La BD de la semaine 2022

Depuis quelques années, je participe avec plaisir à ce rendez-vous hebdomadaire, le mercredi, qui consiste à publier une note de lecture d’une bande dessinée (contemporaine ou classique, franco-belge, européenne, comics, manga…). 6 billets en 2017, 19 en 2018, 14 en 2019, 47 en 2020, 43 en 2021 et je suis ravie parce que je lisais beaucoup de bandes dessinées mais je ne publiais que très peu de notes de lectures.

Bref, je repars donc pour une sixième année avec La BD de la semaine 2022 toujours gérée de main(s) de maître(s) par Moka, Noukette et Stéphie. Plus d’infos (dont les nouvelles consignes) sur le groupe FB.

1. L’accident de chasse de David L. Carlson et Landis Blair (Sonatine, 2020, États-Unis)

2.  Grand Silence de Sandrine Revel et Théa Rojzman (Glénat, 2021, France)

3. Clivages de Sylvain Runberg et Joan Urgell (Hachette, 2020, Belgique/Espagne)

Terrarium 1 de Yûna Hirasawa

Terrarium 1 de Yûna Hirasawa.

Glénat, collection Seinen, juin 2021, 176 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-344-04471-1. Kagitsuki Terrarium 1 鍵つきテラリウム (Flex Comix, 2019) est traduit du japonais par Yohan Leclerc.

Genres : manga, seinen, science-fiction.

Yûna Hirasawa 平沢ゆうな naît le 6 septembre 1985 et débute sa carrière en 2015. La mangaka dit qu’elle pense depuis 20 ans à cette histoire et que ça fait un an et demi que le premier chapitre a été publié sur Comic Meteor. Plus d’infos sur son tumblr, son pixiv fanbox, son compte twitter et sa chaîne youtube.

Après la Grande guerre et l’avènement de l’Arcologie, Chico (fille avec un exosquelette), technologue d’investigation, et Pino (robot) sont en mission.

Ils découvrent la Colony58, « par contre, il n’y a pas de Colonie 58 dans la base de données centrale… Sommes-nous les bienvenus ici ? » (p. 18). Ils ne rencontrent que « Naver, robot soignant modèle n-511 » (p. 35) qui continue de s’occuper des malades… déjà réduits en état de cadavres.

En fait, Chico et Pino recherchent leur mère, la technologue Pethie, disparue lors d’une expédition, mais ils veulent surtout sauver l’Arcologie et l’humanité.

Plus loin, ils rencontrent un robot facteur, JPK-35, un petit robot teigneux prêt à en découdre avec ceux qui voudraient voler le courrier ! « Faites gaffe, je le défendrai jusqu’au bout, parole d’honneur !!! » (p. 116) mais il n’y a plus aucun habitant pour recevoir du courrier.

Les dessins post-apocalyptiques sont vraiment beaux, l’histoire est amusante surtout avec Chico qui a toujours faim et le lecteur s’interroge sur cette Grande guerre, sur ce qu’est l’Arcologie, etc. Vivement la suite ! Les tomes 2 et 3 sont parus (respectivement en septembre et novembre 2021) et le tome 4 (le dernier tome de la série) est annoncé pour février 2022.

Bien sûr, ce manga m’a fait penser à Tsugumi Project 1 d’Ippatu, un manga post-apocalyptique intrigant également, mais l’histoire, les dessins, les personnages sont totalement différents, Terrarium étant plus drôle et plus poétique (les deux séries sont à suivre donc !).

Une série courte (4 tomes) à lire absolument si vous aimez la science-fiction, le post-apocalyptique, les robots et l’humour. À noter que la mangaka est née garçon qui a subi une opération chirurgicale de réattribution sexuelle, épreuve racontée dans 僕が私になるために (2016) qui peut être traduit par Pour que je sois moi.

Pour La BD de la semaine et Des histoires et des bulles (catégorie 42, une BD que l’on m’a conseillée, merci Élodie !) et Jeunesse young adult #11. Plus de BD de la semaine chez Moka (lien à venir).

