Le Cœur de la Terre de Maxime Chattam

Le Cœur de la Terre (Autre-Monde, tome 3) de Maxime Chattam.

Albin Michel, avril 2010, 467 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22620-840-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Toujours un grand plaisir de retrouver l’univers d’Autre-Monde et ses personnages. Ce troisième tome est différent car Matt et Tobias sont séparés ! Tobias est prisonnier dans le Raupéroden avec une affreuse araignée énorme, le Dévoreur.

« Eden semblait imperturbable. Un havre protecteur. Il était difficile de croire à l’imminence de la guerre. » (p. 29).

« Dépêche-toi d’aller te trouver un compagnon à quatre pattes. – C’est déjà fait, dit-il en s’écartant pour désigner une boule de fourrure noire et marron dont les yeux étaient à peine visibles sous les poils trop longs. Je l’ai choisi parce qu’il est aussi moche que moi ! On devrait s’entendre ! » (p. 98).

Dès le tome 2, Malronce, j’avais mon idée sur les identités du Raupéroden et de Malronce 😉 mais je ne vous dirai rien, na !

Encore ici, l’auteur continue de développer avec talent ses idées, comme la Terre en colère et la Nature qui se venge des humains. Tout tient la route mais tous n’arrivent pas au bout de l’aventure… Une pensée pour Peps et une pour Phalène 😥

« Ils n’avaient plus d’ombre. Et rien ne peut survivre sans sa part d’ombre. L’équilibre du monde. » (p. 336).

« Le résultat est le même : ils obéissent à celle qui sait leur parler. Balthazar avait raison : ils n’ont plus de mémoire, ils ne sont que des coquilles vides qui ne demandent qu’à être remplies ! C’est ça qui les rend si mauvais. » (p. 414).

Je vais me répéter mais toujours de l’aventure, de l’action, des rebondissements, etc. ; et puis quelque chose d’impensable : les Pans (enfants et adolescents) vont devoir se battre contre les Cyniks et les Gloutons (adultes). Une belle fin de cycle mais, en terminant ce tome, on ne sait pas ce qui est arrivé à Plume et aux autres chiens ! Un oubli de la part de l’auteur ou une volonté de garder le suspense jusqu’au prochain tome ?

Comme pour les tomes 1 et 2, une très agréable lecture que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (toujours avec du retard dans la publication de ma note de lecture… mais j’ai bien lu ce roman avant !). Et je vais me plonger dans le deuxième cycle (de 4 tomes), c’est sûr et certain !

Malronce de Maxime Chattam

Malronce (Autre-Monde, tome 2) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2009, 407 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22619-413-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Ce fut un plaisir de retrouver l’univers horrifique d’Autre-Monde et nos héros, Matt, Tobias et Ambre (pour les personnages principaux). Ils sont en route vers la Forêt aveugle encore plus au sud, pour le royaume de Malronce, et rien ne leur sera épargné… « Il avait tué. Pour survivre, pour protéger. Mais il avait tué tout de même. » (p. 66). Ils vont découvrir d’énormes chiens qui peuvent servir de montures et rencontrer le peuple Gaïa – ou les Kloropanphylles – qui vivent dans un immense nid judicieusement aménagé au-dessus de la dangereuse Mer-Sèche et qui ont construit un Vaisseau-Matrice.

« Si vous le pouvez, rentrez chez vous, le monde a changé, nous ne pouvons plus compter sur les adultes, et regardez même entre nous, les différences nous poussent à tant de méfiance, nous ne sommes pas encore prêts. À présent je dois vous laisser, je n’ai pas le droit de vous parler. » (p. 171).

« La mémoire est ton identité, tes valeurs, et la connaissance qu’ils n’ont plus les a transformés en coquilles vides. Malronce n’a eu qu’à les remplir de certitudes rassurantes pour en faire ses marionnettes. » (p. 246).

