Le reste du monde de Jean-Christophe Chauzy

Le reste du monde est une série de bandes dessinées de Jean-Christophe Chauzy parue chez Casterman à partir de 2015.

Genres : bande dessinée, science-fiction, post-apocalyptique.

Jean-Christophe Chauzy naît le 16 mai 1963 à Toulouse. Il est auteur et dessinateur de bandes dessinées ; il enseigne aussi le design graphique. Il publie des bandes dessinées (seul ou en collaboration) depuis 1988 mais j’ai l’impression que je n’en avais jamais lu de lui avant cette série.

Tome 1 : Le reste du monde [lien Casterman], mars 2015, 122 pages, 18 €, ISBN 978-2-20308-741-5.

Tome 2 : Le monde d’après [lien Casterman], octobre 2016, 112 pages, 18 €, ISBN 978-2-20309-754-4.

Tome 3 : Les frontières [lien Casterman], octobre 2018, 112 pages, 18 €, ISBN 978-2-20314-692-1.

Pour les vacances, Marie est avec ses fils, Jules et Hugo, dans les Pyrénées. Les garçons passeront un peu de temps chez les Guérin à Cazeaux avec leur petit-fils, Théo, et leur chien, Plutarque. Marie est en colère après leur père qui ne s’est pas occupé d’eux car il a une autre femme plus jeune dans sa vie. Pendant que Jules et Hugo sont chez les Guérin, Marie monte au chalet pour tout ranger et nettoyer avant leur retour le lendemain à Paris pour la rentrée scolaire. Mais les animaux se comportent bizarrement et, soudain, un très violent orage éclate suivi d’un puissant séisme ; il n’y a plus d’électricité, plus de réseau… « Ça n’est jamais tombé si dru… Ça n’a jamais soufflé si fort… » (p. 22). Heureusement Marie retrouve ses enfants et Plutarque mais il faut fuir, c’est la fin du monde, tout est détruit et il y a de nombreux morts. Ils se réfugient dans la petite ville de Soulan mais il n’y a plus de routes et la vallée est bloquée. « Nous sommes coincés ! Coincés comme des rats dans une nasse. Des rats sans espoir, sans compassion, sans avenir. » (p. 88-89).

Les dessins ne sont pas très beaux (à mon goût) mais ils retranscrivent bien cette fin du monde : ils sont boueux et poisseux. Quant aux personnages, ils sont remplis de l’énergie du désespoir ! Marie fuit avec Jules, Hugo, Théo (qu’ils ont retrouvé) et Plutarque mais les survivants sont armés et dangereux… Est-il possible de faire confiance à quelqu’un ? Tout est détruit ! Plus de route, plus de communication, peu de nourriture… Est-il possible de survivre dans ce chaos ? De garder son humanité ? Et que reste-t-il du « reste du monde » ? Vous le saurez en lisant cette excellente série !

Par contre, je suis désappointée, j’ai cru que c’était une trilogie… Eh bien, non… Il faut maintenant attendre un quatrième tome pour connaître la fin de cette histoire palpitante et effrayante narrée plus tard par Hugo, le plus jeune fils.

Des lectures pour La BD de la semaine (il était temps car depuis le début de l’année, j’étais aux abonnés absents…), les challenges BD et Littérature de l’imaginaire.

Toutes les BD de la semaine sont chez Moka – Au milieu des livres.

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Prendre refuge de Zeina Abirached et Mathias Énard

Prendre refuge de Zeina Abirached et Mathias Énard.

Casterman, septembre 2018, 344 pages, 24 €, ISBN 978-2-20314-861-1.

Genre : bande dessinée.

Zeina Abirached naît le 18 janvier 1981 à Beyrouth (Liban). Elle étudie le graphisme à l’Académie libanaise des Beaux-Arts (ALBA) puis l’animation à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Elle travaille d’abord comme graphiste indépendante et se lance dans la bande dessinée. [Beyrouth] Catharsis et 38 rue Youssef Semaani en 2006, Mourir, partir, revenir – Le jeu des hirondelles en 2007, Je me souviens – Beyrouth en 2008, Mouton en 2012, Beyrouth partita en 2014 et Le piano oriental en 2015.

Mathias Énard naît le 11 janvier 1972 à Niort (Deux-Sèvres, Aquitaine). Il étudie l’arabe, le persan et voyage au Moyen-Orient. Parmi les titres de ses romans : Zone en 2008, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants en 2010 et Boussole en 2015.

« On ne se convertit pas au bouddhisme. On y prend refuge. On prend refuge dans le bouddha. Dans la sagesse. Dans la compagnie des amis. » (premières pages).