Challenge Jeunesse Young Adult #11

11e édition pour le Challenge Jeunesse Young Adult organisé par Muti ! Le challenge dure du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022 et l’objectif est toujours de lire de la littérature jeunesse.

Infos, très beau logo créé par Azilis et inscription chez Muti.

Les catégories
1 : Aux frontières du rêve = au moins 10 romans
2 : Badine avec les royaumes de l’enfance = au moins 20 romans
3 : À pieds joints dans la marelle = au moins 35 romans
4 : A su garder son cœur de mioche = au moins 50 romans
5 : Peter Pan dans l’âme = au moins 65 romans
6 : Au pays des mille et un livres = au moins 80 romans
7 : Vit dans un conte de fées = 100 romans et plus (pour les livrovores)

L’option BD/Mangas/Albums illustrés
1 = 5 BD/Mangas/Albums
2 = 10 BD/Mangas/Albums
3 = 15 BD/Mangas/Albums
4 = 20 BD/Mangas/Albums

Je m’inscris en catégorie 1 : Aux frontières du rêve avec l’option BD/mangas/albums (même si j’ai pris l’habitude de lire plus).

Mes lectures pour ce challenge

1. Gros de Sylvain Levey (Éditions Théâtrales, 2020, France)

2. Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle (Sarbacane, 2020, France)

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Mes lectures BD, mangas et albums illustrés

1. Les nouvelles aventures de Lapinot, 2 – Les herbes folles de Lewis Trondheim (L’Association, 2019, France)

2. Le Club des amis 1 de Sophie Guerrive (2024, 2020, France)

3. La lionne : un portrait de Karen Blixen d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (Sarbacane, 2015, France et Danemark)

4. Terrarium 1 de Yûna Hirasawa (Glénat, 2021, Japon)

5. Moi aussi de Hector Dexet (Amaterra, 2021, France)

6. La baleine bibliothèque de Judith Vanistendael et Zidrou (Le Lombard, 2021, Belgique)

7.  Grand Silence de Sandrine Revel et Théa Rojzman (Glénat, 2021, France)

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La tour fantôme (tomes 1 à 3) de Tarô Nogizaka

La tour fantôme (tomes 1 à 3) de Tarô Nogizaka.

Glénat, 2014, 7,60, 224 pages chaque tome. Yûreito 幽麗塔 (2011) est traduit du japonais par Victoria Tomoko Okada.

Genres : manga, seinen, thriller.

Tarô Nogizaka 乃木坂太郎 naît en 1968 à Nanao (Ishikawa, Japon). Il est dessinateur et scénariste. Du même auteur : Team Medical Dragon (2002), Le 3e Gédéon (2015) et Pour le pire (2019, série en cours).

Tome 1. Glénat, mars 2014, 224 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-72349-352-9.

23 juin 1952, l’horloge de la tour ne fonctionne plus depuis plus d’un siècle mais ce jour-là, les aiguilles bougèrent et « Tatsu Fujimiya, 60 ans, fut sauvagement assassinée par sa fille adoptive, Reiko, 23 ans. ».

Kobe, 1954, Taïchi Amano n’a pas payé le loyer de sa chambre depuis des mois… Il saisit l’opportunité d’être le nouveau gardien de la tour considérée comme hantée. « C’est pour ça que tous les gardiens quittent ce lieu très rapidement. ». Mais, lorsqu’il se retrouve attaché aux aiguilles de l’horloge, Tetsuo Sawamura, le jeune homme étrange qui lui a proposé le poste, vient le sauver. Tetsuo ne veut pas que la police intervienne, il pense que la tour est « un gigantesque coffre-fort… maquillé en tour d’horloge. » et qu’il « garde jalousement… un trésor, peut-être de plusieurs milliards… ». Tetsuo propose à Taïchi de devenir son partenaire. « Ne veux-tu pas… devenir milliardaire avec moi ? ». Mais qui est réellement Tetsuo ? Pourquoi la maison où logeait Taïchi a-t-elle été incendiée ?

