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Projet 52-2022 #10

Dixième semaine pour le Projet 52-2022 de Ma avec le thème ensemble. Ensemble, hommes, femmes de tous âges et même quelques enfants, pour les femmes. Cette photo n’a pas été prise le 8 mars mais le 25 novembre 2021 pour la Journée contre les violences faites aux femmes (dont j’ai parlé ici). Je vous souhaite un bon week-end et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

Que sur toi se lamente le Tigre d’Émilienne Malfatto

Que sur toi se lamente le Tigre d’Émilienne Malfatto.

Elyzad, septembre 2020, 80 pages, 13,90 €, ISBN 978-9-97358-122-8.

Genres : littérature française, premier roman.

Émilienne Malfatto naît en décembre 1989. Elle étudie le journalisme de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle est journaliste, photographe et autrice (elle a souvent travaillé en Irak). Que sur toi se lamente le Tigre est son premier roman (Goncourt du premier roman 2021) et son nouveau livre est Les serpents viendront pour toi, une histoire colombienne (Les Arènes, 2021).

La jeune fille a eu un seul rapport sexuel avec Mohammed avant qu’il ne parte à Mossoul et se fasse tuer… Ils devaient se fiancer… Elle a cédé à ses avances… « Ce fut sans plaisir, une étreinte terne, précipitée » (p. 14), elle n’a « pas dit non […] pas dit oui » (p. 15), elle ne savait pas, « Je me croyais protégée » dit-elle (p. 15). La jeune fille, naïve, est enceinte. De « cinq mois, peut-être » dit le médecin à l’hôpital (p. 20)… La jeune fille sait que c’est « comme une sentence de mort » (p. 20) parce que « L’honneur est plus important que la vie. Chez nous, mieux vaut une fille morte qu’une fille mère. » (p. 21).

Voilà, tout est dit et le roman raconte la dernière journée de cette jeune fille, journée durant laquelle elle se rappelle de plusieurs événements, dont la mort de son père. Mais il y a d’autres voix dans ce roman, celles des proches et celle du fleuve.

Baneen, la sœur de la jeune fille, est mariée à Amir, elle aussi est enceinte mais elle est « épouse, […] soumise, […] correcte, celle qui respecte les règles, qui ne les discute pas. Celle qui ne peut concevoir qu’on ne les respecte pas. » (p. 22). Elle ne fera rien pour sa jeune sœur, elle lui en veut même parce qu’elle est au courant de sa grossesse, elle craint son mari…

De son côté, le fleuve – le Tigre – continue son chemin, il « traverse des champs de ruines [et] longe des maisons détruites » (p. 25). En donnant la parole au fleuve, « Un géant a piétiné les quartiers. Ici même les pierres ont souffert. Le béton a hurlé, le métal gémi. La cité des hommes est devenue une fourmilière dévastée, amas de gravats sur le point de s’écrouler dans mes flots. Les hommes en noir n’ont laissé que cendres derrière eux. Mais eux aussi eux aussi sont retournés à la poussière. » (p. 25), l’autrice fait fort parce que c’est en fait très beau et poétique. Et je repère ces mots, « souffert », « hurlé », « gémi », qui me font penser que la femme enceinte elle aussi va souffrir, hurler et gémir, comme si le fleuve et elle étaient liés.

Il y a de nombreuses références à Gilgamesh et à la mythologie antique : s’étant « emparé de la vie éternelle » (p. 25), les humains ont la mort implantée en eux.

Amir va devoir donner la mort parce qu’il est « l’homme de la famille, l’aîné, le dépositaire de l’autorité masculine – la seule qui vaille, qui ait jamais valu. [Il] règne sur les femmes. » (p. 33)… Comme s’il n’y avait déjà pas assez de morts avec la guerre, les attentats (le père de la jeune fille est mort à Bagdad dans un attentat et la famille est partie s’installer à la campagne dans le sud).

