L’homme nu de Marc Dugain et Christophe Labbé

L’homme nu : la dictature invisible du numérique de Marc Dugain et Christophe Labbé.

Coédition Robert Laffont & Plon, avril 2016, 200 pages, 17,90 €, ISBN 978-2-259-22779-7.

Genre : essai.

Marc Dugain, né le 3 mai 1957 au Sénégal, est un célèbre romancier et metteur en scène (théâtre) français. Il a reçu quelques Prix littéraires et plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma, le plus connu étant La chambre des officiers.

Christophe Labbé est journaliste d’investigation au magazine hebdomadaire Le Point.

« La collecte et le traitement de données de tout type vont conditionner le siècle qui vient. Jamais dans l’histoire de l’humanité nous n’aurons eu accès à une telle production d’informations. […] Cette révolution numérique ne se contente pas de modeler notre mode de vie vers plus d’information, plus de vitesse de connexion, elle nous dirige vers un état de docilité, de servitude volontaire, de transparence, dont le résultat final est la disparition de la vie privée et un renoncement irréversible à notre liberté. […] » (p. 7, introduction).

Pourquoi, comment ? C’est ce qu’expliquent les deux auteurs dans seize chapitres explicites, argumentés, tous plus intéressants les uns que les autres. Toile numérique, téléphonie mobile, données collectées, big data, influences sur la santé et sur la vie privée, super-mondialisation… Vous saurez et comprendrez tout facilement dans cet Homme nu(mérique) vraiment abordable (mais un peu effrayant) !

Les objectifs de ces big data – les quatre plus importants sont Google, Apple, Facebook et Amazon surnommés GAFA ou « sociétés du 7e continent » – (p. 23) ? Gagner de l’argent, beaucoup d’argent ! « tout savoir sur tout » (p. 8) même si ça ne leur est pas utile tout de suite mais enregistrer, analyser, prévoir… Qu’il n’y ait plus du tout de conflits qu’ils soient personnels, professionnels, politiques, religieux… (cf. p. 181). Et pourquoi pas allonger la durée de la vie et trouver l’éternité ? (pas pour tous, pour une poignée de gens immensément riches évidemment et qui vivront dans des îlots protégés) : « vaincre le fléau originel » (p. 10) et « euthanasier la mort » comme l’a déclaré Larry Page, cofondateur de Google en juillet 2014 (p. 136).

Quels sont les risques ? L’humain sera nu devant tous ces collecteurs d’infos (big data, services de renseignements, commerces, industries…), il perdra son identité, sa vie privée, son intimité, ses données personnelles, professionnelles, médicales…

Bien sûr, il y a (et il y aura) des effets positifs ! Les connaissances, la communication, la santé, la sécurité… C’est d’ailleurs bien sûr ce qui est mis en avant par-dessus tout !

Il y a déjà des symptômes : perte des « sécrétions purement humaines » (p. 37) c’est-à-dire les émotions (véritables), l’imprévisibilité et surtout l’authenticité (« une valeur essentielle chez les Grecs anciens », p. 37), perte de la solidarité, individualisme, isolement, « psychopathologies » (p. 43), perte de la liberté individuelle (de façon pernicieuse), « forme de gouvernement mondial non élu » (p. 58), etc. Mais en tenons-nous compte ?

Certains big data sont carrément dans l’illégalité et réalisent des marchés de dupes comme par exemple des contrats entre la presse américaine et européenne directement avec les gouvernements (un patron de presse richissime est-il similaire à un président élu et peut-il signer d’égal à égal avec le représentant d’un pays ? Bien sûr que non, il lui est… supérieur !), pratiquent la censure et veulent en fait virer les États – et la démocratie – car ils les considèrent comme obsolètes et empêchant le progrès…

Quelques extraits que je voulais conserver

« Jamais, dans l’histoire de l’humanité, un aussi petit nombre d’individus aura concentré autant de pouvoirs et de richesses. » (p. 24).