Les chapitres sont numérotés 1er tableau, 2e tableau, etc., ça donne un ton un peu artistique et mystérieux. Les dessins sont très beaux et l’histoire est judicieusement  intrigante.

Tome 2. Glénat, mai 2014, 224 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-72349-353-6.

La journaliste Megumi, une ancienne copine de classe dont Taïchi était amoureux, a été retrouvée nue sur l’horloge de la tour… « Pour découvrir pourquoi Megumi a été tuée… je dois travailler sur l’assassinat de la vieille dame il y a deux ans. ». Reiko Fujiyima serait-elle encore en vie ?

Taïchi et Tetsuo se rendent sur Kure une petite île au large de Hiroshima à la recherche de Shiro Honjo qui était le fiancé de Reiko mais un typhon les empêche de partir, Taïchi est enlevé par des tueurs et Tetsuo rencontre Yamashina un policier de Kobe qui les a suivis, « Les habitants de l’île ont toujours réglé leurs problèmes entre eux ! », et qui leur apprend des choses sur le procureur Marube (il n’est pas net).

Le duo, Tetsuo-Taïchi, devient un trio avec Yamashina mais ils sont pris au piège par un savant fou. Un tome trépidant, intense, plein de dangers et de zones d’ombre avec toujours de très beaux dessins.

Tome 3. Glénat, juillet 2014, 224 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-72349-938-5.

Tetsuo, Taïchi et Yamashina sont toujours confrontés au savant Tesla et à l’infirmière Q. « Taïchi, j’ai découvert que toi… Tu n’étais pas un meurtrier. C’est tout à fait personnel, ce que je dis, mais… je suis convaincu que tu n’as pas tué la journaliste. » (Yamashina). Tetsuo, Taïchi et Yamashina sont encore plus en danger ! Des rebondissements, de la densité, des dessins toujours beaux et soignés, des ambiguïtés et des révélations…

Au Japon, Yûreito paraît entre mai 2011 et octobre 2014 dans Big Comic Superior (Shôgakukan). En France, la série est complète en 9 tomes publiés chez Glénat entre mars 2014 et novembre 2015.

C’est un manga pour adultes (seinen) dans les genres thriller, fantastique voire horreur (avec de temps en temps une pointe d’érotisme). Tarô Nogizaka adapte en fait le roman Yûrei-tô d’Edogawa Ranpo (1894-1965) qui s’était inspiré du roman Une femme dans le gris (A Woman in Grey, 1898) d’Alice Muriel Williamson (1858-1933). Comme je l’ai déjà dit, c’est une lecture intense et j’ai hâte de lire les 6 tomes suivants (ouf, c’est une série courte mais ma bibliothèque ne les a pas alors je devrai les emprunter ailleurs).

Pour La BD de la semaine (cependant toujours en pause estivale) et les challenges BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 12, un livre d’un auteur japonais, 4e billet), Des histoires et des bulles (catégorie 6, un seinen), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Lieu pour Tour) et Polar et thriller 2021-2022.

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan.

H2T, tome 1, juin 2020, 228 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-37777-223-0, tome 2, janvier 2021, 212 pages, 7,95 €, ISBN‎ 978-2-37777-352-7.

Genres : bande dessinée française, manga-like, fantasy.

Zelihan Banvillet naît le 20 mars 1997 à Paris mais elle grandit au Puy en Velay en Haute Loire (Auvergne) où elle étudie non seulement le dessin mais aussi la musique (chant, accordéon). Après un bac littéraire, elle choisit les Beaux Arts de Saint Étienne. Très tôt, elle découvre le manga et les films d’animation du studio Ghibli mais elle commence sa carrière de mangaka en secret (son professeur déteste le manga) sous le pseudonyme de MimiZeli sur Twitter, Instagram, Deviant Art et ManonZeli sur Facebook.

