Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg

Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg.

Akileos, octobre 2018, 320 pages, 29 €, ISBN 978-2-35574-353-5. Stand Still Stay Silent, Book 1 (2013, réédition 2015) est traduit de l’anglais par Diane Ranville.

Genres : bande dessinée suédo-finlandaise, comics, science-fiction, fantasy.

Minna Sundberg naît le 9 janvier 1990 en Suède mais vit en Finlande entre 1997 et 2013 avant de retourner en Suède. Elle étudie le graphisme à Helsinki et réalise sa première bande dessinée, A Redtail’s Dream (600 pages), un conte inspiré de la mythologie finlandaise, paru chez Akileos sous le titre Un rêve de renard en 2019. Plus d’infos sur le site officiel de SSSS (il y a 4 tomes) et sur son site officiel.

Année 0, jour 0. En plus de pluies diluviennes sur la Norvège, le gouvernement annonce que la maladie de la Rouille arrive (l’Islande a déjà fermé ses frontières). À Dalsnes, un village encore plus isolé depuis que la route s’est effondrée, Aksel demande à Gunnar (qui part en bateau) de ramener de la ville sa grand-mère qui vit seule (avec un chat).

Année 0, jour 3. Les pays ferment les trafics aériens et maritimes. « Si cela nous permet de retarder l’arrivée de la contagion sur notre sol, même pendant quelques semaines, nous pourrons peut-être développer un remède d’ici-là. Ou au moins, nous aurons mis en place un plan pour gérer la prise en charge des malades alors même que presque tout le pays sera cloué au lit. » (p. 22).

Dingue, Minna Sundberg a écrit et dessiné cette histoire en 2013 mais ça ressemble bigrement à la crise du covid !

Année 0, jour 5… jour 40. Tout s’accélère, évolution de la maladie, des contaminations, des morts, plus aucun contact avec l’extérieur.

« Année 90. Islande. Reykjavík, capitale du monde connu. Population : 41750. Taux d’immunité : 11 %. » (p. 60). Une équipe est constituée par « le conseil nordique de l’Histoire et de la Redécouverte […] pour une mission de recherche en direction du monde silencieux. » (p. 63). Siv et Torbjörn Västerstöm (Suédois, 35 et 38 ans, universitaires), Taru Hollola (Finlandaise, 41 ans, stratège dans l’armée) et Trond Andersen (Norvégien, 67 ans, général à la retraite) vont partir en Suède.

En plus des cases de la bande dessinée, il y a un peu comme un journal de bord avec la « carte complète représentant le monde connu élaborée par Steingrímur Þórðarson, Scalde, révisée en l’an 87 » (p. 70), les différents peuples avec leurs spécificités et leurs croyances, les Islandais, les Norvégiens, les Danois, les Suédois, les Finnois (notez que le reste du monde est devenu totalement inconnu) et des consignes comme « La première règle pour survivre en dehors des zones sécurisées. En cas de rencontre avec une bête, un troll ou un géant, ne courez pas, n’appelez pas à l’aide. Souvenez-vous simplement de rester immobile et silencieux. Peut-être qu’il partira. » (p. 74), d’où le titre Stand Still, Stay Silent (rester immobile, rester silencieux).

Eh oui, commencée comme de la science-fiction, la bande dessinée continue comme de la fantasy voire du fantastique (avec une pointe d’horreur). C’est bien joué de la part de l’autrice !

Le couple Västerstöm, Taru Hollola et Trond Andersen embarquent avec eux dans l’expédition, Tuuri Hotakainen (Finlandaise, 21 ans, de la base militaire Keuruu, Scalde et mécanicienne), à noter qu’Onni Hotakainen, son frère (27 ans, mage dans l’armée) refuse d’embarquer au dernier moment, Lalli Hotakainen (leur cousin, Finlandais également, 19 ans, mage et éclaireur dans l’armée) et un chat : il y a deux pages sur « Les félins sacrés. Les poissons, les oiseaux, les insectes et les reptiles, toutes les créatures à peine conscientes qui peuplent notre monde furent épargnées tandis que tous les représentants du règne mammifère succombaient à la maladie. Tous, sauf le chat. Peut-être était-ce le hasard, peut-être était-ce le destin, peut-être étaient-ils connectés au monde des esprits. […] » (p. 112-113). Puis, lors de l’escale en Finlande, Emil Västerstöm (Suédois, 19 ans, nettoyeur dans l’armée et neveu de Torbjörn Västerstöm) se joint à l’équipe et le voyage se poursuit en train jusqu’à Mora, capitale de la Scandinavie.

Bon, je ne vous en dis pas plus, il y a tant de choses à découvrir dans cette bande dessinée qui est un beau livre à avoir sur ses étagères. Plus d’un an et demi de travail pour l’autrice qui a utilisé différentes légendes scandinaves pour parfaire son histoire (et montrer leurs ressemblances et leurs différences selon les pays et leur langue). Et donc, c’est à la fois science-fiction, fantasy, fantastique mais ce n’est pas fouillis. Au contraire, c’est vraiment bien diversifié au niveau de l’agencement des cases, de la lecture, des pages de ‘journal’ avec des explications (des infos importantes), des couleurs (plutôt tons bleus et de l’orange lorsqu’il y a du danger, comme la couleur de la maladie, la rouille) et des paysages avec de nombreux détails. Rien que de voir les personnages principaux (qui vont dans la zone inconnue et dangereuse avec chacun leurs qualités, leurs défauts, leurs angoisses) sur la couverture fait envie et, au feuilletage, on se rend compte tout de suite que c’est riche, dense, intense, rythmé, ce qui se confirme à la lecture. Il y a même de l’humour et de la poésie. Une totale réussite et j’ai hâte de lire les tomes suivants !

