Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan.

H2T, tome 1, juin 2020, 228 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-37777-223-0, tome 2, janvier 2021, 212 pages, 7,95 €, ISBN‎ 978-2-37777-352-7.

Genres : bande dessinée française, manga-like, fantasy.

Zelihan Banvillet naît le 20 mars 1997 à Paris mais elle grandit au Puy en Velay en Haute Loire (Auvergne) où elle étudie non seulement le dessin mais aussi la musique (chant, accordéon). Après un bac littéraire, elle choisit les Beaux Arts de Saint Étienne. Très tôt, elle découvre le manga et les films d’animation du studio Ghibli mais elle commence sa carrière de mangaka en secret (son professeur déteste le manga) sous le pseudonyme de MimiZeli sur Twitter, Instagram, Deviant Art et ManonZeli sur Facebook.

Tome 1. Ayten est une jeune orpheline recueillie par les habitants d’un village de chasseurs dans la montagne. Elle peut communiquer avec les animaux morts. Un jour, elle tombe de la falaise mais… « Toi ! Comment se fait-il… que tu sois encore en vie ?! ». Elle est bannie et se réfugie dans un temple abandonné en pleine forêt. Elle y rencontre Zêd, un garçon qui ne peut pas en sortir car des créatures appelées shagaï l’en empêchent. Pourtant ils arrivent à fuir et Ayten récupère un premier os bleu pour Zêd. La chèvre Nonos les suit dans leur périple jusqu’à un lac. Mais Zêd a menti…

Tome 2. Ayten, Zêd et Nonos continuent leur chemin, toujours poursuivis par les shagaï qui veulent arrêter « l’anomalie ». Zêd a récupéré plusieurs os bleus et les shagaï lui proposent de les rejoindre enfin mais en trahissant Ayten. Que va choisir Zêd ? « Ayten, quand on se change en shagaï… on ne peut plus revenir en arrière. » En fin de volume, des strips et des dessins bonus.

Wandering Souls, deux âmes errantes, Ayten et Zêd, est un shônen en deux tomes et cette série (presque trop courte finalement) est très réussie. Aventure, fantasy et écologie sont au rendez-vous pour les deux héros avec leur compagne de voyage, Nonos, le squelette d’une chèvre morte qui communique avec Ayten.

Les dessins sont détaillés, le rythme intense et l’histoire palpitante avec de beaux personnages, la légende des shagaï et de la vie éternelle. Ce voyage initiatique et surnaturel en montagne et en forêt est superbe.

Wandering Souls et Zelihan sont les gagnants du 5e Prix Mangavore (édition 2021). Malheureusement je n’ai pas pu assister ni au live le vendredi 11 juin (vidéo disponible ici) ni à la rencontre dédicace le samedi 12 juin à Romans sur Isère car je travaillais… Mais, chez le même éditeur, j’avais déjà lu une autre jolie série en deux tomes, Hana no Breath de Caly, et rencontré Caly.

Pendant l’été je continuerai à publier pour La BD de la semaine histoire de garder le rythme malgré la pause estivale et je mets également cette lecture dans les challenges BD, Cottagecore (catégorie 2 Retour aux sources), Contes et légendes #3, Des histoires et des bulles (catégorie 5, un shônen), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et S4F3 #7.

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka.

Delcourt, collection Akata seinen, 8,99 € chaque tome. Boku no Songoku (1952) est traduit du japonais par Tetsuya Yano et adapté par Patrick Honoré.

Genres : manga, seinen, Histoire, fantastique.

TEZUKA Osamu (手塚 治虫) naît le 3 novembre 1928 à Toyonaka (préfecture d’Ôsaka, Japon). Il étudie la médecine à l’université d’Ôsaka mais il découvre les dessins animés en particulier ceux de Walt Disney et devient mangaka, scénariste et réalisateur. Il connaît le succès avec La nouvelle île au trésor (1947). Suivront Le roi Léo (1950), Astro Boy (1952), Princesse Saphir ((1953), Phénix l’oiseau de feu (1956) et tant d’autres titres (dont la majorité sont adaptés en animation). Je ne peux pas tous les citer mais l’œuvre est colossale (de 1947 à 1988), touche à tous les genres et reçoit de nombreux prix y compris posthumes. Il meurt le 9 février 1989 à Tôkyô.

Tome 1, Delcourt, février 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-730-4.

