Madame, l’année du chat de Nancy Peña

Madame, l’année du chat de Nancy Peña.

La Boîte à bulles, novembre 2015, 80 pages, 13 €, ISBN 978-2-84953-254-6.

Genre : bande dessinée.

Nancy Peña, née le 31 août 1979 à Toulouse, est auteur et illustratrice de bandes dessinées. J’ai particulièrement aimé Le cabinet chinois (2003) et Le chat du kimono (2007). Plus d’infos sur son site et le blog de Madame.

Madame est une petite chatte écaille de tortue qui vient d’arriver dans la vie de l’auteur. « Bon sang, cet appartement possède un potentiel de bêtises incroyable ! » (p. 3).

Vous l’avez deviné, on ne s’ennuie pas avec Madame ! Elle est intelligente et… cynique. Elle a peur des oiseaux, ne supporte pas le bain ; par contre elle aime le thon et… les bêtises !

Mon passage préféré

Madame glose : « Elle lit quoi ta maîtresse ? – Un classique, je crois… La chatte heureuse de Parme. – C’est normal qu’elle soit heureuse… – Ben oui, vu qu’à Parme… y a du jambon. » (p. 66).

Une lecture amusante et poétique pour le challenge BD et La BD de la semaine.

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Astérix chez les Pictes de Ferri et Conrad

Astérix chez les Pictes de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

Les éditions Albert René, octobre 2013, 50 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-86497-266-2.

Genres : bande dessinée, humour.

Jean-Yves Ferri au scénario. Né le 20 avril 1959 en Algérie (française), il est auteur de bandes dessinées (scénariste, dessinateur et coloriste) et travaille à Fluide Glacial depuis le début des années 90.

Didier Conrad au dessin. Né le 6 mai 1959 à Marseille, il est auteur de bandes dessinées (scénariste et dessinateur). Il est choisi par Uderzo pour prendre sa suite au dessin d’Astérix.

En ce mois de février froid et enneigé, Obélix trouve sur la plage un énorme glaçon avec un beau jeune homme tatoué et en kilt à l’intérieur. C’est Mach Oloch, un Picte de la lointaine Écosse. « Bref, comment dire… Sa popularité parmi les femmes du village, euh… – Remet un peu en cause le droit d’asile, c’est ça ? » (p. 16). Au printemps, Astérix et Obélix embarquent avec Mach Oloch pour le ramener en Pictie afin qu’il retrouve Camomilla, sa bien-aimée. Mais celle-ci a disparu et son ennemi, Mac Abbeh complote avec les Romains.

Ça faisait un bout de temps que je n’avais pas lu de bandes dessinées d’Astérix. Cette aventure est la 35e mais c’est le premier album qui n’est pas dessiné par Albert Uderzo… Les ingrédients eux sont là : une bonne histoire, un voyage, les pirates, les Romains. Les dessins sont réussis ; il y a bien sûr des jeux de mots (en particulier avec les noms en Mac) et des clins d’œil (« les copains d’abord » ou « Quoi, Mac Keul ? Qu’est-ce qu’il a Mac Keul ? »). On apprend l’origine des pictogrammes, on déguste de l’eau de malt et on découvre que le monstre du Loch Ness est « une sorte de loutre » ! Astérix chez les Pictes est amusant et je me suis replongée avec plaisir dans l’univers de « nos ancêtres les Gaulois » et de leurs amis les Pictes. Je n’ai plus qu’à lire Le papyrus de César, paru en octobre 2015, et attendre Astérix et la Transitalique, annoncé en octobre 2017, toujours avec les deux nouveaux auteurs qui ma foi assurent. Tout savoir sur cet album sur http://www.asterix35.com/ et sur Astérix sur http://www.asterix.com/.

Une lecture pour le challenge BD et pour La BD de la semaine.

Les deux vidéos ci-dessous sont bloquées mais si vous cliquez dessus, vous pourrez les voir sur Youtube.

Chien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant

chien-pourri-parisChien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant.

L’école des loisirs, collection Mouche, 77 pages, 8 €, ISBN 978-2-211-22078-1.

Genres : littérature jeunesse, humour.

Colas Gutman, né le 2 juin 1972 à Paris, est l’auteur. Il a étudié le théâtre et il est aussi comédien. Il commence à écrire pour la jeunesse en 2006 et crée Chien Pourri en 2013.

Marc Boutavant, né en 1970 à Dijon, est l’illustrateur. Il a étudié à l’École des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est aussi auteur de la série Mouk et coauteur avec Emmanuel Guibert de la série Ariol (toutes deux adaptées en animation).

Chien Pourri et Chaplapla en ont marre de leur poubelle, ils voudraient « voir Paris : la Tour Eiffel, la Joconde… » (p. 8).

UnGenreParMoisLe Métropolichien, les Folies ménagères, et même des rats à l’opéra (bon, des petits rats !), Mona Lisa la voyante, et Louvre-Boîte : vous connaissez ? Et vous pourrez même laisser vos malheurs à Notre Drame de Paris ! « Mais parfois, les miracles ne sont pas ceux qu’on attend. » (p. 56).