« Nos données numériques ne nous appartiennent pas, nous en sommes dépouillés, les maîtres de l’industrie de la Tech se les arrogent gratuitement. C’est une partie de nous-mêmes qui nous est volée, notre empreinte numérique. Les big data ont construit leur puissance au détriment des individus. » (p. 26-27).

« L’information est infinie, et c’est ainsi que la conçoivent les big data. » (p. 63).

« La dernière chose que souhaitent les entrepreneurs du Net est d’encourager la lecture lente, oisive, ou concentrée. […] Le lecteur numérique est le prolongement de l’individu hyperconnecté qui, comme une abeille devenue folle, se livre à un butinage compulsif, sautant constamment d’un sujet à un autre. La pensée s’émiette, la réflexion se fait par spasmes. » (p. 102-103). Ce passage où les auteurs expliquent que le cerveau fonctionne différemment – et moins bien – lorsqu’on lit numérique plutôt que papier m’a découragée d’acheter une liseuse…

J’ai bien aimé l’allégorie de la caverne : réf. Platon, in La République il y a… 2500 ans ! (3e chapitre intitulé La prophétie de Platon, p. 33-44) et le parallèle avec l’hybris, le crime suprême chez les Grecs anciens (11e chapitre, intitulé Les maîtres du temps, p. 133-146).

Alors, des solutions pour lutter contre ces big data qui espionnent tout et tous ? Les auteurs en donnent dans l’avant-dernier chapitre intitulé Le retour d’Ulysse (p. 183-192) en particulier avec les hackers – attention, les hackers citoyens, les lanceurs d’alerte (pas les crackers, « sortes de hooligans du numérique » ou les phreakers ou carders, « animés par le goût du lucre », p. 185), les Anonymous, les logiciels libres, les outils d’anonymat (peu finalement…).

Intellectuellement, je comprends très bien tout ce qu’expliquent les auteurs mais… que faire ? Ne plus passer de coups de fil, ne plus envoyer de sms et de mails, ne plus consulter Internet, fuir les réseaux sociaux et les blogs ? Bien sûr, toutes ces explications font peur… mais tout cela est tellement fascinant aussi ! Transhumanisme, robotique, biogénétique, nanotechnologie, neurosciences… Alors, oui, avec ce blog, et FB, entre autres, j’externalise ma mémoire (une partie de ma mémoire seulement !) mais c’est autant pour la garder (avant, c’était sur des feuilles de papier rangées dans des classeurs !) que pour la partager et, même si cette mémoire partagée (donc utilisée par d’autres) n’est plus vraiment la mienne puisqu’elle est partagée (cf p. 178), je peux vous dire que, pour l’instant (!), mon cerveau fonctionne encore très bien, je fais des efforts de concentration, de mémoire, je ne me sens pas concernée par les symptômes de perte cités plus haut, et que tant pis si mes données sont conservées par de puissants ordinateurs super-calculateurs (cf. p. 180).

Je vais m’attacher à l’Histoire, la géographie, la cartographie, les sciences pour toujours mieux connaître ce qui m’entoure ! Je vais programmer de relire les livres fondateurs de la civilisation occidentale (avec des valeurs universelles) comme ceux d’Hérodote et d’Homère ! Je vais retenir que, malgré sa force limitée (calcul, mémoire…), le cerveau humain a développé ce que les ordinateurs n’ont pas : l’intuition, l’émotion « qui lui confère à la fois son génie et son imprévisibilité » (p. 116) car « oublier est une nécessité vitale qui nourrit l’intelligence humaine » (p. 116) et « ce n’est pas de données dont nous manquons, mais bien de ces choses que les ordinateurs ne savent pas produire : des idées, des concepts, des imaginations. » (p. 117).