Tout commence avec la création du monde, selon le bouddhisme, c’est-à-dire quatre continents (un à chaque point cardinal), une montagne avec le rocher « du mont des fruits et des fleurs » qui se transforme en œuf et la naissance d’un singe doré. Il mène une vie triste et solitaire jusqu’à ce qu’il devienne (à l’insu de son plein gré) le Roi des singes. « Ah, bonne vie et bonne demeure ! Que je vive longtemps et que ce bonheur dure toujours… » (p. 22). Mais trompé par son valet jaloux qui voulait devenir roi et sous l’emprise d’un sortilège, il se retrouve dans le monde éthéré des mages au Mont des esprits où il devient, Songoku, un disciple studieux. Le plus assidu même, c’est pourquoi, au bout de sept ans, il reçoit les Arcanettes du chaton (on est loin des Arcanes du tigre !). « Tu n’es pas encore prêt pour les Grandes Arcanes. Mais tu pourras déjà maîtriser soixante-douze techniques du Ciel et de la Terre ainsi que du Yin et du Yang mais retiens bien ceci, disciple : l’art du mage ne doit pas te servir à frimer. Si tu t’en sers dans un but mesquin, il te manquera toujours trois poils sur le caillou ! » (p. 39). Mais Songoku est un singe facétieux et bagarreur alors Sakyamuni « le Bouddha qui habite au paradis occidental » (p. 67) l’enferme pour cinq cents ans sous une montagne. Un jour, un bonze en route pour l’Inde passe par le Mont des cinq éléments, c’est « Sanzô Hôshi, archibonze de l’empire Tang » (p. 79) qu’attendait impatiemment Songoku et le voici libéré et en route pour d’étonnantes aventures avec une jeune dragonne qui servira de monture au bonze, un cochon gourmand (euh, goinfre serait plus approprié) et un kappa (bonze des sables). Le talent et l’humour de Tezuka (il y a des anachronismes amusants par rapport au roman dont le manga est adapté et des clins d’œil aux lecteurs) font de cette série un des chefs-d’œuvre du maître qui apparaît d’ailleurs page 109. Ma phrase préférée est « Abandonne tes désirs ! Plus tu en as et moins ce que tu désires se réalisera. » (p. 169). En fin de volume, une postface avec des informations précieuses et des clés de compréhension.

Tome 2, Delcourt, mai 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-731-1.

Songoku, Sanzô le bonze, Dragonette, Cho Hakkai le cochon et Sagojô le kappa continuent leur long voyage pour recevoir les soûtras sacrés en Inde. Mais un bateau pris par erreur (ou par la force du destin) les conduit au Japon où ils sont confrontés à un chat maléfique. « Je ne te lâcherai plus maintenant. Tu devrais savoir que le chat est un animal très obstiné ! Miaaou! » (p. 81). Ils rencontrent aussi de vilains oni (un genre de yôkai du folklore japonais) et Momotarô, clin d’œil à un enfant héros du folklore japonais. Lorsqu’ils arrivent en Chine, c’est la sécheresse et tous les bonzes sont arrêtés pour travailler. Sanzô n’y échappe pas. « Songoku, apprends que la vraie victoire, c’est de savoir pardonner à son ennemi ! » (maître Kannon-le-tout-puissant, p. 169). Et d’autres aventures trépidantes. En fin de volume, des clés de compréhension (c’est vrai que je ne connaissais pas certaines légendes).

Tome 3, Delcourt, septembre 2007, 288 pages, ISBN 978-2-75600-732-8.

« Chers lecteurs, cela fait déjà trois ans que Sanzô, l’éminent bonze de l’empire Tang, est parti pour les Indes afin d’y recevoir les soûtras sacrés du grand Bouddha… En chemin, il a sauvé Songoku, cloué sous le mont des cinq éléments, puis a accueilli Cho Hakkai, Sagojô et Dragonette comme nouveaux disciples. Grâce à leurs précieux services, il a pu ainsi se tirer sain et sauf de multiples traquenards et continuer son voyage. Mais nos amis ne sont pas au bout de leurs peines, et Bouddha seul sait les fabuleuses aventures qui les attendent encore avant d’arriver à destination… » (p. 6-7). Il faut dire que Sanzô est habitué aux arrestations et aux enlèvements ! Quant à Cho Hakkai, il risque d’être mangé à plusieurs reprises durant cette périlleuse aventure… Heureusement l’équipe arrive au complet aux portes de l’Inde. Il y a même une histoire (un rêve ?) avec Tezuka (p. 165 et suivantes). Et, en fin de volume, toujours des clés de compréhension.