Comme je le disais plus haut : un grand plaisir à retrouver Autre-Monde. L’auteur continue de développer son monde horrifique dans lequel la Nature a repris ses droits de façon bien étrange avec des créatures toutes plus horribles et dangereuses les unes que les autres. En mûrissant, en faisant face au danger ensemble et en pratiquant la solidarité, les enfants et adolescents prennent plus d’épaisseur et de nouveaux apparaissent, tous différents, avec des particularités et des dons différents, ainsi que des ennemis comme les Mangeombres et le Buveur d’innocence. Il y a toujours de l’aventure, du suspense, de la peur, et parfois des traîtrises, c’est que les ados deviennent inévitablement des adultes… et ne peuvent s’empêcher de passer du côté obscur ! Beaucoup d’imagination, j’aimerais bien voir ça en film… d’animation par exemple. Évidemment, j’ai embrayé sur le tome 3 qui clôture le premier cycle de la série et je vous en parle tout bientôt.

Comme pour le tome 1, L’Alliance des Trois, une lecture très agréable que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (avec du retard dans la publication de ma note de lecture mais j’ai bien lu ce roman avant).

L’Alliance des Trois de Maxime Chattam

L’Alliance des Trois (Autre-Monde, tome 1) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2008, 483 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-226-18863-2.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam, de son vrai nom Maxime Drouot, naît le 19 février 1976 à Herblay (Val d’Oise). Après des études de criminologie – et des cours de comédie au Cours Simon à Paris –, il écrit des romans policiers et/ou fantastique et reçoit plusieurs prix littéraires.

Trois copains, Matt, Tobias et Newton, 13-14 ans, à Manhattan, New York. Ils vivent entre deux mondes, l’enfance et l’adolescence. « Aujourd’hui ces deux mondes se mélangeaient, se heurtaient parfois. Celui des jeux, des figurines qu’il appréciait tant, et celui du jeune homme en devenir. Il s’interrogeait sur la conduite à tenir : devait-il sacrifier ses passions juvéniles au nom de l’âge mûr ? Newton était un peu comme ça. Tobias, lui, n’avait pas encore eu le déclic, […]. » (p. 27-28). Mais les parents de Matt annoncent leur divorce et après Noël, arrivent une vague de froid et une tempête colossale qui engendrent un black out et… des phénomènes bizarres. « Oui, le blizzard était énorme ; oui, il leur était tombé dessus plus tôt que prévu, mais cela n’en faisait pas pour autant la fin du monde. Sauf qu’il y a tous ces signes étranges depuis quelques jours. » (p. 45). La majorité des adultes a disparu… « Ne reverraient-ils jamais leur existence paisible ? Avaient-ils perdu leurs parents, leurs amis et le confort de la vie normale pour toujours ? » (p. 99-100). Matt et Tobias s’enfuient au sud mais la ville est remplie d’humains mutants (les Cyniks et les Gloutons et il ne fait pas bon croiser leur route) et de créatures dangereuses. Sur l’île Carmichael où ils ont trouvé refuge, il y a une soixantaine d’enfants entre 9 et 17 ans qui vivent dans six manoirs car le septième est hanté, et ils rencontrent Ambre : ils deviennent les trois « Pans » mais ils sont poursuivis par le dangereux Raupéroden et se rendent compte que beaucoup d’enfants développent des dons. « Je suis… noir, et elle est blanche – Oh ça. On est des êtres humains, non ? C’est quoi la différence ? Ah oui, ta peau est de la couleur de la terre, la sienne de celle du sable. C’est avec du sable et de la terre qu’on fait les continents, qu’on fait la Terre, non ? Alors vous êtes faits pour vous mélanger. Il ne peut en naître que de bonnes choses. » (p. 309).

