Chien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant

chien-pourri-parisChien Pourri à Paris de Colas Gutman et Marc Boutavant.

L’école des loisirs, collection Mouche, 77 pages, 8 €, ISBN 978-2-211-22078-1.

Genres : littérature jeunesse, humour.

Colas Gutman, né le 2 juin 1972 à Paris, est l’auteur. Il a étudié le théâtre et il est aussi comédien. Il commence à écrire pour la jeunesse en 2006 et crée Chien Pourri en 2013.

Marc Boutavant, né en 1970 à Dijon, est l’illustrateur. Il a étudié à l’École des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est aussi auteur de la série Mouk et coauteur avec Emmanuel Guibert de la série Ariol (toutes deux adaptées en animation).

Chien Pourri et Chaplapla en ont marre de leur poubelle, ils voudraient « voir Paris : la Tour Eiffel, la Joconde… » (p. 8).

UnGenreParMoisLe Métropolichien, les Folies ménagères, et même des rats à l’opéra (bon, des petits rats !), Mona Lisa la voyante, et Louvre-Boîte : vous connaissez ? Et vous pourrez même laisser vos malheurs à Notre Drame de Paris ! « Mais parfois, les miracles ne sont pas ceux qu’on attend. » (p. 56).

Humour et jeux de mots sont au rendez-vous dans cette balade parisienne durant laquelle un gamin de Paris va retrouver sa maman et son papa grâce à Chien Pourri et à Chaplapla.

CJYA2015-2016Les autres tomes de la série : Chien Pourri (2013), Chien Pourri à la plage (2014), Chien Pourri à l’école (2014), Chien Pourri est amoureux (2015) et Chien Pourri à la ferme (2016).

En juin, le genre retenu par Iluze pour le challenge Un genre par mois est jeunesse (ou young adult) et j’en profite pour mettre justement cette lecture dans le challenge Jeunesse – Young adult.

La dame à la camionnette d’Alan Bennett

DameCamionnetteLa dame à la camionnette d’Alan Bennett.

Buchet-Chastel, février 2014, 115 pages, 9 €, ISBN 978-2-283-02733-2. The Lady in the Van (1989) est traduit de l’anglais par Pierre Ménard.

Genres : littérature anglaise, récit, journal.

Alan Bennett naît le 9 mai 1934 à Leeds dans le Yorkshire. Historien du Moyen-Âge (études à Oxford), il est aussi auteur (roman, pièces de théâtre), homme de radio et de cinéma (acteur, réalisateur, scénariste). Peut-être avez-vous entendu parler de lui pour son roman humoristique La reine des lectrices ? Plus d’infos sur le site francophone qui lui est dédié [lien].

Fin des années 60. Miss Shepherd vit dans une camionnette, une vieille Bedford, en face de chez l’auteur à Camden Town. « […] s’agit-il d’une véritable excentrique ? » (p. 18). En 1974, le stationnement devient limité et sa camionnette est emmenée à la fourrière. L’auteur lui propose d’installer sa nouvelle camionnette dans son jardin. 1989 : « Assis à mon bureau, je tente de travailler et je l’observe négligemment, un peu comme on regarde une fourmi qui cherche à franchir un obstacle. » (p. 75).

VoisinsVoisines2016J’ai lu ce petit livre en une heure. Ce n’est pas un roman : ce sont des souvenirs, des extraits du journal de l’auteur se rapportant à Miss Shepherd (son prénom est Mary, il est dit une fois dans le récit). Quel intérêt a eu Monsieur Bennett d’accueillir cette inconnue, âgée, irascible et un peu malodorante dans son jardin ? D’abord, il a rendu service à une vieille dame pendant près de vingt ans, dont quinze dans son jardin. Ensuite, il a pu observer, prendre des notes et écrire ce livre qui est un véritable condensé de la vie londonienne de la deuxième moitié du XXe siècle. Petit par la taille, ce livre est d’une grande force ! Et puis, vous vous en doutez, d’un humour so british !MoisAnglais2016-1

Une petite lecture délicieuse en dégustant un thé pour le Mois anglais (auteur contemporain) et le challenge Voisins Voisines.

Les secrets des chefs-d’œuvre de la BD d’humour

BeauxArtsBDHumourBeaux Arts hors-série Les secrets des chefs-d’œuvre de la BD d’humour. Décembre 2015, 156 pages, 7,90 €, EAN 9791020402271.

