Throwback Thursday livresque 2018-40

Zut, zut, zut, j’ai encore oublié de participer au Throwback Thursday livresque jeudi, donc hier ! Pour ce jeudi 4 octobre, le thème du Throwback Thursday livresque 2018 est « Livre préféré de l’été ». Aïe… J’aurais aimé que ce thème soit au pluriel !!! J’ai en tout cas participé au Challenge de l’été 2018 et j’ai lu en 3 mois une cinquantaine de livres et je n’arrive pas à n’en choisir qu’un préféré… J’aimerais en mettre trois (dans l’ordre de lecture car ils sont ex aequo) : La famille Yassine et Lucy dans les cieux de Daniella Carmi (L’antilope, 2017, Israël), Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur Jaswal (Belfond, 2018, Singapour) en littérature adulte (les deux sont à la fois instructifs et divertissants, et même drôles) et la petite pépite jeunesse : Miss Pook et les enfants de la lune de Bertrand Santini (Grasset Jeunesse, 2017, France). Ça vous va si je vous en mets trois ? 😉 Vous pouvez voir les autres participations chez BettieRose. Bonne fin de semaine et bon weekend automnal.

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Pêche d’Emma Glass

Pêche d’Emma Glass.

Flammarion, Hors collection, Littérature étrangère, août 2018, 128 pages, 14 €, ISBN 978-2-08144-313-6. Peach (2018) est traduit de l’anglais par Claro.

Genres : littérature galloise, premier roman.

Emma Glass naît à Swansea (Pays de Galles). Elle étudie la littérature anglaise, participe à des ateliers d’écriture et devient infirmière en pédiatrie avant d’écrire ce premier roman, Pêche (peut-être inspiré par des patientes ?).

« Tu vois ? dit Papa. Il met juste du temps à s’habituer, c’est tout. On sait que tu as été un peu surprise par son arrivée, Pêche, dit Maman. » (p. 20). Pêche a été surprise à l’arrivée de son petit frère mais maintenant Pêche pense à autre chose, Pêche a été déchirée, Pêche a du sang qui coule, Pêche a dû se recoudre pour que le sang arrête de couler sur ses jambes. « Je dois oublier. Je vais oublier. Je me pince les joues, je soupire. Je vais essayer. » (p. 27). Le jeune homme va la harceler, lui dire qu’il l’aime… « Lincoln. Il a un nom. » (p. 29) mais Pêche ne dit rien à personne et refuse d’être une victime. « Je me dis, Faisons comme s’il ne s’était rien passé. Je ne veux pas être une victime. Une de ces victimes. » (p. 75).

Après Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson, je lis encore un roman qui parle de viol ; décidément cette rentrée littéraire est bien sombre… Mais Pêche est un roman totalement différent, très court, rythmé à toute vitesse (celle de l’adolescence ?), il est tout en fluides (bon là, c’est un peu beurk…), en couleurs et bizarrement il s’en dégage une sorte de poésie. L’adolescente, Pêche, est attachante et le lecteur a tellement envie qu’elle aille mieux, qu’elle puisse parler à ses parents (un peu décalés) et à son petit ami, Vert. Car Pêche affronte l’horreur seule… Seule ? Eh bien non, il y a les lecteurs ! Alors, lisez Pêche, vous verrez c’est un récit bouleversant, intense, et pas seulement féminin.

Je crains qu’en Grande-Bretagne, le viol soit un phénomène récurent, pour preuve cette campagne de pub de Blue Seat Studio :

Une dernière lecture faite pendant le Challenge de l’été que je mets dans 1 % Rentrée littéraire 2018, Défi littéraire de Madame lit (littérature britannique), Petit Bac 2018 (catégorie Mot positif, en total décalage avec le thème du roman !) et Voisins Voisines 2018 (Pays de Galles).

 

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles de Mick Kitson.

Métailié, collection Bibliothèque écossaise, août 2018, 256 pages, 18 €, ISBN 978-10-226-0800-8. Sal (2018) est traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller.

Genres : littérature écossaise, premier roman.

Mick Kitson naît au Pays de Galles mais vit en Écosse (dans le Fife, côte est) avec son épouse. Il étudie l’anglais à l’Université de Newcastle Upon Tyne. Rocker (dans les années 80, avec son frère, dans le groupe The Senators), journaliste, professeur d’anglais, il signe avec Manuel de survie à l’usage des jeunes filles son premier roman.

