Dans la ville des veuves intrépides de James Cañón

Dans la ville des veuves intrépides de James Cañón.

Belfond, collection Littérature étrangère, mars 2008, 380 pages, 23 €, ISBN 978-2-7144-4348-9. Tales from the town of widows (2007) est traduit de l’américain par Robert Davreu.

Genres : littérature colombienne, premier roman.

James Cañón naît à Ibagué en Colombie en 1968. Si ce roman est traduit de l’américain et pas de l’espagnol, c’est parce que l’auteur a d’abord étudié à l’université de Bogotá avant d’aller étudier à New York (il est diplômé de l’université de Columbia) où il vit toujours. Plus d’informations sur son site officiel en anglais.

Dimanche 15 novembre 1992, des guérilleros font étape dans le village isolé de Mariquita : ils embarquent tout ce qui est de sexe masculin et tuent froidement ceux qui refusent de les suivre. Ne restent que trois hommes, le padre Rafael, un adolescent de 13 ans que sa mère a déguisé en fille, un jeune homosexuel qui travaillait dans le village voisin et quelques enfants de moins de 12 ans. Mais les hommes sont toujours présents à la fois dans le cœur des mères, épouses, sœurs et célibataires (pensées, souvenirs, désir de leur retour) et dans le roman grâce aux courts témoignages de guérilleros ou de militaires insérés entre chaque chapitre.

Les femmes ne supportant plus d’être seules, elles décident qu’il faut mettre des enfants au monde. Mais après une tentative de procréation infructueuse (avec le padre devenu très lubrique) et après avoir failli mourir de faim, les femmes perdent leurs repères et vivent dans le chaos. Rosalba, la veuve du brigadier, proclamée maire, en instaure de nouveaux : agriculture et économie, homosexualité féminine organisée, collectivisme obligatoire et nouvel ordre social. Mais certaines femmes sombrent dans la folie après la perte de la notion du temps et de leur féminité (leurs menstruations ont disparu).

Un roman très original : il est rare qu’un homme traite d’un sujet aussi féminin, aussi intime. En plus de façon à la fois réaliste et surréaliste (typique de la littérature sud-américaine en fait). J’avais pris beaucoup de plaisir à lire ce roman que j’avais beaucoup conseillé autour de moi, malheureusement James Cañón – qui a reçu le Henfiel Prize for Excellence in Fiction en 2001 pour des nouvelles publiées dans des revues littéraires et plusieurs prix pour ce premier roman en particulier aux États-Unis et en France – n’a depuis écrit que des essais.

Mais comme Dans la ville des veuves intrépides est paru en France il y a dix ans, je voulais le remettre au goût du jour pour le Défi littéraire de Madame lit (le mois de juillet est consacré à la littérature colombienne).

La vie rêvée de Rachel Waring de Stephen Benatar

VieRachelWaringLa vie rêvée de Rachel Waring de Stephen Benatar.

Le Tripode [lien], août 2014, 350 pages, 22 €, ISBN 978-2-37055-029-3.

Wish her safe at home (1982) est traduit de l’anglais par Christel Paris.

Genre : roman.

Stephen Benatar naît le 26 mars 1937 à Londres. Après plusieurs refus des éditeurs, The man on the bridge paraît en 1981 ; suivront Wish her safe at home en 1982 puis d’autres titres.

Rachel Waring a 47 ans lorsque la grand-tante Alicia qu’elle n’a pas vu depuis l’enfance meurt et lui lègue une belle maison à Bristol. « […] quand j’avais dix ans, je ne la voyais pas comme une femme qu’on pouvait envier. » (p. 11). Londonienne, employée de bureau, célibataire, en coloc avec Sylvia, une grande fumeuse qu’elle ne supporte plus, Rachel voit une opportunité inouïe de changer de vie et de profiter du bien-être et de l’argent de cette tante éloignée. « Je me délectais par avance des regards stupéfaits, de l’incrédulité, du choc, et des évidences ébranlées. ». Rachel, transformée, épanouie, va enfin vivre une vie rêvée… du moins en apparence.

J’aime bien les éditions Le Tripode et j’avais lu de bonnes choses sur ce roman anglais alors je me réjouissais de le découvrir mais je n’ai pas été emballée du tout ! J’en suis fort marrie… Il démarrait pourtant bien ! J’ai tentée de le continuer, j’ai sauté des pages, j’ai voulu quand même lire la fin mais ce chef-d’œuvre méconnu et réédité restera une déception pour moi…

MoisAnglais2015-5SylvieIl y a une intéressante postface de John Carey, plus qu’enthousiaste au sujet de La vie rêvée de Rachel Waring, mais contrairement à ce qu’il préconise, je n’ai pas été « mal à l’aise » en lisant ce roman, je n’ai pas été touchée par le décalage, par la folie, je me suis simplement ennuyée…

Deuxième déception pour ce Mois anglais avec plus tôt L’observatoire d’Edward Carey

Par contre, la vidéo de présentation est amusante.