Elle a lu les deux premiers tomes et les a appréciés : L’ourse bibliophile. D’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et les challenges BD 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 29, un livre dont le titre est un verbe à l’infinitif, bon les deux verbes, stand et stay, sont anglais), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Verbe pour Stand et Stay), Tour du monde en 80 livres (Finlande, l’autrice est Suédo-Finnoise mais j’ai déjà un livre pour la Suède) et Shiny Summer Challenge 2022 (menu 2 – Orage d’été, sous menu 1 – Dorothée au pays d’Oz = voyager dans le temps et les univers, les sorcières sont invitées, ici ce sont les trolls et autres dangereuses créatures post apocalyptiques). Et, bon sang, j’ai oublié le Challenge nordique !

Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark

Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, juin 2021, 104 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-3600-082-9. The Haunting of Tram Car 015, (2019) est traduit de l’anglais par Mathilde Montier.

Genres : littérature états-unienne, fantasy, fantastique, science-fiction, roman policier.

Phenderson Djèlí Clark, de son vrai nom Dexter Gabriel, naît le 11 juin 1971 à New York (États-Unis) mais il grandit chez ses grands-parents à Trinité et Tobago. À l’âge de 8 ans, il retourne aux États-Unis. Il étudie l’Histoire. Il est historien, professeur chercheur (esclavage et émancipation dans le monde atlantique) et auteur (romancier et nouvelliste dans les genres fantasy et science-fiction). Plus d’infos sur son site officiel.

Le mystère du tramway hanté est la deuxième histoire de la série Ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La 1ère étant L’affaire étrange du djinn du Caire (2016, L’Atalante, 2021) et la 3e Maître des djinns (2021, L’Atalante, 2022).

Le Caire, Égypte, 1912. Le surintendant Bashir envoie deux jeunes agents, Hamed Nasr (28 ans) et Onsi Youssef (24 ans) du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, enquêter sur le tramway de la station Ramsès. « Une affaire tout à fait effroyable, déclara-t-il. Je crains qu’il n’y ait guère de façon édulcorée de formuler la chose… Le tramway est hanté. […] La rame 015 qui dessert la vieille ville. C’est un des modèles les plus récents sortis en 1910. Il n’est en service que depuis deux ans et nous rencontrons déjà des problèmes, que Dieu nous protège ! » (p. 12). Depuis une semaine un fantôme se contentait d’effrayer les mécaniciens et les passagers mais la veille, il a attaqué une femme dont les « vêtements […] ont été réduits en lambeaux ! » (p. 13).

Effectivement l’entité, inconnue, n’est pas commode… Devant le peu de budget du ministère, Hamed et Onsi font appel à une cheikha, Nadiyaa (bon, c’est vrai, c’est parce que ça coûte moins cher qu’un djinn). « Nous sommes venus solliciter votre aide, si vous acceptez de nous la fournir. » (Hamed, p. 44-45). Mais la cheika, qui se bat pour les droits des femmes (combat important dans le roman), refuse (le tramway n’est pas une femme qui a besoin d’aide). Cependant Onsi arrive à la convaincre mais la cérémonie du Zâr tourne mal… l’entité n’étant pas un djinn mais une créature violente, un al (ou alk) en provenance d’Arménie (mais existant aussi en Perse et en Asie centrale).

De nouveau, l’auteur mélange les genres dans ce roman court (certains disent une novella), une enquête policière pas classique du tout puisqu’il y a de la fantasy (magie, créatures surnaturelles), de la science-fiction (femmes-machines libérées et libres de penser et de s’exprimer, dirigeables, tramways aériens, genre steampunk) et un peu de fantastique horreur (lovecraftien comme dans la 1ère histoire) avec la créature maléfique. Cet auteur a du génie ! Je ne sais pas si je l’ai déjà dit.

Fatma El-Sha’arawi, qui enquête dans L’affaire étrange du djinn du Caire ne fait pas partie de cette enquête du tramway mais on entend parler d’elle (Onsi a étudié à l’académie avec elle) et elle apparaît à un moment (on voit aussi Siti dans le restaurant nubien de sa grand-mère). Et c’est elle qui enquêtera dans le 3e tome, Maître des djinns (j’ai hâte de le lire !).

Ils l’ont lu (et apprécié !) : Aelinel, Apophis, Belette – Cannibal Lecteur, Boudicca, CélineDanaë, Jean-Yves chez Chut maman lit, Jess – Fantasy à la carte, Le nocher des livres, Lutin – Albédo, Marc – Les chroniques du chroniqueur, Ours inculte, Tachan, d’autres ?

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 39, un roman fantasy, 2e billet), Contes et légendes (créatures orientales), Littérature de l’imaginaire #10, Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 3 – Sable chaud, sous menu 3 – Un océan de bonheur = vive les vacances, bienvenue au roman qui chauffe les cœurs et muscle les joues, je dois expliquer pourquoi je mets cette lecture ici donc voyez plus bas mais attention spoiler), Un genre par mois (en juillet, c’est policier) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

Attention Spoiler pour expliquer pourquoi je mets cette lecture dans ce menu 3 du Shiny Summer Challenge. Dans le sous menu 3, il faut du grotesque, du des muscles aussi, bref… Déjà le roman est considéré comme burlesque, je confirme, il l’est. De plus, l’alk est une créature maléfique qui se transforme tantôt en fillette enjôleuse tantôt en vieille femme affreuse aux dents acérées, mais qui n’a qu’un seul objectif, voler un enfant (à naître ou nourrisson), il y a du grotesque (et je me demande bien si je n’ai pas déjà entendu parler de cette légende dans une série ou un film, plutôt états-unien). Et dernier point, totalement décalé (il y a un peu du Laurel et Hardy en eux) : les deux agents du ministère sont obligés de se déguiser en femmes enceintes, gros ventres, robes et chaussures féminines, tout ça, pour attirer la créature malfaisante et la vaincre, je ne vous dis pas, c’est trop drôle, mais c’est aussi musclé. Voilà, j’espère que ce roman convient pour ce menu et ce sous menu car avec cette dernière lecture, j’ai honoré ce challenge (et ce, avec grand plaisir).