« M’man » est souvent bourrée et Robert, le beau-père, abuse de Sal (13 ans) depuis qu’elle en a 10… Peppa a bientôt 10 ans et Robert a menacé de s’en prendre également à elle alors Sal a installé un verrou sur la porte de sa chambre. « Si j’avais posé un verrou sur ma porte, Robert l’aurait défoncée à coups de pied et il aurait réveillé Peppa. Il n’aurait pas réveillé m’man parce que quand elle avait bu et qu’elle était dans les vapes on ne pouvait pas la réveiller. » (p. 12). Sal craint que, si les services sociaux interviennent, elle et Peppa soient séparées alors elle va agir en secret et tout préparer pour qu’elles s’enfuient dans la forêt de Galloway, une forêt sauvage des Highlands. Dans la forêt, les filles sont d’abord seules, et pas malheureuses malgré le froid, puis elles rencontrent Ingrid, une Allemande de l’Est, médecin immunologue, mais âgée et malade. Évidemment, la police recherche Salmarina et Paula (les prénoms de Sal et Peppa) et la mère va essayer de changer : « Sobre depuis trois semaines. Un jour à la fois. Je n’arrive pas a y croire. Je m’en sors sans antidouleurs !! » (p. 150). Mais est-ce aussi simple que ça ?

Les descriptions et les détails peuvent dérouter au début mais c’est ce qui fait de ce roman un véritable manuel de survie ! Vous allez tout savoir sur les crottes de lapin et comment poser un piège, sur l’étanchéité du Gore-Tex, sur les dents des brochets, et tant d’autres choses. C’est que Sal est une ado de son temps qui a tout cherché sur YouTube et Wikipédia et tout acheté sur Amazon pour pouvoir fuir et survivre avec sa petite sœur !

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles est un roman coup de poing, difficile, cruel comme un conte de fée moderne dans lequel Sal et Peppa seraient peut-être pas des princesses mais des petits chaperons rouges ; m’man non pas une méchante marâtre mais une mère alcoolique, dépassée et peut-être même qu’elle ferme les yeux sur ce qu’elle ne veut pas voir ; et Robert un ogre ou le loup du Petit chaperon rouge. Pourtant, dans leur horrible malheur, les filles ne sont pas malheureuses, parce qu’elles ne veulent pas être des victimes, elles se débrouillent même très bien, elles sont matures, pétillantes de vie et presque, le lecteur courrait avec elles dans cette forêt sombre et froide ! Contrairement à Dans la forêt de Jean Hegland (le postulat de départ est différent) que je n’avais pas aimé (explications dans ma note de lecture), cette histoire de deux sœurs m’a… je ne dirais pas enchantée vu le thème, mais retournée ! Les filles ne seront donc jamais tranquilles, elles risqueront toujours le pire, quel que soit le nombre d’histoires, de contes, de prévention pour dénoncer les viols et la pédophilie… Et ce n’est pas le roman suivant que j’ai lu qui dira le contraire… (Pêche d’Emma Glass). En tout cas, Mick Kitson développe un roman nature writing étonnant, sensible, puissant et il faudra suivre cet auteur.

Un roman lu pendant le Challenge de l’été que je mets aussi dans 1 % Rentrée littéraire 2018, Défi littéraire de Madame lit (en octobre, littérature britannique) et Voisins Voisines 2018 (Écosse).

Faire mouche de Vincent Almendros

Faire mouche de Vincent Almendros.

Minuit, janvier 2018, 128 pages, 11,50 €, ISBN 978-2-7073-4421-2.

Genre : roman français.

Vincent Almendros naît en 1978 à Avignon et il étudie les Lettres à l’université. Ses deux précédents romans sont Ma chère Lise (Minuit, 2011) et Un été (Minuit, 2015, Prix Françoise-Sagan). Il est aussi poète.

Un topo tout simple !

Un mariage, celui de Lucie, la cousine. Cet été-là, Laurent retourne dans son village d’enfance, plutôt un hameau, Saint-Fourneau, avec Claire (que tout le monde pense être sa compagne Constance, enceinte). Dans la maison vieillotte et poussiéreuse ou le « couple » s’installe, « Cinq mouches mortes qui reposaient en famille sur les lames du parquet. » (p. 17).

