Le secret de l’ivoire de Jacques Ortet et Arnold Berssenbrugge

Le secret de l’ivoire de Jacques Ortet et Arnold Berssenbrugge.

Bookelis (ou ici) en auto-édition, septembre 2020, 72 pages, 18 €, ISBN 979-10-359-2149-1.

Genre : bande dessinée franco-néerlandaise.

Jacques Ortet est le scénariste. Du même auteur : Les aventures de Jak et Bil au Kazakhstan – Le trésor de Gengis Khan (2018) : l’auteur a vécu 4 ans au Kazakhstan ; peut-être a-t-il vécu également au Gabon ? Je n’ai pas trouvé d’infos sur lui.

Arnold Berssenbrugge est un illustrateur, apparemment néerlandais. Plus d’infos sur son site, son Instagram, son Pinterest entre autres.

Jak et son oiseau Bil (un calao bicorne) sont dans l’avion pour le Gabon ; Jak vient faire un reportage photos. « […] le Gabon est un pays de l’or noir avec le pétrole et aussi de l’or vert avec l’industrie forestière » (p. 1). La faune et la flore sont très riches et il n’y a que deux millions d’habitants. Mais à la sortie de l’aéroport, Jak voit un homme se faire enlever puis à l’hôtel, c’est Bil qui est enlevé ! « J’aime bien le Gabon mais l’accueil est à revoir. » (Bil, p. 11).

C’est amusant : la façon dont la population utilise le mot « présentement » à tout bout de champ !

Quelle aventure ! Jak, Bil et Dinara (une amie retrouvée par hasard) vont mettre à jour un trafic international d’ivoire. « Résumons un peu, l’enlèvement de Bil, les bateaux avec les défenses d’éléphants, le message codé… » (p. 24).

Je ne suis pas fan des dessins, j’ai l’impression qu’ils sont faits à l’ordinateur, ils sont… trop lisses, je préfère les vrais dessins dessinés à l’ancienne, mais l’histoire vaut le coup parce que le lecteur découvre le Gabon (voir la carte du périple ci-dessous) et l’auteur en profite pour dénoncer les trafics animaliers. « En fait, ce sont les acheteurs d’ivoire eux-mêmes qui exterminent ces animaux… Si personne n’achetait d’ivoire, on ne tuerait pas ces créatures… » (p. 53).

Action et suspense sont au rendez-vous dans cette BD réalisée comme un thriller, un road movie même ; dépaysement aussi bien sûr ; et un trait d’humour et de jeux de mots, par exemple un scientifique s’appelle Justin Peuh Zinzin (p. 25).

Apparemment la prochaine aventure se déroulera en Écosse. « Alors, à bientôt en Écosse ? » (p. 59).

Les dernières pages donnent la carte du Gabon (quel périple !) et des « photos » souvenirs du voyage.

Pour À la découverte de l’AfriqueAnimaux du monde #3 (Bil, le calao bicorne, et les animaux du Gabon, hippopotames, crocodiles, antilopes, singes…), BD, Challenge du confinement (case BD), Jeunesse Young Adult #10 et Polar et thriller 2020-2021.

Un quai dans la brume de Louisa Treyborac

Un quai dans la brume de Louisa Treyborac.

E-book auto-édité, 2020, 22 pages.

Genre : nouvelle policière.

Louisa Treyborac, très peu d’infos… Elle travaille dans une école maternelle et serait autrice jeunesse mais je n’ai trouvé qu’un roman, Terra cevenola, paru chez Le Lys Bleu (maison d’éditions à compte d’auteur) en mars 2019.

Paris sous la brume, hiver. Jeanne Morel, profileuse de Toulouse est appelée à Paris par le commissaire Antoine Malverne et le commissaire divisionnaire Jean-Marc de Broglie. Elle a résolu des enquêtes difficiles comme un tueur en série de chômeuses ou un « sériel pédophile » alors ils ont besoin de son aide pour résoudre l’enquête sur les « SDF bastonnés et repêchés du Canal Saint Martin » : un couple tabasse un SDF et le jette à l’eau puis un sauveur vient le sortir de l’eau. Une histoire bizarre résolue grâce à un piège tendu par les policiers et grâce aux caméras de surveillance et à infrarouges puisque le thème à traiter pour les Quais du polar 2020 était « Quand Big Data se fait enquêteur, ou comment les données peuvent aider à résoudre les enquêtes ».