De Zig et Puce en 1925 (Alain Saint-Ogan) à Silex and the City en 2009 (Jul) en passant par les incontournables Lucky Luke (René Goscinny et Morris), Gil Jourdan (Maurice Tillieux), Gaston Lagaffe (André Franquin), Astérix (René Goscinny et Albert Uderzo), Rubrique-à-brac (Marcel Gotlib), Les Frustrés (Claire Brétécher, la seule femme), Jack Palmer (René Pétillon) et Jérôme Moucherot (François Boucq).

Quelques secrets ? Des héros et une mascotte (Zig et Puce), puiser dans la BD américaine (Lucky Luke), soigner les seconds rôles, les décors et s’inspirer du cinéma populaire (Gil Jourdan), s’inspirer de la vie réelle et/ou de l’actualité (Gaston Lagaffe, Les Frustrés, Jack Palmer), des scènes d’action et des clins d’œil artistiques (Astérix), parodier (Rubrique-à-brac), des histoires profondes et des délires visuels (Jérôme Moucherot), des calembours (Silex and the City), etc.

Un beau hors-série pour tous les « Belgo-Français » (lire l’édito de Vincent Bernière p. 3) qui aiment la bande dessinée et qui veulent découvrir plus en détails ces dix séries cultes (90 ans de BD d’humour quand même !) et cinq histoires complètes (Lucky Luke, Gil Jourdan, Jack Palmer, Jérôme Moucherot et Silex and the City).

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

zaizaizaizaiZaï zaï zaï zaï, un road movie de Fabcaro.

6 pieds sous terre [lien], collection Monotrème (mini), 72 pages, 13 €, ISBN 978-2-35212-116-9.

Fabcaro est le nom d’artiste de Fabrice Caro, né le 10 août 1973 à Montpellier, connu dans le monde de la BD depuis le début des années 2000 et principalement publié aux éditions La Cafetière et 6 pieds sous terre.

Dans un magasin, un client ne retrouve pas sa carte de fidélité, oubliée dans la poche d’un autre pantalon. La caissière appelle le service de sécurité et la direction. Le client menace un vigile avec un poireau et s’enfuit. « Le fugitif est toujours activement recherché par la police. Le ministre de l’intérieur assure mettre tout en œuvre pour le retrouver… » (p. 15).

Enquête avec prélèvement d’ADN, course poursuite, interviews des voisins, émissions spéciales, chacun y va de son petit avis et tout s’enchaîne pendant que le client, un auteur de BD d’une quarantaine d’années, marié et père de deux filles, essaie de rentrer chez lui en stop. À travers un fait divers banal, monté en épingle, Fabcaro montre une société qui place la consommation et le sensationnel au-dessus de tout (au-dessus de l’humain et de toutes nos valeurs) et se moque gentiment des policiers, des hommes politiques, des journalistes…

Ce que j’aime chez Fabcaro, c’est son humour absurde voire surréaliste ! Les dessins sont simples, en bichromie, les décors sont au minimum : l’auteur dit que le récit compte pour lui plus que les dessins. Et les textes sont vraiment justes et drôles. Extrait de la chanson de soutien au fugitif : « Les auteurs de BD sont des êtres humains au même titre que les clochards arméniens. […] À tous les médisants, à ceux qui ont peur, ouvrez bien les yeux, voyez votre bonheur. Un jour peut-être c’est vous qui serez auteur de BD, ça n’est la faute de personne, c’est la fatalité. » (p. 55). Zaï zaï zaï zaï est sûrement une des bandes dessinées les plus décapantes parues en 2015 !

UnGenreParMoisJe voulais publier cette note de lecture hier mais je l’ai décalée à aujourd’hui pour qu’elle entre dans le challenge Un genre par mois, le premier genre pour le mois de janvier étant bande dessinée.

Monsieur a lu cette bande dessinée (et je l’entendais bien rigoler) : il l’a trouvée hilarante, a apprécié la critique de la société (les journalistes qui meublent l’antenne, les parents qui plaisantent sur des sujets qui ne concernent pas les enfants, etc.) et compare carrément Fabcaro a un Kafka moderne !