Tome 1. Ayten est une jeune orpheline recueillie par les habitants d’un village de chasseurs dans la montagne. Elle peut communiquer avec les animaux morts. Un jour, elle tombe de la falaise mais… « Toi ! Comment se fait-il… que tu sois encore en vie ?! ». Elle est bannie et se réfugie dans un temple abandonné en pleine forêt. Elle y rencontre Zêd, un garçon qui ne peut pas en sortir car des créatures appelées shagaï l’en empêchent. Pourtant ils arrivent à fuir et Ayten récupère un premier os bleu pour Zêd. La chèvre Nonos les suit dans leur périple jusqu’à un lac. Mais Zêd a menti…

Tome 2. Ayten, Zêd et Nonos continuent leur chemin, toujours poursuivis par les shagaï qui veulent arrêter « l’anomalie ». Zêd a récupéré plusieurs os bleus et les shagaï lui proposent de les rejoindre enfin mais en trahissant Ayten. Que va choisir Zêd ? « Ayten, quand on se change en shagaï… on ne peut plus revenir en arrière. » En fin de volume, des strips et des dessins bonus.

Wandering Souls, deux âmes errantes, Ayten et Zêd, est un shônen en deux tomes et cette série (presque trop courte finalement) est très réussie. Aventure, fantasy et écologie sont au rendez-vous pour les deux héros avec leur compagne de voyage, Nonos, le squelette d’une chèvre morte qui communique avec Ayten.

Les dessins sont détaillés, le rythme intense et l’histoire palpitante avec de beaux personnages, la légende des shagaï et de la vie éternelle. Ce voyage initiatique et surnaturel en montagne et en forêt est superbe.

Wandering Souls et Zelihan sont les gagnants du 5e Prix Mangavore (édition 2021). Malheureusement je n’ai pas pu assister ni au live le vendredi 11 juin (vidéo disponible ici) ni à la rencontre dédicace le samedi 12 juin à Romans sur Isère car je travaillais… Mais, chez le même éditeur, j’avais déjà lu une autre jolie série en deux tomes, Hana no Breath de Caly, et rencontré Caly.

Pendant l’été je continuerai à publier pour La BD de la semaine histoire de garder le rythme malgré la pause estivale et je mets également cette lecture dans les challenges BD, Cottagecore (catégorie 2 Retour aux sources), Contes et légendes #3, Des histoires et des bulles (catégorie 5, un shônen), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et S4F3 #7.

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka.

Delcourt, collection Akata seinen, 8,99 € chaque tome. Boku no Songoku (1952) est traduit du japonais par Tetsuya Yano et adapté par Patrick Honoré.

Genres : manga, seinen, Histoire, fantastique.

TEZUKA Osamu (手塚 治虫) naît le 3 novembre 1928 à Toyonaka (préfecture d’Ôsaka, Japon). Il étudie la médecine à l’université d’Ôsaka mais il découvre les dessins animés en particulier ceux de Walt Disney et devient mangaka, scénariste et réalisateur. Il connaît le succès avec La nouvelle île au trésor (1947). Suivront Le roi Léo (1950), Astro Boy (1952), Princesse Saphir ((1953), Phénix l’oiseau de feu (1956) et tant d’autres titres (dont la majorité sont adaptés en animation). Je ne peux pas tous les citer mais l’œuvre est colossale (de 1947 à 1988), touche à tous les genres et reçoit de nombreux prix y compris posthumes. Il meurt le 9 février 1989 à Tôkyô.

Tome 1, Delcourt, février 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-730-4.

