The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô

The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô.

Akata, septembre 2022, 176 pages, 6,99 €, ISBN 978-2-38212-407-5. Suisho no hibiki vol.1 (2019) est traduit du japonais par Alexandre Goy.

Genres : manga, shôjo.

Rin Saitô 斉藤 倫 naît un 2 mai dans la préfecture d’Aichi au Japon et elle vit à Tokyo où elle est mangaka depuis 1981 (ses œuvres sont prépubliées dans le magazine Margaret et publiées chez Shûeisha). Plus d’infos sur sa page FB et sur son compte twitter.

Ce manga est « un récit fictionnel basé sur la vie de Mizuki Shikimachi, un véritable violoniste en chair et en os » qui joue depuis l’âge de 4 ans et que la mangaka a rencontré sur scène lorsqu’il avait 16 ans.

« Mon cerveau est spécial. Il a quelque chose bien à lui. Il m’a été transmis par ma mère… un don, obtenu d’une force supérieure bienveillante. Je peux changer tout ce qui existe en ce monde… grâce à la musique. Les vibrations émises par les cordes du violon résonnent dans mon âme. Je les chéris comme un trésor… avant des les laisser se répandre dans le cœur de mon audience. ».

En participant à une audition, Mizuki a reçu des membres du jury 422 points, « le plus haut score jamais atteint » par un enfant, mais rebutés par son handicap, une paralysie cérébrale, ils attribuent le prix à la candidate arrivée deuxième, une fillette de huit ans, qui a plus de chance d’avoir « une bonne condition physique » pour réussir comme grand talent de demain…

La mère de Mizuki, Keiko Shikimachi, est mécontente mais son meilleur ami, Natsuki, le soutient car, bien que malentendant, sa musique le touche au cœur. Mizuki et Natsuki se sont rencontrés un an auparavant dans une classe spécialisée, Le ciel azuré, alors que Natsuki dansait.

Mizuki a attisé la curiosité du célèbre violoniste et professeur Toshihiro Nakayoshi qui normalement ne prend plus d’élève mais qui décide de se déplacer chez lui. « M. Nakayoshi m’écoute parler… sans même chercher à m’interrompre. – Si tu tiens à toucher un maximum de personnes, le classique fera très bien l’affaire. Pourquoi m’avoir sollicité ? – Parce que… pour la première fois, je me suis dit ‘Je veux ressembler à ce violoniste !’ – Tu veux devenir comme moi ? – Oui. Je veux apprendre à faire vibrer l’air environnant avec mon corps tout entier. » Contrairement à ce que Mizuki pensait, le professeur Nakayoshi lui apprend le rythme et le tempo.

Quant à son arrivée au collège, ça ne se passe pas très bien, les élèves le surnommant « le handicapé »… mais Mizuki – qui a maintenant 11 ans – préfère ne rien dire à sa mère. Il se montre même motivé et enjoué mais tiendra-t-il le coup ?

En fin de volume, il y a une histoire genre préquelle (écrite et dessinée en 2018) sur les débuts de Mizuki, un récit documentaire intitulé The Sound of Crystal. Un beau récit qui raconte l’accouchement prématuré, le choix du prénom Mizuki « avec les caractères du cristal de roche, une pierre solide et brillante », la défection du père, Nao, en apprenant que son fils aurait un handicap, les grands-parents maternels qui s’occupent du nourrisson pendant que sa mère travaille et qui sont témoins de son don : l’oreille musicale, les premiers problèmes et l’arrivée du handicap à l’âge de 3 ans, sa mère qui s’est toujours battue pour lui : « Ça va aller… Il est encore tout à fait capable de se déplacer. Il mange bien… parle tout le temps… et rit beaucoup… Tout se passera bien. » et enfin la découverte du violon. « Mais… par la suite, de nouvelles maladies sont apparues, avec leur lot de difficultés. » C’est très beau et inspirant parce que peu de personnes – valides ou handicapées – ont l’envie et la force de se battre comme ça !