Mais les relations familiales sont compliquées, parfois pudiques avec des silences et des non-dits, mais en tout cas compliquées ! Et Laurent, qui a bien changé, n’a pas vraiment envie de revoir tous ces gens qui lui sont devenus presque étrangers (et dont il a peut-être un peu honte). « Je ne pus éviter mon visage dans le miroir. Il était impavide, inexpressif. C’était à peine le mien. Je veux dire qu’il avait beaucoup changé ces dernières années. Je devais, parfois, faire un effort pour me reconnaître. » (p. 98).

Non seulement ce court roman fait mouche tant il est intense mais la fin est une surprise totale tant je n’avais rien vu venir ! Et je ne suis pas la seule, c’est aussi le cas des personnes qui l’ont lu autour de moi. Une belle surprise donc que d’avoir découvert cet auteur avec son troisième roman et j’ai bien envie de lire Ma chère Lise et Un été à l’occasion.

Une surprenante lecture que je mets dans le Challenge de l’été et Petit Bac 2018 (catégorie Animal, ça change des chats !).

Taqawan d’Éric Plamondon

Taqawan d’Éric Plamondon.

Quidam, collection L’Américaine, janvier 2018, 208 pages, 20 €, ISBN 978-2-37491-078-9.

Genre : littérature québécoise.

Éric Plamondon naît en 1969 à Québec. Il étudie la communication, le journalisme et l’économie à l’Université de Laval puis la littérature à l’Université de Québec. Il vit en France depuis les années 90. Il est romancier, nouvelliste et a reçu de nombreux prix littéraires en particulier au Québec. Taqawan est son quatrième roman, paru en 2017 au Québec et en 2018 en France. Plus d’infos sur son site et son blog.

11 juin 1981 : Océane a 15 ans aujourd’hui. Elle fait partie du peuple des Indiens Mi’gmaq, aussi appelés Miquemaques, Mi’kmaqs, Micmacs ou même Souriquois par les Français. Elle est dans le bus scolaire qui la ramène chez elle, à la réserve de Restigouche en Gaspégie (Gespeg). Mais le bus s’arrête, il ne peut pas traverser le pont… Il y a des policiers de la Sécurité du Québec partout, trois cents policiers (!) et un hélicoptère : c’est que les Indiens pêchent le saumon pour nourrir leur famille mais c’est interdit par la loi et les policiers sont chargés de les empêcher de récupérer les filets…. De façon plutôt violente… « Alors les forces de l’ordre redoublent de coups, s’enragent et deviennent vicieuses. Quand les chiens sont lâchés, quand on donne le feu vert à des sbires armés en leur expliquant qu’ils ont tous les droits face à des individus désobéissants, condamnables, délinquants, quand on fait entrer ces idées dans la tête de quelqu’un, on doit toujours s’attendre au pire. L’humanité se retire peu à peu. Dans le feu de l’action, la raison s’éteint. Il faut savoir répondre aux ordres sans penser. » (p. 14-15). De son côté, Yves Leclerc, un garde-chasse qui vit seul au milieu de la forêt découvre une adolescente frigorifiée, elle a été violée par plusieurs hommes… blancs… « […] que se passe-t-il ? Il vient d’amener chez lui une jeune Indienne. Sous le choc d’un viol. Elle a passé la nuit dehors. Lui vient de perdre son travail parce qu’il a refusé de retourner sur la réserve. » (p. 47-48).

Deux histoires, celle d’Océane et celle d’Yves, dans un pays en fait à cheval sur deux pays – le Québec (francophone) et le Canada (anglophone) – un pays qui ne veut pas appartenir à tous, surtout à ses habitants d’origine, deux histoires qui se rejoignent dans un récit intense, cruel. Taqawan est un roman historique, social, noir, profondément humain. Et si les Québécois, les Canadiens n’étaient pas si gentils que ça ? Cette histoire fait bien sûr penser à la façon dont ont été traités les Indiens d’Amérique aux États-Unis et les Aborigènes en Australie. Ils ont perdu leurs terres, leurs traditions ancestrales, leur mode de vie proche et respectueux de la nature hérité de leurs ancêtres, ils ont été enfermés, battus, brimés, humiliés, presque décimés… C’est un miracle s’ils existent encore, malheureusement sous tutelle, dans des réserves qui ressemblent à des bidonvilles…