Tout commence avec la création du monde, selon le bouddhisme, c’est-à-dire quatre continents (un à chaque point cardinal), une montagne avec le rocher « du mont des fruits et des fleurs » qui se transforme en œuf et la naissance d’un singe doré. Il mène une vie triste et solitaire jusqu’à ce qu’il devienne (à l’insu de son plein gré) le Roi des singes. « Ah, bonne vie et bonne demeure ! Que je vive longtemps et que ce bonheur dure toujours… » (p. 22). Mais trompé par son valet jaloux qui voulait devenir roi et sous l’emprise d’un sortilège, il se retrouve dans le monde éthéré des mages au Mont des esprits où il devient, Songoku, un disciple studieux. Le plus assidu même, c’est pourquoi, au bout de sept ans, il reçoit les Arcanettes du chaton (on est loin des Arcanes du tigre !). « Tu n’es pas encore prêt pour les Grandes Arcanes. Mais tu pourras déjà maîtriser soixante-douze techniques du Ciel et de la Terre ainsi que du Yin et du Yang mais retiens bien ceci, disciple : l’art du mage ne doit pas te servir à frimer. Si tu t’en sers dans un but mesquin, il te manquera toujours trois poils sur le caillou ! » (p. 39). Mais Songoku est un singe facétieux et bagarreur alors Sakyamuni « le Bouddha qui habite au paradis occidental » (p. 67) l’enferme pour cinq cents ans sous une montagne. Un jour, un bonze en route pour l’Inde passe par le Mont des cinq éléments, c’est « Sanzô Hôshi, archibonze de l’empire Tang » (p. 79) qu’attendait impatiemment Songoku et le voici libéré et en route pour d’étonnantes aventures avec une jeune dragonne qui servira de monture au bonze, un cochon gourmand (euh, goinfre serait plus approprié) et un kappa (bonze des sables). Le talent et l’humour de Tezuka (il y a des anachronismes amusants par rapport au roman dont le manga est adapté et des clins d’œil aux lecteurs) font de cette série un des chefs-d’œuvre du maître qui apparaît d’ailleurs page 109. Ma phrase préférée est « Abandonne tes désirs ! Plus tu en as et moins ce que tu désires se réalisera. » (p. 169). En fin de volume, une postface avec des informations précieuses et des clés de compréhension.

Tome 2, Delcourt, mai 2007, 320 pages, ISBN 978-2-75600-731-1.

Songoku, Sanzô le bonze, Dragonette, Cho Hakkai le cochon et Sagojô le kappa continuent leur long voyage pour recevoir les soûtras sacrés en Inde. Mais un bateau pris par erreur (ou par la force du destin) les conduit au Japon où ils sont confrontés à un chat maléfique. « Je ne te lâcherai plus maintenant. Tu devrais savoir que le chat est un animal très obstiné ! Miaaou! » (p. 81). Ils rencontrent aussi de vilains oni (un genre de yôkai du folklore japonais) et Momotarô, clin d’œil à un enfant héros du folklore japonais. Lorsqu’ils arrivent en Chine, c’est la sécheresse et tous les bonzes sont arrêtés pour travailler. Sanzô n’y échappe pas. « Songoku, apprends que la vraie victoire, c’est de savoir pardonner à son ennemi ! » (maître Kannon-le-tout-puissant, p. 169). Et d’autres aventures trépidantes. En fin de volume, des clés de compréhension (c’est vrai que je ne connaissais pas certaines légendes).

Tome 3, Delcourt, septembre 2007, 288 pages, ISBN 978-2-75600-732-8.

« Chers lecteurs, cela fait déjà trois ans que Sanzô, l’éminent bonze de l’empire Tang, est parti pour les Indes afin d’y recevoir les soûtras sacrés du grand Bouddha… En chemin, il a sauvé Songoku, cloué sous le mont des cinq éléments, puis a accueilli Cho Hakkai, Sagojô et Dragonette comme nouveaux disciples. Grâce à leurs précieux services, il a pu ainsi se tirer sain et sauf de multiples traquenards et continuer son voyage. Mais nos amis ne sont pas au bout de leurs peines, et Bouddha seul sait les fabuleuses aventures qui les attendent encore avant d’arriver à destination… » (p. 6-7). Il faut dire que Sanzô est habitué aux arrestations et aux enlèvements ! Quant à Cho Hakkai, il risque d’être mangé à plusieurs reprises durant cette périlleuse aventure… Heureusement l’équipe arrive au complet aux portes de l’Inde. Il y a même une histoire (un rêve ?) avec Tezuka (p. 165 et suivantes). Et, en fin de volume, toujours des clés de compréhension.