Les chapitres alternent entre ceux de la jeune fille (caractères normaux) puis ceux de ses proches (Baneen, Amir, Hassan, Ali…) et ceux du Tigre, oui le fleuve (caractères italiques). Ces chapitres sont tous très courts et le lecteur oscille entre le côté dramatique des humains et le côté poétique (voire lyrique) du fleuve même si le texte est également dramatique. Mohammed, le fiancé disparu, aussi prend la parole : « Je suis mort et ma mort en entraînera d’autres. La femme que j’ai voulue pour mon plaisir. Mon enfant qui ne naîtra pas. Ma jouissance a été leur châtiment. Dans ce pays de sable et de scorpions, les femmes payent pour les hommes. » (p. 40-41). Qui pourra faire quelque chose pour la jeune fille ? Sa sœur aînée Baneen qui a pitié d’elle mais qui lui en veut de connaître son secret ? Son petit frère Hassan qui est jeune et impuissant face aux traditions et à l’honneur de la famille ? Sa mère qui est absente car en prière à Najaf sur ta tombe de son défunt mari ? La mère est consciente qu’une prison a été bâtie autour d’elle avec « les règles imposées, […] les interdictions et les obligations, sous les voiles et les frustrations » (p. 56) et qu’elle a fait de même pour ses filles… « Si j’ai un jour rêvé, je ne m’en souviens plus. Notre monde n’est pas fait pour les rêves. » (p. 56). Ali, « l’autre frère. Le moderne, le modéré. Celui qui ne tuera pas. » (p. 68) mais qui se sent lâche parce qu’il « désapprouve en silence. » (p. 68), parce qu’il est représentatif de « la majorité inerte […] l’homme banal et désolé de l’être. […] le frère […] qui aime et qui comprend. […] qui condamne les règles mais ne les défie pas. […] complice par faiblesse. » (p. 68), « le frère ouvert, tolérant, presque libéral. Un homme bien. » (p. 69) mais impuissant.

La jeune fille, on ne connaîtra pas son prénom… parce qu’en plus d’être victime de la barbarie du mâle dominant, elle est condamnée à être effacée, oubliée… Est-ce qu’un jour l’humanité gagnera contre ces absurdités, contre ces folies ? Je publie ma note de lecture exprès ce mardi 8 mars parce que le 8 mars est la Journée internationale des femmes (et par extension la Journée du droit des femmes et la Journée contre les violences faites aux femmes). Ce 8 mars 2022, le thème (défini par ONU Femmes) est « l’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable », c’est loin d’être gagné…

Que sur toi se lamente le Tigre a reçu plusieurs prix littéraires : Goncourt du Premier Roman 2021, Prix Hors Concours des Lycéens, Prix Ulysse du livre, Prix Zonta Olympe de Gouges, Mention spéciale des lecteurs Prix Hors Concours, lauréate du Festival du Premier Roman de Chambéry 2021 et finaliste du Prix Régine Desforges mais ce n’est pas pour cette raison qu’il faut le lire… Il faut le lire parce que c’est un roman intime, émouvant, bouleversant, et que cette histoire de fiction est malheureusement l’histoire de beaucoup de jeunes filles et jeunes femmes dans cette partie du monde…

Après Bel abîme de Yamen Manai, je me prends à nouveau une grosse claque (littéraire et émotionnelle) grâce à Elyzad, extraordinaire maison d’éditions basée à Tunis.

Vous trouverez d’autres avis (enthousiastes) sur Bibliosurf. Si vous l’avez lu, déposez votre lien en commentaire ! Alex, Domi c lire, Ju lit les mots, Mes échappées livresques, Mumu, Usva, Yv, Zazymut

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 29, un livre sur un thème, une cause qui me tient à cœur, 2e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 50, un livre dont le titre comporte le nom d’un fleuve ou d’une rivière), Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour le fleuve Tigre) et Un genre par mois 2022 (le genre de mars est historique et je considère que ce roman est aussi historique avec ses allégories antiques de Gilgamesh, avec le fleuve qui a vécu toute l’histoire de l’Irak et avec la guerre en Irak).

En passant

En coup de vent… 143

Bonjour, j’espère toujours que vous allez bien. Suite à mes En coup de vent… 141 et En coup de vent… 142, je vous donne à nouveau quelques nouvelles. La semaine dernière fut une longue semaine, difficile, froide en plus… J’ai pu me reposer dimanche, heureusement. D’ailleurs le dimanche matin j’ai vu les premiers flocons de neige mais ils n’ont pas tenu.

Lundi dernier, un copain est venu m’aider et nous avons ouvert pas mal de cartons. Comme je n’ai rien fait de plus dans la semaine, il reste moins de 50 cartons et 2 caisses en plastique (j’espère avoir fini d’ici la fin de l’année).

Jeudi dernier, la cuisinière électrique à induction m’a été livrée mais… pas installée parce qu’il fallait que j’achète un câble électrique spécial… Ensuite j’ai participé à la Journée contre les violences faites aux femmes avec la commune dans laquelle je travaille et les collègues.

J’aurais voulu participer à la dernière Semaine à lire de l’année – du 19 au 26 novembre – mais je savais que je n’aurais pas le temps de lire beaucoup. J’espère participer au dernier Week-end à 1000 du 10 au 12 décembre.

Pour me réconforter de la froideur ambiante, je me suis acheté de nouveaux chaussons… bien chauds.

Je vous souhaite donc une bonne semaine et j’en profite pour vous montrer mon fond d’écran de décembre toujours créé par mademoiselle Farfalle.

Blanc autour de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

Blanc autour de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert.

