Ne me regarde pas mourir de Chris Simon

Ne me regarde pas mourir de Chris Simon.

Nouvelle en lice pour la 5e édition du Concours Carrefour Nolim de la nouvelle 2017 parrainé par Franck Thilliez.

Chris Simon (dont je vous ai parlé ici) m’a envoyé un mail pour m’inviter à lire sa nouvelle, pourquoi pas me suis-je dit, je pourrai en parler dans La bonne nouvelle du lundi.

La rencontre dans un avion entre Marc Desrosiers, architecte d’intérieur, Français américanophile, et Lyne Lanza, « guru de yoga et froncophile ». Il rentre à Bordeaux pour dix jours (il doit voir une amie hospitalisée, Sandrine) ; elle va à Paris pour trois jours pour une « confironce ». Peut-être se reverront-ils après, à New York ?

C’est bizarre comme on peut dire des choses personnelles voire intimes à de parfaits inconnus ! Mais c’est comme ça qu’une relation commence, non ?

Après une introduction humoristique (surtout rapport aux langues et à leur prononciation), l’auteur développe un sujet plus grave : le sida et les malades en fin de vie.

Mais Marc a une particularité (non, je ne vous dirai pas laquelle) et sa relation avec Sandrine est vraiment belle.

« Elle ne comprenait pas comment elle avait atterri dans ce désert. Ce n’était pas elle qui quittait le monde, mais le monde qui l’abandonnait. »

Pourtant, j’ai l’impression que Sandrine n’a pas de regrets, elle a bien vécu, elle a été libre, heureuse, elle a voyagé, elle a fait ses propres expériences, elle a été au bout de sa vie, de son destin.

Une nouvelle agréable à lire, avec une pointe de nostalgie, l’insouciance des jeunes adultes dans les années 80 (ça me touche, j’avais 18 ans en 1984) et la peur de mourir devant ses proches – de leur infliger la déchéance de notre corps et la mort – (alors que pour d’autres, c’est la peur de mourir seuls).

Je ne vais pas voter car je ne suis pas inscrite sur ce site et je n’ai pas lu les nouvelles des autres participants à ce concours mais si vous êtes intéressés, allez-y !

Publicités

Trois nouvelles lues sur ma Kobo

Motus et bouche cousue d’Alexandre Jarry (2014, 23 pages + 9 pages : introduction, autres titres de l’auteur, résumés…)

Alexandre Jarry publie son premier roman en 2009 ; il utilise le numérique et l’auto-édition. Plus d’infos sur son site.

Un nounours est enfermé dans un carton depuis des années. Il est vieux, abîmé et il a la bouche cousue. Il se rappelle d’un enfant avec qui il était heureux, William, mais celui-ci l’a abandonné quand il a eu 10 ans. Un jour, une jeune fille le récupère. « Elle souriait. Elle me souriait. […] Un frémissement me parcourut jusqu’au plus profond de mon être lorsqu’elle me prit dans ses bras. Je fus saisi par la douceur de son geste. […] Sans me quitter des yeux et toujours souriante, elle me tira de ce grenier, de mon exil, pour m’emmener loin avec elle. » (p. 7). La jeune fille ne parle pas alors la peluche l’appelle Motus. En écoutant, la peluche et le lecteur apprennent des choses sur William et sur la jeune fille.

Une nouvelle saisissante, mais un peu trop courte… Toutefois, j’ai bien aimé le style et l’ambiance alors je regarderai les autres titres de cet auteur.

Lacan et la boîte de mouchoirs de Chris Simon (2013, 19 pages + 12 pages : introduction, informations, autres titres de l’auteur, résumés…)

Chris Simon est une auteur franco-américaine ; professeur de français à New York, elle décide de se consacrer à l’écriture ; elle utilise l’auto-édition. Plus d’infos sur son site.

Judith, bientôt cinquante ans, vient de se séparer de son compagnon. Elle consulte Hervé Mangin qui fut « un des derniers psychanalystes analysés par Jacques Lacan en personne ». Durant la première séance, une boîte de mouchoirs était à disposition mais ensuite… plus de boîte de mouchoirs ni sur la table basse ni sur le bureau ! « Vous ne mettez plus de mouchoirs ? Je veux dire… C’est un oubli ou vous n’y croyez… Vous… ».

Premier épisode de la saison 1 de 7 épisodes, suivi de deux autres saisons de 7 épisodes chacun. Cette nouvelle est agréable à lire mais je pensais que ce serait plus drôle… Pour ceux qui sont intéressés par la psychanalyse sans avoir jamais consulté de psychanalyste.

Derrière la clôture d’Isabelle Cousteil (2015, 21 pages + 1 page : introduction)

Isabelle Cousteil travaille dans « l’ingénierie et la production culturelle » ; elle est aussi auteur. Plus d’infos sur son blog.

L’auteur raconte l’histoire de Juanita de la Cruz, torera espagnole, née en 1917, qui a commencé à 14 ans, et qui s’est exilée en Amérique du Sud où elle a continué sa carrière. Dans un monde d’hommes, elle fut la première femme torera. Cette nouvelle a reçu le 2e Prix Hemingway 2015 et est disponible dans le recueil de nouvelles Leçons de ténèbres et autres nouvelles du Prix Hemingway 2015. Je ne savais pas que, chaque année, le Prix Hemingway récompensait une nouvelle de littérature de tauromachie ! Quelle horreur, moi qui déteste la corrida et les courses de taureaux ! Qu’a fait Hemingway pour mériter ce Prix à part couvrir la guerre d’Espagne ?… Je ne lirai pas les autres nouvelles de ce recueil.

Ce que je voulais dimanche dernier en lisant ces nouvelles, c’était tester la liseuse la nuit (de 23 heures à minuit) sans lumière supplémentaire. Un confort de lecture parfait ! Et j’ai pu tester, sans avoir rien réglé auparavant, la lumière orange qui permet, après la lecture, un meilleur endormissement, c’est génial. Je suis très contente de ma Kobo, je pense que je vais l’utiliser régulièrement !

Pour La bonne nouvelle du lundi, événement bloguesque mettant en avant les nouvelles organisé par Martine.