On apprend non seulement beaucoup de choses sur les Indiens du Québec, sur les Européens envahisseurs, sur leurs relations plus que tumultueuses, mais aussi sur la nature, sur le saumon (très important dans la vie des Indiens), taqawan. « Les reins du saumon se métamorphosent selon le milieu aquatique. Quand un saumon passe de l’eau douce à l’eau salée, et vice-versa, ses deux reins subissent des transformations d’anatomie et de fonctionnement. Encore aujourd’hui, les scientifiques ne s’expliquent pas ce phénomène. » (p. 61). Un roman fort, beau, passionnant, violent, pas tendre avec les colons anglais, français et leurs gouvernements…

Ma phrase préférée : « Tu es revenu. Tu es un saumon revenu de la mer, tu es un taqawan. » (p. 153).

Une très belle lecture pour les challenges Petit Bac 2018 (catégorie Titre mot unique) et Challenge de l’été 2018. Et j’ai failli oublié Suivez le thème avec le thème liquide (pour les saumons, eau douce, eau salée, les filets de pêche, tout ça, tout ça).

Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur Jaswal

Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur Jaswal.

Belfond, collection Le Cercle, mai 2018, 352 pages, 21 €, ISBN 978-2-7144-7575-6. Erotic Stories for Punjabi Widows (2017) est traduit de l’anglais (Singapour) par Guillaume-Jean Milan.

Genres : littérature singapourienne, littérature indienne.

Balli Kaur Jaswal naît à Singapour et grandit « entre le Japon, la Russie, les États-Unis et l’Europe ». Elle étudie l’écriture créative ; ses deux premiers romans, Inheritance (2013) et Sugarbread (2016), ne sont pas traduits en français. Plus d’infos sur https://ballijaswal.com/.

Jeune Indienne Pendjabie moderne et libre vivant à Londres, Nikki est horrifiée de voir sa sœur, Mindi, se proposer pour un mariage arrangé. Mais, alors que Mindi est optimiste pour son avenir, la vie de Nikki n’est pas au mieux, elle travaille dans un bar, elle vit seule… « Quel avenir y avait-il pour une jeune femme de vingt-deux ans avec la moitié d’une licence en droit ? Dans la situation économique actuelle (et sans doute n’importe quelle autre) : aucun. » (p. 13). La pression familiale et même des voisins est forte… « […] la sensation d’être coupée en deux. À la fois britannique et indienne. » (p. 19).

En allant déposer la petite annonce pour Mindi à Southall sur le panneau d’affichage du temple, Nikki lit une autre annonce : « Cours d’écriture : inscrivez-vous maintenant ! ». Kulwinder Kaur, seule femme au conseil de la communauté, embauche Nikki pour donner les cours aux femmes inscrites, pour la plupart des veuves. Lors du premier cours, Nikki se rend compte que les femmes ne savent pas écrire mais sont friandes de récits érotiques ! « Elle avait été engagée pour enseigner l’anglais, certes, mais n’avait-elle pas aussi signé pour aider ces femmes à gagner en indépendance ? Si les veuves voulaient raconter des histoires érotiques, de quel droit les censurer ? » (p. 83). Un soir, Nikki fume une cigarette et fait la connaissance de Jason Singh Bhamra. « Américain. Et Pendjabi. Et Sikh évidemment. » (p. 84). L’atelier d’écriture devient de plus en plus populaire mais qui dit plus de participantes dit plus de papotages à l’extérieur et plus de danger d’être découvertes par les Frères et les bien-pensants de la communauté.

Une visite au temple, une petite annonce, des rencontres et la vie de Nikki est bouleversée ! Un roman délicieusement érotique, avec des femmes incroyables (dans une société traditionnelle toujours patriarcale), des veuves qui vont tout faire voltiger autour d’elles et de leurs histoires, réelles ou fantasmées ! Un « club » un peu comme l’Inde, coloré, enlevé, épicé même, vraiment drôle et j’ai lu qu’il va être adapté au cinéma. Ce roman, c’est un peu de girl power (il parle de féminisme, d’émancipation, de liberté et aussi de crimes d’honneur) et de love power (les histoires des veuves sont en italique) mais jamais vulgaire et jamais mièvre. Un succès mérité car le lecteur passe un super moment de lecture, apprend beaucoup de choses, s’interroge et… a très envie de manger indien (mais attention, vous ne regarderez plus certains légumes, carottes, courgettes, concombres… de la même façon !) 😉