Berlin, une soirée entre amis. Elke prête un livre à Karsten. Le livre c’est Prendre refuge : Afghanistan, Bamiyan, 1939, une exploratrice veut aller au Kafiristan, « le pays des infidèles », en Ford, et elle est accueillie par un archéologue et son épouse dans leur campement mais les bruits de guerre sont arrivés en Asie. Berlin, un jour de septembre, à la kermesse du quartier, Karsten rencontre Neyla, une Syrienne d’Alep qui a « cherché refuge » en Allemagne depuis deux mois et qui n’arrive pas à obtenir des papiers en règle. Son allemand est… arbitraire mais ils se revoient.

Prendre refuge, c’est deux histoires d’amour… Impossible ? Deux histoires à deux époques différentes, dans deux lieux différents, placées sous le signe du déracinement et de la constellation d’Orion. Mais peut-on réellement trouver refuge dans un autre pays, dans une autre langue, dans un cœur aimant ? « Je crains que tout ne soit qu’une illusion. » (p. 218).

Parfois les pages ne sont rythmées que par des bruitages qui représentent la vie : « tchac » pour couper les légumes (extrait ci-contre), « ha ha ha » pour des rires entre amis, « clic » pour le bruit d’un briquet, « scrtch » pour des pas dans l’herbe, « cloc » pour une horloge, etc. Et, ce que j’aime toujours chez Zeina Abirached, c’est son noir et blanc somptueux et lumineux ! Qui donne une bande dessinée (on peut aussi appeler cette œuvre un roman graphique) à la fois minimaliste et d’une grande richesse.

Dernier mercredi de l’année alors je mets cette bande dessinée dans La BD de la semaine même si je suis en décalage puisque les coups de cœur 2018, c’était mercredi dernier… D’ailleurs, vous pouvez les consulter chez Moka Milla.

Je mets aussi cette bande dessinée dans les challenges BD et Un max de BD en 2018.

Petzi construit son bateau de C. & V. Hansen

[Article archivé]

Petzi construit son bateau est une bande dessinée de C. & V. Hansen rééditée aux éditions Casterman en avril 1991 (32 pages, 5,45 €, ISBN 2-203-32501-1). Rasmus Klump bygger skib (1952) est traduit du danois.

Vilhelm Hansen est né le 6 mai 1900 à Amager, une île danoise de l’Øresund. Il est mort le 3 décembre 1992 à Copenhague, la capitale du Danemark. Lithographe et illustrateur, il s’est lancé dans la bande dessinée dès les années 40.

Carla Hansen, née le 19 septembre 1906 à Copenhague, était l’épouse de Vilhelm Hansen. Elle est morte le 6 décembre 2001 à Copenhague. Elle écrivait avec humour les scénarios de Petzi.

La série commence en novembre 1951 et continue jusqu’en 1985 (36 tomes). Il y a des hors-séries, des posthumes et des inédits. Petzi (Rasmus Klump en danois) est un ourson qui porte une salopette rouge à pois blancs. Ses principaux amis sont : Pingo (Pingo en danois), un manchot portant un nœud papillon blanc ; Riki (Pelle en danois), un pélican qui sait lire et qui a toutes sortes d’objets dans son grand bec ; L’Amiral (Skæg en danois), un phoque, marin à la retraite, portant un pantalon bleu et un béret. Il y a aussi des personnages secondaires : une tortue, Caroline, un cochon, Porcelet, un éléphanteau, Jumbo, une autruche, un lapin, un âne…

Dans Petzi construit son bateau, Petzi trouve une roue et Pingo propose d’en faire un vélo. Mais la roue est étrange… C’est en fait un gouvernail ! Et Riki propose de construire plutôt un bateau. « Un bateau, c’est bien mieux qu’un vélo ! » (p. 6). Mais un bateau, ça ne se construit pas comme ça, et « le travail, ça donne faim ! » (p. 17).

Petzi et ses amis n’hésitent pas à voler des objets (les roues de la carriole de Porcinet, les planches de la clôture d’Autruche) et je me demande si cette histoire serait acceptée par un éditeur de nos jours. En tout cas, cette bande dessinée, bien sûr destinée aux jeunes lecteurs, fait partie des classiques qui se (re)lisent avec plaisir même pour les adultes (enfin, je parle pour moi).

Une lecture pour les challenges Animaux du monde, A reading’s week, Classic’BD, Le mélange des genres (catégorie BD et roman graphique), Nordique (Danemark) et Petit Bac 2014 (catégorie Objet : le bateau étant transportable).