Dargaud, Hors collection, janvier 2021, 144 pages, 19,99 €, ISBN 978-2-50508-246-0.

Genres : bande dessinée française, Histoire.

Wilfrid Lupano naît le 26 septembre 1971 à Nantes (Loire Atlantique). Il étudie la littérature, la philosophie, l’anglais et se lance dans le scénario de bandes dessinées. Il reçoit plusieurs prix. Parmi ses titres : Little Big Joe (2001-2002), Alim le tanneur (2004), Le singe de Hartlepool (2012), Un océan d’amour (2014), Les vieux fourneaux (2014-2020, série en cours), entre autres. Plus d’infos sur The Ink Link, qu’il a cofondé avec un médecin, une experte santé autrice et une dessinatrice.

Stéphane Fert est passé par les jeux de rôle, les Beaux-Arts, l’animation avant de devenir dessinateur de bandes dessinées. Ses autres titres : Morgane (2016), Quand le cirque est venu (2017), Peau de mille bêtes (2019). Plus d’infos sur son Instagram.

1832, Canterbury dans le Connecticut, « trente ans avant l’abolition de l’esclavage » (p. 3). Dans le nord des États-Unis, les Noirs sont libres (l’esclavage a été aboli) mais n’ont pas de droits citoyens.

Après l’affaire Nat Turner, un Noir qui savait lire et écrire et qui a fomenté une rébellion au Sud, rébellion qui a coûté la vie à une soixantaine de Blancs (hommes, femmes, enfants, vieillards), des mesures contre les Noirs sont prises et le racisme bat son plein alors que de l’autre côté les abolitionnistes veulent faire bouger les choses.

Lorsque Sarah, une adolescente noire, entre dans la classe de mademoiselle Crandall, à l’école pour jeunes filles de Canterbury, les jeunes filles blanches sont curieuses ou inquiètes ou affolées. Quant à leurs parents, c’est pire, il n’est pas question qu’on éduque les négresses, elles se croiraient égales aux filles blanches et deviendraient orgueilleuses. Pas question de laisser des jeunes filles blanches dans cette école .

Eh bien, pas de problème pour « Prudence Crandall, directrice de l’école pour filles de Canterbury » (p. 23), après les vacances de printemps, elle « n’accueillera que des jeunes filles de couleur » (p. 29), ah ah bien joué !

Vu les protestations de partout et les articles dans les journaux, il n’y a au début que deux élèves, Sarah qui habite Canterbury et Eliza qui arrive de Griswold. Puis Jeruska de Rhode Island. Mais la colère gronde parmi la population… « Vous voyez ? Il va nous en arriver de partout… » (p. 47). Avec Maggie et sa grande sœur, ça fait encore deux de plus, puis Dorothy, etc.

La presse et les blogs ont beaucoup parlé de cette bande dessinée depuis le début de l’année et j’avais très envie de la lire dès sa parution mais je n’ai pas été retenue sur NetGalley (on ne peut pas être retenu à chaque fois, il faut laisser de la lecture aux autres) et il a fallu que j’attende mon tour dans les réservations de la bibliothèque (ça peut prendre du temps).

Blanc autour est inspiré d’une histoire vraie, une histoire de femmes, de femmes noires, une histoire bouleversante, une émancipation, parfaitement resituée avec le texte humaniste et documenté de Wilfrid Lupano et surtout les dessins tout en douceur et couleurs de Stéphane Fert, le tout pas dénué d’humour. Ça parle d’un pan de l’histoire des États-Unis, de la condition des Noirs en Amérique, des femmes en particulier, de l’esclavage, de la ségrégation, de l’abolitionnisme, c’est à lire absolument.

J’aime bien la servante, Maria, elle ne veut pas étudier car elle ne s’en sent pas capable intellectuellement mais c’est une travailleuse, elle coupe du bois aussi bien que Hezekiah Crandall, le père de Prudence, et elle n’a pas sa langue dans la poche !

À la fin, une postface avec le contexte historique. Sarah Harris fut la première jeune fille noire à intégrer la Canterbury Female Boarding School. Beaucoup de ces jeunes filles continuèrent leurs études et certaines devinrent professeurs. Le mouvement abolitionniste était lancé et ceux qui voulaient y nuire galvanisaient en fait le mouvement. Malheureusement, près de 200 ans après ces événements, encore beaucoup d’enfants n’ont pas accès à l’école et à l’instruction.

D’autres avis sur Les blablas de Tachan, Le blog de Galléane, Dans la bibliothèque de Noukette, Délivrer des livres, Depuis le cadre de ma fenêtre, Des livres, des livres !, Doucettement, D’une berge à l’autre, Enna lit, Le jardin de Natiora, Mademoiselle lit, Ma petite médiathèque, Mes pages versicolores, Tours et culture, Un dernier livre avant la fin du monde, et j’en ai oublié c’est sûr (vous pouvez vous signaler en commentaire). 31st floor.