Autre-Monde est une excellente série post-apocalyptique, pas seulement pour la jeunesse ; elle oscille entre fantasy, science-fiction et fantastique horreur (un peu comme un survival). Moderne, l’auteur fait plusieurs références populaires, comme Le Seigneur des Anneaux ou le groupe System of a Down : Matt est un adolescent de son temps ! Dans ce roman, pas de temps morts, une belle galerie de personnages, de bonnes idées scientifiques et spirituelles, du mystère, de l’aventure et surtout de l’amitié et de la solidarité, quelques traîtrises aussi mais il faut bien qu’il y ait du suspense (après tout, l’auteur est considéré comme un des maîtres français du thriller et du fantastique), des rebondissements et des frayeurs d’autant plus que les créatures sont… ouah je n’aimerais pas les voir en vrai ! Je n’avais jamais lu Maxime Chattam avant et j’ai été ravie de cette découverte : L’alliance des trois est un véritable page turner et vous pensez bien que j’ai vite embrayé sur le tome 2.

Une lecture très agréable que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire, Printemps de l’imaginaire francophone (avec du retard dans la publication de ma note de lecture mais j’ai bien lu le roman avant).

J’ai découvert une vidéo présentant ce premier tome d’Autre-Monde :

et par hasard cette suite orchestrale du compositeur français né en 1984, Sébastien Pan. Si vous avez le temps de l’écouter :

L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia

L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia.

Le Belial, février 2017, 272 pages, 20 €, ISBN 978-2-84344-913-0. The Alchemy of Stone (2008) est traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti.

Genres : littérature russo-américaine, science-fiction.

Ekaterina Sedia naît Ekaterina Holland le 9 juillet 1970 à Moscou en Russie. Elle est non seulement écrivain (romans, nouvelles) mais aussi professeur de botanique et d’écologie dans le New Jersey car elle vit aux États-Unis depuis le début des années 90. Plus d’infos sur http://www.ekaterinasedia.com/ (site et blog).

Mattie est une Automate émancipée, devenue une Alchimiste, créée par Loharri, un Mécanicien. Elle vit à Ayona, « une ville immense, sombre et secrète ». Les Gargouilles, un peuple minéral très secret, lui demandent de l’aide. « Elles trouvent leur espérance de vie trop brève et leur destin trop cruel. » (p. 16). Mattie est également embauchée par Iolanda pour des potions mais hésite à trahir son créateur. Elle va rencontrer le Fûmeur d’âmes que tout le monde craint et Sébastien, un révolutionnaire activement recherché.

Sous couvert de science-fiction, mi steampunk mi urban fantasy, ce roman aborde de nombreux thèmes importants : mécanisation, technologie et progrès, immigration, condition des femmes, rôle de chacun dans la société, mémoire du passé, mouvement révolutionnaire, terrorisme… ! Voici quelques extraits qui en témoignent :

« Tu es devenu mécanicien parce qu’élevé par une mère alchimiste. Je suis devenue alchimiste parce que créée par un mécanicien. » (p. 89).

« Ça me déplaît autant qu’à toi, Mattie, mais c’est une affaire de politique. Les gens ont peur. Ils ont besoin de victimes expiatoires. » (p. 153).

« Les femmes ressemblaient aux gargouilles : respectées en théorie, mais dissimulées à ceux qui dirigeaient la ville, elles vivaient dans l’obscurité, dans les interstices de l’existence. » (p. 158).

« Nous avons tous notre rôle à jouer. Sinon, la société ne pourrait pas fonctionner. » (p. 184).

« […] parfois, mieux valait ne rien voir, ne rien savoir. » (p. 222).

L’alchimie de la pierre est le premier roman d’Ekaterina Sedia traduit en français (merci aux éditions Le Bélial !) mais en fait le troisième roman de l’auteur. À noter, qu’en plus de la très belle illustration couleur de couverture, il y a quelques illustrations noir et blanc de Nicolas Fructus. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire L’alchimie de la pierre (qui a reçu le Prix James Tiptree Jr. en 2009). Ce roman – à la fois poétique et apocalyptique avec de très belles descriptions – montre bien tous les rouages d’une société et se révèle être d’une grande intelligence et maîtrise. Car, dans cette ville de pierre et de métal, il faut se battre pour vivre. Je veux lire d’autres titres d’Ekaterina Sedia (en plus, elle aime les chats !).