Les tambours du dieu noir et L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark

Les tambours du dieu noir suivi de L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, avril 2021, 144 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-3600-074-4. The Black God’s Drums (2018) et A Dead Djinn in Cairo (2016) sont traduits de l’anglais par Mathilde Montier.

Phenderson Djèlí Clark, de son vrai nom Dexter Gabriel, naît le 11 juin 1971 à New York (États-Unis) mais il grandit chez ses grands-parents à Trinité et Tobago. À l’âge de 8 ans, il retourne aux États-Unis. Il étudie l’Histoire. Il est historien, professeur chercheur (esclavage et émancipation dans le monde atlantique) et auteur (romancier et nouvelliste dans les genres fantasy et science-fiction). Plus d’infos sur son site officiel.

Voici ce que nous dit l’éditeur (site et 4e de couv). « Bienvenue dans la première publication française d’un nouveau maître de l’uchronie et du surnaturel. Bienvenue dans les mondes mirifiques criants de réalisme, foisonnants de couleurs, de sons et de parfums, de Phenderson Djèlí Clark. »

Les tambours du dieu noir est un roman indépendant.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction (uchronie, steampunk).

La Nouvelle-Orléans, années 1880, bientôt ‘Maddi grá’. Une Nouvelle-Orléans indépendante et territoire neutre, avec des guildes, des dirigeables, des Écrivisses métalliques qui patrouillent dans les rues, des tempêtes noires, des Grands Murs construits par les Hollandais pour en protéger la ville et une guerre de Sécession presque avortée sur la fin.

Jacqueline (surnommée LaVrille) est la narratrice. « C’est pendant un de ces gros orages que je suis née, il y a à peu près treize ans, en 1871. » (p. 11). Son coin préféré ? Une alcôve sur un mur dans laquelle elle peut observer – sans être vue – les dirigeables et les gens qui en sortent « farandole de couleurs de peau, de vêtements, de langues » (p. 12). Son rêve ? « Je quitterai cette ville, je fendrai les nuages pour aller découvrir tout ce qu’y a à découvrir et voir tous les gens qu’y a à voir. » (p. 12). Ah, j’oubliais, Jacqueline est pickpocket ! « Comme de bien entendu, de mon alcôve, je peux aussi repérer les voyageurs qui surveillent pas d’assez près leurs portemonnaies, leurs valises et tout ce qui dépasse. Parce qu’à La Nouvelle-Orléans, les rêves, ça nourrit pas son homme. » (p. 12).

Mais soudain, tout ralentit et « une lune monstrueuse monte dans le ciel. Non, pas une lune, […] un crâne ! Un gigantesque crâne blanc emplit de nuit. » (p. 13). Jacqueline pense que c’est une vision que lui envoie la déesse Oya. Mais elle doit se cacher tout au fond de l’alcôve car des hommes arrivent (bizarre, personne ne vient jamais par ici), des Sudistes, et elle surprend leur conversation au sujet d’un scientifique haïtien, « […] les Tambours du dieu noir… T’êt’ bien que vous autres allez la gagner, c’te guerre, à la fin du compte. » (p. 16).

Jacqueline sait à qui elle va vendre l’information, à La Capitaine du dirigeable, le Détrousseur de Minuit, qui a connu sa mère, Rose, morte il y a trois ans. Si Jacqueline a en elle depuis toujours la déesse Oya (ce n’est pas comme une possession), idem pour La Capitaine (de son vrai nom Ann-Marie St. Augustine) avec la déesse Oshun et ces deux déesses sont sœurs donc La Capitaine et Jacqueline sont liées qu’elles le veuillent ou non. « Je comprends mieux pourquoi qu’elle a tant la bougeotte. À chaque tempête, à chaque épisode de vents violents, Oya est souveraine. Je l’entends rugir, en moi comme tout autour. Au milieu de toute cette eau, Oshun doit être pareille et, à force de lui résister la capitaine doit avoir l’impression de lutter contre un raz-de-marée. Dans ma tête, Oya rit. On peut fuir tant qu’on veut ses déesses afrikaines ancestrales, elles nous retrouvent toujours quand elles l’ont décidé. » (p. 64).

J’ai bien aimé (mais je l’ai trouvé un peu trop court, bon j’en aurais voulu plus !), il y a de l’action, de l’inventivité et les deux personnages principales sont attachantes. Je le conseille surtout à ceux qui aiment le steampunk (par certains côtés, ça m’a fait penser à la trilogie Le siècle mécanique de Chérie Priest). Il a été nommé à plusieurs prix : Nebula du meilleur roman court 2018, Hugo du meilleur roman court 2019, Locus du meilleur roman court 2019 et World Fantasy du meilleur roman court 2019.

La chose un peu difficile : lire les phrases en créole (enfin, il me semble que c’est du créole)… Un exemple, « Mwen avé bien plis que dizneuf ans quonça mwen embaqué sus un dirijabl ! Ma granmanman m’auré dékalbichée si mwen avait songé à ton laj. Touça à qui tu dévré rêvé, lé gason qui sont pètèt amoureux di toi et le mayaj. » (la capitaine à Jacqueline, p. 32). Vous voyez, c’est compréhensible quand même (bravo à la traductrice !) et je vous rassure, ce n’est pas tout le temps comme ça, c’est seulement pour quelques dialogues.

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 15, un livre avec une couleur dans le titre), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Couleur pour Noir), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, on est en pleine guerre de Sécession mais… différente), Les textes courts (cette première histoire compte 90 pages) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

L’affaire étrange du djinn du Caire est la première histoire de la série Ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La 2e étant Le mystère du tramway hanté (2019, L’Atalante, 2021) et la 3e Maître des djinns (2021, L’Atalante, 2022).

Genres : littérature états-unienne, fantasy, fantastique, science-fiction, roman policier.