Et conclure avec ces deux phrases qui me touchent particulièrement : « Ce qui constitue notre humanité, c’est indubitablement la conscience, les idées, la créativité, les rêves. L’information certes, mais en extraire la connaissance et, mieux, la sagesse, ce qu’aucun algorithme ne peut extraire. » (p. 118).

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous lu ce livre ? Ou des articles traitant de cette dictature du numérique ? Vous privez-vous de matériel (ordinateur, téléphone, tablette, liseuse, objets connectés) pour vous défaire de cette dictature ? Ou vous vous en fichez ? Vous pensez être impuissant ? Ou vous êtes à fond là-dedans ?

J’ai trouvé cette vidéo ; même si, comme moi, c’est une émission que vous ne regardez pas, entendre les auteurs peut être tout de même intéressant :

Écrire une histoire d’Olivier de Solminihac

Écrire une histoire d’Olivier de Solminihac.

La contre allée, collection Les périphéries, octobre 2015, 64 pages, 6 €, ISBN 978-2-91781-743-8.

Genre : essai.

Olivier de Solminihac, né en 1976 à Lille, est écrivain : littérature adulte, littérature jeunesse, poésie.

Qu’est-ce que « écrire une histoire » ? L’auteur l’explique en comparant à plusieurs choses comme faire du bateau, faire du feu, fabriquer du yaourt aux fruits, construire une cabane, pratiquer un sport, etc. car il faut différents ingrédients et matériaux pour écrire une histoire et, selon ces ingrédients et ces matériaux, l’histoire sera différente.

« Écrire une histoire, c’est dans un premier temps prendre un objet, s’en saisir, et se l’approprier : le faire sien. Dans un deuxième temps, c’est être pris de l’intérieur par cet objet, être hanté par lui, être possédé par lui : devenir l’objet de son objet. Puis dans un troisième temps, c’est le faire sortir de soi, l’expulser et le rendre, et que cet objet et nous ne soyons plus liés par aucun lien de possession réciproque. » (p. 21).

J’ai lu ce petit livre pour Un mois, un éditeur car en ce mois de mai, l’éditeur choisi est La contre allée que je ne connaissais pas. Mais il n’y avait pas grand-chose ni en librairie ni en bibliothèque donc j’ai choisi cet essai : l’auteur souvent interrogé par les enfants qu’il rencontre sur le thème d’écrire une histoire y développe plusieurs idées, donc plusieurs histoires, mais j’ai trouvé cet exercice de style assez fastidieux et donc je n’ai pas été très emballée même si j’ai trouvé quelques comparaisons intéressantes. Tant pis, j’ai quand même découvert une maison d’éditions et un auteur dont je lirai peut-être un autre titre mais en fiction.

Le gagnant du Prix La Passerelle 2017

Cliquez sur la photo !

Ce soir, à 18 h 30, à la médiathèque La Passerelle, a eu lieu le dépouillement des bulletins de vote pour le Prix La Passerelle 2017 (5e édition) ; je vous avais parlé des six romans en lice en janvier. Bien sûr je les ai lus les six mais, pour l’instant, je n’ai publié que deux notes de lectures… Les autres chroniques viendront.

Ci-dessus le tableau des résultats (désolée, il est un peu penché !) et je suis bien déçue pour Monsieur Origami (mon coup de cœur 2016) pour lequel j’ai voté et pour Le promeneur d’Alep (un des mes coups de cœur 2015)…

Dans l’ordre :

1. Les pêcheurs de Chigozie Obioma avec 26 votes (dont 6 en ligne),

2. Le tambour des larmes de Beyrouk avec 20 votes,

3. Le garçon sauvage de Paolo Cognetti avec 19 votes (dont 4 en ligne),

4. Le promeneur d’Alep de Niroz Malek avec 18 votes (dont 6 en ligne),

C’est serré pour ces trois-là !

5. Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci avec 10 votes seulement 😦 (dont 5 en ligne),

6. Le moabi cinéma de Blick Bassy avec 6 votes (dont 1 en ligne).

En tout cas, c’est la première fois en cinq éditions que nous atteignons la centaine de votes (102 avec bizarrement 3 bulletins « blancs ») alors nous sommes vraiment contents !