Et, au fait, « zaï zaï zaï zaï », vous connaissez ? Voici mon petit bonus personnel. 😉

L’histoire du loser devenu gourou de Romain Ternaux

HistoireGourouL’histoire du loser devenu gourou de Romain Ternaux.

Aux forges de Vulcain [lien], collection Littératures, octobre 2015, 183 pages, 15 €, ISBN 978-2-91917-697-7.

Genre : farce burlesque.

Romain Ternaux naît en 1987. Croisade apocalyptique, son premier roman, est paru à Dub éditions en avril 2014.

À 24 ans, le narrateur est un loser magnifique, alcoolique, désespéré et désespérant, sans vie sociale ou amoureuse. Il se rêve grand écrivain mais ses textes écrits sous l’emprise de l’alcool sont quelque peu abscons et, comme aucun éditeur n’en veut, il s’est édité à compte d’auteur sans succès. Il est amoureux fou de sa voisine qui bien sûr ne le remarque même pas. Un jour ses parents téléphonent pour dire qu’ils lui ont trouvé un emploi de nettoyeur dans l’immeuble gris en face du parc municipal. L’immeuble appartient à une secte et il s’y passe des choses bizarres… « On peut pas dire que je sois présentable, mais je sonne quand même à l’interphone, et j’essaie de garder mon calme. » (p. 24). Sa vie va être totalement bouleversée. « J’ouvre la porte, ma décision irrévocable. » (p. 86). Mais tout n’est pas gagné… « Mieux vaut que j’assure pour garder ma place […]. » (p. 142).

Ce roman est une farce burlesque, une fable moderne loufoque, surréaliste et rocambolesque à souhait. Est-ce que ça tient la route ? Oui, le récit est maîtrisé de bout en bout et l’auteur sait où il emmène ses lecteurs. D’ailleurs, j’ai beaucoup ri, vraiment. Mais il y a un passage qui m’a refroidie, c’est celui avec le chat… Quelle horreur ! Je me suis dit que c’était un délire d’écrivain, que c’était logique dans l’histoire du jeune homme jaloux, que l’auteur voulait un peu de trash, mais j’ai été réellement déstabilisée et j’ai eu un peu de mal à continuer. Cependant la curiosité 😛 a été plus forte et j’ai repris ma lecture avec plaisir parce que c’est encore drôle et que l’auteur a un message fort : l’argent et le sexe sont-ils les réponses dans les relations humaines, sont-ils symboles de réussite ?

RentreeLitteraire2015Je remercie les éditions Aux forges de Vulcain pour ce roman drôle et irrévérencieux qui ne laisse pas indifférent. Sa date de parution est le 29 octobre, alors jeudi prochain, filez à la librairie !

Une lecture qui entre dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.

La fin du monde a du retard de J.M. Erre

[Article archivé]

La fin du monde a du retard est un roman de J.M. Erre paru aux éditions Buchet-Chastel en février 2014 (401 pages, 20 €, ISBN 978-2-283-02731-8).

Genres : roman loufoque mi policier mi science-fiction.

J.M. Erre (je pensais que son prénom était Jean-Michel mais c’est Jean-Marcel) est né en 1971 à Perpignan (Pyrénées Orientales). Du même auteur : Prenez soin du chien (2006), Made in China(2008), Série Z (2010) et Le mystère Sherlock (2012). Suivre J.M. Erre sur sa page Facebook.

Le personnel et les malades de Saint-Charles sont en pleine préparation pour le centenaire de la clinique psychiatrique. Julius, un trentenaire qui croit au complot mondial qu’il explique par la mythologie, publie sur son site, La fin du monde a du retard. Il a prévu de s’évader mais, depuis une semaine, il y a une nouvelle pensionnaire : Alice, 25 ans, qui est restée huit semaines dans le coma. « Julius avait bien fini par se l’avouer : elle lui plaisait beaucoup, cette Alice. Depuis une semaine, il pensait à elle toute la journée, guettait ses allées et venues par son œilleton et n’en dormait plus la nuit. […] Il était amoureux. Et c’était une catastrophe. » (p. 22). Julius est amnésique mais il pense que la fin du monde est pour dans deux jours et il embarque Alice dans sa quête contre Tirésias en espérant qu’elle retrouvera la mémoire et des émotions. Mais attention : « Trop de complots tue le complot. » (p. 42) ! Cinq jours… Dans cinq jours, le commissaire parisien Joseph Gaboriau et le prêtre Jean-Bedel Saint-Freu de l’église Saint-Théodule seront tous deux à la retraite après des décennies de bons et loyaux services.