Mais bof… Sous-titré « une enquête improbable », je résume le tout en « une nouvelle improbable » avec une chute que le lecteur avait déjà compris mais qui n’explique pas tout… Qui sont ces mystérieux sauveurs ? Il ne suffit pas d’avoir une (bonne ?) idée, encore faut-il la développer adroitement et aller au bout de son idée ! En plus Antoine Malverne devient Alexandre Malverne (p. 11), pas sérieux…

Une nouvelle policière pour La bonne nouvelle du lundi mais j’espère qu’il y avait mieux dans cette édition 2020… et je l’efface sans remords de ma liseuse !

Le choix d’Emma de Lydia Le Fur

Le choix d’Emma de Lydia Le Fur.

Auto-édition [lien mon Best Seller], octobre 2017, 12 pages.

Genre : nouvelle.

Lydia Le Fur naît à Saint Malo ; elle est professeur d’anglais, elle aime les thrillers et le cinéma. Du même auteur : Apparences (2017). Plus d’infos sur son blog (avec Lune de Miel) et sa page FB.

Emma a 15 ans. Elle vient de perdre sa mère : celle-ci s’est noyée et avait tout prévu. Avait-elle oublié sa fille, son mari, sa vie ? « Les avaient–elles oubliées toutes ces merveilles ? Chaque jour, j’avais cherché la réponse. » Cinq ans après, Emma est sur une falaise bretonne, elle se rappelle le moment douloureux de la perte et les souvenirs. « Pour moi, maman était une fée, une magicienne, un être tout puissant qu’aucun mauvais sort ne pouvait atteindre. Invincible ! ».

Elle ne s’est jamais remise de la mort de sa mère… « Mais un jour de début d’été, je l’avais perdue dans l’océan. Mon guide spirituel, mon repère, la lumière de mon phare pour éviter les écueils de la vie. Comment ma mère avait–elle pu me faire ça ? Comment avait–elle pu m’abandonner ? Elle était partie sans laisser de lettre. Elle était partie en laissant mon être, je n’avais d’ailleurs plus ni être ni paraître. »

Emma est-elle responsable ? Coupable ? Comment comprendre le choix de sa mère ? Comment vivre avec cette tragédie ?

Une nouvelle émouvante, bien écrite, bien amenée sur la mort, le deuil, le choix, la vie.

Que je mets dans La bonne nouvelle du lundi. Et vous pouvez retrouver Lydia Le Fur avec son premier roman, Apparences.

Apparences de Lydia Le Fur

Apparences de Lydia Le Fur.

Auto-édition [lien mon Best Seller], avril 2017, 12,65 €, 204 pages, ISBN 978-2-9559558-1-9.

Genres : thriller, science-fiction.

Lydia Le Fur naît à Saint Malo (patrie des Étonnants voyageurs). Elle est professeur d’anglais, elle aime les thrillers et le cinéma. Apparences est son premier roman. Plus d’infos sur son blog (avec Lune de Miel) et sa page FB.

Début décembre. Liza Devreau, jeune peintre parisienne, se rend à New York où ses toiles vont être exposées (à la galerie Arbora à Chelsea). Au moment de monter dans le taxi pour l’aéroport, un coup de feu retentit mais, après un petit moment de panique, Liza ne se rend pas compte que quelqu’un a essayé de la tuer. « En plein SoHo, elle se sentait bien, proche des galeries d’art et des musées. » (p. 15). Au bar de son hôtel, elle est abordée par un bel homme qui veut la revoir et le lendemain, elle est abordée dans la rue par un journaliste un peu détective (habillé comme Sherlck Holmes) qui la suit depuis Paris ! « Je me méfie toujours des apparences. C’est comme ça qu’on reste en vie et que l’on fait un bon journaliste ou un bon détective. » (p. 23). Et le journaliste se précipite sur elle car un coup de feu est tiré : pour la deuxième fois, quelqu’un a essayé de tuer Liza, et Thomas Rivard (puisque c’est comme ça qu’il s’appelle) a repéré l’homme armé.

Qui veut tuer Liza et pourquoi ? Mais si le tireur d’élite a raté deux fois sa cible, c’est parce qu’il ne comprend pas pourquoi son employeur veut qu’il tue cette jeune femme lumineuse et talentueuse. « Il se dit qu’elle faisait partie de ces gens qui vous attirent, qui vous arrêtent, des gens dont la beauté intérieure transparaît au dehors, que l’on ne peut s’empêcher de regarder quand ils entrent dans une pièce, des gens qui stoppent les conversations, vers qui l’on se retourne. Elle était un de ces êtres à part et il devait la tuer. » (p. 41-42).