Marathon SF mai 2017

Comme régulièrement (chaque mois en fait) Cookies m’a invitée (merci !) à participer au Marathon Dystopie Science-Fiction (+ lien de l’événement FB) qui se déroule présentement du 1er au 7 mai inclus.

Je n’ai pas fait de marathon Science-Fiction depuis… longtemps ! Et j’avais honoré le Weekend à 1000 le dernier weekend d’avril donc pourquoi pas ?

J’ai attendu 00 h 01 le lundi 1er mai pour commencer un roman (qui du coup n’entrait plus dans le weekend à 1000 mais dans le marathon SF, vous suivez ?). Par contre, je n’ai vraiment pas du tout eu le temps de lire les soirs de cette semaine…

Première lecture donc : La 25e heure de Feldrik Rivat – un genre de roman policier mi-fantastique mi science-fiction steampunk dans le Paris du XIXe siècle – paru aux éditions L’homme sans nom (2015) = 448 pages mais la lecture est en cours et, bien que je travaille aujourd’hui, samedi, j’espère avoir le temps de le terminer ce weekend et de lire la suite (Le Chrysanthème noir) ou un autre roman de dystopie ou de science-fiction.

Bon weekend du 8 mai 🙂

Interview de Baptiste Boryczka

Merci à Baptiste Boryczka pour ce portrait

Après avoir lu – et aimé ! – Korzen, le premier roman de Baptiste Boryczka durant l’été 2015, et Café Krilo, le deuxième roman ce printemps, j’ai eu l’idée d’interviewer l’auteur et il a gentiment accepté.

Bonjour Baptiste, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions !

1. Tu vis depuis bientôt 15 ans à Copenhague, au Danemark, qu’est-ce qui t’a attiré dans ce pays ?

Quelques années auparavant, en plein hiver, ma femme et moi avions passé une semaine de vacances dans le pays. Nous avions adoré l’atmosphère si particulière de Copenhague. Ce sont néanmoins des facteurs plus pragmatiques qui nous ont fait choisir le Danemark pour prendre l’air. Pour partir, ma femme devait trouver un échange Erasmus dans son domaine, alors que je devais trouver du travail de mon côté armé de mon mauvais anglais. Le Danemark a été le dénominateur commun. Nous avons donc débarqué sur les côtes de la Baltique durant la canicule de l’été 2003. Nous pensions gouter à la dolce vita danoise quelques mois, mais nous nous y sommes finalement enracinés.

2. Dans tes deux romans, tu t’inspires de la société danoise pour fictionnaliser une Scandinavie – voire une Europe – qui fait trembler ; la part de réel est-elle importante ?

Oui, le réel est bien présent dans mon travail. Les références à ma ville d’adoption sont nombreuses, mais beaucoup des situations, des psychologies et des personnages sont également bien réels. Mes écrits sont des patchworks de ce qu’ont traversé mes proches ou moi-même.

3. Tu as travaillé pour la radio, maintenant tu travailles dans la sécurité informatique et réseaux, comment es-tu arrivé à l’écriture ? Qu’est-ce qui t’a décidé à écrire le premier roman ?

J’ai toujours eu besoin d’expression artistique. Jusqu’à mon émigration, le dessin et surtout la musique me permettaient de manifester mes colères, mes tortures et mes frustrations. Durant mes premières années de vie active, je vivais à un rythme effréné. Intermittent du spectacle, je travaillais pour plusieurs radios en même temps, oubliant parfois de m’accorder des week-ends. De plus, je répétais avec mon groupe et sortais beaucoup. Je ne prenais pas le temps de souffler, de prendre de recul. En arrivant ici, je m’arrêtai de travailler pour la première fois de ma vie. Avoir du temps dans un environnement si calme comparé à l’effervescence parisienne m’a naturellement conduit à l’écriture. Prendre le temps de raconter des histoires en regardant derrière et autour de moi m’a tout de suite fasciné.

