1144 livres de Jean Berthier

1144 livres de Jean Berthier.

Robert Laffont, collection Les passe-murailles, janvier 2018, 180 pages, 12 €, ISBN 978-2-22120-321-7.

Genres : roman français, premier roman.

Jean Berthier est auteur pour des revues littéraires, il est aussi réalisateur (documentaires et films). 1144 livres est son premier roman et le lecteur sent qu’il est un grand lecteur !

Adopté 97 jours après sa naissance, le narrateur a pour parents Henri et Mariette, un couple stérile mais aimant. Il grandit au milieu des clients de la quincaillerie familiale et il ne connaîtra jamais ni ses parents ni les premiers jours de sa vie. « Sur cette ignorance sans fond, j’ai bâti une vie, fondé une famille, exercé un métier. » (p. 12). Il est bibliothécaire. Un jour, il reçoit le courrier d’un notaire . « Il n’est pas rare d’hériter d’une bibliothèque ; il l’est davantage si ce legs provient d’une inconnue et si cette inconnue est votre mère. » (p. 15). Il n’a jamais cherché ses origines : « L’origine est toujours décevante. » (p. 25) et cet héritage anonyme l’inquiète… « Hélas ! Je n’étais plus le lecteur d’un roman auquel j’étais prêt à souscrire ; j’étais le protagoniste d’une histoire à laquelle je ne voulais pas croire. » (p. 26-27). Il pense d’abord à une blague puis veut refuser l’héritage mais se retrouve finalement dans une chambre de l’hôtel de Loisy avec une trentaine de cartons de livres ! « C’était encore vers les livres que la vie m’emmenait. » (p. 32-33). Que faire de ces 1144 livres ? « Ces livres disaient : ta mère est morte et te demeurera inconnue pour toujours. » (p. 74). « Pourquoi recherchais-je une mère que je n’avais jamais cherchée et que la mort rendait introuvable ? » (p. 107).

Trois beaux extraits sur la lecture

« Mais lire, lire est sans partage, lire est exclusif ; l’esprit est occupé, les mains sont occupées, aucune parcelle de notre être ne peut s’évader pour porter son attention ailleurs. Il n’y a pas plus contraignant que cette activité à laquelle rien n’oblige. » (p. 44).

« Nous devrions lire pour nous quitter autant que pour nous retrouver. » (p. 90). Très joli, n’est-ce pas ?

Et mon préféré : « Comme on a peu lu quand on a beaucoup lu ! » (p. 113-114). Comme c’est vrai !!!

1144 livres est un roman court, atypique (avec une écriture, je dirais… ancienne) ; il interroge sur la lecture mais aussi sur l’origine familiale, la filiation, la résilience et l’héritage. Que laissons-nous avec des livres ? Quelle partie de notre vie laissons-nous avec des livres ? Ce roman questionne aussi sur le besoin de la littérature, de la fiction : quelle place occupent les livres dans nos vies ? On le voit avec les extraits ci-dessus, c’est un bel éloge des livres, de la littérature et de la lecture, de la curiosité aussi.

Une agréable lecture pour le challenge Lire en thème (le thème de janvier est chiffre ou nombre dans le titre).

 

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Edgar Allan Poe et nouvelle traduction de ses nouvelles

Voici un article un peu particulier pour La bonne nouvelle du lundi, Cette année, je (re)lis des classiques #2, Contes et légendes (pour les contes) et Littérature de l’imaginaire #7.

Je voudrais vous parler d’Edgar Allan Poe, célèbre auteur de nouvelles, poèmes et contes, et vous présenter le premier tome des Nouvelles intégrales d’Edgar Allan Poe ; ce tome 1 correspond aux premières nouvelles écrites et publiées entre 1831 et 1839 ; elles sont moins connues du lecteur français.

Edgar Allan Poe (1900, Bettmann Archive)

Edgar Allan Poe naît le 19 janvier 1809 à Boston (Massachusetts, États-Unis) dans la famille Poe, une famille de comédiens (mère anglaise, père américain). Mais, lorsque ses parents meurent, il est recueilli par les Allan (d’origine écossaise) à Richmond (Virginie), d’où le double nom Allan Poe. Il étudie à la nouvelle Université de Virginie (fondée par Thomas Jefferson, troisième Président des États-Unis). Il fait un voyage en Angleterre et en Écosse puis s’installe à Baltimore (Maryland) et commence à écrire dans un journal. Il part ensuite pour Philadelphie (Pennsylvanie) où la majorité de ses œuvres sont publiées et enfin à New York où il devient propriétaire du Broadway Journal.