Ce manga est pour tous les lecteurs, il montre les difficultés du handicap et l’incompréhension voire la méchanceté des ‘valides’ qui réagissent par du ‘validisme’. Il permet aux lecteurs de relativiser et de mieux comprendre, et ce message n’est pas de trop parce que, trop souvent, l’empathie et la sympathie sont remplacées par la moquerie. J’ai hâte de lire la suite mais, en attendant, j’ai fait quelques recherches.

Définition Wikipédia : « Le capacitisme ou validisme est une oppression pouvant prendre la forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable contre les personnes vivant un handicap (paraplégie, tétraplégie, amputation, malformation mais aussi dyspraxie, schizophrénie, troubles psychiques, autisme, trisomie, etc.). Le système de valeurs capacitiste, fortement influencé par le domaine de la médecine, place la personne valide, sans handicap, comme la norme sociale. Les personnes non conformes à cette norme doivent, ou tenter de s’y conformer, ou se trouver en une situation inférieure, moralement et matériellement, aux personnes valides. Dans ce système de valeurs et de pouvoir, le handicap est ainsi perçu comme une erreur, un manque ou un échec et non comme une conséquence des événements de la vie ou de la diversité au sein de l’humanité. La Convention relative aux droits des personnes handicapées définit l’absence d’accommodement raisonnable en faveur de personnes non valides comme une discrimination fondée sur le handicap. »

Mizuki Shikimachi 式町水晶 naît en octobre 1996 à Asahikawa sur l’île de Hokkaido mais il grandit à Kawaguchi dans la préfecture de Saitama (chez ses grands-parents maternels). Malgré son handicap, il devient un célèbre violoniste : il joue le 5 septembre 2021 à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Tôkyô 2020, reportés en 2021. Il passe plusieurs fois à la télévision et enregistre 3 albums. Plus d’infos sur son site officiel (peu de choses), son instagram, son twitter et quelques titres à écouter sur Soundcloud. Et ci-dessous deux vidéos sur King Records.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 2, une BD ou un manga), Challenge lecture 2023 (catégorie 37, le titre ne comporte pas la lettre A mais il aurait pu aller dans la catégorie 54), Jeunesse & young adult #12, Un genre par mois (en janvier, ‘bulles’, BD, manga…).

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Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi

Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi.

Glénat, collection Seinen, octobre 2021, 400 pages, 14,95 €, ISBN 978-2-34404-792-7. 人魚シリーズ (Ningyo Shirîzu, 1985) est traduit du japonais par Nesrine Mezouane.

Genres : manga, shônen/seinen, fantastique.

Rumiko Takahashi 高橋 留美子 naît le 10 octobre 1957 à Niigata (préfecture de Niigata, Japon). Elle commence à dessiner très jeune puis, lorsqu’elle est étudiante à Tokyo, elle fréquente Gekiga Sonjuku, l’école de manga fondée par Kazuo Koike. Elle débute sa carrière avec des recueils amateurs appelés dôjinshi (1975) puis Urusei Yatsura (1978-1987). C’est une mangaka célèbre (au style reconnaissable) et elle a reçu plusieurs prix. J’ai lu ses chefs-d’œuvre, Inu-Yasha, Ranma 1/2, Urusei Yatsura que j’ai également vus en animation, ainsi que Maison Ikkoku (Juliette, je t’aime) en animation. J’ai aussi lu ses one-shots (parus chez Tonkam), La tragédie de P (1994), Le chien de mon patron (1999) et Un bouquet de fleurs rouges (2005). Quant à Mermaid Saga, j’ai vu les OAV et la série animée mais je n’avais jamais lu le manga.

Mermaid Saga est paru au Japon en 3 tomes entre 1984 et 1994, d’abord en prépublication dans Shônen Sunday Zôkan (1984-1985) puis dans Weekly Shônen Sunday (1987-1994) avant d’être édité par Shôgakukan (dès 1985) et adapté en animation (en 1991, 1993 et 2003). Le premier tome, Mermaid Forest 人魚の森 (Ningyo no mori soit la forêt des sirènes) est le seul tome traduit en français en 1998. Le tome 2, Mermaid’s Scar 人魚の傷 (Ningyo no kizu soit la cicatrice de la sirène) et le tome 3, Mermaid Gaze 夜叉の瞳 (Yasha no hitomi soit l’œil du démon) sont enfin traduits en français. Ce premier tome intégrale contient Mermaid Forest.

