L’enfance attribuée de David Marusek

L’enfance attribuée de David Marusek.

Le Bélial, collection Une heure lumière n° 21, août 2019, 128 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-84344-954-3. We Were Out of Our Minds With Joy (1995) est traduit de l’américain par Patrick Mercadal.

Genres : littérature américaine, novella, science-fiction.

David Marusek naît le 21 janvier 1951 à Buffalo (État de New York). Designer graphique puis professeur de graphisme (à Fairbanks en Alaska), il se lance dans l’écriture de nouvelles de science-fiction (publiées dès 1992). Plus d’infos sur son site officiel, http://www.marusek.com/.

30 mars 2092. La Terre est surpeuplée et une « Interdiction de Procréation » a été « promulguée en 2041 » (p. 32). Sam Harger (le narrateur) et son épouse Eleanor Starke reçoivent du ministère de la Santé et des Affaires sociales l’autorisation d’avoir un enfant. « Nous étions fous de joie. » (p. 11). Ils sont beaux, riches et célèbres. Sam est artiste, graphiste, designer, Américain de New York. Lea (son surnom) est procureure et Hongroise à Budapest, récemment promue gouverneur aux États-Unis. Tout semble parfait dans le meilleur des mondes mais Henry, l’assistant domotique de Sam, qui contient toute sa vie et ses archives, a été plusieurs fois piraté par la sécurité de Lea… « […] ma propre vie me faisait l’effet d’un roman russe, lu voilà bien longtemps. Je pouvais m’en rappeler les grandes lignes, mais les noms des personnages m’échappaient. » (p. 26).

Dans ce monde où tout est enregistré, archivé, contrôlé, qui a bien pu forcer le destin pour que Sam et Lea aient un enfant ? « Elle insista sur le fait que le responsable, quel qu’il soit, n’était sûrement pas un bienfaiteur, car on pouvait difficilement considérer un bébé comme une récompense. Plutôt un ennemi, un rival outre-planète qu’elle avait supplanté pour le poste d’Indianapolis, ce qui signifiait que le bébé était l’appât d’un piège en préparation. » (p. 55).

Alors le lecteur se doute bien qu’un grain de sable va venir enrayer cette belle histoire d’amour ! Quel sera le prix à payer et qui en payera le prix ?

L’Enfance attribuée remporte le Prix Theodore Sturgeon en 1995 et connaît une version étendue avec Un paradis d’enfer. Je découvrais cet auteur (qui publie peu) et j’ai apprécié cette lecture : la narration et l’ambiance sont vraiment étranges et gagnent en intensité ; le ton est froid et sec ; ce futur fait froid dans le dos !

Pour les challenges 1 % Rentrée littéraire 2019 (lu avant la fin du challenge durant le Week-end à 1000 de janvier), Littérature de l’imaginaire #8 et première nouvelle (ou novella) pour le Maki Project.

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