Il est tout à la fois romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, dramaturge et même éditeur. Il fait partie du mouvement romantique et écrit plutôt dans les genres policier, fantastique voire macabre, et parfois de la satire. Il est considéré comme l’inventeur américain du genre policier et compte dans les précurseurs de la science-fiction et du fantastique. Il est en tout cas reconnu comme un des plus grands auteurs américains du XIXe siècle.

En 1827, il publie son premier recueil, Tamerlan et autres poèmes. En 1838, paraît son premier roman, Les aventures d’Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket), mais c’est un échec… Suivent des articles de journaux, des critiques littéraires, des poèmes, des contes, des nouvelles, des autobiographies pastiches, etc. Un premier prix littéraire en octobre 1833 lui apporte la notoriété. En 1839, il publie son premer recueil d’histoires sous le titre Contes du Grotesque et de l’Arabesque. C’est surtout ses contes, ses nouvelles et ses poèmes qui sont connus et appréciés mais il laisse aussi deux romans : Les aventures d’Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, 1837-1838) et Le journal de Julius Rodman (The Journal of Julius Rodman, 1840, inachevé malheureusement) ainsi que plusieurs essais et une pièce de théâtre : Politian (1835-1836, inachevée également).

Il meurt le 7 octobre 1849 à Baltimore et la cause de sa mort n’est pas exactement déterminée (tuberculose héritée de son père, maladie cardiaque, problème cérébral… ?). Il est enterré au cimetière presbytérien de Baltimore et, en 1913, une pierre tombale est rajoutée avec une épitaphe tirée du poème Le corbeau (The Raven, 1845) : « Quoth the Raven, « Nevermore. » » (ce qui signifie Le corbeau dit : « Jamais plus ! »).

Poe influence de nombreux auteurs américains comme William Faulkner, H.P. Lovecraft, Herman Melville, James Russell Lowell, Flannery O’Connor, Nathanael West, Walt Whitman. Il est aussi apprécié par des auteurs français comme Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Baudelaire (qui traduit ses nouvelles), Stéphane Mallarmé (qui traduit ses poèmes) et Jules Verne (qui lui consacre un article élogieux sur les Histoires extraordinaires). Il est aussi reconnu en Grande-Bretagne (Oscar Wilde, par exemple, s’en inspire pour son roman Le Portrait de Dorian Gray et ses contes), en Russie (Vladimir Nabokov fait plusieurs références à Poe dans son célèbre Lolita ; quant à Fiodor Dostoïevski, il encense ses histoires policières) et dans le monde hispanique (Jorge Luis Borges et Julio Cortázar, deux écrivains argentins, traduisent ses œuvres en espagnol). L’auteur japonais Edogawa Ranpo (1894-1965) s’est carrément inspiré du nom d’Edgar Allan Poe pour créer son pseudonyme littéraire (prononciation syllabique japonaise !).

Il n’y a aucune raison de ne pas lire Edgar Allan Poe ! Et vous avez peut-être déjà lu une ou des nouvelles de Poe traduites en français par Charles Baudelaire (1821-1867) et publiées dans La Pléiade (1932) ou une autre édition plus récente (Gallimard, Bouquins, Pochothèque…). Vous pouvez en tout cas lire ses œuvres en ligne, en français, sur Wikisource entre autres et sur en.Wikisource pour les versions originales. Ou alors vous emparer de la nouvelle traduction dont je vous parlais ci-dessus avec :

Edgar Allan Poe – Nouvelles intégrales, tome 1 (1831-1839), nouvelle traduction de Christian Garcin & Thierry Gillybœuf, intégrale parue chez Phébus en octobre 2018 (432 pages, 27 €, ISBN 978-2-7529-1100-1) avec les œuvres présentées de façon chronologique (idéale pour comprendre l’évolution de l’auteur !) augmentée d’une préface et de notes des traducteurs, ainsi que d’illustrations originales de Sophie Potié, jeune illustratrice et graveuse (née en 1991) que vous pouvez suivre sur tumblr.

Attendez-vous à entendre parler de ces nouvelles durant l’année pour les challenges cités plus haut : La bonne nouvelle du lundi, Cette année, je (re)lis des classiques #2, Contes et légendes et Littérature de l’imaginaire #7.

The Promised Neverland, 1 de Kaiu Shirai et Posuka Demizu

The Promised Neverland, 1 de Kaiu Shirai et Posuka Demizu.