Yuta a mangé de la chair de sirène et il est devenu immortel (sauf s’il a la tête tranchée) alors que tous ses amis pêcheurs sont morts dans d’atroces souffrances. Il a 20 ans… depuis 500 ans mais souffre de voir tous ceux qu’il aime vieillir et mourir. Il voudrait donc redevenir mortel. « On m’a dit que pour redevenir humain, je devais rencontrer une sirène… ».

Mana a été capturée enfant par des sirènes qui l’ont obligée à manger de la chair de sirène afin, à leur tour, de se nourrir de sa chair pour redevenir jeunes et belles…. Elle a 16 ans, est aussi immortelle, et heureusement a réussi à s’enfuir grâce à Yuta qui est arrivé dans le village isolé où elle était prisonnière, c’est sûr « les sirènes ne savent pas rire ».

Des sirènes, des monstruosités, des pirates, de l’action, de l’aventure, parfait pour un shônen (manga pour garçons) mais il y a quelques scènes violentes et érotiques alors c’est plutôt un seinen (manga pour adultes). Il y a aussi d’horribles vieilles femmes et de l’humour, « Arrête de crier, ton dentier risque de tomber ! » (p. 188), mouah ah ah, elle est bien bonne !

Ce premier tome est un très beau livre, dans un format plus grand que les mangas habituels (145 x 210 mm). Les différentes histoires peuvent être lues indépendamment (comme des nouvelles) mais il y a une certaine continuité chronologique donc mieux vaut les lire dans l’ordre même s’il y a des flashbacks aussi bien pour Yuta que pour Mana. Vous pourrez être un peu énervés par le statut de Mana (jeune fille en détresse avec un héros qui la sauve à chaque fois) mais c’est typique des années 80 (j’appelle ça le syndrome de la Princesse Peach, pour ceux qui connaissent les jeux vidéo… La Princesse Peach se laisse toujours enlever par le méchant Bowser pour que Mario vienne la sauver). Une lecture pour les fans de Rumiko Takahashi et pour ceux qui veulent découvrir la mangaka et son univers. La bibliothèque a acheté le deuxième tome donc je le lirai sûrement dans pas longtemps.

Ils l’ont lu : Aelurus, Floriane, Hervé, Tampopo, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et les challenges ABC illimité (lettre R pour prénom), BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 14, le nom d’un animal dans le titre, mermaid est l’anglais pour sirène), Challenge lecture 2023 (catégorie 28, un livre sans happy end), Contes et légendes, Jeunesse & young adult #12, Littérature de l’imaginaire #11, Petit Bac 2023 (catégorie Animal pour Mermaid = sirène), Tour du monde en 80 livres (Japon).

Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa

Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa.

Kana, collection Bik Kana, juillet 2022, 192 pages, 7,55 €, ISBN 978-2-50511-379-9. ダーウィン事変 (Darwin Jihen, 2020) est traduit du japonais par Frédéric Malet.

Genres : manga, seinen, science-fiction.

Shun Umezawa うめざわしゅん naît le 13 décembre 1978 à Kashiwa dans la préfecture de Chiba (Japon). Il est dessinateur, scénariste et il commence sa carrière de mangaka en 1998 avec un one-shot, Jerashi, publié dans le Weekly Young Sunday (Shôgakukan). D’autres titres sont parus avant Darwin’s incident, titre sur lequel il travaille depuis 2020 et prévu en 4 tomes. Shun Umezawa est plus connu en Espagne où ses précédents titres (Utopias, Ippiki to Kyûjûkyûhiki to, Pinkie Always rings Twice, Erehwon) sont traduits. Plus d’infos sur son site officiel.

Voici comment commence ce manga : « Le courant de la conscience s’étend des humains opprimés à tous les animaux, conduisant à de formidables réponses sur l’évolution. Charles Darwin (note griffonnée en février 1838) » (p. 2).

Institut de recherche biologique STRARD à Escondido en Californie. Des membres de l’Alliance de Libération des Animaux « attaquent » et libèrent des singes, des lapins, des chats, des chiens, des souris… et récupèrent une femelle chimpanzé en train de faire une fausse couche.