Je fais mon retour dans La BD de la semaine après trois semaines sans avoir pu participer et je mets cette BD dans le challenge Des histoires et des bulles (catégorie 21, une BD sur un thème autour de la femme) ainsi que dans le Petit Bac 2021 (catégorie Couleur).

La jongleuse de Jessica Knossow

La jongleuse de Jessica Knossow.

Denoël, avril 2021, 128 pages, 14 €, ISBN 978-2-20716-100-5.

Genres : littérature française, premier roman.

Jessica Knossow a 35 ans, elle vit à Paris où elle est médecin et La jongleuse est son premier roman.

Ophélie et Vincent forment un jeune couple heureux. Arrive Emma puis trois ans après Manon. « Deux fleurs aux pétales blonds poussent, grandissent comme du lierre sur un mus fissuré. Elles s’entortillent autour du tuteur maternel, modèle parfait qui a déjà atteint le ciel. » (p. 13).

Mais, alors qu’Emma fête ses 6 ans (et donc que Manon en a 3), Ophélie rêve d’un 3e enfant, pire cette idée devient une obsession. « Ophélie vient de fêter ses 35 ans. Les quelques semaines qui ont précédé son anniversaire ont vu germer l’idée d’un 3e enfant. Idée subtile, amusante, passagère. Idée absurde, déraisonnable, extravagante. Idée essentielle, vitale. Idée obsessionnelle. Elle veut un dernier enfant. Elle aura un dernier enfant. Une ultime renaissance. Remonter le temps, encore une fois, jusqu’à l’an zéro de sa dernière vie. » (p. 14).

Au bout de plusieurs mois infructueux, Jules arrive. « Pour Ophélie, l’amour est immédiat, et tellement fort qu’il lui fait mal. » (p. 15).

Au moment où Ophélie reprend le travail, elle prend la parole dans le roman (chapitre en italique).

« Ophélie Mercier reprend ses fonctions de praticien hospitalier dans l’unité de jour de cancérologie de l’hôpital Saint-Louis. » (p. 21). Mais tout a changé dans l’hôpital, des travaux ont été effectués et elle se perd, le professeur va prendre sa retraite et un nouveau collègue, Alexis, risque de récupérer le poste universitaire qu’elle espérait…

Alors que « Vincent vit une paternalité simple, joyeuse. » (p. 27), Ophélie a besoin de repères, de livres, d’avis de professionnels, de concepts, de théories, son obsession étant d’être une bonne mère et de toujours bien faire.

Après Noël (où on apprend des choses sur l’enfance et les parents d’Ophélie), Ophélie demande à sa mère – à la surprise de Vincent : « Maman ? Tu viens habiter chez nous ? Je ne m’en sors pas toute seule. » (p. 43).

Après un prologue, l’histoire se raconte mensuellement, de novembre à mars de l’année suivante, de façon classique (un narrateur extérieur raconte) puis Ophélie prend chaque fois la parole pour donner son ressenti, exprimer l’amour qu’elle ressent pour ses enfants et expliquer les problèmes qu’elle rencontre. C’est qu’il est bien plus compliqué qu’elle ne le pensait de concilier la vie professionnelle en médecine, l’épouse amante et la mère de trois jeunes enfants. « Si elle n’avance pas sur ses projets de recherche, Alexis obtiendra le poste universitaire, et un jour il sera son chef. » (p. 52). Jongler, elle doit jongler mais combien de temps pourra-t-elle tenir le rythme ?

De plus en plus, Ophélie perd pieds, elle ne dort plus, elle ne gère plus. « Jules pleure, je pleure. Manon a faim, j’ai faim. Emma rit, je ris. Mon empathie, condition de leur survie, est absolue. Impossible de la réguler, je ne m’appartient plus. » (p. 87).

La fin est surprenante et, en même temps, tellement évidente ! Pas un coup de cœur mais ce roman m’a bien plu car ce sujet est peu traité en littérature de fiction.

Pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 15, un livre féministe, 4e billet).

Trinity, Trinity, Trinity d’Erika Kobayashi

Trinity, Trinity, Trinity d’Erika Kobayashi.

Dalva, mai 2021, 220 pages, 20 €, ISBN 978-2-492596-05-6. ィ、トリニティ、トリニティ (Shûeisha, 2019) est traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon.

Genres : littérature japonaise, roman, science-fiction.

Erika Kobayashi naît le 24 janvier 1978 à Tôkyô (Japon). Son premier roman, Madame Curie to chôshoku o (Petit-déjeuner avec Madame Curie, non traduit en français), paraît en 2014 (Shûeisha). Trinity, Trinity, Trinity reçoit le 7e Tekken Heterotopia Literary Prize en 2020. Elle est aussi mangaka et artiste plasticienne et a déjà exposé. Ses thèmes de prédilection sont Thomas Edison, Marie Curie et le nucléaire. Plus d’infos sur son site officiel.

Cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Tôkyô 2020. Une vieille dame est hospitalisée, sa fille et sa petite-fille (13 ans) sont à son chevet, mais elle ne les voit pas vraiment, ne les reconnaît pas, ne sait pas où elle est. Pendant ce temps-là, « […] le relais de la flamme olympique. […] Les spectateurs filment avec leurs smartphones et agitent de petits drapeaux nippons tandis qu’on leur rappelle de prendre garde au coup de chaleur et de bien s’hydrater. » (p. 20-21). Coup de chaleur ? Bien s’hydrater ? Ah, personne ne pouvait savoir en 2019 (date de parution du roman) donc pas de coronavirus ici et les Jeux de Tôkyô ont bien lieu en 2020 et pas en 2021 (ce qui donne une saveur particulière au récit).

La narratrice, la fille de la vielle dame, est inscrite sur Trinity, une plateforme un peu spéciale dont le slogan est « l’essentiel est invisible pour les yeux » (p. 33), une phrase essentielle à la lecture de ce roman. Mais alors qu’elle prend la ligne Saikyô, la narratrice voit un vieil homme qui « serre entre ses doigts une pierre noire et luisante. […] Il ne va quand même pas asperger le wagon de matière radioactive ? » (p. 38). Cela fait neuf ans que des seniors sont apparus avec la ‘pierre d’infortune’, « C’était l’année du grand séisme, du tsunami et de l’accident nucléaire de Fukushima » (p. 41). L’autrice développe une analyse des catastrophes et de leurs conséquences sur le moyen et long terme.

Ces seniors sont atteints de TRINITY. « Le nom de cette maladie était une longue locution anglaise. Laquelle avait pour acronyme TRINITY. Trinity. Ce n’est qu’une fois baptisée que la maladie avait enfin révélé sa vraie nature. » (p. 69). De plus en plus de personnes âgées sont touchées, certaines sont même filmées. « Qu’ainsi débute la révolte des invisibles. » (p. 106). Mais les ‘séniors Trinity’ ne sont-ils pas des terroristes et « Leur prochain objectif était-il le relais de la flamme olympique ? Ou la cérémonie d’ouverture ? Les rumeurs faisaient rage. » (p. 113). Or, alors qu’elle ne peut plus marcher depuis sa chute… « Maman a disparu. » (p. 137) !

La vallée de Saint-Joachim en Bavière, les travaux de Marie Curie, le radium… c’était au début des années 1920, il y a 100 ans… « Si on avait fait des choix différents à cette époque, le présent serait-il différent de sa version actuelle ? » (p. 165-166). On ne le saura jamais… à moins qu’il existe un (des) monde(s) parallèle(s) dans le(s)quel(s) les choix étaient différents.

Je ne sais pas si j’ai tout compris dans ce roman très particulier mais il donne à réfléchir et je retiens que tout est lié, le passé, le présent, le futur et qu’une question reste lancinante tout du long : et si ce que l’on pense être une bénédiction pour l’humanité serait en fait mauvais. Comme le radium dont on a pensé qu’il guérissait. Quant aux Jeux olympiques, ils réunissent des sportifs du monde entier (presque) mais à Berlin en 1936, le nazisme fut mis en avant, à Munich en 1972, il y a eu un attentat terroriste et des morts, on peut donc à juste titre se questionner. Les personnes âgées déboussolées de 2020 étaient jeunes lors des premiers Jeux olympiques de Tôkyô en 1964 (en prévision desquels de nombreux lieux ont été détruits).

De plus les Japonais sont traumatisés par les bombes larguées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki mais le radium et même le plutonium 235 avaient été très bien accueillis par le passé (on apprend d’ailleurs quelque chose de surprenant à la fin de ce roman). Quant aux personnes âgées, elles sont très nombreuses alors qu’arriverait-il si quelque chose (maladie, folie…) s’emparait d’elles ? Trinity, Trinity, Trinity est un roman vraiment atypique qui surprend et qui envoûte. Et puis, il y a aussi un thème très présent, celui de la femme, de la féminité, ce n’est pas pour rien si les personnages principaux (et pratiquement les seuls du roman) sont trois générations de femmes, grand-mère, mère, fille et leurs difficultés à se comprendre, à communiquer. Les liens, comme les radiations, seraient-ils invisibles ?

J’espère que, comme moi, vous prendrez plaisir à lire cet OLNI (Objet littéraire non identifié) même s’il n’est pas facile à aborder. En plus, j’ai découvert cette maison d’éditions toute récente (mai 2021) qui veut « [mettre] à l’honneur des autrices contemporaines. À travers leurs textes, elles nous disent leur vie de femme, leur relation à la nature ou à notre société. Elles écrivent pour changer le monde, pour le comprendre, pour nous faire rêver. » Très belle idée.