Tome 4, Delcourt, janvier 2008, 288 pages, ISBN 978-2-75600-733-5.

L’Inde ! Mais nos amis doivent traverser l’Himalaya, enneigé et dangereux. Puis le fleuve Brahmapoutre. Je ne peux en dire trop, je ne veux pas divulgâcher… Mais il y a des clins d’œil à Tezuka (fleurs, cases noires…) et l’auteur profite bien de cette série pour raconter des légendes indiennes, chinoises et japonaises, ce qui réunit parfaitement ces trois grands pays touchés par le bouddhisme. Et toujours des clés de compréhension en fin de volume. À noter la Légende du Serpent blanc, issue du folklore chinois, et que j’ai évoquée récemment [ici].

Suivez les aventures du bonze Sanzô, inspirées de Pérégrination vers l’Ouest (ou Voyage vers l’Occident selon les traductions) du Chinois Wu Cheng’En (XVIe siècle) et bourrées de références. C’est dépaysant, c’est drôle, c’est effrayant, c’est enrichissant ! Tezuka s’approprie parfaitement la légende de Songoku (le titre japonais Boku no Songoku signifie en fait Mon Songoku), le Roi-Singe, et délivre une série courte (4 tomes) qui plaira assurément aussi bien aux jeunes qu’aux adultes curieux. Parce qu’à travers ces personnages que tout oppose, Tezuka aborde les valeurs humanistes que l’on aime, l’entraide, la solidarité, l’amitié avec de l’aventure, de l’action et de l’humour, du pur Tezuka en fait !

Une belle relecture (série déjà lue il y a 12-13 ans) pour Un mois au Japon (qui continue en mai) La BD de la semaine et les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 11, une adaptation littéraire, voir le paragraphe ci-dessus) mais aussi 2021, cette année sera classique (série parue au Japon en 1952 et inspirée d’un récit du XVIe siècle), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et bien sûr Les étapes indiennes #2. De plus, le tome 4 dont la couverture est rouge entre dans Lire en thème de mai (et pour le 1er thème secondaire, il y a des monstres, démons, sorcières). Plus de BD de la semaine chez Noukette.

En passant

En coup de vent… 133

Bonjour, c’est avec un peu de retard que je vous annonce la parution d’une interview de moi que Noctenbule a effectuée dans le cadre de son challenge BD Des histoires et des bulles. Noctenbule lit beaucoup de bandes dessinées et de mangas et ce fut un honneur pour moi de répondre à ses questions. Je ne peux que vous inviter à visiter le blog de Noctenbulle – 22h05 rue des Dames – pour lire cette interview et d’autres billets si vous le voulez (d’autres interviews d’auteurs et de blogueurs sont déjà parues). Et je vous souhaite un bon week-end.

Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi

Magus of the Library de Mitsu Izumi.

Ki-oon, collection Kizuna, 7,90 € chaque tome. 圕の大魔術師 (Toshokan no Daimajutsushi) est traduit du japonais par Géraldine Oudin.

Genres : manga, seinen, fantastique, fantasy.

Mitsu Izumi naît le 7 février 1989 à Kanagawa au Japon. Elle est mangaka depuis 2011 et travaille principalement pour Kôdansha et Shûeisha. Ses autres titres sont Ano Hana et 7th Garden. Plus d’infos sur son Twitter.

Tome 1 = Ki-oon, mars 2019, 242 pages, ISBN 979-10-327-0467-7.

« Protéger les livres… c’est tout simplement… protéger le monde ! ». Shio est différent des autres habitants du village d’Amun. Il a les yeux verts, des cheveux aux reflets dorés, des oreilles longues et pointues ce qui lui vaut le surnom Oreilles pointues. Il vit dans la montagne avec sa sœur aînée, Tifa, qui se tue à la tâche mais ils sont très pauvres. Le garçon adore lire mais le bibliothécaire le considère comme un potentiel voleur et le met dehors à chaque fois qu’il le voit… Ses rêves, rencontrer un héros qui l’emmènerait dans ses aventures comme Shagrazat le pirate ou vivre à Afshak la capitale des livres où officient les kahunas, les « spécialistes du savoir ». J’aime beaucoup son meilleur ami, Kukuo, un genre de mini lion licorne.

Ce premier tome est la promesse d’une belle aventure mais surtout une ode aux livres et à la lecture. « Un nouveau livre, c’est une porte sur l’inconnu. » et « Les récits ont parfois un grand impact sur la vie de leurs lecteurs… c’est un pouvoir extraordinaire ! ».