Une excellente lecture que je mets dans les challenges Littérature de l’imaginaire et Rentrée littéraire janvier 2017.

Challenge Littérature de l’imaginaire #5 avec Amarüel

La session 4 du challenge Littérature de l’imaginaire s’est bien passée : en lisant 12 romans (et un supplémentaire), j’ai honoré la catégorie que j’avais choisie : Atterrissage dans l’irréel. Je rempile donc avec Littérature de l’imaginaire #5 ! Infos, logos et inscription chez Amarüel et les liens sont à déposer dans la Chrobox. Le challenge dure du 1er décembre 2016 au 31 décembre 2017 (soit 13 mois).

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L’objectif est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire (fantasy, science-fiction, fantastique et leurs sous-genres) sous toutes les formes (romans, anthologies de nouvelles, essais, bandes dessinées incluant comics et mangas, magazines spécialisés comme Bifrost par exemple).

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Je choisis la même catégorie : Ange gardien de la simplicité (tous genres et tous supports) et le même échelon que l’année dernière : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres, ce qui fait une moyenne d’une lecture par mois et j’espère en lire un peu plus. 😉

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Mes lectures de l’imaginaire

1.

2.

3.

4.

5.

6.

7.

8.

9.

10.

11.

12.

+ ?

Les orphelines d’Abbey Road d’Audren

Pour ce premier billet (hors l’article de présentation) de La quinzaine de l’imaginaire avec Arieste, voici non pas un livre français mais quatre !

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Les orphelines d’Abbey Road (4 tomes) d’Audren.

L’école des loisirs (voir les tomes ci-dessous).

Genres : littérature jeunesse, fantasy.

Audren naît le 1er septembre 1972 à Paris. Elle étudie les Lettres et les Arts plastiques. Elle vit entre les États-Unis et la France. D’abord compositrice et interprète de soul music (8 albums entre 1997 et 2015), elle est aussi romancière (36 livres jeunesse ou adultes depuis 2002). Elle se bat pour que la maladie de Lyme soit reconnue et traitée. Plus sur son FB et sur son site officiel.

OrphelinesAbbeyRoad1Tome 1 – Le Diable vert, L’école des loisirs, octobre 2012, 282 pages, 14,80 €, ISBN 978-2-211-20987-8.

Appleton, en Angleterre. Le Green Devil’s Manor sur Abbey Road est un ancien manoir transformé en orphelinat. Lady Aglaé Bartropp est la bienfaitrice. Chaque soir, à 20 heures, les filles doivent remercier Jésus et Lady Bartropp, et ne pas poser de questions car, selon les sœurs, « Dieu apportera la réponse à toutes vos questions. » (p. 10).

Dans ce premier tome, le lecteur fait connaissance avec le lieu, les orphelines et les sœurs. La narratrice est Joy, elle a 12 ans et ses parents – Tim et Sharon MacInley – ont disparu avec leur bateau près de l’île de Helm lorsqu’elle avait 6 ans. Elle tient le coup car elle espère les revoir un jour ; et puis il y a ses amies. Margarita, 13 ans, est l’aînée de l’orphelinat, elle a découvert des souterrains sous l’abbatiale. Prudence, 12 ans, est comme Margarita à l’orphelinat depuis toujours. Les filles ont décidé d’accéder à la crypte en cachette et de visiter les souterrains mais Prudence se comporte bizarrement depuis qu’elle y a été seule. « Une ombre angoissée. » (p. 85). Je ne dirais pas que ce roman est anticlérical mais les sœurs ne sont pas gentilles, elles sont même dures, elles n’ont pas dû bien comprendre ce qu’était la charité… De toute façon, les aventures que vont vivre les filles dans le monde d’Alvénir sont totalement différentes des histoires bibliques ou même des fictions qu’elles ont pu lire ! « Je lis, ma grande, je lis beaucoup. Grâce aux livres, j’ai vécu des centaines de vies d’exploratrice et d’aventurière. » (p. 73). « La loi, c’est la loi, on s’en fiche bien de qui la dicte… » (p. 170). Finalement les filles vont vivre par elle-même, elle vont devoir réfléchir, penser, se rendre compte de choses, elles vont apprendre, comprendre, grandir et mûrir.