Azbakiyya, quartier cossu du Caire, Égypte, 1912. « Fatma El-Sha’arawi, agente spéciale du ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, examinait le cadavre vautré sur le gigantesque divan à travers des lunettes spectrales. Un djinn. Un Ancien, qui plus est – musculeux, deux fois plus grand qu’un homme, avec des doigts prolongés par des serres recourbées aussi longues que des couteaux. » (début du roman, p. 93).

Vous avez déjà vu un djinn, vous ? Moi, non… mais je ne possède pas de lunettes spectrales !

L’inspecteur Aasim Sharif de la maréchaussée locale sert d’officier de liaison avec le ministère. « Il n’avait pas mauvais fond. Il était simplement vulgaire. » (p. 93), vu son discours, tout le monde s’en sera rendu compte, et en plus il n’est pas très efficace… Bref, ce que je veux dire, c’est que, comme dans Les tambours du dieu noir avec Jacqueline et La Capitaine, l’auteur privilégie encore ici une héroïne, même si les hommes du Caire sont bien gênés devant « une Saïdi basanée sortie de sa cambrousse » (p. 94), jeune en plus (24 ans), érudite (elle a étudié à Louxor), habillée à l’occidentale (plutôt mode masculine, extravagante, costume anglais, cravate, chapeau melon noir, chaussures à bout golf, canne à pommeau d’argent et montre à gousset offerte par son père horloger) et même deux héroïnes puisque le lecteur fera la connaissance de Siti, une Nubienne, un peu plus tard.

Phenderson Djèlí Clark est un maître dans la fusion des genres ! Nous avons ici une enquête policière avec une pointe de science-fiction (créatures mécaniques et automates, steampunk donc), de la fantasy (magie et créatures d’un autre monde) et du fantastique (horreur, avec un petit côté lovecraftien). C’est que, plus de quarante ans auparavant, al-Jahiz « au moyen de pratiques mystiques et de machines, avait ouvert un passage vers le Kaf, l’outre-royaume des djinns. La raison de son geste – curiosité, malveillance ou malice – restait un mystère. Il avait disparu peu après en emportant ses incroyables inventions. » (p. 101), ouvrant la porte aux djinns, goules, sorciers, magiciennes…

« La fin des mondes est proche, intervint la femme-Jann d’une voix qui résonna comme un écho. L’heure tourne. […] Vous en avez vu beaucoup cette nuit, reprit la prêtresse. […] une paire de cornes torsadées, une faucille, une hache surmontée d’un crochet et une demi-lune entourée de lierre entortillé. » (p. 122). Une vieille prophétie djinn se réalise… « […] selon laquelle trois seront nécessaires, trois qui devront se livrer sans contrainte. » (p. 124-125). Le Bélier (le djinn) est déjà mort, le Moissonneur (l’ange) aussi, mais qui est le Bâtisseur ? Serait-ce la fin du monde ?

Avec cette histoire, l’auteur revisite le mythe de l’horloge, maîtresse du temps et de l’espace, malédiction pour les humains, « toutes les peurs, tous les cauchemars inimaginables » (p. 135). De l’action, des rebondissements, pas de fioritures, le tout dans un format court mais une totale réussite, j’ai encore mieux aimé que Les tambours du dieu noir et j’ai hâte de lire la suite, Le mystère du tramway hanté (2e tome, que j’ai) et Maître des djinns (3e tome, que malheureusement je n’ai pas mais que je vais me procurer puisqu’il est paru en février 2022).

Ils l’ont lu : Amalia, Apophis, CélineDanaë, Elwyn, Lutin d’Albédo, Ours inculte, Yuyine, d’autres ?

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 39, un roman fantasy), Contes et légendes (créatures surnaturelles), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Caire), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, ici une guerre magique, 2e lecture), Les textes courts (cette deuxième histoire compte 54 pages), Un genre par mois (en juillet, c’est policier) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill

Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill.

Bliss, février 2020, 72 pages, 15 €, ISBN 978-2-37578-210-1. The Tea Dragon Society (2017) est traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Célia Joseph.

Genres : bande dessinée néo-zélandaise, littérature jeunesse, fantasy.

Katie O’Neill – qui préfère qu’on l’appelle Kay – est une autrice et illustratrice néo-zélandaise. Quelques infos et bibliographie sur le site de son éditeur original, Oni Press et son site officiel. Après The Tea Dragon Society suivent The Tea Dragon Festival et The Tea Dragon Tapestry et les 3 tomes sont parus dans un beau coffret. Il y a aussi Princesse Princesse paru en mai 2020.

Greta, une gobeline, est apprentie forgeron mais elle a parfois du mal à écouter ce que sa maman lui dit sur les épées et leur fabrication… « Maman… on utilise encore des épées ? Je pensais qu’elle n’apparaissaient que dans des histoires. […] – Est-ce une manière de me dire que tu n’es pas intéressée par la ferronnerie ? » (p. 9). Mais Greta travaille assidûment pour satisfaire ses parents et elle a « noué [un] pacte avec Brick alors que [elle n’avait] que six ans. » (p. 10). Brick est une petite créature noire qui ressemble à un chat.

Un jour, en rentrant du marché, Greta découvre une étrange créature verte attaquée par deux loups noirs affamés. Elle leur donne la viande qu’elle vient d’acheter et soigne la créature. C’est un petit dragon qui appartient à Hesekiel qui « tient un magasin de thé à la sortie de la ville. » (p. 13). Elle s’appelle Jasmine et elle est une ‘dragon-thé’, elle porte des bois sur sa tête et des feuilles y poussent mais elles sont rares et il faut les cueillir progressivement pour faire un thé unique.

Hesekiel propose à Greta de revenir voir Jasmine quand elle veut et Greta rencontre Minette qui s’occupe de Camomille, un bébé dragon-thé. Mais Greta continue sa formation d’apprentie forgeron. Lorsque la fillette retourne à la maison de thé un mois après, elle rencontre Erik qui lui présente les différents dragons-thé dont il s’occupe.