Tome 4, Delcourt, janvier 2008, 288 pages, ISBN 978-2-75600-733-5.

L’Inde ! Mais nos amis doivent traverser l’Himalaya, enneigé et dangereux. Puis le fleuve Brahmapoutre. Je ne peux en dire trop, je ne veux pas divulgâcher… Mais il y a des clins d’œil à Tezuka (fleurs, cases noires…) et l’auteur profite bien de cette série pour raconter des légendes indiennes, chinoises et japonaises, ce qui réunit parfaitement ces trois grands pays touchés par le bouddhisme. Et toujours des clés de compréhension en fin de volume. À noter la Légende du Serpent blanc, issue du folklore chinois, et que j’ai évoquée récemment [ici].

Suivez les aventures du bonze Sanzô, inspirées de Pérégrination vers l’Ouest (ou Voyage vers l’Occident selon les traductions) du Chinois Wu Cheng’En (XVIe siècle) et bourrées de références. C’est dépaysant, c’est drôle, c’est effrayant, c’est enrichissant ! Tezuka s’approprie parfaitement la légende de Songoku (le titre japonais Boku no Songoku signifie en fait Mon Songoku), le Roi-Singe, et délivre une série courte (4 tomes) qui plaira assurément aussi bien aux jeunes qu’aux adultes curieux. Parce qu’à travers ces personnages que tout oppose, Tezuka aborde les valeurs humanistes que l’on aime, l’entraide, la solidarité, l’amitié avec de l’aventure, de l’action et de l’humour, du pur Tezuka en fait !

Une belle relecture (série déjà lue il y a 12-13 ans) pour Un mois au Japon (qui continue en mai) La BD de la semaine et les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 11, une adaptation littéraire, voir le paragraphe ci-dessus) mais aussi 2021, cette année sera classique (série parue au Japon en 1952 et inspirée d’un récit du XVIe siècle), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et bien sûr Les étapes indiennes #2. De plus, le tome 4 dont la couverture est rouge entre dans Lire en thème de mai (et pour le 1er thème secondaire, il y a des monstres, démons, sorcières). Plus de BD de la semaine chez Noukette.

En passant

En coup de vent… 133

Bonjour, c’est avec un peu de retard que je vous annonce la parution d’une interview de moi que Noctenbule a effectuée dans le cadre de son challenge BD Des histoires et des bulles. Noctenbule lit beaucoup de bandes dessinées et de mangas et ce fut un honneur pour moi de répondre à ses questions. Je ne peux que vous inviter à visiter le blog de Noctenbulle – 22h05 rue des Dames – pour lire cette interview et d’autres billets si vous le voulez (d’autres interviews d’auteurs et de blogueurs sont déjà parues). Et je vous souhaite un bon week-end.

Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi

Magus of the Library de Mitsu Izumi.

Ki-oon, collection Kizuna, 7,90 € chaque tome. 圕の大魔術師 (Toshokan no Daimajutsushi) est traduit du japonais par Géraldine Oudin.

Genres : manga, seinen, fantastique, fantasy.

Mitsu Izumi naît le 7 février 1989 à Kanagawa au Japon. Elle est mangaka depuis 2011 et travaille principalement pour Kôdansha et Shûeisha. Ses autres titres sont Ano Hana et 7th Garden. Plus d’infos sur son Twitter.

Tome 1 = Ki-oon, mars 2019, 242 pages, ISBN 979-10-327-0467-7.