Tome 2 = Ki-oon, juin 2019, 256 pages, ISBN 979-10-327-0468-4.

On en apprend un peu plus sur Shio Fumis, c’est un sang mêlé, il parle parfaitement le lakota et le huron… « Quand un nouveau monde s’ouvre à toi… Ce serait dommage de s’en éloigner par ignorance. » En aidant Chaku, il emmène la fillette vers la lecture et la tolérance. Ce deuxième tome est le voyage de Shio entre Amun et Afshak. C’est un grand plaisir de voir les files d’attente devant les librairies d’Itsamunah. « Les enfants qui lisent beaucoup n’ont pas peur de la différence. » D’ailleurs, sang mêlé se prononce comme fraternité pour les kahunas.

Après ce long périple parsemé d’embûches, c’est le moment de l’examen pour devenir apprenti à la bibliothèque d’Afshak. « Les candidats doivent démontrer leur maîtrise du vocabulaire spécifique à chaque domaine. Et, dans cette première épreuve, leur capacité à traiter un volume record d’informations en un temps très limité. Pour réussir, ils doivent rester concentrés pendant trois jours. C’est à eux de choisir une stratégie pour y parvenir. »

Tome 3 = Ki-oon, octobre 2019, 304 pages, ISBN 979-10-327-0493-6.

Sur le continent Atolatonan, une guerre ethnique a eu lieu il y a moins de cent ans et les problèmes sont encore visibles entre les différents peuples. De son côté Shio continue le concours. « Rien n’est encore joué !! Renoncer maintenant… ce serait trahir toutes les personnes qui m’ont soutenu jusqu’à présent !! La solution à un problème est toujours à portée de main… ».

J’ai bien aimé la vieille toute marrante, mais c’est un tome plus épais, sombre et intense. Un huis-clos dans la bibliothèque d’Afshak, Shio et les autres candidats étant sous une forte pression. C’est que, chaque année, plus de huit cents candidats se présentent et seulement les meilleurs deviennent apprentis.

Tome 4 = Ki-oon, novembre 2020, 232 pages, ISBN 979-10-327-0660-2.

Apprenti ! « La bibliothèque centrale d’Afshak est le quartier général des livres… Un millier de kahunas et près de quatre cents kohkuas (assistants des kahunas) s’y affairent. Pendant un an, les lauréats du concours vont apprendre leur futur métier avant de devenir kahunas à part entière. « Nous n’avons qu’une seule et unique mission… Non pas en tant que dirigeants mais en temps que protecteurs… C’est de veiller sur les livres… et rien d’autre ! »

Quelle belle série ! Les dessins sont grandioses et l’histoire superbe. Je vais attendre la suite avec impatience ! Grâce à son amour de la lecture et à son travail acharné pour l’examen, Shio va pouvoir accéder à son rêve de toujours et il va découvrir l’humour, l’amitié, la solidarité et des peuples différents mais aussi un ennemi…

Au Japon, la série est pré-publiée dans le mensuel Good! Afternoon (dès novembre 2017) puis éditée en volume par Kôdansha (dès avril 2018). Le 4e tome est paru en juin 2020 et, depuis, les fans sont dans l’attente de la suite. J’avais oublié de dire que j’ai repéré cette série chez Karine qui m’a donné très envie de la lire 😉

Lu durant le Read-a-thon du challenge Un mois au Japon, je mets cette lecture également dans La BD de la semaine et les challenges BD et Des histoires et des bulles (catégorie 26, une série) mais aussi dans Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Moka.

L’homme qui marche de Jirô Taniguchi

L’homme qui marche de Jirô Taniguchi.

Casterman, collection Manga, septembre 1995, 144 pages, ISBN 2-203-37202-8. 歩くひと (Aruku hito, 1992) est traduit du japonais par Takako Hasegawa.

C’est une ancienne édition que j’ai (la première édition en fait), pour une édition récente, cliquez ci-dessus sur Casterman.

Genres : bande dessinée japonaise, manga, seinen.

Jirô Taniguchi… 谷口 ジロー (14 août 1947-11 février 2017). Vous pouvez lire mon billet qui lui est consacré (biographie et bibliographie). Les histoires de Aruku hito ont été écrites et dessinées en 1990-1991 et publiées en 1992. Aruku c’est le verbe marcher, hito c’est pour homme mais il signifie en fait une personne (donc homme ou femme).