4. En rapport à Korzen, pour toi l’exil est-il un déchirement, une perte de ses racines et de ses origines, ou peut-il être positif, et comment ?

Bien sûr, l’exil offre de facto une biculture et de nombreux atouts qui vont avec. Il fait aussi basculer tout doucement dans un flou où l’on ne devient jamais un local, tout en perdant doucement l’attache à son pays d’origine. Comme j’ai de toute façon un problème d’identité que je ne règlerai jamais, cet état grisant me convient parfaitement.

En France, j’aurais voulu être un exilé, mais je n’étais qu’un descendant d’immigrés rincé jusqu’à la moelle par la machine assimilationniste française. Réaliser le fossé culturel avec mes grands-parents m’a d’abord beaucoup frustré. Dès l’adolescence et encore aujourd’hui, j’ai travaillé d’arrache-pied pour combler mes lacunes. Connaître l’histoire, les langues et la culture de mes grands-parents est devenu une obsession, mais on ne devient pas un exilé en restant chez soi.

Mon émigration a par la suite ajouté une nouvelle dimension à mon problème identitaire. Je dois maintenant à mon tour traverser l’épreuve de l’immigration. La superposition de ces deux couches d’exil a brouillé les pistes. Elle me permet aujourd’hui de continuer mon travail pour renouer avec mes origines, de m’assumer pleinement comme Français et de découvrir une société qui m’était complètement étrangère.

5. As-tu une vision aussi pessimiste de l’avenir européen que dans Café Krilo ou est-ce choisi pour faire réagir les lecteurs ?

Non, je crois en nous et je sais que les Européens ont des ressources. Comme beaucoup, je tente à ma petite échelle de réfléchir sur nos incohérences et nos défauts. Dans Café Krilo, j’ai voulu rappeler que rien n’est acquis : droits élémentaires, infrastructures et avancées sociales – nous nous devons de rester vigilants et de ne jamais cesser de se battre.

6. Quels sont tes écrivains et livres préférés, ceux que tu voudrais que tout le monde lise ?

Mon top 5 dans le désordre : Boris Vian, Kundera, Paul Auster, San Antonio et Kerouac.

7. Que lis-tu en ce moment ?

Je ne lis pas de roman en période d’écriture. Je peaufine en ce moment un troisième bouquin et oscille donc entre essais et bandes dessinées.

8. Quel livre t’est récemment tombé des mains ?

« Penser l’Islam » de Michel Onfray.

9. Quel est ton livre coup de cœur en ce moment ?

Côté roman, mon dernier coup de cœur a été « Le quatrième mur » de Sorj Chalandon. C’est un bouquin très fort et merveilleusement bien pensé. Plus récemment, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le dernier « arabe du futur » de Riad Sattouf.

Ce serait bien que tu partages avec les lecteurs d’autres choses :

10. Quels sont les artistes musicaux que tu aimes ?

Depuis quelques années, j’écoute beaucoup de musique alternative d’Europe de l’Est : Shantel, Dubioza kolektiv, RotFront, Hanba et Apparatschik, par exemple. Leurs textes et leurs mélodies me parlent beaucoup.

J’ai toujours aimé la musique du monde en général. Les bijoux d’Afrique du Nord que j’ai eu le privilège de découvrir en détail pendant mes années à Beur FM et le flamenco que j’ai étudié à la guitare classique ont une place particulière pour moi. D’une autre part, la musique violente et politique occupe également une place importante dans ma discothèque – qu’elle soit punk, hip-hop ou metal. Au milieu de ces deux courants aux antipodes, la musique alternative a baigné mon adolescence. J’étais un grand fan de la Mano Negra quand les poils ont commencé à apparaître sur mon menton.