Kazé, avril 2018, 193 pages, ISBN 978-2-82033-223-3. The Promised Neverland (約束のネバーランド Yakusoku no Nebârando) (2016) est traduit du japonais par Sylvain Chollet.

Genres : manga, fantasy, science-fiction.

SHIRAI Kaiu (白井 カイウ) est le scénariste. Il y a très peu d’infos sur lui, il a étudié à l’université, il a travaillé en entreprise et, avant 2016, il n’était pas du tout dans le monde du manga.

DEMIZU Posuka (出水ぽすか), née le 17 janvier 1988, est l’illustratrice. C’est une artiste indépendante qui réside à Tokyo où elle a étudié. Elle est dans le monde de l’illustration depuis 2011 et a reçu plusieurs prix. Plus d’infos sur son site officiel.

Octobre 2045. Grace Field House. C’est un orphelinat avec 38 enfants dont 15 ont moins de 3 ans. Les plus âgés sont Emma qui y vit depuis 10 ans, Norman et Ray, ils ont 11 ans. « Nous ne sommes pas unis par les liens du sang… Mais ça n’a aucune importance. » (p. 11). C’est maman Isabella, 31 ans, qui s’occupe d’eux et, bien qu’orphelins, ils sont bien traités, bien nourris et heureux. Mais ils ont tous un numéro tatoué sur le cou, ils passent des tests spéciaux pour prouver leur intelligence et ils n’ont pas du tout le droit de sortir de l’orphelinat. « Aucun de nous n’avait connu ses parents et nous ne savions rien de nos origines. » (p. 36). Mais le jour du départ pour adoption de Conny, 6 ans, Emma et Norman découvrent une chose horrible. Ils doivent s’enfuir, tous, mais « il faut réfléchir à la meilleure tactique… » (p. 59). « J’ignore ce qui nous attend à l’extérieur, mais si on en fait rien, on est condamnés. » (p. 121).

Pour l’instant, je n’ai lu que le premier tome de The Promised Neverland. Les dessins sont beaux, les personnages sont attachants, le lieu est superbe mais vraiment clos, l’intrigue s’est bien mise en place et le lecteur tremble avec les enfants. C’est à la fois fantasy et science-fiction, il y a une incroyable intensité dramatique. J’ai hâte de lire les tomes suivants ! (12 volumes aux éditions Shûeisha, encore en cours au Japon).

Le manga a été publié à partir de 2016 dans le magazine de prépublication Weekly Shônen Jump. Plus d’infos sur le site dédié de Kazé. En janvier 2019, l’anime est diffusé au Japon sur Fuji TV (12 épisodes réalisés par Mamoru Kanbe, studio CloverWorks). Pour le public français, c’est sur Wakanim (sur abonnement).

Une lecture pour La BD de la semaine qui entre dans les challenges BD et Littérature de l’imaginaire.

Les autres BD de la semaine chez Stéphie.

 

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters.

Delcourt, Hors collection, janvier 2018, 326 pages, 30 €, ISBN 978-2-7560-9625-4.

Genre : bande dessinée.

Serge Lehman naît le 12 juillet 1964 à à Viry-Châtillon (Essonne). Il est scénariste, critique et essayiste, spécialiste de la SFFF. Du même auteur : La guerre des sept minutes (son premier roman, Fleuve Noir, 1990), la trilogie F.A.U.S.T. (Fleuve Noir, 1996) et en bande dessinée, La brigade chimérique (six tomes) avec Fabrice Colin (L’Atalante, 2009).

Frederik Peeters naît le 14 août 1974 à Genève (Suisse). Il étudie la communication visuelle à l’ESAA Genève (École supérieure d’Arts décoratifs et d’Arts appliqués). Il est auteur (science-fiction, fantasy). Il publie depuis 1997 et il est connu pour ses séries, Lupus (2003-2006), Koma (2003-2008) et Aâma (2011-2014). Plus d’infos sur son site officiel.

Lien vers le site dédié de L’homme gribouillé avec les 4 premiers chapitres en consultation libre.