J’ai déjà lu beaucoup de titres de Jirô Taniguchi, un de mes mangakas préférés, même s’il m’en reste quelques-uns à lire (parmi les derniers parus). Pour le challenge Des histoires et des bulles, il faut lire une BD de Jirô Taniguchi (c’est même la première catégorie) alors voici L’homme qui marche. J’ai choisi ce titre parce que c’est le premier de l’auteur traduit en français (et donc paru en France).

Si vous n’avez pas connu cet événement, vous ne pouvez pas imaginer ce qu’il fut pour les amoureux du Japon et de la culture japonaise (et aussi pour les curieux de bande dessinée), mais vous pouvez toujours lire ce titre ou un autre titre de ce merveilleux auteur et dessinateur qui me manque (comme sûrement à tous ses fans). Pour moi en tout cas, c’est une énième relecture et c’est toujours un pur bonheur, je ne m’en lasse pas.

« C’est beau ! – Oui, quelle vue ! – Je sors faire un tour ! – Bon… d’accord ! – Ça me fait beaucoup de bien. » (p. 6). Voici comment commence ce manga. Il y a très peu de texte. L’homme dit à son épouse qu’il sort, prendre l’air, observer le quartier, les oiseaux… Comme ça fait du bien ! Et les promenades, l’homme va en faire d’autres, d’autant plus qu’un chien abandonné par son ancien « propriétaire » s’est invité chez eux (comme les premiers flocons de neige tombent, le couple l’appelle Neige). Au gré des rencontres et de la météo, avec ou sans Neige, parfois avec son épouse, cet homme (l’auteur) se balade, observe, fait parfois des rencontres ou se perd dans des ruelles.

C’est tout simple tant au niveau du dessin tout en délicatesse que des histoires, des anecdotes plutôt, et pourtant c’est grandiose ! Et je vais tout simplement vous laisser découvrir par vous-même ce magnifique manga intimiste et contemplatif. À noter que l’auteur aimait la culture française, il loue la cassette vidéo de La petite voleuse (p. 95).

Pour ceux qui n’aiment pas lire les mangas à cause du sens de lecture japonais, rassurez-vous car les mangas de Jirô Taniguchi sont dans le sens européen, alors plus d’excuse, lancez-vous !

En plus de Un mois au Japon, La BD de la semaine et Des histoires et des bulles, je mets cette lecture dans Animaux du monde (chats, oiseaux, chiens), BD, 2021 cette année sera classique (oui, pour moi c’est un classique !), Challenge lecture 2021 (catégorie 14, un roman graphique, 2e billet), Hanami Book Challenge pour le menu 3 (le Japon d’aujourd’hui) et le sous-menu 1 (Fly to me Saitama, vie à la campagne) et Petit Bac 2021 (catégorie Être humain pour Homme).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Read-a-thon du Mois au Japon 2021

Ce week-end, c’est le Read-a-thon de Un mois au Japon – avril 2021. Ce marathon de lecture dure le samedi 17 et le dimanche 18 avril mais je vais commencer de lire ce soir (parce que la Semaine à lire commence ce soir à 19 heures). Quant aux organisatrices, Hilde et Lou, elles ont commencé un journal de bord dès lundi 12 avril, ce que je n’ai pas fait car je n’ai pas lu de japonais.

Mes lectures pour ce Read-a-thon

Vendredi 16 avril (après 21 heures) : je vais lire un roman hongrois mais qui se déroule au Japon, que j’ai découvert grâce à Rachel et qui – vous allez voir – a un titre à rallonge ! Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau de László Krasznahorkai (Cambourakis, 2010, 192 pages), 192 pages.

Ensuite, je veux lire des mangas ce week-end.

Samedi 17 avril : Magus of the Library de Mitsu Izumi (Ki-oon, tome 1 = 242 pages, tome 2 = 256 pages, tome 3 = 304 pages), total = 802 pages.

Dimanche 18 avril : Magus of the Library de Mitsu Izumi (Ki-oon, tome 4 = 232 pages) et L’homme qui marche de Jirô Taniguchi (Casterman, 1995, 144 pages), 376 pages.

Total : 6 livres et 1370 pages.

Ce marathon est terminé mais la Semaine à lire – avril 2021 continue jusqu’à vendredi minuit.

Challenge BD « Des histoires et des bulles » avec Noctenbule

Ce Challenge BD « Des histoires et des bulles » vient d’être créé par Noctenbule du blog 22h05 rue des Dames. Il dure du 1er avril 2021 au 1er avril 2022.