Le lecteur en apprend un peu sur l’Art et le fonctionnement d’une galerie, sur la ville de New York et la devise de sa police : « Courtoisie, professionnalisme et respect. » (p. 49) mais le détective John Berkley n’a pas le temps de mener une enquête car Liza et Thomas filent à Oxford en Angleterre pour se mettre à l’abri et comprendre.

Lorsque Liza est enlevée, les phrases se font plus courtes, plus percutantes et j’ai trouvé que ça montrait bien l’affolement et la peur de Liza.

Je ne dévoilerai rien du pourquoi du comment et il faudra que vous lisiez ce roman mi thriller mi science-fiction pour découvrir la vérité ! Apparences est en fait une réflexion sur l’Art, sur la vie, sur la science : « Avancer avec son temps. Toujours avancer. Et même devancer. » (p. 187) et sur l’obéissance aux ordres. Cette lecture fut une belle découverte avec des surprises (par exemple, il y a des références amusantes à Sherlock Holmes et à George Clooney, l’auteur est sûrement fan !) mais j’aurais voulu en lire plus ! J’ai appris que Lydia Le Fur est en train d’écrire une suite, c’est une bonne nouvelle car elle a une « belle plume » comme on dit et j’espère qu’elle développera plus ses personnages en particulier Liza et le lieutenant Mathieu (le tireur d’élite). Voilà, pas un coup de cœur mais une chouette lecture pour une soirée.

Un passage que j’aime bien : « On ne parle plus que de ça, chez le coiffeur, chez le boucher, au bar, entre collègues. Cela permet d’oublier les malheurs de son quotidien. Les actualités, ce sont les jeux modernes. Du pain et des jeux, du pain et des infos, voilà ce que réclame le peuple et tout le monde est content. Un peu de guerre, un peu de sexe, un peu d’amour et de beaux sentiments, un peu de terroir et de région, un peu de sport de balle sur une pelouse verte et des scandales financiers te hop ! c’est fait, les gens font de beaux rêves. » (p. 79).

Et un autre : « L’humour est une grande qualité. Sans humour, la vie serait bien triste. » (p. 176).

Une petite remarque à propos du « à » majuscule, j’ai repéré quelques (quatre) « A » alors qu’un peu plus loin, il y a bien « À », c’est un petit détail mais (comme je suis chiante), la lettre majuscule reste la même lettre que la lettre minuscule et garde donc son accent (ou sa cédille) qu’elle soit écrite en minuscule (bas-de-casse) ou en majuscule (grandes capitales ou petites capitales).

Une lecture pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Titre mot unique), Polar et thriller et S4F3 #4 (le roman est à la fois thriller et à la fois SF).

Ce roman est un livre voyageur organisé par Julie du blog Ju lit les mots + lien vers sa note de lecture. Je remercie donc Julie pour cette initiative et Lydia Le Fur qui m’a envoyé directement son livre. Et je souhaite bonne lecture aux participants suivants.

Ne me regarde pas mourir de Chris Simon

Ne me regarde pas mourir de Chris Simon.

Nouvelle en lice pour la 5e édition du Concours Carrefour Nolim de la nouvelle 2017 parrainé par Franck Thilliez.

Chris Simon (dont je vous ai parlé ici) m’a envoyé un mail pour m’inviter à lire sa nouvelle, pourquoi pas me suis-je dit, je pourrai en parler dans La bonne nouvelle du lundi.

La rencontre dans un avion entre Marc Desrosiers, architecte d’intérieur, Français américanophile, et Lyne Lanza, « guru de yoga et froncophile ». Il rentre à Bordeaux pour dix jours (il doit voir une amie hospitalisée, Sandrine) ; elle va à Paris pour trois jours pour une « confironce ». Peut-être se reverront-ils après, à New York ?

C’est bizarre comme on peut dire des choses personnelles voire intimes à de parfaits inconnus ! Mais c’est comme ça qu’une relation commence, non ?

Après une introduction humoristique (surtout rapport aux langues et à leur prononciation), l’auteur développe un sujet plus grave : le sida et les malades en fin de vie.

Mais Marc a une particularité (non, je ne vous dirai pas laquelle) et sa relation avec Sandrine est vraiment belle.

« Elle ne comprenait pas comment elle avait atterri dans ce désert. Ce n’était pas elle qui quittait le monde, mais le monde qui l’abandonnait. »

Pourtant, j’ai l’impression que Sandrine n’a pas de regrets, elle a bien vécu, elle a été libre, heureuse, elle a voyagé, elle a fait ses propres expériences, elle a été au bout de sa vie, de son destin.