OrphelinesAbbeyRoad2Tome 2 – Le monde d’Alvénir, L’école des loisirs, mars 2013, 300 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21347-9.

Lady Bartropp et Dawson Von Straten se sont mariés et Joy rend visite à Margarita au château de Sulham. Mais Eulalie, la sœur de Lady Bartropp est prisonnière dans le monde d’Alvénir. Les filles veulent alors y retourner et Lady Bartropp les accompagne mais elle perd la mémoire.

J’ai retrouvé avec plaisir Joy, Margarita, Prudence, Hope et les personnages des deux mondes. « Parfois on a juste besoin d’être heureux et de rire pour rien. » (p. 38). Les sœurs sont toujours aussi méchantes malgré les consignes de Lady Bartropp mais le monde d’Alvénir n’est pas tendre non plus ! Si le premier tome était celui de la découverte des deux mondes, de l’orphelinat et d’Alvénir, ce deuxième tome est plus intriguant et le lecteur fait connaissance avec de nouveaux personnages, en particulier Alonn, un Almour de 17 ans aux yeux violets. Alvénir est « un monde invraisemblable, incompréhensible. » (p. 92) et les filles devront résoudre trois épreuves : calambrer, désarmer le temps et ajouter une perle au collier sacré mais « Le Temps n’a jamais eu d’amis. Tout le monde se plaint du Temps, du temps qui passe. Vous connaissez la rengaine, n’est-ce pas ? » (p. 168). Palpitant !

OrphelinesAbbeyRoad3Tome 3 – Les lumières du passé, L’école des loisirs, octobre 2013, 302 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21444-5.

Joy et ses amies sont de retour à Abbey Road mais les orphelines et les sœurs ressemblent à des fantômes pétrifiés. « Les pensionnaires de l’orphelinat étaient assises dans l’abbatiale. Elles avaient le même regard vide et perdu. Elles semblaient ne plus nous entendre. » (p. 15). Joy, Margarita, June et Prudence doivent retourner dans le monde d’Alvénir pour découvrir ce que manigance le Diable Vert. « Il doit planifier un retour en Alvénir… Une nouvelle révolution… Je le sens. Il est rancunier. Il faut absolument l’empêcher de nuire. » (p. 58). Et ramener de chez les Mogadors l’antidote : l’elixir d’Alchiminott. Mais le monde d’Alvénir est à chaque fois différent, le présent, le passé ? « Ici, l’aventure est partout, Mauk ! Partout ! » (p. 215).

Encore un très bon tome dans lequel le lecteur retrouve avec plaisir les personnages des deux mondes et en rencontre de nouveaux. Ce tome est encore plus profond car les orphelines vont comprendre que la population réagit selon la façon dont elle est bien ou mal gouvernée, et que le passé éclaire le présent. Au fur et à mesure qu’elles mûrissent, les filles prennent de l’épaisseur et deviennent de plus en plus intéressantes.

OrphelinesAbbeyRoad4Tome 4 – L’invasion des Mogadors, L’école des loisirs, mai 2014, 292 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21616-6.

Tous ceux qui ont été contaminés sont en quarantaine à l’hôpital. Joy, Ginger, Prudence sont en famille d’accueil et Margarita avec ses domestiques. Joy repart dans le monde d’Alvénir : elle a promis de soigner Alonn de la maladie d’Almour. Mauk, seul, l’attend à l’orphelinat. « J’avais choisi malgré moi deux amours impossibles. » (p. 47). Heureusement, ses amis peuvent l’y rejoindre. « Ginger incarnait la volonté et la certitude qui nous manquaient pour transformer nos rêves en réalité. » (p. 87). Tous devront déjouer les plans du Diable Vert qui veut s’installer dans le monde des humains et régner sur le Green Devil’s Manor.

