Presque ensemble de Marjorie Philibert

Presque ensemble de Marjorie Philibert.

JC Lattès, janvier 2017, 373 pages, 19 €, ISBN 978-2-7096-5858-4.

Genre : premier roman.

Marjorie Philibert naît le 24 juillet 1981 à Tel Aviv (Israël) : son père est un diplomate français et sa mère est Vietnamienne. Elle passe son adolescence à Rabat (Maroc) puis étudie les Lettres et le journalisme à la Sorbonne à Paris. Elle est journaliste, chroniqueuse, elle coécrit deux livres et Presque ensemble est son premier roman.

« C’est beau un monde qui joue. » (p. 11). Nicolas et Victoire se rencontrent dans un bar parisien le soir de la finale de la Coupe du monde de football en 1998. Ah non, pas du foot !!! Mais en fait, c’est simplement l’occasion de leur rencontre et ensuite, plus de foot, ouf !

Flash-backs : les parents d’Antoine, les parents de Victoire, les années 80 et 90, enfance, adolescence, études… Pour Antoine, c’est la sociologie et il est ami avec Stéphane qu’il a rencontré au cours d’anthropologie. Pour Victoire, c’est la psychologie et elle est amie avec Claire qui étudie avec elle. Ensemble, ils vont former deux couples. « Ils eurent leurs premières disputes. Elles partaient souvent d’un rien. » (p. 124) et « Ils ne se réconcilieraient jamais réellement, laissant plutôt mourir le conflit, qui continuait à flotter entre eux, comme une cigarette mal éteinte, dont l’odeur finit par devenir insupportable. » (p. 125). Avec les années 2000 et le succès d’Internet, Victoire trouve un emploi de journaliste pour un site touristique de luxe, Évasions, et Nicolas de même pour une revue de sociologie en ligne, Turbulences.

Nicolas et Victoire mènent une vie tranquille et il ne se passe pas grand-chose, à part les voyages lointains de Victoire. Je m’ennuie un peu, c’est assez plat, sans relief, sans âme… « Un dimanche, ils décidèrent de prendre un chat. » (p. 211). Ah, enfin, le voilà le fameux chat du sous-titre « Même le chat ne sauvera pas leur amour » ! Ptolémée, donc, un chaton noir de deux mois. Mais un tout petit chapitre lui est consacré (pages 211 à 214) et puis… plus rien ! Il réapparaît à la fin de leur histoire mais pas longtemps…

Nicolas et Victoire sont empêtrés dans leur petite vie étriquée, leur couple et leurs histoires d’adultères. « Ils avaient cru qu’ils compteraient pour d’autres, et que leur valeur en serait mathématiquement augmentée ; à l’inverse, ils avaient été, plus que jamais, jetables, ceux qu’ils avaient croisés s’étant dispersés avant de les oublier. » (p. 295-296). Et comme on ne peut pas empêcher l’inéluctable…

Tout ça pour ça… « Drôle et mordant » annonce l’éditeur ! Bof, je n’ai pas ri, même pas souri, et je n’ai pas trouvé ça mordant du tout, j’ai plutôt eu l’impression d’une longue litanie sur la vie de couple et sur la vie tout court… Je l’ai lu jusqu’au bout et le seul intérêt que j’ai vu est au niveau sociologique (le désenchantement des années 1990 aux années 2010), mais je n’ai pas ressenti d’empathie ou de la tendresse pour ces personnages fades et ennuyeux contrairement à ceux de Brillante de Stéphanie Dupays ou de Lithium d’Aurélien Gougaud qui pourtant étaient loin de mon univers.

Une petite réflexion sur la couverture : Victoire est blonde alors pourquoi avoir mis une photo avec une femme brune sur le bandeau ?

Je remercie Colette de m’avoir envoyé ce roman dans le cadre des 68 premières fois 2017 et je le place dans le Défi Premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017 de MicMélo.

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Ne parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet

neparlepasauxinconnusNe parle pas aux inconnus de Sandra Reinflet.

JC Lattès, janvier 2017, 383 pages, 19 €, ISBN 978-2-7096-5937-6.

Genre : premier roman.

Sandra Reinflet, née en 1981, est voyageuse (elle a voyagé à travers l’Europe et a rencontré plus de 80 femmes de son âge), photographe (elle a publié des livres de ses photos de voyages), artiste (en 2014, elle a enregistré chaque mois une chanson avec un musicien différent) et romancière (Ne parle pas aux inconnus est son premier roman) : découvrez tout ça sur son site, Inventeuse d’histoires vraies.

