WOFF (World Organisation for Food and Feed), américaine, vient de racheter la société française BESTALIM et le patron de la WOFF, Paul Jervson, n’est pas du tout content du virus qui éveille les animaux car cela implique une crise alimentaire et économique que son entreprise ne pourra sûrement pas affronter… Il exige donc que Laura crée un contre-vaccin et ses sbires ne sont pas commodes.

L’auteur montre bien tous les tenants et les aboutissants : d’un côté le monde scientifique qui joue à Dieu soi-disant pour le bien-être de l’humanité, d’un autre côté l’industrie agro-alimentaire et le cynisme de ses dirigeants qui ne pensent qu’à s’enrichir à tout prix, et puis au milieu non seulement les humains (considérés comme de simples consommateurs pas très futés, quoique certains soient différents, proches des animaux ou activistes ou indifférents) mais aussi les animaux qu’ils soient éveillés ou non mais qui tout à coup souffrent encore plus de leurs conditions (animaux maltraités, élevage intensif, mort certaine…). « Comme tout cela est effrayant ! » (p. 139).

Chaque expérience d’éveil se conclut par « Je me suis éveillé (ou éveillée) il y a trois jours. » : bien sûr, cette phrase est répétitive mais c’est pour montrer que pour chaque animal, quel qu’il soit, cet éveil est un événement extraordinaire, un monde inconnu, une nouvelle vie qui peut faire peur. Et que l’éveil se fait petit à petit, semaine après semaine, mois après mois. Mais que vont faire les animaux de cette conscience, de cette intelligence ? Chaque animal va réagir selon son vécu, son expérience (ou son inexpérience) des humains et ses aspirations premières (manger, dormir, jouer, élever les petits, communiquer ou pas, etc.). Alors, anthropomorphisme ? L’auteur est habitué aux animaux, il vit avec, il les observe, les étudie, il a même écrit plusieurs livres sur le monde animal, l’élevage, l’évolution des relations entre les humains et les animaux : je vais donc dire qu’il sait de quoi il parle, et puis il signe une fiction donc totale liberté même si tout est plausible.

J’ai beaucoup aimé le perroquet qui s’instruit de tout, documentaires animaliers, historiques… à la télévision, sur Internet, j’ai l’impression qu’il est le plus curieux, le plus intelligent et… le plus bavard ! D’ailleurs c’est lui qui dit : « Le danger ne vient pas seulement de la WOFF. Je crains aussi que les espoirs et les projets des animaux ne finissent par se révéler contradictoires. Ils sont tellement divers ! Ils n’ont pas les mêmes histoires, ni les mêmes relations avec les humains. Leurs trajectoires risquent de les mener à se dresser les uns contres les autres. Avec l’intelligence, ils ont rejoint les humains dans leurs qualités comme dans leurs défauts. » (p. 108-109).

Évidemment les relations entre les humains et les animaux changent, même pour ceux qui sont les plus difficiles à convaincre. « […] les animaux « éveillés » avaient largement gagné en intelligence et étaient capables de comprendre les humains, voire de communiquer avec eux. Les animaux discutaient aussi entre eux, un fait généralement négligé, peut-être parce qu’il était encore plus dérangeant. En effet, ces conversations strictement animales mettaient en évidence que leur vie ne se réduisait pas à leurs relations avec les humains. » (p. 132).

Vous l’avez compris, j’ai adoré ce premier tome, inventif, parfois drôle et ouvert sur les animaux ; je me sens proche des animaux et j’ai parfois l’impression que mes deux matous sont éveillés, enfin pas au point des animaux de ce roman mais un peu, ils m’écoutent, ils me comprennent, ils communiquent avec moi, à leur manière, je pense que tous ceux qui sont proches de leur chien ou de leur chat peuvent comprendre cet état d’esprit. Pour en revenir au roman, je dirais que l’auteur a pensé à tout et développe aussi bien les côtés scientifique et écologique que éthique et philosophique d’une façon assez pointue (mais quand même abordable !), surtout lorsqu’il donne la parole (et la réflexion) aux animaux, on voit qu’il connaît bien le monde animal et qu’il n’abuse pas de la fiction pour raconter n’importe quoi.

Heureusement que j’ai le tome 2 donc je peux continuer ma lecture sans attendre !

Pour les challenges Jeunesse & young adult (mais il ne fait pas réellement jeunesse, le récit est plutôt mature et complexe) et Littérature de l’imaginaire.

Le Cœur de la Terre de Maxime Chattam

Le Cœur de la Terre (Autre-Monde, tome 3) de Maxime Chattam.

Albin Michel, avril 2010, 467 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22620-840-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Toujours un grand plaisir de retrouver l’univers d’Autre-Monde et ses personnages. Ce troisième tome est différent car Matt et Tobias sont séparés ! Tobias est prisonnier dans le Raupéroden avec une affreuse araignée énorme, le Dévoreur.

« Eden semblait imperturbable. Un havre protecteur. Il était difficile de croire à l’imminence de la guerre. » (p. 29).

« Dépêche-toi d’aller te trouver un compagnon à quatre pattes. – C’est déjà fait, dit-il en s’écartant pour désigner une boule de fourrure noire et marron dont les yeux étaient à peine visibles sous les poils trop longs. Je l’ai choisi parce qu’il est aussi moche que moi ! On devrait s’entendre ! » (p. 98).

Dès le tome 2, Malronce, j’avais mon idée sur les identités du Raupéroden et de Malronce 😉 mais je ne vous dirai rien, na !

Encore ici, l’auteur continue de développer avec talent ses idées, comme la Terre en colère et la Nature qui se venge des humains. Tout tient la route mais tous n’arrivent pas au bout de l’aventure… Une pensée pour Peps et une pour Phalène 😥

« Ils n’avaient plus d’ombre. Et rien ne peut survivre sans sa part d’ombre. L’équilibre du monde. » (p. 336).

« Le résultat est le même : ils obéissent à celle qui sait leur parler. Balthazar avait raison : ils n’ont plus de mémoire, ils ne sont que des coquilles vides qui ne demandent qu’à être remplies ! C’est ça qui les rend si mauvais. » (p. 414).

Je vais me répéter mais toujours de l’aventure, de l’action, des rebondissements, etc. ; et puis quelque chose d’impensable : les Pans (enfants et adolescents) vont devoir se battre contre les Cyniks et les Gloutons (adultes). Une belle fin de cycle mais, en terminant ce tome, on ne sait pas ce qui est arrivé à Plume et aux autres chiens ! Un oubli de la part de l’auteur ou une volonté de garder le suspense jusqu’au prochain tome ?

Comme pour les tomes 1 et 2, une très agréable lecture que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (toujours avec du retard dans la publication de ma note de lecture… mais j’ai bien lu ce roman avant !). Et je vais me plonger dans le deuxième cycle (de 4 tomes), c’est sûr et certain !

Les notes de lectures des autres tomes : L’Alliance des Trois de Maxime Chattam (Autre-Monde 1)Malronce de Maxime Chattam (Autre-Monde 2)Entropia de Maxime Chattam (Autre-Monde 4).