11. Les artistes (peintres, dessinateurs…) ?

Malgré une culture proche de celle d’un haricot vert, j’aime beaucoup me balader dans les musées et les expos. Photographie, art moderne ou classique, c’est un vrai plaisir pour moi de découvrir les arts graphiques. La bande dessinée et le street-art sont des domaines que je comprends mieux.

J’aime beaucoup le théâtre également – surtout quand c’est décalé et drôle.

Merci à Baptiste Boryczka pour cette photo de Copenhague

12. Et parle-nous un peu de la gastronomie danoise ?

Les Danois on beaucoup de qualités mais la gastronomie traditionnelle reste peu élaborée. Ces dernières années cependant, la « nouvelle cuisine nordique » a envahi Copenhague avec pas mal de réussites.

13. Et pour finir, un nouveau roman ? Top secret ou tu peux nous donner un thème ?

J’ai toujours 4-5 projets en tête. Le prochain est un roman qui suit le parcours de deux hommes. Ils voyagent vers leurs origines en Pologne sans se croiser, mais ce retour aux sources va dans les deux cas bouleverser leur vie.

Je remercie encore Baptiste Boryczka et j’espère que cela vous aura donné envie de lire ses deux romans. D’ailleurs, Café Krilo circule en tant que livre voyageur, vous pouvez donc vous manifestez pour le recevoir et en parler (sur un blog, sur un réseau…) avant de l’envoyer à un prochain lecteur. 😉

Weekend à 1000 d’avril 2017

Ce weekend, je ne travaille pas demain samedi et je voulais aller au 31e Salon du livre et de la presse de Genève mais, si j’ai bien un train pour aller à Genève (tôt, très tôt, trop tôt pour moi, 6 heures et quelques…), je n’ai pas trouvé de train pour rentrer le soir… Je vais donc rester tranquille, me reposer le dos et le cerveau, finalement je suis déjà allée à Lyon (Quais du polar) et à Grenoble (expo Fantin Latour au Musée de Grenoble entre autres) en avril, et je vais participer au marathon Weekend à 1000 d’avril organisé par Lili bouquine (mon dernier marathon de lecture était en février).

Mon suivi

Vendredi soir : J’ai commencé (tard) Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh paru en février 2017 aux éditions Albin Michel, il fait 432 pages mais je n’ai lu que la première partie soit 100 pages. Total = 100 pages.

Samedi : Je viens de terminer Elle voulait juste marcher tout droit de Sarah Barukh, quel beau roman ! Je vais prendre un petit goûter et commencer un autre roman, je ne sais pas encore lequel mais j’en ai plusieurs dans ma pile. Total = 432 pages pour l’instant. J’ai lu Denise au Ventoux de Michel Jullien paru aux éditions Verdier en janvier 2017, il ne fait que 144 pages et je m’attendais au drame mais… le choc… Il me faut un livre un peu plus joyeux maintenant ! Total = 576 pages. Bon, eh bien, j’ai lu Orages pèlerins de Fawaz Hussain paru au Serpent à plumes en juin 2016, il fait 192 pages, et il est aussi dramatique que les précédents… Je pense que je vais lire de la SF ou du fantastique demain pour me changer les idées ! Total = 768 pages.

Dimanche : J’ai lu L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia paru en février 2017 aux éditions Le Bélial, un bon roman de science-fiction qui fait 272 pages. Total = 1 040 pages. Et j’ai encore le temps de lire un livre !