Institut de recherche sur les primates Kornberg à Saint-Louis dans le Missouri, deux mois plus tard. « Il s’agit du rapport officiel de l’Académie national des sciences. Le décryptage du séquençage de l’ADN et les dernières technologies d’analyse du génome le confirment. Ce nouveau-né… est un hybride mi-humain mi-chimpanzé. C’est un humanzee. » (p. 10-11).

Quinze ans plus tard, à Shrewsville dans le Missouri. Charlie a été adopté et élevé par Hanna et Gilbert (surnommé Bert), un couple composé d’une avocate et d’un scientifique. C’est son premier jour au lycée et… Charlie est considéré comme une bête curieuse (il est connu car il est régulièrement dans les journaux et a même rencontré le président). Mignon pour les uns (plutôt pour les filles), macaque pour d’autres voire danger (plutôt pour les garçons), Charlie n’est pas accueilli à bras ouverts par tous… « Moi, j’ai pas trop envie de m’approcher de lui… On ne sait pas ce que cet hybride pourrait nous faire. » (p. 24), sans commentaire.

Dans la cour, un chat est coincé dans un arbre et Lucy grimpe pour le récupérer mais la branche casse… Charlie est en cours, il saute par la fenêtre et rattrape à la fois le chat et Lucy. Évidemment tout le monde filme la scène. Après ça, à la cafétéria, Lucy et Charlie deviennent amis sous le regards éberlués des lycéens.

Malheureusement des membres plus violents – ou plus cinglés – de l’Alliance de Libération des Animaux organisent des attentats à New York et veulent rallier Charlie à leur cause… Charlie – bien que vivant à plus de 1500 km – est soupçonné de faire partie de ce groupe… « Dis-moi… tu penses vraiment que Charlie pourra devenir l’un des nôtres ? – Nous allons faire en sorte qu’il n’ait pas le choix. » (p. 75).

Au-delà de l’éthique (non, il n’est pas normal que les humains créent des hybrides, des chimères), ce genre d’histoires de science-fiction me plaît bien. Une fois que l’être vivant – ici Charlie – est existant, on ne va pas le tuer quand même mais il ne faut pas oublier qu’il est justement un être vivant sensible, doué de raison, de sentiments, d’émotions et pas qu’un sujet d’études ou d’expériences. Ce manga traite aussi des végans et en particulier de ceux qui commettent des attentats terroristes et tant pis pour les victimes collatérales, ça c’est affreux, on ne défend pas une cause par la violence (et je ne vis pas dans le monde des Bisounours). Quoiqu’il en soit, ce premier tome est une tuerie, je veux dire est vachement bien, enfin vous m’avez comprise, et j’ai hâte de lire la suite ! Le 2e tome est paru en octobre 2022 et le 3e est annoncé pour janvier 2023.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny) et les challenges ABC illimité (lettre U pour nom), BD 2023, Bingo littéraire d’Hylyirio 2023 (case n° 2, une BD ou un manga), Challenge lecture 2023 (catégorie 21, un livre d’un auteur que je n’avais jamais lu), Jeunesse & young adult #12, Littérature de l’imaginaire #11, Petit Bac 2023 (catégorie Prénom pour Darwin, j’ai vérifié Darwin est un prénom provenant du vieil anglais Deorwine qui signifie « cher ami »), Un genre par mois (en janvier, c’est BD, manga…). Certains liens de challenges arrivent !

Challenge BD 2023

Mon logo préféré

Je participe au challenge BD de Marjorie – du blog Chroniques littéraires – depuis sa création en 2014. Je rempile pour le Challenge BD 2023. Toutes les infos, les nouveaux logos (Marjorie en a concocté 3) sur le groupe FB.

Mes lectures BD pour ce challenge

1. Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa (Kana, 2022, Japon)

2. Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi (Glénat, 2021, Japon)

3. The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô (Akata, 2022, Japon)

4. Boubou et ses amis de Yoon-sun Park (Biscoto, 2022, Corée du Sud)

La BD de la semaine 2023

Ma 7e année pour La BD de la semaine. Un rendez-vous hebdomadaire, le mercredi, qui consiste à publier une note de lecture d’une bande dessinée (contemporaine ou classique, franco-belge, européenne, comics, manga…). 6 billets en 2017, 19 en 2018, 14 en 2019, 47 en 2020, 43 en 2021, 47 en 2022, je tiens le rythme. Cette année, ce sera géré par Moka, Noukette et Fanny. Plus d’infos sur le groupe FB.

1. Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa (Kana, 2022, Japon)

2. Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi (Glénat, 2021, Japon)

3. The Sound of my Soul 1 de Rin Saitô (Akata, 2022, Japon)

4. Boubou et ses amis de Yoon-sun Park (Biscoto, 2022, Corée du Sud)

Mon top BD 2022

La BD de la semaine est en vacances et, comme c’est le dernier mercredi de l’année, voici mon top BD 2022 (certaines BD sont parues avant mais je les ai lues en 2022 et, malheureusement, il y a quelques (excellents) titres dont je n’ai pas encore publié les notes de lectures donc ce sera pour l’année prochaine).

BD françaises

1. La bibliomule de Cordoue de Lupano et Chemineau (Dargaud)

2. Le Boiseleur, 1 – Les mains d’Illian de Hubert et Hersent (Soleil)

3. Les oiseaux de Troubs (Futuropolis)

4. Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan (Ankama)

5. La petite voleuse de la Tour Eiffel de Manini, Richez et Ratte (Grand Angle)

BD européennes

1. Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Cever d’après le roman de Luis Sepúlveda (Caurette), BD belgo-franco-suisse inspirée d’un roman chilien

2. Les cahiers japonais tome 1 – Un voyage dans l’empire des sens d’Igort (Futuropolis), BD italienne

3. La série Solo mais mon tome préféré est Solo 4 – Legatus d’Oscar Martin (Delcourt), BD espagnole

4. Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter (La joie de lire), BD norvégienne

5. Anča & Pepík mènent l’enquête de Lucie Lomová (Dupuis), BD tchèque

BD de science-fiction

1. Carbone & Silicium de Mathieu Bablet (Ankama)

2. Après le monde de Timothée Leman (Sarbacane)

3. Celestia de Manuele Fior (Atrabile)

Romans graphiques

1. Entre les lignes de Baptiste Beaulieu et Dominique Mermoux (Rue de Sèvres)

2. L’accident de chasse de David L. Carlson et Landis Blair (Sonatine)

3. Queenie, la marraine de Harlem d’Aurélie Lévy et Elizabeth Colomba (Anne Carrière)

Mangas

1. Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 1 d’Umi Sakurai et le tome 2 (Soleil Manga)

2. Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani (Mangetsu)

3. Serii de Takehito Moriizumi (Atelier Akatombo)

4. Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi (Pika)

5. Les carnets de l’Apothicaire 1 de Natsu Hyûga, Itsuki Nanao et Nekokurage (Ki-oon)

Et en bonus, Seizième printemps de Yunbo (Delcourt), bande dessinée sud-coréenne

Comics et assimilés

1. Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg (Akileos), comics suédo-finlandais

2. Ours de Ben Queen et Joe Todd-Stanton (Kinaye), comics états-unien

3. Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill (Bliss), comics néo-zélandais

Humour

1. Ma folle vie de dessinateur ou comment faire son autoportrait en toutes circonstances de Benjamin Chaud (Hélium) + expo et rencontre avec Benjamin Chaud

2. Les bons gros bâtards de la littérature d’Aurélien Fernandez et PoPésie (Lapin)

3. La série La voie du tablier de Kôsuke Oono – tomes 1 à 4 et tomes 5 à 7 (Kana)

Quelques mots : je suis ravie de la diversité des genres, des styles, des éditeurs et des pays représentés, j’espère que plusieurs titres vous feront envie. Rendez-vous la semaine prochaine pour La BD de la semaine 2023 !

Princesse Saphir d’Osamu Tezuka

Princesse Saphir d’Osamu Tezuka.

Soleil Manga, collection Shôjo, janvier 2005, 242 pages, 6,99 €, ISBN 978-2-84565-970-4. リボンの騎士 Ribon no kishi (1953) est traduit du japonais par Sylvain Chollet.

Genres : manga, shôjo, merveilleux, conte.