Il ne fait pas double emploi avec La BD de la semaine (le billet se publie le mercredi) et avec le Challenge BD de Marjorie (qui est libre). Alors pourquoi un challenge de plus ? Noctenbule propose 50 catégories et 5 niveaux de participation (à consulter ci-dessous).

Voulez-vous participer ? Infos, logo et inscription chez Noctenbule + le formulaire pour déposer les liens + le groupe FB.

Niveau 1 = 10 catégories lues. Niveau 2 = 20 catégories lues. Niveau 3 = 30 catégories lues. Niveau 4 = 40 catégories lues. Niveau 5 = 50 catégories lues. Pour l’instant, je choisis le niveau 2.

1. Une BD de Jirô Taniguchi avec L’homme qui marche de Jirô Taniguchi (Casterman, 1985, Japon) 3/50

2. Une histoire de sorcière

3. Un roman graphique

4. Un shôjo

5. Un shônen avec Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan (H2T, 2020-2021, France) 14/50

6. Un seinen

7. Une BD issue d’un blog

8. Une BD d’une femme comme scénariste/dessinatrice/coloriste avec Raven & l’ours 2 de Bianca Pinheiro (La boîte à bulles, 2018, Brésil) 10/50

9. Une BD de SFFF avec Solo 1 – Les survivants du chaos d’Oscar Martin (Delcourt, 2014, Espagne) 11/50

10. Une histoire policière

11. Une adaptation littéraire avec La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka (Delcourt, 2007-2008, Japon), adaptation de légendes chinoises, japonaises, indiennes et de Pérégrination vers l’Ouest (ou Voyage vers l’Occident selon les traductions) du Chinois Wu Cheng’En (XVIe siècle) 7/50

12. Une BD thématique (médecine, économie, philosophie…) avec Jusqu’au printemps (Les gens de rien 1) de Charles Masson (Delcourt, 2021, France), médecine 2/50

13. Une BD dont les personnages sont des animaux avec Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seon Gu (Sarbacane, 2019, Corée du Sud) 12/50

14. Une BD jeunesse avec Le souffle du géant de Tom Aureille (Sarbacane, 2021, France) 13/50

15. Une BD autour d’un(e) artiste

16. Une BD classique

17. Une BD avec le nom d’un animal ou un animal dans le titre

18. une BD avec une couleur dans le titre avec Rouges estampes : une enquête pendant la Commune de Paris de Jean-Louis Robert, Carole Trébor et Nicola Gobbi (Steinkis, 2021, France & Italie) 9/50

19. Une BD de plus de 200 pages avec Willis from Tunis – 10 ans et toujours vivant ! de Nadia Khiari (Elyzad, 2020, Tunisie) 8/50

20. Une BD récompensée

21. Une BD sur un thème autour de la femme (droit de la femme, infertilité, violence…)

22. Une BD autour de l’écologie, environnement, développement durable

23. Une BD en rapport avec la musique

24. Une BD autour du thème LGBTQ+

25. Un comics avec Big Girls de Jason Howard (404 éditions, 2021, États-Unis) 5/50

26. Une série de BD avec Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi (Ki-oon, 2019, Japon) 6/50

27. Un recueil de dessins de presse

28. Une BD autour de l’art

29. Une adaptation d’un film, d’une série

30. Une BD western

31. Une BD érotique, porno, hentaï

32. Un livre sur l’histoire de la BD, du manga, de l’évolution du 9e art, des interviews d’artistes…

33. Une BD que l’on vous a offerte

34. Une BD autobiographie

35. Une BD historique avec Les âges perdus 1 – Le fort des Landes de Jérôme Le Gris et Didier Poli (Dargaud, 2021, France) 1/50

36. Une BD autour de Sherlock Holmes, Hercule Poirot et/ou Agatha Christie

37. Un manga non japonais : franga, manhua, manwha… avec Mémoires du masque (3 tomes) de Kim Jung-Han (Asuka, 2004-2005, Corée du Sud) 4/50

38. Une BD avec un prénom dans le titre

39. Une BD sur l’éducation

40. Une BD autour du thème de l’amour

41. Une BD au format non standard (hors format A4)

42. Une BD que l’on vous a conseillée

43. Une BD autour de la magie

44. Un classique du manga

45. Un classique du comics

46. Un livre que vous avez découvert dans le challenge

47. Une BD de votre enfance

48. Une BD de Lewis Trondheim

49. Une BD autour des pirates

50. Une BD qui se déroule pendant une guerre

Blue Giant 1 de Shinichi Ishizuka

Blue Giant 1 de Shinichi Ishizuka.