Il y avait un Cercle du Dragon-Thé avant mais Hesekiel et Erik sont les deux derniers membres…

Ce Cercle du Dragon-Thé est une belle histoire de confiance et d’amitié, toute en douceur, en délicatesse, et richement illustrée (c’est presque de l’art naïf). Elle court sur les 4 saisons, printemps, été, automne, hiver, avec un épilogue. C’est tendre, c’est poétique, c’est magique. Vous l’avez sûrement deviné, l’autrice aime le thé, les petites créatures et elle veut parler du savoir-faire, des traditions, de la transmission aux jeunes générations, des choses qu’il ne faut pas oublier et qu’il faut perpétuer. Et puis, quelques mots à propos de la diversité des personnages, certains sont de couleur, certains sont LGBT, certains sont handicapés (fauteuil, amnésie) pour montrer aux jeunes (le lectorat ciblé) la tolérance et la bienveillance non seulement envers les créatures mais aussi les humains.

En fin de volume, le Cercle est réuni dans une illustration (ronde) pleine page puis une autre double page, c’est vraiment magnifique et il y a des extraits du Guide des dragons-thé au cas où on en rencontre un et où il faudrait en prendre soin (tenez-vous prêts !).

Je me note les différents dragons-thé pour ne pas les oublier et j’espère les retrouver dans les volumes suivants, Jasmin, Rooibos, Camomille, Ginseng, Earl Grey, Hibiscus, Gingembre, Peppermint. Ils mesurent entre 35 et 50 cm et pèsent entre 5 et 10 kg. Ils sont tous très mignons, surtout Hibiscus qui est tout rond (il aime beaucoup manger, lui pèse 12 kg).

Petite erreur… « Je suis heureuse que tu tu veuilles apprendre. » (p. 10, en haut à gauche).

Cette bande dessinée a reçu le Eisner Award de la meilleure bande dessinée jeunesse (9-12 ans) et le Eisner Award du meilleur webcomic en 2018 et c’est largement mérité.

Une dernière bande dessinée pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) avant la pause estivale mais je continue souvent de publier en juillet et août, que je mets aussi dans les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (case n° 22, un livre jeunesse, 2e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 55, un livre qui contient un personnage LGBTQ+), Contes et légendes (dragons et autres créatures), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Dragon), Shiny Summer Challenge (menu 3 – Sable chaud, sous menu 1 – Château de sable = romans graphiques, bandes dessinées), Les textes courts et Le tour du monde en 80 livres (Nouvelle-Zélande).

Challenge S4F3 2022

Avec l’été, voici le retour du Challenge S4F3 qui dure du 21 juin au 23 septembre 2022. J’ai participé aux éditions 4 en 2018 (13 lectures), 5 en 2019 (seulement 2 lectures), 6 en 2020 (7 lectures) et 7 en 2021 (8 lectures), avant je ne connaissais pas le blog Albédo (et donc le challenge de Lutin).

Pour ceux qui ne connaissent pas (ou peu) les littératures de l’imaginaire, je précise que S4, c’est pour Summer Short Stories of SFFF et les 3 F signifient Science Fiction, Fantasy, Fantastique (et leurs dérivés littéraires comme l’anticipation, l’horreur, etc.).

Infos sur cette 8e édition, logo et inscription chez Lutin. Il y aura un formulaire où déposer les liens – > ici.

Mais l’objectif est toujours de lire des romans, nouvelles, essais de SFFF mais de format court c’est-à-dire moins de 350 pages (et au moins 50 pages).

Mes lectures pour ce challenge

1. Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove (Bragelonne, 2021, Angleterre), 336 pages

2. Lignes de Jacques Arragon (Courtes et longues, 2016, France), 258 pages

3. Les tambours du dieu noir suivi de L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis), 144 pages

4. Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis), 104 pages

5.  Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre (Mnémos, 2020, France), 336 pages

6. Aucune femme au monde de Catherine Lucille Moore (Le passager clandestin, 2021, États-Unis), 144 pages

7. À dos de crocodile de Greg Egan (Le Bélial, 2021, Australie), 112 pages

Lutin annonce ici que le challenge continue jusqu’au 15 octobre 2022.

L’œuf de cristal de H.G. Wells

L’œuf de cristal de H.G. Wells.

Mercure de France, 1899, 35 pages (lecture numérique). The Crystal Egg (1897) est traduit de l’anglais par Henry-D. Davray.

Genres : littérature anglaise, nouvelle, fantastique, science-fiction.

Herbert George Wells, plus connu sous son nom de plume H. G. Wells, naît le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent (Angleterre). Son père est jardinier puis commerçant (porcelaines, articles de sport) et joueur de cricket professionnel. Il découvre la lecture dès l’enfance et est placé en apprentissage (chez un marchand de tissus, ce qui ne lui plaît pas), heureusement il peut ensuite étudier les Sciences à Londres, en particulier la biologie, la physique, la géologie et la zoologie (il participe à la création de la Royal College of Science Association et en devient même le premier président en 1909). Il s’intéresse à une société meilleure, au socialisme, fréquente William Morris (dont j’ai lu La source au bout du monde) et Jerome K. Jerome, enseigne au Pays de Galles puis à Londres et rencontre Maxim Gorki en Russie. Après un livre scolaire de biologie et des articles humoristiques dans des revues, il commence à écrire de la fiction. Très connu pour ses romans et ses nouvelles de science-fiction (il est considéré comme le père de la SF contemporaine), il est aussi essayiste (œuvres politiques, sociales, historiques et de vulgarisation scientifique), dessinateur et concepteur de jeux. Il meurt le 13 août 1946 à Londres laissant une œuvre conséquente, La machine à explorer le temps (The Time Machine, 1895), L’île du docteur Moreau (The Island of Doctor Moreau, 1896), L’homme invisible (The Invisible Man, 1897), La guerre des mondes (The War of the Worlds, 1898), Quand le dormeur s’éveillera (When the Sleeper wakes, 1899), Les premiers hommes dans la Lune (The First Men in the Moon, 1901), La guerre dans les airs (The War in the Air, 1908) et tant d’autres.