Osamu Tezuka (手塚 治虫) naît le 3 novembre 1928 à Toyonaka (préfecture d’Ôsaka, Japon). Il étudie la médecine à l’université d’Ôsaka mais il découvre les dessins animés en particulier ceux de Walt Disney et devient mangaka, scénariste et réalisateur. Il connaît le succès avec La nouvelle île au trésor (1947). Suivront Le roi Léo (1950), Astro Boy (1952), Princesse Saphir (1953), Phénix l’oiseau de feu (1956) et tant d’autres titres (dont la majorité sont adaptés en animation). Je ne peux pas tous les citer mais l’œuvre est colossale (de 1947 à 1988), touche à tous les genres et reçoit de nombreux prix y compris posthumes. Il meurt le 9 février 1989 à Tôkyô. C’est un mangaka que j’ai beaucoup lu au fur et à mesure des parutions de ses titres en France mais dont j’ai encore peu parlé sur le blog sauf avec La légende de Songoku (4 tomes) en mai 2021 (c’était une relecture ce qui est le cas aussi avec Princesse Saphir).

Il était une fois… Mukashi no koto desu ou Mukashi mukashi en japonais. Au Ciel, le Créateur qui distribue les cœurs, un bleu pour « des garçons forts et courageux » et un rouge pour « des filles belles et douces » (p. 9) donne par erreur (à cause de Tink) un cœur bleu puis un cœur rouge au même enfant à naître. Mécontent, le créateur envoie Tink, l’ange farceur, sur Terre avec la fournée de nouveaux-nés ; Tink a perdu ses ailes, « Ce n’est pas très pratique d’être humain. » (p. 13). Mais le personnage principal de cette histoire est l’héritier de la couronne que tout le monde attend au royaume de Silverland (l’histoire se déroule au Moyen-Âge dans un pays européen imaginaire).

Au moment de la naissance, tout le monde annonce un prince héritier ! Le roi et la reine ne peuvent pas démentir sinon c’est Plastic, le fils de l’affreux duc Duralmin, qui recevra le trône… Ainsi le couple royal élève leur fille « comme un garçon » (p. 20). Quinze ans après, Saphir a grandi et Tink n’a pas changé ! Mais il est de plus en plus difficile de jongler entre le côté féminin (vie personnelle cachée) et le côté masculin (vie mondaine) de Saphir, d’autant plus que Franz Charming, le prince d’un royaume voisin s’éprend d’une jeune blonde inconnue durant le bal du carnaval annuel… qui n’est autre que Saphir déguisée.

Des drames emmèneront Saphir au trône plus vite que ses parents l’avaient prévu et, après toutes ces années, Saphir est démasquée par la perfidie de Duralmin et de son machiavélique serviteur, Nylon. La reine et Saphir sont emprisonnées dans la tour ouest, la tour de l’oubli, dépossédées de leurs biens et réduites en esclavage par Gummer le geôlier…

Jusqu’au jour où apparaît un justicier masqué que l’ange Tink pense être Saphir (a-t-il raison ?).

Proche de nos contes de fée occidentaux, Princesse Saphir est un récit plein de romantisme mais aussi d’aventures et d’action. Considérée comme un shôjo (manga pour filles), cette histoire peut à mon avis intéresser aussi les garçons pour deux raisons. 1. Parce que la « princesse » est un garçon manqué et, au-delà du genre, Saphir est de naissance à la fois garçon et fille. 2. Parce que les codes du shôjo n’y sont pas vraiment respectés : les yeux, les émotions, les cases sont différents de ce que les lecteurs de shôjo attendent mais le graphisme est du pur Tezuka donc les fans apprécieront.

À noter que c’est une commande du Shôjo Club 少女クラブ (1923-1962) de l’éditeur Kôdansha qui souhaitait proposer aux jeunes lectrices une histoire similaire à celles publiées dans les magazines shônen (manga pour garçons). Je pense qu’à son époque Tezuka a simplement fait un shônen pour filles ! En tout cas, les thèmes de l’identité et de la liberté sont pour moi la part principale de cette histoire.

