Il était une fois… peut-être pas d’Akli Tadjer

[Article archivé]

Il était une fois… peut-être pas est un roman d’Akli Tadjer paru aux éditions JC Lattès en août 2008 mais je l’ai lu en Pocket (mars 2011, 253 pages, 6,60 €, ISBN 978-2-266-18993-4) et je remercie Blog-o-Book de m’avoir envoyé ce très joli roman qui a reçu le Prix de la Révélation 2009 de AuFéminin.com.

Akli Tadjer est né en 1954 à Paris. Il est romancier et scénariste (épisodes de Maigret). Plusieurs de ses romans ont reçu des prix. Du même auteur : Les ANI du Tassili (1985), Courage et patience (2000), Le porteur de cartable (2002), Alphonse (2005), Bel-Avenir (2006) et Western (2009).

Mohamed a 42 ans, il est artificier depuis 18 ans, il vit à Paris. Il a élevé seul sa fille, Myriam, une charmante fillette à qui il racontait le soir des histoires : « Il était une fois… peut-être pas ». Des histoires magiques, des histoires d’amour, des histoires d’Algériens et de Français dont l’histoire pendant deux cents ans a emmêlé les vies et les destins : Awa et ses éventails, Hussein Dey, Madeleine, Marion, Adam, Aziz, Kamel… Mais Myriam n’a jamais rien su concernant sa mère. S’étant prise de passion pour les bateaux, la voile et la navigation dès l’enfance, Myriam le bac en poche a décidé d’étudier à La Navale, l’école de Commerce maritime de Toulon. Myriam a 20 ans, elle est partie, elle a laissé Mohamed à Paris, elle revient mais pas tous les weekends… Et ce weekend, Mohamed doit se mettre sur son 31 ! Myriam va lui présenter son petit ami ! « Elle va me le ramener pour le déjeuner, son gus. Elle m’a casé la nouvelle la semaine dernière. Simple comme un coup de fil. […] Le reste, c’était son prénom. Je ne l’ai pas retenu. Le reste, c’était son nom. Je l’ai encore moins retenu. Et tout le reste, je n’ai pas voulu l’entendre. » (p. 10). En fait, le gus, c’est Gaston Leroux, oui comme la chicorée, et aussi comme l’auteur de Rouletabille, ça dépend de votre culture. Un jeune homme d’un blond insignifiant, mais qu’est-ce qu’elle lui trouve ? « À première vue, il était de ses beautés ordinaires. Ni gros ni maigre. Ni grand ni petit. Ni beau ni laid. Et ses yeux étaient comme le temps entre gris et bleu. » (p. 14). Les deux hommes se jaugent mais Gaston est en admiration devant le père aimant dont lui a parlé Myriam, alors que ses parents ont fait preuve de racisme envers elle et qu’il a coupé les ponts avec eux. « Tu vois venir la suite, papa ? – Je vois surtout venir le pire. » (p. 22). Impossible pour Gaston de rester à Toulon et de reprendre l’horlogerie familiale ! Il va rester à Paris et apprendre un métier ! « Alors, c’est oui puisque tu ne dis pas non. » (p. 24). Il ne manquait plus que ça ! Mohamed doit héberger le jeune homme, le supporter, le conseiller !!! Mais pendant que Gaston est à Paris et travaille avec Mohamed, Myriam de retour à Toulon a rencontré Malik, un étudiant en théologie qui veut devenir imam et qui la transforme en bonne musulmane. Mohamed va craquer, c’est sûr ! Mais un matin, il rencontre Rachel, une belle psychanalyste juive (non pratiquante).

Mohamed, le papa-poule, sous la plume d’Akli Tadjer, trouve le ton juste. Je pense que vous vous en êtes rendus compte avec les extraits dont j’ai parsemés mon résumé. Il y a beaucoup d’humour et de tendresse, pour en arriver à des choses graves (guerre, massacre, intégrisme, asservissement de la femme). On aime nos enfants de toute notre âme mais un jour l’enfance puis l’adolescence prennent fin et ils deviennent des adultes qui vivent de leurs propres ailes et qui prennent leurs propres décisions. Mais en tout cas, ne pas raconter aux enfants leur histoire, celle de leur famille, de leurs ancêtres, leur mentir ou leur cacher des choses, c’est les éloigner de la vérité et risquer qu’ils cherchent cette vérité ailleurs et qu’ils se fourvoient. Pour moi, Akli Tadjer est un auteur humaniste qui met toute son âme dans une écriture fine et envoûtante, et j’aimerais beaucoup lire d’autres de ses romans. En avez-vous lu ? Lequel me conseilleriez-vous ?

PS : J’ai oublié de dire que, vu l’humour de Mohamed/Akli Tadjer, je le mets dans le challenge Rire et humour d’Hélène.