Camille vient de réussir son bac, mention bien en plus. C’est la fête, soirée de folie, alcools et concert de Skin to Skin : la bassiste et chanteuse du groupe est Eva, une Polonaise, chérie de Camille depuis quelques mois. « Fêter. Profiter. S’éclater. » (p. 18). Au point de ne se rappeler de rien le lendemain ?… « Effacer. Zapper. Rembobiner. » (p. 31). Il faut dire que Camille étouffe avec sa famille (ses parents et sa jeune sœur Émilie, des ringards) dans cette ville triste et grise (Thionville). Les règles, toute une liste de « Ne pas… » que sa mère a érigée, les interdictions de sortir, ce n’est pas pour elle, et elle s’ennuie ferme, sauf lorsqu’elle est avec Eva. Les problèmes de Camille, c’est qu’elle a un an d’avance en classe (ça gêne vis-à-vis des autres), qu’elle n’est pas jolie et qu’elle n’est jamais habillée à la mode… Elle aimerait être dessinatrice et écrire des bandes dessinées, mais pour sa mère, c’est impossible, ce n’est pas un vrai métier et ça sert à quoi de rêver ? Heureusement, dans la vie de Camille, il y a Eva ! Mais c’est les vacances d’été et Eva ne répond plus, elle est partie sans prévenir avec ses parents… En Pologne, à Cracovie ? « À quoi ça sert d’aimer les gens si après ils disparaissent en te laissant encore plus seule qu’avant ? » (p. 69). Camille retrouvera-t-elle Eva ?

68premieresfois2017Voilà, ça c’est la première partie du roman et ça démarre pas mal, le style n’est pas très recherché, mais on parle d’une ado rebelle de 17 ans, donc c’est supportable. Ensuite, lorsque Camille fugue pour traverser l’Europe (Allemagne, Croatie, Serbie, Hongrie, Slovaquie, Pologne), le roman devient une road story (mais y a pas de mot pour road movie littéraire ?) et là, ça devient un peu du grand n’importe quoi, ça dérape légèrement et de plus en plus lourdement… Je comprends que l’auteur ait voulu prendre le contre-pied d’une des consignes maternelles « Ne pas parler aux inconnus » (Combien de fois a-t-on tous entendu cette petite phrase lorsqu’on était enfant, « Ne parle pas aux inconnus ! » ? Mais alors, comment on fait pour demander un renseignement ou pour lier connaissance avec les autres ?). L’auteur, donc, a voulu que Camille rencontre plein d’inconnus, des étrangers dans d’autres pays et qu’elle communique avec eux (malgré la barrière de la langue), le postulat de départ est intéressant mais il y a un hic : ils sont tous la gentillesse même, ils la transportent dans leur voiture ou leur camion, lui offrent à manger et des vêtements, l’hébergent gracieusement chez eux, lui achètent même des billets de bus, train et avion, ouah, ils ont le cœur sur la main, ces étrangers d’Europe de l’Est, et dépensent l’argent facilement, et tout cela sans rien demander en échange, même pas une petite partie de jambes en l’air, c’est que vu ce qui s’est passé durant la soirée de fête après le bac, Camille, elle s’en fout de ce qui lui arrive, une langue, un doigt, un sexe, qu’est-ce que ça peut faire, hein ? Elle est jeune, elle est libre, elle veut vivre comme elle l’entend mais finalement, il y a beaucoup d’insouciance, elle se laisse faire, elle ne décide pas vraiment, elle suit, elle subit et elle a bien de la chance dans son périple ! Un roman divertissant, sans plus, qui fait un peu réfléchir sur nos relations avec les autres, y compris avec sa famille, qui se lit bien mais qui n’a rien de spécial pour moi.

premierroman2017Mon passage préféré : « Lasha croit que le mur qui séparait l’Est de l’Ouest est maintenant autour de chacun de nous. Qu’il nous encercle. Plus haut, plus solide , plus perfide qu’avant parce qu’invisible. » (p. 231).rentreelitt01-2017

Je remercie l’équipe des 68 premières fois 2017 de m’avoir envoyé ce roman qui entre dans les challenges Défi Premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017.