La parution en chapitres se déroule entre janvier 1953 et janvier 1956 avant de paraître en 3 tomes chez Kôdansha. Osamu Tezuka s’inspire bien sûr des contes européens et aussi, en bon cinéphile, d’actrices japonaises célèbres et des productions d’Hollywood ce qui inclut les films d’animation de Walt Disney. De l’humour voire du burlesque, des anachronismes, c’est du Tezuka tout craché même si les lecteurs adultes préféreront ses seinens comme Ayako, Barbara, Black Jack, ou L’histoire des 3 Adolf, entre autres. Princesse Saphir a eu beaucoup de succès alors Tezuka a fait une suite intitulée Les enfants de Saphir (un tome, 1958) et une série animée a bien sûr été réalisée : au Japon en 1967 et diffusion en France entre 1973 et 1976 (vidéo ci-dessous).

Pour l’instant, je n’ai (re)lu que le premier tome car je voulais garder du temps pour – rien à voir – lire Nous, les Allemands d’Alexander Starritt pour Les feuilles allemandes, un challenge qui se termine aujourd’hui. Mais je relirai assurément la suite pour vous la présenter.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) qui est apparemment le dernier rendez-vous de l’année hors billet coups de cœur en fin d’année, BD 2022 et aussi 2022 en classiques, Les classiques c’est fantastique (avec en novembre un prénom dans le titre), Contes et légendes (des filtres magiques, une sorcière, une princesse et un prince, entre autres), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Prénom pour Saphir) et ABC illimité (toujours le dilemme de choisir entre la lettre pour le prénom, le nom ou le titre… je vais faire avec O pour prénom).

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani.

Mangetsu, collection Shônen, mai 2022, 192 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-38281-137-5. Rooster Fighter volume 1 (2021) オンドリの戦闘機 ou ニワトリ・ファイター (Niwatori Fighter) est traduit du japonais par Alexandre Fournier.

Genres : manga, shônen, science-fiction, fantastique, horreur.

Shû Sakuratani 桜谷シュウ naît… eh bien quelque part au Japon (aucune info) et il est mangaka. Son premier manga T-Dragon (ヒーローズコミックス 10 tomes entre 2015 et 2019) n’est pas traduit en français. Plus d’infos (et plein de dessins de coqs) sur son compte twitter et son instagram.

Pour l’instant 4 tomes sont parus au Japon : en prépublication dès décembre 2020 dans Hero’s Inc.’s Comiplex (extrait) et en parution dès mai 2021, et un tome est attendu pour 2023.

« Voici l’histoire d’un simple coq … déterminé à protéger l’humanité. » (p. 8). Il y a un an, le Japon a été envahi par des kijûs, des monstres gigantesques qui détruisent tout sur leur passage et bouffent les humains… Le coq sur la couverture, c’est Rooster Fighter ou Coq de baston, « Je vais tous vous éclater ! » (p. 6) mais son vrai nom est Keiji.

Ce coq, attrapé par deux chenapans (un veut le manger, l’autre le donner à son chat), est sauvé par un petit vieux, veuf et triste, qui lui donne à manger, « Désolé, je n’ai pas mieux à t’offrir… – Du riz complet, du maïs, de la pérille… C’est un festin digne d’un roi ! » (p. 22-23) lorsque un kijû fait son apparition, détruit la maison voisine et s’apprête à avaler les chenapans et le pépé alors le valeureux coq intervient et il réussit, « Cocori-K.-O. ! » (p. 46).

Keiji sait que d’autres kijûs apparaîtront alors il essaie d’être au bon endroit au bon moment. Mais il a un défaut, il ne sait pas nager et, après l’épisode du zoo, il est coincé sur une île : j’ai beaucoup aimé sa rencontre avec la tortue millénaire, « T’es bien le premier qui ose tenir tête à Gin le borgne. » (p. 111) et il va falloir qu’il aille en mer…