Une nouvelle agréable à lire, avec une pointe de nostalgie, l’insouciance des jeunes adultes dans les années 80 (ça me touche, j’avais 18 ans en 1984) et la peur de mourir devant ses proches – de leur infliger la déchéance de notre corps et la mort – (alors que pour d’autres, c’est la peur de mourir seuls).

Je ne vais pas voter car je ne suis pas inscrite sur ce site et je n’ai pas lu les nouvelles des autres participants à ce concours mais si vous êtes intéressés, allez-y !

Trois nouvelles lues sur ma Kobo

Motus et bouche cousue d’Alexandre Jarry (2014, 23 pages + 9 pages : introduction, autres titres de l’auteur, résumés…)

Alexandre Jarry publie son premier roman en 2009 ; il utilise le numérique et l’auto-édition. Plus d’infos sur son site.

Un nounours est enfermé dans un carton depuis des années. Il est vieux, abîmé et il a la bouche cousue. Il se rappelle d’un enfant avec qui il était heureux, William, mais celui-ci l’a abandonné quand il a eu 10 ans. Un jour, une jeune fille le récupère. « Elle souriait. Elle me souriait. […] Un frémissement me parcourut jusqu’au plus profond de mon être lorsqu’elle me prit dans ses bras. Je fus saisi par la douceur de son geste. […] Sans me quitter des yeux et toujours souriante, elle me tira de ce grenier, de mon exil, pour m’emmener loin avec elle. » (p. 7). La jeune fille ne parle pas alors la peluche l’appelle Motus. En écoutant, la peluche et le lecteur apprennent des choses sur William et sur la jeune fille.

Une nouvelle saisissante, mais un peu trop courte… Toutefois, j’ai bien aimé le style et l’ambiance alors je regarderai les autres titres de cet auteur.

Lacan et la boîte de mouchoirs de Chris Simon (2013, 19 pages + 12 pages : introduction, informations, autres titres de l’auteur, résumés…)

Chris Simon est une auteur franco-américaine ; professeur de français à New York, elle décide de se consacrer à l’écriture ; elle utilise l’auto-édition. Plus d’infos sur son site.

Judith, bientôt cinquante ans, vient de se séparer de son compagnon. Elle consulte Hervé Mangin qui fut « un des derniers psychanalystes analysés par Jacques Lacan en personne ». Durant la première séance, une boîte de mouchoirs était à disposition mais ensuite… plus de boîte de mouchoirs ni sur la table basse ni sur le bureau ! « Vous ne mettez plus de mouchoirs ? Je veux dire… C’est un oubli ou vous n’y croyez… Vous… ».

Premier épisode de la saison 1 de 7 épisodes, suivi de deux autres saisons de 7 épisodes chacun. Cette nouvelle est agréable à lire mais je pensais que ce serait plus drôle… Pour ceux qui sont intéressés par la psychanalyse sans avoir jamais consulté de psychanalyste.

Derrière la clôture d’Isabelle Cousteil (2015, 21 pages + 1 page : introduction)

Isabelle Cousteil travaille dans « l’ingénierie et la production culturelle » ; elle est aussi auteur. Plus d’infos sur son blog.

L’auteur raconte l’histoire de Juanita de la Cruz, torera espagnole, née en 1917, qui a commencé à 14 ans, et qui s’est exilée en Amérique du Sud où elle a continué sa carrière. Dans un monde d’hommes, elle fut la première femme torera. Cette nouvelle a reçu le 2e Prix Hemingway 2015 et est disponible dans le recueil de nouvelles Leçons de ténèbres et autres nouvelles du Prix Hemingway 2015. Je ne savais pas que, chaque année, le Prix Hemingway récompensait une nouvelle de littérature de tauromachie ! Quelle horreur, moi qui déteste la corrida et les courses de taureaux ! Qu’a fait Hemingway pour mériter ce Prix à part couvrir la guerre d’Espagne ?… Je ne lirai pas les autres nouvelles de ce recueil.

Ce que je voulais dimanche dernier en lisant ces nouvelles, c’était tester la liseuse la nuit (de 23 heures à minuit) sans lumière supplémentaire. Un confort de lecture parfait ! Et j’ai pu tester, sans avoir rien réglé auparavant, la lumière orange qui permet, après la lecture, un meilleur endormissement, c’est génial. Je suis très contente de ma Kobo, je pense que je vais l’utiliser régulièrement !

Pour La bonne nouvelle du lundi, événement bloguesque mettant en avant les nouvelles organisé par Martine.