Pour le Challenge de l’été #2 (Japon, 2e billet), Challenge lecture 2021 (catégorie 9, un livre dont l’action se passe durant les vacances d’été, 2e billet mais il entre aussi dans les catégories 12, 15, 39), Littérature de l’imaginaire #9 et S4F3 #7.

Ida n’existe pas d’Adeline Fleury

Ida n’existe pas d’Adeline Fleury.

François Bourin, août 2020, 160 pages, 18 €, ISBN 979-10-252-0497-9.

Genre : roman français.

Adeline Fleury est journaliste et autrice. Parmi ses précédents titres, l’essai Petit éloge de la jouissance féminine (2015) et les romans Rien que des mots (2016) et Je, tu, elle (2018).

« Ida n’existe pas. Ida n’a jamais existé. Ni dans mon corps, ni dans mon esprit. Ida est un fantôme. Elle me hante jour et nuit. Ida est là. […] » (p. 9). Voici comment débute ce roman « librement inspiré d’une histoire vraie » (p. 7).

Le père Mahut, un vieux pêcheur à la retraite, voit sur la plage « le visage ensablé d’un bébé » (p. 12).

Comment une mère a-t-elle pu laisser son bébé sur la plage ? « Depuis qu’elle est entrée dans ma vie, je l’adore autant que je la déteste. […] Chaque femme a cette dualité en elle. Celles qui le nient se mentent à elle-même. » (p. 14). La mère va raconter, la « communication animale » (p. 19) avec Ida depuis 15 mois. Allaitement, « attraction répulsion » (p. 19), dégoût, attendrissement…

Le père d’Ida ? Alfonse, un vieux sculpteur, qui la surnomme sa « Zoulou blanche » (p. 21) mais… « Je ne pensais pas que le sperme d’Alfonse pouvait être fécond. » (p. 20).

« L’amour maternel est effrayant. » (p. 23). Effrayant, oui, c’est le mot en ce qui concerne ce roman…

Et si Ida était l’enfant-poisson dont parlaient sa mère et ses tantes durant son enfance ? L’enfant-poisson que Mami Wata (la Reine des eaux) réclame, « de plus en plus pressante » (p. 57). La mère d’Ida est-elle folle ? Peu à peu le lecteur comprend ce qu’elle a vécu, depuis son enfance durant laquelle elle est surnommée « l’enfant-zèbre » (p. 42). Née dans une tribu Myènè au Gabon, elle est cependant métis à la peau claire et envoyée chez la tante Angèle à Vincennes (en France) à l’âge de 12 ans. En tout cas, elle va maintenant emmener Ida qui n’a aucune existence officielle « au bout du voyage » (p. 41). Elles vont « voir la mer, juste voir la mer » (p. 47).

C’est bizarre que je reçoive ce livre (merci à Lecteurs.com) quelques jours après avoir perdu ma petite-fille… J’ai pris ça comme un signe car c’est le genre de livres que je n’aurais pas lu de moi-même mais je me suis dit pourquoi ne pas soigner le mal par le mal.

Adeline Fleury écorne l’image des « femmes à la maternité flamboyante » (p. 40) et l’image de la mère parfaite. Les chapitres sont courts, c’est percutant, brut, brutal même… « Va à la mer, et fais ce que tu as à faire ! » (p. 89). Quand la vie occidentale se télescope aux traditions africaines, la mère embarque Ida « dans une entreprise d’une beauté tragique » (p. 103). Alors, amour fou, ou pure folie ? Peut-être un peu des deux… Comment vivre, comment se construire après des actes de maltraitance subis dans l’enfance ? Ce roman cru est en tout cas fort dérangeant… Je ne saurais dire si je l’ai aimé ou pas mais je peux vous dire une chose, c’est qu’il est très bien écrit et ça, c’est un bon point.

Je mets cette lecture dans Challenge lecture 2021 (catégorie 15, un livre féministe), Petit Bac 2021 (catégorie Prénom pour Ida) et À la découverte de l’Afrique (Gabon).

Jusqu’au printemps de Charles Masson

Les gens de rien, tome 1 – Jusqu’au printemps de Charles Masson.

Delcourt, collection Encrages, mars 2021, 88 pages, 13,95 €, ISBN 978-2-41303-750-7.

Genre : bande dessinée française, médecine.

Charles Masson naît le 28 décembre 1968 à Lyon (Rhône-Alpes). Il est à la fois médecin (spécialisé ORL et cancérologie) et auteur de bandes dessinées (scénariste, dessinateur et coloriste). Ses précédentes bandes dessinées sont parues chez Casterman (Soupe froide, Bonne santé…), Futuropolis (Les boules vitales, L’arche de Noé a flashé sur vous) et Des ronds dans l’O (Aventures de Lilou).