J’ai lu cette bande dessinée car je l’ai vue passer l’année dernière dans La BD de la semaine 😉 Et puis, la quatrième de couverture est alléchante : « C’est l’histoire d’une veille dame qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un oiseau fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde. »

Paris, 2015, pluie diluvienne. La mère qui fait des crises d’aphasie, c’est Betty Couvreur (elle communique en écrivant sur son téléphone), elle est maquettiste aux éditions du Saule. Sa fille, Clara, une lycéenne pas facile à vivre. Le chat des voisins (en vacances), Baël, noir, de méchante humeur même quand Betty lui donne à manger. Maud, mère de Betty et grand-mère de Clara, écrit des contes terrifiants, elle a perdu connaissance et un individu masqué (qui dit s’appeler Max) s’introduit chez elle car il veut récupérer un paquet qu’elle devait lui remettre. Jasmine, l’amie de la famille, fine cuisinière. Pierre Inferi, auteur et collectionneur, tripoteur répugnant avec ses six doigts à chaque main. Après son AVC (le deuxième), Maud est dans le coma sur un lit d’hôpital ; Clara est traumatisée à cause des menaces de Max ; Betty fait des cauchemars avec des spectres (les Traversants) et un oiseau fossile énorme ; son patron, Sébastien Saule, lui conseille de voir Inferi malgré son aversion pour lui. « Je vous avais prévenue… C’est une histoire effrayante. » (Michel Lévy, p. 119). Après sa rencontre avec le vieux Lévy, la vie de Betty s’effondre car il lui apprend des choses incroyables sur elle, sur Maud et sur le passé de leur famille.

Une bande dessinée intrigante avec un noir et blanc sombre, dense, inquiétant même. Une famille de femmes, la grand-mère, la mère, la fille, la meilleure amie. L’ambiance est chargée avec la ville de Paris ruisselante, inondée par une pluie torrentielle (des routes sont coupées, des stations de métro fermées) et un voyage secret dans le Doubs enneigé. Le lecteur devine un secret de famille bien gardé et frémit lorsque l’histoire s’oriente vers un fantastique plutôt angoissant. Les dessins très réalistes renforcent les caractères et les inquiétudes des personnages et les paysages sont superbes en particulier le Doubs enneigé et le couvent du XIIe siècle. Une œuvre originale et haletante qui montre que passé et présent sont toujours liés.

Une excellente lecture pour le challenge BD et pour La BD de la semaine que je mets aussi dans les challenges Contes et Légendes pour le Golem et le Maugris et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7.

Les autres BD de la semaine chez Noukette.

Le renard sans le corbeau de Pascale Petit et Gérard DuBois

Le renard sans le corbeau de Pascale Petit et Gérard DuBois.

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, octobre 2018, 36 pages, 15 €, ISBN 978-2-940617-27-2.

Genres : recueil de fables.

Pascale Petit naît en 1969 en France, elle vit dans les Yvelines, elle est poétesse et autrice pour la jeunesse.

Gérard DuBois naît le 13 janvier 1968 en France et il étudie les arts graphiques à l’École Estienne à Paris. Il est peintre et illustrateur. Il vit à Montréal au Québec. Plus d’infos sur son site officiel.

Je remercie les éditions Notari pour ce bel album illustré 🙂

Le corbeau échaudé par la fable du fromage avec le renard s’est fait la malle et le renard rencontre d’autres animaux. Le renard, qui rappelons-le est un beau parleur, a beau se montrer diplomate, ça se retourne toujours contre lui ! Une vache pimbêche. Un éléphant perché sur la branche à la place du corbeau. « Écoutez, dit le renard calmement : c’est un truc de ouf, vous êtes trop chelou, zarbi et disons-le : carrément relou ! » (p. 9-10). Une vieille tortue acariâtre. Une fourmi et une cigale qui ont changé le monde. « Je crois, se dit-il, que j’ai déconné. (p. 17). Un opossum perché. Un kakurlacko… Comment ça, vous ne savez pas ce qu’est un kakurlacko ? Mais lisez vite cet album ! Vous rencontrerez aussi des dodos pas si disparus que ça et un zhozhomme.

Depuis Jean de La Fontaine (1621-1695), la vie a évolué et donc les fables et les contes ont changé, pour le plus grand bonheur des lecteurs (petits et grands) mais au grand désespoir du renard. Je suis sûre que La Fontaine, homme brillant et facétieux, aurait apprécié ces nouvelles fables. Les illustrations sont à l’ancienne mais en lisant les extraits ci-dessus, vous avez dû remarquer que le langage est bien actuel, ce qui rend les rencontres de renard vraiment amusantes.

Mais finalement le renard s’ennuie sans le corbeau… (les classiques, c’est bien quand même !).

Une belle lecture pour les challenges Contes et Légendes 2019Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch

Le premier amour de Grand Corbeau de Muriel Bloch.

Didier Jeunesse, collection Il était une (mini) fois, janvier 2014, 32 pages, 3 €, ISBN 978-2-27807-076-3.

Genres : littérature jeunesse, conte.