Ce roman démarre bien, j’abandonne toute logique et j’accepte que Julius m’ouvre les yeux sur le complot mondial ! Suis-je moi aussi enchaînée dans la grotte comme dans l’allégorie de Platon ? Julius est à fond dans la mythologie, antique, médiévale, avec les surhumains prométhéens et les surhumains apocalyptiques, qui correspondent tout bonnement à nos super-héros et super-méchants et donc l’auteur utilise des parallèles avec notre fiction, enfin surtout américaine mais pas que, dans la littérature, le cinéma, pour retrouver la magie d’antan, le surnaturel, l’extraordinaire. C’est donc toujours le Bien contre le Mal, une vision assurément manichéenne mais bien réelle. C’est hyper intéressant, et drôle aussi, avec un humour loufoque à la limite de l’absurde. Mais j’ai quand même moins ri qu’avec Le mystère Sherlock lu au printemps 2012 mais dont je n’ai pas publié de note de lecture (aïe, pas tapé !). Dans Le mystère Sherlock, J.M. Erre rendait hommage à Sherlock Holmes et aux Holmésiens ; dans La fin du monde a du retard, il rend hommage aux mythes et aux super-héros ; en fait dans chacun de ses romans, il met en avant un thème précis qu’il détaille avec érudition et humour.

Il y a donc ici nos deux « héros » et des genres de super-héros (les surhumains prométhéens, les gentils quoi !) : un commissaire flanqué d’un jeune inspecteur aux idées bizarres, un prêtre attendrissant, une mamie complètement décalée (pages 282 et suivantes), un geek fan de Star Wars surnommé Ours, deux espions (?) Raoul et Albert, une secte réfugiée dans les égouts mais bon sang, pourquoi la fin du monde a-t-elle du retard ?, et les super-méchants (les surhumains apocalyptiques, ceux qui veulent détruire le monde) avec l’ordre de Tirésias et leurs Régulateurs, brrr… Tout ça pour un roman déjanté (j’ai survécu avec nos héros à plusieurs explosions et à des courses poursuites effrénées) mais attention « Il n’y a pas de soluces pour franchir les niveaux dans le monde réel ! Pas d’astuces pour avoir toutes les munitions ! Et tu auras une seule vie ! Si tu es game over, c’est vraiment fini ! » (p. 173) : mais, ce n’est pas possible ! Comment va-t-on faire ? « Si cela peut vous rassurer, j’ai des informations qui prouvent que la fin du monde est seulement en retard, précisa Julius. » (p. 226) : ouf ! Me voilà rassurée ! Vous aussi, j’espère. C’est drôle, rocambolesque ; à lire absolument avant la fin du monde !

Ma phrase préférée

« Mon royaume pour une matraque ! » (Gaboriau excédé par le lieutenant Matozzi, p. 334).

Une lecture durant la Reading’s week # 3 que je mets dans les challenges ABC critiques 2013-2014 (lettre E), Geek, Paris, Petit Bac 2014 (catégorie Moment / temps), Rentrée littéraire d’hiver 2014, Thrillers et polars.

Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent

[Article archivé]

Le liseur du 6h27 est un roman de Jean-Paul Didierlaurent paru Au Diable Vauvert en mai 2014 (218 pages, 16 €, ISBN 978-2-84626-801-1).

Jean-Paul Didierlaurent est né le 2 mars 1962 dans les Vosges. Il a d’abord écrit des nouvelles et Le liseur du 6h27 est son premier roman.

Ce roman, je l’ai repéré en librairie et sur la blogosphère littéraire alors j’ai hâte de le lire et j’espère qu’il me plaira ! De plus, c’est le 7e et dernier livre que je lis dans le cadre de la Reading’s week du 4 au 10 août.