Glénat, juin 2018, 226 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-34402-551-2. ブルージャイアント(2013) est traduit du japonais par Anne-Sophie Thévenon.

Genres : manga, seinen.

Shinichi ISHIZUKA 石塚真一 naît en 1971 dans la préfecture d’Ibaraki. Il part étudier la météorologie aux États-Unis pendant 5 ans. Il découvre l’escalade et publie Vertical (18 tomes). Car, de retour au Japon, il devient mangaka.

Dai Miyamoto joue au basket depuis le collège. Il décide tout à coup d’écouter du jazz. « Miles Davis, Charlie Parker et Bill Evans… J’ai pris ceux qui avaient l’air les plus célèbres. » (p. 11). C’est que « Le jazz, c’est une musique rude et brûlante, née de la collision entre les personnalités de chacun. » (p. 19). Son ami Shuhei, qui joue du piano et de la guitare, l’emmène à un concert. Après son entrée au lycée, Dai se met à jouer du saxo sur les berges de la rivière Hirose à Sendai. Mais il ne suit aucun cours et n’a pas de partitions, il y va au feeling, il improvise. Et quand il pleut, il joue sous un tunnel. « Cet écho… est géant ! » (p. 70). « Le jazz, c’est une musique libre et intense ! » (p. 83). Mais les jeunes de son âge ne comprennent pas son engouement… « C’est une musique… grave, puissante et brûlante. » (p. 85). Et il veut devenir « le meilleur jazzman au monde » (p. 137).

Cette série en 10 tomes est pré-publiée au Japon dans Big Comic puis éditée par Shôgakukan (entre 2013 et 2017). Mais attention, Blue Giant n’est pas terminé avec ces 10 tomes ! Suit Blue Giant Supreme (ブルージャイアント シュプリーム) en 11 tomes et Blue Giant Explorer (ブルージャイアント エクスプローラー) prévoit de suivre Dai Miyamoto aux États-Unis (sûrement une dizaine de tomes aussi).

C’est trop pour moi mais j’ai été ravie de découvrir ce premier tome très bien dessiné (époustouflant et vibrant même) et qui raconte une musique que j’écoute peu (je suis plus rock) même si je connais les grands noms du jazz.

Cette série plaira assurément aux amateurs de jazz mais aussi aux amateurs de musique en général et bien sûr aux amoureux de très beaux mangas.

Pour La BD de la semaine et les challenges BD, Lecture 2021 (catégorie 31 = un livre ayant comme thème principal la musique mais il pourrait aller dans les catégories 4, 12, 33, 39 et 40 !) et Petit Bac 2021 (catégorie Couleur pour Blue). Plus de BD de la semaine chez Stéphie. Noctenbule l’a lu aussi.

 

La BD de la semaine 2021

Cinquième année pour moi avec La BD de la semaine et j’en suis ravie parce que ça me permet de publier plus de notes de lectures BD sur le blog : 6 billets en 2017, 19 billets en 2018, 14 billets en 2019 et 47 billets en 2020 soit plus que les trois premières années réunies !

L’objectif est toujours de lire de la bande dessinée (franco-belge, autres européennes, mangas, comics…), classiques ou contemporaines, de tous genres littéraires. Et ça commence demain.

Infos, logo et partages sur le groupe FB.

1. Général Leonardo 1 – Au service du Vatican d’Erik Svane et Dan Greenberg (Paquet, 2006, Danemark & France)

2. Général Leonardo 2 – Croisade vers la Terre Sainte d’Erik Svane et Dan Greenberg (Paquet, 2007, Danemark & France)

3. Blue Giant 1 de Shinichi Ishizuka (Glénat, 2018, Japon)

4. Sur un air de fado de Nicolas Barral (Dargaud, 2021, France)

5. Inhumain de Bajram, Mangin et Rochebrune (Dupuis, 2020, France)

6. Bartleby le scribe de José-Luis Munuera (Dargaud, 2021, Espagne)

7. Gretch & Ferragus, dragons mégalos, 1 – Carboniser pour mieux régner de Joshua Wright (Robinson, 2019, Australie)

8. L’aliéniste de Fábio Moon et Gabriel Bá (Urban Comics, 2014, Brésil)

9. La peste, histoire d’une pandémie (Dupuis, octobre 2020, France)

10. Raven & l’ours 1 de Bianca Pinheiro (La boîte à bulles, 2017, Brésil)

11. La fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont (Dargaud, 2020, France)

12. Tulipe de Sophie Guerrive (2024, 2016-2019, France)

Billet spécial : Des histoires et des bulles (challenge BD avec thèmes)