« Protéger les livres… c’est tout simplement… protéger le monde ! ». Shio est différent des autres habitants du village d’Amun. Il a les yeux verts, des cheveux aux reflets dorés, des oreilles longues et pointues ce qui lui vaut le surnom Oreilles pointues. Il vit dans la montagne avec sa sœur aînée, Tifa, qui se tue à la tâche mais ils sont très pauvres. Le garçon adore lire mais le bibliothécaire le considère comme un potentiel voleur et le met dehors à chaque fois qu’il le voit… Ses rêves, rencontrer un héros qui l’emmènerait dans ses aventures comme Shagrazat le pirate ou vivre à Afshak la capitale des livres où officient les kahunas, les « spécialistes du savoir ». J’aime beaucoup son meilleur ami, Kukuo, un genre de mini lion licorne.

Ce premier tome est la promesse d’une belle aventure mais surtout une ode aux livres et à la lecture. « Un nouveau livre, c’est une porte sur l’inconnu. » et « Les récits ont parfois un grand impact sur la vie de leurs lecteurs… c’est un pouvoir extraordinaire ! ».

Tome 2 = Ki-oon, juin 2019, 256 pages, ISBN 979-10-327-0468-4.

On en apprend un peu plus sur Shio Fumis, c’est un sang mêlé, il parle parfaitement le lakota et le huron… « Quand un nouveau monde s’ouvre à toi… Ce serait dommage de s’en éloigner par ignorance. » En aidant Chaku, il emmène la fillette vers la lecture et la tolérance. Ce deuxième tome est le voyage de Shio entre Amun et Afshak. C’est un grand plaisir de voir les files d’attente devant les librairies d’Itsamunah. « Les enfants qui lisent beaucoup n’ont pas peur de la différence. » D’ailleurs, sang mêlé se prononce comme fraternité pour les kahunas.

Après ce long périple parsemé d’embûches, c’est le moment de l’examen pour devenir apprenti à la bibliothèque d’Afshak. « Les candidats doivent démontrer leur maîtrise du vocabulaire spécifique à chaque domaine. Et, dans cette première épreuve, leur capacité à traiter un volume record d’informations en un temps très limité. Pour réussir, ils doivent rester concentrés pendant trois jours. C’est à eux de choisir une stratégie pour y parvenir. »

Tome 3 = Ki-oon, octobre 2019, 304 pages, ISBN 979-10-327-0493-6.

Sur le continent Atolatonan, une guerre ethnique a eu lieu il y a moins de cent ans et les problèmes sont encore visibles entre les différents peuples. De son côté Shio continue le concours. « Rien n’est encore joué !! Renoncer maintenant… ce serait trahir toutes les personnes qui m’ont soutenu jusqu’à présent !! La solution à un problème est toujours à portée de main… ».

J’ai bien aimé la vieille toute marrante, mais c’est un tome plus épais, sombre et intense. Un huis-clos dans la bibliothèque d’Afshak, Shio et les autres candidats étant sous une forte pression. C’est que, chaque année, plus de huit cents candidats se présentent et seulement les meilleurs deviennent apprentis.

Tome 4 = Ki-oon, novembre 2020, 232 pages, ISBN 979-10-327-0660-2.

Apprenti ! « La bibliothèque centrale d’Afshak est le quartier général des livres… Un millier de kahunas et près de quatre cents kohkuas (assistants des kahunas) s’y affairent. Pendant un an, les lauréats du concours vont apprendre leur futur métier avant de devenir kahunas à part entière. « Nous n’avons qu’une seule et unique mission… Non pas en tant que dirigeants mais en temps que protecteurs… C’est de veiller sur les livres… et rien d’autre ! »

Quelle belle série ! Les dessins sont grandioses et l’histoire superbe. Je vais attendre la suite avec impatience ! Grâce à son amour de la lecture et à son travail acharné pour l’examen, Shio va pouvoir accéder à son rêve de toujours et il va découvrir l’humour, l’amitié, la solidarité et des peuples différents mais aussi un ennemi…

Au Japon, la série est pré-publiée dans le mensuel Good! Afternoon (dès novembre 2017) puis éditée en volume par Kôdansha (dès avril 2018). Le 4e tome est paru en juin 2020 et, depuis, les fans sont dans l’attente de la suite. J’avais oublié de dire que j’ai repéré cette série chez Karine qui m’a donné très envie de la lire 😉

Lu durant le Read-a-thon du challenge Un mois au Japon, je mets cette lecture également dans La BD de la semaine et les challenges BD et Des histoires et des bulles (catégorie 26, une série) mais aussi dans Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Moka.