Je note que, lors de leur arrivée dans un autre pays « pour vivre mieux », ici l’Angleterre, certains Indiens veulent vivre au milieu des Anglais, comme les Anglais, mais, avec l’éducation des enfants, la nostalgie du pays d’origine ou d’autres raisons plus prosaïques comme pouvoir acheter facilement des ingrédients pour cuisiner, beaucoup vont vivre dans un quartier indien, ici Southall, pour se sentir entourés, rassurés, ce qui crée du communautarisme et donne malheureusement une certaine autorité aux intégristes de la pensée, de la morale et du comportement…

Un passage que je veux retenir. « Je déteste ça. Le regret littéraire. On tombe sur un livre et puis on se dit, je le prendrai plus tard. Ensuite on regrette et impossible de le trouver nulle part. Ça devient une obsession. » (p. 136).

Une excellente lecture pour le Challenge de l’été, Raconte-moi l’Asie (l’auteur est une Indienne de Singapour) et Feel good (même si ce roman est plus que ça).

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson.

Stock, collection La Cosmopolite, janvier 2018, 176 pages, 18 €, ISBN 9782-23408-327-1. Another Brooklyn (2016) est traduit de l’américain par Sylvie Schneiter.

Genre : littérature américaine.

Jacqueline Woodson naît le 12 février 1963 à Columbus dans l’Ohio (États-Unis) mais elle grandit à Greenville en Caroline du Sud puis à Brooklyn (NY). Elle écrit des livres pour la jeunesse mais Un autre Brooklyn est paru comme son premier livre adulte et a été nommé pour le National Book Award for Fiction en 2016.

« Je sais désormais que la tragédie ne se vit pas sur le moment. Mais dans le souvenir. » (p. 11). August, anthropologue, revient à Brooklyn pour enterrer son père. Elle revoit son frère, 31 ans, marié, et son épouse va avoir leur premier enfant. Elle se souvient de ses amies lorsqu’elles avaient 15 ans. « Sylvia, Angela, Gigi, August. Quatre filles toujours ensemble, d’une beauté stupéfiante, dans une solitude terrifiante. Un souvenir. » (p. 24).

Été 1973. August (8 ans) et Clyde (4 ans) quittent leur Tennessee natal après la mort de leur mère et partent avec leur père à Brooklyn. « Je regardai mon frère observer le monde […]. Où que nous posions les yeux, nous voyions des gens s’efforcer de rêver leur départ. Comme s’il existait un ailleurs. Un autre Brooklyn. » (p. 78). Un Brooklyn sans soldats déglingués, sans drogués, sans dangers ? Mais le quartier devient de plus en plus dangereux et les Blancs le quittent. Et un jour, le père change de vie, il a rencontré une femme et commence à lire le Coran alors qu’avant, la famille fréquentait une église chrétienne.

Mais en fait tout n’est que souvenir…

Un autre Brooklyn est un roman d’apprentissage, c’est l’histoire des Noirs américains dans l’Amérique des années 60-70-80 et en particulier de ces quatre adolescentes qui aiment la musique et s’amuser.

Jacqueline Woodson parle du Black Power et de la Nation of Islam :

Black Power : terme créé en 1966, « divers mouvements politiques, culturels et sociaux noirs aux États-Unis, actifs principalement dans les années 1960 et les années 1970, qui luttaient contre la ségrégation raciale » (Wikipédia).

Nation of Islam : organisation politique et religieuse (nationalisme noir) créée en 1930 à Détroit.

Mais comment, dans un roman comme celui-ci, peut-on oublier de parler de Martin Luther King ? Comment peut-on oublier d’expliquer aux lecteurs néophytes que nombre de Noirs américains ont été islamisés sous prétexte que leurs ancêtres étaient musulmans (ce qui était faux dans la plupart des cas) ?

Un autre Brooklyn est un roman qui ne m’a apporté que ces questions… Je l’ai trouvé lourd, pas explicite sur certains thèmes (que s’est-il réellement passé entre les filles ?), il ne m’a pas touchée, déception donc et je ne pense pas lire un autre titre de Jacqueline Woodson. Mais il y a plein d’avis positifs sur ce roman 😉

Pour le Challenge de l’été, Mois américain et Petit Bac 2018 (catégorie Lieu).