13. Les âges perdus 1 – Le fort des Landes de Jérôme Le Gris et Didier Poli (Dargaud, 2021, France)

14. Jusqu’au printemps (Les gens de rien 1) de Charles Masson (Delcourt, 2021, France)

15. L’homme qui marche de Jirô Taniguchi (Casterman, 1995, Japon)

16. Mémoires du masque (3 tomes) de Kim Jung-Han (Asuka, 2004-2005, Corée du Sud)

17. Big Girls de Jason Howard (404 éditions, 2021, États-Unis)

18. Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi (Ki-oon, 2019, Japon)

19. La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka (Delcourt, 2007-2008, Japon)

20. Willis from Tunis – 10 ans et toujours vivant ! de Nadia Khiari (Elyzad, 2020, Tunisie)

21. Rouges estampes : une enquête pendant la Commune de Paris de Jean-Louis Robert, Carole Trébor et Nicola Gobbi (Steinkis, 2021, France & Italie)

22. Raven & l’ours 2 de Bianca Pinheiro (La boîte à bulles, 2018, Brésil)

23. Solo 1 – Les survivants du chaos d’Oscar Martin (Delcourt, 2014, Espagne)

24. Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seon Gu (Sarbacane, 2019, Corée du Sud)

25. Le souffle du géant de Tom Aureille (Sarbacane, 2021, France)

Je continue de publier durant la pause estivale :

26. Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan (H2T, 2020-2021, France)

27. Le Baron Perché de Claire Martin (Jungle, 2021, France / Italie, 1957)

La BD de la semaine – bilan et coups de cœur 2020

Pour la dernière session de La BD de la semaine 2020, l’objectif est de publier un genre de bilan avec nos coups de cœur de l’année.

Alors, d’abord un petit bilan. J’ai lu – pour l’instant – cette année soixante-dix bandes dessinées et j’en ai présenté 46 dans La BD de la semaine 2020, ce qui est beaucoup plus que durant les années précédentes (et même que durant les trois années précédentes réunies !). Comme je sais que vous êtes plusieurs à ne pas apprécier les mangas, j’ai parfois publié mes notes de lectures de ces mangas d’autres jours que le mercredi et uniquement dans les challenges BD 2019-2020 (je n’ai compté que 2020 bien sûr) et BD 2020-2021. Et aussi, il y a encore une dizaine de notes de lectures non publiées.

Maintenant mes coups de cœur.

Mes 5 BD préférées. 1. Gentlemind 1 de Díaz Canales, Valero et Lapone. 2. Un travail comme un autre d’Alex W. Inker. 3. Journaux troublés de Sébastien Perez et Marco Mazzoni. 4. Le Detection Club de Jean Harambat. 5. Le chat qui n’aimait pas les croquettes – Nuits blanches d’Odrade.

Mes 5 mangas préférés. 1. Le vieil homme et son chat n’ont plus peur des chiens (1) de Nekomaki. 2. L’atelier des sorciers 1 de Kamome Shirahama. 3. To your Eternity 1 de Yoshitoki Ôima. 4. Shadows House 1 de Sômatô. 5. Éclat(s) d’âme 1 de Yûki Kamatani.

Quant au manhua (bande dessinée chinoise), je n’en ai lu qu’un mais vraiment très beau alors je le cite : Rêverie de Golo Zhao. Et quant au manwha (bande dessinée coréenne), je n’en ai lu aucun alors que j’avais prévu d’en lire pour le Challenge coréen… mais il dure encore un peu en 2021 alors ce n’est que partie remise.

En ce qui concerne les comics, j’en lis très peu mais je viens d’en lire un qui m’a beaucoup plu : Umbrella Academy 1 – La suite apocalyptique de Gerard Way, Gabriel Bá et Dave Stewart. Par contre, il faudra attendre mercredi prochain pour découvrir ma note de lecture !

Je voulais aussi signaler que j’ai suivi en décembre le Mooc BD organisé par la Fondation Orange et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (Angoulême) et que j’ai pris beaucoup de plaisir à le suivre et à réaliser les exercices créatifs (ce qui était totalement nouveau pour moi). J’en ai déjà parlé ici.

Je vous souhaite une agréable fin d’année avec de belles bandes dessinées et retrouvez les autres coups de cœur 2020 chez Stéphie.  Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 16.