L’homme qui marche de Jirô Taniguchi

L’homme qui marche de Jirô Taniguchi.

Casterman, collection Manga, septembre 1995, 144 pages, ISBN 2-203-37202-8. 歩くひと (Aruku hito, 1992) est traduit du japonais par Takako Hasegawa.

C’est une ancienne édition que j’ai (la première édition en fait), pour une édition récente, cliquez ci-dessus sur Casterman.

Genres : bande dessinée japonaise, manga, seinen.

Jirô Taniguchi… 谷口 ジロー (14 août 1947-11 février 2017). Vous pouvez lire mon billet qui lui est consacré (biographie et bibliographie). Les histoires de Aruku hito ont été écrites et dessinées en 1990-1991 et publiées en 1992. Aruku c’est le verbe marcher, hito c’est pour homme mais il signifie en fait une personne (donc homme ou femme).

J’ai déjà lu beaucoup de titres de Jirô Taniguchi, un de mes mangakas préférés, même s’il m’en reste quelques-uns à lire (parmi les derniers parus). Pour le challenge Des histoires et des bulles, il faut lire une BD de Jirô Taniguchi (c’est même la première catégorie) alors voici L’homme qui marche. J’ai choisi ce titre parce que c’est le premier de l’auteur traduit en français (et donc paru en France).

Si vous n’avez pas connu cet événement, vous ne pouvez pas imaginer ce qu’il fut pour les amoureux du Japon et de la culture japonaise (et aussi pour les curieux de bande dessinée), mais vous pouvez toujours lire ce titre ou un autre titre de ce merveilleux auteur et dessinateur qui me manque (comme sûrement à tous ses fans). Pour moi en tout cas, c’est une énième relecture et c’est toujours un pur bonheur, je ne m’en lasse pas.

« C’est beau ! – Oui, quelle vue ! – Je sors faire un tour ! – Bon… d’accord ! – Ça me fait beaucoup de bien. » (p. 6). Voici comment commence ce manga. Il y a très peu de texte. L’homme dit à son épouse qu’il sort, prendre l’air, observer le quartier, les oiseaux… Comme ça fait du bien ! Et les promenades, l’homme va en faire d’autres, d’autant plus qu’un chien abandonné par son ancien « propriétaire » s’est invité chez eux (comme les premiers flocons de neige tombent, le couple l’appelle Neige). Au gré des rencontres et de la météo, avec ou sans Neige, parfois avec son épouse, cet homme (l’auteur) se balade, observe, fait parfois des rencontres ou se perd dans des ruelles.

C’est tout simple tant au niveau du dessin tout en délicatesse que des histoires, des anecdotes plutôt, et pourtant c’est grandiose ! Et je vais tout simplement vous laisser découvrir par vous-même ce magnifique manga intimiste et contemplatif. À noter que l’auteur aimait la culture française, il loue la cassette vidéo de La petite voleuse (p. 95).

Pour ceux qui n’aiment pas lire les mangas à cause du sens de lecture japonais, rassurez-vous car les mangas de Jirô Taniguchi sont dans le sens européen, alors plus d’excuse, lancez-vous !

En plus de Un mois au Japon, La BD de la semaine et Des histoires et des bulles, je mets cette lecture dans Animaux du monde (chats, oiseaux, chiens), BD, 2021 cette année sera classique (oui, pour moi c’est un classique !), Challenge lecture 2021 (catégorie 14, un roman graphique, 2e billet), Hanami Book Challenge pour le menu 3 (le Japon d’aujourd’hui) et le sous-menu 1 (Fly to me Saitama, vie à la campagne) et Petit Bac 2021 (catégorie Être humain pour Homme).

Plus de BD de la semaine chez Moka.