Humour et jeux de mots sont au rendez-vous dans cette balade parisienne durant laquelle un gamin de Paris va retrouver sa maman et son papa grâce à Chien Pourri et à Chaplapla.

CJYA2015-2016Les autres tomes de la série : Chien Pourri (2013), Chien Pourri à la plage (2014), Chien Pourri à l’école (2014), Chien Pourri est amoureux (2015) et Chien Pourri à la ferme (2016).

En juin, le genre retenu par Iluze pour le challenge Un genre par mois est jeunesse (ou young adult) et j’en profite pour mettre justement cette lecture dans le challenge Jeunesse – Young adult.

La dame à la camionnette d’Alan Bennett

DameCamionnetteLa dame à la camionnette d’Alan Bennett.

Buchet-Chastel, février 2014, 115 pages, 9 €, ISBN 978-2-283-02733-2. The Lady in the Van (1989) est traduit de l’anglais par Pierre Ménard.

Genres : littérature anglaise, récit, journal.

Alan Bennett naît le 9 mai 1934 à Leeds dans le Yorkshire. Historien du Moyen-Âge (études à Oxford), il est aussi auteur (roman, pièces de théâtre), homme de radio et de cinéma (acteur, réalisateur, scénariste). Peut-être avez-vous entendu parler de lui pour son roman humoristique La reine des lectrices ? Plus d’infos sur le site francophone qui lui est dédié [lien].

Fin des années 60. Miss Shepherd vit dans une camionnette, une vieille Bedford, en face de chez l’auteur à Camden Town. « […] s’agit-il d’une véritable excentrique ? » (p. 18). En 1974, le stationnement devient limité et sa camionnette est emmenée à la fourrière. L’auteur lui propose d’installer sa nouvelle camionnette dans son jardin. 1989 : « Assis à mon bureau, je tente de travailler et je l’observe négligemment, un peu comme on regarde une fourmi qui cherche à franchir un obstacle. » (p. 75).

VoisinsVoisines2016J’ai lu ce petit livre en une heure. Ce n’est pas un roman : ce sont des souvenirs, des extraits du journal de l’auteur se rapportant à Miss Shepherd (son prénom est Mary, il est dit une fois dans le récit). Quel intérêt a eu Monsieur Bennett d’accueillir cette inconnue, âgée, irascible et un peu malodorante dans son jardin ? D’abord, il a rendu service à une vieille dame pendant près de vingt ans, dont quinze dans son jardin. Ensuite, il a pu observer, prendre des notes et écrire ce livre qui est un véritable condensé de la vie londonienne de la deuxième moitié du XXe siècle. Petit par la taille, ce livre est d’une grande force ! Et puis, vous vous en doutez, d’un humour so british !MoisAnglais2016-1

Une petite lecture délicieuse en dégustant un thé pour le Mois anglais (auteur contemporain) et le challenge Voisins Voisines.

Les secrets des chefs-d’œuvre de la BD d’humour

BeauxArtsBDHumourBeaux Arts hors-série Les secrets des chefs-d’œuvre de la BD d’humour. Décembre 2015, 156 pages, 7,90 €, EAN 9791020402271.

De Zig et Puce en 1925 (Alain Saint-Ogan) à Silex and the City en 2009 (Jul) en passant par les incontournables Lucky Luke (René Goscinny et Morris), Gil Jourdan (Maurice Tillieux), Gaston Lagaffe (André Franquin), Astérix (René Goscinny et Albert Uderzo), Rubrique-à-brac (Marcel Gotlib), Les Frustrés (Claire Brétécher, la seule femme), Jack Palmer (René Pétillon) et Jérôme Moucherot (François Boucq).

Quelques secrets ? Des héros et une mascotte (Zig et Puce), puiser dans la BD américaine (Lucky Luke), soigner les seconds rôles, les décors et s’inspirer du cinéma populaire (Gil Jourdan), s’inspirer de la vie réelle et/ou de l’actualité (Gaston Lagaffe, Les Frustrés, Jack Palmer), des scènes d’action et des clins d’œil artistiques (Astérix), parodier (Rubrique-à-brac), des histoires profondes et des délires visuels (Jérôme Moucherot), des calembours (Silex and the City), etc.

Un beau hors-série pour tous les « Belgo-Français » (lire l’édito de Vincent Bernière p. 3) qui aiment la bande dessinée et qui veulent découvrir plus en détails ces dix séries cultes (90 ans de BD d’humour quand même !) et cinq histoires complètes (Lucky Luke, Gil Jourdan, Jack Palmer, Jérôme Moucherot et Silex and the City).

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

zaizaizaizaiZaï zaï zaï zaï, un road movie de Fabcaro.

6 pieds sous terre [lien], collection Monotrème (mini), 72 pages, 13 €, ISBN 978-2-35212-116-9.

Fabcaro est le nom d’artiste de Fabrice Caro, né le 10 août 1973 à Montpellier, connu dans le monde de la BD depuis le début des années 2000 et principalement publié aux éditions La Cafetière et 6 pieds sous terre.