LitteratureImaginaire2016« J’avais réfléchi. Je comprenais la révolte des Mogadors. Je comprenais leurs difficultés, leurs aspirations, leur désir d’indépendance. Je savais que le gouvernement d’Alvénir n’était pas toujours juste […] Je commençais à saisir précisément ce qui motivait les uns, ce qui révoltait les autres […] » (p. 154) et « Ce voyage m’ouvrait l’esprit sur les intérêts des uns et des autres, les rouages d’un gouvernement, l’amour et ses surprises. » (p. 205). Dans la continuité des tomes précédents, les orphelines réfléchissent, pensent, comprennent qu’il est bon de connaître plusieurs points de vue, de les confronter et de les analyser pour grandir, pour faire le bon choix, pour devenir des adultes intelligents et sincères.

Les orphelines d’Abbey Road est plus qu’une série pour la jeunesse, elle ouvre l’esprit, elle permet de grandir, de voir au-delà de son petit univers.

CJYA2015-2016Je laisse le mot de la fin à Joy. « Nous avions tous pris beaucoup d’assurance au cours de nos voyages. Nous connaissions désormais la contestation, le refus, l’opposition et nous nous autorisions à répondre sans crainte aux adultes. Nous n’avions rien à perdre à exprimer nos pensées. Bien au contraire. Je regrettai de ne pas avoir eu conscience de cela plus tôt. » (p. 27).

Une excellente série pour les challenges Littérature Jeunesse Young Adult, Littérature de l’imaginaire et la Quinzaine de l’imaginaire.

Challenge Littérature de l’imaginaire # 4 avec Amarüel

Amarüel du blog Les tribulations d’Amarüel gère la 4e édition du Challenge Littérature de l’imaginaire [lien] qui se déroule du 1er décembre 2015 au 1er décembre 2016.

LitteratureImaginaire2016

L’objectif de ce challenge est de lire des livres (romans, nouvelles, essais, bandes dessinées, mangas…) dans les genres de l’imaginaire : fantasy, science-fiction, fantastique (et leurs sous-genres : utopie, dystopie, bit-lit…). À noter qu’il peut se coupler avec le Challenge ABC 2016 – Littératures de l’imaginaire [lien] organisé par MarieJuliet (mais je ne vais pas y participer) ou d’autres challenges.

Amarüel a créé des échelons et des catégories (les consulter ici). Je choisis pour l’instant raisonnablement Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres et Catégorie A : Ange gardien de la simplicité = tous les supports sont acceptés et tous les genres de l’imaginaire.

Mes notes de lectures pour ce challenge

1. Les orphelines d’Abbey Road – 1 : Le Diable vert d’Audren (France, 2012)

2. Les orphelines d’Abbey Road – 2 : Le monde d’Alvénir d’Audren (France, 2013)

3. Les orphelines d’Abbey Road – 3 : Les lumières du passé d’Audren (France, 2013)

4. Les orphelines d’Abbey Road – 4 : L’invasion des Mogadors d’Audren (France, 2014)

5. Les colonnes du temps de John Renmann (France, 2015)

6. Silo de Hugh Howey (États-Unis, 2013)

7. L’Ultramonde – 1 : Les trois pierres du Fâark de Stéphane Tamaillon (France, 2015)

8. Oh la vache ! de David Duchovny (États-Unis, 2016)

9. La liste des 7 de Mark Frost (États-Unis, 2014)

10. Newflesh – 1 : Feed de Mira Grant (États-Unis, 2012)

11. Mon chat en vrac d’Archie Kimpton (Angleterre, 2015)

12. Rien que des mots d’Adeline Fleury (France, 2016)

Échelon 1 : Atterrissage dans l’irréel honoré 🙂 Je continue puisqu’il reste encore 5 mois de challenge.

13. Annihilation de Jeff VanderMeer (États-Unis, 2016)