Dans le quartier des Sept Cadrans, une petite boutique, C. Cave, naturaliste et marchand d’antiquités. En vitrine, des objets hétéroclites voire surprenants et « une masse de cristal façonnée en forme d’œuf et merveilleusement polie. Cet œuf, deux personnes arrêtées devant la vitrine l’examinaient : l’une, un clergyman grand et maigre ; l’autre, un jeune homme à la barbe très noire, au teint basané et de mise discrète. Le jeune homme basané parlait en gesticulant avec vivacité et semblait fort désireux de voir son compagnon acheter l’article. » (p. 2).

Monsieur Cave vend cet œuf cinq guinées mais il n’est plus en vente car un acheteur venu dans la matinée l’aurait déjà retenu. Mécontents, madame Cave, le beau-fils et la belle-fille de monsieur Cave veulent absolument vendre l’œuf et profiter de l’argent mais l’œuf a disparu et « la discussion se changea en une pénible scène » (p. 9).

Mais ne restons pas dans le mensonge, monsieur Cave a simplement confié l’œuf « à la garde de M. Jacoby Wace, aide-préparateur à St Catherine’s Hospital, Westbourne Street » (p. 10), un ami qui connaissant madame Cave a accepté de « donner asile à l’œuf » (p. 11).

Mais qu’a donc cet œuf de spécial ? Pourquoi exerce-t-il une telle fascination ?

L’œuf aurait dû être à l’abri mais Jacoby Wace reste un « jeune savant investigateur » (p. 19) et ne peut s’empêcher d’étudier l’objet et sa phosphorescence…

The Crystal Egg parut d’abord dans New Review en mai 1897 puis dans le recueil Tales of Space and Time avant d’être traduit en français en 1899, puis publié dans le pulp américain Amazing Stories en mai 1926. Dans cette nouvelle, H.G. Wells brosse un portrait dramatique de la famille Cave et traite des prémices de l’infiniment petit que l’humain ne connaît pas encore. Le lecteur est ici dans le merveilleux (britannique) de la fin du XIXe siècle, à la limite entre fantastique et science-fiction voire fantasy avec des descriptions surprenantes et imagées qui amènent à réfléchir. Un an après, l’auteur écrit La guerre des mondes et fait venir les Marsiens (nom d’époque) sur Terre.

Vous pouvez lire L’œuf de cristal dans Les chefs-d’œuvre de H.G. Wells (Omnibus SF, 2007) ou librement en numérique, par exemple sur Bibliothèque numérique romande (BNR) ou Wikisource (français) ou l’écouter en audio sur LittératureAudio.com ou même le lire en anglais sur ce Wikisource.

Si j’ai choisi de lire une nouvelle de H.G. Wells, c’est pour honorer à la fois Les classiques c’est fantastique (en mai, tour d’Europe, avec donc ici l’Angleterre), La bonne nouvelle du lundi (ça fait longtemps !) et le nouveau challenge H.G. Wells mais cette lecture entre aussi dans 2022 en classiques, Littérature de l’imaginaire #10 et Les textes courts.

À noter que The Crystal Egg fut adapté en 1951 par Charles S. Dubin (1919-2011) pour la série télévisée américaine Tales of Tomorrow (saison 1, épisode 9, en NB, 24 minutes) donc je mets cette œuvre dans Les adaptations littéraires. Et vous pouvez visionner l’épisode ci-dessous.

Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle

Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle.

Sarbacane, collection Pépix, septembre 2020, 224 pages, 10,90 €, ISBN 978-2-37731-468-3.

Genres : littérature jeunesse française, roman mi-fantastique mi-fantasy.

Marie Lenne-Fouquet naît en 1984 dans les Deux-Sèvres. Elle est professeure et autrice pour la jeunesse. Plus d’infos sur son site officiel.

Marie Morelle, Parisienne ayant étudié les Beaux-Arts à Londres, est illustratrice pour la presse et pour la jeunesse. Plus d’infos sur son site officiel.

Mardy et Ozgo sont frères et viennent d’emménager dans une nouvelle maison avec leurs parents et leur sœur, Petite. Mais leur chat, Benjamin, a disparu depuis quatre jours et Mardy s’inquiète… « Maman, c’est vrai, ce qu’on lit dans les journaux ? Que tous les chats du village disparaissent, ces derniers temps ? » (p. 9).

Je ne dévoile rien sur les particularités de Mardy, Ozgo et Petite, vous les découvrirez en lisant ce roman.

Après avoir interrogé tous les voisins, dont certains ont perdu aussi leur chat, Mardy et Ozgo décident d’aller de nuit dans la forêt mais Petite étant réveillée, ils sont obligés de l’emmener avec eux. « Le petit convoi se mit en route et traversa le jardin. » (p. 39).

Mais, lors d’une pause, les deux garçons perdent le bébé, c’est-à-dire Petite. Dans la souche d’un arbre, ils découvrent « un monde […] un vrai monde » (p. 48). C’est le monde des Ploozes, des petites créatures vertes en forme de boules. D’ailleurs, il n’y a pas que Petite qui a disparu, emportée pour aller voir le roi Harold, tous les chats disparus sont là, nourris, choyés, un véritable paradis pour eux. « Non, il ne rêvait pas. Tout cela était bien réel. Et il fallait sauver Petite. » (p. 70).

Mardy et Ozgo vont-ils pouvoir récupérer leur petite sœur ? Ils vont être aidés par Le Bourlingueur. Et je ne vous en dis pas plus même si… « L’ignorance, c’est… c’est… c’est le pire des cauchemars ! » (p. 148).

En tout cas, vous ne regarderez plus les brins d’herbe, les poireaux et les framboises de la même façon après avoir lu ce roman !