Quais du polar 2017 à Lyon

Hier, samedi 1er avril, j’ai été à Lyon pour les Quais du polar ; il me semble que c’est la troisième fois que j’y vais et j’étais très contente malgré une petite déception : je n’ai pas rencontré de blogueurs – blogueuses mais c’est normal, je sais qu’il faut prévenir avant et dire qu’on y sera tel jour à telle heure et se donner un point de rendez-vous sauf que, même si j’avais très envie d’y aller depuis plusieurs semaines, j’ai hésité jusqu’au dernier moment, eh oui… pluie, mal de dos… Et je vais vous dire, je ne suis pas superstitieuse mais ce 1er avril a failli avoir ma peau ! Partie de Valence sous la pluie, je savais que je retrouverais la pluie à Lyon, ça ne me réjouissait pas du tout car je crains l’humidité avec mon dos… À la gare, au guichet, panne informatique, juste avant que mes billets aller-retour ne s’impriment… C’est une blague ou quoi ? Il a fallu que je passe à un autre guichet et qu’on fasse fissa car le train était déjà en gare et allait partir ! Le voyage s’est bien passé, pluie tout le long, c’est reposant, si si. Arrivée à Lyon, pluie, évidemment, j’avais prévu mon parcours mais je me suis quand même perdue dans le métro, heureusement qu’un jeune homme m’a renseignée, il y a encore des gens serviables. Au retour, j’ai pris le bus, plutôt que le métro, je veux dire pour retourner à la gare Part-Dieu, car ça permet de mieux visualiser et se repérer. Je ne vous explique pas dans quel état j’étais avec mon dos douloureux, heureusement le retour s’est bien passé, même si j’ai eu du mal à rentrer chez moi…

J’ai finalement visité deux lieux, tous les deux très beaux, bien connus des amateurs de ces Quais du polar : l’Hôtel de ville Louis Pradel et l’Hôtel de ville Place de la Comédie. J’ai vu deux chouettes expos mais je vous en parlerai une prochaine fois. J’ai rencontré beaucoup de libraires et d’auteurs, ah et un traducteur très sympa. Je suis repartie avec pas mal de photos (prises avec le Smartphone parce qu’avec la pluie je n’ai pas voulu prendre le Canon), quelques cartes postales, marques-pages (tout comme pour la Fête du livre de Bron, le collectionneur se reconnaîtra !), brochures et deux livres dédicacés : j’ai été raisonnable, n’est-ce pas ? Mais j’aurais voulu en acheter plus, vous vous en doutez bien !

Quais du polar 2017 à Lyon : beaucoup de rouge et de noir dans cette édition !

Le premier est L’énigme de Saint-Olav – Melchior l’Apothicaire, livre 1 d’Indrek Hargla, un auteur estonien que j’aurais dû rencontrer à Romans en septembre 2015 dans le cadre du Festival Est Ouest (mon billet) mais la rencontre avait été annulée… Et vous l’avez peut-être deviné : le traducteur sympa est Jean-Pascal Ollivry qui a traduit ce roman et qui servait d’interprète lors des échanges (ouf, parce que qui parle estonien ?). L’auteur est toutefois bien sympathique et j’ai hâte de découvrir son personnage, Melchior l’Apothicaire.

Le deuxième est Code 93, le premier roman d’Olivier Norek, un auteur que je n’ai encore jamais lu mais que je voudrais découvrir car j’ai vu plusieurs blagues (faux articles de journaux, etc.) sur FB (n’est-ce pas Nicolas Lebel ?) ce qui m’avait bien fait rire. L’auteur est d’ailleurs fort intéressant, tour à tour drôle et sérieux, j’espère que je vais aimer ce Code 93.

Je n’ai pas commencé à les lire dans le train du retour car je n’arrive pas à lire dans les transports en commun mais je vous en parle dès que je les aurai lus et je suivrai ces deux auteurs (c’est-à-dire je lirai leurs autres titres) si ces deux romans me plaisent.

C’est triste une ville sous la pluie…

Bibliothèque de Lyon Part-Dieu, que je visiterai une autre fois, j’étais fourbue, et je pense qu’elle doit fermer à 17 heures le samedi, non ?

Mais c’était un bon moment et j’y retournerai, c’est sûr ! Voici quelques photos d’auteurs et de la foule prises à l’Hôtel de ville Place de la Comédie, sauf la première, celle de Ian Manook prise à l’Hôtel de ville Louis Pradel.