Louise et Marie ne savent pas nager mais elles ont postulé comme monitrices pour une colonie de vacances en Corse et elles ont certifié qu’elles savaient nager. Elles vont donc apprendre avant l’été. « De mémoire de marinier, on n’avait jamais vu d’aussi belles filles sur la plage de Saint-Fons. – De mémoire de gitan, on n’avait jamais vu personne apprendre si vite à nager sans le jeter d’un pont. »

Louise veut se marier avec un homme instruit et faire des enfants, Marie veut être institutrice. La colonie se passe très bien puis, à la rentrée, elles reprennent leur vie. Louise est ouvrière à l’usine de Saint-Fons (en attendant son prince charmant) et Marie intègre l’École normale.

Des années plus tard, en 2018, Marie a 70 ans, elle est à la retraite, elle a un cancer et elle demande au médecin de la laisser tranquille un mois avant de se faire soigner… Pendant toutes ces années Louise et Marie sont restées amies. Louise s’est mariée à Lyon et a eu quatre enfants, Martial, Rose-Mai, Julien et Octavie (que Marie a eu tour à tour dans sa classe). « Les années avaient glissé lentement, un pincement au cœur pour chacune d’elle. »

C’est le médecin le narrateur. Marie revient bien le mois suivant et consulte un confrère à l’hôpital mais elle refuse de se faire soigner… Combien de temps lui reste-t-il ? « Hum ! Si on fait rien… Quelques semaines. Peut-être quelques mois… Pas plus… Enfin, vous serez sans doute encore là pour Noël. Et encore c’est pas sûr. » Marie aimerait bien tenir jusqu’au printemps, sa saison préférée… alors elle accepte les soins, la chimiothérapie… Le médecin aime aussi le printemps « Mais quand on est médecin, on ne peut s’attacher aux patients comme à sa famille. »

Cette bande dessinée émouvante réalisée par un médecin (je trouve ça à la fois surprenant et à la fois vraiment bien de pouvoir parler de la médecine dans une bande dessinée) est toute en douceur, elle amène les lecteurs au printemps avec tendresse et avec des fleurs. Bien sûr la fin est triste mais Marie a été heureuse et elle reste dans le cœur de tous les enfants dont elle a été l’institutrice pendant des décennies !

Une belle lecture pour La BD de la semaine que je mets aussi dans les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 12, une BD thématique, ici médecine), Petit Bac 2021 (catégorie Météo pour Printemps) et Les textes courts. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Amelia Earhart, l’aviatrice qui voulait faire le tour du monde de Pascale Perrier et Isabelle Delorme

Amelia Earhart – L’aviatrice qui voulait faire le tour du monde de Pascale Perrier et Isabelle Delorme.

Oskar, collection Elles ont osé, septembre 2020, 80 pages, 9,95 €, ISBN 979-1-02140-715-2.

Genres : littérature française, jeunesse, Histoire.

Pascale Perrier naît en 1969. Après avoir étudié la linguistique (française), elle exerce comme professeur-documentaliste avant de se lancer dans l’écriture pour la jeunesse. Plus d’infos sur son site officiel.

Isabelle Delorme étudie l’Histoire et la bande dessinée, domaines dans lesquels elle est spécialisée.

Je remercie Pauline du blog Entre les pages car j’ai gagné ce livre en participant à un concours sur son blog : sa note de lecture, son billet pour le concours et le résultat du concours. J’ai été surprise et ravie d’avoir gagné : merci à Pauline et aux éditions Oskar (c’est bizarre, un éditeur qui n’a pas de site officiel…).

1937, Amelia Earhart est une des premières femmes aviatrices, à bientôt 40 ans, elle fait le tour du monde avec son copilote, Frederick Noonan, dans un bimoteur Lockheed Electra. Elle est spécialement suivie par Cathy White, une jeune journaliste, mais « Aux États-Unis, tout le monde suivait l’aventure de celle qu’on avait surnommée la petite reine de l’Amérique. Le président Roosevelt en personne lui avait prodigué ses encouragements, après l’avoir félicitée à plusieurs reprises pour ses précédents records. » (p. 6).

Malheureusement l’avion va manquer de carburant, l’Itasca, bateau de la Marine américaine, est invisible et l’île de Howland est minuscule donc difficilement visible… 2 juillet, 20 h 14, Amelia envoie son dernier message radio à l’Itasca ; 18 juillet, les recherches s’arrêtent. Le mari d’Amelia, George Putnam, est effondré. « Vous ne pouvez pas abandonner tout espoir, pas déjà ! » (p. 27). Et si elle était quelque part en mer sur un débris de l’avion ou réfugiée sur une île ?