Les personnages sont drôles ou inquiétants (j’ai bien aimé le bouledogue ronronnant et la nounou japonaise), l’histoire est très originale, les textes sont parfois accentués (pour que les enfants comprennent qu’un personnage crie par exemple) et les dessins bourrés de détails sont vraiment marrants.

Il y a bien quelques références (le facteur Cheval, princesse Mononoké) que certains enfants ne connaîtront pas mais ce sera l’occasion pour eux de demander ou de faire des recherches. Cependant, il y a un petit côté social et écologique que les enfants comprendront sans problème.

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 14, une histoire d’enlèvement ou de disparition mais il aurait pu aller dans d’autres cases), Challenge lecture 2022 (catégorie 22, un livre dont les personnages principaux sont d’une même fratrie mais il pouvait entrer dans d’autres catégories), Jeunesse Young Adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Petit Bac 2022 (catégorie Prénom pour Mardy et Ozgo).

Littérature de l’imaginaire #10

Le challenge Littérature de l’imaginaire #10 dure du 1er janvier au 31 décembre 2022. Pour cette dixième édition, arrivée de Discord (lien ci-dessous), des thèmes (tous les deux mois) et moins d’échelons (5 au lieu de 7, voir ci-dessous).

L’objectif est toujours de lire les littératures de l’imaginaire, science-fiction, fantasy, fantastique (et tous leurs sous-genres) dans des romans, nouvelles, essais, mangas, bandes dessinées, comics (super-héros ou non, tant que ça reste dans le domaine de l’imaginaire) et des magazines spécialisés comme Bifrost.

Infos, logos et inscription chez Ma Lecturothèque + dépôt des liens dans la Chrobox (bon, les deux dernières années, ça n’a pas fonctionné pour moi…) + Discord pour échanger.

Les échelons
Échelon 1 : atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres.
Échelon 2 : immersion dans le vide = au moins 36 livres.
Échelon 3 : absorption dans l’étrange = au moins 60 livres.
Échelon 4 : fusion dans l’utopique = au moins 84 livres.
Échelon 5 : synchronisation avec la page = au moins 108 livres.

Les catégories

Catégorie A : Ange gardien de la simplicité = le challenge reste comme il était jusque-là, à savoir tous les supports sont acceptés et vous lisez tous les genres des lectures de l’imaginaire.

Catégorie B : Balrog des mots = on bannit les BD et les manga, la place est réservée aux romans uniquement. Tous genres confondus.

Catégorie C : Cerbère de la Multidisciplinarité = vous devrez choisir un genre en début de challenge entre la fantasy et la SF. Ils ont tous deux des sous-genres ; dans cette catégorie vous devrez lire un livre par sous-genre. À vous de voir ce que vous lisez pour le reste de la catégorie. Voir les sous-genres de fantasy et de science-fiction sur le billet de Ma Lecturothèque.

Catégorie D : Dragons de l’incontournable = vous lirez ce que vous voudrez durant ce challenge dans le genre que vous voulez MAIS il vous sera obligatoire de lire 3 livres écrits par des auteurs que l’on qualifie de « classiques » de l’imaginaire. Les incontournables quoi. Consultez une liste d’une trentaine d’auteurs sur le billet de Ma Lecturothèque.

Les thèmes bimestriels
Janvier/février : famille choisie.
Mars/avril : écologie, renouveau, renaissance.
Mai/juin : diversité.
Juillet/août : quête, voyage, vacances.
Septembre/octobre : horreur, fantômes, monstres.
Novembre/décembre : un livre sorti au cours de l’année.

Mes lectures pour ce challenge

1. Les confluents d’Anne-Lise Avril (Julliard, 2021, France)

2. Mardy & Ozgo – Le monde d’en dessous de Marie Lenne-Fouquet et Marie Morelle (Sarbacane, 2020, France)

3. L’ex-magicien de la taverne du Minho et autres nouvelles de Murilo Rubião (L’arbre vengeur, 2021, Brésil)

4. Canardo – Premières enquêtes de Sokal (Casterman, 2002, Belgique)

5. Kanopé 1 – Rencontre de Louise Joor (Delcourt, 2014, Belgique)

6. Kanopé 2 – Héritage de Louise Joor (Delcourt, 2019, Belgique)

7. Celestia de Manuele Fior (Atrabile, 2020, Italie)

8. Taupe & Mulot 1 – La tarte aux lombrics d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2019, France)

9. Taupe & Mulot 2 – Les beaux jours d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2019, France)

10. Taupe & Mulot 3 – Notre part de ciel d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2021, France)

11. Taupe & Mulot 4 – Bonnet blanc et blanc bonnet d’Henri Meunier et Benjamin Chaud (Hélium, 2021, France)

12. Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2006, Japon)

Échelon 1 honoré 🙂

13. Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2007, Japon)

14. D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO (Glénat, 2013, Japon)

15. L’ours d’Andrew Krivak (Globe, 2021, États-Unis)

16. Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2010, Japon)

17. La Caverne de Marina et Sergueï Diatchenko (Albin Michel, 2009, Ukraine)

18. L’œuf de cristal de H.G. Wells (Mercure de France, 1899, Angleterre)

19.  La machine Ernetti de Roland Portiche (Albin Michel, 2020, France)

20. Secrets of Magical Stones 1 de Marimuu (Dupuis Vega, 2021, Japon)

21. Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove (Bragelonne, 2021, Angleterre)

22. Le Cercle du Dragon-Thé de Katie O’Neill (Bliss, 2020, Nouvelle-Zélande)

23. Lignes de Jacques Arragon (Courtes et longues, 2016, France)

24. Après le monde de Timothée Leman (Sarbacane, 2020, France)

25. Les tambours du dieu noir suivi de L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis)

26. Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis)

27.  Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre (Mnémos, 2020, France)