Muriel Bloch naît en 1954. Elle passe un DEA de Lettres modernes sur Le flou au cinéma, incertitudes narratives et perceptives dans le cinéma expérimental des années 20 aux années 60. Elle travaille avec les enfants dans le monde de la culture et de l’art. Plus de quarante livres au compteur, la plupart des contes. Plus d’infos sur son site officiel.

Cette histoire est un conte inuit du Groenland d’après Raven and the Whale (2001) de Laura Simms.

Les Inuits pensent que Grand Corbeau, tantôt oiseau, tantôt homme, a créé le monde. Un matin, alors qu’il se promène en barque sur la mer Blanche, il voit une baleine à l’intérieur de laquelle il pénètre. C’est là qu’il rencontre une jeune danseuse et qu’il en tombe amoureux. « Sois le bienvenu. Je t’aurais volontiers suivi mais je ne peux pas m’en aller, je suis l’âme et le cœur de cette baleine. Par contre, toi, tu peux t’asseoir ici et me tenir compagnie, j’en serais ravie. » (p. 14-15). Mais Grand Corbeau va-t-il se contenter de cet amour platonique ?

Un conte dramatique et triste pour comprendre que la vie ne tient qu’à un fil (ou deux !) et qu’il est bon de respecter l’autre pour son bonheur et pour le nôtre sinon le pire peut arriver.

Une lecture émouvante pour les challenges  Contes et Légendes 2019Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire #7.

Le journal de Gurty : Parée pour l’hiver de Bertrand Santini

Le journal de Gurty : Parée pour l’hiver de Bertrand Santini.

Sarbacane, collection Pépix, novembre 2016, 176 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-84865-873-5.

Genre : littérature jeunesse.

Bertrand Santini naît à Aix en Provence et travaille d’abord comme graphiste (affiches de cinéma) puis comme scénariste (séries animées) avant de devenir auteur : plusieurs albums illustrés pour la jeunesse et des romans, Le Yark (2011), Jonas le requin mécanique (2014) et Hugo de la nuit (2016) qui ont reçu des prix littéraires.

Après avoir lu – et énormément apprécié – le premier tome de Miss Pook et les enfants de la lune, j’ai voulu lire d’autres romans de Bertrand Santini. Je me suis donc lancée dans la série Le journal de Gurty et j’ai vraiment bien ri avec le premier tome, Vacances en Provence. J’ai enfin lu le deuxième tome, Parée pour l’hiver et je lirai dès que possible les tomes suivants, Marrons à gogo (2017) et Printemps de chien (2018).

C’est l’hiver et la narratrice, Gurty, une petite chienne, est heureuse ! C’est que Gurty, comme tous les chiens, aime être heureuse ! Elle « adore être en vie, comme ça on peut se balader, faire des bises et manger des plats. Dans la vie, le plus génial, ce sont les vacances, car on peut tout le temps se balader, faire des bises et manger des plats. » (p. 7). Ça tombe bien, son humain, Gaspard est en vacances. C’est parti, Paris – Aix en Provence en train (comme pour les vacances d’été) ! Le lecteur suit donc Gurty et Gaspard entre le 4 et le 25 décembre. Gurty retrouve la maison de Provence qui sent bon, la maison de Pépé Narbier avec sa chienne, Fleur, et aussi « le pire chat du monde, Tête de Fesses, mon ennemi préféré » (p. 39) et le vilain écureuil qui fait hi hi.

J’ai bien ri avec les noms de clubs des chats (p. 77) et j’ai aussi beaucoup ri avec les œufs (p. 79) et l’omelette (p. 102-103).

Bref, on s’amuse encore beaucoup dans ce deuxième tome et tout serait parfait si ce n’est les horribles fiancées de Gaspard… Enfin surtout une, une certaine Myrtille… Gurty est alors « rayée de la carte, zappée, biffée, niée, jetée aux oubliettes, dans le trou des toilettes, remisée au placard, tirez la chasse, merci et bonsoir. » (p. 111). Vous l’aurez compris, Gurty est une chienne très intelligente qui, en plus d’écrire son journal chaque jour, a de l’humour, aime les listes et connaît pas mal de vocabulaire !

Vous avez envie d’être heureux, comme Gurty et Fleur, ce qui inclut de manger, jouer, courir, une vie de chien, quoi ! Alors lisez le Journal de Gurty ! Vous passerez un super moment. Et, en fin de volume, il y a un cahier de jeux de 14 pages !

Une lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #8 et Littérature de l’imaginaire 2018.