Les kijûs ne sont-ils pas les monstres que la société japonaise génère ? Des jeunes délaissés par leurs proches ou martyrisés et qui ont la peur au ventre puis la haine, des gens abrutis par leur travail et qui n’ont pas de vie ou des femmes abandonnées alors ils et elles pètent un câble… Au-delà du côté shônen (manga pour garçons et adolescents) et du côté science-fiction, fantastique, horreur, le lecteur se pose des questions sur la vie et la société (avec par exemple les oiseaux exotiques au zoo et le sacrifice de papy Zena, ou le papounet yakuza qui avait un bon fond et qui a été abusé). Nous, les humains, ne sommes-nous pas des monstres en puissance ? Dans le sens ne pouvons-nous pas tous nous transformer en monstre, comme manger des êtres vivants morts (ou parfois encore vivants dans certaines gastronomie) ou prendre plaisir à voir des animaux enfermés ou faire souffrir les autres ou pire…

À noter que les kaijû 怪獣 sont des créatures étranges, mystérieuses, monstrueuses mais naturelles qu’on voit dans le kaijû eiga 怪獣映画, le cinéma japonais de monstres comme Godzilla pour ne citer que le plus connu mais ici, le mot kijû est inventé, peut-être parce que les créatures sont des humains qui se transforment et pas des créatures naturelles comme les kaijû.

Source : éditeur.

Hey, le business « dans le nettoyage. Le yakuza moderne se doit de gagner sa vie honnêtement. » (p. 153), un clin d’œil à La voie du tablier de Kôsuke Oono ? En fin de volume, il y a une histoire bonus, ah ah ah, une histoire de coq et de poulette… Bon c’est quand même un manga sérieux mais qui m’a fait rire et qui est super bien dessiné avec des détails très réalistes et fournis (ci-contre, mon image préférée). Quelle idée saugrenue et excellente de créer un coq sauveur de l’humanité ! C’est loufoque, sans aucun temps mort, et si vous n’aimez pas particulièrement la baston, ne passez pas votre chemin car dessins et messages valent vraiment le coup ! J’ai hâte de lire les tomes suivants pour en savoir plus sur Keiji, ses pouvoirs et sur ce qui l’a mené dans ce combat.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny), BD 2022 et les challenges ABC illimité (lettre S pour nom), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Rooster / Coq) et Un genre par mois (contemporain en novembre, avec justement un manga très contemporain au niveau dessin, histoire, traitement des thèmes…).

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Lundi Soleil 2022 #novembre (3)

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Nous sommes toujours dans le onzième thème de Lundi Soleil 2022, celui de novembre qui est une direction, l’ouest. Bon, pas facile du tout ces thèmes de direction… Connaissez-vous des mangas qui se déroule dans l’Ouest (c’est-à-dire aux Amériques) ? J’en ai sélectionné quelques-uns. Déjà il y a la série Seton de Jirô Taniguchi (considéré comme le plus occidentalisé des mangakas), qui raconte la vie du célèbre naturaliste Ernest Thompson Seton né en Angleterre de parents écossais, ayant grandi au Canada et ayant vécu aux États-Unis (il a été naturalisé Américain) et qui fait la part belle aux animaux et aux grands espaces. Osamu Tezuka, le grand maître, a lui aussi fait une incursion aux Amériques mais du Sud (ce qui est quand même l’ouest pour nous, Européens) avec Gringo qui traite plutôt de politique et de social. J’espère vous avoir donné envie de les lire ! Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain.

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Lundi Soleil 2022 #octobre (5)

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Nous sommes toujours dans le dixième thème de Lundi Soleil 2022, celui d’octobre qui est une couleur, le rose. Contrairement à ce que vous pouvez imaginer avec ces couvertures roses, ces mangas ne sont pas du genre shôjo (manga pour jeunes filles) mais sont bien pour adultes ! Avec Ryota du mandala de Jun Hatanaka, le jeune Ryota « Dans une ville thermale du Japon des années 70s, […] s’initie aux joies de l’adolescence en prenant des bains. Aventures sexuelles, histoires sentimentales, geishas, yakusas… », nous avons ici du gekiga (« dessins dramatiques »). Et avec Pink de Kyôko Okazaki, « Yumi, 22 ans, employée de bureau le jour, prostituée la nuit. Une situation que la jeune femme a choisie […] », nous avons du josei (manga féminin). Je vous souhaite une bonne semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain pour le thème de novembre, une direction, l’ouest (les thèmes des directions sont ceux que je trouve les plus difficiles…).