28. Solo 2 – Le cœur et le sang d’Oscar Martin (Delcourt, 2016, Espagne)

29. Solo 3 – Le monde cannibale d’Oscar Martin (Delcourt, 2017, Espagne)

30. Solo 4 – Legatus d’Oscar Martin (Delcourt, 2019, Espagne)

31. Solo 5 – Marcher sans soulever la poussière d’Oscar Martin (Delcourt, 2021, Espagne)

32. Célestopol 1922 d’Emmanuel Chastellière (L’homme sans nom, 2021, France)

33. Aucune femme au monde de Catherine Lucille Moore (Le passager clandestin, 2021, États-Unis)

34. Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg (Akileos, 2018, Finlande/Suède)

35. À dos de crocodile de Greg Egan (Le Bélial, 2021, Australie)

36. Carbone & Silicium de Mathieu Bablet (Ankama, 2020, France)

Échelon 2 honoré 🙂

Challenge Winter Short Stories of SFFF #1 avec Célinedanaë

Vous avez sûrement repéré sur mon blog le challenge estival Summer Short Stories of SFFF créé par Lutin du blog Albédo (j’ai participé à 4 éditions, 2018, 2019, 2020 et 2021). Eh bien Célinedanaë a pensé à un challenge du même genre mais en hiver. C’est le Winter Short Stories of SFFF et il durera 4 mois, du 1er décembre 2021 au 31 mars 2022.

L’objectif est de lire des nouvelles et des novellas (des textes courts donc) dans les genres SFFF, c’est-à-dire science-fiction, fantasy, fantastique (les littératures de l’imaginaire), en français ou dans leur langue d’origine (pour moi, ce sera en français).

Infos (bonus, récompenses, etc.), logo et inscription dans la Cave Trolls chez Célindanaë et d’autres infos sur le format court et les éditeurs.

Célinedanaë propose 4 objectifs :

Gobelin : vous participez au challenge doucement sans trop présumer, avec de 1 à 4 textes lus sur la période du challenge. C’est celui-ci que je choisis.

Troll des collines : vous aimez bien les nouvelles mais faut pas trop en demander non plus, on gravit petit à petit la pile de livres et vous vous fixez 8 textes chroniqués.

Troll des montagnes : vous aimez beaucoup l’idée de ce challenge, les nouvelles c’est top ! Alors autant s’engager pour de bon avec un objectif de 16 textes lus et chroniqués.

Troll des cavernes : avec cet objectif vous aurez le profond respect des trolls des cavernes, quand on a le choix autant y aller à fond, s’enfermer dans sa caverne bien au chaud sous un plaid, une tasse de thé aromatisé au miel et lire 24 nouvelles ou novellas sur les 4 mois du challenge.

Mes lectures pour ce challenge

1. L’ex-magicien de la taverne du Minho et autres nouvelles de Murilo Rubião (L’arbre vengeur, 2021, Brésil)

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan

Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan.

H2T, tome 1, juin 2020, 228 pages, 7,95 €, ISBN 978-2-37777-223-0, tome 2, janvier 2021, 212 pages, 7,95 €, ISBN‎ 978-2-37777-352-7.

Genres : bande dessinée française, manga-like, fantasy.

Zelihan Banvillet naît le 20 mars 1997 à Paris mais elle grandit au Puy en Velay en Haute Loire (Auvergne) où elle étudie non seulement le dessin mais aussi la musique (chant, accordéon). Après un bac littéraire, elle choisit les Beaux Arts de Saint Étienne. Très tôt, elle découvre le manga et les films d’animation du studio Ghibli mais elle commence sa carrière de mangaka en secret (son professeur déteste le manga) sous le pseudonyme de MimiZeli sur Twitter, Instagram, Deviant Art et ManonZeli sur Facebook.

Tome 1. Ayten est une jeune orpheline recueillie par les habitants d’un village de chasseurs dans la montagne. Elle peut communiquer avec les animaux morts. Un jour, elle tombe de la falaise mais… « Toi ! Comment se fait-il… que tu sois encore en vie ?! ». Elle est bannie et se réfugie dans un temple abandonné en pleine forêt. Elle y rencontre Zêd, un garçon qui ne peut pas en sortir car des créatures appelées shagaï l’en empêchent. Pourtant ils arrivent à fuir et Ayten récupère un premier os bleu pour Zêd. La chèvre Nonos les suit dans leur périple jusqu’à un lac. Mais Zêd a menti…

Tome 2. Ayten, Zêd et Nonos continuent leur chemin, toujours poursuivis par les shagaï qui veulent arrêter « l’anomalie ». Zêd a récupéré plusieurs os bleus et les shagaï lui proposent de les rejoindre enfin mais en trahissant Ayten. Que va choisir Zêd ? « Ayten, quand on se change en shagaï… on ne peut plus revenir en arrière. » En fin de volume, des strips et des dessins bonus.

Wandering Souls, deux âmes errantes, Ayten et Zêd, est un shônen en deux tomes et cette série (presque trop courte finalement) est très réussie. Aventure, fantasy et écologie sont au rendez-vous pour les deux héros avec leur compagne de voyage, Nonos, le squelette d’une chèvre morte qui communique avec Ayten.

Les dessins sont détaillés, le rythme intense et l’histoire palpitante avec de beaux personnages, la légende des shagaï et de la vie éternelle. Ce voyage initiatique et surnaturel en montagne et en forêt est superbe.

Wandering Souls et Zelihan sont les gagnants du 5e Prix Mangavore (édition 2021). Malheureusement je n’ai pas pu assister ni au live le vendredi 11 juin (vidéo disponible ici) ni à la rencontre dédicace le samedi 12 juin à Romans sur Isère car je travaillais… Mais, chez le même éditeur, j’avais déjà lu une autre jolie série en deux tomes, Hana no Breath de Caly, et rencontré Caly.

Pendant l’été je continuerai à publier pour La BD de la semaine histoire de garder le rythme malgré la pause estivale et je mets également cette lecture dans les challenges BD, Cottagecore (catégorie 2 Retour aux sources), Contes et légendes #3, Des histoires et des bulles (catégorie 5, un shônen), Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et S4F3 #7.