J’ai aimé l’enfance d’Amelia, sa découverte des avions avec son père, son baptême de l’air avec Frank Hawks au-dessus de Los Angeles et sa volonté de devenir aviatrice. « Ma vie, maintenant, ce sera là-haut. » (p. 13), je trouve cette phrase particulièrement émouvante. Elle va prendre des cours de pilotage, dès janvier 1921, avec Anita ‘Neta’ Snook (il y avait donc déjà des femmes dans l’aviation, du moins aux États-Unis).

Amelia devient célèbre, elle participe à des meetings aériens, elle traverse les États-Unis avec sa mère à bord (plus de 10000 km), elle traverse même l’Atlantique (Canada-Pays de Galles). « Elle n’était que passagère et ne prit pas une part active à la traversée, mais sa présence en tant que femme dans l’avion en fit un moment historique. » (p. 18). Elle écrit son premier livre, 20 Hrs, 40 Min (20 heures 40 minutes), d’autres livres suivront.

Amelia était « Une belle femme, sportive, pétillante, une allure de garçonne avec ses cheveux courts et pourtant si féminine. De la volonté et du culot à revendre, du cœur aussi. » (p. 38). Elle s’est déjà sortie de situations désespérées alors peut-être qu’effectivement, comme le pensait George, elle a survécu quelque part puisque l’avion avait apparemment dévié de la trajectoire prévue… Les îles Marshall, Saipan occupé par les Japonais, les îles Phoenix… En tout cas, Amelia Earhart est restée dans les mémoires et le restera encore longtemps car, à notre époque, il y a encore des recherches pour savoir si l’Electra se serait écrasé sur un atoll et si Amelia et Fred auraient survécu ! Plusieurs pistes sont explorées.

Une lecture instructive et émouvante pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 38, un livre sur le thème du voyage et quel voyage !), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2021 (catégorie Voyage pour Tour du monde), Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

On s’y fera de Zoyâ Pirzâd

On s’y fera de Zoyâ Pirzâd.

Broché : Zulma, août 2007, 336 pages, 19,80 €, ISBN 978-2-84304-422-9. Poche : Zulma, juin 2019, 320 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-84304-858-6.

Proposée librement à la lecture par l’éditeur (le 2 novembre 2020), cette nouvelle de 24 pages est extraite du recueil éponyme (Adat mikonim, 2007) et traduite du persan (Iran) par Christophe Balaÿ.

Genres : littérature iranienne, nouvelle.

Zoyâ Pirzâd (en persan : زویا پیرزاد) naît en 1952 à Abadan au Khouzistan (province du sud-ouest de l’Iran). Son père est Iranien d’origine russe et sa mère est Arménienne. Son premier roman paraît en 2001 ; il lui permet de recevoir le prix Houshang Golshiri du meilleur roman ; elle est romancière et nouvelliste (3 romans et 2 recueils de nouvelles parus chez Zulma depuis 2007).

Au volant de sa R5, Arezou Sarem est une femme libérée. « D’une main elle tenait une serviette noire dont les deux sangles étaient prêtes à rompre, de l’autre un échéancier en cuir et un téléphone portable. » (p. 7). Elle travaille à l’Agence immobilière Sarem & fils. L’agence fonctionne bien mais Arezou s’énerve au sujet de Monsieur Zardjou : « Où veut-il que je trouve dans ce chaos un appartement haut de plafond, et qui plus est dans un immeuble en briques, lumineux, spacieux, avec de grandes chambres, un salon donnant sur la montagne, comme ceci, pas comme cela ? Mais où croit-il que nous vivons ? Dans les Alpes ? » (p. 14). « Elle se mit à l’imiter : « Je n’aime pas ces appartements post-modernes. Mon genre, c’est la simplicité, l’absence de prétention, le caractère… » Elle tira une bouffée. — Le caractère ! Tu parles ! » (p. 18). Elle a des problèmes avec Ayeh, sa fille étudiante qui veut rejoindre son père.

Arezou Sarem est femme (une quarantaine d’années), mère, divorcée d’après ce que j’ai compris, elle travaille, elle est même patronne et emploie des hommes et des femmes, elle conduit et semble totalement libre. Quotidien et humour sont les maîtres mots de Zoyâ Pirzâd dont j’avais déjà entendu parler et j’ai bien envie de lire les autres nouvelles de ce recueil pour découvrir ce qui arrive à Arezou, et d’autres de titres de Zoyâ Pirzâd parce qu’elle ouvre la littérature persane aux lecteurs du monde et je suis une lectrice curieuse !

Cette nouvelle est parfaite pour La bonne nouvelle du lundi et le Challenge du confinement (pour la case nouvelle).