Dans un magasin, un client ne retrouve pas sa carte de fidélité, oubliée dans la poche d’un autre pantalon. La caissière appelle le service de sécurité et la direction. Le client menace un vigile avec un poireau et s’enfuit. « Le fugitif est toujours activement recherché par la police. Le ministre de l’intérieur assure mettre tout en œuvre pour le retrouver… » (p. 15).

Enquête avec prélèvement d’ADN, course poursuite, interviews des voisins, émissions spéciales, chacun y va de son petit avis et tout s’enchaîne pendant que le client, un auteur de BD d’une quarantaine d’années, marié et père de deux filles, essaie de rentrer chez lui en stop. À travers un fait divers banal, monté en épingle, Fabcaro montre une société qui place la consommation et le sensationnel au-dessus de tout (au-dessus de l’humain et de toutes nos valeurs) et se moque gentiment des policiers, des hommes politiques, des journalistes…

Ce que j’aime chez Fabcaro, c’est son humour absurde voire surréaliste ! Les dessins sont simples, en bichromie, les décors sont au minimum : l’auteur dit que le récit compte pour lui plus que les dessins. Et les textes sont vraiment justes et drôles. Extrait de la chanson de soutien au fugitif : « Les auteurs de BD sont des êtres humains au même titre que les clochards arméniens. […] À tous les médisants, à ceux qui ont peur, ouvrez bien les yeux, voyez votre bonheur. Un jour peut-être c’est vous qui serez auteur de BD, ça n’est la faute de personne, c’est la fatalité. » (p. 55). Zaï zaï zaï zaï est sûrement une des bandes dessinées les plus décapantes parues en 2015 !

UnGenreParMoisJe voulais publier cette note de lecture hier mais je l’ai décalée à aujourd’hui pour qu’elle entre dans le challenge Un genre par mois, le premier genre pour le mois de janvier étant bande dessinée.

Monsieur a lu cette bande dessinée (et je l’entendais bien rigoler) : il l’a trouvée hilarante, a apprécié la critique de la société (les journalistes qui meublent l’antenne, les parents qui plaisantent sur des sujets qui ne concernent pas les enfants, etc.) et compare carrément Fabcaro a un Kafka moderne !

Et, au fait, « zaï zaï zaï zaï », vous connaissez ? Voici mon petit bonus personnel. 😉

L’histoire du loser devenu gourou de Romain Ternaux

HistoireGourouL’histoire du loser devenu gourou de Romain Ternaux.

Aux forges de Vulcain [lien], collection Littératures, octobre 2015, 183 pages, 15 €, ISBN 978-2-91917-697-7.

Genre : farce burlesque.

Romain Ternaux naît en 1987. Croisade apocalyptique, son premier roman, est paru à Dub éditions en avril 2014.

À 24 ans, le narrateur est un loser magnifique, alcoolique, désespéré et désespérant, sans vie sociale ou amoureuse. Il se rêve grand écrivain mais ses textes écrits sous l’emprise de l’alcool sont quelque peu abscons et, comme aucun éditeur n’en veut, il s’est édité à compte d’auteur sans succès. Il est amoureux fou de sa voisine qui bien sûr ne le remarque même pas. Un jour ses parents téléphonent pour dire qu’ils lui ont trouvé un emploi de nettoyeur dans l’immeuble gris en face du parc municipal. L’immeuble appartient à une secte et il s’y passe des choses bizarres… « On peut pas dire que je sois présentable, mais je sonne quand même à l’interphone, et j’essaie de garder mon calme. » (p. 24). Sa vie va être totalement bouleversée. « J’ouvre la porte, ma décision irrévocable. » (p. 86). Mais tout n’est pas gagné… « Mieux vaut que j’assure pour garder ma place […]. » (p. 142).

Ce roman est une farce burlesque, une fable moderne loufoque, surréaliste et rocambolesque à souhait. Est-ce que ça tient la route ? Oui, le récit est maîtrisé de bout en bout et l’auteur sait où il emmène ses lecteurs. D’ailleurs, j’ai beaucoup ri, vraiment. Mais il y a un passage qui m’a refroidie, c’est celui avec le chat… Quelle horreur ! Je me suis dit que c’était un délire d’écrivain, que c’était logique dans l’histoire du jeune homme jaloux, que l’auteur voulait un peu de trash, mais j’ai été réellement déstabilisée et j’ai eu un peu de mal à continuer. Cependant la curiosité 😛 a été plus forte et j’ai repris ma lecture avec plaisir parce que c’est encore drôle et que l’auteur a un message fort : l’argent et le sexe sont-ils les réponses dans les relations humaines, sont-ils symboles de réussite ?

RentreeLitteraire2015Je remercie les éditions Aux forges de Vulcain pour ce roman drôle et irrévérencieux qui ne laisse pas indifférent. Sa date de parution est le 29 octobre, alors jeudi prochain, filez à la librairie !

Une lecture qui entre dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.