Lorsque leur fils est né en 1976, les parents ne se sont pas rendus compte de la contrepèterie entre Guylain Vignolles et Vilain Guignol : « un mauvais jeu de mots qui avait retenti à ses oreilles dès ses premiers pas dans l’existence pour ne plus le quitter. » (p. 7-8). C’est le fardeau que porte Guylain, le personnage principal de ce roman et pour se faire oublier, il a appris à être transparent, insignifiant : « Se fondre dans le paysage jusqu’à se renier soi-même pour rester un ailleurs jamais visité. » (p. 9). Le matin, le célibataire de 32 ans prend le RER de 6h27 et lit pendant les vingt minutes du trajet des feuillets qu’il sort de sa serviette en cuir. Mais il lit à haute voix et, pour les passagers, c’est devenu un rituel de l’écouter : « il était le liseur […] Et à chaque fois, la magie opérait. » (p. 13). Depuis quinze ans, Guylain travaille dans une usine (la STERN, Société de traitement et de recyclage naturel) dans laquelle la Zerstor 500 broie les livres invendus. « La Chose était là, massive et menaçante, posée en plein centre de l’usine. […] Ne jamais la nommer, c’était là l’ultime rempart qu’il était parvenu à ériger entre elle et lui pour ne pas définitivement lui vendre son âme. » (p. 19). La machine monstrueuse détruit, anéantit… « La Chose était née pour broyer, aplatir, piler, écrabouiller, déchirer, hacher, lacérer, déchiqueter, malaxer, pétrir, ébouillanter. […] (elle) génocide ! » (p. 21). Pour Guylain, opérateur en chef qui doit mettre la machine en route chaque matin, la Chose commet un crime et son travail lui paraît de plus en plus difficile à supporter.

À travers ce roman, l’auteur dénonce la sur-production et le pilonnage des livres. Un roman digne de La Bête humaine d’Émile Zola : chaque soir, Guylain doit plonger dans les entrailles métalliques de la machine avec sa frontale et c’est à ce moment-là, hors des caméras de surveillance, qu’il en profite pour récupérer les « feuilles volages rabattues par le souffle contre la cloison ruisselante d’eau » (p. 49). Elle est très importante cette machine (je me demande bien si elle n’est pas l’actrice principale, du moins dans la première partie parce qu’après c’est Julie et c’est moins intéressant…), la machine donc, il y a des descriptions d’elle, de son fonctionnement et contre toute attente, c’est passionnant ! J’ai remarqué qu’il y a redondance de synonymes, comme plus haut pour la machine ou pour le patron : « Félix Kowalski ne parlait pas. Il aboyait, hurlait, beuglait, invectivait, rugissait mais il n’avait jamais su causer normalement. » (p. 27). C’est un style, ça renforce l’humour mais ça peut sûrement énerver certains lecteurs. Il y a une intéressante galerie de personnages, le patron, cité plus haut, Yvon Grimbert, qui sans sa guérite de gardien lit des alexandrins et du théâtre, Lucien Brunner, le jeune loup de vingt-cinq ans, qui prend plaisir à son travail de destruction, Giuseppe Carminetti, l’ancien opérateur en chef qui a perdu ses jambes dans la machine… Guylain est pris dans une douloureuse routine y compris le week-end (son seul compagnon est Rouget de l’Isle, un poisson rouge) mais un matin, sur le quai de la gare, Monique et Josette Delacôte lui adressent la parole : « Voilà, on voulait vous dire, on aime bien ce que vous faites. » (p. 86) et quelques jours plus tard, il trouve une clé USB oubliée dans le train. Le passage aux Glycines, avec la lecture d’Huguette Lignon, institutrice à la retraite, est très drôle. « Guylain fila, non sans avoir promis de revenir le samedi suivant. Il ne s’était pas senti aussi vivant depuis longtemps. » (p. 113).

Le liseur du 6h27 est réussi… dans sa première partie ! Avec la machine et les personnages qui ont du caractère. La deuxième partie avec les extraits du journal de Julie, dame-pipi de 28 ans à la recherche du grand amour, bof, bof… Heureusement, l’auteur a de l’humour et j’ai quand même lu jusqu’au bout parce que ce n’est pas désagréable non plus. Mais, du coup, ce n’est pas un coup de cœur pour moi… Pourtant, lisez-le et vous vous ferez votre propre opinion !

Une lecture pour les challenges Animaux du monde (pour le poisson rouge très présent), Paris, Petit Bac 2014 (catégorie Moment/Temps) et Premier roman.